‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 268 sur 388 · AB · texte numérisé non relu

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eue rend.la chair st les os rouges des bestes qui en ont esté nourries quelque temps, CH. estienne et j. LiEBAULT, Maison rustique, éd. lie 1598, liv. ii,

p. 174, dans BICUELET.

— ÊTYM. Origine douteuse. Du Cange dit que varantia a ét« dit pour verantia, de verus, vrai , à cause de la beauté de cette couleur rouge ; ce qui lionne quelque appui à cette conjecture, c'est qu'on iiouve dans le bas-latin verafUer, véritablement, et lerare, vérifier.

GARANCE, ËE (ga-ran-sé, sée], part, passé de garancer. Des étoffes garancées.

GARANCER (ga-ran-sé. Le c prend une cé<lille •icvantaet o : je garancais, garaoçons), v. a. Tein-

'Ireen garance Sera ensuite bouilli avec alun,

lartre ou gravelle, et après garance avec garance commune, ou croûte de belle garance, et parachevé en noir avec noix de galles d'Alep, Règlem. sur les iwnuf. août 1669, Teinturiers en Jatne, art. ♦.

— HIST. XIV* s. Une cote simple à femme, de couleur garancie, du cange, garaneus.

— ETYM. Garance.

t GARANCEUR (ga-ran-seur) , s. m. Ouvrier qui leint en garance. Le garanceur étant obligé de rénondre de la couleur du guéderon, comme le noir- I isseur de la couleur du guéderon et du garanceur ^semble, /nf(r. gén. pour lateinture, I8marsi67i, ut. 94.

— ÊTYM. Garancer.

t GARANCIËRE (ga-ran-siè-r*), s. f. Champ semé !e garance. La garance produit si facilement, que 1 lige même couchée en terre prend racine, et sert à «peupler la garancière qui a été trop épuisée de sa racine, Instruct. génér. pour la teinture, l a mars 1 67 1 , art. 294. Il Local où l'on teint avec de la garance.

— HIST. xvr s. C'est toute la despense de la garancière, ou peu s'en faut, pour huit ou dix ans que la garence demeure en terre, o. de serres, 735.

— ÊTYM. Garance.

t GARANCINË (ga-ran-si-n'), s. f. Terme de çhinie. Produit de la transformation de la poudre de ,:,'arance par l'acide sulfurique ; il a la propriété de colorer plus que la garance et de diminuer les manipulations de la teinture.

— ÊTYM. Garance.

t GARANNIER (ga-ra-nié), s. m. Un des noms vulgaires de la giroflée jaune.

GARANT, ANTE (ga-ran, ran-t'), *. m. et f. 'I 1° Celui, celle qui répond de son propre fait, ou .iu fait d'autrui. Tout hemme est garant de ses faits et promesses. Mais n'étant point garant des sottises d'autrui , Régnier , Sal. x. Vous me serez garant (les hasards de la guerre, corn. Uéracl. v, a. Me seras-tu garant de ce qu'il pourra faire? m. JVtcom. Il, 1. Madame, vous voyez, je ne puis davantage; Et qui fait ce qu'il peut n'est plus garant de rien, m. Agésilas, iv, l. Des moyens dont ils se rendront les garants, pasc. Prov. 5. Mais, puisque sans vouloir que je le justifie, Vous me rendez garant du reste de sa vie, rac. Brit. i, 2. Pour garants de la vérité Comptons les raisons, non les hommes, la MOTTE, Fabl. V, 1 6. Permettez-moi de penser que, si la fortune vous était entièrement contraire, vous trouveriez une ressource dans la France, garante de tant de traités, volt. Lett. roi de Prusse, octob. 1757. Messène en est témoin, les dieux en sont garants, iD. Jfifrope, rv, b. || Adj. Lorsque Philippe Auguste conclut la paix en 1200 avec Jean, roi d'Angleterre, les principaux barons de France et ceux de Normandie en jurèrent l'observation comme cautions, comme parties garantes, volt. Dict. phil. Garant. \\ Fig. et familièrement. Je vous suis garant, jovous suis garante que cela est vrai, je vous l'assure, je vous en réponds. Moi, je lui couperais sur-le-champ les oreilles, S'il n'était pas garant de tout ce qu'il m'a dit, MOL. t'Ét. m , 3. Il 2" Terme de jurisprudence. Celui , celle qui est caution d'un autre, qui répond de ia dette. Être garant d'une dette, d'une obligation. Cette marchande s'est rendue garante. || On dit d'un créancier qu'il a un bon, un mauvais garant. Prendre pour garant. H 8* Celui, celle qui est obligée de faire jouir un autre de la chose qu'il lui a vendue ou ti-ansportée. Le vendeur est garant, envers l'acquéreur, de la propriété de la cho.se vendue. || Garant formel, celui qui, en matière réelle et hypothécaire, est obligé de faire jouir le garanti. || 4° Fig. Auteur dont on a tiré un fait, un principe. Il cite pour garante Mme de Sévigné. Les seuls garants que nous ayons ici de l'histoire de la philosophie, les Arabes et les Grecs, ne sont pas d'une autorité aussi solide et aussi pure qu'une critique sévère le désirerait, DIDEROT, Opin. desanc. philos. [Perses]. || Personne de qui on tient une nouvelle. Cette nouvelle paraît

