SARS
— ÉTYM. Provenç. greu, grteu; espagn. portug. et ital. grave; du lat. gravis, pesant, lâcheui.
2. GRIEF (gri-èO, ». m. || 1° Dommage que l'on reçoit. 11 a reçu des griefs dont il se plaint beaucoup. Redresser les griefs. || 2° Motifs de plainte. Exposez vos griefs. Calvisson avait été capitaine aux ginles et avait quitté, c'éUit le grief, st-sim. 78, a. Le peuple persan avait toujours compté parmi ses griefs contre le peuple turc le meurtre d'Aly, quoiiju'Aly n'eût point été assassiné par la nation turque qu'on ne connaissait point alors; mais c'est ainsi ijue lo peuple raisonne, volt, Mœurs, 4 58. ||3' Au
GRI
plur. Terme de pratique. Mémoire où l'on eiiiose le préjudice résultant d'un jugement dont on appelle. Donner dos griefs. Griefs et contredits. Griefs d'appel. || Terme d'ancienne pratique. Griefs hors le frocis, pièce d'écriture par laquelle on en appelait dos juges supérieurs.
— IIIST. XIII* s. Et li baron respondirentquec'estoit grans outrages que li quens avoit mandé ; car il estoit ses hommes et ne li faisoit on nul grief, Chr. de Rains, p. U6. Home et famé s'estoient perdu/, par une pomme, N'amender ne pooicnt leur meiïait par nul homme, .Si prist Diex char humaine pour alegier la somme De leurs griés [péchésj qui estolent groigiieurs que je ne nomme, J. de meuno, Teît. (:i2. Il XV' s. Et parce moyen font de grands torts, et de grands griefs à leurs subjels, comm. vni, 43. Il XVI* s Dont tout à coup Pheius se repentit D'avoir juré, et du grcf qu'il sentit Son chef luisant secoua plusieurs fois, marot, iv, b9.
— f.TYM. Grief i ; provenç. greug, greuge.
j GRIKU (gri-eu), s. m. Terme de mines. Synonyme de grisou.
GRIËVKMENT (gri-ê-ve-man), ode. D'une manière griève; excessivement. Il n'est pas à croire que Dieu s'en tienne si grièvement offensé, bouhd. Serin, so* dim. après laPentec. Dominic. t. iv, p. 237. On peut par la seule attention qu'on donne à la médisance, pécher tiès-grièvement, id. Exhort. (aux témoign. rendus contre J. C. t. ii, p. 24. Ce scélérat devrait être poursuivi au parlement de Paris et être puni plus grièvement qu'à la cour des aides, VOLT, Lell. Damilaville, (6 sept, 1766.
— HIST, XIII* s. Cil qui l'oroient justicié seroient escommcnié griement sans eslre absols que par l'apostole [le pape], beaum. xi, 44. || xvi* s Les dieux punirent griefvnment les iniques vœux d'Œdipus, en les luy octroyant, mont, i. 404. Deucalion, estant griefvement courroucé contre les Athéniens, les envoya sommer de lui rendre Dxdalus, iutot, Thés. 23.
— ETYM. Griève, et le suffixe ment; provenç. greument, greumen, grieumen; espagn. portug. et ital. gravemente. L'ancien adverbe griement est régulier, étant formé de grié ou grief, terminaison unique pour le masculin et le féminin, comme dans le latin gravis.
GRIÈVETÉ (gri-è-ve-té), s. f. Énormité. Le P, Bouhours a affecté une certaine prédilection pour grièveté, qui ne plaît pas à bien des gens, vaugel. Kouv. Hem. Observ. de If'**, p. 384, dans pougens. Le confesseur, pour peu qu'il manque de pénétration et de vigilance, ne le connaît qu'à demi jle péché] et n'en peut discerner toute lagrièveté, boi hd. Pensées, t. I, p. 322. Les pontifes mettaient à l'amende selon la grièveté des cas ceux qui contrevenaient à leurs ordonnances, Exil de Cicéron, dans desfon-
TAINES.
— HIST. XIII* 8. Et plus lui sembloit que toute la grieté [souffrance] que il avoit el chief et el cuer de la tristesce que il avoit devant s'en fut alée desdiz membres, du cange, gravedo || xiv* s. Quant ilapperceurent la grieté de sa maladie, id. gravatum. Pour relever les supplians des molestaoions, griestez et oppressions, Ordonn. des rois, t. vi, p. 7a. Il XV* s. Le peuple de Calais qui a souffert moult de grievetés, fkoiss. i, i, 321.
— f.TYM. Provenç. greugetat, gravitât ; espagn. graredad; porlug. g ravidfide; ital. gravita; du latin gravilalem, i\e gravis, pesait, pénible (voy. on ave i).
GRIFF.ADE gri-fa-d'), s. f. Coup de griffe. Le chat lui a donné une grillade.
— HIST. XVI* s. Giifade, monet, Dict.
— ÈTYM. Voy. GRIFFE.
t GRIKFARD (gri-far), s. m. Aigle d'Afrique.
— ETYM. Gri/Te.
4, GRIFFE (gri-f), s. f. || 1° Ongle crochu de certains quadrupèdes ou d'un oiseau de proie. Les pattes de cet animal sont armées de griffes. Ou que quelque lion descende Au milieu de toute la bande Faire trembler les plus ardents. En leur montrant griffes et dents, scAriBON, Virg. iv. En doux grands coups de griffe il [le lion] dépouilla tout nu De l'univers entier le monarque absolu, volt. Marseillais et lion. Ses terribles griffes [d'un lion] semblaient capables de déchirer les trois rois à la fois, id, la Princ. de ilahyl 1. 1| Kig. Donner un coup de griffe à quelqu'un, lui donner de la griffe, lui rendre un mauvais service, métiirede lui. Le coup de griffe que vous me donnez en passant, me fait hien voir que vous n'avez pas perdu toute votre fierté à Rouen, et qu'il vous reste quelqu'une de vos humeurs, puisque vous prenez plaisir à me toiirn'enler. voir. telt. 4 58. lis* La patte même qui est pourvue de
GtU
griffes. Cet oiseau est mort entre les griffes d'un épervier. Grippeminaud, le bon apôtre. Jetant des deux cAtés la griffe en même temps, Uit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre, là pont. Eahl. VII, (6. Il ouvre seulement la griffe et la referme, I.A MOTTF,, Fabl. V, 2. Il Se dit quelquefois, par plaisanterie, de l'homme et du démon. La griffe du diable. Voilà qu'un jour elle [la servante du pofite Lebrun -Ecouchnrd] prend les écrits [les manuscrits de son maître], Kt dans le feu, mégère impitoyable. Les va jeter s'il n'épouse demain; Lebrun alors: Donne griffes ou main; X ce prix-là j'épouserais le diable, payolle, Épigr. contre Lebrun qui avait épousé sa cuisinière. || Fig. On voit la griffe, se dit d'une personne dangereuse chez laquelle on aperçoit ce qu'elle a de menaçant. Ils ont.... Grands cheveux, belles dénis, et des propos fort doux ; Mais, comme je vous dis, la griffe est là-dessous, mol. Ée. des f. iii, 4. Vos louanges ont des ongles et des griffes, GILLES BOiLEAi), Àvis à Ménage. || 3* Fig. et familièrement. Pouvoir injuste et tyrannique; rapacité des gens de chicane. Je suis sous sa griffe. Gardez-vous de tomber sous la griffe des gens de loi. C'est vous [un avocat au parlement] qui êtes le patron des autres patrons, vous qui défendez si éloquemment la mémoire des ministres d'État, et qui la sauvez des vilaines griffes de l'insolente calomnie, costar, lett. (2, t. I, dans mciiELF.T. Allons tirer notre voisine D'entre les griffes du mâtin, la font. Fiancée. N'arrachez plus par la griffe d'un procureur un peu de farine à la bouche de la veuve et de l'orphelin, VOLT. Dict. phil. Morale. \\i' Terme de jardinage. Les caïeux de renoncule, d'anémone, etc. || Griffes d'asperges, les racines de l'asperge, le plant d'asperge. Il B° Terme de botanique. Appendice crochu à l'aide duquel certaines plantes grimpantes, par exemple le lierre, s'attachent aux corps qui les entourent. Il Griffes de girofle, pédoncules brisés du girotlier. || 6° Empreinte imitant la signature d'une personne. Tous les exemplaires sont revêtus de la griffe de l'éditeur. |{ L'instrument qui sert à faire cette empreinte. Apportez-moi ma griffe. || 7° Sorte d'instrument en forme de griffe d'animal qui sert à saisir, à tenir. {| Tenaille montée sur un morceau de bois, dont le doreur se sert pour tenir le bouton de métal qu'il veut brunir. || Instrument à cinq pointes avec lequel le graveur en musique détermine les extrémités des portées. || Nom d'un instrument dont les serruriers se seri'ent pour tracer les pannetons des clefs. || Terme de tapissier. Outil servant à tendre les grands tapis en fortes étoffes. || Crochet que les essayeurs d'ctain mettent sur les lingots pour en mari]uer la qualité. || Morceau de bois taillé de manière qu'il a deux crochets qui servent à assurer l'octil du tourneur. j| 8* À l'admini.ilration (lu timbre, griffe d'oblitération, insirument qui sert à obUlérer les timbres mobiles. || 9* Griffe d'ours, sorte de cendre gravelée.
— HIST. XIII* s. Quant Tybert [le chat] vit qu'il est dreciez. Par montaient est hericiez.... Puis done un saut, sel liert des gris, La face li a gratignce, Ren. 2590. || xvi* s. [Il avait] Jecté ses grifz sur la queue au serpent, J. marot, v, 63. Là fut Marcou [saint Marc] despaint en leurs banieres, Lyon rampant, jettant ses griffes lieres. L'une en ung livre et deux autres sur terre, id. v, io7. Est ici à souhaiter , d'estre pourveu de plusieurs mains , soient griffes, cucillers persées et autres inslrumens; pour, à la fois, retirer tout le fruit du succre, o. DE SERRES, 872. On cognoist le diable à ses griffes, cotgp.ave.
— ÊTYM. Piémontais, grif; de l'allem. Griff, action de saisir (voy. ohifper). Le Picard dit grau, qui a une autre origine.
t 2. GRIFFE (gri-n , s. m. et f. Personne née de l'union des nègres avec des mulâtres. Le griffe est mulStre d'origine et noir de peau. Les enfants d'un mulâtre et d'une noire, ou d'un noir et d'une mulâtre.«so qu'on appelle griffes, bufp. De l'homme, Variétés.
GRIFFÉ, ÉE (gri-fé, fée), port, possède griffer. Enfant griffé par le chat.
GRIFFER (gri-fé), v. a. || l°Terme de fauconnerie. Prendre avec la griffe. Sept couples d'éperviers parurent, lesquels donnaient la chasse à deux couples de vautours , les plumaient et griflaient en l'air, p. L. COUR. Prospect, d'une Irad. nouv. d'IUrnd. l|i* Donner un coup de griffe. Le chat l'a griffé. Je frissonne ; Ce lutin qui tantôt a pensé m'étouffer. N'a pas be.soin de voir pour me venir griffer, hao- TERdciiE, Espr. foll. IV, 2. Il 8* Se griffer, v. réft. Se donner l'un à l'autre des coups de griffe. Ces cn,'':ints se sont griffés.
GW
— HIST. xrv* ». Le quel bailli fu grifez au visage, si que sang en issi , du cange, grifare. \\ xvi* », ,... S'est élevé un lyon ravissant, Griffant, mordant à dextre et à senestre, i. marot, v, 83. La grand griffe Qui tout griffe A griffé le corps de Grypbs [célèbre imprimeur de Lyon], le p. mkhestrier, Philosophie des images, t li, p. 366, dans la-
CURNE
— ETYM. Allem. greifen, saisir ; anc. baut-allem. grifan; gothique, greipan ; angl. to gripe; sanscrit, grah, primitif grabh, saisir. Griffon, oiseau, a une autre origine.
t GRIFFET (gri-fé), t. m. Un des noms vulgaire» du martinet.
4 . GRIFFON (gri-fon), *. m. || 1* Oiseau de proie semblable à l'aigle. Ne mangez point de ceux qui sont impurs, qui sont l'aigle, le griffon, l'aigle de mer, l'ixion, le vautour et le milan, saci, Bible, Deuléron. xiv, 12, (3. || 2* Animal fabuleux, moitié aigle et moitié lion. Un ongle de griffon, assis sur un pied de griffon, d'argent doré.... cette pièce est excellente pour sa rareté, d'autant que cet ongle, qui est naturel, est fort grand et gros, de sorte qu'il tient une pinte et sert de mesure et d'étalon pour la pinte de vin de Saint-Denis, qui est grande; par ainsi qu'il est aisé à juger que cet oiseau, nomme griffon, à proportion d'un tel ongle, fui d'une monstrueuse grandeur et grosseur, doublet, Invent, de Si-Denis, dans de labobue, Émaux, p. 338. Il y a dans l'Arabie heureuse deux griffons, mes amis intimes, qui ne demeurent quà cent cinquante milles d'ici, volt. Prine. de Baliyl. 4. Sur des chars qu'emporte Le vol des griffons, v. nuGO, Bail. 4 4. Il II s'emploie en ce sens dans le blason. Il porte d'or au griffon d'argent. || 3° Nom d'une espèce de papier dont la marque est un griffon. Il 4° Nom donné aux différents points d'émergence des filets d'eau qui constituent une source. I| 6° Chien anglais qui a les poils du corps trèsdurs, et ceux de la tète longs et hérissés. || 6" Terme d'alchimie. Griffon des philosophes , l'antimoine. Il 7° Ancienne espèce de pièce de canon.
— HIST. XIV* s. Item un oef de griffon, garnis d'argent, od [avec] pié et covercle, de labohde, Émaux, p. 336. Dont fist mander Gaufroi, qui cœr ot de grifon, Baud. de Seb. vi, 80).
— ETYM. Provenç. griffo; csp. grifo; port, gripho; xiaX. grifone ; du lat. gryphus, et mieux grypxis, dérivé du grec yp'J'Vi YP'-J"»;. vautour.
t 2. GRIFFON (gri-fon), s. m. || 1° Un des nom» vulgaires du martinet noir. {| S* Lime plate et dentelée sur les bords, dont se sert le tireur d'or. Il 3' Terme de pèche. Hameçon double pour la brochet.
— ETYM. Griffe.
t 3. GRIFFON, ONNE (gri-fon, fo-n"), t. m. et f. Terme familier. Celui, celle qui griffonne, qui écrit mal. Petit griffon.
— HIST. XVI* s. Ainsi peu près au juge devisay, Et en parlant un griffon advisay, Qui de sa croche et ravissante pâte Escrivoit là l'an, le jour et la date De ma prison, et ce qui pouvoit duyre A leur propos, pour me fascher et nuyre, uarot, l'Enfer, v, 454.
— ÊTYM. Voy. griffonner.
GRIFFONNAGE (gri-fo-na-g*), t. m. || 1* Écriture mal formée et illisible. Je vous garde mon griffonnage, sÉv. 257. Bélise : Qu'est-ce que c'est que ce papier? — Marton : Du griffonnage, madame, quelque bagatelle apparemment; car cela est fort mal écrit, dancourt. Déroule du pharaon, se. ». Il 2° Écrit de peu de valeur. J'ai six volumes de mes griffonnages; c'est un ouvrage informe, comme vous devez le penser, genus, Thédtr. d'édue. U Voyageur, u, 6.
— ETYM. GRIFFONNER.
GRIFFONNÉ, ÊK (gri-fo-né, née), part, passé de griffonner. Monsieur, un homme noir et d'habit et de mine Est venu nous laisser jusque dans la cuisine Un papier griffonné d'une telle façon, Qu'il faudrait, pour le lire, être pis qu'un démon, mol. Mis. IV, 4.
t GRIFFONNÉE (gri-fo-née), «. /■. Petit papillon de nuit des environs de Paris.
t GRIFFONNEMENT ( gri-fo-ne-man ) , ». m. Terme de beaux-arts. Légère ébauche; petit modèle de terre ou de cire.
— ETYM. Griffonner.
GRIFFONNER (gri-fo-né), v. a. || 1* Écrire mal, d'une manière très-difficile à lire. Et déjà le notaire a, d'un style énergique. Griffonné de ton joug l'instrument authentique, boil. Sat. x. Mon héros griffonne de sa main des lettres gu'à peine on peut
GRI
lire, VOLT. lett. Bichelieu, 9 janv. <7«7. || Absolument. Mes douleurs se sont changées en enflure, de sorte que cette pauvre main droite ne peut plus me servir à griffonner comme ces jours passés, sÉv. Lett. 29 janv. (676. Je suis émerveillé de votre belle écriture, !a plupart des princes griffonnent, et Votre Altesse sérénissime aura peine h trouver (les secrétaires qui écrivent aussi bien qu'elle, VOLT. Lett. prince de Prttsse, (8. Surdité annonce décadence; mais la main va et griffonne, id. Lett. d'Argental, ("avr. (76i. || 2" Fig. et familièrement. Composer, rédiger avec précipitation et négligence. Il brûle tout ce qu'il griffonne, sÉv. 580. Je me sais bon gré d'avoir griffonné dans ma vie tani de prose et tant de vers, volt. Lett. en vers et en prose, ♦(. Tandis que les orages se formaient et se dissipaient au-dessous de l'entre-sol de Quesnai, il griffonnait ses axiomes et ses calculs d'économie rustique, MARMONTF.L, Mém. v. || Absolument. Est-ce que tu fais aussi des vers? je t'ai vu là griffonnant sur ton genou et chantant dès le matin, beaumabch. Barb. de Sév. 1,2. Il C'est un homme qui ne sait que griffonner, c'est un mauvais écrivain. {| 3° Dessiner grossièrement. Griffonner un croquis.
— HlST. XVI' s. Quand les peines et fatigues de ceux qui harpient à griffonner l'or, seroient plus grandes que ne les avez fait, cholières, Contes, f° i(, dans lacurne.
— ÉTYM. Griffon t . Griffonner, c'est d'abord saisir comme un griffon, puis écrire comme un animal qui a des griffes. Le mot griffe a aussi influé sur le sens ; car on a pensé que griffe et griffon avaient le même radical.
GRIFFON.NEUR (gri-fo-neur), s. m. || l" Celui qui griffonne. Voici une requête d'une autre espèce, que le griffonneur de la lettre vous présente, et par laquelle il vous demande votre protection, volt. Lett. Richelieu, 9 février (767. 112° Par dénigrement. Auteur qui écrit beaucoup, à la hSte et sans soin. Je' n'écris guère [de lettres); un malade, un laboureur, un griffonneur n'a pas un moment à lui, volt. Lett. Marmontel, ("rov. (769.
— HIST. XVI' s. Griffonneur, oudin, Curios. fr.
— ËTYM. Griffonner.
+ GRIFFONMER (gri-fo-nié) , t. m. Mauvais écrivain. Il y avait un roi de la Chine qui dit un jour à l'historien de l'État : Quoi ! vous voulez écrire mes fautes? Sire, répondit le griffonnier.... volt. Lett. d'Argental, 8 mai (763.
— ÉTYM. Griffonner.
■f GRIFFONNIS (gri-fo-nis'), s. m. Terme de dessinateur. Esquisse à la plume. |{ Gravure imitant un dessin à la plume.
t GRIGNARD (gri-gnar), s. m. Gypse cristallisé qu'on trouve interposé dans la pierre à plâtre. Il Sorte de grès fort dur qu'on emploie à la bâtisse.
t GRIGNE (gri-gn'), s. f. Se dit des inégalitésdu feutre. || Terme de boulanger. Fente. Pain à grigne.
