JUDÉE
t GAINULE (ghê-nu-T), ». f. Terme de botanique. Tube membraneux contenant la base du pédicelle dans les mousses.
— RTYM. Diminutif de gatne.
GAÎTÉ (ghé-té), s. f. Voy. gaieté.
I GAL (gai), s. m. Poisson des contrées orientales, dit aussi coq de mer, poisson coq et poisson luné, xeus gallui, L.
— ÊTVM. Lat. gallus, coq.
GALA (ga-la), ». m. || l" Mot qui, dans plusieurs cours, signifie fête, réjouissance. Sa Majesté Catholique n'a encore pour habits de gala que ceux qu'elle portait étant roi de Naples, baciiaumont, Mém. secr. X. XXX, p. 270. Grands préparatifs, avec ordre aux scrittori d« se mettre en gala pour le jour fixé, p. L. COUB. Lett. 2, 80. J'étais en habit de gala, bér. Contrat de mar. Voitures et chevaux à grand bruit l'autre jour Menaient le roi de Naple au gala de la cour, v. Huoo, F. d'automne, 3. || Par extension, il se dit des fêtes, des réjouissances des particuliers. Un jour qu'elle dînait chez lui en grand gala, et son fils avec elle, marmontel, Mém. vi. || Voitures de gala, voitures qui ne servent que dans certaines ciiconstances solennelles. Il 7 a aussi des domestiques, des livrées de gala. C'est un terme du cérémonial des cours. || 2" Familièrement. Un repas splendide. U y a gala aujourd'hui chez nous.
'— Btym. Esp. port, et ital. gala, magnificence,
DICT. DE LA LANGUE vnANÇAISE.
réjouissance; de là lu français moderne gala. Hais l'ancien français avait gale, réjouissance, qui est le même que gala de l'italien et del'espagnol, elgaler, se réjouir. Ces mots viennent du germanique : anc. haut-allem. geil, luxurieux, orgueilleux;anglo-saxon, gdi, gai.
t GALACTAGOGUE (ga-la-kta-go-gh') , adj'. Terme de médecine. Qui a la propriété de déterminer ou d'augmenter la sécrétion lactée. || Substantivement. Un galactagogue.
— ËTYM. râXa, YÔXaxTo;, lait, etàYWYo;, qui conduit.
t OALACTIDROSE (ga-la-kti-drd-z"), ». f. Terme de médecine. Sueur laiteuse.
— ÉTYM. VàXa, ydiaxTo;, lait, et tSpoxiic, action de suer.
t GALACTITE (ga-la-kti-f), ». f. || !• Terme de minéralogie. Argile ayant la propriété de rendre blanche comme du lait l'eau dans laquelle elle était délayée, d'où le préjugé qu'elle pouvait augmenter le lait des nourrices, legoabant. || 2" Terme de botanique. Nom d'un genre de synanthérées où l'on distingue la galactite cotonneuse, dite v:;igaiiement chardon laiteux, centaurea galactites, L. galactiles tomentosa, Mœnch.
— ÊTYM. raX^XTtniç, qui a l'apparence du lait.
+ GALACTOCÈLE (ga-ia-kto-sè-l'),». f. Terme de chirurgie. Tumeur du scrotum produite par un épanchement da liquide blanc dans les deux tuniques vaginales.
— ÉTYM. TiXx , yâXaxTOç, lait, et xiî).»!, tumeur, t GALACTOGRAPIIIE (ga-la-kto-gra-fie) , ». f.
Description du lait.
— ÉTYM. riX«, Yi4).axT0c, lait, et ypôçeiv, décrire, t GALACTOLOGIE (ga-la-kto-lo-jie), ». f. Traité
sur le lait.
— ÉTYM. riXa, fiiXaxToç, lait, et Xôyoç, traité.
t GALACTOMlîTRE (ga-la-kto-mè-tr'), s. m. Terme de physique. Instrument propre à mesurer la pureté du lait.
— ÉTYM. r&Xa, fiXoxTO;, lait, et jiitpov, mesure, t GALACTOPÉÈISE (ga-la-kto-pé-è-z'), î. f. Terme
de physiologie. Faculté qu'ont les mamelles de fabriquer le lait.
— REM. Galactopéfso est mieux que galactopoiôse , qu'on trouve d'ordinaire ; la diphthongue grecque 01 se rendant en latin par « et par suite en français par é.
— ÉTYM. râ)a, yotiaxToç, lait, et itoÎT|ijiç, façon, •f GALACTOPÉÊTIQUE (ga-la-kto-pé é-ti-k') , adj.
Terme de médecine. Se dit des substances auxquelles on attribue la propriété d'augmenter la sécrétion du lait.
— ÉTYM. TaîianTOUOïlTlxÔC (VOy. GALACTOPÉÈSE).
t GALACTOPHAGE (ga-la-kto-fa-j'), adj. Qui se nourrit de lait.
— ÉTYM. ràXet, yiXaxToç, lait, et çayeTv, manger.
t GALACTOPHORE (ga-Ia-kto-fo-r'). 1| 1" S. m. Petit instrument, dit vulgairement bout de sein, qui, fait en forme de mamelon, facilite l'allaitement, quand le mamelon est trop court ou que la succion excite de la douleur. || 2" Adj. Terme d'anatomio. Vaisseaux galactophoies, conduits qui portent le lait de la glande mammaire au mamelon.
— ÉTYM. Taka, yàXaxxoj, lait, et topô;, qui porte, t GALACTOPHORITK (ga-la-kto-fo-ri-f) , ». f.
Terme da médecine. Inflammation des conduits galactophores.
. ÉTYM. Galactophore, et la finale médicale ite, indiquant l'inflammation.
t GALACTOPHTHISIË (ga-la-kto-fti-zie) , ». f. Terme de médecine. Dépérissement consécutif à une trop grande déperdition du lait chez les nourrices.
— ÊTYM. ràXa, •YaXaxTot, lait, et çOtoii;, dépérissement.
t GALACTOPOSIE (ga-la-kto-po-zie) , ». ^. Terme de médecine. Traitement des maladies par l'emploi du lait.
— ÉTYM. TaXiaxToitouia, de yetXa, yiXa-uxoi, lait, et néiiç, action de boire.
f GAr.ACTORRUÊE (ga-la-kto-rrée), ». f. Terme de médecine. Écoulement surabondant de lait chez la femme qui allaite. || Écoulement de lait chez une femme qui n'allaite pas, et même, dans quelques cas rares, chez un homme.
— ÊTYM. r»Xa, yiXaxToç, lait, et feïv, couler.
t GALACTOSCOPE (gala kto-sko-p'), ». m. Voy.
GALACTOMÈTBE.
— ÉTYM. r<4X«, YâXaxToc, lait, et oxoncTv, examiner.
t GALACTOSE (ga-la-ktô-z'), ». f. Terme de physiologie. Production du lait par la glande mammaire.
— ETYM. raXôxTMim , formation du lait , de yiiX», yiXaxTo;, lait.
t CALACIl niE (ga-Ia-ktu-rie), ». ^. Terme de médecine. Évacuation d'urine lactescente.
— ÉTYM. l"à)o, yiXoxio;, lait, et oOf.eîv, uriner.
t GALAGO (ga-la-go), ». m. Espèce de lémurien, animal d'Afrique.
GALAMME.NT (ga-la-man), adv. || !• D'une manière galante. Et surtout quand les vers sont tournés galamment, mol. Femmes sav. m, 2. Je suis trop heureux, madame, d'avoir pu vous rendre ce petit service, lui répondis-je le plus galamment qu'ilmefut possible, marivaux. Pays. parv. 4'p.-irt. Toi [Mlle Clairon] qui ressuscitas sous mes rustiques toits L'Electre de Sophocle aux accents de ta voix, Non l'Electre française à la mode soumise. Pour la galant Itys si galamment éprise, volt. Êpit. lxxxv. (I 2° Avec goût et élégance. S'habiller galamment. Et, tirant sa montre à laquelle pendait galamment une petite boussole, il lui fit voir que c'était avec une aiguille qu'on était arrivé dans un autre hémisphère, m. Dial. 13. Il 3° De bonne grâce. Faire les choses galamment. Il faut vous dire seulement Que vous donnez si galamment, Qu'on ne peut sa défendre De vous donner son cœur ou de le laisser prendre, Mlle scudéry, dans ricuelet. Allons, monsieur, faites les choses galamment et sans vous faire
tirer l'oreille, mol. Mar. forcé, se. is Dites-lui
qu'on sait son mariage, Et conseillez-lui fort de s'armer de courage. Afin de recevoir galamment aujourd'hui Certains petits brocards qui vont fondre sur lui, DESTOtiCHES, Phil. marié, iv, ». C'est de vous qu'en sept cent un Une anguille de Melun M'arriva si galamment. Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en, Avec des pruneaux de Tours, désao- GiERs, U. et Mme Denis, jj 4° Avec X)urage. Ton maître a galamment soutenu cette a laire, piron, Métrom. iv, 1. Ce mot [galant] reçut une signification plus noble dans les temps de chevalerie, où le désir de plaira sa signalait par les combats; se conduire galamment, se tirer d'affaire galamment veut même encore dire se conduire en homme de cœur, volt. Dict. phil. Galant. Ma foi, je cours encor la poste galamment, boissy. Impatient, v, 8. Il 5° En galant homme. Ma foi, lui dit-il, vous venez d'en user si galamment, que je neveux point vous la cacher, hamilt. Gramm. 5. || 6° Habilement, adroitement. Il s'est tiré galamment d'intrigue.
—HIST. XVI" s. Fouette moy ce voyre gualentement, SAB. Garg. i, 5. 11 y a d'autres qui le font encore plus galantement, et en parlant à d'autres ailmonestent leurs familiers, amyot, Com. discem. le fiait. 64.
— ÉTYM. Galant, et le suffixe ment. Galantement du XVI* siècle est la trace de l'effort que la langue, en formant de nouveaux éidverbes, fit pour conserver l'ancienne syntaxe où le suffixe ment se construit toujours avec le féminin. Galantement se disait encore au commencement du xvri* siècle. La valet.... L'avoit galantement payé d'une cassade,
RÉGNIER, Sat. XI.
t GALANDAGE (ga-lan-da-j'), ». m. Cloison da briques posées de champ l'une à côté de l'autre.
— ETYîn. Galandage (comp. garlandage) tient à guirlande. On a dans la Rose : Belle fu et bien atornée, D'un fil d'or estoit galendée, dans nu cange, gallandus.
t GA LANDE (ga-lan-d'), ». f. Variété d'amande. Il Variété de pêche.
— ÉTYM. Ancien féminin de galant.
tGALANDISE (ga-lan-di-z'), ». f. Synonyme de
galandage.
t GALANE (ga-la-n"), s. f Genre de plantes (chelone) de la famille des scrofularinccs, originaires d'Amérique, et cultivées pour leui-s fieurs dans nos jardins.
— ÉTYM. CoîOTie est probablement cftdone estropié par les jardiniers. Chelont vient de la ressemblance frappante de la fleur avec une têta de tortue, yiîicivï), tortue.
t GALANGA (ga-lan-ga), ». m. Genre de plantes {maranta) , da la famille des amomées, qui croissent dans les Indes orientales et dont la racine est un stimulant aujourd'hui peu usité.
— HIST. XVI' s. Souchet, galanga menu, PAsâ, xx, a.
— ÊTYM. Espagn. et ital. galanga; anc. franc, garingal ; de l'arabe chalan', qui est d'origine persane.
GALANT, ANTK(ga-lan,lan-t'),ad>. Il l'Empressé auprès des femmes ; qui cherche à leur plaire par ses manières, son langage, sa tenue. Gardez donq de donner, ainsi que dans Clélie, l'air ni l'esprit français à l'antique Italie, Et, sous des noms romains faisant notre portrait, Peindie Caton galant
GAL
et Brutus dameret, boil. Art p. m. Tuit que le roi avait été occui)^ de aes amours, la cour avait été galante ; aussitâl que la oonfesseur s'eu fut emparé, •lie devint triste et hypocrite, duclûs, Règne de tout» XIY, ûb'uP. t. V, p. tu*, dans pouukn». Voyagez beaucoup, et vous ne trouverez pas de peuple aussi doui, aussi afTable, aussi franc, aussi poli, aussi spirituel, aussi galant que le français; il l'est quelquefois trop : mais ce défaut est-il donc si grand? raynal, llist. phil. v, «6. || Homme galant, homme qui cherche i plaire aux femmes. Un homme galant se rapproche du petit-maltre et de l'homme î lionnes fortunes, volt. Dict.phil. Galant. |{ Kemme galante, femme qui est dans l'habitude d'avoir des commerces de galanterie. L'homme coquet et la femme galante vont assez de p;ilr, la bkuy. m. La reine [Isabeau de Bavière] impérieuse, avare, vindicative et galante, saint-poix, Ett. Paru, Ob'uv. t. v, p. 178, dans POUGENS. Comme toutes les femmes galantes, elle aime àdisserlersur les passions, gkn- LlSyUinede Uaintenon, t. I, p. < aï, dans pouokns. Il En cet emploi avec femme, galante se met toujours aprJis son substantif, sauf quand ce substaïUir est un nom propre. Avec plus de plaisir la galante Ninon.... desmahis, Poésies, p. 9B, dans pougens. Il Qui a le caractère de la galanterie, en parlant des choses. Avoir l'humeur galanto. Le cardinal d'Estrées n'était pas moins amoureux dans ces temps dont je fiarle, et il a fait pour Mme de Maintenon beaucoup de choses galantes qui, sans toucher son cœur, plaisaient k son esprit, M"* nE cay- Lvs, Souvenirs, p. 4 2», dans poi.gkns. Une dame à laquelle il disait souvent des choses galantes ^^ans autre intention que celle de les dire, volt. Zadig, 4. Il Intrigue galante, alfaire galante, commerce de galanterie. Ilavaiteu plusieurs affaires galantes, et avait fait voir plusdecotjuetterie que d'amour, M'"'nE CAYLUS, Souvenirs, p. 26». || Terme de peinture. Goût galaat, celui qui peint des sujets gracieux, des pastorales. On dit dans le même sens : un sujet galant, par exemple un sujet pris de la Fable. || Mercure galant, titre d'un recueil qui se donnait au public une fois le mois. || Au sens du n* <°, soit qu'il s'agisse des personnes ou des choses, galant se met d'ordinaire après son substantif. || 2" Qui a de la grâce, de l'élégance, par assimilation k celui qui s'efforce de plaire aux dames. Ne forçons point notre talent; Nous ne ferions rien avec grâce; Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, Ne saurait passer pour galant, la pont. Fabl. iv, s. || 8° Distingué, élégant, bien entendu, en parlant des choses. Le sonnet m'a semblé fort beau et la lettre fort galante, voit. Lelt. S6. Un bracelet le plus brillant et le plus galantqui fut jamais, id. tb. 23. Pour un homme qui a pu imaginer un moment que vous l'aviez favorisé, ce discours n'est pas trop galant, m. ib. 23. Il me montra toute l'affaire, exécutée d'une manière beaucoup plus galante et plus spirituelle que je ne puis faire, mol. Préf. de la crit. de l'Éc. dés femmes. Cela a un tour spirituel et galant, id. les Préc. <o. Vous verrez quelque chose de galant dans le petit ballet que nous avons ajusté pour vous, m. Bourg, gent. ii, t . Les habits sont magnifiques et galants, sëv. 37). Par dépit on a résolu qu'elle ne serait point des après-soupers, qui sont gais et galants comme vous «avez, m. 26 nov. 4666. Je loue fort la lettre que vous avez écrite au roi; je la trouve d'un style noble , libre et galant qui me plait fort , ii>. 27 juin 4 67*. Mais quand d'habits neufs et brillants, Bien entendus et bien galants, Femme se pare en telles fêtes, Cest pour chasser à d'autres bêtes, pekraolt. Chasse, dans bichelbt. La Pucelle [de Chapelain] est encore une œuvre bien galante, boil. Sat. m. Ils n'ont contribué en rien à cette fête si galante, la bruy. i. On ne vit jamais d'équipage plus galant ni plus superbe que le sien, rollin, Uist. anc. (Kut). t. x, p. 88», dans pougrns. C'était i qui d'entre elles me ferait le présent le plus joli, me donnerait l'habit le plus galant, hari- VAUX, Mariane, t" \mTl. Comme j'avais vu des femmes avec des perles au nez, que les Iroquois trouvaient cela très-galant.... il ne faut pas disputer des goûts, CHATEAUbR. Itin. part. t. A votre bourse un galant mausolée Pourrait coûter vingt mille francs et plus, bérang. Uon tomb. || S. m. Ce qui est galant. Mon principal but est toujours de plaire; pour en venir li, je considère le goût du siècle; or , après plusieurs expériences , il m'a semblé que ce goût se porte au galant et à la plaisanterie , LA PONT. Psyché , préface. || 4» Un galant homme, un bumme qui a de la probité, des proeédés de bonne compagnie, de l'urbanité. C'est n'avoir pas perdu tmit voire temps à Rome Que
GAL
vouf -^voir ainsi défendre en galant homme, corn. Nicom. m, «. Il traite la médecine en galant homme, sgv. 27t. Le cœur d'un galant homme est son plus sûr oracle, la chaussËk, Mélanide, l, ». {I Kamilièrement. Vous êtes un galant homme, se dit pour exprimer i un homme la satisfaction qu'on éprouve de ce qu'il a fait. Voua êtes un galant homme d'être venu nous voir dans notre ermitage. Il On ne dit jamais en ce sens une galante femme. Il 6* S. m. Un galant, un homme qui a de l'élégance, de la grâce, de l'habileté & plaire. Quand on passe du corps à l'esprit et que dans la conversation des grands et des dames, et dans la manirro de traiter et de vivre à la cour, on s'y est acquis le nom de galant.... vaugel. Rem. t. ti, p. nu, dans pougens. Vous allez faire pic, repic et capot tout ce qu'il y a de galant dans Paris, mol. Préc. 4U. Et par qui nous voyons ces messieurs les galants Marcher écarquillés ainsi que des volants, in. Ée. des mar. i, t. Il ne l'a dit que pour faire le galant et pour rire, pasc. Prov. < ' . || 6' Homme alerte, à qui il ne faut pas trop se fier. Notre galant s'avisa de telle ruse. Mais quand il le vit, le galant N'en donna que le tiers, la pont. Fabl. i, <*. || En ce sens, le fcminin est galande; mais ce sens vieillit. Déjà dans son esprit la galande le croque, la pont. Fabl. iv, 4 1 . Il 7° Verts galants, sorte de bandits du xv* siècle, ainsi nommés à cause qu'ils se tenaient dans les bois, et qui n'eurent pas trop mauvaise réputation, parce qu'ils s'attaquaient souvent aux seigneurs et aux riches. || Fig. Vert galant (par souvenir des verts galants et de leurs exploits), homme vif, alerte, vigoureux, et, particulièrement, homme empressé auprès des femmes. Belle servante et mari vert galant,
la font. Gag Nous n'avions alors que vingt-huit
ans, Et nous étions, ma foi, tous deux de verts galants, MOL. Femm. sav. li, ï.Et jusque-là qu'amour vous tienne Toujours joyeux et vert galant, dancourt. Vert galant, se. 2«. 118" Amant, amoureux. Je trouvai que ce qui paraissait une faveur était un remède, et que le bracelet n'était pas envoyé à un galant, mais à un malade, voit. Lelt. 23. Je vous ai promis pour galant à deux belles dames de mes amies, m. tb. 77. Et tu trembles de peur qu'on t'ôte ton galant, mol. Sgan. 22. Tous ces galants de cour dont les femmes sont folles Sont bruyants dans leurs faits et vains dans leurs paroles; De leurs progrès sans cesse on les voit se larguer, m. Tart. m, 3. Quoi qu'on en puisse dire, les galants n'obsèdent jamais que quand on le vaut bien, m. G. Dnnd. ii, ♦. Qu'on ne vous donne point ce» petites comédies dans vos familles; ces jeux encore innocents viennent d'un fonds qui ne l'est pas ; les filles n'apprennent que trop tôt qu'il faut avoir des galants, les garçons ne sont que trop prêts à en faire le personnage, Boss. Concupise. 8i. Donner chez la Cornu rendez-vous aux galants, boil. Sat. x. Une femme qui n'a qu'un galant croit n'être point coquette: celle qui a plusieurs galants croit n'être que coquette, la bbut. m. Comme vous êtes le galant de ma femme, bamilt. Gramm. 4. Que certainement les maris tueraient les galants de leurs femmes, ou en seraient tués, volt. Babouc. Craignant plus que la mort le ridicule d'un vieux galant, J. J. ROOSS. Confess. u. || Au fém. Et quelques donzelles savantes, De ces galants sont les galantes, scabron, Virg. VI. || 9° Anciennement. Ruban noué, nœud de rubans. Vous vendez dix rabats contre moi deux galants, corn. Galerie, iv, 4 2. Voilà Ton beau galant do neige, avec ta nonpareille I II n'aura pas l'honneur d'être sur mon oreille, mol. Dép. am. rv, 4.
