‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 269 sur 388 · III, 33B · texte numérisé non relu

III, 33B

— Rtv». Garder.

I. GARDE (gar-d'), s. f. || 1* Action de garder, de conserver, de défendre quelqu'un ou quelque chose, de surveiller quelqu'un ou quelque chose. Avoir la garde d'une bibliothèque, d'un magasin. Il faut une garnison de trois mille hommes pour la garde de cette ville. La garde du défilé des Thermopyles confiée à Léonidas. Dieu, qui de ceux qu'il aime est la garde éternelle, malh. i. 2. Vous ne me direz plus qu'on vous l'a mise en garde, corn. Théodore, iv, 4. Laissez-la moi, seigneur, quelques moments en garde, ID. Iléracl. iv, B. Et je viens vous chercher pour vous prendre en ma garde, m. ATicom. v, 7. Jeta le donne en garde, id Perthar. ni, 5. L'amour de ses sujets est une sûre garde, rotb. Aniig. 11, 4. Appliquez-vous avec tout le soin possible à la garde de voire CfPur, parce qu'il est la source de la vie, saci, Bible, Pror. de Salomon, iv, 23. Ia garde de deux filles est un peu trop pesante pour un homme de n-on âge, mol. Préc. 5. S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide, ce fut lorsqu'il s'agit d'assurer la garde des trois illustres captifs, poss le TelUrr. Jacob ne pouvait pas les [ses bi-cbis) donner en garde àun autre, fi.éch. Serm. 11, ï'i6. Le vigilant Girot... C'est d'un maître si saint le plus digne officier; Ia pnrle dans lo chirur à sa ganle est commise, boil. Lntr. IV, Amis, partageons-nous : qu'Ismaèl en sa garde Prenne tout le cité que l'Orient r4»g«rde, bac.

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ADmL V, 5. La garde en fut commise à ma fidélité, RAC. 16. V. i. Mais siérait-il, Abner, à des cœurs g(néreux De livrer au supplice un enfant malheureux, Un enfant que Dieu même à ma garde confie? m. ib. V, 2. Louis XIV, élevé dans l'adversité, allait avec sa mère, son frère et le cardinal Mazarin (!e province en province, n'ayant pas autant de troiipos autour de sa personne, à beaucoup pr^s, qu'il en eut depuis en temps de paix pour sa seule garde, VOLT. S. Louis XIV, B. Allez, et que du trône où le ciel vous appelle L'inflexible équité soit la garde éternelle, m. Bnitus, m, 6. || On le mit à la garde, ou, mieux, sous la garde d'un huissier, c'est-à-dire on commit un huissier pour veiller à ce qu'il ne s'échappât. || X la garde, sous la garde de Dieu, sous la protection de Dieu. Elle me laissa partir sous la garde du Seigneur, hamilt. Gramm. 3. Il Familièrement. A la garde de Dieu, c'est-à-dire il en arrivera ce qu'il pourra. || Que Dieu vous ait en sa sainte et digne garde, ou, simplement, en sa sainte garde! formule par laquelle les souverains terminent les lettres qu'ils écrivent. || Terme d'expéditions et de roulage. Remis à la garde d'un tel, voiturier. || Par extension C'est une parole digne de Gain que de dire : ce n'est pas à moi à garder mon frère ; croyons au contraire que nos amis sont à notre garde, boss. Sermons, Char. frai. 2. Les citoyens étaient à la garde les uns des autres, m. Uist. m, 3. Il Mettre quelqu'un sous bonne garde, le donner à garder à qui peut en répondre. Après avoir mis ce petit roi sous bonne garde, il s'alla loger surl'Hydaspe, vaugel. Q. C. viii, 3, dans ri- CHELET. Il En parlant des personnes et au sens actif, être de bonne garde, garder avec soin ce qu'on possède. Il y a dix ans que j'ai cette montre ; je suis de bonne garde. || En parlant de certaines choses, des fruits, etc. et au sens passif, être de bonne garde, ou être de garde, se conserver longtemps sans S9 gâter. Il Dans le sens contraire. Ces fruits, ces vins sont de mauvaise garde, de difDcile garde. |l Les filles sont de difficile garde, on a une grande surveillance à exercer pour les garantir de la séduction. Il 2° Terme d'eaux et forêts. Etendue de la juridiction d'un officier préposé à la conservation desbois. Il 3" Terme de jurisprudence. Garde judiciaire, se dit de la conservation et de la surveillance des objets saisis, séquestrés, mis sous les scellés, pour être ensuite représentés à qui de droit. || Terme de coutumes. Garde noble , voy. gahde-noule. Il Garde royale , droit qui appartenait au roi en certains lieux, de jouir des revenus des mineurs qu'il avait en sa garde. || Garde seigneuriale, droit en vertu duquel le seigneur féodal jouissait des revenus des fiefs tenus immédiatement de lui, pendant que ses vassaux étaient en bas âge, à charge d'entretenir les héri tages et de payer les redevances annuelles (Normandie). || i" Guet, surveillance. Puisqu'on fait bonne garde aux murs et sur le port, CORN. Cid, II, 7. Est-ce pour moi, seigneur, qu'on fait garde à vos portes? m. Suréna, iv, 3. Tant les chiens faisaient bonne garde, la font. Fabl. i, B. Anges du Seigneur, faites la garde autour du berceau d'une princesses! grande et si délaissée, boss. Duch. dOrl. Il fut ordonné que, pour toutes les places qui n'étaient pas frontières, ceux qui étaient sujets au guet et à la garde en seraient affranchis en payant cinq sous chaque année, i>Dctos, Uist Louis XI, Œuv. t. m, p. 233, dans pougens. || Ce chien est de bonne garde, il garde, il avertit bien. Il Fig. Posez sur mes lèvres cette garde de circonspection, fLÉcu. Aiguillon. Elle mit une garde de prudence sur ses lèvres, lo. i^aupftme. La vigilance continuelle, la garde des sens, mass. Carême, Élus. Il 5° Prendre garde, faire attention. Laissez la mina à part, prenez garde à la somme, Régnier, Sat. xiii. J'en sus hier la nouvelle et je n'y pris pas garde, CORN. Ilor. I, 3. Je prends peu garde au bien, m. Ment. II, B. Ne voilà pas de mes mouchards qui prennent garde à ce qu'on fait? mol. l'Avare, i, 3. Un enfant n'y prenait pas garde de si près, boss. Var. 7. L'aise, la joie, l'affluence remplissent l'âme... et mettent à sec, si l'on n'y prend garde, la source de la compassion, m. Sermons, Exhort. aux nom;. cathol. 2. Prenez garde, seigneur, vos invincibles mains Ont de monstres sans nombre affranchi les humains ; Mais tout n'est pas détruit, et vous en laissez vivre Un.... rac. PlUdre, v, 3. Je n'aurais pas pris garde à elle, si elle n'avait pas pris garde à moi, MARIVAUX, Pays. parv. 3* part. || Prendra garde à un sou, à un denier, faire attention aux plus petits articles dans un compte de dépense, et aussi, être très-parcimonieux. Il Prendre garda à veiller prendre ses précautions. César, prends garda

