‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 321 sur 388 · ID. I · texte numérisé non relu

ID. I

— ETYM. Grossière, et le suffixe ment.

GROSSIÈRETÉ (grô-siè-re-té) , s. f. || 1° Caractère

de ce qui est grossier, rude, sans délicatesse. La grossièreté d'un travail. La grossièreté d'une étoffe. Il 2° Par analogie. La grossièreté d'un mensonge. Alors le pécheur surpris s'indigne de la grossièreté de ses erreurs passées, mass. Carême, Rechute. Il 3° Rudesse qui vient du défaut de civilisation. La grossièreté des mœurs. Vous avez purgé notre langue de la grossièreté et de la rudesse des siècle» passés, HUET, Complimenta l'Académie. Penses-tu qu'liidatire en sa grossièreté Ait senti comme moi le prix de sa beauté? volt. Scythes, iv, I. Nouvelle prouve de l'imbécile grossièreté de ces temps barbares, U). Mœurs, 64. Ce mariage [du fils de Pierre I" avec une princesse allemande] fut trè.s-malheureiu; Alexis, âgé de vingt-deux ans, se livra à toutes le» débauches de la jeunesse et à toute la grossièreté dos anciennes mœurs qui lui étaient si chères, id.

GRO

GIIO

GRO

Ruttie, u, <0. ||i* Impolitesse, défaut de civilité. La grossièreté de ce personnage. || l'arole grossière, malhonnête, action incivile. Il lui a dit dos grossièretés. Jl lui fit une grossièreté impardonnable. Le style du Cocu imaginaire l'emporte sur celui de ses premières pièces en vers; on y trouve bien moins de butes de langage ; il est vrai qu'il y a quelques grossièretés, volt. Vie de Uolière. || 6° Co qui est contraire aux sentiments purs, aux choses spirituelles, intellectuelle:!. De ses grossièretés on a tant à souffrir. Que l'entendre ou la voir, c'est assez pour mourir, hauteroche, Bourg, de qxial. ii, 4. Pour avoir ditdes grossièretés sur l'amitié, si^v. 44. L'amitié peut subsister entre des gens de différent fexe, exempte même de grossièreté, la bkuy. m.

— RTVM, Grossier.

GROSSIR (grô-sir), v. n. || !• Devenir plus gros. Vous savez mieux que moi, que les parties qui agissent le plus, grossissent davantage, bonnet, Lett. div. (Jiuv. t. XII, p. 48U, dans poucens. Ce torrent qui grossit me ferme le chemin, c. delav. Vépr. licil. v, 2. Il Kig. Afin que, grossissant sous un peu de contrainte, Ce torrent de colère et de ressentiment Kût plus impétueux.... corn. Rodog. iv, 3. 1 Recevoir surcroît, augmentation. L'impérieuse aigreur de l'âpre jalousie Dont en secret dès lors mou ftme fut saisie Grossit de jour en jour, corn. Sertor. I, I. Nous verrons notre camp grossir à chaque pas, RAC. Mithr. m, (. La merveille grossirait infiniment par les détails que nous supprimerons, fon- TBN. Liltre. Us voient grossir annuellement leur numéraire par la vente des riches productions de ces contrées, baynal, Hist. phil. xi, 33. || Paraître plus gros. M. de Barbézieux s'abandonna à cette passion [la jalousie], tout lui grossit, il crut voir ce qu'il ne voyait point, st-sim. «3, 53. || Terme de marine. Se dit de l'état de la mer, lorsque les lames s'accroissent à chaque instant. Depuis une heure la mer grossit. || Se rapprocher. Ce bâtiment grossisiait à vue d'oeil. || 2° Y. a. Rendre gros, plus gros, apporter de l'augmentation. Les pluies ont grossi la rivière. La vapeur de mon sang ira grossir la foudre Que Dieu tient déjà prête à le réduire en poudre, corn. Héracl. i, 3. Ses troupes malgré lui (,TOssirent votre armée, id. Sertor. m, 4. Ces messieurs [les premiers académiciens] grossirent leur compagnie de plusieurs personnes considérables parleur mérite, peli.isson, Hisi. .4cad. i. Voici une nouvelle doctrine et de quoi grossir les Variations, si on enseigne que le mariage contracté entre les fidèles après le baptême peut se rompre par le refus de l'une des deux parties, boss. 4" aterl. «. De leur dépouille enfin gro.ssissez vos trésors, bac. Esth. n, i . J'ai mon mari à la vérité, mais il ne sert qu'à grossir ma famille, sans m'aider à l'entretenir, lesage, Turcaret, iv, 12. On le présenta à un vieux lettré qui n'était point venu grossir le nombre de ses parasites, volt. Babouc. Voilà ce qui m'irrite et grossit mon injure, ducis, Othello, m, B. |] Fig. La pensée ainsi épurée, autant qu'il se peut, de tout ce qui la grossit, des images, des expressions, du langage humain.... boss. Et. d'orais. v, 2U. || Grossir sa voix, faire la grosse voix, prendre une voix plus forte et plus grave. || 3° Faire paraître gros. Certains verres qui grossissent les objets, fén. Tél. xii. Il Fig. Notre imagination nous grossit si fort le temps présent, à force d'y faire des réflexions continuelles, et amoindrit tellement l'éternité, manque d'y faire réflexion, que nous faisons de l'éternité un néant, et du néant une éternité, p*sc. Pensées, art. m, 6, éd. laulre, i seo. Prenez garde que l'élûignement ne vous grossisse les objets; c'est un effet assez ordinaire, sÉv. H4. L'antiquité est un objet d'une espèce particulière, l'éloignement le grossit, fonten. Socro(e, Montaigne. \\ Terme de photographie. Reproduire en plus grand. 114" Fig. Exagérer. Que vous prenez de peine à grossir vos ennuis! CORN. Illus. com. V, 2. Pourquoi toi-même, en proie à tes vives douleurs. Cherches-tu sans raison à grossir tes malheurs? boil. Lutr. vi. [Pharnace, qui)..., me troublant par des fables. Grossit, pour se sauver, le nombre des coupables, bac. Mithr. m, 4. ('e qui nous regarde, nous le grossissons toujours, MASS. Ai'cnt, Àfftict. Quelques imperfections légères (lue sa piété lui grossit, iD. Carême, Confess. Défiez-vous de ceux qui, pour autoriser les profusions immenses des rois, leur grossissent sans cesse l'opulence de leurs peuples, id. Pet. carême, Tentât. Il 6* Se grossir, v. r^ft. Devenir plus gros. La rivière s'est grossie. Leur troupe se grossit peu i peu, ROLLiN, Uist. anc. (f.uv. t. viu, p. 6«7. La cour Ta se grossir.... On vient, et je vous quitte, UNOUE, Coquette eorr- 1, *. || Se faire plus gros.