— ÉTYM. Berry, grigne, miette, menue parcelle ; grigner les dénis, les montrer par humeur ou menace. Grigne est proprement l'action de montrer les dents, et dérive de l'ancien haut-allemand grinan ; allem. mod. greinen, grincer des dents; à quoi il faut comparer le celtique • bas-breton, fcnno; irl. creinim, grignoter, ronger. Il n'est resté que dans la technologie avec un sens figuré.
4. GRIGNON (gri-gnon), s. m.\\l° Morceau de l'entamure du pain, du côté où il est le plus cuit. Il 2° Nom d'un biscuit de mer, qui est en morceaux, sans avoir la forme ordinaire de la galette. || 3° Résidu du marc d'olives, après qu'on a exprimé toute l'huile.
— HlST. xv s. i la quelle fille le suppliant avoil accoustumé de donner des grignettes de pain, quand il tiroit le pain horsdufour, du cangr, grignolosus.
— ÉTYM. D'après Diez, grignoun signifiant, dans le provençal moderne, pépin, le grignon peut être considéré comme le pépin, le noyau, la partie la plus dure du pain; il viendrait du lat. granum, grain; le sens est bien peu favorable à une pareille étymologie. Ce mot paraît avoir la même étymologie que grignoter (voy. ce mot) : la chose qu'on grignote.
f 2. GRIGNON (gri-gnon), s. m. Sorte de poire.
GRIGNOTÉ, ÉE (gri-gro-té, tée) , part, passé de grignoter. Du pain grignoté par les souris.
GRIGNOTER (gri-gno-té). || 1» V. n. Manger doucement en rongeant. Cet enfant ne mange pas, il ne fait que grignoter. || Fig. et populairement. Faire quelque petit profit. Il trouve à grignoter dans cette affaire. 1| 2° F. o. Grignoter un morceau de pain. L'un neuf, en maroquin, et bien doré sur tranche; L'autre en parchemin vieux, que les vers grignotaient, la mottb, Fabl. iv, 9.
GBI
— HIST. XVI* s. Que peut espérer un homme de mon estât en leurs affaires? peut-on grignotter en leurs fidèles et bizarres formalités? d'au». Conf. ii, 6. La pine qui est cette espèce de grande coquille qu'on appelle nacre.... le pinothere mordant la nacre, [elle] ferme sa coquille : puis tous deux grignotent et mangent leur proye ensemble, pahé, Monstres, app. ( .
— ÉTYM. Fréquentatif de l'ancien verbe grigner, montrer les dents (voy. grigne).
GRIGNOTIS (gri-gno-ti), s. m. Terme de gravure. Travail du graveur qui consiste en points ou en traits tremblés.
— ÉTYM. Grignoter.
GRIGOU (gri-gou), s. m. Terme populaire. Gueux, misérable; homme avare et sordide. Que maudite soit l'heure où vous avez choisi ce grigou I mol. la Jalous-e du barbouillé, 5. Fille fringante auprès d'un vieux grigou, le Voyage d'Asnières, Bruxelles, (748. Pourquoi ne te maries-tu pas, grand imbécile, au lieu de vivre seul comme un grigou? scRiBR, Zoé ou l'Amant prêté, se. 4.
— ÉTYM. Origine incertaine. On l'a fait venir de grégeois ou grigois, nom des Grecs dans le moyen âge. On a indiqué aussi le bas-latin grigulosus, grignolosus, lépreux, rogneux, qui paraît tenir à l'allemand Grind, dartre, croûte.
f GRI-GRI (gri-gri) , s. m. Un des noms du projer, oiseau.
GRIL (gri ; mais \'l se mouille devant une voyelle : un grill en fer; au contraire Chifllet, Gramm. p. 208, dit que \'l ne se prononce jamais, quoiqu'il suive), s. m. \\ 1° Ustensile de cuisine qui est formé de verges de fer parallèles et un peu écartées l'une de l'autre, et sur lequel on fait rôtir de la viande, du poisson, etc. Mettre une côtelette, du boudin sur le gril. Le préfet de Rome fait cuire le diacre Laurent sur un gril de six pieds de long, volt. L'hil. Déf. de milord Bolingbroke, 3«. || Fig. et familièrement. Être sur le gril, être dans une situation fâcheuse, dans une grande inquiétude, dans une grande impatience. Vous la tenez sur le gril, genlis, Théât. d'éduc. la Rosière, n, <.||2° Terme de marine. Sorte de chantier horizontal au-dessus duquel on place un navire pendant la haute mer. || 3° Terme d'imprimerie en taille doues. Machine sur laquelle on met chauffer la planche de cuivre avant de l'encrer. Il 4° Espèce de claire-voie placée en amont d'une vanne, afin d'arrêter les bûchettes et immondices que peut charrier la rivière. || S° Terme de théâtre. Les dessus du théâtre de l'Opéra. Les dessus ou cintres d'où l'on règle toutes les toiles de décor sont au nombre de trois; considérés isolément, ils portent encore les noms de pont, de gril, attendu qu'ils sont à claire-voie , c. blaze, Hist. de l'Acad. de imisique, n° xxviii, t. Il, p. 382.
— HIST. XIII' s. Ou sera bouillis en chaudière. Ou rostis devant et derrière. Ou sur charbons ou sur greïlles, Ou tournoies à grans chevilles, la Rose, (9477. Auquanz en vit [il en vit quelques-uns] arz [[brûlés] e bruis, Qui sur graïl erent rostis, marie, Purgatoire, (095. ||xiv' s. Pour avoir fait et forgié un gril d'argent blanc pour servir en la cuisine du roy N. S., de la borde. Émaux, p. 336. || xvi' s. Comme un cheval se polit à l'estrille. Et comme on voit un harang sur la grille, st-gelais, 94. Apporte-moi ce gril qui est là-bas? L'apprenti pensoit qu'il deraandoit ce drap gris qui estoit resté du manteau.... La faute vint que l'apprenti avoit toujours ouï dire grille, féminin; et non pas gril, des- PEH. Contes, XLViii. Trop est cuit qui au gril tient,
PALSGR. p. 47 (.
— ÉTYM. Gril est la forme masculine de grille fvoy. ce mot). On remarquera que, dans l'ancienne langue, grail ou greil est de deux syllabes.
GRILLADE (gri-lla-d'. Il mouillées, et non griya-d'), s. f. Il 1° Manière d'apprêter certaines viandes en les grillant. || Faire grillade, mettre sur le gril des cuisses de dinde, de poularde et autres choses semblables qui sont déjà rôties. || 2° Viande grillée. Une bonne grillade. Quand je suis avec mes amis. Je ne suis plus malade ; C'est là que je me suis permis Le vin et la grillade; N'en déplaise à monsieur Thévard [son médecin]. Je n'en irai qu'un peu plus tard Voir Jean de Vert, DESUOU- LiÈRES. Chanson sur Vair de Jean de Vert.
— ÉTYM. Griller (
(. GRILLAGE {gri-lla-j', Il mouillées, et nongriya-j'), s. m. || 1° Action de griller; résultat de cette action. H 2° Opération de métallurgie qui consiste à faire passer le minerai par plusieurs feux avant de le fondre. On donne à ces pyrites deux, trois et quatre feux de grillage avant de les fondre, aeff. Min. |
GRI
t. y, p. 10«. Il 3' Terme de chimie. Combustion d'un corps à l'air libre. || 4° Terme de confiseur. Action de faire griller des fiuits, des noyaux, dans du sucre. Faire un grillage d'amandes. || La chose grillée. Il 5' Terme de manufacture. Grillage ou flambaga des tissus de coton, opération qui consiste à faire passer les toiles de coton par la flamme, pour les débarrasser du duvet qui leur reste après qu'elles ont été tissées.
— ÉTYM. Griller I.
2. GRILLAGE (gri-lla-j', U monillée.s, et nongriya-j'), s. m. || t- Garniture de fil de fer qu'on met aux fenêtres. || 2° Terme de construction. Treillis de grosse charpente mis dans les fondations, dans l'eau ou dans un terrain glaiseux. || 3° Terme de poche. Barreaux pour empêcher le poisson de sortir d'un étang.
— ÉTYM. Griller 2.
tGRILLAGER (gri-IIa-j6, U mouillées. Le jprend un e devant o et o : grillageant, grillageons), v. a. Faire, poser des grillages. Grillager une fenêtre, un soupirail. Châssis grillagé.
— ÉTYM. Grillage 2.
t GRILLAGEUR (gri-lU-jeur, Il mouillées), t.m. Celui qui fait du grillage, qui le pose.
— ÉTYM. GrilUiger.
GRILLE (gri-ll", U mouillées, et non gri-ye), s.f. Il 1° Assemblage à claire-voie de barreaux de fer ou de bois, se traversant les uns les autres et servant à fermer une fenêtre, une ouverture. Mettre une grilla à une fenêtre. Les verrous et les grilles d'une prison. Et les soins défiants, les verrous, ni les grilles, Ne font pas la vertu des femmes ni des filles, mol. Êc. des mar. i, 2. Ainsi chante à travers les grilles Un captif.... bkrang. Prisunn. || Être sous les grilles, être en prison. Oui, dit l'ange, mais je plaidai : Tu ne fus qu'un an sous les grilles, béhang. Angegard. Il 2° Barrière en petits carreaux fort serrés, qui sépare en deux le parloir d'un couvent. La grille du parloir. || Fig. Épouser une grille, se faire religieuse. Vous souhaitez qu'elle épouse une grille, HADTEBOCHE, Crispin médecin, dans le roux, /)i'(i. comique, || Le parloir même, lies religieuses sont toujours à la grille. || Fig. Les personnes <|ui sont au parloir. Toute la grille à ces mots effroyables Tremble d'horreur, gress. Vert-vert, iv. || 8° 'l'reillis de fer qui sépare d'avec le chœur ou la nef la place destinée aux religieuses. || 4° Clôtures ou séparations formées de longs barreaux montants et parallèles. La grille du château. La porte d'une grille. La grille du Carrousel il [François I"] acheta la grille d'argent dont Louis XI avait orné l'église de .*aint Martin de Tours; elle pesait 6776 marcs, deux onces moins un gros, volt. Hist. parlem. ch. XVI. Il 5° Barres de fer sur lesquelles on place le charbon dans un fourneau au-dessus du cendrier. Il Ustensile en forme de grille qui sert à brûler le charbon de terre dans les cheminées des appartements. Il Grille de feu, ou, simplement, grille, se dit de chenets attachés ensemble à quelque distance l'un de l'autre, avec une barre de fer. || 6° Terme de blason. Barreaux de la visière d'un heaume, qui servaient à garantir les yeux. L'un sur son écusson porte un casque sans grille. Dont le père autrefois a porté lamandrille, boursault, Fabl. d' Ésope, m, 4. Il 7° Plaque de fer trouée qui est sur une làpe et qui sert à pulvériser le tabac. || 8° Terme de manège. Partie de l'étrier qui sert d'appui au pied du cavalier. || 9" Terme de fonderie. Châssis de fer qui .sert â porter le massif sur lequel s'établit le modèle, à soutenir les bricaillons dont on remplit la fosse et à lier les murs des galsries. || Terme de doreur. Treillis sur lei|ue! on expose les ouvrages au feu. Il 10° Terme de construction. Synonyme de grillage n° 2. Il 11° Terme de chancellerie. Parafe en forme de grilles ou de barreaux qui se traversent les uns les autres, que les secrétaires du roi mettaient quand ils signaient officiellement, au devant de leur parafe. Signé , Goujon , avec grille et paralè , et scellé du grand sceau de cire jaune. Arrêt du conseil dÉtat, (9 janvier (720. || 12° Terme de cryptographie. Carton bizarrement découpé à jours, qui, posé sur une dépêche secrète, ne laisse apparents que les caractères nécessaires et masi|ue ceux de pur remplissage. || 13° Dans un jeu de paume, fenêtre carrée. || 14° Petit vaisseau long, à l'usage du teinturier sur soie. || Terme de rubanier. La quantité de tours des mêmes ficelles posées en tête des hautes-lices, sur le devant des deux porte-rames, el qui servent à faciliter le passage des rames. Il 15° Terme de commerce. Sorte de laine d'Espagne très-estimée,
— ÉTYM. Grille est pour gralUt et vient du bas-
RRI
latin gratieula, corrompu do cratieu'a, dlmlnjtif de crate$, claie, grille.
I. GRrrj.fS, ÈE (ffrl-llé, liée, Il mouillées), part. patte de «riller i. ||1' Cuit sur le gril. Des cOtelenes grillées. || Drrtié sur un gril. Esclave comme Montérume, Grillé comme Guatimozin, la motte, Fabl. IV, 4». Il Par pxagération. Trop chauffé. Le fou est bien ardent , j'ai les jambes grillées. Il î* Ilrillé par le soleil. Ce raisin est tout grillé. Il S. m. Terme niral. Le grillé, mauvais état de la vigne causé l'ar une trop longue et trop forte chaleur.
a. GRILLA, ÉE (gri-llé, liée. M mouillées), part, passé de griller 2. Fermé avec une grille. Toutes les fenêtres sont grillées. || Terme de théâtre. Loge grillée, loge fermée du cOté de la scène par une grille. I.es prédicateurs venaient souvent à la comédie dans une loge grillée étudier Baron, et de là ils allaient déclamer contre la comédie, volt. ioHi'î IIV, écrivains, Baron. || Renfermé sous des grilles. Des filles grillées.
(.GRILLER (gri-llé, H mouillées, et non gri-yé), V. a. Il 1° Rôtir sur le gril. Griller des saucisses. Aussitôt des soldats affamés se jetaient sur ces chevaux abattus et les dépeçaient; puis, sur des feux faits des débris de leurs voitures, ils grillaient ces chairs toutes sanglantes et les dévoraient, ségur, Hist. de Nap. ix, o. || Terme de métallurgie. Griller des métaux, les faire chauffer à plusieurs reprises avant de les fondre, afin de hs dégager des matières étrangères. || 2" Par extension, brûler d'une façon (|uelcon(|ue. Il s'est grillé les doigts en touchant une pincette trop chaude. Le fer était trop chaud, il a «rillé la main de la repasseuse. Je veux te poursuivre, inhumain, Une torche noire à la main. Je t'en grillerai les moustaches, Homme le plus lâche dos lâches, scabhon, Virg. iv. Le tonnerre a grillé un poirier chez mon curé, Boss. Lelt. abb. tOB. Il 8° Chauffer trop fort. Ce feu grille les jambes. || Absolument. Ce feu est trop ardent, il grille. Il i° Il se dit de l'effet produit par la chaleur du soleil, par la gelée. La grande ardeur du soleil a grillé les vignes. La gelée a grillé ces plantes. Il 5° V. n. Éprouver un excès de chaleur. Vous êtes en plein soleil, vous grillez. Condamine l'observateur S'en va griller sous l'équateur, volt. Ép. xxxix. Il Fig. Avoir un extrême désir. La femme du pcndeur s'en retourne chez elle ; L'autre grille déjà d'en conter la nouvelle, la font. Fabl. VIII , 6. Il Familièrement. Griller d'impatience , griller dans sa peau, ou, absolument, griller, être en proie à une vive impatience. || 6° Se griller, V. réfl. Élre rôti sur le gril. Le feu est bien allumé ; ces côtelettes se grilleront vite. || Avec suppression du pronom personnel : Faites griller ces côtelettes. 11 IMucius Scévolaj donne son bras en proie à la flamme et le laisse longtemps griller, le p. catrou, dans nKSKONTAiNES. il Être brûlé d'une façon quelconque. Mes cheveux se sont grillés. Ces fleurs se grillent au soleil. Les papillons viennent se griller à la chandelle. || Par exagération. Se chauffer trop fortement. Il se grille devant le feu.
— HIST. XII* s. Raoul repaire, fait ot le destorbier ; Les iionnains fist ardoir et graaiUier, Itaoul de C. 62. Il xvi* s. Et. attendant graisier des chastaignes, escript en foyer avec ung baston, hab. Garg. i, 28. La dellense ne feut si toust faicte que elles grisloyent en leurs entendements d'ardeur (le veoir qu'estoyt dedans, id. l'anl. m, 34. Les ladres ont la peau crespie comme une oye déplumée, à sçavoir aspre, aride et inégale, icelle se ridant et grillant par l'adustion et siccité intérieure des humeurs, paré, xxii, lo. Je sçais qu'il s'est trouvé des simples païsans s'estre laissez griller la plante des pieds.... avant que de s'estre seulement voulu mettre à rençon, mont, m, (52.
— tr\M. Cril;bomgmg. gruUni ; Berry, griller. a. GRILLER (gri-llé, 12 mouillées, et non pas
gri-yé) , v. a. Fermer avec une grille. Griller une fenêtre. El, pour ne craindre rien de leur noire furie, Je veux de toutes parts fermer la bergerie ; Faire avec soin griller mon château tout autour, HKGNARD, Folies omour. i, 3. Il Griller une personne, la tenir enfermée dans un lieu muni de grilles. Allez, vous êtes fou de vouloir à votre âge, Pour la seconde fois, tàter du mariage, Plus fou d'être unoureux d'un objet de quinze ans, Encor plus fou d'oser la griller là dedans, regnard. Fol. amour, i, 3. Il Familièrement. Griller une tille, la mettre au couveiiL
— HIST. XVI' s. La roine-mere faillit à l'envoyer en prison, (luand son maistre estoit grillé [enfermé], d'al'b. Hist. II, 184. Seul en une chambre grillée,
TVEB. p. »tt.
— ÈTYM. Crille.
t •. GRILLET (gri-lIS, Il mouillées), ». m. Grillet blanc, espèce de narcisse.
2. GRILLET (grillé. Il mouillées), (. m. ou GRILLETTE (gri-llè-f), ». f. Terme de bla.son. Sonnette ronde au cou des chiens et aux jambes de» oiseaux de proie.
— KTYM. C'est une autre forme de grelot. GRILLETÉ, ËE (gri-lle-lè, tée, H mouillées),
adj. Terme de blason. Oui a des grillettes aux pieds ou au cou.
+ GRILLOIR (gri-lloir, {( mouillées), ». m. Fourneau pour griller les étoffes qui doivent être rases; emplacement oil se fait cette opération.
— ÊTYM. Griller t.
GRILLON (gri-llon. Il mouillées, et non griyon), s. m. Petit insecte de l'ordre des orthoptères qui aime les lieux chauds et obscurs ei qui frit entendre un certain bruit. Ce bruit que font entendre les seuls grillons mâles (car les femelles sont muettes) est produit par le frottement de leurs élytres l'un contre l'autre. Le grillon du foyer. Adieu, voisin grillon, dit-il, je pars d'ici, font. Fabl. v, 4. D'une voix plus modeste, au hasard inspirée. Nous, comme le grillon, chantons au coin du feu, a. ur MUSSET, Poésies nour. Idylle. || Grillon-taupe, courtilière.
— HIST. XIII" s. Si aperçut un gresillon, il«». 7985. Il XV* s. Es fables des anciens e.st plus prisée laformis que le grillon [cigale]; car la formis pourchasse l'esté sa pourveance pour son yver, et le grillon ne fait que chanter l'esté durant, et l'yver s'en va mourant de faim, Percefor. t. iv, f° 4 59. ||xvi* s. Du chevalier âgé, qui fit sortir les grillons (caprices] de ta teste de sa femme par une saisnée — Tandis que le sang decouloit du bras de cette damoiselle, son mari sentoit oculairement les grillons s'afîoiblir, DESPER. Conto, cxxvii. Ils rugissent comme lions, ils gresillonnent comme grillons, paré, Animaux, 26 Les grésillons qui de leurs cris tranchans Salueront les porteurs à leur retour des champs, rons. 7:i5. Femme mieux file en sa maison, quand elle oyt chanter le grillon, génin, Récréât, t. il, p. 239.