étrange, mais j'ai de bons garants. Cette dame est ma garante. ||6° En parlant des choses, sûreté, garantie. De ce titre odieux mes droits me sont ga> rants, rac. Théb. u, 3. Il est mort; et j'en ai pour garants trop certains Son courage et son nom trop suspects aux Romains, 10. Milhr. v, 1. Les ouvrages bien écrits seront les seuls qui passeront à la (xistérité; la quantité des connaissances, la singularité des faits, la nouveauté même des découvertes ne sont pas de sûrs garants de l'immortalité, bufp. Disc, de réception. Il éprouva que la cruauté n'est pas le meilleur garant de la domination, raynal, llist. phil. xiii, 34. Il En cet emploi, garant est touiours masculin, et ne se met pas au féminiu. || 6° Terme de marine. Bout d'un cordage passé par une poulie pour servir à quelque amarrage. || Mollir, filer en garant, lâcher un cordage doucement, ii 7*X garant, lac. adv. En garantie. Sans prendre ni Phébus, ni la muse à garant, bégnier, Sat. vi. Elle [la fortune] est prise à garant de toutes aventures, la FONT. Fabl. v, n. Il Dans cette locution, à garant est toujours masculin, et ordinairement invariable. Cependant quelques auteurs le mettent au pluriel, et en effet rien ne s'y oppose : Dès qu'il fJurieu] a oui parler des Variations, il a cru tout peiilu pour la réforme; il a appelé tous les Pères à garants.... Boss. 6* avert. 1 .

— RF,»i. Ce mot présente quelques difficultés; en effet il est d'une part primitivement substantif à deux genres et par suite adjectif; d'autre part substantif à un seul genre, le genre masculin. Dans ces phrases de Marivaux et d'Imbert : Que vous importe ce que vous direz à la fille, dès que la mère sera votre garant? Marivaux, Fausse confid. I, H; Le chevalier : Voilà tous mes succès. — La comtesse : Attendez jusqu'au bout; D'avance je vous suis garant de sa tendresse, imbert , Jaloux sans amour, I, 6 ; si l'on prend garant au sens de disposé à cautionner, il y a faute, et il faut dire : garante ; mais, si l'on prend garant au sens de garantie, sûreté, la locution est correcte. Les deux locutions ne sont pas tout à fait synonymes, et il y a une nuance. Invereement, dans cette phrase de Marivaux : Il n'y a pas jusqu'à leur physionomie qui ne soit garante de toutes lesbonnesqualités qu'on leur trouve, Jeux de l'am. et du has. i, i ; si l'on prend ce mot dans le sens de garantie, il y a faute, et on mettra garant; mais, si on le prend figurément pour capable de cautionner, le féminin deviendra acceptable.

— HIST. XI* s. J'i puis aler, mais n'i aurai guarant, Ch. de Roi. ixiv. Se Mahomet me velt estre garant, ib. Lxvii. Hais d'une chose vous sui je bien guarant, ib. cxiv. Dient Franceis : bien fiert nostre guarent [défenseur], ib. cxxiii. || m* s. Escu ne broigne [cuirasse] ne lutfurent garant, Rone. p. 77. Qu'il [Dieu] gart les âmes et qu'il lor soit garant, th. p. 112. Qui d'oîr et d'entendre a loisir et talent. Fasse pais, si escout bone chançon vaillant, Dont ii livre d'istoire sont tesmoin et garant, Sax. 1. X guarant [pour se garantir] as cors sainz le voleient mener. Th. lemart. 147. || xiii* s. Et por chou [ce] vuet il dire et traitier aucune chose dont il ait garant et tasmoignage de vérité, b. de vai-enc. 1. N'onque nule si plesant rien Qui famé fust. [ilj ii'avoit veûe. Ce dist et s'en trait sa veûe X garant qu'il dist vérité, Lai de l'ombre. Si en puis bien trere à garant Ung acteur [auteur] qui ot non Macrobes, la Rose, 6. Se cil qui est pris à tout [avec] le larrecin pot trouver son garant qui li bailla, il est délivrés, beaim. xxxi, 4. Et se tex [telles] croi» porloient garant, aussi bien porroit porter garant une crois que aucuns porteroit sur li, id. xxv, 54. il XV* s. Si tost que le plat pays fust informé de leur venue, tous se retrairent à garant, froiss. 11, m, h 3.

I XVI* s. Nous pouvons appeler à garant cette mesme nature, pour nous avoir laissez en telle imperfection, MONT, i, 5.'). Pour que son innocence luy servist de garant et de recommandation envers la faveur divine, ID. 1, 274. Plusieurs appelleront la mort h garant contre les oultrages des tyrans, 1». 11. 34 (lui tire à garant [oppose recours ou garantie sur ui liersl, et g.arant n'a, sa cause perdue a, lotsel, 69» l".n crime n'y a point de garant [celui qui a commis un crime à la suggestion d'autrui n'en est pas moins punissable], in. 797. Montes<iuiou vint lU derrière du prince de Condé et le tua d'un coup de pistolet entre ses deux garants, d'aub. Hist. 1 , 280. Le sang est le garant de l'homme qui se plaint d'avoir esté navré i tort, LAimiÈRK, Gloss. de droit fr.

