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PARÉ, XI

— ÉTYM. Portug. greba; de l'arabe djaurab, prononcé en Egypte gaurab, bas, vêtement pour les jambes.

GREVÉ, ÉE (gre-vé, vée), part, passé de grever. Il 1° Qui a subi un tort, un grief, une peine. D'un fardeau si pesant ayant l'âme grevée, hégnier, Sat.

VIII On cabale, on suscite Accu.sateurs et gens

grevés par ses arrêts : De nos biens, dirent-ils, il s'est fait un palais, la font. Fald. x, lo. || 2° Qui est affecté de quelque charge. Un héritage, un legs grevé de quelque condition onéreuse. || 3° Terme de jurisprudence. Grevé de substitution, qui est héritier ou légataire à charge de substitution. || Substantivement. Le grevé. Les enfants du grevé.

I GREVÉE (gre-vée), s. f- Terme vieilli. Ce qui grève, ce qui aggrave. La fièvre poussa une grevée considérable. Journal de la santé du roi, p. <83.

GREVER (gre-vé. La syllabe gre prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je grève, je grèverai), v. a. || 1° Causer un grief, faire

tort, apporter du dommage, faire du chagrin En

l'accès du tourment -qui me grève, hégnier, Dial. Ce grand prince [Henri IV), voyant le souci qui la

grève [la France personnifiée], Touché de piété, la prend et la relève, id. Éplt. 1. 1| %" Charger de contributions, d'hypothèques. Il a beaucoup grevé ses propriétés. || Fig. Grever son budget, s'imposer une lourde dépense. || S" Se grever, v. réfl. S'imposer de lourdes dépenses.

— HIST. XII' s. Ah! Dexl dist Charles, come ai le cuer grevé! Ronc. p. <83. N'est pas merveilles se m'aïr [je m'irrite] Vers amor, qui m'a tant grevé, Couci, ni. Tant par nous a la mer gregiez E si nos a afebleiez. Que à prant peine estum sur piez, benoît, v. H47. Il XHI' s. La mort ne me greveroit mie. Se ge moroie es bras m'amie, la Rose, 2473. Haus homs ne puet avoir nul vice. Qui tant lui griet [pèse] cum avarice, ib. )I50. Le [la] contrariétés qui est trouvée contre autrui et non pas contre sei ne me doit pas grever, beaum. xii, 42. Il XV' s. Lui manda que il n'auroit pire ennemy que luy, et le greveroit en toutes les guises qu'il pourroit, froiss. i, i, 54. Il greva beaucoup au roy de dissimuler de ceste parolle, comm. iv, 8. || xvi' s. Le vice, la mort.... sont subjects graves et qui grèvent, MONT, m, 305. Il permeit d'appeler devant le peuple à ceulx qui penseroient estre grevez par

les sentences des officiers, amïot. Salon, 30 Di-

sans estre rompus et grevés [avoir une hernie] , paré. XIX, 23.

— ÉTYM. Wallon, grtver, chagriner; provenç. grevar, gravar, greviar; espagn. et portug. gravar; ital. gravare; du lat. gravari, être à charge, de graris, pesant (voy. grave).

GRIANNEAU (gri-a-nô) , s. m. Jeune coq de bruyère. Nous avons mangé, l'automne et l'hiver, des gelinottes et desgrianneaux que vous ne connaissez guère, VOLT. Lett. Mme de Fontaine, 6 mars < 757.

— ÉTYM. Origine inconnue.

f GRIBANE (gri-ba-n'), s. f. Nom d'une barque à mit et à voiles, de cinquante ou soixante tonneaux, qui est en usage sur les côtes de Normandie et de Picardie et dans la navigation de la Seine maritime, de Rouen au Havre. La gribane de bois à b&tir ou à brûler 4 0 livres, et pour bateau contenant 20 tonneaux, 5 \msi, Arrêt du conseil d^ État, }\i\ia <0)2.

— HIST. XV' s. En après, iceux Anglois du Crotoy avoient deux basleaux nommés gabannes, par le moyen les quels ils travaiUoient souvent ceux d'Abbeville, MONSTRELEr, 44:i6, dans jal.

GRIBLETTE (gri-blèf), s. f. Petit morceau de porc, de veau, de volaille, etc. enveloppé de bandes de lard qu'on fait rôtir sur le gril.

— ÉTYM. Origine inconnue. Scheler pense que jrtblette e^t pour riblette.

f GRIBOC {gri-bou), adv. Terme de marine. Faire gribou, se dit, à la côte d'Afrique, d'une pirogue qui chavire sur une barre.

GRIBOUILLAGE (gri-bou-lla-j", U mouillées, et non gri-bou-ya-j'), s. m. Terme familier. Mauvaise peinture; écriture mal formée. C'est ce gribouillage-là qui vous fait pleurer, genus, Thédt. d'éduc. la Lingère, i, 2.

— ÉTYM Gribouiller.

f GRIBOUILLE (gri-bou-U', Il mouillées), s. m. Usité seulement dans cette locution : Fin comme Gribouille qui se jette dans l'eau crainte de pluie, se dit de celui qui, pour éviter un mal, se jette dans un autre. Se mettre nu pour se garder du froid, se couvrir de fourrures contre la chaleur, se jeter au feu pour se guérir d'une brûlure, c'est [l'homéopathie] le procédé de Gribouille élevé à la hauteur d'une théorie, reybaud, Jérôme Paturot, i, 41. Il On dit aussi : faire comme Gribouille.

— ÉTYM. On dit que gribouille signifiait autrefois marchand de bric-à-brac; mais il est plus vraisemblable que Gribouille est un nom fictif tiré de gribouiller : celui qui gribouille, qui confond tout.

