Il XVI* s Ains recevoir toutamiablement
L'humble dieu gard' de vostre humble Clément, ma- ROT.ii, (87.11 voulut occire Jobelin; mais ledit des Marays l'en guarda par belle remonstrance qu'il luy feit, BAB. Garg, l, «B. Fils très chier, aprez mon decez, guardez que telles lois ne soyent en ccstuy royaulme receues, id. l'anl. m, 48. Je ne me puis garder de vous escripreque.... mabg. ieW. (27. Plust à Dieu que l'empereur s'essayast de passer le Rosne quant je suis icyl j'entrcprendrois bien sus ma vie, toute femme que je suis, de le garder de passer, et n'y a nul que vous qui me peust garder d'y estre, ID. 16. 1 27. Quoy qu'il y ait, je vous requiers garder vostre santé, et ne vous donnés tant de travail, et vous gardés d'aller veoir les malades, iD.t'ft. < 28. 11 fault que je vous confesse que j'ay mené une vie despuis que je partis, qui me contraindra garder pour aujourd'hui la chambre, id. îb. 146. Avez vous bien gardé les commandemnns de Dieu?... .le n'ai gardé que mes brebis, dit le berger, despeb. Contes, xLii. Je me garderay, si je puis, que ma mort die aultre chose, mont, i, 3.4 Avoir àse garder mesme de ses amis, id. i, i33. Escornifflant les sentences, non pour les guarder, car je n'ay point de gardoire.... ID. 1, 443. Ayant rencontré un chien qui gardoit un homme mort, id. i ,. < 94 . Leurs mariages sont mieulx gardez que les nostres, id. ii, 494. Un tyran est gardé par ceulx desquels, s'ils valoient rien , il se debvroit garder, la boStie, Sertiilude f oîont. Un temps viendra qui nous gardra d'aimer Par maladie, ou par mort, ou vieillesse, bons. 82(. X qui est l'ane, si le garde, cotgbave. Dieu me garde de qui je me fie, id. Ne se garde pas bien qui se garde toujours, ID. Qui garde son disner, ilamieuxàsouper, ID. Oui n'a qu'un œil, Dieu le garde, ID. Tel se cuide bien garder, qui se frappe sur le nez, iD.
— ÊTYM. Picard, warder, garder, regarder; bourguig. gadai; wallon, wdrdé, waurdé; provenç. gardar, guardar; espagn. gvuirdar; ital. guardare; de l'anc. haut-allem. warlén, prendre garde; du radical war, considérer, prendre garde, qui se trouve dans l'allemand wahr, wehren, et le latin verus, vereor.
f GARDERIE (gar-de-rie), s. f. Terme d'eaux et forêts. Étendue de bois qui est sous la surveillance d'un garde.
— KTYM. Garder.
GARDE'ROBE (gar-de-ro-b') , s.f.l\l° Chambre destinée à renfermer les habits, le linge, et toutes les hardes. Regarde dans ma chambre et dans ma garde-robe Les portraits des Dandin ; tous ont porté la robe, rac. l'taid. i, 4. Il (le czar] fit tirer d'un fourgon qui le suivait un lit de camp, et le fit tendre dans une garde-robe , duclos , ifém. rég.OEuv. t. v, p. 291, dans pouoens. || Grande armoire où l'on suspend des habits, des robes, sans les plier. Est-ce, madame, qu'à la cour une armoire s'appelle une garde-robe? — Oui, butorde, on appelle ainsi le lieu oCt l'on met les habits, MOL. Escarb. 3. {| 2° Par extension, tous les habits à l'usage d'une personne. Cet homme a une garde-robe très-riche. || On dit dans un sens analogue : la garde-robe d'un acteur. !| 3° Chez les souverains et les princes, la garde-robe, tout ce qui regarde les habits et le linge du roi. Grand maître de la garde-robe. Officier de la garde-robe. Valet de la garde-robe. Valet de garde-robe. Je ue doute pas qu'il n'en soit de même de la fllle de garde-robe qui a pris le nom de sa maîtresse, la femme de Czarowitz, d'alemb. Letl. au roi de l'russe, 2 mars 1 772. Qu'on mette i Genève un roi arec un gros budget, chacun quittera l'horlogerie pour la garde-robe, p.L. couB. Livret. || 4° Lieu où l'on mettait la chaise percée, alors que les latrines n'étaient pas communes dans les maisons. H. de Richelieu avait pris un lavement ; il demanda ma garde-robe et y monta en grande hâte, st-sim. 48, 447. Pour lui présenter en
