GOB
deux mots, n n'y aurait aucune faute i écrire gobemouche, mouche étant alors pris en un sens collectif.
— ÉTYM. Gober, et mouche».
t GOBE-MODTON (go-be-mou-ton), ». m. Nom de certaines pillules empoisonnées qui font mourir les bestiaux. || Au plur. Des gobe-mouton.
— ÉTYM. Gober, et mouton, c'est-à-dire : mouton, gobe, prends, avale.
GOBER (go-bé), V. a. Il 1* Terme familier. Avaler sans savourer, sans mâcher. Le gober en huître à récaille, scarron, Virg. m. || Saisir et avaler. Une grue Qui les croque, qui les tue. Qui les gobe à son plaisir, la font. Fabl. m, 4. Nous en savons plus d'un, dit-il en les gobant; C'est tour de vieille guerre.... id. ib. m, (8. L'un jure foi de roi, l'autre foi de hibou, Qu'ils ne se goberaient leurs petits, peu ni prou, id. tb. v, )8. Quoi! toujours il me manquera Quelqu'un de ce peuple imbécile! Toujours le loup m'en gobera, id. ib. ii, I9. Le brochet gobe assez souvent les oiseaux qui plongent ou frisent en volant la surface de l'eau, bufp. Ois. t. xiii, p. 362. Il Fig. Gober des mouches, du vent, perdre du temps à niaiser, à attendre. || On a laissé cet homme à gober les mouches, se dit de quel([u'un qu'on a laissé longtemps attendre en un lieu. || Populairement. Tu la gobes, tu es attrapé, puni . malmené. Il Fig. Gober le morceau, gober l'hameçon, se laisser facilement tromper. Mais je ne suis pas homme à gober le morceau, mol. Ec. des femmes, II, f . Tous deux également sont propres à gober les hameçons qu'on leur veut tendre, id. Pourc. ii, 3. Il Fig. Un gobe-affront , un homme qui supporte lâchement les affronts. Un courtisan, un gobeafl'ront Aura l'âme assez mercenaire.... scarr. Virg. vu. Il 2° Populairement. l'aire prisonnier quelqu'un que l'on guette. On l'a gobé au sortir de chez lui. Il 3° Fig. Croire légèrement et sottement. Amusez les rois par des songes.... Ils goberont l'appât, vous serez leur ami, la font. Fabl. vui, I4. [Monseigneur] prince incapable de ne pas gober les absurdités les plus grossières etlesplus palpables, st-sim. 285, 123. Vieux-Port goba aisément ce prestige de noblesse, et crut figurer, id. 484, 42. Cette belle lettre parvint à M. le duc de Choiseul, qui d'abord goba cette sottise, mais qui bientôt après me rendit justice, volt. Lett. d'Argental, I6 oct. 4767. Il 4* Terme de fauconnerie. Chasser les perdrix avec l'autour et l'épervier. {| 5° Se gober, t>. rd/l. Etre avalé en gobant. L'huître ne se mâche pas, elle se gobe.
— HIST. XV* s. Au moins, donnez-nous une pesche. Pour faire ung peu gobe quinault, Rec. de farces, etc. p. 302.
— ÉTYM. Le radical gob paraît appartenir au celtique : gaélique, gob, gab, bouche; irl. gob, bouche, bec ; kimry, gicp, bec. Gob dans un patois anglais a le sens de mâchoire et y vient probablement du celtique. L'anglais.gob, bouchée, vient du français.
4. GOBERGE (go-bèr-j'), ». f\\i° Nom d'une perche, ou d'un instrument de bois, qui sert à tenir quelque chose en presse, surtout chez les menuisiers ; un des bouts de la goberge touche au mur, ou au plancher, et l'autre est fortement appuyé sur ce qui doit être pressé. Pour un millier de goberges réduites à quatre pieds, le millier faisant deux voies, est dû 48 livres, 8 sols, Décl. 22 oct. 4716, Tarif. || 2° Perche dont les ébénistes se servent pour maintenir le placage fraîchement collé. || 3° Petite planche mince dont les layetiers se servent. || i' Au plur. Nom des petits ais qui soutiennent la paillasse et les matelas sur un bois de lit.
— ÊTY5!. Ce paraît être une corruption de icoperche (vov. ce mot).
■f 2. GOBERGE (go-bèr-i'), s. f. Morue la plu» largi! et la plus grande de l'océan.
— ÉTYM. Peut-être ainsi dite de goberger, parce que c'est un beau poisson qui sert à se goberger.