à toi, CORN. fomp. iv, i. Délions-nous du sort et prenons garde à nous Après le gain d'une bataille, LA FONT. Fabl. V!i, 12. || Elliptiquement. Garde à toi! c'est-à-dire prends garde à toi! Sentinelle, garde à toi! c. helav. Charles VI, v, t. Il Garde à toi ! terme dont le valet de Umier sa sort pour parler à son chien quand il veut se rabattre. Il Garde à vous I commandement militaire signifiant à une troupe de se tenir prête à exécuter le commandement qui va suivre. |1 Prendre garde, avec q'ie et le subjonctif, sans négation, avoir soin que telle chose soit. Prenez garde, mon fils, que vous entendiez tout ce que vous faites, et de quel côté vous vous tournerez, boss. Sermons, Charité fratern. Autre conclusion. || Prendre garde avec que et le subjonctif, et ne, avoir soin que la chose ne soit pas. On m'a enchargé de prendre garde que personne ne me vit, mol. G. Vand. i, 2. Prends garde que jamais l'astre qui nous éclaire Ne te voie en ces lieux mettre un pied téméraire, rac. Phèdre, iv, 2. !| Prendre garde que, avec l'indicatif, remarquer. Prenez garde que l'auteur ne dit pas ce que vous pensez. Les valets peuvent faire en conscience de certains messages fJcheux, n'avez-vous pas pris garde que c'était seulement en détournant leur intention du mal...? PA.sc. Prov. 7. Prenez garde que, quand saint Augustin a parlé du moindre degré d'être et de perfection, il ne l'a point considéré en tant que joint aux autres degrés supérieurs, fén. t. m, p. 20. Il Prendre garde à, et un infinitif construit sans négation, avoir soin de. Prenez bien garde, vous, à vous déhancher comme il faut et à faire bien des façons, mol. Imprompt. 3. Prenez garde à sanctilier re.\térieur par l'intérieur, boss. Lett. Corn. 431. Il Prendre garde à, et un infinitif construit avec une négation, avoir soin de ne pas.... Prenez bien garde au moins à ne lui point parler du diamant que vous lui avez donné, mol. Bourg, gent. m, <9. Il faut prendre garde à ne pas se tromper, pasc. Pens. part, ii, art. 6. Qui prennent soigneusement garde à n'offenser personne et du reste ne pensent aux injures qu'on leur fait que pour les pardonner, Boi'RD. Pensées, t. i, p. 4 97. Prenez garde à ne pas confondre les choses, ID. Carême, m. Amour de Dieu, 70. Je crois même que vous devez prendre garde à ne jamais laisser le vin devenir trop commun dans votre royaume, fén. Tél. xii. || Prendre garde de, et un infinitif consti-uit avec une né{;ation, avoir soin de ne pas.... Prends garde de ne t'enfler pas, boss. Uist. ii, 7. Si vous vous laissez gagner aux soupçons, si vous prenez facilement des ombrages et des défiances , prenez garde pour le moins de ne les porter pas aux oreilles importantes, id. Sermons, Charité fratem. Autre conclusion. Il Prendre garde de, et un infinitif construit sans négation, s'efforcer d'éviter. Prenez garde de tomber sur la montée, baron. Coq. et fausse prude, v, «. Il En cet emploi, prendre garde signifie éviter de, craindre de. On peut voir dans l'historique des exemples où garde a ce sens de crainte. 116° Se donner de garde, se donner garde, se défier, prendre se* précautions. A l'égard de se donner de garde ou de se donner garde, je crois qu'ils sont également usités; je préférerais néanmoins le premier avec M. de Vaugelas, vadgel. Nouv. Rem. Observ. de M'", p. 281. Je venais l'avertir de se donner de garde, mol. VÉl. iv, ). Donnez-vous de garde des faux christs et des faux prophètes, boss. Uist. Il, 9. Suétone, dans la vie de Néron, dit que l'oracle de Delphes l'avertit qu'il se douBât de garde des soixante-treize ans, fonten. Oracles , ii, 3. Il Avoir soin de ne pas faire, éviter de. Aussi nous donnerons-nous bien de garde de vous suivre en cela, PASC. Lett. de Nicole au P. Annal. L'aventure du miroir et de la dame enfiée dont vous vous êtes bien donné de garde de me parler, visé. Devineresse, m, 3. On sait qu'il [Virgile] ordonna, par son testament, que l'on brûlât son Enéide, dont il n'était point satisfait; mais on se donna bien de garde d'obéir à sa dernière volonté, volt. Ess. poés. ép. 3. Il Se donner de garde d'une chose, l'éviter, la fuir. Donnez- vous de garde de toute avarice, BOSs. Sermons, Exhort. aux nouv. cathol. 2. || 7° N'avoir garde de, n'avoir pas la volonté, le pouvoir, être bien éloigné de. Ils n'avaient garde de loger dans le même palais, corn. Ex. de Pomp. Je n'ai garde à son rang de faire un tel outrage, lo. Ificom. II, 2. Il n'a garde d'aller avouer cela, ce serait faire tort.... MOL. Scapin, I, 6. Us n'avaient garde de le reconnaître au milieu des flots, fén. Tél. vm. L'on n'avait garde de changer la récompense étarnelle eu cette gloire frivole, mass. Carême, Aum. \\ Fig. N'avoir garde de, en parlant des choses, ne pouvoir

