‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 304 sur 388 · CON · texte numérisé non relu

CON

qui est fonflé. Gonflement de rate. || Synonyme vulgaire de tympanite.

— RTYM. Confier.

GONPLRR (Kon-tlé), c. a. \\l' Rendre plus ample par une distension inti5rieure. Gonfler une vessie. Le pigeon Ronfle sa gorge. L'eau a gonflé cette éponge. Il [le soleilj gonfle dfi ses feux les trtsors dont l'automne En riant se couronne, c. dri.av. Paria, I, 6. If Par eitension. Un orage qui gonfle un torrent, le vent qui dérobe un piège ou une embuscade sous des tourhillons de poussière, la foudre qui épouvante les chevaux ou qui se confond avec le bruit des canons, raynal, }list. phil. xiii, i». Il Gonfler, se dit aussi des aliments qui produisent (les flatuosités, un sentiment de distension. Les œufs me gonfleraient, dit la cadette, mabivaux, Pays. paru. (" part. || 2° Fig. Agir sur l'ftme comme ce qui gonfle agit sur le corps. Sa fortune l'a gonflé d'orgueil. || 3" V. n. Devenir gonflé. Cette pluie fera gonfler le raisin. Cette pâte gonfle dans la poêle. Il 4" Se gonfler, d. réft. Devenir gonflé. Ses veines ■e gonflent. |{ Le cœur se gonfle quand il devient gros et qu'on a envie de pleurer. Elle ne boude pas, mais son cœur se gonfle, j. j. bouss. Ém. v. || On dit aussi que le cœur se gonfle de joie. On doit se ressouvenir qu'au mot seul de comédie, j'avais senti mon cœur se gonfler de joie, Marivaux, Pays. parv. «* part. Il Kig. Éprouver un sentiment qui gonfle l'âme comme l'air gonfle un ballon. Nous sommes dans un siècle où chacun veut s'enfler; D'une vanité sotte on clierche à se gonfler, bodbsault, Fables d'Ésope, iv, 2. Sans ce pauvre garçon j'allais me méconnaître. Et me gonfler d'orgueil aussi bien que mon maître, dkstouciies, Clor. ii, ».

— Hisr. XVI' s. L'utérus gonfle et s'enfle.... L'uterus se gonfle et enfle, paré, xviii, 52. Le crap;iut se confie et enfle, se remplissant d'air, au moyen de quoy il résiste aux coups, id. xxiii, 32. Les champignons vénéneux gonflent et enflent l'estomach,

ID. XXIU, 44.

— ÉTYM. Ital. gonfiare, du lat. conflare, souffler avec, et, dans les bas temps, gonfler {intestina conflata, Cœl. Aurelianus) ; de cum , avec , et flare, souffler.

t GONG (gongh') ou GONG-GONG (gongh'-gongh') , ■. m. Synonyme de tam-tam.

tGONGONNËR (gon-go-né), «. n. Terme familier, qui se dit de pièces de vêtements qui font des plis et vont mal. Ce fichu gongonne.

+ GONGORISME {gon-go-ri-sm'), s. m. Sorte d'affectation de style qui s'introduisit dans la littérature espagnole.

— f.lYM. Gongora, poëte espagnol, de la fin du xvi" siècle, plein d'afTectation.

+ GONGORISTE (gon-go-ri-sf) , t. m. Celui qui appartient au gongoiisme, imitateur, partisan de Congo ra.

t GONGYLAIRE (gon-ji-lê-r'), adj. Terme de botanique. Reproduction gongylairf, reproduction Bcissipare ou gemmipare.

— ÊTYM. Gongyle.

•f GONGYLANGE (gon-jilan-j'), s. m. Terme de botanique. Partie des plantes cryptogames qui renferme les corps reproducteurs.

— ÉTYM. Gongyle, etiyfo;, réceptacle.

t GONGYLE (gon-ji-l'), S. m. Terme de botanique. Nom donné aux corpuscules reproducteurs de diverses mousses hépatiques. || Nom donné aux corpuscules reproducteurs des algues.

— F.TYM. rovY^^oi;, rond.

+ GONICHON (go-ni-chon), s. m. Terme de commerce. Cornet de gros papier qui recouvre la tête d'un pain de sucre.

— Ktym. Ce paraît être un dérivé de l'ancien français gone ou gonne, robe.

f GONIUIE (go-ni-die), s. f. Terme de botanique. Cellules vertes, formant, dans les algues et les lichens, une couche non interrompue (couche gonimique), dans laquelle parait résider toute la puissance végétative de ces plantes.

— Etym. Diminutif de yô''o«, production, semence. Les gonidies sont ainsi dites, parce qu'en se détachant, elles jouissent de la propriété de reproduire la plante à la manière des gemmes prolifères des mousses et des hépatiques, et des bourgeons de certaines plantes supérieures.

t ....GONIE, suffixe qui signifie production, engendrement, et qui est le grec yotila.

