GKOSSB (grA-8')a <• ^, .Douze douzaines de
GRO
certaines marchandises. || Une grosse de soie, douze douzaines d'echeveaui de soio.
— HIST. XVI" s. De la civette, de la ceruse, une grosse de lunettes, despek. Cymbal. ï6.
— ÊTYM. Gros.
2. GROSSE (grô-3'),s. f. \\ 1° fioriture en gros caractères. Cet enfant en est encore à la grosse. Il 2° Terme de pratique. L'expédition d'un acte, ou d'un jugement, d'un arrêt, qui, délivrée en forme exécutoire par un notaire, par un greffier, est écrite ordinairement en plus gros caractères que la minute. Grosse d'un contrat. Première grosse. Seconde grosse. Il Se dit également de certaines écritures dont les unes sont des copies et les autres des originaux. Pour les procès-verbaux, la grosse est la copie; pour les requêtes, elle est l'original.
— HIST. IV* s. Le dit menuisier du Bust demandoit la grosse et sceel d'une obligation, jean DE TROYES, Chron. (477. Ijxvi's. La minute et la grosse lui demeurent [au notaire], pource qu'aucun des donataires ne voulut bazarder vingt sous pour la façon, d'aub. Fœn. m, <7.
— V.TVM. Gros.
t GROSSE-DE-FONTE (grû-se-de- fon-t') , s. f. Terme d'imprimerie. Gros caractère pour les afficlies.
t GROSSE.WENr (grô-se-man) , adv. En gros, d'une manière non fine. Cela est grossement fait.
— HIST. xiv's. Or est ainsi diffinie élection grossement, et non pas en la manière que il est accoustumé à faire selon desoripcion, oresme, Eth. 89.
— ÈTYM. Grosse, et le suffixe ment; provenç. çrossamen ; espagn. gruesamenle ; itai. grossamente.
GROSSERIE (grô-se-rie) , s. f. || 1° Tous les gros ouvrages des taillandiers. || 2° Le commerce en gros. Marchand qui fait la grosserie.
— ÈTYM. Gros; angl. grocery, épicerie. Au xvi» s. grosserie a le sens de grossièreté : La grosserie et lourderiedu service de sa maison, amyot, Anton. 23.
GROSSESSE (grô-sè-s') , s. f. L'état d'une femme enceinte ; la durée de cet état. Sa grossesse est fort avancée. Elle [Mme de Montespan] se désespéra à la première grossesse, se consola à la seconde, et porta, dans les autres, l'impudence aussi loin qu'elle peut aller, M"" de caylus. Souvenirs, p. 66, dans POUGENS. Il Fausse grossesse, maladie qui, ayant son siège à la matrice, simule une grossesse.
— HIST. xm's. Quand femme est condamnée à perdre le cors par jugement, et eiledit qu'elle est grosse.... quant la grossesse apert à lui, beaum. vu, (2.
— ÉTYM. Gros; provenç. grosseza, grossessa; espagn. srosfsa; ital. jrossczsa. Grossesses, signifié l'état de femme enceinte, qui s'est dit aussigrotsw et grosseur, et a eu en outre le sens actuel de grosseur.
t GROSSET, ETTE (grô-sè, sè-t'), adj. Un peu gros. M. de Brissac avait infiniment d'esprit, avec une figure de plat apothicaire, grosset, basset, et fort enluminé, st-sim. 64, 56.
— HIST. xiu* s. La face blanche et colorée, La bouche jietite et grocete ; S'ot au menton une fossete, la Rose, 637. ||xvi* s. Ces verrues ont la racine gresle et la teste grossette, paré, xvin, 85.
— ÊTYM. Diminutif de groï; provenç. grosset.
t GROSSETTE (grô-sè-f), s. f. Nom donné aux retours des chambranles dans les portes et les fenêtres.
GROSSEUR (grô-seur) , s. f. ||l»La circonférence, le volume de ce qui est gros. Elle [la grenouille].... Envieuse s'étend et s'enfle et se travaille Pour égaler l'animal [le bœuf] en grosseur, la font. Fabl. I, 3. Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur. Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, boil. Lutr. i. La rapidité avec laquelle le soleil darde ses rayons est probablement en proportion avec sa grosseur, qui surpasse environ un million de fois celle de la terre, volt. Pkil. Newt. 11, 2. Sa grosseur [d'un homme] était si prodigieuse que sept personnes d'une taille médiocre l)ouvaient tenir ensemble dans son habit et le boutonner, Burp. Suppl. à l'hist. nat. CEuv. t. xi, p. (18. Ij 2° Tumeur. Il a une grosseur au cou. Il 3° Ancien terme de jardinier. Etre en grosseur, le disait de fruits qui, après avoir acquis la grosseur qu'il faut pour entrer en maturité, demeurent en cet état sans avancer, la quintinye, dans richelet.
