‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 299 sur 388 · GOB · texte numérisé non relu

GOB

drie au solstice d'été, m. ib. p. <78. i.es Péruvieu avaient des obélisques, des gnomons régulieis pour marquer les points des équinoxes et des solstices, VOLT. Kaurt. I48. Ce grand observateur Co-cheou- King] fit construire des instruments beaucoup plus exacts que ceux dont on avait fait usage jusqu'aloH, le plus précieui de tous était un gnomon de (juarante pieds chinois, terminé par une plaque de cuivre verticale et percée par un trou du diamètre d'une aiguille, i.a placf., Expoi. v, 3. |{ S* L'aiguille ou style du cadran solaire.

— ÉTYM. rvb>|udv, qui connaît, qui indique, da YVÛV31, connaître (voy. onome s).

G.NOMONIODE (ghno-mo-ni-k'). || f 5. /'. Art ds tracer des cadrans solaires, lunaires ou astraux, mais principalement des cadrans solaires, sur un plan ou sur la surfaced'un corps donné quelconque. || i'Àdj. Polyèdre gnomonique, polyèdre sur diflérentes surfaces duquel on a tracé des cadrans.

— ÊTYM. Gnomim.

t GNOHOMSTE (gtano-mo-ni-sf), ». m. Celui qui s'occupe de la gnomonique, qui écrit sur la gnomonique.

t GNOSE (ghnô-i'), ». f. Il V Terme de théologie La science religieuse supérieure. On a voulu inirc duire une fausse gnose i la place de la véritable BOss. Nouv. mytt. 3. || 2° Doctrine des gnostiques par laquelle on donnait un sens purement spirituel à l'Rcriture. jj 8" Le petit troupeau qui, & la cour de Louis XIV, était sous la direction de Fénelon. Mme de Mortemart, après la duchesse de Béthune, la grande âme de la gnose et la mieux aimée de l'archevêque de Cambrai, st-sim. a«o, aï8.

— ÉTYM. l'vûai;, connaissance, de yvûvu, connaître (voy. GNOME ï).

t GNOSi.MAQUË (ghno-zi-ma-k'), ». m. Membre d'une secte du vu' siècle qui, rejetant toute connaissance religieuse, plaçait la religion dans les bonnes œuvres.

— ÊfYM. rvôi<ji<, connaissance, gnose, et v-iyio6ai, combattre.

t GNOSTinsME (ghno-sti-si-sm'), ». m. Système, hérésie des gnostiques.

— ÉTYM. Gnoslique.

GNOSTIQUE jghno-sti-k'), ». m. et f. || !• Nom d'héréliques d'Egypte et de Syrie qui suivaient la gnose, c'est-à-dire un système mêlant les doctrines orientales et les idées chrétiennes. Ces philosophes prirent le nom de gnostiques, parce qu'ils s'attribuaient une connaissance plus sublime et plus étendue de Dieu, uiiiEnoT, Opin.df» anc.phil. Philosophie orieniale. \\ Adj. L'hérésie gnostique. |; 8° Savant, éclairé, ce qui est le sens propre et s'est dit des parfaits chrétiens livrés également à la contemplation et aux bonnes œuvres. U [saint Clément d'Alexandrie] nous propose ce qui convient aux plus parfaits, qu'il appelle les gnostiques, c'est-àdire, selon le langage a-ssez commun de son temps et dérivé de saint Paul, les parfaits et les spirituel», BOSS. Et. d'orais. vi, s.

— ETYM. rvtiHjrixè«, de yvûai;, gnose.

+ GNOD (ghnou),». m. Mammifère ruminant du genre des antilopes, habitant l'Afrique, dont le nom scientifique est antilope gnou.

GO rrOUTDE) (tou-de-gc), lor. ode. Librement, sans obstacles. Il est entré tout de go. Cela va tout de go. Il Sans façon, sans cérémonie. C'est un homme tout de go.

— H!ST. xvi* s. Une boure [la femelle d'un canard] qui là esloit, le print et l'avala de gob, ru. Michel, Argot. Le print subitement et l'avalla tout de

gob, iD. ib Il l'avala tout de gob sans mas-

cher, etc. lo. ib.