— ÊTYM. ProT. garen, guaren, guiren; espagn. et l'ortug. garenle; anc. ital. gttarento; angL warrant; l>as-lat. tcaretw ; du germanique : anc. frison,

GAR

GAR

GAR

iBerand, warenéi de l'anc. haut-allem. w«r^n, fournir, cautionner

GARANTI, IE(ga-ran-ti,tie),par(. possède garantir. Il fDont on s'est porté garant. Une créance garantie. Il S. m. Terme de jurisprudence. Le garanti, celui qu'on est obligé de garantir. || 2° Préservé. Garanti, dans l'éboulementde la maison, parune poutre.

GARANTIE (ga-ran-tie), s. f. || 1° Terme de droit. Engagement par lequel on se rend garant. Vendre avec garantie. Donner un acte de garantie. Ce traité fut conclu sous la garantie de telle puissance. Le roi de Saxe leur fit remettre tous les éclaircissements nécessaires, les assura qu'il tiendrait la garantie stipulée par le contrat de vente, duclos, Hist. Louis XI, OEuv. t. II, p. m, dans poogens. || Garantie de droit, celle qui est due de plein droit, comme la possession paisible de la chose vendue. Garantie conventionnelle ou garantie de fait, celle qui n'a lieu qu'en vertu d'une convention. || Garantie formelle, celle qui a lieu en matière réelle ou hypothécaire. Garantie simple, celle qui a lieu en matière personnelle et surtout entre la caution et le débiteur cautionné. || 2° Dédommagement auquel on s'est obligé. Appeler quelqu'un en garantie. || Demande en garantie, acte par lequel le défendeur au principal appelle en cause la personne contre laquelle il a un recours à exercer. || 3" Ce qui garantit une chose, ce qui la rend sûre. Il veut de bonnes garanties. Vous me promettez de vous bien conduire; mais quelle garantie en ai-je? Homère et non pas moi t'en doit la garantie, régnieb, Sat. X. Ceux qu'il a appelés en garantie ne peuvent pas se taire, boss. Lett. quiét. H7. Us appelaient des lois odieuses en garantie des actions les plus lâches, MONTESQ. Lett. pers. <4b. || Garanties constitutionnelles, celles qui résultent pour les citoyens des articles de la constitution. Dans un pays où la plupart des gouvernements étaient sans garantie, et l'empire de l'opinion presque aussi nul pour les premières classes que pour les dernières, stael, Corinne, XIX, 7. Il Garantie individuelle, la protection que la loi doitàchaque citoyen. || Garantie des fonctionnaires publics, protection dont la loi couvre certains fonctionnaires publics, en défendant de les poursuivre sans autorisation spéciale. || Bureau de garantie, lieu où l'on constate le titre des matières d'or et d'argent.

— HIST. XII* s. E 11 ciel et la terre porteront garantie à nos que vos à tort nos osciez [tuez], Uachah. I, 2. Il xur s. Sachez, s'il [le roi Louis VIIlJ fust retournés. Ne l'en [au comte Thibaut] portast garentie Homsqui fust de mère nés, Qu'il ne fust déshérités, hues de la febté, Romancero, p. <86. Il XIV* s. Ne prend pas garandie qui ne veut, BOU- TEiLLEB, Somme rural, p^2i3, dans lacuene. Il XVI* s. C'est une faible garantie que la mine, toutefois elle a quelque considération, mont, iv, 224.

Je luy appris à dire souvent intéresser, prendre

la garantie, faire fortune, courir à risque et

mille autres termes en cette façon, à quoy on connoit aujourduy une belle ame, d'aob. Conf. il, l.

— ÉTYM. Garanti ; provenç. garentia, guarentia, guerenlia; espagn. et portug. garantia; ital. guarentia. On trouve aussi dans les anciens textes garanlise et garantison.

GARANTIR (ga-ran-tir) , ». a. || 1" Se rendre garant, répondre d'une chose. Garantir une créance. L'Angleterre et la France ont garanti ce traité. Il 2''Assurerpourun temps la bonté, la qualité d'une marchandise. Garantir une citerne pour quatre ans. Il On dit en un sens analogue : Le marchand garantit ces gants de Grenoble, c'est-à-dire qu'ils sont de Grenoble. Je vous garantis ce cheval de tout défaut. Il 3° Par extension, rendre sûr, indubitable. Le contrôle garantit le titre des pièces d'or et d'argent. Cela vous garantit de son zèle. Et tous les dieux enfin, témoins de nos tendresses. Garantiront la foi de mes saintes promesses, hac. Phèdre, v, <. Qui peut vous garantir qu'une révolution subite ne vous fera pas expirer? mass. Carême, Impén. Il 4° Affirmer , certifier. Parbleu, je la garantis détestable [une comédie], mol. Critique, 6. J'ignore ce qu'au fond le serviteur peut être; Mais pour homme d'honneur je garantis le maître, id. Tart. i, ) . Pour cela, lui répondis-je, je vous le garantis, FONTEN. les Mondes, 2* soir. J'ai porté le nombre d'habitants qui composent l'empire de Russie à vingt-quatre millions sur les mémoires qui m'ont été envoyés ; mais je n'ai point garanti cette évaluation; car je connais très-peu de choses que je voulusse garantir, volt. Dict. phil. Dénombrement. Il Familièrement. Je vous le garantis, soyez-en sûr. AU I je saurai le démasquer, je vous le garantis, okn-