pas. Cette pièce fut mon coup d'essai, et elle n'a garde d'être dans les règles, puisque je ne savais pas alors qu'il y en eût, corn. Mél. Examen. Celle permission n'avait garde d'être refusée, hamilt. Gramm. 9. ||Jen'ai garde de commettre celte faute, façon de parler bourgeoise, dit caillièues, liiou. On ne voit pas ce qui , même de son temps, a pu décider Caillières à prononcer cet arrêt ; car la locution est employée par les meilleurs écrivains du xvii* siècle. || 8° Service de surveillance rempli par une personne ou un corps de personnes, (juatre dames qui sont de garde tourà tour,,sÉv. 48!. |jGarde, se dit aussi du service des pages, des gentilshommes, des valets de pied, etc. qui sont tourà lourde service auprès des rois et des princes. ||SeiTice alternatif de vingt-quatre heures que font les élèves en médecine, en pharmacie, attachés à un hôpital, pour donner les secours urgents. L'interne deganlc. Il 9° Service de vingt-quatre heures que fait un petit corps de troupe pour garder ou surveiller. Monter la garde, faire ce service; descendre la garde, retourner à sa caserne ou chez soi quand il est fini. Officier de garde. Si mon compère l'ierre est da garde aujourd'hui, Régnier, Sat. xi. || Fig. et familièrement. Descendre la garde, mourir. Faire descendre la garde, tuer. Il a fait descendre la garde à plusieurs ennemis. || Collectivement. Les soldats qui montent la garde. Relever, doubler, changer la garde. La garde montante. La garde descendante. Maître absolu de tout, il change ici la garde, corn. Sertor. v, B. || Corps de garde , certain nombre de soldats placés de garde en un lieu. Corps de garde avancé. Poser, établir un corps de garde. En ce sens, le langage militaire dit aujourd'hui plutôt poste. Il Corps de garde, lieu où se tiennent les soldats qui montent la garde. Plaisanteries de corps de garde, voy. corps n" (6. || Absolument. La garde , les soldats ou les officiers de police qui sont postés en un lieu déterminé pour veille»- à la sûreté publique. Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N'en défend pas nos rois [de la mort], malh. vi, 18. Point n'est besoin de la garde Qu'appelle en vain le portier, bêrang. Bon rriénage. La garde et les amours Se chamaillaient toujours , ID. Mad. Grég. \\ Â la garde! locution elliptique dont on se sert pour appeler la garde dans un moment de danger. || IC Corps de troupes affecté au service près du souverain. Garde royale, impériale. L'artillerie de la garde. La cavalerie de la garde. Les grenadiers de la garde. Seule contre un tyran, en le faisant périr Parles mains de sa garde il me fallaitmourir, coBN. Cinna, m, *. Déjà sa garde accourt avec des cris de rage, volt, hérope, v, 6. Il [Louis XI] fit, cette année, quelques nouveaux arrangements dans sa maison; il augmenta sa garde de cent archers, sous le commandement de Jean Blosset; c'est le premier établissement des compagnies françaises des gardes du corps, DUCL03, Hist. de Louis II, Ciiuvres, t. m, p. 28. Il dicta le bulletin de cette journée [bataille de la MoskowaJ ; il se plût à apprendre à l'Europe que ni lui ni sa garde n'avaient été exposés, sEoua, Uist. de Nap. vu, 12. Encore n'était-ce que de sa garde, qu'il s'occupait ainsi; dans l'armée, les soldats se plaignaient de son absence; ils ne le voyaient plus qu'aux jours des combats, quand il fallait mourir, jamais pour les faire vivre, in. ib. i, 2. Leurs généraux les repoussaient inutilement; ils se laissaient frapper sans se plaindre, sans se révolter, mais sans s'arrêter, môme ceux des gardes royale et impériale ; car, dans toute l'armée, c'était, chaque nuit, des scènes pareilles, id. ib. ix, 13. Il Vieille garde, moyenne garde, jeune garde, différents corps qui faisaienl^ partie de la garde da Napoléon I". En cheminant ainsi, il appela Mortier et lui ordonna de faire enfin avancer lajeune garde, mais surtout de ne point dépasser le nouveau ravin qui séparait de l'ennemi, ségor, Uist. de Nap. vu, 11. Il a fallu qu'ds [les soldats revenant de Moscou] attendissent [devant Smolensk] l'arrivée de la première troupe encore commandée et en ordre, c'était la vieille et la jeune garde ; les hommes débandés n'entrèrent qu'à la suite, id. ib. ix, 14. || Garde constitulionnelle, garde qui fut accordée à Louis XVI par l'assemblée législative, et qui devait être de 1800 hommes. {| 11° Grand'garde, corps de cavalerie placé à la tête d'un camp pour empêcher que l'armée ne soit surprise, n 11 se dit aussi du corps de garde principal d'une place forte ou d'un camp. Il Garde avancée (dite aussi autrefois garde folle), corps que l'on met au delà de la grand'garde pour plus de sûreté. La garde avancée n'était qu'à 1/ portée du canon de celle des ennemis , uamil Gramm. b. || là* Garda nationale , citoyens ar-

