‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 303 sur 388 · GON · texte numérisé non relu

GON

'l — ÉTYM. Provenç. etespagn. goma; ita.\. gomma; du latin gummi ; qui vient du grec x6ii(ii, dérivé lui-même de l'égyptien ou copte cama.

GOMMÉ, ÉE (go-mé, mée), part, passé de gommer. Où l'on a dissous de la gomme. Eau gommée. Il Taffetas gommé, voy. taffetas.

GOMME-GUTTE (go-me-gu-f), S. f. Voy. GOMME. Il Au plur. Des gommes-guttes.

— ÊTVM. Lat. gummi gnllse, gomme de goutte.

t GOMMEMENT (go-me-man), *. m. Action de gommer.

GOMMER (go-mé), V. a. || 1* Enduire de gomme. Gommer de la toile. || 2° Terme de peinture. Gommer une couleur, y mettre un peu de gomme, pour qu'elle ait plus de corps. || 3° Gommer du tabac, l'humecter avec de l'eau dans laquelle on fait bouillir des côtes de tabac.

— HlST. XVI* s. Un emplastre de cire gommée, rouge ou verte, o. de serres, 909.

— ÉTYM. Gomme.

GOMME-RÉSINE (go-me-ré-zi-n'), ». f. Voy. COMMK. Il Au plur. Des gommes-résines.

GOMMECX, EUSE(go-meû, meû-z'), adj. \\ i'Qui jette de la gomme. Les arbres gommeux abondent dans le Sénégal. || Qui est de la nature de la gomme, qui contient de la gomme. Matière gommeuse. On conserve dans les corps gommeux les essences les plus subtiles et les plus spiritueuses, fén. Exist. i, 33. Il 2° Terme de chirurgie. Tumeurs gommeuses, tumeurs d'origine syphilitique, siégeant dans le périoste et ailleurs.

— ÉTYM. Provenç. gomos; espagn. gomoso; ital. gommoso ; du lat. gummx)sus, de gummi, gomme.

■f GOMMIDES (go-mi-d'), s. f. pi. Terme de chimie. Famille de composés ternaires organiques ayant la gomme pour type.

GOMMIER (go-mié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : les go-mié-z et les gommes), s. m. L'acacia des pays chauds qui donne beaucoup de gomme. || Nom de plusieurs légumineuses mimosées. Il Gommier blanc, nom vulgaire donné, aux Antilles, à la bursère gommifère (térébinthacées) , appelée aussi gommier de montagne, et qui produit une résine analogue àl'élémi. || Gommier rouge, un des noms vulgaires àeVacacia vera (légumineuses), plante qui donne l'une des sortes de gomme appelées dans le commerce gomme arabique, legoarant.

— ÊTYM. Gomme.

t GOMMIFËRE (go-mmi-fè-r'), adj. Terme de botanique. Qui produit de la gomme.

— ÉTYM. Gomme, et le lat. ferre, porter.

f GOMMIQDE (go-mmi-k'), adj. Qui se rapporte aux gommes. || Terme de chimie. Acide gommique, corps qui, uni à des traces de chaux et autres bases terreuses, forme les gommes naturelles.

I GOMMITE (go-mmi-f), I. f. Terme de chimie. Nom générique des gommes proprement dites.

— ÉTYM. Gomme.

f GOMMOIR (go-moir), s. m. Baquet contenant la gomme dont se sert le fabricant d'ouate.

— ÉTYM. Gomme.

+ GOMMO-RÉSINECX, EUSE (go-mmo-ré-zi-neû, neù-z'), adj. Terme de chimie. Qui tientdela gommerésine.

fGOMOR (go-mor), s. m. Mesure de capacité chez les Hébreux. La capacité en était de 174 pouces cubes qui, réduits en litres, font un peu plus de 3 litres un tiers, legoarant.

t GOMORTËGCE (go-mor-tè-gh') , s. f. Terme de botanique. Nom donné par certains auteurs à la lucume, genre de sapotacées; on trouve à tort dans Laveaux gomostègue, legoarant.