— ÉTYM. Bourguign. gresillon, charançon. Diez tire gresillon du latin gryllus, grillon, gré-sillon, comme oi'-siWon d'at)tt, et pu-celle de pulta; avis a donné aviceUus, d'où oisel, et, diminutif secondaire, oisillon; pulla a donné pullicela, d'où pucelle; gryllus de cette façon aura donné gryllicellus, d'où grisel, gresillon. Quant à grillon, et à ses congénîres, dans la ville de Genève et dans le Berry, grillet, grelet, ce sont des diminutifs directs de gryllus.
f I. GRILLONS (gri-llon, ii mouillées), s. m. pi. Piles cafrées qui servent d'arcs-boutants aux bûches que l'on empile en travers dans les chantiers. On dit aussi roseaux.
— ÊTYM. Grille. Dans l'ancien français grésillons, et, par suite, grillons signifiaient des menottes, un instrument de torture à serrer les pouces, et tenaient ainsi à grille.
t 2. GRILLONS (gri-llon. Il mouillées), t. m. pi. Synonyme de rillons (voy. co mot).
— ÊTYM. Griller i.
t I. GHILLOT (gri-llo, U mouillées), ». m. Un des noms vulgaires du grillon.
t 2. GRILLOT (gri-llo, U mouillées), ». m. Perche dont se sert le fabricant de glaces. || Terme de métallurgie. Cavité particulière aux fers aigres.
GRIMAÇANT, ANTE (gri-ma-san, san-t"), adj. Il 1* Oui grimace. Le barbouilleur qui a joint ce tableau grimaçant aux autres qui paraissent assez fidèles, dit autant de sottises que de mots, volt. Lett. à Urne du Deffant, 20 sept. I789. Ses bustes [de Caracalla] au col de travers, à la figure grimaçante, sont ainsi parce qu'il a exigé qu'ils fussent ainsi, ampère, llist.rom. à Rome, Introd. p. lviu. Il Fig. Voilà pourquoi tout le monde s'est jeté dans ce misérable style marotique, dans ce style bigarré et grimaçant, où l'on allie monstrueusement le trivial et le sublime, le sérieux et le comique, volt, dans le Dict. de beschereli e. || 2° Par analogie. Qui fait des plis. Une robe grimaçante. Ses souliera grimaçants vingt fois rapetassés, boil. Sat. x. Il Terme de botanique. Oui olfre des plis irréguliers.
GRI.MACE (gri-ma-s'), s. (.\\l° Contorsion du visage faite involontairement ou volontairement et à dessein. Vous n'avez que faire de hocher la tête et de me faire la grimace, mol. G. Dand. 11, 3. On ne conçoit ta mort que sous l'idée de la grimace d'un homme mourant, sans y voir rien de co qui l'accompagne, NICOLE, Est. mor. 3* traité, chap. 3. Son visage faisait des grimaces bideuaes, fén. Tél. viu.
nm
Il Fig. Faire la grimace, témoigner son déplaisir. Je fis une grimace intérieure, et je les laissai croire ca qui devrait être, sev. eo;i. Quand ce ne serait que pour faire faire U grimace à Roi, et enlaidir encore le vilain, volt. Lett. d'Argental, 29 juill. )74», Un sauvage boit du vin, il fait la grimace, 1. 1. Rouss. Fm. II. Il Fig. Faire la grimace i quelqu'un, lui faire mauvais accueil, mauvaise mine. Une grimace , une parole de chagrin nous mettent en colère, et nous nous préparons à les repousser comme si c'était quelque chose de bien redoutable, NICOLE, Est. mor. i" traité, chap. H. La comédienne [une maltresse de Charles II] est aussi fii're que la duchesse de Portsmoutb [autre maîtresse] ; elle la morgue, lui fait la grimace, elle l'attaque, sév. 11 sept (675. On ne pouvait l'apaiser [la future de la Vrillière], ni la faire taire, ni faire qu'elle ne fit pas la grimace à la Vrillière, ST-^m. 77, 261. Il Fig. et familièrement. Faire la grimace, en parlant des vêtements, faire de mauvais plis. Il 2* Fig. Feinte, dissimulation. Tout le secret ne gît qu'en un peu de grimace, cokn. le Ment. 1, 6. Je dis franc ma pensée, et je fuis la grimace, hauteroche, Crispin mut. 11, ( . Quoi I parte qu'un fripon vous dupe avec audace Sous le pompeux éclat d'une austère grimace. Vous voulez que partout on soit fait comme lui? MOL. Tart.s, (. ivotreavis, mes pères, est-ce par grimace et par feinte que les juges chrétiens ont établi ce règlement Îpasc. Prot;. i4. Le repentir que vous attendez n'est qu'une grimace ; U douleur que vous espérez, une illusion et une chimère, unss. 2* serm. Divinité de la relig. 3. Eh quoil la Dieu des chrétiens est-ce un Dieu qui se paye de vaines grimaces, ou qui se laisse corrompre par le» présents? id. Panég. St Vtctor, (. Qu'il [Dieu] soit servi de bonne foi ou par pure grimace, ce n'est pat une affaire qui vous regarde, mass. Carime, Injutt. du monde. Ne traitez-vous pas leur piété de chimère et de grimace? id. Carême, Évid. de la loi. Où la gaîté n'est que grimace. Où le plaisir n'est que du bruit, PAVART, Ninetle, 11, 8. || .4u plur. Manières affectées. L'honnêteté d'une femme n'est pas dans les grimaces; il sied mal de vouloir être plus sage que celles qui sont sages, mol. Critique, 3. Le Tartuffe met en vue les grimaces étudiées des hypocrites, ID. Tari. 2* plaeet. Au travers de toutes vos grimaces, j'ai vu la vérité de ce que l'on m'a dit et le peu de respect que vous avez pour le noeud qui nous joint, ID. G. Dand. 11, 3. || 3* Boite à pains à cacheter dont le dessus est une pelote pour ficher des épingles. C'est un petit trousseau complet ; et puis par-dessus le marché voici une jolie grimace, ouvrons-la, GENLis, Veill. du chat. t. 11, p. iot, dans POUGENS. Il 4° Coquillage de mer.
— HIST. XIV* s. Les Franczois les firent viser, Aflin qu'il poussent s'aviser De les combattre en celle place; Jehan leur fist une grimace, tir. du bon Jehan, 2217. || xvi* 5. Sur cette humeur d'une gravité et grimace paternelle, mont. 11, 82.
— ETYM. Berry, migrace; espagn. grimaxo, posture extraordinaire dans un tableau. Diez le tire, non très-affirmativement, de l'anglo-saxon grima, masque, fantôme. Scheler préfère l'ancien h. allcm. grim, furieux, colère, qui a donné le prov. grim, affligé, grimar, affliger. Grimace parait tenir à l'italien grimo, ridé (voy. grime), et signifierait proprement grosse ride, vilaine ride.
GRIMACER (gri-ma-sé. Le c prend une cédille devant o et o ; grimaçant, grimaçons), 1». n. Il 1* Faire une grimace, des grimaces. Cet enfant grimace continuellement. Qui, bâillant, grimaçaient d'une façon bizarre, rêg.nier, Sat. xiv. Il Fig. et substantivement. Simulation de bons sentiments fausses bigottes Qui tiennentque le grimacer Peut tous les péchés effacer, scarr. lïrj. vi. Il 2° Fig. En termes d'arts, il se dit d une expression outrée. .Si, moins ami du peuple, en ses doctes peintures, U [Molière] n'eût point lait souvent grimacer ses figures, boil. i4rt p. m. Ne fais plus grimacer tes odieux portraits , volt. i>t»c. 3. Le Laocoon souflTre, il ne grimace pas; cependant la douleur cruelle serpente depuis l'extrémité de son orteil jusqu'au sommet de sa tête, Diderot, Fssai sur la peint, ch. 4. Tout ce qui fait grimacer la nature do l'homme me semble peu digne d'esiime, ciiateaubr. Itinér. 3* part. I| 8° Fig. U se dit des vêlements qui font de mauvais plis. Cet habit grimace. || 4* Quelques auteurs l'ont employé activement. Débiter en grimaçant. Oui par les carrefours vont leurs vers grimaçant, bêgnier, Sa». 11. l- Simuler laidement. L'on voit à nu toutes les difformités du vice grimaçant la \erlu, vver. Morceaux choitu, p. 337.
— ETYM. Grimace.
GRI
I ftRIMACERIE (grima-se-rle), s. f. Action de
grimacer. Et, par plaisir, la tiare essayant, Il fit autour force grimaceries, Tours de souplesse et mille singeries, la font. Fabl. vi, «.
— Etym. Grimacer.
GBIMACIEK , ÈRE (gri-ma-sié , siè-r") , adj. !| 1° Oui l'ait ordinairement des grimaces. Cet enfant est grimacier. Il Substantivement. Un grimacier. Une grimacière. Ce monsieur du journal m'appelle jacobin, homme horrible, ordurier, grimacier, chiffonnier, p. L. COUR. 2» lettre particul. || 2" Par extension, qui a des façons minaudières. Cette femme est fort grimacii"'re. || Substantivement. Une grimacière. Il 3° Fi^. Oui a le caractère de l'hypocrisie. Les démonstrations grimacières qu'on me prodigue, J. J. Rouss. Prom. 6. || Substantivement. Ils donnent bonnement [les hommes sincèrement vertueux] dans le panneau des grimaciers, et appuient aveuglément les singes de leurs actions, mol. D. Juan, v, 2.
— HiST. xvi* s. En aucuns lieux on appelle grimaciers les statuaires qui font ces marmousets qui sont es riches bastimens faisant mines comme s'ils portoient l'arc d'une voûte ou quelque autre poisant fais, LÉON TRipfAULT, Celthellenisme, a\i mol grimace.
— ÉTYM. G'imace.
GRIMAUD (gri-mô; le d ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des gri-mô-z encroûtés), s. m. 111° Anciennement, nom donné aux écoliers des basses classes, aux élèves les plus ignorants. D'abord pour donner des leçons Aux grimauds et petits garçons, Il apprend .si bien la grammaire.... Que le mot le plus discordant, Il le conjugue.... Le Voyage de Mercure, )853, dans fr. michel, Argot. Il 2° Fig. Mauvais écrivain, mauvais artiste. Allez, petit grimaud, barbouilleur de papier, mol. F. sav. m, 5. Ces musiciens ne sont que des grimauds auprès de lui, sfiv. 271. Mais, bien que ses durs vers, d'épithètes enflés. Soient des moindres grimauds chez Ménage siffles, Lui-même i s'applaudit.... BOiL. .^at. IV. On ne saurait croire combien de mécontents a faits le choix du ministre (des gens de lettres invités à la table du roi de Danemark) ; il n'est point de grimaud qui ne se soit imaginé digne de cette faveur, et qui ne regarde comme une injustice atroce d'avoir ét«- excepté, BACHAUMoNT, Uéiii. secrcts, t. iv, p. (56. || 3° Pédant encroûté. Il sait le grec, c'est un grimaud, LA BROY. XII. Les Bignon, les Lamoignon étaient de purs grimauds ; qui peut en douter? ils savaient le grec, II). XII. Je vous remercie et je vous félicite de votre plan d'études ; il semble qu'autrefois les collèges n'étaient institués que pour faire des grimauds; vous ferez des gens de mérite, volt. Lett. Robert, 23 févr. (764. ||4° Grimaud, un des noms vulgaires de la chouette. || 5° Adj. Grimaud, grimaude, qui est d'humeur chagrine, maussade.
— HIST. XVI* s. Grimaud [le père au diable] , oldin, Curios. fr. La lumière et dignité a esté de mon âge rendue es lettres, et y vois tel amendement, que, (le présent, à difficulté serai je receu en la première classe des petits grimaulx, qui, en mon aage virile, estoys réputé le plus sçavant du dit siècle, sabel. Pant. n, s. Puys y accourut le maistre d'eschole, avecques tous ses pédagogues, grimaulx et escholiers, m. ib. iv, 48.
— f.rY.M. Dérivé de grime. Grimaud a deux sens, celui de mauvaise humeur, qui se rapporte à grimer ; et celui de mauvais écolier, qui probablement dérive aussi de grimer; l'idée défavorable qui est dans grimer ayant été portée sur ces petits et mauvais écoliers. Grimaud, le père au diable, dans Oudin, paraît offrir une transition. Au contraire, Scheler pense que grimaud en ce sens contient un radical grimer qui est dans grimoire, et qui signifierait griffonner. Dans le xiv siècle on nommait à Chartres grimaudus , grimault, un cierge que le doyen offrait à la Cliandeleur.
t GRIMAUDAGE (gri-mô-da-j'), s. m. Radotage, ôtez-vous de l'esprit tout ce grimaudage d'une f'-nime [elle-même] blessée d'une grande plaie; elle est très-petite, sÉv. 4 févr. 4 685.
t GBIMAUDERIE (gri-mfl-de-rie) , s. f. Langage de grimaud, de pédant, radotage. J'employais ce que je pouvais de temps à lire indiftéremment toutes sortes de livres, où j'appris plus en trois mois que je n'avais fait en sept ans au collège à ouïr les grimauderies pédantesques qui m'avaient de telle manière perdu le jugement, que je croyais que toutes les fables des poètes fussent des choses véritables, Francion, 1. iv, p. I68.
— HIST. XVI' s. U avoit mené deux siens fils à Poitiers, pour estudier en grimauderie fà l'univei^ site], DESPER. Contes, lxxiii.
GRT
— ÉTYM. Grimaud.
GRIME (gri-m'), s. m. || 1" Mauvais écolier. Cest un grime. || 2° Terme de théâtre. Personnage des vieillards ridicules, par opposition à pore noble. Jouer les grimes, ou, adjectivement, les pères grimes. || On dit dans le même sens : Cet acteur est un excellent grime.
— KTYM. Grime a deux sens ; pour celui de vieillard ridé, il vient de l'italien grimo, ridé (voy. grimer!; quant à l'autre, il paraît en venir aussi comme grimaud ; car le cas est le même.
GRIMÉ, ÉE (gri-mé, mte) , pnrÉ.pcwi^ de grimer. Un acteur grimé d'une façon comique.
GRIMELIX (gri-melin), s. m. || 1° Petit garçon. Il 2' Joueur dont le jeu est mesquin. Ce n'est pas un beau joueur, c'est un grimelin.
— HIST. XVI' s. Qu'il n'y aura pas jusqu'aux petits grimelins qui ne se meslent d'en faire un affiche de collège, des Acconns, Bijarrures, préface.
— f.TYM. Diminutif de grime.
6RIMELIXAGE (gri-me-li-na-j"), s. m. || !• Petit
jeu mesquin. || 2° Petit gain qu'on se ménage dans une affaire. Il a fait dans cette affaire quelque grimelinage.
— ÉTYM. Grimeliner.
GRIMELINÉ, ÊE (gri-me-li-né, née), part, passé de grimeliner. Acquis par petits gains. C'est de l'argent grimeliné.
GRIMELINER (gri-me-li-né), v. n. || 1° Jouer pstit jeu et mesquinement. Il ne joue jamais gros jeu, il grimeliné. || 2" Se ménager quelque petit proKt dans une affaire. Il n'est pas dans les grandes affaires, il ne fait que grimeliner. || Activement. Je vous remercierai toujours des bont^% dont vous m'avez honoré auprès de cet épineux d'Espagnac; il devrait bien plutôt songer à tirer le pays de Gex de la misère, qu'à giimeliner des lods et ventes, volt. Lett. Chauxelin, n déc. <7S9.
— HIST. XVI" 3. Grimeliner [étudier la grammaire, être écolier], oudin, Dict.
— RTYM. Grimelin.
GRIMER (SE) (gri-mé), v. rtfl. Terme de théâtre. Se peindre des rides, et se donner la physionomie d'un vieillard, d'une duègne. Cet acteur se grime bien.
— ÉTYM. Dérivé de l'ital. grimo, ridé, que Diez tire de l'anc. h. allem. grim, colère, furieux (avec le front ridé). X Grimo tient grinza, ride, de l'anc. h. allem. grimmisôn, être courroucé.
GRIMOIRE (gri-moi-r'), s. m. || 1" Livre des sorciers pour évoquer les démons, etc. Ne soupçonnestu point qu'agité du démon Ainsi que ce cousin des quatre fils Aimon Dont tu lis quelquefois la merveilleuse histoire. Je rumine en marchant quelque endroit du grimoire? boil. Ép. xi. Il y eut des livres où les mystères des sorciers étaient écrits; j'en ai vu un à ïa tête duquel on avait dessiné assez mal UB bouc et une femme à genoux derrière lui ; on appelait ces livres grimoires en France, et ailleurs l'alphabet du diable, volt. Dict. phil. Bouc. Au peuple en butte à nos larcins. Tout grimoire En peut faire accroire, bérang. Bohémiens. || Fig. Savoir le grimoire, entendre le grimoire, être habile dans les choses dont on se mêle. || 2° Fig. et familièrement. Discours obscur, écriture difficile à lire. El que c'est, mon ami, un grimoire et des mots. Dont tous les courtisans endorment les plus sots, Régnier, Sat. IV. Sans tant de contredits et d'interlocutoires Et de fatras et de grimoires. Travaillons, les frelons et nous, LA FONT. Fabl. i, 21. Je lui répondis [au duc d'Orléans] que je n'avais aucune aptitude pour les finances, que c'était un détail devenu science et grimoire qui me passait, st-sim. 3»i, ne. Soit que d'un vieux papier timbré II débrouille le long grimoire, VOLT. Leit. en vers et en prose, 42.
— KRM. Il a été féminin : Mais je trouve en ma grimoire Que la foire Jamais ne le quittera, Gausserie par le sieur de Sygognes, 1 834, dans fr. Michel, Argot.
— HIST. XIII* s. J'irai en l'abeïe à nostre abé parler; Si ferai le gramaire et lire et conjurer, Hist. litt. de la France, t. xxir, p. 695. || xiv* s. Et 11 bastart s'escrie : vez me chi, biaus amis ; Lut avés de gramare; je sui 11 anemis [le diable], Baud. deSeb. XX, p. 242. Il XV* s. Je l'os bien lire le grammaire; Alons à ly ; il nous appelle, Mystères inédits du xv" s. jUBiNAL, t. I, p. 69. Se fist traiter en homme desçavoir. Leur promettant à leur faire asçavoir Chouses cachées, chouses hors de mémoire Qui excédent et logicque et grammoyre, p. faifeu, xix. || xvi* s. Je pense que ce sont des mots de la grimoire, des accords , Bigarr. équivoques français.
— ÉTYM. Diez pense que ce mot vient de l'anc. h. allem. grima, spectre. Mais la forme ancienne du
r.Ri
mot, qui estgramaire, gramare, ne le rapproche pas de grima. Génin y voit une variété du mot grammaire, la grammaire ayant été prise pour un livre de science occulte dans lequel on lisait pour évoquer le diable. Scheler y trouve un radical grimer , signifiant griffonner; mais, comme pour grima, le thème est gramare et non grimoire; grimoire n'apparaît qu'au xvi* siècle, ayant passé par gramoire. En conséquence, il vaut mieux suivre la forme et tirer gramare du bas-latin gramma, lettre; de lettre, on peut passer au sens de grimoire. Gramma est le grec ypâfiiia, de Ypôçsivi écrire; et gramare représenterait grammarium. L'anc. anglais a dit glamour, tire du français.
GRIMPANT, ANTE (grin-pan, pan-t'), adj.