GAR
pompe i midi ce qu'il va déposer le soir dans sa garde-robe, j.j.bouss. ^m. m. Jelisaisàla garde-robe et je m'y oubliais des heures entières, id. Conf. i. Il Aller à la garde-robe, satisfaire le besoin d'évacuer les excréments. Un homme ne pouvait être regardé comme un dieu par ceux qui l'avaient ru aller à la garde-robe, volt. Mœurs, 4" homme. Ce monarque [Henri III] n'allait à la garde-robe qu'avec une difficulté extrême, id. Oreilles, 7. Il m'a conté souvent que Cromwell n'avait pas été à la garderobe depuis huit jours lorsqu'il fit couper la tête à son roi, lu. ib. 7. La garde-robe a tant d'empire qu'un dévoiement rend souvent un homme pusillanime, id. ih. 7. Il Garde-robe à l'anglaise, cuvette de faïence munie au fond d'un piston. || Une garde-robe, une évacuation alvine. Sa médecine lui a fait avoir trois ou quatre garde-robes. || 6° Nom donné vulgairement à diverses plantes odorantes auxquelles on attribue la propriété d'écarter des vêtements les insectes : la santoline, l'aurone (voy. aubo.ne), etc. \\Auplur. des garde-robes.
— IiEM. Tous les mots de ce genre étant masculins, comment se fait-il que celui-ci soit féminin? Il est ancien; mais, à l'origine, c'était souvent la dernière partie du mot qui donnait le genre : la tranche-teste pour le bourreau, dans Froissart, 11, m, 8. Au reste on tenta, au xvi* siècle, de le faire masculin suivant l'analogie.
— HlST. xiii* s. Lors s'enclost en sa garderobe entre li et moy sanz plus, et me mist mes deux mains entre les seues [siennes], et commensa à plorer moult durement, JoiNv. 282. || xiV s. Elle [la dame de la maison] s'en venoiC dans la garderobe, et là mangeoit la souppeau matin ou aucune lescherie, le chev. de la tour, Instr. à ses filles, f" \, dans LACUHNE. Il XV* S. Si y avoit il dedans [un château] de bons joyaux et de riches; carie comte enfaisoit sa garde robe, proiss. ii, ii, 56. || xvi* s. Si vous cerchez dedans leurs garderobes, Vous trouverez le roman de la Rose, Mattheolus, toutes fables et lobes, Qui contre nous et notre honneur dépose, 1. mabot, v, 290. Garde-robe [chaise percée], MONT, i, 46. Garderobe ou menu cyprès, 0. de serres. Il y avoit dans la chambre de sa feu mère un beau garderobe, fort magnifiquement œuvré, où la fille tenoit ses riches accoustrements et bagues. Nuits de Straparole, 1. 1,
p. 64, dans lACUBNE.
— ÊTVM. Garder, robe. Garde-robe au masculin a été le nom d'un officier : xv* s Jehan Pavillon, varlctde chambre et garde robe de ladite feue dame, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 344.
GARDE-ROBE (gar-de-ro-b'), s. m. Tablier de toile que les femmes et les enfants portent pour conserver leurs vêtements. Un garde-robe gras servait de pavillon, RÉGNiEB, Sat. XI. \\Au plur. Des garde-robes.
GARDE-ROLE (gar-de-rô-l') , *. m. Celui qui gardait les rôles des offices de France, qui en tenait registre et qui en faisait sceller les provisions. || Au plur. Des garde-rôle ou rOles, ou, selon Laveaux (voy. GABDE i), des gardes-rôles.
GARDE-SACS (gar-de-sak) , s. m. Greffier gardesacs, officier qui était chargé de garder les sacs des procès. Il Au plur. Des garde-sacs, ou, selon Laveaux (voy. OABDE 4), des gardes-sacs.
t GARDE-SALLE (gar-de-sal') , s. m. Prévôt du maître dans une salle d'armes. || Au plur. Ucsg.irdesalle ou salles, ou, selon Laveaux (voy. garde 4), des gardes-salles.
