PARÉ, VI
— ÉTYM. Génev. gargarisme; provenç. gargor risme; espagn. et ital. gargarismo ; du lat. gargarisma, qui vient du grec YapTfapîCetv, gargariser.
GARGOTAGE (gar-go-ta-j'), s. m. Terme populaire. Repas malpropre; viande mal apprêtée.
ÉTYM. Gargoter.
GARGOTE (gar-go-f), s. f. \\ 1» Petit cabaret ou l'on donne à manger à bas prix. Les deux ecus que je lui demandais [au régent] étaient pour les leur donner de sa part, afin qu'elles eussent au moins pour quelques jours à manger dans quelque gargote, ST-siM. 506, (71. Je me mis dans une de ces petites auberges, à qui le mépris de la pauvreté a fait donner le nom de gargote, marivaux, Payson parv (" part. Car les dragons, race assez peu dévote. Ne parlaient là que langue de gargote, gres- SET Vert-vert, m. Je retournai le soir à ma gargote, I j'rouss. Conf. IV. H 2° Par mépris, tout cabaret ou restaurant ou même ménage où l'on mange malproprement. Ce restaurant est une vraie gargote.
ÉTYM. Voy. gargoter ; Berry, gargot, cabinet noir, prison des petits enfants.
GARGOTER (gar-go-té), v. n. || 1° Hanter les gargotes. || 2» Boire et manger malpropreni'snt.
GAR
— IllST. XVI" S. Il ne nous en chaut de toas 1er bruits qu'on fait courir de nous, pourveu que nous ayons dequoy faire gargolter la marmite, Ut Caqueu de l'accouchée, p. <7K, dans hcurne.
— ËTYM. Picard, gargoler, faire du bruit en bouillonnant. Ce sens, qui est aussi celui du xvi' siècle, écarte, ainsi que le dit DIez, le latin gurgiuiCium, mauvaise hôtellerie, et l'allemand Carkiiche. gargote, et conduit à une onomatopée par le radical garg, qui pariitt être aussi dans Gargouille, gargamelle.
fGAROOTEKIE (gar-go-te-rie), ». f. Mauvaise cuisine de gargote.
— ÊTYM. Gargote.
GAUGOTIEB,' 1ÈRE (gar-gotié, tiè-r*), i. m. et f. Il 1° Celui, celle qui tient une gargote. || 2" Par mépris, mauvais traiteur, mauvais cuisinier. J'ai tant de rivam qui me traiteront de gargotier, que je tremble de vous donner mes repas, volt. LtU. (VArgental, 4 fév. (777.
— ÊTVM. Gargote.
GARGOCILLADE (gar-gou-lla-d', U mouillées), ». f. Il 1° Nom d'un pas de danse dans le genre du pas tortlllé,qui n'est plus en usage. C'est le danseur Dupré qui fait la gargouillade, uicebot, Salon de (785, Oliuv. t. xm, p. 2)9, dans pouoens. Il 2" Tirnie de musique. Ornement de mauvais goiit, sans netteté, et comparé à un gargouillement
— ÊTïM. Gargouiller.
GARGOUILLÉ (gar-gou-U", U mouillées, et non gar-gou-ye), ». f. || 1° L'endroit soit d'une gouttière, soit d'un tuyau, par où l'eau tombe ; elle perlait dans les biltiments gothiques la fipure de chim'res, harpies et autres monstres, et reçoit aujourd'hui celle de masques d'animaux, de mufles de lion, etc. || Canal rond et étroit, construit entre des murs pour faciliter l'entrée et la sortie des eaux. Il Nom qu'on donne aux trous des petits canaux pratiqués sur les corniches des bâtiments pour l'écoulement des eaux. || Tuyau de fonte logé dans les trottoirs pour l'écoulement de l'eau. || Terme de plombier. Cordon de pierre sur lequel sont assis les tuyaux de conduite. || 2° Terme de charpenterie. Gargouille, entaille au pied d'un poteau de cloison recevant le bout d'une solive. || Terme d'éperonnier. Anneau de l'éperon, au bout de la branche, du cflté de l'embouchure. || 3' Conduit rassemblant, dans certains fourneaux , les produits de la coml'ustion pour les amener dans la cheminée. || 4' Figure d'un serpent monstrueux qu'on portait en procèssiolf à Rouen le jour des Rogations et le jour de l'Ascension, en souvenir de la victoire de saint Romain sur ce monstre. Un tel raisonnement finirait par introduire trop de pyrrhonisme.... on finirait par douter do la gargouille de Rouen et du royaume d'Yvetùt, VOLT. «él. Htt. Lclt. Chin. 2. || Terme de blason. Certaines figures de serpent qu'on a nommées aussi gringoles.
— HIST. XIII' s. Pro lapidibus qui vocanlur gargoules, quadrigandis, du cange, gargoula. || iiV s. Plusieurs lieux des entablements qui sont en droit les gargoles [d'une église] sont à refaire, Bibl. des chartes, 5" série, t. m, p. 226. En tous petis ymagos , lions, gargoulles, nu cange, gargoula. Il xvi" s. Le poète, dit Platon, assis sur le trépied des muses, verse de furie tout ce qui lui vient en la bouche, comme la gargouille d'jme fontaine, MONT. IV, 137. Esgouts faits à gargouilles et muffles de lyon, r. belleau, Berger, t. i, p. l, dans la- CURNE. [Gondebaut] attira plusieurs grands seigneurs à sa cordelle, qui excita une estrange gargouille en France, pasqhier, Rech. p. i*i, dans LACURNE. Saint Romain, archevesque de Rouen, sous le règne de Clolhaire second, suivi d'un prisonnier condamné à mort, ayant avec son estole dompté un dragon qui depuis fut appelé gargouille, ID. ib. p. sot).
— ÊTYM. Espagn. gargola; bas-lat. gargula, gosier; du radicîj garg, qui, comme on peut voir à l'étymologie de gargamelle, appartient à toutes les langues romanes. L'italien, qui a à la fois gargajU'are et gorffogdorc, montre que ce radical garg n'est qu'une modification du radical gorg (voy. gchge). Le sons de gargouille est donc étymologiquement celui de gosier; et.il a particulièrement celui de ces gosiers en pierre vomissant de l'eau que portent les édifices gothiques. Le sens de serpent ne se présente nulle part ; et en effet un mot signifiant gosier ne pourrait signifier serpent qu'avec quelque épithète dèterminative. La langue populaire donna, par assimilation, le nom de ces gar gouilles au serpent, figuré aussi sur les églises, que les saints avaient vaincu.
t GARGOUILLËE (gar-gou-Uée, Il mouillées). s. f. Chute d'eau qui tombe d'une gargouille.
GAR
GARGOUILLEMENT (gar-gou-lle-man , B mouillées, et non gar-gou-ye-man), «. m. || !• Bruit que fait quelquefois l'eau dans la gorge, dans l'estomac et dans les entrailles. || Bruit que fait l'intestin qui rentre dans sa place naturelle, lorsqu'on réduit une hernie. || Bruit qui se produit dans une caverne du poumon et que le médecin perçoit à l'aide de l'auscultation. ||2" Bruit que fait l'eau en tombant d'une gargouille.
— HiST. XVI' s. ReduiuQt une hargne, s! on oit dt'S vents, comme un gargouillement, on la juge intestinale, paré, Introd. 83.
— ÊTYM. Gargouiller.
GARGOUILLER (gar gou-llé. «mouillée», et non par-gou-yé), v. n. || 1»II se dit du bruit qui se produit ilansles intestins. Le ventre lui gargouille. || 2* Fnire
10 bruit d'une eau tombant d'une gargouille. || 3* Barboter dans l'€<au, en parlant des enfants. Ces pe'.its garçons ne font que gargouiller. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 4" V. a. Terme de marbrier. Faire une opération, dite aussi épriser, par laquelle un corps rond, tel qu'une colonne, est frotié dans un morceau de marbre creusé, afin de le dresser et de l'unir au moyen du grJfS et de l'eau.
— HIST. XV* s. Il s'en va; comment il guargouille? Mais que dyable est-ce qu'il barbouille? Pale^'n.
11 XVI' s. S'il y a de la boue, ou autre humeur contenue au thorax, on oit un son comme d'une 1k)uteilleà domi pleine qui gargouille, paré, Introd. 23. Lorsqu'on les réduit au dedans [les intestins], ils font un bruit gargouillant avec douleur, ID. ib. vi, 14. Là gargouillent les eaux de cent mille fontaines, RONS. 164.
— ÉTYM.(7ar90U!V/(>,Maine,5or90uii/er, gazouiller. tGARGOUILLETTE (gar-gou-llè-f, Il mouillées),
ou GARGOULETTE (gar-gou-lè-f) , s. f. Sorte de vase. Un porteur d'eau, un porteur de gargoulette pour le rafraîchir; un porteur de pipe ; un porteur d'ombrelle pour le couvrir du soleil le jour, bern. DE ST-PiEBRE. Chaum. indienne.
— ÉTYM. Diminutif de gargouille.
■ GARGOUILLIS (gar-gou-llî, Il mouillées, et non gar-gou-yl), ». m. Terme familier. Bruit que fait l'eau en tombant d'une gargouille.
— ËTYM. Gargouiller.
GARGOUSSE (gar-gou-s'), ». f. Terme d'artillerie. Charge de poudre dans son enveloppe.
— ETYM. Corruption de cartouche (voy. cartouche) .
t GARGOUSSIER (gar-gou-sié), ». m. || 1° Terme de marine. Espèce d'étui de cuir ou de bois, servant à porter les gargoiuses des soutes à poudre dans les batteries. |{ 2° Celui qui porte les gargousses.
t GARGOUSSIÈRE (gar-gou-siè-r') , ». f. Synonyme de gargoussier. Étui à gargousses.
f GARGUILLE (gar-gbi-U', H mouillées) , t. m. Nom propre dont on s'est servi dans ces locutions : Prendre Gautier pour Garguille, se méprendre. Souvent elle se méprenait, Sitôt qu'elle l'entretenait, Et prenait Gautier pour Garguille, scarron, Virg. IV. Il N'épargner ni Gautier ni Garguille, n'épargner personne. Au reste , n'épargnez ni Gautier ni Garguille, RÉGNIER, Sat. XIII.
— ÊTYM. Les Anecdotes dramatiques {m6, t. m, p. 203) disent que Gautier Garguille était le nom de théâtre qu'avait adopté Hugues Guérin, dit Fléchelles, célèbre farceur qui débuta dans la troupe du Marais vers i S98. On voit que le langage populaire s'amusa à dédoubler le nom de ce personnage pour en opposer les deux parties.
t GARIES (ga-ri-é), ». m. Un des noms vulgaires du chêne sessilifiore appelé aussi chêne rouvre, et, absolument, chêne, leooarant.
— É.TYM. Voy. OARIGUE.
GARIGUE (ga-ri-gb'), ». f. Lande, tem nculte.
— HIST. XVI' s. Nos gens qui s'estoient retirez parmi les arbustes et garipues, m. do bellay. 395.
— ÊTYM. Provenç. gariga, gxiarriga, chênaie, lieu planté de chênes; catal. garriga; du provenç. garric , guarric; catal. garrig, chêne; auquel sans doute se rattache gariès , un des noms du chêne rouvre.
j GARIN (ga-rin) , ». m. Nom vulgaire de la plicalule, coquille bivalve.
t GARIOT (ga-ri-o), ». m. Un des noms wilgaires de la benoîte, geum urbanum, L.
t GARITË iga-ri-t'), ». (. Terme de marine. Pelitbfttis en pièces de bois plates et circulaires autour de la hune, et dans lesquelles on passe les cadenas des haubans.
— ÊTYM. Autre forme de guérite.
t GARLAMDAGE (gar-lan-da-j') , ».m. Terme de marine. Rebord de la hune.
— ËTYM. Ane. franc, garlanie, couronnement;
GAR
le mime que guirlande (voy. ce mot) ; comparez aussi galandage.
fGARLANDAS (gar-lan-d«) , ». f. pi. Terme do méUillurgie. Pièce» de côté du coursier.
GAR.NEMKIVT(gar-ne-man. Méii:ige recommande de ne pas prononcer garnimenl, prononciation qui est la prononciation ancienne et qui était encore en usage chez quelques personnes), ». m. Mauvais sujet, libortin, vaurien. Mais hélas I toute mon oITen^e Est d'avm^ avec violence Aime ce mauvais garnement, scarron, Virg. iv. Le peuple des sourit
croit que c'est châtiment Enfin qu'on a pendu le
mauvais garnement, la foNT. h'abl. m, iH. El j'ai prédit cent fois à mon fils votre père, Que vous preniez tout l'air d'un méchant garuenient, mol. Tort.
I, 1. On ne savait ce qu'était devenu le chevalier da la Ferté, qui était un étrange garnement, ST siu. H», 67. Que cet objet charmant Soit préservé d'un paj-eil garnement! volt. l'Enf. pr. i, i. M. de Louvois av.iit reçu une lettre de l'interrogant bailli, qui dépeignait l'ingénu comme un garnement <|ui voulait briller les couvents et enlever les filles, ID. Ing''nu, B. Cette femme et Birtonet les garnements da son cortège, id. Jenni, ». Oh, le |>etit garnement I aussi leste que joli, Beaumarchais, Mar. de Figaro,-
— HIST. XI' g. Français i perdent lor meillur* guarnemenz [défenses, défendeurs], Ch. d< /^L cii. il XII' s. Bien le conuit Rol.tnt li niés [neveu] Char- Ion As garnimens qu'il ot et au dragon, Aone. p. 47. Bêle robe et biau garnement Amendent les gens durement, la Rose, -.its:». || xiv s. Il vousrenvoiera, ce dist, l'equipollent. Se vous k lui donnez respit tant seulement, Qu'il puist entrer en Rennes bien et paisiblement. Ou vous gardez de lui et toute vostre gent. Dist li ducs de Lencloistre : par le mien serrement, Ja trieves ne donrai à itel gamiment, Guescl. H 74. [Saint Paul] À tuer saint Estiennegardoit les vestemens; f.ors avoit â nom Saules li mnlvais garnemens, Girart de Ross. v. 68»7.||xv s. Et estoit leur capitaine [aux paysans anglais révoltés] un mauvais garnement qui s'appeloit Lisl:er, FROiss. u, II, *i4. Alors lu es bons garnemens, la Natif, de N. S. J. C. f mi. Chascun me dit : tu es lais garnemens; Gros visage as, tu es noirs et hal-
lez, E. DKSC. Poésies mss. t" 20». ||xvi' » Dont
plusieurs faulx garnemens, Ignorans tels ferremcns.
Furent renversez parterre, j. mahùt,v, 29» pou»-
dcpescher le piys de ce méchant garnement de ibnard, desper. Contes, xxxi.
— f.TYH, Provenç. garnimen ; c&t&l. guamiment; anc. esprign. ffttamimienJo.ital.ffommenJo. On suit sans peine la transformation des sens ; d'abord ce qui garnit, ornement, armure, vêtement; puis ce qui défend, défenseur; delà, appliqué à une porsonne, bon garnement, mauvais garnement, et enfin, le mot se spécialisant tout à fait et perdant son sens favorable, mauvais sujet.
1. GARXI,IE (gar-ni, D\e],p<^t. passé de garnir. Il 1° Muni, pourvu. Une tige garnie d'épines. M. le>luo Mme la duchesse et Mlle de Bourbon avaient trois habits garnis de pierreries différentes pour les trois jours, sEv. 17 janv. )6B0. Il Avoir la bourse bii: nie, le gousset bien garni, avoir beaucoup d a Il Une table bien garnie, une table où ce q». . -. servi est abondant et bon. U est dangereux de trop manger; mais je veux que ma table soit bien garnie, VOLT. Dial. 24. Il Familièrement, il est garni, se disait d'un homme qui, par lâcheté, s'était muni de quelque vêtement propre à le garantir des coups d'épéedans un combat singulier. || Avoir l'estomac garni, avoir bien bu et bien mangé. On dit aussi : avoir la panse bien garnie. || 2' Meublé pour être loué. Chambre garnie. Maison garnie. App.\rtemenl garni à louer. Et ma chambre garnie auprès de Saint- Eustache, Régnier, Sat. x. C'est un logis garni que j'ai pris tout à l'heure, mol. VÉt. v, «. || HAtelg.orni, établissement ouvert aux voyageurs, aux étrangers, où l'on trouve des chambres garnies à louer. On dit aussi: maison garnie. jjS. m. Un garni, maison meublée où l'on donne à loger à des ouvriers. Il tient un garni. Il Loger en garni, loger dans une chambra garnie, dans un appartement garni. US* Terme de jurisprudence. Plaider main garnie, ou la main garnie, ouïes mains garnies, jouir, pendant le procès, de ce qui est en contestation. Elle (la bourse] est entre les mains de monsieur, vous lui devez <le l'argent; il a des comptes à faire avec vous; il comptera les mains garnies, nAUCOUBT, les Àgiot.
III, se. dem. ||4' La cour suffisamment garnie de pairs, la cour ayant un nombre suffi-iant de pairs pour délibérer. La cour de parlement, garnie de pairs, vient de faire brûler par ion bourni».u, au
GAR
GAR
GAR
pied de son grand escalier, cet eicellent ouvrage des inconvénients des droits féodaux; les princes du sang ont donné leurs Toix pour le proscrire, voi.t. l.ell. Christine, 6 mars (778. || 5° Terme de cuisine Côtelette parnie, cfitelotte avec des garnitures. Choucroute garnie, choucroute accompagnée de tranches dejambon et de saucisson.il 6* Terme de blason. Epée garnie, epée dont la garde est d'un autre émail que la lame.
f 2. GARNI (gar-ni), s. m. Terme de construction. Garni ou remplissage, nom donné à des morceaux de pierre qu'on place dans les intervalles des pierres de taille.
— ÉTYM. Garni i .
GARNIR (garnir),!'. A. || 1" Pourvoir un objet dec« qui e.st nécessaire pour le mettre en étal de remplir sa destination. Garnir une boutique. Garnir un buffet de vaisselle, une bibliothèque de livres. Garnir un étui, un nécessaire. Garnissant..sa quenouille immense, Clolho lui dit : oui, travaillons, bSrang. les Parques. Il Populairement. Se garnir le ventre, la panse, bien manger. || Terme de boulangerie. Garnir le four, cSettre à sécher dans le four, immédiatement apiôs une fournée, le bois qui doit servir à la fournée suivante. || 2° Munir de ce qui est nécessaire pour la défense. Garnir une place de guerre. Garnissez l'Aventin, les portes de Pouzzole, volt. Catil. iv, 2. Il 3 Entourer d'une chose comme ornement ou accessoire, etc. Garnir un chapeau de rubans, un col de dentelles. Garnir un lit. Garnir de persil une pièce de breuf. Garnir une chambre de tableaux. Il Garnir une robe, y mettre une garniture. Mon cœur, aimez-vous la couleur de ma robe? — Je la trouve un peu fade, d'ailleurs elle est médiocrement bien garnie, g-enlis, Thedt. d'éduc. les Dangers du monde, ii, i. || Garnir des fauteuils, un canapé, les rembourrer de crin, de laine. || Garnir une épée, y mettre une garde. || Garnir un ragoût, un mets, y mettre des champignons, etc. Garnir une salade, y mettre de petites herbes hachées. Il Garnir un drap, une étoffe de laine, les lainer, y faire venir le poil par le moyen du chardon. || 4° Il se dit des choses mêmes avec lesiuelles on garnit. r.ps mfubles qui garnissent un appartement. De belles dents garnissaient sa bouche. ||S° Remplir, occuper un espace. Des femmes élégamment parées garnissent les loges. La troupe garnit les retranchements. Il 6° Renforcer. Garnir des volets de tôle. Il Garnir une tapisserie, y mettre d'espace en espace des bandes de toile pour la conserver. || Garnir desbas, y mettre des morceaux de bas ou passer des fils à l'envers près les uns des autres dans la longueur dos mailles pour faire comme %ne doublure, surtout aux talons et au bout des pieds. Garnir à l'aiguille, c'est-à-dire garnir avec des fils. || 7° Se garnir, v. rifl. Se munir. Il a soin de se garnir. Se garnir contre le froid, se vêtir de manière à être préservé du froid. || Se garnir, se dit d'une femme qui s'enloure de linge, lorsqu'elle est en couches, ou lorsqu'elle a ses règles. j| Se garnir d'argent, en prendre sur soi. || 8° Être garni. Cette robe se garnit avec de la dentelle. || 9° Devenir plein. La salle se garait lentement. Cette campagne commence à se garnir de beaux arbres.
— HIST. XI* s. De Saragoce Charles guarnist les tors [tours], Ch. de Uni. cclxix. ||xii's. Et France la garnie, Tîonc. p. io. Tuit garni de lor armes si com pour hostoier [faire la guerre], Sax. vi. Vous irez à Cologne la fort cité garnie, ih. vu. E pur ço vus devez de conseil si gu:irnir, 7'h.k martM. ||xm"s. Et ceste ville si est moult riche et moult bonne, et de tous biens garnie, viLi.rn. xux.Et li consaus [conseil] fu teus [tel] qu'il issit fors à tout son ost pour reconquerre sa terre, et laissas! Constantinoble garnie, car novelement estoit conquise, id. cxin. Il n'iot si coait qui maintenant ne fust garnis de hardcmcnt, H. DE VALENC. IV. En mi la chambre aveil dcus liz, Ben aturnez e ben garniz. Lai del désiré. Et porce se doit cascuns porveir comment il vient garnis de conseil à son plet, beaom. v, 20. Je m'estoie garni [approvisionné] de gelinesetde chapons. loiNv. 278. Sire, il me semble que il ert [sera] bon que vous retenez les formons et les orges et les ris, et tout de ce quoy en peut vivre, pour la ville garnir, ii>. 218. Il xiv s. Car un usage ont borjoisetos jours: Jà n'ameront, tant soit de grant valeur. Home, s'il n'ait la bnrse bien garnie, llist. lillér. iê la France, t. xxni, p. 630. Il XV' s. Si ne purent gagner le pont, car il tstoit bien garni et fut bien défendu, pkoiss. 1. I, 276. Trop estoient les Bretons courroucés de ce que ils [les Anglois] partoient si pleins et si garnis, ID. n, n, 215. Homme garni n'est jamais deceu, Percefor. t. iv, 1° 77. Si vueil qu'à force et
main garnie, Tantost les allez attraper, Itei . de farces, p. 377. jjxvi* s. Ses vaisseaux estoient l«gers et bien garniz de forçaires, amyot, Anton, si. Dedans lequel portique y avoit un conclave garpy de sièges tout alentour, id. Brut. Ih. Ledit procureur ilu roy au baillage de Senlis, garny [assisté] de l'advocat dudit seigneur, Cousl. gén. t. i, p. 336. Garnir la main de justice, c'est quand un débiteur, !ors(|ue les commandements lui sont faits de payer parunsergent, fournit lasommequ'il doit, ou baille 'les meubles exploitables, ou qu'il paye provision après la schedule reconnue, laurièbe, Gloss. du droit franc.
— ÉTYM. Bourguig. gani ; provenç. garnir, gunrnir; anc. espagn. guamir ; ital. guarnire,guernire; lu germanique : anc. haut-allem. warnôn; anglosax. rarnian, avoir soin; allem. mod. icarnen, avertir. C'est le même radical war que dans garer et garder (voy. ces mots).