us, Thédt. d^éduc. le Méchant, iv, *. || 5" Défendre quelqu'un contre une demande. Garantir quelqu'un de toutes poursuites. || Indemniser quelqu'un du tort qu'il souffre par une éviction, par une condamnation, etc. Il 6° Mettre à l'abri. Ce paravent nous garantit du froid. Garantir quelqu'un du besoin. Le même, Quand on m'ofi'enserait, me pourrait garantir, MALH. I, 4. Ce sang qui tant de fois garantit vos murailles.... corn. Cid, ii, 9. En vain d'un sort si triste on les veut garantir, m. Hor. m, 2. Un lâche repentir garantira sa tête ! m. Cinna, n, 2. Garantissez ma sœur des fureurs de Phocas, m. Héract. m, ). Après que ma couronne a garanti vos têtes, ID. Sertor. it, 2. C'est à vous à me garantir du plus grand de tous les maux, sév. 333. U s'efforce en secret de vous en garantir, hac. Alex, i, 1. 1| Absolument. Cette peine corporelle garantirait de l'éternelle, PASC. dans cousin. || Garantir une chose, prendre les précautions nécessaires pour qu'elle ne soit pas endommagée. Je n'entends pas qu'il [l'enfant] aille peloter dans nos tripots, ni qu'on charge sa petite main d'une raquette de paumier, mais qu'il joue dans une salle dont on aura garanti les fenêtres, J. J. bouss. Ém. II. Il 7° Se garantir, v. réfl. Certifier qu'on aura ceci ou cela Demain je me garantis adorée, MARIVAUX, Jeux de l'am. et du has. u, t. I| 8' Se mettre en sûreté. Il sut se garantir du péril. || Absolument. Par ce moyen Ésope se garantit ; ses accusateurs furent punis doublement, pour leur gourmandise et pour leur méchanceté, la font. Vie d'Ésope.

— REM. On dit, dans le sens de rendre sûr, certain, garantir avec que : Je vous garantis qu'il arrivera ; je ne vous garantis pas qu'il vienne à temps. Mais on ne le dit pas avec de et l'infinitif; Je vous garantis d'avoir son adresse n'est pas français; il faut: Je vous garantis que j'aurai son adresse.

— SYN. cabantib, pbéserveb. Garantir, c'est servir de garant, de caution ; préserver, c'est sauver de quelque péril qui menace. Jusque-là les deux significations sont très-distinctes; mais, si on passe à l'extension de sens que garantir prend quand il signifie protéger, mettre à l'abri, on trouve qu'il se confond grandement avec préserver. La vaccine garantit ou préserve de la petite vérole; le sens est le même, et l'usage ne peut y découvrir aucune différence.

— HIST. XI' s. Li nostre Deus! guarantisez Char- Ion, Ch.de Bol. ccxxxvii. Mon jugement vuil [je veux] sempres guarantir [soutenir] , ib. cclxxiX. Il XII* s. Escu ne broigne [cuirasse] ne li put garentir, lionc. p. 60. Làse combat chascuns pour garantir sa pel. Sort. ix. || xiii* s. Mais Diex l'a garanti et la Vierge honorée, Berte, xlvi. Mais par ceste mensonge, vers lui (contre lui] [je] me garanti, ib. cxviii. Après Dieu [je] sui par eus de la mort garantie, ib. cxxviii. Qui fust en la bataille peûst grant noise oïr; Guillermes traist l'espée por son cors garandir, Chans. d'An*, m, 403 Se li chevaliers traist le fet à li, il garantist les escuiers, qu'il n'en paient point d'amende, beaum. xxx, 68. Au tans que li François vivoient en francisse, Par els fu mainte terre garandisse et conquise. Et faisoient li roi dou tout à lor devise, buteb. 234. Et dedans celé arche garanti il [Noê] lui et sa maisnie, BRUN, latini. Trésor, p. 28. [jxiv* s. Vuidez trestous de ci! nous serons attrapez; Ne vous garantiront les murs ne les fossez, Guescl. (8i>68. ||xv* s. 11 fit ses gens retraire au mieux qu'il put; et les defendoit en retraiant et garantissoit le mieux qu'il pouvoit, PHOiss. I, I, IB6. Il XVI' S. Tout entier je ne mourray pas,De moy la meilleure partie De la mort sera garentie, nu bellay, iv, 8o, recto. Garantir un danger parune efl'rontée mensonge, mont, i, 37. Sa doulceur ne le soeut garantir qu'il ne cheust depuis aux laqs de pareille trahison, id. i , < 30. Incité d'un appétit de mourir courageusement pour garantir sa honte passée, id. i, 2B3. Faisants pour garantir leur mort toutes les choses qu'on faict pour garantir sa vie, id. u, 37.

