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payant le précepteur, la font. Belph. \\ Voy. ohand'tantk i sa place. || La Fontaine a dit en grand'pompo : Alibech fut fcstinée en grand'pompe, Diable. Il Mme de Sévigné a dit la grand'mode : C'est U grand'mode, sKv. 24 2. || Vaugelaa a dit : la plus grand'part. || Ménage dit qu'on n'a point trouvé d'autre raison pour lélision de l'e dans ces cas que l'usage qui l'a établie. Mais d'une part il n'y a point d'« élidé, et d'autre part la raison de cette forme est fournie de la façon la plus simple par l'ancienne langue. Grand, venant du latin grandit qui a la même terminaison pour le masculin et le féminin, n'avait non plus qu'une seule terminaison pour les deux genres dans l'ancien français : \trM grant cité, etc. Cet usage, parfaitement régulier, comme on voit, se trouva en contradiction avec celui qui survint et qui donna à ces adjectifs une terminaison féminine. Mais, de cette contradiction, il résulta que grand fut maintenu par le parier habituel en accord avec quelques noms féminins. Ainsi il n'y a point d'e élidé et, partant, point d'apostrophe à mettre. Il serait meilleur de supprimer cette apostrophe que de présenter à l'esprit la fausse idée d'une suppression qui serait une anomalie sans raison ; mais un homme seul n'a pas autorité suffisante pour cela. Voy. à grand'm£.re l'anomalie ridicule à laquelle conduit cette apostrophe. || 23*5. m. Les grands, les personnes d'un âge fait, par opposition aux enfants. Racontez des fables, flattez, amusez; grands et petits courent après vous, fën. Dial. des morts anc. 44. || Dans les lycées et collèges, les gi-ands, les écoliers les plus âgés. En es sens il se dit aussi au singulier : un grand. || Le féminin est usité dans les pensions de filles. Les grandes. Une grande. || 24» Un personnage élevé en dignité. Des hommes, tout ainsi je ne puis reconnaître Los grands, mais bien ceux-là qui méritent de l'être. Et de qui le mérite, indomptable en vertu, Force les accidents et n'est point abattu, Régnier, Sat. xiv. Les grands, pour s'affermir achetant des suffrage.?.... CORN. Cinna, ii, t. Hélas I on voit que de tout temps Les petits ont pâti des sottises dos grands, la FONT. Fabl. II, 4. Les grands pour la plupart sont masques de théâtre; Leur apparence impose au vulgaire idolâtre, ID. ib. IV, U. Vous, favori! vous, grand, défiez-vous des rois; Leur faveur est glissante : on s'y trompe, elle pire, Cest qu'il en coûte cher.... ID. ib. x, to. Tous les discours sont des sottises Partant d'un homme sans éclat; Ce seraient paroles exquises. Si c'était un grand qui parlât, MOL. Amph. II, I. Un grand, dans son idée, n'est pas un seul homme, c'est un homme environné de tous ceux qui sont à lui, et qui s'imagine avoir autant de bras qu'ils en ont tous ensemble, parce qu'il en dispose et qu'il les remue, nicolh, Ess. de mor. t" traité, chap. l. Et la vertu des grands n'est pas d'aimer leurs femmes, bohrsault, Esope à la cour, II, 2. Il faut avec les grands un peu de retenue, Boii.. Sat. V. Vois s'il s'offre à tes yeux quelque grand de ma cour, bac. Esth. ii, 4. Ce qui est dans les grands splendeur, somptuosité, est dissipation, folie, ineptie dans le particulier, la bruy. vu. Les grands dédaignent les gens d'esprit qui n'ont que de l'esprit ; les gens d'esprit mépri.sent les grands qui n'ont que de la grandeur ; les gens de bien plaignent les uns et les autres, qui ont ou de la grandeur ou de l'esprit, sans nulle vertu, m. ix. Les grands veulent être applaudis; et, comme l'imitation est de tous les applaudissements le plus flatteur et le moins équivoque, on est sûr de leur plaire, dès qu'on s'étudie à leur ressembler, mass. Pet. car. Ex. des grands. Il n'est pas besoin de connaître beaucoup les maisons des grands pour savoir que d'y être bien avec tout le monde, c'est un chef-d'œuvre de conduite et de sagesse, et souvent d'autant plus difficile que l'on a d'ailleurs de plus grandes qualités, fonten. Dodart. Grand est autre que puissant; on peut être l'un et l'autre, mais le puissant désigne une place importante; le grand annonce plus d'extérieur et moins de réalité; le puissant commande, le grand a des honneurs, volt. Dict. phil. Grand. X leurs seuls intérêts les grands sont attachés, m. Taner. i, 6. Un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal, BEAUMABCH. Barb. de Sév. i, 2. Au reste, cette désunion entre ses grands ne déplaisait pas à Napoléon, elle l'instruisait; leur accord l'eût inquiété, sbgpb, llist. de Nap. m, 2. || Un demi-grand, un personnage intermédiaire entre les grands et ceux qui ne le sont pas. Réfléchissant profcuidément sur le caractère des grands et des demi-grands qui sacrifient si légèrement la liberté des hommes et l'honneur des femmes, VOLT. l'Ingénu, (6. || Grand d'Fjipxgne, titre de
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la première distinction en Espagne, qui donne, ei^i^ autres privilèges, celui de se couvrir devant le rt>' Il 26* Ce qu'il y a de grand, d'élevé, de noble. La fausse gloire ne le tentait pas ; tout tendait au vrai et au grand, Boss. Louis de Bourbon. Il y a cinq sources du grand, l'élévation d'esprit, le pathétique, les figures, la noblesse de l'expression, la composition et l'arrangement des paroles, boil. Longin, Sublime, s. Ce style [des flatteurs] sert au prince i se consoler du grand et de l'excellent par le médiocre, la bruy. IX. Et là il commença l'exécution d'un dessein qu'il méditait depuis longtemps, digne d'un homme accoutumé au grand pendant tout le cours de sa vie, FONTEN. Marsigli. Démarche qui, si elle manquait de succès, ne pouvait être justifiée qu'aupns du petit nombre de ceux qui reconnaissent le grand partout où il se trouve, m. Ciar Pierre. Le grand, le solide de la religion prend la place, dans un bon esprit, de tout le frivolequi l'avait amusé, mass. Carême, Mot. de cimv. Toi qui du grand, du pathétiqui. As sur la harpe prophétique Képandu le charme vainqueur, lamottk, Od. t. i, p. 42», danspouoENS. 