— SYN. GALANT HOMME, HOMME GALANT. Ces deUX
locutions ont un sens très-différent : le gilant homme est celui qui a de la probité et de l'honneur; l'homme galant est celui qui se rend aimable auprès des dames.
— HIST. xiv* s. Ung gallant lévrier, gacb db la BIONE, Poés. des déduits, nis. f 4(6, dans lacurne. li XV* s. Les supplians poures gens de labour, pour obvier aux entreprinses de nos adversaires, se sont mis sus en armes avec autres que communément on appeloit les galans de la feuillie [sorte de voleurs] , DO CANGF, foliota. Lequel de la Vigne estoit mal renommé, veu qu'il avoit esté galant de feuillée, ID. tb. Et messireJeandeLalain fut pris prisonnier, et eut la vie sauve par le moyen d'un gentil galant de la garnison, monstrblet, u. 400. || xvi» s. Je vous jure que c'estoyt une paincture gualante et mirificque, rab. Pont, iv, i. Frère Jean on chasteau gailla.-d monta bien guallant et délibéré avecques les bombardiers, id. tb. iv, si. Les plus galants hommes, c'estoient ceuli qui les avoyeot le plus
GAL
à mespris fies pédanu], mont, i, 4 s». Le roy m'appella auprès de lui pour lui aider à entretenir la dama qui donnoit la bague ; ce que je fis assez bien ; mais il y eut une brouillerie pour un galand [nœud de rubans] qui lui manquoit. lequel Dandelot sans son syu donna i monsieur le Grand qui le porta sur son chapeau, BASsoMPiEHBB, Mém. 1. 1, p. m, dans
LACUBNI.
— ËTVM. Gaiant est le partici;<e présent de l'ancien verbe galer (voy. gala); e»p. et iul. galante. L'espagnol a une autre forme, galan, galano, qui viRul directement du radical gai. La série des sens parait être : celui qui se bvre au plaisir, qui s'amuse; de là un gentil galant, c'est-à-dire un bon compagnon, locution qui s'est dédoublée signifiant d'abord l'homme de plaisir, puis l'homme hardi, courageux (en anglais a gallant of/icer, un brave olficier) , «t l'homme d'honneur et de probité.
GALANTEBIE (ga-lan-te-rie) , t. f. || 1* Agrément, politesse dans les manières. Cet homme a de la galanterie dans l'esprit, il met de la galanterie dans tout ce qu'il (ait. On peut dire avec vérité qu'il n'y a jamais eu une dame qui ait si bien entendu U galanterie, ni si mal entendu les galants, voit, Lett. 42. Je croyais qu'on me dût préférer Hooorie Avec moins de douceur et de galanterie, cohn. Attila, m, i. Il Ce sens commence à vieillir. || Il s'est ilit aussi des choses de bon goût, d'un goût galant. Que ce bout de ruban a de galanterie I Je le veux dérober, corn. Suite du Ment, u, 6. || S* Soins, empre.ssements auprès des femmes qu'inspire le désir de leur plaire. Madame, puisque c'est à bon dessein que je vous recherche, je crois qu'il n'y a point de galanterie que je ne puisse faire, et qu'après avoir fait des vers pour vous, je puis bien vous envoyer des bouquets, voit. Lett. 73. Tout cela sent la nation ; et toujours messieurs les Français ont un fond de galanterie qui se répand partout,
MOL. Sicil. 42 Mon maître est fidèle, et son &me
est pétrie De la plus fine fleur de la galanterie, HKGNARD, le Dislr. Il, 4. Il 3° Propos flatteurs qu'on tient à une femme. De fades galanteries. Voilà ca que c'est de ne point répondre aui galanteries que je vous écris, de m'envoyer des lettres où vous ne me parlez que de vos amies et ne me dites quasi rien devous,voiT. ^«.26. Ne vous étonnez pas dem'ouïr dire des galanteries si ouvertement, m. tb. 40.Ladame sourit, car les galanteries d'un borgne sont toujours des galanteries, et les galanteries font toujours sourire, VOLT. Crocheteur borgne. {| 4* Commerce amoureux. On peut trouver des femmes qui n'ont jamais eu de galanterie; mais il est rare d'en trouver qui n'en aient eu qu'une, la rochep. Réflex. 73. 11 l'i convaincue d'une bonne galanterie avec M. de Béthune, sÉv. 44. Le roi n'a point de galanterie, et vraisemblablement n'en aura plus, maintknon, Lett. à M. de Villetle, 44 août. Enfin, bornant le cours de tes galanteries, Alcippe, il est donc vrai, dans peu tu te maries? boil. Sat. x. La galanterie est un faible du cœur, ou peut-être un vice de complexion, LA BRUT. m. Il y a peu de galanteries secrètes; bien des femmes ne sont pas mieux désignées par le nom de leurs maris que par celui de leurs amants, lo. tb. Tout hors d'haleine enfin il entre aux Tuileries, Cherchant partout matière à ses galanteries, re- GNARD, Sat. contre les maris. Dans ces troubles, Théodora, mère de Marozie et d'une autre Théodora, toutes trois célèbres par leurs galanteries, avait à Rome la principale autorité, volt. Moeurs, 36. Un peuple [les Romains] dont le sénat se piqua quelquefois d'humanité, et dont ce mfme sénat immola aux dieux deux Grecs et deux Gauloises pour expier la galanterie d'une de ses vestales, in. .lus oui. gaf. liltér. || 6* Il se dit des petits présents qu'on se fait dans la société. U m'a fait une jolie galanterie. Moi qui donnerais tout ce que j'ai au monde et que vous eussiez fait pour moi une galanterie comme celle-là [don d'un bracelet], von. Lelt. 23. Il Fig. N'a-t-il pas ceux qui se font les plus grandes amitiés du monde, et qui, le dos tourné, font galanterie de se déchirer l'un l'autre? mou Impr. 3. Il S" Pièce galante en vers ou en prose. Pour commencer par la manière indigne dont vos auteurs parlent des choses saintes, soit dans leurs railleries, soit dans leurs galanteries, soit dans leurs discours sérieux.... pasc. Prov. 4i. || 7" Action suspecte, même blâmable et qu'on déguise, par euphémisme, sous le nom de galanterie. U galanterie est un peu forte. J'ai sans doute reçu du ciel un génie assez beau pour toute.s les fabriques de c^ gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses à qui le vulgaire ignorant donne le nom do fourlicries, MOL. Scapin, t, 2. Je sais me démêler prudemme&l
GAT
GAL
GAL
de toutes les galanteries qui sentent tant soit peu l'échelle, id. Avar. ii, *.\\B° Maladie secrMe. Donner, attraper une galanterie. Il en est de même de la galanterie, qui signifie tantôt coquetterie dans l'esprit, paroles flatteuses, tantôt présent de petits bijoux, tantôt intrigue avec une femme ou plusieurs; et même depuis peu il a signifié ironiquement faveurs de Vénus, volt. Dict. phil. Galant.
— HIST. XVI' 3. Les autres rois, quand on leur rapportoit ces galanteries [plaisanteries], ne s'en faisoient que rire, hors mis Lysimachus seul qui
s'en courrouceoit, ahiot, Démétr. 3i La plus
part de ses galanteries [actes de vaillance] pour donner moien à ceux de la ville d'emmener le reste de leurs vendanges, d'aub. Hist. ii, 36. En un de ces moulins un soldat seul enfermé composa à la vie pour lui et toute sa trouppe, et fut sauvé par sa galantise [bravoure], id. ib.
— ÉTYM. Galant.
+ GALAÎVTHE (ga-lan-tT, *. m. Terme do botanique. Genre d'amaryllidacées, dans lequel on distingue le galanthe nivéal , appelé vulgairement perce-neige, nivéole, galanthine ou galantine, violier bulbeux, violier d'hiver, et qu'il ne faut pas confondre avec les espèces du genre leucoion, amaryllidacées, dites également perce-neige et nivéole, entre autres le leucoion du printemps, legoahant.
— ÉTYM. râXa, lait, et4v9o(, fleur.
GALANTIN (ga-lan-tin), t. m. Terme familier.
Homme ridiculement galant. Il fait le galantin.
— ÉTYM. Dérivé de galant.
GALANTINE (ga-!an-ti-n'), t. f. Terme de cuisine. Cochon de lait ou volaille désossée dont on conserve la forme ou dont on fait un rouleau en remplissant la bête avec de la farce faite de veau, lard, épices, et des lits de jambon, veau , trufles, lard, qu'ensuite on enveloppe de linge et qu'on fait cuire très-longtemps avec de l'eau, jarret et pied de veau, carottes, épices, etc.
— HIST. xiu* s. Ausinc cum fait li bons lechierres. Qui des morsciaus est cognoissierres, Et de plusors viandes taste En pot, en rost, en soust [sauce], en paste. En friture et en galentine. Quant entrer puet en la cuisine, la Rose, 2)823. Bouce pourcoi cante matines. Quant li eues [le cuisinier] met en galentines Grans bars, grans lui [brochets] et grans lamproies ? DU GANGE, galatina. || xiV s. Ainsi se peut faire galentine de poisson froit, Ménagier, u, &. Galentine pour carpe : broyez saffren, gingembre.... t6. Leschefrites sucrées , burrées à la galentine chaude, ib.
— ÉTYM. Bas-lat. galatina, ce qui écarte la dérivation de galant et indique un radical gai, qui se trouve dans l'allemand Gallert,ge\ée, gélatine, et qui est le radical latin gel dans gelare, geler. La galatine ou galantine du moyen âge était une préparation de poissons.
GALANTISE, ÉE (ga-lan-ti-zé , zée), part, passé de galantiser. Je trouvai ma femme galantisée par des gens qui mangeaient mon bien, d'ablancourt, Lucien, dans le roux, Dict. comique.
GALANTISER (ga-lan-ti-zé), V. o. || 1» Flatter d'une manière galante, dire des galanteries. Ne me contez point tantque mon visage est beau.... Je le sais bien sans vous, et j'ai cet avantage, Quelques perfections qui soient sur mon visage, Qse je suis la première à m'en apercevoir ; Pour me galantiser il ne faut qu'un miroir, J'y vois en un moment tout ce que vous me dites, cobn. Galerie, ii, 4, l" éd. Vous mériteriez d'être servie et galantisée dans les formes, scarr. Rom.com. i, 13. M. de Mantouegalantisa et loua fort la beauté de la duchesse d'Aumont, ST-siM. (33, 2)8. Il Absolument. Il [Voiture] a trouvé le secret de vi/re en même temps selon le siècle et selon l'Évangile; d'aller soigneusement à la messe le matin par vraie dévotion, et de galantiser assidûment l'après-dînée par une corruption d'esprit invétérée, BALZAc,jteM.dC/>opetotn, 24 juin (645, dans PBLLissoN, Hist. de l'Acad. iv, Voiture. Le poète fut bien aise d'être à cheval pour galantiser à la portière où était Inézila, scabron, Rom. com. i, 20. Il 2° Se galantiser, v. réjl. Se faire la cour à soimême. Il s'adore, il se galantise. Et prend ses divertissements Devant un cristal de Venise, X se faire des compliments, mainabd, dans richelet.
— ÉTYM. Galantise, qu'on peut voir à l'historique de galanterie.
t GALATÉE (ga-la-tée), ». f. Genre de mollusques à coquille bivalve.
GALAXIE (ga-la-ksie), s. f. Terme d'astronomie. Voie lactée.
— ÉTYM. raXoÇiai; xOrXoç, cercle lacté, de fi\a, Uit, qui, d'après les étymologistes, est le même que
lac. lactit des latins, v4-V« (y^-VayToc), avec un préfixe YB, que Bopp identifie avec le sanscrit gd, vache.
t GALBANONER (gal-ba-no-né), e. o. Nettoyer les vitres avec de la craie, les nettoyer imparfaitement.
— ÉTYM. Galbanum.
GALBANUM (gal-ba-nom' ; on prononçait autrefois gal-ba-non, le moyen âge prononçant on la finale latine «m), s. m. || 1* Gomme-résine tirée d'une plante du même nom qui n'est pas encore complètement déterminée et qu'on croit être ou le bubon galbanum ou le ferula gàlbanifera. On tire cette gomme d'un arbre qui croît en Syrie; ses larmes sont blanches, grasses, d'un goût amer et d'une odeur forte, charas, Thériaque, ch. 70. || 8° Fig. et familièrement. Du galbanum, de fausses promesses, des paroles mensongères. Donner du galbanum, donner de fausses espérances. Vendre du galbanum , tromper, duper. Car nous appelons à Sarcelle Sot ou sotte si c'est femelle. Quiconque, d'un air fanfaron. Vient nous bailler du galbanon Et croit que ses impertinences Devront être autant de sentences. Harangue des gens de Sarcelle à M. de Vintimille contre l'unigenilus, pièce ms. )732. Le seigneur : Ce ne sont point des compliments, mais des témoignages d'estime. — Arlequin : Galbanum que tout cela ; votre visage ne m'est point nouveau, MARIVAUX, Doubl. ineonst. ii, 7. On dit de même : C'est un donneur de galbanum. || Locution, dit de Brieux, qui vient peut-être de ce que, pour faire tomber les renards dans le piège, on y met des rôties frottées de galbanum, dont l'odeur plaît extrêmement aux renards et les attire au lieu où ils en sentent.
— HIST. xn« 8. Et por ce est bien dit à Moysen : prend espezes, stacten, galbanen et onica.... si en feras un tymiane [parfum] confit solunc l'œvre de ceaz [ceux] ki les unguemenz funt. Job, p. 447. Il XIV* s. Galbanum, une manière de pigment, ou de vestement, ou de couleur, du canoe, galbanum. Il XVI* a. Un petit emplastre de galbanum, paré,
XVIU, 34.
— ÉTYM. Provenç. galbani, galba; du lat. galbanunv, qui vient du grecx<»>.6âvïi. Le mot est d'origine sémitique : hébreu, chelbnah, galbanum, de cheleb, graisse.
GALBE (gal-b"), s. m. || 1* Terme d'architecture. Grâce du contour d'une colonne, d'un vase, du feuillage d'ornement, de la courbure extérieure d'une coupe. {| On dit rarement : un mauvais galbe. Il 2° Par extension, caractère d'une figure. La régularité du f?albe grec. || 3° Terme de menuiserie. Chantournement que l'on donne à une pièce, sur la face ou sur l'épaisseur du bois. || 4° Terme de métallurgie. Masse totale d'un haut fourneau.
— HlST. xvi* s Et monstroit à son port quel
sang le concevoit. Tant lagarbe de prince au visage il avoit, RONS. 677 Tous deux de garbe et
de courage grans, id. 6)9. Certes sa conduite [de l'amourj a plus de garbe [d'agrément] quand elle est meslée d'inadvertance et de trouble, mont, m, 38». En assez brave equippage; mais approchant plus de la grossière mode de la Germanie que du garbe françois, carloix, vi, 6. Il fauldra qu'il nous viennent apprendre nostre garbe à faire une course de droict fil, sans bransler, ny chocquer des genouillères la barrière, id. vu, 24.
— ÊTYM. Ital. garbo, qui est aussi en espagnol et en portugais; du germanique : anc. haut-allem. garawi, garwt, ornement ; garawan, orner; allem. mod. gerben; flamand, gaerwen, préparer, disposer. Dès le temps de H. Estienne (Du noue. lang. fr. p. ) , Q et 8) on tend à prononcer galbe et non garbe.
t GALBÉ, ÉE (gal-bé, bée), adj. Terme d'architecture. Feuilles galbées, feuilles qui, dans un ornement, ne sont qu'ébauchées.
— ÉTYM. Galbe.
t GALBULE (gal-bu-l"), t. m. Terme de botanique. Cône à écailles élargies à leur sommet, libres ou soudées ensemble ; exemple le fruit du cyprès.
— ÉTYM. Lat. galhulus, pomme de cyprès.
GALE (ga-l'), s. f. Il 1° Maladie cutanée et contagieuse caractérisée par de petites vésicules, la présence d'un insecte nommé acarus ou acare, et de grandes démangeaisons. Avoir la gale. Couvert de gale. Qu'on me fouettât pour voir si j'avais point la gale, RÉGNIER, Sat. xi. || Populairement. Être méchant comme la gale, être fort méchant. || On dit aussi : C'est une véritable gale. C'est la gale que cette femme-là. )| Fig. Défiez-vous de lui, -il a la gale. Il Fig. et populairement. Il n'a pas la gale aux dents, il est gros mangeur. |{ Gale des épiciers.
eczéma et ecthyma aigus des mains, auxqiin.ls les épiciers sont sujets. || 2° La gale existe aussi chez la plupart des animaux et y est causée et caractérisée par différentes variétés d'acares. C'est un limier boiteux de gales damassé, rëonier, Sat. x. Il Gale du porc , nommée vulgairement rogne, il Donner la gale à son chien : maxime d'ingrat. DIDER. Princ. de polit. 8. {( 3° Terme de botanique. Maladie des végétaux caractérisée par des rugosités (lui se forment sur l'écorce, sur les feuilles, sur les fruits. Le bois de bergamote et des petits muscats est sujet à avoir de la gale, owntintk, Jar~ dins, t. I, dans richelet. jj 4* Terme de menuiserie. Trous de vers, nodosités quL défigurent la surface d'un arbre, d'un bois, jj 6* Inégalités qui se trouvent sur les étoffes. || Proverbe. La gale ni l'amour ne se peuvent cacher.
— HIST. XVI* s. Si c'est humeur, en se grattant on luy donne issue, ....dont quelquefois s'ensuivent petites pustules et galles [croûtes], et souvent ulcères, PARS, /n(rod. )7. Qui a la galle se gratte et galle, LEROUX DE tiNCY, Prov. t. I, p. 246. Il est galant homme, il a apporté la galle en France [se disait par une mauvaise allusion de galeà galantpouT faire entendre qu'une personne n'était guère habile ou honnête], oudin, Curios. fr. Gale de Naples [le mal vénérien], carthent, Toy. du chev. errant, ^ 66, dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguign, jauto. Dérivation incertaine. Plusieurs sources se présentent : )• le latin collus, cal, durillon, la permutation du e en j; ne faisant pas un obstacle absolu, mais le sens n'étant pas .satisfaisant ; 2" l'allemand Galle, endroit vicieux ou malade , pourriture ; danois, gall, vicieux ; 3* l'anglais (0 gall, excorier; 4* le celtique: irlandais, galar, maladie en général ; bas-breton et kimry , gdl, éruption ; 6* le latin galla, galle des arbres, maladie des végétaux qu'on a transportée aux hommes et aux animaux. C'est cette dernière étymologie qui semble la plus vraisemblable.
GALE (ga-lé), s. m. Terme de botanique. Nom vulgaire et spécifique du myrica gali, famille des amentacées, dit aussi gale odorant, myrte des marais, myrte bâtard, piment royal et piment aquatique, legoahant.
GALÉACE ou GALfiASSE (ga-Ié-a-s') , s. f. Terme de marine du moyen âge. Nom d'un grand vaisseau de bas bord, à rames et à voiles, avec des canons sur les côtés et k la proue, au lieu que les galères n'en avaient qu'à l'avant. Deux cents galères, six grosses galéasses , vingt-cinq vaisseaux de guerre, volt. Mœurs, )60.
— HIST. XV* s. Avec quelques naves et bon nombre de galées et une grosse galeace que parronisoit [commandait] un appelle messire Albert Mely, COMH. vn, 5.
— ÉTYM. Dérivé de gaUe < ; espagn. et portug. galeaia; ital. gnleatia.
t GALÉANTHROPIE (ga-lé-an-tro-pip), *. f. Terme de médecine. Manie dans laquelle le malade se croit métamorphosé en chat.
— ÉTYM. TaXii, chat, belette, etàvSpwito;, homme, t ). GALCE (ga-lée), t. f. Ancien nom des bâtiments de mer nommés plus tard galères.
— HIST. XI* s. Esquifs et barges et galies et nefs, Ch. de Roi. CLxxxv. || xra* s. Nous métrons cinquante galies armées en vostre conduit, villeh. xiv. Il xiv* s. Il escovient en aucun lieu et en aucun cas largement despendrs et donner, come seroit au prince des galées ou du navire, orksme, Eth. ))4. Il XV* s. Messire Louis d'Kspaigne avoit les neuf plus beaux vaisseaux de la flotte, et entre ces neuf avoit trois galées qui se remontroient dessus tous les autres, froiss. i, i, )»s. || xvi* s. Kt vogue la galée, puisque la panse est pleine, rab. Garg. i, 3. Celuy à qui le bourreau donnoit le bransle, s'escria : vogue la galée, mont, i, 296.