— ÉTYM. Garant; wallon, werddi; provenç. garentir, guirentir ; espagn. et portug. garantir; ital. guarentire, guarantire.

t GARANTISME (ga-ran-ti-sm'), s. m. Dans le langage de l'école fouriériste ou sociétaire, système de féodalité industrielle qui doit suivre notre anarchie et précéder l'association définitive.

— ÉTYM. Garantir.

t GÀUANTISSEUR (ga-ran-ti-seur), s. m. Celui qui garantit.

— HIST. XIII* s. Adont seroit li garantissiere delivres de porter garant, beaum. ixxiv, 66.

t GARAT (ga-ra), s. m. Ancien nom d'une toile de coton. Dijon : garats, chaîne coton, trame coton, Lett. pat. *» mars 1781, Tableau annexé.

t GARA VEAU (ga-ra-vù), s. m. Sorte de mesure pour les grains, usitée dans le Midi. Dix garaveaui valent un double décalitre.

t GARBE (gar-b'), s. m. S'est dit pour galbe au sens de mode de construction et d'apparence d'un vaisseau. Ils [les matelots] reconnurent à son garhe [du vaisseau] qu'il était turc et deSalé, retz, iv, 329.

— ÉTYM. Le même que galbe (voy. ce mot).

t GARBIN (gar-bin), t. m. Nom d'un petit vent du sud-ouest, sur les câtes de la Méditerranée.

— HIST. XIII* s. Par ung vent qu'on appelle garbum, qui n'est pas des quatre mestres vens régnons en mer, du cangb, garbinus.

— ÉTYM. Ital. garbino; de l'arabe garbt, occidental.

t GARBON (gar-bon), s. m. Terme de fauconnerie. Le mâle de la perdrix.

t GARBOTEAU (gar-bo-té) ou GARBOTIN (garbo-tin), s. m. Noms vulgaires de la chevanne, poisson {leucisque jésès) .

GARBURE (gar-bu-r'), s. f. Potage épais, fait de pain de seigle, de choux et de lard. La garbure est bien faite quand la cuiller s'y tient toute droite; c'est une soupe très-usitée au pied des Pyrénées.

— ÉTYM. Le mot parait venir de l'espagnol, oui! y a garbias signifiant ragoût.

GARCE (gar-s'), i. f. \\ l' Anciennement, fille ou femme. C'est un affineur de Lyon, fort débauché , qui emmena d'ici Lyon quand et soi une belle garce qui lui a bien mangé du bien, gui patin. Lettres, t. II, p. 467. Il 2° Aujourd'hui, terme injurieux et très-grossier. Se dit d'une fille ou femme débauchée. Quelle garcel Cette garce de femme. || Avec de, sorte de juron très-grossier. Ne changera-t-il jamais sa garce de vie?

— HIST. xiii* s. Si leur soit tostla garce [la jeune fille] et errant délivrée, Berte, xvi. || xiv* s. Partis est de ma terre li ors garçons truans; Si emmené ma sœr, qui tant ert souffisans; Jamais honour n'ara la garce en son vivans, Baud. deSeb. vi, 84o. Il XVI* s. Amour de garce et saut de chien ne dure si l'on ne dit rien, cotgrave. Le masle est gars à quatorze ans, et la femelle est garce à douze, loysel, dans le Glossaire.

— ÉTYM. Voy. GARÇON. Autrefois jorce n'avait aucun sens déshonnête ; c'était simp'aoïent le féminin de garçon, et ce mot signifiait jeune fille. Le sens ancien s'est conservé dans quelques localités : C'est une fameuse garce, est un éloge peu compris que recueillit Mme de Stael dans un petit canton du Vendomois, où elle passa quelques jours d'exil, honoré de BALZAC, les Chouans. Cette tendance à prendre les mots en mauvaise part produit de fâcheux effets. Garce avait un sens très-bon, on l'a rendu déshonnête; il a fallu prendre /tii«. Aujourd'hui ^He est devenu déshonnête à son tour en certains cas ; on ne peut plus dire une pension de filles ; il faut dire : de jeunes filles ou de jeunes personnes ; où s'arrétera-t-on ?

i. GARCETTE (gar-sè-f), s. f. Terme de marine. Tresse plate de fil de caret. || Instrument avec lequel on frappait sur le dos nu des matelots qui avaient encouru un châtiment.

— ÉTYM. Espagn. garceta; ital. gaschette; angl. ffosfcïK. Origine inconnue, à moins qu'on n'imagine que la garcette, tresse plate de fil de caret, a été dite ainsi de la garcette, tresse de cheveux (voy. le suivant). L'espagnol garceta, qui signifie à la fois garcette et bouquet de cheveux, appuierait cette conjecture; mais alors l'italien gaic/icHc et l'anglais gaskett seraient des corruptions du mot.

f 2. GARCETTE (gar sè-t'), s. f. Ancienne coiffure de femme, dans laquelle les cheveux étaient rabattus sur le front.

— HIST. ivi* s. Le roi les voyant coiffées à la garcette tint un langage fort àla faveurdelamode.... Les artisans ont à leur porte L'enseigne du niestier qu'ils font. Et nos dames en ceste sorte Ont les garcettes sur le front, d'aib. Fan. iv, 2.