I! 1" Qui grimpe, qui a l'habitude de grimper. Rien ne peut arrêter cet animal grimpant [la chèvre] , la FONT. Fabl. XII, 4. Il 2" Ternie de botanique. Plante grimpante, plante dont la tige, trop faible pour se soutenir elle-même, s'élève le long des corps voisins, soit en se roulant autour d'eux, soit en s'y accrochant.
t GRIMPART (grin-par), GRIMPEAC (grin-pû), GRIMPENIIADT (grin-pan-bû), s. m. Voy. gwmpereau.
t GRIMPÉ, ÉE (grin-pé, pée), part, possède grimper. Monté, parvenu sur. Uncouvreur grimpé surun toit. Un enfant grimpé sur unâne. || Fig. [Un homme de robe] Ne s'énonçaiit jamais qu'avec poids et mesure. Et qui, toujours grimpé sur la magistrature, Hors de son tribunal aurait cru déroger, palissot, les Philosophes, i, 5.
GRIMPER ( grin-pé), ti. n. || 1" Gravir en s'aidant des pieds et des mains. Quand il fallut grimper, les uns se soulevaient, les autres se guindaient iivec des cordes et des nœuds courants, vaugel. Q. C. yii, M. Au bord de quelque bois sur un arbre je grimpe. Et, nouveau Jupiter, du haut de cet olympe Je foudroie à discrétion Un lapin qui n'y pensait guère, LA FONT. Fabl. x, 45. C'est que le juste, sévère à lui-même et persécuteur de ses propres passions, se trouve encore persécuté par les injustes passions des autres, et ne peut pas même obtenir que le monde le laisse en repos dans ce sentier solitaire et rude où il grimpe plutôt qu'il ne marche, boss. Reine d'Anglet. Voyez grimper sur ces roches Ces athlètes belliqueux, boil. Ode i. Les ennemis, qui craignaient d'être coupés, ont abamlonné dam l'instant tout le chemin couvert, et, voyant dans leur ouvrage vingt de nos grenadiers qui avaient grimpé par un petit endroit où on ne pouvait monter qu'un à un, ils ont aussitôt battu la chamade, BAC. Lettre à Boileau, 24 juin I692. || Il se dit des animaux en un sens analogue. Elle (la marmotte": grimpe sur les arbres, elle monte entre deux jiarois de rochers, entre deux murailles voisines; et c'est des marmottes, dit-on, que les Savoyards ont appris à grimper pour ramoner les cheminées, bi'ff. Quadrup. t. m, p. 8. Il Fig. et familièrement. On dit d'un vin capiteux qu'il grimpe à la tête. || Employé activement. Comme une chèvre en grimpant un rocher, Régnier, Sat. xvi. Xénophon ne jugea pas qu'il fût à propos de marcher en bataille, mais à la file, parce que les soldats ne pourraient garder leur rang à cause de l'inégalité du terrain, facile à grimper dans un endroit et difficile en un autre, ce qui leur ferait perdre courage, bolun, Ilist. anc. OEuv. t. IV, p. 4 i'9, dans pougens. || 2° S'élever en s'attachant aux corps voisins, en parlant des plantes. Cette vigne a grimpé jusqu'au premier étage. || 3° En général, monter sur un lieu haut, sur quelque chose d'élevé, sans s'aider des pieds ni des mains. Coulanges a grimpé sur sa chaise, sÉv. 582. Les uns courent deux cents lieues pour porter nos lettres; les autres grimpent sur les toits de nos maisons, pour empêcher que nous ue .soyons incommodés de la pluie, quelques-uns font bien pis, in. 4:i). Si vous couriez avec tant d'ardeur lorsqu'il fallait grim]ier par des précipices, il est hors de la vraisemblance, que vous vous arrêtiez tout à coup ijuand vous aurez rencontré la plaine, boss. Sermotis, impénit. i. Je le suis, nous grimpons à son cinquième étage, montesq. Lett. pers. 4 5. On grimpe sur la cime des montagnes avec les mulheureui qui s'y .sont réfugiés, niDfR. Claude et \ér. Il, 40». Cependant le bruit s'était répandu dans l'île que la fortune avait visité ces rochers; on y vit grimper des marchands de toute espèce, bf.bn. de st-p. P. et Yirg. Je grimpe derrière la voiture, picard, Prnvinc. d Paris, m, 47. (1 4° Se grimper, ». refl. Grimper. I e curé vit lout ce spectacle [la bataille] du haut de son clocher où il s'était grimpé, st-sim. \i, i:i7. || Fig. et familièrement. Il se grimpe, il affecte des sentiments, un langage élevé.
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— HIST. xvr s. Par picques et enchelles les uni montoient i mont, Et les autre» gripoient par les chaînes du pont, j. marot, v, <îi. Les bras longs et tortus du lierre grimpant, bons. 804.
— RTYM. Wallon, griper, grimper; Borry, grimper, saisir. On tire ordinairement ce mot du germanique : anc. h. allem. klimban, allem. mcd. klimmen, gravir. Mais on trouve griper pour grimper, et grimper pour gripper; il vaut donc mieux admettre que ce mot vient du hollandais grippen, saisir, autre forme de l'allemand greifen , saisir (voy. grifkerI : on s'accroche pour grimper.
GRIMPKREAU (grin-pe-rô),*. m. Genre de petits oiseaur qui grimpent le long des arbres. Il Grand grimpereau, le pic varié. || On dit aussi grimpart , grimppau, grimpenhaut.
— ÉTYM. Grimper.
GRIMPEURS (grin-peiir), s. m. pi. Terme d'histoire naturelle. || 1° Ordre d'oiseaux dont les doigts sont conformés de manière à leur permettre de grimper facilement le long des arbres, etc. (perroquets, pics, torcols, coucous, grimpereaux, toucans, etc.). || 2° Famille de l'ordre des rongeurs. Il 3° Section de la famille des reptiles ophidiens apodes.
— CTYM. Grimper.
GRINCEMENT (grin-se-man) , s. m. Action de grincer les dents. Ces grincements de dents, ces gémissements et ces pleurs, ces feux qui ne doivent jamais s'éteindre, bourdal. Myst. Passion de J. C. t. i,p. <68. Il |le tigre] rugit à la vue de tout être vivant; chaque objet lui paraît une nouvelle proie qu'il dévore d'avance de ses regards avides , qu'il menace par des frémissements affreux mêlés d'un grincement de dents, buff. Quadrup. t. m, p. 249.
— HlST. XVI' s. Fit changer leurs ris et joye en pleurs et grincement des dens, caiv. InsM. 563.
— ÉTYM. Grincer.
GRINCER (grin-sé. Le c prend une cédille devant a et 0 : grinçant, grinçons). || 1" F. o. Serrer les dents les unes contre les autres, de manière à faire entendre un craquement. Il s'est armé contre moi de toute sa fureur; il a grincé les dents en me menaçant, SACi, Bible, Job, xvi, )0. Les fanatiques grinceront les dents et ne pourront pas mordre, d'alemb. Lett. à Voltaire, 4 3 mai <759. Les douleurs de la néphrétique lui feront grincer les dents, J. J. ROtiss. Em. IV. Il 2"' V. n. Grincer des dents. Il Absolument et fig. Et sa muse [de J. B. Rousseau] qui toujours grince, Et qui fuit les jeux et les ris, VOLT. Épil. LUI. Il Par extension, on dit qu'une roue, qu'une porte grince, quand elle fait un bruit désagréable en tournant.
— HIST. XVI' s. Bien que les reprouvez souspirent ou grincent le» dents sous les coups.... calv. Inslit. 6<(.
— ÉTYM. Picard, grincher; de l'anc. haut-allem. gremiîôn, grincer des dents ; anglo-sax. grimetari.
tGRINCUER (grin-ché),t'.n. Sediten parlant du pain dont la chaleur du four fait trop lever la croûte.
— ÉTYM. Probablement le même que grincer.
t GRINCUEUX, EUSE (grin-cheû, clieu-z'), od;. Terme populaire et provincial. Qui est revêche, de mauvaise humeur.
t GRINETTE (gri-nè-f) , s. f. Nom vulgaire du r&le de genêt, quand il est jeune.
t GRINGALET (grin-ga-lè; le ( ne se lie pas), t. m. Terme familier. Homme faible de corps et grêle. M'est avis que c'était plutôt.... comme qui (lirait le gringalet de page, beauharch. ifar. de Fig. II, 21. Il Homme sans consistance. Nous ne serons pas alors des imlividualités obscures, sans importance.... des gringalets, ajoutait Malvina en appuyant, reybaud, Jérôme Palurot, i, 5.
— HIST. XII* s. i une brance par la resne Ot le guingalet arresné, chrestibn dk troyes, dans fr. MiCHKL, Argot (qui remarque qu'ailleurs le même auteur dit toujours gringalet) .\\ xm' s. Les armes reçut un valet. Uns autres prist lou gringalet, Nouv. rec. de fabliaux et contes, t. i, p. )34. || xiv* s. Et si estoit montez dessus un gringalet (autre leçon : gingalet) Qui l'ambleûre vaassez mieux d'un mulet, Guesciin, I8»58. ||xvi« s. Gringalet [bouffon amusant], OUDIN, Dict.
— ÉTYM. X Genève on l'emploie adjectivement : cheval gringalet, homme gringalet. Origine incertaine. On indique l'allemand gering, petit; mais cela, vu la forme, est bien douteux. Dans les xii*, xiii* et XIV* sii'oles, un gnnsa/cl était une sorte de cheval.
t GRLNGETTE (grin-jè-f) , t. f. Un des noms vulgaires de la perdrix grise.
GRINGOLÉ, ËE (grin-go-lé, lie), odj. Terme de blason. Il se dit de certaines croix dont les extré-
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mités aboutissent en têtes de serpents dites autrefois gargouilles.
— ÉTYM. Gringole, corruption de gargouille (voy. ce mot).
GRINGOTTER (grin-go-té), V. n. || 1* En parlant des petits oiseaux, fredonner. Un serin qui gringntte. Il 8° Familièrement. Il se dit des personnes qui fredonnent mal. Il Activement. Vous ordonnez que je gringotte Quelques vers sur la ravigotte ; Je ne sais bonnement comment parer la hotte ; On tirera sur ma calotte, le p. nu cerceau, dans dhsfontainks,
— HIST. XV' s. Quant me sentys ainsi énamouré, de gayeté me pris à gringoter, J'ercefor. 1. 1, ^ 78. Comment il deschante et gringote, Kartyre de St P. et de St Paul. || xvi* s. C'est une chanson gringottée, La musique en est bien notlée, Ou l'assiette de la clef ment, mahot, ii, 4 28. Ta note Tant sotte Gringote [médit] De nous, m. ni, 91. Il chante, il se ddgoise, il ghngotle comme un rossignol, par^, Animaux, 19. Gringuenotter une messe [la dépêcher], H. EST. Apol. d'Ilérod. p. 646, dans lacurne.
— ÉTYM. Origine inconnue, à moins que ce ne soit une onomatopée du chant des oiseaux.
GRINGUENACDE (grin-ghe-nô-d') , s. f. || 1* Petite ordur.e qui s'attache aux émonctoires et ailleurs par malpropreté. {[ 2° Restes de diverses choses bonnes à manger. Des gringuenaudes de pain, de pâté.
— ÉTYM. Origine inconnue.
f 4. GRIOT (gri-o), s. m. Synonyme do recoupe du blé. Les boulangers fournissent aux amidonniers les griots et les recoupettes qu'ils peuvent employer sur-le-champ, Dict. des arts et met. Amidonnier.
— ÉTYM. Même racine que gruau.
t 2. GRIOT (gri-o), adj. m. Le genêt griot (voy. genêt).
<. GRIOTTE (gri-o-f), s. f. Espèce de cerise à courte queue, qui est un peu aigre, et plus grosse que les autres.
— REM. D'après l'Académie, la griotte est une cerise à courte queue plus douce que les autres; elle aurait dû dire : cerise aigre, mais plus douce que les autres cerises aigres.
— HIST. xvi* s. Les agriotes ou cerizes aigres sont plus propres à confire que les guines ou cerizes
douces, o. DE SKRIlES, 857.
— ÉTYM. La forme première est agriote, et semble venir de Sypio;, sauvage.
2. GRIOTTE (gri-o-t'), s. f. Marbre tacheté de rouge et de brun. La griotte d'Italie. || La griotte du Languedoc, sorte de marbre au ton rouge cerise.
— ÉTYM. Ainsi dit de la cerise griotte.
GRIOTTIER (gri-o-tié; l'r ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des gri-o-tié-z en fleurs), *. m. Arbre qui porte les griottes.
— HIST. XVI* s. Le griotier à rozes est un grand arbre semblable en bois et fueilles au cerisier aigre, ne produisant aucun fruit, ains seulement des rozes incarnates.... par enter l'on l'engeance de telles rozes, les grcffans sur des cerisiers communs aigres ou doux, o. de serres, 560.
— ÉTYM. Griotte t.
t t. GRIP (grip), t. m. Terme de fauconnerie. Oiseau de grip, oiseau qui ne vit que de rapine. — HIST. XVI' s.Grip [action de prendre] , ouniN, Dict.
— ÉTYM. Voy. GRIPPER.
t GRIPET (gri-pè), s. m. Nom que l'on donne à Montmédy à des rampes très-rapides qui sont dans la ville ; on le dit aussi dans les Côles-du-Nord pour un chemin roide.
— ÉTYM. Griper dit pour grimper (voy. ce mot). On dit dans d'autres provinces gripot.
t GRIPHE (gri-r) , s. m. Terme d'antiquité. Enigme, questions compliquées que l'on se proposait. Notre incomparable Saumaise qui se joue des griphes. ici sans espérance de passer outre, balzac, le Barbon.
— ÉTYM. Lat. griphus , de tP'?°«> énigme, proprement filet.
GRIPPE (gri-p'), s. f. Il 1* Terme familier.Fantaisie, goiit pa.ssager, capricieux. [Le duc de Noailles] C'est un homme de grippe, de fantaisie, d'impétuosité successive, st-sim. 317, <*2. 11 [le régent] eut bien de la peine à se contenter des trois marches qu'ils [les hauts sioges] devaient avoir; c'ast une grippe, pour user de ce mauvais mot, ciue je n'ai jamais pu démêler en lui, id. 641, 9. Il Prendre quelqu'un en grippe , se prendre de grippe contre quelqu'un, se prévenir sans motif contre lui. Voilà ^uel était l'homiue qui, toujours par le même motif peut-être, me prit en grippe, uniquement sur ce que je le servais fidèlement, 1. }. Rouss. Confess. vu. Oui, madame, j'ai pris en
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grippe l'amitié comme la médecine, p. l. codr. Lett. II, 62. Il î* Catarrhe épidémique, ainsi dit parce qu'il grippe, saisit une foule de gens. Vous avez peut-être oui parler de ces mauvais rhumes épidémique», auxquels les Français, qui nomment tout, ont donné le nom de grippe, qui est en effet très-significatif, bonnet, Leu. div. CEuv. t. xii, p. 213, dans pouGKNS. La grippe, en faisant le tour du monde, a passé par notre Sibérie, et s'est emparée un peu de ma vieille et cliéUve figurei VOLT. Lett. C hahanon, io ja.nv. 1768.
— HIST. xiii* s. Car lors Hcrodes ly cuyvers, Qui tant estoit fel et divers, .Son droit seumom estoit Agrippe, Mais ne verrez plus maie grippe, Hisl. de* trois Maries, ms. p. 227, dans lacurne. || xvi' g. Dites moy pourquoy c'est qu'on vous représente vous autres messieurs les avocats en la qualité que dessus sous ce creon des harpies ; cela ne nous certifie autre chose sinon que vous aimez fort la grippe, CHOUÈRES, Contes, f* 82, dans laccrmi:.
— ÉTYM. Voy. GRIPPER.
GRIPPft, ÉK (gri-pé, pée), part, passé, jle gripper. Il 1" Saisi avec la griffe ou comme avec la griffe. .... Maudit coq, tu mourrasi Comme elles l'avaient dit, la bête fut grippée, la pont, t'ai'l. v, «. || Saisi, en langage de mécanismes. Une infinité de petites pointes en fil de laiton, grippées dans la fonte [d'un cylindre imprimeur], poncelet, Rapp. sur les mnch. et oiuils, t. I, p. 456. Il i' Terme de médecine. Face grippée, face dans laquelle los traits sont resserrés et contractés sur eux-mêmes, de manière qu'ils semblent diminués de volume. || 3* Atteint de la grippe. Je .suis grippé.
t GUIPPE-ARGENT (gri-par-jan) , s. m. Celui qui cherche à gripper de l'argent, celui qui a l'habitude d'en gripper.
— HIST. XVI' s. Gripp' argent, cotgrave.
fGRIPPE-COQDIN (gri-pe-ko-kin), s. m. Nom plaisant doD'ié à tous les agents chargés d'arrêter le» malfaiteu.s, particulièrement aux gendarmes. Bravo I mon garçon, un gendarme n'aurait pas mieux fait. — M. le juge de paix, répliqua Rabusson eu se redressant d'un air de dignité offensée, il me semble qu'un ancien maréchal des logis au deuxième régiment des cuirassiers de la garde vaut bien tous los grippe-coquins du monde, ch. de Bernard, le Gentilhomme camparinanl, n, 24.
t GRIPPE-FROMAGE (gri-pe-fro-ma-j') , *. m. Surnom du chat. Quatre animaux divers, le chai grippe-fromage, Triste oiseau le hibou.... la font. Fabl. vm, 22. |1 Au plur. Des grippe-fromage ou fromages.
t GRIPPELER (SE) (gri-pe-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : se grippelle, se grippcllera), ti. réjl. Se froncer, se crêper, en parlant d'étoffes.
— ÉTYM. Dérivé de gripper.
t GRIPPEMENT (gri-pe-man) , *. m. || 1° Effet que produisent sur elles-mêmes deux surfaces métalliques qui frottent l'une contre l'autre. Il 2° Terme do médecine. Grippement do la lace, état de la face grippée, dans la péritonite et les douleurs abdominales très-aiguës.
— HIST. XVI* s. Grippement [action de gripper],
COTGRAVE
— ÊTYM. Gripper.
t GRIPPEMISAOD (gri-pe-mi-nô), s. m. Nom du chat. Les voilà tous deux arrivés. Devant sa majesté fourrée; Grippeminaud leur dit : mes enfants, approchez, la font. Fabl. vu, I6.
— HIST. XVI* s. Grippeminaud [ravisseur, voleur], OUDIN, Dict.
— ETYM. Dérivation plaisante de gripper, sans doute avec mtnoiid, minet, nom du chat.
GRIPPER (t-'ri-pé), v. a. || 1° En parlant du chat ou de tout autre animal à griffes, saisir subtilement. Le chat a grippé la souris à la sortie du trou. Il 8° Par extension et familièrement, dérober, ravir le bien d'autrui. On lui i grippé .sa bourse. Il 3* Populairement. Arrêter, saisir. Il était avec elle, Monsieur, quand au collet on l'est venu gripper, TH. CORN, le Galant doubli, iv, 8. || 4' Fig. Prévenir défavorablement. Comme il est offensé, comme il est en colère... tout ce qu'il écrit là-dessus est la plus plaisante et la plus naturellu chose du monde , et l'a tellement grippé , que je ne ftIi point du tout comme H. de la Trous,se se porte, sf.v. 61 1. Il 6* Se gripper, v. rdfl. Kn parlant des étoffes, le retirer, se froncer. Le crêpe se grippe facilement. || On le dit aussi en ce sens au neutre : Cette étoffe grippe. || Fig. et (amil.ùreuienl. Se prévenir défavorablement et sans raison. C'est un homme sujet à se gripper.
— HIST. xvi* s. Approchèrent la dit« galère des
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GRI
GRl
François et tant qu'ils abordèrent et commencèrent à euh gripper aux cordes et monter pour cuider entrer dedans, jean d'autou, Annales de Louis Xll, mss. P" 27, dans i.acurne. Et plusieurs autres chevaliers qui estoient plus aspres à ceste curée que chiquanoux i gripper, hnoue, )4|.