GARDE-SCEL (gar-de-.sèl), s. m. Officier préposé, dans les anciennes juridictions, pour sceller les expéditions. || /lu p(ur. Des garde-scel, ou, selon Laveaux (voy. garde 4), des gardes-scel.
t GARDE-SCELLÉS (gar-de-sè-li;), s. m. Homme commis pour garder des scellés. || Au plur. Des garde-scellés, ou, suivant Laveaux (voy. gabde 4), des gardes-scellés.
t GARDE-TEMPS (gar-de-tan), *. m. Synonyme de chronomètre. \lAu plur. Des garde-temps.
GARDEUR, EUSE (gardeur, deù-z') , s. m. et f. Il l" Celui, celle qui garde des animaux. Un gardeur de vaches, de cochons. Le mot de génisse en français est fort beau, et surtout dans une églogue; vache ne s'y peut pas souffrir; pasteur et berger y sont du plus bel usage : gardeur de pourceaux ou gardeur de bœufs y seraient horribles, bollin. Trait, des Et. 11, 4. || 2* Celui, celle qui garde, conserve son argent, ses hardes, etc. Il y a longtemps que je gronde ces gardeuses, sÉv. » aoât 4«8».|| Proverbe. Mieux vaut bon gardeur que bon amasseur.
— HIST. XIII* s. Dont vint à Salenique, et li gardeour qui de par l'empereour i estoient li rendirent, viLLKH. cxxv. Or soit Diei de mon cor et de m'ame gardere, Berte, xviu. || xiv* ». Le libéral ne enrichist
UArt
pas de legier; qucr [car] il ne prend pas volontiers et n'estpasgardeeurdericbesces, orf.sme, Eth. io«.
— Rtym. Garder; wall. voardeu: provenç. guardayre, guardador; espagn. et portug. guardador; ital. guardatore. Le vieux français gardere, et le provençal guardayre sont au, nominatif, yuard«or et gardarinr sont au régime.
GARDE VAISSELLE (gar-de-vê-sè-l'), ». m. Celui qui a la vaisselle du roi en sa garde. || Au plur. Des garde - vaisselle , ou , suivant Laveaux ( voy. gabdk 4), des gardes-vaisselle.
GARDE-VENTE ( gar-de-van-t' ) , t. m. Celui , dit aussi facteur, qu'un marchand de bois prépose à la garde et à l'exploilation des bois dont il s'est rendu adjudicataire. || Auplur. Des garde-vente ou ventes , ou , suivant Laveaux (voy. garde 4) , des gardes-vente.
GARDE-VCR (gar-de-Tue), s. m. Visière qu'on place au-dessus des yeux pour garantir la vue du trop grand éclat de lumière. || Espèce de couvercle ou plutôt d'abat-jourqui, mis au-dessus d'une lampe et concentrant les rayons vers le bas, garantit la vue. Il Au plur. Des garde-vue.
