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PALISSY

— ÊTYM. Provenç. et ital. gemma; du lat. gemma, pierre précieuse. L'ancien français jerne, écrit aussi jame, se prononçait jame, comme feme ou femme se prononçait et se prononce famé. Gemma est rattaché par Curtius à Yspia), être plein.

t2. GEMME (iè-m'),s. f. Terme de botanique. Nom donné à toutes les parties susceptibles de reproduire un végétal. || Terme de zoologie. Nom donné à des saillies qui naissent sur les côtés du corps des polypes hydraires.

— ÉTYM. Lat. gemma, bourgeon et pierre précieuse.

t GEMMÉ, ÉE (jè-mmé, mée), adj. Orné de pierreries.

— HIST. XI* s. Luisent cil haume qui à or sont gemmé, Ch. de Roi. lxxix. H xvi* s. Et le bel esmail qui varie L'honneur gemmé d'une prairie, bons. 660.

— ÉTYM. Gemme < ; provenç. gemmar, orner de pierreries; ital. gemmare.

t GEMMER (jè-mmé), v. a. Terme d'exploitation de la résine. Les propriétaires de pignadas.... ménagent sur chaque hectare.... jusqu'à 200 pins en état d'être gemmés , c'est-à-dire de recevoir des entailles, pour l'écoulement de la résine, dralet, Traité des forêts d'arbres résineux, p. 4 48.

f t. GEMMIFËKE (jè-mmi-fè-r'), adj. Terme de minéralogie. Qui contient des pierres gemmes, des diamants.

— ÉTYM. Gemme 4, et le latin ferre, porter.

1 2. GEMMIFÈRE (jè-mmi-fè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des gemmes , des bourgeons.

— ÊTYM. Gemme 2, et le latin ferre, porter.

+ GEMMIFORME (jè-mmi-foi^m') , adj. Terme de botanique. Qui a l'apparence d'un bourgeon.

— ÉTYM. Gemme 2, et forme.

t GEM.MIPARE (jè-mmi-pa-r'), adj. Terme de botanique. Qui produit d<>s bourgeons. || Génération gemmipare, mode de reproduction par bourgeons qui s'observe chei les polypes hydraires surtout, mais aussi sur les cellules des plantes.

— ÉTYM. Gemme 2, et le latin parère, enfanter. f GEMMIPARIE (jè-mmi-pa-rie), ». f. Mode de

reproduction par des gemmas ou bourgeons.

— ÊTYM. Gemmipare. On trouve aussi gemmiparilé ; mais le mot n'est pas bon, parité étant le substantif de par, pareil.

t GEMMCLATION (jS-mmu-la-sion) , s.f. Terme de botanique. Développement de la gemmule.

t GE.MMULE (jè-mmu-l'), s. f. Terme de botanique. Premier bourgeon de la plante, rudiment de la tige croissant, par la germination, en sens inverse de la radicule. || On dit aussi plumule. || Corps reproducteur des algues.

— ÊTYM. Diminutif de gemme 2.

GÉMONIES (jé-mo-nie), s. f. pi. Terme d'antiquité, i Rome, escalier sur lequel on exposait les corps des condamnés qui avaient été exécutés (étranglés) dans la prison ; de là on traînait leurs corps avec des crocs dans le Tibre. || Fig. Le vois-tu [le vulgaire] donnant à ses vices Les noms de toutes les vertus, Traîner Socrate aux gémonies.... ? lamart. Méd. I, 4«.

— ÊTYM. Lat. gemonixscalœ, ou, par abréviation, gemonix. Les uns le tirent d'un nom propre Gemonius, les autres de gemere, gémir. Ce qui pourrait donner de l'appui à cette dernière étymologie, c'esî que les gémonies étaient dites aussi gradus gemitorii.

GÉNAL, ALE (jé-nal , na-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux joues. Glandes génales. Muscles génaux. || Trait génal, trait qui va du milieu des joues au trait nasal.

— ÊTYM. Lat. gêna, joue ; grec, yimi. Comparez le sanscrit hanus, et le gothique kinnus, mâchoire.

GÊNANT, ANTE (jê-nan, nan-t'), adj. Qui gêne. Si vous ne voulez que des liaisons de société, faitesles à la cour, ce sont les plus agréables et les moins gênantes, duclos, Consid. Mœurs, chap. ( 1 . On ne poursuivit pas à la rigueur l'observation de cette loi gênante, raïnal, Hist. phil. xiv, 5. Il n'est pas gênant et vous laisse une entière liberté, genus, Thédt. d'éduc. la Bonne mère, u, 3.

— ÉTYM. Gène.

t GENCIVAL, ALE (jan-si-val, va-l*), adj. Voy. gingival, qui est seul usité aujourd'hui.

GENCIVE (jan-si-v'), s. f. Chair, tissu rougeâtre, qui garnit les deux arcades dentaires et adhère fortement au pourtour du collet des dents.

—HIST. XIII* s. Les venteuses qui sont mises desous le menton, espurgent les dens et les enchivps, alebrant, f° 43. Et à nous qui avions tele maladie venoit char pourrie es gencives, ioinv. 236. || xvi* 5. Ce muscle prend son origine de toute la gencive latérale de la maschoire supérieure.... paré, iv, ».

— ÊTYM. Berry, gendive; provenç. gengiva, angita; anc. catal. gingiva; espagn. encia; portug. et ital. gengiva; du lat. gingiva.

GENDARME (jan-dar-m'), s. m. || 1" Anciennement. Homme de guerre à cheval armé de toute pièces et qui avait sous ses ordres un certain nombre d'hommes à cheval. On ne connut plus que les gendarmes ; le gens de pied n'avaient pas ce nom, parce qu'en comparaison des hommes de cheval, ils n'étaient point armés, volt. Mœurs, 38. Il [Charles VII) conserva des compagnies réglées de quinze cents gendarmes ; chacun de ces gendarmes devait servir avec six chevaux, iD.tb. so. || En ce sens, on écrit quelquefois gens d'armes. || Plus tard il s'est dit des cavaliers de certaines compagnies d'ordonnance quoiqu'ils fussent armés à la légère. Gendarmes du roi, de la reine, du dauphin, compagnies do gendarmes qui avaient pour capitaines le roi, la reine et les princes de qui elles portaient le nom. Un tel sert dans les gendarmes. || Il s'est dit aussi d'un soldat en général. Seule j'ai par mes charmes Mis au joug les taureaux et défait les gendarmes, CORN. Médée,n, 4. Mais comme elle entendit un grand bruit de gendarmes.... mairet, Mort d'Asdrub.

V, 2 Le lendemain, on trouva dès l'aurore Les

deux gendarmes morts sur la statue assis, v. hcgo, Bail. 8. Il Fig. C'est un beau gendarme, s'est dit d'un homme qui a bonne mine à cheval. Cette phrase a vieilli. || Familièrement. C'est un gendarme, un vrai gendarme, c'est une femme forte et hardie. Cette phrase est encore usitée. || Il se dit aussi d'un bourru qui gronde sans cesse. Il a un oncle qui est un gendarme, un vrai gendarme. Il 2" Aujourd'hui soldat appartenant à un corps qui

GEN

est chargé de maintenir la sûreté et U tranquillité publiques. Un mot avec paraphe. ...et aussitôt gendarmes de courir, prison de s'ouvrir; quand vons y serez, la charte no vous an tirera pas, p. L. coim. Lett. IV. Los gendarmes, qui revoyaient cette armée pour la première fois depuis son désastre, étonnés à l'aspect de tant de mis're, effrayés d'une si grande confusion, se découragèrent, séoub, Ilist. de Nap. X, «. Il Par extension et dénigrement, nom donné à celui qui fait un moment la fonction du gendarme. Ne m'assommez pas, gendarme que vous êtes, s'écria-t-il à la vue du bâton levé sur lui, CR. de ber- RAiiD, la Peau du lion, § xi. || Gendarmes d'élite, gendarmes qui font le service auprès du souverain. Vous êtes né [l'empereur parlant à Wint- T.ingeToàe] dans les États de la confédération du Rhin; vous êtes mon sujet ; vous n'êtes point un ennemi ordinaire, vous êtes un rebelle, j'ai le droit de vous faire juger ; gendarmes d'élite , saisissez cet homme-là ; les gendarmes restèrent immobiles, comme des hommes accoutumés à voir se terminer sans effet ces scènes violentes, et sûrs d'obéir mieux, en désobéissant, SÊoun, Hist. de Sap. IX, a. Il 8° Nom donné à certains points qui se trouvent dans les diamants ressemblant à une fêlure et en diminuant le prix. || 4° Petite tache qui se forme à l'œil. Il a un gendarme à l'oeil. 116° Pièce de fer de la charrue, ser\ant à arrêter les herbes qui s'embarrasseraient dans les jambettes de l'âge. Il 6°i4u pluriel. Bluettes qui sortent du feu. || Petites parties de lie qui se trouvent quelquefois dans le vin.

— HiST. XIV* s. Chevaucbeurs estoient ceulx que nous appelons maintenant gens d'armes, bekcheube, '" t, t-erso. Il XV' s. Jean Harleston fist sonner ses trompetes et armer toutes ses gens d'armes, tant (le cheval que de pié, et fit tout tirer aux champs, PROiss. liv. I, p. m, dans lacurne. Le roy Charles VII assembla son conseil pour regarder et avoir avis sur les gens d'armes qui destruysoient son royaume de toutes parts, et pour mettre les dits gens d'armes en rcigle et en ordre et les entretenir sans les perdre et eslongner de luy; et futavisé qu'il metteroit sus quinze cens lances choisiz et esluz, et les diviseroit en certains capitaines pour les conduire et gouverner, et que chascune lance auroit deux archers et un coustiller armé, OL. de la marche, Mém. liv. I, p. 240, dans lacurne. || ivi* s. Tallebot disoit : Se Dieu estoit gent d'arme, il seroit pillard, FABRi, Art de rhétorique, liv. i,p. 40), dans lacurne.

— ÊTYM. Gens, de, arma.

GENDARMÉ, ËE (jan-dar-mé, mée), part, passé de se gendarmer. Saisi d'une irritation qu'oi) témoigne. Cet homme, gendarmé d'abord contre mon feu. Oui chez lui se retranche et de grès fait parade, MOL. Ée. des femmes, m, 4. Préjugé populaire, esprit de bourgeoisie. De tout temps gendarmé contre la poésie, piBON, Uélrom.y, 4.

GKNDARMER (SE) (jandar-mé), V. réfl. S'emporter mal à propos pour peu de chose. Mais il est véritable aussi que votre esprit Se gendarme toujours contre tout ce qu'on dit, mol. Mis. u, 6. ICst-ce qu'au simple aveu d'un amoureux transport Il faut que notre honneur se gendarme si fort? id. Tart. IV, 3. Je ne vois pas contre eux de quoi se gendarmer, th. corn. l'Inconnu, i, 6. Je m'en vais la rejoindre et tftcher de calmer Son esprit violent, prompt à se gendarmer, regnard, le Distrait, m, 6.

— HIST. xvr s. Pour se vouloir eslever et gendarmer de ce sçavoir qui nage en la superficie de leur cervelle, ilsvont s'embarrassant et empestrant sans cesse, MONT, i, us. [Vénus] gendarme le tenare cœur des pucelles au giron de leurs mères, id. u. 1 0. Cette canaille de vulgaire s'aguerrit, et se gendarme à s'ensenglanter Jusques aux coudes, m. m,

— ÊTTM. Gendarme.

GENDARMERIE (jan-dar-me-rie), s. f. || 1» Anciennement, corps composé de gendarmes ou hommes d'armes. Sous François I" et sous Henri II, les forces des armées consistaient en une gendarmerie nationale et en fantassins étrangers que nous ne pouvons plus comparer à nos troupes, volt. Polit. et Ug. Observ. sur Jean Lass, Kelon et Dutot. || Plus tard, nom donné i toutes les compagnies d'ordonnance du roi, de la reine et des princes. Toute la gendarmerie est commandée, et elle commencera bientôt i marcher. || S* Aujourd'hui, corps militaire qui veille à la siircté publique. La gendarmerie à cheval, à pied. || Gendarmerie d'élite, dite aussi gendarmerie des chasses, troupe d'élite composée de gendarmes & cheval et faisant le service des chasses dans la maison du souverain. || La casejne des gendarmes Li-baii, k côté de U gendarmerie.

grn

— HIST. zvi* B. n lui sembla par aventure que la gendarmerie françoise se romproit aussi facilement que les genetaircs maures, lanoie, 329.

— Btvm. Gendarmr,. par l'intermédiaire d'un adjectif fictif gendnrmier.

t GENDARMEUX, EDSE (jan-dar-meû, meû-z'), adj. Terme de minéralogie. Se dit d'une pierre précieuse qui a des gendarmes, des paillettes.

— ÈTVM. Gendarme.

GENDRE (jan-dr*), s. m. Nom du mari, par rapport au père et à la mère de sa femme. Je vous nommai son gendre et vous donnai sa fille, rac. Brit. IV, 2. Il en croit nos transports ; et, sans presque m'entendre. Il vient, en m'embrassanl, de m'acccpter pour gendre, id. Iphig. m, 3. Un beau-père aime son gendre, aime sa bru; une belle-mère aime son gendre, n'aime point sa bru, la brut. y. Il [Thémistocle] dit que, dans le choix d'un gendre, il aimait mieux du mérite sans bien que du bien sans mérite, rollin, Ilist. onc. ÛKuc.t. m, p. 354, dans P0UOFN8. Il Fig. Faire d'une fille deux gendres, promettre une chose à deux personnes. || Proverbe. Quand la fille est mariée, il y a assez de gendres, cela se dit de toutes sorte» d'affaires, quand, après les avoir faites, on trouve de nouvelles occasions de les faire, dont on ne peut plus profiter. || Amitié de gendre, soleil d'hiver.

— HIST. XI* s. Si le père truvet sa fille en avulterie [adultère] en sa maisoun ou en la maisoun son gendre.... Lois de Guill. 37. |{ xii* s. Sire, fait-il, or saichiés vous de fi, Mors est Berniers li genre au sor Geri, Raoul de C. 282. Done moi ta fille à feme, e serai tis gendres, Machab. i, <o. || xvi* s. Morte ma fille, mort mon gendre, lotsel, Institules coutumières, n* t34. Quel privilège a cette figure [d'armoiries] pour dcmourer particulièrement en ma maison? un gendre la transportera en une aultre famille, MONT. I, 347.

— ÉTYM. Bouguig. jarre; provenç. genre; catal. gendre; poitug. genro ; ital. genero ; du latin gcnerum, gendre, le même que le grec fanSpo;, où le p est euphonique, et le sanscrit jdmdtor, gendre ; la racine est jan, engendrer.

t ....GÈNE (jè-n'), élément de composition qui, employé dans le langage scientifique, signifie engendrant : hydrogène , engendrant l'eau; mais qui est mal employé et provient d'une erreur, puisqu'en grec le suffixe ftwin signifie, au contraire, qui est engendré.

GfiNE Qê-n'), s. f. Il 1* La question qu'on faisait subir aux accusés pour leur arracher des révélations. Menacésdela gêne, ils ont tout découvert, th. corn. Pers. et Dém. v, 2. On le retira de la gêne pour le réserver au gibet, chateaijbr. Nalch. 2* part, vers la fin. Il Par extension, les tortures qu'on inflige à quelqu'un pourlui faire dire quelque chose, pour en tirer de l'argent. || Mettre à la gêne, donner la question; et fig. soumettre à une vive peine, mettre dans un grand embarras. C'est en cette manière qu'il nous a appris qu'il fallait mettre à la gène de tels imposteurs, pasc. Prot). ta. Si elle pa conscience) refuse de parler, c'est qu'elle est complice du crime; il la faut faire parler par force, il la faut mettre à la gêne et à la torture, Boss. Sermons, Péché d'habitude, 3. Sont-ils d'accord tous deux pour me mettre à la gêne? rac. Phèd. v, 4. || Donner la gêne, donner la question ; et fig. imposer un grand effort. H ne faudrait pas donner la gêne à notre esprit, pour trouver de quoi nous entretenir avec lui, MASS. Carême, Prière (. |{ Se donner la gêne, s'inquiéter ; se mettre l'esprit à la gêne, faire de grands efTorts. Il se donne la gêne pour faire des vers. || 8° Par extension, douleurs trèsvives comparées à celles de la question. Je ne veux point d'un fils dont l'implacable haine Prend ce nom pour affront et mon amour pour gène, cohn. Iléracl. V, 6. La recevoir [Emilie] de lui me serait une gêne, m. Cinna, n, 2. Pour moi, j'en ai souffert la gêne sur mon corps, mol. l'Ét. iv, 6. Je sens rie son courroux des gênes trop cruelles, ID. Dép. am. V, 2. Non, non, l'enfer n'a point de gène Qui ne soit pour ton crime une trop douce peine, id. Sgan. (6. La pierre, la colique et les gouttes cruelles.... De travaux douloureux le viennent accabler. Sur le duvet d'un lit, thé.ltre de ses gènes, Lui font scier des rocs, lui font fendre des chênes, boil. Épll. XI. Il 3" Ce qui met trop à l'étroit, mal k l'aise, filre à la gêne dans ses souliers. Il y a un peu de gêne dans la respiration. Il 4° L'emharras que cause le séjour d'une personne chez une autre. Restez chez moi, il y a place pour vous, vous ne me causerez pas de gène. Il S* Contrainte fkcheuse, état pénible où l'un se trouve. Que de vivre k la gène avec un

r.ÉN

indiscret, BéoNiER, Sat. viii. Puia-]e vivre et traîner cette gêne éternelle? corn. Ilodog. v, 4. Ces feintes ont pour moi des gènes trop cruelles, ID. Théod. IV, 4. Je souffre, et c'est pour vous que j'ose m'imposer La gêne de souffrir et de le déguiser, lo. Oth. I, 4. Je m'impose k vos yeux la plus dure des gênes, ID. D. Sanclir, i, ». L'hymen ou je m'apprête est pour vous une gêne! ID. Serlor. iv, 1. Hais je ne puis souffrir qu'un esprit de travers Qui, pour rimer des mots, pense faire des vers. Se donne en te louant une gène inutile, BruL. Disc, au roi. Le délassement le plus sûr des gênes, des bienséances, MASS. Carême, Temples. Où le sexe, élevé loin d'une triste gêne, Marche avec les héros, et s'en dislingue à peine, volt. Tancr. iv, a. Quintilien n'est franc ni dans sa critique ni dans son éloge; on y sent la gène, DIDEROT, Claude et Nér. ii, I03. Charmante maison, point de gêne ; on y est comme chez soi, PICARD, Veux Philiberls, i, 4. || Terme de peinture. Synonyme de contrainte dansle dessin. |{Saiis gêne, sans s'imposer aucune contrainte. C'est chez nous [singes] qu'k vivre sans gêne S'instruisit le grand Diog'ne, BÉRAHO. Orang-out. Uiogène, sous ton manteau. Libre et content, je ris et bois sans gêne, id. Nouv. Diog. \\ Être sans gêne, prendre sesaisessanj ' s'inquiéter des autres. Ce monsieur est sans gêne. Il On dit dans un sens analogue : C'est un monsieur sans gêne ; et, avec ellipse de monsieur, c'est un sans gêne, vous êtes un sans gêne. || Substantivement. Le sans-gêne, voy. sahb-gène, k son rang alphaliétique. || 6' État voisin de la pauvreté, pénurie. Être dans la gène. || Proverbe. Où il y a de la gêne il n'y a pas de plaisir.

— HIST. xiii* s. Kt si tost comme il le [la] veut mètre à la geliine, ele reconnut toute le [la] vérité et fu arse, beaum. lxix, «a. Or ont, por leur amour, perpétuel haïne, Por leur joie, tristescc, por leur pais, atalne [fâcherie], El por leur faus deliz, très destraignant jaîne; Périlleuse est amor qui tel queue traîne, J. de meuno. Test. i»7S || xiv* s. Pour gehines et justices de le [la] ville faites au dit terme, CArpiAUX, Abolis de maisons, p. 24. || xvi' s. Je ne veuli corrompre son esprit à le tenir k la géhenne et au travail, mont, i, («i. Quelle géhenne ne souffrent les femmes, guindées et cenglées, k tout de grosses coches sur les coslez? id. i, 30». Estre tiré sur la gesne [torturé], paré, vi, (4. Hz lesemprisonnoient, ilz leur donnoient la géhenne, AMïOT, Lucull. 35. Tu fais que sage de confesser la vérité avant que l'on te donne la geyne pour ta la faire dire, id. Anton. 7a.

— ÊTYM. Contraction de géhenne (voy. ce mot); Maine, o^ftai'jne.

GRNÉ, Ée (jê-né, née) , part, passé de gêner. ||1° Mis à la question. Gêné par ordre du juge. |1 i'Fig. Qui éprouve une vive douleur, une torture morale. Caliste, en cet exil j'ai l'âme si gênée Que.... M alh. v, 1 5. Mon cœur gêné d'amour n'a vécu qu'aux ennui», RÉGNIER, Élég. 1. Ne t'étonne donc plus si mon kme gênée Avec impatience attend son hyménée, cohn. Cid, I, 4.118° Qui est mal k l'aise, dans quelque chose de trop étroit. Gêné dans ses souliers. || Fig. Tout était équivoque dans sa situation [du pape] ; les papes, depuis Grégoire VII, eurent toujours avec les empereurs cette conformité, les litres de maître» du monde et la puissance la plus gênée, volt. inn. Emp. Conrad IV, (263, (254.11 4° X qui on cause des embarras, des difficultés. Gêné dans »es desseins. La philosophie, toujours gênée, ne put dans le seizième siècle faire autant de progrès que les beaux-arts, volt. Mœurs, 1 2i . || S* Oui est mal à son aise k l'égard de personnes ou de choses. Ils se croiraient gênés dans cette ville immense, volt. Orph. I, S. la comtesse : Puisque vous n'avez besoin que de cela, monsieur, j'en suis ravie ; je vou» l'accorde ; j'en serai moins gênée avec vous. — Lelie : Moins gênée? ma foi, madame, il ne faut pa» que vous le soyez du tout, Marivaux, Surpr. de l'amour, n, 7. Il Familièrement. Vou» n'êtes pa» gêné, se dit à quelqu'un qui en use trop librement. C'est un homme qui n'est pas gêné. || Proverbialement. Il est plus gênant que gêné. || 8" Qui a quelque chose de contraint. Démarche gênée. La plupart des livres ressemblent à ces conversations générales et gênées, dans lesquelles on dit rarement ce qu'on pense, volt. Loi natur. Préf. || Terme de peinture. Se dit d'un dessin contraint. || 7' Qui éprouve des eml>arras d'argent. C'est un ménage fort gêné.

GÉNÉALOGIE Jé-né-a-lo-jie), i. f. Il 1 Suite d'ancêtres qui établit une filiation. Dresser unegénéalogie. Arbre de généalogie. Ceux-ci cherchèrent l'écrit de leur généalogie dan» le dénombrement, saci, Bible, Ksdras, n, vu, «4. Une nais-sance qui effac«

GÊN

GfiN

GÉN

l'éclat de toutes lés généalogies 'de l'univers, mass. Or. fun. Datiph. II avait eu la ridicule vanité d'acheterune généalogie, genlis, Veillées duchdt. 1. 1, p. 480, dans pougens. || Il se dit aussi des chevauj de pur sang. Il n'est pas indigne de l'histoire de dire qu'un écuyer arabe qui avait soin de ses chevaux donna au roi leur généalogie ; c'est un usage établi depuis longtemps chez ces peuples [lesTurcs|, qui semblent faire beaucoup plus d'attention à la noblesse des chevaux qu'à celle des hommes, volt. Charles XU, 7. || Fig. Ce serait bouleverser toute la généalogie des substances du règne animal, buff. Min. t. II, p. 1 13, Il 2° Etude et connaissance de l'origine et de la filiation des familles. Il est savant en généalogie. Senantes fort en généalogie comme sont tous les sots qui ont de la mémoire, hamilt. Cramm.4.

— HIST. xin' s. Ainsi sunt leur genelogyes, Et suntpar trois fois trois foies. Si Graal, v. 2125.

— ÊTYM. Provenç. geioiosio, genolngia; espagn. et ital. genealogia; du latin genealogia, qui vient de -fi'ii^\o-^ia, de yeveà, génération, etXoTfo;, traité.

GÉNÉALOGIQUE (jé-né-a-lo-ji-k'), adj. Qui appartient à la généalogie. Histoire généalogique. Arbre généalogique. || Carte généalogique, tableau de la généalogie d'une maison. || Arbre généalogique des sciences, classification des connaissances humaines, suivant un certain plan, une certaine dérivation.

-- ÉTYM. Généalogie.

t GÊNÉAI.OGIQUEMENT (jé-né-a-lo-ji-ke-man), adv. D'une manière généalogique.

— ÉTYM. Généalogique, et le suffixe ment. GÉNÉALOGISTE (jéné-a-lo-ji-sf), s. m. Celui

qui dresse des généalogies. Mais combien de maisons, encore toutes neuves. Sont illustres pourtant, grâces aux fausses preuves! Le généalogiste est payé pour cela, le petit (de Rouen), Satires générales, Sat. XI. Refuge laissa un fils qui, avec la même modestie, n'est pas si généalogiste [connaissant les généalogies], ST-siM. 332, toi. Aussi cet homme a-t-il un pauvre métierj il est généalogiste, montesq. Lett. pers. <32.

— ÉTYM. Voy. GÉNÉALOGIE.

t GÉNÉPI (jé-né pi) ou GÉNIPI (jé-ni-pi), ». m. Armoise médicale , tonique et sudorifique qu'on trouve dans les Alpes; on en distingue deux espèces, le génépi noir, artemisia spicata, Jacq., et le génépi blanc , artemisia mutellina, Vill.

t GÉNEQDIN (jé-ne-kin), adj. m. Coton génequin, nom d'une qualité inférieure de coton filé.

GËNEB (jê-né), v. a. \\ 1° Faire souffrir la torture (sens qui a vieilli). Celle que dans les fers elle aimait à gêner, corn. Ilodog. i, t. || 2° Fig. Faire souffrir, infliger une torture morale. Ah! que vous me gênez Par cette retenue où vous vous obstinez ! CORN. Rodog. m, B. Puis-je d'un tel chagrin savoir quel est l'objet î— Cinna : Emilie et César; l'un et l'autre me gêne, L'un me semble trop bon, l'autre trop inhumaine, ID. Cinna, m, 2. Ne vous obstinez point à gêner une vie, Que de tant de malheurs vous voyez poursuivie, id. Toison d'or, m, 2. Lui-même a quelque chose en l'âme qui le gêne, ID. Sertor. iv, 3. Pourvu qu'à te gêner le remords s'étudie, th. corn. Ariane, v, 6. Et le puis-je, madame? Ah! que vous me gênez! rac. Andr. i, *. Vous savez, grand Dieu, que le commerce des méchants medéplaît et me gêne, mass. Paraph. Psaume XV, 2. Il Absolument. Agis de ton côté; je la laisse avec toi, Gêne, flatte, surprends, corn. Héracl. IT, 5. Il 3° Causer de la gêne, incommoder les mouvements du corps. Sa cuirasse le gêne beaucoup. Nous étions très-gênés dans la voiture. || Empêcher le libre mouvement de quelque chose que ce soit. Ligatures qui gênent la circulation du sang. Gêner la circulation des voitures, la navigation. || Terme de marine. Gêner une pièce de bois, des bordages, des boucauts, les assujettir parfaitement. || 4' Par extension, causer de l'embarras chez quelqu'un. Cette visite imprévue nous gêne beaucoup. Je craindrais de le gêner. || 5° Être un embarras pour quelqu'un. Ces témoins me gênent. Britannicus le gêne, Alnine; et chaque jour Je sens que je deviens impor- Une à mon tour, rac. Brit. i, 4. || 6" Mettre obstacle, empêcher, contraindre. La rime gêne souvent les poètes. Gêner le commerce, l'industrie par des prohibitions. Les femmes n'aiment pas qu'on les gêne; et c'est beaucoup risquer que de leur montrer des soupçons, et de les tenir renfermées, mol. le Sicil. 7. Est-ce aux rois à garder cette lente justice?... N'allons point les gêner d'un soin embarrassant, BAC. Alhal. Il, B. Un prince sage, quand il propose une affaire dans son conseil, et qu'il désire gincèrement qu'on lui dise 1« vérité, a une extrême attention à cacher ses propres sentiments pour ne

po'int gêner ceux des autres, rollin, hist. ane. CEuv. t. m, p. 172, dans pougens. Je gêne de vos feux l'ambitieuse ardeur, lamotte, Inès, m, S. Le sérail d'un soudan, sa triste austérité. Ce nom d'esclave enfin, n'ont-ils rien qui vous gêne? volt. Zaïre, i, ) . Ces soins cruels, à mon sort attachés, Gênent trop mes esprits d'un autre soin touchés, m. Orphel. IV, <. Je ne la gêne point sous la loi paternelle, ID. Scythes, \, 2. Pourquoi gêner la conscience du meilleur des hommes et du plus brave des princes [Henri IV], qui ne gênait la conscience de personne? ID. Hist. parletn. 34. La vie la plus pénitente cesse de gêner les hommes, dès qu'elle est glorieuse, duclos, CoT^d. sur les mœurs, ch. 40. Tu n'auras pas l'ennui de traîner à ta suite Un vieillard cnancelant qui gênerait ta fuite, c. delav. Paria, v, 3. Il 7° Causer une pénurie d'argent. Cette dépense me gênera un peu. |{ 8° Se gêner, i'. réft. Se causer à soi-même une vive affliction. Cessons de nous gêner d'une crainte inutile, corn. CEd. v, 4 2. Quoi 1 ne vous plaisez-vous qu'à vous gêner sans cesse? rac Bérén. m, 2. ||9° Se serrer soit les uns contre les autres, soit contre quelque chose. En vous gênant un peu, vous pourrez tous vous asseoir sur cette banquette. || 10° Se causer de l'embarras réciproquement l'un à l'autre. Adieu, nous ne faisons tous deux que nous gêner, rac. Théb. v, 3. || S'imposer à soi-même une gêne, une contrainte. Il est vrai que je n'aimais pas à rester longtemps avec elle; et il n'est guère en moi de savoir me gêner, }. 1. Rouss. Confess. a. || Ne vous gênez pas, se dit par politesse, par indulgence ou par amitié à quelqu'un qu'on veut mettre à son aise. Mademoiselle, approchez ; ne vous gênez pas; vous entendrez mieux, DIDEROT, Père de famille, y, ». Allez donc vous promener; Mon cher, ne vous gênez pas. Mon équipage est là-bas, bér. Sénat. || Ironiquement. Ne vous gênez pas, se dit à qui prend trop ses aises. || On dit dans le même sens ironique : il ne se gêne pas. Il Si cela ne vous gêne pas, est aussi une formule de politesse très-usitée. || 11° S'imposer une pénurie d'argent. Vous avez eu trop de bonté de vous arranger si vite avec ma famille; vous savez que j'étais bien éloigné de demander pour elle un paiement si prompt; je serais extrêmement affligé que vous vous fussiez gêné , volt. Lett. Richelieu , 20 avr. 4770.

— REM. Voltaire, à propos de ce vers d'HéracUus, n, 8 : Comme sa cruauté pour mieux gêner Maurice..., et ailleurs, reprend Corneille d'avoir ainsi parlé, et dit que gêner ne signifie qu'embarrasser, inquiéter. Les exemples prouvent qu'il n'y a rien à reprendre dans Corneille : il ne faisait que suivre l'usage de son temps, qui n'avait pas encore amoindri le sens de gêner. Il est vrai qu'aujourd'hui gêner, comme le mot ennui, a perdu de sa force ; mais on peut l'employer encore dans la poésie au sens de torturer moralement; et Voltaire a dit lui-même et bien dit en ce sens : D'où vient qu'on m'abandonne au trouble qui me gêne ? Mariane, v, 7. .

— HIST. IV s. Par avant la dicte sentence ilz les avoient fait gehenner sans nul ordre de justice, COMM. v, 17. ||xvi' s. Et si nostre langue n'est si curieusement reiglée, ou plustost liée et geinée en sesautres parties... du bellay.i, 12, rec(o. Celuy que le juge a géhenne, pour ne le faire mourir innocent, MONT. Il , 48. Je me suis contrainct et géhenne pour maintenir ce vain matque, id. viii, 82. Les gens de Pluviaud battent ce trompette, et lui le gesna à coups de verre; entre le vin et la fraieur, il leur appritqu'ils avoient l'armée sur les bras, d'aub. Hist. I, 330. Et tous les ans il voirra sur l'automne Bacchus luy rire, et plus que ses voisins Dans son pressoûer gennera de raisins, rons. 704. Tu verras cesvaillans, en leurs vertus extresmes, Avoir vescu gehennez et estre morts de mesmes, d'aub. Tragiq. ii.

— ÉTYM. Gène ; le substantif a ici précédé le verbe, puisque gène représente géhenne, nom duquel tout dérive.