— ÉTYM. Espagn. garceta, bouquet de cheveux sur les tempes, de garceta, héron, à cause de la comparaison de ces bouquets de cheveux à l'aigrette du héron. On a dit que cette mode était venue d'Espagne avec Anne d'Autriche. Ce dire empêche de songer, dans garcette, à une dérivation de garce, jeune fille.

t 3. GARCETTE (gar-sè-f), s.f. Petite pince pour épinceter les draps.

t GARCINIE (gar-si-nie), ». /. Voy. cûttier.

GARÇON (gar-son) , s. m. \\ 1° Enfant mâle. Cette femme est accouchée d'un garçon. Il n'y a point de princesse de Cachemire ; son pè; e n'a jamais eu que deux garçons qui sont actuellement au collège,

GAR

■ VOLT. Blanc et noir. Si l'on s'en rapporte sur cela an travail de M. l'alibé d'Eipilly, il 9e trouve un treizième plus (lo garçons qun do filles, et je ne serais pas éloiK"iS de croire que ce résultat est assez juste, BUFi". Prnbab. delà vie. || Kamilièremen». Il se dit pour fils. Mon garçon est au collège. Par malheur, c'est la plus bravo qui y trouve le plusde dangers.... et mon garçon est si hardi, si entreprenant! op.n- I.IS, Thédt. d'éduc. Tcndr. malem. se. 7. || 2" Kamili(<remcnt. Un jeune homme, un homme Ca garçonlà finira mal. Bon jour, mon garçon, dit-elle, quand je l'abordai ; hé bien, comment te trouves-tu à Paris? MARIVAUX, Paysan parrenu, t" part. C'est un garçon fort doux et de bonnes mœurs, ID. Uarianne, T part. Si vous saviez combien j'aimo ce gan.on-là, pibon, tlûrom. v, 5. Je ne sais si la Uo; le est as,sez heureux pour être connu de vous ; c'est un bon garçon, complaisant et aimable, et dont le caractère mérite qu'on s'intéresse à lui, VOLT. IHl. d'Argental, to août 4769. Klle aura le temps do faire donner, par le clergé qu'elle gouverne, un bon bénéfice à ce grand garçon de Varicourt, qui est un des plus beaux prôtres du royaume et un des plus pauvres, ID. Lett. Mme de St-Julien, !0 déc. 177.^. Il Un beau garçon, un enfant, un jeune homme de belle tournure et figure. On m'avait bien dit qu'il était beau garçon, et on avait raison, Marivaux, Pays. parv. *• part. Joli garçon se dit dans le même sens. || Ironiquement. Joli garçon, beau garçon, homme qui s'est mis dans un embarras cju'iconque, qui a fait quelque faute. Vous êtes de jolis garçons dans vos choix, hamilt. Gramm. tl. Il On lo dit aussi d'un homme qui s'est enivré. Il était bien beau garçon, joli garçon. || Se faire beau garçon, manger son bien en débauches, et aussi s'embarrasser en de méchantes affaires. || Bon garçon, homme serviable et facile à vivre. Il est bon garçon au dernier point, sÉv. 316. || Brave garçon, celui qui a fait une chose dont on est satisfait. Vous êtes un brave garçon d'être venu. || Déjeuner, dîner de garçons, déjeuner, dîner où il n'y a que des hommes. || Les garçons de la noce, les jeunes gens chargés de faire les honneurs de la noce. L'homme du monde qui a le moins l'air d'un garçon de la noce, c'est moi, volt. Lett. marquis de Vlnrian, Saoilti770. Il Garçons d'honneur, les deux jeunes gens qui , dans la cérémonie du mariage, tiennent le poêle sur la tète des mariés. Ce sont ordinairement les plus proches jeunes parents du marié et de la mariée. Il Familièrement. Mauvais garçon, méchant garçon, homme déterminé, brave,querelleur. Faire le mauvais garçon. Enfonce ton bonnet en méchant garçon, mol. Scapin, i, 7. Autrement il viendra quoique méchant garçon Qui vous étrillera de la bonne façon, th. corn. l'Amour à la mode, m, 9. Je me considérai avec cette épée à la main, et avec mon chapeau enfoncé en mauvais garçon, mahival'x. Pays. parv. 5« part. || Être petit garçon, bien petit garçon auprès de quelqu'un, lui être fort inférieur. Cela humilierait les plus forts espriis, et Aristote ne paraîtrait plus qu'un petit garçon, Marivaux, Marianne, i" part, il Traiter quelqu'un en petit garçon, le traiter comme si on avait une grande supériorité sur lui. Mme de BuUion, aussi avare que riche et glorieuse, traitait son mari comme un petit garçon, ST-siM. &5, (76. M. le duc l'avait traité (le prince de Conti] un |ieu trop en petit garçon à sa première campagne, ID. 220, 215. || 3° Celui qui demeure dans le célibat, qui ne se marie pas. 11 est encore