11 [le czar Pierre] aimait le grand et l'extraordinaire autant que Charles XII, Gortz et Allieroni ; mais il l'aimait en fondateur d'un Ëlat, en législateur, en vrai poUtique, volt, ttuss. ii, s. Je croyais qu'on allait faire Du grand et du neuf, bëbang. Bestaur. delà chatuon. || Terme de l>eaux-arls. L« grand, ce qui se distingue par la puissance d'exécution et la grandeur de pensée. || Se dit ausii du luxe, de la dépense. Donner dans le grand. || Du petit au grand, en comparant les petites choses aux grandes. || Aller du petit au grand, commencer par de pe'Jtes choses, pour parvenir à de plus grandes. Il Argumenter du petit au grand, tirer de ce qui est petit une conclusion sur ce qui est grand. Il 26" Terme de mer. Le grand de l'eau, le plus haut point où une marée monte dans le mois. || 27* En grand, loc. adv. De dimension naturelle. Il s'est fait peindre en grand. Les petites machines ne réussissent point en grand, parce que les frottements les dérangent, volt. Polit, et ligisl. Pens. admin. pub/. 2a. Il En grand, avec toute l'étendue que comporte la chose dont il s'agit. Les instruments nécessaires pour la culture en grand. || Fig. Puis en grand m'étant faitvoleur, J'eus d'un baron mœurs et langage, bf.rang. Reliques. || En grand se dit aussi par comparaison avec ce qui est plus petit. On veut que l'univers ne soit en grand que ce qu'une montre est en petit, FONTEN. les Mondes, t" soir. Le schisme entre Samarie et Jérusalem était en petit ce que le schisme entre les Grecs et les Latins est en grand, volt. Dict. phil. Alexandre. || Fig. Travailler en grand, travailler sur un vaste plan, d'après une vue générale et complète. || Penser, agir er' grand, penser, agir d'une manière noble, élevée. Il y a.... des savants qui connaissent, qui expliquent tout ;qui.... s'élancent dans un infini en grand, où ils ne peuvent atteindre, bern. de st-p. <■• étude. Toujours en grand nous calculons. Vieux habits! vieux galons! BKRANO. F. habits. || En grand, en gros, en masse. Il avait vu en grand les mœurs des nations, leur» usages et leurs polices, marmontel, Mém. vi. || 28° A la grande, Joe. adv. X la manière des grands seigneurs. On ne peut voyager ni plus agréablement, ni plus à la grande, sév. 547. Un grand train, deux carrosses à six chevaux , un fourgon, huit cavaliers, en lin , à la grande, id. LHI. du i ( avr. ««8». Devenu président à mortier, il [de Mesmes] se persuada qu'il était un seigneur et vécut i la grande, st-sim. 319, (64. I{ Proverbes. Petite pluie abat grand vent, la pluie fait cesser le vent; et fig. peu de chose suffit pour calmer un grand emportement. || A j grands maux, les grands remèdes. || Service, promesse de grands, voy. héritage. |1 Oui a grand, grand lui faut, les personnes riches se marient entre elles.
— REM. 1. Grand, adjectif, avec demi ne prend pas de tiret : Diviser le demi grand arc. Papier demi grand aigle. Grand substantif en prend un : Un demi-grand. {12. Un grand homme est un homme d'un grand mérite intellectuel et moral. Un homme grand est un homme d'unegrande taille. || 3. Grande avec femme ne signifie que la taille, et l'on ne dit ni : c'est une grande femme, pour exprimerc'esl une femme de grand mérite, comme on dit c'est un grand homme; ni les grandes femmes de l'antiquité , comme les grands hommes de l'antiquité.
— HIST. x* s. Por o [pour cela] s' furet morte [elle serait morte] k grand honestet, Eulalie. V. faciebat grant iliolt |chaud], Fragm. de Valenc. p. 468. Il XI' s. DeOz services et moût granz amistez, Ch. de Roi. ui. Grant trente lieues l'ouirent-il respondre [lecorde Uolanl], ib. cxxx. Veer [vous] poex le*
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grans chemins poudreux, Ch. de nnr. clxxiv. Puis si s'escrie [Charlemagne] à sa voiz grant et haute, ib. eau. Hauz est li jurs, et par est granz la feste, ti>. CCLXXII. Il xu* s. Granz quinze lieues en est la voix allée, Ronc. p. 84. En haut s'escrient li petit et li grant, i&. H s. Grans fust ma joie et ma peine légère, Couci, XVIII. Il XIII" s. Et sachent bien li grant et li menor [les moindres] Que là doit-on faire chevalerie, QUESNES, nomancero, p. B3. Dont commença moût grans la guerre entre les François et les Grieus, villeh. xcix. Moult fu grans la renommée par les terres, quant cil dui se croisierent, ID. ib. Que tout li grant seignor, li comte et li marquis, Berte, V. Sages soies et acointables, De paroles dous et resnables Et as grans gens et as menues, la Rose, 2) u . Il xiv s. Nuls boulangers ou tallemelliers, vendans ou amenans pain dans Paris pour vendre, ne pourront mettre pain en un sac de deux paires [espèces debledsj, mais tout d'un grain et d'un grand [contenance], Ordonn. des rois, t. ii, p. 35(. Mais quant je serai grant et li tamps enterra [entrera, viendra]. Je arai tel cheval qui chier vous coustera, Guescl. <28. Il XV* s. Histoire et matière de grand louange, froiss. Prol. Il envoya grand or et grand argent à plusieurs cardinaux et prélats.... id. i, i, < ) . Le discord et les grands haines qui estoient entre....m. I, I, 46. Or estoit-il d'ordonnance enl'hostel de Foix, que moult souvent Gaston et Ivain son frère bastard se vestoient de cottes et d'habits ensemble, car ils estoient aucques d'un grand et d'un âge, ID. Il, m, <3. Ses grans affaires [de Louis XI), COMM. Prol. Les mutations sont grandes, id. i, ) . En grant richesse, m. i, 2. Son artillerie estoit belle et grande, id. ib. Les pluyes les plus grandes qu'il est possible de dire, id. ii, 3. Or voyez vous la mort de tant de grands hommes, en si peu de temps, qui tant ont travaillé pour s'accroistre [hommes considérables, princes], id. Conclusion. Tous autres princes et hommes de moyen estât qui ont vescu sous ces grands, id. «6. Si estoie ie jeune fille quand elle estoit grande demoiselle; Les 1 6 joies de mariage, p. 29. Il xvi* s. Grands chaînes d'or, dont maint beau corps est ceint, mahot, i, 477. Il est vray : mais si peut-on faindre Aucunes fois une amytié. Qui n'est pas si grand la moytié Comme on la démontre par signes, id. ii, 40. En si grand jeunesse, id. 1, 210. Ce conte qu'un grand mefeitde.... MONT. I, 17. Il y a grand à dire entre la cause de celuy qui.... et celuy qui.... id. i, 423. Nous estimons grande chose nostre mort, id. ii, 38I. Ce n'est pas si grand chose de se tuer, id. ii, 383. Paroles grandes et dignes d'un tel philosophe, id. m, 4 2. Grand maistre en la science de bourrellerie, id. m, 301. Il estoit encore grand jour, amyot, Philop. 24. Faire voir le grand père [prendre un jeune enfant par les oreilles et l'enlever de terre], oudin, Curios. fr. Grand bandon fait grand larron, cotgrave. Grands bœufs ne font pas les grandes journées, id. Il n'est pas si grand jour qui ne vienne à vespre, id. X grand cheval grand gué, id.