— ÉTYM. Provenç. galea, galeia, giUe,guale ;a.Tto. espagn. galea; portug. gale; ital. gaûa; island. galleja; dan. galleye; holl. galet; angl. galley; bas-iat. galea dans un texte du ix* siècle, galeia, et galeida, petite galée; bas-greo, yaiaici, yaXéa. D'après les anciens auteurs du moyen âge la galée était un genre de vaisseau très-rapide; en conséquence Ménage admet que le nom de la belette ya- Xt| fut appliqué à ce vaisseau qui marchait trèsvite. Du Gange pense que galée a été dit du latin galea, casque, un casque étant représenté à la proue, comme dans ce navire dont parle Ovide : Navis et a picta casside nomen habet; mais le latin gdlea, avec l'accent sur ga, ne pourrait donner gaUe. Diez, réformant ses anciennes hypothèses sur ce mot, regarde comme la plus proliable une opinion qui se
trouve aussi dans du Cange, à savoir que l'origine est fàhi, auquel Hcsycliius attribue le sens de sorte de galerie (i5iîpa< eiôoî), un long navire ayant pu être comparé avec une longue allée couverte. Diez rappelle aussi, mais seulement pour ne rien omettre, l'élymologie indiquée par Muratori : l'arabe chalt, qui signifie une ruche et un grand navire. Il se voit par toutes ces opinions et variations que Jusqu'à présent on ne peut rien conclure sur l'étymologio de ce mot.
2. GALÉE (ga-lée) , f. f. Terme d'imprimerie. Planche rectangulaire garnie de deux tasseaux formant équerre et dans laquelle le compositeur place les lignes qu*il a construites dans sou composteur. Il On se sert aussi de la galée pour monter un tableau.
— ETYM. Ce mot doit avoir été dit par quelque assimilation avec la oalée ou galère.
t G ALEKKETIKR (ga-le-fiotié), s. m. Terme vieilli qui signifie homme de rien, homme sans feu ni lieu. J'aurais plus de trente galefretiers à mes trousses, Théâtre ital. la Fausse coquette, dans le boux, Dict. comique. Ou qu'un tas de galelfctiers Que l'on voit raarcjier par les rues, Harangue des gens de Sarcelle à H. de Yintimille contre l'unigenitus, pièce
ms. 4733.
— ÉTYM. Cai/'a<; jaJe/'rc/tersigniflantproprement celui qui calfate, et ayant pris un sens péjoratif; wall. calfurtt.
GALËGA (ga-lé-ga), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes légumineuses, qui a pour type le galéga officinal. || Rue de chèvre, un des noms donnés au galéga officinal, dit aussi lavancsc. Il Faux indigo, indigo bâtard, noms donnés quelquefois au galéga officinal et au galéga tinctorial.
— ÊTYM. On peut conjecturer que Linné a pris le nom espagnol, gallega, de celte plante, qui est en effet inrtipéne dans le midi de l'Europe.
t GALÉIFORME (ga-lé-i-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un casque; par exemple, le pétale supérieur des aconits.
— ÊTYM. Lat. galea, casque, et forme.
GALÈNE (ga-lê-n'), s. f. Terme de minéralogie.
Sulfure do plomb natif, soit simple, soit argentifère, dit aussi alquifoux. || Galène martiale, sulfure de plomb ferrifère. || Galène iialmée, sulfo-antimoniure de plomb.
— ÉTYM. FoiXrivn.
GALÉNIQDE (ga-lé-ni-lc") , adj. Terme de médecine. Oui a rapport J la doctrine de Galien. || Oui traite les maladies suivant les principes de Galien. Certain ivrogne après maint long repas Tomba malade; un docteur galénique Fut appelé, l. B. Rouss. Épigr. I, B. Il Remèdes galéniques, nom donné aux remèdes végétaux, par opposition aux remèdes spagiriques ou chimiques.
■— ÊTYM. ToiXnvixo;, de raXjivôc, célèbre médecin grec du 2* siècle de l'ère chrétienne ; nom qui signifie proprement tranquille, de lalriyt], paix.
GALÉNISMK (ga-lé-ni-sm'), s. m. Lai doctrine de Galien, qui consiste principalement à subordonner les phénomènes de la santé et de la maladie à 1 action des quatre humeurs (sang, bile, ficgme, alrabile) que l'antique médecine admettait, par assimilation aux quatre éléments du monde.
— ÉTYM. Voy. OALÉNIQUE.
GALÉSISTE (ga-lé-ni-st'), t. m. Médecin sectateur de Galien. || Adj. Médecin galéniste.
— ÉTYM. Voy. GALÉN1QU8.
t GALÉNITE (ga-lé-ni-f), «. m. Nom d'une secte d'anabaptistes.
— ÉTYM. raXiQvri, la paix : proprement les pacifiques.
t GALfiODE (ga-lé-o-d*) , s. m. Genre d'arachnides, famille des faux scorpions.
t GALÉOPITIIÈOLE ( ga-lé-o-pi-tè-k') , s. m. Terme de zoologie. Genre do chiroptères dans lequel on distingue le galéo|.ithèque roux qui, se trouvant le plus commun dans les collections, est parfois appelé absolument le galéopilhèque. On dit aussi chien volant et chat volant, ainsi que pour les autres galéopithèques, legoarant.
— ÉTYM. l'aXc'a, belette, et TtWiixo;, singe. GALfiOPSIS (ga-lé-o-psis'), t. m. Terme de bota-
niquo. Nom d'un genre de plantes labiées ; l'espèce qu'on appelle chanvre bitard est le gakopsis tetrahit.
— BIST, xvi* g. Le suc et marcdeTherbe nommée galiopsis, autrement urtica labeonis, paré, xi, 26.
— ÊTYM. ra)io'{/i;, nom, dans Dioscoride, du lamtum purpHreum, L. ou peut-être du ballota fœtida, du grec ya.').î^, chat, belette, et Jtjit;, œil.
GALER (ga-lé), V. a. \\ ("Terme populaire. Ëgra-
GAL
ligner: ....X vous je reviendrai, Maître Pbllpot, et tant vous galerai, Que ne jouerez ce» tours de votre vie; À coups de griffe il faut que nous voyions Lequel aura do nous deux belle amie, la font. Viable pap. || 2° Se galer, e. réft. Se gratter.
— HIST. XVI' s. Une chèvre qui avoit une taie devant la pupille, se frottant et gallant contre des espines, abattit la dite taie, parb, Animaux, t. Si cela avoit lieu, il faudroit en excommuniant un ivrogne lui défendre le vin, et aux paillards leur ester leurs femmes, et aux ladres leur défendre de se galer. Sot. Uén. p. tai.
— ÉTYM. Gale.
t GAI.ERAND (ga-le-ran) , t. m. Nom donné dans quel(|ues localités à Vardie ttellaire ou butor.
GALËRË (ga-lè-r'), s. f. \\ 1* Terme de marine et d'antiquité. Bâtiment à rames et à voiles qui était le vaisseau do guerre des anciens. Galère à trois rangs de rames ou trirème; on ne sait pas encore au juste comment ces rangs étaient disposés. En voyant dans nos ports préparer nos galères, cohk. Pomp. II, 2. On croit que ce sont les Corinthiens qui les premiers changèrent l'ancienne forme des galères et qui en construisirent à trois rangs de rames, et peut-être aussi à cinq, holiin, Wis». anc. OEuv. t. XI, 2* part. p. 443, dans pougens. Chaque galère f do guerre] portait trois cents rameurs, et six vingts soldats, in. t'i». p. 664. \\La. galère fut aussi le vaisseau du moyen âge. || 2" Dans les temps modernes, bâtiment long et peu élevé au-dessus de l'eau, qui allait à voiles et îi rames. La galère avait deux tuâts et deux voiles latines; elle était armée, sur l'avant, d'une grosse pièce de canon dite coursier. Je crois prendre en galère une rame à la main, RÉGNIER, Sat.xv. Oue diable allait-il faire dans cette galère? ah 1 maudite galère! mol. Scopin, il, H. Si je croyais y retrouver encore la belle mademoiselle de Sévigné et la fête sur les galères que M. de Vivonne n'a pas donnée à madame la comtesse de Grignan,SÉv. /,e.'t. du 21 juin 4fl80. Il y a longtemps que l'expérience, maîtresse souveraine de tous les arts, a fait, entre les espèces des grands bâtiments de mer, un partage où tous les peuples de l'Europe ont souscrit; elle a donné l'Océan aux vaisseau^, et la Méditerranée aux galères, fo.nten. Chazelles. Il y avait douze galères à rames qui accompagnaient cinquante galions; c'est la première fois qu'on vit (les galères sur l'océan, volt, ifœurs, tCB. || Fig. Que diable allait-il faire dans cette galère? locution tiréo du Scapin de Molière et qui signifie : Pourquoi est-il allé se mêler à ces gens-là, s'entremettre de cette affaire mauvaise, périlleuse, etc.? Tant il est vrai que le plaisant peut se joindre au terrible (la révolution qui précipita Pierre III du trône de Hussiej : quelques-unes de ces jeunes femmes [qui étaient avec lui sur la Neva], à ce qu'elles-mêmes ont raconté, se disaient tout bas entre elles le proverbe comique : Ou'allions-nous faire dans cette galère? rl'lhièhes, Anecdotes sur la Russie, Œuvres posthumes, t. iv, p. 354. |{ Fig. Vogue la galère I arrive ce qui pourra. Puisque ce ne peut plus être la mort do M. de Turenne, vogue la galèrel sÉv. 230. Il Espalier de galère, voy. espalikr. Il Dans l'ordre de Malte. Tenir galère, armer une galère à ses dépens. || Demi-galère , nom donné à une petite galère, à une galiote à rames, quelquefois à un brigantin à rames. Le jour commençait à paraître, et les Turcs, nous croyant occupés à la galiote [à bombes] qui avait été attaquée h. la droite de toutes celles qui bombardaient, firent mine d'attaquer, par une demi-galère, par un brigantin et par plusieurs chaloupes, une autre galiote qui fermait notre ligne à la gauche, villettz, Mémoires, Campagne de iCS3, dans jal. Que faire avec un si petit nombre contre cent cinquante chaloupes ennemies, contre une dc-ni-galère, deux galiotes armées et plusieurs briilots, soutenus par cent vaisseaux de guerre ? Relatimt du ■:omb:!t de la llougue, dans JAL. Les denii-galèrcs russes vont à sa rencontre [de la flottille suédoise], l'attaquent et la prennent tout entière; elle portait quatre-vingt-dixhuit canons, volt. Rtissie, i, (3. || 3» Au plur. La peine de ceux qui étaient condamnés à ramer sur les galères. Autrefois on condamnait les malfaiteurs à ramer sur les galères, ce qu'on appelait condamnation aux galères, peine remplacée par les travaux forcés. II a été condamné aux galères pour cinq ans, sËv. I. Il II se disait aussi de ceux qui, pris par les corsaires barbaresques, étaient mis à la rame à Tunis, à Alger et ailleurs. Il ramera dans les galères d'Alger, J. 1. ROUSS. Ém. iv. |{ 4* Fig. et familièrement. Condition désagréable. La campagne, qu'on peut appeler les galères d'une jeune personne,
RAIULT. Gramm. 9. La nature a condamné le pic aa travail, et pour ainsi dire à la galère perpétuelle, BUFP. Morceaux choisis, p. 2»9. Je suis plutAt spectateur que patient dans celte galère où je ma tiens les bras croisé», u'aleub. Ij'U. au roi de Pr. 3 nov. <780. Ce métier [de soldat] sous les noble* est une galère, un supplice à qui ne peut s'en exempter, p. l. coub. Gazette du village, n' *. Mes amis, de votre galère Un forçat vient de se aauver, BÉBANG. Mon petit coin. || Vie de galère, situation pénible et laborieuse. || 8" Nom donné à un long fourneau en bricjues réfractaires, dans lequel on peut faire chauffer plusieurs vases à la fois. || On a aussi appelé galères des fourneaux ronds à réverbf-re d'un grand diamètre, autour desquels on place les vases contenant la matière qu'on veut chauffer. |j 6* Tombereau dont »e servent les maçons et qu'ils traînent eux-mêmes. || En Espagne, espèce de chariot dan» lequel on voyage. Aller en galère. || V Sorte de gros rabot de charpentier et de menuisier, servant à dégrossir le bois rude. || 8" Sorte de grand riteau nommé plus souvent ratissoire. || 9' Nom donné par les marins aux diverses espèces du genre phytalie, et quelquefois à la vélelle mulique qu'ils n'en distinguent pas.
— HIST. XVI' s. Vogue la galère, dist Panurge, tout va bien, rab. Pant. iv, 23. Incontinent que mes gualleres seront venues, je.... id. ib. 11, 28. Pour ceste mesme raison, j'ay usé de gallées pour galleres, endemeiitiers pour en ce pendant .... et autres dont l'antiquité me semble donner quelque majesté aux vers , pourveu toutefois que l'usage n'en soit immodéré, du bfxlay, iv, 4, terso. Si j'ay volé quelqu'un, envoyez-moy plustost en gallere, mont, m, 245.
— ÉTYM. Prov. gallera; esp. et ital. gâtera. Galère parait être une dérivation du radical qui a donné galée.
t GALÉRICCLE(ga-lé-ri-ku-l'), s. m. Terme d'antiquité. Nom d'un tour de cheveux, ou d'une espèce de petite perruque, dont les dames romaine» se servaient, et qu'on remarque encore surplusieur» médailles.
— ÊTYM. Lat. galericulum, diminutifde galerus, bonnet.
GALERIE (ga-le-rie),«. f. || 1* Lieu d'une maison qui est couvert et qui est propre à la promenade. Allez l'entretenir dans cette galerie, corn. Cid. i, B. Un petit cabinet qui joint la galerie, iiair. Soliman, ui, 2. Rien n'est égal à la beauté de cette galerie de Versailles ; cette sortede royale beauté est unique dans le monde, sév. 'B avr. <e85.|| Familièrement. Ce sont ses galeries, se dit du lieu où une personne se promène souvent. [Le cygne et l'oison] Des fossés du jardin faisant leurs galeries. Tantôt on les eût vus côte à cite nager. Tantôt courir sur l'onde.... la pont. Fabl. m, «2. ||2' Corridor ou allée qui sert à la communication et au dégagement des appartements. Cette chambre se dégage par une petite galerie. || 3° Galerie de tableaux, de peintures, ga'erie où on a réuni une collection de tableaux. La galerie du Louvre. || La collection même de ces tableaux. C'est une immense collection que la galerie de Florence, stael, Corinne, xvui, 4. || Fig. Collection de portraits, de statues ou de bustes représentant des personnages célèbres. Une galerie de poètes, de rois. La galerie des rois dans la façade de Notre-Dame à Paris. || 4* Galerie où l'on a réuni des objets d'histoire naturelle. Le» galeries du muséum. Le palais des sciences dans lequel il vit uns galerie de deux mille pas, toute pleine d'instruments de mathématiques et de physique, volt. Catidide, 48. Il 6° Dans un jeu de paum», allée longue et couverte d'où l'on regarde les joueurs. || Les personnes qui regardent jouer à la paume. || Par extension, toute réunion de personnes qui en regardent d'autres jouer, à que.que jeu que ce soit. La galerie qui entoure une taille d'écarté. La galerie est nombreuse. Je m'en rapporte & la galerie: parlez, messieurs, picard, Us deux Philibert, m, (3. || On dit aussi en ce sens : faire galerie. || Fig. et familièrement. Le monde, le» hommes considéré» comme assistants. On doit faire le bien sans s'inquiéter de la galerie. || 6° Dans les théâtres, balcon en encorbellement, avec un ou deiu rangs de banquettes. || 7* Galerie d'église, espèce de tribune, avec balustrade, dan» le pourtour de l'église. || 8' Terme de marine. Espèce de corridor libre ménagé dan» toute la longueur de l'entre-pont. || Nom donné à des balcon» saillants, hors du bordage, vers l'arrière. || Fausse galerie, ouvrage de menuiserie sculpté, qui décore l'arrière et le» côtés extrêmes de certains bâtiment». Il 9' Terme de fortification. Pasu^ couvert da tout
GAL
cfités à l'aide de bonnes planches à l'épreuve du mousquet, et qui permet à l'assiégeant de passer le fossé de la face du bastion lorsque l'artillerie du flanc opposé est démontée. || Chemin horizontal ou peu incliné régnant dans l'intérieur des mines ou y conduisant du dehors, servant à l'attaque ou à la défense. {| lO" Terme d'exploitation de mines. Route que les mineurs pratiquent sous terre pour découvrir les filons. Entraîner dans d'immenses galeries des forêts coupées en étais; soutenir les voûtes de ces galeries, contre l'énorme pesanteur des terres qui tendent à enfouir sous leur chute les hommes avares et audacieux qui les ont construites, nAYNAL, Hist. phil. vi, *». \\ Il se dit aussi des issues pratiquées pour les eaux. Les mines de charbon les plus aisées à exploiter ne sont pas celles qui sont dans les plaines ou dans le fond des vallons; ce sont au contraire celles qui gisent en montagne, et desquelles on peut tirer les eaux par les galeries latérales, buff. Uin. t. ii, p. 287, dans podgens. Il 11" Terme de construction. Passage souterrain et voûté destiné à l'écoulement de l'eau. || 12" Ornement en rebord à un meuble et même à une lampe. || Bande de cuivre qui se met devant les cheminées entre les chenets. || 13° Nom que les fondeurs donnent aux espaces séparés par des murs, sur lesquels on applique des plates-bandes de fer. || Espace autour du moule. || 14° Terme de pêche. lA galerie pour la pêche de la morue verte s'établit depuis les haubans du grand mît jusqu'au delà du mit d'artimon.
- HIST. XIV* s. Grant compaignie de Fabiens qui avoient attendu en la galerie de la court, ber- CHEURE, f'45, recto. Et entrèrent jusques en galeries du temple, ID. f° 66, verso. \\ xv° s. Tant qu'au logis en nostre hostellerie Feusmes venus en une gallerie, christ, de pisan, Dit de l'oissy. \\ xvi' s. Ce siège se fit pied à pied dans la grande sécheresse du marais, premier endroit où on a pratiqué les galeries, d'aub. Hist. m, 320.
— ÉTVM. Espagn. galeria; portug. ffolona ; ital. galleria; bas-latin, galeria, dont du Cange rapporte des exemples du ix* et du xi* siècles. Diez , réformant ses anciennes conjectures sur ce mot, le tire de yâXn, sorte de galerie (voy. galée 4, à l'étymologie), par l'intermédiaire de galera, galère. Dans cette hypothèse, fàX-t\ aurait donné galée par assimilation, et directement, à l'aide d'un suffixe, galerie. Cela est à prendre en bonne considération, mais n'est pas encore décisif. Aussi n'est-il pas hors de propos de signaler un rapprochement d'un autre genre. Il y a dans le bas-latin galilxa qui signifie porche d'église, portique, dans l'ancien français galilie : xiu* s. lit il esgardent si corn il issoient de l'iglise, si voient devant la porte du mostier defors la galilée un perron tôt quarré, Merlin, f" 72, recto. GaliUra s'est-il corrompu dès les plus hauts temps en galeria ? Le fait est que dans le texte du xi° siècle rapporté par du Cange : iEquum est, ut omnibus intra galeriam stantibus, pacis osculum sibi invicem tribuere , on mettrait aussi bien gali- Iscam au lieu de galeriam. En tout cas rien de définitif n'a encore été trouvé sur l'origine de galerie.
GALÉRIEN (ga-lé-riin), s. m. Celui qui ramait sur les galères, soit comme condamné soit comme captif. Étant un jour sur le port de Marseille, il reconnut un galérien turc pour être celui qui l'attachait toutes les nuits au pieu dont nous avons parlé, FONTEN. Marsigli. || Il se dit aujourd'hui pour forçat. Il Souffrir comme un galérien, mener une vie de galérien, mener une existence dure et pénible. || Se donner un mal de galérien, se donner beaucoup de mal. Il Travailler comme un galérien, se livrer à un travail pénible. Condamnés à des travaux continuels comme des galériens» J. J. Rouss. Ém. U.
— ÉTYM. Calère.
GALERNE (ga-lèr-n'), I. f. Vent entre le nord et i'ouest ; dénomination usitée seulement en quelques localités; on indique certains endroits des bords de la Seine et l'embouchure de la Loire. Un vent de galerne. La galerneest froide et fait quelquefois geler les vignes. Si tu me veux bien obliger, Fais vitement le temps changer; Donne-leur d'un temps de galerne Qui jusques au ciel me les berne, scarron, Yirg. i. Vent de Brie ou de galerne, m. ib. vu.