L'orgueil est une enflure de cœur par laquelle l'homme s'étend et se grossit dans son imagination, NICOLE, Es$. mor. t" traité, ch. t. Tel qui se grossit à sa vue. Se croit quelque chose, et n'est rien, LA hottb. Fables, 1, 43. || Paraître plus gros. Les verres, selon qu'ils sont colorés ou taillés, changent les couleurs, les grandeurs et les ligures : l'objet ou se grossit, ou s'apetisse, ou se renverse, ou se redresse, ou se multiplie, boss. Conn. m, 4. || Fig. Être exagéré, l'out se grossit dans les propos de la ville. Il Proverbes. La peur grossit les objets, on s'exagère ce qu'on craint, {j La pelote grossit, se grossit, c'est-à-dire le nombre grossit, le trouble, la sédition augmente, les profits s'accumulent.

— HIST. xv s. Le cueur luy encommençaà grossir au ventre; car, si ce ue fust pour l'amour du roy, tantost leur courust sus, Percefor. t. vi, f" 4uo Il xvi" s. Et quant à mon ventre, il ne fault point de grossir, et ne vous puis celer que je ne sente souvent bouger chouse qui a vie, haiio. Lelt. cxix. Par imagination je grossis ces incoinmoditez de la moitié, MONT. 1, 82. Ces fureurs grossissent leur courage au dessus de la raison, lu. i, 132. Leur ame s'estoit merveilleusement grossie et enrichie par l'intelligence des choses, id. i, 4 41. Cculx qui ont le corps graile, le grossissent d'embourrures, id. I, 4 70. La saison commenceoit fort à se passer, et l'air à se grossir et refroidir après l'equinoxe automnal, amïot, 4fi(on. 50. Ciesar, grossissant sa parole, le menaça qu'il le tueroit tout roide, s'il le faschoit d'avantage, id. César, 46.

— RTVM. Gros.

t GROSSISSANT, ANTE (grô-si-san, san-t'), adj. Il i" Qui a la propriété de grossir, de faire paraître gros. Verres grossissants. || 2° Qui devient plus gros. Dette grossissante.

GROSSISSEMENT (grfi-si-se-man), s. m. Action de grossir; le résultat de cette action. Le grossissement des raisins. |{ Terme de physique. Rapport, dans les instruments d'optique, entre la grandeur absolue de l'image et celle de l'objet. Ces verres produisent un grossissement prodigieux. || Terme de photographie. Action de reproduire en plus grand.

— HiST. XVI' s. Ce lourd grossissement de pourpoincts, qui nous faict touts aultres que nous ne sommes, mont, i, 338.

t GROSSO-MODO (gro-sso-mo-do) , loc. adv. k la grosse, sans entrer dans le détail.

— ÊTYM. LaL grosso modo, à la grosse manière. Cette locution, qui n'est pas dans la latinité, se trouve, au xiV siècle, dans H. de Mondeville, Bibl. impér. mss. 7439 fonds latin, f" 4 69, verso.

i GROSSCLARIÊES (gro-ssu-la-ri-ée) , s. f. pi. Famille voisine des cactées, ne contenant que le genre groseillier.