■j- GONIMIQUE (go-ni-mi-k'), adj. Terme de botanique. Qui est relatif aux gonidies. Couche gonimique.

— Ktym. Dérivé de fôviiio;, qui engendre. 60MN (go-nin),f, m. Employé seulement dans

GOO

cette loeutton populaire : maître gonin , homme adroit, rusé, fripon. Il faut en devinaille fpour deviner] être maître gonin, bégnieb, Sal. x. Il est bien avéré que Mlle Dulwis [une actrice] a joué à la pauvre Durancy [autre actrice] un tour de maître gonin [en falsifiant une lettre de Voltaire], volt. Lett. ThibouiHlle, (6 déc. <767.

— iiiST. xvi' s. D'autres disent qu'ayant ménagé les deniers.du roy, il les a ménagez si bien et les a fait passer si bien par invisibilium, avec la faveur de son petit esprit farfadet, que très subtilement, en disant favorisât, corouzat, comme dit maistre Ooiiin en son passe passe, il les a fait sauter dans ses coflre» au lieu de sauter dans ceux du roy, brant. Cap. fr. t. III, p. 387. C'estoit un homme qui entendoit bien les tours de passe passe, non de maistre Gonin, mais de Machiavel, id. ib. t. n, p. 28&. Mais plus belle chose encore eust-il veu, ce dit quelqu'un, si le grand père de maistre Gonin eu'st vescu, qui, par ses inventions, illusion et sorcelleries et enchantements, les eust peu représenter [les dames de la cour] devestues et nues, comme l'on dit qu'il fit une fois en quelque compagnie privée, que le roy François luy commanda ; car il estoit un homme fort expert et subtil en son art; et son petit fils, que nous avons veu, n'y entendoit rien au prix de luy, id. Dames gai. p. 387. Maistre Gonin est mort, le monde n'est plus grue, leboux de lincy, Prov. t. ii, p. 4o.

— ÊTYM. On voit par l'historique que Gonin était le nom d'un faiseur de tours. L'Académie devrait l'écrire par un G majuscule.

t GON lOCARl'E (go-ni-o-kar-p') , s. m. Terme de botanique. Genre d'haloragées ayant six espèces répandues dans le Japon, la Chine et l'Australie, legoarant.

— ÊTYM. Twvia, angle, et xopTcô;, fruit.

+ GONIOGÈNE (go-ni-o-jè-n') , adj. Terme de minéralogie. Cristal goniogène, cristal produit par des décroissemenls sur les angles seulement.

— ÊTYM. l'iovio, angle, et t^^^?) engendré. GONIOMÈTRE (goni-o-mè-tr"), s. m. \H' Terme

de cristallographie. Instrument servant à mesurer l'ouverture des angles des cristaux. || 2° Appareil approprié à la mensuration de l'angle facial.

— KTYM. Fiovia, angle, et (lÉTpov, mesure. GONIOMÉTRIE (go-ni-o-mé-trie) , s. (. Terme de

géométrie. Art de mesurer les angles. La mesure des angles dont il faisait une science à part sous le nom de goniométrie.... fonten. Lagny.

— ÊTYM. Voy. GONIOMÈTRE.

t GONIOMÊTRIOnE (go-ni-o-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport au goniomètre. Appareil goniomélrique.

t GONIOSTOME (go-ni-o-sto-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a l'ouverture anguleuse. {| S. m. pi. Nom d'un genre de mollusques.

— ÊTYM. Tuvia, angle, et a-zifja, bouche.

t GONNE (go-n'), s. f. Sorte d'ancienne futaille. Lesdits visiteurs et contrôleurs de bierres prendront lesdits onze sols pour chacune gonne ou feuillette, les deux faisant le muid, Déclar. durai, 4 6 fév. f635. Il Terme de marine. Baril qui contient du goudron.

— ÊTYM. Gonne paraît être le même que le mot anglais svn, qui signifie tube.

t GONOCELE (go-no-sè-l'), î. f. Terme de médecine. Accumulation du sperme dans les vaisseaux séminifères.

— ÊTYM. rôvo;, sperme, et xTjXïi, tumeur.

+ GONOPHORE (go-no-fo-r'), s. m. Terme de botanique. Prolongement du réceptacle, différant de l'anthophore en ce qu'il porte seulement les étamines et le pistil.

— ÊTYM. révoç, engendrement,et çopôç, qui porte.

GOXORRIIËE (go-nor-rée), s. f. Terme de médecine. Autrefois, flux de semence, dit aujourd'hui pertes séminales. || Aujourd'hui, «'coulement muqueux par le canal de l'urèthre.

