‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 293 sur 388 · CLO · texte numérisé non relu

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grandeur notre monde, des globes qui tournent autoiirdu soleil et sur eux-mêmes, des globes qui sont le centre des révolutions de plusieurs lunes, des globes dans lesquels on découvre des pirties semblables ou analogues à colles qu'on observe sur la terre, ces globes, dis-je,jele demande à la raison, seraientils sans habitants? bonnet, Caus. prem. vu, 7. Le cours silencieux De ces globes brillants dispersés dans les cieux, micis, Abufar, ii, 7. Je reviendrai, poursuit-elle, et ton âme Ira franchir tous ces mondes flottants, Tout cet azur, tous ces globes de flamme Que Dieu sema sur La route du temjis, at- RANO. Treixe à table. Alors ces globes d'or, ces Iles de lumi?*re, Ouecherche par instinct la rêveuse paupière, Jaillissent par milliers.... lamart. Iféd. II, 8. Il 3" Absolument. La. terre. La formation du globe. Faire le tour du globe. Ce globe mal connu, qu'il [Haupertuis] a su mesurer. Devient un monument où sa gloire se fonde ; Son sort est de fixer la figure du monde, De lui plaire et de l'éclairer, volt. Lett. Locmaria, )7 juillet (74t. Les anciens ne connaissaient qu'une très-petite partie du globe; l'Amériiue entière, les terres arctiques, la terre australe et magellanique, une grande partie de l'intérieurde l'Afrique leur étaient entièrement inconnues, buff. Hist. nat. Preuv. théor. terr. OKuv. t. i, p. 307, danspouoENs. Il Globe terrestre , globe de cuivre ou de carton sur lequel est représentée la figure de la terre. Globe céleste, celui sur lequel sont représentées les étoiles dans les constellations qu'elles composent. Il 4° Boule ronde surmontée d'une couronne, celleci d'une croix, symbole de la puissance souveraine, adoptée et portée avec cette signification par les empereurs romains depuis Caracalla, et par les empereurs de l'Orient et de l'Occident, de laborde, Émaux, p. 33). Il 5" Terme d'anatomie. Globe de l'œil ou globe oculaire, l'œil considéré indépendamment des muscles qui s'y attachent et des autres tissus qui l'entourent. || Globe utérin, proéminence arrondie que l'utérus, revenu sur lui-môme après l'accouchement, forme au-dessus de la symphyse pubienne. || Terme de pathologie. Globe hystérique, sensation d'un corps rond qui, chez la femme hystérijue, semble monter de l'utérus dans l'abdomen, dans la poitrine, et jusqu'au larynx, et produit un sentiment de strangulation. || 6° Terme d'art militaire. Globe de compression, espèce de fougasse préparée pourdétruireunegalerie de mine. || 7° Poisson du genre tédrodon. || Espèce d'oursin.

— HIST. XVI' s. Le globe du soleil est soixante et six fois plus grand que celuy de la terre, pab£, Monstr. *.

— ÊTYM. Lat. globus, g\ohe, qui doit être rapproché de gleba, glèbe, et de glomerare, pelotonner. On trouve le diminutif globeau au xv siècle : Apparut feu à gros globeaux sur la ville de Paris, jd- VEN. DES uns. Charles VI, )38i.

t GLOBIFLORE (glo-bi-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs globuleuses.

— ÉTYM. Globe, et le lat. flos, fleur.

t GLOBIFORME (glo-bi-for-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un globe.

— ÊTYM. Globe, et forme.

jGLOBO (IN) (in'-glo-bo) , loe. adv. En masse, sans examiner les détails. Tellier voulut une condamnation in globo, n'épargnant rien et tombant sur tout le livre, st-sim. 345, 28.

— ÉTYM. Lat. tn, en, et globo, globe, masse. GLOBULAIRE (glo-bu-lè-r') , adj. || i» Terme

didactique. Oui a la forme d'un globe. Entre cinq et six heures du soir, les énormes et magnifiques masses globulaires de fumée [dans une éruption du Vésuve] offrirent de curieux phénomènes d'électricité : de temps à autre elles se trouvaient traversées par des éclairs .soit en lignes brisées ou zigzag, soit en étincelles isolées, Acad. des se. Comptes rendus, t. liu, p. 4 238. || Terme de botanique. Glandes globulaires, glandes végétales de forme sphérique, ne tenant à l'épiderme que par un point. Il Cartes globulaires ou curvilignes, par opposition à cartes rectilignes. || 2° S. f. Terme de botanique. Genre de la famille des globulariées, ainsi nommées parce que leurs fleurs sont ramassées en forme de petite boule. || Globulaire alypon ou globulaire turbith, appelée lurbith blanc, séné de Provence et ktort herbe terrible ou malherbe, elle purge doucement, globularia alypon, L. \\ Globulaire commune dite absolument globulaire et marguerite bleue.

— ÊTYM. Globule.

t GLOBDLARIÉES (glo-bu-la-ri-ée) , t. f. pi. Petite famille de plantes dicotylédonées, formée du seul genre Rlobulaire.

GLOBULE (glo-bu-n,!. m. ||1° Corps «ibérique

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très-petit. Ooand on dit que le ehaud n'est que I mouvement de quelques globules, pasc. Pensées <Kt 7u, édit. faugEre. Nos sottises, nos ridicules S'é chappent en mille globules. C'est le vif-argent dis perse, DESHAiiis, Poésies, p. •», dans pougens Il 2" Par pîaisinterie. Le globe de la terre considén comme infiniment petit en comparaison de l'immensité de l'univers. Je compte aujourd'hui sur no tre globule environ neuf cents millions de mes con frères, tant miles que femelles, volt. Dict. phil. Population, 4. Je vous avoue qu'en jetant la vue sur ce globe ou plutôt ce globule, je pense qui Dieu l'a abandonné à quelque être malfaisant.... ID. Candide, îo. Ce qui est bien sûr, c'est qu'il vous sera tendrement attaché dans le petit nombre de minutes qu'il peut avoir encore i végétersur ce globule, id. Lett. Karmontel, «9 mars 1771. Il 8° Terme de physiologie. Nom donné i des corpuscules plus ou moins arrondis, qui existent dans beaucoup de liquides et dans quelques tissus animaux. Les globules du sang. Les globules du lait. Il 4* Terme de pharmacie. Très-petite pilule, dans laquelle on a'Iministre certains médicaments trèsactifs. Des globules de digitaline. || 6" Dans l'homœopathie, nom donné aux doses infiniment petites sous forme globulaire.

— ETYM. Lat. globulut , diminutif de globut , globe.

GLOBULEUX. El'SE (glo-bu-leû . leÛ-z') , adj. Oui est en forme de globule, ou composé de globules. Selon Descartes, la lumière ne vient point à nos yeux du soleil; mais c'est une matière globuleuse répandue partout.que le soleil pousse, et qui presse nos yeux comme un bftton poussé par un bout presse à l'instant à l'autre bout, volt. Phil. Newt. n, t .

— ÉTYM. Globule.

t GLOBULlFORME(glo-bu-li-for-m'), adj. Terme didactique. Oui a la forme d'un globule.

— ÉTYM. Globule, et forme.

t GLOBULIN (glo-bu-lin), i. m. Terme d'anato mie. Synonyme de leucocyte.

— ÉTYM. Diminutif de globule; ainsi dit pour sa forme.

t GLOBULINE (glo-bu-li-n"), t. f. Terme d'anatomie. Substance organique demi-solide, se dissolvant dans l'eau et se coagulant alors, mais à une température beaucoup plus élevée que l'albumine.

— ETYM. Globule, et la finale ine, qui indique un principe.

t GLOCUIDE (glo-chi-d'), s. f. Terme de botanique. Poil mince et raide ou poil portant i son extrémité plusieurs pointes recourbées.

— ETYM. Htox'?, pointe.

t GLOCmoÉ, "fiE (glo-chi-<ié, dée), adj. Terme de botanique. Oui est muni de glochides.