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mes pour lo maintien da l'ordre, et ne recevant point (le solde. Il Garde bourgeoise, garde urbaine, garde civique, «edit quelquefois pour ganle nationale. y Garde municipale, troupe sédentaire chargée d'un ervice de police; on l'appelle municipale, parce lu'elle est à la solde et aux ordres d'une ville. ) Garde départementale, corps d'infanterie établi, durant le premier empire, dans chaque département. Il IS" Garde d'honneur, troupe choi.sie pour escorter des personnages auxquels on rend des honneurs militaires. |{ Il se dit aussi d'une réunion de citoyens qui, volontairement, servent de gardes à un souverain, à un prince, etc. pendant son séjour dans la ville ou le pays. || Garde d'honneur, s'est dit d'une levée qui se fit en <8I3 et *»>* de jeunes gens de Iwnne famille qui s'étaient rachetés une ou plusieurs fois de la conscription et (|ui furent formés en corps de cavalerie. || 14° La partie d'une épée, d'un sabre ou d'un poignard qui sert à couvrir la main. Son épée dont la garde était d'or, PéN. Tél. XVI. Les gardes d'épées et sabres seront mar()uées et contre-marquées aux branches et plaques. Règlement orfév. 3o déc. 1679. i ces mots, il tourna la pointe de son épée contre son estomac, la plongea jusqu'à la garde, et tomba sur le corps de don Juan, lesaoe, IHabl. boU. I6. || Monter une garde, établir la garde d'une épée telle qu'elle doit être; fig. et familièrement, monter une garde à quelqu'un, le réprimander vivement. Telle est du moins l'explication que l'Académie donne de cette locution singulière. || On a dit au pluriel les gardes d'une épée; de là la locution familière et figurée : s'en donner jusqu'aux gardes, boire et manger tout «on soûl, et, en général, prendre d'un plaisir sans réserve ni modération. Je boirai, je pétunerai |je prendrai du tabac) , Jusqu'aux gardes m'en donnerai, SCABBON, Virg. v. La Rappinière but tant qu'il s'enivra, et la Rancune s'en donna aussi jusqu'aux gardes, id. Hom. com. i, 4. || 15" Terme d'escrime. La garde, l'attitude du bras quand on tient l'épée pour le combat. || La garde haute, basse, tenir le poignet haut, bas. || Se mettre, se tenir en garde, se mettre, se tenir en état de défense l'épée à la main. || Elliptiquement. En garde I Mettez-vous en garde. Une, deux! un saut en arrière! en garde, monsieur, en garde! MOh.B.gent.u, 3. || Fig.Se tenir, être en garde, se défier, veiller à n'être point surpris. Moins en garde contre elle que contre Rocliester, HAMiLT. Cramm. 9. Je redeviens homme, et homme en garde contre les plaisirs, fén. Dial. des morts anc. (liai. 6, Soyez en garde contre votre humeur, id. Tél. XXIV. Une persécution contre laquelle on n'est point en garde, mass. Ai.ent, Épiph. Nous devons être en garde contre notre cœur, id. Panég. Mart. On est en garde, on doute enfin si l'on rira, gbesset, nichant, iv, 7. || Fig. Être hors de garde, être déconcerté dans ses mesures. Tu vas sortir de garde et perdre tes mesures ; Explique, si tu peux, encor ses impostures, corn. Ment, m, 3. Léandre pour nous nuire est hors de garde enfin, mol. l'Ét. m, 5. Vous la pourrez longtemps mettre encor hors de garde, tu. corn. Feint astrol. ii, 6. || 11 y a quatre gardes générales de l'épée : la prime ou première garde; la seconde garde, improprement appelée tierce par quelques-uns; la tierce ou la troisième garde; et la quarte ou la quatrième garde ; de là la locution figurée : être, se mettre , se tenir sur ses gardes, c'est-à-dire faire attention à ne pas se laisser surprendre. Nous avons besoin de nous tenir sur nos gardes, sÉv. 60 1. Il se tiendra sur ses gardes assurément, MOL. Fourb. de Scap. ii, ». La vedette se mit sur ses gardes, bamilt. Gramm. 5. Il faut en ce pays être un peu sur ses gardes, begnabd, Hénechmes, ii, 2. || L'Académie a placé cette locution sous la rubrique de surveillance, dans l'article. Mais les gardes de l'escrime montrent ce qu'est véritablement cette locution. Pourtant il faut remarquer qu'elle est déjà dans Froissart ; et sans doute dès lors l'escrime avait ses gardes. || 16» Terme de jeu de cartes. Petite carte de même couleur qu'un roi ou une carte principale, et qui protège ce roi, cette carte principale. || Fig. et familièrement. Avoir toujours garde à carreau, être touiours prêt à se défendre, à riposter. || 17° S. f. pi. Tenme de serrurier. Petites pointes de fer qui entrent dans les fentes du panneton d'une clef, et qui empêchent la clef de tourner, lorsqu'on y fait le moindre changement. J'aurais peut-être le temps de changer ce qu'il a imité; je ferais comme les gens qu'on a volés, qui changent les gardes de la serrure, volt. ietf. Thiriot, 25 déc. <735. || Gardes d'une clef, les entailles du panneton dans lesquelles passent les garnitures ds la serrure. || 18° Terme de li-