— ÉTVW. Provenç. et espagn. gran; portug. et jtal. grande; du latin grandis.
t GKAND-BE.\U (gran-bô), s. m. Perle factice soufflée avec du cristjJ teint.
t GRAND-CHAMBRIER (gran-chan-bri-é) , s. m. Membre de la grand'chambre. La torture, à laquelle de vieux grand-chambriers appliquent si légèrement les innocents comme les coupables, volt. Lett. Serran, 27 sept. 4 769.
t GRAND-COMPTE (gran-kon-f), t. m. Sorte de papier qui se fabrique à Angoulème.
GRAND-CROIX (gran kroî),s./'.|| 1° Dignité élevée dans un ordre de chevalerie. Le roi donna à Contade une grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, st-sim. 355, 4 80. Il 2° S. m. Celui qui est revêtu de cette dignité. En partant, le roi fitChamlay grand-croix de Saint- Louis, sr-siM. 4 3, 4 54. Il Au plur. Des grands-croix.
t GRAND-DUCAL, ALE (gran-du-kal, ka-1'), adj. Oui appartient à un grand-duc. La cour grand-du- •-,ale. Les cours grand-ducales. Les officiers grandducaux.
GRANDELET, ETTE (gran-de-lè, lè-t'), odj. Terme familier. Un peu grand. Le temps coule, on n'est pas sitôt à la buvette, Qu'on trotte, qu'on raisonne, on devient grandelette. Puis grande tout à fait, la FONT. Coupe.
— HIST. XIV* s. Si le brochet est petit, soit rosti tout entier; et s'il est plus grandelet.... Ménagier, :i, 5. Il XV* s. Quand il fut un peu grandelet, le sage roi Charles eut espérance que semblablement le fils feroit vaillant, Bouciq. i, 3.
— ÊTYM. Diminutif de grand; génev. gratxdet, qui se disait aussi au xvi* siècle.
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GRANDEMENT (graii-de-man) , adv. \\ 1° Avec grandeur. les grandes cho.ses doivent être grandement exprimées. {| Il a fait les choses grandement, se dit d'une personne qui n'a pas épargné la dépense, qui a payé avec générosité. || 2° Beaucoup. Il est grandement temps qu'on s'occupe de cette affaire. Il lui reste une chose qui m'inquiète grandement pour lui, HAUTEROCHE, Crisptn viéd. ii, 9. Il Largement, en abondance. Il a grandement de quoi vivre.
— HIST. m* s. Li reis Yram de Tyr truvad al rei Salomun mairen de cèdre e de sap e de cyprès , e or granment à faire les ovres del temple e de sun demeine paleis. Rois, p. 268. |{ xm* s. Puis ne tarda mie granment, après que il leur avint une autre mésaventure, qui moût fu grans, villeii. cxxu. Au bois avec les bestes, dont i avoit granment, Berte, xcv. Nous oïsmes conter de certain, qu'il avint, n'a pas gramment, que uns gentix bons espousa une serve.... beaum. xlv, 29. || xiv* s. En nous traiant bien loing et grandement arrière de tel pechié, nous pourrions venir au moien et à la vertu, oresme , Eth. 64. Il XV* s. Regardons la soubtilleté de l'entendement de nostre prince, comment gramment s'estendy à comprendre et concepvoir toutes choses, ciiBisT. DE pisAN, Charles V, m, B. Grandement adomagié, du cange, absorbere. Ung lymousin vint à Paris Pour aulcuns procès qu'il avoit; Quand il partit de son pays. Pas grammant d'argent il n'avoit, VILLON, 2* repue franche. \\ xvi* s. Mais certes il se deult grammant De t'ouir irreveramment Parler d'une telle princesse, marot, ii, 204. Hannibal, estimant grandement sa prouesse, le laissa aller sans payer rençon, amyot. Martel. 4 4. On use mal aussi de plusieurs adverbes à m. cour, comme je vous aime horriblement, on dit mesme grandement petit, d'aub. Fœn. m, 22.
— ÉTYM. Norm. granment: pir. granment, grarimet'nJ ; Berry, granment; provenç. granmen; esp. et ital. grandemente. Granment, dans l'ancienne langue et les patois vient de grant, et le suffixe menl, suivant la règle qui veut que l'adjectif qui n'a qu'une seule terminaison pojr le masculin et le féminin en latin, se comporte de même d»ns l'ancien français ; grandement vient de grande, et le suffixe ment, suivant l'usage qui a tantôt réformé et tantôt conservé ces sortes d'adverbes.
GRANDESSE (gran-dè-s'), s. f. Dignité de grand d'Espagne. Le roi attend de vos nouvelles pour se décider sur votre grandesse, maintf.non, Lett. au D. de Noailles. 27 fév. 4 744. La grandesse et beaucoup d'établissements furent proposés à mon père de la part du roi d'Espagne, st-sim. 9, 4 09.
— ÊTYM. Grand; provenç. grandesa, grannesa; espagn. grandeta; ital. grandezsa. Dans l'ancienne langue, grandesse, très-usité, a le sens de grandeur.