GOBERGER (SE) (go-bèr-jé. Le g prend un e devant o et 0 ; gobergeant, gobergeons), v. réfl. Terme familier. || 1° Prendre ses aises. Il se goberg:eait dans un bon fauteuil. || 2° Se divertir. Comment il se gobergera, Quand ensuite il-égorgera Femme, mari, père, grand-père, scaiiron, Virg. ii. Vous voyez, avec grande joie, Un nouveau Xanthus tous les jours. Et vous gobergez dans son cours, ;d. ib. m. Il 3° Se moquer. Gobergeons-nous ensemble de ce cousin de meunier, dancoort, les Vacances, se. 4. Quoi ! tu peux refuser l'offre d'une couronne I — Guillot : C'est pour se goberger, morgue, qu'il me la donne, lb grand. Roi de Cocaijne, m. 7.
— HIST. XV* s. Le bon sergent en luy print affiance, Et luy livra sans nulle défiance Son ocqueton, son enseigne et sa verge, bins qu'il cognust que Faifeu le gauberge, Faifeu, p. 52. dans lacl'rnc.
GOI)
— ÉTYM. On peut eonjecturer que «e goberger a été dit de la goberge qui sert dans plusieurs métiers à rendre le travail plus commode ou plus sûr ; do lorto quo le sons primitif serait prendre ses aises.
GOBET (go-bè; le < ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriol, l's se lie : des go-bè-z appétissants; gobets rime avec traits, succès, paix, etc.), t. m. Il i° Terme familier. Morceau que l'on gobe. Laisse-moi faire ; nous en mangerons de bons gobets ensemble, hauteroche, Crispin méd. ii, 7. Il Fig. et populairement. Prendre un homme au gobet, le prendre, le saisir sans qu'il s'y attende. Il 2° Espèce de cerise. Des gobets à courte queue. Il 8° Populairement. C'est un bon gobet, se dit d'un homme crédule, qui gobe tout ce qu'on dit. Il 4° Terme de fauconnerie. Chasser au gobet, chasser avec l'autour et l'épervier.
— ÉTYM. Gober.
t GOBETAGE (go-be-ta-j*) , t. m. Anciennement, opération qui, se pratiquait sur les boissons. Droits de mosurage, gobetage, criagedevin et autres breuvages et huiles, Ilèglem. 30 août 4662.
— ÉTYM. Gobet, dans le sens de vase.
t 2. GOBETAGE (gobe-ta-j'), s. m. Action de gobeter.
GOBETÉ, ÊE (go-be-té, tée), part, passé de gobeter. Un mur gobeté.
GOBETER (go-be-té. te ( se double quand la syllabe qui suit est muette: il gobette, je gobetterai. L'Académie ne dit rien sur cette conjugaison), v. a. Terme de maçonnerie. Jeter du mortier ou du plâtre avec la truelle et passer la main, ou le plat de la truelle dessus, pour le faire entrer dans les joints.
— ÉTYM. Gobet, morceau, le plâtre étant jeté comme par morceaux.
t GOBETIS (go-be-ti), s. m. Terme de construction. Plâtre jeté avec une truelle ou un balai, et sur lequel on passe la main pour le faire entrer dans les joints. || Le travail exécuté de cette manière.
— ÊTYM. Gobeter.
t GOBEUR, EDSE (go-beur, beû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui gobe. Celui qui le premier a pu l'apercevoir [l'huître] En sera le gobeur; l'autre le verra faire, la font. Fabl. ix, 9. || Fig. Celui qui croit tout ce qu'on lui dit. Grand gobeur de fausses nouvelles. 112" Gobeur, se dit, sur les bords de la Loire, des portefaix qui chargent et déchargent les bateaux. || 3° Gobeur de mouches, oiseau appelé aussi bouvier. || Fig. Homme crédule.
— ÉTYM Gober.
t GOBIE (go-bie), *. m. Genre de poissons thoraciques.
— ÉTYM. Lat. gobius, goujon, du grec xwSiôç.
+ GOBILLABD (go-bi-Uar, Il mouillées), ». m. Terme de construction. Nom de planches préparées pour faire des douves de cuves.
t GORILLE (go-bi-ll'. Il mouillées) ,s.f.\\l° Terme d'écoliers dans quelques contrées. Bille en marbre ou en pierre dure avec laquelle on joue. || 2"" II se dit, dans les machines, de certaines pièces en forme de boules. Gobilles de bronze.