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brairie. Feuillet que l'on met au commencement et à la fin d'un livre. Il est tout à fait dé.sagréable devoir près d'un titre roux une garde «xtrêmement blanche; il est essentiel que la teinta des gardes s'accorde avec le papier du livre, lesmB, la Reliure, p. H«. Il 19" Termede reliure. Bande de parchemin entaillée elle-même par petites bandes qui doivent être collées dans les entre-nerfs. Pour les livres un peu soignés on met de chaque cêté de la battée une gardeou chemise. Manuel du relieur, p. 66. {| Fausse garde, synonyme d'onglet. || 20° Garde, se dit des anneaux qui soutiennent un peson, une romaine. Il Garde faible, celle qui est la plus éloignée du centre de la balance; garde forte, celle qui en est la plus proche. || 21° Terme do rubanier. Bande de papier qui tient le peigne fixé dans lo battant. Il 22" Terme de marine. Planche clouée sur deux pièces de bois pour les relier momentanément. Il Espèce de jumelle que l'on applique sur une pièce qui a éclaté, afin de la consolider. || Gardes ou palans de garde, les deux palans qui servent à maintenir la corne d'artimon. || Garde montante, nom donné par les pilotes de la Seine à l'aussière déterre qui soutient le bâtiment contre la marée. || 23° .lu pluriel. Morceaux de bois placés aux deux bouts des peignes du tisserand pour en assujettir les broches, il Terme de verrier. Morceaux de verre que l'on place dans le poêle pour faire connaître le moment de la calcination. || Terme de vénerie. Gardes, les os de derrière ou ergots des jambes d'une bête fauve, cerf, sanglier, etc. près des pieds.

— UEM. Entre les locutions se donner garde et se donner de garde, la premiire est la plus ancienne, et se trouve dès le xii* siècle ; elle est claire et s'entend de soi : se donner garde, c'est donner à soi garde, attention, surveillance pour quelque chose. La seconde, plus récente, se trouve dans Froissart, et ne s'explique pas facilement. On peut croire pourtant qu'elle est née d'un changement de l'idée sur se donner : se donner garde, c'est donner à soi garde ; se donner de garde, c'est donner soi avec garde; de garde doit signifier avec garde , comme du front signifie avec le front dans donner du front contre quelque chose. On écrira sans difficulté : ils, elles se sont donné garde. Mais comment écrirat-onavecde jiarde?Lesgrammairiens ne disent rien là-dessus. Si l'explication que nous venons de proposer est juste, il faut écrire : ils se sont donnés, elles se sont données de garde. En tout cas, l'orthographe : ils se sont donné de garde , se résout en : ils ont donné à soi de garde ; ce qui ne signifie rien. Voyez aussi à front n° < : se donner du front contre quelque chose, qui soulève la même question.

— IIIST. XI* s. Dient François ; il nous i convient garde, Ch. de Roi. xiii. || xu* s. Quant moins se donent garde cil qui sont au crenel, Sax. ix. Prist guarde à Habraam, à qui Deus comanda Que de sa terre eissit,eli bers s'en ala, Guerpi ses conissanz.... Th. te mart. C5. Emist scsguardes en Damasches, si qu'il de Syrie rechut [reçut] servise e treud [tribut]. Bot», p. U7. Il XIII' s. Cele porte, où li Grieu issoient plus sovent, ot [eutj Pieres de Braiecuel en garde, villeh. lxxvi. Li pèlerin ne vous assaudront mie; ne d'eus n'avez vous garde, se vous volez deffendre des Veniciens, id. xlvii. Or soit Dix et li siens Garde des deus loiaus amans, Bl. et Jeh. 3388. Nus serreuriers ne puet vendre à Paris serreure neuve, se ele n'est garnie de toutes gardes, quarele est fause, Liv. des met. 5l. Ains t'aura mes pères en garde, Et norrira nous deux ensemble, la Rose, 6850. Bestes qui sont prises à garde fête, en damaces, si comme en taillis ou en vignes, el tansqu'eles sont deffendues... beaom. xxx, 67. Toutes les foiz que la royne s'escrioit, il disoit: dame, n'aies garde [crainte], car je suis ci, joinv. 252. Et sachiez que, se il se feussent pris garde de nous, il nous eussent tous mors [tués], id. 227. Mauvaise convoitise li feroit faire la garde dou loup [trahir ses devoirs de tuteur], Ass. de Jérusal. p. «23, dans laci'RNE. Il XIV* s. Sur vos gardes soiez et main [matin] et anuitier, Guescl. 2(968. La dame de Lalande comme garde [tutrice] de ses enfans, do cange, warda. || xv* s. Et fit reparer la ville et la forteresse tellement qu'elle n'avoit garde d'assaut que on y fit, sur un mois ou deux, froiss. i, i, 222. Le sire de Montmorency qui bien se donna de garde de ce tour.... iD. I, I, (40. [Le roi d'Angleterre, qui vouloit d'abord faire mourir messire Hervey, lui accorde la liberté à rançon] le chevalier en eut grand joie quand il entendit qu'il n'auroit garde de mourir, ID. I, I, 214. Aussi la guete du chastel ouït la frainte et l'aperçut de sa garde : si fut tout esbahi, et commença i sonner et à corner de sa bucine, id.