GLOIRE (gloi-r'), s. f. \\ i' Célébrité grande et honorable, en parlant des personnes. S'il n'y avait pas de gloire, je n'aurais pas d'éloquence, balz. T lett. 4' liv. Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire, corn. llor. v, 3. Joignons à la douceur de venger nos parents La gloire qu'on remporte à punir les tyrans, id. Cinna, i, 2. La gloire est plus solide après la calomnie. Et brille d'autant mieux qu'elle s'en vit ternie, id. Nieom. iv, i. Un héros arrêté n'a que deux bras à lui, Et souvent trop de gloire est un débile appui, m. Suréna, iv, t . Avec un peu de peine on achète la gloire, rotr. VencesL II, 3. Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire, LA FONT. Fabl. X, 14. Les travaux de la guerre où ils faisaient leur gloire, Boss. Hist. i, 8. Ouand les princes, négligeant de connaître leurs affaires et leurs armées, ne travaillent qu'à la chasse, comme disait cet historien, et n'ont de gloire que pour le luxe ni d'esprit que pour inventer des plaisirs, ID. neine d'Angl. Louis, qui, assuré de sa gloire, dont la sagesse do ses conseils et la droiture de ses intentions lui répondent toujours malgré l'incertitude des événements.... id. ib. Que d'années elle [la mort] va ravir à cette jeunesse I que de joie elle enlève à cette fortune! que de gloire elle Ate à ce mèritel ID. Duch. d'Orl. Ne puis-je pas dire, messieurs, pour me servir des paroles fortes du plus grave des historiens, qu'elle allait être précipitée dans la gloire? ID. ib. On ne l'eOt point vue s'attirer la gloire avec une ardeur inquiète et précipitée ; elle l'eût attendue sans impatience, comme sûre de la posséder, ID. ib. La grandeur et la gloire ? pouvons-nous encore entendre ces noms dans ce triomphe de la mort? non, messieurs, je ne puis plus soutenir ces grandes parol&s par lesquelles l'arrogance humaine tâche de s'étourdir elle-même, pour ne pas apercevoir son néant, id. ib. Je me suis arraché moimême aux douceurs de la gloire humaine, peu c«-

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pables d« me soutenir, pour donner & mon esprit une nourriture plus solide, Boss. Marie- Thér. Toujours vive pour ce grand prince [Louis XIV], toujours jalouse de sa gloire, uniquement attachée aux intérêts de son État, infatigable dans les voyages, et heureuse pourvu qu'elle fût en sa compagnie, id. ib. Le jeune prince fléchit le genou, et dans le champ de bataille il rend au dieu des armées la gloire qu'il lui envoyait, id. Louis de Bourbon. Qu'il est beau après les combats et le tumulte des armes de savoir encore goûter ces vertus paisibles et cette gloire tranquille qu'on n'a point à partager avec le soldat, non plus qu'avec la fortune ! id. ib. Au plus haut point de sa gloire, sa joie [de Mazarin] est troublée par la triste apparition de la mort, id. U Tellier. Je n'attendais pas moins de cet amour de gloire Qui partout après vous attacha la victoire, rac. Bérén. ii, i. Ma gloire inexorable à toute heure me suit, id. ib. v, 8. Il vit chargé de gloire, accablé de douleurs, id. Mithr. v, 4. La gloire des méchants en un moment s'éteint, id. Esth. n, ». ô Pisistrate, la gloire est belle ; heureux ceux qui la savent trouver, mais qu'il est pernicieux de la vouloir trouver où elle n'est pas I fén. Dial. des morts, xi, Solon, Pisist. Il faut poser pour principe que la gloire ne peut jamais £tre séparée de la justice, rollin. Traité des Et. V, I, 6. La gloire est la réputation jointe à l'estime; elle est au comble quandl'admirations'yjoint, VOLT. Dict. phil. Gloire. Romains, j'aime la gloire, et ne veux point m'en taire; Des travaux des humains c'est le digne salaire, id. Catilina, v, 2. Êtesvous digne enfin, seigneur, de votre gloire? iD. Orphel. V, 6. Le czar perdit près de dix mille hommes dans ces cinq combats où il eut la gloire de vaincre les Suédois, et Levenhaupt celle de disputer trois jours la victoire et de se retirer sans avoir été forcé dans son dernier retranchement, id. Charles XII, 4. La vraie gloire ne consiste ni à mourir ni à vivre, mais à bien faire l'un et l'autre, didehot, Claude et Nir. i, 46. Dans l'âge où l'on a le plus de sentiment de ses forces, où l'on est le plus sûr d'obtenir de la gloire, où l'on est si tenté de la confondre avec le bonheur, condobcet, Berlin. La gloire aux criminels ne sert point de refuge, Ducis, Othello, I, 6. La gloire veut qu'on ose où le péril est grand, M. i. chén. Gracques, i, 4. En cherchant la gloire, j'ai toujours espéré qu'elle me ferait aimer; i quoi servirait-elle, du moins aux femmes, sans eet espoir? stael, Corinne, iv, 3. Il était un roi d'Yvetot, Peu connu dans l'histoire, Se levant tard, se couchant tôt. Dormant fort bien sans gloire, bé- BANG. Roi d' Yvetot. Aux jeunes gens racontes-en l'histoire [des trois journées dejuiUet] ; Guide leur nef, instruis-les de l'écueil; Et, de la France un jour font-ils l'orgueil, Va réchauffer ta vieillesse à leur gloire, id. Adieu chansons. On était exalté par ce qu'il y a de mieux après la vertu, par la gloire, sÉ- 6iiR, Uist. de Nap. viii, 5. De quelle gloire nous serons comblés, et que dira le monde entier, quand il apprendra qu'en trois mois nous avons conquis les deux grandes capitales du nord ! [paroles de Napoléon à ses soldats pour les conduire de Moscou à St-Pétersbourg], id. ib. viii, 9. Ces simples soldats se dévouaient pour ne pas se manquer à euxmêmes, par cet instinct qui veut du courage dans l'homme; enfin par habitude et par amour de la gloire, mot bien éclatant pour une position si obscure! car qu'est-ce que la gloire d'un tirailleur, qui n'est loué, blâmé ou regretté que par une escouade ; mais le cercle de chacun lui suffit, une petite association renferme autant de passions qu'une grande, id. ib. a, 13. Généreux favoris des filles de Mémoire, Deux sentiers différents devant vous vont s'ouvrir, L'un conduit au bonheur, l'autre mène à la gloire ; Mortels, il faut choisir, LAMART. Uéd. 1, 44. Non loin des mêmes bords, plus tard il [le Tasse] vint mourir ; La gloire l'appelait, il arrive, il succombe; La palme qui l'attend devant lui semble fuir, Et son laurier tardif n'ombraige que sa tombe, id. ib. i, 24. Mais le temps? il n'est plus. — Mais la gloire? qu'importe Cet écho d'un vain son qu'un siècle au siècle apporte, Ce nom, brillant jouet de la postérité? id. ib. ii, 6. Dans le stérile espoir d'une gloire incertaine, L'homme livre, en passant, au courant qui l'entraîne, Un nom de jour en jour dans sa course affaibli; De ce brillant débris le flot du temps se joue; De siècle en siècle il flotte, il avance, il échoue Dans les abîmes de l'oubli, id. ib. Gloire, honneur, liberté, ces mots que l'homme adore, Retentissaient pour toi [Napoléon], comme l'airain sonore Dont un stupide écho répète au loin le son, ID. tfc. 11, 7. Non, la lyre aux tombeaux n'a jamais insulté ; La mort de tout temps fut l'asile de