— ÊTYM. Gotli. (jreipan; anc. scand. grtpa; holland. grijpen , saisir, autie forme de l'allemand greifen (voy. cniPFER).
t GRlPPKlllE (gri-pe-rie), s. f. Volerie, pillerie.
— HIST. XVI' s. L'Escriture sainte nous donne da fort riches témoignages des menaces que Dieu fait contre vostro gripperie, cbolières, Contes, f* 85, dans LACi BNE.
— ÊTYM. Gripper.
GRIPPE-SOD (gri-pe-sou) , ». in. || 1* Anciennement. Nom qu'on donnait à celui qui recevait à l'hôtel de ville de Paris les rentes des particuliers, et qui avait pour sa peine deux liards par livre. Il 2° far mépris. Homme qui fait de petits gains sordides. || Au plur. Des grippe-sou ou sous.
— ÈTYM. Gripper, et sou.
t GRIPPECR (gri-peur), s. m. Terme familier. Celui qui grippe, qui dérobe.
— ÉTYM. Gripper. On a dit gripparddM xvi* siècle : Un milan que je interprette un pillard, grippard, et qui en prend où il en peut avoir, st-ju- UEN, ifcsl. hist. p. 597, dans lacurre.
GRIS, Isa (gri, gri-z'), ad). \\i' Oui est de couleur entre blanc et noir, de couleur de cendre. Certaine fée un jour était souris; C'était la fatale journée Où l'ordre de la destinée Lui faisait prendre l'habit gris, la motte, Fabl. v, 20. || Papier gris, papier qui n'a pas de colle et qui sert à filtrer. Il Vin gris, vin très-paillet. || Patrouille grise, ronde d'agents de police qui fait un service de sûreté pendant la nuit, et qui ne porte pas d'uniforme, mais qui est couverte de manteaux gris. Il Sœur grise, espèce de religieuse qui sert les malades, et qui porte un costume gris. Monseigneur fut enseveli, les uns ont dit pardes sœurs grises, les autres par des frotteurs du château, st-sim. 295,26. Il Terme d'anatomie. Substance grise de l'encéphale, substance de couleur grise qui est distribuée dans certaines parties de l'encéphale. || 2° Il se dit de la nuance des cheveux qui par l'âge perdent leur couleur naluielle. Les rjdiciiles aventures D'un amoureux en cheveux gris, malh. m, 3. 11 me sied bien, ma foi , de porter tête grise , Et d'être encor si prompt à faire une sottise, mol. Et. ii, 8. Qu'il T a d'enfants à cheveux gris, et qu'il y a d'enfants dans le monde, puisque nous n'y voyons autre chose que des hommes faibles en raison et impétueux en désirs! boss. 2' serm. Purifie. 2. || Familièrement. Être tout gris, avoir les cheveux gris. (I 3° Par extension, sombre. La nuit venait, et déjà ses mains grises Sur la nature étendaient ses rideaux, volt. Bégueule. || Temps gris, temps couvert et froid. || Elliptiquement. Il fait gris. Il 4° Terme d'imprimerie. Lettres grises, grandes lettres gravées sur bois ou sur cuivre, qui ont des vides de manière à n'être pas tout à fait noires, et dont on se sert au commencement des chapitres. Il B° Fig. Oui est déplaisant comme quelque chose de sombre. Faire grise mine à quelqu'un, lui faire mauvais visage. L'inconsolable dame Elise, Faisant une mine bien grise, scarbon, Virg. iv. || Populairement. En voir de grises, éprouver de grandes contrariétés. || En faire voir de grises, faire éprouver de grandes contrariétés. || 6° Fig. et familièrement. Etre gris, être à moitié ivre. 11 est gris dès le matin, beaumarch. Slar. de Figaro, ii, 21. C'est peu d'être gris. Amis, soyons ivres, béhano. Scandale. Il 7° 5. m. La couleur grise. Les gris blanc, gris sale, gris brun , de castor, de Bréda et toutes autres sortes rie gris, Hèglem. sur les manuf. août tceo, Teint, en soie, laine et fil, art. 69. Gris de ramier, ib. art. (5. Gris tannés, tb. art. 48. Les gris plombés, ib. art. 29. L'intérieur était d'un gris de souris fort lustré, bon.net, Observ. f , Insect. || Gris de lin, couleur qui participe du blanc et du rouge. Dans les derniers tournois. Monseigneur porl.iit s«s couleurs; quelles sont ses couleurs? l'aurore et le gris de lin, genlis, Jeanne de France, t. ii, p. H, dans poi'GENS. {| Adjectivement (emploi où le mot gris reste invariable et où l'on met un trait d'union). Couleur gris-de-Iin. Étoffe grisbrun. Des habits gris-brun. Étoffe gris-de-perle. N'est-elle pus rouge [la casselte]? — Non, grise. — Hé oui , gris-rouge, c'est ce que je voulais dire, MOL. Avare, v, 2. De quelle couleux me con- (eilles-tu de le prendre? gris-de-fer ou gris-dejnoreT bruey.s. Avec. Pat. i, 3. Un cavalier vêtu de
velours gris-blanc, le sage, Diabl. boit. 13 Dans les pays du nord il y en a de toutes couleurs [des renards], des noirs, des bleus, des gris, des gris-defer, BUFK. Quadrup. t. ii, p. 218. Elle [l'hirondelle de rivage] a toute la partie supérieure gris-de-souris, ID. Ois. t. Xll, p. 39*. Sa lumière gris-de-perle [de la lune] descendait sur la cime indéterminés des forêts, cHATKAUB. Atala, le Récit des chasseurs. il Fig. Si les pensées n'y sont pas noires, elles y sont au moins gris-brun, sÊv. 221. Tu verras les maris sourire avec un visage gris-brun, dallainval. École des bourg, m, 4 2. \\i' Terme de vétérinaire. Le gris, robe du cheval caractérisée par un mélange de poils blancs et de poils noirs. On distingue plusieurs variétés : le gris très-clair ; le gris clair ; le gris ordinaire ou cendré; le gris foncé; le gris ardoisé: !e gris de fer. Les espèces gris tourdille, gris étourueau, gris sale, sont dues à des modifications particulières de la nuance générale. {| Gris pommelé, se dit du poil des chevaux, qui est mêlé de blanc et de noir. || 9' Habillement gris. Il ne porte que du gris. Il est un petit homme Tout habillé de gris Dans Paris, bérang. Petit h. gris. || 10° Petitgris, voy. petit-gris, à son rang. {] 11° Gris-perlé, sorte de mauvais champignon. || Proverbe. La nuit tous les chats sont gris, voy. chat.
— HIST. xn* s. Un petit mantel gris, Ronc. p. 2*. Il XIII* s. Il la recouvrent chaut et de gris [petitgris] et d'ermin, Berte, lv. || xv* s. De Cisteaux qui est ordre grise [ordre portant le gris ou plutôt le blanc], eust. desch. Poésies mss. {° 669. Kt pareillement ne exposeront en vente gris en bote qui ne soit bon et loyal; et seront tenus mectre gris d'aumusse fin, gris entre fin et le moindre gris chacun à part, sans les mesler les ungs par les autres, Ordonn. juillet (486. Faire grise mine et mauvais recueil ausdites masques, Aresta amorum, p. 4i7, dans laci RNE. || xvi' s. Ventre saint gris, que tu es aise, MAHOT, i, 213. J'ay bon vouloir, respond la teste grise, ID. li, 299. Quel visage eus-tu d'elle? — Gris, ID. I, 202. Sous du gris ou du bureau habite bien souvent un courage de pourpre, calv. Instit, 684. Laisse le gris [froc] et son austérité, marg. Nouv. Lxiv. Quatre grands roussins gris-pommelez, carloix, VIII, 28. Gris de lin, gris d'esté.... gris de ramier, gris perlé, gris argenté, d'ahb. Fœn. i, 2.
— ÉTYM. Provenç. gris; espagn. et portug. gris, petit-gris; ital. griso, grigio ; bas-lat. griseus du IX' siècle; du germanique : ancien saxon, gris, quia les cheveux blancs; allem. mod. Greis, vieillard. Comme Qrec s'est dit gris, Génin, Récréât, t. i, p. 137-144, a prétendu que gris venait de là; mais l'antiquité de griseus ne permet pas une pareille étymologie ; il a pensé aussi que gris dans le sens d un peu ivre représentait le latin grxcari, faire la débauche, faire le grec; mais gris en ce sens paraît récent, du moins l'historique n'eu offre pas de trace; il faut donc y voir un mot de plaisanterie pour indiquer l'état entre le blanc et le noir et figurément entre la raison et l'ivresse.
t GRISAGE (gri-za-j'), s. m. Terme collectif. Les couleurs grises. En toutes sortes de racinages et grisages, comme sont les ventres de biche, couleur de cannelle, etc. Instr. gén. pour la teinture, 48 mars I67i, art. 74.
GRISAILLE (gri-zâ-ir. Il mouillées, et non grizâ-ye), s. f. || 1° Peinture qui se fait avec du blanc et du noir, et qui représente des objets supposés blancs. Les grisailles sont une imitation du bas relief. Faire de la grisaille. Travailler en grisaille. Peindre en grisaille. || 2° Terme de peinture sur verre. Grisailles, verres peints en tons légers. || 3" Esquisses préparatoires où les couleurs locales ne sont point indiquées. || 4° Mélange de cheveux bruns et de cheveux blancs, dont on fait des perruques. Il 6° Espèce de papillon de nuit. |{ 6° Peuplier blanc.
— ÊTYM. Dérivé de gris.
GRISAILLE, ÉE (gri-zâ-llé, liée. Il mouillées), part, passé de grisailler. Fait en grisaille. Ornés de figures taillées, Très-artistoment grisaillées, scarro.s, Virg. IV. Il Fig. Il est certain que je trouve quelque chose d'usé, de passé, de grisaille, d'inanimé, de froid, dans les auteurs qui firent les délices de ma jeunesse, cwateaub. tlnn. t 4", p. S87.
GRLSAILLER (gri-zâ-llé, Il mouillées, et non gri-zâ-yé). Il 1° V. a. Enduire de gris. || 2° \'. n. Prendre la couleur grise. [Le carton] battu jusqu'à ce qu'il grisaille, lesnE, la Reliure, p. 162.
— ÉTYM. Grisaille.
t GRISARU (gri-zar),s. m. || 1° Blaireau. || 2° Espèce de goéland. Tous les grisards, suivant les observations de M. Baiîlon, sont, dans le premier âge, d'un gris sale et sombre, buff. Ois. t. xvi, p. 203.
Il 8*Gr%s trop dur pour pouvoir servir au paveur. Le grès que les ouvriers appellent grisard est si dur et si difficile à travailler, qu'ils le rebutent mêmepoui n'en faire que des pavés, buff. Min. t. i, p. 207.
— ETYM. Gris.
GRISÂTRE (gri-zâ-tr'), adj. Qui tire sur le gris. Un vêtement grisâtre. Ce ciel nébuleux et grisâtre, cette tri.stesse de l'atmosphère qui annonce encore du mauvais temps pour le reste de la journée, m- DER. Salon de 1766, CIb'ut'. t. xiii, p. 238, dans pougens. Par un temps grisâtre d'automne, lorsque la bise souffle sur les champs, chateaub. Génie, i, v, 7.
— ÊTYM. Dérivé de gris.
1 4. GRISG, ÉE (gri-zé,zée), ad). Terme de serrurerie. Qui est seulement limé en gros.
— ÉTYM. Probablement gris, vu que, blanchi M disant ch«z les serruriers du fer limé jusqu'à ce qu'il ait tout son éclat, grisé se sera dit du fer llmâ grossièrement.
2. GRISÉ, ÉE(gri-zé, zée), part, passé de griser 2. Devenu à moitié ivre. Grisé par un coup de Champagne || Fig. Grisé par l'odeur de la poudre. Grisé par les louanges, par le succès.
t GRISE-BONNE (gri-ze-bo-n'j, *. f. Variété de poire. Des grises-bonnes.
t GRISELETPE (gri-ze-lè-f), *. f. La grande hirondelle de mer.
tGRISELLE (gri-zè-1'), s. f. Nom de plusieun poissons.
1 1 . GRISER (grl-zé). 1° || F. a. Terme didactique. Donner une teinte grise. Tous les tons [de couleur] compris dans le plan circulaire sont susceptibles de recevoir l'addition du noir, ce qui grise ou rabat la couleur, chevbeul. Comptes rendus de l'Acad. des se. t. L, p. 884. Il 2° V. n. Devenir gris. Les bleus célestes et les autres bleus de nuances plus basses, ne feraient que griser et perdre l'éclat du bleu, hislr. gén. pour les teintures de laine, 48 mars 467), art. 4».
— ÉTYM. Gris.
2. GRISER (gri-zé), v. a. || 1° Faire boire quelqu'un jusqu'à le rendre demi-ivre. Je veux griser un peu Mlle Cateau, pour savoir si elle a le vin tendre, COLLB, Part, de chasse de Henri IV, m, lO. Il 2° En parlant de liqueurs fortes, de la fumée de tabac, etc. Porter à la tète, étourdir. La fumée de tabac me grise. ||Fig. Ces belles promesses l'avaient grisé. Il 3° Se griser, v. réfi. Devenir gris. La table est mise, La chère exquise, Que l'on se grise; Trinquons, mes amis! uéhano. Cocagne. || Fig. S'exalter, devenir comme ivre. Il se grise de ses propres paroles.
— ÉTYM. Gris.
GRiSET (gri-zè), ». m. Ijl* Jeune chardonneret qui n'a encore que ses plumes grises. || 2° Voy. ÉPINE (épine luisante).
—ÉTYM. Diminutif de gris.
GRISETTE (gri-zè-f), s. f. || 1» Vêtement d'étoffe grise de peu de valeur. Un haut-de-chausses de grisette. Un poui-point couleur de noisette, scarh. Ftrg. VI. De jeunes fillettes, Aimables, bien faites. Autant que vous l'êtes. Font, dans leurs griscttes, Bien plus de fracas Que de vieux appas En or de ducats, DANCOURT, Fête de vill. Ùivertissement. Il 2" Terme de marine. Vice dans les bois provenant d'une fermentation de sève due au contact de l'air par suite d'une blessure. || 3° Jeune fille de petite condition, coquette et galante, ainsi nommée parce qu'autrefois les filles de petite condition portaient de la grisette. 11 avait à quatre ou cinq milles de Londres une petite maison de campagne, toujours meublée de quelques grisette3,HAMiLT. Gramm. lu. Je suis las d'être bien battu et mal nourri; je suis las de passer la nuit à la porte d'un lansquenet et le jour à vous détourner des grisetles, bkgmabd. Attend, s.l'orme, se. i . Le maréchal de Noailles était fort accusé de n'avoir pas renoncé à la grisette, .st-sih. 2(1, 92. Elle est jolie, à la bonne heure; mais y a-t-il moyen de penser qu'une grisette lui ait tourné la tête î car il n'est question que d'une gri^ette, ou tout au plus de la fille de quelque petit bourgeois, qui s'était mise dans ses beaux atours, MAR1V. Marianne, *' part. On apprend beaucoup dans le frivole volume de Fléchier [sur les grands jours d'Auvergne] ; on y apprend même que les giisettes étaient de jeunes bourgeoises de la vill» qui avaient une galanterie un peu hardie, et qui se piquaient de beaucoup de liberté, ch. labitte, Rev. des Deux-Mondes, 16 mars 1845, p. 1092. || Particulièrement. Jeune fille qui a un état, coulurière, brodeuse, etc. et qui <e l.ùsse facilement courtiser pal les jeunes gens. M.iis vive la grisette I Je veux, Lisette, Boire à nos amours, bébang. Lisette. || 4" Nom vulgaire de la sylvie cendrée (Europe) de Latham, dito aussi oiseau i Korua blanche tIMo»' Vill4t»iri
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de l'aUude sénégalienne. || Nom »ou» lequel on a désigné, dans le jeune «Ke, l'anas noir, dit aussi macreuse, leooahant. || Voy. mapouktte. || B° Nom donné par Geoffroy à l'hespéric Tages (lépidoptères diurnes), qui est l'hespérie grlselto de certains auteurs. Il Grisette i ziK/.ag, nom donné par Geoffroy i la phaKne arénée ou phalène sablée (lépidoptères nocturnes). || Nom spécifique pour certains auteurs, du charançon humble (coléoptères), leooahant. Il Un des noms vulgaires de l'agaric élevé et de l'agaric vaginé, variété grise, ID.
— iilST. XIV' s. Le faucon doit avoir les sourcilz blans et la teste grisette, Modus, t° Lxxvii, rerso.
— ÉTYM. Diminutif de gris; bourguign. grisolle; provenç. griteta, sorte d'étoffe ; espagn. griseta, même sens.
t GRIS-FARINIER (gri-fa-ri-nié), ». m. Agaric très-bon à manger.
t GRIS-GRIS (gri-gri), *. m. || 1° Amulette, idole des nègres. || 2° Morceau de papier sur lequel on écrit des versets du Coran , et que les Maures portent comme un préservatif universel.
t GHISOIK (gri-zoir) , s. m. Outil pour rogner le verre.
— ETYM. Voy. onisft <.
GRISOLLER (gri-zo-lé), V. n. Il ae dit du chant de l'alouette.
— ÈTYM. Onomatopée.
GRISON, ONNE (gri-znn, zo-n'), adj. || 1° Oui grisonne, qui est gris. Barbe, chevelure grisonne. Les amours m'ont rendu grison avant le temps, bé- ONIER, Sal. V. Qu'heureux est le folâtre à la tête grisonne I ID. Sat. viii. J'enflamme un campagnard grison. Je suis cruelle et celui-là m'épouse, iiêkang. Cartes. || Substantivement. La teinte grisonne. Un homme entre les deux âges Et tirant sur le grison, LA FONT. Fabl. I, <7. Il 2° S. m. Terme familier. Un grison, un homme qui grisonne, qui vieillit. Il 3° Homme de livrée que l'on faisait habiller de gris pour l'employer à quelque mission secrète; c'étaient dps valets qui ne portaient pas de couleurs. Que de grisons en campagne pour la d'Olonne! ha- MiLT. Gramm. 6. Je suis le garçon de France le plus employé: valet de chambre de l'un, laquais de l'autre, grison de celle-ci, espion de celle-là, DANCOURT, Bourg, à la mode, i, 3. Son grison va venir pour prendre la réponse, babon, l'Homme à bonnes forluries, i, 6. Maulevrier mettait pied à terre, s'avançait seul, sifflait; un grison sortant d'un coin lui remettait des paquets, st-sim. <57, 58. || 4° Par plaisanterie, grison s'est dit d'un moine vêtu de gris Suivaient de loin deux grisons bien dispos , Non des grisons de l'espèce indolente De celui-là qui porta sur son dos Le pjiKrenier du fameux Rossinante ; C'étaient vraiment bien d'autres animaux... deux cordeliers, pibon, ie Moinebridé, conte. Il S* Familièrement. Un âne, un baudet. Et le grison se rue Au travers de l'herbe menue, la font. Fabl. VI, 8. Surtout quand le grison, cet âne sans pareil, D'où descendront un jour les mulets du soleil. Vous fut volé sous vous à la montagne noire, DANCOURT, Sanchn Pança, i, (2. ||Se dit vulgairement d'un cheval gris. || 6° Mammifère d'Amérique. Il ?• Nom, à Genève, de l'hirondelle de rivage. Il 8° Espèce de gros grès qui sert à faire des auges et d'autres ouvrages.
— HIST. xvi' s. Vray est, que yver foible, froid et grison Nuit à nature, et sa vertu reprime, uabot, m, 47. Voilà un laquais tout grison en un temps où nous voions tant de conseillers sans barbe, u'aup Fœn. I, 8. Le bay, le fauve, le grison, le moreau, sont les chevaux les plus prisés, o. de sebbes, 301. Grison et maladif, rentrer dessous la loi D'amour, 0 quelle erreur! Dieux, merci je vous crie, bonsaro, Sonnets, u, 26.