GARNI.SAIRE fgar-ni-zê-r'), s. m. || l'Terme d'ancienne jurisprudence. Gardien qu'on établissait dans la maison d'un débiteur saisi. || 2* Aujourd'hui, celui qu'on établit chez les contribuables en retard, pour les obliger à payer. Ceux [le parti royaliste sous laRestauration] qui haïssent tant le travail du ilimancheveulent des traitements, envoient desgarnisaires, augmentent le budget, p. l. cour. Pétition pour les vill. qu'on empêche de danser. I| Il s'est dit riussi de soldats établis au domicile des parents dont le fils n'avait pas répondu à l'appel de la conscription.
— ETYM. Formé dégarnir, sur le modèle de garnison. Le suffixe aire, ayant un sens passif (par exemple donataire], gamisaire signifie celui qui fst mis en garnison.
GARNISON (gar-ni-zon), s. m. || l' Troupes qu'on met dans une place pour la défendre ou y séjourner quelque temps. La garnison de Paris. Il est en garnison à Lille. Mettre garnison dans une ville. Tenir garnison dans une forteresse. Le roi fit la garnison prisonnière de guerre, et entra dans Valenîiennes, étonné d'en être le maître, volt. S. de Louis XIV, i:i. Stralsund avait une garnison de près de neuf mille hommes, et de plus le roi de Suède lui-même, ID. Charles XII, s. || Fig. Qu'il n'entre point: avec ce lucifer, En garnison nous aurions tout l'enfer, GRBSSET, Yerl^vert, ch. iv. Mais de mon gîte on s'empare, on le pille ; Tous les amours y mettent garnison, BÉRANG. ifétenipst/c. Il Ville de garnison, ville où l'on met ordinairement des troupes en garnison. I 2° Lieu de séjour pour les troupes. Vie de garnison. Et si l'erreur s'épand jusqu'en nos garnisons.... CORN. Sertor. iv, 3. Condamné à passer sa jeunesse dans des garnisons, J. J. aouss. Ém. iv. Cette demoiselle si bien faite est une jeune personne que j'ai vue cet automne à ma garnison, picard. Alcade de Uolor. m, 6. || Familièrement. Mariage de garnison, mariage mal assorti. || Amours, conquêtes de garnison , femmes d'un ton peu relevé ou d'une conquête facile. Je conçois du reste que vos conquêtes de garnison vous aient peu disposé à apprécier ce qu'il peut y avoir de noble, de passionné, de sublime dans l'âme de quelques femmes d'élite, GH. DE BERNARD, la Femme de 40 ans, § m. || 3" Un homme ou plusieurs hommes qui gardent les meubles d'une personne lorsqu'ils sont saisis, ou qui sont établis chez un débiteur du fisc, pour l'obliger à payerjll yagarnison chez lui. On a levé la garnison. Ce qui m'afflige, c'est que j'étais chez lui quand ses associés y sont venus mettre garnison, lesage, Turcaret, v, U. 114° Fig. et populairement. Il y a de la garnison, se dit de la tête d'un enfant qui a des poux. Il B" Terme d'orfèvre. Ouvrage doré par garnison, ouvrage où quelques parties sont dorées et le reste blanc.
— HIST. xiir s. Et li empereres meismes i alla assés folement; car il n'avoit de garnison [armure] pour son corps à cel point que un seul gasygau [gambison], h. de valenc. iv. De cix qui sont mis es garni.sons, es viles ou es castiax por les garder, BKAUM. 57. Nus [nul] ne nous osoit venir de Damiete pour aporter garnison [provisions] contremont l'yaue, aoiNv. 236. || xiv's. i Cornélius futcommandé qu'il demourast à Rome en garnison, afin que aucune partie des ennemis ne venist pour piller, BERCHEUHE, f° 68, rccto. ||xv" 3. Et pmportoienl et faisoient emporter les seigneurs la garnison pour armer douze cens hommes d'armes de pied en cap, FRoiss. 11,11, 22'i. Les garnisons des frontières estoient pourvues et garnies de gens d'armes, m. i,i, 113. Il fit très grosse et très grande garnison de bonnes verges qu'il apporta secrètement en sa maison, Loi:is XI, Nouv. xxxviii. || xvi' s. J'appelle garnisons les gendarmes qui sont disposez par les villes
limitrophes pour la conservation de tout le pays, ciiLv. Inttit. 1201. Plusieurs tiennent que nous ne pouvons abandonner cette garnison du monde [nous tuer] sans.... mont, ii, 20.
— rîTYM. Garnir; provenç. garniso, guamiso ; anc. catal garnison; espagn. guarnieion; itiil. guarniiione, guamigione.
t GARNISSAGE (gar-ni-sa-j') , t. m. Action de garnir, résultat de cette action. || Terme de céramique. Opération par laquelle on prépare et applique les ornements et pièces de garniture.
— ETYM. Garnir.
t GARNISSEUR, EUSE (gar-ni-seur, seû-z'),*. m. et f. Ouvrier, ouvrière employée pour garnir. Gamisseuse de chapeaux. |1 S. f. Garnisseuse, machine i garnir les étoffes de laine.
— HIST. xiii* s. Nus garniseres ne puet ne ne doit mètre heut [poignée] à coutel, se li heut n'est touz d'une pièce, Liv. des met. 168.
— Etym. Garnir; provenç. gamidor.
GARNITURE (gar-ni-tu-r') , s. f. || !• Ce qui est
mis à une chose pour la garnir ou l'orner. || Terme de tapisserie. Meubles d'une chambre, et plus spécialement l'inlérieur et l'entourage d'un lit. Cependant je m'en vais tâcher De décrire ce lit avec sa garniture, abbé Régnier , dans bichelet. || Garniture de cheminée, objets enjolivés, pendule, flambeaux , porcelaines, etc. qui parent le dessus d'une cheminée. || Garniture de foyer, pelle, pincettes, chenets, barre. || Garniture de baudrier, les boucles, les bouts et le coulant. || Garniture de poulies, certain nombre de poulies montées sur chape. Il 2° Il se di;a.t autrefois des rubans que l'on mettait en certains endroits des habits ou à la coiffure pour les orner. Une belle garniture de rubans d'or. Une garniture verte, bleue, jaune. Elle a pour toute chevelure De serpents une garniture, SCARBON, Virg. vii.|| 3° Ornement en passementerie, lacet, soutache, ruban, fleurs, ou étoffe qui se pose sur un vêtement quelconque de femme ou objet de lingerie, pour l'embellir et le rendre plus habillé || 4° Terme d'architecture. Garniture de comble, lattes, tuiles, etc. employées à garnir un comble. || 5° Linges dont on s'entoure le corps pour certaines nécessités. || Nota qu'autrefois le* femmes de Paris donnaient à leur cornette, il 6° Terme de cuisine. Accessoires qui servent à l'assaisonnement ou à l'ornement. || Garniture (inanciùre, mélange de crêtes et de rognons de coq, de foies de volailles, de tranches de truffes, etc. Il 7° Ce qui se met à une chose pour la renforcer. Vous avez mis à ces bas Une garniture trop épaisse. i) 8" Assortiment complet de quelque chose que ce soit. Garniture de diamants, de boutons. ll 9° Terme d'imprimerie. Nom donné aux divers morceaux de bois ou de métal avec lesquels on serre les formes dans leurs châssis. || 10° Nom des petits artifices étoiles , serpenteaux , etc. joints à une pièce plus forte. Garniture de fusée volante. || 11" Parties de treillage qui remplissent les vides entre les bâtis. Il 12° Terme de marine. Atelier où se confectionnent les agrès. || Tout ce qu'il faut de poulies, cordages, etc. pour qu'un mât, une vergue, etc. soient en état de servir. || 13° Terme de maréchalerie. Partie du fer du cheval qui déborde plus ou moins la muraille.
— IIIST. xiii° s. Nus seliers ne puet nietre viez cuir en garneture avec noeve ouvre, Liv. des met. 208. Il XVI' s. Une garniture de lit de camp, DM. des ch. 6' série, t. 1, p. 498.
— ÉTYM. Garnir; provenç. gamidura ; ital. guarnilura.
t GARO (ga-ro), s. m. Synonyme de bois d'aigle ou d'alocs.
f GAROCHOIR (ga-ro-choir), s. m. Ancien terme de marine. Cordage, dit aussi main torse, tourné pour le commettre dans le même sens qu'avait été tourné le fil de caret qui devait le composer.
4. GAROO (ga-rou), s. m. Voy. loup-gabou. Il Courir le garou, s'est dit autrefois par raillerie d'un jeune homme qu'on accusait d'être allé en quelque lieu de débauche, riciielet.
2. GAROC (ga-rou), ï. m. Arbrisseau toujours vert {daphne gnidium, L.) , dit aussi sainbois et malherbe (famille des thymélées ou daphnoïdécs, voisine des laurinées). || Garou des bois, bois gentil (daphne mesereum. L.). || Garou ou garoutte, le daphiie Ihymclca, L., avec l'écorce duquel on fait de» vésicatoires.
— ETYM. Origine inconnue.
t 3. GAROU (ga-rou), s. m. Un des noms vulgaires du smaris, poisson.
GARODAGE (ga-rou-a-j'), s. m. Aller en garouage,
GAR
GAS
GAS
«tre en garouage, aller en parties de plaisir dans dos lieux suspecU. Que JupitT était en garonage; De quoi Junon était en grande rage, la font, dans lE iioi!X, Diel. comique. || Un paysan des environs de l'aris dit que dos frelons, des guêpes sont en garouage quand ces insectes vont errer dans la campagne.
HIST. XVI* g ce mary do louage. Ce coureur
de garouage,. Ce trotteur de guilledou, perrin, Poésies, p. 2(4, dans lacurnr.
— f.TY.M. Carou I.
t GAROUBE ou GAHOUSSB (ga-rou-b' ou garou-s'),î. f. Undesnomsvulgairesde la gessç cultivée.
— firVM. Le même que jarrosse (voy. ce mot.) \ GAKOUKTTK (ga-rou-fc-f), t. f. Un des noms
du garou.
— f;TYM. Diminutif de garou 2.
t GAROriL (ga-roull, /(mouillées), t. m. Nom du maïs dans l'Angoumois.
t GAROUILI.E (ga-rou-ir, Il mouillées), s. f. Nom du chêne kermès dans le département de l'Aude; il sert à la teinture. La garouille faisant une couleur entre fauve et gris, qui donne un bel œil aux laines de mélange, Instr. gén. pour la teinture des laines, is mars 167), art. 27. La garouillc qui vient dans la Provence, Languedoc et Roussillon, ib. art. 316.
— ÉTYM. On peut rapprocher 5 oroufiie de gariès (voy. ce mot), et deparig(voy. gabigue àl'étymologic.)
t GAROUSSE (g.a-rou-s'), s. f. voy. garouhe.
1 GAIiOUTTE (ga-rou-t), s. m. voy. gabou 2.
•f CARRIÈRE (ga-riè-r'), s. f. Terme de chasse. Petite rigole où l'on cache le ressort avec lequel on fait mouvoir le filet à prendre des oiseaux.
t. GARROT (ga-ro; le t ne se lie pas dans le langage ordinaire; au pluriel, l'sse lie : les ga-ro-z apprêtés pour le supplice), s. m. || 1° Trait d'arbalète. ■ Et suis comme la biche à qui l'on a percé Le flanc mortellement d'un garrot traversé! Régnier, flioi. Il 2° Morceau de bois court que l'on passe dans une corde pour la serrer en tordant. Le supplice du garrot. Il 3° Instrument de chirurgie pour comprimer l'artère principale d'un membre, en cas d'opération ou d'hémorrhagie.
— HIST. XIV' s. Li garrot empenné d'airain, G. ouiart, dans du casoe, garrotus. || xv s. Icellui Hérisson prist un garrot ou gros baston, nu cange , garrotus. \\ xvi* s. Mais pleust à Dieu (dit l'autre) qu'Astarot L'apportast saine, aussi-tost qu'un garrot, MAiiOT, II, 29. Ilstiroient harquebuzadeS et garrots d'arbalestre sur notre bagaige, cahloix, iv, 31.
— ÊTYM. Espagn. garrote. Origine inconnue. Il est très-probabln (|ue le garrot, dard, et le garrot, bâton, sont le même mot. Maintenant, dans garrot, bâton, pourrait-on voir un radical garr qui serait dans le provençal garrig, chêne (voy. garigue) ?
2. GARROT (ga-ro ; le I ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, Vs se lie : des ga-ro-z élevés), s. m. || 1 " Partie du corps de certains quadrupèdes, particulièrement du cheval, du mulet, du bœuf, etc. qui, du sommet des épaules, s'étend jusqu'à l'extrémité du cou et de l'encolure. Ce cheval a le garrot mince et bien relevé. || Cheval blessé sur le garrot, cheval qui a une plaie en cette région. Il Fig. Cet homme est bleiisé sur le garrot, son crédit, sa réputation a reçu quelque atteinte. Il 2° Garrot de l'aiçon, espèce d'arcade qui est élevée de quelques doigts au-dessus du garrot d'un cheval.
— ÉTY.M. Origine inconnue. Scheler est disposée y voir un radical jar, le même que dansjorre» ou garret (voy. jabbet.)
1 3. GARROT (ga-ro), s. m. Un des noms vulgaires du canard clangule (palmipèdes), dit aussi canard garrot et f!aH(;i(/e, leooarant.
t GARUOTIAGE (ga-ro-ta-j'), s. m. Action de .;;arrotler; état de ce qui est garrotté.
— HIST. XVI" s L'engageure d'une obligation,
elle se paye à l'adventure quelques fois, mais elle ne se dissoult jamais; cruel garottage à qui aime aiTranchir les coudées de sa liberté en tous sens !
— ftTYM. Garrotter.
t GARROTTE (ga-ro-f), s. f. Strangulation par le garrot, sorte de supplice usité en Espagne et en Portugal.
— ÊTYM. Kspagn. garrote, garrot « .
4. GARROITÈ, lîÉ (ga-ro-té, tée), part, passé de garrotter. Lié comme avec un garrot. Je n'ai pas fait difficulté de mettre lié et garrotté dans ma traduction de Ouinte-Curce, et messieurs de l'Académie ont trouvé ce mot bon, et ne l'ont noté ni de vieux ni de bas, VAUOELAS, JVoi<r. rem. p. S77, dans pougbn». Le
tout est diligemment encai.ssé, lié et garrotté de bonnes cordes , poussin, Ij-tt. 20fév. (644. Le livre fut présenté, lié et garrotté de petites chaînes de fer au cardinal doyen, celui-ci le donna au grand inquisiteur qui le rendit au greffier; le greffier le donna au prévôt, le prévôt à un huissier, l'huissier à un archer, l'archer au bourreau, volt. Ilist. parlent. 64. Les nourrices à qui l'enfant bien garrotté donne moins de peine, J. j. BOtiss. Ém. i. || Kig. Les étals généraux, c'est ainsi que s'appelait alors cette convention nationale encore garrottée dans les langes de la liberté, mihabead, Collection, t. m, p. 370.
t ï. GARROTTÉ, ÊE (ga-ro-té, tée), adj. Terme de vétérinaire. Cheval garrotté, cheval blessé au garrot.
— F.TYM. Carrol 2.
GARROTTER (ga-ro-té), t). a. Attacher comme avec un garrot, c'est-à-dire fortement. Je crois que nous avons emprunté ce mot des Espagnols, qui disent porrotar au même sens que nous; il y a même quelque apparence que les muletiers qui vont et reviennent d'Espagne à cause du commerce, nous en ont apporté ces termes; car ils appellent garrot ce que les Espagnols nomment garrote, qui signifie un bâton ou une bille à garrotter ou biller, c'est-àdire serrer la charge d'un mulet, d'où ensuite on a pris occasion de dire garrotter, vaugel. Nouv. rem. observ. de M"", p. 278, dans pougens. Quand tout fut garrotté, les vainqueurs partagèrent Le butin qu'en trois lots les émirs arrangèrent, volt. Êduc. d'un prince. \\ Fig. Trop de préjugés garrottent encore les mortels, trop de passions les égarent, mirabeau, Collection., t. iv, p 29. || Fig. et familièrement. Garrotter quelqu'un, prendre dans un acte toutes les procautions possibles pour qu'il ne manque pas aux engagements contractés.
— REM. La plupart des verbes provenant d'un radical en o( ne prennent qu'un (, excepté garrotter, gigolter, grelotter, trotter, etc. exceptions que rien ne justifie.
— niST. XVI' s. Ainsi disoit le chant de la serene. Pour arrester Ulysse sur l'arène. Oui, garrotté au màt, ne voulut pas Se laisser prendre à si friands appas, rons. Amours, liv. i;. Que nous sommes le seul animal abandonné nud sur la terre nue, lié,
garrotté mont, i, (6t. On le [l'esprit] bride et le
garotte de religions, loix, coustumes, sciences, préceptes, menaces, promesses mortelles et immortelles, CHARRON, Sagesse, i, <b.
— ÊTYM. Garrot i. ' ■j-GARRCLITÉ (ga-rru-li-té),* .f. Envie constante
de bavarder.
— HIST. XVI' s. Une telle garrulité est pour se jouer avec Dieu comme avec un petit enfant, calv. Inst. 708.
— ÉTYM. Lat. garrulitatem, bavardage, d'un radical qui cGt dans le grec Yapûeiv, parler.
GARS (gar, ou, ce qui est la prononciation la plus usuelle, gà), s. m. || 1" Terme familier. Garçon. Voilà un beau gars! Barbe rase, ou les crins épars, Comme on voit quelque jeune gars. Durant la pénible journée Qu'il se charge d'un hyménée, scar- RON, Virg. vu. Dans ce hameau je vois de toutes parts De beaux atours mainte fillette ornée; Je gagerais que quelque jeune gars Avec Catin unit sa destinée, deshoul. Ballade. \\i' Nom par lequel les insurgés de la Vendée se désignaient eux-mêmes. Le cri des Vendéens était : X moi , les gars !
— ÉTYM. C'est l'ancien nominatif du mot dont garçon était le régime (voy. garçon); picard, ja, luron ; Berry, gas, gasin, gasou.
t GARUM (ga-rom'), j. m. Terme d'antiquité. Sorte de saumure que faisaient les Romains en recueillant les liquides qui s'écoulaient de petits poissons salés et qu'ils aromatisaient fortement.
— ÊTYM. Lat. garuin; grec, yipov, de gants, petit poisson qu'on salait et que quelques auteurs croient être l'anchois.
GARUS (ga-rus'), s. m. Êlixir employé dans certaines affections de l'estomac. On dit aussi élixir de Garus.
— ÊTYM. Garus, nom de l'inventeur.
iGARZETTE (gar-zè-f), s. f. Nom vulgaire et spécifique de Tardée garzette (gralles), appelée aussi aigrette.
— ÊTYM. Espagn. garseta, héron.
t GARZOTTE (gar-zo-f), s. f. Un des noms vulgaires de la sarcelle.
GASCON ,ONNE(ga-slton,sko-n'),x. m. et /'•Il l'Habitant do la Gascogne. De tous les Gascons que j'ai jamais vus, vous me paraissez le plus drôle et le plus divertissant, je vous asiiure, dancourt, Cur.
Compiigne, se. 4. || Adjectivement. Certain renard gascon, d'autres disent normand , LA font. Fabl. III, ) ( . Il J" Fig. et familièrement. Fanfaron, b&bleur. il En gascon, Siins se compromettre. L'homme eut peur; mais comment esquiver et que faireî .Se tirer en gascon d'une semblable aftaire Eit le mieux ; il sut donc dissimuler sa peur, i.a font. /•■afc(. VIII, <o. Il Adjectivement. Tout a 1 humeur gasconne en un auteur gascon, boil. .4r<p. m. Scissac était fort riche, fort gascon , gros joueur et beaucoup du grand monde, saint-simun , &&, 168. Il faut une ime vigoureuse venue au monde précisément dans le temps où la raison commence i éclairer les hommes et à les placer entre l'inutile fatras de Grotius, et les saillies gasconnes de Montesquieu, VOLT. Lett. Sertan, «3 janv. «768. ||3' S. m. Patois propre aux habitants de la Gascogne, qui est un dialecte de la langue d'oc. || Adjectivement. M. Ménage dit de même que cette façon de parler est gasconne et non pas française; mais , comme il y a grand nombre de Gascons à la cour, elle est si usitée qu'il n'ose la condamner, vàugel. item, notes. Th. Corn. t. ii, p. 49», dans pougens. || Proverbe. Garde d'un Gascon ou Normand, l'un bàble trop, et l'autre ment.
— SYN. gascon, normand. Ces deux mots sont pris habituellement dans le sens de menteur, mais avec les différences propres aux provinces qu'ils rappellent. Le Normand, comme coutumier des procès, ment par ce qu'il dissimule la vérité; le Gascon ment comme vantard et fanfaron. Le Louvre tout entier tiendrait dans une des cours du ch&teau de mon père ; c'est un Gascon qui parle ainsi et non pas un Normand.
— HIST. XII' s. Biax fix, dist-ele, por la virgene pucele, Que cuidiés faire de tel gent gasconneleî Raoul de C. 47. || xV s. Et quand il cheoit aucune chose où il vouloit mettre débat ou argument, trop volontiers en parloit à moi, non pas en son gascon, mais en beau et bon françois, pnoiss. n, III, i3. Il XVI' s. Le hazard du Gascon, trouver la messe dite, oudin, Curios. fr.
— ÊTYM Lat. Vasco, nom de l'ancien peuple qui habitait le pied des Pyrénées.
t GASCONISER (ga-sko-ni-zé), r. a. Donner une inflexion, une tournure gasconne à un mot, i une phrase. On dit plus souvent gasconner.
— ÉTYM. Gascon.
GASCONISME (ga-sko-ni-sm') , s. m. Façon de parler vicieuse propre aux Gascons. Sandis pour sang-Dieu, cadédis pour cap de Dieu, sont des gasconismes.
— ÉTYM. Gascon.
GASCONNADE (ga-sko-na-d') , t. f. Langage de Gascon, fanfaronnade, vanterie outrée.Ains; chez les Gascons , je débutai par une gasconnade ; mais elle m'était nécessaire, marmontel, Mém. ii.
— REM. Pourquoi écrire gasconnade et gasconisme, l'un par deux n, l'autre par une seule? Il est mauvais de doubler cette n qui ne sert à rien.
— ÊTYM. Gascon.
GASCONNER (ga-sko-n'). || 1' V. n. Parler avec l'accent gascon, c'est-à-dire accentuer les e muets et faire sonner plusieurs consonnes finales que le français laisse muettes. j| Dire des hâbleries, des gasconnades. || 2° Y. a. 11 s'est dit pour dérober, friponner. Ce Gascon, qui sans litre à sa valeur s'attache. Dont un coup de canon a grillé la moustache. Et qui prit seulement qualité d'écuyer Au contrat d'achat fait pir un chauderonnicr De quelques chauderons gasconnes dans l'armée , Verra sa qualité se réduire en fumée, clavbhet , l'Eieuyer ou les faux nobles mis au billon...., m, 4 (Paris, <668).
— ÉTYM. Gascon.
t GASPAROT (ga-spa-ro) , t. m. Esp^ce de hareng, qu'on sale pour l'hiver, mais qui est moins ton que le hareng ordinaire.
GASPILLAGE (ga-spi-lla-j', U mouillées, et non ga-spi-ya-j') , s. m. Action de gaspiller. Le gaspillage est grand dans cette maison. Cette manière dépaver [avec des denrées] n'est pas sans inconvénients; il y a de la perte, du gaspillage.... J. J. bouss. Cou». de Pol. XI. En sorte qu'il seroit re-sté 700 millions en dépenses de luxe, de prodigalité, de gaspillage, BACiiAUMONT, Kém. secrets, i. xxxiv, p. )S.
— ÉTYM. Gaspiller.