la gloire ; Rien ne doit jusqu'ici poursuivre une mémoire ; Rien.... excepté la vérité, id. ib. ii, 7. La gloire efface tout.... tout excepté le crime, id. ib. Et je marche effaré des crimes de la gloire, v. hugo, Contempl. v, n. || Dire, publier quelque chose à la gloire de quelqu'un, dire, publier quelque chose qui lui fait honneur, qui lui tourne à gloire. Il faut dire à sa gloire que.... boss. llist. m, 6. || Il se dit au pluriel. Il aspire à toutes les gloires. Il C'est gloire de.... il est glorieux de. C'est gloire de passer pour un cœur abattu Quand la brutalité fait la haute vertu, cobn. //or. iv, 4, Il Faire gloire, se faire gloire, se faire une gloire, tenir à gloire, mettre sa gloire à, se vanter d'une chose, en faire vanité. Les meilleurs soldats et le» chefs les plus braves Mettaient toute leur gloire i deveniresclaves, corh. Cinna, i, 3. On m'appelle soldat, je fais gloire de l'être, lO.D. Sanche, i , 3. On me croit son disciple et je le tiens à gloire, id. Nicom. II, 3. Vous n'avez qu'à parler , et ma main aur-lechamp fera gloire d'exécuter l'arrêt que vous prononcerez, MOL. Princ. d'Él. v, 2. On me laisse tout croire; on fait gloire de tout, id. Mis. iv, 3. C'est où je mets aussi ma gloire la plus haute, id. Tari. Il, 4. Faisant gloire de votre indocilité, bourdaloue. Sur la fausse consc. 4" avent, p. 4 80. Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle De séduire le cœur d'une faible mortelle, bac. Phèdre, il, s. Peuton de nos malheurs leur dérober l'histoire? Tout l'univers les sait, vous-même en faites gloire, id. Âthal. Il, 7. Si les sciences n'inspirent aux Grecs que l'injustice, nous [Manduriens] nous ferons gloire d'être toujours ignorants et barbares, fén. Tél. x. Il Titre honorifique qui a été donné aux rois mérovingiens. Votre Gloire. || 2° Eclat digne de louange, en parlant des choses. Dites-moi qu'elle est chaste et qu'elle en a la gloire, bégnier, Élég. i. J'ai vu dans son malheur la gloire de sa mort, corn. Pomp. u, 2. Si vous trouvez des charmes  pousser plus avant la gloire de vos armes, id. Nicom. il, 3. La gloire de son nom et de ses actions immortelles [du prince de Condé], BOSs. le Tellier. Industrieux à se cacher dans les actions éclatai tes, il en renvoyait la gloire au ministre [Mazarinj, ID. ib. Il [le prince de Condé en exil] aura du moins la gloire de n'avoir pas laissé avilir la grandeur de sa maison chez les étrangers, id. Louis de Bourbon. Cet attachement immuable à la religion de ses ancêtres faisait la gloire de sa maison, aussi bien que celle de toute la France, id. Reine d'Anglet. L'amour ne règle point le sort d'une princesse ; La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous lais.se, rac. Andr. ii, 2. Ah I que sous de beaux noms cette gloire est cruelle [de vaincre ses passions] ! Combien mes tristes yeux la trouveraient plus belle. S'il ne fallait encor qu'affronter le trépas! id. Bérén. n, 2. C'est notre patrie qui a la gloire d'avoir inventé la navigation, pén. Tel. m. Il 3" Exploits glorieux. Je viens remercier et mon père et mon roi D'avoir eu la bonté de s'y servir de moi, D'avoir choisi mon bras pour une telle gloire, Et fait tomber sur moi l'honneur de sa victoire, CORN. Nicom. II, 2. Il 4» Il se dit quelquefois, par exagération, dans le style poétique, pour considération, réputation. Éclate, mon amour, tu n'as plus rien à craindre ; Mon père est satisfait, cesse de te contraindre ; Un même coup a mis ma gloire en sûreté. Mon âme au désespoir, ma flamme en liberté, CORN. Cid, V, 5. Pouriiuoi voulez-vous croire Que de ce cas fortuit dépende notre gloire? mol. École des f. IV, 8. Ma gloire vous serait moins chère que ma vie I rac. Iphig. v, 2. Alors, ne voyant que la gloire de la dame dont nous parlions, je répondis sur-le-champ.... mahivaux, Pays. parv. T part. Il Sentiment élevé et fier que la gloire inspire à celui qui la possède. La gloire, il est vrai, les défend [les grands] de quelques faiblesses ; mais la gloire les défend-elle de la gloire même? BOSs. Duch. dOrl. Quel péril n'eût pas trouvé cette princesse dans sa propre gloire? la gloire : qu'y a-t-il pour le chrétien de plus pernicieux et de plus mortel? quel appas plus dangereux ' quelle fumée plus capable de faire tourner les meilleures têtes? id ib. || En mauvaise part, vain orgueil (sens plus usité autrefois qu'aujourd'hui). La Rappinière... avait de la mauvaise gloire autant que barbier de la ville, SCARR. Itom. com. i, 4. Il croyait qu'il y avait de la gloire à votre fait, sÉv. 215. Encore que les philosophes fussent des animaux de gloire, comme les appelle TertuUien, boss. 2' panég. St Fr. dePaule, Préambule. Le bien public, l'ordre ou plutôt tous les différents établissements particuliers d'ordre que la société demande, toujours sacrifiés sans scrupule, et même violés par une mauvaise gloire.

étalent pour lui des objets d'une passion vive et délicate, FONTEN. dïî BiJiidei. Grand' soif, bon appétit, et surtout point de gloire. C'est ma devise ... iies- TOUCH. Glor. II, 14. Il ne respecte rien, ne ménage personne, Et plus je le connais, plus sa gloire m'étonne, id. ib. IV, 3. Si les hommes sont si glorieux, ce n'est pas à une dame aussi pieuse et aussi charitable que vous à approuver leur mauvaise gloire, UA rivaux, Marianne, «' part. || Un point de gloire, un point sur lequel l'amour-propre met son orgueil. Mais faut-il nous brouiller pour un sot point de gloire? — Oh! le vin est tiré, monsieur, il le hut boire, regnard. Joueur, m, 4 4 . || Vaine gloire, le sentiment trop avantageux de soi-même que la vanité inspire. La vaine gloire est cette petite ambition qui se contente des apparences, qui s'étale dans te grand faste et qui ne s'élève jamais aux grandes choses, VOLT. Dict. phil. Gloire, §4.1) Fausse gloire, fausse opinion de l'honneur, ambition déplacée. La fausse gloire tient souvent à la vaine, mais souvent elle porte à des excès; et la vaine se renferme plus dans les petitesses; un prince qui mettra son honneur à se venger, cherchera une gloire fausse plutôt qu'une gloire vaine, volt. Dict. phil. Gloire. $ 1. || B* Il se dit des personnes justement célèbres. Il fut la gloire de son siècle. Pour vous, ma chère sœur, sage et pieuse fille. Gloire du sang d'Œdipe, honneur de sa famille, botr. Antig. 11, 2. Nervaest le premier des bons et l'rajan le premier des grands empereurs romains; après lui il yen eut deux autres, les deux Antonins ; trois sur soixante-dix, tel est à Rome le bilan des gloires morales de l'empire, ampère, Hist. rom. à Rome, Introd. p. lui. || 6* Éclat, splendeur. Je souhaitais qu'on vous vît dans votre gloire, au moins votre gloire de campagne, car celle d'Aixest encore plus grande, sÉv. 582. Quand, après de si étranges humiliations, elle fut encore contrainte de paraître au monde, et d'étaler, pourainsi dire, à la France même et au Louvre où elle était née avec tant de gloire, toute l'étendue de sa misère, boss. Reine d'Anglet. La voilà, malgré ce grand cœur, cette princesse si admirée et si chérie; la voilà telle quA la mort nous l'a faite ; encore c« reste tel quel vat-il disparaître, cette ombre de gloire va s'évanouir, et nous Talions voir dépouillée même de cette triste décoration, id. Duch. d'Orl. Venez dans mon palais, vous y verrez ma gloire, bac. Athal. 11, 7. Vous voulez essayer ce bandeau sur mon front ? Ah I princesse, gardez d'en profaner la gloire ! Du roi qui l'a porté respectez la mémoire, iD. 16. iv, l. U vaudrait mieux que Troie fût encore dans toute sa gloire, fén. Tél. x. Oui, c'est un Dieu caché que le Dieu qu'il faut croire ; Mais, tout caché qu'il est, pour révéler sa gloire. Quels témoins éclatants devant moi rassemblés! Répondez, cieuz et mers, et vous, terre, parlez, l. rac Religion, 1. || 7* L'honneur, les hommages rendus à la divinité. Dieu est jaloux de sa gloire. Celui qui règne dans les cieux, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance, BOSS. Reirie d'Anglet. X Dieu ne plaise que nous apprenions par les oracles trompeurs la gloire du fils de Dieu, qui les a fait taire en naissant !id. Hist. 11,4 2. ÔDieuque la gloire couronne.... Tu vois nos pressants dangers ; Donne à ton nom la victoire ; Ne souffre point que ta gloire Passe à de» dieux étrangers, bac. Eslher, 1, 6. On a osé dire: la gloire de Dieu, il travaille pour la gloire deDieu; Dieu a créé le monde pour sa gloire; ce n'est pas que l'être suprême puisse avoir de la gloire ; mais les hommes, n'ayant point d'expression qui lui convienne, emploient yiour lui celles dont ils sont le plus flattés, VOLT. Dict. phil. Gloire. || Pour la plus grande gloire de Dieu, sorte de formule pieuse qu'on emploie pour exprimer qu'on rapporte à Dieu la gloire de telle ou telle chose. Je prierai Dieu pour vous, et j'espère que tout se passera à sa plus grande gloire, VOLT. l'Ingénu, 46. || Rendre gloire à Dieu, lui rendre hommage, le confesser. Vous n'avez pas voulu rendre gloire à ma puissance et à ma sainteté devant Israël au sujet des eaux, saci, Bible, Nombres, xxvii, 44. Au Dieu que vous servez, princesse, rendez gloire, bac. Athal. m, 4. ||Fig. Rendre gloire à la vérité, lui rendre un éclatant hommage, la confesser hautement Si quelque orthodoxe ou hétérodoxe m'accusait d'avoir la moindre part à l'article Genève, je vous supplie instamment de rendre gloire à la vérité ; j'ai appris le dernier toute cette affaire, volt. Lett. Vernes, 29 déc. 4 757. Il Dans un sens analogue. Un petit nombre d'esprits frivoles ou licencieux, qui encore, au fond du cœur, rendent gloire à la vertu, mass. Carême, Resp. hum. || X la gloire de la vérité, pour rendre à la vérité la gloire qui lui appartient A I»