— ÉTYM. Scheler demande si gobille n'est pas pour glnbille, de globe.
GOBIN (go-bin), s. m. Terme familier et peu usité. Bossu. Un petit gobin. Afin d'y recevoir dignement le gobin Villars, sÉv. Lett. de Bussy, 2B sept. 4 677, édit. BÉONIER. Maudit gobin, que le diable t'emporte I Voilà pour Euphrosine un mari bien tourné, bour- SAULT, Fables d'Ésope, v, 2.
— HIST. XVI' s. Le gobin [nom donné au duc de Mantoue, parce qu'il était fort bossu], brant. t. vili,
p. 434, édit. FOUCAULT.
— ÉTYM, Ital. gobbo, du lat. gibbtis, bosse, d'après Diez, qui remarque que, dans le bas-latin primitif, gibbus s'est écrit et sans doute prononcé gtjbbus et qu'un vocabulaire a en effet juptos, bossu, mot où lu est l'équivalent de y; ce qui explique l'o de l'italien.
■j- GOBIN'EAC (go-bi-nd),i. m. Terme de carreleur. Petite partie de carreau que l'on rapporte en raccordement le long des murs pour remplir les vides.
t GOCHET (go-chè),^. m. Nom vulgaire d'une coquille, lanaJi'ce foudre (univalves).
I GOUAGE (go-da-j'), s. m. Faux pli d'une étoffe qui gode. || Forme défectueuse du papier.
— ÊTYM. Goder.
t GODAILLE (go-dâ-Il',« mouillées), s. f. Terme populaire. Débauche de table, grande ribote. || Mauvais vin. Une nous a fait boire que de la godaille.
— ÊTYM. Origine incertaine. Diez le lire d'un ancien verbejoder (Rousiaus finsrenart toutçou gode, lien. t. IV, p. 435). 0"; peut songer à une dérivation péjorative de gaudir. Enfin il y a l'opinion de cciu qui proposent l'ancien français godale, qui
GOD
est l'anglais good aie ou le flamand goud aie, bonne bière : Volentiers en beOst [de l'eau] , mais trouble ert com godale, Berte, xxvii. Cette proposition a, contre elle, de manquer d'intermédiaires. On peut cependant en trouver un dans Froissarl : Et l'avoient le; vilains Londriens godaillers accueilli en si grand haine, que à peine pouvoient ou vouloient parler à lui, m, iv, 73; godailler veut dire sans douta buveur de godale. La forme est ainsi trouvée ; et, quant au sons, il n'y a pas loin de buveur de bière i godailleur.
4. GODAILLER (go-dâ-llé, {{mouillées, et non go-dâ-yé), V. n. Terme populaire. Boire avec excès et sauvent. Il ne fait que godailler.
— ÉTYM. Godaille.
t 2. GODAILLER (go-dâ-llé , Il mouillés) , s. m. Agaric de couleur fauve clair, dit aussi mousseron d'automne et agaric faux mousseron.
t GODAILLEUR ( go-dâ-lleur , U mouillées ), s. m. Celui qui aime à godailler.
+ GODANOU GODANT (go-dan), *. m. Terme populaire. Conte, tromperie. Donner dansie godant, se laisser abuser. C'était bien certainement à eux à qui je devais cet inepte et hardi godant qu'ils avaient donné à monseigneur, st-stm. 294, 2(7. On mit Davisard en liberté [de la ISastille] ; n'est-ce pas un godan , dit-il en terme gascon quand il vit la lettre de cachet? non, dit le gouverneur qui la lui portait, c'est tout de bon, staal, Mém. t. u, p. 246.
— ÉTYM. Diez le rattache au mot du Hainaut godan, appât.
f GODDAM (prononcé quelquefois go-ddam', mais plus souvent go-ddèm , l'o anglais étant intermédiaire entre un o et un e), sorte de jurement anglais. Diable! c'est une belle langue que l'anglais; il en faut peu pour aller loin ; avec goddam, en Angleterre, on ne manque de rien.... les Anglais, à la vérité, ajoutent par-ci par-là quelques autres mots en conversant ; mais il est bien aisé de voir que goddam est le fond de la langue, beaum. Ifar. de Fig. m, 5. || S. m. Sobriquet que le peuple donne aux Anglais. Un gros goddam.