GASPILLfi, f,E (pa-spi-llé, liée; U mouilléet), part. passé de gaspiller. Une belle fortune gaspillée.
GASPILLER (ga-spi-llé, // mouillées, et non gaspi-yé), V. o. Il !• Mettre en désordre. Gaspiller des papiers. || l" Dépenser au basant, sans but et .sans goût. Il gaspille tout son bien. || Kig. Gaspiller son
GAS
temps, le perdre sans profit, n a fraspillé sa vie, son talent. Il Se gaspiller, r. re'/l. Être gaipiUé. Grâce à cette négligence, sa fortune se gaspillait.
— SYN. GASPILLER, DISSIPER. Dissiper son bien, c'est le perdre en dépenses excessives. Gaspiller son bien, c'est le perdre en dépenses répétées, faites au basant et sans but.
— ÉTYM. Wallon, easpouî; provenç. guespillar, gisfrillar, tracasser, taquiner; du germanique: anglo-sax. gespiUan; anc. h. allem. gaspildan, coniumer, prodiguer. Gouspilleur dans Ronsard, et le sens du provençal guespillar permettent-ils de conjecturer que gaspiller est le même que houspiller (voT. ce mot) 1
GASPILLEUR , EUSE (ga-spi-Ueur, lleu-z', Il mouillées, et non ga-spi-yeur), s. m. et f. Celui, celle qui gaspille.
— HIST. XVI" s Et comme Le père a déterré le
simple gfintilhomme Par procez embrouillé, les fils en sont vangeurs. Et des biens paternels gouspilleurs et mangeurs, rons. 918. X père amasseur, fils gaspilleur, cotgrave.
— ETYM. Caspiller.
•f GASSENDISME (ga-ssln-di-sm") , ». m. La philosophie atomistique , qui , fondée par Leucippe, suivie et agrandie par Démocrite, puis par Rpicure et Lucrèce, a été repriseetperfectionnée par Gassendi.
— ÉTYM. Gossfndi'.philosophe français, né le 22 janvier 1.^92, célèbre en outre par ses objections contre Descartes.
t GASSENDISTE (ga-ssin-di-sf), ad;. Oui appartient au gassendisme. Le système gassendiste. Il S. m. Partisan du gassendisme.
GASTER (ga-stèr), ». m. Le ventre, l'estomac. Je devais par la royauté Avoir commencé mon ouvrage; A le voir d'un certain côté Messer Gaster en est l'Image, la font. Fabl. m, 2.
— HIST. XVI' s. La sentence du satyrique est Traye, qui dit messere Gaster estre de tous ars le mestre, hab. Pant. iv, 57.
— ETYM. Lat. gaster, de yaa-riip, estomac; sanscr. jathara, ventre, de jas, avaler.
t GASTÉKOPODES (ga-sté-ro-po-d'), s. m. pi. Terme de zoologie. Ordre de la classe des mollusques, comprenant ceux de ces animaux chez lesquels un épaississement plus ou moins grand du disque ventral forme une sorte de pied occupant toute la face inférieure de l'abdomen, à l'aide duquel ils glissent en rampant sur le terrain, par exemple, les limaces, les escargots.
— ETYM. rauTrjp ventre, et tioïç, tcoSôç, pied.
j GASTÊROPTERYGIEN, lENNE (ga-sté-io-ptéri-jiin, jiè-n'), adj. Terme de zoologie. Poissons gastéroptérygiens , poissons dont les nageoires ventrales sont situées derrière les pectorales.
— ETYM. rao-rrui, ventre, et UTÉpui, aile.
■f GASTÉROSTÉES (ga-sté-ro-slée),». m. pi. Genre de poissons, auc|uel appartient l'épinoche.
— ÉTYM. FaTTi^ip, ventre, et iitéoy, os.
I GASTÉROZOAIRE (ga-sté-ro-zo-ê-r' ) , ». m. Terme de zoologie. Animal dont le système digestif est prédominant.
— ÉTYM. TaorVip, ventre, et Çtoâpiov, petit animal. GASTRALGIE (ga-stral-Jie), ». f- Douleur nerveuse d'estomac, sans fièvre.
— ÉTYM. raircpaXYÎa, de ^aar^p, •(a<rsfOi, estomac, et à^Yoc, douleur.
f GASTRALGIQUE (ga-siral-ji-k') , adj. Terme de médecine. Oui a le caractère de la gastralgie
tGASTRICISME (ga-stri-si-sm'), ». m. || 1° Terme de médecine. Opinion d'après laquelle la plupart des maladies tiennent aux impuretés de l'estomac. Il 2° État saburral de l'estomac.
— ETYM. VOV. GASTRIQUE.
tGASTRIClff! (ga-stri-si-té), ». f. Terme de médecine. État saburral, embarras des premières voies.
— ETYM. Gastrique.
tGASTRICOLE (ga-stri-ko-1'), adj. Terme de zoologie. Oui vit dans l'estomac des animaux.
— ETYM. TsaTi^p, ventre, et le lat. colère, habiter. GASTRIOUE (ga-stri-k'), adj. Terme d'anatomle.
Oui appartient, qui a rapport à l'estomac. || S. m. pi. Terme de zoologie. Classe comprenant les animaux acéphales munis d'un canal alimentaire.
— HIST. XVI' s. La veine et artère viennent de la gastrique, gastrepiploîque, coronaire et splenique, PAKÏ, I, 14.
— ÉTYM. ra<m?ip,Ya(jTpèc, estomac.
GASTRITE (ga-stri-l'), ». f. Inflammation de la
membrane fiiuqiieuse de l'estomac.
— ETYM. raorrp, yaioipo;, estomac, et la finale itp. indiquant inflammation.
f CASTRO.... Mot venant du grec yaortif, -ya-
GAS
<rrp4!, ventre, estomac, et que le langage anatomique emploie en composition (voy. gaster, à l'élymologie).
t GASTRO-ADYNAMIQUE (ga-stro-a-di-na-mi-k') , adj. Terme de médecine. Qui a rapport à l'estomac et à l'adynamie.
— ÉTYM. Castro.... , et adynamique.
t GASTRO-RRONCHITE ( ga-stro-bron-chi-t') , ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac et des bronches. || Nom donné à la maladie des chiens observée dans le jeune âge.
— ETYM. Castro.... , et bronchite.
t GASTROBROSIE (ga-stro-bro-zie), ». f. Terme de médecine. Perforation de l'estomac.
— ÉTYM. Castro...., et Ppiw, ronger.
GASTROCÈLE (ga-stro-sè-1'), ». f. Terme de chirurgie. Hernie formée par l'estomac à travers la partie supérieure de la ligne blanche.
— ETYM. Castro...., et xtiXii), tumeur.
t GASTROCSÉMIEN (ga-stro-kné-miin) , adj. m. Terme d'anatomle. Les muscles gastrocnémiens, et, substantivement, les gastrocnémiens, nom donné aux muscles jumeaux de la jambe, ou muscles du mollet.
— ÉTYM. Castro...., et xvintir), jambe , à cause de la saillie en forme de ventre que font ces muscles.
t GASTRO-COLIQUE (ga-stro-ko-li-k'), ad;. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'estomac et au côlon. Épiploon gastro-colique.
— ÉTYM. Gostro...., et colique.
t GASTRO-COLITE (ga-stro-ko-Ii-f) , ». f. Terme de médecine. Inflammation simultanée de l'estomac et du côlon.
— ÉTYM. Castro.... , et colite.
t GASTRO-CONJONCTIVITE (ga-stro-kon-jonkti-vi-t'), ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac et de la muqueuse oculaire, qui règne épizootiquement, pendant les fortes chaleurs de l'été, sur les animaux de l'espèce chevaline.
— ÉTYM. Castro.... , et conjonctivite.
t GASTRO-DCODÊNAL, ALE (ga-stro-du-0-dénal, na-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'estomac et au duodénum.
— ÉTYM. Castro.... , et duodénum.
+ CASTRO - DUODÉNITE (ga-stro-du-o-dé-ni-f) , ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac et du duodénum.
— ETYM. Castro.... , et duodénite.
tGASTRODYNIE (ga-stro-d i-nie) , ». f. Terme de
médecine. Genre de névrose de la digestion caractérisé par un sentiment d'anxiété et de constriction à l'épigastre, mais sans menace de lipothymie, ce qui distingue la gastrodynie de la cardialgle.
— ÉTYM. Castro.... , et 68ûvii, douleur.
t GASTRO- ENCÉPHALITE (ga-stro-an-sé-fa-lit'), ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac compliquée de phénomènes nerveux.
— ÉTYM. Castro.... , et encéphalite.
t GASTRO-ENTÉRITE (ga-stro-an-té-ri-f) , ». f. Terme de médecine. Inflammation simultanée de la membrane muqueuse de l'estomac et de celle des intestins.
— ETYM. Castro.... , et entérite.
GASTRO-ENTÉRO-COLITE (ga-stro-an-té-ro-ko-
li-t'), ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac, de l'intestin grêle et du gros intestin.
— ÉTYM. Castro.... , et entéro-colite.
GASTRO-ÊPIPLOÏQUE ( ga-stro-é-pl-plo-i-k') ,
adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'estomac et à l'éplploon.
— ÉTYM. Castro.... , et épiploon.
t GASTRO-HÉPATIQUE (ga-stro-é-pa-ti-k*) , adj. Termed'anatomie. Oui a rapport à l'estomac et au foie.
— ÉTYM. Castro et hépatique.
t GASTRO-HÉPATITE (ga-stro-é-pa-ti-f), ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac et du foie.
— ETYM. Castro.... , et hépatite.
t GASTRO-UYSTÉROrO.MIE (gastro-i-sté-ro-tomie), s. f. Terme de chirurgie Opération césarienne abdominale, qui consiste à ouvrir les parois de l'audomen et celles de la matrice pour extraire le fœtus.
— ÉTYM. Castro...., ventre, ûircépa, matrice, et tO(iT), incision.
t GASTRO-INTESTINAL, ALE (ga-stro-ln-tè-stinal, na-l'), adj Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'estomac et à l'intestin.
— ÉTYM. Castro , et intestinal.
t GASTRO-LARYNGITE (ga-stro-Ia-rin-jl-t'), ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac et du larynx.
— ETYM. Castro...., et larvioite,
t GASTHOLATRE (ga-siro Jl-tr'), ». m. Celui qui
GAS
fait un dieu de son ventre, qui ne vit que pour la lionne chère.
— lUST. XVI' s. Les uns estolent nommés engastrimythes, lesautresga-strolatres, BAH. l'ant. iv,58.
— ÉTYM. TooT^ip, fairtpo;, estomac, et Xaipcûciv, adorer.
t GASTROLATRIE (ga-stro-là-trie), ». f. Caractère du ganlroiatre.
t GASTROLOGIE (ga-stro-lo-jie), ». f. (Connaissance approfondie de l'art culinaire ; traité .surcetart.
— ÉTYM. Tairr^p, Yacrcpi;, estomac, et àoyoc, doctrine.
t GASTROMALACIE (ga-stro-ma-la-sie) , ». f. Terme de pathologie. Ramollissement de l'estomac.
— ETYM. Castro...., et |iaXax{a, ramollissement, t GASTROMÈLE (ga-stro-mè-1'), ». m. Terme de
tératologie. Monstre qui a un ou deux membres accessoires Insérés sur l'abdomen, entre les membres thoraciques et les pelviens.
— ÉTYM. Castro...., et («Xo;, membre.
t GASTRO-MÉNINGITE (ga-stro-mé-nin-ji-f), ». f. Inflammation de l'estomac et de la méninge.
— ÉTYM. Castro...., et méningite.
tGASTRO-MÉTRITE (ga-stro-mé-tri-f), ». ^. Terme
de médecine. Inflammation de l'estomac et de la matrice.
— ÉTYM.. Castro...., et métriie.
t GASTRO-MUQUEUSE (ga-stro-mu-keû-z'), adj. f. Fièvre gastro-muqueuse, fièvre dans laquelle l'irritation de l'estomac est accompagnée d'une sécrétion muqueuse.
— ÉTYM. Castro...., et muqueux.
t GASTRONECT'E (ga-stro-nè-kf) , adj. Terme de zoologie. Se dit des poissons qui ont les vertèbres abdominales fort développées formant un organe propre à la natation. || S. m. plur. Famille de crustacés décapodes macroures.
— ÉTYM. TaiTT^ip, YOKJTpôç, ventre, et viQxtTic, qui nage.
GASTRONOME (ga-stro-no-m'), », m. Celui qui Otinnait l'art de faire bonne chère, qui aime la bonne chère. Mais nos fils, pesants gast/onomes, Boiront et ne chanteront point, bérano. Âge futur.
— ÉTYM. Voy. GASTRONOMIE.
GASTRONOMIE (ga-stro-no-mie), ». f. L'art de faire bonne chère. Berchoux a donné en fsoi un poëme de la Ca»tronomie, qui lui a fait une réputation méritée.
— ÉTYM. r«<rcpovo(i£a, art de régler l'estomac, de Ya(jT9|p, vaorpà;, estomac, et vôiio;, loi.
GASTRONOMIQUE (ga-stro-no-ml-k'), adj. Qui appartient, qui a rapporta la gastronomie. Ce matin nous avons en déjeunant, ma femme et moi, arrêté dans notre sagesse que vous feriez imprimer au plus tôt vos méditations gastronomiques, brillat-sava- HiN, Dialogue entre l'outeur et son ami, dans la Physiologie du goût.
— ETYM. Vov. GASTRONOMIE.
t GASTRO-NÉPHRITE (ga-stro-né-fri-f), ». /. Terme de médecine. Maladie de l'estomac compliquée de l'inflammation des reins.
— ÉTYM. Ca»(ro...., et néphrite.
t GASTRO-PÉRITONITE (ga-stro-pé-ri-to-ni-t') , ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac et du péritoine.
— ÉTYM. Castro.... , et péritonite.
t GASTRO-PHARYNGITE (ga-stro-fa-rin-ji-f) , ». f. Terme de médecine. Inflammation de l'estomac et du pharynx.
— ÉTYM. Cas ro.... , et pharyngite.
t GASTRO- PYLORipCE (ga-stro-pl-lo-ri-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à 1 estomac et au pylore.
— ÉTYM. Castro.,.. , et pylorique.
GASTRORRHAPHIE (ga-ftro-ra-fie), » f. Terme
de chirurgie. Suture que l'on fait aux parois abdominales pour réunir les plaies pénétrantes étendues et inégales.
— REM. L'Académie écrit gastroraphie ; mais l'orthographe régulière est gastrorrhaphie , les Grecs douhlan 'r en composition.
—ETYM. ri<TTi?ip,T«<TTpo;, estomac, et façi^, suture.
t GASTRORRIIÉE (ga-stro-rrée) , ». f. Kspèce de catarrhe de l'estomac caractérisé par des vomissements d'un liquide glaireux.
— ETYM Castro...., et ^eiv, couler.
t GASTROSE (ga-strA-z) , ». f. Terme de médecine. Nom collectif donné par quelques médecins k toutes les maladies de l'estomac.
— ETYM PaiTinp. va(7Tpo;, estomac.
t GA.STRO-SPI.ÉNIQUE (ga-stro-splé-ni-k*), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'estomac et à la rate.
GAT
— RTYM. Castro.... , et rpUnique.
t GASTHOSTflNOSK (ga-stroslé-nô-i') , «. f. Terme de médecine. Uétrécisscment de l'estomac.
— ETYM. Castro...., et inéttatti. rétrécissement, t GASTROTIlf:0l''K (Ka-stro-ti-k") , ». f. Terme
de zoologie. Membrane qui recouvre l'abdomen des chrysalides.
— ÉTYM. Taor^p, yadTpic, ventre, et 6:^xti, enveloppe.
t GA«TRO-TlIORACIQnE ( ga-stro-to-ra-si-kT , adj. Ternie d'anatomie. Muscle gastro-thoracique, nom donné par Blainville à la portion inférieure du muscle paussier général.
— ÉTYM. Castro.... , et thoraeique.
t GASTROTOME (ga-stro-to-m') , *. m. Terme de chirurgie vétérinaire. Instrument servant à diviser les parois abdominales des ruminants pour la sortie des gaz dans le cas de tympanite.
— ÉTYM. Voy. GASTROTOMIE.
GASTROTOlillE (ga-stro-to-mie), s. f. Terme de chirurgie. Incisitm faite à la cavité du ventre pour réduire une hernie, faire cesser un étranglement ou pour extraire un fœtus. {| Ponction du rumen pratiquée sur les ruminants atteints de tympanite.
— ÉTYM. ra<7nf;p, •(tua-cfit;, ventre, et xopii^, incision.
t CASTRO- VASCrLATRE (ga-stro-va-sku-lê-r') , adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au tube digestif et aux vaisseaux. || Système gastro-vasculaire, système de petits canaux qui, dans la classe des acalèphes, vont du tube digestif à la périphérie et reviennent sur eux-mêmes.
— ÉTYM. Castro et vaseulaire.
fCAT (gft), s. m. Terme de marin. Escalier pratiqué sur une côte escarpée pour arriver à un embarcadère. Il Grand escalier qui descend d'un quai à la mer.
I GATAN (ga-tan) , s. m. Espèce de coquille bivalve, solcn rrspertinus.
f GATANGIKU (ga-tan-jié), *. m. Nom vulgaire d'un squale [scyllion canicula, sélaciens).
GÂTÉ, lîE (gà-té, tée),î)nr«. i)as.?^degâter.l| l-Qui est ravagé. Le pays gSté par l'armée qui l'envahit. Il 2° Par extension, rois en mauvais état, détérioré. Les chemins giltés par l'ennemi qui se retirait. Je veux leur ôtor la peine de venir a Livry, dont les chemins sont déjà gâtés, sÉv. <3 oct. <679. Comme si l'on pouvait obtenir un travail quelconque d'ouvriers exténués par la faim, par les marches; de malheureux à qui le jour entier ne suffit pas pour trouver des vivres, pour les préparer, dont les forges sont abandonnées ou gâtées, sf.gur, Hist. de Nap. z, 2. Il Fig. Ma résolution, madame, est qu'on les marie, et tout au plus vite, ils seront fort bien ensemble; il n'y aura du moins qu'un ménage de gâté, iiANCOunr, la Parisienne, se. dem. Vous voyez bien qu'il n'y a là qu'un ménage de gâté [il s'agit d'un homme marié qu'on voulait enfermer], volt. I.ell. Élie de Beaumont, 24 janv. 4 770. Je viens de lire Manlius; il y a de grandes beautés, mais elles sont plus historiques que tragiques, et, à tout prendre, cette pièce ne me paraît que la conjuration de Venise de l'abbé de Saint-Réal gâtée, id. Lett. d'Arfiental, juill.1761. || Fig. Il n'y a rien de gâté, l'affaire n'est pas perdue, les choses peuvent se raccommoder. Ijisse!!-moi faire, il n'y a encore rien de gâté, MARIVAUX , Serm. indisc. v, 2. || En sens contraire, tout est gâté, toV, est perdu. Faites des vers comme Racine , Passez les dieux en bonne mine, Et Myrtil en fidélité; Soyez absent, tout est gâté, MALÉziEu, dans Trévoux. \\ 3° Blessé, meurtri. Et vraisemblablement La Rappinière était gâté sans le vaillant défen.scur que Dieu lui suscita,
SCARB. Jiom. corn i, 3 Voilà mon loup par
terre, Mal en point, sanglant et gâté, la ?ont. Fabl. XII, (7. Il 4» Sali, couvert d'ordure. Mais, pour vous régaler Du souci qui pour elle ici vous inquiète. Elle vous fait présent de celte cassolette. — Fi ! cela sent mauvais et je suis tout gâté, uoh.VÉt. m, <3. || 8' Altéré par W pulréiaction. Viande gâtée. Fruits gâtés. || S. t». Le gâté, la partie gâtée. Otcz le gâté de cette pomme, le reste est bon. || Fig. Si mon livre vous avait généralement déplu , je l'aurais entièrement effacé; mais, puisqu'il a quelques parties saines, j'ai cru qu'il me suffisait de retrancher le gâlé pour vous obliger de souiïrir le reste, Balzac, lett. 40, liv. VI, Il 6° Affecté d'une maladie qui vicie le sang, et, particulièrement, d'une maladie syphilitique. Il vaut mieux que l'enfant suce le lait d'une nourrice en santé que d'une mère gâtée, j. j. «ODSS. Ém. I. J'achète cher un oeuf frais, il est vieux ; un beau fruit, il est vert; une fille, elle est
gXt
gâtée, m. Conf. i. M. le maire prit â Christophe sa fille unique, et au bout de huit jours la lui rendit gâtée, p. L. COUR. Caiette du village. || T Atteint de quelque altération morale. Un homme qui n'a pas l'esprit gâté n'a pas besoin qu'on lui prouve son franc-arbitre; car il le sent, Boss. Cnnnaits. I, ts. Il n'est point gâté de dix ans d'ambas-iade, sÈv. 40 janv. 4889. Les princes gâtés par la flatterie trouvent sec et austère tout ce qui est libre et ingénu, PÊN. Tél. XIV. Tu aurais fait quelque autre faute; car il fallait que tu en fisses, étant aussi gâté que tu l'étais par la mollesse, par l'orgueil, et par la haine des conseils sincères, id. Dial. det mortt anc. (Xercès et Léonidat). X la nouvelle du départ de Napoléon, gâtés par l'habitude de n'être commandés que par le conijuérant de l'Europe, n'étant plus soutenus par l'honneur de le servir, et dédaignant d'en garder un autre, ces vétérans [la vieille garde] s'ébranlèrent à leur tour et tombèrent dans le désordre, sécuR, nist. de Nap. xii, 1. 1| Il se dit dans un sens analogue d'un siècle, d'une littérature, d'une langue. Un siècle malade et généralement gâté. Et cependant.par l'influence d'une langue gâtée comme la littérature de leur temps, Augustin et l'ertullien ne paraissent souvent que des génies sans goût et d'éloquents barbares, villemain, Diel. de l'Acad. préface, p. x. || 8° Qui est en butte à des complaisances excessives, à des flatterie», etc. Une femme gâtée par son mari. || Enfant gâté, enfant que ses parent» gâtent par une trop grande indulgence. C'est une fille unique.... fille gâtée, maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 28 février 1678. || Gâté des hommes, de la fortune, se dit de celui qui a eu toutes sortes d'avantages. C'était bien , comme on le disait , un vieil enfant gâté de la fortune, marmontel, Mém. IV. Il On dit aussi en parlant d'un homme : C'est l'enfant gâté des dames.