— ÊTVM. Dérivé de gris.
I GRISONNANT, ANTE (gri-zo-nan, nan-t'), adj. Oui commence a devenir gris. Télé grisonnante. Portant en queue .ses cheveux noirs grisonnants, ). J. Rouss. Confe.<:s. u.
t GKISONNEMENT(gri-zu-ue-man}, s. m. Qualité de ce qui grisonne.
— lliST. XVI* s. Les indices de vieillesse du cheval ■ont.... grisonnement de poil à ceux qui de nature l'ont obscur, o. df. sehres, 3u3.
GRISONNER (gri-zo-né), v. n. Devenir grison. II y a grande apparence que personne n'est excommunié [de monitoiresj, vu que tous tant que nous sommes il n'y en pas un qui ne blanchisse ou ne grisonne, et on dit que, quand un homme e.st excommunié, il devient plus noir que poivre, oui P4T1N, Lett. t. II, p. i»2. Hulin commence à griloauer, mais il est sain, U a un visage frais et on
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œil vif, qui lui promettent encore vingt années de vie, LA BBUYÊBE, XI. Les nègres en vieillissant perdent une partie de leur couleur noire ; ils pâlissent ou jaunissent, leur tète et leur barbe grisonnent, BUFP. Suppl. à l'hist. nat. OEuv. t. xi, p. 404. Le sang remonte à son Iront qui grisonne ; Le vieux coursier a senti l'aiguillon, bêrano. Vieux sergmt
— lllST. XV* s. Déjà le poil me grisonne. Déjà la goutte je sens, babsklin, xxx. ||xvi" s. Tu grisonneras ainçois Que tu sois Au bout de ton navigage, nu BELL. IV, 34, rec(o. Les bons vieillards à testes grisonnées, Les jouvenceaux aux plaisantes années bons. I>98.
— f.TYM. Grison.
tGRISONNBTTE ( gri-zo-nè-l' ) , *. f. Espèce de papillon de nuit.
GRISOU (gri-zou), s. m. Gaz inflammable et exploslble qui s'infiltre de temps en temps dans les mines, dans les houillères, prend feu à la lampe des ouvriers, et cause de graves accidents. || Ad). Feu grisou. On dit aussi feu brisou et fou terrou.
— ÈTYM. On a fait venir grisou de grec; ce serait, dit-on, une forme wallonne de feu grégeois; cette étymologie, qui pont être fortifiée par griou, grieux, autres appellations du grisou, est bien savante. On pensera plutôt que c'est un dérivé de gris, l'arrivée du grisou donnant une teinte grisâtre aux lumières.
t GRIS - PENDART (gri-pïn-dar) , s. m. Piegrièche.
t GRISSE (gri-s*), ». f. Le même que grissin. On me donne du lait caillé; et avec deux grisses de cet excellent pain de Piémont que j'aime plus qu'aucun autre...., j. j. bouss. Conf. t.
\ GRISSIN (gri-sin), s. m. Sorte de pains trèsfriables ayant la forme d'une baguette ; mot en usage en Savoie et sur la frontière.
— ETVM. Ital. grissini.
GRIVE (gri-v'), s. f. Il 1* Oiseau dont le plumage est mêlé de blanc et de brun , turdus musicus, L. appartenant au genre merle, (urduî. L'abondance des grives est telle alors sur la côte méridionale de la Baltique, que, selon le calcul de M. Klein, la seule ville de Dantzicit en consomme chaque année quatrevingt-dix mille paires, buff. Oit. t. v, p. 380. || Fig. Être soûl comme une grive, être complètement ivre, locution qui vient de ce que, au temps des vendanges, les grives mangent beaucoup de raisin. Il y avait l'autre jour une dame qui confondit ce qu'on dit d'une grive ; et, au lieu de dire, elle est soûle comme une grive, elle dit que la première présidente était sourde comme une grive : cela fil rire, sÉv. < te. || 2° Grande grive, ou haute grive, ou grosse grive, la draine, turdus draina, t. || 3° Poisson de mer (labre paon). || Proverbe. Faute de grives, on mange et, plus souvent, on prend des merles.
— HIST. XIV* s. Et mangez la grive au diner, w. BIBLESWOBTH, dans PALSGRAVE, p. 28. || XV* S. Notre ivrogne, plus saoul qu'une grive partant d'une vigne, LODis XI, Nouv. VI. Il ivi* s. Il fait comme les grives, il vit d'air, oudin, Curios. fr.
— ÊTYM. Catal. griva. Origine inconnue. Peutêtre une onomatopée, dit Ménage; c'est aussi l'opinion de Buffon. Génin, Récréât, t. i, p. )4o, y voit, comme dans gris, un peu ivre, et pour la même raison, l'ancien français gnu , qui signifiait grec. Il y a dans l'ancien français une autre grirt qui, signifiant couleuvre, est une altération de guivre, et n'a rien de commun avec l'oiseau.
i. GRIVELÉ, ÊE (gri-ve-lé, lée), adj. Mêlé de gris et de blanc. Un plumage grivelé.
— HIST. xiii* s. Lors serai moines blans ou noirs, Grivelés, bruns, ou bis, ou beges, du cange, Mgéra. ||xv*s. Cuisses.... Grivelées comme saulcisses, VILLON, Regrets de la belle lleaulmière. \\ xvi* s. Gentil papillon tremblotant. Papillon toujours voletant, Grivolé de cent mille sortes En cent mille habits que tu portes, R. belleau, OEuv. p. 3o. Le jeu lors et les ris, les libres chausonetes (Car tout est de vendange), et les gayes sornetes, Règne entre les garçons, qui, aux filles meslez. Emplissent les hoteaux de raisins grivelcz, baIf, OEuv. p. b, dansLACL'RNE.
— ÊTYM. Dérivé de grire, la couleur de cet oiseau étant mêlée de gris et de blanc.
2. GRIVELE, ÊE (gri-ve-lé, lée), part, passé de griveli'r. Des profits grivelés par un intendant.
GRIVELfiE (gri-ve-lée). ». f. Petit profit illicite. Les capitaines ont eu leur part à toutes les grivelées et à toutes les friponneries des officiers inférieurs, BALZ. De la gloire.
— HIST. xvr s. Vous et moi couperons bras et jambes i madame grivelée, comme votis m'avez dit
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tant de fois que cela se pouvoit (aire, sollt, Mém. t. m, p. 81, dans lacurne.
— F.TYM. Grirelé ».
GBIVELER (gri-ve-lé. La syllal)e te prend un accent grave, quand la syllabe qui suit esl muette : je grivcle; l'Académie neconjugLie pas ce verbe, mais elleécritgrivèlerie),r.n Faire de petits profits secrets et illicites. || Activement. Oriveier quel lue argent.
— ÉTYM. Origine incertaine ; peut-être de grive, à cau.se des picorées que cet oiseau fait dans les vigne» . et par une dérivation semblable pour la forme à celle de grheté t.
GRIVÈLERIE (gri-vè-le-rie), ». f. Action de griveler.
— HIST. XVI* s. Bertrand naturellement esloit ennemyde toutes lesgriveleries, Mém. s. du Guese. U.
t GRIVELETTE (gri-ve-lè-f), ». f. Petite grive de Saint-Domingue.
GRIVELEUR (gri-ve-leur) , ». m. Celui qui fait des grivelè'^s.
t GRIVEI.IN fgri-ve-lin), ». m. Espèce de gros-bec.
t GRIVELURE (gri-ve-lu-r^ , s. f. Coloration en gris et en blanc. Parmi les oiseaux d'Amérique appelés moqueurs, c'est celuiK:i qui ressemble le plus à nos grives par les grivelures ou mouchetures de la poitrine, buff. Ois. t. v, p. 44».
— F.TYM. Grivelé «.
■f GRIVERT (gri-vèr), ». m. Oiseau de Cavenne.
t GRIVETTE(gri-vè-t'), ». (. Espèce de me'ile. La grivette d'Amérique dont parle Catesby, buff Ois. X. v, p. 368.
t GRIViP.RE (gri-viè-r"), ». f. Volière à grive». Ces sortes de grivières étaient des pavillons voûtés, garnis en dedans d'une quantité de juchoirs, vu que la grive est du nombre des oiseaux qui se perchent, buff. OtJ. t. V, p. 373.
GRIVOIS (gri-voî), ». m. || 1* Au xvii* siècle, soldat de certaines troupes étrangères au service de France, et, par extension, soldat. Quand ils ont à leur tête un joli général, 11 n'est pour les grivois point de plaisir égal, boursault, Jfot» à la mode, se. XI. Ma foi, vive la pipe, c'est le salut du grivois, la Fille savante, <8»o, dans Théâtre italien de GHERABDi, t. III, p. e'K Pour t'avoir, le grivois te guette, l'École des amours grivois, se. i, <744, dans PB. MICHEL, Argot. Par la sambleu, quoique grivois. Je suis constant comme un Iwuigeois, ib. se. 2. Toujours prêt, comme le grivois. De brusquer un friand minois, jacouks moreab. Suit* du Virgile travesti, vui. Son adversaire choisit pour le sien un grivois de ses amis, le sage, Esl. Conx. ch. 48. Il S. f. Grivoise, femme qui vit avec les soldats. Cette cantinière est une bonne grivoise. |l 2" Aujourd'hui, homme ou femme d'un caractère •libre, entreprenant , alerte à toute chose. C'est une grivoise. Orfèvres, marchands drapiers. Épiciers, aussi droguistes. Vous-mêmes, petits merciers, Grimaud vous suit à la piste ; Car vous êtes des grivois Avec tous vos [«lits poids El la fausse mesure, Chanson sur les corps de métiers, dans fr. micbel, Argot. Mais force fut au grivois dépité D'être conduit au gite détesté, gresset, Vert-Vert, m. Un essaim de grivois Buvant à leurs mignonnes, bêrano. Grande orgie. \] 3* Adj. Grivois, grivoise, d'une humeur libre et hardie ; leste en propos et en actions. Des buveurs grivois Les femmes lui cherchaient querelle, bêrano. Jfod. Orég. || Il se dit des cboseï dans le même sens. C'est lui qui fait toutes les chansons grivoises que son maître vous chante quelijucfois, dancoubt, 2* chap. du Diable boit, n, 2. Les saillies de Piron et le ton grivois de Crébillon me plurent beaucoup, duclos, ilém. Œuv. t. x, p. 40, dans POUOENS. Il n'est pas douteux que les chansoni militaires, ou grivoises, distraient et délassent l'es prit du soldat au milieu des fatigues, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. t»<, dans pougens. On sait qu'avec beaucoup de noblesse et de fierté dans l'âme, le maréchal de Saxe avait les mœurs grivoises, marmontel, Mém. iv. Ce théâtre (les Variétés] jouera seul les pièces qu'on appelle grivoises, c'està-dire sales, P. l. coub. Livret.
— ËTYH. Crtt-oife, râpe à tabac. La grivoiu s'introduisit parmi les troupes, fit mode, et ceux qui s'en servirent reçurent le nom de grivois.
t GRIVOISE (gri-voi-z"), ». f. Ancienne tabatière qui était munie d'une râpe servant à râper le ubac de chacun. Les grivoises vinrent de Strasbourg en («80.
— ETYM. Bas-allem. Rapp-«i»en, ou tteib-eisen, prononcé en Suisse rib-eisen, râpe à tabac, mot à mot Eisen, fer, et Rapp, râpe, ou reiben, frotter; d'où, avec l'épenthèse du g, comme dans grenouille, grivoise.
t GRIVOISER (gri-voi-zé), v. n. Râper du tabac avec une grivoise.
— ETYM. Grivoise. Cest un mot qui a été pen-
GRO
GRO
GRO
dant un temps si en usage à Paris qu'on ne parlait que de grivoiser; en quelque eudroit qu'où se trouvât, on entendait un vacarme enragé de ripes, lb ROUX, Dict. comique.
GROG (grogh), s. m. Boisson faite d'eau-de-vie, de rhum ou autre liqueur, d'eau chaude, de sucre et de citron, que l'on prend ordinairement dans les cafés. Un verre de grog, ou, absolument, un grog. On fait aussi des grogs avec de l'eau froide au lieu d'eau chaude. {| Il y a aussi des grogs au vin.
— ÊTYM. Anglais, grog.
t GROGNANT, ANTE (gro-gnan, gnau-t'), adj. Qui grogne par habitude ou naturellement comme le cochon. |{ Vache grognante, nom donné à une espèce de bison.
GROGNARD, ARDE (gro-gnar, gnar-d'), adj.
Qui est dans l'habitude de grogner. Elle est bien grognarde. || Il se dit aussi des choses. L'air grognard et maussade des valets, j.i. eouss. Prom. ». Il Substantivement. Un grognard. Une grognarde. La Chasse au vieil grognart de l'antiquité, (622 (titre d'ouvrage). || Particulièrement. Nom donné aux soldats de la vieille garde sous le premier empire, et, en général, à un vieux .soldat, le plus souvent en un sens favorable. Vous forceriez cette pauvre enfant d'épouser un vieux grognard; car que suis-je autie chose? ch. de bernard, le Gentilhomme campagnard, u, § ixvi.
— HIST. XVI" s. Tristes, chagrins, grongnars, PAHÉ, Introd. 6.
— ETYM. Grogner.
t GROGNASSÈRIE (gro-gna-se rie), S. (. Synonyme lie grognerie dans le langage des médecins d'enfants.
GROGNEMENT (gro-gne-man), s. m. || 1° Cri des pourceaux. Le grognement du cochon. Ii Par extension. Il [l'écureuilj a de plus un murmure à bouche fermée, un petit grognement de mécontentement qu'il fait entendre toutes les fois qu'on l'irrite, BUFF. Quadrup. t. ii, p. 'i72. || 2" Familièrement. Il se dit des personnes. Cet homme fit entendre un grognement. |1 Manifestation de désapprobation usitée dans les meetings anglais. Trois grognements pour le minisire.
— ÉTYM. Grogner; provenç. gruniment; espagn. grunim-ienlo.
GROGNER (gro-gné), e. n. 111° lise dit du cri du coclion. Le petit monstre [le lils de la fée Dentue]....se mit à grogner comme un cochon de ce qu'elle [Fleur d'ÉpiueJ avait la hardiesse de rebuter ses familiarités, hamilton, Hist. de Fleur d!Épine. Il 2° Fig. et familièrement. Murmurer, témoigner son mécontentement par un bruit sourd. Et la muse en grognant lui défend sa fontaine, hÉONiEH, Sat. II. Ce nouvel Êgiste grognait toujours quand il me voyait entrer chez sa dame, J. i. rouss. Confess. ii. || 3° V. a. Populairement. Gronder quelqu'un. Il ne fait que me grogner. || V. réfi. Il» sont toujours à se grogner.
— HIST. XII' s. Queque li felun l'unt féru e detrenchié, E del ferir se sunt durement esforcié, N'aveit brait ne groni, ne crié ne huchié. Th. le mari. tio. || xiii' s. R est une lettre qui graigne : Quant li gaignons [le chien] veut ronger l'os, S'uns autres chiens lui veut reprendre, S:ins R ne lui veut défendre, Senef. de l'ABC, dans jub. t. ii, p. 283. Ijxv s. Quant mon fait cuide avancer, Je suis à recommancer; Fortune tousjours me groingne, CH. d'orl. Rond. || xvi* s. Ils grongnent comme pourceaux, pahé. Animaux, 25.
— f.TYM. Berry, greugr.er; bourguig. jrongnoi; wallon, grogni; provenç. gronhir, gronir ; catal. grunyir; espagn. grunir; portug. grunhir; ital. grugnire et grugnare; du latin grunnire ; comç. l'auc. h. allem. grunnl, angl. groan, et le kimry grvon. La forme régulière est grunir qui se disait dans le xii' siècle; plus tard le verbe a passé à la t" conjugaison.
t GROGNERIE (gro-gne-rie), s. f. Terme trèsfamilier. Murmure, plainte, reproche. || Les médecins s'en servent souvent pour exprimer le grognement par lequel de petits enfants malades té aïoignent leur souffrance et leur mauvaise humeur.
— HIST. XV' s. Grongnerie, Àresla amorum, p. 4)0, dans lacubne.
— ÉTYM. Grogner.
GROGNEUH, EUSE (gro-gneur, gneù-z') , culj . Qui grogne souvent par mécontentement. || Substantivement. Un ennuyeux grogneur. Taisez-vous, petite grogneuse.
— HIST. L'escuyer commença à glapir, contrefaisant le chien comme paravanU Ha! dea, dit celui de dehors, ne saurai-je point qui est ce grogneur ? loi'is XI, Nouv. XXXI.
GROGNOrr (gro-gnon), adj. des deux genres.
Terme très-familier. Qui est d'humeur grondeuse. Esprit grognon. Caractère grognon. Elle était bien la vieille la plus prognon que je connus de ma vie, j. 1. ROLSS. Confess. i. Vous avez un amour bien fantasque et bien grognon, genlis, Thédt. d'édiic. Bal d'enfants, n, 3. || Substantivement. Un grognon. Une vieille grognon.
— ÊTYM. Grogner.
fGROGNO.VNER (gro-gno-né) , c. n. || 1» Grogner comme le pourceau. J'aime mieux grognonner [moi Grillus] (]ue d'être aussi éloquent que vous [Ulysse], pftN. Dial. des morts anc. dial. «. |i 2";Faire le grognon, gronder habituellement et sans motif.
— ÊTYM. Grognon. On trouve groignoier, en un sens assez semblable, dans la Rose, 200^0.
t GROGNONNERIE (gro-gno-ne-rie), s. f. Terme très-familier. Action de grognonner ; reproches d'un grognon.
GROIN (grou-in), ». m. ||1° Museau de cochon. Assurément [Grillus, métamorphosé en cochon] vous n'avez pas la taille belle ; un gros corps couché vers la terre; de petits yeux à peine entr'ouverts, un groin horrible, une physionomie trèsdésavantageuse, FÉN. Dial. des morts anc. dial. 6. I! 2" Par extension, laid visage que l'on compare à un groin de cochon. Je raserai le gros visage Et le groin De monseigneur de Grimaudin Dans son château du Gaillardin, dancoi'ht. Vacances, divertissement.
— REM. Groin a toujours été monosyllabe dans l'ancienne langue comme cela convenait, venant de grunn^re ; aujourd'hui il est de deux syllabes. Quel animal immonde allonge son groin î de pus, dans le Dict. de dochez.
— HIST. XII* s. Bous [colliers] d'or en gruing de porc... Th. le mart. H. \\ xiii* s. L'autre panier a assailli. Son groig i mist, n'a pas failli Qu'il n'en traisist fors des anguilles, Ren. 844. Il cuide estre de la mort loing. Mes ele li est près del groing, ib. 16)98. Contre Adonis [le sanglier) escout la teste, Ses dens en l'aine li flati. Son groing estort, mort l'abati, la Hose, I69B4. (| xiv* s. Et fay tout ainsi com le groing Du pourcel qui partout se boute, BBHYANT, dans lùénagier, t. n, p. 23. Groing de Caui [le promontoire de Caux], nu cange, grouinum. ||xvi* s. Pieds de bœuf, groins et oreilles de porc, PARÉ, XIII, 29. Les autres se portent pour ennemis de leurs espoux, les quels elles servent de groin [grognement), de chagrin et de reproches, CHOLIÈRES, Contes, f° 2)4, dans lacubne.
— ÊTYM. Grogner; bourguig. groignô ; provenç. groing, grong, et au fém. groingna; ital. grugno.