I, I, 7». Aimcry, viens avant; tu sais que je t'ai donné en garde la chose du monde que plus aime après ma femme et mes enfans.... id. i, i, .12« Dites à vos gens qu'ils soient tousjours nuit et jour pourvus et sur leurs gardes , id. u , u , 63. Pour avoir fait ou [au] guischet de la porte une clef, .ibillé les gardes.... Bibl. des chartet, 3* série, t. iv, p. 389. Il y crut competemment de blez qui furent bons et de garde, j. de troves, Chron. neo. Le suppliant se transporta en une garde ou me»loierie [métairie], dd cange, garda. Je ^'a^Ols garde de rien conclure, car on ne me disoit rien, coMU. viii, 7. La gente demoiselle se donnoit garde [regardait] souvent se son ami viendroit point, LOUIS XI, Kouv. LXi. il XVI* s. La resolution du conseil fcut que, en tout événement, ilz se tiendroient sur leurs gardes, rab. Pant. iv, 37. Il lacberissoit plus que de coutume et pienoit plus pn's garde sur elle, MAR3. Nouv. XV. Quand je me prends garde de prez aux plus glorieux exploits de la guerre, mont, i, <32. L'aultre desdaigne d'en ha.ster son pas et se mettre sur sa garde, id. h, )o5. On me feit monter sur un cheval qui n'avoit garde de leur eschapper, ID. IV, 229. L'histoire est la plus seure garde que les hommes puissent laisser de leurs faicts en ce monde, amyot, Préf. 27. Il sejetta hors de son camp sans avoir autour de sa personne une seule gardeny un seul escuyer, id. l.ucull. 3|. Laissant Sornatius avec six mille combatans, à la garde du royaume de Pont, 10. ib. 43. Les chefs et soldats de ses gardes, au lieu de gardes esloicnt geôliers, d'alb. Ilist. Préf. 7. S'estant avancé à cafourchons sur les gardes du pont, ID. ib. 1, S36. L'autre mit l'espée jusques aux gardes dans le ventre de son prisonnier, id. ib. (69. Les gardes se posoient par tout tambour battant, id. ib. u, 234. Il trouva le corpsde gardeesmeupourceque.... ID. ib. Il, 440. Lesautres, fermans le corps de garde, s'y derfendoient,n), 16. m, 3 17. La chose précieuse est de mauvaise garde [difficile à garder], noNs. 24'j. Pere et mère, ayol et ayolle ont garde des enfans souhf aage. Grand coust. de France, liv. 11, p. 345, dans LACi'RNE. Les vassaux qui doivent gardes de leurs corps les doivent faire quand elle» leur sont commandées, Coust. génér. t. 11, p. 546. Les plus clairs voyans qui cognoissoient le naturel de la royne se douloient bien de quelque garde de dedans [rancune], B^KVT. Dames illustres, f. 252, dans lacirne.

— ÉTYM. Voy. GARDER ; bourguign. gade; picard. warde; wallon, uidd; provenc. garda, guarda ; espagn. etportug. guarda; ital. guardia.

2. GARDE (gar-d'), ». m. || 1° Celui que l'on charge de garder, de surveiller une personne. Il n'est pas prisonnier, mais il a des gardes. Au lieu d'être en prison, je n'ai pas même un garde, corn. Iléracl. V, 5. Il 2" Homme armé faisant partie de la garde d'un roi, d'un prince, d'un gouverneur, d'un officier général, etc. Nous saisissons la porte et les gardes se rendent, corn. Héracl. v, 7. Les Êcossai.', à qui il [Charles I*'] se donne, le livrent aux parlementaires anglais; et les gardes fidèles de nos roii trahissent le leur, boss. Heine d'.inglet. Vous n'avez jusqu'ici de gardes que les miens, rac. Phèdre, v, (. Ses gardes affiigés Imitaient son silence autour de lui rangés, id. ib. v, e. Holà I gardes, qu'on le saisisse, m. Mithr. m, ( et 2. U a séduit ses ganlei les premiers, ID. «6. iv, 6. Il était dans les gardes du cardinal de Richelieu (car ce prêtre, ainsi que le Mazarin, avait des gardes), volt. l'Ingénu, (9. Le jour parut alors, montrant d'un côté les bataillons et les batteries russes qui, de trois cêtés, devant, à droite et derrière nous, bordaient l'horizon ; et de l'autre, Napoléon et ses six mille gardes s'avancant d'un pas ferme et s'allant placer au milieu de celte terrible enceinte, sEgur, Hist. de Nap. x, 5, H Fig. Gardes de Jupiter, ancien nom de ses satellites. Il Terme de marine. Les gardes , nom donné i trois étoiles voisines de l'étoile polaire, dont la situation, par rapport à cette étoile, sert pendant la nuit à prendre la hauteur du pôle arctique. Il 3° Garde royal, garde impérial, soldat de la garde royale, de la garde impériale. Des gardes royaux, des gardes impériaux. || Garde municipal, un soldat de la garde municipaJe. Gardes municipaux. Il Garde national, citoyen qui fait partie de la garde nationale. Les ganles nationaux. || Génin, Récréations, t. 11, p. 87, remarque qu'il faudrait dire un garde nationale, des garde nationale ; comme on dit un garde française, des garde fran> çaise; c'est-à-dire un de la garde nationale, des de la garde nationale. C'est là en effet la construction logique et la première qui s'est présentée, comme on le voit pour garde française ; mai» depuis, partout ailleurs, l'oreille et l'assimilation