— HIST. xm* s. Se la mer est enflée ou koie, Jà ne sera qu'on ne la voie [l'étoile polaire] Ne pour galerne ne pour bise,iats inédits, p. m. |{ xv* s. Ou com les flots font plongier la nasselle Par le tempest et par le souflement De bise, austère [vent du midi] et galerne ensement, eust. desc. poésies mss. f° 60. Il XVI* s. Le vent d'occident, dit favonius et vulgairement galeme, est froid et humide, paré. In-
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trod. 43. Il y a deux manières de vents que nous appelons galeme et hautain, autrement nommés vent de nord et de midi, fouillodx, Vénerie, f 44, dans LACDRNE.
— ÉTYM. Brie, galarme, vent d'ouest, galarmiaux, les nuages qu'il apporte; espagn. portug. et ital. galemo; du celtique : bas-breton, gwalarrt; du radical gai, vent ; anglais, gale.
t GALÉRDQUE (ga lé-ru-k'), s. f. Terme de zoologie. Insecte nuisible aux ormes.
1 . GALET (ga-lc ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire: au pluriel, 1'* se lie : des ga-lè-z arrondis; galets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Il 1° Caillou poli et arrondi aux angles qui se trouve sur le bord de la mer. Chaque lame qui venait briser sur la côte , s'avançait en mugissant jusqu'au fond des anses, et y jetait des galets à plus de cinquante pieds dans les terres, BERNARD. DE ST-p. Faul et Virginie. Les portions les plus dures, à force d'être roulées par les vagues, forment ces galets arrondis, ou cette grève qui finit par s'accumuler assez pour servir de rempart au pied delà falaise, cuvier, Révol. p. 38. || Fig. Est-ce donc un si grand défaut de se distinguer, par quelques côtés anguleux, de la multitude de ces uniformes et plats galets qui foisonnent sur toutes les plages? dider. Claude et Nér. u, <09. || Galet de Boulogne, carbonate de chaux d'un blanc sale. Il Terme de géologie. Fragments de roches sphériques ou lenticulaires, de grosseurs diverses, formés antérieurement à notre époque par le mouvement des eaux. || 8° Collectivement. Le galet, un amas de galets. Se promener sur le galet. Il n'est pas commode de se baigner quand la mer est sur le galet. Il 3° Petit disque d'ivoire, de bois, de métal, etc. dont la dimension varie suivant la destination. Les mécaniciens emploient des galets pour diminuer le frottement. || 4° Jeu où l'on pousse un palet sur une longue table, et où celui dont le palet est le plus près du bord gagne et celui qui tombe perd son coup.
— HIST. xiii° s. De vénerie i a ostius [outils], Li canivés et li fuisius [le fusil], Et li tondres [l'amadou] od le galet, Partonop. v. 5067. || xiv* s. Colin print une pierre ou gai de mer, et le getta à la teste du suppliant par telle manière qu'il le porta à terre, du cange, galceta.
— ÉTYM. Diminutif de l'anc. fr. jai, caillou; mot venant du celtique : bas-breton, kalet, dur; gaélique, gai, caillou; Berry, galine.
f 2. GALET (ga-lè) , t. m. Terme de pêche. Bouée ou sifrnal pour reconnaître la situation d'un filet.
GALETAS (ga-le-tâ; Vs se lie : un ga-le-tâ-z enfumé), s. m. Il 1° Logement pratiqué sous les combles. Puisque du dieu des eaux tu tires ta naissance, Loger au galetas choque la bienséance, benserade, dans RictiELET. Il se retire au galetas de son palais, LA BRUY. xin. Il 2° Tout logement misérable. Enfin, quoique ignorante à vmgt et trois karats. Elle passait pour un oracle; L'oracle était logé dedans un galetas, la font. Fabl. vu, 15. Le cardinal de Richelieu, appliqué à découvrir tout ce qu'il y avait de mérites cachés dans les galetas de Paris, apprit en même temps le nom, les projets, la maladie du jeune historiographe, d'olivet, Hist. Acad.t. u, p. (88, dans POUGENS. J'examine s'il est vrai qu'il y ait un architecte, ou si cette maison, remplie de tant de beaux appartements et de vilains galetas, s'est bâtie toute seule, volt. Dict. phil. Dieu, dieux.
— HIST. xiii* s. Li uns des chevaliers fu à une des tors de Constantinople, li autre furent à une ville que l'on appelé Parte ; au chief de celé vile avoit une tor là où li uns des chiés [bouts] de celé chaene [qui barrait le port de Constantinople] fu qui de Constantinople venoit.... celé tor a nom la torde Galathas, guill. de tyr, dans likRiz^iB.Ampl. collectio, t. v, col. 662. Il XV* s. Et il [le roi] fut logié es chambres et galatois que son père le roy Jehan (ist faire, christ, de pisan, Charles V, m, 38. Vignes aussi et les terres arables. Moulins tournans, beaus plains à regarder. Et beaus sauvoirs pour les poissons garder, Galatasgrans etadrois. Et belle tourqui garde les detrois, Où l'on se peut retraire à sauveté, E. DESCHAMPS, Le bois deVincennes. Or, sus, sus, banquet et soupper, Saillez hors de ce galathas, Rec. de farces, p. ♦<<. ||xvi* s. Il lui dit qu'elle montast au galetas, maho. Nouv. xxvii. On remua ces deux prisonniers en un galtas où ils estoient fort incommodement, d'aob. Hist. m, tsî.
— ÉTYM. Galathas a été le nom donné à une tour de Constantinople. Galatas ou galathas a été le nom d'un appartement dans la maison des templiers : Datum in domo templi et in galala (tiré d'un acte du IIU* siècle et communiqué par M. Goston, de Monté-
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limar],et d'un appartement i la cour des comptes ; <353, datum in domo de Galathas anno domini MCCCLiii.dans une lettre du roi Jean, Ordonn. du roi, t. IV, (358; perdominum régentera, in consilio suo, in caméra computonim superius ad galathas, ubi erant domini de Montemorenciaco, Ord. du roi, t. ui, p. 337. Galatas, dans Eust. Deschamps, signifie une partie importante d'un grand cb&teau; il faut donc admettre que c'est Galala, nom d'un quartier et d'une tour de Constantinople, qui, par une suite singulière, en est venu à signifier une chambre sous les combles.
t GALÈTE (ga-lfe-t'), ». f. Terme d'entomologie. Pièce voûtée qui recouvre les mâchoires dans plosieurs insectes.
— ÉTYM. Dérivation irrégulière du latin gaUa, casque.
t GALETifeRE (garle-tiè-r'), *. f. Synonyme, en Normandie, de galettoire.
1. GALETTE (ga-lè-f), s.f.\\l' Gâteau rond et plat de pâte feuilletée , et quelquefois aussi non feuilletée. Ils [l'homme et la femme] avaient un jour envie de manger une galette, volt. Prine. d'act. 8. Il Galette de ménage, galette de pâteépaisse, compacte, non feuilletée. {| Galette de plomb, gâteau fait de pâte non feuilletée, avec farine, beurre, sel, sucre, lait, et un œuf, le tout pétri avec les mains, et cuit au four de campagne avec du feu dessus et dessous. || Fig. et très-familièrement. Une galette, un homme sans capacité, sans force. Une vieille galette, jj 2° Terme de marine. Nom du biscuit qui se distribue aux gens de mer et qui est de forme ronde ou carrée. || 8° En Normandie, en Bretagne et ailleurs, sorte de crêpe qui se fait avec de la bouillie de farine de sarrasin. Nos galettes de sarrasin, humectées, toutes brûlantes, de ce bon beurre du Mont-Dore , étaient pour nousieplus friand régal, marmontf.l, Éém. i. || Fig. Dans le Maine, on dit qu'on a fait une galette, quand on s'est laissé surprendre par une pluie d'orage en battant le grain dans l'aire et que l'eau a tout gâté ou entraîné. Il 4° Etat de la pâte de charbon et de salpêtre qui sert à la préparation de la poudre, après qu'elle a subi l'opération du battage. || 6* Terme de chapelier. La carcasse du chapeau d'homme faite en poil de lapin, ou en carton, ou en toile imprégnés de gomme de laque, et qu'on recouvre ensuite de la pluche.
— HIST. XIII* s. De chanestiaus et gaietés, barba- ZAN, Fabliaux, t. iv, p. 92. || iiv* s. Un cent do galettes sucrées, huit deniers, Ménagier, n, 4. Galettes et croûtes de pain blanc, t6. ii, 6. || xvi" s. Douze grans eschaudez et trois petites galectes, nu GANGE, galectum.
— ÉTYM. Galet (, par assimilation de forme; provenç. etcatal. galeta; espagn. galleta; ital. galleUa.
t 2. GALETTE (ga-lè-f), s. f. Produit obtenu en cardant et filant la soie des cocons percés (voy. PERCÉ) du bombyx du mûrier, de la même manière qu'on carde et file le coton. Le produit ainsi obtenu est un fil grossier et moins brillant que la soie. Et n'y pourra être employé aucun fleuret, galette, ni bourre de soie. Statuts des marchands de drap d'or, 9 juillet (667, art. 51. {j Adj. Soie galette.
t GALETTOIRE (ga-lè-toi-r'), *. f. Espèce de poêle sans rebord ou avec un rebord très-peu élevé dan» laquelle «n fait cuire la txiuillie de sarrasin.
— ÉTYM. Galette \.
GALEUX, EUSE (ga-Ieû, leû-z'), adj. \\ l*Oui a la gale. Un chien galeux. Et rendit.... Tant de galants pelés, tant de femmes galeuses, Régnier, Sat. vi. De grasses brebis non galeuses il avait des troupe» nombreuses, scarron, Yirg. vu. || Toisons galeuses, celles qui se trouvent parsemées de croûtes. || Fig. Une brebis galeuse gâte tout un troupeau, il ne faut qu'une brebis galeuse pour gâter un troupeau, se dit d'un méchant homme qui peut corrompre toute une compagnie où il se glisse. j| Brebis galeuse, personne dont la fréquentation est dangereuse. Il Éviter, fuir une personne comme une brebis galeuse, éviter, fuir une personne dont le commerce est dangereux ou désagréable. || i* Par extension, il se dit des arbres et des plantes. Le bois de bergamote est sujet à devenir galeux, la ouintinye, Jardins, dans richelet. || 3° Substantivement. Une personne qui a la gale. Un galeux. Une galeuse. La salle des galeux dans cet hôpital. Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal. Ce pelé, ce galeux d'où venait tout leur mal, la font. Fabl. vu, (. || Proverbe. Oui se sent galeux se gratte, se dit de ceux qui se plaignent de ce qu'on les accuse sourdement de ce dont on les croit coupable* en effet ; et plui
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souvent {tr gralte étant au subjonctif) : qu'on se fasse l'application de ce que je dis. Je n'en dis pas davantage; qui se spnt galeu» se gratte.
— HiST. XVI* s. Une brehis galleuse peut infecter tout un troupeau, par8, xxiv, u. Il se sent gallem [il connaît son défaut), OUDIH, Curioi. fr. Il y prend plus de plaisir qu'un galeux qu'on eatrille [il y prend beaucoup de plaisir], id. ib.
— ETVM. Gale; Berry, galowc.
f nAI.GAL (gal-gal), t. m. Morceau de pierres de <0 à l'-i mètres de longueur sur 5 à 8 de largeur et 6 i « de hauteur qu'on trouve dana différents endroits de la France. On suppose i|ue ce sont des tombeaux antiques élevés à la mémoire des guerliers gaulois ou romains morts dans un combat dont l'histoire n'a pas gardé de souvenir. La pLùne voisine du village appelé les Rousses, dans l'Jsère, offre une grande quantité de galgals, legoabant.
— BTYM. Gaélique, gai, caillou (voy. galet).
GALHAUBAN (ga-Ifl-ban), s. m. Terme de marine. Nom de plusieurs longues cordes qui, descendant du haut des mâts de hune et de perrocjuet aux deux côtés du vaisseau, servent à soutenir ces mâts.
— ÊTYM. Ital. galobano. Ce mot vient, d'après /al, de hauban, et garland, ou, par corruption, galland, qui est le même que l'ancien français garlande ou guirlande (voy. ce mot) ; garland, désignant la pavesade de la hune, puis la hune ellemême, nomma enfin le mât dont les haubans venaient se fixer au garlandage ou rebord de cette hune ; d'où le mot compose galhauban, hauban du mât de hune.
t GALIANCONTSME (ga-li-an-ko-ni-sm') , s. m. Terme de chirurgiB. Atrophie et raccourcissement du bras dus à une ancienne lésion de la partie supérieure de l'humérus.
— BTVM. ranàyxtav, qui est affecté de galianconlsme, de ya^ri , chat, et iyxwv , coude ; cette lé- •ion, qui rend le bras grêle , ayant été comparée avec la patte d'un chat qui est grêle.
t GALIBI (ga-li-bi), t. m. Nom donné aux squelettes humains qu'à la Guadeloupe on rencontre dans le tuf calcaire.
f GALICE (ga-li-s'j, t. f. Un des noms vulgaires de la sardine en Gascogne.
t GALIETTE (ga-liè-f), t. f. Nom, i. Douai, de morceaux de charlwn de terre, de moyenne dimension, taillés et disposés pour alimenter le foyer, Mémoires de la sonitide Douai, •!• série, t. l, p. <84.
tGALILftKN, ENNE(ga-li-lé-in,è-n'), adj. il !• Qui est de la Galilée, une des quatre grandes divisions de la Palestine. || 2" S. m. Nom donné à Jésus-Christ, parce qu'il fut élevé i Nazareth, ville de Galilée. Tu as vaincu, Galiléen, exclamation attribuée à l'empereur Julien, blessé à mort dans un combat contre les Parthes. |{ Nom donné aux premiers chrétiens.
GALIMAFRfiE (ga-li-ma-frée), s. f. Ragoiil composé de restes de viandes. Une galimafrée le soir, du reste du diner, D. Quichotte, dans le roux, Pic*. comique. || Mets mal préparé, déplaisant. Tronchin l'a condamné à ne manger que des légumes; Monsieur, a dit le duc de Lorges, je ne peux digérer votre galimafrée, volt. I.ett. Richelieu, Si août, < 754.
— HIST. XIV' s. Calimafrée ou saulce paresseuse : Prenez delà moustarde et de la poudre de gingembre.... Kénagier, ii, 5. || xv s. Tout met en galimafrée, Lombart, Anglois, Alemant, François, Picart et Normant, C'est une chose faee, CH. d'orl. Rondel, «t. Il XVI' s. A tous coups vous prenez des mots que vous n'entendez pas pour des mots de cuisine, comme une galimaphrée pour un galimatias, etc. d'aub. Fœn. iv, tu. Quelque diversité d'herbes qu'il y ait, tout s'enveloppe sous le nom de salade ; de mesme, sous la considération des noms, je m'en vay faire ici une galimafréede divers articles, mont, i, 34a.
— ÉTYM. Orcine inconnue. Genev. galimaufrée . L'ancien anglais ^allimaufrey vient du français.
GALIMATIAS ,i; < li-ma-tiâ; l'ï se lie : un gali-ma-tiâ-z infernal ; Molière l'a fait de cinq syllabes, ga-li-ma-ti-â, aujourd'hui on le fait plutôt de quatre), *. m. || 1* Discours embrouillé, confus, obscur. Faute d'art et de méthode, des vérités extrêmement hautes sont peu heureusement expliquées; les oracles deviennent galimatias par la mauvaise disposition de l'organe qui les rend, balz. Socr. chrél. Disc. (0. Rien n'est si voisin du haut style que le galimatias, iD. «6. Il parle et écrit galimatias en perfection, m. Lett. à Conrart, 2S av. (653. Comme on n'y voit goutte et que tout ce qu'on dit là-dessus ne signifie rien, j'ai mieux aimé biaiser un peu en cet endroit, que de débiter du galimatias, CASSANDBH, Trod. de la rhét. d'Arittote , nota s du livre u. Le cardinal , après une douzaine de galima-
tias qui se contredisaient les uns les.iulius, concliil à se donner encore du temps jusqu'au lendemain, retz, II, <2S. Kt votre galimatias ne m'a pas tantôt ébloui, MOL. C I)andin,ii, 'i. Mon Dieu, prince,je ne donne point dans tous ces galimatias où donnent la plupart des femmes, id. Àm. magn. I, l. Je n'ai pomt pris le style poétique, en cherchant le sublime ; je ne suis point tombé dans le galimatias, fRn. Dial. des morts atic. {l'ialnn, Aristote). Voilà la source de voire pompeux galimatias, la brut. v. Plutarque se moque quand il dit que les oracles se rendirent en prose, parce qu'on y demanda plus de clarté et qu'on se désabu.sa du galimatias mystérieux des vers, roN- TEN. Oracl. Il, 6. Elle [Mme Guyon] aimait Dieu et le galimatias si cordialement qu'elle fut quatre fois en prison pour sa t«ndreH.se ; traitement rigoureux et injuste, volt. Dict. phil. Amour de Dieu. Catherine II me mandait il n'y a pas longtemps qu'il fallait qu'il y eût deux langages en France, celui des beaux esprits et le mien, mais qu'elle n'entendait rien au galimatias du premier.... m. Lett. Delisle, 18 avril 1774. L'abbé de Voisenon, poète quelquefois agréable, mais souvent précieux et inintelligible, s'est surpassé cette fois-ci [dans un discours au roi de Danemark] en galimatias, et ses plus chers partisans ne peuvent se dispenser de le reconnaître, bachaumont, Mém. secrets, \. iv, p. (80. || Galimatias double, galimatias inintelligible et à celui qui le fait et à celui qui l'écoute. Cette expression est attribuée à Boileau, qui distinguait le galimatias simple qui n'est pas compris des auditeurs du galimatias double où l'auteur ne se comprend pas lui-même. Il Adjectivement. De tous côtés je n'entendis rien que des vanteries, des fadaises et des contes faits mal à propos, avec un langage le plus galimatias et une prononciation la plus mauvaise que l'on se puis.se figurer, Francion, liv. vi, p. 226. Si cette fin vous paraît un peu galimatias, sÉv. 45. || i' Imbroglio Ma foi, je ne sais pas Quand on verra finir ce
galimatias, tiOL.Sgan. 22. Qui songe à votre argent, dont vous me faites un galimatias? m. Avare, v, 6.
— SYN. GALIMATIAS, phRbus. Le galimatias n'est pas nécessairement du phébus ; et le phébus n'est pas nécessairement du galimatias. Le galimatias implique toujours quelque chose de confus et qui ne se comprend pas. Le phébus implique quelque chose de dit avec une emphase déplacée, et de grands mots où il n'en faudrait que de simples.
— ETYM. Faut-il le rattacher au bas-latin ba/Kmo- (10 (du cange, ballare), qui signifiait cymbales; vallematia, dans les gloses d'Isidore, chants et plaisanteries déshonnêtes ; du bas-grec paX),i(T|iâTiov , {iaiXTiiiàTtov, qui signifiait danser On a dit que galimatias venait de ce qu'un avocat, plaidant en latin pour Mathias, dans une affaire où il s'agissait d'un coq, s'embrouilla au point de dire galli Mathias au lieu de Gallus Mathiœ ; mais l'anecdote a été inventée pour fournir l'étymologie.
GALION (ga-li-on),». m. || 1° Terme de marine. Grand bâtiment de charge que l'Espagne employait autrefois à porter en Amérique les choses nécessai res aux colons et à porter en Europe les produits des mines du Pérou, du Mexique, etc. Les ennemis pourront empêcher le pas.sage de la flotte des Indes et des galions, fEn. t. xxii, p. 1526. Anson réduisit ses entreprises et ses grandes espérances à se saisir d'un galion immense que le Mexique envoie tous les ans dans les mers de la Chine à l'Ile de Manille, capitale des Philippines, volt, l/mis XV, 27. La cour était à Séville, les galions étaient arrivés, tout respirait l'abondance et la joie dans la plus belle saison de l'année, id. Scarmentado. On voit par des actes de ( 595, que les galions devaient être expédiés d'Espagne tous les ans, au plus tard tous les dix-huit mois; et les douze flottes parties depuis le 4 août (628 jusqu'au 3 juin (645, prouvent qu'on ne s'écartait pas de cette règle, ratnal, llist. phil. VII, .t2. Il Fig. Les galions sont arrivés, locution qu'on employait pour dire qu'on avait reçu beaucoup d'argent. || %• S.m.pl. Barres en liois de chêne, traversant les écoutilles, pour appuyer des portions de panneau qui ferment en deux ou quatre parties les écoutilles trop grandes pour être fermées par un seul panneau.
— HIST. XIII' s. Lors vint mens. Phelippe de Montfort en un galion, et escria au roy.... jomv. 25o. Il XV s. Et furent prests jusques à quatorze navires genevois et plusieurs galées et galions, comm. vii, 4. Il XVI* s. Cela fut sceu par une barque qu'un galion de Ré empoigna, n'AOB. Hisl. ii, s»3.