— ETYM. X.atin botanique, grossulus (voy. groseille )

t GROSSCLINE (gro-ssu-li-n"), s. f. Terme de chimie. La pectine des groseilles.

— ETYM. Lat. grossulus (voy. grossulariEes) , et la finale ine, qui indique un principe.

GROSSO YÉ, ÉE (gro-so-ié, iée),por<. passé d« grossoyer. Un acte grossoyé.

GROSSOYER (grÔ-so-ié; plusieurs disent grôsoi-ié ; l'y se change en t devant l'e muet : je grossoie, je grossoierai), t>. o. Faire la grosse d'un acte.

— HIST. xiv s. Lequel Boileaue avoit fait groussieret escripre une fausse lettre, nu cange, grossa. Il XV* s. Le roi de France envoya en ce pays messire Roger d'Espaigne et un président delà chambre de parlement de Paris et belles lettres grossoyées et scellées, FBOiss. u, m, 4 4.11 xvi* S. Lettres une fois grossoiées , ne peuvent estre regrossoiées sans appoller la partie, et ordonnance de justice, loïsel, 893.

— ETYM. Gros, avec le suffixe oyer ou eyer. En un autre sens : La mer grossoyoit [devenait grosse], a dit Joinville, 286.

GROTESQUE (gro-tè-sk'), adj. Voy. gbotesques.

GROTESQUEMENT (gro-tè-ske-man), adr. D'une manière grotesque, ridicule, extravagante. Il est grotesquement vêtu.

— ETYM. Grotesque, et le suffixe ment.

GROTESQUES (gro-tè-sk'), s. f.pl. || 1° Terme de

beaux-arts. Se dit des arabesques à l'imitation de celles qui ont été trouvéas dans les édifices anciens ensevelis sous terre ^ce qui est le sens primitif). Le sujet ni le dessin des grotesques n'ont rien do bouffon. Il 2' Par extension de l'idée de fantasque, irrégulier , qui est dans l'acception précédente. Figures qui font rire en outrant la nature. Peintre de grotesques. Enfin ou peut compter plus de mines burlesques |}ue a'en grava jamais Cjillot dans ses grotesques, saklecque, Poème sur le geste, dans

Poétitt, p. e«. Il Fig. Imaginations grotesques (emploi inusité). Ces grotesques sont si ridicules, qu'elles ne méritent pas qu'on s'y arrête, patru, Ptaid. 40. || 3* U se prend adjectivement. Qui outre et contrefait la nature d'une manière bizarre. Des figures, des peintures grotesques. H. de Saint-Amant ferait, comme il s'y était offert lui-même, la parti» Cuiuique du dictionnaire, en recueillerait les termes grotesques, c'est-à-dire, comme nous parlerions aujourd'hui, burlesques, pellisso«, llisi. del'Àcad. m. Il 4' Fig. Ridicule, bizarre, extravagant. Qu'y a-t-il de plus propre à exciter le rire que de voir une chose aussi grave que la morale chrétienne remplie d'imaginations aussi grotesques que les vétres? pasc. Prov. XI. Mais sa mu.se [de Ronsard], en français parlant grec et latin. Vit dans l'âge suivant, par un retour grotesque , Tomber de ses grands mots le faste pédanlesque, boil. Art p. i. Mme de Bouillon nous pria instamment d'aller voir toute U parcntelle nombreuse et grotesque [de Crozat], stsim. 472, 43. De l'autre côté est Rochemaure en Ijnguedoc, vieux château grotesque, qui a l'air d'avoir été bâti du reste des matériaux de la tour de Babel, de brosses, Uitres sur l'Italie, t. i, lett. 4. Il 6' S. m. Ce qui est dans le genre grotesque. 11 ne faut pas mêler le sublime au grotesque. Il 6" Danseur, bouffon, et, par extension, figura risibic. Des figures qui font de cet homme un grotesque, LA BRUY. XII. C'est un poète et le grotesque du genre humain, montesq. Lett. pers. 48.

— REM. 1. Grotesque venant de l'italien grottetca, et tenant à grotte, on ne voit pas pourquoi l'Académie qui n'y met qu'un t, ne se conforme pas i l'étymologie, ou, ne s'y conformant pas, pourquoi elle ne suit pas la même règle pour tous les mots où le double t ne sonne pas. || 2. On a dit jusque dans le xvii* siècle crotesque, comme dans le xvi*, ce qui rapprochait ce mot de crote , anciennement dit pour grotte. Avec cela il avait un chapeau pointu i petit bord, tellement qu'il avoit une façon bien crotesque, Francion, liv. x, p. 402.

