‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 281 sur 388 · IB · texte numérisé non relu

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médecine. Courbure de la colonne vertébrale; ce

qui y produit une bosse.

— HIST. XIV* s. Une grant vaine seule qui naist de la gibbosité du foie, h. db mondeville, f" 82. La gilbosité qui vient par dcslouement des spondilles [vertèbres] ne rejoipt point de cure, puis que elle est conformée, lanfranc, C 68. ||xvi's. Les signes communs des luxations sont tumeurs ou

gibbosités où l'os estforjelté, paré, xiv, (4 Dont

s'ensuit gibbosité ou bo.sse, id. xiv, 47.

— ÊTYM. Lat. gibbosus, gibbeux; provenç. gilbositat, gclbositat.

t GIBECIER (ji-be-sié) , (. m. Celui qui fait des gibecières. Paris avait une corporation qui se qualifiait de maîtres boursiers et gibeciers.

— HIST. xvi* s. Troisième rang, qui sont les mestiers médiocres : boursier, gibocierier, coUetier, bauldroyeur, Édit, avril U97.

— ÉTYM. Voy. OIBECIÈRB.

GIBECIÈRE Gi-be-siè-r'), t. f.\\l' Sorte de bourse largeet plate qu'on portait autrefois à la ceinture. Gibecière, espèce de bourse large et aplatie, dont les miniatures et la sculpture des ziu* et xiv* siècles nous ont conservé les modèles, de laborde, Émaux, p. 32». Il Sorte de grande poche ou de petit sac que le berger pend à son côté pour mettre son pain. Il 2° Sorte de grande bourse où les chasseurs portent leurs munitions et mettent le gibier. N Fig. dans un langage très-familier, garnir ou remplir sa gibecière, se garnir ou se remplir la gibecière, manger et boire copieusement, surtout avant de partir. Il 3° Sac à l'usage des escamoteurs, qu'ils attachent devant eux quand ils opèrent. || Tour de gibecière, escamotage. C'est un faiseur de tours de gibecière qui escamote ce qu'il a donné, dideb. Nouv. pens. phil. 3. Il Fig. Il a plus d'un tour dans sa gibecière, ou il sait plus d'un tour de gibecière. || 4° Nom de diverses coquilles bivalves, appartenant au genre peigne.

— HIST. xrv* s. Une petite gibecière de l'ouvre d'Engleterre, de LABORDE, Émaux, p. 329. Pour six gibecières brodées et estoflées à boutons de perles, données aux chevaliers qui servirent la dite dame à son sacre, du cange , gibacaria. Johan Bourrebas avoit à sa ceinture un petit gibacier, et avoit audit gibacier huit sols parisis, id. ib. \\ xv s. Le suppliant prit un gibecier de cuir auquel avoit une cedule, du CANGE, ib. Une gibecière blanche de toille de Hollande à fers d'argent, llibl. des ch. 6' série, t. I, p. 430. ||xvi' s. Les envieux tant amys qu'ennemis du dit sieur d'Espernon accouroient.... lesquels, voyant le tiltre [d'un livre], deboursoient de leurs gibbecieres pour en faire l'achat, bhanT. Cap. fr. t. Il, p. 3(4, dans LACURNK Comme dient les Allemans, ce ne sont les mots qui remplissent la gibecière, ains ce qu'on fourre dedans, chouères. Contes, t. I, matinée 7.

— ÉTYM. Diez le rattache à gibier, avec raison ; car le vieux français a gibecer, en bas-latin gibicere, aller Ma chasse du gibier; c'est par l'intermédiaire de ces formes que vient gibacaria, gibecière. Cela écarte le bas-latin giba, coffre, le gi-ec x(ê6a, petit sac, et l'arabe djib, poche, sac.

t GIBËLE {ji-bè-l'), s. f. Va des noms vulgaires d'un poisson, le cyprinus gibelio.

GIBELET (ji-be-lè; le «ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'i se lie : des ji-be-lè-z aigus), s. m. Petit foret à l'usage des marchands de vin , pour percer d'un coup les pièces à déguster. Il Fig. Cet homme a un coup de gibelet [à la tètej, il est toqué, il est fou.

— HIST. xv* s. I.e guibelet, les <6 joyes de mariage, p. 63. ||ïvi' s. L'instrument avec lequel on perce les tonneaux, guimbelet, o. de serres, 832.

— ÊTYM. Cibeic* paraît être un diminutif del'ancien français gibe, qui a signifié entre autres une sorte de ferrement. Quant au normand vimblit, tarière [^ angl. gimblet; bas-brolon givimelet, foret; irl. gimeleid; gaélique, gimleid; ces mots, dont le sens est commun, sont ici réunis, sans savoir s'ils tieimcnl les uns aux autres et à gib'elet.

GIBELIN (ji-be-lin), s. m. Partisan d'une faction attachée à l'empereur d'Allemagne et opposée aux Guelfes partisans du pape, pendant le moyen âge, en Italie (on met un G majuscule). Dante, vieux Gibelin, quand je vois en passant Le plâtre blanc et mat de ce masque puissant Que l'art nous a laissé de ta divine tête , barbier, ïambes, Dante. Il Adj. Gibelin, gibeline. La faction gibeline. || Fig. Les Guelfes et les Gibelins, les personnes les plus opposées. Mme de Maintenon, Mme de Thiango, Guelfes et Gibelins, songez que tout est rassemblé, sSv. 2»juiU. 4«7S.