GARDIEN, lENNE (gar-diin, diè-n"), t. m. et f. Il 1" Celui, celle qui garde quelqu'un ou quelque chose. Le gardien d'un détenu. Le gardien d'un dépôt. Il Celui qui veille à la conservation d'une chose. Le gardien d'un monument. || Agent préposé à la surveillance dans les jardins publics, dans les musées. Les gardiens du jardin du Luxembourg. || Celui qui est préposé par la justice à la garde des objets saisis. On l'a établi gardien des scellés, des meubles saisis. Il Terme de marine. Celui qui, dans les ports, ganle un magasin, un navire; le matelot qui surveille la chambre des poudres, etc. || 2° Titrequel'on donne au supérieur de certains couvents. I.e gardien des capucins. Le père gardien. || 3" Par e.\tension, celui qui défend, protège. Vous êtes le gardien de nos libertés. La sainte Vierge, protectrice et gardienne. Soyez donc toujours [femmes de Genève] ce que vous êtes, les chastes gardiennes des mœurs et les doux liens de la paix, j. :. rouss. Dédie, d la rép. de Genève. \\ Fig. Le travail et la sobriété furent les premiers gardiens de cette liberté, volt. Jfosurs, 187. Il 4° Adjectivement. Ange gardien, ange qui , d'après les croyances catholiques , protège chaque individu. Ainsi, mes frères, nos saints anges gardiens, ne pouvant plus supporter nos crimes, en poursuivent enfin la vengeance , boss. Sermons, Saints anges gardiens, 2. || Substantivement. Ils [les anges] viennent à nous, chargés de ses dons [de Dieu], ils retournent chargés de nos vœux.... tel est l'emploi et le ministère de ces bienheureux gardiens, ID. ib. Préambule. X toute heure et à tous moments, ils [les anges] se tiennent prèU pour nous assister, gardiens toujours fervents et infatigables, sentinelles qui veillent toujours, id. l'b. 4. || Fig. Ange gardien, personne qui veille sur une autre avec affection. Vous êtes mon ange gardien \\6' Terme d'ancienne jurispnidence. Gardien noble, celui qui avait la garde noble. H Gardien de la régale, officier chargé de percevoir les revenus des abbayes et des évêchés vacants. || Lettres de garde gardienne, lettres par lesquelles le roi accordait à certaines communautés, à certains particuliers le privilège d'avoir leurs causes commises devant certains juges. Il 6° Titre du grand maître de l'ordre de la Jarretière, en Angleterre. C'est toujours le roi qui est le gardien de cet ordre.
— REM. Gardien n'est présentement en poésie que de deux syllabes; Molière l'a fait de trois : Suis-je donc gardien, pour employer ce style. De....? mol. Dép. am. v, 3. Au xiv* siècle il n'est que de deux ; au XII* il n'est que de deux aussi, mais sous la forme guardain.
— SYN. GARDE, GARDIEN. L'un et l'autre expriment la charge, le soin d'une garde; mais la nuance que l'usîge a mise, c'est que le garde est non-seulement chargé de garder le dépôt, mais encore de le diriger, tandis que le gardien n'a que le soin matériel : le garde des manuscrits de la bibliothèque impériale ; le gardien qui est dans la salle et qui surveille. De plus garde ne s'emploie guère au sens figuré, tandis que gardien comporte très-bien l'emploi métaphorique.
— HlST. XII* s. Mais de primes en est Normandie fulée; Car la mort al saint humme i fu ains purparlée, Ecil enestguardains, Th.lemart. (63.||xiv*s. Qui aus dis gardiens feront injures ou violence, DO CANGB, avenius. Et jure que, si li gardien X ce tuit assentoient bien.... machaot, p. so. || xv« b. Sire, les Escots cette nuit ont pris et emblé le chastel de Berrich ; et le capitaine m'envoie devers vous
GAR
afin que vous en soyez avisé; car vous estes gardien de ce pays, froiss. ii, ii, <5.
— ETYM. Garder; piovenç. gardian; catal. guardid; espagn guardian; ital. guardiano.
t GARDIENNAGE (gar-diè-na-j'), s. m. Soin de garder et de tenir en état. Les soins de gardiennage et de répiration que nécessite un vaste bâtiment, un musée, Disc, de H. Barbet au Corps législ. 29 juin f8«5. Il Terme de marine. Ensemble des moyens de conservation appliqués à certains objets dans un port. Gardiennage des tonneaux, des balises. Il Emploi degardien.
— ÊTVM. Gardien.
t GARDIENNAT (gar-diè-na) , *. m. Dans les maisons religieuses, office de gardien ; sa durée.
— ÉTYM. Gardien.
t GARDIENNERIE (gar-diè-ne-rie), s. f. Ancien
terme de marine. Chambre des canonniers à bord d'un vaisseau.
— ETYM. Gardien.
GARDON (gar-don), *. m. Petit poisson d'eau
douce, dit aussi rosse (leueiscus idus). \\ Fami- Jèrement. Être frais comme un gardon, être comme un gardon, avoir un air de fraîcheur etde santé; locution tirée de l'éclat de l'écaillé de ce poisson. Après avoir été un mois à la campagne à se reposer, à se purger, à se rafraîchir, elle revient comme un gardon, SÉV. <î8. Fraîche comme un gardon, droite comme une perche, boursault, Mots à la mode. se. t5. Il Fig. Donner un chabot pour avoir un gardon, faire un petit présent pour avoir en retour un présent plus grand. Ne faites, s'il se peut, jamais présent ni don, Si ce n'est d'un chabot pour avoir un gardon, bëgnier. Sot. xiii.