— HIST. xvi* s. Le vuide tout autour, il le remplit de Grotesques, qui sont peinctures fantasques, n'ayant grâce qu'en la variété et estrangeté; que sont ce icy aussi, à la vérité, que Grotesques et corps monstrueux [ces Essais]? mont, i, 205. Damoyselle qui oncq, bien quelle fust aymée. Ne tourna ses pensers ([u'en grotesque ou fumée : Laissant le méritant pour prendre à son appoint Celuy qui à part soy ne l'aymoit d'un seul point, pasquibb, OEuv. meslécs, t. m, p. 426.

— ETYM. Ital. groltesca, de grolla, grotte (voy. ce mot), à cause des peintures trouvées dans des cryptes ou grottes anciennes, particulièrement lors de l'exhumation des thermes de Titus à Rome.

GROTTE (gro-f) , s. f. Caverne naturelle ou faite de main d'homme. Remplissez l'air de cris en vos grottes profondes. Pleurez, nymphes de Vaux, faites croître vos ondes, la font. Elég. pour Fouquel. On lira avec un plaisir mêlé d'horreur le récit de leur descente dans la grotte d'Antiparos, c'est-à-dire dans trois ou quatre abîmes affreux qui se succèdent les uns aux autres, fonten. Tournefort. Qui est-ce qui est sorti des grottes d'Arcy, sans être convaincu par la vitesse avec laquelle les stalactites s'y forment et s'y réparent, que ces grottes se rempliront un jour et ne formeront plus qu'un solide immense? d;dekot, Inlerprét. de la nat. n' 37. Chanter Pomone et Pan, les ruisseaux, les moissons. Les vierges aux doux yeux et les grottes muettes, Et de l'âge d'amour les ardeurs inquiètes, a. chénier. Idylles, Epilogue.

— HIST. Il* s. Ad Apolin [ils] courent en une cnitfl, On. de Roi. CLXXxni. |{ xu* s. Par ces noveles furent mult li moine esmaié, E pur ço l'unt es crûtes enterré e mucié, Th. le mari. 4 55. || xiii* s. Il voit Renart qui poi le doute ; Car il s'est mis dedenz sa croûte, Ren. 74 6. Son sépulcre et sa crois nous avoit il laissie; Jherusalem ont pris la pute gcnt haïe, El mouslier n'a autel ne croûte beneie. Que,' lor palefroi n'ait ordée [salie] et cunceïe (con-j chiée] , Ch. d'ArU. 1, 820. || xv* s. En ce terme quo) il [Espaignolet] le tint [le chastel de Cremale], il fit! une croûte en terre qui vuidoit aux champs et en- ' troit en la salle, froiss. n, m, 23. || xvi» s. Ou bien s'il a ijuelque soin. C'est de s'endormir au coin D« quelque grotte sauvage, rons. Odes, v, 4 6.

— ÊTYM. Génev. crolon, cachot; provenç. crola, dota, cropta; ital. grotta ; du bas-lat. crupta, grupta, dans un texte de 887, qui représente le latia CTypta, caverne (voy. crypte).

t GROTTITÇLK (gro-lU-lè-I'), adj. Terme de zoologie. Se dit d'araignées qui se coQftruisent des es-

GRO

CRU

CRU

pèces de grottes avec des feuilles qu'elles entourent de leur toile.

— RTYM. Grotte, et le lat. tela, toile.

t GROC (grou), s. m. ou GROUETTE (grou-J-f), t. f. Nom donné, en quelques provinces, à une terre argileuse mêlée de pierres, et peu propre 1 la culture des céréales.

— F.TYM. Dérivé du germanique : anglo-saxon, grut, farine grossière (voy. gru).

GROUILLANT, ANTE (grou-llan, llan-t', Il mouillées, et non grou-yan, yan-t'), adj. Terme familier. Qui grouille, qui remue. Des enfants tout grouillants, pleins de vie. {| Oui fourmille de. Sa barbe était grouillante de vermine.

GRODILLEMENT (grou-lle-man. Il mouillées, et non grou-ye-man), s. m. Mouvement et bruit de ce qui grouille. On entend tous les jours, dans le grouillement des intestins, des sons qui.... bufp. Ois. t. viu, p. 267.

GROUILLER (grou-llé. Il mouillées, et non grouyé), V. n. Il 1° Terme familier. Se remuer. Et l'on demande l'heure et l'on bâille vingt fois Qu'elle grouille aussi peu qu'une pièce de bois, mol. Mis. 11, 5 (l'édit. de 4 682, faite après la mort de Molière, a : qu'elle s'émeut autant). Vous ne grouillez pas? iD. Comtesse, s. || La tète lui grouille, se dit d'une personne à qui la tête tremble de vieillesse ou par faiblesse. Est-ce que madame Jourdain est décrépite? et la tête lui grouille-t-elle déjà? id. Bourg, gent. m, B. || 2° Il se dit du bruit des flatuosités dans les intestins. Les boyaux lui grouillent. Il 3° Fourmiller. Ce fromage grouille de vers. Les vers grouillent dans ce fromage. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HlST. XVI' s et leur en faire gouster, non

pas rosti, ains tout grouillant et frétillant, pour leur donner plus de plaisir, mahg. Nouv. xi. Ces cavités estoient remplies de vers grouslans et mouvans, PARÉ, vni, i!2. Semblablement des asnes, quand ilz vienent aussi à putréfaction, grouillent des escharbots, amyot. Agis et Cléom. 74. Ilz ont groulé par dessus ma teste despuis trois heures au matyn, palsgr. p. 693. Arbre groulant [s'agitant, agité], DELAPOKTE, Epithètes. Grouler des pois ou febves [les faire cuire sur des charbons], oudin, Dict.