— ÉTYM. Dérivé degalie ou galée(yor. OALti i ); espagn. galenn ; portug. galeâo ; ital. galeone.
t OAUOICISTE (g»-ll-OH>i-«t^, «. m. Négociant
GAL
espagnol fahant le commerce des Iodes cspagno'ea par les galions.
— ETYM. Galion.
GALIOTE (ga-li-o-f), ». f. Il !• Petit b&liment qui va à rames et à voiles. Terracuso victorieux nou« conduisit à Barcelone avec deux galiotes enlevées au pirate et remplies d'esclaves et de butin, lesaoe, Kstn. Cont. ch. *-i.\\V Gallote à bombes, bâtiment tré.s-fort de bois, employé à porter des mortiers et lancer des bombes. H. Renau osa inventei les galiotes à bombes, aussitôt éclata le soulèvement général dû à toutes les nouveautés, ponte». Renau L'armée navale ramena en France les galiotes à bombes, victorieuses non pas tant des Algériens que de leurs ennemis français, id. ib. L'Espagne devait avoir vingt navires de guerre, outre les brûlotset les ga liotes à bombes, st-sim. 4ax, 478. || S* Galiote d'écoutille, barre à feuillures traversant une écoutiUe pour en recevoir et supporter les panneaux. ||4*Long bateau couvert dont on se sert pour voyager sur les rivières. Après avoir offert sa prière à tous les saints, et s'être recommandé spécialement à son ange gar dien, il prend la galiote [de Saint-Cloud], c'est pour lui un vaisseau de haut t>ord, mercieb, Tobl. de Paris, Des parfaits badauds.
— HIST. XIII* s. X BarenPuille est lanaviegrant. Tant i a barges et dromons et chalans, E galietes et SKcipes corant ; Tote mr-r covre, tant est l'estoire grant, Og. de Dantfn. 2li4. L'amirant en un galiot Fait entrer o lui sans atente Arbalestriers entour quarante, odiart, dans du cange, galea. ||xv' s. Et le lendemain les galées des Vénitiens arrivèrent.... et une galiote du seigneur de Metelin, Boueic. i,30. Il XVI' s. Lansac dressoit l'armée de mer à Bordeaux, qui commença par douze grands navires, quatre moiens servans de pattaches, et deux petites galères, qu'ils appeloient galiottes, d'aub. Hist. a, ï»».
— ETYM. Diminutif de ga/f> ou gaUe ( voy. oalâb 4); portug. galiota; ital. galeotta. Galiot a signifié pirate : xili' siècle. Quantgaliot corent par mer Et tornentcelsens [de ce côté] por rober,Pa rtonop. v. (746.
t GALIPËE (ga-li-pée), s.f. Terme de botanique. Genre de rutacées dont le nom est écrit quelquefois galipier, et dans lequel on distingue la galipee cusparie (Colombie), dont l'écorce est l'angustura legoarant.
GALIPOT (ga-li-po; le ( ns se lie pas), i. m. Térébenthine concrète, impure, qui s'est solidifiée sur l'arbre même par l'évaporation spontanée de son essence. || Sorte de ma.stic particulier à la marine, composé de ré.sine et de matières grasses.
— ÉTYM. Origine inconnue. U est écrit galipo, dans une Déclaration du roi, nov. (64<>, tarif : galipo ou (;ros encens, le cent pesant, cinq livres.
t GALIPOTER (pa-li-po-té), Vf a. Terme de marine. Enduire de galipot.
t GALIS (ga-li), s. m. Terme de cha.sse. Endroit où le chevreuil a gratté la terre avec le pied.
— ETYM. Galer, gratter.
t GALIUM (ga-li-om'), ». m. Terme de botanique. Genre de plantes, rubiacées, comprenant le caille-lait ; mot tiré par Linné de if4>^iov , qui répond à caille-lait.
t GALLATE (gal-la-f), ». f. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide gallique avec une base.
— ÊTYM. Voy. OAIXIQOB.
(. GALLE (ga-n, ». f. Il !• Terme de botanique. Excroissance pnwiuite sur diverses parties des végétaux par les piqûres d'insectes qui y déposent leurs œufs. Les galles du chêne sont les plus généralement connues, et il n'est point d'arbre dans nos contrées qui en présente un plus grand nombre d'espèces, bonnet, Obterv. 37, Insect. jj Noix de galle, ou galle du Levant, galle d'un chêne de l'Asie mineure qui sert à teindre en noir et i faire de l'encre, et qui est produite par le cynips galtit tine-
toriir. Une teinture passée en galle Et lors, si
elle est surchargée de galle, toute la couleur se perdra et ne restera que la couleur que la galle lui aura donnée, qui sera comme feuille morte ou couleur de bois, Règlem. sur les manuf. août 4669, Teinturiers en laine art. 82. La noir s'engalleavee de la galle d'Alep ou d'Alexandrie, dite galle à l'épine, /n»(r. générale pour la teinture des laines, 18 mars (674, art. 29. || Terme de teinturier. Remonter en galle, travailler le rouge des Indes en le faisant passer deux fois par les apprêts huileux et les mordants de galle et d alun. || Galle du rosier, plus connue sous le nom de bédégar ou bédéguar. Il J' Insecte du genre cochenille.
— HIST. XIV* s. Pour faire trois pinte» d'encre, prenez des galles et de gomme, de chascnn ûeux
onces, Ménagier, u, < . Il xvi* s. Noix de cyprès, galles, escorces de grenades, paré, vi, m.
— ÊTYM. Ital. galla; du lat. galla, galle.
+ s. GALLE (ga I'), t. m. Terme d'antiquité. Nom des prêtres de Cybèle.
— ÊTYM. Lat. gallus; grec, ^iX^oc, prêtre de Cybèle.
+ GALLÉBIE (gal-lé-rie) , s. f. Papillon de nuit d'un genre Toisin des teignes, et nuisible aux abeilles.
t GALLIAMBE (gal-li-an-b'), s. m. Terme de métrique ancienne. Sorte de vers de six pieds dans lesquels domine l'ïambe. || Ouvrage écrit en cette espèce de vers.
— ETYM. Lat. galliambus, de gallus, galle, prêtre de CyM-le, et ïambe.
t GALLUMBIQUE (gal-li-an-bi-k"), adj. Qui a le earaclère du galliambe.
GALLICAN, ANE (gal-li-kan, ka-n'), adj. || 1° Usité aans ces phrases : l'Église gallicane, c'est-à-dire l'Église de France ou en soi, ou considérée dans les particularités qui la distinguent dans l'ensemble de l'Église catholique ; le rite gallican, le rite de l'Église gallicane. Les libertés de l'Église gat'icane. L'Église gallicane a été fondée par le sang d]une infinité de martyrs, boss. Polit, vu, vi, <4. L'Eglise gallicane approuve le concile de Constance, qui déclare les conciles généraux supérieurs au pape dans le spirituel, VOLT. Louis XIV, 3^. Il S. m. Partisan des libertés de l'Église gallicane, au principe de l'indépendance des églises nationales; il est opposé à ultramontain, celui qui soutient le pouvoir absolu du pape en toute matière. Les gallicans. Cet évêque passe pour galUcan. Il 2° Il s'est dit quelquefois par plaisanterie pour Français. Des fleurs de lis la tige gallicane, volt.
— ÊTYM. Latin gaWtcontts, dérivé de gallus, gaulois et français.
+ GALLICANISME (gal-Ii-ka-ni-sm') ». m. Ensemole des principes de l'Eglise gallicane : attachement à ces principes, par opposition à l'ultramontanisme.
— ÊTYM. Gallican.
GALLICISME (gal-li-si-sm'), ». m. || !• Forme de construction propre à la langue française. Un bon traité des gallicismes serait un ouvrage important pour notre langue, n'onvET, Item, sur Racine, § 97, Quelquefois aussi nos gallicismes ne sont autre chose qu'une ellipse ou plusieurs ellipses combinées qui ont fait disparaître peu à peu divers mots, diverses liaisons qu'un long usage rend faciles à sousentendre, quoiqu'il ne fût pas toujours facile de les suppléer ni même de les deviner, ID. ib. \\2' Faconde parler empruntée du français et transportée dans une autre langue. Il y a des gallicismes dans le discours latin prononcé à la distribution des prix du concours général des lycées et collèges de Paris.
— ÊTYM. Lat. gallicus, qui appartient aux Gaulois, aux Français.
GALLICOLE (gal-li-ko-l'), adj. Terme de zoologie. Qui vit dans les excroissances appelées galles.
— ÊTYM. Galle I, et le latin colère, habiter.
+ GALLIFÈRE (gal-li-fè-r') , adj. Terime de botanique. Qui porte la noix de galle.
— ETYM. Galle t, et le latin ferre, porter.
t GALLINACE (gal-li-na-s'), s. f. Terme de minéralogie. Sorte de verre de volcan, dit aussi pierre obsidienne, qui, noir et opaque, est susceptible de se polir très-bien.
— ÊTYM. liai, gallinaccio, dindon, oiseau dont le plumage est noir; du lat. gallina, poule, et la finale augmentative accio.
i GALLINACÉE (gal-li-na-sée), s. f. Girole ou chanterelle, sorte de champignon.
GALLINACÉS (gal-li-na-sé), ï. m. pi. Terme d'histoire naturelle. Nom du quatrième ordre de la classe des oiseaux, ordre qui comprend les poules, dindons, en un mot, la plupart de nos oiseaux de basse-cour, jj Adjectivement. Les oiseaux gallinacés.
— ËTYU. Lat. gallinaceus, de gallina, poule, de gallus, coq.
t GALLINE (gal-li-n"), adj./'. L'espèce galline, les poules et les coqs.
— ETYM. Mot formé du latin gallus, coq, comme race chpvaline, ovine, porcine, etc. de caballus, ovis, pnrcus.
tGALLINETTE (gal-li-nè-f) , ouGALLINOLE (palli-no-l'), s. f. Nom vulgaire de plusieurs champignons du genre des clavaires.
t GALLINSECTES (gal-lin-sè-kf), ». m. pi. Terme d'entomologie. Famille d'insectes hémiptères dont le mâle n'a que deux ailes sans bec ; la femelle, aptère, pourvue d'un bec, prend, lors de la ponte, l'aspect d'une galle. Les cochenilles appartiennent aux gallinsectes.
— REM. Bonnet a fait ce mot féminin : La ponte
GAL
suit de près l'accouplement, car la gallinsecte est ovipare; et, tandis qu'elle ressemble le moins à un animal, c'est alors précisément (ju'elle s'acquitte des fonctions les plus essentielles à l'animal, qu'elle s'accouple et qu'elle donne naissance à une nombreuse postérité, Consid. corps org. OEuv. t. vi,
p. 4 39, dans POUQENS.
— ËTYM. Galle <, et insecte. Ce nom est dû à Réaumur.
t GALLINCLES (gal-li-nu-l") , ». f. pi. Terme de zoologie. Famille d'oiseaux ayant pour type la poula d'eau (gallinule chtorope), dite aussi colin noir. Il Nom donné par certains auteurs au genre d'oiseaux échassiers que d'autres appellent râle, et dans lequel on distingue : la gallinide de genêt, ou mieux gallinule crex, nommée autrefois r&ls de genêt, appelée aussi crek, roi des cailles, et râle rouge ; la gallinule noire, qui était jadis le v&le noir ; et la gallinule de la Jamaïque, râle de la Jamaïque, dite vulgairement bidi-bidi et bidi, legoarant.
— ETYM. Diminutif du latin gallina, poule.
<. GALLIQUE (gal-li-k'), adj. Qui appartient aux anciens Gaulois. Peuplades galliques.
— ETYM. Lat. gallicus, de Gallus, gaulois. L'ancienne langue disait galesche, qui venait d'un mot fictif gallicius : xii* s. De la forest en une lande Entrai, et vi une bretescho X demie liue galesche,
CRESTIEN DB TROYES, CheV. OU lyon, V. «88.
2. GALLIQUE (gal-li-k'), adj. Terme do chimie. Acide gallique, acide existant dans la noix de galle.
— ETYM. Galle *.
t GALLISME (gal-li-sm'), I. m. Synonyme peu usité de phrénolofïie.
t GALLISTE (gal-Ii-st'), s. m. Partisan du système de Gall ou phrénologie. jj Adjectivement. L'hypothèse galliste.
— ËTYM. Gall, médecin allemand, naturalisé Français, mort en < 828, célèbre par ses travaux en anatomie, et surtout par la phrénologie.
tGALLOMANE (gal-lo-ma-n') , ». m. et /". Celui, celle qui admire avec excès la nation française, qui l'imite même dans ses travers.
— ETYM. Lat. GeUlus, Gaulois, et ixaCvsiv, avoir folie de.
t GALLOMANIE (gal-Io-ma-nie), ». f. Passion, travers du gallomane. La gallomanie tenait l'Allemagne dans le xviii* siècle. La froide fièvre de la gallomanie, a dit Schiller dans ime pièce de vers adressée à Goethe.
<. GALLON (ga-lon) , ». m. Mesure anglaise de capacité pour les liquides. Le gallon impérial d'Angleterre est de 4 litres 54, et en douane aux États-Unis de 3 litres 78 pour les liquides, et 4 litres 40 pour les matières sèches.
— HlST. XIV* s. Combien que le dit Jehan le Norrois eust justement perdu un galon de vin.... du CANGE, gaïo. Il XV* s. Un galon qui sont deux pots de cistre, du canoe, galo.
— ËTYM. Angl. gallon ; bas-latin, galo, jalo, et aussi gillo, gelo, gellus, guillo. Ce mot contient un radical gai ou jal qui se trouve dans l'ancien français galoie, jalaie, sorte de mesure ; bas-lat. galida; mots d'origine inconnue, au sujet desquels on a conjecturé le latin jau/u», vase à boire; ou l'allemand Schale, écuelle, jatte. Mais Diez objecte que au accentué dans gaulus ne se serait pas atténué eu a, et que Schale auraitdonné chale.
t 2. GALLON (ga-lon), ». m. Gallon de Hongrie ou du Piémont, sorte de galle inégulière provenant d'une piqûre de cynips faite au quercus robur, L.
— ÉTYM. Galle i.
t GALLOPHOBIR (gal-lo-fo-bie) , ». /. Aversion pour les Français. La gallophobie s'empara de l'Allemagne à la suite de l'oppression que Napoléon I*' fit peser sur elle.
— ETYM. Lat. Gallus, Gaulois, et (foSiXi , craindre, détester.
t GALLO-BOMAIN, AINE (gal-lo-ro-main,mè-n'), adj. Qui appartient à la fois aux Gaulois et aux Romains depuis la conquête des Gaules par les Romains. Période gallo-romaine, jj Se dit de l'écriture qui fut introduite en Angleterre par Alfred le Grand. || Substantivement. Les Gallo-romains, le peuple composé de Gaulois et de Romains qui habitait les Gaules au moment de l'invasion des barbares.
— ÊTYM. I.at. Gallus, Gaulois, et Romonus, Romain. + * . GALLOT (ga-lo), ». m. Un des noms vulgaires
de la tanche de mer (le labre tanche, dit aussi taneoide).
t 2. GALLOT (ga-lo), ». m. Variété de pomme.
OALOCIIE (ga-lo-ch'), ». f. || 1* Chaussure de cuir quj l'on porte par-dessus les souliers pour garantir les pieds de l'humidité. Quand un jeune frisé, re-
GAL
levé de moustacne, De galoche, de botte.... bégnikr. Sot. viu. Il Familièrement. Menton de galoche, menton long et recourbé. Je viens de voir arriver chez moi une figure en linge sale, un menton de galoche, VOLT. Lett. en vers et en prose, 75. || 2* Chaussure dont le dessus est de cuir et la semelle ds bois. Il 8* Terme de marine. Poulie à moufle plat, qui s'applique sur les grandes vergues, pour y faire passer les cargues boulines. || 4° Coin de la presse du doreur.
— HIST. XVI* s. Le docte Baïf remarque que gallic.v estoient une espèce de souliers dont les Gaulois usoient pendant la pluie; nous l'appelons encore aujourd'hui galloches, pasouier, Recherches, liv. vni, p. 667, dans lacurne. Il est comme galoches dedans et dehors [proverbe dit des écoliers externes de l'université nommés galoches, parce qu'ils portaient des galoches, et qu'ils étaient dehors en qualités d'externes, et dedans comme suivant les
cours], LEROL'X DE LINCT, PrOtl. t. U, p. 37.
— ÉTYM. Espagn. galocha;\\A\.galoscia. Le mot est plus ancien que ne le donne l'historique ; car du Cant:e a noté galochia dans un texte de 4 382. On le tire du latin gallicai, sorte de aiiaussure gauloise, avec changement du suffixe, selon Diez. On remarquera en confirmation que gallicus avait donné galesche (voy. OALLiQOE ^). Scheler préfère calopodium, calop'dium, galoche, qui a signifié une chaussure de bois ; mais la galoche n'est pas le sabot. La première étymolcgie reste donc la plus vrai* semblable.
t GALOCHIER (ga-lo-chié) , ». m. Ouvrier qui fait des galoches.
— HlST. XVI* s. Il y a encore desescoliers qui demeurent hors des collèges, qui vont ouir les leçons d'uns et autres regens, selon que l'opinion leur en prend et aux maistresqui les gouvernent, les jeunes appeliez martinets par nous et les autres galocliiers, PASQUiER, Recherches, liv. ix, p. 792, dans lacurne.
— ËTYM. Galoche.
GALON I ga-lon), ». m. || 1° Tissud'or, d'argent, de soie, plus étroit et plus épais qu'un ruban, et qui, mis sur le bord ou les coutures des vêtements, des meubles, etc. sert d'ornement et empêche qu'ils ne s'effilent. Un galon d'or, d'argent, de soie. Un habit chamarré de galons. II y avait ici un tel désordre sur les habits des jeunes gens et des courtisans en ce qu'ils appellent des galons, qui sont des passements sur les côtés des chausses, que le roi l'a trouvé même fort indécent et les a défendus, oui PATIN, Lettres, t. ii, p. 850. Un général emploie chez nous son galon et sa broderie à couvrir une si grossière incapacité, p. L. cour. Lett. 11,249. Qu'un valet change ses galons Sans changer d'antichambre, BÉRANG. UaroUe. La liberté.... C'est une bégueule enivrée Qui, dans la rue ou le salon. Pour le moindre bout de galon. Va criant : à bas la livréel m. Refus. Il Vieux habits, vieux galons, cri des fripiers qui courent les rues de Paris pour acheter les vieux habits. || Quand on prend du galon, on n'en saurait trop prendre, c'est-à-dire quand on est à même, il faut prendre tout ce qui peut être pris. Parodie d'un vers du Roland de Quinault , 11, 5: Qui goûte de ces eaux ne saurait se défendre De suivre d'amoureuses lois. Goiltons-en mille et mille fois; Quand on prend de l'amour, on n'en saurait trop prendre. || 2° Il se dit de la bande de galon, de différent tissu suivant le grade, que les sous-officiers portent sur la manche de leur habit. Il a obtenu les galons. Il CeU se dit aussi, dans les écoles militaires, des jeunes «ensqui ont un grade entre leurs camarades. On lui a donné, retiré les galons. || 3° Petit ruban de soie pour les souliers de femme. Il 4° Terme de marine. Bande de toile pour fortifier les coutures des voiles. || B* Populairement. Croûte allongée qui se forme à la tête dans certaines teignes.
— ËTYM. Galonner; espagn. galon ; ital. gallons. Galon au sens d'une sorte de ruban est récent et vient de galonner. Le gallonum était non un ruban, mais un instrument propre à arranger la chevelure.
GALONNÉ, ÉE (ga-lo-né, née), port, passé de galonner. Il l°Un habit galonné sur toutes les coutures. Il Familièrement. Il est tout galonné, il est tout couvert de galons. || 2° Terme de zoologie. Qui a des écailles ou des ligne» disposées en forme de galon.
GALONNEK (ga-lo-né), V. o. Orner ou border de galon. Galonner un habit, un chapeau. {| Se galonner, V. réfl. S'orner de galons.
— HlST. XII* S. Bien fu vestue d'une p»rpre roée, i un fli d'or sa crigne galonnée, Garin, dans do CANGE, galo. Il xm* s. Et vient sains [sans] guimple,
GAI
eschievelée, X un filet d'or galonée, Partonop. v. 4S»i. Seoir i voit une piicele Oui moultcstoit gentieus et bêle; Elle ses cheveus galounoit X deus au J'or qu'elle tenoit, do canoë, galtonnum. Que vous iroie-je disant? Bêle fu [Liesse] et bien alornée; D'ung fil d'or ère galonnée, la Rose, 857. Il XV* s. (Yvain de Galles] se faisoit pigner et galonner le chef, fboiss. h, ii, so.
