GIS
girâo; ital. gherone, garone; du germanique: moyen haut-allcm. gtre: anc. frison, gare, pan, pointe d'habit; boll. gfere, bande coupée en biais ; pour lesquels Diez suppose un ancien haut-allem. gfro, ace. gérum, d'où les formes romanes giron, gherone. Diez pense que les mots germaniijues viennent de gêr, pointe do lance, à cause de la forme de ces pans de vêtement; à l'appui de cette transition de sens, il cite dans le bas-latin pilum vestimenti; à quoi Scheler ajoute tagittas, dit pour pans de vêtement, et synonyme de girones. Ainsi l'ordre des sens est : dans l'ancienne langue, pan oblique, signification hors d'usage aujourd'hui et conservée dans le blason ; puis, par extension, les pans d'habit devenant le vêtement depuis la ceinture jusqu'au genou, et prenant même l'acception de côté; enfin la marche de l'escalier ainsi dite i cause de sa forme oblli|ue.
t GIRONDE (ji-ron-d'), t. f. Le parti girondin.
— Etvm. Gironde, nom d'un département.
t GIRONDIN, INE (ji-ron-din, di-n'), adj. Le parti girondin, parti républicain modéré, avec des tendances fédéralistes, qui se forma dans l'assemblée législative (I79i) des députés du département de la Gironde et de leurs adhérents, et qui fut accablé par le parti montagnard. || S. m. Un girondin, un homme attaché à ce parti. Notre révolution s'est chargée de fournir un nom à cette espèce d'hommes généreux et malhabiles i conduire les affaires: c'était un girondin, Stendhal, Promen. dans Itome.
GIRONNE, ÉE (ji-ro-né, née), orf;. || 1° Terme de blason. Ëcu gironné, écu divisé en plusieurs parties triangulaires dont les pointes s'unissent. Il porte gironné d'argent et de gueules. || 8° Terme de maçonnerie. Marches gironnées, celles des quartiers tournants d'un escalier rond ou ovale, jj Tuile, ardoise gironnée, celle qui est plus étroite par un bout que par l'autre.
— KTYM. Giron.
f GIROXNER (ji-ro-né), v. a. Donner à un ouvrage d'orfèvrerie la rondeur qu'il doit avoir. |j Gironner un chaudron, en arrondir le fond.
GIROUETTE (ji-rou-è-t'), s. f. || f Feuille de tôle taillée ordinairement en forme de banderole, et mobile sur un pivot, qu'on place sur le haut des maisons pour indiquer la direction du vent. Qu'on emporte quelques tableaux et quelques girouettes, pourvu qu'on nous laisse les murailles et le toit, BALZ. 6' dise, rur la cour. Il n'était permis qu'aux nobles de mcHre des girouettes sur leurs maisons; on prétend même que, dans l'origine, il fallait avoir monté des premiers à l'assaut de quelque ville, et avoir planté sa bannière ou son pennon sur le rempart, saint-koix, Ess. Paris, OlCuv. t. iv, p. I73, dans POOGENs. Je suis assez semblable aux girouettes qui ne se fixent que quand elles sont rouillées, voi.t. Lett. d'Àlbaret, to avr. t769. Vous n'avez qu'à regarder une girouette ; elle tourne tantôt au doux souffle du zéphyr, tantôt au vent violent du nord: voilà l'homme, id. Facéties, Pot pourri, (2. ||Fig. Tournera tous vents comme une girouette, changer d'opinion, de parti à tous les vents, à toutes les occasions ou circonstances. || On dit aussi faire la girouette. || 8* Terme de marine. Toile tendue sur un cadre de bois qu'on place en haut des mâts Il 8" Fig. C'est une girouette, se dit de celui qui change souvent de sentiments, d'opinions. Un chancelier à qui les exils n'avaient laissé que la terreur et une flexibilité de girouette, st-sim. 342 231, Adieu donc, soubrette ennemie, adieu, mon petit cœur fantasque ; adieu, la plus aimable de toutes les girouettes, Marivaux, Heur, stralag. m, t. L'Être nécessairement éternel ne peut être ime girouette, volt. Oreilles, 4.