HlST. xiu's. Nus poissonniers ne autre nepuet
ne ne doit vendre gardons freans; c'est à savoir, gardons entre le mi-avril et mi-moi, Liv. des met. 265. Il XVI* s. Jeter un gardon pour avoir un brochet [faire un petit présent pour en avoir un grand], cot- GRAVB. Cest hamesson n'est pas trop bien amorcé pour prendre des guerdons, palsgr. p. **3. Mais il survint un affecté maroufle Sorti du creux où l'on pesche aux gardons, rab. Garg. 1,2.
ÉTYM. Origine inconnue. Bas-lat. gardio.
i. GARE (ga-r'), tntcrj. || l» Terme familier. Il s'emploie lorsqu'on avertit de se ranger, de faire place, d'éviter quelque chose qui est lancé, qui tombe. Il faut que je voie, que je m'informe, que je coure chez le notaire ; gare que je passe, picard. Marionnettes, v, ». || Gare devant, se dit pour avertir quelqu'un qui est devant nous de se détourner. 11 Gare, se dit aussi pour avertir de prendre garde. Gare, gare, gare; voici quelqu'un qui vient interrompre la conversation, dancourt, l'Opérateur, se. 11. Il En termes de chasse, celui qui entend le cerf bondir de la reposée doit crier gare. || 2° Frapper sans dire gare, frapper sans avoir menacé. Et qui frappe sans dire gare, scarbon, Yirg. i. ...sans leur dire gare, elle [la mort] abat les humains, mol. l'Ét. II, 4. iquiena-t-il donc de vous rosser comme cela sans dire gare? dancourt. Tuteur, se. 9. 1| Sans dire gare, signifie aussi sans avertir. J'entre sans dire gare et cherche à m'informer Où demeure un monsieur que je ne puis nommer, boursault, Mère, gai. IV, 6. Il 3" Gare, exprime aussi qu'on appréhende pour soi ou pour les autres certaines choses factieuses. Vous devez marcher droit pourn'ètre pas berné; Et, s'il faut que sur vous on ait la moindre prise, Gare qu'aux carrefours on ne vous tympanise, mol. Éc. des f. I, t. Sinon, gare l'instant de la conclusion, DESTOUCHES, Phil. marié, i, 4. Mon vieux tronc a porté, quelques fruits cette année.... les sots et les fanatiques auront bon temps cet automne et l'hiver prochain; mais gare le printemps, volt. Lett.d'Argental, 28 août 1 7B0. La petite diatribe que je vous envoie a été fort applaudie à la représentation ; mais gare la lecture, d'alemb. Lett. à Voltaire, Î4 janv. 1778. Il 4° Gare le pot au noir, s'est dit autrefois, au jeu de colin-maillard, pour exprimer ce qu'on dit aujourd'hui casse-cou.
— HiST. XVI' s. Nous sommes tous morts à ce coup; guare! voy le ci, rab. Pant. iv, a. Si elle [la fortune] continue, elle m'en envoyera très content et «atisfait; mais gare le heurt, mont, iv, (42.
— ÉTYM. Impératif du verbe garer; bourguig. gcire.
2. GARE (ga-r") , s. f. \\ l' Lieu disposé sur les rif ières pour servir d'abri aux bateaux contre les glaces . les inondations , etc. ll 2° Par extension, lieu de dépôt de marchandises sur les lignes de chemins de fer. || Nom de parties d'un chemin de fer qui, situées en dehors de la voie ordinaire, servent
L éviter la rencontre des convois. Gare d'arrivée et I 7, 84,
GAR
de départ, celles des deux extrémités du chemin. Gare d'évitement, celle qui reçoit et abrite un convoi pendant qu'un autre convoi passe. |1 Station d'embarquement et de débarquement des voyageurs et des marchandises sur les chemins de fer.
— ETVM. Voy. GARER.
GARÉ, ÉE(ga-ré, rée), part.passé de garer. Mis à l'abri dans une gare. Un bateau, un convoi garé. Défenses à tous courtiers et jaugeurs de vins de goûter ni jauger ceux qui seront es bateaux garés es dites lies et ports, Aides, 27 mars(62o.