— ÊTYM. Le sens propre, comme on voit par l'historique, est orner la tête avec des fils de métal, etvientd'un substantif ffoKonsignifiant l'instrument propre à faire cette coiffure. Diez pense que le radical est gai qui est dans gala (voy. ce mot) ; cette conjecture est très-fortifiée par le sens propre, lequel est parer la tête. La série des sens est : mettre dans les cheveux un fil métallique, puis orner d'un fil, d'un ruban quelconque la tête ou toute autre chose.
t GALONMEK (ga-lo-nié; Vr ne se lie jamais; au pluriel, l'îse lie :des ga-lo-nié-z habiles), s. m. Fabricant de galons. Les galonniers étaient de la même communauté que les rubaniers frangers.
— ÊTYM. Galonner.
GALOP (ga-lo; le p ne se lie jamais : un ga-lo allongé; au pluriel, l'sse prononce et se lie : des ga-lo-r allongés), s. m. jll" La plus élevée et la plus rapide des allures du cheval. Son cheval se mit au galop malgré qu'elle en eût, HAMiLT. Gramm. *o. Je monte à cheval dans mes rêves et je vais le grand galop à Andrinople, volt. Lett. à Cath. i 3o. Le bâcha indigné s'en retourna au grand galop, contre l'usage des Turcs, ID. C/iorto2//,6. Le ressortdes jarrets contribue autant au mouvement du galop que celui des reins, buff. Cheval. Déjà pour lui les courts exercices de la chasse, le galop des chevaux les plus doux étaient une fatigue ; comment soutiendrait-il donc les longues journées et les mouvements rapides et violents par lesquels les combats se préparent? SÉGUH, Ilist. de Nap. n, ». || Un temps de galop, un court espace parcouru au galop. Un temps de galop jusqu'à la ferme, beaumarch. Mar. de Fig. I, H.\\ Par extension. Aller, courir le galop, se hâter, aller fort vite. Le lendemain il vint ici au galop, SÉV. «63 II Fig. Chassez le naturel, il revient au galop, DESTOOCHES, Glorieux, m , 6. || Fig. Aller au galop, courir au galop, faire une chose avec précipitation. Il dit fort posément ce dont on n'a que faire Et court le grand galop quand il est à son fait, rac. Plaid, m, s. || Fig. Aller le grand galop à l'hôpital, faire des dépenses excessives. |j Dans un sens analogue. Le bien de notre amant s'en va le grand galop, la font. Pet. chien. \\ 11 s'en va le grand galop, il mourra bientôt. || 2° Techniquement. Allure très-rapide dans laquelle le cheval est supporté successivement par un pied de deiTière, un bipède diagonal et un pied de devant, puis reste sans support un instant, pour retomber de nouveau sur les mêmes appuis, hict. gin. de méd. et de chir. Vétér. Les battues dans un pas complet du galop sont donc au nombre de trois, séparées de celles du pas suivant par un certain intervalle, ib. Le galop (le course n'est que le galop à trois temps, très-allongé et exécuté très-près de terre, ib. Dans le galop de manège ou à quatre temps, les battues des deux pieds du bipède diagonal sont séparées parun intervalle, tb. || Branle de galop, mouvement que fait le cheval pour prendre le galop. Galop de chasse, celui où le cheval déploie librement ses membres, galop modéré auquel les chasseurs mettent leurs chevaux pour suivre une chasse. Galop de contretemps, allure semblable au galop sur le devant, et aux courbettes sur le derrière. || Galop d'école, voy. GALOPADE. || 3" Danse hongroise à deux temps et d'un mouvement vif, introduite dans la danse française et formant une des figures du quadrille. Le cavalier tient de la main droite sa dame par la taille ; la dame s'appuie sur lui de la main gauche ; les deux autres mains se tiennent en avant : et le pas de galop consiste en une suite de chassés, la lame ayant le pied droit et le cavalier le pied gauche en avant. Le pied de derrière chasse constamment le pied da devant ; c'est là le pas de galop qu'on emploie aussi dans d'autres figures, notamment dans la finale du quadrille ordinaire (voy. galope 2). Il Air sur lequel on danse le galop. || 4* Fig. et populairement. Réprimande, gronderie. Donner, recevoir un galop.
— HIST. XI' s. [Un chien] Oui vint à Charle les galops et les sauz, Ch. de Roi. Lvi. || xii* s. Les granz gaioz [au grand galop] [il] s'en ist de mont Laon, Honc. p. Isa. Il XIII' s. Un leus [loup] en saut, kl brebiz prent;GrantaleQre et grans galos S'en va li leus fuiant au bos, Ren. ah. Et si aloient tôt plus tout Que ne fesissiés les galos, Lai du trot.
GAI
— ÊTYM. Voy. galoper; bourguign. gaili; proven(. galop; espagn. et portu^. galope; itai. 00loppo.
GALOPADE (ga-lo-pa-d") , t. f.\\ 1* Action de galoper. Ce cheval a la galopade fort belle. || Faire une galopade, faire une petite course au galop. Et vous faisiez de belles galopailes, je pense ? dancouut, Moul. Javelle, se. 32. || i' Air de manège, sorte de galop en trois temps et très-raccourci, dit aussi galop d'école, où l'allure, très-cadencée, est moins rapide, mais plus élégante. || 3" Espace qu'on parcourt en galopant. || 4° S'est dit du galop de la danse. || 5' Populairement. Réprimande, gronderie.
— ÊTYM. Galoper.
t GALOPANTE (ga-lo-pan-f), adj. fém. Terme de médecine. Phthisie galopante, phthisie pulmonaire dont la marche est très-rapide.
1 1. GALOPE (ga-lo-p'), s. ^. Terme de relieur. Instrument avec lequel on trace très-rapidement de petites raies avant de glairer le livre; il vaut mteux tracer à la règle, lesnE, la Reliure, p. S) 4.
— ÊTYM. Galoper; ainsi dite parce que ce moyen est expéditif.
t 2. GALOPE (ga-lo-pT, ». /. Nom donné d'abord à une danse qu'on appelle aujourd'hui galop. La galope, une daise si vive, si animée, vraiment nationale, scbibe et mâlesviuji, la Seconde année, se. 4 (janvier (830).
GALOPÉ, ÊE (ga-lo-pé, pée), part, passé de galoper. Il 1» Mis au galop. Un cheval galopé. || 2' Fig. Poursuivi. Galopé par ses créanciers.
GALOPER (ga-lo-pé). || l' V. n. Aller le galop. Ce cheval galope bien. Un cheval écossais qu'il avait emmené avec lui, et qui, comme les chevaux de ce pays, galopait en gravissant les hauteurs, starl, Corinne, i, 2. || Un cheval galope sur le bon pied quand il lève la jambe droite de devant la première ; sur le mauvais pied, quand il lève le pied gauche de devant le premier; il galope près du tapis quand il lève très-peu les jambes de devant en galopant. Il serait bon d'exercer les chevaux à galoper alternativement sur le pied gauche aussi bien que sur le droit, buff. Quadr. t. i, p. 36, dans pougens. Il 2° Il se ditdu cavalier. C'est un apprenti cavalier, il ne galope pas encore. Je ne doutais pas qu'elles n'y eussent été, et qu'elles ne fussent de ces dames que j'avais vues galoper de si bonne grâce, volt. Mél. lilt. à Jf***, <727. Il Fig. Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, boil. Êp. v. || 3° Familièrement. Courir de côté et d'autre. Il a galopé toute la matinée. Il Faire beaucoup de démarches pour une afl'aire. Il a galopé par tout Paris pour cette affaire. Il 4° Marcher d'un pas très-rapide. Comme vous galopez! je ne peux vous suivre. || Fig. Je vois déjà comme le temps galopera, sÉv. 123. || Faire à la hâte. Lisez plus posément, et ne galopez pas ainsi. Je vous fis une petite lettre en galopant, sÉv. 49 juillet <865. Il 6° Terme de danse. Danser le galop. Il 6* V. a. Mettre, faire aller au galop. On apprit à Chambord la mort de l'abbé de Saint-Luc, qui se tua en galopant un cheval qui le jeta à terre, dangeau, i, 68, 6 oct. <884. Commo leurs juments sont pleines, ils n'ont jamais voulu les galoper, dancoort. Maison de camp. se. 29. || 7' Kig. et familièrement. Poursuivre quelqu'un. Les gendarmes l'ont galopé. || Particulièrement. Se rendre assidu dans tous les lieux où l'on peut voir quelqu'un, où l'on peut lui parler. Nous le galopons depuis tongtemps sans pouvoir l'atteindre. || 8° Fig. et familièrement. Galoper une femme, lui faire une cour pressante. Tandis que le duc, après avoir eu les faveurs ou mérité le refus de toutes les coquettes d'Angleterre, galope vos filles d'honneur l'une après
l'autre, hamilt. Gramm. 40 Un marquis de
même caractère. Grand épouseur aussi, la galope et la fiaire, begnard, le Joueur, l, a. || 9" Fig. et familièrement. 11 se dit de ce qui tourmente avec intensité. La fièvre le galope. La peur le galope. Il n'est rien que nous ne fassions Pour éviter l'ennui qui nous galope, noRAT, dans laharpe. Correspond, t. III, p. 4 6, dans potlOENS.
— HIST. xu* s. Et cil respondent : à vostre volenté ; Lors s'est li Turs vers Bernier galopes; Quant il vint près, si s'est haus escriés.... Raoul de C. 274. Il XTi* s. Tous deux le galopperent de telle façon d'injures et de pouilles, qu'il eust voulu estre mort, CABLoix, m, 43. Qu'on face des tournois, qu'on sorte en la campaigne. Qu'en armes on galope un beau genest d'Espaigne.... bons. 708.
— f.TYM. Prov. galaupar; espagn. et portug. (jalopar; ital. galopparc; du gennanic|ue: goth. hlaupan, courir; haut-allem. gahlaufan; anglo-sax. gehleafan; allem. mod. laufen; la syllabe gah ou
GAL
geh ou ge est un préfixe qui, en composition, » même sens que aùv et le latin ctim. Le piovençal a conservé la diphthongue germanique au.
GALOPIN (ga-lo-pin),/. m. || 1° Petit garçon qu'on emploie à faire des commissions. On dit que vois n'avez pas snulement un laquais, et que c'est un galopin de la rue qui vous éclaire avec une de ces torches de poix dont ils empuantissent toute la ville, HAMILT. Gramm. 7. Et souvenez-vous bien, vous et vos galopins. De mieux à l'avejiir enfermer vos lapins, REGNAiiD, le Bal, 2. Son nom [de Vauréal] est Guérapin, et son premier état, franc galopin, ST- BiM. 648, 439. || 2' Particulièrement. Dans les grandes maisons royales, nom de petits marmitons qui tournent les broches et courent çà et là pour les besoins de la cuisine. Il n'est, je veux bien voue la dire. Prince ni galopin que vous ne fassiez rire, BEGNARD, DémocT. V, 6. Vendôme arriva droit i Marly ; ce fut une rumeur épouvantable ; les galopins, tous les valets de la cour quittèrent tout pour environner la chaise de poste, ST-sm. 46«, kt. Il 8° Populairement et par mépris. Petit polisson, petit garçon quelconque. Une foule de violons suivie des galopins de la ville, hamilt. Gramm. 14. Il 4' Galapin s'est dit jadis i Paris pour una mesure d'un demi-septier.
— lllST. XII' s. Il lui demande : Dont es tu, biaux amis? — De Clcrmont, sire; si ai nom galopin, Garin, dans dh cange, galopinus. En la taverne hastivement en vint; liée trouva menuel Galopin; Lez le tonnel en la main trois dez tint, 16. || xv' s. Oucux [cuisiniers], escuiers, galopins, ei:st. desch Poésies mss. f 438.
— ÉTYlH. Galoper.
GALOUBET (ga-lou-bè ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'i se lie : des ga-loubè-z harmonieux; galoubets rime avec traits, succès, paix, etc.),*. m. Petitinstrumentà vent qui n'a que trois trous et qu'on joue de la main gauche, tandis que la droite frappe la mesure sur un tambourin- X celte machine succéda bientôt un automate qui jouait à la fois du tambourin et du galoubet, con- DORCET, Vaucanson. Le plus grave ordonne à l'instant Vingt galoubets pour mon escorte, bErano. Mon enterr.
— ÉTYM. Origine inconnue. Tiendrait-il au provençal galaubier, gualaubin, gaillard, gracieux, galaubey, étalage, pompe?
t GALOUBIE (ga-lou-bie), s. f. Petit batelct trèsétroit.
GALUCHAT (ga-lu-cha), t. m. Peau d'une espèca de raie (d'ordinaire le trigon sephen, H. Cloquet) qu'on colore en vert et qu'on emploie à couvrir des étuis, des gaines, des fourreaux. Un couteau avec une gaine de galuchat.
— ETYM. D'après Bescherelle, Galuchat, nom d'un ouvrier gaînier, qui inventa l'art de préparer la peau de chien marin pour les gaines.
GALVANIQUE (gal-va-ni-k'), adj. Terme de pnysique. Qui a rapport au galvanisme. Pile galvanique.
— ÊTYM. Voy. galvanisme.
f GALVANIQUEMENT (gal-va-ni-ke-man), fldi». D'une manière galvanique; par !e galvanisme.
— ÊTYM. Gahanique, et le suffixe ment.
t GALVANISATION ( gal-va-ni-za-sion) , t. f. Il l'Opération, mieux dite zincage, par laquelle on recouvre les objets en fer d'une couche légère de zinc pour les préserver de l'oxydation. || 2" Application immédiate de l'électricité produite par les actions chimiques.
— ÉTYM. Galvaniser. Le nom, au sens de zincage, vient de ce que, en mettant en contact un métal positif avec un métal négatif, on empêche l'oxydation de ce dernier.
t GALVANlSfi, ËK (gal-va-ni-zé , zée), part, passé de galvaniser. Chez les grenouilles galvanisées peu de temps après la mort les muscles se contractent.
t GALVANISER (gal-va-ni-zé), •. o. || !• Terme de physique. F.lectriser au moyen de la pile galvanique ou voltaïque. || 2° Communiquer des mouvements aux muscles soit pendant la vie, soit peu de temps après la mort, à l'aide de l'électricité galvanique. Il Fig. Donner une vie factice et momentanée.
— ÊTYM. Voy. galvanisme.
GALVANISME (gal-va-ni-sm"),».!!». || l'Termeda physique. Électricité qui se développe par le simple contact de deux corps hétérogènes. || 2° Phénomène électrique qui consiste en des excitations produites dans les nerfs et les muscles.
— ÊTYM. Galvani, physicien italien, qui a découvert ce phénomène d'électricité en 47M.
GAM
GAM
GAM
+ GALVANO-CAUSTIQUE (gal-va-no-kA-sti-k") , ». f. Terme de chirurgie. Ensemble des opérations chirurgicales qui s'accomplissent à l'aide de la chaleur électrique. || Adj. Instruments galvano-caustiques, ceux qu'on emploie dans la galvano-caustique.
— ETYM. Galvanisme, et xauirtixà;, qui brûle.
t GALVANO- MAGNÉTIQUE (gal-va-no-ma-gnéti-k'), adj. Terme de physique. Oui a rapport au galvano-magnétisme.
t GALVANO-MAGNÉTISME (gal-va-no-ma-gnéti-sm'), s. m. Terme de physique. Ensemble des phénomènes dans lesquels des effets magnétiques Bont produits par le moyen du galvanisme.
— ÊTYM. Galvanisme, et magnétisme.
t GALVANOMÈTRE (gal-va-no-mfe-tr') , s. m. Terme de physique. Instrument destiné à mesurer l'intensité d'un courant galvanique. || Galvanomètre différentiel, galvanomètre servant à indiquer la différence d'action de deux courants électriques.
— ÉTYM. Galvanisme, et (iétpov, mesure.
t GALVANOPLASTIE (gal-va-no-pla-stie), s. f. Art d'appli |uer une couche métallique sur une matière quelconque au moyen de la pile galvanique. La galvanoplastie est employée pour dorer ou argenter différents objets, et aussi pour bronzer le fer ; toutes les statues en fonte dans nos fontaines, tous nos candélabres à gaz sont aujourd'hui bronzés par la galvanoplastie.
— ÉTYM. Galvanisme, et itXôoiTEiv, fonner.
t GALVANO-PUNCTURE (gal-va-no-pon-ktu-r'), s. f. Voy. ÉLECTBO-PUNCTOHE.
— ÉTYM. Galvanisme, et le latin punctura, piqûre. t GALVANOSCOPE (gal-va-no-sko-p'),s.m. Terme
de physique. Instrument qui rend sensibles à la vue les effets galvaniques.
— ÊTYM. Galvanisme, et uxoittîv, examiner.
t GALVANOTHÉRAPIE (ga!-va-no-té-ra-pie), s. '. Application du galvanisme à la thérapeutique.
— ÉTYM. Go?eantsme,et (h^opi'e.
t GALVARDINE (gal-var-di-n'), *. f. Nom ancien d'une cape contre la pluie.
— HIST. iv s. Qui n'a pas vaillant une pomme ; Mais qu'il ait une calvardine ; Avec cela c'est un grant homme, coquillart, Droits nouv. Icellui do la Selle dépouilla sa gavardine, qu'il avoit sur lui, et se mit en prepoint, du cange, garnacha.
— ÉTYM. Mot qui se rattache au bas-latin garnascia, galnape, gaunape, casaque, et qui paraît avoir été fait du latin galbanum ou galbinum, sorte de vêtement.
GALVAUDÉ, ÉE (gal-vfl-dé, dée) , part, passé de galvauiler.
GALVAUDER (gal-vô-dé), v. a. \] 1° Réprimander quelqu'un avec hauteur. || Vieux en ce sens. || 2° Populairement. Mettre en désordre, gSter, gâcher. Il a galvaudé tout mon linge. C'est un mauvais ouvrier, il galvaudera cet ouvrage. Galvauder une affaire, sa fortune. || Fig. Déshonorer. Il a peur que je ne galvaude son nom, ém. augieh, leMar. d'Olympe, ii, <3.
— ÊTYM. Origine inconnue. Norm. galvauder, travailler vite et mal, jaieodaire, vagabond; bourg. galvaudai, gâter; Charolais, jairoc/ie, charroi, travail de gahache; Maine, gavuuder, manger son bien. On l'a tiré de caballicare, mais ce mot ne peut donner que chevaucher. On peut par conjecture le rapprocher de galvardine (voy. ce mot), bas-lat. garnachia, galnape, gaunape, tous moti qui signifient casaque ; de sorte que le sens serait porter casaque, de là être un vagabond, puis enfin, activement, gâter, mettre en désordre
t I. GAMACHE (ga-ma-ch'), s. f. Mot vieilli qui signifiait guêtres.
— ÊTYM. Le bas-lat. gamba, jambe, d'après Diez. t 2. GAMACHE (ga-ma-ch'), i. f. Fauvette à tête
noire {sylvia atricapilla, insectivores).
1 3. GAMACHE (ga-ma-ch'), s. f. Variété de pomme.
f 4. GAMACHE (ga-ma-ch'j, s. m. Nom d'homme, un des personnages du don Quichotte, usité dans cette phrase : Noces de Gamache, repas très-somptueux.
t GAMANDE (ga-man-d'), s. f. Espèce de châtaigne, fruit du gamandier.
+ GAMANDIER (ga-man-dié) , s. m. Espèce de châtaignier du Dauphiné.
t GAMAY (ga-mè) , *. m. Cépage de la Bourgogne. Le gamay est de qualité inférieure. Il serait à désirer que l'on renouvelât l'ordonnance de Charles IX, qui défendait de planter l'infâme gamay dans les vignes qui produisent des vins fins, A. JOLLIEN, Topogr. des vignobles, p. 8i.
— ÉTYM. Gamay, nom d'un village de Bourgogne ; on écrit aussi gamet.
GAMBADE (gan-ba-d'), *. f. Saut sans art et sans cadence. Mes beaux messieurs de l'ambassade,
OICT. DE LA LANGUE FRANgAISK,
Vous n'avez qu'à faire gambade, scarbon, Yirg. VII. Amour fit une gambade. Et le pelil scél'Tat Me dit : pauvre camarade, Mon arc est en bon état, Mais ton cœur est bien malade, la font. /mit. cCAnacréon. Nous sommes des singes qui avons renoncé i nos jolies gambades pour imiter les bœufs, VOLT. Leit. envers et en prose, 120. || Fig. Je passe le temps à faire des gambades sur le bord de mon tombeau, et c'est en vérité ce que font tous les hommes, VOLT tett. Mmedu Deffant, 40aoiH)772. || Fig. Faire gambades, se réjouir, s'en donner. Nouvelles sont venues de Rome que le signor Pietro Mazarini, père du cardinal, y est mort âgé de (|uatre-vingt-troi3 ans; si son fils doit autant vivre, il a beau de faire gambades, oui patin, Lett. t. ii, p. )35. || Par dénigrement, la danse. Au lieu d'occuper mon élève à des gambades, j. j. boiss. Ém. n. || Fig. Faire la gambade, payeren gambades, payer en monnaie de singe, se défendre de payer une dette par toutes sortes de raisons, répondre à une demande sérieuse pardesplaisanteries. On lui rapportait [à Orry] le papier [qu'il avait signé], il ne pouvait nier, mais faisait la gambade, et répondait qu'il n'avait pu résister au maréchal, ST-siM. 161 , ni.\\ Cette locution vient de ce qu'autrefois les bateleurs payaient le péage en montrant leur singe et en lui faisant faire ses gambades.