— HlST. XVI' s. La gonorrhée est un flux de semence involontaire, paré, xvi, te.

— ÊTYM. Fovoffoia, de YÔ»o;, semence, et fetv, couler.

t GONORRHfilQUE (go-no-rré-i-k") , adj. Terme de médecine. Oui appartient à la gonorrhée.

t GONYTHÈOUE (go-ni-tè-k'), s. f. Terme de zoologie. Creux de la cuisse des insectes qui loge la base du tibia.

— ÊTYM. rôvv, genou, et 6»)xti, loge.

■j-GONZALE [gon-zsL-V),s.f. Pezize à chapeau plat, t GOODÉNIACÉES (gou-dé-ni-a-sée) ou GOODE-

NOVlEES (gou-de-no-vi-ée), *. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicolylédonées, détachée par RotiertBrown des eampanulacées, et dont les espèces, toutes exotiques, habitent pour la plupart la Nouvelle-Hollande.

— STYM. Goodenia, nom dn genre type qui fut

GOR

dédié par Smith à Gooderumgh, évêque de Carliste, grand amateur de botanique.

t GOR (gor), f. m. Nom sous lequel Adanson désigne une coquille du Sénégal, qui, selon Guérin, pourraitêtre le troque module de Linné, legoarant.

GORD (gor; le (i ne se lie jamais; au pluriel, l'i ne se lie pas; cependant plusieurs la lient : les gor-z établis en la rivière), s. m. Pêcherie consistant en deux rangs de perches plantées dans le fond de la rivière et formant un angle dont le sommet ett fermé par un filet. Ëtablir un gord.

— HlST. uii* s. Li gurz des ewes, Liber psalm.

p 240. Il XIII* s li autre pa.ssent si avant, (}u'il se

vont en plein gort lavant, la Rose, 6o4o. Por les gors qui en Loire sont, Partonop. t. i, p. «7. || xv's. Kt entre les autres choses y fut amené de la ville de Mante deux chevaux chargez de pastez d'anguilles de gort, J. de thotes, Chron. U85.

— ÊTYM. Provenç. gorc; catal. gorg; ital. gorgo; du latin gurges, gouffre. On nomme encore aujourd'hui, dans le Nivernais (près de Decize), gourds Ae» étangs profonds, espèces de gouffres, ordinairement très- poissonneux.

t GORDIE (gor-die), t. f. Terme d'histoire naturelle. Genre d'entozoaires longtemps confondu avec le genre filaire, et placé i tort par certains naturalistes dans la classe des annélides, sous le nom de dragonneau, legoarant.

f GORDIÉE (gor-di-ée), (. m. Le neuvième mois des Achéens, peuple du Péloponnèse.

GORDIEN (gor-diin), adj. m. Voy. wœud.

GORET (go-rè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au plur. 1'» se lie : des go-rè-z engraissés), ». m. Il 1" Petit cochon. || Fig. et populairement. Petit garçon malpropre. || 2* Premier ouvrier chez les cordonniers, les chapeliers. || 8° Poisson qui porte le nom de porc dans divers pays. Il 4° Terme de marine. Balai plat, qui seît à nettoyer les parties du vaisseau qui .sont couvcrtesd'eau.

— HlST. XVI' s. Enfin il la menaça que, si elle ne lui ouvroit, il emmeneroit le gorret,et s'en met en devoir, et Hagdelene de crier aux voleurs, d'àub. Van. II, <4.

— ÊTYM. Diminutif de l'anc. franc, gore, truie; bourg, jotirt, porc; Berry, gouret; catal. parri ; espagn. gorrin. On trouve au iv siècle gorin, goron, goreau, gorelon. Diez tire gore de l'allemand gurren, gorren, grogner, et il cite Gorre, cavale, mauvaise jument. On note aussi l'anglais j;ore, boue, limon. Il est singulier de rencontrer celte coîncidence-ci : La province de Carthuel a quatre villes seulement, Gory, Suram, Aly et Tiflis.... on dérive le nom de Gory, d'un terme qui signifie cochon, parce qu'il y est abondant et excellent. Voyages di Chardin en Perse, etc. isii, t. n, p. 37.

t GORETER (go-re-té), V. a. Terme de marine. Nettoyer avec un goret.