GOMPHOSE (gon-fô-z'), *. f. 'l'erme d'anatomie. Espèce d'articulation immobile où les os sont emboîtés comnïe une cheville dans un trou. Les dents sont articulées dans les maxillaires par gomphose.

— HIST. XVI' s. Gomphose est faite quand un os est fiché dedans l'autre, en forme d'un clou ou d'un gond, PARÉ, IV, *3.

— ÉTYM. rôjjUKoii;, de YÔ|i(f>ot, clou.

t GONAGRE (go-na-gr') , s. f. Terme de médecine. Goutte au genou.

— ÉTYM. revu, genou, et âypa, prise.

I GONALGIE (go-nal-jie), s. f. Terme de médecine. Douleur rhumatismale fixée sur l'articulation du genou.

ÉTYM. rôvu, genou, et àX^o;, douleur.

f GONARTHROCACE ( go-nar-tro- ka-s' ) , s. f. Terme de médecine. Inflammation ou, plutôt, maladie des surfaces articulaires du genou.

ÊTYM. rôvu, genou, àpSpov, articulation, et

xâxTi, maladie.

GOND (gou; le d ne se lia pas^ au pluriel, 1'* se

lie : les gon-z et les portes), ». m. Morceau de fer coudé, rond par la partie d'en haut, sur lequel tournent les pentures d'une porte. Sceller les gonds d'une porte. Les gonds des portes do la maison intérieure du saint des saints, et des portes de la maison du temple étaient d'or, saci. Bible, Rois, m, VU, 60. Il Fig. Secoués de leurs gonds antiques. Les empires, les républiques S'écroulent en débris épars, LAMART. Méd. 1, )». Il Fig. Faire sortir, mettre quelqu'un hors des gonds, exciter sa colère, sa crainte, son impatience, au point qu'il ne soit plus maître de lui. Ha I je vais sortir hors des gonds, La fureur saisit ma cervelle, scarr. Yirg. iv. Qui ne sait que la vue de chats, de rats, emporte la raison hors des gonds? pasc. Puiss. tromp. imagin. ), édit. FAUGÊHE. Monsieur, hors des gonds, dit au roi qu'en mariant son fils il lui avait promis monts et merveilles, st-sim. 93, 220. J'en dirai un trait [de dévotion outrée du duc de Bourgogne] qui, parti d'un excellent principe, mit le roi hors des gonds, ID. 266, 80. Il On dit aussi sortir des gonds. || Gonds de pierre, certaines pierres extraordinaires qui se trouvent dans la plaine de Salisbury.

— HIST. XIV* s. 11 ont le [la] maistre-porte getée hors du gon, Baud. de Seb. x, 842. {| xv s. Messire Robert Mareschaut, un chevalier du comte, avoit esté envoyé à la porte.... mais il trouva quela porte estoit volée hors des gonds, fboiss. ii, 11, <B6. Il xvi* s. Ce qui est hors les gonds de la cousturae, on le croit hors les gonds de la raison, mont. 1, ne. Ce que l'eunuque luy disoit malicieusement, pour le provoquer à parler, et à se jetter hors des gons, sachant bien qu'il estoit homme léger de sa nature, et qui ne sçavoit pas bien tenir sa langue, amvot, Artax. 1 9. Les dents sont fichées dans les mandibules.... comme un pau fiché en terre, ou un gon dans du bois, PARÉ, IV, ).

— ÉTYM. Lorrain, angorn provenç. gofo, gofon; espagn. gonce, goîne; portug. jonxo, engonzo. Origine incertaine. Diez voit là trois radicaux: il rattache le portugais au latin contus, pieu (mais ni le sens ni la forme ne vont) ; le provençal au bas-latin gumphus, attache, qui est legreCYÔuiço:, clou; et le français gond au lorrain aiigon, où il voit le latin ancoH, coude, crochet, en grec i-p»'»^- Cela est bien compliqué. Le lorrain angon est fait comme le portugais engonio; an ou en représente la préposition in, en; il ne diffère donc pas du français gond. Conzo, gonce ou gozne et gond ne paraissent pas séparables. Mais d'où viennent-ils? Très-probablement, comme dit du Cange, du bas-latin gumphus, mot très-usité pour signifier tout ce qui attache, et qui est le grec YÔiiipoc, clou.

f GONDER (gon-dé), V. a. Terme d'architecture. Mettre des gonds à une porte. Gonder une porte.