GARENNE (ga-rè-n'. Au xvu* siècle plusieurs prononçaient ga-ra-n' : C'est où Flore et Pomone entretiennent Diane, Oui se vient délasser dedans cette garanne , corn. Poés. div. Presbyt. d'Hénone. Ménage met en garde contre cette prononciation, qui était sans doute la prononciation ancienne), s. f. Il 1° Proprement et anciennement, défense de pêcher dans une rivière, de chasser dans un bois. On ne peut tenir rivière en garenne s'il n'y a titre ou prescription suffisante, Coût, du Nivemois, ch. »6, art. *. || 2° Par passage du sens de droits prohibitifs aux lieux qui en étaient l'objet , lieu particulier près du château que le seigneur faisait garder avec plus de soin. Garenne à bois et à eau , étangs et forêts , appartient au fils aîné pour son préciput et droit d'aînesse, Coust. gén. t. n, p. 4 80. |1 8° Plus particulièrement encore, lieu à la campagne planté d'arbres, où il y a des lapins et où on a soin do les conserver. Un chat était entré dans une garenne peuplée de lapins, fén, t. xix, p. 5). Le lapin de garenne semble savoir qu'il n'est pas logé et il se loge; les lapins de clapiers dont on peuple les garennes , se gîtent comme le lièvre; mais, au bout de quelques générations, ils commencent à se faire des terriers, BONNET, Contempl. nat. 11, 30. || Lapin de garenne, se dit, comme meilleur à manger, par opposition à lapin de clapier ou de choux. || Fig. Celui-là est de garenne [par allusion aux lapins de garenne], se dit d'un conte ou d'un trait d'esprit dont on raille. Il Garenne forcée ou garenne privée, petit lieu clos de murailles ou de fossés pleins d'eau, où l'on met et élève des lapins. [| i° Lieu de garde, de réserve
pour certains animaux Que les seigneurs s'y
attribuaient la pêche, qu'on y formait des garennes à cygnes et des pêcheries, bobin. Mémoire sur les marais de Cléville, Calvados, 4781, p. 22. || Garenne à poisson, espèce de réservoir que l'on fait dans les rivières ou étangs.
— HIST. XIII' s. Tant se haste et tant s'esploite, Tant chevauche bois et garane, Qu'il est venuz à Theroane, Ben. t82)5. Aucunes gens cuident que cil qui sunt pris emblant connins ou autres grosses bestes savages eu autrui garennes anciennes, ne soient pas pendables; mes si sunt, quant il sunt pris par nuit, beaum. xxx, (05. ||xiv' s. Qui est trouvé tendant aux perdrix en païs de garenne, il chet en amende de dix livres, et le harnas perdu, BOUTEILLER, Somme rural, 11, titre 40. ||xv' s. Les escumeurs d'Affrique.... faisoient de la ville d'Affrique leur warenne et font encore, froiss. m, iv , 13. Ijxvi' s. Lapins de garenne, pake, v, 26. Estangs et rivières portant garennes et aussi garennes sont défendues, et qui y chasse ou pesche sera puni comme de larrecin, Coust. génér. t. I, p. 9)9.
ÉTYM. Berry, varenne, terre sablonneuse; picard, varenne; provenç. garuna, varena; bas-lat. warenna ; du même radical que garer (garenne signifiant proprement un lieu réservé, défendu) , avec un suffixe irrégulier.
GAKENNIER (ga-rè-nié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se Ue : dos ga-rè-niéz actifs), ». m. Celui qui garde une garenne.
— ÉTYM. Garenne.
GARER (ga-ré), V. a. \\ 1» Faire entrer et mettre à l'abri dans une gare. Garer un bateau, un convoi. Il Par extension. Ordonnons que toutes les épaves qui seront pêchées sur les neuves et rivières navigables soient garées sur terre, Ordonn. des eaitx et forêts, titre 3), (6. || Garer un train de bois, le lier. Il 2° Se garer, v. réft. Se ranger de côté, en parlant d'un bateau qui en laisse passer d'autres. || Par extension, se dit d'un train de chemin de fer qui entre dans la gare d'évitement pour laisser passer un autre train. || Il se dit aussi des personnes qui se rangent, se détournent. Se garer des voitures. Il Fig. et familièrement. Se préserver , se défendre, éviter. Garez-vous de cet homme. L'abbé guérit et voulait tuer Arnaud qui s'en gara bien, et le pauvre abbé en fut pour ses plaisirs, saint-sim.
