O. DE SERRES, 7Ï
— ET YM. Berry, garet , guaret, guéret, et guéret, labour, façon; norm. tiare»; provenç. garag, garah; esp. barbecho; port, barbeito; du lat. vervaclum, jachère. Vervactum est manifestement représenté . dans barbecho, barbeito; il l'est aussi, bien que; d'une manière plus cachée, dans guéret, garag; le , gu ou g est pour v, comme cela se voit dans gaine j de vagina, gui de viscum, etc. ; et le reste s'explique par la chute du v intermédiaire, qui est tombé comme beaucoup de consonnes intermédiaires (voy. meiirde matiirus, seoir de sedere). Vervactum est le participe passif de vervagere, guéreter.
t GUÉRETER (ghé-re-té; le l se double quand la syllabe qui suit est muette : je guéretle, je guéretterai) , V. a. Terme rural de quelques provinces. Relever les guérets; donner le premier labour aux jachères.
GUÉRI, lE (ghé-ri, rie), part, passi.àe guérir. Il 1° Oui a été rendu à la santé. Guéri d'une blessure grave par un hubile chirurgien. || On dit qu'un homme est guéri de tous maux, pour signifierqu'il est mort. || Fig. Le péché, quoique guéri par la grâce justifiante, laisse néanmoins de si mauvais restes.... Boss. 4"4-ermon, Circoncision, i. || 2° Fig. Rendu à la santé de l'Ame ou de l'esprit. Mon espérance est morte et mon esprit guéri, corn. Cid, i, 3. Tout esprit orgueilleux qui s'aime Par mes leçons se voit guéri , BOiL. Po^î. div. xxi. Enfin, mal guéri peut-être encore de ma passion pour Mme d'Houdetot, je sentis que plus rien ne la pouvait remplacer dans mon cœur, j. i. Rouss. Conf. x.
GUÊniDON (ghé-ri-don), s. m. || 1° Table ronde à un seul pied, sur laquelle on place des flambeaux, des porcelaines, etc. Elle a fait donner mille louis pour des perles; elle a fait donner tous les chenets, les plaques, chandeliers, tables et guéridons d'argent qu'on peut souhaiter, sÉv. 433. Un impertinent le [Ménage] félicitait de ce qu'il donnait tous les soirs le feu et les chandelles à son assemblée, et, demandant encore s'il ne tenait pas aussi table, il lui répondit que non, et qu'il ne tenait que guéridon, Anti-menagiana, p. «39. Guéridon était do tous les mots celui dont il [Ménage] eût le plus donné à qui en eût trouvé l'étymologie ; c'était l'Eurydice de cet Orphée, qu'il serait allé chercher jusqu'aux enfers, ib. p. 64. || 2° Il a signifié une pièce de bois ronde. Pour les guéridons, morceaux de noyer, et autres d'épaisseur, ils seront réduits à la toise, chaque toise composée pour deux morceaux, et les droits seront payés comme dessus, Décl. 22 octob. (716, Tarif.
— ÊTYM. Origine inconnue. D'après Richelet, guéridon est un mot apporté d'Afrique par les Provençaux, qui, d'abord pris pour un nom d'homme, donna lieu à une chanson très-répandue : Guéridon est mort I Depuis plus d'une heure Sa femme le pleure; Hélas Guéridon! et qui finalement fut attribué au petit meuble ainsi nommé.
t GUÉRILLA (ghé-ri-Ua, Il mouillées), s. f. Nom espagnol des corps francs, des partisans. Ce furent des bandes de guérillas qui les premières devinrent redoutables à l'ennemi, carrel, OEuti. t. v. p. 67.
— ÉTYM. Espagn. guerrilla, petite guerre, diminutif de guerra, guerre.
f GUÉRILLERO (ghé-ri-Uè-ro , ii mouillées), s. m. Soldat qui fait partie d'une guérilla. Les guérilleros.
— ETYM. Espagn. guerrilla.