ETYM. Voy. OOBEH. Ces textes qu'a découverts

M. Fr. Michel, lui ont fait aussi découvrir l'étymologie de go; il est clair que go ou 906 tientà jnber, et que (oui d«go signifie tout comme en gobant, en avalant.

GOURE (go-b'), ». f. |l !• Sorte de bol pour empoisonner les bètes puantes et aussi les chiens errants. Il 8» Bol pour engraisser la volaille. |l 3" Terme de vétérinaire. Nom des concrétions qu'on trouve dans les voies digestives des bêtes à laine et qu'on nomme égagropiles chez les bêtes ruminantes.

— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie écri. Tant par un seul i> gober, gobet, en met deux à gobbe.

— ETYM. Voy. GOBER.

t GOBBÊ, ÉE (go-bé, bée), adj. Terme de vétérinaire. Bête gobbée, bête à laine dans l'estomac de laquelle on trouve une gobbe.

— ETYM, Gobbe.

GOBfi, ÉE (go-bé-l)ée), part. po$té de gober. Il 1* Avalé à la hite sans mâcher, ou presque sani

Gon

mScher. Des cerises gobées. || S* Fig. Pris, attrap6, saisi. Le grand prieur, gobé comme on l'a marque en son temps, obtint enfin sa liberté, st-sim. 302,

— ÉTYM. Voy. GOBELET.

t GOBE-DIED (go-be-dieu), ». m. Se dit, par lénigrement, d'une personne dévote qui communie souvent. Quel est, dans la capitale des 'Velches, le porte-Dieu ou le gobe-Dieu qui ose dire : c'est moi qu'on a voulu désigner par les prêtres de Pluton? VOLT. Lett. d'Àrgmlal, 2) déc. <768.

j GOBE-GOUJONS (go-be-gou-jon), *. m. Mangeur de goujons, c'est-à-dire homme faisant maigre chère. Ma table sans viande et sans œufs Est celle d'un anachorète; Je n'y suis entouré que de gobegoujons, De mangeurs de lupins, de raves, champignons, CHAUL. À la duchesse du Maine. || Au plur. Des gobe-goujons.

— ÉTYM. Gober, et goujon.