GATEAU (gâ-tô), s. m. || 1" Pâtisserie faite avec de la farine, du beurre et des œufs. Il me reste un gâteau de fête; Demain nous aurons du pain noir, BÉBANO. Viol, brisé. || Gâteau des Rois, gâteau qu'on mange le jour des Rois, et dans lequel il y a une fève. Il Fig. Trouver la fève au gâteau, faire quelque heureuse rencontre, avoir quelque bonne chance ; locution tirée du gâteau des Rois contenant une fève qui fait roi du repas celui à qui elle échoit dans sa part. || Fig. Je ne mange pas mon gâteau dans ma poche, c'est-à-dire je veux donner une part du profit de l'affaire à ceux qui me l'ont procurée. || Gâteau à la minute, voy. tôt-fait. ji Gâteau de riz, gâteau de pommes de terre, gâteau où le riz, la pomma de terre remplacent la farine. || 2" Fig. Quelque bon morceau, quelque aflaire utile , avantageuse. Avoir part au gâteau. Ils firent tous ripaille. Chacun d'eux eut part au gâteau, la font. Fabl. vm, 7. Le moins de gens qu'on peut à l'entour du gâteau, C'est le droit du jeu, c'est l'affaire, iD.tft. x, <B. Vous avez bonne part au gâteau, th. corn. D. Berlr. de Cigarral, m, 2. A tout gâteau leur main fait large entaille, Carilssont grands, même infiniment grands, BÊRANO. 4 0000 fr. || Partager le gâteau, partager le profit. En partageant avec moi le gâteau, lesage. Cil Blas, VII, 16. Il II se prend d'ordinaire en mauvaise part. Au lieu d'enchérir, ils se sont partagé le gâteau. Il 3° Certaines sucreries qui tiennentde la conserve. Gâteau à la crème. Gâteau de Savoie. Gâteau aux confitures. || 4° Certains entremets de gibier ou de venaison en hachis et qui doivent être servis en terrine. Gâteau de lièvre aux truffes. || 6* La gauffrc où les abeilles font la cire et le miel. Les abeilles construisent fort souvent, dans un gâteau qui n'.i que deux à trois pouce» en carré, deux à trois cellules, royales, bonnet, b* mém. Abeilles. || 6" Ma.sse de résine pour isoler les corps qu'on veut êicctriser. Il 7° Terme de sculpture. Morceau de cire ou de terre dont les sculpteurs remplissent les creux d'un moule. Il 8* Terme de chirurgie. Masse de charpie appliquée par conchesplusoumoinsépaissps. || Terme de pathologie. Gâteau fébrile, nom donné quelquefois à la tuméfaction de la rate , dans les fièvres intermittentes. || Terme d'anatomie. Gâteau placentaire, nom donné quelquefois au placenta. || 9* Masse de métal se figeant après fusion, dans le fourneau. Il 10° Très-familièrement, et par une espèce de jeu de mots entre gâteau et gâter. C'est un père gâteau, un papa gâteau, c'est un père qui gâte ses enfants.
— HIST. xiii' s. Nul taicmelier [boulanger) ne puct faire plus granl pain de deux deniers, se ce ne sont p^sic] à présenter, ne plus petit de obole, se ce ne sont pscliaiidés, lie. des met. H. De cete part est li cbastiaus Si fiebles, (]Miin rostis gasiiaus Est plus fors k partir en quatre Oue ne sunt li mnr i aba-
gAt
tre, la Bnte, 7962. || xv:* s. Et ceux qui alon s« trouveroyent en main les forts ehasteaui des grosses villes, pensez s'ilz voudroient avoir part au ga>teau, LANOi'E, 27. Il me semble qu'il vaut mieux attendre à départir le gasteau, quand nous l'aurons entre mains, ». 4 65. Avecques ces belles persuasions, plusieurs ont fait des eiperiedces infinies, pour trover (comme on dit) la fève au gasteau, id. 401. Martiguesne faudra point d'entamer le gasteau (d'attaquer), d'aub. Hiit. i, ««s, ii, »6. Gasteau et mauvaise coustume se doivent rompre, cotgbavk.
— ETYM. Picard, V!af(«<,' wallon, leortai; provenc. gattal; du moyen haut-allemand tcasttl, gâteau. Dans l'ancien français, le nominatif est li gastels ou gastaus, et le régime le gastel. Peut-on rap|Tocher l'allemani! wastel de tcanljan, gâter, pcrdre?letca»tel aurait-il été dit farine perdue à cause de la dé-, pense qu'il causait? Il y a dans la Flandre française un gâteau (brioche frite) qu'on nomme pain perdu.
t GATE-BOIS (gâ-te-boi), f. m. Insecte du genre cossus, qui ravage surtout les ormes, cossus ligniperda. \\ Auplur. Des gâte-bois.
— ETYM. Cdler, bois.
gAtE-ENPANT (gft-Un-fan) , t. m. et f. Celui, celle qui par excès d'indulgence gâte un enfant. C'est un vrai, c'est une vraie gâte-enfant. \\ Auplur. Des gâte-enfant ou enfants.
— ETYM. Gâter, enfant.
tCATE-MAISON (gâ-te-mê-zon), ». m. Par anti-
phra.se, domestique qui prend trop les intérêts de ses maîtres. Vous êtes un vrai gâte-maison, le sage, Gil Blas, vii, 4 6. ||i4u plur Des gâte-maison ou maisons.
— ETYM. Cdter, maison, ainsi dit parce que le bon serviteur gâte le service pour ceux qui viendront après, en le faisant trop bien et en rendant difficiles les maîtres de la maison.
I GATE-ÏIÉNAGE (gâ-te-mé-na-j"), s. m. Les domestiques appellent ainsi celui qui porte leurs maîtres à retrancher quelque chose de la dépense de la maison. || Au plur. Des gâte-ménage ou ménages.
— ÉTYM. Cdter, ménage, voy. cAte-maison, à l'étymologie.
GATE-MÉTIER (gâ-te-mé-tié), ». m. Celui qui donne sa marchandise on sa peine à trop bas prix. 11 [Guinaut] leur avait fait espérer [aux apothicaires] qu'il les rétablirait dans les familles, d'où le Uédecin charitable et les pédants, les maîtres des arts et gâte-métiers les avaient chassés; voilà comment cet homme appelle de fort honnêtes gens, gui-patin, lettres, t. ii, p. 476. Il y a partout des gâte-métier et cet écrivain en est un, d'alembert, Lett. à Voltaire, 24 janv. 4778. || Au plur. Des gâte-métier ou métiers.
— ETYM. Gâter, métier, voy. oixE-MAisoN, à l'étymologie.
f GATE-PAPIEU (gâ-te-pa-pié),». m. Mauvais écrivain. || Au plur. Des gâte-papier.
GATE-PATE (gâ-te-pâ-t'), s. m. Mauvais boulanger, ou mauvais pâtissier. || Fig. Tout homme qui fait mal ce qui est de son métier, de sa profession. Il Auplur. Des gâte-pâte.
— Etvm. Cdter, pâte.
GATER (gâ-té), V. o. 11 1* Ravager, dévaster (sens vieilli). L'armée ennemie gâta le pays en se retirant. Son discours dura tant que la maudite engeance Eut le tempsdegUeren cent lieux le jardin, LA font. Fabl. IX, 6. Il 2" Mettre en mauvais état, détériorer. Le tailleur a gâté votre habit. Il a gâté sa maison en la voulant embellir. Si je gâte ces fleure, tu les peux corriger, rotb. Hère. mour. i, 3. Les Russes se retirèrent vers le Borysthène, gâtant tous les chemins, volt. Charl. iii, 4. Nous gâtions les outils do mon bon vieux grand-père pour faire des montres, j. J. rouss. Confess. 1. 1| Fig. L'âge a gâté la main à ce peintre, i ce chirurgien, à cet écrivain, il leur a rendu la main moins légère. || Fig. Se gâter la main, s'h,ibituer à négliger les règles de l'art en faisant des travaux peu soignés. |1 3* Par extension, il se dit des choses qui Oient la forme, la régularité. On ne s'en tint pas ft l'utile, on voulut des embellissements; des maisons de pierre gâtaient la place du palais là Vitepsk), l'empereur ordonna à sa garde de les abattre et d'en enlever les débris, SÉOUR, Hist. de Nap. v, 4 . || 4"' Fig. Altérer les choses morales, intellectuelles, les affaires. L'affectation gâte les dons natin-els. Ces fScheux souvenirs vinrent gâter notre plaisir. Pour moi je ne tiens pas, quelque effet qu'on suppose, Que la science soit pour gâter quelque chose, mol. F. sav. iv, 3. Vous savez que votre présence ne gâte jamais rien, in. Am. magn. i, 4. Redoutons l'anglomanie, elle a déjà gâté tout, voit. Bon fVonfnt». Tout rel» seraitdé-
GAT
ticienx.mais vousmeg&teztout [par ■votre absence], VOLT. Lett. d'Argeiital, il avr. <75l. || Familièrement. Gâter les affaires, empêcher, par imprudence ou par malice, qu'une affaire ne se conclue, qu'un raccommodement ne s'accomplisse , etc. C'est le moyen de gâter les affaires, mol. Tart. m, ■•. Il On dit dans le même sens : Cet événement pourrait
bien gâter les affaires Et monsieur là-dessus
Est venu brusquement gâter tout le mystère, be- ONARD, Distrait, iv, 2. Les gens indifférents gâtent tout, MARIVAUX, eux de Vam. et du hasard, ni, 8. IIGâter ses affaire.s, perdre la faveur qu'on avait auprès d'une personne. Tenez-vous et n'allez point gâter vos affaires, hamilt. Gramm. 6. |{ En un sens contraire. Cela ne gâtera rien, il n'en résultera aucun donimage pour l'affaire dont il s'agit. La présence de monsieur ne gâtera rien, et peut-être pourra-l-il nous être utile, regnard, la Sérénade, 5. Un Diogène insupportable, Moitié sophiste et moitié chien. Croit placer le .souverain bien X donner tous les rois au diable.... Mais être roi ne gâte rien. Lorsque d'ailleurs on est aimable, volt. Lett. en vers et en prose, 76. || Ce qui ne gâte rien, s'ajoute hune phrase pourrelever quelque qualité ou circonstance. Il est bel homme, et de plus riche, ce qui ne gâte rien. Mais quand elle [l'abeille] a le don de plaire, Ce superflu ne gâte rien, volt. Lett. à Cath. t. || Gâter le métier, faire trop bon marché de sa peine ou de sa marchandise, en sorte que cela fait tort aux autres, || Fig. Gâter le métier, faire que ce que font les autres paraît peu de chose. C'est un mari trop complaisant pour sa femme, il gâte le métier. Écrivez à votre frère, il a fort bien fait; j'ai sa procuration ; on l'admirerait si vous ne gâtiez point le métier ; mais vos sentiments sont d'une perfection qui efface tout, sÉv. 471. || 5° Salir, tacher. Ces cclaboussures ont gâté mon habit. Il disait bien , car on n'avait jeté Cette immondice et la dame gâté, Ou'afin qu'elle eût quelque valable excuse Pour éloigner son dragon quelque temps, la font. On ne s'avise jamais de tout.. || Fig. Gâter du papier, écrire beaucoup et mal, ou écrire des choses inutiles. Il 6° Gâter quelqu'un, nuire à sa réputation, le desservir. Cette action l'a bien gâté dans le monde, dans l'esprit des honnêtes gens. Puisque je ne trouvais pas ce service [les sacs] au-dessous de moi, les gendarmes et les chevau-légers ne seraient ni déshonorés ni gâtés de m'imiter, st-sim. i , 39. || 7° Altérer par la putréfaction. La chaleur ne tarde pas à gâter la viande. || 8° Communiquer une maladie honteuse. Ahl voulez-vous, Jean-Jean, nous gâter tous? BOiL. Épigr. 3. || 9" Fausser le jugement. Notre concitoyen, disaient-ils en pleurant. Perd l'esprit, la lecture a gâté Démocrite, la font. Fabl. viii, 26. La gangrène ne suppose pas la gangrène dans un corys qu'elle corrompt ; ni par conséquent les hérésiarques ne trouvent pas leur erreur déjà établie dans les esprits qu'elle gâte, Boss. Var. xv, § 46. Cette dame, célèbre par ses connaissances singulières en mathématiques, ne pouvait souffrir les fables que le temps a consacrées, qu'il est aisé de répéter, qui gâtent l'esprit et qui l'énervent, volt. Fragm. sur l'hist. art. l.||10° Fig. Corrompre, dépraver. Cette mauvaise connaissance a achevé de le gâter. Si le monde ne vous gâtait pas, il vous ennuierait, MAiNTENON, Lett. à M. d'Aubigné, 3 janv. )68l. C'est un fils obéissant, celui-là, qui n'a jamais été gâté par Frontin, bruets. Muet, i, 6. D'accord, son cœur novice à l'infidélité, Par le commerce humain n'est pas encor gâté, regnard, Démocr. i, 4. Là les censeurs seraient gâtés par ceux mêmes qu'ils devraient corriger, montesq. Esp. v, <9. Je ne nierai point que Paris ne puisse gâter un jeune homme, GENLis, Thédt. d'éduc. le Vrai sage,i,S. || H« Entretenir les faiblesses, les défauts, les vices de quelqu'un par trop de complaisance, de douceur. Je veux être pendu, si nous ne les verrions [les femmes] Sauter à notre cou plus que nous ne voudrions, Sans tous ces vils devoirs dont la plupart des hommes Les gâtent tous les jours, dans lesiècle où nous sommes, mol. Dép. am. iv, 2. Vous me gâtez si fort par l'amitié que vous avez pour moi que.... sÉv. 345, Sa mère regardait déjà Floride comme une reine, et la gâtait par ses complaisances, fén. t. xix , p. ) 3. Souvent le plaisir qu'on veut tirer des jolis enfants les gâte, ID. Éduc. filles, ohap. 3. Le duc le gâtait par les louanges qu'il donnait à sa voix, hamilt. Gram. 7. Ne nous gâtez point Soliman, favart, Soliman, u, II, <4. J'y fus d'autant plus sensible que je n'étais pas accoutumé d'être gâté par les ministres, ). J. Rouss. Conf. XI. Vous verrez dans mon discours un petit mot de correction fraternelle pour ce gentilbonfuie qui était présent, et qui, à ce que je
GÂT
crois, l'aura sentie, car je ne gâte pas ces messieurs, o'alemb. Lett. à Voltaire, i janv. 4789. Mélanide : Nous avons tort, nous la gâtons. — Dorine : Oh! madame, ce n'estpas un caractère comme le sien qu'on peut gâter, genlis, Thédt. d^éduc. l'Enfant gdté, i,
1. Il On dit familièrement qu'un homme a été gâté, quand, ayant vu trop de belles choses, il devient difficile et dédaigneux. L'Amérique m'a un peu gâté sur le compte des fleurs, chateaub. llin. l" part. Il 12° Se gâter, v.réfl. Devenir détérioré. Comme il est naturel & l'homme de corrompre les meilleures choses, cette science qui a mérité de si grands éloges, segâtele plus souvent en nos mains par l'usage que nous en faisons, Boss. Panég. sainte Callier. Préambule. \\ H se dit des affaires qui vont mal. Les affaires de mon père commençaient à se gâter dans le temps qu'il vint à connaître ma mère, et elles ne firent qu'empirer par cet amour et cet attachement qu'il eut pour elle, où tout allait de grand seigneur à grande dame, le sage, Guxm. dÀlfar. < , s. || Absolument. Cela se gâte, les choses prennent une mauvaise tournure. S'il ne cesse de le taquiner, cela se gâtera, la personne taquinée se fâchera. || Le temps, le ciel se gâte, il se couvre de nuages, nous aurons de l'eau. || 13° Être attaq\ié par la corruption. Ces fruits commencent à se gâter. Ce vin s'est gâté. Il 14° Fig. Se salir. Les affaires publiques sont souvent sales et pleines d'ordure ; on se gâte pour peu qu'on les touche, balz. Ariste ou de la cour. Avant-propos. || Il s'est bien gâté, il s'est bien décrié, sa réputation a bien déchu. || Fig. Être changé de bien en mal. Chez ce peuple, le goût et les mœurs se gâtèrent rapidement. Mais ne vous gâtez pas sur l'exemple d'autrui, mol. Éc. des femmes, iii,
2, Les autres se gâtaient par le mélange, boss. Uist. m, 7.
— HIST. XI* s. Charles li magnes ad Espagne guastede, Ch. de Roi. Liv. || xii' s. Et joie a povre savor, Qui en tel lieu est gastée, Couei, i. Si que mis [mon] sancs i fust en partie wastez,r/». le mart. 129. Ensi est del felun cum il fu del sengler Dont vus avez oï en Avien conter, Qui soleit les frumenz al riche
humme guaster, ib. 3). || xm* s Li Sarrasin de
Perse orent grant force contre les crestiens, et gasterent Jérusalem, bbun. lat. Très. p. 83. Lores te métras àlavoie, Etsiiraspar tel convent. Qu'à ton esme [dessein] faudras souvent Et gasteras en vain tes pas. Ce que tu quiers ne verras pas, io Rose, 2334. Or m'en lessiés du tout ester [laissez-moi en repos] ; Car vos porriez bien gaster En oiseuse vostre françois, ib. 3098, Moult estoit sa [de Vieillesse] biauté gastée. Et moult est lede devenue , ib. 344. || xiv* s. Ceux qui sont incontinens et qui vivent par desattrempance, et gastent leurs peccunes ou leur substance, nous les appelions prodiges [prodigues], ORESME, Eth. 102. Et entelx choses usent et gastent leur temps, m. ib. 92. Voy comment la nuit et le jour se gasteletemp3,-lf^naffter, I, 3, jjxv's. J'ai tantaffaire que je ne sçai au quel entendre, et en ay la teste toute gastée, les Quinse joies du mariage, p. 97, dans LAC0RNE, Tesmoignerent les dames que aujourd'hui ont esté quatorze chevaulx dessoubz luy que mors que gastez, Percefor. t. m, f" < H . || xvi' s. Par quoy, craignant Gargantua que il se guastast [se blessât], feit faire quatre grosses chaisnes de fer pour le lyer dans son berceau, rab. Pant. ii, 4. Il en advint un inconvénient bien grand : tout le bon vin d'Aurelians poulsa et se guasta [devint mauvais], ID. ib. II, 7. Ce n'est pas assez que nostre institution ne nous gaste pas; il fault qu'elle nous change en mieulx, mont, i, (47. X faute de cette proportion [dans les leçons qu'on donne] nous gastons tout, ID. I, <60. Qu'on arrose d'eau le jardin; Mais d'en aller gaster le vin Seroit-ce pas grand offense? JEAN LE HOUX, IX. Un soudard, mal sain de sa personne, et gasté dedans le corps, amyot, Pélop. l. Certaines mariées font mesmes consentir àleurs maris, que la moitié de leur dot se gaste en beaux ornemens pour leurs nopces, langue, 336. Non content de cela, il [Henri IV] se mit à lui retrancher |à d'Aubigné] ses appointemens et prenoit plaisir à gaster ses habits pour le mettre en depence, d'aub. Vie, XLiu. Ces admonitions nous serviront, à ce que nous ne gastions nos serviteurs par trop de douceur, 0. DE SERRES, 40. Vous miguoltez cest enfant si très fort que vous le gasterez, palsgh. p. 483. Confesse la vérité sans te laisser ainsi gaster [tourmenter par la torture], aussi bien sçavons flous tout. Nuits de Straparole, t. n, p. 30), dans lacurne. C'est tout un, disent-ils; pays gasté n'est pas perdu, MONTLuc, Mém. t. Il, p. 167, dans lacurne. Considérez le avec une comparaison de tant d'autres personnes qui valent mieux que vous, les quelles sont
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destituées de ces bénéfices : les uns gastez de corps, de santé, de membres, st François de sales, p. 484.
— ETYM. Berry, gdter, blesser grièvement; picard, waler; provenç. gasiar, guastar ; espagn. gastar; ital. guastare; du latin eastare, ravager, de vastus, vaste, rendre vaste, désoler. Cependant il y a un mot germanique xcastjan, ravager, qui a pu contribuer i changer le v latin en g ou gu, mais qui aurait donné plutAt gastir {gastir a existé ea effet ; voy. gXtine).
t GATERIE (gâ-te-rie), s. f. Action de gâter, cajolerie, petits soins. On ferait un volume avec tous les détails de gâterie dont ce fils avait été l'objet. Souvenirs de Mme de Créquy, dans le Dict. denocHEZ.
— ÉTYM. Gdler.
tOATE-SAUCE (gâ-te-sô-s"), t. m. Marmiton; mauvais cusinier. Messieurs, chef, sous-chef, aides, marmitons, tourne-broches, gâte-sauces, vous avez travaillé hier toute la journée , vous avez pa.ssé la nuit sur vos fourneaux, scribe et mazères, Vatel, se. 4, Il Au plur. Des gâte-sauce ou sauces.
— ÉTYM. Gdter, sauce.
t GÂTF.UR, EUSE (gâ-teur, teù-ï'), s. m. et f. Celui, celle qui gâte. Gâteur d'enfants,
— ÉTYM, Gdler. Le substantif verbal de gaster se trouve dans l'ancien français sous la forme de gasiere, gasteor, mais il signifie un ravageur, un prodigue.
t GATEUX, EUSE.,(gâ-teû, teû-z') . s. m. et f. Il 1° Terme d'hôpitaux et d'hospices. Paralytique et infirme . qui rend involontairement les urines et les selles, et dès lors exige des soins particuliers. Il Adj. Un malade gâteux. || 2" Aliéné chez lequel l'intelligence est profondément affaiblie, et qui se salit aussi d'urine et de matières fécales.
— ÉTYM. Gdter.
f GATIÎfE (gâ-ti-n'), s. /■. Dans l'ancien français, lieu désert. || Nom donné dans le Nivernais à un canton désert.
— HIST. xii* s. David conversoit au désert, là où il trouvoit les fermetez [forteres.se], et demeuroit en un mont de la guastine de Ciph, Rois, p. 91.
— ÉTYM. L'ancien verbe gastir, ravager, de l'ano. haut-allem. wastjan, ravager.
t GATON (ga-ton), *. m. Terme de marine. Bâton pour faciliter le commettage des gros cordages.
— HIST. xrv" s. L'exposant prist un baston ougaston de bois de la ditte charrette, du cange, g.
— ÉTYM. Bdton, le b, comme on voit à l'historique, pouvant se changer en g.
t GATTE (ga-f), s. f. Terme de marine. Nom d'un retranchement pratiqué au dedans d'un vaisseau, à l'avant, pour recevoir l'eau qui entre parles écubiers.
GATTILLIER (ga-ti-Iié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des ga-ti-lié-z en fleurs), t. m. Genre vitex, famille des verbénacées. Le gattilier commun est le vitex agnns castus, L.
— ÉTYM. Origine inconnue.
t GATTINE (ga-tti-n"), s.f Maladie des vers à soie.
t GAU (gô) , s. m. Terme de pêche. L'estomac de la morue. On dit aussi meulette.
GAUCHE (go-Ob'), adj. Il 1° Qui est de travers. Cette règle est gauche. Cette table est gauche. Du bois gauche, du bois qui n'est pas droit. Sa taille est assez gauche, mol. l'Avare, iv, ï. || Qui se présente en obliquité. L'hélice [des bateaux à vapeur] est toujours composée d'ailes obliciues et en métal dont la surface est gauche comme celle des moulins à vent, Acad. des se. comptes rendus, t. lu, p. 34i. || Terme de géométrie. Surfaces gauches, surfaces qui, engendrées par une ligne droite, ne sont pas développables sur un plan. || Par extension. Nous nous sommes trouvés aux Rochers, mais encore tout gauches et mal rangés, sêv. 430. || Fig. Les lois des Wisigoths sont puériles, gauches, idiotes, hontksq. Esp. xxvm, t.\\i° Oui est du côté où le cœur bat, ou bien qui est du côté de l'ouest quand on regarde le nord, la main gauche ayant reçu une dénomination péjorative (le sens primitif de gauche est péjoratif), ' cause de l'infériorité de cette mam par rapport à la main droite. Œil, bras, main gauche. Il Gauche se dit aussi des animaux. Le pied gauche d'un cheval. Cheval qui galope sur le pied gauche. || Dans le langage de î'Ëcriture. Quand on fait l'aumêne, il ne faut pas que la main gaucho sache ce que fait la droite, ou, simplement, que votre gauche ne sache pas ce que fait votre droite, c'est-à-dire faites le bien sans ostentation. || Mon petit cœur gauche, terme familier d'amitié qui n'est plus guère usité. Tant tes messieurs que les donzelles, Lesdonzellesqueles messieurs. Faute d'exercices meilleurs. S'appelaient mon. petit cœur gauche, Faisaient jour et nuit la débauche, scabron.