GUÉRIR (ghé-rir. Au xvii* siècle garir, forme ancienne, était encore usitée: Et toutes, pour garir, se reforçaient de boire, Régnier Sat. xi. La Mothe le Vayer assurait que guartr estaussi bon que guérir, qu'il appelle efféminé et d'enfant de Paris qui change l'o en e; mais Vaugelas constatait que guérir avait pris le dessus. Au xvi* siècle, Bèze disait : La plupart prononcent guarir et garison, mais la vieille prononciation guairir et guairison me parait préférable), V. a. Il 1° Délivrer de maladie, faire revenir en santé. Pour tout l'or du monde, il nevoudrait pas avoir guéri une personne avec d'autres remèdes que ceux que la faculté permet, mol. Pourc. i, 7. Je ne vois rien de plus ridicule qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre, m. Mal. im. m, 3. Ami, depuis trois jours tu n'es d'aucune fête, Ditelle, que fais-tu ? pourquoi veux-tu mourir? Tu souffres; l'on me dit que je peux te guérir; Vis et formons ensemble une seule famille : Que mon père ait un fils, et ta mère une fille, a. chknier, Idylles, le Malade. || Par extension. Guérir un rhume. Le quinquina guérit la fièvre d'accès. || Absolument. Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites, RAC. Alhalie, m, 7. [Sydenham] guérissait parce qu'il avait de l'expérience et qu'il savait attendre, VOLT. Dict. phil. Fièvre. || L'art de guérir, la médecine. S'ili fies magistrats] avaient la véritable justice, si les médecins avaient le vrai art de guérir, ils n'auraient que faire de bonnets carrés : la majesté de ces sciences serait assez vénérable d'ellemême, PASC. Pensées, art. v, 9, édit. lahure, (SOO. I! Fig. et familièrement. Cela ne guérit de rien, cela ne .sert à rien. || On dit de même : De quoi guérira, de quoi me guérira celaî De quoi est-ce que tout cela guérit? mol. Bourg, gent. m, 3. || 2° Fig. Guérir quelqu'un, faire disparaître en lui ce qui est comparé à une maladie. La main qui me blessait a daigné me guérir, corn. Rodog. iv, 3. Je vais vous l'expliquer et veux bien vous guérir D'une erreur dangereuse où vou» semblez courir, ID. Hicom. IV, B. Si l'aveuglement des peuples n'eût pas été incurable, elle [la reine] aurait guiri les esprits, et le parti le plus juste aurait été le plus fort, boss.
Reine d'Anglet. J'attends avec ardeur Cette eau sainte, cette eau qui peut guérir mon cœur, volt. Zaïre, iii, 4. || Guérir quelqu'un de quelque chose, lui dter quelque inclination, quelque habitude qui n'est pas bonne. Le plaisir que je prenais à le relire sans cesse me guérit un peu des romans, j.j.bouss. Confess. 1. 1| Guérir de, se dit avec un infinitif. Un soupir, une larme à regret épandue M'aurait déjà guéri de vous avoir perdue, coks. Poly. ii, 2. |{ II se dit aussi des choses qu'on guérit. J'ai peur que je ne vous épouvante trop, et que le remède dont je veux guérir votre ennui (chagrin] ne soit plus violent que le mal, voit. I.ett. i*. Le temps, qui guérit tout, guérira tes douleurs, codeau. Poésies, 2' part. 2« églogue. Aussitôt qu'un État devient un peu trop grand. Sa chute doit guérir l'ombrage qu'elle [Rome] en prend, corn. Mcom. v. i. Du prince la raison a guéri le caprice, «otr. Vencesl. III, 6. Le trépas vient tout guérir; Mais ne bougeons d'où nous sommes; Plutôt soulTnr que mourir, C'est la devise des hommes, i.a font, t'abl. l, («. Les hommes, n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de ne point y penser, pasc. Pensées, iv, 2, édit. LAI1UBE, <860. Par le travail, on charmait l'ennui, on guérissait la langueur de la paresse et les premières rêveries de l'oisiveté, boss. Anne de Gons. Le monde endort les chagrins, mais il ne les guérit pas, mass. Avent, Âfflict. J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence ; Il a vu mes pleur» pénitents ; Il guérit mes remords, il m'arme de constance; Les malheureux sont ses enfants, Gilbert, Ode imitée de plusieurs psaumes. \\3° V. n. Recouvrer la santé. 