I GROISE (groî-z'), .v. f. Nom donné dans la Lorraine aux dépôts de débris incohérents qui forment des talus plus ou moins inclinés sur les pentes et au pied des escarpements des terrains jurassiques.
t GROISU. (groi-zil) , ». m. Verre cassé (voy. grésil).
+ GROISON (groi-zon), ». m. Pierre, ou craie blanche, réduite en poudre très-fine, dont les mégissiers se servent pour la préparation du parchemin.
GROLLE (gro-l'), s. f. Espèce de corbeau.
— HIST. XVI* s. Je voyois d'autre part cueillir les noix aux groles qui se resjoyssoient, en prenant leur repas et disner sur lesdits noyers, palissy, 87.
— ÉTYM. D'après Diez, gracnlus ou gracula; àcul donnant il est vrai d'ordinaire ail, mais aussi oie ou eul comme dans l'ancien français .seu/e, de sœculum. Quelques dictionnaires italiens donnent grola, qu'alors Diez suppose tiré du français.
•f GROMATIQUE (gro-ma-ti-k"), adj. ferme d'antiquité. Qui se rapporte à l'arpentage; dont on se sert pour mesurer un terrain. Art gromatique. Instruments gromatiques.
— ÊTYM. Lat. gromaticus ou grumalicus, d'arpentage, de gromo ou gruma, machine dont se servaient les arpenteurs romains. Selon Curtins, ^omoestun mot défiguré du grec yvmjjkov , gnomon.
t GROMIER (gro-mié), s. m. Variété de raisin, t GRO.MMELLIC.AIENT (gro-mè-le-man), ». m. Action de grommeler.
— HIST. xvi* s. Grommellement, oudin, Dict. GROMMELER (gro-me-lé. La syllabe mel double
ri quand la syllabe qui suit est muette : je grommelle, je grommellerai). || 1° Y. n. Terme familier. Murmurer, se plaindre entre les dents. Rameau consentit en grommelant et répétant sans cesse que ce devait être une belle chose que de la composition d'un homme qui n'était pas enfant de la balle et qui avait appris la musique tout seul, 1. j. rouss. Conf. VII. Il 2° V. a. L'on n'entend point ce qu'il grommelle entre ses dents. Quand j'eus bien remercié l'académicien de l'Académie des sciences
de m'avoir mis au fait, je m'en allai tout pantois louant la Providence, mais grommelant entre mes dents ces tristes paroles : vingt écus de rente seulement pour vivre, et n'avoir que vingt-deux ans à vivre, VOLT. VU. aux 40 éctts, Aventure avec un carme.
— HIST. XV' s. Je voy envis rire et jouer, J'aj grant plaisir à grumelcr, eust. df.sch. Poésies msi. f* 344 II s'en va si fort grumelant Qu'il semble qu'il doye desver. Patelin, 734. Tien, roingne et ne grumele mie. Mari, de St. Et. || xvi* s. Ce qui les avertit de se lever fut un petit tonnerre commençant à grumeler, yver, p. 626. Ils voulurent groumeler, disants avecques grands blasphèmes, qu'on leur faisoit tort, cabl. 11, )». Kt d'un horrible tour [la mer) Se roule en groumelant aux riyes d'alentour, bons. 844. Tout le tourment qui me poinct C'est quand mon ventre groumelle Faute de ne boire poinct, ADAM billault, le Menuisier de Nevers, Chansons bachiques. C'est ung passe temps, quand je bats le villayn, que de l'ouyr grommeler, quand j'ay le dos tourné, palsob. p. 842.
— ETYM. Wallon, groumi; Berry, groumelfr, grimoner, grimouner; lorrain, grimoner; une 11 iri grimon, une femme grognon ; bourguign. grima a», picard, grumeler ; du germanique : dialecte d'Aix la- Chapelle, grome, groumen, grommeler; anc. alli:m. grummeln; flam. grommelen; angl. (0 grumote. Montaigne a dit rommeller : Ceulx que nous oyons rommellf.r, 11, B5;comp. le dan. rumle ; angl. ru tnblc. Montaigne a aussi grommeler, iv, )67.
I GRONDABLE (gron-da-bl'), adj. Qui mérite d'être grondé , qui peut être grondé.
t GRONDANT, ANTE (gron-dan, dan-f), adj- Il 1° Qui gronde. Ce sont des animaux grondant» que les maris. — Que vous les définissez bien ! dancourt. Bourg, à la mode, n, 4. |1 2" Qui fait entendre un bruit sourd. Ces guerriers intrépides Percent des fiots grondants les montagnes liquides, corn. Vict. du roi, 282. On dirait qu'au milieu de la plaine grondante S'est ouverte soudain la bouche de l'enfer, v. hugo, Bail. 7.
GRONDÉ, ÉE (gron-dé, dée),par». passé àe gronder. Qui a reçu une réprimande. Cet enfant grondé par sa mère.
GRONDEMENT (gron-de-man) , ». m. || 1" Manière sourde et menaçante de faire entendre la voix, chez certains animaux. La voix de l'ours est un grondement, un gros murmure souvent mêlé d'un frémissement de dents t]u'il fait entendre lorsqu'on l'irrite; il est très-susceptible de colère, buff. Quadrup. t. III, p. 31. Il 2" Par extension, bruit sourd et prolongé. Le grondement du tonnerre.
HIST. XVI* s. Le grondement de ces pourceaux
est bien rabbattu parsaint Paul, calv. Irutit. 768.
— ÉTYM. Gronder.
GRONDER (gron-dé), t'. n. || 1° Faire entendre une voix sourde et menaçante, en parlant des animaux. Le chien se mit à gronder. || 2° Par extension, murmurer, se plaindre entre ses dents, en parlant des hommes. Grondant entre mes dents, je barbote une excuse, Régnier, Sat. x. Tandis que dans un coin, en grondant je m'essuye. Souvent, pour m'achever, il survient une pluie, boil. Sat. VI. Tant que le jour est long, il gronde entre ses dents, BEGNABD, Fol. am. i, ). Mais le sévère satirique [Boileau] Embrassait, encore en grondant. Cet aimable et tendre lyrique [Quinault], Qui lui pardonnait en riant, volt. Temple du Goût. || Activement. Grond.aut quelques paroles, RÉGNiER,i'a<. X. Souvenez-vous, bien de venir avec cet air qu'on nomme le Del air, peignant votre perruque, et grondant une petite chanson entre vos dents, la, la, la, la, MOL. Impr. se. 3. || 3° Faire un bruit sourd, en parlant des choses. Ce n'est pas en vain qu'il [Dieu] lance le foudre, ni qu'il fait gronder son tonnerre, Boss. 2* serm. Purifie. ). Les vents grondent, les flots se soulèvent, m. Sermons, Eglise, «. Dieu permit aux vents et à la mer de gronder et de s'émouvoir, et la tempête s'éleva, flécb. le Tetlier. La mer grondait sourdement, kén. Tél. vi. Un bruit redoutable Gronde dans les airs ; Un voile effroyable Couvre l'univers, j. ^B. rouss. Cantate, Circé. Adieu, chansons! mon front chauve est ridé; L'oiseau .se tait; l'aquilon a grondé, bêrang. Adieu chansons. Au milieu de ces préparatifs et dans l'instant oii Napoléon passait en revue, dans la première cour du Kremlin, les divisions de Ney, tout à coup le bruit .se répand autour de lui que le canon gronde vers Winkowo, sF.gur, Bist. de S'ap. vin, 1 1 . Il Fig. Durant ces troubles [lesguerres des Hussites], des gens de métier qui commençaient à gronder dès le règne précédent, se mirent plus que jamais à parler entre eux de la reforme de l'Église,
GllO
■088. far. XI, <7l. D*» qu'on ouït gronder l'orage qui Tient de (bndre sur rKmpire cl la Hongrie, n'a- )Outa-t-elle pas à se» déviitioiis ordinaires une heure d'oraison par jourT riicn. Uar.-Thér. || 4' Y. a. Képrimaniier avec queliiuo humeur dans le ton, dans les paroUis. Hi, ma fille, comme vous Toilà faite I Mme do la Fayette vous gron<lcra comme un chien : coiffez-vous demain pour l'amour de moi, sév. )24. Je repassai chez Mme de Coulantes; on me gronde de m'en revenir, ID. »07. Une mfere qui l'observe, qui la gronile, qui croit la bien élever en ne lui lardonnanl rien, fp.n. t.iluc. filles, chap. 2. Je vous ■■i\ toujours aimé, etnevousai jamais manqué; je suis en droit, par mon amitié, de vous gronder vivement, de vous reprocher votre humeur avec moi, VOLT. Lett. Ildupertuis, 28 mai mi. J'aime mieux gronder mes jardiniers que de faire ma cour aux rois, ID. Lett. Thiriot, 9 août I7B6. || Absolument. Cependant laisse ici gronder quelques censeurs, Boii.. Itpti. vil. Dites-leur combien il y a de petitesse d'esprit et de bassesse à gronder pour un potage mal assaisonné, pour un rideau mal plissé, pour une chaise trop haute ou trop basse, fèn. Éduc. filles, chap. <l. ||6"Se gronder,», réft. Se faire à soi-même une réprimande. Je mo gronde bien de ma paresse, mon cher et aimable ami ; mais j'ai été si indignement occupé de prose depuis un mois, que j'osais à peine vous parler de vers, voLTAiHE, Lelt. Helvétius, 20 juin (741. Laissez-le seul [le mécontent], il se gronde lui-même, deulle, Conversatioti, 11. || .*e gronder, se gronder l'un l'autre. Ils sont toujours à se quereller, à se gronder.
— IllST. xir s. Ne faire eissillier [ruiner] le païs. Que sans contraire as tôt conquis; Ne trouveras jà qui t'i gronde, E qui le tôt ne t'i esponde [remette], BENOIT, 11, (■»7!)6. Isnelemcnt font sans effroi Tout son cornant li cscuier, Mais sans grondre et sans enuier, De ce qu'il rueve s'entremettent, la Charrelte, 67.58. ]| xiu" s. Ne set li las un mol repondre, Ne contre lui nen ose groindre, Hen. i ssao. Chascun a la teste enchinée ; N'i ot un seul qui osast grondre, Li uns lest à l'autre respondre, ib. 17926. Si que il [les maris] n'osent un tout seul mot grondir, Wt'sl. litt. de la Fr. t. xxin, p. 52B. Une fontaine nest en mon champ ; je la met par mon champ et li done à 'uoivre ; mi voisin desoz en grondent ; et l'en dit que ne le puis fere, Livre de just. U2. Une roche est en mer seans. Contre qui la mer gronde et tance, la ft(«e, &947. ]] xiv s. [JeJ Ne sai comment il mort, mais bien sai <|u'il scel grondre, Girart de Ross. v. 4 1 1 5. Il xvi' s. Ne marmotloit-elle pas des
oraisons à l'oreille de l'enfant L'enfant ne di-
soit que ce qu'elle lui grondoit dans l'oreille, n'AUii. Fmn. n, 10. Les chiens de garde que nous voyons souvent gronder en songeant, mont. 11, 200.
— ÊTYM. Provenç. grondir; du lat gnindire, forme parallèle à grunnire, grogner. On trouve aussi dans le xii* siècle 3rHndiHcr,Lt(). psalm. p. 65.
GRONDEBIK (gron-de-rie ) , s. f. Réprimande faite avec humeur. J'ai reçu ce matin, monsieur, l'honneur de vos deux dernières lettres; j'en respecte lagronderie, st-sim. 299, 416.
— IIIKT. xvi* s. Cependant les gronderies aians multiplié... d'aub. Uist. m, 486.
— ÈTVM. Gronder.
GRONDEUR, EUSE (gron-deur, deû-z'), adj. Oui aime à gronder, à réprimander. Humeur grondeuse. Ce n'est qu'en mots fâcheux qu'éclate volve ardeur; El je ne vis jamais un amour si grondeur, MOL. Mis. 11, 4. Jean est grondeur, mais je m'en ris, BÉRANG. le Troisième mari. || Substantivement. Un grondeur. Une grondeuse. Allons nous réjouir, et que le grondeur se pende s'il veut ! bhueys. Grondeur, m, 20. Un gros homme, d'une taille audessous de la médiocre, d'une allure a^sez pesante, avec une mine de grondeur, mariv. Pays. parv. ♦• part. Il S m. Voy. gurneau, poisson.
— lllST. XVI' s. Mettez la main à la besongne, et cependant que les grondeurs et leurs confesseurs.... u'aub. Hist. m, 4 84.
ORONDIN (gron-din), (. m. Nom de plusieurs poissons du genre trigle, acanlhoplérygicns, constituant un très-bon aliment. || Nom, au Sénégal, de la batiste vieille, plectognathes, plus connue sous le nom de vieille.
— ÊTYM. Nommé ainsi parce que, étant pris, il gronde comme le cochon.
+ GKOOH (groum'), s. m. Palefrenier. |] On le dit aujourd'hui d'un petit Uquais, ordinairement au service d'un jeune homme.
— ÊTYM. Angl. groom. Mai» le mot anglais luim^me provient de lancicn français, où il existait sous la forme de ^omrf, iVimestique, et surtout
GRO
domestique de marchand de vin ; wallon, groumi, valet de meunier (voy. ooubiiet).
GROS, OSSE (grô, grfl-s'; il est probable qu'au xvii" siècle on prononçait grosse comme bosse, rosse ; du moins la Fontaine, Fabl. 1, 7, fait rimer grosse avec co/o«e), adj. ]| 1° Qui a beaucoup de circonférence, de volume. || 8" Il se dit de la grosseur relative. || 3" De grosses lettres. || 4° Grossi, enflé. ||B''i4u fémin. Enceinte. |] Ô" Soulevé en vagues fortos. ]| 7° Oui surpasse en étendue, en volume, en importance. || 8° Il se dit pour renforcer la signification du substantif \\9' Fig. Oui a de la gravité; qui a des suites, des conséquences. ]| 10° Hiche, opulent, en parlant des personnes. || 11* Épais, grossier, opposé à fin, délicat. || H" Grosse voix. Il 1%' Grosse aventure. || 14* Gros, avec un nom de couleur. Il IB' Gros bon. HiB" Gros Guillaume. Il 17° S. m. La partie la plus gro-se. |] 18» Le gros de l'eau. ]| 1%" La partie la plus forte en nombre. Il 20" Ce qu'il y a de principal et de plus considérable. Il 21° Le gros de l'hiver, de l'été. || 22" Il sa dit du commerce dans lequel on ne vend que par notables parties. ]{ 28' Terme de boucherie, de vénerie. |] 24° Houille en gros morceaux. || 26" Cahier de seize pages. |] 26° Revenu fixe d'une cure. Il 27° Droit que l'on payait au fermier des aides. Il 28° Nom d'étoffes, de dragées, de duvets. Il 29° Nom d'un poids, jj 80° Ide. D'une manière grosse. Il 31° Beaucoup. ]] 82° En gros. || 33° Tout en gros. Il 34° De gros en gros.