— ÉTYM. Picard, grouiller, s'affaisser, en parlant d'une berge; Berry, groûler, grouUer, remuer, mouvoir. Diez le tire de l'anc. haut-allem. grubilôn, fouiller, ou crewelôn, grouiller, démanger. Mais les emplois effectifs du verbe grouiller en paraissent faire une forme dérivée de crouler ou croul- 1er (voy. crouler), qui, dans l'ancien français et encore aujourd'hui dans certains lieux, signifie agiter, remuer. On remarquera que grouiller, dans l'histori(|ue, est récent; ce qui convient à un verbe ancien [crouler) qui a pris une forme populaire.

jGROUINE (grou-i-n'),s. /■. Nom, dans les Vosges, d'amas de gravier calcaire. || On dit aussi groise.

— ÊTYM. Dérivé de grou.

t GROUINIÈUE (grou-i-niè-r'), s. f. Nom, dans les Vosges, des lieux où il y a de la grouine.

t GROULARD (grou-lar), s. m. Nom vulgaire du traquet et du bouvreuil.

GROUP (group), s. m. Terme de commerce. Sac d'argent cacheté qu'on envoie d'une ville à l'autre. Il Peyssonnel écrit grouppe : Il convient de faire venir les fonds doni on a besoin en espèces; la voie la plus sûre est celle des tchoodars du kan, que ce prince expédie presque toutes les semaines, et qui se chargeraient de remettre volontiers des grouppes au consul , moyennant une petite récompense, Traité sur le Comm. de la mer Noire, i, m.

— ÉTYM. Origine inconnue.

f GROUPAGE (grou-pa-j'), s. m. Terme de chemin de fer. Faculté laissée à certains intermédiaires de rassembler un nombre de colis et de les présenter en bloc au chemin de fer.

GROUPE (grou-p'), s. m. \\ l' Un certain nombre de personnes réunies. Un groupe de curieux. Des groupes menaçants se formaient dans la rue; la force armée les dissipa. Ainsi dans presque aucun de ces groupes d'enfants l'oisiveté n'était soufl'erte, MARMONTEL, Mém. I. Ils furent bientôt à six cents pas du groupe où la reine était arrêtée, genlis, Mlle de la Fayette, p. 275, dans pougens. || Terme de fouriérisme. Réunion d'individus, attirés les uns vers les autres par une des quatre passions affectives. Dans la phalange, les groupes sont les éléments des séries. || 2° Terme de sculpture et de peinture. Assemblage d'objets tellement rapprochés ou unis que l'œil les embrasse à la fois. Un groupe d'animaux. Quel groupe plus simple, plus beau que celui du Laocoon et de ses enfants? dider. Ess. sur

la peint, chap. B. C'est là aussi [aux Thermes de Titus] qu'on a découvert le groupe de Laocoon, STAËL, Corinne, iv, B. || Terme d'architecture. Se dit de plusieurs colonnes accouplées. || 3* Terme do musique. Se dit de plusieurs notes réunies ensemble par leurs queues. || Réunion de plusieurs cordes d'un instrument, lesquelles sont accordées à l'unisson ou à l'octave et doivent être attaquées ensemble. Il 4° Fig. Réunion d'objets formant un tout distinct. Le P. C. a un soin ingénieux de faire des groupes des choses sous des classes différentes, Mém. de Trév. 4726, dans DESFONTAiNES. L'Islande, comme la Sicile, n'est en grande partie qu'un groupe de volcans, BUFE. Add. tliior. ter. CEun. t. xiii, p. (06. Il 5" Terme de géologie. Groupe crétacé, roches du terrain crétacé. Groupe oolitbique, terrain jurassique. Il 6°Termede botanique. Agrégation, dite plus communément sore, des petites capsules qui constituent la fructification des fougères. || 7° Terme de lexicographie. La lettre ou les lettres placées en t^.te des colonnes d'un dictionnaire, et servant d'initiales aux mots contenus dans chaque colonne. Le groupe A, le groupe CA, le groupe CRO.jj Se dit, par extension, de tous les mots ayant pour initiales les lettres placées en tête d'une colonne : le groupe DE, tous les mots commençant par ces deux lettres.