— ÉTYM. Gond

t GONDOLAGE (gon-do-la-j'), ». m. Action de gondoler, de se déjeter, de se renfler, en parlant du bois atteint par l'humidité.

GONDOLE (gon-do-l'), ». f. || 1° Petit bateau long et plat, qui va à l'aide d'une rame placée à l'arrière, et qui est fort en usage sur les lagunes et canaux de Venise. Des gondoles toujours noires, car le système de l'égalité se porte à Venise principalement sur les objets extérieurs, sont conduites par des bateliers vêtus de blanc avec des ceintures roses, stael, Corinne, xv, 8. Plusieurs [fruits] furent taillés en nacelle, en gondole; Sur les champs de Thétis les caprices d'Éole Promènent à leur gré ces fruits navigateurs, delille, les Trois règnes, vi. || 2° Petite nacelle d'aérostat. || 8° Petit vase à boire long et étroit, sans pied ni anse. On porta le hanap, la gondole et la tasse, nouguier.

Odyssée à la mode, p. I46 deux aiguières , Et

deux gondoles 09 laiton. De la valeur d'un ducaton, SCARR. Yirg. v. || 4° Petite soucoupe ovale, pour se laver les yeux, dite aussi bassin oculaire. Il 5' Se dit de certaines voitures publiques. Gondoles parisiennes. || 6° Terme de ponts et chaussées. Rigole pavée. Il 7* Belle coquille univalve. || 8* Adj. Chaise gondole , et , substantivement , gondole , chaise dont le dossier affecte une courbure semblable à celle d'une gondole.

HIST. XVI* s. Nous appelons gondole un certain

vaisseau à boire, de la ressemblance qu'il a avec les petits bateaux passagers dont on se sert à Venise pour passer les canaux, fauché, Orig. des cheval. chap. <.

— ÉTYM. Bourguign. gondole, vase à boire : esp. gondola; ital. gonda, gindola; d'après Diez, du bas-grec xôvSu, vase à boire; d'après du Cange, du bas-grec xouvTE>,à;, barque.

t GOND01.É, ÉB (gon-do-lé, lée), adj. Terme de

marine. Construit ea forme de gondole. || Du bois gondolé, du bois déjeté.

t GONDOLER (gon-do-lé) , t>. n. || 1° Terme de marine. Un bâtiment gondole, quand les extrémités s'en relèvent comme celles des gondoles. || 2° Terme de métier. Se gonfler, sa déjeter, se bomber, en parlant du bois.

— ÉTYM. Gondole.

GONDOLIER (gon-do-Iiô ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, r» se lie : les gon-do-lié-z et les gondoles) , ». m. Batelier qui, debout à l'arrière, conduit une gondole en godillant avec une rame. Le doge a ses chagrins, les gondoliers ont les leurs, volt. Cattdide, 24.

— ÉTYM. Gondole.

GONFALON (gon-fa-lon) ou GONPANON (gonfa-non), ». m. || 1* Echarpe ou bandelette termine» en pointe et dont les chevaliers ornaient leurs lances. || 2° Bannière ecclésiastique, composée de plusieurs fanons, c'est-à-dire de plusieurs piicet pendantes. || 3' Tente ronde qu'on porte à Rome devant les processions en cas de pluie, jj 4° Gonfalon, confrérie, voy. conpalon.