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VWq. IV. Il MariaRe de la main gauche, mariage dan» lequel le marie, qui est nol)le el d'une comiitioii «uperieure à celle de la mariée, l'épouse en lui donn^ml la main gauche, et ne lui communique ni à elle ni aux enfants son rang et sa condition. Sa mi-re éUit de la main gauche, sÉv. «ïi. || Par extension, tout mariage inégal. Cunégonde pouvait épouser Candide de la main gauche, volt. Cand. 30. Il Par une autre extension. Le côté gauche, toute union entre un homme et une femme qui n'a pas été consacrée par l'état civil et par l'Eglise. Nous peuplons beaucoup du côté gauche, nous autres, r)KscoujtT,yend SurMe, 9. Même on dit parle pays, que nous avons eu une grand'msre qui était la fille d'un gentilhomme : il est vrai, pour n'en pas mentir, que c'était du côté gauche, Marivaux, Pays. parv. 2" part. Il Kig. Ktre sur le pied gauche , être dans une position embarrassée, peu sûre, mal à l'aise. Les malheureux sont sur le pied gauche. Je viens i combattre ce pied gauche où il |le duc de Bourgogne] est avec le roi et Monseigneur, saint-simon, 2«B, 83. Il S. f. La gauche (sous-entendu main), le côté gauche. Prenez la gauche. Il prit la droite et lui laissa la gauche. || 3" Terme de physique. Oi!i est lévogyre. Acide lartrique gauche, par opposition à acide tartrique droit ou dextrogyre. || 4* Gauche se dit d'une armée, d'une troupe, considérée comme alignée. L'aile gauche est la partie de l'armue qui est du côté gauche de chacun des hommes supposés regarder l'ennemi. Le flanc gauche d'un bataillon. || Substantivement. La gauche, l'aile gauche d'une armée. Nous marchions vers l'orient, notre gauche au nord, notre droite au midi, SÈOUR, HisU de Nap. iv, t. || L'extrême gauche, l'extrémité de la gauche d'une armée. Pendant (|u'à l'extrême gauche Macdonald, débouchant de 'l'ilsitt, envahira le nord de la Lithuanie et débordera la droite de Wittgcnstein,sÊGi H, Hist. de Nap. IV, <. Il B" Dans une assemblée délibérante, il se dit de la partie qui est à la gauche du président. Le côté gauche s'est levé à la contre-épreuve. |{ Le côté gauche ou, subsfcintivement, la gauche, parti de l'oppositioB dans les chambres françaises, ce parti ■si-^geant & la gauche du président. Centre gauche, côtiê ou parti de l'opposition modérée. Les orateura de gauche, admirables dans tout ce qu'ils ont dit pour la défense de nos droits, p. L. cour. Lettre x. Il L'extrême gauche, la partie de la gauche dont l'opposition est la plus vive. || 6° En parlant d'un bâtiment, le côté gauche répond au côté gauche d'un homme qui serait adossé à la façade de ce bâtiment. L aile gauchede ce château. Il 7° Il se dit encore d'une rivière relativement à la personne qui en suit le cours. La rive gauche d'un fleuve. || Absolument i Paris, la rive gauche, les quartiers situés sur la rive gauche de la Seine. Il habile la rive gauche. (I S' Iji partie gauche d'un objet, celle qui répond au côté gauche du spectateur placé en face. Le côté gauche d'un tableau. || Au féminin et substantivement. La gauche d'un tableau. || La gauche de la scène, la partie, dans une salle de spectacle, qui est du côté gauche du spectateur. || On dit de même la gauche d'un nombre écrit en chifl'res. Séparez par une virgule les deux chiffres à gauche. || 9" Fig. Maladroit , à cause que la main gauche est d'ordinaire plus maladroite que la main droite. Cet homme est gauche à tout ce qu'il fait. Une réponse gauche. Une démarche gauche. Vous croyez que je suis gauche de mes mains, SËV. soi. Tu me dispenseras de remplir cet emploi, J'y suis gauciie, mon cher, on ne peut davantage, boi-sy, Sage ilourdi, ii, s || 10" Gêné, contraint, sans grâce. Un maintien gauche. Pour une fille qui vient de Paris, voilà des révérences bien gauches, des- TouciiES, Fausse Agnès, ii , 8. Accusera-l-on les femmes de Paris d'avoir l'air gauche et embarrassé 1 1.1. Rouss. Ém. VI. Elle jugea que, malgré mon air gauche, je valais la peine d'être cultivé pour le mon.le, ID. Cunfesi. v, || 11« S. m. Le gauche, ce qu'il y a de nauube, de contraint. La n' velle comtesse de Mailly avait apposé tout le gauche de sa province dont, faute d'esprit, elle ne put se défaire, SAINT-SIMON, m, &&. Torey [étaitj en brassière sur ce recoin d'afl'aires | ici matières de Rome) avec ses cousins de Chcvreuse et de Beauvillicr, ce qui mettait entre eux du gauche et souvent des embarras, ID. 'i38, *»i. Il 13° X gauche, toc. ndv. Du côté gauche, à main gauche. Prenez à gauche. S'il trouve une barrière de front qui ferme son passage, il biaise naturellement, et va à droite et à gauche, LA BHt'Y. VI. Il Fig. A gauche, mal, sans fondement, de travers. Vous serez toujours.... Un envers du bon sens, un jugement à gauche, mol. 1,'Ét. Il, U.
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Il ne dit et ne fait rien à gauche, sf.v. 189. || Donner â itauche, se tromper, et aussi se mal conduire. Il Prendre une chose i gauche, la comprendre, l'interpréter dans un sens tout à fait différent du sens réel. Pour me connaître mal, tu prends mon sens i gauche, CORN. Le Ment, i, <. || Fig. et populairement. Passer l'arme à gauche, mourir. || 13° Gauche t commandement mditaire pour ordonner de tourner à gauche. Par le flanc gauche, gauchel Elliptiquement : tête gauche! || 14' A droite et i gauche, de tous côtés. Elles répanilent leurs faveurs à droite et â gauche, hamilt Gramm. ». jj Prendre à droite et i gauche, prendre de toutes mains, tirer de l'argent de toutes sortes de personnes, en toute occasion, dans toute affaire.
— HIST. xiv's. A son mescbiefcil est prophète, Oui tant gauche les interprète, TraMd'akh. 664. Mais il [un lièvre] savoit si bien fuir. En leur faisant gauches et tours, Ou'onc homme neveit meilleur cours, GAGE DE LA SIGNE, Pnés. des déduits, vas. ( U3, dans LACURNE. Et le lièvre fait gauges maintes, ib. f'Ui. Il XV* s. Le suppliant bailla à Perrinet de la quarre ou du doulx |dos| de la main gaulche en arrière main sur la joue, nu canue, dodus. Je me trouvai du costé gauche où estoient les gentilshommes de vingt escus et les autres de la maison du roi, cohm. VIII, 6. j] XVI' s. Il eut au doigt indice de la main guausche une escarboucle, hab. Garg. i, 8. Où le compas, l'esquarre et la règle sont gauches, les bastimensqui se dressent à leur mesure sont aussi nécessairement manques et défaillants, mont, u, 374. Les ignorans, recevans à gauche bien souvent la fortune qui leur vient à droitte, y commettent de villaines faultes, amyot, De la tranq. d'âme, s. La propre volonté de Dieu, la quelle estant première • ment droite de soi-même, dresse puis après toutes choses qui sont gauches et tortues, ID. Ép. à Ch. U. Si vous leur dictes qu'ils excédent et prennent les choses à gauche, pour ne les entendre pas bien, ils n'en croiront rien, charron, Sagesse, i, 4i. Gauche, déception, tromperie, palsghave, p. 289, au mot wyle.
— Etym. Berry, dégauche, prétexte, faux-fuyant. Origine difficile. Diez le tire de l'ancien haut-allemand welk, faible, la main gauche ayant été ainsi nommée parce qu'elle est plus faible que la droite ; et il cite plusieurs exemples analogues : en italien stanca, la main lasse, d'où main gauche, manca, la main estropiée, d'où main gauche. Cela est sans doute une bonne raison ; mais outre qu'on ne trouve pas gauche avec le sens de faible, il faut ajouter que cette interprétation ne s'accorde pas bien avec l'historique. Le sens le plus ancien, celui du xiv* siècle, est substantivement une gauche, une chose qui n'est pas droite, sens .que l'on retrouve jusque dans le xvr siècle {gauche, tromperie et, adjectivement, qui est de travers). Or il y a dans la langue antérieure au ziv* siècle un mot qui a exactement ce sens-Iâ, c'est gauche ou guanche : xiif s. Ne vous i puis adroit tenir. Tant me faites et tort et ganches De bras, de trumiaus et de hanches, Et tant vous aies detortant, la Rose, «897 ; Ci n'a plus ne guanches ne tour; Quant la mort vous va si entour, A Dieu cors et ame rendeiz, ruteb. 6». Que ganche ait pu devenir gauche, c'est ce que prouve le verbe ganchir qui est devenu gauchir, et qui l'est devenu au xiv" siècle, comme ganche devenait gauche. L'identité est encore montrée par l'emploi . car Gace de la Signe dit faire des gauches, comme dans la Rose il est dit faire des ganches. Si le sens de travers n avait pas été primordial, on le retrouverait difficilement, comme en effet on le retrouve, dans gauche. Au lieu que passer du sens de tortu au sens de gauche, par opposition à droit qui avait supplanté dextre, fut chose facile. Gauclie, qui s'introduisit avec le sens de senestre dans le courant du xv* siècle, s'em|>loya quelque temps concurremment avec ce mot qui était le mot propre, jusque dans le xvi* siècle; puis, à partir de là, il le supplanta complètement {voy. GAUCHIR pour l'élymologie ultérieui«, et pour la discussion des objections soulevées contre cette étymologie) .
t GAirciIE-FER (gô-che-fèr), s. m. Un des noms du souci des vignes.
GAUCHEMENT (gô-che-man), ode. D'une manière contrainte, gênée, maladroite. Se présenter gauchement. U s'y prend gauchement.
— ÊTYM. Gauche, el le suffixe ment.
4. GAUCHER, ÈRE (gô-ché. chè-r"), adj. Oui se sert de la main gauche plus souvent que de la droite, et, spécialement, qui se sert exclusivement de la main gauche pour un certain usage, |iar exemple écrire, faire des armes, etc. ]] Substantivement.
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Un gaucher, une gauchère. H est dangereux de sa laltre avec un gaucher.
— HIST. XVI* s. Mutius prit son espée avec la main gauche, dont on dit qu'il eut depuis le surnom de Sca^Tola, qui vaut autant à dire comme gaucher, AMYOT, Publ. 3».
— ETYM. Gauche.
t i. GAUCHES -(gô-ché), «. et. Terme de cbarpenterie. Donner du gauche i une pièce, U faire gauchir.
— ETYM. Gauche.
GArcHKRIK (gô-che-rie), ». ^. jj 1* Action d'une personne gauche, maladroite, peu sagace. Vous avez fait là une grande gaucherie. J'ai fait une gaucherie en éloignant Basile, biaumarch. Mar. III, 6. ]| 2° Manque d'aisance, d'adresse, de grâce. La gaucherie du maintien.
— ETYM. Gauche.
GAUCHIR (gi*>-chir), v.n. || 1* Perdre sa forme, se contourner. Ce panneau, cette règle gauchit. Il 3* Détourner le corps pour éviter quelque coup. Il gauchit, et le coup qui le menaçait ne l'atteignit pas. I] 3* Se détourner de la ligne directe de sa route. Donner à travers les écueils, pour avoir l'honneur de ne point gauchir, balzaC, De la cour, 8* dise. Ce sont des astres errants, comme parle l'apôtre saint Jude, qui. po r n'être pas assez attachés à la route immuable de la vérité, gauchissent et se détournent au gré des vanités, des intérêts et des passions humaines, boss. Cornet. Je m'avisai de gauchir et de passer par Salins, j. j. ROUSS. Cortf. XI. I] Fig. Ami, tu sauras l'affranchir De tout ce qui te fait gauchir Vers les passions et les vices, CORN. Imit. IV, )o. Notre sort ne dépend que de sa seule tête ; De ce qu'elle s'y met, rien ne la fait gauchir, mol. Éc. des f. m, 3. || Fig. Se laisser aller à une digression (sens vieilli). Je crois que nos discours iront d'un pas égal. Sans donner sur le rhume ou gauchir sur le b^il, cohn. (a Suit', ili, to. ]| 4" Fig. S'écarter de la rectitude, de la franchise. J'en ai déjà parlé, mais il a su gauchir, corn. Pomp. IV, a. Notre amie n'est pas de ce monde-là, et il s'en faut tenir précisément à ce qu'elle mande, parce qu'elle est aussi sincère qu'éclairée, et que la dernière chose qu'elle ferait serait de gauchir ou de flatter, chapelain, Lett. à Sévigné, 7 nov. 4 66). Quelle misère de gauchir toujours et de n'oser jamais parler franchement dans une matière de religion I boss. 3* aierJ. § o. U faut gauchir et tergiverser sans cesse, i. 3. rouss. Ém. iv. Point assez ferme dans ses principes pour ne point gauchir, lorsque la crainte ou l'espérance le commandera, bacuaumont, Mém. secrets, t. xxxjv, p. 4»i. Un ministre veut m'enrichir. Sans que l'honneur ait i gauchir, bérang. Hefus. j] Gauchir à, autour, contre, ne pas aborder franchement. Mais il n'est pas question pourtant de gauchir touiours aiu difficultés, il les faut vaincre et établir une règle certaine pour la perfection de notre langue, valgelas, Rem. 1. 1, p. 4 70, dans pougens. Celui qui gauchit tout autour [des tentations] Sans en arracher la racine, corn. Imit.t, 43. Contre son insolence on ne doit point gauchir, moj.. Tart. v, s. |j II se conjugue avec l'auxiliaire ocotr. jj 6* F. a. Terme de charpenterie. Donner à une pièce une certaine déviation par un moyen mécanique quelconque. || Fig. Eviter (sens vieilli). Gauchir une difficulté. Ce qu'écrit le destin ne peut être effacé.... De ses pièges secrets on ne peut s'affranchir, Nous y courons plus droit en pensant les gauchir, tbistan, Marianne, i, 8. || 6* Se gauchir, v. réft. Être évité (sens vieilli). Penses-y sans cesse et sans feinte , Ce grand piéril se peut gauchir, corn. Imil. i, S3.
— HIST. xii* s. Guenqis avons la loi pour nous sauver, Rmu. p. 7. Cil Un cuida guenchir, si chet tout estendu, t'i». p. (96. Poi i oui des evesques cu'il voleit sustenir; Mais Rogiers «le Wirecestic ne li vo-
leil guenchir. Th. le mart. 3» chevaliers, monts
Sor ton cheval seulement, Kt je le créant leauuieot Que je ne ganchisse ne fuie, la CharrelU, Mo. ]| XIII* s. Grans paitie des haus homes de Grèce guenchirenl vers la porte de Blaquerne, villkh. cv. Li prestres lieve la maçue, El Ysengrin l'a bien veûc. En la teste le vull ferir, El Ysengrin sot bien guenchir, A celé foiz nel loucha mie. Car il sot trop de l'escremie , tten. 7«6«. Et ceuU à cheval vindrcnt ferant des espérons el n'osercni assembler (livrer balaillej i noslre gent a pié, ainçois ganchirent par devers puIz, joinv. aai. || iiv* s. Mais li diz Tarquinsse gaenchii, et se rechut en la compaignic des siens, bercheobk, f* **, rerso. L'esprevier ne suit mie si bien pelia oiseaulx qui se plient, comme l'aloe qui gauchist comme à es-
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quïprre, Xénaijier, m, 2. ||xv* s. Du quel dit con-
neslable trop (le biens ne puuvoyeiit estre dis, qui onques pour |>aour de mort ne guenchi, chr. de PisAN, Ch. r, II, 1». Nos gens ne leur gauchirent mie, ains lancèrent vers eux de bombardes et de trait sans nulle espargne, Boude, ii, 26. Ne croyez que pourtant ils recuisissent ne gauchissent, ains passeren' oultre, ib. i, 24. || xvi» s. Parquuy nous faisons bien de gauchir un peu sur [d'incliner au] le naïf et mesprisant, mont, i, <»2. En la pluspart de leurs opinions ils gauchissent la voye commune, ID. Il, S49. Gauchir aux dangiers, id. ui, 21. Je n'ay gueres d'art pour savoir gauchir la fortune et luy eschapper ou la forcer, id. iu, 47. L'on ne sçauroit pas dire le semblable de Demosthenes, qu'il ait gauchy ne fleschy jamais, ny en faict ny en parole quelconque, amyot, Démnsth. 19.
— ÈTYM. Bourg, guanchai, gauchir, pencher; norm. guancher, aller; Berry, guincher, guinchir et dé-guincher , dévier légèrement ; de l'anc. haut allemand wankjan, wenkjaii, céder, chanceler. Diez objecte que an ne se change pas en ou, cela est vrai ; mais toute règle a ses exceptions ; et, dans la succession que l'historique présente, ganchir et gauchir sont unis de manière à ne pouvoir être séparés pour la forme ; pour le sens, ils ne peuvent pas l'être non plus, car dans gauchir se sent toujours la signification de ganchir, bien plus que celle de sinister. L'autre objection de Diez est qu'on ne voit pas d'adjectif dériver d'un verbe roman, cela est vrai encore ; mais la chose n'a pas en effet procédé ainsi ; la guanche est un substantif verbal, et la gnauche qui lui a succédé est un substantif verbal aussi. C'est ce substantif qui a été transformé en adjectif
t GAUCHISSAGE (gô-chi-sa-j'),s. m. Se dit d'une poterie qui se déforme en gauchissant.
GAUCHISSEMENT (gô-chi-se-man), s. m. Action de gauchir; le résultat de cette action. || Terme de charpenterie. Action de donner du gauche à une pièce de bois.
— ETYM. Gauchir.
t GACDAGE (gô-da-j') , s. m. Action de plonger une étofTe dans le bain de gaude.
— ÊTYM. Gaude t.
*. GACDE (gô-d"), s. f. Terme de botanique. Espèce de réséda croissant naturellement dans les lieux incultes , employée pour la teinture en jaune, reseda luteola, L. (résédacées).
— HIST. xm' s. Semence de g'"-arence ne de gaude ne doit noiant, lit), des met. 292. || xvi' s. Le gaude ou genest d'Éspaigne croit naturellement en ces pais -là. d'où, comme de sa propre terre, il emporte •on nom, o. de serres, 7.36.
— ETYM. Allem. Waude, Wau, gaude.
2. GACDE (gô-d'), s. f. Bouillie faite avec de la farine de maïs.
— ÊTYM. Gaude 1 , en raison de la couleur jaunâtre de cette farine.
t GACDÉ (gô-dé), s. m. Prière qu'on dit à l'église. Cette vieille est toujours une heure après les autres pour dire ses gaudés, Trévoux. D'abord l'oi seau, comme il n'était pas bête. Vit qu'il devait oublier pour toujours Tous les gaudés qui farcissaient sa tête, GRESSET, Ver-Vert, m.
— HlST. XVI' s. Gaude et Gaudez (pray ers bepmfùng with a gaudete, prières comninn^aui p->> uu gaudete), cotghave.
— ÈTYM. Impératif du verbe latin aauaere : réjouis-toi (voy. JOtJiR), mot oumuieii^ant plusieurs prières.
tGAUDÉAMCS (gô-dé-a-mus'), s. m. Chant de réjouissance. Un des historiens du pape semble croire que cotle mort fut très-heureuse pour les frères, qui. .in d'en verser des larmes, chantaient plutôt, dit-ii, un gaudéamus qu'un requiem, Hist. litl. de la Fr. t. xxiv, p. 42. || Divertissement de table. Dîner, souper en gaudéamus.
— ETYM. Impératif du verbe latin gaudere: réjouissons-nous (voy. jouir).
t GAUr)ËR (gô-dé), V. a. Teindre une étoffe avec de la gaude. Les bleus teints en indigo doivent être gaudés, et ils deviennent verts.
— ETYM Gaude *.
GAUDIR (SE) (gô-dir),i;.r^/!. Il 1" Terme familier et qui commence à vieillir. Se réjouir. Vatteville se plaisait à aller quelquefois voir les Chartreux, pour se gaudir d'avoir quitté leur froc, st-sim. IOG, 66. J'étais content que les choses se fussent aussi heureusement conduites, mais je ne m en gaudis qu'entre les ducs de Chevreuse et de Beauvillierqui l'avaient échappe belle, ID. 22), 240. || 2° Se moquer. Se gaudir de quelqu'tu.
— HIST. XV* s. Maistre François par son blason Trouva la façon el manière D'avoir marée à grant foyson Pour gaudir et faire g^ant chère, villon, t" repue. Comment ils eurent du poisson. \\ xvi* s. Monsieur l'atibé et monsieur son valet Sont faits égaux tous deux comme de cire; L'un est grand fol, lautre petit follet; L'un veut railler, l'autre gaudir et rire, marot, m, 63. Il estoit au.ssi aise d'estre gaudyquedese gaudir des autres, amyot, Anton. 29.
— ETYM. Wallon, si gaudi; du latin gaudere, se réjouir (voy. jouir).
t GACDISSERIE (gô-di-se-rie), s. f. Terme familier. Action de se gaudir; mots plaisants.
— HIST. XVI' s. Ils lui faisoient passer le temps à ivrogner et à dire mots de gaudisserie, amyot. Aie. 74. Et de ces viles âmes de bouffons, il s'en est trouvé qui n'ont voulu abandonner leur gaudisserie en la mort mesme, mont, i, 296.
— ÊTYM. Gaudir.
t GACDISSEUR, EUSE (gô-di-seur, seû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui aime à se gaudir.
— HIST. XV' s. Tu m'as agpelé gaudisseur, du GANGE, gaudiosus \\ xvi' s. Les gaudisseries retournent quelquefois sur les gaudisseurs, desper. Contes, xxviii. Bon compaignon en sa jeunesse, grand diseur, grand gaudisseur, mont, m, 48.
— ETYM. Gaudir; wallon, gâdiseû, amoureux; ancien wallon, gaudieus.
GAUDRIOLE (gô-dri-o-l'), s. f. Propos gai et un peu libre. Ahl la muse de Collé, C'est la gaudriole ô gué I C'est la gaudriole I béhang. Gaudr. La gaudriole qu'on exile Doit refleurir sur son terrain, m. Désaugiers.
— ETYM. Sans doute dérivé de gaudir avec un suffixe diminutif, et probablement dit pour gaudiole.
t GAUFRAGE (gô-fra-j'), s. m. Action de gaufrer les étoffes, les rubans, les papiers at autres objets. Il Gaufrage à la paille, espèce de plissage à plis ronds.
GAUFRE (gô-fr'j, s. ^. || l" Rayon, gâteau de miel. Manger une gaufre de miel. || 2° Pâtisserie mince et légère, cuite entre deux fers, dite ainsi par comparaison à la gaufre, rayon de miel. Il y avait aussi dans cette Ile |des Plaisirs] de grands arbres d'où tombaient des gaufres que le vent emportait dans la bouche des voyageurs, fén. t. xix, p. 38. Les femmes ne vivent que de crème, de thé, de café, de beurre, de gaufres, genus, Veillées du chôrteau, les Deux réput. || Fig. Être la gaufre dans une affaire, se trouver entre deux extrémités fâcheuses, entre deux personnes puissantes et opposées, être la victime dans une affaire, par allusion aux deux fers dans lesquels se fait la gaufre. || 3° Façon (|u'on donne à une étoffe, à une reliure, en y faisant plusieurs figures avec un fer chaud. Alors qu'on gaufre un livre, il faut qu'il soit bien fait, Ou la gaufre produit un détestable effet, lesné, la Reliure, p. 76. 114" Nom de plusieurs coquilles.