GOBELET (ge-be-lè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des go-be-lè-z argentés; gobelets rime avec truits, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Va.se à boire, rond et sans anse, ordinairement sans pied. Il me donna pour récompense Un beau gobelet de faïence. Un jeu de quilles et son sac, Un gros rouleau de son tabac, scarr. Yirg. viii. Il s'en fallut peu que des Mélitus et des Anitus ne présentassent un gobelet de ciguS à votre ami fHelvétius], volt. Lett. Gallitzin, (9 juin <773. || Hausser le gobelet, boire beaucoup, vider les pots. Qui se vante de son courage Lorsqu'il hausse le gobelet, Parnasse des Muses, dans LE Roox, LHct. comique. ||Fig. Jouer des gobelets, employer le poison, naudé, Des coups d'Élat, t. n, p. 417, dans lacurne. ||Ce que tient un gobelet. Mlle Duménil aimait le vin, elle avait coutume d'en boire un gobelet dans les entr'actes, mais avec assez d'eau pour ne pas s'enivrer, marmontel, Xém. IV. Il 2° Autrefois, dans la maison du roi , office qui avait en charge le linge, le pain, le vin et le fruit qu'on devait servir au roi. Le gobelet était le premier des sept offices. Milord Taff lui servait [au roi d'Angleterre] d'écuyer de cuisine et de chef de gobelet, retz, m, (06. Le père Tout-à-tous l'introduisit chez la femme d'un officier du gobelet, VOLT. Ingénu, xin. Servez, disais-je, à messieurs de la bouche. Versez, versez, messieurs du gobelet, bérang. Damoclès. || Le gobelet, les officiers préposés à ce service. Le gobelet a reçu ordre de faire telle chose. || 3° Sorte de vase à l'usage des escamoteurs, fait ordinairement de fer-blanc; le dessous en est concave ; les gobelets des escamoteurs sont coniques ou en troncs de cône , de manière à s'emboîter les uns dans les autres. .'=ait bien jouer des gobelets. Faire comédie et ballets, scarron, Virg. I. Tous les hommes.... ont été contenus de père en fils comme des gobelets renfermés les uns dans les autres, bern. de st-p. Préamb. Ch. ind. Il Un joueur de gobelets, un escamoteur, celui qui sait jouer des gobelets. Il y a parmi la mascarade une joueuse de gobelets, qui chante, qui danse, qui fait des tours, dancourt.^ Gai. jardinier, 22. Quand elle vit les diableries des joueurs de gobelets, sÉv. B22. Il Fig. Un joueur de gobelets, un fourbe, un homme qui ne cherche qu'à tromper. Je conçois bien que tant de joueurs de gobelets ont voulu se faire payer en argent et en honneurs; on ne tromperait pas, dit-on, s'il n'y avait rien à gagner, volt. Lett. chtn. 4. || On dit dans un sens analogue ; jouer des gobelets. || 4° Terme de pharmacie. Gobelet de gaïac, gobelet fait avec le bois de gaïac, dans lequel on laisse pendant une nuit de l'eau froide qui se charge légèrement des principes du bois et qu'on fait boire dans diverses affections chroniques. || Gobelet émétique, vase en forme de gobelet, composé d'antimoine émétique, et dans lequel on laissait séjourner du vin blanc, qui y acquérait une vertu émétique. || 5° Terme d'artificier. Enveloppe de fusée. || B^Terme debotanique. Se dit de fleurs qui ont la forme d'un godet. Il 7° Terme d'horticulture. Disposition des arbres fruitiers qui ne diffère des buissons que parce que le bas est intérieurement aussi large que le haut.

— HIST. xiu* s. F,l mois de moy [mai] prenez veroine [véronique], triblez [pilez], et si bevez del jus plein gubulet, Ms. St Jean. \\ xiv s. Pour rappareiller un gobelet d'or, pour monseigneur d'Anjou, lequel gobelet estoit fait en manière d'un tonnel et est assis sur un trepié de trois chiennes; pour y mectre x perles, et iv esmeraudes et ij rubis, dk LABORDE, Emaux, p. 331. Pour un gobelet de cristal, à une anse sur le couvercle, à pierrerie, id. ib. Une pille de gobelets de fou [hêtre], où il en a dix eii un estuy de fust, lu. ib. p. 332. || xvi* s. Le go-

DtCT. TiE I.A LANBUE FRANÇAISg.

Gon

belet du gland, cotgrave. Le gobelet d'une rose, ID. Jouer des gobelets [dérober, prendre) , id.

— ÉTYM. Berry, goubelet : bourguig. gabelle, petit vase; provenç, gode/et; espagn. cubilete; diminutif du bas-latin grtbeUus, qui lui-même est un diminutif decwpa, tonneau (voy. cuve).

t GOBELETERIE (go-be-lè-te-rie), s. f. Fabrication et commerce de gobelets, et, en particulier, de vases en verre et bouteilles.

— ETYM. Gobelet.

tOOBELETIER (go-be-lè-tié), ». m. Ouvrier qui travaille en goboleterie. || Marchand de gobeleter'e. \\Adj. Apprenti (^obeletier.

t GOBELIN (go be-lin), ». m. Esprit follet. De petits amours une bande Dansait auprès la sarabande. Et, leurfaisaiU maints tours malins, Riaient c^mme des gobelins, la Ilenriade travestie, rx, 147.

— HIST. XVI* s. Démons, cacodemons, incubes, suicubes, gobelins, lutins, pabé, xix, 26.

— f.TYM.Bas-lat. jobednus. nom vulgaire, dans Orderic Vital, d'un démon qui hantait les environs d'Ëvreux ; angl. goblin ; c'u ba.s-lat. covalus, cobalus, qui vient do xôêaXoç, méchant, malin, satyre, faune. L'allemand Kobold, lutin, est de même racine.