GRIBOUILLER (gri-bou-llé, Hi mouillées, et non gri-bou-yé) . || 1° K. n. Faire du gribouillage. || 2° Y. a. Écrire en gribouillage. Gribouiller son devoir. Une lettre gribouiUée. || L'actif n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie.

— ÉTYM. Wallon, crabouii, grabouii; Hainaut, graboulier; d'après Grandgagnage, du hollandais krabbelen, gridbnner, de krabbcn, gratter, même mot que le haut-allem. graben, creuser, lat. scribere.

GRIBOUILLEITE (gri-bou-llè-t', Il mouillées, et non gri-bou-yè-t'), s. f. Jeu d'enfants. Jeter une chose à la gribouillette, la jeter au milieu d'enfants qui se disputent à qui l'aura. Le lundi , la troupe royale Fit gribouillette générale Aux environs de Monllhéry ; J'en suis encor tout ahuri, Piller, brûler.... (eCoi/rrier burlesque de la guerre de Paris, p. 448. || Fig. Jeter son cœur à la gribouillette, se lier avec la premièie te:iime venue.

t GRIBOUILLEUR, EUSE (gri-bou-lleur, llcû-i", U mouillées) , s. m. et f. Celui, celle qui gribouille.

— ÉTYM. Gribouiller.

t GRIBOURI (gri-bou-ri), t. m. Nom vulgaire da Yeumolpe de la vigne, dit aussi coupe-bourgeon et bêche (voy. ce mot).

— HIST. XVI' s. Griboury [un esprit, un follet], ounm, Dict.

GRIËCHE (gri-è-ch"), adj. Usité seulement en composition et signifiant douloureux, méchant : ortie-grièche, pie-grièche (voy. ces mots).

— HIST. XIII' s. Contornix est uns oisiaus que li François claiment greoches, parce que ele fu premiers trovée en Grèce; et en esté s'en revont outre mer grant torbe ensemble, brun. lat. Très. p. 2n. Il XV' s. C'est mort ou prison très gricsche, al. chab- TiF.R, Ofe'-u». p. 660. Il xvr s. Sans faire faute de mon corps, non plus qu'une nonain griesche. Moyen de parvenir, p. i»2, dans lacurnb. Perdrix griesche, cotgrave.

— ÉTYM. Brunetto Latini et 0. deSorres {orliegriesche pour grecque, par mot corrompu, 627) voient dans ce mot un dérivé de grecque; la série des sens est difficile à trouver : serait-ce le feu grec ou grégeois qui aurait fait passer à un dérivé de grec le sens de pénible, douloureux? Les Anglais nomment greeknetlle,onie grecque, l'ortie-grièche, ce qui vient à l'appui de l'étymologie de grec. Le» Allemands nomment BunispecU , épervier tacheté, la pie-grièche; ce qui appuierait le sens de bariolé, attribué par quelques dictionnaires à griéche, on ne sait du reste à quel titre.

4. GRIEF, EVE (gri-èf, è-v'. Prononcez grié, dit au XVI' siècle palsghave, p. 62), adj. \\ V Qui pèse sur la personne comme un poids qui l'accable. Il défendit sous de grièves peines d'appeler Catherine reine d'Angleterre, maicroix. Schisme, 1. i, dans HiCHELET. C'est dans ces communications indiscrètes que se font une infinité de péchés de médisance, et très-souvent de jugements téméraires, plus griefs que l'on ne pense, Boss. Instr. aux ursul. sur le silence, t. Une bulle pontificale où il fut déclaré que ces propositions [sur les états d'oraison] étaient respectivement hérétiques, suspectes, erronées, scandaleuses, blasphématrices, avec d'autres grièves qualifications portées dans la même bulle, ID. Ordonn. sur les états d'oraison, si ce n'est que le cas qui donnerait lieu au refus fût si grief, m. Lett. rel. 59. || 2° Douloureux. Non qu'il ne me soit grief que la terre possède Ce qui me fut si cher, malh. vi, 4 8.

— hEM. Grief (écrit aussi gref) a toujours été monosyllabe dans l'ancienne langue; et Malherbe l'a encore fait tel. Il est très-probable que l'ancienne prononciation était gref; puis, quand on voulut prononcer grief le\ qu'il était écrit, il y eut lutte entre l'ancien usage de ce mot comme monosyllabe, et l'impossibilité de l'articuler désormais d'une façon monosyllabique. Au reste on remarquera que l'ancienne langue avait raison d'y voir un monosyllabe, car c'est une grave dérogation à l'étymologie que de représenter par deux syllabes l'unique syllabe gra du latin gravis.

— HIST. XI' S. Dur sont li cop, et li chaples est griefs, Ch. de Roi. cxxv. || xii' s. Vostre talens [votre caractère] est moult pesmes etgriez, Ronc. p. 4 2. Cist maus ert grois, ib. p. 26. ||xiv' s. Car puis en ai soufert grant peine et grief tourment, Berte, XLVi. Car la parole mains [moins] est grieve À retenir quant ele est brieve, la Rose, 2237. Il XV' s. Par quoy ce petit qu'il souffroit contre sa nature et accoustumance luy estoytplus grief à porter, comm. VI, 44. Il xvi* s. 0 grand' fortune I o crevecueur trop gref, MAROT, IV, 4 37. Ce plus grief luy est, en tant que par toy et les tiens ont esté ces griefz et tortz faictz, RAS. Garg. i, 34. Rien ne peut estre grief qui n'est qu'une fois, mont, i, 84. Il tumba en une griefve, estrange et perverse maladie, amyot, Numa, 36. Une peine griefve, m. Solon, 3. Ce qui fut gref à Herodes, josephe, Guerre, i, 47, Trad.de des es-

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