— HIST. XIII' s. Et ne puent [peuvent] ne ne doivent les mestres ne les valiez donner que deux goffres pour un denier, Liv. des met. 35(.||xiv' s. Gauffres fourrées, faites de fleur de farine pettrie aux œufs et de lesches de frommage mises dedens, Ménaaier, 11 , 4. || xvi' s. Il estimoit estre tenu d'y vacquer et avoir l'œil plus soigneusement, que ne fait l'abeille à bastir ses goffres de cire où elle fait le miel, amyot, Cat. d'Utiq. 29. De quoy M. d'Angouleme fut pour l'heure bien esbahy, et demeura comme une gauffre entre deux fers, jean de st-ge- LA1S, Hist. de Louis XII, p. 57, dans lacurnp.. Les mutins.... eurent loisir de s'armer et de renfermer comme entre deux gauiïres [gauffriers] ceux qu'ils n'osoyent auparavant regarder en face, Sat. Mén. Harangue d'Aubray.
— ÊTYM. Wallon, waf; picard (Béthune), offre; anc. espagn. guaffla ; bas-lat. gafrum ; de l'allem. Wajfel; angl. wafer; de même radical que wabe, ruche à miel.
GAUFRÉ, ÉE (gô-fré, frée), part, passé de gaufrer. Ruban gaufré. || Terme d'histoire naturelle. Oui présente des enfoncements produits par des lignes saillantes entrecroisées.
GAUFRER (gô-fré), V. o. || 1° Imprimer de certaines figures sur des étoffes, sur des papiers ou autres objets avec des fers faits exprès. Dans l'ancien temps on gaufrait souvent les tranches dorées, LESNÉ, la Reliure, p. *79. Il y a à peu près quinze ans qu'on a imaginé de gaufrer les livres ; Courteval est, je crois, le premier qui ait essayé ce genre, ID. t6. p. (96. Il Gaufrer à la paille, voy. gaufrage. 112" Par extension. Un ouvrier, un misérable ignoré dans son atelier, de quelques guenilles fait une colle, et de cette colle du papier qu'un autre rêve de gaufrer avec un peu de noir, et voilà le monde
bouleversé, P. l. CODI. Utt. a. || 8* Se gaufrer, v. re'fl Être gaufré.
— ErvM. Gaufre.
GAUFREUR, EUSE (gô-freur, freû-z'), ». m. et f. Ouvrier, ouvrière qui gaufre les étoffes. X Paris les gaufreurs étaient aussi appelés maîtres découpeurS'égratigneurs, parce que, outre la gaufrure, ils avaient le droit de découper, piijuei et moucheter les taffetas, les satins et autres étoffes, Dict. det arts et met. Gaufreur. || Gaufreuse de fleurs à la main, ouvrière qui prépare avec le fer à gaufrer (à froid) les pétales et les feuilles des fleurs artificielles.
— ETYM. Gaufrer.
GAUFRIER (gô-fri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel, r» se lie : des gô-fri-é-z échauffes), s. m. Ustensile de fer dans leijuel on fait cuire des gaufres.
— HIST. xiV s. Item unum ferrum vocatum gauffre, DO cange, gaujfra. Les gauffriei-g font un autre service, que l'en dit gros bastons fais de farine.... Ménagier, 11, 6.
— ÊTYM. Gaufre.
t GAUFROIR (gô-froir), ». m. Instrument pour gaufrer les étoffes. || Partie du gaufroir sur laqueH? est gravé le dessin.
GAUFRURE (gô-fru-r"), ». f. Empreinte que l'on fait sur une étoffe en la gaufrant.
— ÊTYM. Gaufrer.
f GAUGE (gô-j'), adj. Usité dans cette locution : noix gauge, sorte de noix ; terme qui se dit encore dans quelques provinces, par opposition aux noisettes ou petites noix.
— HIST. XIII' s. Fcrri, au droit desrenier. Sont plus plesant à mangier Nois gauges, quant abatue En est l'eschaille escheûe Que s'ele i fust, Ribl. det chartes, i' série, t. v, p. 32».
— ÊTYM. Picard, gangue, noix, gauguer, noyer; de l'anc. haut-allem. walah, étranger, non allemand, velche: noix étrangère; anglo-saxon, real nut; allem. mod. Wall-^uss; angl. walnut. En Normandie, on dit gobe et gabier, mais on ne l'applique qu'à la variété à très-gros fruits.
-j- GACGUIER (gô-ghié), ». m. Sorte de noyer.
— HIST. XV' s. Se une femme veult que son mari ou amy l'aime fort, elle lui doit mettre une feuille de gauguier cueillie la nuit St Jehan.... en son soûler senestre, les Èvang. des Quenouilles, p. 67.
— ETYM. Voy. gauge.
t GACLADE (gô-la-d'), s. f. Coup de gaule.
— HIST. XVI' s. lia fallu que lui se prosternant au pied du pape, ait receu les gaulades, d'aub. Conf. i, 1 .
— ÊTYM. Gauler.
f GAULAGE (gô-la-j"), ». m. Action de gauler; résultat de cette action.
GAULE (gô-l'), ». f. ||1» Grande perche. C'est .avec une gaule qu'on abat les noix. Si j'avais tué une dinde sauvage, un ramier, un faisan des bois, nous le suspendions devant le chêne emhrase, au bout d'une gaule plantée en terre, et nous abandonnions au vent le soin de tourner la proie du chasseur, chateaubr. Atala, le Récit, les Chasseurs. Il 2° Bâton. Tu peux choisir, ou de manyer trente aulx, Ou de souffrir trente bons coups de gaules, Bien appliqués sur tes larges épaules.... la font. Paysan. Il ne me fallait pas payer en coups de gaule, MOL. l'Ét. II, 9. Champagne un beau matin reçut cent coups de gaule. Que depuis plus d un an lui promettait Lafleur: Uieu soit loué! dit-il, en se frottant l'épaule. Me voilà guéri de la peur, pons (de Verdun), Contes et poés. div. p. 93 {| 3° Terme de manège. Petite branche de houx, ou baguette très-flexible servant à instruire ou à châtier les chevaux. La gaule est la houssineque le cavalier tient de la main droite, tant pour représenter l'épée que pour conduire le cheval, richelet. Et tenant une gaule. Ainsi qu'à leurs chevaux nous en flattent l'épaule, régnj'R, Sat. iv. |{ Main de la gaule, la main droite du cavalier, celle qui tient la houssine. Il Aider de la gaule, en frapper légèrement sur l'épaule du cheval. || 4° Terme de pêche. Manche de la ligne. || 5° Terme de marine. Levier qui meut le piston d'une pompe. || Gaule d'enseigne, bâton de pavillon de poupe.
— HIST. xiv s. Item pour quatre cens dewaules, DU GANGE, waula. L'exposant happe ou embrace une vaule ou fourche, m. vatlo. || xv s. Ma damoyselle par manière Se façonne comme une gaule, El porte ung long touret derrière Pour musser une faulce espaule, coquill. Droits nouv. \\ xvi* s. Souple et droite comme une gaule, marot, i, 2U2. Les mestaiers, qui là auprès challoient les noiz, accoururent avecques leurs grandes gaules, rab. Garg. 1, JS.
— ËTYM. Normand et picard, vaule; Uaïuaut,
GAU
Mtti*; probablement du latin valtut, pieu. Dlez, remarquant que le mot paraît appartenir au nord de la France, prefiere le gotli.eoJitf, en friwn valu, bâton. On peut aussi songer au celtique : breton, gwalen, verge; kymri, gwtaleii; cornw. guayle7i.
GAULÉ, ÉK (gô-Ié, lée), part, passé de gauler. Le noyer est gaulé.
GAULER (gô-lé), V. a. liattfe un arbre avec une gaule, pour en faire tomber le fruit. Gauler un noyer, un châtaignier. Gauler des noix, des châtaignes. Il Se gauler, v. réft. Être gaulé. Les cbâtaigniers se gaulent en octobre.
— RTYJi. Cnule.
t GAULETTK (gô-lè-f), t. f. Petite gaule. || Nom donné à des espèces d'échelles sur lesquelles ou fait, dans les fabriques, sécher la laine, le papier.
— ÉTVM. Diminutif de gaule.
GAULIS (gô-lî), s. m. Il 1° Terme d'eaux et forêts. Branche» d'un taillis qu'on laisse croître. Lier avec du gaulis, ou avec des gaulis. || 2"Terme de chasse. Grandes branches qui arrêtent les chasseurs en courant dans l'épaisseur des bois. Je pousse mon cheval et par haut et par bas, Oui pliait des gaulis aussi gros que le bras, mol. Fdch. u, 7. Il 3" Lames de gaulis, lames minces de bois qui servent à faire dill'érentes espèces de paniers, par exemple les bourriches d'huîtres.
— f.TYM. Gaule.
GAULOIS, OLSE (gô-loî, lol-z'), adj. || 1° Qui est de la Gaule. Les peuples gaulois. || Fig. Qui a le caractère de» vieilles et bonne» mœurs. Une probité, une franchise gauloise. || En un autre sens. Qui a le caractère inculte et mal poli des vieux temps. Avoir les manières gauloises. Avant moi [François 1"], tout était grossier, pauvre, ignorant, gaulois ; je me suis fait nommer le père des lettres, fén. t. xix, p. 384. De la censure minutieuse et délicate de Vaugelas, le travail de l'Académie passa dans la main rude et encore un peu gauloisï de Mézeray, qui, le meilleur de nos vieux historiens pour la liberté de jugement, la vigueur du récit et parfois l'éloquence, se trouva chargé de recueillir dans l'usage la belle langue française qu'il n'adoptait qu'à demi, viLLEMAi.N, Dicl. de l'Acad. préface, p. xiu. || Suranné. Tournure, expression gauloise. {| Ksprit gaulois, mot gaulois, se dit d'un trait d'esprit, d'un mot dont la liberté n'observe pas toute les convenance», comme cela se voit dans les auteurs du xvi' siècle, à qui ces locutions sappliquent particulièrement. || 2" 5. m. et f. Celui, celle qui est du pays de Gaule. Gai 1 gai I serrons nos rangs, Espérance De la France, Gai I gai I serrons nos rangs , En avant. Gaulois et Francs, bérano. les Gaulois et les Froncs. Il C'est un bon Gaulois, un vrai Gaulois, se dit d'un homme dont la conduite est sincère, franche et droite. || Homme d'une certaine rudesse de manières ou de caractère.... I^s femmes ont fait passer pour Gaulois ridicules ceux qui ont voulu conserver la gravité et la simplicité des mœurs anciennes, fén. t.xvn, p.84. || 3" S. m. Langue parlée par les anciens Gaulois, qui était un dialecte des langues celtiques. Le gaulois. || Gaulois se dit improprement du vieux français. || Locution surannée. C'est du gaulois. Vous parlez gaulois.
— HlST. xv« s. k la vieille gauloise [à la vieille mode], LKBOux de lincy, Prov. t. i, p. sac.
— ÊTYM. La Gaule, lat. Gallia. Cette forme est insolite, attendu que le latin n'a pas gallensis, qui seul aurait pu donner gaulois; quant à au, il parait résulter de la résolution de la première t en u. Les peuples romans portent en ancien allemand le nom de wallt ou toalah; realh, en anglo-saxon; wâlsch, en allemand moderne ; c'est de là que vienX wallon, nom d'un pays de langue française voisin de la langue allemande, et sans doute IVales ou pai/s de Galles en Angleterre. Schclcr pense que ces mots représentent Gallus, mot celtique adopté par les Latins. Max Muller, au contraire {la Science du langage, 3» leçon, trad. Harris et l'errot), rcginle wui/i ou walah comme une a|ipellation donnée par les (iennains à leurs voisins bs Celtes et rulfiitifte avec le sanscrit mlechha, barbare, qui parle d'une manière indistincte. Mais, comme le mot walh ou walah ne se trouve qu'au vin* siècle, il est probable iju'il représente gallut.
t GAULT (golf), s. m. Terme de géologie. Mot usité dans quelques comtés d'Angleterre pour désigner une couche de marne bleue qui sépare en deux étages (le supérieur, et l'inférieur ou gault) le grès verl du terrain cn-tacé.
t OAl'LTHÉUINE (gôl-té-ri-n'),». /■. Terme de chimie. Corps qui se trpuve dans l'écorce de briula lenta, L., ainsi nommé parce que, par distillation.
GAU
il devient identique i l'huile du gauUheria procumberu, L., ou thé du Canada (éricacées).
— £TYM. Gaulthier, médecin et botaniste français du siècle dernier.
t GAUHI.NE (g6-mi-n'), t. f. Mariage à la gaumine, mariage qui, contracté par des protestants en présence d'un prêtre catholique, mais sans qu'il bénit les époux, était pourtant réputé valide, Uém. sur le mariage de protestants, p. 82, dans lacuhne.
GAUHE (gô-p'), s. f. Terme d'injure et de mépris. Femme malpropre et désagréable. Jour de Uieul je saurai vous frotter les oreilles; Marchons, gaupe, marchons, MOL. Tart.l, *. Trois juges sournois.... Ou'accomfjagnaient trois gaupes effroyables, VOLT. Songe creux.
— HIST. XV* s. Villain, tu as appelé Agnès qui est ici, gauppe, et as dit villenie d'elle, nu cange, gausape. \\ xvi' s. Maintenant celui qui aura une belle femme s'ira accointer de sa chambrière, qui sera un touillon, un salisson, une gaupe. Les neuf matinées du seigneur de Cholières , édit. (686, f° 140 recto, mat. v, Des laides et belles femmes.
— ETYM. Génev. %ihe belle gaupe, grosse femme, grosse fille, sans aucun sons défavorable. Du Cange le tire du latin gausape qui s'est dit dans le moyen âge pour une sorte de manteau, le nom du vêlement ayant passé à celle qui le portait; mais tout intermédiaire manque. Diez le rattache à l'ancien anglais t/ia^/op, morceau de graisse; mais cela est peu plausible, les intermédiaires de sens et de forme manquant ici aussi. U rejette l'ancien haut allemand wulpd, louve, qui, dit-il, aurait donné goupe.
t GAUPERIE (gô-pe-rie), s. f. Terme très-familier. Salo|)eri.e, tenue de gaupe.
fGAUR (g6r), s. m. Espèce de bruant.
t GAURE (gô-r'), s. f. ferme de géologie. Granit tendre et désagrégéqui se laisse attaquer par le pic.
GAURES (go-r') , s. m. plur. Sectaires de Zoroaslre, désignés plus souvent sous le nom de Guèbres.
— ÉTYM. Bas-lat. gauri, nom donné par les "Turcs à tous ceux qui ne sont pas chrétiens; ce paraît être le même que guêtre (voy. ce mot).
t GAUSSE (gô-s', et plus souvent prononcé gos'), s. f. Terme d'écolier. Mauvaise plaisanterie, mensonge. U t'a conté des gausses.
— ETYM. Voy. GAUSSER.
GAUSSER (SE) (gô-sé), v. réfl. \\ !• Terme familier. Se railler. Et nous voyons que d'un homme on se gausse, Quand sa femme chez lui porte le hautde-chausse, mol. Femm. sav. v, 3. Oui, pour se gausser des uns et des autres, il invente je ne sais combien de sottises qui font rire, dancoubt, la Ga:ette, se. f8. Il Absolument. Vous vous gaus.sez, monsieur, ça n'est pas vrai, uancourt, Yend.Surêne, t. ...Tout franc je n'aime pas Ou'on se rie à mon nez et qu'on suive mes pas; Si quelqu'un vient encor se gausser davantage. Je lui sangle d'abord mon poing par le visage, REGNARD, Démocr. n, .f. || â" F. n. Pierre s'arrête, rit, et en gans.sant me dit : La voilà bonne ton herbe I [sur laquelle passait une compagnie de chasseurs] . p. L. COUR. Gazette du village. || Activement. J'enrageais quand je vis cent hommes me gausser, POISSON, Bar. de la Crasse, se. 2.
— REM. Les écoliers prononcent gosser, le font neutre et lui donnent le sens de dire des bourdes.
— HlST. XV s. Ils se gaussent de toi; ta force méprisée Par nos adversités leur sert d'une risée, 0AHN1KR, Les Juives, v. Je disois en mes jours, de quelqu'un, en gaussant, qu'il avoit choue la divine justice, MO.NT. I, 310. Tu oses bien te moquer de mes vers Et, te gauchant, les lire de travers, k chaque point disant le mot pour rire, bons. »2G.
— ËTVM. Origine incertaine. Frisch y voit l'italien garazzare, babiller; Diez, l'espagnol gozarse, se réjouir. On peut songer à une forme gavisare, tirée du latin gnvisum, supin de gaudere.
GAUSSERiE (gô-se-rie), s. f. Terme populaire. Moquerie, raillerie.
— ETYM. Gausser.
GAUSSEUR, EUSE (gô-seur, sert-r*), «. m. et f. Celui, celle qui se gausse des autres. Ce g:os Brissad était un gausseur et un homme d'esprit, de manège et de bonne chère, saint-simon, ï64,40. || Ad). Margot, morbleu, E-st par trop joyeuse. Elle est jaseuse, Gausseuse, vadé, Trot/ueurs, i.
— REM. Voltaire a écrit gosscuse : Sa Sainteté est un peu gosaeuse; elle adit: le cardinal Quirini quête des louanges, il a attrapé celles qu'il lui faut, Letl. lime Denis, 9 juin I7S3. Le fait est que, dans les collèges de Paris où ce mot est fort en utigc, on dit gosse, gosser, gosseur.
— HIST. XTi* «. Hieron, qui, après Gelon, occupa
GAV
Siracuse, cerchoit toui hommes librei, Tolontaires et gosseurs, noël dd fail. Conta d^Eutrapel, ch.33.
— ÊTYM. Gausser.
t GAUTEREAC (gft-te-rA), s. m. Va des noms vulgaires du geai.
t t . GAUTIER (gA-tié) , (. m. Nom des paysans normands qui, dans le seizième siècle, ayant pris les armes pour se protéger, finirent par se ranger du parti de la Ligue. || Gautier et Garguille, voy. gar- GuiLLE. Il II s'est dit pour un homme quelconque. Il se hasarde même à faire des romans. Des chansons pour Gautier, des pointes pour Guillaume, cobn. lUus. coin. I, 3.
t 2. GAUTIER (gô-tié), (. tn. Espèce de vanne ou d'arrêt pratiquée dans les rivières oii l'on flotte i l)ois perdu. || Dans la bassa Bourgogne, vanne de déchargeoir.
t GA VACHE (ga-va-ch"), *. m. Homme misérarabie et mal vêtu: homme lâche et sans honneur. Il vous traiterait de ga vaches; Vous me faisiez tant le* bravaches, scabbo.-*, Yirg. v.
— ETY.M. Fjpagn. gavacho, canaille, mot populaire d'injure que les dictionnaires ne mettent pas. Un muletier apjiolle son mulet mulo gatacho ,- les Espagnols donnent par injure le nom de gavachoMaux Français.
t GAVASSINE (ga-va-si-n'), t. f. Ficelle qui fait partie du métier à tisser les soierie».
fGAVASSIMÊRE (ga-va-si-niè-r'), «. f. Ficelle plus grosse que k gavassine et passant dans une boucle au milieu de celle-ci.
t*. GAVE (ga-v'), s. m. Nom que l'on donne dans les Pyi-cnécs aux cours d'eau plus ou moins considérables qui descendent des montagnes.
t2. GAVE (ga-v'), ». f. Terme populaire qui se dit pour le jabot des oisoatu.
— HIST. XIII* s. Hais Renartle feri ou col De son fausart, jus li eûst Caupée le [ia| tieste, ne fust L'aubiera dont ot le [laj gave plaine K'il ot mengié.... Henart le nouvel, v. 1 008. |{ xiv* s. Le suppliant frappa icellui Jaquet d'un petit coustelet par le coul auprès de la gaviete, du cange, gargala.
— ÉTYM. Picard, gave, gosier; wallon, gaf, jabot des oiseaux ; champ, gueffe. Ce parait être le même motque jo6-ot (voy. ce mot); mais Diez le tire du latin cavus, creux.
t GAVKAU (ga-vA), t. m. Membre d'une association d'ouvriers.
t GAVKR (ga-vé). || 1° F. o. Terme populaire. Faire manger beaucoup et malgré eux des poule'..3, des pigeons, etc. pour les engraisser. || Par extension, gorger. Gaver un enfant de bonbons. || t' Se gaver, v. réfl. Se gorger de nourriture.
— ETYM. Gave 2.
t GAVETTE (ga-vè-f), t. f. Lingot d'or ayant déjà reçu quelque préparation pour être mis en fil.
f GAVIAL (ga-vi-al), s. m. || 1" Terme de zoologie. Reptile crocodilien à museau allongé, qui liabite l'embouchure du Gange ; sedit par opposition à l'alligator qu'on trouve cnAmérique.etau crocodile qui habile le Nil ou autres fleuves d'Afrique. Il 1° Nom sous lequel on a désigne le lepisostée ossé (malacoptérygicns abdominaux de Cuvier), qui est, suivant différents auteurs, le lèpisostée gavial, le lèpisostée caïman ou Vésoce caïman, legoarast. Il 3°Terme de paléontogie. Gavial de Manheim, un des noms donnés à Véolodon de Sômmering, reptile saurien fossile trouvé aux environs de Manheim, dit aussi crocodile ancien , legoarant. || Au plur. Des gavials.
t GAVIAN (ga-vi-an), *. m. Espèce de mouette.
GAVION (ga-vi-on), *. m. Terme populaire. Gosier. On lui a coupé le gavion. Kn avoir jusqu'au gavion, être rempli d'aliuirn Is.Se rincer le gavion, boire.
— HIST. XV* s. À Lucifer te porteron Oui te estraindia le gavion Sans lin et sans rédemption, Mart. de St P. et de St Paul. || xvr s. Telles ulcères souvent commencent par les gencives, et chewincnt jusqu'au palais, et en lin gaigiiunt jusquei à la luette et gavion, paré, XI, *6.
— ETYM. <.'fll-« 2.
t GAVITEAU (ga-vi-tê), t. m. Terme de marine. Nom qu'on donna, en quelques ports, aux bouées. Les maîtres et patrons de navire* qui voudront se tenir sur leurs ancres dans les ports seront obiigés d'y attacher hoinn, bouée ou gaviteau pour le* marquer, Ordonn. d'août <««<, liv. iv, tit. l.
— ETYM. En basse Bourgogne on nomme gahint un petit Iwril d'une vingtaine de lities; y aurait-il un rapprochement à faire entre favileau et gabiot?