GAR

l'ont emporté. || Un garde d'honneur, un soUlat appartenant à la garde d'honneur. || *• Gardes du corps, nom d'une troupe de cavalerie qui, sous l'ancienne monarchie, était composée de gentilshommes, et, sous la Restauration, de militaires ayant le grade d'officiers, et qui gardait la personne du roi. Un garde du corps. Capitaine des gardes du corps, ou, simplement, des gardes. || Fig. Le bon roi Evandre n'ayant pour gardes du corps que deui chiens, qui servaient encore à garder la porte de sa maison, bkhn. de st-p. Arcadie. \\ Les cent gardes, troupe instituée par l'empereur Napoléon III, et qui monte la garde dans le palais. {| Au singulier, un cent-gardes, un homme faisant partie de cette garde. || Autrefois, gardes de la porte, ceux qui montaient la garde aux portes de l'intérieur du palais oil était le roi pendant le jour. || Gardes de la manche, gardes du corps qui, en certaines occasions, étaient debout aux deux côtés du roi, armés de pertuisanes, et dont la fonction était d'assister à la messe du roi, de le garder à vue durant l'office, et de faire mettre à genoux aux temps voulus. 116" Le régiment des gardes, régiment d'infanterie française destiné à garder les avenues des lieux où le roi était logé. Le régiment des gardes ne fut formé que par Charles IX, volt. Mceitrs, <70. || Absolument. Les gardes, ou, au féminin, les gardes françaises, le régiment susdit. Capitaine aux gardes, lieutenant aux gardes, enseigne aux gardes, sergent aux gardes, soldat aux gardes, capitaine, lieutenant, etc. dans les gardes françaises; au lieu que capitaine des gardes signifiait capitaine des gardes du corps. )| Garde est masculin : un garde du roi ; mais, quand on parlait du corps entier des gardes, l'usage avait fait ce substantif féminin : les gardes françaises, les gardes écossaises. || Au masculin, un garde française, un soldat des gardes françaises. Il Le régiment des gardes suisses, ou, absolument, les gardes suisses, régiment d'infanterie suisse qui faisait le même service que le régiment des gardes françaises. {| 6° Anciennement. Gardes de la marine, ou gardes-marine (marine, on le remarquera, s'écrit sans s), jeunes gentilshommes nommés par le roi pour la garde de l'amiral et pour s'instruire dans le service de la mer. Ce jeune garde-marine est devenu enseigne de vaisseau. Prendre du sexe et l'habit et la mine, Devant les yeux de vingt gardes-marine, volt. Prude, i, ) . Ce fut dans ce voyage que, M. de Roquefeuille lui ayant présenté son fils, en le priant de l'admettre parmi les gardes-marine : Je me charge de lui, dit le ministre, et je compte le faire un jour vice-amiral, condorcet, Maurepas. \\ Gardes-marine est une abréviation pour gardes de marine; c'est pour cela qu'on met le pluriel à gardes. || Gardes de l'étendard, jeunes gens qui étaient dans le corps des galères ce que les gardes de la marine étaient dans le corps de la marine. !l Gardes maritimes, se dit des garde-péche. Il 7° Employé chargé de Ir garde de certains dépôts. Garde des meubles do a couronne. Les gardes de la bibliothèque de Genève, volt. Hist. de Russie, 1, 7. La charge de bibliothécaire du roi , telle qu'elle est aujourd'hui et que l'abbé Bignon la possédait, comprend celle de maître de librairie et celle d'intendant ou garde du cabinet des livres manuscrits, médailles et raretés antiques et modernes, et garde de la bibliothèque du roi, mairan, Éloge de l'abbé Bignon. \\ Garde général des archives, employé supérieur qui est à la tête du dépôt des archives de l'empire. |{ 8° Garde des sceaux, le ministre de la justice, celui auquel sont confiés les sceaux de l'État. Croiriez-vous bien que M. le garde des sceaux me persécute pour ce malheureux Temple du goût, comme on aurait poursuivi Calvin pour avoir abattu une partie du tr{ae du pape ? volt. Lett. Thiriot, 24juill. (733. Jupin.... Ta cour de justice éternelle A-t-elle eu ses gardes des sceaux? bbhang. Bluets. Il On a dit dans un sens analogue : garde des sceaux de la chancellerie de telle cour. || 9° Garde champêtre, agent préposé à la garde des propriétés rurales. || Garde forestier et garde des bois, agent préposé à la conservation des forêts. || 10° Uarde de commerce, officier subalterne qui est chargé de mettre à exécution les contraintes par corps. || 11» Garde d'artillerie, garde du génie, sous-officiers d'état-major, chargés de la conservation du matériel de l'artillerie ou du génie. || 12° Gardes de santé, préposés chargés de veiller à l'observation des lois et ordonnances sur la police sanitaire. || 13° Autrefois, gardes des métiers, maîtres et gardes, ceux qui, élus dans les corps de métiers, avaient soin que rien ne se fît contre les règlements. || Gardes des monnaies, premiers juges des monnaies, dont les appellations

»IGT de la LANOUK FRANÇAISFi

ressorti ssaient aux cours des monnaies. || Gardes des privilèges des universités, juges qui étaient spécialement chargés de la conservation des droits et privilèges d'une université.

— HIST. xii* s. Trestout manois [tout aussitAtj as gardes [ils] sont livré, Ronc. p. (88. Et les gardes [du champ clos] i courent, la bataille est finée, ib. p. (96. Ilxiu* s. Nul n'est contrains à penre bail ne estre garde [tuteur] d'enfans ne estre hoir» de nului, s'il ne li plest, beaum. xv, 4.

— ÉTYM. Voy. GARDER.

». GARDE (gar-d'), î. f. Femme dont la profession est de garder et de soigner les malades. Si j'étais votre garde pendant votre couche, SÊV. 96. Il Par extension. Votre bon cœur vous rend la garde de tous ceux que vous aimez, sév. 688. ||0n dit aussi garde-malade (voy. ce mot)

— ÊTYM. Voy. GARDER.

t ♦. GARDE.... mot employé en composition, qui se dit tantôt des personnes qui gardent (un gardechasse) , tantôt des choses qui conservent (un gardemanger). Le pluriel offre des difficultés. Pour le second cas, tout le monde est d'accord ; garde reste invariable : des garde-manger. Pour le premier, l'accord desgrammairiens cesse; l'Académie n'indique le pluriel que pour garde-côte et garde-note, et là elle écrit gardes-côtes, gardes-notes. Laveaui a été explicite, disant que gardeen cet emploi représente le substantif masculin garde , et doit toujours prendre la marque du pluriel. Mais , à moins de supposer une ellipse, dans garde-côte, garde-magasin, etc. ce n'est pas le substantif garde, c'est le verbe garder qui est en composition. De plus, en suivant la vue de l'Académie et de Laveaux, on arriverait à cette singulière conclusion qu'il faudrait écrire des gardemeuble, quand il s'agit du lieu où l'on garde les meubles, et des gardes-meuble, quand il s'agit de l'employé qui garde les meubles. Cette anomalie montre d'une façon palpable qu'il faut laisser, en tous les cas, garde invariable.