GORGE (gor-j'), *. f. |{ !• La partie antérieur» du cou. Il a la gorge enflée. Mettre, tenir le poignard, le pistolet sur la gorge de quelqu'un. Mettre, tenii le pied sur la gorge à quelqu'un, Dict. de VAcad. Il semblait présenter sa gorge au coup mortel, corn. Hor. IV, 2. Seigneur, voyez ces yeux Déjà toul égarés, troubles et furieux.... Cette gorge qui s'enfle, ID. Rodog. V, 4. Elle avait le poignard contre .sa gorge nue, rotr. herc. mour. iv, 4. || Tendre la gorge au couteau, ou, simplement, tendre la gorge, présenter la gorge pour être égorgé. De festons odieux ma fille couronnée Tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés, rac. Iphig. v, 4. || Fig. Tendre la gorge, ne plus faire de résistance, renoncer à une résistance inutile. || Tenir quelqu'un à la gorge, lui serrer la gorge avec les mains. |rSe tenir à la gorge, se dit de deux hommes qui se sont saisis l'un l'autre à la gorge. Je remaïquê dans une chambre deux hommes en chemise qui se tiennent à la gorge et aux cheveux, le sage. Diable boit. u, 3 (édit. de Paris, 4737). ||Fig. Tenir quelqu'un à la gorge, le réduire dans un état où il ne peut plus faire de résistance. || Fig. En un autre sens, accabler, tourmenter. Malgré la vue de toutes nos misères qui nous touchent, qui nous tiennent à la gorge, pasc. Grandeur, 7, édit. de pal'Oère. \\ Fig. Prendre quelqu'un à la gorge, lui faire violence, le presser sans relâche. Hélas I c'est ce lutin-là qui me prend à la gorge ; elle veut que je l'aime, Marivaux, Surpr. de l'amour, li, 4.||Fig. Tenir le pied sur la gorge à quelqu'un, lui mettre, lui tenir le pistolet, le poignard, le couteau sur la gorge, lu: porter un poignard k la gorge, lui faire violence, j'ai été extrêmement étonne quand j'ai reconnu son écriture.... je ne crois pas |iuurlant qu'elle ail fait cela de sa volonté ; et il faut que tous lui ayez lail

GOH

écrire le poignard sur la gorge, voit. Lett. 67. Mais dis-moi, teportais-je à la gorge un poignard? corn. Ment. V, 3. Il mo tient, le scélérat, le poignard sur la gorge, mol. l'Avare, ii, 4. || Par plaisanterie, la bourse sur la gorge, en offrant de l'argent. Marlon, monsieur, Marton, la bourse sur la gorge A voulu me séduire et surprendre ma foi, boissy. Sage étourdi, m, B. || Kig. Avoir le poignard, le couteau sur la gorge, se dit de la personne qui est l'objet d'une violence. || Couper la gorge à quelqu'un, le tuer, l'égorger. Des voleurs lui coupèrent la gorge. Il Fig. Couper la gorge à quelqu'un, le ruiner, faire avorter ses desseins, lui faire le plus grand tort. Couper ainsi la gorge à cette petite créature, sév. **. Il II se dit aussi de ce qui ruine, perd, fait tort. Elle n'ose aller à Saint-Germain ; il ne peut parler à M. Colbert : cela nous coupe la gorge, sév. (28. Il ne viendra rien d'ici qui vous coupe la gorge, id. (76. Il Cet argument, cette pièce lui coupe la gorge, lui ôte tout moyen de se défendre, de soutenir ses prétentions. |l On dit dans le même sens : Vous vous coupez la gorge par cette pièce. || Fig. Couper la gorge à quelqu'un, lui gagner tout son argent au jeu. Tandis qu'il couperait la gorge au pauvre Cameran, hamilt. Gramm. 