— HIST. XV* s. Tous les matins la belle aubade, Visaige frais et non halle. Bon corps pour faire la gambade, coquillart, Monol. des perr. || xvi* s. J'aime l'allure poétique, à saults et à gambades,
— ÊTYM. Gambe, ancienne forme pour jambe.
GAMBADER (gan-ba-dé) , v. n. Faire des gambades. Et gambadaient de temps en temps, Tant ils étaient gais et contents, scahron, Yirg. viii. Taistoi, le sultan s'apprête X voir faire quelques tours; Çà, pour honorer la fête. Gambadez, messieurs les
ours, CHAOL. Dial. de deux perroquets Lorsque
de Saint-Médard Vous crayonniez gaiement la cabale grossière, Gambadant pour la grâce au coin d'un cimetière, volt, les Cabales. Nous avions de la peine, Thiriot et moi, à ne pas éclater de rire, de voir Voltaire en chemise , gambadant de colère, et apostrophant le roi de Prusse, uaemontel, Mém. IV. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XV* S. Il gambadoit, il faisoit le badin, Onque on ne vit un plus parfait landin, Faifeu,
p. 26, dans LACURNE.
— ÊTYM. Gambade.
t GAMBADEUR, EUSE (gan-ba-deur , deO-z'), s. m. et f. Celui, celle qui gambade.
— ÉTYM. Gambader.
t GAMBE (gan-b'), s. f. Ancien nom de la jambe, encore usité dans le mot viole de gambe. C'est un ancien instrument remplacé par le violoncelle et qu'on tenait comme lui entre les jambes.
t GAMBES (gan-b'), s. f. pi. Terme de marine. Cordages fixés, par une de leurs extrémités, aux caps de mouton des haubans de hune; et par l'autre, soit au trélingage des bas-haubans, soit au basmât lui-même.
— ÉTYM. Ane. français,9am6e, jambe (voy. jambe). t GAMBETTE (gan-bè-f), t. f. Oiseau d'Europe
et d'Afrique (genre chevalier), voy. totane.
f 1. GAM61ER (gan-bie),î. m. Outil du fabricant de glaces. || Terme de métallurgie. Crochet de fer pour prendre les verges sortant des équipages de fonderie.
1 2. GAMBIER (gan-bi-é), v. n. Terme de marine.
Voy. GAMBILLER.
t GAMBILLARD, ARDE (gan-bi-llar . llar-d'. Il mouillées), s. m. et f. Celui, celle qui gambille.
GAMBILLER (gan-bi-llé, Il mouillées, et non gan-bi-yé), v. n. || 1° Terme familier. Remuer les jambes de côté et d'autre quand elles sont pendantes. Au reste en vous pendant témoignez du courage. Faites la chose avec honneur. Sans gambiUer des pieds ou changer de visage, scarron. Stances à mademoiselle de Lude. J'en ai vu quelquefois gambil- 1er de petits [présidents] qui avaient peine à se tenir [assis sur leurs sièges élevés], st-sim. 374, 3i. Il 2» Terme de marine. Se dit d'un marin qui se perte d'un bout à l'autre d'un cordage tendu, en s'aidant des pieds et des mains. || V. a. Changer de bord une voile à bourcet par rapport au mât, en faisant passer sur l'avant la plus longue partie de la vergue et de la voile. || Gambiller, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XV* s. En gambiant lui et moi es allées, à l'issue de la chambre du roi, froiss. m, iv, 41.
— ÊTYM. Ane. franc, gambille, diminutif de gambe, pour jambe (voy. ce mot).
t GAMBIR (ganbir) , s. m. Substance astringente, remplaçant '« cachou, et tirée des feuilles de l'un-
I carie gambir (rubiacées), grande plante sarmen-
I teuse de l'Océanie, legoarant.
I GAMniT (gan-bi), ». m. Terme de jeu d'échecs. On dit jouer le gambit, lorsque, après avoir poussé deux fois le pion du roi ou de la reine, on pousfe aussi deux fois le pion du fou qui est du côté du roi ou de la reine. C'est là la définition de l'Académie. Trévoux dit : Manière de jouer selon laquelle, après avoir poussé le pion du roi ou de la dame, deux cases, le premier coup qu'on joue, on fait ensuite autant avancer le pion de leur fou. Legoarant définit autrement : Coup au jeu d'échecs qui consiste, au commencement de la partie, à jouer le pion de la reine, et à s'emparer d'une tour dans les trois ou quatre premiers coups.
— ÊTYM. Ital. gambette, croc en jambe, de gamba, jambe (voy. jamhe).
t GAMHODIQUE (gan-bo-di-k'), adj. Terme de chimie. Acide gambodique, résine jaune, constituant la majeure partie de la gomme-gutte.
t GAMÉLION (ga-mé-li-on), s. m. Mois du calendrier athénien, qui fut d'abord le **', et qui devint ensuite le 7* ; il correspondait à partie de janvier et de février (yaiiiriXiMv, de Y«!J-ift''i<'«, lui a rapport au mariage, de f âijioç, mariage, ainsi dit parce que la plupart des mariages se faisaient en ce mois).
GAMELLE (ga-mè-r),î. f. \\ l'Orande écuellede bois ou de fer-blanc, dans laquelle plusieurs matelots ou plusieurs soldats mangent ensemble. || £tro à la gamelle, manger à la gamelle, être à l'ordinaire des matelots ou des soldats. On demeura là deux jours, et tous sans exception réduits à la paille et à la gamelle des cavaliers, st-sim. 29, 89. Il 2° Terme de marine. Table des officiers, des élèves, des chirurgiens. || 3° Terme de salines. Écuelle qui sert à puiser l'eau salée dans les poêles, pour s'assurer de l'état du liquide.
— HIST. XIV* s. Item deux petits gameaux et une forche d'argent à trere soupes, dd cange, gamelum.
— ÊTYM. Kspagn. portug. et ital. gamella; du lat. camélia, vase de bois.
f GAMELOT (ga-me-lo), s. m. Terme de marine. Sorte de petit seau.
• t GAMET (ga-mè) , voy. gamat, qui est la bonne orthographe. La commune gouvernée par notre colonel, c'est une vigne de bon plant; gouvernée par un autre, ce ne sera plus que du méchant gamet , et pour lors je ne donnerais pas cinq sous de la vendange, CH. de bkrnard, le Gentilhommt campagnard, II, § XVIL
GAMIN (ga-min), s. m. 1 1 1° Petit garçon qui aide les ouvriers dont l'art a quelque analogie avec celui du maçon, les poêliers, les fumistes, les briquetiers, etc. Il 2° Terme populaire. Petit garçon qui passe son temps à jouer et à polissonner dans les rues. Le roi de notre époque, c'est le gamin, fr. sooLiê, Si jeunesse .vouait, S in. Il Au féminin, gamine, se dit familièrement d'une petite fille espiègle et hardie. Il Adj. Vous êtes un peuple gamin, fred. sohlié, ib.
— REM. V. Hugo, dans les Misérables, m* part, i, 7, prétend que ce mot arriva pour la première fois de la langue populaire dans la langue littéraire en (834 dans un opuscule Intitulé Claude Gueux.
— ÊTYM. Origine inconnue. Serait-il pour gambin, àegambe, jambe? Le terme picard est galmite; gamin et galmite sont-ils un même mot? On a aussi parlé de l'anglais gaming, jouant ; mais la prononciation est ghéming ; et d'ailleurs comment ce mot anglais se serait-il introduit en français?
t GAMINER (ga-mi-né), v. n. Terme familier. Faire le gamin ; jouer et polissonner.
— ÉTYM. Camin.
\ GAMINERIE (ga-mi-ne-rie) , ». f. Action de gamin. Il Espièglerie de gamin.
— ÉTYM. Gaminer.
f GAMMA (ga-mma), s. m. Troisième lettre del'alphabet grec [F, y], correspondante à notre G (voj'. G).
f GAMMARE (ga-mma-r') , s. m. Terme de zoologie. Genre de crustacés amphipodes, dans lequel on distingue le gammarus pulex, dit crevette des ruisseaux, et appelé agrouette dans certaines loca»lités, legoarant.
—HIST. XVI* s. Les gammares et escrevices que l'on cardinalise à la cuicte, rab. Garg. i, 39.
— ÉTYM. râfiiiapo;, écrevisse.
tGAMMARIDÉS (ga-mma-ri-dé) ou GAMMA- RIENS (ga-mma-riin), s. m. pi. Famille de l'ordre des crustacés amphipodes.
f GAMMAROGRAPHIK (ga-mma-ro-gra-fie) ou GAMMAROLOGIE (ga-mma-ro-loTJie), s. f. Description des crustacés ; traité sur les crustacés.
— ÊTYM. Gammare, et Tpàçeiv décrire, ou X&fOf, traité.
GAM
f UAlUMAHUI.litl£ (ga-mma-ro-li-f), t. f. Cru- ■ucé deveau Tossilo.
— Rtym. Gammare, et XWo«, pierre.
GAMME (ga-m'J, ». f. Il 1° Les sept notes principales de la musique dispo.sées selon leur ordre naturel dans l'intervalle dune octave. Apprendre la gamme. Savoir la gamme. || Gamme diatonique, celle qui procède par tons et demi-tons; pamme majeure, celle où la première tierce est majeure ; gamme mineure, celle où la première tierce est mineure. Il [Pylh.igore] appliqua aui cordes tendues par des poids l'expérience qu'il avait faite, et il forma la gamme du genre diatonique, didkr. Opin. des anc. phil. {pylhagorisme). \\ Gamme chromatique, gamme qui procède par demi-tons. Il Fig. et familièrement. Chanter sa gamme à quelqu'un, le réprimander et lui dire des vérités lures. Si je rencontre ce monsieur Mirobolan , je m'en vais lui chanter diablement sa gamme , DAUTEROCiiE , Crisp. médec. m , «. Je vais bien te chanter ta gamme, scarr. Virg. trav. iv. Ne t'afflige point tant, va, ma petite femme; Je m'en vais le trouver et lui chanter sa gamme, mol. Éc. des mar. n, n. Pas ne linit mère abljes.se sa gamme Sans sermonner et tempêter beaucoup, LA FONT. l'saut. Il En même gamme, sur le même ton. Il lui répondit en même gamme. || Changer de gamme, changer de langage, de conduite. Force lui fut qu'elle changeât de gamme , la fONT. Mari conf. || Hors de gamme, ne sachant plus que faire, mis dans l'embarras. Croyant par là les galants hors de gamme, la font. On ne t'avise.... Il Mettre quelqu'un hors de gamme , le déconcerter, lui rompre ses mesures, le réduire à ne savoir plus que répondre. Ma foi, tous ces détours me mettent hors de gamme, hauteroche, Soup, mal apprêté, t. En sachant la passion dominante de chacun, on est sur de lui plaire; et néanmoins chacu/i a ses fantaisies contraires à son propre bien, dans l'idée même qu'il a du bien ; et c'est une bizarrerie qui met hors de gamme, pasc. Pensées, t. i, p. 287, édit. lahlre. || En un autre sens, être hors de gamme, n'être pas en mesure. Villeroy éuit destiné pour la Flandre, Boufflers était hors de gamme et tous les autres maréchaux aussi ; restait Villars.... st-sim. 4 43, 84. || Crier à haute gamme, crier très-fort. Il continuait toujours le premier air; Hortensius, en colère, le frappa plus ferme qu'auparavant, ce qui fit crier le vielleux en haute gamme, Francion, iv, p. )6«. {| Un fou de haute gamme, un fou achevé. || Ceci passe votre gamme, ceci est au-dessus de votre portée. || 2° Gamme ou gamma ut, s'est dit primitivement de la série des premiers degrés diatoniques, i! 3" Terme de physique. Dans la construction chromatique de Chevreul , gamme franche , nom de soixantedouze couleurs distinctes, divisées chacune en vingt tons, et dites franches parce que les dix premiers tons au moins de chacune d'elles ne contiennent pas de noir. || 11 se dit en général d'une succession de nuances. Une planche coloriée qui donne la gamme des nuances de la peau et des yeux [chez l'homme] , broca. Presse scienli^. t" juillet «ses, p. 3u. Il En peinture , gamme de tons, succesfion de tons, de couleurs qui s'harmonisent.
— HiST. xiv* s. Assez l'avez-vous dict, madame; Par vos dictz j'entens bien la game, l'Alch. à nat, eBï. Il XV' s. Trop entré en la haulte game, Mon cueur, dut, ré, mi, fa, sol, la, Fut jà pieçà, quant l'afuia Le trait du regard de ma dame, CR. c'orl. Chans. 52. Quant au regard de demojselles. Grosses bourgeoyses, gentilz-femmes, Il n'y a que redire en elles; Elles sçavent trop bien leurs games, coodill. Monol. des perr. || xvi* s. Le vin lui remettoit sa haute game en la teste, qui le faisoit toujours retourner à ses bonnes coutumes, desper. Contes, iv. Je fus.... Et fol jusqu i la haute game, varot, m, sa7. Je passoya par l'église de Saint Martin, quand la gamme sonnoyt, palsgr. p. 494.
— ÊTYM. Gamma, nom de la troisième lettre de l'alphabet grec, qui répond à notre g. Au xi» siècle les notes de l'échelle des sons étaient indiquées par les lettres A, B, C, D, E, F, G, o, 6, c, d, e, f, g, aa, bb, ce, dd. La lettre A répondait au la au-destous de la grosse corde du violon, ou au la grave du violoncelle. On ajouta alors une corde encore audessous de ce la, le sol grave du violoncelle, et on la désigna par le P grec, pour ne pas reprendre le G ni le g. C'est Gui d'Arczzo qui le dit lui-m^mo dans son Mierolog. ch. « : In prt'mi» poni'tur T graeum a modernis adjiinclum. Le gamma commençant alors la série des sons, on ^ donné à cette série le nom de gamme.
GAN
t GAMOLOOIE (ga-mo-lo-jie), t. f. Discours,
traité sur le mariage.
— ÉTYM. r<xiio:, mariage, et iéyo;, traité.
t GAHOMANIE (ga-mo-ma-nie), ». f. Terme de luéileciue. Forme d'aliénation mentale caractérisée par une monomanio de mariage , qui porte les mulades à faire des démarches extravagantes pour demander toutes les femmes en mariage.
— ÉTYM. ràtio;, mariage, et manie.
t GA.'VIOPRtai.E (ga-mo-pé-U-r), adj. Terme de botanique. Dont les pétales sont soudés ensemble; se dit, chez certains auteurs, de corolles monopélales qui sont considérées comme formées par soudure.
— ETYM. ri|io;, mariage, et pétale.
t GA.MOPIÎtALIE (ga-mo-pé-U-lie), ». /. Terme de botanique. Êtdt d'une corolle gamopétale.
t GAMOPUYLLE (ga-mo-fi-1') , adj. Terme de botanique. Dont les feuilles ou folioles sont soudées ensemble. Involucre gamopbylle.
— ÉTY.M. ri|ioc, mariage, etçOWov, feuille.
t GAMOPUYLLIE (ga-mo-fi-lie), s. f. Terme de botanique. Caracti re des feuilles gamophylles.
t GAMOSÉPALE (ga-mo-sé-pa-1'), adj. Terme de botani([ue. Dont les sépales ou pièces du calice sont soudés ensemble.
— ÊTYM. rino;, mariage, et sépale.
t GAMOSÉPALIE (ga-mo-sé-pa-lie) , ». f. Terme de botanique. Caractère des calices gamosépales.
1 GA.MOSTYLE (ga-mo-sti-l'), adj. Terme de botanique. Dont le style résulte de plusieurs styles soudés ensemble.
— ÊTYM. râ|ioc, mariage, et style.
GANACHE (ga-na-ch'), ». f. || 1* La michoire inférieure du cheval. || Écartemont des ganaches, angle que forment l'une avec l'autre les deux branches de la ganache. {] La ganache est dite ouverte quand les branches sont très-écartées ; et serrée quand elles sont très-rapprochées. || Région située au contour de l'os maxillaire inférieur ch^z le cheval, et se confondant en partie avec la portion supérieure de la joue. || Cheval chargé de ganache, cheval chez qui cette région est épaisse. || Fig. Il a la ganache pesante, il est chargé de ganache, se dit d'un homme qui a l'esprit pesant. |{ i' Fig. et populairement. Une ganache, une personne dépoui-vue de talents et d'intelligence. Montesquieu toujours rabâche ; Corneille est un vieux barbon ; Voltaire est une ganache. Racine est un polisson, Vers insérés dans une pièce satirique faite vers 1826, contre les romantiques accusés de traiter ainsi ces grands hommes. \\ On dit par une mcme figure : C'est une
' mâchoire. 113° Terme de vétérinaiie. Un des noms i vulgaires de la cachexie aqueuse. || 4° Terme d entomologie. La partie de la lèvre inférieure des insectes qui est avancée. On dit aujourd'hui menton.
— ÊTYM. Ital. jana»cta;du lat. gêna, joue, avec le suffixe péjoratif ascia; grec, •(i•^'Ji, menton; bas-
I bret. gen, joue ; kimry, gen, menton ; sanscr. hanus, mâchoire.
t GANCETTE (gan-sè-f), ». /. Terme de pêche. Maille de filet qui a trois pouces en carré.
— ÉTYM. Diminutif de gan»e.
t GANDIN (gan-din), ». m. Dandy ridicule (du nom d'un personnage de vaudeville; mot passé tout récemment dans l'argot du monde).
t GANELONNERIE (ga-ne-lo-ne-rie), s. f. Acte de perfidie, de trahison. Je ne vous dirai plus rien de monsieur de Marseille ; je prends monsieur d'Uzès pour témoin de tous mes sentiments, ni si je me suis .séparé un seul moment de vos intérêts, ni s'il m'a imposé en la moindre chose, ni si ses manières et sa duplicité ne m'ont point toujours paru au travers de ses discours, ni si j'ai, manque de réponse aux endroits principaux, ni si tous mes amis n'ont point fait leur devoir, ni si je doute de la sincérité de votre conduite et de la ganelonnerie de la sienne, sfiv. 6 avril «872.
— ÊTYM. Caneton, baron des chansons de geste carlovingiennes, qui trahitCharlemagne, et fut cause de la mort de Roland à Roncevaux. Son nom était devenu synonyme de traître, et Mme de ^évigné avait encore conservé un écho de ces vieilles compositions.
GAXER (ga-né), «. n. Terme du jeu de lliombre. Laisser aller la main.
— ÉTYM. Voy. GANO.
f GANGA (gan-ga) , ». m. Gelinotte des Pyrénées. t GANGLIFORME (gan-gli-for-m'), adj. Terme d'anatomie. Oui a la forme d'un ganglion.
— ÊTYM. Ganglion, el forme.
t GANGLIOMA (gan-gli-o-ma), ». m. Terme de chirurgie. Nom employé autrefois pour signifier une tumeur des glandes ou des ganglions lymphatiques.
GAN
— ÉTYM. ritY^w. ganglion , et le suffixe wiii, qui indique accumulation.
GANGMO.N (gan-gli-on), ». m. || f Terme d'analomie. .Nom donné à divers organes qui ont l'apparence d'une nodosité. ]\ Ganglions proprement dits, ou ganglions nerveux, petits corps rûuge.4tres ou gris.'itrcs. toujours situés sur le Irijet d'un cordon ou filet nerveux. Différents nerfs se rencontrent dans un point commun, ils y forment un noeud; les naturalistes nomment ce nirud un ganglion, wis- NBT. Ess. nnahjt. dme, ch. I8. || Ganglit.n.s lymphatiques, petits corps que forme l'enlrel icement do» vaisso,iux lymphatiques unis ensemble par un tissu cellulaire et enveloppés par une meiniirane commune. Il a* Terme de pathologie. Nom donné à de petites tumeurs globuleu.scs, dures, indolentes, développées sur le trajet des tendons.
— HIST. XVI* s. Sous adema sont compris alhf- Toma.... talpa, ganglion, nodui, etc. pauiî, v, ».
— ÉTYM. FâYY'ï^''-
t GANGLIONEL'RE (gan-gli-o-neu-r") , arf/. Terme de zoologie. Dont les nerfs sont garnis de ganglions. IJ.Ç. m. pi. Les ganglioneures, groupe d'animaux à syst^me nerveux ganglionnaire.
— ÊTYM. Canqlinn, et veùpiv, nerf.
t GANGLIONlTE(gan-gli-o-ni-t'),t. f. Infiammition des ganglions lymphati(|ues. On dit aussi gangliite.