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gloire de la vérité, montrons dans un prince admiré ds tout l'univers, que ce qui fait les héros.... boss. Louis de Bourbon. || 8* Terme biblique. La splendeur dont Dieu s'environne quand il se manifeste. Le fils de Dieu viendra dans sa gloire, dans la majesté de sa gloire. Alors, tout le peuple jetant de grands cris et voulant les lapider [Josué et Caleb|, la gloire ■la Seigneur parut à tous les enfants d'Israël sur le tabernacle de l'alliance, saci, Bible, Nomb. xiv, 40. Je vis paraître en ce même lieu la gloire du Dieu d'IsraSl selon la vision que j'avais eue dans le champ, 10. Exérhiel, viii, 4. || Par extension, les riches palais, les meubles brillants, les vêtements magnifi- (jues des princes. Salomon dans toute sa gloire. Il La gloire de Niquée, expression très-usitée au xvii* et au xviii* siècle pour dire une gloire immense, et qu'on croit ne devoir pas finir. Mmed'Heudicourt est dans la gloire de Niquée, elle y oublie qu'elle est prête d'iccoucher, sÉv. Mon imagination sera toujours pour vous cette gloire de Niquée où vous savez qu'on ne changeait point, saint-êviiemont, à Ninon de Lenclos. Vous voilà donc, mon cher enfant, dans votre gloire de Niquée, volt. Ultre à d'Arnaud. Niquée est une des héroïnes d'Amadis de Gaule ; la fée Zirphée, sa tante, pour la soustraire à l'amour incestueux d'Anastarax, la plaça sur un trAne étincelant, dans ses plus beaux habits, et, Anastarai se jetant à genoux sur une des marches du trône, elle les enchanta eux et leur cortège dans cette position, jusqu'à ce qu'une dame de grande beauté vint détourner Anastarax et qu'un illustre chevalier vint rompre le charme (Ces exemples et ces explications sur la gloire de Niquée sont empruntés à BOis- SONADE, Morceaux de critique, t. n, p. 60). || 9° la. béatitude céleste. Il est dans le séjour de la gloire. La gloire des élus. Comme, dans la gloire étemelle, les fautes des saints pénitents, couvertes de»^ qu'ils ont fait pour les réparer et de l'éclat infini de la divine miséricorde, ne paraissent plus, Boss. Louis de Bourbon. || lO" Terme de peinture. Cercle de lumière, qui se met autour de la tête des saints ou des personnes illustres par leurs vertus. || Représentation du ciel ouvert avec les personnages divins, les anges, etc. Une gloire du Titien. Il a le visage tranquille et tourné vers une gloire qui éclaire l'angle supérieur gauche de la toile, dioerot, Salon de «787, CEuv. t. xiT, p. 78, dans pougens. || Dans le langage soutenu, miracle qui présente dans le ciel le même aspect que la gloire dans la peinture. On ne vit point un dieu imaginaire lever la tête au-dessus des vagues et leur commander le silence ; mais one lumière surnaturelle entr'ouvrit les nuées; au milieu d'une gloire on aperçut une femme céleste portant un enfant dans ses bras, et calmant les flots par un sourire, chateaubr. Mart. xix. || Terme de sculpture. Assemblage de rayons divergents au centre desquels apparaît un triangle, symbole de la Trinité. Il 11° Uachine de théâtre entourée de rayons iiimineux sur laquelle se placent les acteurs qui représantent des dieux, etc. || H° Terme d'artificier. Soleil fixe, non tournant, d'une grandeur extraordinaire. Il Assemblage de fusées qui jettent leurs feux en rayons. || 13" Terme de zoologie. Gloire de mer, mollusque du genre cAne.

— SYN. GLOIRE, HONNEUR. La gloire dit quelque chose de plus que l'honneur ; c'est une célébrité plus étendue et plus éclatante. Gloire, dans le sens de sentiment qu'inspire la gloire (acception plus usitée au xvii* siècle qu'elle ne l'est aujourd'hui) confine à l'honneur signifiant aussi un sentiment qui nous oblige à nous honorer nous-mêmes ; mais ici encore la nuance se maintient : l'honneur appartient à toutes les conditions, la gloire n'appartient qu'aux conditions élevées et dans lesquelles il importe de soutenir sa gloire aussi bien que son honneur. Se faire gloire d'une chose, c'est s'en vanter ; M faire honneur d'une chose, c'est en tirer honneur.

— IIIST. XII* s. Al roi de gloire merci prist à crier, noncisv. p. «o». La glorie d'icest munt n'est longement durant, Th. le mari. 30. || xiir s. Gloire est la bone renomée qui cort par maintes terres de •ticun home puissant et de grant afaire, ou de savoir bien son art, bri'n. latini, Trésor, p. 4B0. Il XIV* s. Adoncques il habunde en autre plus grant bien, c'est assavoir en glore, oresue, Elh. ieo. L'empereur de Constantinople fist appareiller au dehors de la porte de la cité, en une grant place, la noblesse de toutes manières de richesses et toute la gloire de pierres précieuses, Chron. de S(-Denys, t. I, ^ <2«, dans LACUBNE. || xv* s. Il y a de bonnes gens qui ont ceste gloire qu'il leur semble qu'ils Tuyderont des choses là où ilz n'entendent rien, coHM. I, i«. Il XVI* t. La response fut longue comme

il falloii, et enfin espagnolle, pleine de gloire et de refus, b'AUB. Ilist. i, 9<. 11 monta en une presumption et une gloire encore plus grande que n'estoit sa puissance, ahyot, l.yiand. n. Il attribuoit toute la gloire de ses faicts i la fortune, soit qu'il le fist par une manière de vaine gloire, ou que véritablement.... \n. Sylla, H. Gloire vaine assez fleurit, porte feuille et point de fruit, cotorave.

— ÊTYM. Picard, glore; provenç. espagn. et ital. gloria; du lat. gloria, qui est le sanscrit védique çravasya, gloire, de cru, grec xliui, entendre. L'ô représente l'ot) sanscrit; et l'r se permute souvent en s, gloria ou glosia. Dans l'ancien français, glorie ne se prononçait pas glo-ri-e en trois syllabes, mais gloire ou glore en deux ; c'est ce que montrent les vers, et entre autres le vers de Th. le mart. cité à l'historique; g/orie était une orthographe rappelant l'étymologie, non la prononciation.

t GLOMERCLE (glo-mé-ru-l'), s. m. Terme didactiijue. Petit amas naturel ou accidentel de corps bruts ou organisés. || Terme de botanique. Glomérule floral, réunion de fleurs en une tête irréguliëre.

— ËTYH. Diminutif du lat. glomus, glomerit, peloton.

t GLORIA PATRI (glo-ri-a-pa-tri) ou, simplement, GLORIA (glo-ri-a), t. m. || 1* Terme de liturgie. Verset (|ui termine tous les psaumes. || Gloria in excelsis, espèce d'hymne que l'on chante i la messe. Il Terme de musique. Chant composé pour cette partie de la messe, ou composé sur le verset final des psaumes. Un beau gloria. || 1° Se dit familièrement d'un homme qu'on voit partout II est comme gloria patri ; il se fourre partout, richelet. Il 8" Populairement. Gloria, liqueur chaude composée de café, de sucre et d'eau-de-vie ou de rhum. Prenez-vous du gloria? Donnez-moi un gloria. Il C'est aussi une tasse de café plus petite. Voulezvous du caféT Non, seulement un gloria. || Cher les marins, gloria, le thé à l'eau-de-vie. || Le gloria est ainsi dit, probablement, parce que, comme le gloria patri se dit à la fin des psaumes, ce gloria d'un autre genre est la fin obligée d'un régal populaire. Il 4" Gloria maris (gloire d ; la mer), espèce de cône (coquille) des plus rares et des plus beaux.

— ÊTYM. L«t oloria, gloire, patri, au père.

t GLORIETi ~ (glo-ri-é-f), t. f. Il 1* Terme d'architecture. Ptiiil 1 âtiment, pavillon, cabinet de verdure, dans un parc ou un jardin. La quantité d'herbe [le maté) fournie par chaque ouvrier est pesée au siège de l'exploitation, mise en tas jusqu'au moment de la torréfaction ; cette opération se fait en étendant la yerba {yerba mate, nom espagnol du maté) sur une espèce de gloriette à claire-voie, et qui peut supporter jusqu'à leoo kilogrammes d'herbe fraîche, schnepp, Acad. des se. Comptes rerulus, t. Lvui, p. 46. Il 2* Terme de boulangerie. Petit retranchement derrière le four.

— HiST. xiii* s. Une moult bien peinte chambrete, Qu'Urake nome gloriete, Parlonop. v. «9io.

— ETYM. Diminutif de gloire, à cause que cette petite chambre était particulièrement ornée, glorieuse; espagn. glorieta.