— ËTYM. Ital. groppo, gruppo, groupe; espagn. grupo, gorupo. C'est le même que le mot croupe (voy. ce mot), c'est-à-dire ce qui est ramassé, comme l'indique le radical qui est germanique.

GROUPÉ, ÉE (grou-pé, pée), part, passé de grouper. Il 1° Rassemblé, en parlant de personnes ou de choses. Ils étaient groupés autour de lui. Il 2° Réuni en groupe. Parce que ces figures se tiennent, le peintre a cru qu'elles étaient groupées , dider. Salon de (765, CEuv. t. xin, p. (6, dans pougens. Il Substantivement. Le groupé, manière dont plusieurs objets sont groupés; disposition par groupes.

t GROUPEMENT (grou-pe-man), s. m. Action de grouper, réunion d'objets propres à se grouper.

GROUPER (grou-pé), f. a. |! 1° Réunir, en parlant de choses ou d'êtres vivants. Grouper des faits, des mots. J'aimais l'essaim d'oiseaux funèbres Qui sur les toits, dans les ténèbres, Vient grouper ses noirs bataillons, v. hugo, Odes, u, 3. || 2° Terme d'ans. Disposer en groupe. On met toujours de l'ordre dans la confusion même ; ainsi les peintres groupent leurs figures, MONTESQ. Goût, plaisir de l'ordre. U [Watteau] a réussi dans les petites figures qu'il a dessinées et qu'il a très-bien groupées, mais il n'a jamais rien fait de grand, il en était incapable, volt. Temple du goUt. \\ En architecture, grouper des colonnes, les réunir deux à deux. || 3° V. n. En termes d'art, être groupé. Ces ligures groupent bien. || 4° Se grouper, v. réfl. Former un groupe. Ces danseuses se groupent bien. || Être en groupes. Les nuages se groupent à l'horizon. La foule se groupa autour de lui. Plusieurs des hommes débandés s'étaient arrêtés subitement; ceux qui les suivaient, les atteignant, se groupaient avec eux ; d'autres, déjà plus avancés, reculaient sur les premiers, ils s'attroupaient, bientôt ce fut une masse, ségur, Hist. de Map. x, 4.

— HIST. XV' s. Mais faictes comme font gens saiges Pour veoir aultres bariolaiges Au fray des dragons et serpens En hayneuses amours grouppans, Traité d'alch. uo.

— ÉTYM. Groupe.

t GROCPET (grou-pè) , t. m. Terme de musique. Traduction t.'ès-peu usitée de l'italien gruppetto (voy. ce mot).

■\ GROUX (groû), s. m. Nom donné en Bretagne à une bouillie à l'eau faite avec de la farine de sarrasin. Faire frire du groux.

— ETYM. Le même que gni.

^ GRD (gru), s. m. Il l'Ancien nom du gruau. Gru, le muid, mesure de Paris, payera comme orge. Tarif, I8 sept. (664. || 2° Bouillie de farine d'orge ou d'avoine. La Fanchon me servit des grus, des céracées [sortes de laitages], j. J. bol'SS. Hél. vi, (0.

— HIST. XIV* s. Grust [orge préparée pour la bierre], nu cange, grutum. || xv s. Le suppliant [brasseur] conduisit une charretée de grain ou gru pour mouldre au molin, ni. th. Tu sasses le gruis chascun jour, eust. dfsch. Poésies mss. f° 375. Grain, gru, houbillon et autres matières, dont ils brasseront, Ordonn. fév. (496.

— ÊTYM. Champagne, gru, son; génev. grus, orge mondé ; provenç. grus, grain ; du germanique : anglo-sax. grut; angl. grout; anc. h. allem. gruil; allem. mod. Grùtie, grain mondé.

t. GRUAU (gru-ô), s. m. || 1° Grain mondé et moulu grossièrement, de manière à présenter un grain de farine non réduit en poussière, mais sans

trace d« son. || L'avoioe dépouillée de sa bail* floralf . 112° Par extension, farine d'orge, ou d'avoine, sécûée au four, dont on sépare le son sans bluteau et qui fait une nourriture fort sains en bouillie tirée au clair. || la fine fleur de froment. Pain de gruau. || 3° Bouillie, tisane faite avec du gruau. Boire du gruau. |{ 4" Se dit aussi de la pomme d» terre réduite en pâte, puis en petits pains, dans un moulin à meules espacées, de manière à lui donner l'aspect du sagou.

— HIST. XII* s. E une femme estendi un drap sur le puiz, si cume ele i sechast orge piled pur faire gruel, Rois, p. (8.'». || xiv* s. X Paris les oycrs [marchands d'oies] engressent leurs oies de farine, non mie la fleur ne le son, mais ce qui est entre deux, que l'on appelle les gruyaux ou recoppes, Ucnagier, II, 4. Avoine batue que l'en doit dire gruyau d'avoine, ih. II, 6.