— ÉTYM. Angl. god damn. Dieu damne.
t GODE (go-dO , s. f. Sorte de mesure étrangère qui contenait environ cinq quarts d'aune de Pa* \s. Frise blanche appelée de coton, qui se vend à U gode, le cent de godes faisant 4 25 aunes, Tarif du 4 8 avril 4 667.
GODELUREAU (go-de-lu-rô) , s. m. Familièrement et par dénigrement, jeune homme d'une conduite étourdie, qui fait le joli cœur auprès des femmes. La chambre des comédiennes était déjà pleine des plus échauffés goilelureaux de la ville, scarhon, Rom. com. i, 6. Kt je ne puis souffrir que cent godelureaux X ma femme chez moi débitent mots nouveaux, hauteroche, les Appas tromp. i, 40. Ce sont de beaux morveux , de beaux godelureaux pour donner envie de leur peau, mol. l'Avare, ii, 6. J'ai peine, je l'avoue, à demeurer en place, Et de mille soucis mon esprit s'embarrasse, Pour pouvoir mettre un ordre et dedans et dehors Qui du godelureau rompe tous les efforts, m. Ée. des femmes, iv, i. Ahl le plaisant magot! que veux-tu? qui t'amène î — Une ingrate que j'aime et qu'un godelureau Est venu m'enlever presque chez moi, madame, RÊ- ONARD, les Folies amour. Divertiss.
— HIST. xvi* s. Goguelureau, monet, Dict. Ma foy, mon goderuleau, mon amy, tu en parles bien à ton aise, Contes d'Eulrapel, p. 4 4 4, dans lacur.se , au mot gaudelureau. N'y a si meschant fils de laboureur qui ne veuille faire du galureau, porter chausses et habits bigarrez et le grant plumas au chapeau. Nef des fols, f° 62, dans lacurne, au mol gaudelureau.
— ÉTYM. Bourg. goudc/ur(5,jaiur(3, jeune homme libertin. Ce mot paraît être un diminutif de Vaudelu ou Godelu, nom que le peuple donnait à une copie, exposée dans l'église du Saint-Sépulcre à Paris, du saint voult de Lucqxies , sanctus vuUus de Luca, c'est-à-dire le Christ en croix de Lucques, sculpture attribuée à Nicodème (de laborde, Émaux, p. 534). Par une raison inconnue, cetie figure avait donné lieu, dans le xv" siècle, à une acception très-voisine de celle de godelureau : Tranche de Vaudclusque,
COOUILLART, p. 4 72.
GODENOT (go-de-no; le < ne se lie pas; au pluriel, l's se lie: les go-de-no-z et....), s. m. ||1* Petite figure de bois dont les joueurs de golielets se servent pour amuser les spectateurs. Vous voyez que le Mazarin n'est qu'une manière de godeoot qui se cache aujourd'hui et qui se montrera demain, hetz, IV, 4V9. Le petit prince habillé comme un godenot, sàv. 513. Il 2° Populairement. Petit homme mal fait. Ragotin, c'était le nom du godenot, scarron,
GOD
Rom. com. i, s. Il n'est vica si bas Que n'ait le godenot que je ne nomme pas, boorsault, Fabl. d'És.
I, 4. Il On a forgé archi-godcnot Et de là vient
que l'archi-godenot, Depuis trente ans que seul 11 se fait rire. N'a jamais su faire rire qu'un sot, j. b. Rouss. Épigr. ii, 2».
— ÉTYM. Origine Inconnue.
GODER (go-dè), V. n. En parlant d'une étoffe, faire un pli un peu en rond là où l'étoffe doit être à droit fil. Un vêtement gode lorsque l'étoffe, n'étant pas à plat sur la doublure, se soulève, ou que, mal cousu, mal confectionné, il fait un pli. || On dit aussi en chirurgie qu'une bande rouléeautourd'un membre ^■ode ou fait des godets quand quelqu'un des tours ne s'y applique pas exactement. || Un papier gode, quand, collé sur un autre, il est soulevé çà et là.