GÉNÉRAL, ALE (jé-né-ral, ra-l'), adj. || 1° Commun à un genre, à la plupart. Les faits généraux. Des aperçus généraux sur l'histoire. La puissance de la nature est si ample et si vaste, ces principes sont si simples et si généraux.... desc. Mélh. vi, 3. Un effroi général, cohn. Pomp. ii, 2. N'espère pas qu'ici jamais il [Dieu] se ravale X répondre à tous tes souhaits ; Pour toi, pour moi, pour tous la règle est générale Et ne se relâche jamais, id. Imit. i, 22. Vous reculez, lui dis-je en l'interrompant, vous reculez, mon père, vous abandonnez le principe général, et, voyant qu'il ne vaut plus rien à l'égard des pécheurs, vous voudriez entrer en composition et le faire au moins subsister pour les justes, pasc. Prov. IV. Il ne pense point & profiter de toute sa succession,

m à s'attirer une donation générale de tous ses biens, s'il s'agit surtout de les enlever i un fils, le légitime héritier,LA brut. xiii. Ce fut dans l'antiquité une opinion générale, que le mouvement uniforme et circulaire, comme étant le plus parfait, devait être celui des astres, la place. Expos, v, 3. || Commerce général, celui qui comprend toutes les marchandises expédiées, quelle qu'en soit la nature, et toutes les marchandises arrivées, quelle qu'en soit la destination, par opposition à commerce spécial (voy. spécial). Il II n'y a point de règle générale, ou de règle si générale qui n'ait son exception. || Parler, répondre en termes généraux, parler, répondre de manière à ne pas préciser. || Un combat général, un combat dans lequel toute l'armée est engagée. Le combat général aujourd'hui se hasarde, corn. Hor. 1, 3. Il 2° Terme de botanique. Commun, qui embrasse. L'involucre, dans les ombellifères, est général par rapport aux involucelles. {{ Spathe générale, celle qui renferme plusieurs fleurs munies de spathes particulières. || Cloisons générales, cloisons complètes aussi étendues que le diamètre du péricai-pe; on les rencontre dans les crucifères, les astragales. Il Terme d'entomologie. Métamorphose générale, celle de l'insecte qui, pendant le cours de sa vie, subit des mutations dans sa forme générale et dans toutes ses parties. || Terme de marine. Vents généraux, ceux qui soufflent depuis les premiers degrés de latitude sud jusqu'au tropique du Capricorne. Il Terme de médecine. Maladies ou affections générales, celles dans lesquelles toutes les parties de l'économie offrent des troubles de la nutrition, et, par suite, de tous les autres actes qu'elles accomplissent. Il 3° Il se joint comme litre àdes noms d'offices publics, pour exprimer l'étendue d'un commandement, d'une administration , d'une fonction. Inspecteur, directeur, avocat général, etc. La vie et la mort de très-haut et très-puissant prince Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, maréchal général des camps et armées du roi, et colonel général de la cavalerie légère, flécii. Tur. Le père général avait besoin d'une recrue de jeunes jésuites allemands, voi-T. Cand. 4B. |j Officiers généraux, officiers supérieurs qui commandent une portion plus ou moins grande d'une armée, formée de plusieurs corps distincts. || État-major général, voy. ÉTAT-MAJOR. || Quartier général, voy. quartikh. Il 4° S. m. Général, chef militaire qui commande une armée ou un corps d'armée, ou une arme spéciale. Le général en chef. Général de division, de brigade. Un général d'artillerie, du génie. Mais par quelle conduite et par quel général.... corn. Nicom. m, 2. Ce qu'un sage général doit le mieux connaître, c'est ses soldats et ses chefs; car de là vient ce parfait concert qui fait agir les armées comme un seul bras ou, pour parler avec l'Écriture, comme un seul homme , Boss. louis de Bourbmi. Je confondrai peut-être quelquefois le général d'armée, le sage, le chrétien; je louerai tantôt les victoires... fléch. Tur. On est étonné, quand on les voit seuls et sans armées, combien il y a de distance entre un général et un grand homme; combien dans le particulier ils conservent de petitesses et de bas sentiments, combien ils sont dominés par la jalousie et gouvernés par l'intérêt, rollin, Hist. anc. Œuv. t. ii, p. 297, dans pougens. La plupart de nos généraux qui portent dans un camp tout le luxe d'une courefTéminée auront bien de la peine à égaler ces héros qui faisaient leur cuisine eux-mêmes, VOLT. Ess. pnés. épiq. 2. Nous avons des guerriers, il faut un général, id. Catil. v, 3. Vous savez qu'il faut qu'un général ait la tête froide et le cœur chaud, ID. Lett. Uorangiès, 30 oct. (772. Quant aux anciens généraux, quelques-uns n'étaient plus ces durs et simples guerriers de la république ; les honneurs, les fatigues, l'âge et l'empereur surtout, en avaient amolli plusieurs, ségur, Hist. de JVop. m. S, Depuis Malolaroslavetz jusqu'à Smorgony, ce maître de l'Europe n'avait plus été que le général d'une armée mourante et désorganisée, id. ib xii, 4. Que lui voulait l'empereur de Russie? prétend-il lui résister? il n'est général qu'à la parade; quant i lui, sa tête est son conseil, tout part de là ; mais Alexandre, qui le conseillera? qui opposera-t-il? il n'a que trois généraux, Kutusof qu'il n'aime pas parce qu'il est Russe, Beningsen, trop vieux il y a six ans, aujourd'hui en enfance, et Barclay : celui-ci manœuvrera, il est brave, il sait la guerre, mais c'est un général de retraite [paroles de Napoléon à un envoyé russe], iD.t'fe. iv, 6. || En France, général est un terme qui désigne les grades au-dessus de colonel et qui embrasse trois degrés hiérarchiques : les maréchaux de camp ou généraux de brigade, les

GÉN

généraux de division ou lieutenants généraux, et les maréchaux. || 6* Anciennement, général dos galère», offlcier de la couronne do France qui commandait les galfyres dans la Méditerranée. || Général des galions, ou général do la mer, litre d'un commandant des forces navales en Espagne. || 6° I-e supérieur de tout un oidre religieux. Le général des dominicains, des jésuites. Il n'y a rien de plus contraire aux ordres exprès de saint Ignace et de vos premiers généraux que ce mélange confus de toutes sortes d'opinions, pasc. I'iov. )3. De là vous pouvez connaître combien cette compagnie [l'Oratoire] est redevable aux soins de son général, qui savait si bien conserver en elle l'esprit de son institut, Boss. Bourgning. La plupart de leurs généraux [des ordres religieux] résident à Rome comme dans le centre de la chrétienté; et de celle capitale ils envoient au bout du monde les ordres que le pontife leur donne, volt. Uœurs, ma. Ignace, élu génénU, entra en fonction le jour de Pà(|ue3 de l'année \6H, didebot, Opin. des anc. phil. (jésuites). Il Quand il s'agit d'une abbesse chef d'ordre, on dit général au masculin. L'abbesse de Fonlevrault était chef et général de tout l'ordre, Dict. de l'Àcad. Il Cependant on trouve aussi au féminin, générale, en partant de la supérieure de certaines congrégations. Il 7° Anciennement , général des monnaies, titre des conseillers de la cour des monnaies. Il 8« S. f. Générale, voy. générale. || 9" S. m. Terme de logique. Ce qui convient au genre entier, par opposition au particulier qui ne convient qu'à une partie. On ne doit point conclure du particulier au général. Hé ! pourquoi les gens d'affaires s'oflenseraient-ils de voir sur la scène un sot, un fripou de leur corps ? cela ne tombe point sur le général, LBSAGE, Critique de Turcaret, 4" dialogue. Je parle du général des animaux comparé au général des plantes, buff. Comp. des anim. et des végél. || 10' Le général, nom vulgaire d'une coquille univalve (le cône (lamboyant). || H" En général, loc. adv. Ordinairement, d'une manière générale. En général, les méchants ne prospèrent pas. || En général, au point de vue général. L'on doit dire même chose de celui qui ignore en général les règles de son devoir, puisque cette ignorance rend les hommes dignes de blâme et non d'excuse, pasc. Prov. iv. Je ne vous ai encore parlé de la piété qu'en général, ID. ib. IX. La reine sait, en général, qu'il y a des péchés véniels, car la foi l'enseigne.... BOSS. Mar.-TMr.

— REM. Voltaire a dit générale au féminin, en parlant d une femme chef d'armée : Marguerite d'Anjou tire son mari de Londres et devient la générale de son armée, tiaurs, H4. Au contraire, Thomas a laissé général au masculin : Marguerite d'Anjou, femme de Henri VI, roi d'Angleterre, fut active et intrépiile, général et soldat, Essais sur les femmes. Les deux peuvent tiès-bien se dire suivant le point de vue de l'esprit.

— SYN. GÉNÈHAL, DNIVEHSEL. CeS mOtS DO Sont

que partiellement synonymes; car on dit un savant universel et non un savant général. Général, d'après l'étymologie, se dit de ce qui appartient au genre; universel, se dit de ce qui appartient à l'universalité, à la totalité. Aussi général est moins compréhensif qu'universel. Une opinion générale est l'opinion de la plupart; une opinion universelle est l'opinion de tous.

— HlST. xin* s. Et fist assamblerun concile gênerai de tous les ordenes desoiisla loi de Home, Chr. de Rains, 88. Au droit qui dit que generaus renonciations ne vaut, Bibl. des chartes, 4* série, t. ii, p. 486. General mot est cil gui comprend maintes choses souz son nom; car cestui mot animal comprent homes, bcstes, oisiaus et poissons, brun, la- TiNi, Trésor, p. l>26. Pour une provende monial, c'i'sl assavoir deux pains de convent et demy sestier de vin chacun jour, de tel vin que ly convent boit, et deux sestiers de poix l'an, et ung denier le jour pour leur gênerai [repas en comnjun], DU CANOË, générale. C'Ste ruile [règle] est si generaus Qu'el ne puet défaillir vers aus [eux], la Hose, (0179, Vous orrés le [la] teneur d'une gênerai procuration, laquelle ne pot estre par reson debatue en

cort laie, bkaum. 76. || xv s [Jean Lyon] remon-

stroit une parole en gênerai au peuple, froiss. ii, U, K3. Il XVI* s. Le gênerai de l'armée des Vénitiens, HONT. I, U. Capitaine gênerai , id. i, 19. Nature ne se desment pas en cela de sa générale police, id. i, 406. Il doi lit fuir en gênerai les passions qui.... ID. I, 284.Auteurduquel les labeurssintent un esprit gênerai, duquel les passions ne s'emploient que contre le vice, o'aob. hitt. i, I3. La roine mère sçavoit bien que le seul remcde & fout cela estoit la licute-

GÉN

nance generalle, ....elle te ferma à faire donner cette generallité au duc de Lorraine, à quoi elle fit consentir le roi, en un conseil gênerai qui fut tenu à Compiegne, id. ib. ii, n«. Les généraux des finances et des vivres, m. Cotif. iv.

— RTVM. l'rovenç. et cspagn. gênerai; portug. gérai; ital. générale; du latin generalit, de genut, genre (voy. ce mot).

GiîNfiRALAT O^-né-ra-Ia; le ( ne se lie pas), *. m. Il 1" Dignité de général, de chef militaire. Être promu au géjiéralat. Et le généralat comme le diadème M'érige sous votre ordre en fantôme éclatant, CORN. Agésil. m, ^. Les F.glises réformées olTrirent à Lesdiffuières le pénéralat de leurs armées, volt. louis XIV, 36. Il 2'' Emploi de celui qui est le supérieur de tout un ordre. Le généralat des dominicains. Saint Ignace, fiiisantréllexion que le général pourrait mal user de son autorité, tempéra le généralat par des contre-poids et des correctifs, Bou- HOUHS, Vie de S. Ignace, liv. m, p. 85, dans ricue- LKT. Il 3° Temps que dure le généralat.

— Etym. Général.

GÉNÉRALE ( jé-né-ra-l") , t. f. || !• Batterie de tambour ]iour rassembler tout le monde, et, en particulier, pour donner l'alarnie. Battre la générale. Il 2° La générale, la femme d'un général. Madame la générale. || 8" La générale, .se disait, dans les gardes suisses, de la première compagnie du régiment.

— ÉTYM. Géni'ral.

GÉNÉRALEMENT (jé-né-ra-le-man), adv. || !• En généial, communément. Une opinion généralement reçue. Un homme généralement e.stinié. Mais généralement, chacun plaint vos vieux ans, rotr. Vencesl. 1, t. Il 2° Au point de vue général. Aristote est celui de tous les anciens qui a le plus écrit sur cette matière et qui l'a traitée le plus généralement, buff. Animaux, Systèmes delà jen?ra(. || Généralement parlant, à prendre la chose en généial. Cela est vrai, généralement parlant. Généralement parlant, les femmes sont bien plaisantes, et M. de la Rochefoucauld en a bien connu le fond, sÉv. lett. du 7 septemb. 4689.

— HIST. xm* s. Tu pues amer generaumenlTous cens du monde loiaumcnt, <a 7{oie, 5409. Generalment, brun, latini. Trésor, p. 208. || xV s. Et là furent tous les conseils de Flandres généralement et especialement, froiss. i, i, 96.

— ÉTYM. Générale, ou, dans l'ancien français , gênerai {gênerai étant aussi féminin), et le suffixe ment; provenç. generalment; espagn. et ital. generalmente ; portug. geralmente.

t GÉNÉRA LI.SABLE (jé-né-ra-li-za-bl'), adj. Qui peut être généralisé.

— ÉTYM. Généraliser.

t GÉNÉRALlSANT,ANTE(jé-né-ra-U-zan,zan-t') , adj. Qui a la propriété de généraliser. Des mots les uns généralisants, les autres particularisants.

t GÉNÉRALISATEOR, TRICE (jé-né-ra-li-za— leur, tri-s'), adj. Qui généralise. Esprit généralisateur. Faculté généralisatrice.

— ÉTYM. Généraliser.

GÉNÉRALISATION (jé-né-ra-li-za-sion) , s. f.

Il 1° Action de généraliser. Former une généralisation est mettre ensemble en une classe tous les cas qui présentent des relations semblables. || Faculté de généraliser. || 2° Action de se généraliser, de devenir général. La généralisation d'une telle opinion. Il Terme de médecine. Généralisation d'une maladie, état d'une maladie qui, de locale, devient générale. Généralisation des tumeurs, production de tumeurs d'une même espèce dans un grand nombre de parties du corps à la fois ou successivement et en un temps court.

— ETYM. Généraliser.

GÉNÉRALISÉ, ÉE (jé-né-ra-li-zé, zée),part. passé

de généraliser. Une proposition généralisée. Une opinion généralisée.

GÉNÉRALISER (jé-né-ra-Ii-zé), v. a. ||1* Rendre général. Généraliser une idée, une méthode. Généraliser une formule d'algèbre. La seule bonne manière de diminuer le nombre des lois est de les généraliser, l'abbé DEsT-PiERBE,dan3DF,sF0NTAiNES. U faut généraliser nos vues, J. J. Houss. Ëm. i. Il pourra parvenir à généraliser les notions individuelles, ID. «6. IV. L'art de généraliser les idées est-ilautre chose que l'art d'observer? bonnet, Conlempl. nal. CEuv. t. vin, p. 190, dans pougers. Il Absolument. Les anciens qui généralisaient moins et qui étudiaient plus la nature en détail et par individus, DiDEH0T,tel<. surles sourds etmueit, Ûfc'm-. t. Il, p. 277, dans POUGEHS II 2* Rendre commun à beaucoup. Généraliser une opinion. Le premier qui se pr^entc parmi leurs imitateurs [de Montesquieu

GÉN

et de Voltaire], celui qui généralisera pour toute l'Europe l'histoire philosophique.... sera Hume, vil- LKM. liltér. franc. 2' port. 3' le(. || 8° Se généraliser, f. réfl. Devenir commun à beaucoup. Cette opinion se généralise de plus en plus. || terme de médecine. Devenir commun à toute l'économie. Dans les résorptions purulentes, quand la maladie se g6néralise, il survient d'ordinaire un fris.son intense.

— IIIST. xvi* s. J'ai osé généraliser mon histoire, m'attachant avec exprcssitude aux choses plus proches de temps et de lieu ; aux esloignécs plus légèrement, d'aub. Jlitl. Préf. ». Telle haine se généralisa aisément, et Tit section entre les catholiques associez et les autres, id. ilisl. u, 28t.

— ETYM. Général.

GÉNÉRALISSIME (jé-né-ra-li-ssi-m*), t. m.

Il 1° Général supérieur, celui qui commande même aux généraux, ou celui qui a l'autorité supérieure sur plusieurs armées. U était généralissime, et avait sous lui tels ou tels généraux. Il [le cardinal de Richelieu] a employé son autorité pour faire réussir le plus important de tous [les superlatifs], celui de généralissime, l'indépendant et le tout-puissant généralissime, BALZ. Socr. chrét. Disc. («. Il [Charles XII] déclara son beau-frère généralissime de ses armées en Suède, volt. Cluirles XII ^ 8. Le duc de Savoie avait le vain titre de généralissime, mais le maréchal de Villeroi l'était, id. Louis XIV, I8. Il 2* Adj. bans l'ordre de Saint-François, chapitres généralissimes, chapitres composés des députés de tout l'ordre. || Terme d'ancienne logique. Genre généralissime, genre très-élevé, qui a sous lui beaucoup de sous-genres.

— IVEM. On a dit que ce mot avait été invente par Richelieu (|ui, selon Balzac, se décora lui-même de ce titre lorsqu'il se mit à la tète des armées françaises envoyées en Italie. Mais il est, avant Richelieu, dans u'Aubigné.

— HIST. xvi* s. Généralissime des armées chrestienes, d'adb. Ilist. m, 449.

— ÉTYM. Lat. generalissimus (Et haec generalissimanomina louis quicherat. Addenda), superlatif de generalis. général.

GÉNÉRALITÉ (jé-né-ra-li-té), s. f. ||1' Terme de logique. Qualité de ce qui est général. Cette proposition dans sa généralité est fausse. || Au plur. L'ensemble des idées générales d'un sujet quelconque. Généralités scientifiques. Je ne puis entrer avec elle dans des généralités, boss. LeU. abb. 460. || 2° Au piur. Paroles, discours sans rapport direct au sujet. Il n'a dit que des généralités. Se perdre en des généralités. 113° Le plusgrand nombre. Telleest l'opinion de la généralité des philosophes. || 4° Anciennement. Nom d'une certaine division du royaume de France, établie pour faciliter la levée des imp^'its et de tout ce qui avait rapport aux finances. Chaque généralité était subdivisée en élection.s, et avait un tribunal dit bureau des finances. Mazarin imposait des sommes extraordinaires sur les généralités, VOLT. Louis XIV, 25. Il 6* S'est dit pour généralat, qui est seul usité présentement. U connaît bien qu'il n'y a point de si mauvaise place auprès du roi, qui ne vaille mieux que la généralité de son armée, balz. le Prince, ch. 3. || La réunion des gé-. néraux, sens qui est tombé aussi en désuétude. Devisant ainsi, nous rencontrâmes toute la généralité qui revenait, st-eim. u, 128.

— HIST. xm* s. En générante [en général], DU CANGE, generalis. Qu'il aint [aime] en généralité, Kt laist especialité, la Rose, 6465. || iiv s. La quarte [rubrit|ue] est de la généralité de l'anathomie, a. DK MONDEviLLE, f» 1. 1| XV S. Et à la vérité la généralité du pays ne quiert jamais autre chose, coum. m, 4 1 . Il xvi* s. Dcpartemens et estais generauli des sommes de deniers que porte la charge et généralité d'outre-Seine et Yonne par maistre Jehan Groliez, trésorier de France et gênerai des finances en la dicte charge, Bibl. des chartes, 4' série, t. i,p. 564.

— ÉTYM. Provenç. generalitat; espagn. gencralidad; ital. generalitd; du lat. j/encraii(a(em, de generalis, général.

GÉNÉRATEUR, TRICE Gé-né-ra-teur, tri-s'), adj. Il 1° Qui sert à la génération. Puissance génératrice. L'évolution complète des organes générateurs exige sans doute plus de précision que celles des autres organes, bonnet, CofUrmpJ. nat. Œuvres, t. MU, p. 92, danspouGENS. || 2' Fig. Qui produit. Le principe générateur d'une erreur. || Absolument. Principe générateur, principe d'oii découlent un grand nombre de conséquences importantes. || 3' U se dit, en géométrie, des points, lignes ou figures dont le mouvement est supposé former des plans ou do» solides. Un point qui se meut est le générateur d'une

GÈN

GÊN

GÊN

lif?ne. Un triangle tournant autour d'une perpendiculaire est le générateur du cône. \\S. f. La génératrice, la ligne qui, par son mouvement, produit une surface. || 4° Terme de musique. Son générateur, la basse relativement aux accords qui s'y superposent. || B" S. m. Terme de mécanique. Générateur, synonyme de chai^'lière à vapeur.

— HIST. XVI* s. La facuaé génératrice, paré, xv, B2. Estant science, de sa nature, génératrice d'altercation et division, mont, iv, 234.

— Etym. Lat. gcneratorem,de generare, engendrer.

GÉNÉRATIF, IVE (jé-né-ra-tif, ti-v'), odj. Qui a rapport à la génération. Sans diminuer la vertu générative, G. naudé. Apologie, p. 437. Le mâle, selon Aristote, renferme le principe du mouvement génératif,BLFF. /Inimaui, systèmes stir la génération.

— HlST. xiV s. Médecine desiccative et generative de char [chair], h. de mondeville, f° 03, i-crso. Puissance generative, par quoy euli se multeplient et persévèrent en leur espèce, oresme, Elh. ix, 16. Il xvi' s. La faculté naturelle est divisée en nutritive, augmentative et generative, paré, i, t.

— Érv'M. Provenç. generatiu ; espagn. et ital. generativo; du lat. generare, engendrer.

GÉNÉRATION (jé-né ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Production d'un étie semblable à ses parents. La génération des corps vivants. Les organes de la génération. La génération des plantes. Les deux principales théories sur la génération sont l'emboîtement des germes (voy. ce mot) et l'épigenèse (voy. ce mot). Le système général, reçu de part et d'autre, est que toutes les générations se font par des œufs ou des germes aussi anciens que le monde , mairan , Eloge de Lémery. Le cheval est de tous les animaux celui qu'on a le plus observé, et on a remarqué qu'il communique par la génération presque toutes ses bonnes et mauvaises qualités, naturelles et acquises, BL'FF. (Juadrup. t. i, p. te, dans pougens. Chez les araignées, l'organe de la génération du mâle se trouve dans un endroit où l'on ne s'aviserait pas de le chercher ; il est logé dans les antennes, BONNET, Contempl. nat. Œuvres, t. viii, p. < I8, note < . Il n'est point dans la nature de véritable génération ; mais nous nommons improprement génération, le commencement d'un développement qui nous rend visible ce que nous ne pouvions auparavant apercevoir, lu. Consid. corps org. Œuvres, t. v, p. 3U4. J'ai vu qu'il penche vers l'épigenèse, et c'est particulièrement la raison secrète qui l'a empêché jusqu'ici de méditer mes idées sur la génération et sur les reproductions, id. b* Lelt. Hist. liât. Il Génération spontanée ou hétérogénie, production d'un être organisé, sans le concours de parents, c'est-à-dire par la seule force de la matière qui s'organiserait toute seule dans des circonstances favorables. Il 2° Terme de tl.Oologie. Rapport entre le Père et le Fils. Il faut que vous [Dieu] acheviez votre ouvrage [dans l'incarnation], et que, l'ayant associée [Marie] en quelque façon à la chaste génération éternelle par laquelle vous produisez votre Verbe.... boss. i" sermon, Compass. delà Ste Vierge, *. Il 3* Les personnes engendrées, les descendants. La génération de Noé. Puissiez-vous voir vos fils jusqu'à la troisième et la quatrième génération, saci, liible, Tobie, ix, H . || Lui et toute sa génération, se dit, par plaisanterie ou par dénigrement, d'un père et de ses enfants. || 4° Chaque degré de filiation en ligne directe. Il y a une génération du père au fils, et deux du père au petit-fils. Il y a donc en tout depuis Abraham jusqu'à David quatorze générations, SACI, Bible, St Math, i, I7. Ah! si quelques générations, que dis-je? si quelques années après votre mort, vous reveniez, hommes oubliés, au milieu du monde.... boss. le TeHicr. Que les hommes goûtent les fruits de la paix de génération en génération, FÉN. Tél. X[. Toutes ces merveilles se sont renouvelées depuis peu de générations, j. j. rolss. Science. || Espace de trente ans, qui sert d'évaluation courante pour la durée moyenne de la vie humaine. Trois générations font un peu moins d'un siècle. Il 5° Tous les hommes vivants dans le mime temps ou à peu près. La génération présente. Les générations futures. Telles étaient les générations nouvelles; alors on était libre d'être ambitieux; temps d'ivresse et de prospérité, où le soldat français, maître de tout par la victoire, s'estimait plus que le seigneur ou même le monarque dont il traversait les États! stauR, Ilist. de Nap. m, 3. Ces générations, inutile fardeau. Qui meurent pour mourir, qui vécurent pour vivre, lamart. iléd.n, (5. Il 6" Filiation, en parlant des monastères établis, fondés par un autre monastère. || 7° Terme d'an-

cienne philosophie. La génération et la corraption, le mouvement qui produit les choses et les détruit. Il Fig. Production. Une bonne histoire de l'esprit humain serait celle de la génération de ses idées en tout genre, bonnet, Lett. div. ûfîuv. t. xii, p. B4. Le monde intellectuel a ses générations comme le monde physique, et les unes ne sont pas plus de vraies générations que les autres, ID. Paling. philos, xi, 4. Il 8° Terme de géométrie. Construction d'une étendue déterminée, par le moyen d'une autre étendue supposée en mouvement. |{ Terme d'arithmétique et d'algèbre. Formation, en parlant de nombres qui servent à en former d'autres. || 9" Terme de musique. Génération des sons, hypothèse d'après laquelle la basse produit des sons qui s'y superposent de tierce en tierce; cette hypothèse est fondée sur ce qu'une corde vibrante se divise spontanément en plusieurs parties qui font entendre les harmoniques du son fondamental.

— HIST. XII s. Desque (jus(|u'J en jum de generatiun e de generatiun. Liber psalm. p. 78. || xiii' s. Li eonseuz [le conseil] dame Dieu maint [réside] pardurablement, li pense [les pensées] de son cuer sont de génération en génération, Psautier, f" 4o. Générations et générations loefa tes ueuvrcs, ib. C 174. Force de generacion, la Uose, 7003. Generacion est celé ouvre de nature par cui toutes choses sont engendrées, brun. latini. Très. p. <49. Et la manière fu tele, que de LU generacions (tribus, familles) que il yavoit, chascune generacion li aportast une saiete [flèche] qui feussont seignées de leur noms, jomv. 283. \] xiV s. Et tout art est vers la generacion ou nouvele façon d'aucune chose, OEESME, Eth. <74. || XV' S. Et Se fust assez tost le roi accordé à la fille du duc de Lorraine ; car elle estoit moult belle damoiselle, et de grande et noble generacion [famille], froiss. ii, ii , 229. || xvr s. La principale fin du mariage, c'est la generacion, mont. 1, 226. Signes signiliant génération de pus, paré, VI, 3. Si la génération de la pierre provient par frigidité, id. xv, 38. Ils [certains philosophes] tienent que qui osteroit du monde le discord et la noise, le cours des corps célestes s'arresteroit, et que la génération et tout mouvement cesseroit, amyot, Agés. 6.

— ÉTYH. Provenç. generacio ; espagn. generacion; ital. generazione ; du latin generationem, de generare, engendrer.

GÉNÉREUSEMENT (jé-né-reû-ze-man) , adv.

Il 1° D'une manière généreuse, avec un grand cœur. Je crois qu'il n'agit point moins généreusement, COBN. JVi'com. m, 8. Secourons l'innocence et généreusement, hotr. Antig. v, 3. || 2° D'une main libérale. Payer généreusement. || 3° Courageusement. Répandre généreusement son sang pour la patrie. Vous avez généreusement souiïert d'autres atteintes que celles-ci, poussin, Lett. 3 nov. H 647.

— ÉTYM. Généreuse, et le suffixe ment.

GÉNÉREUX , EUSE [jé-né reù, reû-z'), adj.

Il 1° Oui est d'un naturel noble, qui a un grand cœur (sens dérivé directement du sens étymologique qui est : de bonne race). Je vous assure que je ne suis pas moins généreux à ressentir cette faveur, que vous l'avez été à me la faire, voit. Lett. 45. Maudite ambition, déteslalile manie. Dont les plus généreux souffrent la tyrannie, coiin. Cid, u, 3. El si l'on n'est barbare, on n'est point généreux, ID. Ilor. IV, 4. Suis l'exemple, et fais voir ((u'une âme généreuse Trouve dans sa vertu de quoi se rendre heureuse, ID. Pulch. II, B. Notre généreuse malade s'est regardée comme une victime destinée au sacrifice; elle a vu venir le coup sans demander grâce, fléch. Mme de Montausier. Souvent ces gens ciui ont l'âme si noble, ne sont pas les meilleurs cœurs du monde; ils s'entêtent trop de la gloire et du plaisir d'être généreux et négligent parla bien des petits devoirs, MARIVAUX, Marianne, 4" part. Généreux Beaumont, les siècles à venir sauront que, le fanatisme en robe ayant assassiné juridii|uementun père de famille, la philosophie et l'éloquence ont vengé et honoré sa mémoire, volt. Dicti phil. Avocats. Un mortel généreux connaît mal l'imposture, ducis, Macbeth, i, 1. Le Français, généreux et sensible à la gloire. Respecte la vertu même en ses ennemis, masson, Ilekéliens, il. )| Il se dit de certains animaux. Un généreux coursier. Ces hommes auparavant si timides [les apôtres].... sortent de leur retraite comme des lions généreux, mass. Confér. Zèle contre les scandales. \\ 2° Il se dit aussi des choses qui décèlent une noble nature. Il semble en leurs discours hautains et généreux.... régnieh, Sat. ix. U suffit de vous dire qu'il y a une noblesse d'esprit plus glorieuse que celle du sang, qui inspire des sentiments

généreux et une louable émulation, et qui fait descendre par une heureuse suite d'exemples les vertus des pères dans les enfants, flêch. Mme de Montausier. Quoi! faut-il qu'un dessein si grand, si généreux, Passe pour le transport d'un esprit amoureux T RAC. Andr. i, 4. Vous, snigneur, importun? vous, cet ami fidèle Qu'un soin si généreux intéresse pour elle, m. Bérén. i, i. Un généreux dépit succède à sa fureur, id. ib. v, 2. J'aime, je l'avouerai, cet orgueil généreux Qui n'a jamais fléchi sous le joug amoureux, id. Phèdre, u, t. L'éloquence de TertuUien était mâle et généreuse, l'abbé uadteviLLE, dans desfontainf.s. Qui, si elles vous voient faire une action généreuse, la regardent comme une élourderie dont elles s'applaudissent de n'être pas capables, Marivaux, Marianne, 0* part. La résolution de cette assemblée (des notaliles de Moscou] fut généreuse et digne d'une si grandi; nation; le détail importe peu; ou sait assez qu'il est partout le même ; que tout dans le monde perd à être vu do trop près ; qu'enfin les peuples doivent être jugés par masses et par résultats, ségi;r, Uist. de Nap. VIII, <. 118" Qui donne d'une main fibérale. Cette princesse est si bonne, si généreuse. Si, pauvre et généreux, son cœur vient de souffrir Aux cris d'un Indigent qu'il n'a pu secourir, a. chén. Élég. xxi. Il Ironiquement. Il est généreux comme l'èpée qu'il porte, se dit d'un avare, d'un ladre. || Don généreux, don fait avec générosité, surtout en parlant d'un don un peu considérable. || Fig. Nous devons ajouter que les aimants les plus puissants ne sont pas toujours les plus généreux ; en sorte que quelquefois ces aimants plus puissants ne communiquent pas au fer autant de leur vertu attractive que les aimants plus faibles, buff. Min. t. IX, p. tse, dans pougens. || 4° Courageux. Ces généreux martyrs. Un généreux et vaillant soldat. Il 5° Sol généreux, terre généreuse, sol, terre qui a une grande force productive. || Vin généreux, vin bon et d'une certaine force, qui réconforte. Te voici dans mon ermitage; Versons-nous d'un vin généreux, bérang. Voyageur. || 6° Substantivement. Un généreux, une généreuse, un homme généreux, une femme généreuse. En vain d'un sort si triste on veut les garantir, Ces cruels généreux n'y peuvent consentir, corn. Hor.in. 2. Et peu de généreux vont jusqu'à dédaigner, Après un sceptre acquis, la douceur de régner, ID. Cinna, n, i. C'est une confiance de généreux à généreux, de Romain à Romain, id. Serlor. Au lecteur. Usez en généreux de tous vos avantages, mol. D. Gare, v, B. Est-il donc permis à un sujet d'avoir de la force contre son prince, et, pensant en faire un généreux, n'en ferons-nous point un rebelle? boss. Panég. St Thomas de CarU. 2. || Familièrement. Faire le généreux, se montrer magnanime, libéral. Ne va point sottement faire le généreux, boil. Sat. viii.

— HIST. XVI* s. Cil n'a rien de généreux, qui peut recevoir plaisir où il n'en donne point, mont, m, 383.

— ÉTYM. Bourguign. generou; provenç. generos; espagn. et ital. ^cneroso; du latin generosus, qui est d'une bonne race, de genus, race, genre.

GÉNÉRIQUE Qé-né-ri-k'), adj. Qui appartient au genre. Terme générique. Caractères génériques. Noms génériques. Vous ne prouvez rien contre moi en disant que l'unité de toutes les perfections qui sont en Dieu est formée de la même façon que l'unité générique et celle des autres universaux, desc. Rép. aux sec. objec. 2). L'unité générique n'ajoute rien de réel à la nature de chaque individu, iD. ib.

— ÊTYM. Lat. genus, generis, genre.

t GÉNÉRIQUÉMENT ( jé-né-ri-ke-man ) , adv. D'une manière générique.

— ÊTYM. Gt'rUrique, et le suffixe meta. GÉNÉROSITÉ (jé-né-ro-zi-te), s. f. \\ 1° Caractère

de celui qui est généreux , qui a un grand cœur. Ma générosité doit répondre à la tienne, corn. Cid, m, 4. I! s'arme, en ce besoin, de générosité. Et du bonheur public fait sa félicité, id. Hor. m, B. La générosité suit la belle naissance, id. lléracl. v, 2. Ah! c'est porter trop loin la générosité, id. Perth. V, B. Lorsque la Providence l'a séparée du monde, elle a quitté les honneurs avec autant de générosité que vous |religieu.5es] en avez eu à les fuir, fléch. Mme de Mont. Par cet esprit de générosité si ordinaire parmi les Romains, de ne marquer jamais plus d'éloignement de la paix que dans les mauvais succès, vertot, Révol. rom. ii, p. 200 Son orgueil se serait-il flatté D'effacer Orosmane en générosité? volt. Zaïre, i, 4. Et réellement il y allait de la vie de s'arrêter un instant ; dans ce naufrage universel , tendre la main à son compagnon, à son chef mourant, était un acte admirable de généro-

GEN

lité; le moindre mouvement d'humanité deTenait une action «ubiimo, séouh, Hist. de Nap. xii, a. Il 2* Disposition à donner d'une main libérale. Des actes de générosité. Je serais trop ingrat, si, pour une personne [une dame] qui fait des choses si extraordinaires pour moi, je n'avais qu'une amitié ordinaire, et tout au moins je dois être amoureux de sa générosité, voit. Lett. 32. L'abbé est ravi de vous voir appliquée à vos affaires.... il n'est pas question de suivre toujours les beaux sentiments, il Tant avoir pitié de soi, et avoir de la générosité pour soi-même comme on en a pour les autres, sËv. 61. Ce grand nombre de domestiques pouvait être à charge à sa dépense, mais non à sa générosité, pléch. H. de Mont. Il n'est pas rare de trouver, dans les codes des lois des barbares, des compositions pour les actions involontaires ; la loi des Lombards est presque toujours sensée; elle voulait que, dans ce cas, on composit suivant sa générosité, et que les parents ne pussent plus pouisuivre la vengeance, monte-sq. Espr. xxx, (». Il Donner, laisser des marques de sa générosité, faire des dons, et, en parlant des souverains, accorder des grâces. || Fig. Un second effet de l'élévation affectée de ces nouveaux mystiques est de marquer envers Dieu comme une fausse générosité et une espèce de désintéressement qui fait qu'on ne veut plus lui demander rien pour soi-même, pas même la rémission de ses péchés, Boss. Ordonnance sur les états d'oraisim. || Au plur. Dons, bienfaits. Faire des générosités à ses amis. || Il se dit quelquefois au singulier en ce sens : Voilà une belle générosité qu'il vous a faite !

— HIST. XVI* s. Sa générosité [de Henri IV] et sa debonnaireté sont si célèbres, qu'il est à croire qu'il n'aura rien fait de médiocre, sui.LT, dans le bict. de DocHEz.

— ÉTYM. Lat. generositatem, de generosus, généreux.

GENËSK (je-nè-z'), ». f. \\ 1° Nom du premier livre de l'Ancien Testament, qui contient la création du monde. Infirmerait-on le texte sacré de la Genèse, si l'on avançait que la création décrite par Moïse est moins une véritable création que le récit assez peu circonstancié des degrés successifs d'une grande révolution que notre globe subissait alors? BONNET, Paling. philos, i, 2. || Petite Genèse, livre apocryphe, dit aussi l'Apocalypse de Moïse. || En cet emploi, il p:end une majuscule. || 2° Terme de philosophie. Système cosmogonique. || 3* Terme de géométrie. Se dit quelquefois de la génération d'une courbe, d'une surface ou d'un solide. |{ 4° Terme de biologie. Un des modes de naissance des éléments anatomiques, suivant lequel, rien n'existant que des matériaux liquides, on voit ces matériaux se réunir presque subitement en une sulistance solide ou demi-solide.

— ÉTYM. révîoi;, production, engendrement.

I GENÉSIAQUE (je-né-zi-a-k'), adj. Qui a rapport à une genèse, à la création.

— ÉTYM. Genèse.

t GÊNÉSIQUE (jé-né-zi-k') , adj. Voy. génétique. t (. GKNESTAUE (je-nè-sta-d') , s. f. Un des noms vulgaires de l'ajonc.

— ÉTYM. Genest, genêt.

t a. GENESTADE (je-nè-sta-d*), t. f. Maladie qui survient chez les moutons et qu'on attribue à l'usage du genêt comme aliment.

— ÉTYM. Genest, genêt.

GENESTKOLLE Qe-nè-stro-l'), *. f. Espèce de genêt qu'on emploie pour teindre en jaune {genista linctoria, L.).\\On trouve aussi genestrale.

