‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 294 sur 388 · O. DE SERRES, 3E · texte numérisé non relu

O. DE SERRES, 3E

— ÉTYM. Berry, crouster, glouquer; génev. ciou»ser ; wall. gloukser ; namur. cloukeler ; bourg: claucé; itaL chiocciare; lat. glocire, glousser; grec, xXuC'o.

t GLOUSSÈTE (glou-sè-f), ». f. Un des noms vulr gaires de la poule d'eau brune. On dit aussi glouet.

— ÉTYM. Ainsi dite à cause de son cri.

t GLOUr (glou), ». m. Terme vieilli. Glouton. C'est un paillard, c'est un mitin Qui tout dévore. Happe tout, serre tout; il a triple gosier. Donnezlui, fourrez-lui, le glout demande encore, là fort. Poésies mêlées, XLVi.

— ÉTYM. Glout est un vieux mot (voy. glooton à l'historique).

GLOUTERON (glou-te-ron), ». m. Nom que l'on a donné à la bardane. || Se dit aussi du caille-lait accrochant.

— ÉTYM. Altéré de gletteron, qui est lui-même un dérivé de l'anc. franc, gleton; celui-ci vient de l'anc. haut-ail. chletto, accus, chletlun, glouteron.

GLOUTON, ONNE (glou-ton, to-n'), adj || 1" Qui mange avec avidité, avec excès. Chasse des soldats gloutons La troupe fière et hagarde Qui mange tous mes moutons Et bat celui qui les garde, la font. Poés. mêlées, xvii. || U se dit des choses. Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons. J'ai dévoré force moutons, la pont. Fabl. vu, t. Son voeu l'avertit d'être sage ; Son appétit glouton n'est pas du même avis, LA MOTTE, Fabl. I, 8. || Substantivement. Un glouton, une gloutonne. Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton Qui nous a pris Robin-mouton, LA FONT. Fabl. vu, <». Vous n'exaltez, maîtres gloutons. Que la gloire des marmitons, bébang. Gourm. Il 2° Terme de zoologie. Les gloutons, nom d'un genre de mammifères de l'ordre des carnassiers U y a au Kamtschatka un animal appelé glouton, dont la fourrure est si estimée, que, pour dire qu'un homme est richement habillé, on dit qu'il est vêtu de fourrure de glouton, bofp. Quadrup. t. xiii, p. 6.

— HIST. XI* s. Nous avon dreit, mais cist glutun ont tort, Ch. de Roi. xci. Par tel gluton n'ert [sera] baUille vaincue [gagnée], tb. cii. Mors est li gluz qu' [qui] en destreit vous teneit, ib. CCLU. || xii* s. Si grant mensonge où put cist gloz troverT Rtmc. p.)85. Il XIII* s. Renart Û dist : tu es trop glot; Porquci as le pot abatu? flen. 2788. || xiv s. Et poent estre diz en françois gloutons et gourmans.OHESME, Eth. «I. Icellui Robert, qui esloit puissant homme de corps, mauvais glout et de mauvaise renommée, DDC*NOE,9Jo»onu». Il XV* s. Et fut pris [l'archevêque de Cantorberyl de ces gloutons [les paysans révoltés], et tantost décollé, froiss. ii, u, hj. Glout a tout, ou il pert tout, lf,roix de lincy, Prot. t. Ii, p. < »8. Qui glouton haste, estrangler le veut, lo. ib. p. 391. Uloutz [avides] d'honneur acquerre, Pereeforett, t. IV, f" 82. De ce que tu nous as compté, C'est ua glout sans nulle bonté ; Onques ne pensa bien à faire, la Pass. de N. S. J. C. || xvr s. Manger de glouton, chair de mouton, cotgravb. Qui de tout n'essaye n'est pas bon glouton, ID. Les estroicts baisers de la jeunesse, savoureux, gloutons, mont. I, »»».

— ÉTYM. Bourg. glAlon; wallon, glot, fHand; prov. glot, gloto; anc. cat glot, glotà ; esp. gloion; port, glolào; ital. ghiotto, ghiottoné; du lat. glulo, glulonis, de glutus, gosier. On signale, dans le kimry, glu>th, vorace. Dans le vieux français, U glot, nominatif singulier, du latin g/iilo; le gloton, régime singulier, de ylulônem; li gloton, nominatif pluriel, de glutànes; les glotons, régime pluriel.

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