GLORIEOSEMENT (glo-ri-eû-zp-man), adv. D'une manière glorieuse, digne de louanges. Des fautes si sincèrement reconnues et dans la suite si glorieusement réparées par de fidèles services, boss. Louis de Bourbon. Le vainqueur de Bouvines ne finit pas glorieusement sa carrière illustre, volt. Moeurs, M. Glorieusement est toujours pris en bonne part : il régne glorieusement; il se tira glorieusement d'un grand danger, d'une mauvaise affaire, m. Dict. phil. Gloire.

— HIST. XII* S. Cantums [chantons] al segnor ; kar gloriosement magnifiez est, Liber psalm. p. «36. Il XIII* s. L'antienne del magnificaz. Celé dit dant Tybers li chaz, Et Renart l'a bien entoné Et gloriosement chanté, Rm. 2)368. ||xvi* s. Ayant desfait fort glorieusement ses ennemis, autot, l'éric. 4».

— £TYM. Glorietise, et le suffixe merU; provenç. gtoriosametU; espagn. ctital. gloriosamenle.

GLORIEUX, ECSE (glo-ri-eû, eû-z'), adj. || l*Oui s'est acquis, qui mérite beaucoup de gloire. Glorieux conquérant de la moitié du monde, rotr. BHis. I, S. Il règne paisible et glorieux sur le trône de ses ancêtres, BO^s. Reine d'Anglet. Babylone la glorieuse, dont les Chaldéens insolents s'enorgueillissaient, a été faite comme Sodome et comme Gomorrhe à qui Dieu n'a laissé aucune ressource, ID. Ilist. II, 4. Il 2* Oui est plein de gloire, qui procure de la gloire, en parlant des choses. Princesse, dont la destinée est si grande et si glorieuse, faut-il que vous naissiez en la puissance des ennemis de votre maison? boss. Heine d'Analet. Si l'on eût pu avan-

cer ces belles années dont nous admirons maintenant le cours glorieux, lo. ib. Tout c« que peuvent donner de plus glorieux la naissance et la grandeui accumulé sur une tête, lO. ib. De quelque côté que je suive les traces de sa glorieuse origine, je ne découvre que des rois, iD. Duch. d'Orl. Il faut encore qu'il [Alexandre] se trouve dans tous nos panégyrique», et il semble par une es[)èce de fatalité f''^ rieuse à ce conquérant, qu'aucun prince ne ^ i wb recevoir de louanges qu'il ne les p.irtage, i». Louis de Bourbon. Commencez maintenant : c'est à vous de courir Dans le champ glorieux que j'ai su voui ouvrir, BAC. Bajax. u, t. Chercher au bout du monde un trépas glorieux, lo. Milhr. m, 6. Il est glorieux de laisser à ses descendants un titre qu'on n'a point reçu de ses aïeux, mollis. Traité des Et. V, I, e. La résistance de ces jeunes personnes fut infiniment glorieuse au calvinisme, u" OE catlus, Souvenirs, p. 32, dans polgens. Revoyant des Français le glorieux empire, volt. Zaïre, ii, 3. Venez, prince, et montrez au plus grand des monarque* De vos fers glorieux les vénérables marques, iD. t6. n, 3. Ce jour, quel qu'il soit, nous sera glorieux, ID. Tancr. i, i. Glorieux, quand il est l'épithète d'une chose inanimée, est toujours une louange! bataille, paix, aflàire glorieuse, m. Uict. phil. Gloire. || On dit d'un prince illustre qui n'est plus, prince de glorieuse et triomphante mémoire. Henri IV de glorieuse mémoire. || Rang glorieux, rang élevé. Rang glorieux signifie rang élevé, et non pas rang qui donne de la gloire, mais dans lequel on peut en acquérir, voi.T. Dict. phil. Gloire. Il 3° Il se dit de la Vierge et des saints. La glorieuse Vierge Marie. Les glorieux apôties saint Pierre et saint Paul. Les glorieux martyrs. Non, 6 glorieuse mère de Dieu, nous ne craindrons point de le dire, car nous le savons, que, si le Seigneur vous a distinguée entre toutes les femmes.,., bour- DAL. Anrumcial. de la Vierge, Myst. t. ii, p. iï2. Il Terme de théologie. Corps glorieux, se dit de l'état où seront les corps des bienheureux après la résurrection. En ressuscitant glorieux, il a élevé son humanité à un état de perfection, où nous ne pouvons nous défendre de l'aimer, bodhd. Myst. Riturrect. de J. C. t. i, p. S70. || On le dit abusivement et familièrement d'une personne qui est longtemps sans éprouver certains besoins corporels. C'est un corps glorieux. Ce n'est pas un corps glorieux. Il 4° Oui a le sentiment d'une sorte de gloire personnelle. Il est aussi honnête d'être glorieux avec soi-même qu'il est ridicule de l'être avec les autres, labochep. Max. dans le Dict. de poitevin. Notre résolution, c'est d'être assez glorietu pour ne point nous plaindre, sÊv. 584. À Paris il n'y a rien à craindre, ce sont des gens glorieux pour la plupart, qui ne se plaignent jamais d'être dupes pour éviter la honte de l'avoir été, dancoubt. Literie, se. 8. Il est vrai que ce n'était qu'un laquais; mais, quand on est glorieuse, on n'aime à perdre dans l'esprit de personne, Marivaux, Jfariann^, 2* part. Quelquefois on est glorieux avec soi-même, on fait des lâchetés qu'on ne veut pas savoir, et qu'on se déguise sous d'autres noms, m ib. s* part. Il Être glorieux de quelque chose, s'en faire honneur, en tirer vanité. Je suis aussi glorieux de U lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, que si on m'avait érigé mille statues, balz. liv. i, lett. 2. Après cette victoire il n'est point de Romain Oui ne soit glorieux de vous donner la main, corn. //or. IV, 3. Celui-ci (lo mulot) glorieux d'une charge si belle, la font. Fabl. i, 4. Un héron glorieux de voir que de ses plumes On faisait pour les rois des aigrettes de prix, bolrs \ui.t, Ésope à la cour, i, 4. Glorieux de mourir pour le sang de mes rois, rac. Théb. n, 2. || Oui pousse ce sentiment de gloire jusqu'au défaut. Elle avait de l'esprit et du bec. Ht souverainement glorieuse quoique fort polie, st- SIM. ch. 808, t. ixxvui, p. 4 83, éd. Delloye. La nation des auteurs est un peu vaine et glorieuse, li SAGE, Gil Blas, XI, <4. Les richesses, {lour lesquelles il n'était pas né, l'avaient rendu glorieux, et sa gloire le rendit magnifique, mahiv. Pays, part t" part. Homme glorieux, esprit glorieux est toujours une injure ; il signifie celui qui se donna à lui-même ce qu'il devrait mériter des autres, volt. Dict. phil. Gloire. M. le duc était très-borné, opiniâtre, dur, même féroce, et, quoique prince, glorieux comme un homme nouveau, duclos, Mém. rég. (Eut. t. vi, p. )6(, dans poiîofns. || B* S. m. et f. Un glorieux, une glorieuse, celui, celle qui a le défaut d'être glorieux. Le (ilorieux, titre d'une comédie de Deslouches. Voyez-vous, dirail-<in, cette madame la marquise qui fait tant U glorieuse? c'est

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la fille de M. Jourdain, qui était trop heureuse, étant petite, de jouera la madame avec nous; elle n'a pas toujours été si relevée que la voilà, et ses deux grands-pères vendaient du drap auprès de la Porte St-lnnocent, mol. Bourg, gent. m, 12. Je ne sais pas pourquoi l'on vante l'Alexandre ; Ce n'est qu'un glorieux i|ui ne dit rien de tendre, boil. Sat. m. Auteur solide, ingénieux, Qui du théâtre êtes le maître, Vous qui fîtes le Glorieux, II ne tiendrait qu'à vous de l'être, volt. Lett. en vers et en prose, 96. Il On a appelé quelquefois les saints et les anges, les glorieux, comme habitants du séjour de la gloire. Les chérubins, ces glorieux, Composés de tête et de plume, le p. lemoinne, cité par PASCAL, Prov. XI. 116° Au féminin, glorieuse, raie aigle. Il Proverbe. 11 fait bon battre un glorieux, il ne s'en vante pas, ou, simplement, il fait bon battre un glorieux, c'est-à-dire un homme glorieux aime mieux endurer des humiliations secrètes que de s'en plaindre.