— ÉTYM. Dérivé de genêt.

GENET (je-nè;le ( ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : les je-nè-z et les cavaliers ; genêts rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Espèce de cheval d'E?pagne, de petite taille, mais bien proportionné. Talonne le genêt, et le dresse aux passades, Régnier, Sat. V.

— HIST. XIV* s. Vingt mile Genevois sur gênez chevauchant. Qui portoient les dars de coi on va lançant, Guescl. Hil4. || iv" s. Et estoit monté sur un ginct Icgier et bien courant à merveille, froiss. Il, m, 18

— ÉTYM. Ital. ginrutto, giannetto; de l'espagn. ginele, cavalier armé à la légère, qu'on tire de l'ai-abe djund, soldat. Mais on a proposé plusieurs autres étjmologies : le grec •fy^vri\-t\^, homme qui s'exerce ; l'espagnol cinetes, nom, dit-on, des habitants de la contrée entre le cap Saint-Vincent et la Guadiana, qui étaient des cavaliers armés seulement de la lance et du bouclier; enfin le latin ginnus, mulet; mais la signification première du mot

GEN

espagnol paraît être non cheval, mais cavalier armé à la léR^re.

GENEt (je-né; letne se lie pas; au pluriel, \'s se lie : des je-nè-z épineux), (. m. Genre de plaiite de la famille des légumineuses qui renferme divers arbrisseaux à fleurs jaunes. On y distingue le genêt à balais, ou genêt proprement dit (sarothamnus scoparius, Koch) ; le genêt d'Espagne (spartium junceum, L.); le genêt des teinturiers ^enista linctoria, t.) ; le genêt griot {nenista purgam, DC).

— HIST. xii* s Une hache Tel dont l'on poïst

une vache Tranchier outre parmi l'eschine, Tôt autres! com la racine D'un genoivre ou d'un gencste, la Charrette, 109(. || xiii* s. Covertcs iereni de genestes. De foillies et de ramiaus Lor bordetes et lor hamiaus, (o Ilose, 8430. || xiv* s. Et l'embûche de quoi je vous fai mention En une place fu où geneste ot foison, Guescl. 6874-5985. |{ xv s. Jehan dist qu'il vouloit aler cueillir des balaiz ou gencs- Ires en un bois, du canok, genestrium. || xvi* s. Quant au genêt d'Espaigne ou gaude, la beauté de ses fleurs jaunes le fait désirer au jardin de plaisir,

o. DE SERRES, 661.

— ÉTYM. Picard, geniau; wall. dinièse; provenç. genestu; espagn. ginesta; portug. giesta; ital. ginestra; du latin genista.

t GENËTAIRE (je-né-tê-rO , ». m. Soldat à cheval de l'ancienne armée espagnole.

— HIST. XVI* s. Il lui sembla par aventure que la gendarmerie françoise se romproit aussi facilement que les genetaires maures, lanoue, 329.

— ÉTYM. Genêt.

t GENÉTER (je-né-té), v. a. Courber en contrehaut les extrémités d'un fer à cheval.

— ÉTYM. Genêt.

GÉNÉTIILIAQUE (jé-né-tli-a-k'), adj. || 1* Oui est relatif à la naissance d'un enfant. Poème généthliaque. Discours généthliaque. || 2° S. m. Astrologue qui dresse l'horoscope d'un enfant au moment de sa naissance.

— HIST. xvi* s. Vous concluez, sieur Fulgence, à la généthliaque, encores que vous teniez formellement que les astres ne nous prédominent, CHOLiÈRi-s, Contes, t. i, matinéd.

— ETYM. Lat. genetUliacus, de yevtOXiaxo:, qui vient de YsvéSXn , naissance, de if'veaOai, naître, du radical gen ou gin, qui est dans le latin gignere, genilura (voy. génituhe). .

t GENÊTIÈRE (je-né-tiè-r') , ». f. Lieu couvert de genêt.

— ÉTYM. Genêt.

t GENGTIN (je-né-tin), ». m. || 1* Variété de raisin cultivée près d'Orléans. || Vin fait avec ce raisin. Boire de bon genctin, richelet. jj 2° Nom d'une bonne espèce de pomme.

t GÉNÉTIQUE (jé-né-ti-k'), adj. Terme didactique. Oui a rapport aux fonctions de génération. Facultés génétiques. Sens génétique. || On dit aussi génésique.

— ÉTYM. rEvet^, engendrement.

t. GENETTE (je-nè-f), ». f. Genre de mammifères carnivores digitigrades, dans lequel on distingue : la genettecoiumune,diteaussi genettebizaam, chat bizaam ouchat bizaum ; elleest très-commune en France, surtout dans le département de la Gironde où l'on en fait la chasse pour sa fourrure ; la Renette fossane, appelée vulgairement fossane ; c'est la genette fosse deLesson,et,pourBuffon, la fossane de Madagascar, dite aussi buveur de vin et buveuse de vin, legoarant.

— HIST. XIII* s. Piaus de faîne, piaus de chat sauvage, piaus de martrines, piaus de genetes, les six piaus doivent deus deniers de tonlieu, £tv. des met.

— ÉTYM. Ba»-lat. geneta; espagn. gineta; de l'arabe djerneyih (Joum. a.fta(. juin <859, p. 64)).

3. GENETTE (X LA) (jp-nè-f), loc. adv. || 1° Aller à cheval à la genette, c'est-à-dire avec les étriers fort courts, de manière que l'éperon porte vis-à-vis du flanc du cheval. || 2* S. f. Espèce de mors à la turque, dont la gourmette a la forme d'un grand anneau.

— HIST. XVI* s. Chevaux enhamachés à la genette, BRANT. Sur les duels, p. es, dans lacurne.

— ÉTYM. Genêt; parce que c'était ainsi qu'on montait les genêts.

j 3. GENETTE (jo-nè-f), ». f. Lance des genetaires.

— ÉTYM. Genêt.

t 4. GENETTE (je-nè-f), ». f. Un des noms vulgaires du narcisse.

t GENEVIÈVE (SAINTE) Oe-ne-viè-v'). Congrégation de Ste-Geneviève, congrégation employée à

GÉN

l'administration des paroisses et hApitauz, à t' observation de l'office divin et à l'instruction des ecclésiastiques et de la jeunesse dans les séminaires.

t GENÉVRETTE Qe-né-vrè-f), ». f. Boisson obtenue par la fermentation des baies de genièvre qu'on met à macérer pendant un mois dans de l'eau avec trois ou quatre poignées d'absinthe.

— ÉTYM. Genièvre.

GENÉVRIER (je-né-vri-é ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'ise lie : des ge-né-vri-é-z en fleur),», m. Genre de la famille des conifères, tribu des cupressinées, où l'on distingue surtout le genévrier commun (juniperus communis), dit absolument genèvrier et aussi genièvre.

— ÉTYM. Genièvre.

t GENÊVRIÈRE (je-né-vn-è-f], ». f. Lieu planté de genévriers.

t GENGELI (jan-je-li), ». m. Terme de botanique. Nom des tesamum indicum, DC, et orientale, L, (famille des bignoniacées).

i GËNI (jé-ni), ctdj. invariable. Terme d'anatomie. Apophyse géni, voy. génien.

t GÉNICULATION (jé-ni-ku-la-sion) , ». f. Terme didactique. Courbure en manière de genou.

— ÉTYM. Gi^niruli.

t GÉNICULÊ, ÉE Oé-ni-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui est ployé en forme de genou. La tige, le style, le pédoncule, etc. affectent souvent la disposition géniculée. || Terme d'anatomie. Corps géniculé, renflement situé à l'extrémité postérieure de la couche optique, et d'où procède en partie le nerf optique.

— ÉTYM. lAl. geniculum , diminutif de genu, genou.

GÉNIE (jé-nie), ». m. || 1* Terme du polythéisme. Esprit ou démon bon ou mauvais qui présidait à la destinée de chaque homme. On jurait par son génie. Le jour de la naissance on offrait un sacrifice au génie. Le mois de décembre était cher aux génies là cause des repas des saturnales]. On racontait que le mauvais génie de Brutus lui avait apparu la veille de la bataille de Pbilippes. Pour la dernière fois il faut que je vous nie Ce qu'exige de moi votre mauvais génie, maibet, Sophon. iv, 5. Mon génie étonné tremble devant le sien, rac. firil. u, 2. Ton génie alarmé te parle par ma bouche, volt. M. dt César, 111, 6. C'est la loi, dit Topaze, chaque homme a ses deux génies ; c'est Platon qui l'a dit le premier, et d'autres l'ont répété ensuite; tu vois que rien n'est plus véritable ; moi qui te parle, je suis ton bon génie, et ma charge était de veiller auprès de toi jusqu'au dernier moment de ta vie, je m'en suis fidèlement acquitté, ID. U Blanc et le Noir. Et toi, Ebène, avec tes quatre ailes noires, tu es sans doute mon mauvais génie? iD.t'b. Il y avait des génies miles et des génies femelies ; les génies desdames s'appelaient, chez les Romains, des petites Junons ; un avait encore le plaisir de voir croître son génie; dans l'enfance c'était une espèce de Cupidon avec des ailes; dans la vieillesse, il portait une longue barbe ; quel|uefois c'était un serpent, m. Dict. phil. Génie. \\ Le génie de Socrale, dit aussi démon (voy. démon), voix qui se faisait entendre à lui pour le détourner de ce qu'il avait résolu, et non pour l'exhorter à rien entreprendre. Vous le savez, amis ; souvent, dès ma jeunesse, Un génie inconnu m'inspira la sagesse, lamabt. Ifort. de Socr. || Fig. La bon génie, le mauvais génie de quelqu'un, la personne qui, par ses exemples ou ses conseils ou se» actions, exerce une influence heureuse ou funeste sur la destinée de quelqu'un. Il assure que vous êtes son bon génie, sëv. 670. || Fig. Un bon génie, une circonstance favorable. Voyez qu'im bon génie à propos nous l'envoie, corn. Hor. l, <.||II se disait aussi des esprits ou démons qui présidaient à de certains lieux, à des villes, etc. Le génie du lieu. Le génie de Rome. Génie tutélaire. L'un avait vu le génie de l'empire ou de la ville, l'autre celui de Mars et de Saturne; les génies des quatre éléments s'étaient manifestés i plusieurs philosophes; plus d'un sage avait vu son propre génie, tout cela d'abord en songe, mais les songes étaient les symboles de la vérité, volt. Diel. phil. Génie. \\ Par extension. Le génie de la France, lange tutél.iirede la France. || Fig. I.e génie de la peinture, de la musique, le génie qu'on imagine comme présidant i chacun de ces arts. || 2* Par extension, dans la féerie, nom donné aux différents esprits que recelaient les éléments, les bois, les montagnes, etc. Évoquer les génies. X peine eut-elle commencé k frotter cette lampe, qu'en un instant, en présence de son fils, un génie hideux et d'une grandeur gigantesque s'éleva et parut devant elle et lui dit d'une

(ÎEN

Toix tonnante ; Oue veux-tuT me Toici prêt i. t'obéir comme Ion c;îclave et de tous ceux qui ont la lampe à la mai- , .iioi avec les autres esclaves de la lampe, galland, itille et une Nuits, Lampe merveilleuse. Invoquons la faveur de ces puissants génies X qui des bois sacrés les nymphes sont unies, c. delav. Paria, ii, «. L'Alliambrat l'Alhambra, palais que les génies Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies, Forteresse aux créneaux festonnés et croulants, v. hogo, Orient, xxxi. Il 3° Terme d'iconologie. Figures allégoriques d'enfants ou d'hommes ailés, qui, selon les attributs qu'on leur donne, représentent les vertus, les arts, les passions, etc. || 4° Fig. Talent inné, disposition naturelle à certaines choses (sens qui fut un néologisme dans la latinité et qui vient des qualités brillantes qu'on attribuait aux génies). 11 est bon de s'accommoder à son sujet ; mais il est encore meilleur de s'accommoder à son génie, LA FONT. Psyché, I, p. 88. Les mêmes degiés se rencontrent entre les génies qu'entre les conditions, PASC. dans cousin. Son génie à la géométrie commença à paraître lorsqu'il n'avait encore que douze ans, m"" pebipr, Vie de Pascal. Ce n'était pas seulement la guene qui lui donnait de l'éclat; son grand génie embrassait tout, l'antique comme le moderne, l'histoire, la philosophie, la théologie la plus sublime, et les arts avec les sciences, noss. Louis de Bourbon. Le génie de la princesse palatine «e trouva également propre aux divertissements et aux affaires, id. Anne de Gont. Ce qui rend sa modération plus digne de nos louanges, c'est la force de son génie né pour l'action, et la vigueur qui, durant cinq ans, lui fit dévouer sa tête aux fureurs civiles, ID. le Tellier. Dans ces fatales conjonctures il fallait à un ministre étranger un homme d'un ferme génie qui.... id. ib. Je sens de jour en jour dépérir mon génie, noiL. Éptt. vin. Mais pourtant on a vu le vin et le hasard Inspirer quelquefois une muse grossière, Et fournir sans génie un couplet à Linière, id. Art p. n. 11 avait du génie pour la musique, HAMILT. Gramm. 8. Ceux en qui on remarque le génie de la guerre, fén. Tél. xiv. Nous n'avons fait aucun tort aux beaux-arts ni aux hommes qui ont un vrai génie pour les cultiver, iD. ib. xxu. La perfection consisterait à savoir assortir toujours ■on style à la matière qu'on traite; mais qui peut être le maître de son habitude et ployer son génie à son gré? VOLT. Dict. phil. Genre. Que la reine, en ces lieux, brillants de .«a splendeur. De son puissant génie imprime la grandeur, id, Sémir. i, ) . Le Poussin, déjà grand peintre avant d'avoir tu de bons tableaux, avait le génie de la peinture; LuUi, qui ne vit aucun bon musicien en France, avait le génie de la musique, id. Dict. phil. Génie. \\ En mauvaise part. Avoir le génie du mal, de la destruction. Son génie le porte à mal faire. || De génie, se dit d'un travail inspiré par la propre invention de l'auteur, et quelquefois en s'écartant des rï-gles communes. Je sens que mon esprit travaille de génie, boil. Sat. vn. Ses vers [de Boileau], forts et harmonieux, faits de génie, quoique travaillés avec art, pleins de traits et de poésie, seront lus encore quand la langue aura vieilli, LA BBUT. Disc. àl'Acad. fr. 11 [le peintre] ne travaillerait plus de génie, fén. Tél. xxii. II est vrai qu'il n'y a que ce morceau qui soit de génie, et que le reste n'est que de travail et d'érudition ; mais on doit être fort obligé à un homme tel que lui, quand il veut bien, pour l'utilité publique, faire quelque chose qui ne soit pas de génie, fonten. Leibniti. C'est le défaut de tous les écrivains qui n'écrivent point de génie, mais par imitation, vauven. Dialog. Isocrate, Démosthènes. || B° Particulièrement, aptitude spéciale dépassant la mesure commune soit dans les lettres et les beaux-arts (concevoir et exprimer), soit dans les sciences et la philosophie (inventer, induire, déduire, systématiser), soit dans l'action telle que celle de l'homme d'État, du militaire, etc. Le génie et les grands talents manquent souvent, quelquefois aussi les seules occasions ; tels peuvent être loués de ce qu'ils ont fait ; et tels, de ce qu'ils auraient fait, la bhot. h. Tel, aux premiers accès d'une sainte manie. Mon esprit alarmé redoute du génie L'assaut victorieux, j. b. rouss. Ode au Comte de Luc. Ajoutons que le génie dans la force même de l'âge n'est pas de toutes les heures, et que surtout il craint les approches de la vieillesse, d'olivet, Hist. Acad. t. n, p. 384 dans pouGENs. Ce terme de génie semble devoir désigner non pas indistinctement les grands talents, mais ceux dans lesquels il entre de l'invention, volt. Dict. phil. Génie. C'est le caractère du

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stérile, et de varier ce qui semble uniforme, id. Vii de Molière. Le génie n'est autre chose qu'une grande aptitude à la patience, buff. Disc, de réception à l'Acad. Il voit, comme l'a dit un grand homme, Ici abstraits dans les concrets, les concrets dan3 les abstraits ; voilà le génie, bonnet, Ess. analyt. Ame, ch. )8. Je ne demande point.... Ni même, vœu plus doux! que la main d'Oranie Embellisse mon front des palmes du génie, A. CHÉN. Ép.i. Le génie inspire le besoin de la gloire, STAËL, Corinne, xvi, t. Je ne sais quelle force involontaire précipite le génie dans le malheur, id. ib. xui, 4. Le génie ne cherche point à combattre ce qui est dans l'essence des choses; sa supériorité consiste, au contraire, à la deviner, id. ib. VIII, 3. Parmi les causes d'accroissement de la population, il ne faut pas compter pour peu le repos de Napoléon; depuis que ce grand homme est là où son rare génie l'a conduit, trois millions déjeunes gens seraient morts pour sa gloire , qui ont femme et enfants maintenant, p. l. cour. Lettre v. Et comment concevoir que Ninus, im héros.... Par un noir parricide ait souillé son génie? bripfaut, Ninus II, I, ). Mais quoi! tandis que le génie Te ravit si loin de nos yeux. Les lâches clameurs de l'envie Te suivent jusque dans les cieux, lamabt. Méd. I, <9. Les siècles sont à toi, le monde est ta patrie; Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels. Où le juste avenir prépare à ton génie Des honneurs immortels, id. Méd. i, < 4. || Homme de génie. L'homme de génie est connu de la postérité; l'homme en est ignoré, diderot, Claude elNér. i, tm. Une des plus fortes passions est l'amour de la vérité dans l'homme de génie, laplace, Expos, v, 4. Il Fig. Ce qui inspire comme fait le génie. Ils reçurent du ciel un cœur tel que le nôtre; Ce cœur fut leur génie; il fut leur Apollon, Et leur docte fontaine et leur sacré vallon, a. CHÉN.^p. i. Non, l'amour, l'amitié, la sublime harmonie. Tous ces dons précieux n'ont qu'un même génie ; Même souffle anima le poète charmant. L'ami religieux et le parfaitamant, in.tj). || Jointà des épithètes défavorables il exprime le peu de génie, de capacité qu'a une personne. Génie borné. Petit génie. Pauvre génie. Génie médiocre. Dans son génie étroit il est toujours captif. Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif, boil. Art p. i. || On le dit aussi en ce sens, par modestie, en parlant de soi-même. Je mesure mon vol à mon faible génie, boil. Disc, au roi. Ami, je n'irai plus ravir si loin de moi. Dans les secrets de Dieu, ces comment, ces pourquoi. Ni du risible effort de mon faible génie. Aider péniblement la sagesse infinie, lamart. Méd. i, 20. \] 6- Personne de génie. Un beau génie. Ce génie fut la lumière de son siècle. Il ne fallait qu'ouvrir l'entrée des affaires i un génie si perçant, pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique, Boss. le Tellier. Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré. En cent lieux contre lui les cabales s'amassent , boil. Éplt. vu. Il se peut que plusieurs personnes jouent mieux aux échecs que l'inventeur de ce jeu, et qu'ils lui gagnassent les grains de blé que le roi des Indes voulait lui donner; mais cet inventeur était un génie, et ceux qui le gagneraient peuvent ne pas l'être, volt. Dict. phil. Génie. Roger Bacon fut un des génies les plus surprenants que la nature ait produits, et un des hommes les plus malheureux, DiDEPOT, Opin. des anc, philos. Iscolastiques) . Les génies les plus pénétrants, les plus profonds, ne se distinguent des autres hommes que parce qu'ils emploient un plus petit nombre de milieux, bonnet, Ess. psychol. ch. se . || Ironiquement. Et jamais comme nous en bonne compagnie On ne voit chez les grands souper votre génie, gilb. Apologie. || Avec une épithète défavorable, il se dit d'un homme de peu d'esprit, de peu déportée. Je suis facile à tromper, moi; je suis le plus pauvre génie du monde, LESAOE, Crisp. riv. de son maUre, se. 19. C'est «a bourgeois fort simple, un petit génie, id. ib. se. 2. Que les petits génies se tiennent dans les bornes étroites de l'imitation, sans oser les franchir, à la bonne heure, id. Diable hoU. ch. <4. || Familièrement. Ce n'est pas un génie, se dit d'une personne qui a peu d'imagination, peu d'intelligence. || 7° Fig. Caractère propre et distinctif de personnes. Il est vrai que du ciel la prudence infinie Départ à claque peuple un

différent génie, corn. Cinna, n, i Enfin, Bur-

rhus, Néron découvre son génie ; Cette férocité que tu croyais fléchir. De tes faibles liens est prête à s'affranchir, bac. Brit. m, 2. Quelques vérités qui flattaient le génie de la nation, hamilt. Gramm. 7. Il n'est pas moins important d'étudier avec soin les

GÉN

»rai génie de répandre la fécondité sur un sujet mœurs des peuples, leur génie, leurs loii, leurs

usages, leurs coutumes, ROLLm, Hitt. ane. Préf. Il Caractèr* propre et distinotif de choses. Il es* malaisé de vous définir le livre: vous en connaisse le génie, BOss. Lett. (74. Durant la captivité et en suite par lecommerce qu'il fallut avoir avec les Cbal déens, les Juifs apprirent la langue chaldalque, fon approchante de la leuret qui avait presque le même g^nie, id. Hist. i, 8. On appelle génie d'une langue son aptitude à dire de la manière la plus courte et la plus harmonieuse ce que les autres langues expri> mentmoins heureusement, volt. Dict. phil. Langues. Le génie de la langue française sera plus fait pour la conversation, parce que sa marche, nécessairement simple et régulière, ne gênera jamais l'esprit.... le style lapidaire sera plus dans le génie de la langue latine, m. ib. Génie. D'après l'athée, la nature est une langue dont les barbarismes forment seuls l'essence et le génie, chatraubb. Génie, i, vi, 4. Le Nouveau Testament change le génie de la peinture, m. Génie, m, i, 4. || Terme de médecine. Caractère des affections régnantes. Génie inflammatoire. Génie bilieux. || 8» Terme de guerre. L'art de l'attaque et de la défense des places, des postes, etc. Ecole d'artillerie et du génie. L'arme du génie. S'il se rencontrait des obstacles imprévus dans la carrière du génie, peut-être pourrais-je tourner mes idées d'un autre côté, p. L. cour. IMt. i, B. || Absolument. Le génie, le corps des troupes de cette arme. Un officier du génie. || Génie militaire, se dit souvent aussi par opposition au corps des ingénieurs civils qu'on nomme le génie civil. || 9° Le génie civil, l'art des constnictions civiles. || Le corps d'ingénieurs chargé de ces constructions. || 10° Génie maritime, l'art de construire les vaisseaux. Il Corps d'officiers institué pour appliquer les hautes sciences à l'architeclure navale.

— HiST. xvi' s. Bertrand Duguesclin fut un génie de ce caractère, Mém. s. du G. ch. t".

— ÉTYM. Prov. genh, geinh, gien, gienh, ginh ; cat. sent, giny: esp. et ital. genio; du lai. geniu$, génie, démon favorable. Génie est moderne eo français; la forme ancienne aurait été très-voisine de celle du provençal, l'accent en lalin étaiit sur je.

t ....GÉNIE, .suffixe qui répond au grec yivua, production, et qui, dans les termes didactiques, sa joint à d'autres mots avec le sens de production, par exemple : hétérogénie, etc.

t GÉNIEN, lENNE (jé-niin, niè-n"), od/. Term» d'anatomie. Qui a rapport au menton. Apophyse génienne ou apophyse géni, petite apophyse située â la partie postérieure de la symphyse du menton.

— f.TYM. riveiov, menton.

GENIÈVRE (je-niè-vr'), s. m. || 1« Nom vulgaire du genévrier commun. || 2° Le fruit du genièvre. Eau-de-vie de genièvre. || 8" Liqueur qu'on en extrait. Boire du genièvre.

— HIST. XII* s. E alad une jumée en cel désert, asist sei siiz un geneivre, Rois, p. 320. || xni* s. Ki fait cuire genoivre en lessive et en levé [lave] sen chief, si escaufe le fia] teste, alebrant, f" 57. Il xiV s. Josnes bois ou genourres, Modus, f° itvi. Il XVI" s Puis es cantons feu de genevre allument. Et leurs maisons esventent et perfument, MABOT, III, 2!ii. Brûlant d'un feu, non clair comme celui du genièvre, mais comme un gros charbon de forge, MARG. Nouij. xxvii.

— ÉTYM. Berry, gent'eut'e; génev. ffenèce; Maine, genèbre; prov. genibre, genebre; cat. ginebre; espag. enebro; port, timbra; ital. ginepro; du lat. j'uni');^nis. Juniperus parait manifestement contenir parère, enfanter, comme puerpera le contient. Aussi M. Quicherat, dans son dictionnaire, le décompose en juntsr, pario. M. Baudry à junior substitue junix, génisse, et pense que la plante a été ainsi nommée du juniperus sabina, L. qui est emménagogue, et qu'en plusieurs contrées on administre aux vaches pour faciliter leur parturition.

t GENIÈVRERIE (je-niè-vre-rie), s. f. Fabrique, distillerie de g^enièvre.

f GÉN10-GI.0SSE (jé-ni-o-glo-s"), adj. Terme d'anatomie. Muscle génio-glosse, ou, substantivement, le génio-glosse, muscle qui s'étend de la partie supérieure et latérale de l'apophyse géni i la base de la langue.

— ÉTYM. TÉveiov, menton, et yXSiaaa, langue.

t GÉNIO-HYOÏDIEN , ENNE ( jé-ni-o-i-o-i-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'apophyse géni et i l'os hyoïde. Le muscle géniohyoîdien,ou, substantivement, le génio-hyoTdien.

t GÉNIO-PHARYNGIEN, lENNE (jé-ni-0-fa-rinjiin, jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Muscles génio- I pharyngiens, ou, substantivement, les génio-pha-

GÉN

ryngiens, Taisceaui musculeui qui n'étendent de l'apophyse gèiii au pliarynx. ,

— ÉfVM. Vitiii/, menton et i>haryngim.

tGÉNlPA (jé-iii-pa) ou GENIPAYER(jé-ni-pa-ié),

». m. Le génipa américain, arbre appelé, au Brésil, génipayer, genipa americana, L., famille des rubiacécs.

t CENIFI (jé-ni-pi), s. m. Autre nom du génépi.

GENISSE (jé-ni-s'j, s. f. Jeune vache qui n'a point porté. Une génisse qui n'aura point encore porté le joug, ni lahouré la terre, saci, Bible, Deutéron. ixi, 3. Deux taureaux combattaient à qui posséderait Une génisse avec l'empire; Une grenouille en soupirait, la font. FaH. ii, ♦. Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses? rac. AOuil. i, <.

— IIIST. XIII* s. Retenez à vostre eus [à vostre besoin] cest tor Et icele genice encor, Tien. ««8'.!. Il xiv s. Jehan Godilles reconnaît avoir prins XXV bestes à laine et une genice, delisle, Agric. noTm. p. 222.

— ÊTYM. Wallon, ginihe; du lat. /unlcem, génisse; prov. juTifgo ; pays de Côme, gioniscia. Junix est une contraction de juvenix , et vient de jurenis (voy. jkune).

t GENISTELLE (je-nl-stè-l'), ». f. Le même que genestrolle.

— ETYM. Diminutif de genest, genêt.

GÉMTAL, ALE (jé-ni-lal, ta-1'), adj. Terme didactique. Oui sert à la génération. Organes génitaux. Konction génitale.

— lllST. XVI' s. Les parties génitale», paré, xv, 39.

— ÊTYM. Prov. et esp. genilal; ital. génitale; du lat. gcnilalis, de genitum, supin de gignere, engendrer.

t GÉNITEUR (jé-ni-teur), s. m. || 1* Terme du Btyle burlesque. Celui qui a engendré , père. Il 2° Terme d'économie rurale. Mâle destiné à la reproduction.

— ÉTYM. Lat. genitorem, de genitum, supin de gignere, engendrer.

GENITIF p-ni-tif), t. m. Terme de grammaire dans les langues qui ont une déclinaison. Cas auquel sont employés les noms comme compléments des noms, de quelques verbes, et, en grec, de quelques prépositions. Les déclinaisons latines se reconnaissent à la terminaison du génitif. || Par une mauvaise imitation de la grammaire latine, les grammairiens du xvn* sifccle donnaient, en français, le nom de génitif au rapport marqué par la préposition de. Toutes les fois que le génitif pluriel est exprimé de telle sorte que l'oreille n'y puisse être trompée, il faut nécessairement que le verbe soit mis au pluriel, comme en cet exemple : le peu d'amis qu'il trouva n'eurent point assez de crédit pour.... vaugkl. Rem. Notes de Th. Corn.

t. II, p. 56), dans POUGENS.

— HIST. XIV* s. Mais suffit qu'isse l'esperit Génitif [générateur].... l'Alch. à nai. 764. {| xv* s. Mais failli a en son cas génitif, ch. d'orl. Rondel es.

— ÊTYM. Prov. gent'a'u; esp. et ital. genitivo; du lat. genitivus castts, le cas qui engendre; dit ainsi peut-être parce que le rapport de filiation, qui s'exprime aussi par le génitif, aura été pris pour type des rapports exprimés par ce cas, ou plutôt parce qu'on rapportait au génitif la formation des cas obliques et de tout le pluriel.

t GÉNITO-ORURAL, ALE (jé-ni-to-cru-ral, ra-l"), adj. Terme d'analomie. Qui appartient aux organes génitaux et à la cuisse.

— ÉTYM. Génital, et crural.

GfiNITOlUES (jè-ni-toi-r'),». m.pJ. Terme vieilli. Parties qui servent à la génération chez les mâles. Couper les génitoiies.

— niST. XIII* s. Le jeu parti fut tel, ou que la ribaude le menroit [le chevalier] par l'ost en chemise, une corde liée aus genetoires, ou il pcrdroit son cheval et s'armeure, et le chasseroit l'en de ro.st, JoiNV. 2«7. Il XVI* s. Les glandules mamillaires, situées aux mammelies, et les genitoires au scrotum, PARÉ, I, 47.

— ËTYH. Lat. fictif, genitorium, de genitorem, géniteur.

t GÉMTO-URINAIRE (jé-ni-to-u-ri-nê-r'), adj. Terme d'anatomie. 0"' a rapport tout à la fois aux fonctions de la génération et à l'excrétion de l'urine. Appareil génito-urinaire. Voies génito-urinaires.

— ÉTYM. Ginital, et urinaire.

6ÊNITCRE Qé-ni-tu-r"), s. f. Terme familier. L'enfant par rapport au père et à la mère. Et de ta propre géniture, Glouton, tu t'es fait nourriture, SCARRON, Yirg. it. Quand la mère apaisant sa chère géniture, i.a font. Fabl. iv, 48. L'autre vit où tendait cette feinte aventure : Il rendit le fer au mar-

GEN

chand. Qui lui rendit sa géniture, id. A. ix , 4. ....Cent secrets,Entre autres un pour avoir géniture, ID. Uandr. || H se dit aussi des animaux. 11 advint qu'au hibou Dieu donna géniture, lo. Fabl. v, 4h. L'oiseau semble avoir prévu tous ces danger», et, par des précautions rai.sonnées, les avoir écartés de sa géniture, buff. Ois. t. vi, p. 204.

— HIST. XVI* s. Les enfants qui naissent au huitième mois ne vivent gueres, et sont appelles genitures de la lune, pare, xviii, <K. Envers les Grecs Alexandre parloit de celle géniture divine [par l'intervention d'un dieu] plus sobrement et modestement, AMïOT, Alex. 83. Labienus ne peut souffrir cette perte (de ses livres], ny de survivre à cette sienne si chère géniture, mont, ii, 90.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. genitura ; d\x l.it. genitura ; du supin genitum, de gignere, engendrer.

t GENOPE (je-no-p"), s. f. Terme de marine. Bout de filin employé à serrer deux cordages l'un sur l'autre, afin qu'ils ne puissent glisser. || Nom de ce genre d'amarrage.

t GE.VOPÉ, ÉE (je-no-pé, pée) , port. passé de genoper. Terme de marine. Une manœuvre, des objets sont genopés lorsqu'ils se trouvent engagés quelque part. || Fig. Se dit d'une personne prise en faute et punie en conséquence.

t GENOPER (je-no-pé), V. a. Terme de marine. Serrer fortement deux cordages l'un sur l'autre.

t GÉNOPLASTIE (jé-no-pla-stie) , ». f. Terme de chirurgie. Opération par laquelle on répare les pertes de substance qu'éprouvent les joues par suite de chancres, d'ulcères.

— ETYM. lAt. gêna, joue, et grec it/dlaoeiv, former, restaurer.

GENOU (je-nou. Chifllet, Gramm.p. 209, dit que ce mot, s'ccrivant genouil, se prononçait néanmoins genou), s. m. || 1" Partie antérieure de l'articulation de la cuisse avec la jambe. 11 avait mis [Salomon] les deux genoux en terre, et tenait les mains étendues vers le ciel, saci. Bible, Rois, m, VIII, 64. Et mes genoux tremblants se dérobent sous moi, RAC. Phèdre, i, 3. Il me prit sur ses genoux, FÉN. TH. III. En parlant ainsi, il appuyait son large genou contre la poitrine de son adverse partie, volt. l'Ingénu, 3. L'usage a toujours subsisté que les députés du tiers état p.irlassent au roi un genou en terre, ainsi que les gens du parlement, du parquet, et le chancelier même dans les lits de justice, iD. Mœurs, 83. le munitionnaire n'obtint la vie qu'en se traînant longtemps sur ses genoux aux pieds de Napoléon, séguh, Hist. de Kap. ix, 44. || Populairement. La boîte du genou, l'articulation du genou. Il Mettre à genoux, genre de punition usité dans les écoles. Il Être, tomber, se prosterner aux genoux de quelqu'un, prendre une posture de suppliant devant lui. {| Fig. Être aux genoux de quelqu'un, lui être soumis, obéissant. Son repentir le ramènera bientôt à vos genoux. || Fig. Être aux genoux d'une femme, lui témoigner son amour par des respects et des adorations. L'orgueilleuse m'attend encore à ses genoux, rac. Andr. ii, 5. Il Fléchir les genoux, se mettre à genoux. Le prince fléchit le genou, et, dans le champ de bataille, il rend au Dieu des armées la gloire qu'il lui envoyait, Boss. Louis de Bourbon. Fléchir le genou devant la divinité, mass. Avent, Circonc. \\ Fig. Fléchir ou ployer le genou, faire acte de soumission. En vain, pour satisfaire à nos lâches envies, Nous passons près des rois tout le temps de no» vies À souffrir des mépris et ployer les genoux, HALH. I, 3. Le roi ne sera pas plutôt en chemin que tout fléchira le genou, sêv. 43B. 11 n'a devant Aman pu fléchir les genoux, bac. Esth. m, 4. jj Fig. Fléchir les genoux devant les idoles, adorer les idoles. Il On dit de même : fléchir les genoux devant BaaI. Il Les genoux fléchissent, on ne peut se tenir debout, on tombe à genoux. Il me fut impossible de me traîner seul jusque-là; me» genoux fléchissaient sous moi, il fallut que l'on me soutint, marmontel, Êlém. m. Il Fig. Les genoux fléchissent, on fait acte de soumission. Il venait d'épouser la nièce d'un ministre devant qui tous les genoux fléchissaient, HAMiLT. Gramm. 3. || Embrasser les genoux de quelqu'un, se orosterner devant lui et lui prendre les genoux d'i ne façon suppliante; locution qui vient de l'usage qu'avaient, chez les anciens, les suppliants de s'agenouiller devant la personne qu'ils suppliaient et de lui saisir les genoux. Seigneur, c'est donc à moi d'embrasser vos genoux, RAC. Iphig. III, 6; Il Fig. et familièrement. Rompre l'anguille au genou, voy. anguille. || X genoux, les genoux en terre. Être à genoux pour prier.