GARDÉ, EE (gar-dé, dée), part, passé de garder. Il 1° Qu'on surveille, dont on prend soin. Un enfant gardé par la bonne. |! 2°Surveilléet soigné durant une maladie. Gardé dans sa petite vérole par une mère dévouée. || Dont la sûreté est protégée. Le roi gardé par des troupes fidèles. Des troupeaux gardés par le pasteur. || Terme de jeu de cartes. Roi gardé, dame gardée, roi, dame qui a une ou plusieurs gardes. Le joueur dit aussi : Je ne crains rien, je suis gardé. J'étais gardé à carreau, au propre ; et au fig. J'avais pris toutes mes précautions. || 3" Défendu. La ville gardée par une garnison nombreuse. || 4° Préservé. Gardé du péril. Paris et tout le royaume avec un fidèle et admirable empressement reconnaît son roi gardé par la Providence et réservé à ses grands ouvrages, Boss. le Tellier. || 5° Conservé. Des fruits gardés dans le fruitier. Souvent les remèdes les plus gardés sont les meilleurs, montesq. Lett. pers. (43. Il 6" Observé. Les convenances les plus exactes furent gardées. Et d'un trône si saint la moitié n'est fondée Que sur la foi promise et rarement gardée, rac. Baj. n, s. II y a des règles de bienséance et d'honneur, qui doivent être gardées inviolablement, même à l'égard des ennemis, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. vu, p. 231, dans pouoENS.On dit d'un poSme et de tout ouvrage d'imagination, que les mœurs y sont bien gardées, lorsque les usages, les coutumes, les caractères des personnages sont conformes k la connaissance ou à l'opinion qu'on a communément, duclos, Consid. mœurs, ch. 4 . || Proportion gardée, toute proportion gardée, en tenant compte de l'inégalité, de la diflërence relative de deux personnes, de deux choses. Il 7° Qu'on empêchedes'échapper.Le prisonnier gardé par les gendarmes. || 8° Réservé. Un triste sort lui est gardé. || Proverbes. Quand chacun fait son métier,le3 vaches sont bien gardées, les choses vont bien quand chacun se mêle de ce qu'il doit faire. On dit au.ssi elliptiquement : Chacun son métier, les vaches sont bien gardées. || Ce mie Dieu garde est bien gardé.

t GARDE-BARRIERE ( gar-de-ba-riè-r'), s. m. Il 1° Terme de chemin de fer. Homme préposé à la garde d'une barrière là où une voie ferrée coupe un chemin ordinaire. || 2° Employé de l'octroi aux portes d'une ville. || Au plur. Des garde-barrières, ou, suivant Laveaux (voy. garde 4), des gardes-barrières.

i GARDE-BOEUF (gar-de-beuf), s.m. Espèce de héron d'Afrique. || Au plur. Des garde-bœuf ou bœufs.

GARDE-BOIS (gar-de-boî), s. m. Garde préposé pour la conservation des bois et de lâchasse d'un domaine. Il Au plur. Des garde-bois, ou, suivant Laveaux (voy. GARDE 4), des gardes-bois. || On dit aussi garde des bois.

t GARDE-BONNET (gar-de-bo-nè), s. m. Coiffe lie toile qu'on met sur le bonnet des enfants pour empêcher qu'il ne se salisse. || Au plur. Des gardebonnet ou bonnets.

GARDE BOURGEOISE (gar-de-bour-jol-z") , s. f. Terme do jurisprudence féodale. Droit des bourgeois analogue à la garde-noble pour les nobles (voyoarde-noble). Il Au plur. Des gardes-bourgeoises.

— RRM. X bourgeois, l'Académie écrit garde bourgeoise, sans trait d'union,

— ÉTYM. Garde l, et bourgeois.

GARDE-BOUTIQUE (gar-de-bou-ti-k'), t. m.

Il 1° Tout objet que le marchand a dans sa boutique et qu'il ne peut vendre. Je vais lui porter quelques vieux garde-boutiques qui sont là dans un carton, GKNLis, TMdt. d'édue. March. démodes, se. 7. || 8° Un des noms du martin-pêcheur (voy. drapier). |I Au plur. Des garde-boutique ou boutiques.

t GARDE-BRAS (gar-de-brâ) , s. m. Sorte d'ancienne armure qui garantissait les bras. || Au plur. Des garde-bras.

— HIST. XIV' s. Garde bras, do canor , anlebrachia. Il XV' s. Et voicy gardebras massis De fin plomb, taillez de mesure (gardebras est ici une garniture en plomb qu'on mettait pour tenir les manches], Rec. de farces, p. 4J8. || xvi' s. Six vingts bons chevaux et bien armez jusques à la baulte pièce et gardebras, carloix, iv, 27.

t GARDE-CENDRE (gar-de-san-dr'), s. m. l'Iatehande en cuivre qui sert à retenir la cendre et les charbons qui pourraient s'échapper du foyer. || Au plur. Des garde-cendre ou cendres.

t GARDE-CHAÎNE (gar-de-ché-n'), s. m. Mécanisme qui, dans les montres, empêche la chaîne de se casser. || Au plur. Des garde-chalne ou chaînes.

t GARDE-CHARRUE (gar-de-cha-rue), s. m. Voy.

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