GAVOTTE (ga-vo-l), t. f. || 1- Danse grave sur un air à deux temps, où l'on s'enlevait de terre, tandis que les danses graves antérieures ne coosi»»
GAZ
GAZ
GAZ
taient guère qu'en des pas glissés ou marchés, et de nobles attitudes. La gavotte de Vestris. Mme Dermance : Il faut danser seule, mademoiselle. — Dermance : Oui, les gavottes, les boléros, picard, Manie debriller, u, 3. Abraham , danseur de l'Opéra, fait fortune (en (797) en montrant la gavotte aux dilettantes parisiens, castil-blaze , l'Académie de musique, t. n, p. 62. i| Pas de gavotte ou demicontrc-temps, c'est le pas fondamontal de la contredanse ; il sert à faire les ronds, les moulinets, Ihs courses et presque tous les mouvements de la r.ntredanse. Il difff're du pas naturel en ce qu'on sautille sur le pied qui esta terre et qu'en môme temps l'autre pied tend sa pointe vers le sol. C'est ce pas qui fait voir que l'on danse et qu'on ne marche pas seulement. 11 exige une demi-mesure d'un air à 2/4 ; et les demi-mouvements qui le caractérisent se font chacun sur une croche. |{ 2° Air sur lequel on danse la gavotte. C'est un air à deux temps d'un mouvement modéré.
— ÊTYM. Danse originaire de» Ocevots, habitant» du paj-s de Gap.
GAYAC (ga-iak), s. m. Voy. gaïac.
t GAYACAN (ga-ia-kan), î. m. Arbre de la famille des rutacées, dont le bois, d'un fauve verdâtre, est plus acre que celui du gaïac ordinaire.
■f GAYETTE (ga-iè-f), s. f. Nom donné dans le département du Nord aux escarbilles, ou débris de charbon de terre tombés dans le cendrier sans être brûlés. Il On trouve aussi galette et gaillette.
t GAYLUSSITE (ghè-lu-si-f), s. f. Terme de minéralogie. Nom du carbonate double de chaux et de soude.
— ÉTYM. Gay-Lussac, célèbre chimiste.
GAZ (gaz'), *. m. Il 1° Selon van Helmont, introducteur du mot, substance subtile unie aux corps, et qu'il appela esprit sauvage à cause qu'il la considérait comme incoercible. 112° Aujourd'hui, en chimie , tout fluide aériforme , qui reste aériforme sous la pression et à la température atmospliériques ordinaires. L'air est un gaz. L'eau résulte de la combinaison de deux gaz. || Gaz permanents, ceux qui conbervent l'état aériforme à toutes les températures, par opposition à gaz non permanents ou vapeurs qu'un certain degré de froid réduit à l'état liquide. || 3° Absolument. Le gaz, celui qui est employé pour l'éclairage et qui est formé en grande partie par le gaz hydrogène bicarboné provenant de la décomposition de la houille par la chaleur. Allumer, éteindre le gaz. On ne voit pas assez, donnez du gaz, plus de gaz. La presse éclaire, et le gaz illumine, Et la vapeur vole aplanir les mers, bé- RANG. Comète. \\ Gaz portatif, gaz d'éclairage que l'on distribue au domicile des personnes qui en font usage. Il Bec de gaz, espèce de robinet, en forme de bec de lampe, par lequel sort le gaz distribué dans les conduits, lorsqu'on veut l'allumer. {| Le Gaz, la compagnie du gaz, celle qui fournit le gaz de l'éclairage. U est employé au Gaz parisien. Il va entrer au Gaz. |1 Le gaz, l'éclairage au gaz. C'est une petite ville où l'on ne connaît pas encore !e gaz. || 4° Se dit aussi, improprement, des vapeurs do l'estomac et des intestins. Il a l'estomac gonflé de gaz.
— ÊTYM. Nom créé par van Helmont (né en < 577) , et qui paraît formé du flamand (van Helmont était Flamand) geest, esprit; allem. Geist. Scheler préférerait , sans l'assurer pourtant, le verbe gàschen, bouillir, fermenter.
GAZE (ga-z'), s. f. Il 1° Espèce d'étoffe fort claire, faite de soie ou de fil d'or et d'argent. La vieille lui baisa les franges de sa robe de gaze, volt. Taureau, 2. On doit à leure travaux réunis [de Montigni et de Holker] la perfection actuelle de nos quincailleries et de nos fabriques de gaze, condohcet, Montigni. J'aime un sein qui palpite et soulève une gaze, A. CHÊN. Poésies diverses, p. 231. (| Par analogie. Ceux-là [des poissons] dorment dans un rayon de soleil qui pénètre la gaze argentée des flots, chateaub. Génie, i, v, 4. || Terme de point d'Alençon. Voy. HEMPU. ||2° Fig. Voile, adoucissement. Nuls traits à découvert n'auront ici de place ; Tout y sera voilé, mais de gaze, et si bien Que je crois qu'on n'en perdra rien, la font. Tabl. Le cardinal de Bouillon prétexta quelques affaires à Naplcs; cette gaze n'empêcha pas tout Rome de voir fort clair à travers, ST-siM. )4S, («7. Quoi qu'il en soit, ma Minerve sévère Adouci.-a ces grotesques portraits, Et, les voilant d'une gaze légère. Ne montrera que la moitié des traits, gresset, le Lutrin vibrant.
— HIST. XVI* s. Dessus la toille ou sur la gaze peinte De fil enfilpressoit la laine teinte, homs. «86.
— ÉTYM. Normand, gaie, la vesce, ainsi dite à cause de la finesse de son feuillage; bas-lat. ga%-
tatum, gaze ; de Gaxa, d'après du Gange, ville d'Orient où l'on fabriquait cette étofTe.
GAZR, lîE (ga-zé, zée), port, pa-ssé de gazer. Il 1" Couvert d'une gaze. Une tapisserie gazée. Il Fig. Voilé légèrement. Des détails trop libres, adroitement gazés. || 2" S. m. Papillon diurne.
t GAZKIFJAULK (ga- zé-i-fi -a-bP), adj. Terme de chimie. Oui est susceptible de se convertir en gaz.
t GAZÉIFICATION (ga-zé-i-fi-ka-sion ) , s. f. Terme de chimie. Réduction d'une substance à l'état de gaz.
GAZÉIFIÉ, ÉE (ga-zé-i-fi-é, ée),por». passé de gazéifier. .Substance gazéifiée.
GAZÉIFIER (ga-zé-i-fi-é), je gazéifiais, nous gazéifiions, vous gazéifiiez ; que je gazéifie, que nous gazéifiions, que vous gazéifiiez, v. a. Transformer en giz. Il Se gazéifier, v. réfl. Être transformé en gaz.
— ÉTYM. Gm, et le suffixe fier, équivalent du suffixe latin ficare, dérivé de facere, faire.
GAZÉIFORME (ga-zé-i-for-m'), adj. Qui est à l'état de gaz.
— ÉTYM Gat, et forme.
f GAZÉITÉ (ga-zé-i-té) , s. f. Terme de chimie. Propriété qu'ont certains corps d'exister à l'état gazeux.
— ÉTYM. Gax.
GAZELLE (ga-zè-l'), s. f. Terme de zoologie. Bête fauve du genre des antilopes {antilope dorcade) qu'il ne faut pas confondre avec Vantilope leucoryx, appelée algazel, lkgoarant. Les gazelles habitent l'Asie et l'Afrique, et vont par troupes. Depuis qu'Albaydé dans la tombe a fermé Ses beaux yeux de gazelle, v. hugo, Orient. 26.
— HIST. xni's. Une beste sauvage que l'en appelle gazel, qui est aussi comme un chevrel, joinv. 267.
— ÊTYM. Espagn. gazela; ital. gaizella; de l'arabe, ghaia.
GAZER (ga-zé), ». o. Il 1° Mettre une gaze siu: quelque chose. || 2° Fig. Voiler légèrement, déguiser ce qui est trop libre dans un écrit ou ce qui déplairait. Il est vrai que les défenseurs de cette doctrine ont eu soin de la gazer sous un voile trèspopulaire, MiRABEAD, Collection, t. il, p. <40. Aujourd'hui l'on a la manie De clouer, sur tous les sujets. Le mot pour rire à chaque phrase; On gaze, dit-on, les objets.... Mais on éclaircit trop la gaze, DEMOUSTiER, dans le Dict. de bescherelle. || Absolument. Gazez, gazez.
— IlEM. Gazer au sens propre et au sens figuré n'est, dans le Dictionnaire de l'Académie, qu'à partir de l'édition de 1762.
— ÉTYM. Gaie.
GAZETIER (ga-ze-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des ga-ze-tié-z instruits), s. m. Il 1° Celui qui compose, publie un journal, une gazette. Théophraste Renaudot estle gazetier de France le plus fameux; il était médecin de Montpellier ; il commença à donner la gazette en (63), bichelet. C'est une erreur [que Tomyris ait fait tuer Cyrus] dont on a abusé seulement durant vingt-cinq siècles, et cela par la faute du gazetier de Scythie, qui répandit mal à propos la nouvelle de sa mort sur un faux bruit, boil. Héros de romans. || Aujourd'hui, dans l'usage ordinaire, on dit journaliste. Il Gazetière au féminin, s'est dit en parlant d'une femme qui publie une gazette. On n'a pas conseillé à notre gazetière de Rotterdam, la veuve Saint-Glain, d'insérer cette réponse, bayle, Lett. 85, 5 déc. <690, t. I, p. 296. || Fig. Celui qui annonce à un tiers les nouvelles du pays où il est. Je voudrais du moins être votre gazetier en ce pays-ci, afin de ne vous être pas tout à fait inutile, volt. Lett. Mme de Bmières, octobre I724. || Celui qui recueille les bruits qui courent. Gazetier scandaleux, sur la liste inhumaine II enregistre à son retour. Nuit par nuit, jour par jour, semaine par semaine. Les revers de l'hymen, les exploits de l'amour, df.lille, Convers. n.'||2° Il se dit par dénigrement. Gazetier clandestin Dont la plate âcreté damne le genre humain, volt. Loi nat. 3. Comme l'ont écrit tous ces gazetiers de mensonge, m. Louis XIV, 27. Moi TOUS sabrer, bonhomme I quiconque vous l'a dit est un.... — Oui, mon ami, c'est un gazetier censuré, p. l. cotm. 2° lett. parliatl. \\ 3° Autrefois, celui qui vendait ou donnait à lire les gazettes dans les rues de Paris.
— ÉTYM. Gaietle.
GAZETIN (ga-ze-tin), t. m. Terme vieilli. Petite gazette. Les gazelinssont ordinairement manuscrits. Les gazetins infidèles dont l'Kurope est inondée, VOLT. Lett. d'Argenson, 3o mars )740.
— ÉTYM. Diminutif de gaietle.
1. GAZETTE (ga-zè-f), s. f. || 1° Écrit périodique contenant les nouvelles politiques, littéraire», etc.
dit aujourd'hui plus habituellement journal. D'éloges on regorge, à la tête on les jette. Et mon valet de chambre est mis dans la gazette, mol. Mis. m, 7. Ne vous incommodez point pour le» réponses; il a un style de gazette qu'il possède mieux que moi, SÉV. Mt. '2b oct. 1879. N'avez-vous point remarqué la gazette de Hollande? elle compte ceux qui ont des charges chez Madame la Dauphine, m, (7 janvier 1680. Et, cherchant sur la brèche une mort indiscrète. De sa folle valeur embellir la gazette , roil. Sat. vm. La nouvelle qui vous alarme n'est encore que dans la gazette, et la gazette est souvent menteuse, bancourt, la Gaxette, se. 8. Je veux encore me flatter que les gazettes ne savent ce qu'elles disent ; cela leur arrive fort souvent, voit. Lett. d'Argental, 6 déc. 4768. i l'imitation des gazettes politiques, on commença en France à imprimer des gazettes littéraire» en (665, in. Dict. pliil. Gazelle. Mlle Duménil [une actrice] court à brida abattue, une autre dit des vers comme on dit la gazette, m. Lett. Chabanon, 22 déc. 1 766. Renaudot (Théophraste) , médecin très-savant en plus d'un genre, le premier auteur des gazettes en France, m. Louis XIV, Écrivains. \\ Une vieille gazette , une chose qui n'a plus aucun intérêt. Je vis qu'il me traitait comme une vieille gazette, dont on n'a plus que faire, staal, Mém. t. i, p. 298, || Fig. et populairement. Lire la gazette, se dit d'un cheval ou d'une autre bête de somme que son maître laisse exposée à l'injure du temps, pendant qu'il est, lui, au cabaret. Le maître vide sa bouteille, la jument lit la gazette, humbert. || Titre de différents journaux. La Gazette de France. La Gazette du village. On devenait coupable d'un crime sensible [auprès du roi], sitôt (|u'on s'écartait un peu de la fadeur de la Gazette de France, et de celle des bas courtisans, ST-siM. 245, 1 4. (I 2° Détail minutieux de circonstances. Que je voie toute la cour par vos yeux, que j'assiste à tous les sermons par vos oreilles.... et qu'il ne revienne point de courrier qui ne soit chargé d'une gazette de votre style, balz. liv. iv, lett. 26. Si je vous faisais une gazette de l'état de ma santé en détail, sév. 504. Parlez-moi de votre gazette de santé, qui est bien la source de mon repos, ID. 2» nov. (889. Deux personnes chargées de faire la gazette de la cour, montesq. Esp. xu, 7. Ces gazettes de la médisance, ces archives du mauvais goût, que l'envie, la bassesse et la faim ont dictées, ces lâches satires où l'on ménage le vautour, et où l'o» déchire la colombe, volt. Babouc. || 3° Par dénigrement. Histoire, poëme, récit où les choses sont racontées sèchement et sans intérêt. Ce poëme n'est qu'une gazette rimée. U y a environ douze batailles dont je n'ai point parlé. Dieu merci, parce quej'écris l'histoire de l'espiit humain, et non une gazette, volt. ieK. Damilaville, I3 février (763. || 4° Personne curieuse d'apprendre et de débiter toute» sortes de nouvelles. C'est la gazette du quartier.
— HIST. XVI* s. Hé quoy donc, petit sibilot [fou], Pour l'amour de dame Lisette, Vous vous estes fait huguenot, i ce que nous dit la gazette, n'AUWONÉ, Épigr. Il se retira en cette ville (qui estoit Venize) au mois de juin an susdit ((598) , n'aiant avec lui qu'une seule gazette, pièce de monnoie valant trois liards de France, id. Ilist. m, 5i3. Elle jase, elle caquette, Comme une vieille gazette. De mouchoir et de manchette. De cravate et de cornette, pebbin, Poés. p. 210, dans laclrne.
— ÉTYM. Espagn. gnieta; ital. gazzetta; d'après Ménage et Ferrari, du vénitien gazzetta, nom d'une petite monnaie que coulait le papier-nouvelle vendu à Venise; le nom de la pièce de monnaie passa au journal. D'autres ont dit que gazzetta était le diminutif de gazza, pie. M. Garcin deTassy le tire de l'indo-persan kdged ou fcdj/iî, papier. Mais c'est l'opinion de Ménage et de Ferrari qui doit prévaloir; du moins un des exemples de d'Aubigné prouve que gazette était alors le nom d'une monnaie.
t 2. GAZETTE (ga-zè-f), ». f. Terme de manunufacture de porcelaine, he même que casette, dont il est une altération.
t GAZEUR (ga-zeur), s. m. Néologisme. Celui qui sait gazer , déguiser les choses trop libre».
— ÊTYM. Gazer.
t GAZEUSE (ga-zeû-z') , s. f. Terme de point d'Alençon (dentelle bride). Celle qui fait le remplissage des fleurs et feuille».
— ÉTYM. Gazer.
GAZEUX, EUSE (ga-zeû, zeû-z'), adj. Terme de chimie. Qui est de la nature du gaz ; qui est à l'état de gaz. Les substances gazeuses. || Air gazeux, ancien nom de l'acide carbonique. La cure des asphyxies causées par l'air gazeux, conooRCET, Bucquet.
GAZ
Il Limonade gareuse, roy. umowad». || Familièrement. Un verre di; gazeuse. Une bouteille de gazeuse.
— ETVM Gai.
t. GAZIER. ItRE (K8-zié, ziè-r"), t. m. elf. Ou- Trier, ouviièi-e en gaze.
— ETVM. Caie.
f 3. GAZIKR (ga-zié), ». m. Ouvrier qui travaille au gaz de I éclairage.
— ETYM. Gai
I GAZIPÈRE (ga-zi-fe-r) , od/. Terme de chimie. Oui sert à faire le gaz. Machine gaziRre. || S. m. Appareil servant à faire !e gaz inflammable pur.
— ÊTYM. Gn%, et le lat. ferre, porter.
t GAZOFACTEUR (ga-zo-fa-Itteur), ». m. Usine où l'on fait du gaz portatif.
— ETYM. Gat, et facteur.
f GAZOGÈNE (ga-zo-jè-n') , ». m. || !• Nom donné à un appareil portatif avec lequel on fait de l'eau de Seltz. Il 2" Nom proposé pour désigner le mélange d'alcool et d'essence de térébenthine employé pour l'éclairage.
— ETYM. Ga%, et le suffixe gène, pris dans le sens de : qui engendre.
t GAZOLYTE (ga-zo-li-f), adj. Terme de chimie. Susceptible de se résoudre en gaz. || S. m. pi. Corps simples susceptibles de former des gaz permanents par leur combinaison avec d'autres corps simples.
— ÊTYM. Gax, et Xuto;, soluble.
GAZOMÈTRE (ga-zo-mè-tr') , ». m. jj 1° Terme de
chimie. Appareil propre à mesurer la quantité d'un gaz. 112° En particulier, appareil qui, mesurant la quantité du gaz d'éclairage, en r?gle l'écoulement et en fournit une quantité constante pour un temps déterminé. || 8» Petit appareil à aiguille et àcadran, qui, placé dans chacune des maisons éclairées au gaz hydi'ogi'ne, montre pendant combien de temps les becs de gaz sont restés ouverts, jj On dit aussi compteur.
— ETYM. Gai, el [Ut fov, mesure.
1 GAZOMËTRIE (ga-zo-mé-trie) , ». f. Art de mesurer les gaz.
GAZON (ga-zon) , ». m. jj 1" Herbe courte et menue. Tondre le gazon. Sur un lit de gazon, de faiblesse étendu. Il semblait déplorer ce qu'il avait perdu CORN. Rodog. v, 4. Souvent, dans le secret de l'ombre et du silence. Du gazon d'un cercueil la prière s'élance. Et trouve l'espérance à côté de la mort, LAMABT. Méd. ii, 5. La lune se balance aux bords de l'horizon ; Ses rayons affaiblisdorment sur le gazon, m. ib. i, I5. || Gazon d'olympe, un des noms vulgaires de la slatice armérie (plombaginacées) . dite aussi statice à gazon, gazon de montagne, g^znn d'Espagne. |l Gazon anglais, un des noms vulgaires de l'ivraie vivace, qui est un très-bon fourrage. Il Gazon d'Angleterre, la phléole des prés, le paturin '.riviaj, et la saxifrage hypnoide ou saxifrage mousseuse; fette dernière, qui habite l'Europe australe, est appelée encore gazon turc. || Gazon d'argent, nom vulgaire du céra'Lite tomentftuc ou ciraiste cotonneux de certains auteurs. Gazon de chat, la germandrée maritime. Gazon de Mahon, la julienne de Chio, dite aussi giroflée de Mahon. Gazon d'or, la vermiculaire brûlante et l'orpin anglais. Gazon du Parnasse, la convallaire bifoliée et la paraassie palustre, LEGOARANT. || i' Terre couverte de gazon. Les villageois dansent sur le gazon. Gazons entrecoupés de ruisseaux et d'ombrages, Seuil antique ou mon père, adoré comme un roi. Comptait ses gras troupeaux rentrant des pAturages.... lamart. Méd. II, 16. Il 3' Terme de fortification. Revêtement d'un parapet. || 4' Au plur. Mottes de terre carrées et couvertes de gazon, dont on se sert pour faire des gazons artificiels. Lever des gazons. || Gazons plaques, ceux qui se composent de tranches taillées dans un antre ga?on. || 6" Gazon se dit quelquefois, par plaisanterie, de la perruque d'un chauve, ou des cheveux irés-rares qui restent sur sa tête.
— HIST. XV* h. Si convint les chevaux manger terre pour |au lieu del la wason, ou bruyeies, ou feuilles d'arbres, froiss. i, i, 38. || xvi» s. Desguiscz en pais^ins, et portans le gason sur le col.... Le Veiger et les siens, alans posé leui» gasons pr's de la porte, s'élancent dedans.... h'aub. Hisl.ia, 416.
— ETYM. Wallon, tcasort ; aragonais etcrémonais, gason; bas-lat. guaso, ujoto; de l'anc. h. allem waso; alU-m. mod. f¥itfn, gazon.
tGAZ(•^NANT, ANTE (ga-zo-nan, nan-t") , adj. Terme d'horticulture. Plantes gaznnnantcs. plantes gr<^|f"i et M)uri''s. qui forment g.izon.
GAZONNlî. HK (ga-zo-né, née), part, passé de giznnner. Bastion ga/onné.
GAZONNE.MKNT (gazo-ne-man) , ». m. || l'Action â". gazonner. Le gazonnemant d'un bastion, jj 1* £ta-
GAZ
blissement de gazons sur un terrain, jj On trouve aussi gazonnage.
GAZ(»'>'KR (ga-zn-né) ,«. a. Revêtir Je gazon. 'lazoniier le rebord d'un bassin. || ÊUiblir un guon sur le terrain. J'ai fait gazonner ce carré de jardin.
— HIST. XVI" s. Il fit une place régulière de cinq bastions de terre tn'^s bien liée, fascinée et gasonnée, d'adb. Ilist. m, 270. Routes ombrageuses, gazonnées et doux fleurantes, mont. 1, ^^9.
— ETYM. Gazon ; wallon, waxoné.
t GAZONNEITX, EUSE (ga-zo-neû, neû-r") , adj. Synonyme de gazon nai '..
t GAZOSCOPE (ga-zo-sko-p*),». m. Appareil destinéà prévenir les explosions gazeuses dans lesmines.
— ÉTY.V. Gaz, et oxoneiv, examiner.
t GAZOUILLANT, ANTE (ga-zou-llan, l!an-t', Il mouillées) , adj. Oui gazouille. J'y laisse couler mon esprit, Commo cette onde gazouillante Oui suit le chemin de .sa pente Qu'aucune loi ne lui prescrit, la FAHE, Jtéfl sur une belle ciimpngne.
GAZOUILLEMENT (ga-zou-'Ue-man , U mouillées, et non ga-zou-ye-man), ». m. || 1* Petit bruit agréable que font les oiseaux en chantant. On entendait le gazouillement des oiseaux, pkn. Tél. 11. Elles [les litornes] ont plutAt un gazouillement qu'un chant, bupp. Ois. t. v, p.37o, danspouoKNS. < Boursault l'a dit du chant du rossignol; mais le terme ne parait pas exact : Un rossignol inquiet et volage, Dont le gazouillement était touchant et beau. Voulut en apprendre un nouveau, Fables d'Ésope, I, B. Il 8" Par extension, le murmure d'une eau courante. Je faisais ces méditations dans la plus belle saison de l'année, au mois de juin, sous des ombrages frais, au chant du rossignol, au gazouillement des ruisseaux, J. ;. bouss. Cnnfess. ix. Ainsi dans un désert le brûlant voyageur, Au seul gazouillement d'une onde désirée, Retrouve la moitié de sa force égarée, gilb. Mort d'Ab. ch. viu. || 3" La conversation, le chuchotement de petites filles.
— HIST. xvi* s. Les oyes de Sicile usent d'une fort bonne grâce, pour se garder de se descouvrir par leur gazouillement, pabb. Animaux, 46.
— ETYM. Gaiouiller.On disait aussi gazouil au XVI* siècle.