GRANDEUR (gran-deur), ». f. || 1" Dimension de ce qui est grand. La grandeur d'un parc, d'un vase. Ces deux hommes sont de même grandeur. Nous avons beau être convaincus.... que tel astre qui ne nous paraît qu'un point dans le ciel, surpasse sans proportion toute la grandeur de la terre, boss. Connaiss. m, 4 3. || Familièrement et fig. Regarder du haut de sa grandeur, avoir à l'égard des autres des manières de supériorité. || Terme d'astronomie. Grandeur se dit pour caractériser les différences d'éclat des étoiles fixes. Sirius est une étoile de première grandeur, c'est-à-dire dont l'éclat est le plus grand. Etoile de troisième grandeur. Les six premières grandeurs comprennent toutes les étoiles visibles à l'œil nu, a. ghillemin, le Ciel, p. 376. Mais l'emploi des télescopes les plus puissants permet aujourd'hui d'apercevoir des étoiles d'un éclat beaucoup plus faible, et qui peut descendre jusqu'à la 4 6* et à la 4 7* grandeur, id. ib. C'est celle [l'étoile] d'un puissant monarque!.... Va, mon fils, garde ta candeur; Et que ton étoile ne marque Par l'éclat ni par la grandeur, bérang. Étoiles qui filent. Il Terme de mathématique. Quantité, tout ce qui est susceptible d'augmentation ou de diminution. Euclide définitainsi les grandeurs homogènes: les grandeurs, dit-il, sont dites être de même genre, lorsque l'une étant plusieurs fois multipliée peut arriver à surpasser l'autre, pasc. Espr. géom. sect. 4. Il 2° Il se dit quelquefois pour longueur. La grandeur du voyage l'effraye. || 3° Fig. Importance, étendue, intensité. La grandeur de son crime et de mou déplaisir, corn. Poly. lu, 3. Permettez, madame, que j'estime La grandeur de l'amour par la grandeur du crime, id. Sertor. v, 4. Le rang de l'ofl'ensé, la grandeur de l'offense, i». Ctd, u, 4. Et sans cela, comment les justes auraient-ils des péchés cachés 7
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comment serait-il véritable que Dieu seul en connaît et la grandeur et le nombre? PASC. frot;. IV. Le duc d'Ormond avait la confiance et l'estime de son maître ; il en était digne par la grandeur do ses services, l'éclat de son mérite et de sa naissance, HAMiLT. Gramm. 6. Nécessité effiayante pour des particuliers, surtout en considérant la grandeur des fonds qu'exigent ces entreprises, raynal, Hist. phil. v, 36. Il 4° Puissance, pouvoir, dignités, honneurs, magnificence. Cette grandeur [de la terrel périt, j'en veux une immortelle, corn. foly. iv, 3. Il y a dans le monde deux sortes de grandeur; cat il y a des grandeurs d'établissement et des grandeurs naturelles; les grandeurs d'établissement dépendent de la volonté des hommes, qui ont cru avec raison devoir honorer certains états et y attacher certains respects.... les grandeurs naturelles sont celles qui sont indépendantes de la fantaisie de» hommes, parce qu'elles consistent dans les qualité» réelles et effectives de l'àme ou du corps, qui rendent l'une ou l'autre plus estimable, comme le» sciences, la lumière de l'esprit, la vertu, la santé, la force, pascal, grands, 2* dise. Le peuple, qui vous admire, ne connaît pas peut-être ce secret, il croit que la noblesse est une grandeur réelle, et il considère presque les grands comme étant d'une autre nature que les autres, id. Grands, t" dite. Nous déplorerons éternellement.... qu'une princesse si chérie de tout l'univers ait été précipitée dans le tombeau, pendant que la confiance de deux si grands rois relevait au comble de la grandeur et de la gloire ; la grandeur et la gloire? pouvons-nous encore entendre ces noms dans ce triomphe de la mort? boss. Duch. d'Orl. X la grandeur conviennent les choses grandes; à la grandeur la plus éminente, les choses les plus grandes, c'est-à-<lire le» grandes vertus, id. Polit, v, iv, 2. La très-clirétienne maison de France.... après sept cents ans d'une royauté établie, sans compter ce que la grandeur d'une si haute origine fait trouver ou imaginer aux curieux observateurs des antiquités, id. Uarie- Thér. Nous élever des grandeurs visibles et mortelles aux grandeurs invisibles et éternelles, bourd. tlyst. Ascens. de J. C. t. 1, p. 403. Nul n'éleva si haut la grandeur ottomane, bac. Baj. ii, 4 . on ne partage point la grandeur souveraine; Et ce n'est pas un bien qu'on quitte et qu'on reprenne, id. Tliéb. i, 5. Plaignez ma grandeur importune; Maître de l'univers, je règle sa fortune.... Cependant de mon cœur je ne puis disposer, id. Bérén. m, t. La grandeur est comme certains verres qui grossissent tous les objets; tous les défauts paraissent croître dans ces hautes places oii les moindres choses ont une grande conséquence, fén. Tél. xji. 11 laissait au prince Menzicotf représenter par la magnificence du favori la grandeur du maître, FONTEN. Czar Pierre. L'union d'Isabelle et de Ferdinand prépara la grandeur de l'Kspagne, volt. Moeurs, 14B. Ces califes tremblants dans leurs tristes grandeurs, m. ib. i, 2. {| Absolument. Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux, la fo.nt. Phil. et Baucis. Vous.... Ferez monter aux grandeurs tous les vôtres, id. Herm. Elle vous dit par ma bouche et par une voix qui vous est connue, que la grandeur est un songe, la joie une erreur, la jeunesse une fleur qui tombe, et la santé un nom trompeur, boss. Marie-TMr. X qui, Dieu tout-puissant, donnez-vous les grandeurs! volt. Sémiram. i, 3. Il 5" U se dit aussi de Dieu. Tel est le premier état de la religion, qui dure jusqu'à Abraham, où, pour connaître les grandeurs de Dieu, les hommes n'avaient à consulter que leur raison et leur mémoire, bûss. Hist. II, 2 Mais, Seigneur, parce qu'en châtiant les hommes, vous ne cherchez point précisément à faire éclater votre grandeur toutepuissante, et qu'il vous suffit de leur faire sentir les effets de votre grandeur souveraine.... bourd. Carême, Sur la paix chrétienne. J'entends chanter de Dieu les grandeurs infinies, rac. Àthalie, ii, 7. Il 6° Elévation et noblesse morales. La grandeur de l'homme est grande, en ce qu'il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable ; c'est donc être misérable que de se connaître misérable; mais c'est être grand que de connaître qu'on est misérable ; toutes ces misères-là mêmes prouvent sa grandeur, pasc. Pensées, art. i, », édit. laiiubk. 4 800. La vraie grandeur.... se courbe par bonté vers ses inférieure et revient sans effort dans son naturel, la bruy. ii. La fausse giandeur est farouche et inaccessible : comme elle .sent son faible, elle se cache, ou du moins ne se montre pas de front, et ce se fait voir qu'autant qu'il faut pour imposer ei ne paraître point ce qu'elle est, je vem dire uns
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mie politesse, la iihuï. ii. Si la Traie giauJeur consiste i. avoir reçu un puissant génie et s en être •ervipours'éclairer soi-même et lesautres, un homme comme M. Newton est vcrital)lement le grand homme, volt. Dict. phil. Fr. Bacon, ii.Il n'y a pas moins rie Rrandeur à supporter (le grandes injustices qu'à faire de grandes actions, m. LeU. YUleUe, juin <765. i servir sans murmure ils mettent leur grandeur, ID. Alx. I, <. Que vous importent les discours du peuple? la vraie grandeur no consiste-t-elle pas à faire le bien, même en s'exposant à l'ignominie T riDRBOT, Rrgne de Claude et Nér. ii, <u7. Mais de ces sages vains confondons l'imposture ; De leur règne fameux retraçons la peinture ; Et que mes vers, enfants d'une' noble candeur, Eclairent les Français sur leur fausse grandeur, gilbekt, )8' siècle. Il Un air de grandeur, un ton, des manières qui affectent la grandeur. S'ils [mes vers] osent quelquefois prendre un air de granileur, Seront-ils point traités par vous de téméraires? la pont. Fabl. vm, 4. Il Grandeur d'âme, qualité d'une ftme grande. Mais tant de grandeur d'ftme est au-dessus de moi, yon. Ail. V, 7. Il est évident pSr ce qui suit, que l'opinion de Sénèque est la pure doctrine de Zenon, qui regardait la grandeur d'âme comme incompatible avec la crainte et les chagrins, diderot, Claude et Néron, li, m. || 7" Grandeur se dit quelquefois, dans le style élevé ou dans le style plaisant, pour personne grande en dignité, en puissance. Rendons-lui donc visite; et comme ambass.ideur, Proposez cet hymen vous-même à sa grandeur, cobn. Nùom. il, ♦. Sire Jupin, dit-il, prends mon vœu, le voilà ; C'est un parfum de bœuf que ta grandeur respire, la font. Fabl. ix, <3. Mais ce voluptueux [un grand], à ses vices fidèle, Cherche pour chaque jour une amante nouvelle; La fille d'un bourgeois a frappé sa grandeur, ciLB. ilon apolog. || Titre honorifique employé pour tous les grands seigneurs qui ne prenaient point le titre d'Altesse ou d'Excellence (on met un g majuscule). Vous devez dire: Votre Grandeur saura. — Votre Grandeur saurai c'est donc un géant, ce secrétaire d'Ëtat, Marivaux, Double inconst. m, 2. Il Titre qui a été donné aux évoques depuis 4830. Monseigneur, il plaira à Votre Grandeur....
— SYN. ORANnEDR d'Xme, MAGNANIMITÉ. Ces deux mots sont exactement synonymes, puisque magnanimité vient du latin rnagmis onimus, grande âme. La seule différence qu'on puisse entrevoir, c'est que magnanimité a plus de magnificence et d'emphase.
— HIST. xil' s Quels est ta duzur. Ta poesté e
ta grandurs, bknoît, ii, 2I6B. || xnr s. Dune s'est li asnes purpenseiz, Ke melx dou chien vaut il asseiz E de biauté e de grandor, marie, Fable le. De la grandor dou ciel et de la terre, brun, latini, Trésor, p. i26.
— ETYM. Grand.
6RAIVDI, lE (gran-di, die), part, passé de grandir. Oui est devenu plus grand. Je trouve cet enfant très-grandi. Le voyageur.... Trouvant l'herbe grandie ou le sentier plus rude, labakt. Ilarm. ii, <2. || Fig. Oui paraît plus grand. De» périls grandis par l'incertitude. Il Fig. Oui a pris plus de capacité et de force. Cet homme grandi par les circonstances.
t GRANDIFLORE (gran-di-flo-r^, od;. Terme de botanique. Oui a de grandes fleurs.
— f.TYM. Grand, et fleur.
j GRANDIFOLIE, ÉE (gran-di-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a de grandes feuilles.
— KTYM. Grand, et le lat. folium, feuille. GRAMIIOSE (gran-di-ô-z'), odj. || !• Qui frappe
l'imagination par son caractère de grandeur, de noblesse. Cette architecture est d'un style grandiose. Depuis deux ans, j'ai présenté à l'Académie une série de travaux sur la figure des comètes et l'accérération de leurs mouvements, et j'ai montré que ces phénomènes grandioses accusaient nettement dans les espaces célestes l'existence d'une force nouvelle totalement différente de la gravitation, paye, Comptes rendus, Acad. des se. t. l, p. 894. Il 2° S. m. Caractère grandiose. La baie de Naples.... et toute cette terre virgilienne pré.sentent un spectacle magique ; mais il n'a pas, selon moi, le grandiose de la campagne romaine, cuateaub. Italie, à U. de Fontanes.
— ETYM. Ital. grandioso, dérivé de grande, grand (voy. ce mot).