3. || Se couper la gorge, se donner la mort en s'ouvrant la gorge. || Se couper la gorge l'un l'autre, s'entre-tuer. || Se couper la gorge avec quelqu'un, se battre avec lui. Il faut, si vous le trouvez bon, que nous nous coupions la gorge ensemble, mol. Ifor. forcé, I6. Je suis votre valet, je n'ai point de gorge à me couper, lo. ib. Ah! la belle amitié I je disais comme le maréchal de Grammont : si je vous faisais embrasser, messieurs, je ne vois rien qui vous empêchât de vous couper la gorge, SÉV. 46) Dem'accorder le plaisir et l'honneur De me couper la gorge avec vous.... destouch. Glor. ni, 7. Il II en a menti par sa gorge, il en a audacieusement menti ; locution prise des combats judiciaires du moyen âge. Et Dieu sait cependant s'ils mentent par la gorge, Régnier, Sat. vi. Vous avez menti par la gorge et, toutes les fois que le direz, mentirez, volt. Uœurs, (24. || Cet homme est chatouilleux de la gorge, s'est dit d'un fripon exposé à être pendu. || 2° Gorge se dit aussi des animaux. Le dogue prit le loup à la gorge. Pigeon à grosse gorge. Ce moineau est mile, il a la gorge noire. || Fig. C'est un franc mâle, il a la gorge noire, signifie : c'est un bon compagnon. || 3° Le dedans de la gorge, gosier. Mal de gorge. L'entrée de la gorge. Se mettre les doigts dans la gorge. Un dragon enivré des plus mortels poisons.... Vomissant mille traits de sa gorge enflammée, COBN. Médée, u, î. Haro ! la gorge m'ard, Tôt! t-ôt, dit-il, que l'on m'apporte à boire, la font. Paysan. U se plaint toujours beaucoup de ses vapeurs, et je crois bien qu'il espère se soulager par quelque dispute de longue haleine ; mais je ne suis guère en état de lui donner contentement, me trouvant toujours assez incommodé de ma gorge dès que j'ai parlé un peu de suite, rac. Lett.à Boileau, 25 juillet (687. Il Arroser la gorge, boire. {| On dit qu'un ris ne passe pas le nœud de la gorge, quand il est contraint, forcé. Il Rire, crier à gorge déployée, à pleine gorge, rire, crier de toute sa force. Tantôt nous en riions à gorge déployée, tantôt nous en pleurions à chaudes larmes, didebot, Salon de (765, OEuc. t. xiii, 282, dans pougens. || Par opposition à gorge déployée. Mme de Lavardin riait sous gorge, sév. 384. Il A pleine gorge, en remplissant la gorge. Il sent l'eau-de-vie à pleine gorge. || Fig. Je ne doute pas que, quand vous lirez cette lettre à la belle Madelonne, elle ne se récrie que cela sent le P. Rapin et le P. Bouhours à pleine gorge, bussy-rabutin, Lett. à Mme de Sév. (4 mai (677. || Fig. Faire rentrer à quelqu'un les paroles dans la gorge, l'obliger à rétracter ce qu'il a dit. || Terme de musique vocale. Chanter de la gorge, chanter en resserrant la gorge avec effort. On les exerce à la légèreté, et non à forcer le son, ou à le donner de la gorge, défaut de presque toutes les chanteuses françaises, BENLis, Adèle et Théod. t. ut, lett. (4, p. 98, déins POUGENS. Il On dit dans le même sens : voix de la gorge. Il 4" Terme de chasse On dit qu'un chien a belle gorge, quand il a la voix grosse et forte. Il B° Terme de fauconnerie. Gurge, le sachet supérieur de l'oiseau, qui se nomme vulgairement poche. Il Par métonymie, ce qui entre dans la gorge de l'oiseau, l'aliment qu'on lui donne. || Enduire la gorge, se dit de l'oiseau qui digère trop vite les aliments. Il Donner bonne gorge, repaître généreusement un oiseau. || Donner grosse gorge à un oiseau, lui donner une nourriture qui n'est pas détrem^i^e dans l'eau. || Gorge chaude, la chair des