— HIST. XI* s. De ceus de France [ils] rirent lei gunfanuns, Ch. de Roi. lxvi. || xu* s. L'escu saisi qui fu à or bendez. Et prent l'espié qui fu bien acerez. Le confanon à cinq clox d'or fermez, Raoul de G. 24. Il XIII* s. U estoit tout armés au chier de sa galie, et avoit devant lui le goi/fanon Saint-Marc, viLLEH. Lxxvii. Et lors commanda le roy au gonfalon Saint Denis et à ses banieres que ils se traisissent à main destre vers le flum, JOINV. 226. || xvi*s. On ne voit que soldats, enseignes, gomphanons. On n'oit que tabourins, trompettes et canons, du BELLAY, VI, 3), recto. De vif esprit, de conslance cl sagesse C'en est l'enseigne, et le droit gonffanon,

— ÉTYM. Génev. conforon, bannière d'église; provenç. gonfano, gonfaino, golfaino; espagn. confalon; ital. gonfalone ; bas-lat. guntfano ; de l'anc. haut-allem. guntfano, de gundja, combat, et fano, drap, bannière.

GONFALONIER (gon-fa-lo-nié; l'r ne sa lie jamais ; au pluriel, 1'» se lie : les gon-fa-lo-nié-z et....), ». m. Il 1* Celui qui porte le gon falon. || Officier qui porte, à Rome, l'étendard de l'Église, jj Uonfalonier de l'Eglise, nom donné aux protecteurs établis par les papes dans les villes d'Italie, pendant leur lutte contre les empereurs. Un paysan nommé Jocomuzio, qui se fit soldat, et qui changea son nom en celui de Sforza, devint favori de la reine, connétable de Naples, gonfalonier de l'Église, volt. Ifœur», 74. Il 2° Titre du chef de plusieurs républiques de l'Italie. Sa réputation [de Cosme de Médicis] valut à ses descendants la principale autorité dans la Toscane; son fils l'administra sous le nom de gonfalonier, VOLT. Mœurs, (05. ||0n dit aussi goiifanonier.

— HIST. XI* s. Gefrei d'Anjou, le rei |du roi] gunfanuner, Ch. de Roi. viii. || xii* s. Confenojiier, Rone. p. 6. En non Dieu, dame, bien seront dix millier; Del sor Geri ferai confanonier, Raoul de C. 42.

— ÉTYM. Gonfalon; provenç. gomfanonier, gonfaronier ; ital. gonfaloniere.

t GONFLE (gon-H), ». f. Cavité dans le fil de métal que l'on tire à la filière.

— ÉTYM. Voy. gonfler. Dans plusieurs provinces, gonfle est employé adjectivement pour signifier gonflé : il a les mains gonfles. C'est un provincialisme à éviter.

GONFLÉ, ÉE (gon-flé, flée), pari, passé de gonfler. Il 1° Devenu plus ample par une distension intérieure. Ventre gonflé. Un ballon gonflé de vent. Le cœur plein de sanglots, les yeux gonflés de pleurs, Ducis, Oscar, 1, 2. || Par extension. Un torrent gonflé par la fonte des neiges. || 2° Fig. 11 se dit de ce qui semble faire à l'àme ce qu'un gonflement fait au corps. L'un est plein de respect, l'autre est gonflé d'audace, corn. Attila, iv, 3. L'un fier et tout gonflé d'un vieux mépris des rois Semblait pour compliment nous apporter des lois,

ID. Suréna, i, 1 Ohl quel orgueil extrême ! C'est

un homme gonflé de l'amour de soi-même, mol. IHis. 11, 6. Mais dès qu'il fut monsieur le président. Il fut, ma foi, gonflé d'impertinence, volt. Enf. prod. 1, <. Tout homme qui est gonflé de cette fausse science.... trouble le monde, vauven. 20, Pasc. expliqué. Ce cœur chargé d'ennuis et gonflé d'amertume, c. delav. Yép. sicil. m, 2. Nous avons tout perdu, tout, jusqu'à ce gros rire, Gonflé de gaîté franche et de bonne satire. Ce rire d'autrefois, ce rire des aïeux. Qui jaillissait du cœur comme un flot devin vieux, barbier, ïambes, le Rire.

GONFLEMENT (gon-fle-man), ». m- État d» ce

Page 1