GRANDIR (gran-<lir), V. n. || l" Devenir grand. Les pluies ont fait grandir les blés. L'histoire de l'Académie fait mention d'un enfant des environs de Falaise qui, n'étant pas plus gros ni plus grand qu'un enfant ordinaire en naissant, avait grandi
GRA
d'un dcmi-pied chaque aiiuée jusqu à l'âge de quatre ans, et il était parvenu i trois pieds et demi de hauteur, bupp. Suppl. à l'hist. nat. t. xi, p. 94. Il Fig. Grandir en sagesse, en vertu. Son pouvoir granditdejour en jour. ||a° V. o. Rendre plus grand. Les talons qu'il porte le grandissent. || Faire paraître plus grand. Ce vêtement le grandit beaucoup. La défensive, étant inquiète de sa nature, grandit souvent l'offensive, et la crainte, échauffant l'imagination, fait supposer à l'ennemi mille projets qu'il n'a pas, sEour, Ilist. de Nap. vi, 3. || Fig. Donner de la grandeur morale. L'adversité l'a grandi. || Exagérer II grandit les moindres événements. Il 3° Se grandir, e. réft. Se rendre plus grand. Se grandir en s'élevant sur la pointe de» pieds. Il Terme de manège. Le cavalier se grandit en levant la tête et en soutenant le haut du corps. Le cheval se grandit lorsque, coulant les hanches sou» lui, il enlève le devant. || Fig. La médiocrité croit se grandir en rabaissant le mérite. L'empereur luimême s'était tant grandi, qu'il se trouvait à une distance démesurée des détails de son armée; et Berthior, placé comme intermédiaire entre lui et des chefs, tous rois, princes ou maréchaux, était obligé i trop de ménagements, ségdr, Hùt. de Napol. II, 7.
— REM. Grandir se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand il exprime l'acte : Cet enfant a grandi rapidement ; avec l'auxiliaire être quand il exprime l'état : Cet enfant est bien grandi.
— lllST. XV* s. 11 sied bien d'en faire mémoire [des défauts de Charies le Témérairel.... car autrement sembleroit-il que, en mon escripre, je seroie un menteur volontaire et un flatteur qui grandiroie un homme par bourdes et le feroie tout parfait, G. CIIASTELLAIN, Chronique, vu, 39. X dire vray, et ainsi ses faits le monstrerent, il [Charles le Téméraire] aimoit fort gloire et estre grandi, m. tb.
— ETYM. Provenç. grandir; ital. grandir»; du lat. grandire, de grandis, grand.
t GRANDIRGS'TRE (gran-di-ro-str*) , adj. Terme d'ornithologie. Qui a un grand bec. |1 S. m. pi. Les grandirostres, famille de l'ordre des oiseaux grimpeurs comprenant ceux qui ont le bec d'une grandeur démesurée.
— ETYM. Lat. grandis, grand, et rostrum, bec.
t GRANDISSANT, ANTE (gran-di-san, san-f) , adj. Oui grandit, qui croît peu à peu. Une puissance grandissante.
t GRANDISSEMENT (gran-di-se-raan), s. m. Action de devenir plus grand. Le grandissement des arcs diurnes, fonviellb. Presse scientifiiiue, (864, t. I, p. 36).
GRANDISSIME (gran-di-ssi-m"), adj. Terme familier. Très-grand. Vous me ferez un grandissime plaisir. Il ne faut point s'imaginer que je n'aie été en grandissime doute de ce que je dois répondre, PODSSIN, Lett. IB janv. (638.
— HIST. XIII* s. Et quant cil fors encontremens est des nues et des vens, et despiecemenz de tonnerre, nature en fait issir feu qui giete grandisme clarté, BRUN. LAT. Très. p. «20. || xv* s. Oez, oez Teneur et la louenge. Et des armes grantdissime prodon, eust. dksch. Bail, du tournoi. \] ivi* s. 11 arriva en son camp où fust faict grandissime allaigresse pour sa reconvalescence, cahl. iv, 3<.
— ÉTYM. Lat grandissimus, superlatif de jrondii, grand.
GRAND'MÈRE (gran-mè-r'), s. f. Aïeule. Ses deux grand'mères. J'ouvre, bon Dieu! c'était lui [Napoléon I"] Suivi d'une faible escorte; Il s'asseoit où me voilà, S'écriant : ohl quelle guerre! Il s'est assis là, grand'mère. Il s'est assis là I bêrang. Souv. du peup/e. Il On dit quelquefois mère-grand, mais très-familièrement et surtout dansles contes d'enfants. Il Grand'mère se dit aussi de femmes très-vieilles. Je n'ai trouvé là que deux ou trois vieilles grand'mères.
— REM. Sur grand' pour grande, voy. grand, n° 22. L'erreur qui a mis et maintient une apostrophe à grand en ces cas a produit la ridicule anomalie d'écrire des grand'mères sans t, et des grands-pères avec s.
— HIST. xiii* 8. Themis.... Lor conseilla qu'il s'en alasscnt, Et qu'il après lor dos gitassent Tantost les os do lor grant mère, la Rose, t7823.
t GRANDMONTIN, S. m. Voy. graMMONtin.
GRAND-ONCLE (gran-ton-kî'), s. m. Le frère du grand-père ou de la grand'mère. {| Au plur. De.s grands-oncles, qu'on prononce gran-z oncles.
t GRANDOl'L (gran-doul),ï. m. Voy. gelinotte.
GRAND-l'ÈRE (gran-pc-r"), ». m. Aïeul. Grandère paternel, maternel. Ses deux grands-pères.
,ns ce Paris plein d'or et de misère, En l'an du
GRA
Christ mil sept cent quatre-vingt. Cher un tailleur, mon pauvre et vieux grand-père. Moi nouveau-né, sachez ce qui m'ailvint.BÉRANO. le Tailleur et laFée. Il Familièrement. Un grand-père, un vieillard.
GRAND'TANTE (gran-tan-t') , t. f. La sœur du grand-père ou de la grand'mère. || Au plur. Des grand'tantes.
— REH. Pour grand', voy. la remarque i cbarDj n* 22.
t GRANETTE (gra-nfe-f), t. f. Terme de botan:' que. Nom vulgaire de diverse» espèces de renouée,
GRANGE (gran-j"), ». f. Bâtiment de ferme de*tiné au logement de» gert>es et au battage des grains. Tous .ses blé» sont en grange. Dans la grange, tout semble paille, le bon grain est mêlé et caché dedans, BO?s. Pensées ehrét. 29. Donnez.... [aux pauvres], Afin qu'un blé plus mûr fasse plier vos granges, V. HUGO, F. (Vaut. 32.