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Tomber, se jeter à genoux devant quelqu'un. Chaque jour, à l'église, il venait d'un air doux Tout vis-à-vi» de moi se mettre à deux genoux, mol. Tart. I, s. Allons, mettez-vous à genoux. — X genoux? — Oui, à genoux et sans tarder, mol. G. Dand. m, 44. Elle me fit mettre à genoux auprts de son lit, sÉv. 43. Quand Cortczarriva dans la ville de Mexico, il fut reçu par MuntezuLia comme son maître, et par les habitants comme leur dieu; on se mettait à genoux dans les rues, quand un valet espagnol passait, volt. Wrurs, 4 47. Le» Anglais servent leur monarque à genoux, mais ils le déposent, l'emprisonnent et le font périr sur l'échafaud, lO. Dict. phil. Contradiction. || On dit aussi : se metti* à deux genoux. Il se mita deux genoux aussitôt qu'il m'aperçut, sév. 23». || Genou terre I commandement militaire elliptique, lorsque le premier rang doit mettre un genou en terre pour faire feu. || À genoux! locution elliptique par laquelle on commande de se mettre à genoux Profanes, à genoux ! BOiL. Lutr. V. Il Fig. X genoux, avec une profonde soumission. Les gardes sans tarder l'ont ouverte [la porte] à genoux, bac ttajai. m, 8. En voyant devant moi tout l'empire à genoux, ID. ib. II, 4. Un peuple obéissant vous attend i genoux Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous, II). Mithr. i, 3. Les soudan» qu'à genoux cet univers contemple, volt. Zaïre, i, 2. L'Amérique à genoux adoptera vos meeurs , id. Ali. I, 4 . Allez, portez en pompe et servez à genoux L'idole dont lu poids va vous écraser tous, id. Fanât. l, 4. || Fig. À genoux, en suppliant. Votre Rome à genoux vous parle par ma bouche, corn. Cinna, il, i . Un auteur à genoux, dans une humble préface. Au lecteur qu il ennuie a beau demander grâce, boil. Sat. ix. || Fig. Demander une chose à genoux, à deux genoux, la demander avec instance. Le» autres, éblouis de ses moindres exploits. Sont venus, à genoux, lui demander des lois, RAC. Alex. Il, 2. Se plaignait de ses emportements, et lui demandait à deux genoux ses conseils, pour réussir auprès d'une personne dont lui seul avait véritablement possédé les affections, hamilt. Gramm. 8. Il Fig. Être à deux genoux, se mettre à deux genoux, solliciter très-vivement. Il était à deux genoux devant moi pour l'acheter, BAvar. Gramm. 4 4 . Luxembourg, au désespoir de se voir écbappei une si facile campagne, se mit à deux genoux devaat le roi et ne put rien obtenir, st-sim. ii, 427. || Fig. Être à genoux, avoir des sentiments servilcs par intérêt ou autrement. Être à genoux devant quelqu'un. C'est un homme qui est toujours à genoux devant le pouvoir. || Ironiquement. On dit d'un chauve : sa tète est comme un genou , comme son genou. |l Ce couteau-là coupe comme le genou de ma grand'mère, comme un genou, il ne coupe pas du tout. Il 2° Genou se dit aussi des animaux. Le genou de l'éléphant. || Chez le cheval, genou, l'articulation complexe formée par le radius, les os carpiens et les métacarpiens. |{ Genou de bœuf, genou trop volumineux. Genou de veau, genou petit, grêle et arrondi. Genou de mouton, genou creux. Genoux trop ouverts, genoux portés en dehors. Il 3* Terme de mécanique. Boule de cuivre ou d'autre matière .solide que l'on serre, avec uno faible pression, entre deux capsules hémisphériques, et que l'on met en haut du pied qui sou tient certains instruments, de façon à leur permettre de tourner en tous sens. Un genou pour porter une lunette. Le genou d'un graphomèlre. Il 4* Appareil qui, dans les chemins de fer, sert à commander les freins. || 6* Terme de marine. Pièce de bois courbe qui est entre les varangues et le» allonges, pour former la rondeur et la côte d'un narvire. Il Partie d'un aviron comprise entre la poignée et le point d'appui.

— REM. L'Académie écrit genoux par un x au pluriel, tandis qu'elle écrit des verrous par une s; mot qui vient d'une finale latine en uculum, teruculum, comme genou, de geniculum. Il serait mieux de conserver l'analogie et l'uniformité et de mettre partout des t.

— HIST. XI*». Sur son genoill fillenfiert sondestre gant, Ch. de Bol. CLXXxviii. || ni* s. E Helye» muntad le sumet dcl munt de Carmele, si se mist par terrée sa face entre se» genuils, Rois, p. 318. Il XIII* 8. Li mien genoil sunt afTebli pour la geOne [le jeûne]. Psautier, f 437. Li empererc» B.iudoins estoit remos en Constantinoble, et li quens Hue» de Saint Pol, qui malade» estoit d'une grant maladie de goûte qui le tcnoit es gcnol* et es pies, villeh. cxxix. X nus genou» sur terre louvent [elle] s'agenoiUoit, Berte, ixvui Lor» [elle] se met àgenous, la

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lerre va baisier, Berte, xxxa. Et est l'un [ami] i l'autre si comme H genoils à la jambe, brun, latini , Trésor, p. 322. Bêle Erembors à la fenestre al jor Sur ses genoz tient paile de color, /(omancoro, p. 49. Au tier genoil [à la troisième génération], Liv. de just. 81. Il XV' S. Jean qui se mit à un genou devant le roi, FROiss, i, i, 308. Le temps si mal se disposa, que par son ost à peine pouvoit-on aller, et estoient les gens en la boue jiisques aux genouils, Juv. des HRS. Charles VI, iioa. Kaire le petit genoil [faire la révérence] , Âresla amorum , p. < 5i, dans la-

cuRNE. Il ïvi* s afin que tout genouil se flesohist

devant lui, calv. Inst. 360. Elle se jeta à deux genoux devant son frère et lui dit.... marg. Nouv. xl. Ces gens-là n'oyent la messe que d'un genou, Sat. Jfe'n. p. 70. Resnier, le vendredi, oiant rompre les portes de sa chambre, estoit de genoux avec son vallet de chambre qu'il avoit convié de mourir en chrestien, h'kvb. Ilist. ii, 23. Us sont à cheval et vous à genous, id. ib. ii, <85. Le mal saint genou [la goutte], OUDIN, Curios. fr. Il a les genoils gros, il profitera, iD. ib. Ils [les anciens] tomboient aux genouils pour requérir ou saluer un grand . mont.

— ÊTYM. Bourguig. gen.on ; provenç. genolh, ginolh ; catal. genotl; anc. cspagn. ginojo ; ital. ginocehio; du lat. getiiculum, diminutif de genu, genou; grec, fôvu ; allem. Knie; sanscrit, jânu. Pour dire à genoux, l'ancienne languedisaitsouventf! gmoiWoris.

t GENOUII.LÉ, ÉE (je-nou-Ué, liée, Il mouillées), cuij. S'est dit quelquefoispourgéniculé (voy. cemot).

GENOUILLÈRE (je-nou-Uè-r', U mouillées, et non je-nou-yè-r'), s. f. || 1° Partie de l'armure qui recouvrait le genou du chevalier. || 2° Partie des bottes à l'écuycre qui surpasse le genou. Bottes à genouillères. Il 3° Ce qu'on attache sur le genou pour le garantir. Les couvreurs mettent des genouillères. Les genouillères de cuir du ramoneur. || Par extension, les genouillères d'un cheval, petite enveloppe de cuir recouvert intérieurement de drap, qu'on attache aux genoux des chevaux quand le verglas ou la gelée funt craindre qu'ils ne tombent. Il i° Espèce de charnière mobile qui sert à monter les instruments de mathématiques. || B" Fusée dont le cartouche est coudé, et dont on se sert dans les feux que l'on tire sur l'eau. || 6° Partie la plus basse de l'embrasure d'une batterie de canons.

— HlST. XVI" s. Armé de grèves, genouillères, cuyssots, cuyrasse, carloix, vu, (3.

— ÉTYM. Genouil, genou.

t GENOUILLET (je-nou-llè, Il mouillées), s. m. Un des noms vulgaires du sceau de Salomon, plante.

t GENOUILLEUX, EUSE (je-nou-lleû , lleû-z'. Il mouillces), adj. Terme de botanique. Plantes genouilleuses, celles qui ont des racines épaisses, peu enfoncées dans la terre, et faites de plusieurs pièces jointes ensemble, comme la jambe et la cuisse le sont par le genou.

GÉNOVÉFAIN (jé-no-vé-fin), s. m. Chanoine de Sainte-Geneviève.

— ETYM. Cfnove/'a, nom latin de sainte Geneviève, qui, d'aprts Mono, serait celtique et viendrait de gen, joue, et gwef, beau.

GENRE (jan-r'), s. m. Il 1" Caractère commun à diverses espèces ; ce qui comprend plusieurs espèces. Sous le genre être vivant, il y a deuï espèces comprises, l'animal et le végétal. {| Genre supérieur, celui qui a plus d'extension qu'un autre. Animal est un genre supérieur à vertébré. Genre suprême, celui qui ne peut plus devenir espi'Ce relativement à un genre supérieur. Êtres vivants est le genre suprême par rapport à animal et à végétal. Il 2° Terme d'histoire naturelle. Assemblage de corps organiques ou inorganiques qui constituent des espèces, et qui se ressemblent par quelques caractères communs. Dans le système de Linné, les classes se divisent en ordres, les ordres c-n genres et les genres en espèces. Toute plante a deux noms, celui du genre et celui de l'espèce. La plante vulgairement nommée mille-feuille, et qui fait partie du genre achillée, est appelée par les botanistes achillée mille-feuille, ce dernier mot servant de nom spécifique, LEGOARANT. || En chimie, genre est employé, dans la nomenclature des sels, pour désigner toutes les combinaisons salines qui ont le même acide pour principe électro-négatif. Les azotates, les carbonates, les chlorates, les sulfates, etc. forment autant de genres particuliers de sels. || 3° Par extension, genre prend, dans le langage orainaire, le sens d'espèce, de famille, d'ordre, de classe. Il y a divers genres d'animaux, de plantf-s, |l Le genre humain, l'ensemble des hommes consnlérés collectivement. ie veux qu'on me distingue, et, pour le trancher

net, L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait, MOL. Wi's. I, t. Chacun doit incomparablement plus au genre humain, qui est la grande patrie, qu'à la patrie particulière dontil e!i\n6,Tt^.I)ial.des morts anc. {Socrale, Àkibiade). Le nombre des hommes qui pensent est petit, et l'on pourrait dire que tout le genre humain ressemble au corps humain, où le cerveau, et apparemment une très-petite partie du cerveau, est tout ce qui pense, For ien. Ressons. Il viendra des écrivains, dont le rai (jinement et l'éloquence persuaderont tôt ou tard aux générations futures, que le genre humain est plus que la patrie, ou plutôt que le bonheur de l'une est étroitement lié à la félicité de l'autre, haynal, Hist. phil. vi, 18. Il 4° Sorte, manière. Ce genre d'ornement ne me plaît pas. Ce genre d'occupation ne saurait vous convenir. Il n'est pas inouï qu'une femme se change ; Mais de ce changement le genre est bien étrange, ROTR. Bélis. III, 5. Nouveau genre d'étude et presque inconnu aux personnes de son âge et de son rang, ajoutons, si vous voulez , de son sexe : elle étudiait ses défauts, boss. Duch. d!Orl. C'est un personnage illustre dans son genre, la bruy. xi. Dieux ! quel genre inouï de trouble et de supplice ! volt. Al%. V, B. Il 5° Mode, goût. Vous ne connaissez pas le bon genre. Voilà une plaisanterie de bien mauvais genre. Le trait est charmant et du meilleur genre, genlis, rh('(2«. d'éduc. le Méchant par air, v, 9. Il Familièrement. Sorte d'affectation. Il se donne un genre. Quel genre ! || Ironiquement. Le grand genre, les usages du grand monde. || 6° Terme de littérature et de beaux-arts. Le style de l'auteur ; la manière de rarti.».te. Son genre est simple, élégant. Ce tableau est dans le genre du Corrége. Comme le genre d'exécution que doit employer tout artiste dépend de l'objet qu'il traite, comme le genre de Poussin n'est plus celui de Teniers, ni l'architectured'un temple celle d'une maison commune, ni la musique d'un opéra- tragédie «elle d'un opéra bouffon, aussi chaque genre d'écrire a son style propre en prose et en vers, volt. Dict. phil. Genre. Remaniuons ici qu'un auteur qui s'est fait un genre de style peut rarement le changer quand il change d'objet ; la Fontaine dans ses opéras emploie le même genre qui lui est si naturel dans ses contes et dans ses fables, ID. ib. Il Genres de style ; les anciens en reconnaissaient trois, le sublime, le simple et le tempéré. Il 7° Espèce de composition littéraire; partie, subdivision dans les beaux-arts. Cet écrivain a excellé dans plusieurs genres. Le genre didacti'que, descriptif. Ce peintre s'est distingué dans le genre historique. Cette danse est du genre noble. J'irais plus haut peut-être au temple de mémoire. Si dans un genre seul j'avais usé mes jours, la fottT. Poésies mêlées, lxik. Vouloir conserver l'admiration des grands modèles en établissant un goût qui exclut les genres nouveaux, c'est faire comme les Turcs, qui ne savent conserver la vertu de leurs femmes qu'en les tenant en prison, TURGOT, Ébauche du 2' dise. Progrès de l'espr. hum.p. 323. Tous les genres sont bons hors le genre ennuyeux, volt. || Absolument. Peintre, tableau de genre, peintre, tableau de portraits, de fleurs, d'intérieurs, par opposition à la peinture des tableaux d'histoire et de paysages. Le peintre de genre a sa scène sans cesse présente sous les yeux, diderot, Essai sur la peinture, chap. 5. Teniers, Wouwermans, Greuze, Chardin, Loutherbourg, Vernet même, sont des peintres de genre, m. )6. || 8° Genres rhythmiques, théorie toute conventionnelle et très-fausse par laquelle les anciens cherchaient à s'expliquer l'harmonie du discours, en notant le rapport des arsis aux thésis dans les pieds prosodiques. Ils reconnaissaient trois genres, le genre égal quand l'arsis était égale à la thésis, comme dans le spondée ou le dactyle; le double quand l'arsis valait le double ou la moitié de la thésis, comme dans le trochée ou l'iambe; le sescuple quand l'arsis valait une fois et demie la thésis, ou en était les deux tiers comme dans le péon àmâ \ btlé. Quelques-uns ajoutaient le surtiers quand l'arsis valait 4 ou 3, la thésis valant 3 ou 4, comme dans l'épitrite pûlchérrimô. Il Genres en musique ; pour les anciens, c'étaient les diverses manières de partager la quarte. Ils en reconnaissaient trois : le genre diatonique, que l'on partageait en un ton, un ton et un demi-ton, comme chez nous ut, ré, mi, fa; le chromatique, qui la divisait en union et demi et deux demi-tons, par exemple ut, mi bémol, mi naturel, (a; l'enharmonique, qui la partageait en un diton {tierce majeure) et deux quarts de ton , ut, mi, mi élevé d'un quart de ton et (a. || Chez les modernes, les genres de musique portent les mêmes noms que chez les anciens, mais ils représentent tout autre

chose, savoir la loi de succession des notes dans des séries indéfinies. Il n'y en a que deux réels : le genre diatonique, qui procède par tons et demitons dans l'ordre réglé par les modes majeur et mineur, et le chromatique, qui procède par dcmltons consécutifs. Le genre enharmonique n'est qu'une manière d'écrire ; ut dièze étant la même chose que ré bémol, r^ dièze la même chose que mi bémol, etc. Si on écrit de suite deux de ces notes équivalentes, quoique de nom ou de place différente, c'est ce qu'on appelle enharmonie, et l'on est dans le genre enharmonique. ||9"Terine do grammaire. Propiiété qu'ont les noms de représenter les sexes, et, dans certaines langues, l'absence de sexe. Le genre masculin. 1.0 genre féminin. Le genre neutre, celui qui n'appartient ni au mâle ni à la femelle. Les langues romanes ont supprimé le genre neutre qui appartenait au latin et qui en effet ne répondait plus à aucune distinction effective entre mâle et femelle. On appelle genre ce qui distingue un nom d'avec un autre, conformément à la différence que la nature a mise entre les deux sexes; ainsi, selon cette idée, nous avons deux genres en grammaire : le masculin, comme quand nous disons le soleil; et le féminin, comme quand nous disons la lune, d'olivet, Ess. gramm. ch. i, §).1| Genre commun, se (lit quelquefois du genre des mots qui ont une même terminaison pour le masculin et le féminin. Poète est un substantif du genre commun ; sage est adjectif du genre commun. || Adjectif des deux genres, adjectif qui n'a qu'une seule terminaison pour le masculin et le féminin. || Fig. On ne sait de quel genre il est, s'il est mâle ou femelle, se dit d'un homme très-caché, dont on ne connaît pas les sentiments. Il 10° Dans le langage ordinaire, le genre nerveux, l'ensemble des nerfs, la sensibilité physique. J'ai le genre nerveux tellement irritable, picard. Entrée dans le monde, i, «u.

— HIST. xV s. Et si notre foi n'eusl esté si fort confirmée au humain genre.... elle eust branlé et croulé, FROiss. II, m, 27. Esmerillons, huas, cercelles. Et maint autre gendre d'oyseaulx, e. desch. Poésies wss. ^ 488. jj xvi' s. Tout bien vient de féminin gerre; Comment nacquistes-vous? tous nuds. Ainsi que povres vers de terre, J. marot, v, 304. Le salut du genre humain, mont, i, 377.

— ËTYM. Prov. genre, gendre; espagn. et portug. genero; ital. génère; du latin gertere, ablatif de genus ; grec, y^vo;; sanscr. janus, race : mots dont le radical est en sanscrit ja, jan ; d'où le latin génère, gignere, engendrer, et le sanscrit jajanmi, engendrer, jayé, naître.

4. GENS (jan; l'sselie: des jan-i aimables; quelques personnes font sentir \'s : des jans'; mais c est une mauvaise prononciation), s. pi. jj 1° Nom collectif signifiant en général un certain nombre de personnes; dans ce sens, gens est, suivant l'emploi, tantôt masculin, tantôt féminin ; voy. les remarques. Tous les honnêtes gens. Les vieilles gens. Ce sont des gens résolus. Quelles méchantes gensl Achillas et Photin sont gens à dédaigner, cohn. Pomp. iv, 3. Tandis que leurs soldats en des camps éloignés Prennent l'ordre sous lui de gens qu'il a gagnés, iD. Attila, II, <. Les Germains comme eux deviendront Gens de rapine et d'avarice, la font. Fabl. XI, 7. Plus telles gens sont pleins, moins ils sont importuns, id. Fabl. xii, u. Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course, id. ib. m, 6. Elle ne manque incontinent de dire À son mari l'amour des deux bourgeois, Tous deux gens sots, tous deux gens à sornettes, id. Rémois. Ma langue est impuissante, et je voudrais avoir Celles de ♦ous les gens du plus exquis savoir, mol. l'Él. ii, 14 II y !. de sottes gens qui me veulent dire qu'il a été na;ch md, m. Bourg, gent. iv, B. Ce sont [les avocais] ).,en ide difficultés, ID. Mal. im. i, ». ICt je connais des gensdans Paris, plus de quatre. Qui, comme ils le font voir, aiment ju.sques à battre, id. Fdch. ii, 4. La délicatesse est trop grande de ne pouvoir souiirirque ies gens triés, id. Critique, t. Toute mon ambition est de rendre service aux gens de nom et de mérite, id. Sicil. 1 1 . Ces gens, dis-je, qu'on voit d'une ardeur non commune Par le chemin du ciel courir à leur fortune, id. Tart. i, 6. Pendant qu'avec un air assuré il s'avance pour recevoir la parole de ces braves gens, BOSS. Louis de Bourbon. Les trembleurs [les quaokers], gens fanatiques qui croient que toutes leurs rêveries leur sont in-spirées, m. Reine d'Anglet. U [celui qui ne croit pas] se met au rang des gens désabusés, il insulte en son cœur aux faibles esprits qui ne font que suivre les autres sans rien trouver par eux-mêmes, id. Anne de Gom. Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce natura

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•t maris bons chrétien», Boii. Sol. x. Quelles gens étes-vous? quelles sont vos affaires? bac. Plaid, u, 8. Il T a à la villB, comme ailleurs, de fort sottes gens, des gens fades, oisif», désocciipés, u bbuy. VII. Certaines gens qui n'clalenl tombi's dans la pauvreté que par la paresse et l'iulempérance, VEBTOT, niv. rom. i,p. <<8. Le tout exécuté par de belles femmes, par drs jeunes gens bien faits qui ont de l'esprit, devant une assemblée qui a du goût, VOLT. Lell. CiiieviUe, 3 mars n58. La plupart des gens en place n'aiment point les gens de lettres, duclos, Jfi-'ni. Rég. Œuv. t vi, p. (59, dans POUGF.NS. On demandera peut-être (car on devient curieux) combien de gens en France ont le droit ou le pouvoir d'emprisonner qui bon leur semble, sans être tenus de dire pourquoi, p. L. COUR. Lett. IV. Il Les petites gens, lesgens d'une condition inférieure. Et puis, à dire vrai, les discours obligeants Touchent peu s'ils sont faits par de petites gens, hauteroche, Bourj. de (/uadt^, v, «. C'est, lui dis-je, que le terme do mon père est trop ignoble, trop grossier; il n'y a que les petites gens qui s'en servent, Marivaux, Paysan part). <" part. Ne sais-tu pas que les petits scrupules ne conviennent qu'aux petites gens? J. j. rouss. Hél. iv, 43. J'ai su depuis que c'était le protocole de Monseigneur en parlant aux petites gens, uarmontel, Jft'm. viii. Il De bonnes gens, des personnes qui ont de la bonté, de la bonhomie. Vous croyez cela, bonnes gens. Lnt autres animaux, créatures plus douces, Bonnes gens, s'étonnaient qu'il criât au secours, la font. FaOl. viii, i2. Y a-t-il encore au monde des Voitures et des Malheibps? bonnes gens, je ne vous puis voir, comme dit maître François dans son livre, m. Lett. xxiv. De bonnes gens, qui ne vivent que pour le plaisir et pour la joie, qui ne haïssent rien que ce qu'on leur fait haïr, ne sont que ce qu'or veut qu'ils soient, Marivaux, Paysan parv. *• part. || Bonnes gens, se dit quelquefois pour personnes d'un Age avancé. Ne seraient-ce point mes parents?.... si les bonnes gens vivent encore, ils ne sauraient être fort éloignés du derniermoment de l«ur course, la pont. Psyché, I, p. «3. Il Dans le langage féodal, bonnes gens signifiait des hommes recommandables par leur conduite et par leur position. On sommait le seigneur même devant bonnes gens, et on le faisait sfimmer par le souverain, montesq. Esp. xxvui, 28 II D'honnêtes gens, des personnes de probité; des gens honnêtes, des personnes qui ont des manières civiles. Les procureurs du roi ne sont pas feulement d'bonnôtes gens ; ce sont encore des gens fort honnêtes; leur correspondance est civile, p. l. coun. Lett. rv (voy. i honnête le sens qu'avait honnêtes gens au xvii* s.). || i' Absolument. Les gens, les hommes en général. Pre.sque rien, dit le chien, donner la chasse aux gens, la font. Fabl. i, 6. Il ne faut jamais dire aux gens : Ëcoutez un bon mot, oyez une merveille , id. ib. xi , 8. On doit se regarder «oiméme un peu longtemps, Avant que de songer à condamner les gens, mol. Uii. m, 6. || Lesgens, se dit parfois, dans le langage familier, des personnes qui parlent, à qui l'on parle, ou même d'une seule personne. Et regardez un peu les gens [c'est-à-dire moi qui vous parle] sans nulle haine, mol. Tari, u, 4. Les gens à poëme épique et à éléments de Newton [Voltaire lui-même] sont des gens opiniâtres, VOLT. Lett. d'Argenlat, se janv. 47J9. Mais vous pressez les gens d'une maniera étrange, Il le faut avouer , collir d'harlevillb , Vieux célib. u, 6. Il faut être amoureux ou avoir des affaires bien pressantes, pour venir de si bonne heure chez les gens, picard. Deux Philibert, i, <. Il Se connaître en gens, discerner les caractères, les sentiments des hommes. || Vous vous moquez des gens, c'est se moquer des gens, se dit de celui qui fait des propositions déraisonnables. || Ces gens-là se dit de personnes qui sont p'acéesà un endroit où nous ne sommes pas. Prenez donc garde, ces gens-là qui nous voient, mais qui n'ont pu entendre ce que nous disions, vont croire que je vous r.rdonne, collé, Porde dechisse de Henri IV, i, 6. Ces gens là, se dit aussi par dédain de personnes dont on parle. Et quelle estime voulez-vous que nous fassions du procédé irrégulier de ces gens-là? HOL. Prie. se. 6. Il 8° Gens suivi de la préposition de et d'un substantif; en cet emploi , gens est toujours masculin. Ayez sein que tous deux fassent en gens de cneur, corn. Cid, iv, 6. Si tant de gens de coeur font des vœux pour ta mort, ID. Cinna, rv, 3. Tous deux pour leur pays sont morts en gens d'honneur, in. hor. iv, 2. |{ Les gens de bien, les personnes qui ont probité et honneur. Que tous les gens de bien vous parlent

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par ma voiX/ corn. Bor. v, s. Nous avons loi un Bodineau qui dit sans rougir qu'il faut faire ses affaires à quelque prix que ce soit, que gens de bien n'ont pas de chausses, gui patin, Leltret, t. II, p. 3:17. Toutes les grimaces étudiéi:s de ces gens de bien à outrance.... mol. i*' plcicel au roi. En serons-nous moins gens de bien? auronsnous une autre morale et d'autres principes d'honneur et de vertu? volt. Quest. miraclei, lelt. ta. Il Les plus gens de bien, ceux qui ont le plus de vertu. Il fait paraître du zèle dans les choses qui ne blessent pas son ambition, et il semble mi^me vouloir contenter les plus gens de bien, Boss. Polit, vu, m, ». Les plus gens do bien sont relâchés, BOURD. Dominicaes, i , Afflict. des justes, 127. Mais les plus gens de bien n'en font pas de scrupule, dites-vous, mass. Confér. Amh. des clercs. Il Les gens du monde, les personnes qui vivent dans la société, par opposition aux personnes qui vivent dans la retraite. Loin de trembler devant les autels, on y méprise Jésus-Christ présent.... gens du monde, vous ne pensez pas à ces horribles profanations, BOSs. Louis de Bourbon. C'est le reproche ordinaire que font les gens du monde à ceux qui le quittent, rollin, Hist. anc. liv. xxv, ch. i, art. 2. Il Gens du monde, se dit quelquefois par opposition aux gens qui ont une profession savante. Les gens du monde commettent les plus gramles bévues quand Ils parlent de médecine. || Gens de main, hommes habitués à combattre, capables de coups hardis. Mais ces paysans, mêlés d'anciens soldats, la plupart gens de main... chargèrent les bourgeois à coups de pierres et de bâtons, vertot, Kdvol. rom. X, p. 10. Il Des gens de sac et de corde, des hommes capables des plus grands crimes et dignes des plus grands châtiments. || Être gens à.... être capables de. Adieu; ne craignez rien, Achillas et Photin Ne sont pas gens à vaincre un si puis.saiit destin, corn. Pomp. iv, 6. || Vous nous prenez pour des gens de l'autre monde, vous nous prenez pour des ignorants ou des niais. || Vous nous prenez pour des gens de delà l'eau, c'est-à-dire pour des gens qui ne savent ni nouvelles ni affaires. || 4" Gens sert à désigner certaines classes de personnes, certaines professions; en ce sens il est toujours masculin. Les gens de finance. Gens d'Église, ceux qui composent le clergé. || Gens d'épée, les militaires. || Les gens de robe, ceux qui portent la robe au palais, qui rendent les jugements, plaident les causes, etc. J'y trouvai cinq ou six dames et trois messieurs, dont deux me parurent des gens de robe , et l'autre d'épée, M.\RiVAUX, Marianne, 6* part. || Les gens du roi, les procureurs et avocats généraux, et ceux qu'on désignait sous les noms de procureurs ou avocais du roi. J'ai plaint les pouiiles qu'on abuse. J'ai chansonné les gens du roi , bérang. Épitaphc. || Il se disait, dans les ordonnances, dans les édits, des parlements et autres compaguies de justice. Les gens tenants la cour de parlement. Les gens tenants la cour des aides. || Gens d'armes, cavaliers des anciennes compagnies d'ordonnance (écrit plus ordinairement en un seul mot; voy. gendaumi:).

Il Gensde guerre, les militaires Qu'Antoine a mis

à terre Ce qui dans ses vaisseaux restait de gens de guerre, corn. Pomp. v, 3. Sa conversation était un charme, parce qu'il savait parler à chacun selon ses talents, et non-seulement aux gens de guerre de leurs entreprises... boss. Louis de Bourbon. Ou comptait [chez les Juifs] pour gens de guerre tous ceux qui étaient en âge de servir, et cet âge était fixé depuis vingt ans et au-dessus, fleukï, Kœurs des Israéi. tit. xxvi, 2* part. p. 326, dans pougens. Il Gens de pied, gens de cheval, infanterie, cavalerie. Les ennemis avaient quatre cent cinquante enseignes de gens de pied, distribués en différents corps d'armée, sans compter la cavalerie, verto r, Hévol. rom. xi, p. «♦. |{ Dans l'antiquité, gens de trait, soldats qui lançaient des traits. Elle était composée de soixante el treize galères, qui portaient cinq mille combattants et environ trois mille tant archers que frondeui-s et gens de trait, rollin, Hist. ane. OEuvres, t. m, p. «8», dans pouoess. Il Terme de marine. Les gens de mer, tous les hommes non brevetés par l'Ëtat qui font le métier de marin. || Les gens de cour, les courtisans. Je sais des gens de cour quelle est la politique, corn. Poty. V, (. Il Gens d'affaires, les hommes qui s'occupent d'affaires de bourse, de banque, de commerce, de transactions diverses. || Les gens de lettres, les hommes livres à la culture des lettres. U n'y a que les vrais gens de lettres qui n'aient point d'intrigues, volt. Lett. Damilaville, 12 mai <76s. Celui qui, n'ayant lu que des romans, ne fera que

GEN

de* romans; celui qui, sans aucune littérature, aura composé au hasard quelques pièces de théâtre ; qui, dépourvu de science, aura fait quelques sermons, ne sera pas compté parmi les gens de lettres, ID. Dict. phil. Geru die lettres. Aujourd'hui cette critique [des anciens textes] est moins nécessaire, et l'esprit philosophique lui a succédé; c'est cet esprit philosophique qui semble constituer le caractère des gens de lettres; et, quand il se joint au bon goût, il forme un littérateur accompli, ID. ib. On est quelquefois étonné que ce qui bouleversait autrefois le monde ne le trouble plus aujourd'hui ; c'est aux véritables gens de lettres qu'on en est redevable, id. t6. Nos gens de lettres sont par leurs habitudes en contradiction avec le sérieux de l'histoire, cuateaubr. Génie, m, m, ♦. || La Société des gens de lettres, société composée de gens de lettres et s'occupant de leurs intérêts. || 1" Ceux qui sont d'un parti; troupe soit d'une nation en guerre, soit d'un meneur quelconque; en ce sens il est toujours masculin. Dix de nos gens y périrent. La moitié de tes gens doit occuper la porte. CORN. Cinna, v, 1. Peignez-lui bien nos gens pâles et désolés, m. Pomp. m, 1. Ces mutins ont pour chef les gens de Laodice, ID. Sicom. v, ». Judas avec ses gens les poursuivit jusqu'à Gezcron el jusqu'aux campagnes d'Iduinée, saci, Bible, Mach. I, IV, 4 5 Spendius, le chef des révoltés, craignit que cette douceur affectée de Barca ne lui fit perdre beaucoup de ses gens, rollin, Hist. anc. Ok'uc. t. I, p. 3ii , dans POUGENS. || Ceux qui sont d'une même société. Tous nos gens sont arrivés, laites scnir le dîner. || 6° Les domestiques, les personnes à la suite; en ce sens, on ne le dit guère que de cette façon : les gens de M. un tel, et, avec les adjectifs possessifs: mes gens, se.s gens, vos gens, nos gens, leurs gens, etc. Alors il est d'ordinaire sans épithète qui précède, et par conséquent masculin; mais sans doute on dirait au féminin : les maladroites gens de M. un tel. Allons <lonc, mon carrosse! où est-ce qu'est mon ciu'rosse ? mon Dieul qu'on est misérable d'avoir des gens comme cela ! MOL. Pourc. m, 2. Almanzor, dites aux gens de M. le marquis qu'ils aillent quérir des violons, 10. Préc. <2. Un de mes gens la garde au coin de ce détour, ID. te. des femm. v, 2. An! les sottes gens que nos gensi Marivaux, Jeux de l'am. et du has. 11, 6. Ëlever un enfant comme devant être sans cesse entouré de ses gens, J. J. BOtiss. Ém. i. || ?• Bêtes et gens, les personnes avec les chevaux, avec les mulets qui leur servent. L'espace est étroit, mais nous trouverons le moyen do loger tout le mon le, bêtes et gens. Il n n'y a ni bêtes ni gen.s, se dit d'un lieu désert. || Proverbes, fl y a gens et gens, cest-à-dire les personnes sont fort différentes. || X gens de village, trompette de bois, c'est-à-dire il faut que les choses de chacun soient proportionnées à sa condition ; cela se dit aussi pour marquer que les personnes dont on parle ne se connaissent point aux belles choses.