— HIST. XVI* s. Girouet, platine de fer en forme de panonceau, tournant à tous vens, au faite d'un toit, monet, Dict. Girouette, oudin, Curios. fr.
— £tym. Mot composé comme pirouette, et venant du latin gyrare, tourner, qui vient de Y^pot, tour ; ital. girotta.
t GIROUETTE, ÉE (ji-rou-è-té, tée), adj. Terme de blason. Surmonté d'une girouette; qui aune girouette d'un autre émail que le corps.
t GIROUETTERIE (ji-rou-é-te-rie), s. f. Disposition à être girouette, à changer d'opinion, de parti. Mon aversion pour tout ce qui avait la moindre apparence de girouctterie m'eût conduit dans le précipice, RETZ, m, «20.
— KfYM. Cirouelle.
t GIROL^ILLK (ji-rou-ir, Il mouillées), t. f. Un des noms vulgaires de la carotte.
GISANT, ANTE (ji-zan, zan-t'), adj. Qui gît. Ayant vu ses soldats gisants sur la j>oussière, mai-
eiT
RET, Jforl d'Àidrub. v, 2. Je suis gisant dans mon lit, ne pouvant guère écrire, volt. I^elt. d'Argen tal, 8 janv. (756. || Substantivement. Quoique son camarade [médecin Tant-pis] Soutint que le gisant irait voir ses atcux, la font. Fabl. v, 42. || Dans un moulin , meule gisante , ou inférieure, celle sur laquelle la meule supérieure tourne, jj Terme de marine. Navire gisant, navire échoué. Les publications et affiches déclareront aussi le nom du vaisseau saisi et son port et le lieu où II sera gisant ou flottant, Ordonn. août 46Si. || Quelques-uns doublent Vs. Ami français, le prince ici gissant Vécut sans gloire et mourut en pissant, Épigr. faite sur Antoine de Bourbon, tué d'un coup d'arquebuse, au siège de Rouen, tandis qu'il lâchait de l'eau. Voy, dans Voltaire la note (u) du u* chant de la Ilenriade.
— f.TYM. Part, présent irrégulier de gésir.
GISEMENT (ji-ze-man), s. m. \\ 1* Terme de marine. Situation des côtes. Par cette réunion on aura sous les yeux les gisements relatifs de toutes les parties des continents polaires et des passages tentés pour tourner par le nord et i l'est de l'Asie, BiFF. Eiptic. cart.géogr. Œuv. t. xiii, p, 367,danj POUGENS. Il me semble ouïr des marins discutant le gisement d'une terre que l'on avait en vue, ciia- TEAUB. Natch. VII. Il 2* Terme de minéralogie. Position des masses de minéraux dans certains terrains. Gisement en filons, par amas. || Terme de géognoslc. Gisement général, ordre général de succession des divers terrains.
— ÉTY.M. Gésir.
GÎT (ji; le t se lie : ci-ji-t un homme....), troisième pers. du prés, de l'indic. du verbe gésir(voy. ce mot).
■f GITAGE Ù'i-la-JT I «• »". Terme de manufacture. Dernière opération que l'on fait avec le chardon pour démêler les poils du drap.
t GITANO (ji-ta-no), GITANA Qi-la-na), t. m. et f. Nom, en espagnol, de la peuplade errante qu'on nomme bohémiens. Un gitano. Une gitana. Des gitanes.