— HIST. xtv s. La tunique rétine fu sutille pour deux utilités : la première qu'el ne bleçast par sa groisseur les humours... h. ue mondeville, f° 17. Duc [jus(|u'] à tant que la groisseur du milieu du fer puisse estre comprise o estrumens à ce convenables, iD. 38, verso. Il xvi* s. Selon qu'il estoit nécessaire à la gro^seur de nostre esprit et à nostre arrogance, CALVIN, Inslit. 27l.L'Apsu3, en grosseur, en roideur et vitesse de cours, ressetuble assez au fleuve de Peneus, amyot, Flam. 4.
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— ETYM. Gros ; Berry, grousseur ; provenç. groissor; espagn. grosor. Grosseur, comme il a été dit à GBOSSESSK, a eu le sens de grossesse.
GROSSI, lE (grfl-si, sie), part, passé de grossir.
1° Devenu plus gros C'est un torrent.... Qui, grossi des débris de cent peuples divers... hac. Alex, i, s. Depuis Thompson, tout le monde a été mélancolique, tout le monde a entendu mugir les vents, les torrents grossis se précipiter.... villemain, Litt. fr.
I »• siècle, 2' part, a* leç. Fig. Mon coeur, grossi par mes pensées. Comme tes flots dans ton bassin. Sent, sur mes lèvres oppressées, L'amour déborder de mon sein, lahart. Uarm. n, 6. || 2° En un sens détourné. Qui a perdu sa délicatesse. Cette femme a eu les traits grossis par la petite vérole. || 3° Fig. Exagéré. Des dangers grossis par l'imagination.
GROSSIER, lÈRK (grô-sié, siè-r'), adj. || 1" Mot formé de gros, qu'on applique presque toujours avec un sens défavorable à ce qui manque de ténuité, de finesse, de délicatesse. Un air grossier. Les parties les plus grossières d'une liqueur. L'autre déploie sur celle des deux tables qui était vacante, un linge un peu grossier, mais blanc, iuRMONTEL, IS(m. VI. || Vêtements grossiers, ceux qui sont faits d'une étofl'e grosse et de peu de valeur. Vapeurs grossières, celles qui paraissent composées de grosses parties parce qu'elles détruisent la transparence de l'air. || Traits grossiers, ceux qui, sans être irréguliers, n'ont pas la finesse ou la grâce des jolies figures. || Terme de minéralogie. Sa dit d'un corps 'luand il a un air de rudesse joint à l'opacité. Il II se dit des aliments peu recherchés, ou de mauvaise qualité. Aliments grossiers. Nourriture grossière. || 2° Qui n'est pas délicatement fait, proprement fait. Ce bâtiment est d'une architecture grossière. Un travail grossier. 11 faut convenir avec eux que ces corps plaisent plus ii la vue que des figures grossières, où l'on n'aperçoit ni uniformité, ni symétrie, ni unité, dider. Rech. philos, sur le beau, Œuv. t. n, p. 424, dans pougens. || Par extension. Un essai grossier. Imitation grossière. Grossière ébauche, rotr. Bélis. m, 7. || 3° Fig. Il se dit de (e qui n a rien de délicat, au moral. Mais au lieu de goûter ces grossières amorces.... corn. Cinna, v, ». Que ce discours grossier terriblement assomme! mol. Femm.sav. n, 7. Cette privation de toutes pensées raisonnables et cette application totale de l'âme à un objet grossier, vain et inutile, est ce qui fait le plaisir de tous les jeux, micole, Fss. mor. i" traité, chzp. 1 4. Ils [les prodiges] sont l'appât grossier des peuples ignorants, volt. Sémiram. ii, 7.
II Les plaisirs grossiers, les plaisirs que peuvent goûter les hommes les plus bornés, même les animaux, par opposition aux plaisirs délicats qui demandent une certaine élévation ou culture d'esprit. || On dit dans le même sens : des désirs grossiers, des appétits grossiers. || 4° Fig Mal poli, inculte de mœurs et d'esprit. N'apprendras-tu jamais, âme basse et grossière....corn. Rodog. II, 2. Villon fut le premier dans ces siéclps grossiers.... boil. Art p. t. Nous regardons l'idolâtrie comme la religion des peuples grossiers, et la religion qui a pour objet un être spirituel, comme celle des peuples éclairés, montesq. Esp. XV, 2. Je fus instruite en ce grossier climat  suivre la vertu sans en chercher l'éclat, volt. Ali. iv, 3. Tu verras de chameaux un grossier conducteur, ID. Fanât, i, 4. Je viens après mille ans changer ces lois grossières, id. ib. ii, 6. De nos travaux grossiers les compagnes sauvages Partageaient l'âpreté de nos mâles courages, id. Orphtl. ii, o. || Subitantivement. Dan» les promesses de iT^vanizile, il ne se parle plus des biens temporels par lesquels l'on attirait ces grossiers [les Juifs], ou l'on amusait ces enfants, boss Sermora, Septuag. (.||6'0ui suppose ignorance, sottise, maladresse. Flatteuse illusion, erreur douce et grossière, cobn. Hor. m, 1. Abus grossier, hoth. St Gen. v, 2. Osez-vous recourir à ces ruses grossières? mol. Mis. iv, 3. Je veux bien en finissant cet avertissement, parmi les absurdités infinies de ses vains discours, en relever quatre ou cinq des plus grossières, boss. &•