— REM. Ce mot présente la singularité d'être tantôt masculiu, tantdt féminin, suivant la place de l'adjectif; ceci est dû à une lutte entre le genre propre de gens qui est le féminin, et le genre de l'idée qu'il exprime [hommes, individus] qui est masculin. Cette lutte a donné lieu aux règles suivantes. Il 1. Il veut au féminin les adjectifs ou les participes qui le précèdent, et au masculin ceux qui le suivent : de vieilles gens, des gens résolus. || ï. Quand deux adjectifs s'y rapportent, celui qui précède est mis au féminin et celui qui suit, au ma!>culin ; c'est la même chose pour les participes. Il jr a de certaines gens qui sont bien sots. Certaines gens étudient toute leur vie; à la mort, ils ont tout appris, excepté à penser. Ce sont les meilleures gens que j'aie jamais vus. On trouve dans les éditions de la Bruyère :Cei^ taines gens que le hasard seul a placées, la brut. u. Aujourd'hui on éc; irait p/(U»'<. !{3. L'adjectif ou le partielle mis en tête du membre de phrase oH grns est sujet, se met toujours au masculin. Déchus comme ils sont de leurs honneurs, ces gens n'en paraissent pas moins heureux. Instruits par l'expérience, les vieilles gens sont prudents. || 4. Quand gens est précédé d'un adjectif des deux genres, on met (oiuau masculin; quand il l'est d'un adjectif féminin, on met toutes au féminin : tous les honnêtes gens, toutes les vieilles gens. || 6. Tous se met au masculin, lorsque gens est suivi d'une épithète ou de rfiu^lque autre mol déterminalif : tous les gens sages, Ujiis les gensde cœur, tous ces gensci, tous CCS pauvres gens. || •• Par analogie avec le cas piécédent, tous de^-int les gens se met au masculiu, quand bien même les gens n'est suivi d'aucun

GEN

déterminatif. Vous autres fortes têtes, Vous voilà , vous prenez, tous les gens pour des bêles, oresset, Véch. I, 4. Ij 7. Si, avec lous, gens n'est pas accompagné de l'article ou de ce qui en tienl lieu, tons se met au féminin, quand même gens aurait

après lui une qualification marquée par de Le

cliat grippe-fromage, Triste oiseau le hibou, rongemaille le rat, Dame belette au long corsage, Toutes gens d'esprit scélérat, Hantaient le tronc pourri d'un pin vieux et sauvage, la font. Fabl. viii, 22. Cependant, en cet emploi, en nuançant autrement l'idée, on peut mettre tous au masculin : Le maire, le notaire, les conseillers municipaux, tous gens bien connus, c'est comme si l'on disait : tous, gens bien connus. || 8. Gens est toujours masculin quand il désigne une profession, une qualité : gens de lettres, gens de guerre, gens de cour, etc. Il 9. Dans le xvu" et le xvm* siècle , plusieurs disaient gens avec un nombre déterminé; ce qui d'ailleurs n'était qu'un archaïsme (voy. l'historique). Mettre des compliments d'amour suivis entre deux gens qui.... corn. Veuve, Examen. Il y a là vingt gens qui sont fort assurés de n'entrer point, mol. l'Impromptu, 3. Deux gens qui auraient le mallieur d'être sourds, aveugles et muets, didkr. LelL sur ks aveugles. Mais Vaugelas, Ménage et Bouhours se sont accordés pour prononcer que cela ne valait rien et que c'était une faute de dire : dix gens, six gens, quatre gens. Cette décision est bonne, malgré les autorités, attendu que gens est un nom collectif. Mais on peut dire mille gens, quand on donne au mot mille un sens indéfini : J'ai vu mille gens sur la place. Moi, je serais cocu? — Vous voilà bien malade I Mille gens le sont bien, sans vous faire bravade, Qui de mine, de cœur, de biens et de maison, Ne feraient avec vous nulle comparaison, mol. Éc. des f. iv, 8. On dit dans le même sens un millier de gens: Uya un millier de gens qui voudraient être à votre place. Il 10. Si gens est précédé d'un adjectif, on pouira très-bien y joindre tel nom de nombre qu'on voudra : dix jeunes gens; trois vieilles gens; ces quatre honnêtes gens. |1 11. On dit haiituellement : ce sont des jeunes gens et non de jeunes gens, à cause que, l'adjectif étant accolé, jeunes gens est regardé comme un mot unique. Autrefois on disait souvent (et il n'y aurait aucune faute à le dire encore aujourd'hui) : de jeunes gens. Ses travaux et ses peines [de l'amour] Veulent de jeunes gens, MALB. Il, <2. Avint qu'un soir Camille régala De jeunes gens, la font. Court. Une exactitude qui ne convient pas à de jeunes gens, sÉv. 433. || 12. Jeunes gens est toujours masculin.

— SYN. GENS, PER.soNNES. Ce qul distingue ces deux mots, c'est que gens est toujours un nom collectif, et personnes, même au pluriel, un nom toujours individuel. Aussi l'on dit vingt personnes, mais non vingt gens ; et, réciproquement, on dit les gens de guerre et non les personnes de guerre.

— HIST. XII' s. De près l'enchâssent les gont de bonne foi, Ronc. p. tS3. Mais tant enquierent félon, Losengier et maies gens, Couci, xv. || xiii' s. Et moult i ot gens navrés et mortes, villeh. xlix. En la terre le conte de Champagne se croisa Garniers H vesques de Troies.... et maintes autres bonnes gens dont li livres ne fait mie mention, id. m. Les gcnt de celle terre en pleurèrent forment, Berte, vu. Que m'est-il avenu? qu'ont ces gens empensé? ib. XV. Je suis des gens le roi cui douce Franco apent, ib. ex. Puisqu'ainsi est que [vous] estes des gens à DOstre roy, ib. cxvi. Pour ces trois gens Oui ont pol de beste afublée, Le dit du buef. Aucunes fois avient il que deus gens qui sont en mariage se départent par lor volonté et par le gré de sainte Eglise, beaum. xviii, 21. Et borgesie ne gens de basse main ne pueple [ne doivent pas estre ensi menés] come chevaliers, Ass. de lir. i, 24. Le roy d'Ermenie amena si grant foison de gens d'armes que il ot pooir de

.combattre au soudanc du Coyne [d'iconium], joinv. Î12. Ce sont les gens ou monde qui plus honneurent «ens anciennes, va. 222. ||xv" 3. Adonc s'ordonnerent-ils moult sagement [les Anglois de Berghcs] ....et firent retraire toutes les dames et les femmes de la ville en l'église et aussi tous les enfans et tes anciennes gens, froiss. ii, 11, 212. Toutes gens dont il avoit l'obéissance, m. 11 ,11, ( . Là estoient avec le duc d'Anjou grands gens et nobles, id. ii, n, 3. Et vinrent les gens d'Eglise à rencontre du corps, ID. II, II, B7. Si se doit-on grandement esmerveiller comment si belles gens d'armes se purent partir sans bataille, id. i, i, 83. Nous ne sommes pas gens pour combattre le roi de France, id. 11, u, ï< 2. Seule, sans per, de toutes gens louée , Et de tcus biens entieremeot douée, ch. d'orl. Bail. 23, Je ne

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suy pas de ces gens-là X qui fortune plaist et rit, id. flonJfeou. Les princes venans à l'aage d'homme, la phispart des gens tascbent à leur complaire, comm. Frol. Et pour aller prendre possession dudit pays estoit allé monseigneur de Chasteauguyon et autres pour le duc de Bourgogne pour faire gens, m. v, 2. En ladicte bataille estoient mors huyt mil hommes du party dudit duc prenans gages de luy et autres menues gens assez, id. v, 3. L'entreprise sembloit à toutes gens sages et expérimentez, très dangereuse, id. vu, k. Parce que souvent petits gens en menoicnt grand'noise , 'id. ib. Venez-y tost sans nul estrif, Clercz de pratiques diligens Qni congnoissez si bien vos gens, villon, Repues /"ra'ic/ies. Il xvi* s. Les vieilles gens tu rens fortes et vives : Les jeunes gens tu fais récréatives, i chasse, à vol , à tournois entenlives Et esbat« maints, marot, ii, 268. Par gens brutaux passés au gros tamis, iD. v, 353. Exécrable lignée de meschans gens, CA.Lv. Inslit. 28C. Il voit les embusches que font de loin les fines gens pour attraper les simples en leurs rets, id. Inst. 306. Ces bonnes gents [hommes d'honneur], mont, i, 24. Il ne peut tenir la bride à ses gents, id. 1, 27. Gents de pied.... gents de cheval, id. i, 48. Un tas de gens, id- i, 248. Sottes gents, ID. I, 248 [Un roi doit] tenir tousjours auprès de luy gens de sçavoir et de vertu, amyot, Moral. ÉpU. p. I2. Gens de M. de Roquelaure ; qui toque l'un toque l'autre [s'est dit de gens qui prennent fait et cause les uns pour les autres], oudin, Curios. fr. Gens de bien sont toujours gracieux, C0TGH4VE. Â gens de bien on ne perd rien, id. De gens de bien vient tout bien, id. Tant de gens, tant de guises, id.

— ÉTYM. Gens est le pluriel de jent t; picard, ^geins. f 2. GENS (j us'), s. f. Mot latin qui se dit en

fait d'histoire romaine, et qui est l'appellation technique de la réunion des anciennes familles patriciennes qui portaient le même nom et qui étaient censées issues de la même souche. Une gens comprenait plusieurs familles. La gens Fabia. La gens Corneha. || Au pluriel, on dit les gentes (prononcez jin-tès').

— ÉTVM. Lat. gens, race, nation (voy. oent <).

(. GKNT (jan), s. f. || 1° Au sing. Nation, race, ô combien lors aura de veuves La gent qui porte le turban! malh. in, 4. Car elle avait appris de la bouche des Parques, Que du haut sang troyen , semence des monarques, Descendrait une gent invincible aux combats, card. duperron, Énnde, i. De cett' gent farouche adoucira les mœurs, segrais, Enéide, v. || Cet emploi, dans le style noble, tombe en désuétude; cela est fâcheux. || i' Au sing. Le style familier use aujourd'hui de ce mot pour signifier race, espèce. Il dit q[i'Mné3.s et sa gent Ne valait pas beaucoup d'argent, scarron, Virg. viii. La gent à grègues retroussées [les pages], m. dans le roux, Dict. comique. Vive la gent qui fend les airs ! la font. Fabl. il, 5. La gent trotte-menu s'en vient chercher sa perte, id. ib. m, 18. Longtemps entre nos coqs le combat se maintint.... La gent qui porte crêleau spectacle accourut, id. ib. vu, )3. Ils devraient , ces auteurs , demeurer dans leur grec. Et se contenter du respect De la gent qui porte férule; D'un savant traducteur on a beau faire choix, C'est les traduire en ridicule Que de les traduire en françois, Perrault, Parallèle des anciens et des modernes, à la fin de la préface. Pour peu qu'ils fussent au fait de ce qui se passe aujourd'hui chez la gent comique, ils y trouveraient bientôt un sens clair, le sage, Diable boit. chap. ta. Contre la gent hypocrite Voyez son malin courroux, bérang. Ermite. || Fig. La gent moutonnière, ceux qui suivent l'impulsion donnée par les autres. H 3° Au plur. Le droit des gens, le droit des nations (ici gens s'écrit toujours sans (); dans le droit romain, et par suite dans l'ancien droit français et dans beaucoup de locutions qui en proviennent, il signifie droit naturel, c'est-à-dire les règles de l'équité naturelle qui sont communes à toutes les nations. || Aujourd'hui, on enlend par droit des gens le droit de nation à nation, tant le droit diplomatique positif résultant des traités, que le droit international, ensemble de règles coutumières ou écrites qui règlent les rapports d'une nation avec les étrangers en temps de paix ou même en temps de guerre.

— HIST. XI* s. Ne n'ai tel gent qui la sue [la sienne] derompe, Ch. deRol. 11. S'il ont grant gent [des troupes nombreuses], d'ice, sigiiur, cui chaut? ib. ccxLi. |l XII' s. Franc, dit Rolant, bone gent honorée, Ronc. p. 48. Par le conseil de fausse gent vilaine, Couci iiv. À vous, amans, plus qu'a

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nule autre gent Est bien raison que ma dolor [je] complaigne, ib. xxii. Il départi ses oz [armée] et renvoia s^a gent, Sax. xii. || xiu' s. Et par ce qu'il savent certainement que nule gent n'ont si grant pooir par mer comme vous avés, villeh. xii. Or vous faites aimer [de| gent letrée et gent laie, Ber(e, viii. Car gent françoise sont de grant beubancerie, ih. Lxxii. Mes vers la gent très bien te cpIp, Kt quier autre achoison (occasion] que cele Qui cele part te face aler, la Rose, 2309. Si ne crol mie que Dieux l'ost [l'ête] D'avec les sainz, ainz l'i a mis. Qu'il a toz jors esté amis A sainte Eglise et à gent d'ordre [moines], buteb. 42. ||xiv' s. Et voion entre les homes que ceulz qui sont d'une gent ou d'un lignage aiment l'un l'autre, ohesme, Etti. 229. ||xv's. Avec lui moult belle geiit d'armes, froiss. i, i, Ul.... Si très tost que [le héraut des Anglais] approcha, ces Flamands l'enclouirent, et là l'occirent comme folle gent et de petite connoissance, in. 11, 11, 207. Ha! qu'est-ce que de vaillante gcnt! l'un en vault mille, et mille jaillis n'en vaillent un bon, Boucic. 11, ao. Il XVI' s. Bienheureuse est la gcnt qui n'est point morte Sans veoir premier vostrc ferme unité, marot, II, »H. Celuyqui est terrible, qui transfère les couronnes et royaumes d'une gent [nation] à autre, AMYOT, Moral. Éptl. p. 4. Pour nous assujettir à cette gent payenne, garnier. Bradant. 1.

' ÉTYM, Piovenç. gent, gen; espagn. portug. et ital. genfe; du lalin gentem, nation, du radical gen, gin qui est dans gignere, engendrer, genitus, engendré ; grec, fiveaOai, naître; irl. gean, engendrer; sanscrit, jan.

2. GENT, ENTE (jan, jan-f), ad;. Terme du style archaïque ou du style badin. Gentil, joli. Une gente demoiselle. Une gente fillette. Ces femmes.... Qui gentes en habits et sades en façons, rp.gnier, Sat.ix. Mesdemoiselles du Vigean Ont le cœur noble et le corps gent, VOIT. PoAtcï, ÛEutJres, 1. 11, p.t3i,dans POUGENS. Que dit-elle de moi cette gente assassine? MOL. l'Ét. I, 6.

— HIST. XI' s. Ancui [nous] aurons un eschec [butin] bel et gent, Ch. de Roi. lxxxix. Je vous durrai [donnerai] moillers [femmes] gentes et belles, 16. ccilvii. Il XII* s. Biaus sire rois, vous m'avez fait gent don, Konc. p. 40. Après [il] leurdist une gente raison, ib. p. 9S. Où est belle Aude au gent cors honoié? t'i). p. HiO. Et ses biaus bras et son cors bel et gont, Couci, v. Il est biaus et je suis gente; Quant l'uns à l'autre atalente. Pour quoi nous as despartis? Dame de Faiel , dans Couci. \\ xiii' s. Au manger sist li rois et sa gente mesnie, Berte, 11. Espousa rois Pépins Berte la belle et gente, ib. x. Droit vers Paris [ils] s'en vont, la cité noble et gente, ib. cxxxiv. Li chcvai ^rs fu biaus et gens, ta /(ose, t256. ||xv"8. Et là venit le comte de Flandre à lui [Charles VI] qui lui asseoit sur son poing un faucon pèlerin moult gont et moult bel, froiss. ii, ii, 164. || xvi' s, Vostre gent corps de moy se part et emble, mahot, i, 34).

— ÉTY.M. Provenç. gent, au fém. genta ; anc. espagn. gent ; anc. ital. gente (que le Dictionnaire de la Crusca dit venir du provençal). Gent ne représente pas directement gentilis, qui , ayant l'accent sur ti, a donné gentil ; mais on peut admettre que le français et le provençal ont reculé l'accent de gentilis, ont dit gentilis, et ont fait gent; c'est ainsi que mansuetus a fourni l'espagnol manso. Diez, qui reconnaît cette possibilité, préfère cependant tirer gent de genitus (ce qui est bon lettre pour lettre), signifiant celui qui est né, qui est de bonne naissance, et, par suite, gent, gentil ; cela est appuyé par le féminin provençsil genta. Pourtant remarquez que, dans l'historique qui remonte haut, on ne trouve jamais le sens d'engendré et toujours celui de gentil. L'anglais gentle ne peut venir en preuve de l'étymologie par gentilis; car gentle ou genteel proviennent du français. Cet adjectif avait un comparatif genlior, plus gont, et un adverbe gentement.

GENTIANE (jan-si-a-n'), s. f. Genre de plante» qui croissent surtout dans les montagnes; on y distingue la gentiane jaune ou grande gentiane, gentiana lutea, L.

— HIST. XVI' s. De là est venu que la gentiane a pris son nom de Gentius, roy des lllyriens, PARf., Préf.

— ÉTYM. Lat. gentiana, de Gentius, roi d'Illyrie. t GENTI ANEe's (jan-si-a-néo) , s. f. pi. Famille de

plantes dicotylédonées, dont la gentiane est le type

t GENTLANELLE (jan-si-a-nè-l'), s. (. Espèce de

gentiane, dite aussi amarelle, gentiana amarella, L

— ÉTYM. Diminutif de gentiane.

t GENTIANIN (jan-si-a-nin), s. m. ou GENTIA- N1NE (jan-si-a-ni-n'), t. f. Terme de chimie. Mélange de divers principes extraits de la racine de gentiane.

GEN

4. GENTIL (jan-ti; l'J ne se prononce jamai»; au pluriel, r# »e lie : le» jan-ti-z et leur apôtre), t. m. Use dit dos anciens polythéistes, par opposition aux Juifs Pl aux Chrétiens. C'était un gentil. Nous avons et* baptisés dans le même esprit, pour n'être tous ensemble qu'un même corps, soit juifs ou gentils, soit esclaves ou libres, SACl, Bibie, S( Paul, < " éfil. OUI Corinlh. xii, t3. Voyez ces serpents, voyez ces reptiles et ces autres animaux immondes, qui vous sont présentés du ciel ; c'est les gentils, peuple immonde, et peuple qui n'est pas peuple , Boss. Htxm,. vérité de l'Eglise, t. En cette promesse était enfermée la venue du Messie tant de fois prédit à nos pères, mais toujours prédit comme celui qui devait être le sauveur de tous les gentils et de tous les peuples du monde, ID. Hist. il, 2. Il [saint Pierre] en avait déjà pris le gouvernement [de l'Kgli.se], quand .saint Paul lui dit en face qu'il ne marchait pas droitement selon l'Évangile, parce qu'en s'éloignant trop des gentils convertis, il mettait quelque espèce de division dans l'Ëglise, m. Sermons, Unité de l'Église, <. C'était un gentil, mais tout gentil qu'il était, il avait de la religion, bourd. «• dim. apr. la Ventée. Dominic. t. ii, p. 4<7. Les Israélites ne s'éloignaient pais également de toutes sortes d'étrangers, quoiqu'ils les comprissent tous sous le nom de goïm ou gentils, fleurv. Mœurs des Israél. titre xiii, 2* partie, p. M9, dans pougf.ns. || L'Apôtre des gentils, saint Paul. On dit de même : le docteur des gentils. La ligure de ce monde passe, poursuivait le docteur des gentils, boukd. 2* dim. après

I Epiphanie, Dominic. t. i, p. <oa.\\Ad}. Né d'un père gentil et d'une mère chrétienne.

— RF.M. L'Académie ne donne gentil que comme masculin, soit substantif, soit adjectif. Mais rien n'empêche dédire, sub-stantivement, unegentilo, et, adjectivement, une mère gentile.

— SYN. GENTILS, PAÏENS. Païens est plus compréhensif que gentils. Païens se dit non-seulement des païens de Rome, de la Grèce, de l'Kgypte et en un mot des anciens païens , il se dit aussi des peuples qui encore aujourd'hui appartiennent au polythéisme; au lieuque gentils ne se ditquo des païens contemporains des apôtres et des premiers siècles du christianisme.

— HIST. XVI* s. Resource des petis, Lumière des gentils, Et d'Israël la gloire, marot, iv, 34o.

— ÉTYH. Lat. gentilis, do sens, nation (voy. cent I). Les juifs disaient les nalions, en grectàëS/iri, pour signifier les peuples étrangers à leur culte; à leur Imitation les chrétiens latins ont appelé gfud'tes ceux qui n'appartenaient pas à la religion chrétienne.

2. GKNTIL, ILLE (jan-ti, ti-ll'; au masculin, l'I ne se prononce pas, excepté devant une voyelle, et alors elle se mouille; un gen-ti-ll enfant; au pluriel, l'ï se lie : de gen-ti-z oiseaux ; au féminin. Il sont mouillées : jan-ti-ll'), adj. || l" Dans le style archaïque, le gentil pays de France, le noble pays de France. Averti des tournois qui se préparaient au gentil pays de France, il [le chevalier] se rendait au rendez-vous des braves, chateaub. Génie, IV, V, 4. Il II se dit quelquefois en un sens analogue pour délicat, généreux. C'est un gentil procédé. Voyez comme je suis gentille; gentille, ce n'est pas peu dire; car vous saurez qu'à Villefranche, en Beaujolais, on entend par cette expression appliquée à une dame, idem masculinée pour un homme, la pratique du bien, l'amour du travail, l'intelligence, l'activité ; ainsi vous êtes un homme gentil, si vous faites bien votre devoir de citoyen, de magistrat, et ainsi de suite, M'"' Roland, Lett. à Bosc, 3 oct. (787. Il 2" Par extension, joli, mignon, qui plaît, en parlant des personnes (l'idée de bonne race, qui est le sens propre de gentil, ayant amené celle d'agrément, d'élégance). Gentil cavalier. Le genre de ses poésies avait bien pu dans sa jeunesse lui mériter le surnom de gentil [gentil Bernard] ; mais il n'était rien moins que gentil quand je l'ai connu, marmontel, Mém. vi.

II Substantivement. Faire le gentil, affecter des manières agréables. J'eus le bon sens de ne vouloir pas faire le gentil malgré Minerve, et je me tus, J. J. rouss. Confess. vu. || Il se dit ironiquement des gens qu'on veut traiter en impertinents ou en ridicules. Je vous trouve gentil. Vous êtes un gentil garçon, un gentil compagnon. Certes pour un amant la fleurette est mignonne. Et vous me traitez là de gentille personne, mol. Jfù. ii, (. || 8* 11 se dit des choses au sens de joli, mignon. Ce bijou esl gentil. Une chanson fort gentille. Il me disait des mots les plus gentils du monde, mol. Éc. detf. II, 6. Le roi, dit l'autre, a daigné lui sourire. Même a trouvé set vers assez gentils, bIsano.

GEN

In-H". Il Cela passe le gentil, se dit d'une chose grande et belle ; cette locution vieillit. || Ironiquement. Vous faites l.i un gentil personnage, un gentil métier, vous faites là un vilain personnage, un vilain métier. On dit dans un sens analogue : c'est gentil; voilà qui est gentil. || 4° Bois gentil, nom vulgaire du daphne mitcreum, dit garou des bois.

— HIST. XI* s. Il prisl muiler [femme] vailante et honurede, Des melz gentils de tute la contrethe, St Alexis, IV. Dist Blancandrins : Franc sont moult gentil home, Ch. de Roi. xxvn. Et il les ploro com chevalier gentil, ib. cxxxviii. || xii* s. Vous, dame, doit-il membrer Qu'en gentil cuer [cœur] doit-ou trouver Merci, Coud, iv. || xni* s. An I gentis rois, quant Diex vous fist croiser, Toute Egypte doutoit vostrerenon,QUESNEs, Aomancero, p. loo.Bien [elle] semble gentis femme et sans nul mauvais art, Berle, ixii. Il savoit bien que c'estoit la plus gentius feme de la chrestienté et la plus riche, Chron. de Rains, p. 6. Ge respons que nus n'est gentis. S'il n'est as vertus ententis, la Rose, )88I6. Tant est la dame gentil tant comme ele est mariée à gentis, tant soit ele départie de li, tant com ele ne se marie

à plus bas, Liv. de just. M Comme de gentix

gens ou d'ommes de religion qui portent seaus, BEAUH. XII, 9. Il XIV* s. Si dist à Bauduin : or n'aies desprisant Nostre gentil mestier : chavetier sont vaillant. Et che bovent le vin comme plus souffisant, Baud. de Seb. xii, 229. Le faucon gentils est de plu.i déliée maille que nul, et a les pies jaunes, ^6iagier, m, 2. Il XV* s. Gentil de cuer, froiss. i, 1, 2a 1. si sont depuis venus les habitants du royaulme , gentils et villains, qui s'enestoient fuiz, Perceforest, t. u, f° "0. Du gentil au vilain est trop m.auvaise la misléc, ib. f° ) 10. Il XVI* s. Les deux Grebans au bien resonnant stile, Octavian à la veine gentile, maiiot, m, 3U5. Clerz et layz, nobles et gentilz Sont de nous deux [Adam et Eve] filles et filz, m. iv, 347. Il avoit le cueur si gentil, qu'il taschoit à faire tout ce que son père luy monstroit, amyot, Catnn, 4j.

— ÊTYM. Bourguig. jantais; Berry, genti, gentie ; wallon, genti, laborieux ; provenç. et espagn. gentil ; ital. gentile; du lat. gentilis, qui est de bonne race, de gens, race (voy. cent !)• ,

t GFJ^rriLÉ (jan-ti-lé), s. m. Nom des habitants d'un pays, d'une ville. Algérien estle gentile d'Alger.

— ÉTYM. Lat. gentile, neutre de gentilis, qui appartient à une nation, de genj, nation (voy. gent 1).

GENTILHO.M.ME (jan-ti-llo-m', U mouillées, et non jan-ti-yo-m'; au pluriel, gentilshommes , prononcé jan-ti-zo-m'. Ce mot était prononcé au xvii* siècle gentoilhomme : Celui qui prononce ce mot autrement ne sait pas que ceux qui sont véritablement nobles se nomment ainsi eux-mêmes, Bibl. des ch. 4* série, t. Il, p. I8a ), s. m. I| 1° Celui qui est de race noble. Gentilhomme de bon lieu. Il est gentilhomme comme le roi. Ne vous mêlez point avec ces gens-là [les Rochelois], qui haïssent le roi .' cause qu'il est le premier gentilhomme de son royaume, balz. Lett. 16, liv. i.Quisedit gentilhomme et ment comme tu fais. Il ment quand il le dit, et ne le fut jamais, corn. Ment, v, 3. Ne t'attends pas que je t'aide un seul brin. Ni que par moi ton labeur so consomme; Je t'ai jà dit que j'étais Mentilhommo, Né pour chômer et pour ne rien savoir, lafont. Pagefig. Qu'avez-vous fait dans le monde pour être gentilhomme ? croyez-vous qu'il suffise d'en porter le nom et les armes? mol. Festin d^P. iv, 8. L'action que vous avez faite n'est pas d'un gentilhomme, et ce n'est pas en gentilhomme aussi que je veux vous traiter, ID. G. Dand. 11, (O. Je suis né de parents qui ont tenu des charges honorables; je me suis acquis dans les armes les honneurs de six ans de service, ....mais, avec tout cela, je ne veux point me donner un nom où d'autres en ma place croiraient pouvoir prétendre, et je vous dirai franchement que je ne suis point gentilhomme, id. Bourg. m, 42. Louer dans un gentilhomme chrétien ce que Jésus-Christ même a voulu avoir [la noblesse par David], n'aurait rien, ce semble, que de conforme aux règles de la foi, boss. Gomay. Tu fais le gentilhomme ! hé Dandin, mon ami, bac. Plaid. 1, 4. Ou'est-ce qu'un gentilhomme? un pilier d'antichambre, ID. ib. 1, 4. .Son père l'a fait riche, il ferasonpcre gentilhomme, baron. Coquette et fausse prude, 1, 4. Le gentilhomme de Louis XVI dit;'ottendrai; le gentilhomme do Bonaparte dit j'altendrons, p. l. cour. Lett. vui. Voici un mot de la reine Christine à Kspartero : Je t'ai fait duc de la Vitoire, marquis de.... comte de.... mais jamais je n'ai pu te faire gentilhomme, alph. karr, les-^Guépes, janvier <84l. || Avant les ordonnances de I&78 et de 4800, gentilhomme sa disait i la fois du noble

GEN

de race et de celui qui avait acquis la noblesse psi l'exercice cmslant des armes ou par la possession d'un fief; gentilhomme de nom et d'armes se disait exclusivement du noble de race; tes ordonnances de (t.79etde (6oo supprimèrent la noblesse acquise par l'exercice constant des armes et la noblesse acquise par la possession des fiefs (hénault). Il Vivre en gentilhomme, vivre sans rien faire. De travailler pour lui [l'estomac] les membres se lassant. Chacun d'eux résolutdevivreen gentilhomme, LAFONT. Fab. 111,2. Il Troc de gentilhomme, tnjc où de part et d'autre on ne fait qu'échanger les choses, sans aucun retour en argent. || 2" Titre de certains officiers attachés au service des princes. || Gentilshommes de la chambre. Il y avait quatre premiers gentilshommes de la chambre, qui servaient le roi lorsqu'il mangeait en chambre et lui donnaient la chemise en l'absence du premier chambellan. Les gentilshommes nommés les quarante-cinq, qui assassinèrent le duc de Guise, étaient une compagnie nouvelle foimée par le ducd'Épcruon, payée au trésor royalsurlesbilletsdeceduc; et aucun de leurs noms ne se trouve parmi les gentilshommes de la ciiambre, VOLT. Hceurs, <73. Mme d'Ëtiolcs obtint alors pour M. de Voltaire le don gratuit d'une charge do gentil-, homme ordinaire de la chambre, iD. Comm. OEuv. Aut. Henr. (t. LXiii, p. 69). {| Gentilshommes ordinaires du roi, gentilshommes qui se trouvaient auprès du roi pour recevoir ses ordres et qui .servaient parquarticrs.il |Vaugelas| futgentllhomnieordinaire, et depuis chambellan de M. le duc d'Orléans, qu'il suivit constamment en toutes ses retraites bois du royaume, pellisso», llisl. Aead. t. 1, p. 294, dans POUOENs. Les registres de la chambre des compies font foi que le maréchal de Rets et le comte de Villequier, tirés du nombre des gentilsliouimus ordinaire3,avaient le titre de premier gentiihomme.charge de nouvelle création, instituée sous Henri II pour le maréchal de Saint-André, volt. Mœurs, 173. || Gentilshommes au bec de corbin, voy. coRbiN.jl Gentilshommes de la manche, nom donné aux gentilshommes qui se trouvaient continuellement auprès du prince, quand il était jeune homme. U nène deux gentilshommes de la manche, quelques valets de chambre, trois ou quatre officiers pour lui donner à manger à la française, mai.\ tenon, tettre au card. de tfoaiUes, I7 nov. <700. || Gentilhomme servant, celui qui ne servait que les têtes couronnées et les princes du sang, et toujours l'épée au côté. Quoi que vous en disiez, Aminte est ma parente, Mesdames; car Aminte est fille de Damon, Gentilhomme servant et petit-fils d'Orgon, boisst. Babillard, se. 9. || Fig. Gentilsliomraos d'artillerie étaient des officiers qui n'avaient pas d'autre emploi que de garder les pièces, d'empêcher qu'elles ne s'altérassent et de hâter l'ouvrage des canonniers. Il 3 Par plaismterie. Gentilhomme à lièvre, petit genti' homme qui, les trois quarts de l'année, se noun.t du produit de sa chasse. || C'est un gentilhomme de Bcauce, il est au lit quand on fait set chausses, se dit d'un gentilhomme pauvre. || Gentilhomme de ligne, se disait par dérision pour faire entendre qu'un homme esl fils ou petit-fils d'un pécheur. || Gentilhomme de parciiemin, homme qui vient d'être anobli. || 4* Par ironie et par moquerie, on appelle gentilhomme celui dont on veut dire qu'il n'a ni naissance, ni honneur, ni qualité. Ce petit gentilhomme [un intrigant qui vit aux dépens de ses maîtresses] fera une belle campagne celte année, dancourt, i'iît^ des coquettes, se. <*. Quoi I c'est votre cousin que ce M. Guillaume, madame Pinuin? ce gentilhomme-là ne fait point de déshonneur à la famille, id. les Curieux de Compiègne, se. 8. Le fils du logis arriva bientôt après, jeune gentilhomme aussi délabré qu'on en pdt voir [c'est le fils d'un pauvre paysan], hamilton, Uisl. de Fleur d'épine. Et comment, s'il vous plaît, s'appelle cet aimable gentilhomme? — II s'appelle M. de la Fleur. — Votre valet de chambre? — Justement, destouches, Tambour nocturne, m, î. || 5" Dans quelques campagnes on nomme gentilhomme le porc qu'on engraisse, parce qu'il vit sans travailler, ou parce qu'il est vêtu de soie. || 6* Sorte d'oiseau, voy. FOU, n* <8. Il 7* Terme de métallurgie. Pièce de fonte sur laquelle s'écoule le laitier du haut fourneau.

— HIST. xii* s. Ele [Adèle] fu de Chartres cuntosse, Espuse al cunte Estievenun, Gentil homo, noble barun. Roman de flou, v. 9654.Micl£ valt fiz à vilain qui est prouz e scnez. Que ne fait gentilz hum failliz e débutez, Th. le mart. «». Ijxui* Et a» sez ma tient-on en mon pais pour jentil home, h. dk VALBMC. x. Dame, il tous convient laittier yotn

GËN

signeur, car il n'est mie assés ptentius hom pour tenir le roiaume de Jérusalem, Chr. de flatnî,p. I9. Et si sunt il plus gentil homme, Que cil qui vont cliacier as lièvres Et quo cil qui sunt coustumiers De maintlre [demeurer] es palais principiers, la Rose, )895*. Et s'il ne pot prover, il pert so [sa] demande, et si est l'amende de cinq saus, et de dix saus s'il est gentieus lioms, beaum. xxx, 48. Tuit li franc ne sunt pas gentil home, m. ib. Et jouoit le comte de Poitiers si courtoisement, que, quanil il avoit gaaingup, il fcsoit ouvrir la sale et fesoit appeler les gentil?, homes et les gentilz femmes, se nulz y enavoit.... joinv. 254. || .xv s. Etdemeura prisoiiriicr à cinq ou six hommes gentils Allemands, Fnoiss. I, I, 91. Il XVI' s. Laboureurs vit repaistre en leurs maisons Sans craincte ou pour [peur], plus fiers que gentilz homs, J. marot, t. v, p. 6). Quant Adam beschoyt et Eve filoit, qui estoyt alors gentilhomme? PALSGR. p. 6H. Gentilhomme de la courte espée [un coupeur de bourse], oudin, Dict. Au siège de Rouen, aux premières guerres, un capitaine qu'on tient pour très grand aujourd'huy et qui a grande garde, mais des lors il n'estoit que simple gentilhomme servant de guerre, brant. €ap. fr. t. i, p. 9», dans lacurne. 11 y avoit avec Monsieur plusieurs gentilz hommes de ses voisins, c'estoient gentilz hommes de la petite passe [de minces gentilshommes],.WoyCH de parrenir, ch. intitulé cfrémonie. C'est affaire à ceUiy qui veut estre gentilhomme aller à l'assaut, leroux de lincy, Prov. t, n,p. 30. Foy de gentilhomme, un autre gage vaut mieux, id. ib. Il est gentilhomme, son père alloit à la chasse avec un fouet, ID. ib. Il ne faut passer que de pays en autre pour estre gentilhomme, m. ib. Leroy Louis XI disoit qu'il annobliroit assez, mais n'estre en sa puissance faire un gentilhomme ; cela venant de trop loing et de rare vertu, noel dufail, Contes cCEulrapel, ch. 6.

— ÉTYM. Gentil, et homme : c'est-à-dire homme de race ; provenç. gentils hom ; catal. gentil home ; espagn. gentilhombre ; portug. jen(t(-/iom«m ; ital. gentiluomo. Dans l'ancien français gentilz hom est le nominatif; gmtil home est le régime; on disait gentils feme, pour femme noble.

t GENTILUOMMEAU (jan-ti-Uo-mfl , Il mouillées), s. m. Terme familier. Petit gentilhomme. Tant de gentilhommeaux à nourrir embarrassent, hau- TEROCHE, Nobles de prorince, i, 9.

f GENTILUOMMER (jan-ti-llo-mé. Il mouillées), v. n. Terme familier et peu usité. Faire le gentilhomme. Car comment sans argent pouvoir gentilhommer? le Cercle des femmes, dans le roux, Dict. comique.

GENTILHOMMERIE (jan-ti-llo-me-rie, Il mouillées, et non jan-li-yo-me-rie), s. f. || 1° Qualité de gentilhomme, avec un sens de moquerie ou de dénigrement. Et lagentilhommerie vous tient les bras liés, MOL. G. Dand. i, 3. Mettez pour un moment votre gentilhommerieà côté, iD.ib. i, 4. Que voulezvous donc dire avec votre gentilhommerie? est-ce que nous sommes, nous autres , de la côte de saint Louis? iD. Bourg, gent. m, 12. Leur gentilhommerie étant toute en paroles, th. corn. Baron d'Albikrac, II, 9. Si la roture en France n'eût jamais dérogé, ni dégénéré en gentilhommerie, jamais nos femmes n'eussent entendu battre vos tambours [étrangers], p. L. cour. Mtre x. Je n'étais pas fâché de lui rendre en partie les moqueries dont il avait tant de fois poursuivi ce qu'il appelait ma gentilhommerie, CH. DE BERNARD, Un ccle de vertu, § 3. || 2° Terme collectif. Les gentilshommes. Toute la gentilhommerie se sauve des campagnes de peur des paysans [lors de l'insurrection vendéenne en *s*6], p. l. COUR. Lett. II, 96.