1° Oui a beaucoup de circonférence, de volume; il est opposé à menu et petit. Gros homme. Grosse femme. Gros bras. Gros arbre. Un gros paquet. Que diable I te voilà grand et gros comme père et mère, hol. Scapin, i, 2. || Familièrement. Cet homme est gros comme un bœuf, il est très-corpulent. || Fig. Gros comme le bras, voy. BRAS. 'Tous les plus gros messieurs me parlaient chapeau bas. Monsieur de Petit-Jean, ah! gros comme le bras, rac. Plaid i, 4 |' Fig. et familièrement. Il a plus d'esprit qu'il n'est gros, il a beaucoup d'esprit. || Il a plus dépensé, il a plus coiité d'or et d'argent qu'il n'est gro>, se dit d'un enfant qui a beaucoup coiité & élever, ou d'un prodigue qui a dépensé beaucoup d'argent. |] Gros et gras, qui a de l'embonpoint et une santé florissante. DamilaviUe est mort, et Fréron est gros et gras; mais, que voulez-vous? Thersite a survécu à Achille, volt. Lett. Grimm, 27 déc. 4 768. 1] Familièrement. Faire le gros dos, se dit des chats lorsqu'ils relèvent leur dos en bosse. || Fig. Faire le gros dos, faire gros dos, s'ender de vanité, d'orgueil. ]| Fig. Faire sonner la grosse cloche, voy. CLOCHE. Il Fig. Toucher la grosse corde, voy. corde. Il Fig. Parler à un homme des grosses dents, voy. iiENT, n° 4. Il Terme d'architecture. Les gros murs d'un bâtiment, ceux qui, formant l'enceinte de ce bâtiment, portent les combles, les voûtes, etc. par opposition aux murs de refend et de cloison. || Grosses réparations, celles des gros murs, des voiiles, des couvertures, etc. par opposition à menues réparations, celles qui ne sont que d'entretien. || Gros bétail, les bœufs, les vaches, etc. par ojiposition aux brebis, moutons, etc. |] Grosse viande, voy. viande. Il La grosse faim, la faim la plus pressante, celle qui ne peut s'apaiser qu'avec la grosse viande ou chose semblable. 11 se mit à table, et, quand la gro.sse faim fut calmée.... Il Gros gibier, les cerfs, daims, chevreuils, etc. par opposition aux lièvres, perdrix , béca-sses. {] Gros fruits, les grains, les vins, les foins, etc. |{ Gros grains, se dit du froment, du méteil et du seigle, par opposition aux grains que l'on sème en mars, dits menus grains, tels que l'orge, l'avoine, le mil, la vesce, etc. || Grosse dîme, voy. nÎME. |] Gros décimateur, celui à qui appartenait la grosse dîme. Un moine gros décimateur avait intenté un procès à des citoyens qu'il appelait ses paysans, volt. l'Il. aux 4u écus, audience du contrôleur général. \\ Gros bagage, le bagage d'une armée, d'une troupe en marche, qui ne peut être transporté que sur des voitures, par opposition au menu bagage qui peut être transporté sur des bêtes de somme. {] Grosse cavalerie, la cavalerie pesamment armée, les cuirassiers, les carabiniers, etc. Il Grosse artillerie, l'artillerie composée de pièces d'un fort calibre. Il Terme de serrurerie. Gros fers, ceux (jui n'ont été travaillés qu'à la forge et qui servent à la solidité des bâtiments. || Terme d'horticulture. Gros musc, voy. musc. || 2° Il se dit, sans songer à la grosseur aKsolue, pour exprimer la grosseur relative. Les souris sont moins grosses que les rats. Le gras bout et le petit bout. Bille [la grenouille] , qui n'était pas grosse en tout commt un
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œuf, Envieuse, s'étend «t s'enfle et s« traTaill» Pour égaler l'animal [le bœuf] en grosseur, la PONT. Fahl. 1, s. Comprenez-vous bien cette étendue, et qu'un million de terres comme la nAtre ne seraient toutes ensemble pas jilus grosses que le soleil? LA BRUT. XVI. Il Familièrement. Pas plus gros que rien, très-petit. Je vais vous attendre au Carnavalet, où il me semble que je m'en vais vous rendre mille petits services, pas plus gros que rien, sf.v. 388. || 8° De grosses lettres , de gros caractères, des lettres, des caractères plus forts que les caractères ordinaires. || Terme d'imprimerie. Oios canon, caractère en usage dans les affiches (voy. CANON 2). Gros rpil, voy. œil. {] Ecrire en gros, se dit des enfants que l'on exerce d'abord à former de grosses lettres. || Plume taillée en gros , pour écrire en gros, [j 4° Grossi , enflé. Avoir la joue gros.se. Et l'eau grosse et rapide, et la nuit assez noire M'ont dérobé la fin de sa tragique histoire, corn. Cinna, iv, 2. L'Eurotas était alors fort gros et fort enflé par la fonte des neiges, soLLiN, nist. anc. Ofîue- t. v, p. 398. || Avoir les yeux gros de larmes, les avoir remplis de larmes. Fi donc! une femme ne sort de ce spectacle que les yeux gros de larmes et le cœur de soupirs, poinsiNET, Cercle, se. 8. || On dit aussi : De grosses larmes roulaient sur ses joues. ]| Fig. Cœur, sein gros de soupirs, se dit d'une [lersonne qui a besoin de se soulager le cœur en soupirant. Le sein gros de soupirs et tout trempé de pleurs, tbistan, M. de Chrispe, m, 4. Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche, corn. Cinna, iv, 2. || On dit de même : le cœur gros de chagrin. Et je m'en sens le cœur tout gros de fâcherie, mol. Éc. des mar. 11, B. Il Absolument. Avoir le cœur gros, avoir un chagrin profond. || 5° Adj. f. Enceinte. Elle est grosse à pleine ceinture. Le corps [de .Scarron lui-même déformé par la maladie] à la vérité en est fort irrcgulier, comme vous l'avez pu voir, et même on me défend aux femmes grosses, scarron, ÛKui;. t. I, p. 1 95 , dans pouGKNS. La crainte de blesser sa femme grosso de cinq mois, sév. 20. Cette pauvre madame de Béthune est encore grosse du troisième, ID. 49. L'historien du Mogol rapporte qu'Alanku, étant fille, fut grosse d'un rayon céleste, volt. Mœurs, inlrod. premier ttomme. ]{ On dit qu'une femme est gro.sse de tel homme, quand cet homme est le père de l'enfant qu'elle porte dans le sein. ]| On l'a dit figurément, et alors il a pu prendre le masculin. Le serpent qui est concentré dans le mal et qui est gros de la mort, didebot, Opin. des anc. ph.il. Zend-Àiesla. || Fig. Une nuée grosse d'orage, une nuée qui porte l'orage. Cette nuée, grosse de foudre et d'éclairs, vint fondre sur la Picardie, qu'elle trouva à découvert, voit. Lett. 74. || Fig. Gros de, grosse de, qui entraîne, qui porte comme conséquence. L'avenir est gros de malheurs. Le présent est gros de l'avenir, diderot, Opin. des at^. philos. {Leibnitzianisme). Cette année 4 782 me parait grosse de grands événements politiques et civils, d'alemb. Lett. à Voltaire, 31 mars 476^. || K.nviesdc femme grosse, appétits déréglés, et, au figuré, goûts extravagants. ]| Qui a envie de, désireux. La princesse d'Orléans et moi, étions, comme on dit, gros de nous voir, st-sim. 292, 228. || Être gros de, pour avoir envie de, a été tout k fait à la mode à Pari» dans le xvii' si'cle et au commencement du xviir siècle. Cette locution passablement ridicule, qui provenait du xvi* siècle, est tombée en désuétude. Il 8" Terme de marine. Soulevé en vagues forte.s. La mer est grosse. Une grosse mer qui régnait au large, malgré le calme des vents, bern. le st-p. Paul et Virg. p. 174. || Gros temps, temps oii !• vent souffle avec force et soulève beaucoup la mer. Plus un navire est petit, plus il est en danger dans les gros temps, montesq. Esp. xxi, 6. || 7° Qui surp.isse en étendue, en volume, en valeur, en importance, la plupart des choses de même genre. Une grosse rivière. Polybe, en parlant de l'un de ces princes, marque en termes formels qu'il payait de grosses pensions à divers tyrans de la Grèce, qui étaient les ennemis déclarés de la liberté, rollin, Hii«. ane. (Imv. t. vu, p. 666. Il [Aristomène] leva les meilleures troupes qu'il put trouver; il envoya Scopas en Ëtolie avec de grosses sommes d'argent, pour y lever autant de troupes qu'il pourrait, in. 16. t. viii, p. 237. Pindare ayant loué dans un de ses ouvrages la ville d'Athènes, les Thébaius le condamnèrent à une grosse amende, id. 16. t n, p. 140. J'ai commencé i établir entre Pétersbourg et ma colonie un assez gros commerce, volt. lett. Richelieu, 4 6 déo. 4 771. L'abbé de Condillac re»enait en France avec une pAosion de dix milto
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livres et l'assurance d'une grosse abbaye, yolt. Lett. Damilaville, n déc. 4 764. On composerait un gros livre de tout le bien qu'on peut faire ; mais un prince philosophe n'a pas besoin d'un gros livre, ID. Pol. et lég. La Voix du psupie. Cette opération, qui triplerait les productions, exige de gros capitaux et beaucoup d'esclaves, raynal, Ilist. phil. XIII, 39. Il circulait un assez gros numéraire à la Barbade, m. ib. ix, o. || Jouer gros jeu, jouer beaucoup d'argent. Et d'ailleurs il n'est pas si facile qu'on pense D'être fort honnête homme et de jouer gros jeu, de.siioui.ièrf.s, t. I, p. (06. Il Fig. Jouer gros jeu, s'engager dans une affaire hasardeuse. || Un gros joueur, un homme qui joue gros jeu. U était gros joueur, raisonnablement distrait, hamilt. Gramm. 9. || Qui est supérieur en nombre. Un gros escadron de Parthes pleins de joie, corn. Rodog. i, 6. Les Parthes à la foule aux Syriens mêlés.... Font leur suite assez grosse.... ID. ib. V, 2. Il y avait beaucoup de duchesses, la cour fort grosse, sÉv. IM. 17 janv. 1689. La cour était toujours grosse cheij la reine, hamilt. Gramm. o. Il envoya sur-le-champ un gros détachement de son armée contre Jérusalem, hol- LiN, Traité des Et. v, ch. ii , 2« part. art. 2'. 11 avait amassé dans ses arsenaux des armes pour équiper trois armées aussi grosses que celle qu'il avait actuellement, id. Hisl. anc. Œur. t. ix, p. 13, dans POUGENS. Et s'étant fait accompagner d'une grosse escorte, vertot, Rérol. rom. vu, p. 208. Il Les gros bataillons, les armées les plus puissantes. Un prince veut faire la guerre, et, croyant que Dieu est toujours pour les gi'os bataillons.... vm.T. Singul. natur. 31.118° Se dit quelquefois poTir renforcer la signification du substantif auquel il est joint. H y a jusque-là une grosse lieue. Croyant se mettre & table, il vint (j'en ai bien ri) Une grosse heure après qu'on en était sorti, BOissY, Babillard, se. 2. || 9° Fig. Qui a de la gravité ; qui a des suites, des conséquences. Ce n'est pas une grosse affaire. Je suis bien trompée, ou c'est un péché qu'il fait contre les idées de l'amour, (les plus gros qu'il se fasse, SÈv. Lett. 29nov. 4679. Il Une grosse fièvre, fièvre violente. Un gros rhume. La pauvre Mme de Coulanges a une grosse fièvre avec des redoublements, sév. 34 3. || Familièrement. Grosse querelle, querelle violente ou sur une chose importante. Il s'est fait une grosse querelle avec un de ses voisins. || Une grosse colère, une colère violente. J'ai été tenté de me mettre dans une grosse colère à l'occasion de ce qui s'est passé à l'Académie française, volt. Lett. Condorcet, 4 1 mai 4 772. Il 10" En parlant des personnes, riche, opulent. Une grosse hérilière. Je me trouvai au palais avec bon nombre de noblesse et de gros bourgeois, hetz, m, 839. Â placer sans raison, le mot de gros partout, Et cent autres encor qu'on soutient de bon goût, hauteroche. Bourg, de quai, i, f>. Ceux du loup [ses parents], gros messieurs, l'ont fait apprendre à lire, la font. Fabl. XII, 4 7. Oui parmi ses parents Pouvait compter les
|ilus gros de la ville, m. Cal Et l'on sait qu'une
Illle, Pour enrichir un frère, en faire uu gros seigneur. Doit renoncer au monde.... regnabd. Distrait, IV, 2. Sais-tu bien qu'en temps de peste cette fille-là pourrait devenir un très-gros partit id. le Retour imprévu, se. 2. Pour qu'elles aient la rage au cœur do voir Colette devenir grosse madame, dancourt. Mari retrouv. se. 2. Un gros négociant qui laissa de grandes richesses à ses enfants, lïeage. Diable boit. 4 2. Ce gros marchand, à qui vous avez fait un billet de neuf cents francs pour trente pistoles d'étoffe qu'il vous a fournie, auraitil obtenu sentence contre vous? id. Crisp. riv. do son maitre, se. 4. Qu'il me laisse mon pauvre Arlequin, qui n'est pas plus gros monsieur que je suis grosse dame, Marivaux, Voubl. inconst. i, 4. Grand financier signifie un homme très-intelligent dans les finances de l'État ; gros financier ne veut dire qu'un homme enrichi dans la finance, volt. Dicl. phil. Grand. Elle prenait le train de devenir bientôt une grosse fermière, j. J. rouss. Confess. vi. 1| Fig. et familièrement. Un gros bonnet, un personnage important. || C'est un des gros colliers de l'ordre, il a une grande autorité dans sa compagnie. || Dans quelques provinces , substantivement. Les gros, les notables, les riches. Il Une grosse maison, une famille considérable par sa fortune et son importance. Vergy est une grosse et ancienne maison de Bourgogne, et de telle prééminence, qu'elle fut alliée à la maison de Bourgogne, paradin. Annales de Bourgogne, t. u, p. »28. Il Une grosse maison, se dit d'une mai-
son oik il y a beaucoup de domestiques, o& il s« fait beaucoup de dépenses. C'est bien à elle d'avoir seule une grosse maison, des habits magnifiques, REONARD, le Retour imprévu, se. t . || Une grosse mnison, se dit encore, dans le commerce, d'une maison qui fait beaucoup d'affaires. || Une grosse fortune , de grandes richesses. Il ne tenait qu'à vous Dans votre état, avec une grosse fortune, De trouver une femme, et dix mille pour une, collin d'iiaeleville. Vieux célib. u, 2, || Gros air, air d'importance. || Familièrement. Faire une grosse figure, être dans un rang élevé. |1 Une grosse table, une table bien servie où l'on a beaucoup de monde. En perdant au jeu et en tenant une grosse table, HAMILT. Gramm. 6. || Faire du gros d'or, s'est dit pour : faire l'important. U est vrai qu'il [Furetière] fait du gros d'or, et qu'il s'est donné un air de dignité avec une canne que les méchants plaisants disent être l'instrument de son supplice; et auprès de lui les du Cange, les Ménage et tant d'autres ne sont que des écoliers, charpentier, dans puretièbk, fnclums, t. Il, p. 233. Il 11" Epais, grossier, opposé à fin, délicat. Gros fil. Grosse toile. Gros drap. || Gros vin, vin couvert et épais. || Moudre en grosse, voy. moudre. Il Les gros ouvrages, dans une maison, co qu'il y a de plus pénible dans le service, laver les appartements, écurer les casseroles, nettoyer les souliers, etc. Elle aura sous elle une servante qui fera par son ordre les gros ouvrages de la maison, Boss. Règlem. pour les fill. Propag. de la foi, VI, 4 4. Il Fig. Des choses grosses, des choses qui sont palpables, grossières, que l'esprit n'a aucune peine à saisir. En l'un [l'esprit de géométrie], les principes sont palpables, mais éloignés de l'usage commun, de sorte qu'on a peine de tourner la tête de ce côté-là, manque d'habitude ; mais, pour peu qu'on s'y tourne, on voit les principes à plein ; et il faudrait avoir l'esprit faux pour mal raisonner sur des principes si gros qu'il est presque impossible qu'ils échappent, pasc. Pensées, art vu, 4. cdit. LAnuRE, 4860. || Fig. et familièrement. N'avoir qu'un gros bon sens, avoir le sens bon et droit, mais peu délicat. Le pays de Lalleu n'a que de gros laboureurs, mais gens de bon sens et de bon gros raisonnement, st-sim. 473, 92. Rien ne paraît plus éloigné de l'aimable caractère du chien que le gros instinct brut du cochon, bdff. Quadrup. t. viii, p. 56. Il C'est un gros fin, se dit, par contre-vérité, rie celui qui n'est guère fin. || Un gros lourdaud, un gros animal, une grosse bête, un gros butor, c'est-àdire un homme stupide, maladroit, grossier. Les plus habiles courtisans peuvent être de fort grosses dupes, RETZ, IV, 90. Il À la grosse, grossièrement. C'est uu ouvrage fait à la grosse. || 12" Grosse voix, voix grave et forte. || Faire la grosse voix, contrefaire sa voix en lui donnant un ton grave. || Terme de chasse. Gros ton, le ton bas de la trompe. || Terme de vétérinaire. Gros d'haleine, se dit d'un cheval qui devient facilement essoufflé par l'exercice; locution qui vient de ce que le cheval a l'haleine grosse, c'est-à-dire bruyante. || Bruyant, éclatant. Gros rire. Grosse gaieté. || Fig. et familièrement. Gros mot, parole offensante ou de querelle. Ce que je sais, c'est qu'aux grosses paroles On en vient sur un rien, plus des trois quarts du temps, la font. Fabl. xii, 8. De part et d'autre [MM. de Rohan et de Chaulnes] les grosses paroles commencèrent à échapper entre les dents, st-sim. 26, 47. Il De gros mots, des jurements. || Familièrement. Gros juron, jurement grossier. Lâcher de gros jurons. || De gros mots, des paroles un peu libres, qui sentent la gaudriole. Passez les mots aux rieurs; Les plus gros sont les meilleurs Pour la gaudriole, béranp. la Gaudriole. || Kig. et familièrement. Grosses vérités, vérités dures, reproch'-s graves. || Dire les gros mots, signifie aussi parler sans révérence, et, par une antiphrase délicate, faire un compliment sous l'apparence contraire. Eh bien ! madame, puisqu'il faut dire les gros mots, que ferez-vous avec votre e.sprit et vos grflces, si Votre Altesse n'a pas une demi-douzaine de gens de mérite pour sentir le vôtre? volt. Lett. margr. de Raireuth, dans Revue française, février (Rsa, p. 202. 1113° Mettre à la grosse aventure, ou, simplement, à la grosse, voy. aventure. || On dit de même : contrat à la grosse, prêter à la grosse, prêt à la grosse. Les contrats à grosse aventure, autrement dits contrats à la grosse ou à retour de voyage, pourront être par-devant notaires, ou sous signature privée.... l'argent à la grosse pourra être donné sur le corps et quille du vaisseau , etc. Ordonn. aoiit 1681. || 14° Gros vert, gros bleu, vert foncé, bleu foncé. || 15" Terme de papeterie. Gros bon, pite commune faits da vieux chiffoni , qui
t'emploie à hire le papier dit aussi gros bon. Il 16°Du gros Guillaume, mot parisien qui se disait pour du gros pain de ménage. || 17* S. m. La partie la plus grosse. Le gros de l'arbre, le tronc, || Fig. Qu'heureux est ce moment où sa bonté [de Dieu] déploie Sur un gros d'amertume uu peu de ses douceurs! corn. Imil. 11, s. || Fig. Se tenir au gros de l'arbre, s'attacher à l'autorité, suivre ie parti le plus fort, ne pas s'écarter de ce qui est établi. Il Terme de charpente. Se dit d'une pièce de bois dont deux dimensions sont égales. Poutre de quinzs pouces de gros, poutre dont chaque face est d] quinze pouces. || Terme de jardinier. Couper au gros, pousser le retranchement d'un rameau jusqu'à la grosse branche. || 18° Terme de marine. Le gros de l'eau, la pleine mer au temps des syzygies de la lune. Il 19° La partie la plus forte en nombre. On voit naître de là mille sourdes pratiques Dans le gros de son peuple et dans ses domestiques, CORN. Nicom. Il, 4. Un des cavaliers se détacha du gros au galop, et prit les devants, scarr. Rom, com. I, 4 4. Judas en fut averti, et il marcha aussit('>tavec les plus vaillantsde ses troupes, pour aller attaquer le gros de l'armée du roi qui était à Emmails, SACi, Bible, Machab. i, iv, 3. Le cardinal de Lorraine pressait l'ouverture du colloque, bien que le gros des prélats, et surtout le cardinal de Tournon, archevêque de Lyon, qui les présidait comme le plus ancien cardinal, y eussent une extrême répugnance , BOss. Far. ix, § 02. Les éléphants et les chevaux marchaient à la tête; il suivait avec le gros de son infanterie, rollin, Hist. anc. OEuv. t. I, p. 396. Il y a des gens d'un très-grand mérite chez les Velches, mais le gros de la nation est ridicule et détestable, volt. Lett. MmeduDuffant, 5 déc. 4 770. Il y a deux heures que j'en suis séparé; il n'était point avec le gros de la chasse quand je l'ai perdu, COLLÉ, Part, de chasse de Henri [V, 11, 7. || Le gros du monde, la plus grande partie du monde. Le gros du monde se comporte ainsi. La nouvelle comtesse de Mailly, noble, magnifique, mais glorieuse à l'excès, désagréable avec le gros du monde, st-sim. 3, 65. L'envie de voir de près quelques-uns des mystères newtoniens cachés jusqu'ici au gros du monde, VOLT. Lett. Pitot, 47 mai 4737. || Un gros, un grand nombre de, une grande troupe de. l:n gros de courtisans en foule l'accompagne, corn. Poly. 1, 4. Suivi d'un gros armé d'amis et de valets, iD. Théod. V, 8. Un chétif centenier des troupes de Mysie Qu'un gros de mutinés élut par fantaisie, Id. H&acl. 1, 2. Qu'il est aisé de rompre ce gros da désespérés, fléchier. Théodose, iv, 56. Et l'on dit que, suivi d'un gros d'amis fidèles. On l'a vu se mêler au milieu des rebelles, rac. Uithr. iv, 8. Gobert aurait eu bon marché de cette poignée de gens trop éloignés de leurs gros, st-sim. 29, 86. Il 20° Ce qu'il y a de principal et de plus considérable. M. de Vaugelas donna les siens [papiers], qui étaient fort courts, et ne touchaient (jue le gros de ce dessein [le plan du diclionnairejj auquel il offrait de nouveau de contribuer, pellis- SON, llist. Àcad. m. Il tombe ensuite en des parenthèses qui peuvent passer pour épisodes, mais qui font oublier le gros de l'histoire, et à lui qui vous parle, et à vous qui le supportez, la bruy. v. Ceux-ci faisaient bientôt passer le gros de leurs discours au reste de l'armée, rollin, Hist. anc. ûtut). t. XI, 2° part. p. 448. Il 21° Le gros de l'hiver, le gros de l'été , temps de ces deux saisons où le froid, la chaleur a le plus d'intensité. || 22° Le gros se dit du commerce dans lequel on ne vend que par notables parties, par opposition au commerce de détail. Marchand en gros. Tenir le gros. || Demi-gros, commerce où l'on vend à la fois en gros et en détail. Cet épicier fait le demi-gros. || 23° Terme de bouderie. Gros de langue, nom d une région du bœuf, maniement impair, simple, commun aux deut sexes, qui, latéralement, répond au bord inlérieur de la terminaison du muscle sterno- maxillaire. Il Terme de vénerie. Gros des nombles, morceau de la cuisse du cerf. On dit par corruption gros dénome ou gros d'énome. \\2i' Le gros, se dit, dan» le département du Nord, de la bouille en gros morceaux. Il 25° Terme de relieur. Cahier de seize pages, dans la feuille in-douze. || 26° Le gros, le revenu fixe d'une cure, par opposition au casuel. Il Le revenu principal qu'un chanoine tire de sa prébende, par opposition à distribution manuelle. Il 27° Droit que l'on payait aux fermiers des aides pour chac|ue muid de vin que l'on vendait en gros. Il 28" Gros de Naples, gros de Tours, étoffes de soie qu'on fabrique à Naples, à Tours, ainsi appelée! parce qu'elles sont à gros grains. || Oros de Verdun.
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