GÎTE Ol-t"), s. m. Il 1* Le lieu où l'on demeure, où l'on couche ordinairement. Loin du monde elle fait sa demeure et son gtte, régnikr, Sat. xili. L'aigle donnait la chasse à maître Jean Lapin, Qui droit à son terrier s'enfuyait au plus vite; Le trou de l'escarbot se rencontre en chemin ; Je laisse à penser si ce gîte Ëtait sur ; mais oii mieux? Jean Lapin s'y blottit, la font. Fabl. ii, 8. Un mort s'en allait tristement S'emparer de son dernier gîte, id. ib. vil, 4 t. Tout beau, monsieur, tout beau; ne courez point si vite. Vous n'irez pas fort loin pour trouver votre gîte, mol. Tart. v, 7. Va, fuis ; que le démon, qui te prit en ton gîte Pour t'amener ici, t'y remporte au plus vite, hegnard, Démocr. iv, 7. Je ne sais point où demeure Thiriot, qui change de gîte tous les six mois, et qui ne m'a pas écrit depuis plus de quatre, volt. Lett.d'Àrgental, 20 janv. 4 770. Et quand l'heure invite X gagner son gîte. L'on rentre bien vite Ailleurs que chez soi, bêrang. Cocag. Il Par extension. Revenir au gîte, revenir parmi les siens. Parlons des Urignan, parlons de ces frères qui reviennent toujours au gîte, sÉv. 670. || Fig. Cet hôte [l'amour] dans un cœur a bientôt fait son gîte, regnahd, Joueur, ii, 4.||2* La couchée en voyage. Arriver au gîte. Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut : Bon soupe, bon gîte et le reste ? la pont. Fabl.
IX, 2 U craint avec raison Qu'il n'ait ce coup,
malgré son oraison. Très-mauvais gîte.... id. Orais. Je vous écrimi de tous nos gîtes afin que vous sachiez le jour et l'heure que nous arriverons, Maihtenon, LeU. à M. (fÀubigné, 42 juin 4677. ||Dans l'ancien droit administratif, on nommait gîtes d'itape ce que l'on appelle aujourd'hui les étapes militaires. Il Terme de féodalité. Droit d'être hébergé et nourri gratuitement un jour et une nuit par an. Il 8" Terme de chasse. Le lieu où le liè%Te repose et où il est en forme. Un lièvre en son gîte songeait; Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe? la font. foftJ. ii, 44.1|En cuisine, on nomme lièvre en gîte un pâté de lièvre fait dans une terrine longue au lieu de croûte. || 4* Terme de minéralogie. Masse de minéraux en son gisement. Il B* Ancien synonyme de meule gisante, || Partie immobile du soufflet. || 6° Terme d'artillerie. Chacune des poutrelles qui soutiennent les madriers d'une plate-forme. Clouer un gîte. || Terme de construction hydraulique. Pièces de bois concourant à l'assemblage d'un pont tournant, i| 7* Terme de boucherie. Gîte, partie du bœuf qui se trouve audes,sus de l'articulation des jambes jusqu'au commencement du gros de U cuisse et de l'epault.
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Le gîte se sépare en trois parties, le bas de gîte, la levée, et l'os de gîte. || Gîte à la noix, morceau du bœuf qui se trouve dans la partie arrondie de la cuisse, comprenant le dessous de la queue, la partie où il y a une petite grosseur comme une noix et la chair jusqu'au gîte. ||8° En termes de marine, on fait gîte féminin pour désigner le lieu où un navire échoué se loge. La gîte d'un navire. Il Proverbe. Un lièvre va toujours mourir au gîte, c'est-à-dire, après avoir bien vo)Mgé, on finit toujours par revenir dans son pays. || On dit dans un sens analogue : Cet homme ressemble au lièvre,il vient mourir au gîte. || 11 faut attendre le lièvre au gîte, pour être sur de trouver quelqu'un, il faut l'attendre chez lui.