— RTYM. Gentilhommière. Gentilhomme eût donné genliUwmmie, comme bonhomme bonhomie.

GENTILHOMMIÈRE (jan-1i-llo-miè-r', Il mouillées, et non jan-ti-yo-miè-r'). Il 1° /Id/. /■. Qui appartient à un gentilhomme. Cette illustre et vertueuse personne était le modèle achevé de la véritable et parfaite civilité gentilhommière, de couRCHAMP, Souvenirs de la marquise de Crcquy, t.i,ch. ). Il Cet adjectif n'est pas dans le J'ictionnaire de l'Académie. || 2° S. f. Terme de dénigrement. Bien ûe campagne, petite maison d'un gentilhomme. Nous arrivâmes bien avant dans la nuit auprès d'une gentilhommière, où je remarquai qu'on ne voulut pas nous recevoir, scarr. Rom. com. ii, )3. On voit dans la gentilhommière. Qui tient un peu de la chaumière, Sur la porte on voit d'un loup gris La tête et deux chauves-souris, Perrault, Chasse, oans richelet. Silly avait accru et ajusté sa gentilhommière, qu'il avait travestie en château,

ST-EIU, U.3, 'iGÏ

GEN

— ÉTYM. Gentilhomme.

GENTILITÊ (jan-ti-li-té), s. f.\\f Les nations païennes. Les prêtres sortiront du milieu de la gentilité, Boss. Ilist. Il, 4. Encore que, comme chef de lagentilité, elle [Rome] fût plus que toutes les autres villes comprise dans le partage de l'apôtre des gentils, ID. ."fermons, Unité de l'Eglise, i. Aussitôt après sa naissance, une nouvelle étoile, figure delà lumière qu'il devait donner aux gentils, se fait voir en Orient, et amène au Sauveur encore enfant les prémices de la genlilité convertie, m. Ilist. ii, 6. Afin que la gentililé aussi bien que le judaïsme rendît hommage à ce Dieu ressuscité, uouiiD. Myst risurrect. de J. C. t. i, p. Ï3). || 2° Profession d'idol.V trie. Au milieu de lagentilité des adorateurs, boubd. Nnt. de J. C. B03. Si Corneille |le personnage de l'Évangile] n'avait prié, s'il n'avait été charitable, si, dans les nécessités publiques, il n'avait ouvert ses entrailles et son cœur, selon les divins décrets, il serait demeuré dans les ténèbres de la gentilité, ID. 4* dimanche après la Pentecôte, Vominic. t. ii, p. 4)8.

— Rtym. Gentil 1 .

GENTILLATRE (jan-ti-llâ-tr' , Il mouillées,, et non jan-ti-yâ-tr') , s. m. Se dit, par dénigrement, d'un pauvre gentilhomme. Si j'étais demeuré dans l'un de mes châteaux X compter mes moutons, mes vaches et mes veaux, Visitant mes moulins, mettant somme sur somme. Je serais gcntillâtre et non pas gentilhomme, hauteroche. Bourg, de qualité, II, 4. L'homme docte est un savantasse.... le gentilhomme un gentiUâtre, la bhuy. xii. Restez chez vous, pauvres gentillàtres, rétablissez votre masure, VOLT. Dial. XXIV, 14,

— HIST. XV* s. Mais ung tas de merdereaulx lourds, Ung oultre-cuidé, ung folastre Aura un pourpoint de velours. Contrefaisant du gentillastre, co- OUILLART, Monologue des perruques. || xvi' s. La noblesse ancienne de ce quartier là est honorable, mais il y a certains gentillàtres nouvellement imprimez, qui font dix mille maux à ceux du tiersestat, froU- MENTEAU, Finances, m* livre, p. 67. Avise, je te prie, comment ce gentyllastre braggue en se promenant,

PALSGR. p. 563.

— ÉTYM. Dérivation péjorative de gentil 2. GENTILLESSE (jan-ti-llè-s', H mouillées, et non

jan-ti-yè-s'), s. ^. || 1° Caractère de ce qui est à la fois joli et gracieux. La gentillesse d'un enfant. La gentillesse d'une fable, d'un conte. L'amour est libéral, mais c'est avec adresse ; Le prix de ses présents est en leur gentillesse, corn. Suite du lient, n, 3. Vous ne demandez pas des instructions sans gentillesse et sans ornement, chev. de méré, dans Bouhoubs. Remarques. Ce sont des brutaux [les Parisiens] , ennemis de la gentillesse et du mérite des autres villes, mol. Pourc. m, 2. Vantant la gentillesse des courtisanes vénitiennes, j. j. bouss. Confcss. VII. Il 2° Tour de souplesse. Il a fait mille gentillesses devant nous. Un chien dressé à toutes sortes de gentillesses. || 3° Saillie agréable. Toutes ces gentillesses que j'admire dans votre lettre, me sont des preuves de votre bon esprit plutôt que de votre bonne volonté, voit. Lett. i. Cette reine d'Egypte riait des bons mots et des gentillesses d'Antoine, cheval, de méré, dans sou- HOURS, Remarques. Peste! où prend mon esprit toutes ces gentillesses? mol. Amph. i, 1. Ninon lui disait l'autre jour qu'il était une vraie citrouille fricassée dans de la neige ; vous voyez ce que c'est de voir bonne compagnie, on apprend mille gentillesses, sEv. 37. Je vais me confesser, ce qui n'excite pas l'esprit aux gentillesses, maintenon, Lett. à Urne de Glapion, <4 sept. )7I4. Pour moi, quoiqu'on me flattât sur les gentillesses de mon esprit, hamilt. Histoire de Fleur d'Épine. Au lieu des gentillesses qu'un autre eût dites à ma place, je restais là muet, interdit, et je ne sais pas lequel était le plus honteux, de la pauvre petite ou de moi, J. J. Rouss. Confess. x. || Ironiquement. Trait de malice, de mauvaise conduite. Voilà de vos gentillesses. Je te dispense de me parler des gentillesses de ton enfance, hamilt. Granrrm, 3. Ce ne sont là que des gentillesses de prêtres, fonten. Oracles, v part, chap. 7. Une personne très-digne de foi vient de me dire qu'elle avait entendu le chevalier lui-même se vanter de cette gentillesse, gknlis, Thédl. d'é.duc. Méchant par air, n, 4. || 4° 11 se disait autrefois de certains petits ouvrages délicats, de certaines petites curiosités. Il a mille gentillesses dans son cabinet.

— HIST. XIII* s. Berte, ma bole fille, pleine de gentiUise, Berte, c. Il le [la] requist à feme et on lui donna pour sa gentiUeche, et fu roi de Cypre, Chr. de Rains, p. 47. Et se nus [aucun] contredire m'ose,

GÉO

Oui de gentillece s'alose [se vante] Et die que li gentil-homme, SI cum li pueple les renomme, Sunt de meillor condicion, Ge répons.... la Rose, 48808. Et ceste gentillece [noblesse] si est tozjors raportée de par les pères et non de par les mères, beaum. xlv, 30. Honnis sont hardemens où il n'a gentillesse, du CANGE, ardimenium. || xV s. De gentillesse il a assez; car il est de la lignée du roy David, Lancelol du lac, t. II, f° 60, dans lacurne. || xvi* s. Riche ne suis, certes je le confesse.... Mais je suis leu du peuple et gentillesse [et parla noblesse], mabot, m, )B6. Conrad print si grand plaisir à veoir la gentillesse de leur courage que.... mont. 1, 2. Alexandre louoit leur excellence et gentilles.se [des arts et des sciences], ID. i, 180. Calon, en gentillesse de na- . ture, grandeur de courage, véhémence et efficace de parole, surmontoit tous ceulx qui se faisoient appeller colonelz et capitaines, amyot, Cat. d'Ut. IB.

— ÉTYM. Gentil 2; provenç. et espagn. gentileia; catal. gentilesa; \Ui\. gentiltcîia.

t GENTILLET, ETTE (jan-ti-llè, Uè-t', Il mouillées), adj. Terme familier. Assez gentil.

— ÉTYM. Diminutif de geniii.

GENTIMENT (jan-ti-man) , adv. D'une manière gentille. Je voudrais que cela fût mil d'une manière galante, que cela fût tourné gentiment, uot. Bourg, gent. ii, B. Je suis fort aise de savoir que l'ouverturo de l'assemblée s'est faite comme vous le désiriez, et que le petit discours a été bien et gentiment prononcé, SÉV. 329. || Ironiquement et trés-lainilièrement. Vous voilà gentiment arrangé I Elle est gentiment coifi'ée!

— HIST. XV* s. Monseigneur, je vous donne en bonne etrainne ce faucon pour le meilleur que je visse oncqucs, le mieux volant, le mieux et le plus gentiment chassant et abattant les oiseaux, froiss. II, II, 161. En Romenie retournerai Tout au plus to.st queje pourrai. Bonnement, sans moi traveillier, Gentillement com messagier, Nativ. de N. S. J. C. Mystère. ||xvi* s. Alexandre d'un sault léger monta dessus sans aucun danger, et, luy tenant un peu la bride roide, sans le batre ny le harasser, le remeil gentiment, amyot, Alex. 9. Sied il pas bien à deux consuls romains.... d'employer leur loisir à ordonner et fagotter gentiement une missive?... mont, i, 288.

— ÉTYM. Gentil (ancienne forme féminine), et le suffixe ment. Il y a eu aussi genlillement , dans lequel la formation avait été refaite sur le nouveau féminin gentille. Provenç. gentilmen; c&tsi. gentilment; espagn. et ital. gentilmente.

fGENTlSIN (jan-ti-zin),s. m. Terme de chimie. Principe retiré de la gentiane.

— ÉTYM. Gent.... représentant gerttiane, et ist'n, finale chimique donnée à quelques principes.

t GENTLEMAN (djin-tle-man', ou, plus à la française, jan-tle-man'), s. m. Titre que prend en Angleterre tout individu bien élevé. Je vous parle en gentleman, dit-il avec un sourire de mépris, et vous me répondez en crocheteur. — Un crocheteur vaut bien un gentleman qui fait des faux, ch. de Bernard, le Gendre, § vm.

— ÉTYM. Angl. gentle, qui est le françaii gentil, et man, homme.

f GENTUV (djèn'-tri),s. /■. Nom par lequel on désigne en Angleterre la petite noblesse, par opposition à nobility, la haute noblesse.

GÉNUFLEXION ( jé-nu-flè-ksion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de Héchir le genou ou les genoux, en signe d'adoration ou de soumission. Puis il fit génuflexion, scarbon, Virg. ii. Je fus conluit après cent quarante génuflexions devant Sa Majesté, VOLT. Scarmentado.

— ÉTYM. Lat. genuflexionem, de genu, genou, et /fcctere, fléchir.

t GENUINE Q'é-nu-i-n'), adj. Terme didactique très-peu usité et qui est un latinisme. Véritable, exact. Traduction génuine.

— ÉTYM. Lat. genuimis.

t GÉNUINITÉ (jé-nu-i-ni-té), s. f. Qualité de ce qui est génuine. Pour établir la vérité et l'antiquité des faits, la génuinité et la divinité de nos livres sacrés, et même l'antiquité ecclésiastique, et enfin le sens des textes, il faut encore avoir recours à la véritable philosophie et en partie à la jurisprudence, Esprit de Leibniti, t. i, p. n 8. Il On trouve aussi génuilé, mais c'est une faute.

t GÉOBATRACIEN (jé-0-ba-tra-siin), s. m. Terme de zoologie. Reptile batracien qui vit sur la terre.

— ETYM. r^, terre, et batracien.

t GÉOBLASTE (jé-o-bla-sf), adj. "l'erme de botanique. Plantes géoblastes, plantes dont les cotylédons restent en terre pendant la germination.

— ÉTYM. Vil, terre, et blast*.

GÉO

GÊOCENTRIQUE (jé-o-san-trl k") , adj. Terme d'astronomie. Qui appartient à une planète vue de la terre. Son mouvement [de la planète] apparent ou géocentrique est le résulut de son mouvement réel combiné avec celui de la terre , transporté en sens contraire, la place, Expoi. ii, ». || Oui se rattache, qui a rapport au centre de la terre. Latitude, longitude géocentrique.

— ÊTVM. rîj, terre, etxévxpov, centre.

f GEOCORISE (jé-o-ko-ri-z') , s. {. Terme de loologie. Punaise qui vit sur la terre.

— ËTYM. Tr), terre, et xopi;, punaise.

t GÉOCYCLIQUE (jé-o-si-kli-k') , adj. Machine g<5ocyclique, machine qui, représentant le mouvement de la terre autour du soleil, sert à expliquer les saisons et les climats.

— ETVM. Tri, terre, et xûxXoç, cercle.

t GÉODE (jé-o-d') , t. f. Rognon de silex creux à l'intérieur. Si l'on examine avec quelque attention l'intérieur d'un caillou creux ou d'une géode, telle que la belle géode d'améthyste qui est au cabinet du roi, on verra que les pointes de cristal dont son intérieur est tapissé partent de la circonTérence et se dirigent vers le centre qui est vide, BtFP. Kin. t. VII, p. I», dans pouoens.

— ÊTVM. Lat. géodes, nom d'une pierre, de y'w- Stiî, terreux, de ■^ï\, terre.

GÉODÉSIE (jé-o-dé-zie) , t. f. Science qui a pour objet de mesurer le globe terrestre et ses parties, d'en déterminer la forme, etc. Instrument de géodésie. La géodésie ordinaire se propose un double but : obtenir des éléments d'une haute précision pour la connaissance de la figure mathématique de notre globe et fournir le canevas rigoureusement exact de la carte civile et militaire d'un grand pays civilisé, Académ. des se. Comptes rendus, t. m, p. t78.

— ÉTYM. Teiatmaîa, de -p), terre, et îa(eiv, partager.

t GÊODÊSIEN (jé-o-dé-ziin), ». m. Ingénieur qui s'occupe de géodésie .

t GÉODÉSIGRAPHE (jé-o-dé-zi-gra-P), ». m. Instrument qui peut tenir lieu de planchette et de graphomètre.

— ÉTYM. Géodésie, et ypâ^nv, décrire.

t GEODfiSl.MÉTRIE (jé-o-dé-7.i-mé-trie) , ». f. Mode d'arpenter, d'après les méthodes géodésiques.

— ETYM. Géodésie, et iiÉTp'jv, mesure.

GÉODÉSIQUE (jé-o-dé-zi-k'), adj. Qui a rapport à

la géodésie. Opérations géodésiques. Par calcul, méthode géodésique et trigonométrique, je suis parvenu à connaître la cour mieux que ceux qui n'en bougent, p. l. cour. lett. vin.

j GÉODÉSIQCEMENT (jé-0-dé-zi-ke-man), adv. Par la géodésie, d'après la géodésie. La méthoide des signaux naturels permet de combler les lacunes et de relier géodésiquement les stations successives, Acad. des se. Comptes rendus, t. lu, p. 17».

t GÉODIQUE (jé-o-di-k'), adj. Terme de minéralogie. Oui a la forme d'une géode.

— ETYM. Géode.

t GEOFFRÉE (jo-frée), t. f. Terme de botaninue. Nom d'un genre de légumineuses fournissant des écorces qui ont été employées comme vermifuges.

— ÉTYM. Geoffrxa, genre dédié à Geoffroy , médecin et naturaliste français, mort en *73i.

t GÉOGÈNE (jé-o-jê-n') , adj. Terme didactique Oui est engendré, produit par la terre.

— ETYM. ri), terre, et le suffixe yev:^?, engendré, t GÉOGÉNIE (jé-o-jé-nie), t. f. Formation et évolution de la terre,

— ÉTYM. TtI, terre, et y£'v«<"«> naissance, formation.

t GÉOGÉNIOUE (ié-o-jé-ni-k') , a^. Qui a rapport à la géogénie. Etudes géogéniques.

t GÉOGLOSSE (jé-o-glo-s'), ». f. Terme de botanique. Genre de champignons charnus et assimilés poor la forme à une langue.

— ETYM. r-^, terre, et ft.ûxjan, langue. fGÉOGLOSSÉES (jé-o-gl9-ssée), ». f.pl. Famille

de champignons toute voisine des pezizcs et consistant simplement dans le genre géoglosse.

GÉOGNOSIE (jéog-no-zie), ». {. Science traitant de la composition minéralogique, de la structure, de la forme et étendue des diverses couches ou groupes de masses minérales qui constituent la partie solide du globe terrestre.

— ETYM. l'ij, terre, et Yvûai;, connaissance.

t GÊOGNOSTE (jé-og-no-sf), ». m. Celui qui s'occupe de géognnsie.

— ETYM. Voy. ceooNOSiB.

t GÉOGNOSTIQUE (je og-no-sti-k'), a^. Qui a rapport à la géognosie.

GËO

t GÉOGONIE (j*-o-go-nie), ». f. Théorie sur l'origine de la terre.

— ETYM. Tri, terre, et YO'ia. formation.

t GÉOGONIOUE (jé-o-go-ni k), adj. Oui a rapport i la géogonie.

— ETYM. Géogonie.

GÉOGRAPHE (jé-o-gra-P; au xvn* s. on prononçait géographe, Chifflet, Gramm. p. I82), ». m. Celui qui sait la géographie ; celui qui écrit sur la géographie ou qui l'enseigne. Nicolas .Sanson a été dans le siècle passé le plus fameux de nos géographes; cette science lui doit beaucoup, cependant ses cartes étaient fort imparfaites soit par la faute de son siècle, soit par la sienne, fontbn. Delisle. Ouelle ennuyeuse e t fatigante discussion [celle des itinéraires! 1 il faut être bien né géographe pour s'y engager, id. th. || Adj. Ingénieur-géographe, celui qui dresse des cartes.

— HlST. xvi* s. Nos géographes disent que meshuy tout est trouvé, mont, ii, .'132.

— ETYM. Lat. geographxu, de ifi(i>Yf if o;, de fri, terre, et ypâçeiv, décrire.

GÉOGRAPHIE (j6-o-gra-fle),».^. || !• .Science qui a pour objet de connaître les dilTérentes parties de la superficie de la terre, d'en assigner les situations réciproques et d'en donner la description. M. Delisle vint dans le temps où tout semblait annoncer que la géographie allait changer de face, fontek. Delisle. La navigation obligea de perfectionner l'astronomie et de la comparer à la géographie, tubgot, Ébauche du 2« dise. Progrès de l'esprit humain. Il ne faut pas croire que les géographes connaissent ces pays [du Nord] comme nous connaissons l'Italie, la France et l'Allemagne ; la géographie est encore de tous les arts celui qui a le plus besoin d'être perfectionné; et l'ambition a jusqu'ici pris plus de soin de dévaster la terre que de la décrire, volt. Russie, I, <7. U est bien difficile en géographie comme en morale de connaître le monde sans sortir de chez soi, ID. Dict. phil Géographie. La géographie est redevable à Hipparque de la méthode de fixer la position des lieux sur la terre par leur latitude et leur longitude, pour laquelle il employa le premier les éclipses de lune, la place, Expos, v, 2. Il On dit de même : la géofiraphie d'un pays, d'une province. || Géographie astronomique, description de la terre, par rapport au ciel, aux climats, aux saisons, etc. || Géographie physique, description de la terre, par rapport aux dispositions de la surface, continents, eaux, bassins, montagnes, etc. || Géographie politique, description de la terre , par rapport aux sociétés et États. || Géographie botanique, partie de la botanique qui a pour objet la connaissance de la distribution des espèces végétales à la surface du globe terrestre. || Géographie médicale, partie de la science des milieux qui traite de l'homme malade dans ses rapports avec le globe terrestre. || Géographie historique, description des pays par rapport aux événements de l'histoire. Il Carte de géographie, ou, simplement, carte, voy. CARTE, n° 7. Il i' Traité de géographie. Acheter une géographie. H 8" Sorte de coquillage et de papillon.

— ÉTYM. Lat. geographia, de ftwfpaçîa (voy. giographe).

GÉOGRAPIIIQCE (jé-o-gra-fi-k'), adj. Oui appartient à la géographie. Dictionnaire géograpliique. Nomenclature géographique. Avant ce temps [la mesure de la France par l'Académie des sciences], la topographie était si confuse, que, la veille de la bataille de Fontenoy, on examina toutes les cartes du pays, et on n'en trouva pas une seule qui ne filt entièrement fautive; si on avait donné de Versailles un ordre positif à un général peu expérimenté de livrer la bataille et de se poster en conséquence des cartes géographiques, comme cela est arrivé du temps du ministre Chamillart, la bataille eût été infailliblement perdue, volt. Dict. phil. Géograph. La Chine est le seul pays de l'Asie dont on ait une mesure géographique, parce que l'empereur Cam-hi employa des jésuites astronomes pour dresser des cartes exactes, id. «6. || Division géographique ou division naturelle, celle qui est indiquée par les conditions naturelles du sol.

— ETVM. Lat. geographicut, de geographia, géographie.

t GÉOGRAPHI0CEMK?rr Oé-o-gra-fi-ke-man) , adv. D'une manière géographique, selon les principes de la géographie. Avancer est chose impossible dans la position oA nous nous trouvons |au fond de l'Italie] ; cela est vrai, moralement et géographiquement iKirlant, p. t. coi'R. Lett. i, tai.

t GEOUYDROGRAPUIE (je o-i-dro-gra-fie) , ».

GÉO

f. Terme didactique. Description de u terre et de« eaux.

— ÉTYM. rs|, terre, et hydrographie.

GEÔLAGE Qô-la-j'), ». m. Droit payé au geôlier

à l'entrée et à la sortie de chaque prisonnier.

— iiisT. zvt* s. Le geollage du dit Lagny qui vaut par ans dix livres tournois, dd canoë, geola,

— ETYM. GeAle.

GEOle (jd-n, i.f. Il !• Prison. Les droite, les registres de la geôle. Cette nouvelle geôle n'était guère moins fâcheuse que la précédente, patru, Plaid, n. Il Fig. Je veux revoir jusqu'à l'étroite geôle [l'école] Où.... bérano Souv. d'enfante. Il 2* La demeure du geôlier. Aller k la geôle.

— iilST. XII* s. Fu trouvé mort en la gaole Grimout; si en fu grant parole, flou, dans ou cance, geola. || xiii* s. Puis Ii liast on (lOins et piez ; Si fust jetez trestoz liez En la chartre ou en la jeole, Ren. 8803. Joennes hom fet grant folie, Oui en gaiole veult mètre viel oisel, Bibl. des chartes, *' série, t. V, p. 816. Il XIV* s. Et cel aigle félon tenir et attraper. Et mettre en ma geôle pour apprendre à parler, Guescl. 2063«. || xv* s. Or et argent sont dieux en terre; LasI corn faulx dicus et (leccpvans. Oui tiennent prinsà leur geôle Par convoitise maintes gens, E. df.sch. Poésies m»». {• 433. Il XVI* s. Pour le dresser i la peine et aspreté de la cholique, du cautère, et de la geaule aussi et de la torture, mont, i, 4G6. C'est [un collège] une vraye geaule de jeunesse captive, m. i, «83.

— ETYM. Wallon, gaiouie; namur. gatoI^/Hainaut, geiole; picard, gayole, prison; i Béthune, gayole, cage; port, ^aïola, j'aula; ital. gabbiuola , petite cage; diminutif du latin cavea, cage (voy. ce mot).

GEÔLIER (jô-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, r» se lie : des jô-lié-z actifs), ». m. Le concierge d'une prison. Cicéron, dans le dernier de ses plaidoyers contre Verres, peint la cruelle avance d'un geôlier qui mettait à prix le* larmes et la douleur des pères et des mères, qui leur faisait acheter chèrement la triste consolation de voir et d'embrasser leurs enfants, et qui exigeait d'eux de l'argent pour faire mourir d'un seul coup ces malheureuses victime* delà cruauté de Verres, rolldi. Traité des Et. m, 3. Il Fig. Ou'un censeur bien tyrannique De l'esprit soit le geôlier, BéRANG. Censure. Il est bourreau dans r&me et geôlier par nature, delat. ioui» II,

— HlST. zv* S. Jaulier des prisons de pensée, Souci, laissez mon cuer issir, CH. d'orléans. Rondeau. Il XVI* s. Sous quel geôlier ou geôlière avczvous esté si bien traité, que vous aimez tant votre

prison? HABG. S'ouv. ZLIX.

— ETYM. Geôle.

GEÔLIÈRE (jô-liè-r'), ». ^. La femme du geôlier. Il Par extension, gardienne de prison. Par Ii ellemême [la reine d'Kspagne] était geôlière et prisonnière, ST-sm. 438, 94. Il Fig. La valvule [du cœur]... Geôlière peu soigneuse à fermer la prison, Laisse enfin échapper la matière inquiète, la font. Quinquina, I.

— ÉTYM. Geôlier.

GÉOLOGIE (jé-o-lo-jie), ». f. Science qui a pour objet l'histoire naturelle de la terre, la connaissance de la forme extérieure du globe, l'étude des différents terrains, celle de leur formation et de leur position actuelle. || Géologie médicale, partie de la géographie médicale qui étudie le sol dans ses rapports avec l'homme et l'hygiène.

— SYN. GÉOLOGIE, GÉOGNOSIE. La géognosieest une branche de la géologie ; elle s'occupe de la structure minéralogique de la terre, tandis que la géologie embra.sse toute l'histoire naturelle de la terre.

— ÉTYM. Tt), terre, et Xiro;, doctrine. GfiOLOGIQCE (jé-o-lo-ji-k'i, adj. Qui concerne

la géologie. Les grandes catastrophes géologiques. Théories géologiques.

1 GÉOLOGIOUEMENT (jé-0-lO-ji-ke-man), adv. D'une manière conforme i la géologie. Géologique* ment parlant, ces puissantes gibbosités [pics des Alpes] sont le produit d'un entre-croisement d'au moins dcu.. dislocations, podrnet, Acad. des st. Comptes rendu», t lt, p. 8«l.

t GÉOLOGISTE (jé-o-Io-ji-sf), ». ». Synonyme peu usité de géologue.

GÉOLOGUE Oé-o-lo-gh"), t. m. Celui qui s'occupe de la géologie. Un habile géologue.

— ÉTYM. Voy. GÉOLOGIE.

GÉOMANCE (jé-o-man-s') ou GCOMAITCIE Qio-man-sie), ». f. Art prétendu de devinr-r l'avenir en jetant une poignée de poussière ou de terre au hasard sur une table, pour juger des événement* futui-s par les lignes et les figures qui en ré^ullca

GEO

— BIST. m'a. N'assemble deux à deux les poincts de geomance, Ne fay tourner le sas, n'embrasse la science Qui se vante de dire avecq l'eau ou le feu Tout ce qui t'aviendra, bien qu'elle en sache peu, AM. JAMTN, Sonnets, Choses futures. Puis, avec un style, fist hastivement certain nombre de pointz divers, les accoubla par geomantie, et dist bab.

Pant. m, 25.

— Etym. Lat. geomancia, de ttî, terre, et |jiaviTeCa, divination.

GÉOMANCIEN, lENNE (jé-0-man-siin, siè-n'), (. m. et f. Celui, celle qui prs»;';ne la géomancie.

— HlST.xvi* s. Autres sont nommés geomanciens, parce qu'ils devinent par la terre, pahB» xix, »l .

— ÊTYM. Géomancie.

t GÉOMANTIQUE (jé-o-man-ti-k'),o<J;. Qui a rapport à la géomancie.

— P.TYM. Génmantique.

GtîOMÉTRAL, ALE (jé-o-mc-tral, tra-1'), adj. Il 1° Terme d'architecture. Qui offre la dimension, Ja forme et la position des parties d'un ouvrage. Élévation, coupe géométrale.Des plans géométraui. Traité des pratiques géométrales et perspectives enseignées dans l'Académie impériale de peinture et de sculpture, titre d'un ouvrage de A. bosse, Paris, 4885.118° Chenilles géométrales, synonyme d'arpenteuses (voy. ce mot).

— ÉTYM. Géomètre.

GÉOMÉTRALEMENT (jé-o-mé-tra-Ic-man), adv.

Terme d'architecture. D'une manière géométrale. Un dessin tracé géométralement.

— ÉTYM. Géométrale, et le suffixe ment. GÉOMÈTRE Qé-o-mè-tr'), s. m. || 1° Celui qui sait

la géométrie. Arpenteur-géomètre. || 2'' Dans une acception plus étendue. Celui qui est versé dans les mathématiques. Newton fut un grand géomètre. Il n'y a point de géomètre qui ne croie l'espace divisible à l'infini, pascal. De l'esprit géométrique, < . Les géomètres et tous ceux qui agissent méthodiquement, n'imposent des noms aux choses que pour abréger le discours, et non pour diminuer ou changer l'idée des choses dont ils discourent, m. tb.Cequi lait que de certains esprits fins ne sont pas géomètres, c'est qu'ils ne peuvent du tout se tourner vers les principes de géométrie; mais ce qui fait que des géomttres ne sont pas fins, c'est qu'ils ne voient que ce qui est devant eux, et qu'étant accoutumés aux principes nets et grossiers de géométrie et à ne raisonner qu'après avoir bien vu et a,anié leurs principes, ils se perdent dans les choses de finesse où les principes ne se laissent pas ainsi manier, id. Pmsées, t. i, p. 285, édit. lahure. J'oserais presque assurer qu'avant qu'il soit cent ans, on ne comptera pas trois grands géomètres en Europe, diderot, Intcrprét. de la nat. n" 4, CEuv. t. m, p. 266, dans pouGENS. Il Fig. L'éternel géomètre. Dieu. Cette immense sphère du monde que Platon appelle avec tant de raison l'ouvrage de l'éternel géomètre, volt. Memmius, 3. || Adj. Qui caractérise le géomètre. Personne n'a mieux prouvé que lui qu'on pouvait avoir l'esprit géomètre sans le secours de la géométrie, VOLT. Dict. phil. Locke. || Fripon géomètre, homme qui en géométrie s'est emparé des découvertes d'autrui. [Kônig) qui était à Lahaye, et qui, ne pouvant être pendu à Berlin, fut seulement déclaré faussaire et fripon géomètre avec toute la modération imaginable, volt. Lett. Mme Verdis, 24 juillet

— ÉTYM. Lat. geometra, de '(eia\Létp-i\i, de yîi, terre, et (iéTpov, mesure. LexiV siècle et le xvi* disaient geometrien.

GÉOMÉTRIE (jé-o-mé-trie), s. f. || 1° Science qui a pour but la mesure des lignes, des surfaces et des volumes. On ne reconnaît en géométrie que les seules définitions que les logiciens appellent définitions de nom, c'est-à-dire que les seules impositions de mot aux choses qu'on a clairement désignées en termes parfaitement connus, pasc. De l'esprit de géom. < . On trouvera peut-être étrange que la géométrie ne puisse définir aucune des choses qu'elle a pour principaux objets ; car elle ne peut définir ni le mouvement, ni les nombres, ni l'espace ; et cependant ces trois choses sont celles qu'elle considère particulièrement et selon la recherche desquelles elle prend ces trois différents noms de mécanique, d'arithmétique, de géométrie, ce dernier mot appartenant au genre et à l'espèce, id. ib. Ce mot de géométrie signifie, à la lettre, l'art de mesurer la terre ; on prétend que les Égyptiens en sont les inventeurs, et que les inondations du Nil en furent l'occasion, hollin, Ifist. anc. t. xiii. liv. xxvn, ch. H , p. (24, dans POUGENS. Il est vrai qu'en ne regardant la géométrie que comme instrument de phy-

DICT. BE LA LANOUs: FRANCAISS,

GÉO

sique, il pouvait souvent n'avoir pas besoin que ria «trument fût si fin, kontkn. llartsoeker. Il y a des preuves que M. Newton avait fait à vingt-quatre ans ses grandes découvertes en géométrie, id. Newton. Les pyramides, construites d'équerre et correspondant juste aux quatre points cardinaux, font voir assez que la géométrie était connue en Egypte de temps immémorial, volt. Dict. phil. Antiquité.Toai les esprits justes, précis et clairs appartiennent à la géométrie, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, » mars m*. La géométrie, cette science judicieuse, qui avait formé Descartes et dont Pascal et ses amis mêlèrent l'inflexible justesse à l'ardeur même de l'éloquence, villemain, Dict. de l'Acad. Préface. Il Géométrie ancienne, celle qui emploie seulement la synthèse à la manière d'Euclide. || Géométrie élémentaire, celle qui se borne à considérer les propriétés des lignes droites, des lignes circulaires, des figures et des solides qui dépendent de ces deux lignes. Il Géométrie transcendante, celle qui exige l'emploi du calcul infinitésimal. Votre Majesté traite un peu trop mal la géométrie transcendante ; j'avoue qu'elle n'est souvent, comme Votre Majesté le dit très-bien, qu'un luxe de savants oisifs.... d'alemb. Lett. au roi de Pr. 29 janv. 1 788. || Géométrie analytique ou générale, celle qui, comme Descartes l'a fait le premier, emploie le calcul algébrique dans l'analyse des propriétés des courbes et des surfaces, et qui, de la sorte, résout d'ime manière générale les questions qui auparavant n'étaient résolues que pour chaque cas particulier. || Géométrie des infiniment petits, s'est dit de cette partie de la géométrie générale qui emploie le calcul différentiel et intégral. La sublime géométrie des infiniment petits va pénétrer avec ces grands géomètres dans un pays [la Russie] où les éléments d'Euclide étaient absolument inconnus il y a vingt-cinq ans, fo.nt. Cxar Pierre. || Géométrie descriptive, ensemble de méthodes pour résoudre graphiquement ou sur un seul plan les problèmes à trois dimensions. 1| Géométrie du compas, méthode pour résoudre graphiquement certains problèmes à l'aide du compas seulement. || 2° Fig. Il se dit des actions auxquelles on dirait que la géométrie préside. II y a en nous une géométrie naturelle, c'est-à-dire une science des proportions, qui nous fait mesurer les grandeurs en les comparant les unes aux autres et concilier la vérité avec les apparences, boss. Conn. i, 8. Il y a une géométrie cachée dans tous les arts de la main, sans que le plus grand nombre des artistes s'en doute, volt. Lett. Beanxée, )4 janv. <768. Les hommes ont une géométrie naturelle qui leur fait saisir les rapports quand ils ne sont pas trop compliqués, id. Phil. Newt. m, 4. || 8° Traité de géométrie. Acheter une géométrie.

— HIST. xvi* s. Les instruments de géométrie, AMYOT, P. ^m. 25.

— ÉTYM. Lat. geometria, de yeMuiETpCa (voy. géomètre) .

GÉOMÉTRIQUE (jé-o-mé-tri-k'), adj. || 1" Qui appartient à la géométrie. Et parce que cet art consiste en deux choses principjjes, l'une de prouver chaque proposition en particulier, l'autre de disposer toutes les propositions dans le meilleur ordre, j'en ferai deux sections, dont l'une contiendra les règles de la conduite des démonstrations géométriques, c'est-à-dire méthodiques et parfaites, et la seconde comprendra celles de l'ordre géométrique, c'est-à-dire méthodique et accompli , pascal. De l'esprit géométrique, i . |{ Construction géométrique, suivant les anciens, celle qui se faisait avec le secours seul de la règle et du compas; suivant les modernes, toute construction qui s'effectue par le moyen d'une courbe géométrique quelconque, à la différence des constructions mécaniques, qui s'exécutentparlemoyen des courbes mécaniques. || Terme de botanique. Dans les fruits et les graines, sommet géométrique, distingué du sommet organique; ils ne font qu'un, si l'organe est droit: mais, s'il est courbé, le sommet organique est au-dessous du sommet géométrique. || Pas géométrique , mesure de terrain, double du pas ordinaire, longue de cinq pieds ou < " 6-2. Il Proportion , progression géométrique, proportion, progression par quotient, par opposition aux proportions et progressions par différences , qu'on appelle arithmétiques. || 2° Esprit géométrique, esprit qui procède avec méthode et exactitude. Pascal a composé un opuscule intitulé : De l'esprit géométrique. Il [Descartes] était un des plus grands géomètres de son temps, mais il abandonna sa géométrie et même son esprit géométrique pour l'esprit d'invention, de système et de roman.