— SYN. GLOBiEui, ORGUEILLEUX. Le glorleux se croit entouré d'une sorte de gloire ; l'orgueilleux a un sentiment intérieur et profond de sa supériorité. L'orgueilleux se croit quelque chose , le glorieux veut paraître quelque chose, dit Voltaire, Vicl. phil. Gloire, qui ajoute : « Le glorieux n'est pas tout à fait le fier, ni l'avantageux, ni l'orgueilleux ; le fier tient de l'arrogant et du dédaigneux et se communique peu; l'avantageux abuse de la moindre déférence qu'on a pour lui ; l'orgueilleux étale l'excès de la bonne opinion qu'il a de lui-même ; le glorieux est plus rempli de vanité, il cherche plus à s'établir dans l'opinion des autres, il veut réparer par les dehors ce qui lui manque en effet.. . les nouveaux parvenus sont d'ordinaire plus glorieux que les autres. »

— HiST. XI' s. Toutes vos âmes ait Deus 11 glorius, Ch. de Roi. clx. En pareîs [paradis] entre les glorius, ib. cciv. || xii' s. Glorioses choses dites sunt de tei, cited de Deu, Liber psalm. p. 123. ||xiii"s. Car à nos temps est perdus li saint lieus Où Diex sofri pour nous mort glorieuse, quesnes, Ilomancero, p. 06. Il XIV* s. Ceulx qui sont de noble lignage et ceulx qui sont glorieux en aucunes offices ou estas honorables, oresme, Kth. H 5. || xvi' s. Ne plus ne moins qu'une femme glorieuse, qui veult estre parée de riches joyaulx et de pierres précieuses, AMYOT, Féric. 23. Le meilleur de ses plus glorieux actes estoit.... id. ib. 74. Ce Manlius là n'estoit qu'un glorieux qui se vantoit de ce qui n'estoit pas vray, id. Sertor. 3».

— Etym. Provenç. glorios ; espagn. et ital. glorioso; du lat. gloriostts, de gloria, gloire.

t GLORIFIABLE (glo-ri-fi-a-bl'), adj. Qui mérite d'être glorifié.

— ÉTYM. Glorifier

GLORIFICATION (glo-ri-fi-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. || 1° Action de glorifier. La glorification de cet acte. || 2" Terme de théologie. Élévation des justes à la gloire éternelle. La glorification des élus.

— HIST. XIV* s. Comme serolt honneur ou glorification, ORESME, Elh. 28.

— ETYM. Provenç. glorificacio; espag. glorificacion; ital. glorificaiione ; du lat. glorificationem, de glorificare, glorifier.

GLORIFIÉ, ÉE (glo-ri-fi-é, ée), part, passé de glorifier. || 1° Qui a obtenu beaucoup de gloire. Je suis si glorifiée en ce monde pour quelques bonnes mtenlioris que je tiens de Dieu, que j'ai sujet de craindre d'être humiliée et confondue dans l'autre, maintenon, Lelt. à l'abbé Gobelin, B avr. 1(191. Il Se dit aussi des choses. Une action trop glorifiée. || 2° Terme de théologie. Qui participe à la gloire de Dieu. Si la lumière ou l'éther ne pisent point, l'homme glorifié se transportera au gré de sa volonté dans tous les points de l'espace et volera de planètes en planètes, de systèmes en systèmes, avec la rapidité de l'éclair, bonnet, Contempl. nal. IV, 4 3. Il Se dit de Dieu même. Son saint nom glorifié par toute la terre.

t GLORIFIEMENT (glo-ri-fi-man), t. m. État de ce qui est glorifié.

— HIST. XVI* 3 Si nous tenons à la fin la fiance

et le glorifiement denostre espérance, calv. Inst. 433.

GLORIFIER (glo-ri-fi-é), je glorifiais, nous glorifiions, vous glorifiiez ; que je glorifie, que nous glorifiions, que vous glorifiiez, e. o. || l" Donner de la gloire. Glorifier un homme, une action, un dévouement. Il 2° Particulièrement. Rendre gloire et honneur à Dieu. Alors ces trois hommes louaient Dieu dans la fournaise et le glorifiaient et le bénissaient d'us* xtÀxuB bouche, saci, Bible, Daniel, m, 5i.

les bêtes sauvages, les dragons et les autruches me glorifieront, parce que j'ai fait naître des eaux dans le désert, id. [saie, xmi, 20. Peu s'en faut que l'esprit humain ne tire de là [la permission du mal par la Providence] cette conclusion impie qu'on attribuait faussement à saint Paul : que, puisque Dieu est glorifié par les crimes des hommes, il ne les faut plus condamner, nicole, Ess. de mor. 2* traité, chap. 3. Être soumis à Dieu, garder fidèlement et constamment la loi de Dieu, glorifier Dieu par une vie digne de Dieu, c'est ainsi que nous le reconnaîtrons pour père, bourd. Annonciat. delà Vierge, Kijst. t. Il, p. U2. Veut-il par mon trépas que je le glorifie? RAC. Eslh. 11, 9. US" Terme de théologie. Rendre participant de la gloire, de la béatitude éternelle. Comme ils fuyaient la gloire et cherchaient les supplices. Les supplices enfin les ont glorifiés, CORN. [mit. 1, iS. Je glorifierai quiconque m'aura rendu gloire, et ceux qui me méprisent tomberont dans le mépris, saci, Bible, Rois, i, 11, 30. Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien ; c'est mon père qui me glorifie, id. Év. St Jean, viii, B4. 11 viendra pour venger les humbles, en glorifiant dans leurs periîonnes l'humilité, bourd. Jiig. dcrn. 2* avrnt, p. 357. || 4° Se glorifier, v. réfl. Faire gloire de quelque chose. Tant qu'Alexandre eut en tête un si grand capitaine, il put se glorifier d'avoir vaincu un ennemi digne de lui, Boss. //«(. m, 6. Elle s'est toujours plus glorifiée d'être fille de saint Bernard que de tant de braves aïeux, de la race desi|uels elle est descendue, m. Yol. deMonterby. Il n'est rien de plus naturel que de se glorifier des noms qu'on s'est acquis par sa vertu, plutôt que de ceux qu'on tient du hasard, bourd. Wyst. Circoncision de J. C. t. i, p. 6B. La Grèce, qui se vante d'avoir fait naître Platon, se glorifie encore d'Anacréon; et Cicéron ne fait point oublier Catulle, volt. Cons. à un journal. Il Se glorifier dans, placer sa gloire dans. Dieu se glorifie dans ses saints. Un père se glorifie dans ses enfants. Afin que Jérusalem se glorifie en vous, et que votre nom soit au nombre des saints et des justes, SACI, Bible, Judith, x, 8.

— HIST. XII* s. Jo suis Jésus tis frère; tu glorifieras M'iglise par tun sanc, e eshaucié seras. Th. le mart. 100. Ki mei honured, jol glorrifierai ; et ki mei despirra, jol métrai en despit. Rois, p. 9. || xiii* s. Cuers [cœur] ne se puet glorefier Ne por terre ne por denier Tant comme il fet por fine amor. Lai du conseil. 1| xv* s. Et telz seigneurs y a qui n'ont que treize livres de rente qui se glorifient de dire : Parlez à mes gens, cuydans par ceste paroUe contrefaire les très grans seigneurs, comm. i, <o. || xvi* s. Il se glorifie qu'il mesprisera hardiment tout ce qui peut tourmenter son esprit, CAiv. [nst. 453. Il se cognoissoit detteurde Dieu à glorifier son nom, fust par vie fust par mort, id. ib. 68). Celui qui aura honte d'une meschante robbe, se glorifiera en une précieuse, id. ib. 566.

— ETYM. Provenç. glorificar, glnrifar; espagn. glorificar; ital; glorificare ;à\ilAt. glorificare, de gloria , gloire , et le suffixe verbal ficare (voy. fier, suffixe) . L'ancienne langue disait aussi glnrier.

GLORIOLE (glo-ri-o-l'), s. {. Petite gloire qu'on tire de petites choses. On nous apprend l'inutile et on nous laisse ignorer le plus important; nous avons besoin de citoyens parvenus par une longue habitude à être justes, doux, humbles, patients, polis, discrets et généreux, qui sachent pardonner les injures, qui se connaissent en vraie gloire et qui la recherchent, qui méprisent les distinctions de vanité ou les glorioles, qui fassent plus de cas des grands talents et des grandes vertus que des grands biens de la fortune, st-pierre. Discours préliminaire de ses annales politiques. S'applaudir d'être plus puissant que les autres, c'est une vanité, c'est une gloriole; mais la vraie gloire, la grande gloire, c'est de faire le meilleur usage qu'il est possible de la supériorité de sa puissance, id. Annales politiques. Les affaires furent retardées par ces prétentions et ces refus que les Romains nommaient gloriole, que tout le monde condamne quand on est sans caractère, et sur lesquels on insiste dès qu'on en a un, volt. Ann. Emp. Ferdinand ///, paix de Vestphalie. La fumée de la gloriole m'ayant plus étourdi que fiatté, j. J. rolss. Confess. xii. L'abbé de St- Pierre est l'auteur d'une expression qui commence à prendre faveur; c'est le mot de gloriole, si bien adapté à cette vanité puérile qui ne vit, si on peut parler de la sorte, que de la fumée la plus légère et la plus prompte à s'exhaler, d'alemb. Éloge de l'ahbé de StPierre. Ma petite glorioled'auteur fut s, satisfaite rte se rencontrer auprès de la grande gloire de Lacédémone, que... chateadbb. iltn. l'« part

— ÉTYM. Lat. gloriola, diminutif de gloria, diminutif que, comme on a vu, l'abbé de St-Pierre a le premier introduit en français.