— ÉTYM. Ganglion, et le suffixe médical ite indidiquant inflammation, maladie.
t GA.NGLIONNAIRE (gan-gli-o-nê-r") , adj.
Il 1" Terme d'anatomie. Oui a rapport aux ganglions nerveux. Nerf ganglionnaire, nerf qui présente des ganglions sur son trajet. || Systi-me ganglionnaire, nom souvent donné au grand symp.tliique. Il 2* Terme de médecine. Affections ganglionnaires, afl°ections qui atteignent les ganglions lymphatiques.
— ÉTYM. Ganglion.
t GANGLIONNÉ, ÉE (gan-glio-né, née), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui offre des renflements comparables à des ganglions.
— ÉTYM. Ganglion.
GANGRÈNE (gan-grè-n'; l'Académie d.< qu'on prononce kan grène; c'est une prononciation ancienne, la plus reçue au xvii* siècle : il faut prononcer cangrène, disent Marg. Buffet, Observ. p. l3«,elChifflet, Gramm. p. 2^7. Celte prononciation, qui était suggérée par ledésir d'éviterdeux syllabes commençant consécutivement par g, n'a plus ru,sage pour elle, quoi qu'en dise l'Académie; les médecins, qui sont ceux qui se servent le plus de ce mot, ne disent que gan-grè-ne), ». f.\]i' Terme de médecine. Destruction complète de la vie dans une partie du corps, avec conservation de la réaction vitale dans les parties contiguës. M. delà Rochefoucauld est fort en peine de la blessure de M. Marsillac ; il craint que son malheur ne lui donne la gangrène, sÉv. 150. Il Gangrène sénile, gangrène qui affecte les extrémités chez les vieillards, et qui est due à des obstructions partielles dans les artères. Les jambes [de Louis XIV] s'enflèrent; la gangrène commença à se manifester, VOLT. Siècle de Louis XIV, 28. || Gangrène du poumon, maladie fébrile tri-.s-grave où il y a une gangrène partielle du poumon et des crachats d'une extrême fétidité. || 2» Fig. Doctrines pernicieuses, comiption des moeurs. Le discours des hérétiques gagne comme la gangrène, bosr. Var. 15. Il n'est point de gangrène si contagieuse que l'hérésie ; elle gagne sans ces-se et se répand, boi'Rd. Pensées, t. I, p. 254. X quoi servirait ce que nous venons d'écrire, si l'on ne guérissait quelques lecteurs de la gangrène du fanatisme ? VOLT. Philosophie, Ilist. établ. christ. |] 3' Maladie des arbres qui détruit l'écorce et le bois.
— HIST. XVI* s. Gangrené est une disposition qui tend i la mortification de la partie blessée, par£, x, it. [.imourde soi! Peste de l'homme, cnnemy dpital de sagesse, vraye gangrené et corruption do i'ame, cHAHHos, Sagesse, 11, 1. Le desreiglé des;r d'en avoir [des richesses] est une gangrené en nostre ame, 10. t6. 2a.
— ÊTYM. Espagn. gangrena; ital. cancrma, cangrena; du latin gangrjena, qui vient du grec TÔy- Ypaiv».
GANGRENÉ, ÉE (gan-gre-né, née), port, passé de gangrener. Frappé de gangrène. Un pied gangrené. ....Je n'ai rien, vous di.s-je . Répondra ce malade à se taire obstiné; Mais cependant voilà tout son corps gangrené; Et la fièvre, demain, se rendant la plus forte. Un bénitier aux pieds va l'étendre i la porie, uoiL. ÊpU. m. Il Par extension et hyperbole. Quand un enfant vient à la vie, gangrené des détuuches de son pir«, pourquoi ne se plaint-on pas de la
GAN
GAN
GAN
naturet cbatiaob. Génie, i, i, ♦. || Fig. Une conscience gangrenée. Une àme gangrenée.
fiANGRENKR (gan-gre-né. Richelet écrit gan gréner ; aujourd'hui cet e est muet. Lii syllabe gn prend un accent grave quand la syllabe qui suit es: muette : le membre se gangrène, se gangrènera), V. a. Il 1° Causer la gangrène. La congélation gangrène les parties qu'elle frappe. || Fig. Voudriezvous qu'une âme que vous avez gangrenée n'ait jamais que vertu pure et sans taclie? FiïN.t. xix, p. 365. Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable, volt. Dict. phil. l'nnatisme. || 2° Se gangrener, e. réft. Se corrompre par la gangrène. Le doigt écrasé se gangrena.
— HlST. xvi* s. Hormis l'amputation des testicules, s'ils n'estoient gangrenés, et du tout sphacelés, PARÉ (au lecteur) .
— ËTYM. Gangrène; ital. concrcnare.
t G.\NGKENESCENCE (gan-gre-nè-ssan-s'), s. f. Tendance d'une inflammation à se terminer par gangrène.
— ÉTYM. Gangrène, et la finale fréquentative escere.
GANGRENEUX, EUSE (gan-gré-neû, neû-z*. On ne voit pas pourquoi, dis>.nt gangrener par un e muet, l'Académie dit gangreneux par un é fermé; autrefois on disait gangrener, et gangreneux était conséquent; aujourd'hui qu'on dit gangrener, gangreneux ne l'est plus) , adj. Qui est de la nature de la gangrène. Une inflammation gangreneuse. Une odeur gangreneuse.
— HlST. XVI' s. Odeur par laquelle on cognoist une ulcère pourrie et gangreneuse, pabé, Introd. 23.
— ETYM. Gangrène.
GANGUE (gan-gh'), s. /". || 1° . Terme de mines. Nom donné, dans les filons métallifères, aux parties non métalliques qui forment souvent la masse principale du dépôt et qui enveloppent le minerai. L'inspection nous a démontré que la gangue du diamant est une terre rouge semblable à la terre limoneuse, bupf. J/m. t. u, p. 4 72, dans pougens. Il 2° Terme d'anatomie. Substance amorphe, dans laquelle un élément anatomique ou un organe particulier est plongé.
— ÉTYM. Ital. ganga; de l'allem. Gang, allée, chemin, filon, de gehen, aller ; angl. to go; sanscrit, gd; le même radical a formé palvw.
t GANGUl(gan-ghi),». m. Filet de merà mailles étroites, qui est en usage sur la Méditerranée. Défendons de faire la pêche du gangui et du brégin et celle du marqueseque ou du nonnat pendant les mois de mars, avril et mai, Ordonn. août )68i.
— HiST. XIV* s. Ganguil, du cange, ganguilo.
t GANIL (ga-nil), s. m. Terme de géognosie. Calcaire granuleux que l'on trouve aux environs du mont Saint-Gothard et du Vésuve.
t GANNET (ga-nè), s. m. Un des noms vulgaires du goéland brun.
jGANNlLLE (ga-ni-11' , Il mouillées), s. f. Un des noms vulgaires de la calthe des marais.
GANG (ga-no), s. m. Terme du jeu d'hombre, qui signifie : laissez-moi venir la main, j'ai le roi. Se plaindre d'un gano qu'on n'a point écouté, boil. .Sa*, x.
— ÉTYM. Espagn. gano, je gagne.
GANSE (gan-s'), ?. f. \\ 1° Cordonnet de coton, de .soie, d'or, d'argent, etc. qui sert ordinairement à attacher un bouton. Le vieux bonhomme recommanda inutilement à Guillaume [Penn] d'avoir des boutons sur ses manches et des ganses à son chapeau, VOLT. Birt. phil. Quakers. \\ 2° Il se dit de la boutonnière faite avec le cordonnet. La ganse est trop étroite, le bouton n'y saurait entrer. || Ganse de diamants, d'acier, boutonnière faite en forme de ganse et garnie de diamants, de grains d'acier. Il 3° Ganse de cheveux, tresse de cheveux, cheveux tressés en forme de ganse.
— ÉTYM. Origine inconnue. Il y a dans l'italien (fancio , .dans l'espagnol et le portugais gancho, crochet. Diez demande si ganse ne serait pas le même mot. On trouve dans l'ancien français, ganx â gancher les draps, moulin à foulon, du cange, iialitium; gancher [lesdraps] aurait-il quelque rapport avec le travail de la ganse ? Richelet écrit gance.
t GANSETTE (gan-sè-t') , s. f. Petite ganse.
— ÉTYM. Diminutif de ganse.
t GANSIN (gan-sin), s. m. Terme de marine. Synonyme de maillon, quand il s'agit de lever une ancre par les pattes.
GANT (gan ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: des gan-z en peau), ». m. y 1° Partie de l'habillement qui, couvrant !a main, couvie aussi chaque doigt séparément. Des
gants, blancs. Gants d'homme. Gants de femme Gants de Grenoble. Gants d'Espagne. Une paire df gants. Gants de cuir ouvrés et non garnis de soie, et gants parfumés d'Espagne, la douzaine de paire;payera une livre. Tarif, ts sept. 1664. Elle aval: ôté ses gants, sÉv. 27. Les gants <ie Martial [nom d'un marchand] étaient fort à la mode dans et temps-là, HAMILT. Gramm. 7. Quoi I Martial fait-il des vers? je croyais qu'il ne faisait que des gants, MOL. Escarh. i, le. Il trouva ce conquérant [Charles XII] vêtu d'un habit de grosdrap>ljleu, avec des boutons de cuivre doré, de grosses liottes, des gants de buffle qui lui venaient jusqu'au coude, dans une chambre sans tapisserie, volt. Charles XII, 2 Il Gants de peau, gants de daim, de chamois, gants de chien, gants de fil, gants de soie, de laine, etc. gants faits avec ces différentes matières. || Gants d'ambre, gants de fleur d'orange, gants de jasmin, gants parfumés avec ces différentes odeurs. || Gants fourrés, ceux qui sont faits de peaux auxquelles on a laissé, dans l'intérieur, le poil ou la laine de l'animal, ou ceux qui ont à l'intérieur une ouate ou un tricot quelconque recouvert par la peau. || Gant bourré, gant dont on se sert dans les salles d'escrime. Il Terme de fauconnerie. Gant d'oiseau , gant que le fauconnier met à la main dont il porte l'oiseau. || Prendre ses gants, se disposer à sortir. Et, voyant arriver chez lui le damoiseau, Prend fort honnêtement ses gants et son manteau, MOL. Éc. des f. i, 4. Il Les gants jaunes, sobri(|uet ! donné quelquefois aux dandys. || 2° Jeter le gant, se disait autrefois d'un chevalier qui jetait effectivement son gant quand il défiait au combat un autre chevalier, qui, le relevant, acceptait le combat. Le roi [Charles VI] voulait empêcher ses chevaliers de relever le gant et de ressentir ces insultes particulières, CHATEAUBR. G^ni'e, IV, v, 4. Il Fig. Aujourd'hui, jeter le gant, défier quelqu'un au combat ou à toute autre lutte. |{ Relever, ramasser le gant, accepter le défi. Il 3° Fig. et familièrement. Être souple comme un gant, être d'une humeur facile, accommodante, se laisser manier sans peine. Voyez, elle se rend Plus douce qu'une épouse et plus souple qu'ur gant, CORN, le Ment, iv, 6. Tout vous rit, votre femme est souple comme un gant, la font. Coupe. Il Être souple comme un gant, se dit souvent er mauvaise part, en parlant d'une complaisance servile. Il Rendre quel(|u'un souple comme un gant, le rendre traitable, de difficile qu'il était. || 4° ylu piur. Gants se disait jadis pour bonne main, et se dit encore en quelques circonstances quand il s'agit de femmes; locution qui vient de l'Espagne où l'on donne pour avoir des gants, poro guantes, tandis qu'en France on donne pour boire. On dit en proverbe , quand un homme apporte une nouvelle qu'on sait déjà, qu'il n'aura pas les gants, pour : le présent qu'on donne aux messagers qui apporteni quelque bonne nouvelle, furetière, Dict. \\ Fig Avoir les gants d'une chose, en avoir la première idée, ou le mérite, ou le profit. M. de Bouillon me dit que je ne devais pas avoir au moins seul les gants de ma proposition, retz, ii, 3H8. || En un sens contraire. Vous n'en avez pas les gants. ....C'était pièce assez fine Pour en devoir l'exemple à d'autres gens; J'ai grand regret de n'en avoii les gants, la font. Troq. Certainement il n'y a que l'art, et la nature est une chimère; vous avez raison, me répondit M. Sidrac; mais vous n'en avez pas les gants, cela a été dit, volt. Oreilles, 2 Il Avoir les gants d'une chose, c'est, proprement, recevoir la gratification d'une chose qu'on annonce, et n'avoir pas les gants d'une chose, c'est ne pa? recevoir la gratification pour une chose qu'on annonce, attendu qu'elle a déjà été annoncée. |{ Se donner les gants d'une chose, s'en attribuer l'honneur mal à propos. || Se donner les gants de quelque chose ; l'espagnol n'a pas celte expression; le français a saisi d'abord le ridicule de la hâblerie, et l'a caractérisé par l'image d'un homme qui s'offre à lui-même un pourboire, génin, Récréât, t. i, p. 4(6. Il 5° Elle a perdu ses gants, s'est dit jadis, dans un langage libre, d'une fille qui a perdu sa virginité. Ceux de son temps disert que, la première fois qu'elle sortit du logis, elle trouva à dire ses gants et son pucelage, balz. liv. m, lett. )«. Mainte fille a perdu ses gants. Et femme au retour s'est trouvée, Qui ne sait la plupartdu temps Comme la chose est arrivée, la font. Fianc. || 6° Fil à gants, espèce de fil bis ou écru que l'on tirait de Lille. Il 7* Gant de Notre-Dame, nom de différentes plantes : ancolie, digitale, gantelée. || Proverbes. L'amitié passe le gant,se disait lorsqu'on se saluant on se touchait la main sans se donner le loisir de
sM déganter par politesse; le sens est : l'amitié per- Qi>tlegant. || Cela me va comme un gant, c'est-à-dire trè.vbien, parce que les gants doivent être très-justes. - HIST. XI* s. Livrez m'en ores le guant et le oasiton [signes qu'on chargeait quelqu'un d'un mes- <agi] , Ch. de Ilol. xvii. || xiii* s. Ot ambdeus [les leux] cousues ses manches. Et, pour garder que se» mains Manches Ne halaissent, ot uns blans gans, (o Rose, 686. Il y a tex [telles] viles là où on ne doit |ue deus deL'ers de saisine.... et de teles où on doit trois deniers i!? gans ou douze deniers do vin, bkaum. xxvii, 8. A;.« festes et aus diemanches. Ne meloit ganz, ne ves«'it manches, Tant que midi» estoit passez, buti b. ii, ie4.||xiv*s. Ainsi, sans coup ferir, ne sans pcrdr; un seul gant |un seul homme], Arons-nous des pou.v.eaux assez de remenant, Guescl. Variante du ve.» 1220. Quarante huit boutons d'or pour deux paires de gants de chien, couvers de chevrotin, garnis au bout de iv boutons de perles, de iaborde, limaux. p. .127. Il XV* s. Uns autres petits gants à prélat , de broderie sur champ d'or, et sont tous plams à esmaux, et y faut plusieurs perles, id. ib. Ceux du Franc de Bruges estoient armés.... d'hauqueti ns et de gands de baleine, fboiss.ii, ii, (93. Dangier, je vousgecte mon gant.... Car vous m'avez mainte saison Fait uualeur à tort endurer, ch. d'obl. Pull. 43. Ung petit paquet de gans de Parpeignan à usaige de femme, Bibl. des ch. e* série, t. i, p. 3«3. {| xvi* s. Quand les seigneurs investissoientetensaisinoient ies acquéreurs de quelque fond, ils se servoii'nl toujours de gansqui restoient au sergent des seigneurs, et dans la suite, ces formalitez s'estant abolie^ le» gants ont esté dus aux sergents en argent et ont fait partie des droits seigneuriaux, laurièhe, Gloss. du droit fr. L'espée et le coustel et lance pour jouster, et riche bacinct, et gans à broiches de fer qui bien faisoient à doubler, menard, Hist. de du Guesclin, p. 66, dans lacl'bne.
— ÉTYM. Provenç. gan, guan; catal. guant; espagn. guante; ital. guanio; bas-Iat. wantus, dan.t un texte de Bède; du germanique : suédois, wante ; anc. scand. vnttr.
t GANTE (gan-f), i. f. Faux bord de bois que l'on ajoute aux chaudières de cuivre des brasseries. GANTÉ, ÊE (gan-té, tée), pan. passé de ganter ffitre toujours bien ganté. Les nez n'avaient poin^L été faits pour porter des lunettes, ni les mains pour être gantées, volt. Singul. (O.
GANTELfiE (gan-te-Ice), s. f. Espèce de campanule, dite aussi gantelet et gantilier, campanula irachelium, L. \\ Gantelée se dit aussi de la digitale et du tamiu communis, L.
j — HlST. XVI* s. Ni l'hyacinthe au teint d'oeillet,
, Le glayeul ni la gantelée, bons. 420.
1 — ÉTYM. Gant.
j GANTELET (gan-te-lè ; le ( ne se lie pas dans le
j parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie; des gan-teiè-z en cuir; gantelets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. |l 1° Gant couvert de lames de fer, qui faisait partie del'armure d'un chevalier. Rdouard irrité le frappa de son gantelet au visage; et les historiens disent que les propres frères d'Édouanl, accompagnés de quelques seigneurs, se jetèrent tous comme des bêtes féroces sur le prince de Galles et le percèrent de coups, volt. Mœurs, 4(6. Elle [la fée] ....qui veut que ma main sévère Joigne la harpe du trouvère Au ganteletdu chevalier, v. nuGO, Bail. i.\\if Morceau de cuir dont les chapeliers, les cordonniers, les relieurs, etc. se couvrent la paume de la main, ou le bras, pour le travail. Il 3° Terme de chirurgie. Espèce de bandage qui enveloppe la .main et les doigts comme un gant. Il 4° Synonyme de gantelée.
— HlST. XIII* s Que l'en ne puisse brochier ne
ameis pointer, gautelés de baleine, fors sus telles sueues [cousues], et qu'il seront de bone baleine, liv. des met. 37(. || xv* s. Et mesmes Poton esgrin"a Lyonnelde son gantelet par le visaige, kenin, ( i23. i|xvi* s. Au bras gauche, le gendarme porte un grant gantelet, qui le couvre jusqu'au coude, la- N-ouE, 286. Là il [le connétable] fut pris par un François, à lui osté par les reistres, ausquels il donna le gantelet, par le conseil du François mesme, n'AUB. Hist. 1, (87. Les grands exploicts menèrent la ligue à ne chercher que des couvertures pour donner le gantelet (attaquer], id. ib. m, 2 4 6. Eslre pris sans gantelet [être pris sans vert], brant. Cap, estr. t. I, p. 25.
— ÉTYlc Diminutif de gant.
t-GANTELlNE (gan-te-li-n') , t. f. Nom que les
jardiniers donnent au campanula glomerata, L. GANTER (gan-té), V. o. |1 1* Metfre des gant» à
GAR
quelqu'un. ne«t difficile de ganter un enfant. Vous êtes facile i ganter. || 8" Use dit aussi des ganU par rapport à la main. Ces ganU me gantent mal. || Absolument. Voilà des gants qui gantent fort bien, C'est-à-dire qui conviennent à la main. || Fig. et familièrement. Cela me gante, cela fait mon affaire, me convient. || 3" Se ganter, v. réft. Mettre ses gants. Gantez-vous avant d'entrer. || Être ganté. Elle a la main si petite qu'elle ne trouve pas à se ganter. Une main d'bomme se gante toujours aisément.
— HIST. XVI* s. Et, lui tenant la main dessus mon cœur, laquelle estoit gantée.... haro. Nouv. lvii.
— ÉTYM. Gant.
GANTERIE (gan-te-rie), t. f. Le métier ou le commerce du gantier. || Fabrique, magasin de gants.
— HIST. XV* s. Ceuli qui se mesleronl de ganterie feront leurs gans bons etvallables, Ordonn. U9<.
— ÊTVM. Gauler.
GANTIEK , 1ERE (gan-lié, tiè-r*), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui fait ou qui vend des gants. \\Adj. Marchand gantier, ouvrier gantier. || 2° S. m. pi. Terme de métallurgie. Planches qui ramènent l'eau sur une roue hydraulique.
— HIST. xiu* s. Ouiconi)ues veut estre gantiers à Paris, de fere ganz de mouton, de ver ou de gris, ou de veel, il convient qu'il achate le mestier du roy, Liv. des met. 240. luit 11 valiet frepier, tuit li Tallet gantier, et tuit li vallot peletier doivent ctiascun an un denier au mestre des frepiers, ib. i 99. Il XVI' s. Un conseiller du parlement, le plus fin gantier [matois] qu'on eust seu jamais voir, pa-