GEO

VOLT. Lett. Desalleurt, us nov. 4 738. || On dit de même : une tète géométrique.

— HIST. xiT' s. Et les mathématiciens appellent tele proportionnalité géométrique, oresmb, Eth. 147. Il XVI' s. Entendement profond, où il y avoit un trésor caché de tant d'inventions géométriques, AMYOT, Marcell.

— ÊTYM. Lat. geometrieus, de Y»<*("tpixèç, de YEi.)(ii£TpCa, géométrie.

GÉOMÉTRIQUEMENT Gé-0-mé-tri-ke-man) , adV. D'une manière géométrique. Il est rare que les géomètres soient fins, et que les fins soient géomètres, à cause que les géomètres veulent traiter géométriquement les choses fines, pasc. Pensées, t. I, p. 286, éd. LAnoHE. M. Montanari fit un petit ouvrage où, par les ofcsrvations qu'il avait eues de différents endroits, il recherchait géométriquement quelle était la ligne du mouvement de cette flamme [météore], sa distance à la terre et sa grandeur, PONTEN. Guglielmini. Clarke et Leibnitz ont prouvé presque géométriquement l'existence du souverain être, chateaub. Génie, i, v, i. || Avec une grande rigueur. Voilà qui est établi géométriquement, prouvé géométriquement, établi, prouvé d'une manière très-rigoureuse.

— HIST. XIV* s; Faut que soit feu clair et luisant. D'une esgale température Et proportion de nature, Geometricment ponctué.... Traité d'alch. 659.

— ÉTYM. Géométrique, et le suffixe ment.

t GÉOMÉTRISER Qé-o-mé-tri-zé), ». n. Procéder suivant les vues géométriques. L'Être suprême qui, selon l'expression ingénieuse d'un géomètre anglais, géométrise perpétuellement dans l'univers, DIDEROT, Lett. sur les aveuçL

— ÉTYM. Géomètre.

t GÉOMOLGES(jé-o-mol-j'), s. m. plur. Termede zoologie. Famille de reptiles batraciens.

— RTYM. Tri, terre,et |ié>Y^'^> àiiéXYeiv, traire, sucer.

t GÉONOMIE (jé-0-no-mie), s. f. Terme didactique. Étude des propriétés de la terre végétale.

— ÊTYM. Tri, terre, et ■voiio;, loi, règle.

t GÉOPHAGE(jé-o-fa-j'), adj. Qui mangedela terre.

— ÉTYM. Te<ù(fàyoi,deyii, terre, et çaysiv, manger, t GÉOPIIAGIE (jé-o-fa-jie), s. f. Habitude de

manger de la terre.

— ËTYM. Géophage.

t GÉOPHILES (jé-o-fi-I'), s. m. pi. Division de l'ordre des gastéropodes pulmonés, comprenant ceux qui vivent sur terre.

— ÉTYM. Tii, terre, et 9ÎX0;, qui aime.

t GÉOPITHÉCIENS (jé-o-pi-té-siin) , s. m. pi. Groupe de la famille des quadrumanes platyrrhinins, ainsi dits parce que ces singes vivent à terra et non sur les arbres.

— ÉTYM. r-îi, terre, et Tiierjxo;, singe.

t GÉOPONIE (jé-o-po-nie),s. /■.Terme didactique. Travail, culture de la terre.

— ÉTYM. Ft), terre, et itovoç, travail.

t GÉOPONIQUE (jé-0-po-ni-k'), adj. Qui a rapport à la géoponie. || S. m. pi. Les Géoponiques, titres d'ouvrages que les anciens nous ont laissés sur l'agriculture. Il S. f. La géoponique, l'ensemble des connaissances relatives aux travaux de l'agriculture.

— ÊTYM. Géoponie.

f GÉORAMA (jé-o-ra-ma), s. m. Terme de physique. Globe creux, dont la surface intérieure oflra la figure de la terre, de sorte que le spectateur, placé au centre de ce globe, aperçoit l'ensemble des mers, des continents, etc.

— ÉTYM. Tt), terre, et ôpaiia, action de voir, spectacle.

t GEORGES (SAINT-) (sin-jor-j'), s. m. Ordre de Saint-Georges, autre nom de l'ordre de la Jarretière (voy. JARRETIÈRE) .

GÉORGIQUES (jé-or-ji-k'), s. f. pi. Ouvrages qui ont rapport aux travaux champêtres. Les Géorgiques de Virgile. Que le chantre flatteur du tyran des Romains, L'auteur harmonieux des douces Géorgiques Ne vante plus ces lacs et leurs bords magnifiques, Ces lacs que la nature a creusés de ses mains Dans les campagnes italiques, volt. Ép. Lxxvi. Il Adj. Qui a rapport à l'agriculture. Poëme géorgique

— ÉTYM. Lat. georgica, de ytupyixà;, qui se rapporte au travail de la terre , de yii , terre, et êpyov, œuvre.

t GÉOSAURE (jé-o-sfl-r'), s. m. Reptile fossile.

— ÉTYM. Fr), terre, et (jaûpoi;, lézard.

t GÉOSAURIENS (jé-o-sô-rilnj, s. m. pi. Section de l'ordre des reptiles sauriens, comprenant ceux qui vivent sur terre.

f GÉOSCOPIE (jé-0-sko-pie), *. f. Synonyme de géomancie.

GER

— ÉTYM. r*l, terre, ot arumtX-/, examiner. tOÉOSPIlCRIOUE (jé-o-sfé-ri-k'), adj. Qui arap-

crt à la splière de la terre, qui la représenta.

— ÉTYM. Tt), terre, et sphérique.

t GÉ0ST4TI01TB (jé-o-sla-''-''') > '• f- ^ «t^*'que, l'é luilibre du globe terrestre.

ETYM. Prl, terre, et statique.

+ OEOTUUllMIE (jé-0-tèr-mie) , t. f. Chaleur de la terrn.

— ÉTYM. Tft, terre, et 6epp.èc, chaud.

t OÉOTUEKMIOUE (jé-o-tôr-mi-k'), ad). Qui a rapport à la chaleur de la terre. || Culture géothermique, culture où l'on se sert de la chaleur de la terre. Serres et oranReries en plein air, aperçu de la culture géothermique, par Naudin, Paris, <800.

t GÈUAINE (j<5-r6-D'), t. f. Un de» noms vulgaires des géraniums.

t GÉRANCE (jé-ran-s'), s. f. Fonctions de gérant. Avoir la gérance d'une entreprise. || Temps que durent les fonctions du gérant. 1| L'ensemble des personnes qui ont cette gérance. On retient sur les produits 6 p. < 00 pour la gérance.

— f.TYM. Gérant.

+ GÉRANlACÉESGé-ra-ni-a-sée),».f. pi. Famille de plantes dicotylédonées, dont le géranium est le type.

— ÉTYM. Géranium.

t GÉRANIER (jé-ra-nié), ». m. Un des noms vulgaires du géranium.

t GÉRANIINE (jé-ra-ni-i-n') ou GÉRANISE (jéra-ni-n'), s. f. Terme de chimie. Matière extractive amère, retirée des racines du géranium pratense, !..

t GÉRANION (jé-ra-ni-on), s. m. Voy. géranium.

GÉRANIUM (jé-ra-ni-om'), s. m. Terme do botanique. Genre de plantes dont le fruit est composé de cinq capsules terminées chacune par une arête, d'où résulte une forme en bec de grue.

— HlST. xvi* s. La racine de géranium autrement ditte esguille de berger, o. de serbes, 929.

— ETYM. Lat. geramunt, de-fepàviov, bec degrue, de YÉpavo;, grue (voy. ce mot).

GÉRANT, ANTE (jé-ran, ran-t'), s. m. et f. Celui, celle qui gère ou administre pour un particulier ou pour une société. Le gérant d'un journal. || Adj. Procureur gérant.

f GERBAGE (jèr-ba-j') , s. m. Levée des gerbes d'un champ. Il Anciennement. Droit levé sur les gerbes.

— ETYM. Gerbe.

GERBE (jèr-b'), s. f. \\ 1° Faisceau de blé coupé. Lier on gerbe. Lier des gerbes. La gloire des méchants est pareille à cette herbe Qui, sans porter jamais ni javelle ni gerbe, Croît sur le toit pourri d'une vieille maison, malh. i, 2. || Un saint en gerbe,. un homme confit en sainteté; locution tombée ep désuétude. Et ne me quitter point que vous n'eussiez fait de moi un petit saint en gerbe, scabron, OEuv. t. I, p. 269, dans pougens. || 2° Absolument. Terme de féodalité. Dtme sur les moissons. Lever la gerbe. || Faire la gerbe de feurre à Dieu, donner au curé pour la dîme la plus méchante gerbe, celle où il y a le plus de feurre [paille] et le moins de grain. Cette locution s'est corrompue en : faire barl)e do feurre à Dieu (voy. barbk). || 3° Gerbe de fleurs, gros bouquet de fleurs. Elle vint me présenter une gerbe de fleurs ornée de rubans, grakpiony, Lelt. péniv. Lttt. *2. Il Terme de vannerie. Gerbe d'osier, botte de branches d'oiîier. || 4* Fig. Gerbe d'eau, sorte de faisceau que font plusieurs jets d'eau. La gerbe du Pal.iis-Royal. De ces monstres des mers, dont la puissante haleine Avec un bruit horrible élance en gerbes d'eaux L'océan revomi par leurs larges naseaux, deulle, Trois règnes, vii. Les petits volcans des pentes orientales forment de petits cônes hauts d'un demi-mètre environ, au sommet desquels est une ouverture d'où s'échappe la gerbe d'eau bouillant6,LAUH, Compter rendus, Acad. dessc. t. un, p. (098. Il Terme d'a^Mficier. Gerbe de feu, ou, simplement, gerbe, assemblage de fusées qui partent ensemble dan.? un feu d'artifice. || 11 se dit scmblablement de tout ce que l'on compare à une gerbe d'eau, k une gerbe de feu. Le mouvement de l'oiseau [paon] pruiluit des gerbes de reflets ondoyants et fugitifs, BUFï. Paon. Après chaque détonation [du Vésuve en éruption), la Aimée s'élançait en gerties gigantesques et se déroulait en masses blanches ou grisâtres, de forme globulaire, ce qui offrait un spectacle vraiment grandiose , Comptes rendus, Acad. dessc. t. lui, p. )092. || B° Terme d'astronomie. Un des noms de la Chevelure de Bérénice. Il Proverbe. Mieux vaut le lien que la gerbe, la personne est indigne de l'habit qu'elle porte.

- HlST. XIII' s. Par vos perdi-ge mon froment. Où favoie la quarte jarbe, Ren. 20425, Cil ne fet pas de

GER

son camparte ce qu'il doit, qui emporte set garbes, anchois [avant] qu'elos soient camparties, beaum. XXX, 29. Il xiv s. I.a charretée d'oignons en gerbe paiera, chascune charretée, une gerbe de paaige, DU CAHQE, garba. \\ xv* s. Chênes, colicrs, afiquetz, pierreries. Ainsi qu'on dit en un commun proverbe, 'l'ant en avoit que c'estoit diablerie ; Brief, mieux valoit le lyeii que la gerbe, le Verger d'honneur, dans FR. MICHEL, Ùict. d'orgot. || XVI* S. Les assemblées qui souvent se font aux provinces pour décider querelles, ou pour lever gerbe, scroyont alors converties en douces et agréables contentions, lanouk, 431.

— ËTYM. Picard, guerbe, garbe; wallon, jdbe ; namur. jaube; Hainaut, garpe; provcnç. et espagn. garba; de l'anc. haut-allem. gariio; allem. mod. Garbe; holland. garf. On peut le rapprocher du lat. carpere, couper, euciUir, et du grec xapnô;, fruit.

GERBE, EE (jèr-bé, bée), part. pMJ< de gerber. Mis en gerbe. Du blé gorbé.

GEBBÉE (jèr-bée) , s. f. || f Botte de paille où il reste encore quelque grain. Gerbée de froment. I| t' Fourrage composé de fanes et de fruits des céréales et dos légumineuses que l'on récolte un peu avant la maturité et que l'on fait sécher.

— ÉTYM. Girbé; picard, guerbée.

GEBBER (jèr-bé), V. a. || 1» Mettre en gerbe. Gcrber du blé. || 2' Mettre des pièces de vin les unes sur les autres dans une cave, dans un cellier. || 3° Empiler des bombes ou des boulets en un tas ayant une forme de prisme. ||4° Y. n. Foisonner en gerbe. Du froment qui gerbo bien. |i Se dit aussi de l'effet des bombes, des feux d'artifice et dcsjetsd'eau qui représentent dans leur mouvement la forme d'une gerbe.

— ÉTYM. Gerbe.

t GERBERIE (jèr-be-rie), s. f. Nom qu'on donnait autrefois au lieu renfermant les gerbes, et à la prestation en gerbe.

HlST. xiv s. Item la gerberie, c'est assavoir de

chascun feu deux gerbes, du cange, gerberia.

— ÉTYM. Gerbe.

\ GERBIER Oèr-bié) , s. m. Tas de gerbes en plein air, dit aussi et plus souvent meule. || Lieu où les gerbes sont amonselées.

— HIST. xv s. Guiscard s'en ala en ung champ où estoient quatre gerbiers, esquels il mit le feu, DU CANGE, gerberius.

— ÉTYM. Gerbe.

t GEUBlÈRE(jèr-biè-r'), *. f. Charrette pour porter les gerbes, j | Tas de gerbes.

— HlST. xvi°s. Pour parer les gerbes des pluies, elles sont entassées en gerbiers de figure pyramidale , ou en gerbicres dextrement arrangées ainsi que pierres de bastiment, o. de serres, 430.

— ÈTYM. Gerbe.

t GERBIFORME (jêr-bi-for-m'), adj. Terme de minéralogie. Qui a la forme d'une gerbe.

— ÉTYM. Gerbe, et forme.

t GERBILLE (jôr-bi-U', U mouillées), t. f. Espèce de rongeur.

fGERBILLON (jèr-bl-llon , U mouillées),*, m. Petite gerbe.

— ÉTYM. Diminutif de gerbe.

f GERBO (jèr-bo), s. m. Terme de zoologie. Grand gerbo, nom sous lequel Buffon a décrit l'Wlamys cafre (rongeurs), dit lièvre sauteur au cap do Bonne-Espérance, legoahant.

GERBOIÏîE (jèr-boi-z'), s. f. Genre de mammifères rongeurs, \ pattes de devant fort courtes et à queue garnie de longs poils à son extrémité. Nom imposé par la plupart dos auteurs au genre dipe (rongeurs), et nom donné plus particulièrement au di'pc gerboa, appelé aussi gerbo, legoarant. Les gerboises se trouvent dans tous les climats de l'Afrique, depuis la Barbarie jusqu'au cap de Bonne-Espérance, BUFP. Quadrup. t. xi, p. 64, dans pou«ens.

f GERBOISIENS (jèr-boi-ziin) , s. m. pi. Terme de zoologie. Les animaux du genre des gerboises.

GERCE Cjèr-s'), s. f. || 1° Espèce de teigne qui ronge les étofl'es. || 2° Terme de marine. Fente produite par la dessiccation dans une pièce de bois. Il 3° Terme de menuiserie. Planches qui ont des fentes tortueuses, seulement dans une partie de l'épaisseur du bois.

— ÉTYM. Voy. gercer; génev. erce, larve de la teigne des pelleteries ; Berry, gearce.

GERCÉ, ÉE (jèr-sé, sée) , par(. passé de gercer. Lèvres gercées. Si vous me peignez une chaumière, et que vous placiez un arbre à l'entrée, je veux que cet arbre soit vieux, rompu, gercé, caduc, diuerot. Essai sur la peinture, cli. ♦. || Fer gercé, fer où il se trouve de [«tiles fentes en travers.

t GERCE.MENT (jèr-se-man) , s. m. Action de gercer; efiet de cette action.

GER

GERCER (jèr-cé. Le e prend une cédille devant

o cl I) ; L ! cant, gerçons). || l" V. a. Causer de petià la peau. Gercer les lèvres, le vidage : .'i\i, mes doigts qu'a gercés la froidure

D un jeune mont.ignaid me donnent la ligure, la- MABT. Joe. V, 47». !; Par exten-sion. Les chaleurs ont gercé la terre. ', 2° V. n. Devmir gercé. L<;s lèvre» gercent au grand froid. || 3" Se gercer, ». réfl. Être gorcé, avoir des gerçures. Les lèvres se gercent à la grande gelée. L'enduit qui est exposé à l'air, se séchant plu.s tdt que le dedans du mur, se gerce, Vitruve abrégé, i, 2, dans biciielet. L'on ol>scrve qu'à mesure que ce chaibon s'embrase, il se gerce et se fond en plusieurs sens, iiupf. Ifin. t. viii, p. 4ti8, dans POUGENS. Le pédicule soufl°re une altération analogue : il noircit et te gerce çà et li, mais surtout aux endroits où il est le plus tourmenté, bonnet, Vs. feuil. plant. 2' mém.

— HIST. xvi* s. Ce vent de mars vous garschera les lèvres, palsgh. p. 4H. Le blé mturdri de la froidure Et blesme des jarçans frimas, Maintenant n'a plus le chef bas. Mais touffu reprend sa verdure, R. belleau, Bergerie, t. i, p. loo, dans lacibne.

— ÉTYM. Bas-lat. gersa, gerce, garsa, scarification , charaxare, garser, vieux mot signifiant scarifier; de caracler, scarificateur, qui est le grec Xapaxtrip, qui trace des lignes (voy. caractère). liiez indique une forme non latine carptiare; mai» garsa, scarification, sert d'intermédiaire entre jarser, gercer, et caraxare.

GERÇURE (j^r-8U-^'), i. ^. || f Petite fente ou crevasse peu profonde que l'on observe particulièrement à la peau, aux lèvres et, en général, à l'origine des membranes muqueuses, et qui est produite parle froid et par différentes autres causes. 1| Gerçures du mamelon, petites excoriations qui sont produites par la succion de l'enfant, et qui causent une très-forte douleur. || 2' Petite fente qui se produit à la surface de la terre, à l'écorce des arbres, etc. La même chose arrive partout aux feuilles d'arbn^s ; le vent porte souvent dans ces gerçures les œufs d'insectes invisibles, volt. Uél. hist. Un chrét. contre six juifs; Jtép. encore plus courte, viii. Dont l'écorce n'offre ni rides, ni crevasses, ni gerçures, didebot. Salon de 4765, Œuv. t. x:ii, p. 3i, dans pougens. Il 8° Petit fendillement .lans un enduit. Cette g'^rçure n'est pas seulement dans la couvrrio, elle prend aussi sur le biscuit, pz-i-nal, Hiit. phil. v, 27. Il Terme de peinture. Fendillement qui s opère dans l'enduit d'un tabteau. Il nemanque au nioderneque le cadra enfumé, la poussière, quelques gerçures, et les autres signes de vétusté pour être estimé, recherché et jugé à sa valeur, riDEROT,5alond«4 7e7, OEuiî. t. xiv, p. 351. Il *• Terme de métallurgie. Fente qui se voit sur l'acier trop fortement trempé. Il B° Nom de fentes vives qui se trouvent dans le diamant. || 6" Maladie de la vigne qui paraît étri une sorte de brûlure (voy. brûluue).

— ÉTYM. Cercer.

GÉRÉ, ÉE (jé-ré, rée), part, passé de gérer. Une exploitation gérée par un homme intelligent.

t GÉRENDE jé-ran-d'), î. /■. Ser]ient du g(>nre boa.

GÉRER (jé-r6. La syllabe gé prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je gï.re; excepté au futur et au conditionnel : je gérerai, je gérerais), v. a. Administrer certains intérêts. Gérer une tutelle. Il a mal géré ses affaires. |j Se gérer, V. réfl. Être géré. Cette entreprise se gère.

— SYN. GERER, iiÊGiR. Gérer, c'est proprement porter; régir, c'est proprement diriger. Celui qui régit peut n'avoir pas la gestion; celui qui gère peut ne pas avoir la direction. Quand on dit qu'un ministre gère ou régit les .nffaires do l'Ét.it, il est considéré dans le premier cas comme occupé à let expédier; dans le second, comme leur donnant U direction qu'elles doivent suivre.

— ÉTYM. Ij)t. gerere, porter, administrer, francisé récemment, suivant le procédé moderne, qui ne tient p.as compte de l'accent latin.

■J GËREUR (jé-reur), *. m. Celui qui, aux colonies, est le directeur d'une exploitation. - ÉTYM. Gérer.

GERFAUT (jèr-fô; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'i se lie : les jèr-fô-z et les faucons), s. m. Oiseau de proie du genre faucon [hierofalco, nom latin de ce genre). Le gerfaut osi fier et hardi, et celui des oiseaux de rapine qui, après l'aigle, a le plus de force, eklon, liv. ii, dans BICIIELET. Le gerfaut, tant par sa figure que par le naturel, doit être regardé comme le premier de tous les oiseaux de la fauconnerie, buff. Ois. t i, p. 339, dans pougens.

— HIST. xui' 8. La quinte lignie Ides fauconij est

GER

GER

GER

girfalc, qui sormonte touz oisiaus do son grant, BKL'N. LATiNi, TrésoT, p. 203. Plus [il] desire bataille que déduit ne gerfaus, Ch. d'Ant. viii, 393. Il xï* s. Le clievalier respondit que l'amorat prendroit grand plaisance à voir blancs faucons qui sont nommés gerfaux, fboips. m, iv, B*. || xvr s. Comme un gerfaut qui de roideur se laisse Caler à bas, ouvrant la nue espaisse, Dessus un cygne amusé sur le bord, bons. 620.

— ÉTYM. Bas-lat. gyrofalco, girfalco, grifaUo ; anc. cat. girfalc; esp. gerifalco; portug. gtVa/atte ; ital. girfalco On l'a fait venir de hiero, Upoc, sacré : faucon sacré, grand, puissant {hiero se changeant quelquefois en jer, comme dans jerarchia, pour hierarchia] . On l'a fait aussi venir de gijrare, tourner. Mais l'étymologie est dans l'allemand Gcierfalk, de Geier, vautour, et Falke, faucon (voy. FAUCON ) ; quant à Geier, il représente l'ano. hautallemand glri, vorace.

+ GÉRILLE (gé-ri-ir. Il mouillées), t. /'.Voy.

CANTHABELLE.

t GERLON (jèr-lon), ». m. Cuve dont se sert la papetier.

i. GERMAIN, AINE (jèr-min, mè-n'), s. m. et f. fl 1° Terme de jurisprudence. Il se dit des frères et sœurs nés d'un même père et d'une même mère, par opposition à ceux qui sont nés seulement de l'un ou de l'autre. Les germains, les consanguins et les utérins. Comme l'assure M. Jurieu, les mariages pouvaient se faire entre les germains, boss. Var. 4« avert. § 5. || Il s'est dit autrefois dans le langage général pour frère, soeur. Les gens de Comélie, entre qui vos Romains Ont déjà reconnu des frères, des germains, corn. Pomp. iv, 1. Corneille, que ta verve a des charmes puissants 1 Ses yeux [de Clariee, personnage de la Veuve] remplis d'amour, ses discours innocents. Joints à sa majesté plus divine qu'humaine. Paraissent au théâtre avec tant de splendeur Que Mélite, admirant cette belle germaine, Confesse qu'elle doit hommage à sa grandeur, GUÉRKNTE, à Jf. Corneille, sur sa Clarice. Aujourd'hui, s'il se peut, voir l'épée à la main Celui qu'on sait avoir tué votre germain, scarron, Jodelet ou le Maître valet, iv, 5. || Fig. La politique, l'intrigue, volontiers ; mais, comme je les crois un peu germaines, en fasse qui voudra, beaomarch. Mar. de Figaro, m, 6. || Adj. Frères germains. Soeurs germair.ss. || 2° Adj. Cousins germains, se dit des enfants issus des deux frères, des deux sœurs, ou du frère et de la sœur. Elle est cousine germaine de M. de Louvois, sév. 4. || Fig. Du bon temps.... Que je vrai du propos [des dires, des paroles] était cousin germain, Régnier, Sat. xii. || Cousins issus de germain (germain écrit sans s), les enfants issus de deux cousins germains. Je ne suis pas généalogiste; mais, si ces prêcheurs disent vrai, nous .sommes tous cousins issus de germain, volt. Candide, <9. Il Cousin remué de germain, se disait autrefois pour cousin issu de germain. || Substantivement. 11 a le germain sur moi, il est cousin germain de mon père ou de ma mère .

— HIST. xiii* s. Noz volons que tuit sacent que guerre ne se pot fere entre deus frères germains engenrés d'un père et d'une mère, beaum. lix, l. Je trouvai une petite nef que madame de Baruch, qui estoit cousinne germainne le conte de Monbeliart et la nostre, m'avoit donnée, joinv. 2(4. Il xv s. Et avoit à femme la sœur germaine dudit roy Philippe.... fhoiss. i, i, B4. || xvr s. Qualité germaine à cette cy, mont, i, <7. Ce cas est germain à celuy de M. de Guise, ID. i, 343.

— ÉTYM. Prov. german, girman ; cat. germd ; esp. hermano ; ital. germano ; du lat. germanus, frère, qui est de même radical que germen, germe.

t 2. GERMAIN, AINE (jèr-min, mè-n'), adj. Qui appartient à la Germanie, ancien nom de l'Allemagne. Il S. m. et f. Nom du peuple habitant la Germanie. Qu'avez-vous appris aux Germains?

LA FONT. Fabl. XI, 7.

— ËTYM. Lat. Germanus. Les anciens y voyaient le latin germanus, frère : peuples frères; mais cela ne mérite aucune consid:ration, les Romains ne tirant pas les noms des nations barbares de la latinité. On a indiqué une origine allemande : Wehr, défense, ou Ileer, armée, et Mann, homme; mais le mot germain a toujours été inconnu à l'Allemagne elle-même ; ce n'est pas le nom qu'elle se donnait. Comme les Romains n'ont connu d'abord les Allemands que par les Gaulois, il est très-vraisemblable que le mot Germanus est d'origine celtique; et Mahn en a donné une étymologie trèsplausible : kimry, ger, irl. gair, voisin, etman, qui M trouve dans plusieurs noms de peuples celtiques,

Cenomani, etc. et qu'il assimile au kimry maon, peuple : le peuple voisin.

t 3. GERMAIN (.SAINT-) (siD-jèr-min), S. m. Variété de poire très-bonne. Poire de Saint-Germain. Du Saint-Germain. Des Saint-Germain (sous-entendu poires de).

t GERMAINE (jèr-mè-n'), s. f.'GeDte de labiées.

GERMANDRÉE (jèr-man-drée) , t. f. Terme de botanique. Genre nombreux de la famille des labiées. La germandrée aquatique {leucrium scordium, L.) . La germandrée officinale ou petit chêne {teucrium cham.vdrys, L).

— HIST. xvi" s. Germandrée-d'eau, ou chamarras, aime lieu plus froid que chaud, plus humide que sec, et gras que maigre, o. de serres, 620. Germandrée de deux sortes, l'une ditte d'eau et scordion, l'autre chamadris ou petit-chesne, à cause de la semblance de ses fueilles à celles du chesne, id. 625.

— ÉTYM. Prov. germandrea; ital. calamandrea; altération du latin chamasdrys, grec xo'lw'iSpù?, de Xoi|ioci, à terre, et 5py;, chêne.

GERMANIQUE (jèr-ma-ni-k'), adj. \\ 1° Oui appartient aux Germains. Les trois peuples germaniques qui ont occupé la Gaule sont lesBourguignoni, les Visigoths et les Francs, guizot, Ilist. de la civtl. en France, 8* leçon. || î" Aujourd'hui, qui appartient aux Allemands, à l'Allemagne. Le corps germanique, l'ensemble des États qui forment la confédération germanique. Dans ce moment si remarquable, où vous jouez, sire, aux yeux de toute l'Europe, le rôle vraiment digne de vous, de défenseur de l'Allemagne et de protecteur du corps germanique, d'alemb. Lett. ou roi de Pr. 84 mars <778. || Empire germanique ou empire romain germanique, l'empire d'Occident, renouvelé par Charlemat:ne.

— ÉTYM. Lat. germanicus, de Germanus, Germain 2.

t GERMANISER (jèr-ma-ni-zé). || 1° V. a. Rendre germain ou allemand. Le gouvernement prussien s'efforce de germaniser la province polonaise qu'il possède. || 2' V. n. Faire ies germanismes.

— ÉTYM. Germain t.

GERMANIS.ME (jèr-ma-ni-sm'), s. m. Façon de parler, tour propre à la langue allemande. Traduction défigurée par des germanismes. Ces repas, un pou plus que simples, étaient égayés par les fines et folles polissonneries de Klupfl'el, et par les plaisants germanismes de Grimm, qui n'était pas encore devenu puriste, J. J. Rouss. Conf. vm.

— ÉTYM. Germain 2.

t GERMANISTE (jèr-ma-ni-sf), î. m. Celui qui étudie les langues germaniques.

t GERMANT, ANTE (jèr-man, man-t'), adj. Qui est dans un état de germination.

GERME (jèr-m'), t. m. ||1° Premier rudiment d'un nouvel être végétal, qui apparaît dans l'ovaire par le fait de la fécondation. Son haleine [de la Discorde] en cent lieux répand l'aridité ; Le fruit meurt en naissant dans son germe Infecté, volt. Henr. iv. Ce que la graine et le germe sont à la plante, l'œuf et l'embryon le sont à l'animal, bonnet, Conlempl. nat. m, B. || 2° En général, premier rudiment de tout être organisé, végétal ou animal, apparaissant dans l'uvule fécondé. Né d'un germe venu d'un autre germe, y a-t-il eu une succession continuelle, un développement sans fin de ces germes? TOLT. Philos, ignor. Q^iest. 20. Le germe existait-il déjà dans la graine ou dans l'œuf avant la fécondation? la poussière des étamines ou la liqueur que le mâle fournit n'est-elle que le principe de son développement? BONNET, Consid. corps organ. QEuv. t. V, p. 94, dans pougens. Je vois les siècles s'entasser les uns sur les autres, les générations s'accumuler comme les flots de la mer, sans que le nombre des germes employés à les fournir diminue d'une manière sensible la masse organique qu'ils composent, id. ib. p. 20». || Préexistence des germes, système sur lafécondation d'après lequel le germe, dans la graine ou dans l'œuf, est le végétal ou l'animal en petit, la fécondation ne faisant que commencer l'accroissement des parties préexistan tes: système aujourd'hui abandonné pour celui de l'épigenèse. Si le germe préexiste tout entier à la fécondation, ce que nous nommons génération n'en est point une ; mais ce n'est que le commencement d'une évolution, qui amènera peu à peu au grand jour des parties cachées auparavant dans une nuit impénétrable, bonnet, Conlempl. nat. Œuv. t. vm, p. 75. Je ne saurais me résoudre à abandonner une aussi belle théorie que l'est celle des germes préexistants pour embrasser des explications purement mécaniijues, ii.. Consid. corps organ. OEuv. t. v, p. 414. Il prétend s'étayer du grand Leibaitz, et

personne n'ignore que cet illustre métaphysicien était un des plus zélés partisans du système des germes, m. Lelt. div. OEuv. t. m, p. 7». || Emboîtement des germes, hypothèse suivant laquelle la première femelle dechaqueespèoe contiontle germe de tous les individus qui viendront successivement à la vie : hypothèse abandonnée aussi pour Ir" système de l'épigeiièse. || Faux germe, matière informe qui provient d'une conception défectueux-'. Cette femme est accouchée d'un faux germe. Il 3" Dans le langage ordinaire, la partie de la semence dont se forme la plante. Le germe du blé. Il La partie d'une racine bulbeuse ou tubéreuse qui produit une nouvelle plante. Le germe d'un oignon. Oter les g'-rmes dos pommes de terre. |{ La première pointe qui sort d'une graine, d'une bulbe, etc. Les fourmis rongent le germe du blé. || 4" Nom donni vulgairement à la cicatricule de l'œuf d'oiseau. |{ 6* Il se dit du rudiment de certaines parties organique». Les germes desdents. Si l'on admet des germes particuliers pour la production des dents, pourquoi refuserait-on d'en admettre pour la production de parties beaucoup plus composées, et dont la formation répugne encore davantage aux explication» mécaniques? bonnet, Consid. Corps organ. t. vi, p. 42. Il Le germe d'une maladie, les premières altérations qui disposent à la maladie ou qui la commencent. J'apportai le germe d'une incommodité que les ans ont renforcée, j. j. hooss. Conf. i. Il Terme de vétérinaire. Germe de fève, taehe noire formée par la matière que contient le cul-de-sac externe des incisives du cheval. || 6" Fig. Le principe, la cause originelle de certaines cho.ses. La ^icnsée que nous sentons naître comme le germe de notre esprit, comme le fils de notre intelligence, nous donne quelque idée du fils de Dieu conçu éternellement dans l'intelligence du père céleste, boss. Hist. Il, 8. Qui croirait que le germe de Pyrrhus et d'Andromaque est dans Pertharite [tragédie de Corneille] ? qui croirait que Racine en ait pris les sentiments, les vers même? volt. Mél. litt. Lettre à M. l'abbé d'Olivet. Homme prudent, épiez longtemps la nature, observez bien votre élève avant de lui dire le premier mot; laissez d'abord le germe de son caractère en pleine liberté de se montrer, J. J. rouss. Ém. n. Un grand fonds d'imagination et un penchant marqué pour l'harmonie sont le germe du poète, bonnet, Ess. psychol. ch. 70. Il Les germes du chaos, les germes que contenait le chaos. Lorsque du créateur la parole féconde Dans une heure fatale eut fiifanté le monde Des germes du chaos, lamart. Méd. i, 7. || Au moral. Le germe des vertus. Changer en germe de péché le fruit de la pénitence, mass. Or.fun. Villart. Il est certain que le passage de la succession de Bourgogne dans la maison d'Autriche a été, pendant plus de deux siècles, le principe d'une guerre presque continuelle, dont le germe n'est pas encore détruit, DUCLOS, Ilist. Louis XI, nEuv. t. m, p. 4 45. dans pougens. S'il reste parmi vous le moindre germe d'aigreur ou de défiance, hàfez-vous de la détruire, i. J. houss. Dédie, à la rép. de Genive. Il En germe, à l'état caché et prêt à se développer. Ces dissensions étaient en germe. || 7° Terme d'alchimie. Le mercure.

— HIST. xu' s. E ne sera germe es vignes. Liber psaîm. p. 24). Il XIV* s. Cil germe est à toy nécessaire, Comme à moy mesme pour tout faire, Nat. à l'alch. err. 63. || xvi* s. Les moles et faux germes, et autres choses monstrueuses, paré, xviii, 4 0. Tydeus a engendré de son germe Un fils qui n'a comme luy le cœur ferme, amyot, Com. discern. le fiait. B8. [Les fourmis] rongent le bout [du grain de blé] par où le germe a coustume de sortir, mont, n, 486.

— ÉTYM. Berry, génie, gcrnon; picard, genm'on ; wallon, germon; namur. jauriu>n; Hainaut, geme, gernon, jarnon; provenç. germe, germ; espagn. germen; ital. germe; du latin germen, pou» gerbmen, la chose conçue, radical sanscrit grabh, garbh, concevoir.

GERME, ÉE (jèr-mé, mée), port, passé de germer. Du blé germé. Il Graine germée, graine qui commence à montrer sa radicule.