GOR

animaux vivants que l'on donne aux oiseaux do proie. Il Par extension. Mettez les hommes chacun à part soi, que sera-ce qu'une gorge chaude au reste des animaux, et un peu de sang, qu'ils auront plus tôt épandu que désiré? malu. le Traité des bienf. de Sénèque, iv, (8. Notre bonne commère S'efforce de tirer son hôte au fond de l'eau, Contre le droit dos gens, contre la foi jurée, Prétend qu'elle en fera gorge chaude et curée, la font. Fabl. iv, ( ( . || Fig. et familièrement. Faire gorge chaude ia quelque chose, se l'approprier (emploi qui a vieilli). Il comptait avoir cette succession, et en faire une gorge chaude, une bonne gorge chaude. ||Fig. Faire des gorges chaudes, une gorge chaude de quelqu'un, ou de quelque chose, faire des plaisanteries, exercer sa malignité. Lo duo de St-Aignan trouva l'aventure si plaisante qu'il en fit une gorge chaude au lever du roi, ST-siu. 96, 3. Le soir le duo du Maine fit chez lui une gorge chaude fort plaisante de Fagon avec le Brun, id. 405, 53. || Voler sur sa gorge, se dit de l'oiseau qui vole après le gibier, aussitôt après s'être repu ; et fig. d'une personne qui danse aussitôt après être sortie de table. Il Rendre gorge, se dit de l'oiseau qui rend la viande qu'il a avalée. || Par extension , rendre gorge, rendre ou vider sa gorge, vomir après un excès. Il Fig. Rendre gorge, restituer par force ce qu'on a pris ou acquis par des voies illicites. Ah ! sandis, messieurs les coquins, vous rendrez gorge, DANCOURT, Déroute du Pharaon, se. 26. || Faire rendre gorge à quelqu'un, l'obliger à restituer ce qu'il a pris. || 6° Le sein d'une femme. Elle a une belle gorge, la gorge plate, trop de gorge. Sa gorge est blanche, pleine, et l'on ne saurait voir Dans toute la nature une gorge plus belle, deshou- LiÈREs, Portr. de Mlle de Villène. Des faiseurs de stances et d'élégies amoureuses, de ces beaux esprits qui tournent un sonnet sur une absence ou sur un retour, qui font une épigramme sur une belle gorge, un madrigal sur une jouissance, la bruy. Disc, d VAcad. fr. Préface. Elle étale une gorge d'albâtre qui est la chose du monde la plus dégoûtante et qu'on ne connaît presque point dans nos climats, volt. Princ. de Bahyl. ((.Le prophète Isaïe se plaignait il y a déjà longtemps que les filles d'Israël allaient tête levée et la gorge nue, diderot, Opt'n. des anc. philos. {Juifs). \\ La gorge, la partie supérieure de la chemise d'une femme. || 7° Entrée, ouverture plus ou moins rétrécie de certaines choses. La gorge d'une tabatière. Les pots à fleurs seront marqués et contremarques au corps ; la gorge ou collet et carré du pied seront marqués du poinçon du maître, BègJ. du 3o déc. (679. ||La gorge d'une poulie, la cannelure qui règne sur la circonférence d'une poulie, et dans laquelle passe la corde. || Partie de l'éventail sur laquelle est attaché un clou rivé qui retient les brins. || Espèce d'étranglement que l'on forme à l'orifice de la cartouche d'une fusée. W La gorge d'une cheminée, la partie qui s'étend depuis le chambranle jusqu'au couronnement du manteau. || En termes d'architecture, la gorge des chapiteaux dorique et toscan en est la partie la plus étroite qui se nomme aussi gorgerin et colerin. || Terme de charpenterie. Gorge d'amaigrissement, entaillement fait à angle aigu dans une pièce de charpente. || Terme de botanique. L'entrée du tube d'une corolle, d'un calice ou d'un périgone. ||8° Passage étroit entre deux montagnes. Les peuples qui demeurent dans les cavernes, dans les Iles, dans les marais, dans les gorges de montagnes, dans les rochers, conservent leur liberté comme les Suisses, les Grisons, les Vénitiens, les Génois, volt. Dial. 24. De la plupart des lacs sortent des torrents qui, avec le temps, ont creusé des gorges d'une profondeur effrayante, RAYNAL, Hist. phil. VII, 25. Et dos monts du Frioul, des gorges du Tyrol, L'aigle rapide a déjà pris son vol, DELILLE, ConvcTs. ch. I. Nous descendîmes ensuite dans une gorge de vallon, chateacbh. Itin. i" part. 119° Terme de fortification. Entrée d'une fortification du côté de la place. La gorge d'un bastion. Il La gorge d'une redoute, l'entrée de la redoute du côté de celui qui l'a construite pour se défendre. Le roi [Murât] lui montre le nouveau flanc de l'ennemi : il faut l'enfoncer jusqu'à la hauteur de la gorge de leur grande batterie [des Russes] ; là, pendant que la cavalerie légère poussera son avantage, lui, Caulaincourt, tournera subitement à gauche avec ses cuirassiers, pour prendre à dos cette terrible redoute, ségur, llist. de Nap. vu, ((. || Demi-gorge , ligne qui va de l'angle de la courtine au centre du ba.stion. || 10" Êchancrure au bassin à , barbe, dans laquelle on met le cou pour se faire faire

r.oR

la baibe. || 11" En termes d'architecture, uuo moulure concave. || 12° Pièce de bois en forme de gorge, qu'on place au bas d'une carte de géographie pour la maintenir tendue, et dans laquelle se loge la carte quand elle a été mise en cylindre sur son rouleau. {| 13° Nom qu'on donne, dans les environs de Paris, au froment qui reste dans les gerbes après qu'on t*n a ôté la semence par un léger battage. Il 14* Nom de différents oiseaux. Gorge blanche, Sylvie gi isette et mésange nonnette. || Gorge bleue, la motaciUe suédoise de Gmelin et la fauvette gorge bleue de certains auteurs. {| Grosse gorge, le combattant, oiseau. |1 Gorge jaune, le figuier ou fauvette trichas. || Gorge noire , le rossignol des murailles Il Gorge nue, espèce de perdrix, [j Kouge gorge, voy BOL'GE-ooRGE. |j 16° Terme de manège. Gorge aa pigeon , espèce d'embouchure pour le cheval.

— REM. Selon Ménage : « Il faut dire: On lui < fait écrire cela le poignard i la gorge et nnn pas le poignard sur la gorge comme dit Voiture dans ses lettres. » L'usage a donné raison à Voilure. U est de fait que sur n'a rien de fautif.