avert. § *9 L'artifice est grossier, Tu te feins
criminel pour te justifier, rag. Phèd. iv, 2. Ses contemporains, qui adoptaient les fables les plus grossières, ne crurent point les vérités que Marc Paul annonçait, volt. Mœurs, I42. || Ignorance gro-ssière, grande, profonde ignorance. || N'avoir de quelque chose qu'une idée grossière, que des notions grossières, n'avoir de cette chose qu'une connaissance .sommaire et imparfaite. || Dans un sens analogue : Ne donner qu'une idée grossière de quelque chose. Il 6° Incivil, malhonnête. Un grossier personnage. Je vous pardonne d'être un ignorant,
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mais je ne vous pardonne pas d'être un homme très-grossier, qui a l'insolence de mêler dans cette querelle et de nommer des gens qui ne devaient pas s'y attendre, voit. Ouest, miracl. Utt. 4. |{ Il est grossier comme du pain d'orge, il est très-grossier; expression familière fondée sur le double sens du mot grossier, qui se prend au moral pour la personne, et au physique pour le pain. || Substantivement. C'est un grossier. Quel langage tient cette grossière 1 1| Injures grossières, injures qui consistent en termes insultants et bas. Un défaut considérable qui en peut ternir beaucoup l'éclat [des harangue» de Démoslhène et d'Eschine], et qui me paraît contraire aux règles de la saine et bonne éloquence, ce sont les injures grossières que ces orateurs se disent de part et d'autre, rollin, Hist. anc. OEuv. t. VI, p. (30, dans pougens. || On dit dans un sens analogue : langage grossier, propos grossiers. Il 7- Obscène. Il était grossier dans ses propos. Lucien, tout ingénieux qu'il est, devient grossier sitôt qu'il parle d'amour, st-evremont, dans richelet. Il Discours, propos grossiers, discour», propo» contraires à la binnsé^nce, à la pudeur. || 8' Marchand grossier. Cette locution vieillit; on dit marchand en gros. Il 9" .S. m. Ce qui est grossier. Le grossier et le bas, nos. 6' ater(. 44.
— HIST. xiii* 8. Ne peut estre grossiers [taillandier] , que il n'achate le mestier du roy, Ê.iv. des met. 44. Il XVI' s. Les rencontres et brocards d'Aiitonius estoient fort grossiers, amvot, Anton. »2. Il estoit grossier et peu subtil de nature, ID. t6. i». Un marchand grossier [en gros], demeurant me Sainct Denys, à l'enseigne du gros Tournois.... PAHÉ, t. m, p. 683.
— Rtym. Gros ; Berry, groussier, qui a de l'embonpoint : une jolie fille bien groussiere et bien fraiche; provenç. grossier; catal. grosser ; espagn. grosero; portuç. grnssriro; ital. grossière, grossierv.
GR0SS1ÈRE.\IHNT (grû-si6-re-man),adt).|! fD'une manière grossière. Il y avait dans la chaise un jeune homme grossièrement vêtu, volt. Jeannot et Colin. Quelques chifi'res grossièrement ébauchés sur l'écorce des ormeaux, genlis, Mlle de Clermont, p. 9, dans PoiGENS. || 2° D'une façon opposée à ce qu'il y a de spirituel, d'intellectuel. L'usage des pensées et de l'écriture me sert au besoin [dans l'absence] ; mais cependant, ma fille, je vous avoue grossièrement que j'ai une très-sensible envie d« vous voir et de vous embrasser de tout moa cœur, sÉv. 461. 113" Avec maladresse. 11 loue grossièrement. Il *• D'une manière qui suppose ignorance. S'ils s'emportent seulement contre les répréhension» et non pas contre les choses qu'on a reprises, je ne m'empêcherai jamais de leur dire qu'ils sont grossièrement abusés et que leur zèle est bien aveugle, PAsc. Prov. XI. Vous êtes donc grossièrement et visiblement trompé, quand, au préjudice de cette divine loi, vous n'apportez à la prière nulle préparation, BouHDAL. 6* dim. après Pdq. Dominic, t. il, p. 228. Il 5° Avec incivilité. Répondre grossièrement. Il 6" Sommairement, imparfaitement. Voilà grossièrement ce qu'il a dit sur ce sujet. Si on entend un coup de canon ou le son d'une cloche..., on pourra juger grossièrement de la distance à laquelle on se trouvo du canon ou de la cloche, uupp. Hist. nat.hom. CEuv. t. iv, p. 470. Content d'avoir grossièrement esquissé mon plan, je revins aux situations de détail que j'avais tracées, i. i. rouss. Confus, ii.
— HIST. XIV* s. Il convient par aventure premièrement parler Gguralment et grossièrement [en gros], ORESME, Eth. X (16). Il XVI' S. Je sçay grossièrement ce à quoy elles visent, mont, i, (64. Enfant nourry grossièrement comme il fault et hazardeusemeot,