— HIST. XIII* ». Et li tenan» carca [chargea] le» garbes dessus dites, et les mena en le [la] grange de son segneur, beal'H. xxx, 72. ||xiv* s. D'autre part [il] vit du fain une grange moult pleine, Guescl. 203«5. Il XV* s. Se Diex vosist, il t'euist fait Un laboureur grant et parfait X une contenance estragne, Ou un bnteur en une gragne, froiss. Buiss. de jonece. Parce que, passé a trois ans, i!z n'ont eu ni peu avoiraucunes provisionsde leurs grancbe» [métairies] et manoirs, ne estre payez de tant peu de rentes qu'ils ont, Lett. patentes, 25 juillet 14I9. Ces deux maisons [couvents d'hommes et de femmes] estoient voisines, comme on dit de coustume : la grange et les batteurs, louis xi. Noua. xv. || xvi* ». La grange est pleine avant la moisson [se disait d'une femme devenue grosse avant le mariage], ouDiN, Curios. fr.
— ÉTYM. Bourguign. grainge; provenç. granja, granga; espagn. et portug. granja; du bas-latin granica, dans la loi des Bavarois, lieu aux grains, de granum, grain. On trouve aussi granea, dan» les lois barbares.
t GRANGEAGE (gran-ja-j'), ». m. Terme d'ancienne coutume. Manière de donner une terre à bail, en prenant pour la rente moitié des fruits. Et ne pourront [les bourgeois de Lyon] prendre à ferme ou grangeages aucuns biens dans le plat pays, à peine d'être déchu» dudit privilège (l'exemption des tailles pour leur habitation de campagne], D^cl. du rot, 6 août («69.
— ÉTYM. Grange.
t GRANGËE (gran-jée), ». f. Ce que contient une
grange.
t ORANGER, ÈRE (gran-jé, jè-r"), ». m. et f. Celui, celle qui tient une ferme, à la condition de partager le produit des champs avec le propriétaire. Elles baisaient de temps en temps les mains de la grangère, J. J. Rouss. Confess. iv.
— HIST. XVI* s. Le metaier est ainsi appelé en France de métairie; et en Dauphiné, grauger, de grange; l'un et l'autre édifice, au dit pals, signifiant une mesme chose, bien qu'en France la grange ne soit que partie de la métairie, o. de serres, si.
— ETYM. Grange.
t GRANGERIK> (gran-je-rie) , ». f. Office de gran-
ger. Mettre un domaine en grangerie, en confier l'exploitation à un granger.
— ÉTYM. Granger.
t GRANIFÈRE (gra-ni-fè-r), adj. Terme de botanique. Qui porte un grain ou granule ; se dit des divisions internes du calice des rumex, etc.
— ETY)I. Ut. granum, grain, et (erre, porter, t GRANIFORME (gra-ni-for-m"), adj. Terme de
botanique. Qui a la forme OU le volume d'un grain de blé.
— ETYM. Lat. granum, grain, et forme.
t GRANILITE (gra-ni-li-f), ». f. Terme de minâ-
ralogie. Granit à petits grains.
GRANIT (gra-ni,ou, plus souvent, gra-nif) , ». m. Il 1* Roche composée de cristaux de feldspath, de mica et de quartz. Le granit est d'origine ignée. Les granits recouvrent encore aujourd'hui la plus grande partie du globe; et, quoique les quartz percent quelquefois au dehors et se montrent en divers endroits sur de fortes épaisseurs et dans une grande étendue, ils n'occupent que de petits espaces à la surface de la terre en comparaison de» granits, BVvr.Minér.t. i, p. 143. Le granit dont les crêtes centrales de la plupart de ces chaînes sont composées, le granit, qui dépasse tout, est aussi la pierre qui s'enfonce sous toutes les autres, ctviER, R^iof. p. 26. Les granits diffèrent des porphyres en ce qu'ils n'offrent que des rudiments agrégés les uns dans les autres sans qu'ils aient aucune espèce de pâte qui les réunisse, biabo, jrin^oJ. appliq. aux
GRA
arts, t. II, p. 22t. Il Flg. Qu'enfin, contre cette vieille garde, contre cette forteresse vivante, contre cette colonne de granit, comme son chef l'avait appelée, les hommes étaient impuissants et que des canons pouvaient seuls la démolir, ségor, Ilist. de Nap. x,
6. Ces tribuns opposant, lorsqu'on les réunit, Une charte de plâtre aux abus de granit, v. hugo, Crép.
7. Il On trouve aussi granité. || 2° Sorte d'apparence donnée à la reliure. De même un beau granit sur un livre mal fait. Ne peut jamais produire un excellent effet, LRSNÉ, la Heliure, p. 29.
— ÉTYM. Bat-lat. granitum, grenu, du latin granum, grain ; ital. granito.
GRANITELLE (gra-ni-tè-l'), adj. Marbre granitelle, marbre qui ressemble au granit. || S. m. Variété de granit gris à petits grains qui a été travaillée par les anciens Romains comme du marbre. || Sorte de roche, voy. protogyne.
— ÉTYM. Bas-lat. granitellus, sorte d'escarboucle; de granum, grain.
t GRANITELLE, ÉE (gra-ni-tèl-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Dont les couleurs sont disposées par taches, de manière à imiter le granit.
t GRANITER (gra-ni-té), ii. a. Imiter le granit avec de la couleur.
— ÉTYM. Granit.
t GRANITEUX, EUSE (gra-ni-teû , teij-z'}, adj. Qui
a rapport au granit, composé de granit. Ce prétendu granit veiné est composé de lits de gravier graniteux, stratifiés près du lieu de l'origine, buff. ifinér. t. II, p. tiB, note <<.!| Plantes graniteuses, celles qui croissent plus particulièrement dans les terrains granitiques.
— ÉTYM. Granit.
t GRANITIN (gra-ni-tin), s. m. ou GRANITINE
(gra-ni-ti-n'), s. f. Terme de minéralogie. Roche à base de feldspath laminaire et de quartz, qu'on nomme aussi pegmatite.
GRANITIQCE (gra-ni-ti-k'), adj. Qui est de la nature du granit. Roche granitique. Terrains granitiques et schisteux, buff. Miner, t. viii, p. 4 57.
— ÉTYM. Granit.
t GRANITOÏDE (gra-ni-to-i-d') , adj. Terme de
géologie. Qui ressemble au granit. Plusieurs variétés de ces pierres [ponces], dont les unes sont compactes et granitoïdes et indiquent le premier passage du granit à la pierre ponce, buff. Miner. t. viii, p. (40.
— ÉTYM. Granit, et eTSoç, forme, t GRANITONE {gra-ni-to-n'), s. m. Terme de
minéralogie. Variété de roche antique, à base de feldspath compacte et qui renferme de grands cristaux d'amphibole d'un noir verdâtre.