— HIST. xu* s. Del gros del poing li a tele donée, X pou la gorge ne lui a effondrée, Bat. d'A leschaiis, \. 6830. IJKiii* s. Nois [neige] qui par iver s'apure Est, envers sa gorge [d'une dame], oscura X remirer, bhuneau de tours, p. (O. || xiV s. Vers lui s'adrcsce touz iriez , Si avoit baucié le piè destre. Dessus la gorge li volt mètre Qai miei l'en cuidoit mestroier , Ren. 6098. Et cil par la gorge l'aert, X deus poins l'estraint, si l'estrangle, la Rose, (2568. Et ausi puent à Dieu les gorges où traïson est et mençonge, Psautier, f. (O. Li essaucement de Dieu sunt en leur gorges [ des fidèles], ib. f° (79. || xv* s. Et furent ceux de la garnison d'Ardembourch plus soigneux de garder leur ville.... et honorèrent grandement entre eux les quatre dessus dits; car, si ils n'eussent esté, d'Ardembourch estoit perdue, et ils avoient tous les gorges coupées, froiss. u, ui, 229. Or convient un large colet Es robes de nouvelle forge , Par quoy les tettins et la gorge. Par la façon des entrepans, Puissent estre plus apparans, e. lesch. Miroir de mariage, p. 27. Et alors le d,uc ayant en gorge tousjours les mots de l'autre avocat passé, G. chastel. Chron. des ducs de Bourg. m , 32. Et si luy escript qu'il luy feroit gehir [avouer] de sa gorge la desloyauté qu'il avoit fait, FENiN, (424. C'est un morcel fort amer, Car il me tient fort en gorge, Resurrect. de N. S. J. C. Incontinent que l'autre ouyt Ce bruit, il me print à la gorge, VILLON, Monol. du franc archer de Bagnolet. ||xvi° s. Bren, ma plume, n'en parlez plus.... Vous me feriez rendre ma gorge, marot, m, 46. Elle a très bien ceste gorge d'albastre, Ce doux parler, ce cler tainct,ces beaux yeux, m. m, 78.... S'ilsle nient, leur impieté sera desja assez conveincue ; en confessant ils se couperont la gorge, calv. Instit. 93. Les maulx qui me tiennent à cette heure à la gorge, MONT, m, 205.... Que luy mesme avec ses propres voix logeoit le tyran dedans la forteresse, qui luy mettroitun jour le pied sur la gorge, amyot, C.d'Utiq. 46. Il y eut des meschans qui coupperent la gorge à ceulx qu'ils sçavoient avoir de l'or et do l'argent, id. Anton. 62. Il se prit à japper à pleine gorge, ID. Aratus, 9. Crier à gorge rompue , despeii. Contes, Lxxi. J'ai fait une gorge chaude d'une couple de perdrix, w. ib. lxxiv. Je dis, madame, que Monsieur que voilà a bien estudié ; mais de payer ses estudes de nos gorges [de notre vie], nous n'en pouvons pas comprendre la raison, d'aub. Hist. n. 337. Les bandes espagnolles qui tenoient le pied sur la gorge au païs, se r'alierent, id. ib. u, 385. Je luy appris à rire du coin des dents, à parler de la gorge, à peigner ses cheveux, au moins aux pause» des discours, ID. Conf.u,*.

— ÊTYM. Provenç. gorga, gorja; portug. gorja; ital. gorga, gorgia; du latin gurges, gouffre; la gorge ayant été comparée à une ouverture béante. Comp. le sanscr. gargara, tourbillon, radical gar, avaler.

GORGÉ, ÉE (gor-jé, jée), part, passé de gorger. Il 1° X qui on a mis de l'aliment dans la gorge. Pigeon gorgé. Il 2° Oui a beaucoup mangé. Un enfant gorgé de bonbons. || Terme de fauconnerie. Se dit d'un oiseau qui est repu. || Fig. Gorgé de richesses, de plaisirs. || 3° Terme de blason. Lion, cygne, ou autre animal gorgé, celui qui a le cou ceint d'une couronne, dont l'émail est différent de celui de l'animal. Il 4° Dont les interstices sont remplis d'un liquide quelconque. Ce terrain est gorgé d'humidité. Il Terme de vétérinaire. Ce cheval a les jambes gorgées, il a les jambes enflées. || S° S. m. Espèce de papillon.

GOR

GOnCE-DE-PIGEO.V (gor-jo-do-pijon), adj. inranabla. So dit d'une couleur mélangée qui parait varier suivant les points de vue comme la gorge du pi;îCon. Des robes gorge-do-pigeon. || S. m. Le gorgede-pigeon, la couleur gorge de pigeon. || 2* S'est dit substantivement de certaines étoffes. Ëtamines minimes et gorges de pigeon, étamines noisettes, Tabl. ann. aux Lelt.pat. du «" mars < 78), Alençon.

GORGfiE (gor-jée),f. ^. Quantité de liquide qu'on peut avaler en une fois. Boire à petites gorgées. Il 'l'orme de fauconnerie. Donner bonne gorgée i l'oiseau, lui donner une bonne portion du gibier qu'il a pris.