— ÊTYM. Gru;plcard, jrui;géneT. gri$te,gritxe, gruau d'avoine ou d'orge (c'est l'allemand Grûtie) .

t 2. GRUAU (gru ô), s. m. Petit de la grue. On voyait communément, suivant Turncr, de petiti gruaux dans les marchés; leur chair est en effet une viande délicate, dont les Komains faisaient grand cas, buff. Ois. t. xiii, p. 42».

— ÊTYM. Diminutif de grue (.

fs.GRUAD (gru-ô), î.m.ll 1* Petite gruepour enlever les fardeaux. Il 2" Vaisseau pour transporter le sel.

— F.TYM. Diminutif de grue 2.

(.GRUE (grue), «. ^. Il 1° Gros oiseau voyageur de l'ordre des échassiers, qui vole par bandes. Les grues portent leur vol très-haut, et se mettent en ordre pour voyager; elles forment un triangle à peu près isoscèle, comme pour fendre l'air plus aisément, buff. Ois. xiii, p. 42B. La gruo du philosophe Leonicus Thomaeus dans Paul Jove est fameuse ; il la nourrit pendant quarante ans, et l'on dit qu'ils moururent ensemble, id. ib. p. 434. Il On prétend que, lorsque les grues sont à terre en troupe, il y en a une qui se tient sur une seule jambe pour faire la sentinelle. || De là fig. et familièrement. Faire le pied de grue, attendre longtemps sur ses pieds. Faire sur l'un des pieds en la sallo

la grue, Régnier, Sol. m De la rue. Où jusques

à minuit j'ai fait le pied de grue, hauteroche, Espr. fotl. V, 9. Il Avoir un cou de grue, avoir le cou très-long. Que ferez-vous d'un pauvre acteur Dont la taille et le cou de grue Et la mine très-peu jouflue Feront rire le connaisseur? volt. Ép.xcw. Il 2" Fig. et familièrement. Niais, qui se laisse facilement tromper. Le monde n'est plus grue et ne se mouche plus sur la manche, GOi patin, Lett. t. ii, p. (86. Me prends-tu pour une grue! bri'eïs, l'Importani, i, e. Mais si c'est une grue.... Dans ma famille, au moins, on ne voit point de sots, begnabd, le Bal, 8. Il Grande femme qui a l'air gauche. Il 3° Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral. || 4° Terme d'antiquité. Danse de la grue, sorte de branle inventé, dit-on, par Thésée, qui avait voulu peindre les tours et détours du labyrinthe de Crète, d'où il avait été tiré par Ariane; c'était une fille qui conduisait le branle.

— HIST. xiu' s. Grues sont oiseau qui volent à eschieles [bandes] , en manière de chevaliers qui vont en bataille, brun. lat. Très. p. 2(5. Puis-ge voler avec les grues. Voire saillir outre les nues, Cum fist le cine [cygne] Socratès? la Rose, 644 1. Par envie mult le grevoient, Tant i avoit venin et fiel: Ceste prendra la grue au ciel, Fesoient-il, par

ataïne, buteb. u, (6B. |{ xiV s et souhaitoit

qu'il eust la gorge plus longue que le coul d'une grue, ORESMR, Eth. 94. j| xvi* s. Tu te cougnois en fient [fiente] de grues, ton père estoyt poullayllier, palsgr. p. 475.

— ÊTYM. Provenç. grua; espagn. grulla; portug, grou ; ital. grua; du lat. grus, qui, avec le grec y«pavo;, dépend du radical sanscr. gar, crier, gir, voix ; comp. le grec ■^rtp\ii, voix, le lat. garrire, bavarder.

2. GRUE (grue), s. f. || 1* Grande machine de bois qui sert à élever de grosses pierres, de grands fardeaux. Avec un certain instrument Qu'en français une grue on nomme, scarr. Virg. vi. || 2° Ancienne machine de guerre qu'on appelait aussi corbeau démolisseur. || 3* Anciennement, instrument de punition pour les soldats, composé de deux pièces do fer, qui se terminaient en bec de grue par le bas, et qui avaient la forme du carcan par le haut. Mettre un soldat à la grue.

— HIST. iiii* s. Chil qui porte faus sans manche doit deuxdeniers; chil qui porte grues, deux deniers, TAiLLiAB, Recueil,p. 28. Il xv* s. Pour trouver moyen de gagner la bastille, furent dressez deux cas [chats, sorted'engin] et deux grues, par le moyen des quelles

CRU

le» Françoiipeussont approcher leurs ennemis, math. DE COOCT, Hiit. de Charlft Vil, p. «06. || xv- ». Ouindoz la grue plus vistemeiit, palsor. p. '82.

Etym. Orne i, par assimilation de forme.

f GRllft, lÎK («rii-é, grii-ée) , part, passé de gruer. néduit en gruau, lie toutes ces graines légumineuses les unes étant gruées servent à faire les différentes goupes connues sous le nom de soupes farineuses, TI8S0T, Santé des gens de lettres, § 5». Des vivandières allaient de feux en feux, proposant des gâteaux de blé gnié, chateaub. Itin. î* part.

f GRUKR (Rni-é), v. a. Réduire en gruau.