parçon Je suis garçon ; le ciel m'a fait la grâce,

De même qu'au phénix, d'être seul de ma race, BOtiRSAULT, ùope à la cour, iv, 5. || Faire vie de garçon, mener une vie indépendante, s'affranchir de tout devoir, de toute reserve. || Logement, apparlcment de garçon, logement, appartement qui uc convient qu'à- un homme seul et non marié. Il Un mari garçon, un homme marié qui vit en garçon. Il 4" Ouvrier qui travaille pour le compte d'un mailre. Il a plusieurs garçons. Garçon tailleur. Mon gentilhomme, donnez, s'il vous plaît, aux garçons quelque chose pour boire , mol. fiourg. cent. Il, B. Suivant de Démocrite et garçon philosophe, REONARD, Démocrite, 11, 7. Il est plaisant qu'un garçon horloger (J. J. Rousseau), avec un décret de prise de corps, soit à Paris, et que je n'y sois pas, voi.T. Lett. Itichrlieu, 1 1 juillet t77o. || 6* 1! sest dit pour domestique. Il n'est pas jusqu'au fal qui lui sert de garçon Oui ne se mêle aussi de nous faire leçon . mol. Tart. i, ï. Les balles passèrent sur la tête [de moi], mais fort près à nos deux garçons qui se promenaient derrière la tente, st-sim. 2, .m Il Terme de marine. Domestique du patron d'une barque de commerce. Ij 6* Nom donné en général à c"ii\

GAR

qui servent les acheteurs chez certains marchands ; lux domestiquesde collège, de restaurant, de café ; aux 'employés subalternes dans cettains établissements, dans certaines administrations. Un garçon de café, 'larçon de bain. Garçon épicier. Les garçons d'un collège, d'un hôlel. Garçon limonadier. Donner quelque chose aux garçons. N'oubliez pas le garçon. Un ijarçon de bureau. Un garçon de caisse. Garçon de Ihéfttre. Il n'y a plusque des garçons de boutique àla comédie, sÉv. tts. Laissez-moi vous donner un garçon qui me rapportera l'argent, brueys, Àtoc. Pat. I, 6. Duverney ayant été garçon caharetier dans son enfance, volt. Louis XV, 3. || Garçons de pelle, mannpuvres qui, avec de grandes pelles de bois ferrées, remplissent les mesures dont on se sert pour le charbon. || Terme de pêche. Garçon de bord, jeune homme qui se loue pour aider à la pêche- Garçon do cour, ouvrier préposé aux salaisons des harengs. || 1' Anciennement. Garçons de la chambre, garçons de la garde-robe, petits officiers qui étaient dans la chambre du roi pour recevoir ses ordres. || Garçon-major, officier qui faisait le détail du régiment .sous le major et l'aide-major. || Proverbe. Vieux garçons, vieux coquins, c'est-à-dire il arrive souvent que les gens qui passent leur vie dans le célibat ont de mauvaises mœurs.

— HIST. xr s. Ne n'i adeist escujer ne garçun, Ch. de Hol. cixxiv. || xii* s. Tuit le regardeiit et serjant et parzon, lionc. p. 4 83. X la cort le manda l'hostes par un garçon, Sax. xxii. Li malveis.... quidierent [crurent] lo rei servir à gré, Egarçunset putains unt saint Thomas hué. Th. le mart. 46. Li arcevesquos est encontre lui levez; Cum s'il fust uns garçuns, li est al piez alez, ib. st. Voir, dist Berniers, or oi [j'entends] parler bricon; Del manecier te taign-je por garçon, Raoul de C. tes. E li garz cuillid [ramassa] les sajetes, portad les à son seignur, Itois, p. 82. || xiii' s. Fol est et gars qui à dame se done, odesnes, Homanc. p. 88. Il n'avoit pris de nule part Nului fors solement Lietard Et un gars qui avec lui fu Oui les buez [[bœufs] chaçoit de vertu, Ren. 4 6406. Ices (ces) deus ars tint Dous- Regars, Oui ne sembloit mie estre gars. Avec dix des floiches son mestre, la Rose, 924. Fil or ai je trop ve.scu, quant li garchons de France, fins [fils] au mauvais roi, m'est venu courre sus, Chr. de Rains, p. 46. Ne furent pas ce jour garçon [lâches], Car vuidier firent maint arçon, Roman d'Athis, dans DU cange, garrio. Et dont s'en veit à tel eure parmi tel ville come Paris est, toute seule entre li et son garçon ou sa garce ... parmi rues foraines, dessi à son ostel, Liv. des met. 204. Quant Renart cil rous, cil pua-nz. Cil viz Icchicrres, cil garçons, Ren. 503. Il XIV* s. Et avec ce lui dist plusieurs injures et viUenies, en l'appellant garçon, 00 cange,