GLO.SE (glô-z'i, ». f. Il 1° Mot vieilli ou difficile recueilli dans les auteurs grecs et expliqué. Érotien a donné un recueil des gloses d'Hippocrate. || 2" Par extension, note explicative sur les mots ou sur le sens d'un texte, dans la même langue que le texte, et mise d'ordinaire à la marge. Faisons donc quelques récits Qu'elle déchifi're sans glose, la font. Fabl. VIII, 43. Concevez, monsieur, huit pages sans points ni virgules, les gloses confondues avec le texte, p. L. COUR. Lett. à Jf. Renouard. || Glose ordinaire, le commentaire de Nicolas de Lyra sur la Bible. Il Glose interlinéaire, glose placée entre les lignes du texte. || La glose se dit spécialement aussi des commentaires des glossateurs qui accompagnent certaines anciennes éditions du Corpus jurit. L'édition principale se nomme la grande glose. Il 3* Notes servant à l'éclaircissement d'un texte. La Glose d'Accurse. Cette fable n'est point dans le texte, mais dans la glose, diderot, Opin. des anc. phil. {juifs). Il C'est la glose d'Orléans qui est plus ohsciire que le texte , s'est dit d'explications peu claires et embrouillant le texte au lieu de l'éclaircir ; locution née des écoles de droit d'Orléans qui ont été longtemps célèbres. || 4° Parodie rimée d'une pièce de poésie dont on répète un vers à la fin de chaque stance. La glose a autant de stances que le texte parodié a de vers. La glose de Sarazin sur le sonnet de Job. || Par extension, récit. On dit pourtant, pour terminer ma glose En peu de mots, que l'ombre de l'oiseau Ne loge plus dans le susdit tombeau, gress. Vert-vert, iv. || 6° Réflexions, interprétations critiques. Je sais que c'est un texte où chacun fait sa glose, boil. Sat. x.

— SYN. GLOSE, COMMENTAIRE. Ils sont tous les deux des interprétations ou des explications d'un texte; mais la glose est plus littérale et se fait presque mot à mot ; le commentaire est plus libre, et moins scrupuleux de s' écarter de la lettre, G'jizot.

— HIST XIII* s. Ensi estoient dont les choses Entre les testes [textes] et les gloses, o. de cambrai, Barl. et Jos p. 5. Car sachiés que cist nobles songes. Où fausse glose volés mètre. Doit estre entendus à la letre, la Itose, C633. Et Léonce tantost la glose Li demanda de ceste chose, ib. 8793. || xv* s. Quant tu es courcé d'aultres choses, Cueur, mieulx te vault en paix laisser ; Car s'on te vient araisonner, Tost y trouves d'estranges gloses, ch. d'orl. Rondeau. Il xvi* s. Il mefaut ici adjurer les lecteurs, non pas d'escouter à mes gloses, mais de donner quelque lieu à la parole de Dieu, calv. [nst. BU .

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. glosa; portug. glossa; du latin glossa, qui est le grec -(Xtâaaa, proprement langue, puis mot ancien tombé en désuétude, difficile à comprendre, de là glose.

GLOSÉ, ÉE (gl6-zé, sée), part, passé de gloser. Il 1° Expliqué par des gloses. Virgile glosé par Servius. || 2' Blâmé, censuré. Une conduite glosée par tous les voisins.

GLOSER (glô-zé), V. a. ||1° Commenter par gloses. Les auteurs qui ont glosé la Bible. || 2* Fig. Critiquer, censurer. Sans gloser les humeurs de dame Frédégonde, Régnier, Sat. iv. Quoi ! pour un maigre auteur que je glose en passant, boil. Sat. IX. Il 3° F. n. Donner une glose. Qu'ont fait ce! commentateurs et ces glossateurs, surtout ceux qui ont glosé sur les lois, qu'ont-ils fait ordinairement, sinon de charger les marges des livres de leurs imaginations, qui ne font le plus souvent qu'embrouiller le texte? boss. Exp. doct. eathnl. Avert. Il Fig. Gloser sur l'Évangile, être madré, fùté. Au temps que le sexe vivait Dans l'ignorance et ne savait Gloser encor sur l'Évangile, Temps à coter fort difficile, la font. Cord. || 4° Parler d'une façon désapprobative. Car chacun taille, rogne et glose sur mes vers, Régnier, Sat. xil. Sur notre honneur enfin aucun mortel ne glose, iiauteroche. Bourg, de qualité, 11, 6. Glosa sur l'éléphant, dit qu'on pourrait encor Ajoutera sa queue, ôter à ses oreilles, la font. Fabl. I, 7. Et prend droit de gloser sur tous tant que nous sommes, mol. Tari, i, 2. Oui-da, l'état de veuve est une douce chose. On a plusieurs amants sans que personne en glose, begnard, le Bal, se 3. Sachez, quoiqu'on en glose. Qu'un travers est, madame, une fort bonne chose, langue. Coquette corr. III, 5. Certain cafard, jadis jésuite, Ose gloser sur ma conduite, volt. Poésies mêl'es, 63.

— HIST. xiii* s. Cest example chi t'ai monstre, Mais ne l'ai encor pas glosé, gui de cambrai, «orl. et Jos. p. "2. Je n'i voi, ne n'i sai nul autre entendement .Ne la sainte escripture ne le glose autr9>

GLO

ment, j. db mïono, Tr. ««. fl xiv* s. Et avecques m die veull et aide à les [lois] entendre, interpréter ou gloser, etaussy à les corrigerou muer, obesme, Elli. l'rol. Et laidement en iert [était] repris Partout il cius [ce] fais iert repris [redit] ; Cascuns pour «e fait moult gloza, j. ue condkt, p. 44.||xVs. Plusieurs chevaliers et escuyers qui là estoientcirconstans notèrent et glosserent ces paroles, fboiss. II, m, <î. J'ouyz un bruit qu'on demenoit, Dont incontinent je glosay [je conclus] Que c'estoit monsieur qui venoit, coquillart, p. 147. D'autre part, fraiis à femme franche Ne puet [peut] hatre bief sur la granche, X gloser honourablement [pour me servir de termes honnêtes], Qu'ambdeux [que tous deux] ne pèchent mortelment, K. desch. Poésies mts. P> 433. Il XVI* s. Les fines gens remarquent plus de choses, mais ils les glosent, hont. i, 233. J'entends que la matière se distingue, sans me gloser moymesme, iD. iv, 137.

— ÉTYM. Glose; provenç. gloiar; espign. glosar ; portug. glossar; ital. glosare.

GLOSEUR, EUSE (glô-zeur, zeû-z'), *. m. et f. Celui, celle qui glose sur tout, qui interprète tout en mal. C'est un gloseur perpétuel.

— F.TYM. doser.

GLOSSAIRE (glo-ssê-r'), *. m. || !• Dictionnaire des mots anciens ou peu connus d'une langue et qui ont besoin d'être expliqués par des gloses ou par des expressions courantes et usuelles. Le Glossaire de du Cange. || 2'" Par extension , vocabulaire. Il 3° La nomenclature des mots d'une langue. Le riche glossaire de la langue grecque. || 4" Terme de zoologie. Ensemble de la langue et de la lèvre des insectes.

— ÉTYM. Lat. glossarium, du grec f^maatx, mot ancien, difficile.

t GLOSSALGIE (glo-ssal-jie), x. f. Terme de médecine. Douleur à la langue.

— ÉTYM. rXùxsax, langue, et àXyo;, douleur. tGLOSSANTIIRAX (glo-ssan-traks'), s. m. Terme

de vétérinaire. Affection charbonneuse à la langue, dite aussi charbon volant, mal de langue, perce-langue, et observée chez la plupart des berbirores et particulièrement dans l'espèce bovine.

— ÉTYM. rXwioa, langue, et anthrax.

GI.OSSATEUR (glo-ssa-teur), s. m. \\ V Celui qui

recueille ou qui rédige desgloses. Hésychius et tous les autres glossaleurs ou lexicographes se sont servis nécessairement d'Athénée, p. L. cour. Art. sur une nouv. édil. d'Alhénée. \\ i' Auteur d'une glose. Les glossateurs de la Bible. || S'applique spécialement aux commentateurs du Corpus juris dans le moyen âge. Votre fait Est clair et net; Et tout le droit Conclut tout droit, Si vous consultez nos auteurs. Législateurs et glossateurs, Justinian, Papinian, Ulpian et Tribonian, Fernand, Rebuffe, Jean Immole, Paul Castro, Julian, Barthole, Jason, Alciat et Cujas, Ce grand homme si capable, La polygamie est un cas, Est un cas pendable, mol. Pourc. u, (3.