GIB

— HIST. XIV* S. Gyton Doire [Doria], capitaine de nostre armée guibeline que nous avons eu dernièrement en la mer, dd cangk, gibelini. ||xvi* s. Au ngaid des Guelphes et Gilielins, encore que noiu soyons asseuroe que ces deux pawJe» eussent pris leur coriimencement de la querelle du pape avec l'empereur Frédéric, si est-ce que, quand vous aurez bien recherché tous les authcursqui en ont escrit, malaisément que puissiez sçavoir qui donna U première entrée à ces deux mots, pasoijiee, Rech.

p. 737, dans LACURNE.

— ÉTYM. [Conrad de] Weibelingen, Conrad III, élu en ((38 empereur d'Allemagne; ital. ghibellino.

t GIBELOT (ji-be-Io), s. m. Terme de marine. Pièce de bois courbé fixée entre les deux plats bordf et l'élrave.

GIBELOTTE Qi-be-lo-t'), /. f. Sorte de ragoût de lapin. Manger une gibelotte.

— HIST. un* s. Niules, oublées, gibelés Et pastés de visoiselés, FI. et Bl. fl. 3(87. Cil aiment poules et rost. Oiseaux et gibelez Entremêliez de poucinez. Bat. de quaresme et chamage.

—ÊTYM. Wallon, giblè d'dwe, alattis d'oie ; angl. giblets, abatis. La forme ancienne est gibelet, dont l'origine n'est pas connue; car gibelet ni pourle sens ni pour la forme n'est le diminulif de gibier.

GIBERNE (ji-bèr-n'), s.f. || 1° Anciennement, nom d'une espèce de sac, dans lequel les grenadiers portaient des grenades. || 2* Aujourd'hui, l)oite recouverte de cuir où les soldats mettent leurs cartouches. Il Enfant de giberne, enfant né d'un militaire en activité. j| Il a son bâton de maréchal dans sa giberne, se dit pour exprimer qu'un simple soldat peut parvenir aux plus hauts grades.

— ÉTYM. Ital. yiberna, giberne et gibecière. Il est vraisemblable que le radical est dans le bas-lat. giba, ballot, que d'ailleurs on a rapproché du grec xt6€a, petit sac, et de l'arabe djib, poche.

tGIBERNERIE (ji-bèr-ne-rie), s. f. Assortiment, fabrique, commerce de gibernes.

GIBET (ji-bè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, r» se lie ; des ji-bè-z oJieui; gibets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Il 1° Instrument de supplice pour la pendaison. Lors bien peu s'en fallut, sans plus longtemps attendre. Que de rage au gibet je ne m'alla.sse pendre, RÉGNIER, Sat. vui. Le valet est un scélérat qui sera par Géronte envoyé au gibet avant qu'il soit demain, mol. Scap. m, 3. || 2° Fourches patibulaires où l'on exposait les corps des supplicies. La populace traîna le corps de l'amiral [ColigniJ par les rues, et le pendit par les pieds avec une chaîne de fer au gibet de Monlfaueon , volt. Henr. a , note. Le cadavre embaumé [de CromwelIJ, que Charles II fit exhumer depuis et porter au gibet, (ut enterré dans le tombeau des rois, id. Mœurs, (81. On ne voyait que des gibets aux environs de son château [de Louis XI]; c'était à ces affreuses marques qu'on reconnaissait les lieux habités par un roi, duclos, Uist. Louis XI, ÛEur. t. ui, p. 3S8, dans POUGENS. ||3° Gibet, se dit aussi de la croix. Le gibet auquel Jésus fut attaché. || Proverbes. Le gibet ne perd pas ses droits, se dit d'un scélérat qui a échappé ime fois de la potence, mais qui finira par y trouver sa juste punition. || Le gibet n'est fait que pouf les malheureux, se dit pour exprimer que les gens riches et puissants échappent à la punition méritée.

— SYN. GIBET, POTENCE. Au seus d'instrument de supplice, gibet et potence sont tout à fait synonymes.

— HIST. xm* s. Et fu pendus à un gibet tout nuef, et i un cal gnon tout nuef, que la corde ne rompist, Ch. de Bains. (73. Car s'il est mal acquis, tout le leur convient rendre, S'il ne vuelent leur âmes au gibet d'enfer pendre, j. demf.ung. Test. i30. jliiv's. Jeune président, jaune mire [médecin] Font plein gibet, plein cimetire, p. paris, Mss. français, t. vi, p. 258. Haiol ce dit Girart, fort gibet convenroit; Je suis si gransetgros ; comment m'en soustenroit? Girart de Boss. v. 65». Estre pendu au gibet de fust ou de pierre, Ménagier, i, 3. Les charpentiers et charrons de Baugcncysont tenus de faire à lorcous et dcspens, par baillant de quoy, les portes et le juybet de la ville, du cange, jusiitia. || xvi' s. Que le siège d'un juge ne soit pas un p' ! ■''•-'■'. ■''■•i';»^, CALVIN, Instil. isoo. Les gens d ' ces paquets-là [raisins empaqu. -f figuier] , supplications et gibets ; et à Pari», ou quelques fois les marchands y en apportent, vireoots, 0. de serres, 242. Le repentir vient trop tard au gibbet, cotgrave. Les beaux hommes au gibbet, ID. Il est plus malheureux que le bois dont on fait !•

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