— ÊTYM. Gorgé.

t GORGE-FOUILLE (gor-je-fou-11', Il mouillées), s. f. Espèce de bec-de-cane dont l'extrémité du fer est recourbée et arrondie.

GOllGER (gor-jé. Le g prend un « devant o et o ; gorgeant, gorgeons), ». o. || 1* Mettre dans la gorge. C'est pendant la nuit qu'elle [la m'^re d'un pétrel] le nourrit [son petit] en le gorgeant, par intervalles, de la substance du poisson qu'elle pèche tout le jour à la mer, bupf. Ois. t. xvii, p. «63. || 2' Il se dit de l'action de l'homme qui gorge des pigeons, des dindons pour les engraisser. || 3° Donner à manger avec excès. Il ne faut pas gorger les enfants. Il Fig. Combler. On les a gorgés de biens, d'or et d'argent. || 4° Au reversi, gorger le quinola, contraindre à le jouer. || B° Terme d'artificier. Gorger une fusée, la remplir de composition jusqu'au-dessus de la gorge. || 6° Terme de vétérinaire. Tuméfier. Les eaux ont gorgé les jambes de ce cheval. || 7° V. n. Au reversi, gorger, être forcé déjouer un as ou un quinola, .sans faire le reversi. Il 8° Se gorger, «. ré/l. S'emplir de nourriture. Si l'on se gorgeait de boire et de manger, pasc. Prov. ». Il Terme de fauconnerie. Un oiseau s'est gorgé, c'est-à-dire il a pris sa nourriture. || Par extension, se remplir. Les pores vidés d'air se gorgent de celui qui est fourni par les feuilles, bonnkt, Usage des feuilles, 4« mémoire. || Fig. Un pirate à nos yeux se gorge de butin, la pont. Fianç.

— IIIST. XIV* s. Ouant vostre esprevier est gorgé, Hiiiagier, m, 2. || xvi* s. Des hommes pleins et gorgez de toutes sortes de commoditez, mont, i, 24fl. Junius se vouloit gorger et remplir de la fortune, ce pendant qu'il la tenoit, amyot. Galba, 21.

— ÊTYM. Gorge ; vallon, gourgt , avaler; saintongeois, fiouqer.

tGORGftRE (gor-jè-r'), ». /■. Terme de marine. Partie concave de la guibre et du taille-mer.

I ). GORGERET (gor-je-rè), s. m. Terme de chirurgie. Nom de divers instruments employés particulièrement dans l'opération de la taille et dans celle de la fistule à l'anus.

— ËTYM. Gorge ; à cause que ces instruments sont creusés en forme de gorge ou de canal étroit.

t 2. GORGERET (gor-je-rè), s. m. Nom vulgaire d'un gobe-mouches, oiseau.

GORGERETTE (gor-je-rè-t*), s. f. || !• Sorte de collerette que les femmes portaient autrefois. De la base du bec prend naissance une sorte de gorgerette formée d'une poche, laquelle tombe et flotte librement sur la gorge et la partie supérieure du cou, BUFP. Ois. t. IV, p. H2.X Notre-Dame de LoretteJ'ai promis, dans mon noir chagrin, D'attacher sur ma fiorgerette.... Les coquilles du pèlerin, v. hugo, Bail. 6. Il 2° Ligature qui attache un bonnet sous le menton des enfants. || 3° Fauvette à tête noire.

— HIST. XIII* 9 Que nulles gorgeretes à bacin

ne soient fêtes que l'endroit et l'envers ne soient Juefes et toutes de coton dedenz, Liv. des met. 37). Il xiv s. Hyaumes fondent, larges deffacent, Mailles chiéent [tombent] de gorgeretes, du cange, gorgale.

— ÊTYM. Dérivé de jorje; provenç. gorgcyrcla; Ital. gorgieretta.

GORGËKIN (gor-je-rin), t. m. !| 1" Pièce de l'armure qui couvrait la gorge de l'homme d'armes. Il Par extension, collier épais qui défend la gorge d'un chien. Témoin maître Moullar armé d'un gorgcrin ; Du reste ayant d'oreille autant que sur ma main. Un loup n'eût su par où le prendre, la font. Fabl. X, 9. Il 2° Terme d'architecture. Partie du chapiteau dorique , au-dessus de l'astragale de la colonne.

— HIST. xv's.Unggorgerinde mailles d'on gamy de deux platines esmaillèes, de laborde, Emaux, p. 333. Il xvi* s. Ce que gantelet amasse, gorgerin dépend [ce qui a été gagné par le bras est dépen.sé par la gorge] , expilly, .Suppl. à l'htst. de Bayard, p. *3),

— ÊTYM. Dérivé de gorge.

t GORGET (gor-jè) , s. m. Rabot pour faire les moulures appelées gorges. || Moulure concave plus petite que la gorge.

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