— HIST. XVI* s. L'exposition que ces bons glosateursadjoustentpuis après, est beaucoup pire que ces définitions, calv. Instit. 484.

— ÉTYM. Lat. glossa (voy. olose). L'ancienne langue disait gloseur.

t GLOSSE (glo-s'),i. f.\\ 1° Terme de zoologie. Langue des insectes hyménoptères et diptères. || 2° Mollusque qui habite la coquille appelée isocarde.

— ÉTYM. nùaai, langue.

t GLOSSIEN, lEi\i\E ( glo-ssiin, siè-n' ) , adj. Terme d'analomie. Qui appartient à la langue.

— ÉTYM. niôioa, langue.

+ GLOSSIPHO.ME (glo ssi-fo-nie), *. f. Terme de zoologie. Nom d'un genre d'hirudinées de petit volume, se roulant en bouleà la manière des cloportes.

— ÉTYM. rXcùooa, langue, et aCfcdv, siphon.

t GLOSSIQUE (glo-ssi-k'), adj. Synonyme de gloslien.

GLOSSITE (glo-ssi-t'), t. f. Terme de médecine. Inflammation de la langue.

— ÉTYM. rXiûToa, langue, et la finale médicale ile, indiquant inflammation.

t GLOS.SOCATOCUE (glo-sso-ka-to^;h'), ». m. Terme de cli irurgie. Instrument destiné à tenir la langue abaissée, pour examiner l'intérieur de labouche.

— ÉTYM. r),o>a<joxâToxoc, de ■yXiCToa, langue, et xaxij^Eiv, maintenir en bas, de xaTà, en bas, et iXiix, avoir.

tGLOSSOCfiLE (glo-sso-sè-r), ». f. Terme de chirurgie. Saillie de la langue hors de la bouche, dépendant d'un goiincmenl de cet organe.

— KTVM. r><ÔTaa, et x^^Xrj, tumeur.

t GLOSSOCOME (glo-sso-ko-m'), ». m. Terme d'antiquité. Boîte à serrer les anches, ^t- par ex-

GLO

tension , toute espèce de boites. || Appareils dont les anciens se servaient pour la réduction des fractures et (les luxations de la cuisse et de la jambe.

— ÉTYM. rXua(;6xo|i.ov, de Y'ûaoa, anche, et xofUu>, ranger.

t GLOSSO-ÉPIGLOTTIQUE (glo-sso-é-pi-glotti-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la langue et à l'épiglotte. Muscles glosso-épiglottiques, faisceaux de fibres charnues qui naissent en arrière de la face supérieure de la base de la langue.

— ÉTYM. rXwooa, langue, et épiglotle.

t GLOSSOGRAPHE (glo-sso-gra-f) , ». m. Grammairien qui s'occupe surtout de recueillir les mots anciens ou obscurs.

— ÉTYM. Voy. GLOSSOGRAPHIE.

t GLOSSOGRAPHIE (glo-sso-gra-fie), ». f.

Il 1° Recherche des mots anciens ou obscurs. Il 2* Ëtude d'une langue par rapport au glossaire, à la nomenclature. || 3* Terme d'anatomie. Description anatomique de la langue.

— ÉTYM. rkûaaa, glose ou langue, et fficftn, décrire.

t GLOSSOÏDE (glo-sso-i-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a la forme d'une langue.

— ÉTYM. ry&ina, langue, et tiôoc, forme.

t GLOSSOLOGIE (glo-sso-lojie), ». f. || !• Étude des langues. La glossologie comparée. || 2° Connaissance des termes techniques d'une science, mot pour lequel on dit quelquefois à tort terminologie.

— ÉTYM. rXiâana, langue, et Xoyo;, doctrine.

t GLOSSOLOGIQUE (glo-sso-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à la glossolofrie.

t GLOSSO-PALATIN (glo-sso-pa-la-tin), adj. m. Synonyme de glosso-staphylin.

— ÉTYM. ryûxtaa., langue, elle lat. palatum, palais. GLOSSOPÈTRE (glo-sio-pè-tr') , ». m. Terme

d'histoire naturelle. Nom de certaines pierres fossiles, qui représentent une langue; ce sont des dents de poissons fossiles.

— ÉTYM. Duiaoa, langue, et nÉrpa, pierre.

t GLOSSO- PHARYNGIEN, lENNE (glo-sso-farin-jiin, jiè-n'), adj. l'erme d'anatomie. Oui a rapport à la langue et au pliarynx. Faisceaux glossopharyngiens, faisceaux musculaires qui, des parties latérales et postérieures de la langue, vont gagner le pharynx.

— ÉTYM. rx&aaa, langue, et pharyngien.

t GLOSSO-STAPHYLIN (glo-sso-sla-fi-lin), adj. m. Terme d'anatomie. Oui a rapport à la langue et à la luette. Muscles glosso-staphylins, muscles qui s'étendent des parties latérales et postérieures de la langue au voile du palais.

— ÉTYM. D.ûaaa, langue, et «rcaifûXiii, luette.

t GLOSSOTUÈOUE (glo-sso-tè-k'), s. f. Terme de zoologie. Partie de la chrysalide qui loge la langue de l'insecte.

— ÉTYM. n.iôooa, langue, et Oi^xn, loge.

t GLOSSOTOMIE (glo-sso-to-mie) , ». f. Terme d'anatomie. Dissection de la langue. |{ "Terme de chirurgie. Amputation de la langue, ou retranchement d'une portion de cet organe.

— ÉTYM. r>û7<ia, langue, et t6|ji^, section.

GLOTTE (glo-f), ». f. Terme d'anatomie. Ouverture du larynx qui sert à l'émission de la voix. Glotte supérieure ou orifice supérieur du larynx, fente oblongue d'avant en arrière, longue de 23 à 2b millimètres chez l'adulte, et large de 6 à 7 millimètres. Glotte inférieure ou glotte proprement dite, fente placée à 8 ou 40 millimètres au-dessous de la précédente.

— ÉTYM. rXtôTTa ou TfXûiaao, langue.

t GLOTTIQCE (glo-tti-k'), adj. Terme d'anatomie. Oui a rapport k la glotte, qui lui appartient.

— ÉTYM. Glotte.

GLOCGLOTER (glou-glo-té) ou GLOUGLOUTER (glou-glou-té), V. n. Il se dit du cri des dindons. Le dindon glouglote.

— ÉTYM. Glouglou.

GLOUGLOU (glou-glou), ». m. ||1' Bruit que fait le vin qu'on verse d'une bouteille. Qu'ils sont doux. Bouteille jolie. Qu'ils sont doux Vos petits glouglous, MOL. jiff'd. m. tut, I, 8. C'est un secours contre plus d'un tourment; 11 n'en est point qui ne cède aisément Aux doux glouglous que fait une bouteille, DESHOULiÈHEs, dans RicHELET. || 2* U se dit du cri du dindon. Des dindons on voyait la crête purpurine Au milieu des glouglous se dresser et pâlir, ba- CHA'jMoNT, K^m. secrets, t. xxxv, p. 4».

— ÉTYM. Onomatopée.

GLOUME (glou-m'), ». f. Voy. olome.

t GLOUSSANT, ANTE (glou-san, san-t'), adj. Qui glousse. U ne nous parait pas que les oiseaux nommés par Damvierre poules gloussantes soient de la

GLO

famille de U poule d'eau, uarr. OU. t. zv, p. 28«. GLOUSSEMENT (glou-se-man), ». m. || !• Cri de

la poule. Les gloussements de la mère [faisane] prisonnière et le besoin de >e réchauffer de temps en temps sous ses ailes les [les petits] rappelleront sans cesse et les empêcheront de s'écarter beaucoup, BUFF. Ois. t. IV, p. 84. Il 2* Par extension. Les gloussements des dindons. || 3* Sorte d'articulation qui est propre à la langue des Hottentots. |{ On a dit aussi glossement. Plus je réfléchis sur la couleur de ces peuples [Hottentots], sur le glossement dont ils se servent pour se faire entendre au lieu d'un langage articulé.... volt. Àmabed, 4* Uure.

— ÉTYM. Glousser.

GLOUSSER (glou-sé), e. n. Faire des gloussements, en parlant du cri des poules qui couvent. Il Par extension. Le loup bêle, mugit ou aboie ; la renard glousse ou crie, cbateadbr. Génie, i, v, 6.

— HIST. XVI* s. Us cloussent comme les poulies, PABé, Animaux, 26. L'on recognoit facilement cela au glousser. — Toutes poules, quoique gloussantes et désireuses de couver, ne sont propres à ce mestier,

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