garcio. || xv s Il ne peut estre que en un tel ost

que le roi d'Angleterre menoit, qu'il n'y ait des vilains garçons et des malfaiteurs assez, froiss. 1, I, 272. Et firent demeurer tous les garçons en leurs logis pour garder les chevaux, ID. :, i, 3. Ainçois en souffrirons nous telle mosaise que oncques gens n'endurèrent ne souffrirent la pareille, que nous consentissions que le plus petit garçon ou varlet de la ville eust autre mal que le plus grand de nous, m. 1, I, 320. Si tira l'espée, et embrassa l'escu, et s'appareilla de monstrer la graigneur proesse qu'il onques pourra ; car il sçavoit bien que celluy à qui il a jousté n'est pas garçon, l.ancelot du lac, t. m, (" 50, dans lac une. Dieu garde des chevaliers qui vont à pied parmi les forests estranges, comme garçons trottereaulx, «6. f" 4 t. || xvi* s. J'ay un bon garçon de tailleur à qui.... mont, i, 37. L'une travestie en g.irson, coiffée d'un morion luisant, id. 1, 477. Lefit de Montauijan, qui estoit katholique, descouvrit l'affaire et y fit tuer plusieurs mauvais garçons [braves soldats], u'aub. llist. 11, 62. Mais Besmes, aiant crié : tu sçais que je suis mauvais garçon tire son coup de pistolet, id. 16. 11, 469.

— ÉTYM. Picard, guerchon; franc-comtois, gaichon; bourg, gaçon ; prov. garl, guart, garsi, garso, gnsso, guarxon; catal. garsô; csp. garson; ital. garsune; bas-lat. garcio. Mot très-difficile. On remarquera d'abord qu'en vieux français le nominatif est gars, et le régime garçon ; au pluriel , le nominatif est li garçon, et le régime les garçons; de même en provençal le nominatif est jart, et le régime garson. Il faut donc que ce mot vienne d'un bas-latin garcio, oïl l'accent se déplace par l'effet de la déclinaison : gdrcio, garciônem. Diez en a donné une étymologie fort ingénieuse : il a remarqué que dans le patois milanais ^arxon sigiiilic à la fois garçon et une espèce de cliardon ; il en a conclu que c'était le même mot, et qu'il répondait

GAR

i un dérivé du latin carduut, chardon. Pour la forme du mot, il rapproche l'italien guarzuulo cœur de chou, milanais garxoeu, bouton, qui, tenant kcarduus, témoignent du changi-ment de e en g. Pour le .sens, il suppose qu'un jeune garçon a été dit, par métaphore , un bouton, un cœur de chou, quelque chose de non développé. Cette dérivation ne porte pas dans l'esprit une conviction complète, vu que les intermédiaires manquent pour montrer le passage du sens de oœur de plante i celui déjeune garçon. Aussi, dans l'état de la question, ne peut-on abandonner absolument la dérivation celtique : bas-bret. gwere'h, jeune fille; le gu se trouve dans quelques formes provençales et dans le picard. Mais cela au.ssi est incertain ; et l'élymologie reste en suspens. Garçon n'a pas plus que garce, par soi, un mauvais sens; pourtant il y eut un temps dans le moyen âge où il prit une acception très-défavorable, et devint une grosse injure, signifiant coquin, ISche. Aujourd'hui il ne s'y attache plus rien de pareil, et c'est garce qui seul est loml)ê très-bas.

t GARÇONNEH (gar-so-né), V. n. Terme familier. Fréquenter les garçons, jouer avec eux, en parlant des filles.

— HIST. XIII' 3. Il n'a jusqu'à la mer bct''o fglacée]Carçon qui ne l'ait garçonnée, Ren. 23202. || xv" s. Nous voyons povres goguelus, Minces, mesgres, niays et lours. Pour estre à plaisance vestus, Carsonner satin et velours [avoir des maîtresses vêtues de satin], cool'illart, p. 4 5, dansLACi'RNE. || xvi's. Il n'est séant qu'une femme se gan;onne [s'habille en garçon] pour se faire monstrer plus belle, si ce n'est pour se gentiment adoniser d'un beau bonnet avec la plume attachée à la guelfe ou gibeline, ou bien au devant du front pour ne trancher ni de l'un ni de l'autre, brant. Dames gai. 1. 1, p. 406.

— ÊTVM. Garçon.

t GARÇONNET (gar-so-nè), t. m. Petit garçon. À pl.it ventre, la plante des pieds tournée vers la mère, la tête vers l'enfant nu, un garçonnet qui dort, DIDEROT, Salon de 4767, ÛEu». t. xiv, p. 3«i, dans pouGENs.

— HIST. XIII* 8. One trenchant coignie a prise, Qu'il mist soz sa chape à celé; Un garçonet [il] a apelé ; Avis li est que trop d «more, Ren. 46004. Il XVI* s. Les maistre d'hostel et fourrier dudit seigneur s'adressèrent à Gargantua, jeune garsonnet, RAB. Garg. 1, 42.

— ÉTYM. Diminutif de garçon; picard, guerchonet; Berrv, garçonniau.

GARÇONNIÈRE (gar-so-niè-r'), t. f. Terme familier et qui n'est pas sans quelque blâme. Jeune fille qui aime à jouer , à courir avec les garçons. || Adjectivement. Cette petite fille est trop garçonnière.

— HIST. XII* s. Je ne sai rien de putain chambrière Oui ait esté corsaus ne maaillere, X toutes gens communax garsonniere, Raoul de C. 64.

— KTVJI. Garçon ; picard , gurrchonière.

t GARDAHLE (gar-da-bl), adj. Que l'on peut ou doit garder; facile à garder.

— HIST. XVI* s. Cet estroit est gardable en accommodant le castillo qui est au bout, d'aub. Hist.

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