— HIST. XIV* s. Quant le loutre part du lieu où il demeure qui est appelé, selon le mestier, giste, Modus, f XLiii. Du giste de bœuf, Ménagier, ii, 6. Gramose [sorte de mets] est faite de la char froide du giste qui est demourée du disner, ih. ii, 5. ...ou giste à huit pièces, et est la plus grosse char, mais elle fait la meilleure eaue [bouillon] après la joe, ih. II, 4. Il XV' s. Les dits ambassadeurs, tant francois que anglois, vindrent au gist à Compiegne, Bibl. des ch. b' série, t. v, p. (29. Vinrent jusques à Toissy, et trouvèrent le pont rompu et défait; mais encore estoient les estacheset lesgiteseu la rivière, Fiioiss. I, I, 273. Et passa ledit coiinestable du costé du roy; et fut faitl'appointement [la réconciliation] du conte de Dampmartin et de luy, et vint au gisle avec le roy à Noyon, comm. m, 1 1 . La messe ne se passa pas sans ris soudains, quand il leur souvient du gîte que monseigneur a fait au bahut, louis xi, Nouv. XXVII. Il xvi* s. Auounefois aux fosses devalloye, Pour trouver là des gistes de fouines, Des hérissons, ou des blanches hermines, marot, a, 217. Ce qu'on appelle le giste ou arriere-faix, servant de lict et coussin, attendu que dedans iceluy l'enfant nage, paré, xviii, 5. Sortir de la giste [en parlant du lièvre], fouilloux, Vénurie, f'es, dans iacl'rne. En pignons ou murs communs, pourra chacun rompre et percher, pour y massonner ou ancrer sommiers, gistes ou autres bois, Nouv. coust. gén. t. ii, p. (008.
— ÉTVM. Wallon, gtse; bourguign. geite; baslat. gislum; du verbe yisir.
GÎTÉ,ÉE(ji-té,lée) ,par(.paîî^ de gîter. || fLogé. Nous avons été mal gîtes, lleslgllé à l'étroit. ||2°0ui repose, en parlant du iièvre. Un lièvre gîté sous un chou. Lorsque les glaces sur lesquelles les manchots sont gîtes viennent à (lotter, ils voyagent avoc elles et sont transportés à d'immenses distances de toute terre, buff. Ois. t. viii, p. 65, dans pouqens.
GÎTKR (ji-té), 0. n. I| 1" Terme familier. Demeurer, coucher. Si c'est votre plaisir d'aller gîter làbas, hauteroche, Espr. foil. 111, II. L'un gîtant, chassant de château en chlteau, i. J. rouss. Hél. n, (8. Il II se dit particulièrement des auberges où l'on couclie en voyage. Afin qu'il ne m'avienne De mal gîter.... LA FONT. Orais. Même chez lui [un aubergiste] rarement on gîtait, id. Berc. || %' Se dit des inimaux. U savait où le lièvre gîtait. Le banquier débrida son cheval, et le mil dans une étable où gîtait une vache mère nourrice de toute la maison, lESAGE, Diable boit. 8. U lui restait pour ressource dernière Sa basse-cour, où gîtaient maints oisons, Maints bons poulets, surtout force dindons, bachal- MONT, Mém. secrets, t. xxxiv, p. 40o. || 3° Terme de marine. Un navire échoué gîte ou fait sa gîte, lorsque, empli d'eau, il échoue et s'enfonce sur la plage. Il 4° V. a. Donner un gîte. Après quelques propos sur cette résolution [d'arrêter M. et Mmedu Maine], on agita où on les gîterait, st-sim. 523, 202. || 5° Se gîter, V. réfl. Se loger, prendre un gîte. J'ignore où il est allé se gîter. Lorsqu'ils [les ours] ne peuvent trouver une grotte pour se gîter, ils cassent et ramassent du bois pour se faire une loge qu'ils recouvrent d'herbes et de feuilles, au point de la rendre impénétrahle à l'eau, buff. Quadrup. t. m, p. 3|.
— HIST. xiir s. Trop par estoie loing gités, la
Rose, ()9U9. Il xvi* s Auquel cas on les doit gis-
ter et nourrir, loysel, 9 17.
— Etym. Gite ; houvgu'ign. geitai.
t GITUAGlNE(ji-ta-ji-n'), s. (.Terme de chimie, l'rincipe vénéneux, retiré de la nielle des blés (agrostema githago, L.).
t GITON (ji-ton),*. m. Il 1° Jeune homme servant à de honteux plaisirs, ainsi dit de Giton, personnage de la satire de Pétrone. Sa personne en tous lieux honnie Est réduite à ses noirs Gîtons, VOLT. Lctt. en vers et en prose, 8). || 2" Très-petite coquille univalve, appartenant au genre pourpre.
t GIVAUDANE (ji-vô-da-n'), s. f. Vu des noms vulgaires de la bartavelle.