* — HIST. XII' S. Garez en vous, gentils fils à baron, Bonc. p. MO. Il XYi' s. Tous voicturiers par eau seront tenus garrer leurs batteaux et vins à l'isle Nostre Dame, Cour des aides, arrêt, 8 août ) 585.
— ÉTYM. Berry, gairer ; provenç. garar, guarar; du haut-allem. loaron, prendre garde; comparez le celtique : kimry, gwara, défendre l'accès des pa- Ussades ; bas-breton, gwarer ; ce sens convient à garenne et à garer { comparez l'étymologie de garder)
t GARGAMELLE (gar-ga-mè-l"), s. f. Terme populaire. Gorge, gosier. Je vais me rafraîchir un peu la gargamelle, hadteroche. Amant qui trompe, dan» LEROUX, Dict. comique. Et de sa propre alumello Il se coupa la gargamelle, ancien dicton de trictrac pour signifier qu'un joueur a amené un dé qui l'a perdu, Trévoux, Gargamelle.
— HIST. XV" s. Le suppliant coppa la gorge au dit Guillaume, ou quoy que soit, la gargamele ou gosier, DU GANGE, gorgaJto. II XVI' s. Puis luy passai ma broche à travers la gargamelle, rabel. Pant. II, (4.
— ÉTYM. Provenç. et catal. gargamella; du radical garg, qui se trouve avec le sens de gosier dan» l'ital. gargata, le picard gargate, anc. anglais gargâte, espagn. et porlng. garganta (voy. gargouiile). Gargamelle est le nom que Rabelais a donné à la femme de Grandgousier, mère de Gargantua.
t GARGANTUA (gar-gan-tu-a) , s. m. Nom propre d'un personnage gigantesque de Rabelais. || Par antonomase, homme qui mange énormément. C'est un vrai Gargantua.
— ÉTYM. Voici l'étymologie que donne Rabelais de ce mot qu'il a forgé : Son père voyant comme il ouvroit le gosier s'escria : Que grand tu as, d'où l'on fit Gargantua. Mais c'est une plaisanterie. M. Baudry, Bev. de l'Inslr. publ. I9 mai 1859, p. 404, pense que Gargantua provient du languedocien gargante , gosier, et se rattache ainsi à Grandgousier et Gargamelle.
GARGARISÉ, ËE (gar-ga-ri-zé,zée), part, passé de gargariser. La gorge gargarisée.
GARGARISER (gar-ga-ri-zé), v. a. Laver la gorge, la bouche avec un liquide qu'on met en contact avec toute la membrane muqueuse gutturale ou buccale, en le promenant et l'agitant dans la bouche. La bouche [elle] se gargarisa. Et d'encens s'aromatisa, scARRON, Tirg. iv. || Se gargariser, u. r^/î. Laver sa bouche ou sa gorge avec un liquide. gUo s'est gargarisée. || Avec suppression du pronom personnel. Faites gargariser cet enfant. || Par extension et populairement. Se mettre à boire. Ils étaient tous deux à se gargariser. || Fig. et familièrement. Sa gargariser avec un éloge, s'en délecter.
HIST. XVI' s. On fera gargariser souvent le malade d'oxycras..,. etd'icelle décoction en sera gargarisé et tenu en la bouche; semblablement est bon de gargariser de lait de vache, paré, vi, 8. Le jus de l'herbe gargarisé appaise la luete enflammée,
ÉTYM. Génev. se gargariser ; provenç. et espagn. gargaritar; ita.\. gargariisare ; du latin gargariiare; en grec Yapï"P'CEi-' (comp. gargamelle).
GARGARISME (gar-ga-ri-sm'), s. m. \\ i° Liqueur préparée pourse gargariser. || 2° L'actionde se gargariser. Faites quelques gargarismes, cela vous soulagera.
— HIST. xvi' s. User de gargarismes astringents,