GAZOUILLER (ga-zou-llé, Il mouillées, et non ga-zou-yé), v. n. || 1° Faire un petit bruit doux et agréable comme celui que produit le chant confus des petits oiseaux. Toujours éveillé le premier dans la vohère, il [le tarin] estau.ssi le premier k gazouiller et à mettre les autres en train, bupp. Ois. t vu, p. 313, dans POUGENs. Il Par extension, il se dit quelquefois des personnes. Voyez-la, le matin, qui gazouille et sautille; Son cœur est un oiseau, sa bouche est une fleur; C'est là qu'il faut saisir cette indolente fille, a. de mussf.t. Poésies nouv. Idylle. Il Aciivement. Prononcer, chanter comme en gazouillant. Gazouiller des couplets. Le perroquet a la facilité d'imiter la voix de l'homme, il gazouille sans cesse quelques-unes des syllabes qu'il vient d'entendre, bupp. Perroquet. \\ %• Il se dit du bruit que font les ruisseaux en coulant sur les cailloux. Ce ruisseau qui gazouille sous les saules. || U se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XIII* s. Si vous veuillez, biau sire, entre nous conforter, Entre ces demoiseles gaziller et jouer, DU CANGE, gazera. || xiv* s. L'enfant aussi com
par leesse Gazoulle et rit et s'esjoyt Hais quant
ainsi l'oyt gazouller.... La comtesse d'Anjou, ms. v. 4082. Il XVI* s. Aussi n'est ce grande chose de feuilleter les livres, de gazouiller et caqueter en une chaire de la chirurgie, pabê. Au tect.xvin, 78. Sur ce printemps les oisillons des champs Gazoullcront armonieux deschans, g. crétin, Poésirs, p. 2)6. Là se levèrent aucuns qui gazouillèrent [bavardèrent] tout ce qu'ils purent au contraire, l'espace de trois heures, béze, Viede Calrin, p. 1 26,
— ETYM. Proveuç. gnial, bavard; gaxalhar, bavarder ; gasar, bavarder. Il y a là un radical gas ou gax qui paraît être le m me que celui dejaf-cr, à cause de la permutation du g en / Diez, qui fait ce rapprcichemenl, tire le met du Scandinave gassi, i|ui signifie jaseur comme l'oie, bavarois j/ômWn, jaser comme l'oie, de gans, oie. Mais cette dérivation indirecte parait devoir le céder à une dérivation directe venant du celtique : breton, geix, geid, gazouillement; Itymri, gyth, murmure.
GAZOUILLIS (ga-zou-lli, U mouillées, et non ga-zou-yi),». m. Synonyme de gazouillement. Au gaZKUillis des ruisseaux de ces bois, la pont. Fer. D'autres oiseaux.... En sautillant font entendre i la fois Le gazouillis de leurs confuses voix, volt. Ép. 64.
— HIST. XIV* s. Oui des oiseaux oïst les sons Et haut et bas les gezillons, FI. «t Bl. 2017. || xvi* s.
GÏÎA
Accordant leurs mignardes plaintes au gazotiillis enroué des ruisselets voisins, tvei, p. ta,
— ETYM. Gaznuillrr.
t Cfi (je), ». m. lerme de jeux. Se dit au gille, de deux cartes de même figure et de même point.
— ETYM. fai. On appelle;'oi en Normandie le jeu de brelan, parce que le joueur dit/'oi, lorsqu'il a deuA cartes semblables, le i;l'Chat, Sur llahetait.
GEAI (j^), ». m. Oiseau de la famille des corbeaux, remarquable par son plumage bigarré, enrvut glandariut, L. ; il est de ceux à qui on peut apprendre à parler. || C'est le geai paré des plumes du paon, c'est le geai de la fable, se dit de quelqu'un qui se fait honneur d'une chose d'emprunt. Un paon muait; un geai prit son plumage, Puis après se l'accommoda.... Il est beaucoup de geais i deux pieds comme lui Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui, la pont. F(^l. IV, 9. Il Populairement, foireux comme un geai.
— HIST. XII* s. Si je vois là, je vous chastoierai Del poing senestre; me resamblez le gai Qui siet sor l'arbre où je volentiers trai, Haoul de C <»7. Il XIII* s. Uns escoufles [sorte d'épervier] jut [fut gisant] en Sun lit, Malades fu, si cum il dit; Uns gais ot Sun ni prés de lui, marie. Fable 87. || xiv* s. Esprevier d'yver prent, quant il est bon, la pie, le jay, Uodus, i" cxv, t!er»o. Voler aux merles, aux mauvis, aux gois, Ménagier, m, 2. Ne je ne pris [prise] un bec de jay Ceux qui s'en vorroient ruser [retirer, reculer], MACHAUT, p. 7. Il XVI' s. Je ressemtileray au hibou, et croy qu'il y aura quelque gay ou meschant corbeau qui me cajolleront et becquetteront, pabB, Mumie et lie. Dédie. Ils piolent comme les poules, Ils cageollentcomme les gays, ID. Animaux, 26.
— ÊTYM. Picard et norm. gai; Berry, jaie: provenc. gai, jai ; espagn. gayo: bas-lat gaius, gaïa. Diez croit que c'est le même mot que gai, adjectif. On penserait plutAt à l'adjectif dauphinois yaille, bigarré; espagn. gayo. D'autres y ont cherché une contraction du bas-breton gegin, kegin, geai. Remarquez qu'un des noms vulgaires du geai est gaget. Il y a dans l'arrondissement de Loches deux communes dites le grand et le petit Geai, en latin, Oebriacus.
GÉANT, ANTK fjé-an,an-t'), ». m.etf. || l'Terme de la mythologie. Nom d'êtres fabuleux d'une taille énorme, qui étaient fils de la Terre, avaient des pieds dp serpents, et essayèrent de détrôner Jupiter; ils furent foudroyés. || Il se dit aussi d'êtres à forme plus ou moins humaine et d'uae très-grande taille. Que n'ont tant de géants acoourci mon destin I ROTB. Herc. mour. m, s. Et les os dispersés du géant d'Epidaure, rac. Phèdre , i, 4 . || Le Géant, se dit quelquefois de la constellation d'Orion. Il 2° Dans la Bible, nom des êtres nés du commerce des anges avec les femmes. Tout ce pays de Basan est appelé la terre des géants, saci. Bible, Deuléron. III, <3. Les anciens géants n'ont jjoint obtenu le pardon de leurs péchés, ils ont été détruits à cause de la COI. fiance qu'ils avaient en leurs propres forces, ID. ib. Ecclésiastique, xvi, ». || 3* Par extension, personne qui excède de beaucoup la taille ordinaire. Quel géant I Une géante. Stature de géant. Des faits dignes de foi attestent qu'il peut exister des hommes de deux mètres soixante centimètres et plus. Le géant c|u'on a vu à Paris en 1735 et qui avait six pieds huit pouces huit lignes était né en Finlande sur les confins de la Laponie méridionale; le géant de Thoresby en Angleterre, haut de sept pieds cinq pouces anglais; le géant, portier du duc de Wirtemherg, en Allemagne, de sept picils et demi du Rhin. hopp. Suppl. d Fhist. nat. Œuv. t. XI, p. 122, dans poooens. Le courrier des Lipuns, dans ses turlupinades, Veut qu'on aille au détroit où vogua Magellan, Pour se former l'esprit, disséquer un géant, VOLT, les Systèmes. J'ai d'un géant vu le fantôme immense Sut nos bivouacs fixer un œil aident; Il s'écriait : mon règne recommence; Et de sa hache il montrait l'occident ; Du roi des Huns c'était l'ombre immortelle, bBrano. CharU du Cosai/ue. || Aller, marcher à pas de géant, aller, marcher à très-grands pas. Il [Dieu se faisant homme] ne s'est point arrêté aux anges, quoiqu'ils fussent, pour ainsi dire , les plus proches de son voisinage; il e.st venu i pas de géant, sautant, dit l'Écriture, toutes les mc".U^es, Boss. 3* sermon, Annonciation, 2. Punira-t-il des pygmées de n'avoir pas su marcher à 7îî de géant ' DinKBOT, Nouv. pms. phit. 13. || Fig. raire des progrès rapides. Marchez à pas de géant dans la voie de Dieu. mass. Carême, Lax. \\ Fig. Géant, se dit quelquefois d'un génie protligieux. Michel-Ange est un géant Tel s'imagine être un géant Qui n'a pa& plus d'une eoudée, la mottb, Fablet, 1, 13. Me con-
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leilleriez-vous d'y ajouter quelques petites réflexions détachées sur les Pensées de Pascal? il y a déjà longtemps que j'ai envie de combattre ce géant, VOLT. Lelt. en vers et en prose, 28. Périsse enfin le géant des batailles [NapoléonJ ! Disaient les rois : peuples, accourez tous, bérang. Waterl. {| 4» Il «e dit quelquefois des animaux d'une taille colossale. La baleine, ce géant des mers. || Terme d'histoire naturelle. Tout corps organisé dont la stature dépasse les proportions communes des individus de ïon espèce. |{ 6° Il se prend quelquefois adjectivement. Le grand Darès seul se présente, Darès à la taille géante, scarr. Virg. v. On ne peut pas douter qu'il n'y ait eu des individus géants dans tous les climats de la terre, puisque de nos jours on en voit encore naître en tout pays, buff. Notes justif. Êp. nat. Œuvres, t. xiii, p. 304. || Fig. De la servile ËKypte on vante les tombeaux, Les lacs, les murs géants, le tortueux dédale, Àlmanach des Muses, pour <79l. Puis la mer furieuse et tombée en démence. Et de son lit silencieux Se redressant géante, tt de sa tête immense Allant frapper les sombres uieui, BAHBiER, ïambes, popularité.
— REM. On a dit au féminin géane, qui n'est |.lu3 usité et qui n'aurait jamais dû l'être. Il [M. Lecat] cite la fille géane vue par Goropius qui avait dix pieds de hauteur, buff. Suppl. à l'hist. nat. VEuvres, t. xi, p. <23.
— HIST. XI' s. La première [eschele, escadron] est des jaians de Malperse, Ch. de Roi. ccxxxvi. ,1 ru* s. Cume jaianz, forz en bataille. Que n'i a sors le suen i vaille, benoît, ii, 841 o. Il s'esleechat se réjouit] si cume gaianz à curre sa veie. Liber psalm. p. 22. E vesti hauberc aussi corne gyant, Jfacftob. I, 3. Sephi ki fud del lignage Arapha del parented as gcanz. Rois, p. 2U4. || xiii* s. Là sunt Ii 5enestes jaiant Et pin et cèdre nain séant, La Rose, 5985. Il XV" S. Isle aux geans [l'Angleterre], eust. OESCH. Poésies mss. f 16 || xvi" s. Il dit ainsi; le jean d'autre part Le mesuroit d'un terrible regard, BONS. 6)3. Son corps estoit géant, et au milieu du Iront Contournoit un grand œil comme un grand boucler rond, JD. 749. Celui qui est sur les espaules du géant voit plus loing que celui qui le porte, COT-
ORAVE.
— ÊTVM. Wallon, gaid; génev. géane au lieu de géante; wallon, agéian, ajoan; du latin gigantem, qui vient du grec tifo.;, que l'on tire de ■y'i > '«^ terre, et une forme irrégulière you;, tenant au radical qui veut dire naître. On a indiqué aussi le sanscrit jigat, qui veut dire naître ou marcher.
t GÈVNTISME Cié-an-ti-sm'), s. m. L'anomalie 8n excès qui caractérise la taille des géants. Le géantisme dans les végétaux est considéré comme une simple variété.
— ÉTYM. Géant.
t GECKO (jè-ko), s. m. Terme d'histoire naturelle. Genre de sauriens qui font entendre un son qui leur a valu ce nom.
GÉHENNE (jé-è-n'), s. f.\\ 1° Proprement, vallée près de Jérusalem où les Juifs brûlaient leurs fils et leurs filles en l'honneur des idoles. || 2° Fig. L'enfer, en style de l'Ecriture. La géhenne du feu. Le feu de la géhenne.
— HIST. xiii* s. Li juste une foiz s'exhaucent par espérance de la perpétuel leesce, une autre fois se doutent par la paor dou feu de jehennne, brun, la- TiNi, Trésor, p. 402.
— ÉTYM. Hébreu, gê-hinnom, vallée de Hennom, située auprès de Jérusalem.
t GEIGNANT, ANTE (jé-gnan, gnan-t'), adj. Qui a l'hahitude de geindre. Une petite fille geignante.
GEINDRE (jin-dr'), je geins, tu geins, il geint, nous geignons, vous geignez, ils geignent; je geignais, nous geignions; je geignis; je geindrai, je geindrais ; geins, qu'il geigne ; que je geigne, que nous geignions, que vous geigniez; que je geignisse: geignant, v. n. Terme familier. Même sens que gémir , mais avec l'idée de blâmer celui qui gemt, ou de se moquer de lui. Dans l'état de malaise où je suis, je geins sans pouvoir m'en empêcher. C'est un beau, gros, court, jeune vieillard, gris pommelé, rusé, rasé, blasé, qui guette, et furette, et gronde, et geint tout à lafois, Beaumarchais, Barb. de Sév. i, 4. Toute la nuit elle n'a fait que geindre et sangloter, genus, Théâtre d'éd. la Lingère, i, 6.
— HIST. XIII' s. Et Renart prent à soupirer, Et à gembre moult durement, Ren. 4469. Mes ne li vaut mie une pome. Que Ysengrin le fiert et maille. Et dant Renart gient et baailie, ib. 16U52. || xvi' s. Il gehaignoyt comme ung asue qu'on sangle trop fort, rab. Pant. ii, )3.
Dlr.T. DE I.A LANGUE KIUNgAiSK.
— ÉTYM. Lat. gemêre, qui, ayant l'accent sur ge, adonné régulièrement geindre ou gembre ; gémir Tient d'une forme barbare gemïre. Suivant Curtius, gemere se rattache à Yeiiw, être plein, à cause du sentiment de gonflement qui accompagne le gémisrement et le sanglot.
t GÊINE (jé-i-n'), s. f. Terme de chimie. Nom donné par Berzellusau terreau. La géine a été dita aussi acide géique.
— ÉTYM. ri), la terre.
t GÉINIQUK (jé-i-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide géinique, acide qu'on produit à l'aide da l'humate d'ammoniaque.
f GEL (jèl), s. m. Temps de gelée. L'incertitude sur la densité de la glace se révèle par les indications très-variées que l'on rencontre dansles ouvrages, sur l'expansion subie par l'eau au moment du gel, ouFOUR, Acad. de* se. Comptes rendus, i. uv,
— HIST. XI' s. [il] Veit les toneires et les vens et les giels, Ch. de Roi. 48). || xiii' s. En esté chante. En yver plore et me gaimente. Et me desfuelle aussi com l'ente, Au premier giel, ruteb. 20. || xvrs. Les herbes ont chascune leur propriété, leur naturel et singularité ; mais toutes fois le gel, le temps, le terrouer ou la main du jardinier ou adjoustent ou diminuent beaucoup de leur vertu, la bobtie, Servitude volont.
— ÉTYM. Provenç. gel, gil; espugn. yelo; poitug. et ital. gelo; du latin gelu; sanscr. jala.
t GEMBLE (je-la-bl'), ad}. Qui est susceptible d'être gelé. Tout ce qui était gelable a été gelé. Il Oui est exposé à être gelé. Ce canton est très-gelable.
— ÉTYM. Geler.
f GÉLASIE (jé-la-zie), «. f. I^om donné quelquefois à une des trois Grâces.
— ÉTYM. TO.m, rire.
fGÉLASIN, INE (jé-la-zin, zi-n'), adj. Terme didactique vieilli, qu'on ne trouve d'ailleurs que dans ces deux expressions : dents gélasines, dents qui paraissent quand on rit; fossettes gélasines, fossettes qui se forment sur la joue d'une personne qui rit.
— ÉTYM. r6>âirtiiO{, qui a rapport au rire.
GÉLATINE (jé-la-ti-n'), s. f. Substance qu'on extrait, sous forme de gelée, des os des animaux. Bouillon, tablettes de gélatine.
— ÉTYM. Lat. gelare, geler, à cause quela manière dont cette substance se coagule est comparée à l'action de la gelée.
GÊLATINECX, EUSE (jé-la-ti-neû, neû-z'), adj. Il 1° Qui est de la nature de la gélatine. Suc gélatineux. Substance gélatineuse. Quelques plantes, comme les trémelles, ont l'aspect d'une gelée, ce qui leur vaut l'épilhète de gélatineuses. Il est prouvé que tous les corps organisés sont gélatineux avant que d'être solides ; les arbres les plus durs et les plus pierreux n'ont été d'abord qu'un peu de gelée épaissie, bonnet, Paling. xvi, 2. || 2° Qui a l'apparence de la gélatine. D'où résulte une précipitation de la silice qui était combinée avec la potasse; cette précipitation donne de la silice d'autant plus gélatineuse qu'il se trouve une plus forte proportion de carbonate dans la dissolution, becquerel, Acad. des se. Comptes rendus, t. Lin, p. )I99.
— ÉTYM. Gélatine.
t GÉLATINIFORME ( jé-la-ti-ni-for-m') , adj. Qui ressemble à la gélatine.
— ÉTYM. Gélatine, et forme.
■f GÉLATINISATION (jé-la-ti-ni-za-sion), s. f. Passage d'un corps i l'état de gélatine ou à l'aspect gélatineux.
t GELBERDE (jèl-bèr-d') , t. m. Terme de minéralogie. Variété d'ai-gile ocreuse.
— ÉTYM. AUem. gelb, jaune, et Erde, terre. GELÉ, ÉE (je- lé, lée) , part, passé de geler-
Il 1° Transformé en glace. De l'eau gelée. J'ai exposé à un froid de douze à treize degrés des chrysalides de la belle chenille du chou ; elles paraissaient gelées très à fond, et, quand je les laissais tomber dans un vase de porcelaine, elles y rendaient le même son qu'une petite pierre ; cependant elles n'étaient point mortes, bonnp.t, Lett. div. t. xii, p. < I , dans P0UGENS. Il 2° Durci par la gelée. Là, sur les sillons raidis d'un champ gelé et parsemé de débris russes et français, il voulut, par la puissance de ses paroles, se décharger du poids de l'insupportable responsabilité de tant de malheurs, ségur, Hist. de Nap. IX, 8. Il 3° Atteint par la gelée. Il eut les pieds gelés à la retraite de Moscou. Plusieurs de ses soldats tombaient morts de froid dans leurs postes; et les autres, presque gelés, voyant leur roi qui souffrait
comme eux, n'osaient proférer une plainte, volt. Charles Xll, 8. Ce ne fut qu'à onze heures du soir que le» Russes y renoncèrent [à enlever un refuge où les Français étaient retirés], et qu'à demi gelés ila en allèrent chercher un autre dans le* village: environnants, séour, llist. de Nap. xi, )2. || Par exagération. Être gelé, avoir très-froid. Avoir les pieds gelés, avoir très-froid aux pieds. || Fig. Il a le bec gelé, se dit d'une personne qui afl'ecte de garder le silence. || Il n'a pas le bec gelé, se dit d'un grand babillard.
GELÉE (je-!ée) , s. f. || 1° Froid qui glace l'eau et qui rend les corps plus rigides. Le temps est à la gelée. Tous ceux qui connaissent un peu les bois savent que la gelée du printemps est le fléîiu des taillis, bl'Ff. Hist. nat. Introd. OEuirej, t. viii, p. 307, dans POUGENS. Presque tous conviennent qu'elles [les cailles) s'en vont à la première gelée d'automne, dont l'efl'et est d'altérer la qualité des herbes et da faire disparaître les insectes, m. Ois. t. iv, p. 24». Il Gelée blanche, congélation de la rosée avant le lever du soleil pendant les nuits sereines du printemps et de l'automne. Si l'air est assez froid pour que cette rosée se gèle, elle formera ce qu'on nomma la gelée blanche ; ce sera, en quelque sorte, la cristallisation de l'eau, bonnet, Vt. feuill. plantes, Suppl. i'. Il 2" Suc de viande ou de quelque autre substance qui a pris une consistance molle en so refroidissant. Gelée au rhum. Gelée de veau. L'n plat de gelée. Le roi prit de temps en temps un peu de gelée et de l'eau pure, st-sim. 406, 58. {| Populairement et fig. Nous aurons demain un plat de gelée, il gèlera demain. || 3° Jus de fruits cuits qui se coagule par le refroidissement. Gelée de groseilles, de pommes. |{ 4° État gélatineux de parties végétales ou animales. Telle a été la première forme du chêne majestueux et du puissant rhinocéros; ils n'ont été au commencement qu'une goutte de gelée et moins encore, bonnet, Letlr. div. t xii, p. )3. Combien l'organisation de ces petits animaux, qui semblent n'être qu'une gelée épaissie, difl'ère-t-elle de celle des animaux que leur grandeur et leur consistance soumet au scalpel de l'anatomistel lo. Paling. philos, v, 3. || 6° État que l'alumine, la silice, la colle, etc. prennent, quand, ayant été dissoutes dans un liquide, elles s'en séparent à l'état solide. On les distingue [certaines pierres] des pierres purement vitreuses ou calcaires en leur faisant subir l'action des acides ; ils ne font d'abord aucune effervescence avec ces matières, et cependant elles se convertissent à la longue en une forte gelée, buff. Min. t. viii, )3», dans POUGENS. Il En gelée, en forme de gelée. Cette dissolution se prend en gelée par le refroidissement. Il Ancien terme de chimie. Gelée minérale, nom donné à quelques précipités. || Terme d'alchimie. Gelée du loup, teinture d'antimoine. || 6° Terme de zoologie. Gelée de mer, espèce de méduse. |! Proverbes. La gelée n'est bonne que pour les choux. Il Gelée hors de saison gâte la vigne et la moisson. Il Est à la terre la gelée Ce qu'aux vieillards robe fourrée. || La gelée blanche, sous la planche, c'està-dire elle passe sous la planche du ruisseau; elle finit par la pluie.
— HIST. xii* s. Autressi blanche corne neif surgelée, Ch. de Hol. ccxl. Il ocist les moriers d'els en gelede, Liber psalm. p. )09. ||xiii's. Dieux broï par gelée tous les arbres. Psautier, t° 95. Li flum sont grant, et li plouasse et les neges elles gielées, H. ds VALENC. xvii. En plusor bos [bois] [il| est main et soir manans. Et par chaut tens et par froide gelée, Hist. litt. t. xxiii, p. 535. {{ xiv's. Carde faim et de froit, de soif et de gelée Avoit chascun sa char traveillie et penée, Guescl. 4 2668. Gelée d'escrevices, lapereau et cochon, Ménagier, li, 4. || xvi' s. Les pierres sont sujettes à la gelée, paussy , 23». De la gelée faite avec du jus de citron, et non avec le vin, sans beaucoup de canelle, paré, xx, 4). Par excellence quand l'on parle des gelées s'entend celle du coin, 0. DE serres, 867. Blanche gelée est de pluyo messagère, (Jénin, Réiréat. t. ii, p. 235. La gelée ne fault au grésil Non plus que le père au fils, le- Boux DE LiNCY, Prov. t. i, p. 99. 1.63 avocats sont bons à faire gelée, ils prennent le mieux du monda, CHOLif.RES, Contes, t. i. Matin. 3.
— ÉTYM. Gelé; bourguign. jaulée; provenç. gelada, gilada ; espagn. helada ; portug. geada ; ital. gelata
GELER (je-lé. La syllabe je prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je gèle, je gèlerai), V. a. Il 1* Transformer en glace, durcir par le froid. Le froid a gelé l'eau du bassin, le vin dans le» caves. Il 2° Par extension, détruire la vie dans les plantes, dans leurs boutons, dans leurs fleun» I e