— ETYM. Cru.

GRCERIE (gru-rie), ». f. || i' Nom d'une ancienne juridiction subordonnée aux maîtres des eaux et forêts, tjui jugeait en première instance de ce qui concernait les bois. Quoique par arrêt du conseil du M septembre I88S trJs-expresses défenses ayant été faites l tous seigneurs, tant ecclésiastiques que séculiers, de se dire propriétaires des droits de verderie, gruerie, grayrie, et de souffrir prendre par les juges ordinaires les qualités de juges verdiers, gruyers, grayers, et juges des eaux et forêts.... Ord. du gr. maitre des eaux et forêts du ddp. de Paris, du 28 fév. il 1 9, à la iiiite de l'arrêt du conseil du i* sept. tog8 et pour l'exécution d'icelui. \\ Lieu où s'eierçaitcette juridiction. || 2" Droit de justice, que le roi avait dans les bois de quelqu'un, et qui, outre les profits de la justice, lui assurait dans les coupes une part appelée tiers et danger. || Droitde gruerie, permission que les rois accordaient, sous certaines réserves, de laisser croître des bois en haute futaie. || Gruerie de charbon, droit royal sur les charbons de bois.

— HIST. XV* s. Cens, rentes, revenus et droiture d'or, d'argent, de bled, d'avoine, de vin, de chapons, de gelines, cire, poivre, porcs et espices, gruriesde bois et d'eau.... godekroy, Obs.sur Charles VIII, p. 490.

— ETYM. Voy. GRUYEr 2.

GRDGË. ÉE (gru-jé, jée). part, passé de gruger. Mangé. Un déjeuner promptement grugé. {| Fig. Grugé par ses amis, par ses parents.

t GRUGEON (gru-jon) , ». m. Terme de commerce. Nom donné à de gros morceaux de sucre compacte qui se trouve parfois dans les tonneaux de cassonade envoyés des Antilles.

GRUGER (gru-jé. Le g prend un e devant a et o; grugeant, grugeons), v. a. || 1° Briser quelque chose de dur avec les dents. Gruger du sucre. || Terme de sculpture. Briser avec un marteau à pointes de diamant certaines matières qui ne pourraient être entamées par un outil tranchant. || 2° FamilièremenU Manger. Perrin Dandin arrive; ils le prennent pour juge : Perrin fort gravement ouvre l'huître et la gruge. Nos deux messieurs le regardant, la font. Fabl. jx, B. Vous mangerez tantôt; voyez quelle insolence I Gruger notre palais I le grand, flot de cocagne,!, 2. Me voilà noble, je garde le parchemin, je ne crains filus (|ue les rats, qui pourraient bien gruger ma noblesse, Marivaux, Double inconst. m, 4. Il Absolument. Les autres encor de gruger En enrageant;cela console, LAM0TTE,fob(. i, I7.|| 3" Fig. Gruger quelqu'un, lui dissiper son bien par toutessortes de pelitis rapines. Au lieu qu'on nous mange, on nous gruge. On nous mine par des longueurs, la FONT. Fabl. 1, 2(. Quoique les auteurs, nation ingrate et impolie, se moquassent de lui en le grugeant, le sage. Diable boit. chap. ». || Gruger son fait, se dit d une personne qui, ayant peu de bien, fait plus de dépense queses ressources ne le comportent. || Anciennement, au chapitre de Notre-Dame de Paris, gruger une maison, c'était, quand le chanoine qui la possédait ne l'avait point résignée, la vendre et en paiiager le prix entre les autres.

— HIST. XVI' s. L'estraignit si fort qu'elle le grugea plus menu que n'est menue la poussière. Nuits de Straparole, t, a, p. 53, dans lacurne.

— ÊTYM.Génev. greuger; wallon, gruit; namur. treûji; angl. togrudge; du bas-allem. jrwjcn, écraser ; hoUand. gruisen, d'après Grandgaguage.

t GRUGERIE (gru-je-rie) , ». Z'. || 1" Action de gruger. |{ 2" Parmi les chanoines de Paris, partage du prix d'une maison de chanoine après la mort du possesseur (voy. gruger).

t GRUGRUR, EUSE (gru-jeur, jeû-r'), t. m. et f. Celui, celle qui gruge, qui mange, qui dépouille. C'est un terrible grugeur. Un grugeur d'iiuitres. Les grugeurs de nos biens.

— ÊTYM. Gruger.

GRUME (gru-m"), ». m. Ecorce laissée sur le bois coupé. Pour mieux comparer la force du bois des arbres écorcés avec celle du bois ordinaire, j'eus soin de mettre ensemble chacun de ces six chênes que j'avais fait amener en grume, avec un cbéne

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