GEliMER (jèr-mé),.e. n. || 1° H se dit des grains, des tubercules, des bulbes qui commencent à faire apparaître leur germe. M. Liuné, le plus célèbre botaniste de l'Europe, reçut enfin cet arbrisseau germant [le thé] et il parvint à le conserver hors des serres, en Suède même, rathal, Bist. phil. v, 26. On lit dans l'Encyclopédie au mot végétation, que des haricots d'Amérique, tirés du cabinet de l'empereur, avaient germé par les soins d'un jardinier, quoique les liaricots eussent deux cents an», bok<

GER

NET, Paling. philot. m, ♦. Il Par extension. Voyez germer à l'œil les semences du monde, HéoNiEB, Sot. u. Il Flg. Oui pourrait exprimer la joie qu'elle ressentait, lorsqu'elle voyait paraître ses bonnes inclinations (du jeune fils de Louis XIV], croître ses bonnes habitudes, et germer ces précieuses semences de gloire et de vertu qu'elle avait jetées avec tanf ae soin dans son coeurT flBch. Kme de ilontaittier. Il n'en résulterait aucun des mauvais effets ',-al en germent à milliers, montesq. Lett. pers. 85. La terre sous leurs pas fait germer tous les maux, DUCis, Àbufar, ni, 2. || 2° .S'implanter dans les esprite ou dans les cœurs. Ces idées commencent à germer

dans les esprits Si quelques vertus germent dans

votre cœur.... volt, rnuine.ni, s. L'écritdu citoyen obscur fut une semence qui germa peu à peu dans la tête des grands hommes, id. Polit, et lég. Ce qu'on ne fait pas. || 3° V. a. Faire germer; se dit dans le style biblique et poétique. Ton sang, en quelques lieux que sa fougue t'emporte, Laisse empreinte à longs traits la gloire de ton nom ; Et c'est une semence illustre, vive et forte Qui de nouveaux martyrs germe une ample moisson, cohn. Vert des hymnes de SI Victor. Que la terre souvre et qu'elle germe le Sauveur, ei que la justice naisse en même temps, saci. Bible, Isa'ie, xlv, 8. Que la terre germe l'herbe verte qui renferme une semence, FÊN. t. lU, p. 78. L'homme, enfant et fruit de la tene , Ouvre les flancs de cette mère Oui germe les fruits et les fleurs, lamabt. Joc. ix. Il interdira aux coteaux du Midi de germer l'olive et ia vigne pour les hommes du Nord, id. Dise. pron. à Maucille, t* août )847. || Germer, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action degermer : la graine a germé hier; avec l'auxiliaire être, quand on veut exprimer l'état : la graine est germée depuis hier.

— HIST. xu' s. Deus le vesti de peals, lui et nus [nous] mortals fist ; Es ovraignes Adam nostre terre maudist. Oui nus [nous] germe péchiez et dunt poi de bien ist [sort], Th. le mart. 32. 11 tolent tôt ce que les bones pensées ont germeit, Job, p. 444. Li racine d'amariteit germerat, s. behn. bg). ||xiu' s. La terre s'esleecera [réjouira] germanz, Psautier, ^76. Il XVI* s. Ce sont les vrayes semences de la cruauté : elles se germent là, mont, i, 107. Le froment, s'acheminant à germer et produire, m. 11, 486.

— ÉTYM. Wallon, yermi, namuT.jaurner; Hainaut, ffer?ier, jaiTter; provenç. gennenor ; espagn. germinar; ital. germinare; du lat. yerminare, de germen, germe.

f (.GERMINAL, ALK (jèr-mi-nal , na-1'), adj. Terme de botanique. Feuilles gerniinales, feuilles qui se développent en place de la graine.

— ÉTYM. Germe.

2. GERMINAL (jèr-mi-nal), s. m. Le septième mois de l'année dans le calendrier républicain. Le mois de germinal s'étend du 21 mars au iv avriL

— ÈTYM. Germe.

f GERMINATEUR, TRICK (jèr-mi-na-teur, tri-s*), adj. Terme didactique. Oui a le pouvoir de faire germer. Il est pourtant des faits très-certains qui prouvent qu'ils [certains germes] ont été ordonnés de manière qu'ils conservent pendant un temps, même très-long, la vertu germinatrice, bonnet, Paling. philos, m, 4.

— ETYM. [.at. yerminare.

t GERMINATIK, IVE (jèf-mi-natif, ti-v"), adj. Terme de botanique. Synonyme plus usité de gcrminateur. || Faculté germinative, faculté qu'ont les graines de germer, et, plus généralement, celle que possèdent les corpuscules reproducteurs do certains ttres organisés. || Terme d'anatomie. Vésicule germinative, dite aussi de Purkinje [anatomiste allemand], noyau agrandi et devenu vésiculeux dans la cellule par laquelle l'œuf commence. || Tache germinative, voy. tache.

— HlST. XVI* s. Il y en a une autre [eau] germinative, congclative, sans laquelle nulle chose ne pourroit dire : je suis, palissy, 2t7.

— ÉTYM. Prov. germinatiu; du latin germinare, germer.

GERMINATION (jèr-mi-na-sion; en vers, de cinq syllabes), s. ^. Acte par lequel l'embryon végétal s'accroU, se débarrasse des enveloppes de la graine qui le protégeait, et Gnlt par se suffire à lui-même en tirant sa nourriture à l'aide de sa jeune racine. Observer le progrès de la germination des plantes.

— HIST. XVI* s. Si l'eau qui cause la germination de tous arbres et plantes, paussy, 247.

— ÉTYM. Prov. germinacio; esp. germinacion ; ital. 0(Tnitnan'oti<; du lat. germinatiortem, de germinare. germer.

GER

t OERMINIPARK (jèr-mi-ni-pa-r^, adj. Terme d'histoire naturelle. Qui se reproduit par des germes.

— ÊTYM. Lat. germen, germe, et parère, enfanter.

t GERMINIPARIE (jèr-mi-ni-pa-rie), i. f. Reproduction par des germes.

t GERMOIH (jèr-moir) , *. m. || !• Terme de brasserie. Cellier où germent les graines. Il ya deux espèces de germoirs: les uns sont de grandes caves voûtées, on les regarde comme les meilleurs ; les autres ne sont que de grandes salles au rez-de-chaussée, Dict. des aru et met. Brasseur. || i- Terme d'horticulture. Caisse, pot destiné & recevoir les- graines qui demandent à être mises en terre immédiatement après leur séparation du végétal, mais qu'on ne veut semer que plus tard.

— ETYM. Germer.

t GERMON (jèr-mon), ». m. Un des noms vulgaires du dauphin commun (cétacés), appelé généralement dauphin, leooarant.

GÉROFLE (jé-ro-fl'), *. m. Voy. oibople.

t GËRO.MË (jé-ro-mé), ». m. Nom d'un fromage; ce nom est une corruption de Gérardmer, bourg des Vosges où se fait ce fromage.

GÉRONDIF (jé-ron-dif), s. m. || f Terme de grammaire latine. Forme de l'infinitif des verbes actifs, constituant une sorte de déclinaison, et ajoutant à la signification du verbe l'idée de ce qui va se faire, ou doit se faire, ou se l'ait. || Il y a en espagnol un gérondif qui se distingue, par la forme, du participe présent. |{ 2° Dans la grammaire française , nom proposé pour le participe présent. Oserais-je proposer une nouveauté , qui serait d'assigner au participe actif le nom de gérondif et de conserver le nom de participe , au passif lui seul? d'ouvet, Ess. gramm. ch. 4. Il Nom donné souvent à la locution composée de la préposition en et du participe présont. La règle subsiste toujours que le gérondif doit se rapporter au substantif qui sert de nominatif au verbe, dont il exprime une circonstance, d'ouvet, Rem. Racine, § 47.

— ETYM. Prov. gerundiu; esp. et ital. gerundio; du lat. gerundivus modus, et gerundium; les grammairiens latins tirent gerundivus ou gerundium de gerundi, appelant cette forme de l'infinitif gerundi modos, manières de faire, parce que cette forme nous présente comme faisant quelque chose (voy. gébeb).

t GÊRÔNTE (jé-ron-f), ». m. || !• Terme d'antiquité grecque. Membre du sénat de Lacédémone. Il 2° Nom donné, dans les comédies françaises du xvii* siècle, à des vieillards qui se laissent dominer par ceux qui les entourent. |{ Fig. Homme faible et qui se laisse gouverner. Pour quel Géronte me prend-on T s'écria-t-il, ch. de bsrnabd , Un homme sérieux, § xvi.

— ETYM. Hfwv, •yépovToç, vieillard.

t GÉRONTISME (jé-ron-ti-sm") , t. m. Faiblesse sénile d'esprit. || Système politique des vieillards.

— ÊTYM. Géronte.

t GÉRONTOCOMIE (jé-ron-to-ko-mie ) , ». f. Terme de médecine. Hygiène des vieillards.

— ÉTYM. Fépwv, -yépovTO;, vieillard, et xo|jleîv, soigner. Les dictionnaires donnent gérocomie; mais cette formation n'est pas bonne.

f GÉRONTOCRATIE (jé-ron-to-kra-sie) , ». f. Gouvernement des vieillards. Je sais que j'ai le tort d'être jeune ; aux yeux de la gérontocratie, c'est là un crime impardonnable, CB. de bebnabd. Un homme sérieux, § xvi.

— ETYM. répcûv, flfovto^, vieillard, et xpaxelv, avoir le pouvoir.

t GÉRONTOCRATIODE (jé-ron-to-kra-ti-k'), adj. Oui se rapporte à la gérontocratie.

"■ GÉROrOGON (jé-ro-po-gon), ». m. Genre de plantes chicoracées, qui se rapproche du salsifis par le port et les qualités.

— ÉTYM. Gérontopogon, nom donné par Gessner, et abrégé peu heureusement par Linné en géropogon, de -(i^u», 7<povTo; , vieillard, et itÛTuv , barbe : plante ainsi dite à cause des aigrettes qui surmontent les graines et qui ont l'air de poils.

t GÉRODSSE (jé-rou-s"), ». f. Voy. jabosse.

t GERSEAC (jèr-sfl), ». m. Terme de marine. Corde qui sert à suspendre une poulie ou à la renforcer de peur qu'elle n'éclate.

f GERSÉB (jer-sée) , ». (. Ancienne espèce de fard qui se faisait avec la racine de l'arum.

— ÉTYM. Bas-lat. gersa, céruso.

f GËRUSIB (jé-ru-zie), t. f. Sénat que formait

GES

à Sparte et dans la Crète un certain nombre de géroMes ou vieiUaids.

— ÉTYM. Tepouaca, de •fifor», vieillard (voy. etaoNTK ().

t GÉRYONIUES (jé-ri-o-ni-d"), ». m. pi. Famille des acalèphes libres, ayant pour type le genre géryonie.

t GÉRYONIE (jé-ri-o-nie), ». f. Genre de méduses.

GERZEAD (jèr-zd), ». m. Nielle, mauvaise herbe qui croit dans les blés, agrostema gilhago , L.

— ÉTYM. Berry, geargeau, geargiau, geariiau; très-probablement de gerce, sorte de teigne, cette plante nuisible ayant été assimilée à une teigne.

t GÈSE (jè-z'), ». m. Terme d'antiquité. Espèce de dard employé par les Gaulois et ensuite par les Romains.

— ÉTYM. Lat. j;(r»um, mot gaulois ; on trouTe, dans l'ancien gaélique, gais, javelot.

GÉ.SIER(jé-zié; l'rnese liejamais; au pluriel, 1'» se lie : les jé-zié-z et les jabots), ». m. || 1* Deuxième estomac des oiseaux, formé, chez les oiseaux de proie, par des parois membraneuses, et chez les autres, surtout chez les granivores, par des parois musculeuses épaisses et très-puissantes. Le grain passe du jabot dans le gésier, où il est broyé et réduit en pâte avant d'arriver à l'estomac. On reprochait à Mme la duchesse qu'elle n'avait point de cœur, mais seulement un gésier, st-sih. 4I7, 21. Le grenat, cette pierre si dure, n'est pas plus à l'abri de l'action mécanique du gésier; elle esi assez puissante pour émousser à la longue les angles de cette pierre, bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. vui, p. le, note 1. || 2° Coquille de la Nouvelle- Hollande, cyprée ventricule (univalves), porcelaine gésier de certains auteurs.

— HIST. xiu* s. Si resavés, biaus Genius, Comment li juisier Ticius [Titye] S'efforcent ostoir [autours] de mangier, Ne riens nés en puet estrangier, la Rose, <B606. Diex est li frans oisiaus qui ne vuelt de sa proie Que le cuer purement, sans jusier et sans foie, 1. de meung, Test. 4494. || xiv* s. Prenez jugiers et foies, Ménagier, 11, B. jj xvi* s. Urine, fiente,membranedegezier, pabé, t. iii,p.634.

— ETYM. 'Wallon, gigi; Hainaut, gigi, gigier, Xilier ; génev. gigier, gisier ; Berry et lorrain, gigier; picard, giger, gigier; du lat. gigeria, entrailles de poule.

GÊS!NE(jé-zi-n'), ». ^. Mot vieilli signifiant les couches d'une femme. |l Terme de palais. Payer les frais de gésine. {| La Fontaine l'a dit des animaux : Où la laie était en gésine, Fabl. m, e. jj Nom donné dans certains bdpitaux de province aux salles destinées aux femmes en couche.

— HIST. XII* s. Veer [voir] ala en sa gésine Li dus Gerberge la reine [qui venait d'accoucher], benoît, II, 4 0763. Il xiH* s. Ne j'osaisse dire ennui sens, Ouele seroit la médecine Oui m'osteroit ceste gésine [qui ferait que je ne serais plus alité], Bl. et Jehan, 736. || xiv* s. Pour le sallaire d'avoir amené, en leurs brouettes, de l'ostel Hichiel du Sablon en l'ostel du dit argentier, la somme de quatre mille livres tournois pour convertir et emploier au fait de la gésine de la dicte madame la royne, de la- BOBDE, Ématu, p. 328. || XVI* S. Ils jetèrent en prison sa sœur et sa femme, qui estoit grosse, et feit la pauvre dame une piteuse gésine, amyot, Dion, 72.

— ÉTYM. Gésir.

GÉSIR (je-zir), V. n. défeclif, usité seulement aux formes suivantes : il gtt, nous gisons, vous gisez, ils gisent; je gisais, tu gisais, il gisait, nous gisions, vous gisiez, ils gisaient ; gisant; quelquesuns doublent 1'». || 1° Etre couché, être étendu par terre. Je gisais de la même sorte Que fait une personne morte, scaeron, Virg. u. Comment? ces enragés Gisent-ils déjà morts, l'tm par l'autre égorgés? ROTB. Antig. I, 2. C'est là que du lutrin git la machine énorme, boil. Lutr. m. || Terme de marine. LacAte gît nord et sud, est et ouest, etc. elle s'étend du nord au sud, de l'est à l'ouest, etc. Cette côte occidentale de l'Amérique est bien connue au delà du cap Blanc, qui gît environ sous le 43* degré de latitude , bufp. Explic. cart. géogr. Œuvres, t. xiu, p. 866, dans pougens. || 2° Ci-g!t, formule des épitapbes. Ci-gtt, oui glt, par la morbleu, la cardinal de Richelieu ; Et ce qui cause mon ennui, Ma pension glt avec lui, fenseradk, dans le Dict. de RICHELET. Sous ce tombeau gisent Plante et Térence ; Et cependant le seul Molière y glt, la font. Épit. de Holière. Au pied de cet autel de structure grossière, Gtt sans pompe, enfermé dans une vile bière, Le plus savant mortel qui jamais ait écrit [Antoine Amauld], boil. Poi*. dtc. xxii. Je

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ne sais quel Anglais fit mettre sur son tombeau : Ci-glt l'ami de Philippe Sidney; je veux qu'on pave sur le mien : Ci-gît l'ami de M. et de Mme a'Argental, volt. Lett. d'Argental, 9 avr. 4763. Ci-glt Vert-vert, ci-gisent tous les cœurs, gress. T. vert, IV. || Fig. Peuples, rois, vous mourrez et TOUS villes aussi , Là gît Lacédémone, Athènes fut ici, L. RAC. la Kelig. i.|| 3° Être caché, se trouver. X l'endroit où gisait cette somme enterrée, la font. Fabl. IV, 20. N'ayant autre œuvre, autre emploi, penser autre. Que de chercher où gisaient les bons vins, ID. Fer. Les mines d'étain de Saxe, de Misnie, de Bohême et de Hongrie gissent, comme celles d'Angleterre, dans les montagnes à couches et d'une médiocre profondeur, buff. Jfin. t. v, p. (94, tans POUGENS. |{ Fig. C'est là que gtt le lièvre, c'est jà le nœud de l'affaire, le point le plus difficile. Il En un sens contraire, ce n'est pas là que gît le lièvre. |j 4° Consister. Et que son plus grand jeu ne (ît rien qu'en sa troigne, Régnier , Sat. vi. Et Joute leur beauté ne gît qu'en l'ornement, ID. Sat. IX. La difficulté Ne gissait pas à plaire à cette

belle, LA FONT. Berc [les bombes] qui, tombcmt

sur vos toits, font sauter en l'air, avec vos maisons, vos femmes qui sont en couche, l'enfant et la nourrice ; c'est là encore où gît la gloire, elle aime le remue-ménage et est personne d'un grand fracas, LA BRUY. XII. La fable gît danslamoralité.LAMOXTE, Fabl. 111, ii.

— HIST. XI' s. Gésir [nous] perrons au bourc de St Denise, Ch. de Roi. lxxv. L'un gist sur l'autre et envers et adanz, ib. cxxiii. Charles se gist, mais duel [deuil] a de Rolant, ib. clxxx. ||xn' s. Li bon chamel gisent en sa contrie, Ronc. p. 45. Qui desor l'herbe gisoit mort et sanglant, ib. p. <0). Sur l'erbe vert jut à terre estendu, ib. p. <03. En amer [aimer] gist hardemenz et paors [peur]. Coud, vn. Ci gist la bel» Blancheflor, Que Floires ama par amor, Romancero, p. B». |{ xiii* s. Li quens Hues de Saint Pol, qui longuement avoit geû malades de goûte, morut, villeh. cxxxvi. Venue [elle] est à la serve, qui git au lit paré, Berte, xv. Â nuit [elle] a jut au bois moût perilleusement, ib. xlvii. En nuit me sui au bois toute seule gede, ib. lu. Ne maison une vile qu'une nuit [elle] ne gisra, ib. cxxii. Si but et manga tant come lui plot, et jut à femme, C/w. de Bains, p. 80. Et que il lor face bien et largement aveir ce que mestier lor est de mangier et de beivre et de bien gésir, se il ne l'ont dou leur, ou s'il le requièrent, Ass, de J. i, <43. Et si parlerons de cix [ceux] qui s'entremettent de plus grans services qu'à eus n'apartient et du péril qui y gist, BEAUM. XXIX, t. Deffense est fête que por dete on ne voist penre [on n'aille prendre, saisir] en cambre à dame, ne de damoisele, ne de feme qui gise d'enfant, id. liv, 7. La royne, qui nouvelement estoit relevée de dame Blanche, dont elle avait geu à JafTe, arriva à Sayete, joinv. 279. Seje pri Dieu et ge gis en pechié. Dieux ne m'orra mie, Psautier, f" 70. Il XV' a. Et girent à l'ancre cette première marée devant les digues de Hollande, fhoiss. i, i, <8. Et lui montrèrent qu'ils gissoient là à grands frais, et rien n'y faisoient, id. i, i, < i 8. Le cœur ne me gist pas bien de cette vision, louis xi, Nouv. Lxxn. Tant gratte chèvre que mal gist, villon. Bail. Tant crie l'on noel. ||xvi' s. Ne sçai où gist Heleine En qui beauté gisoit, Mais ici gist Heleine Où bonté reluisoit, marot, m, 259. Icy gerra, s'il n'est pendu. Ou si en la mer il ne tombe.... m. 11, 435. Il gist en vostre volonté, non au nombre des ans, que.... mont, i, 88. La force de tout conseil gist au temps, id. ui, 269. Ces deux enfans donques estans là ainsi gisans, il y survint une louve, laquelle leur donna à tetter, amyot, Rom. 6. Le plus grief de noz malheurs nous est de veoir nostre pals réduit à telz termes, que toute son espérance gise et consiste en nous, m. Cor. 64 Les Albaniens gisent devers le soleil levant et la mer Caspiene, iD.Pomp. 52.

— ÉTYM. Wallon, jaire ; ital. giacere ; du lat. ;'oc!re, être étendu. Selon Curtius, jacère est l'intransitif de jacère, jeter, comme pendëre l'est de pendére.

t GESNÉRIACÉES (jè-sné-ri-a-sée), s. f. pi. Terme de botanique. Nom d'une famille de plantes dicotylédones, toutes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Australie; elle est voisine des personnées, et doit son nom au genre gesneria, lequel est dédié au botaniste de Zurich, Conrad Gessner.

GESSE (jè-s'), s. f. Il 1" Genre de plantes légumineuses, dont quelques-unes servent de fourrage, et même d'aliment à l'homme. || Gesse domestique, grande gesse, noms vulgaires du lathyrus cultivé. Il Gesse tubéreuse, dite aussi gland terrestre, le to-

thyrut tuberosus, £.|| Gesse sauvage, le lathyruM tylvestris, L. \\ Gesse odorante, le pois de senteur. Il Petite gesse, voy. gessette. || 8° La graine de la gesse, dite aussi pois de brebis, pois breton, et lentille d'Espagne. Manger de la gesse.

— HiST. XV* s. Une pièce de terre qui avoit esté semée de gesses, du cange, gessia.

— ÉTYM. Origine inconnue. On peut conjecturer que gesse représente le lat. vicia, les genres rtVio et lathyrus étant voisins. Provenç. geysha , geicha.

t GESSETTE G^-sè-t'), s. f. Espèce de petite gesse {lathyrus cicer), gesse chiche de certains auteurs.

t GESTA (jè-sta) , s. m. pi. Terme d'hygiène. Nom par lequel on désigne tous les mouvements que l'action musculaire communique au corps entier, ou seulement à quelques-unes de ses parties, ainsi que tous les mouvements étrsmgers auxquels le corps obéit (équitation, voiture, etc.). Les gesta.

— ÉTYM. Lat. gesta, plur. neutre de jeituj, porté : les choses portées, àegerere, porter (voy. gérer).

GESTATION [jè-sta-sion ; en vers , de quatre syllabes), s. f. Il 1° L'état d'un individu qui est porté. Gestation à cheval, en voiture, etc. || Exercice en usage chez les anciens Romains, qui consistait à se faire porter, entraîner rapidement, pour faire subir au corps un mouvement salutaire. La gestation est très-utile à la santé suivant Celse. || 2° Terme d'histoire naturelle. Ëtat des femelles des mammifères qui ont conçu; durée de cet état. Je crois qu'on doit suspendre son jugement sur la seconde observation touchant la durée de la gestation qu'il dit n'être que de neuf mois, tandis que tous les voyageurs assurent qu'il passe pour constant que la femelle de l'éléphant porte deux ans, buff. Quadrup. t. IX, p. <«7, dans pougens.

— ÉTYM. Lat. gestationem, action de porter, de gestare, fréquentatif de gerere, porter.

t GESTATOIRE (jé-sta-toi-r'), adj. Usité seulement en cette locution : chaise gestatoire, chaise à porteurs dont le pape fait usage.

— ETYM. Lat. gestare, porter.

) . GESTE (jè-st'), ». m. || 1* L'action et le mouvement du corps et particulièrement des bras et des mains, action et mouvement employés à signifier quelque chose. Pour rendre un discours agréable. Avec le ton de voix le geste est désirable, tristan, Panthée, u, 3. Sa surprise à ce mot a paru manifeste ; Son teint en a changé, sa parole et son geste, CORN. Suiv. I, ». Ce geste encor, seigneur, ce maintien interdit.... rotr. Vencesl. iv, a. J'approuvais tout pour'.ant de la mine et du geste, boil. Sat. m. D'un geste menaçant, d'un œil brillant de rage, Dans le sein l'un de l'autre ils cherchent un passage, BAC. Théb. v, 3. Je vois d'Ochosias et le port et le geste, id. Athal. v, 6. C'est en vain qu'un docteur qui prêche l'Évangile, Mêle chrétiennement l'agréable à l'utile. S'il ne joint un beau geste à l'art de bien parler.... le p. sanlecque, Poème sur les maur vais gestes des prédicateurs. Je ne fais jamais entendre mes volontés chez moi que de l'œil et du geste, DIDEH. Uègne de Claude et Néron, i, 57. Dans certains sermons burlesques un homme prêche tandis que l'autre fait des gestes, volt. Instit. phil. <25. Il parcourt ses appartements d'un pas rapide; ses gestes courts et véhéments dénotent un trouble cruel : il quitte, reprend et quitte encore un travail pressé pour se précipiter à ses fenêtres et contempler les progrès de l'incendie, ségdr, Hist. de Nap. VIII, 6. Il Terme de danse. Mouvements de la tête, du torse, et surtout des bras, comme les pas sont les mouvements des pieds. Les gestes jouent un très-grand rôle dans la danse d'imitation ou danse théâtrale ; ils n'en jouent presque aucun dans la danse ordinaire ; il faut y tenir la tête droite, sans roideur, le torse bien vertical sur ses points d'appui : quant aux bras, les laisser tomber de la manière la plus naturelle, excepté quand il faut donner ou lâcher la main, ou faire quelque mouvement particulier indiqué par la figure. {| 2° Simple mouvement du bras, ou du corps, de la tête Et

tandis qu'à l'ardeur de leurs expressions Je réponds d'un geste de tête, Je leur donne tout bas cent malédictions, mol. Amph. m, t. Prêt à faire sur vous éclater la vengeance D'un geste confident de notre intelligence, rac. Brit. m, 7. Tremblez qu'en ces remparts Une parole , un geste , un seul de vos regards. Ne trahisse un secret que mon Dieu vous confie, volt. Sémir. i, 3. Un geste de cette main qui avait gagné tant de batailles et tué tant de royalistes psrsuadait plus que les périodes de Cicéron, id. Dict. phil. Cromwell. Le vigilant commis qui, m'ayant aperçu, me fit avec l'aune de la boutiquo un geste plus expressif qu'at-

tirant, j. j. Rouss. Confest. n. X l'abord du Français, le jeune Helvétien Par un geste amical l'invite à prendre place, uasson, Helvél. m. La statue équestre de Marc-Aurèle, d'une majesté si douce, si paisible, dont le geste est un geste clément, fait plaisir à rencontrer sur le Capitole, aupêre, Hiit. rom. à Rome, Introd. p. lvii.

— HIST. XV* s. Quant la dame eut considéré le geste du saint prud'homme, qui de son fait ne se devoit garder, elle pourpensa que sanz l'ayde du Dieu souverain il ne pouvoit estre de si grant aage ne de tant puissant vigueur, Percefor. t. iv, f° 73. U fist humble contenance de corps mais sa geste et parolle estoit aspre, comm. u, 3. || xvi* s. Mais avec ce si bonne grâce avoyentTant en regards comme en gestes humaines. Que bien scmbloyent secondes Magdalenes, j. marot, v, 34. Assurance de visage, soupplesse de voix et de geste, mont, i, tta.

— ETYM. Lat. gestus, contenance, geste, de gettum, supin de gerere, porter.

t 2. GESTE (jè-st'i, s. f. Terme d'histoire du moyen âge. Poème en vers décasyllabiques ou en vers alexandrins où est racontée d'un façon légendaire l'histoire de personnages historiques et particulièrement de Charlemagne et de ses preux. Il Chansons de geste , anciens poèmes qui traitent des actions des héros du cycle carlovingien.

— HIST. XI* s. Deus me confonde, se la geste [j'] en desment, Ch. de Roi. lxi. Il est escrit en la geste Francor [des Français], ib. ex. Ce dist la geste et cil qui au champ fut, «6. CLiii. En plusieurs gestes de lui sont granz honurs [éloges], tb. ccxxviii. Il XII* s. En vieille geste est escriz de Ions ans, floncp. 86.

— ÉTYM. Provenç. gesta ■,'\\a.\. gesta; du lat. pluriel neutre gesta, les choses faites, de gestus, fait, participe passif de jerere, porter, faire. Il est arrivé souvent qu'un neutre pluriel latin a donné lieu, dans les langues romanes, à un nom singulier féminin. La geste avait aussi le sens de race, extraction.

GESTES (jè-sf), s. m. pi. || 1* Actions belles et mémorables (acception qui vieillit). Voici ce qu'a écritM.de laMothe Levayersur le mot de gestes: les gestes, que M. de Vaugelas ne peut souffrir, ont toujours été un très-beau mot, et qui signifie autant tout seul, que hautes ou grandes et héroïques actions, comme quand je dis les gestes d'Alexandre le Grand, vaugelas. Rem. Not. Th. Corn. Obs. 2, p. 763, dans pougens. Ce grand chroniqueur des gestes d'Alexandre, boil. Épit. xi. || Ironiquement. Adressez-vous à Mme Duchesne, à M. Guy, lesquels doivent être fort instruits des gestes de Fréron, volt. Lett. Dorât, « août 1770. || 2° Familièrement. Les faits et gestes, actions, conduite. On ne parle ici que des faits et gestes de la Brinvilliers, sÉv. 270. Pour vous conter ses faits et gestes à Versailles, ID. 404.

— HIST. xiu* s. Qui vous raconteroit ses gestes jusques à Selenique, ce seroit uns grans anuis, HENRI DE VALENC. XIV. ||xv*s. Noble CD cueur, saigc, débonnaire, Tant plus à tes gestes l'on pense. Tant plus es digne de mémoire. Vigiles de Charles Vil, t. II, p. 10, dans LACURNE. Il XVI* s. Lesvitres sont de clair et fin cristal, Où peintes sont les gestes authentiques, MAROT, I, (77. Si les gestes de Xenophonet de César n'eussent de bien loin surpassé leur éloquence, MONT. I, 288. Ils sacrifioient aux Muses, afin que leurs gestes fussent bien et dignement escripts, ID. m, 24.

— ÉTYM. Lat. neutre plur. gesta, les choses faites

(VOV. GESTE î).

GESTICnLATEUR (jè-sti-ku-la-teur) , t. m. Cehli qui fait beaucoup de gestes en parlant. C'est une habitude singulière qui leur a été transmise par les Romains, aussi grands gesticulateurs, stael, Corinne, XV, 8.

— REM. L'Académie ne donne pas le féminin gesticulatrice; mais rien n'empêche de le recevoir.

— ETYM. Lat. gesticulalorem, de gesticulare, gesticuler.

GESTICULATION (jè-sti-ku-la-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Action de gesticuler. L'imitateur arrive à sa fin, ou par le discours seul, ou par la gesticulation (car il faut que je me serve de ce mot), ou par le chant, godeau, Disc, sur Malherbe. Figurez-vous avec cela, dans sa manière de conter et dans sa gesticulation, la gentillesse la plus naïve,

MARMONTEL, Uém. VI.

— REM. Godeau, au commencement du rvn* siècle, paraît le considérer comme un mot nouveau ; cependant il avait déjà été employé dans le xvi*.

— IIIST. XVI* s. Mines et gesticulations, bouchet, Seréet, liv. i, p. tU, dans lacuhnk, au mot matachitu.

Gré

— ÊTYM. Lit. getticulaliontm, de getticulare, goiticulcr.

t OIÎSriCULG,ÉE (j6-sti-ku-lé, lée), odj. Exprimé par gosips. Ouanil le sujet d'une proposition oratoire ou gcsliculée n'cKl pas annoncé, l'application des autres signes reste suspendue, dider. Lett. tur les lourds et muet t.

fiKSTICULEa (jè-sti-ku-lé) , v.n. Faire beaucoup de gestes. Vous devez prendre un air posé, un ton de voix naturel, et gesticuler le moins qu'il vous sera possililo, MOI., impromptu, t. Il faut 6tre à la mode, ou l'on est ridicule ; On n'est point regardé si l'on ne gesticule, Si dans les jeux do main, no cédant à pas un, On ne se fait un peu distinguer du commun, QUiNADLT, Hère coquette, i, 3. Mobiles comme le mercure , ils pirouettent, ils gesticulent , ils crient, ils s'agitent, la brut. ix. Les acteurs qui gesticulent le moins sont, parmi nous, ceux qui ont le geste le plas naturel, diclos, Uém. act. thédt. Œuv. t. IX, p. 392, dans pougens. Emile parle et gesticule avec feu, J. J. Houss. Étn. v. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. Lat. gesticulare, de getlicuhu, diminutif de gestus, geste.

GESTION (jè-stion; en vers, do trois syllabes), t. f. Action, manière de gérer. Avoir la gestion des biens d'une personne.

— HIST. XVI' s. Sa première gestion fut de chasser du roiaume tout exercice de la religion romaine, d'aub. Hist. I, (82.

— ÊTYM. Provenç. gestio; du lat. gestionem , de gettum, supin de gerere, porter, gérer.

t GEV.SER (ghey'-sèr), s. m. Terme de géologie. Sous le nom de geyser, qui signifie jaillissant suivant les uns et furieux suivant les autres, on désigne des sources jaillissantes d'eau bouillante, les unes continues, les autres intermittentes, dont on trouve un grand nombre en Islande, beudant. Cours élémentaire de géologie, § 62. Vous avez sans doute entendu parler des fameux geysers de Californie, dont les allures ont la plus grande analogie avec ceux de l'Islande et avec les soffioni de la Toscane, A. P0MIER, Presse scientifique, t86l, t. m, p. 710.

+ GLVOUR (ji-a-our), s. m. Mot par lequel les Turcs désignent tous ceux qui ne font pas profession do l'islamisme. Le Giaour est le titre d'un poSrae célèbre de lord Byron.

— ÉTYM. Turc, giaour, incroyant, traduction de l'arabe kaflr.

t GIBBAR (ji-bbar), *. m. Espèce de cétacé, ba- Ixna physalus, L.

t GinnE tji-b'), s. f. Coquille terrestre, univalve, blaDche et longue de trois centimètres.

GIBBEUX, EUSE (ji-bbeû, bbeû-z'), adj. Terme didactique. Relevé en bosses plus ou moins apparentes. Les parties gibbeuses de la lune sont les plus éclairées. || Partie gibbeuse du foie, celle d'où la veine cave prend naissance. {| Corolle gibbeuse, corolle à laquelle on remarque des dilatations en forme de bosses.

— HIST. XYi* S. La partie cave de la ratte et la gibbeuse du ventricule, paré, i, (3.

— ÊTYM. Provenç. gibos; cspagn. gihoso; ital. gibboso; du lat. gibbosus, de gibba, bosse; grec, OSoç. Gibba avait donné gibbe, bosse, dans le xvr siècle.

f GIBBIE (ji-bbie), s. f. Genre d'insectes coléoptères, ainsi dits à cause de la forme globuleuse de l'abdomen.

— ÉTYM. Lat. gibba, bosse; dénomination qui trient ilc l'abdomen globuleux de cet insecte.

t GIBBIFËRE (ji-bbi-fè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui porte une bosse.

— ETYM. Lat. gibba, bosse, et ferre, porter.

t GIBBIFLORÉ (ji-bbino-r'), adj. Terme de botanique. Dont les pétales sont gibbeux.

— ÉTYM. Lat. gibba, bosse, et flos, (leur.

t GIBBIPENNE (ji-bbi-pè-n'), adj. Terme d'entomologie. Dont les élytres sont bombés et comme gibbeux.

— ÊTYM. Lat. gibba, bosse, et penn«.

t GIBBON (ji-bbon), s. m. Grand singe des Indes. Le gibbon, dont les jambes de devant ou les bras sont aussi longs que tout le corps, y compris même Ins jambes de derrière, se trouve aux grandes Indes et point en Amérique, buff. Quadrup.

t. III, p. 187.

OIBBOSITË Oi-bbfl-zi-té), ». f. || f Terme d'histoire naturelle. Proéminence en forme de bosse. Géologiquemcnt parlant, ces gibbosités [certains pics des Alpes] sont le produit de l'entre-croisement de deux dislocations au moins, fodrnet, Acad. des se. Comvlet rendus t. lv d. 8C3. Il 2* Terme de

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