— ÉTYM. Ce parait être un verbe fait sur godet. GODET (go-dè; le t ne se lie pas; au pluriel, l'i
se lie : des go-dè-z à couleur; godets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || !• Petit vase à boire qui n'a ni pied ni anse. Boire dans un godet. Il Anciennement. Porter son chapeau en godet, porter un chapeau à cornes de telle façon que , le derrière étant plus élevé que le devant, le chapeau ait l'apparence d'une gouttière ou d'un godet. 11 sait du coin de l'ongle ouvrir sa tabatière. Caresser son petit collet. Tourner son chapeau de manière Qu'il fasse toujours le godet, Foête anonyme, dans LE ROUX, Dict. comique. || 2' Fig. Faux pli d'une étoffe, d'une bande qui gode; il semble en effet former un petit godet. || 8" Petit vase dans lequel les peintres mettent leurs couleurs. |{ 4° Il se dit des vaisseaux qui sont attachés aux cordes des roues servant à puiser l'eau. Une roue à godets. Il 5* Verre recevant l'huile qui tombe d'un quinquel. Il Petit récipient percé par le fond et dans lequel on verse l'huile pour le graissage d'essieux ou autres pièces mobiles. || Espèce d'entonnoir qui sert à introduire de l'huile entre les filets de la vis d'une presse. || 6° Entonnoir par lequel le métal fondu passe de l'échenal dans les jets. || 7° Vaisseau rond avec ojie queue longue d'environ un tiers de mètre, en forme de cuiller à pot ; queue qui est percée pour donner passage à l'eau, à l'effet de so laver les mains. 118" Terme de construction. Espèce de petite gouttière qu'on joint aux chéneaux pour jeter l'eau lorsqu'il n'y a point de tuyau de descente. Il Terme de maçonnerie. Petite ouverture par où l'on fait couler du mortier dans les joints montants. || 9° Godet-encrier, godet qui sert dans les transcriptions télégraphiques. || 10° Godet de la pipe, synonyme de fourneau. || 11" Il so dit, chez les jardiniers et chez les fabricants de fleurs artificielles, de la partie de la fleur qui renferme les pétales. Il Le gland de chêne est supporté par une espèce de petit godet appelé cupule. || Godet crottlnier, la pezize ponctuée, champignon qui croît sur le crottin de cheval.
— HIST. XIII' s. Or faut mesures et hanas [gobelets], Voires, godes, si ne les as, Choses qui faillent en ménage. |{ xiv* s. Ung grant godet, appelle aumosniere, de vielle façon, pesant iv marcs, de laborde. Émaux, p. 332. || xV s. J'en vueil avoir le cœur net; Versez donc dans ce godet 1 Sur ce cidre d'excellence J'en vai faire expérience, basselin, VII. Il ivi' s. Alors que chascun vouloyt recueillir de ceste rosée, et en boyre à plein guodet.... RAB. Pant. II. 2.
— ÉTYM. Diminutif du latin guttus, vaseà boire; mais cette étymologie n'est pas absolument sûre, le d ne remplaçant pas facilement deux tt.
t GODICUE (go-di-ch'), ad). Terme populaire. Gauche, maladroit, niais. Qu'il est godiche! || Substantivement. Quel godiche! ||itu fém. Une grande godiche.
— ÊTYM. Godiche est une altération populaire de Claude, qui se dit aus^i pour nigaud.
fGODlCHON, ONNK (go-di-chon, cho-n"), adj. Diminutif de godiche.
t GODILLE (go-di-U , {{ mouillées) , t. f. || 1« Aviron qui, placé dans une entaille arrondie sur le derrière d'une embarcation, sert à la faire avancer et à la diriger. {| 2" Partie du télégraphe à ca<lran Il S" Godille évolueur, nom donné par M. Glotin à un propulseur alternatif de son invention, qui est applicable aux navires de petite vitesse et à petit tirant d'eau.
— ÉTYM. Origine inconnue.
t GODILLER (go-di-Ué, U mouillées] , V. n. Terme de marine. Gouverner un batelel avec te godille. Il Godiller s'est dit autrefois gatarer.
t GODILLEUR (go-di-lleur, U mouillées) , s. m. Teime de marine. Matelot ou batelier qui godille.
GOD
SODINETTE (go-di-nè-f) , ». f. Ancien mot qui signifiait une grisotte et qui s'était conservé jusque dans le icvii' siècle, en celte locution tombée elle-même en désuétude : baiser en godinette, baiser d'une manière tendre, amoureuse. || On trouve aussi : en godinet. Je vous emlirasse en godinet, Lettres de Mlle Laurette de Ualboissière avec Mme la marquise de la Grange.
— HIST. XV' 3. Avez vous point vu ci entrer Naeueres une godinette Qui vient rire, esbattre, danser? coooiLLAHT, Botte de foin.