GOBELINS (go-be-lin), s. m. pi. Manufacture de teinture et de tapisserie à Paris.

— HIST. XVI* s. Et c'est celui ruisseau [la Bièvre] qui de présent passe à St-Victor: au quel Gobelin teint l'ecarlate, rabel. ii, 22. Ny le drap enyvré des eaux du Gobelin, hons. 80).

— ÉTYM Les Gobelins étaient une famille de teinturiers déjà célèbre au xv* siècle, et dont plusieurs membres furent magistrats et anoblis ; leur établissement fut racheté par Louis XIV et relinl leur nom; le marquis de Brinvilliers était Antoine Gobelin Je son nom, jaubert, Gloss. t. n, p. 579.

GOBELOTTER (go-be-lo-té), «. n. Terme familier. Boire à plusieurs petits coups ; faire une partie de table. Vous ne me disiez pas que vous aviez gobelotté au cabaret avec M. Damilaville ; il me paraît digne de boire et de penser avec vous, volt. Lett. Thiriot, 4 9 nov. 1760. |] Plus souvent, terme de mépris ou de dénigrement. Boire dans des cabarets de bas étage. X Clément que Dijon vit naître, Laharpe, homme de haut savoir. Ex cathedra prononce en maître Que son esprit sent le terroir; La Seine Jst un bel abreuvoir : Mais de plus d'un rare géijie Dijon est aussi la patrie ; Pardon Voinay, Beaune et Pomard, Le fin gourmet qui vous décrie, Gobelottait àVaugirard, piron, Contre Laharpe.

— ÉTYM. Gobelot ou gobelet.

t GOBELOTTEUR, ECSE (go-be-lo-teur, teû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui aime à gobelotter, qui gobelotte souvent.

t GOBE-MOCCHERIE (go-be-mou-che-rie), *.f. Caractère du gobe-mouches.

t GOBE-MOUCUERONS (go-be-mou-che-ron) , ». m. Nom donné par Buflbn (Otieoux, t. viii, p. 369) à un oiseau plus petit que le gobe-mouches.

60BE-M0UCUES (go-be-mou-ch'), ». m. || 1° Oiseau de l'ordre des passereaux, qui se nourrit principalement de mouches. Une queue assez longue et dont l'aile pliée ne recouvre pas la moitié, sont des caractères que portent tous les gobe- mouches, moucheroUes et tyrans, buff. Oiseaux, t. viii, p. 30l . Il Petit lézard des Antilles, qui ressemble au stellion, et qui change, comme le caméléon, de couleur suivant les choses entre lesquelles il fait sa demeure. Il II se dit aussi de quelques plantes dont la tige visqueuse ou certaines parties contractiles retiennent les mouches et autres insectes qui viennent s'y poser. La plante nouvellement découverte dans l'Amérique anglaise (dionea muscipula, L. droséracées) , à laquelle on a donné le plaisant nom de venus gobe-mouches ; c'est une espèce de sensitive épineuse dont les feuilles se replient, et les mouches sont prises dans ces feuilles et y périssent plus sûrement que dans une toile d'araignées, volt. Dict. phil. Polypes. \\ 2' Fig. Terme fam.lier. Celui qui n'a point d'avis à lui et qui parait être de l'avis de tout le monde. En contrefaisant cette manière d'opiner qui avait valu à d'Argental le nom de gobe-mouches, marmontel, Mém. vi. || Homme qui croit sans examen toutes les nouvelles débitées. J'allais avec la foule des gobe-mouches attendre sur la place l'arrivée des courriers, et, plus bête que l'âne de la fable, je m'inquiétais beaucoup pour savoir de quel maître j'aurais l'honneur de porter le bat, j. j.Rouss. Con/'. v. Il Homme qui s'occupe niaisement de bagatelles. \\ Au plur. Des gobe-mouches.

— REM. L'Académie écrit gobe-mouches avec s, et chasse-mouche sans ». Il n'y a aucune raison pour établit '.me différence d'orthographe entre ce»

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