— ÉTYM. Ital. granitone, augmentatif de granito, granit.
t GRANIVORE (gra-ni-vo-r'), adj. Terme de zoologie. Qui vit de grains. || S. m. pi. Oiseaux qui vivent de graines, famille des conirostres, ordre des passereaux. Il est certain que ces animaux [les autruches] vivent principalement de matières végétales, qu'ils ont le gésier muni de muscles très-forts comme tous les granivores, buff. Ois. t. ii, p. 258.
— ÉTYM. Lat. granum, grain, et vorare, manger.
t GRAND- LAMELLAIRE ( gra-no-la-mèl-lê-r' ) , adj. Terine de minéralogie. Qui est composé de grains qui offrent des indices sensibles de joints naturels.
— ÉTYM. Grain, et lamelle.
t GRAN0LAGE (gra-nu-la-j') , i. m. Action de
granuler; résultat de cette action.
t GRANULAIRE (gra-nu-lê-r'), adj. Terme de minéralogie. Qui se compose de petits grains réunis, de granules.
GRANULATION (gra-nu-Ia-sion), ï. f. ||1° Opération par laquelle on réduit un métal en grenailles plus ou moins fines, en le faisant fondre, le faisant passer, à l'état liquide, à travers une sorte de crible, et le recevant dans un vase rempli d'eau. || 2" Agglomération de petits grains. || 3" Terme de botanique. Apparence granuleuse de certaines substances végétales. Il 4° Terme d'anatomie. Granulations graisseuses, corps moléculaires formés uniquement par des principes gras. || Granulations méningiciinu.s, petits corps blanchâtres, jaunâtres ou rougeStrcs qu'on voit à la dure-mère. || 6° Terme de pathologie. Petites tumeurs arrondies, semblables à des grains. || Granulations grises oudemi-transparentes, petites inégalités granuleuses qui se forment à la surface des membranes séreuses affectées d'inllummation aiguë ou chronique, ou que l'on trouve disséminées dans un poumon.
— ÉTY.M. Granuler.
GRA
tGRANUIATOIRE (gra-nu-la-toi-r"), s. m. Instrument pour réduire les métaux en grenaille.
— ÉTYM. Granuler.
+ GRANULE (gra-nu-r), s. m. || !• Petit grain.
Il 2" Terme de botanique. Corps reproducteur d'une plante cryptogame. |[ 3" Terme de pharmacie. Dragée composée de sucre et de gomme, né contenant le plus ordinairement qu'une portion très-petite du remède, t milligramme par exemple sur 4o centigrammes de sucre.
— ÉTYM. Lat. granulum, diminutif de granum, grain.
GRANULÉ, ÉE (gra-nu-lé, lée), part, passé de granuler. || 1° Formé de petits grains. Marbre granulé, il 2° Terme d'histoire naturelle. Qui renferme ou porte des granulations, ou qui en a l'apparence.
GRANULER (granu-lé), v. a. Réduire un métal en petits grains, en grenailles. Granuler de l'étain, du plomb.
— ÉTYM. Granule.
GRANULEUX, EUSE (gra-nu-leû, leû-z'), adj.
Il 1° Qui est en petits grains. Terre granuleuse. Il 2° Qui est à surface rugueuse et comme recouverte de petits grains. || 3° Terme de botanique. Qui porte des tubercules en forme de petits grains. Il 4" Terme de médecine. Qui présente des granulations. Poumon granuleux. || Maladie granuleuse des reins, dite aussi maladie de lîright (parce que Bright, médecin anglais, l'a fait connaître le premier), affection caractérisée par une altération granuleuse du rein et par la présence de l'albumine dans l'urine
— HIST. XVI* s. Faut taster du doigt s'ils ont des tubercules granuleux, c'est à dire grains ronds et
durs, PARÉ, XXII, 4 0.
— ÉTYM. Granule.
t GRANULIFORME (gra-nu-li-for-m'), adj. Terme
d'histoire naturelle. Qui a la forme de granule».
— ÉTYM. Granule, et forme.
t GRANULOSITÉ (gra-nu-lô-zi-té), s. f. Terme
d'histoire naturelle. Qualité de ce qui est granuleux.
— ÉTYM. Granuleux.
t GRAPELLE (gra-pè-1'), s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire du grateron, de la lampourde et d'autres plantes à fruits accrochants.
— ÉTYM. Voy. GRAPPIN, t ....GRAPHE, ....GRAPUIE, éléments tirés du
grec Ypàoeiv, écrire, décrire, et qui signifient : qui écrit, qui décrit, et description, écriture, comme par exemple dans : géographe, géographie, télégraphe, télégraphie
t GRAPHIDE (gra-fi-d"), s. f. Genre de la famille des lichens, dont les espèces forment, sur les écorces des arbres et même sur les pierres, des croûtes ou pellicules étalées en forme de taches blanchâtres.
— ÉTYM. rpâçstv, dessiner, t GRAPHIOÏDE (gra-fi-o-i-d'), adj. Terme didactique. Qui ressemble à un stylet.
— ÉTYM. Tpaiiov, stylet, et £t5o;, forme. 4. GRAPHIQUE (gra-fi-k"), adj. \\ 1° Qui est figuré
par le dessin. Description, représentation graphique d'une machine. || S. m. Le graphique, le dessin de la figure, de l'ornement, des machines, etc. en tant qu'il est auxiliaire des sciences exactes. Il 2° Qui appartient à l'écriture. Signes, caractères graphiques. On a trouvé des monuments 'graphiques dans ces fouilles. || 3° Terme de géométrie. Opérations graphiques, celles qui consistent à résoudre des problèmes par le tracé des figures. Il 4° Terme de minéralogie. Se dit des minéraux dont la coupe offre des lignes imitant des caractères d'écriture. {[ Se dit aussi de certains minéraux assez tendres pour servir de crayon.
— ÉTYM. rpacpixo;, de -c^âçEiv, dessiner, écrire, t 2. GRAPHIQUE (gra-fi-k'), s. f. Art du dessin
et de la peinture. Les sculpteui-s grecs ne cherchaient pas le mouvement, admis par la graphique à un beaucoup plus haut degré que par la plastique, HONCHAUD, Phidias, p. 4 8.
— ÉTYM. TpoKfiy.ri (téxvv)), l'art du dessin (voy.