— ËTYM. Godin, joli, mignon, dans Cotgrave, et godinette semblent venir de l'ancien verbe goder (voy. GODAILLE à l'étymologie), que Diez n'ose pas rapporter au latin gaudere {gaudere ayant donné jout'r, goïr), etqui lui semble appartenir plutôt à un radical celtique : kimry, god, luxure, exubérance.
GODIVEAU (go-di-vô), s. m. Terme de cuisine. Sorte de pJté chaud composé d'andouillettes, de
hachis de veau, etc. Tourte de godiveau Un
godiveau tout brûlé par dehors Dont un beurre gluant inondait tous les bords, son.. Sat. m.
— HIST. XVI" s. Mangeans ensemble un boisseau de godiveaus [espèce d'andouiIlette],RABEL. m, <8.
— ÊTYM. Origine inconnue ; à moins que, avec Scheler, on n'y voie un dérivé de l'ancien verbe goder (voy. godinette).
GODROX (go-dron), ï. m. || 1* Terme d'orfèvrerie. Moulure ovale qu'on fait aux bords de la vaisselle d'argent. Vaisselle à gros godrons. || Espèce de rayon droit ou tournant, fait à l'échoppe sur le fond d'une bague ou d'un cachet. || 2° Terme de sculpture et d'architecture. Ornements qu'on taille sur des moulures, les uns fleuronnés, d'autres creusés. || 3° Plis ronds qu'on Tait aux fraises, aux jabots. Il Fer avec lequel on faisait ces plis.
— HIST. XV' s. Une nef d'argent, goderonnée, l'un des goderons d'argent et l'autre blancq, de laïOHDE, Émaux, p. 332. Il ivi' s. Les yeux [du cheval] gros, grands, noirs et clairs comme miroirs, emboutissant en hors ainsi que goderons, o. de SERRES, 301. Gauderon de beau langage [langage
apprêté], COTGHAVE.
— ÉTYM. Origine inconnue. D'après Génin , Ricréat. t. Il, p. 93, godron était dans l'ancien français le nom de l'amidon ; sans dire où il a trouvé Cfitte explication. D'ailleurs le godron ou goderon paraît avoir été d'abord une moulure d'orfèvrerie. Scheler le tire de goder, où il voit un verbe germanique : goth. valtjan, rouler. RouUin le rattache au latin gnmdo, gouttière.
t GODRONNAGE (go-dro-na-j'), s. m. Action de godronner, et résultat de cette action.
— ÉTYM. Godronner.
GODRONNÉ, ÊE (go-dro-né, née), part, passé de godronner. {| 1° Garni de moulures. De la belle vaisselle toute neuve, toute godronnée, au fruit, sév. 59S. Cet argent fin, ciselé, godronné, En plat, en vase, en soucoupe tourné, volt. Apol. du luxe. Il 2° Terme de botanique. Feuille godronnée, feuille dont les bords présentent des espèces de festons séparés par des sinuosités profondes. || 8° Terme d'anatomie. Canal godronné, espace qui se trouve dans l'œil entre le corps vitré et le corps ciliaire, et qui embrasse toute la circonférence du cristallin. Il 4° Oui est plissé en godron. Les sénateurs de la ville, vêtus de cérémonie avec leurs toques de velours, leurs courtes robes de damas et leurs fraises godronnées, vinrent saluer la reine, le laboureur, Voyage de la reine de Pologne, p. f03, dans la- CURNE, au mot gaudronné.
GOUROXNER (go-dro-né), V. a. || 1° Faire des godrons. Godronner de la vaisselle. Godronner du linge. Il 2° Tourner les têtes des épingles sur les moules à l'aide du rouet. || 3° Faire autour de la tête plate d'une vis de petites entailles empêchant que la vis ne glisse dans les doigts quand on la serre ou desserre.
— HIST. XV* s. Six hanaps plains, dorez par dedans et goderonnez par dehors ; laquelle goderoneure estoit dorée et blanche. Vente des meubles de J. Cœur, dans J. Cœur, par clément, t. n, p. (79. Il XVI' s. Il y en a de grandes [citrouilles], de petites, de goderonnées, ressemblantes à citrons et poncires, diversement colorées, o. de serres, 547. la plus grande finesse qui soit en ce monde est aller rondement en besongne, parler son vrai patois et naturel langage, sans le pourfiler et damasquiner, comme font nos refralsez et gaudronnez de ce jour. Contes d^Kutrapel, p. < 90, dans lacubne. Il avoit une fraise empesée et godronnée à gros godrons, 'u bout de laquelle il y avoit de belle et Krande de: telle, les manchettes estoient godron-