11 [le médecin] m'ordonne des remèdes, je ne les fais pas et je guéris, mol. Mot citéen note au troisième placet au roi sur le Tartuffe, CEuv. compl, édit. variorum de <862. C'était demander à un mourant s'il voulait guérir, volt. Louis XIV, 22. Il Fig. L'auditeur peut avoir de la commisération pour Antiochus, pour Nicomède, pour Héraclius ; mais, s'il en demeure là, et qu'il ne puisse craindre de tomber dans un pareil malheur, il ne guérira d'aucune passion, corn. 2« dise. Je guéris, et mon cœur, en secret mutiné. S'imposa cet exil dans un séjour champêtre, id. Œdipe, iv, 4. Le sage guérit de l'ambition par l'ambition même, la BRtJY. II. Les femmes guérissent de leur paresse par la vanité ou par l'amour, id. lu. Athènes tomba, parce que ses erreurs lui parurent si douces qu'elle ne voulut pas en guérir, montf.sq. Jlom. 8. 11 est des blessures Dont un cœur généreux peut rarement guérir, volt. Tancr. v, 3. || Familièrement. On ne guérit point de la peur, de l'ivrognerie, de la passion du jeu, etc. c'est-à-dire être peureux, ivrogne, joueur, sont des défauts qui ne se corrigent pas. Et activement : On ne guérit point la peur, l'ivrognerie, etc. jj 4° Il se dit des maladies qui s'en vont. Cette blessure est légère et guérira bientôt. Il 5° Se guérir, v. réfl. Être guéri. Il est des maladies dont on ne peut se guérir. Nous guérissons infailliblement tous ceux qui se guérissent d'euxmêmes, VOLT. Dict. phil. Maladie. \\ Fig. Par le commerce ils se seraient éclairés à la Chine, humanisés dans l'Inde, guéris de tous leurs préjugés avec les Européens, hay.nal, Hist. phil. u, 7. || 6' Recevoir guérison, en parlant de la maladie, de la lésion. Son mal se guéri t. Ces fièvres se guérissent par le quinquina. || 7° Se procurer la guérison à soi-même. Il s'est guéri par sa persévérance à suivre le régime qui lui avait été recommandé. || Fig. Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre. C'est en me guérissant que je sais leur répondre, boil. ÉpU. vu. Il Proverbes. C'est un saint qui ne guérit de rien, se dit d'un homme qui a peu de crédit. || Médecin, guéris-toi toi-même, c'est-à-dire gardez pour vousmême les avis que vous donnez aux autres. || Quand on est mort, c'est pour longtemps; On est guéri du mal de dents. De la potence et du carcan. Ane. chanson.
— HIST. XI* S. Charles respond : Encor porrat garir [se sauver, se garantir], Ch. de IM. x. [Toi] Qui Daniel des lions guaresis, ib. clxxiii. Absoudrai vous pur vos âmes t-iiarir, ib. Lxxxvii. Deus le guarit qu'ai cors [l'épieu] nel'atoché, ib.ci. Nelpuet guarir ses escuz ne sa broine [cuirasse], ib. cxv. I! xu* s. Garisez s'ame de peine et de tonnent, Ronc. p. (03. Car nus [nul] n'ert [ne sera] jà de ces douz maus gar<s. Se il n'est touz de fine amor espris, Couci, p. )25. Mult malades [il] gijari de sun relief demaine [par son secours souverain]; La fille à un riche humme en devint tute saine. Qui ont esté fievrose mainte lunge semaine Th. le mart. 95. Abisaï le fiz Sarvie guaiid (^aiautitj le rei e ferid cel vassal,
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*i l'ocist, RoU, p, Î03. Ysaiai /-.umandad que l'um Ages li porta.1t, si un flst un t riplaslre, e fist lainettro sur un clou que li rei» o>.t ù il se doleit, si en guarrid, il>. 417. || xui* s. «le te gariroit pas tout li ors de Bavière, Que cest lx)i"i ne te soit à tousjours mais litière, Berte, xx. ne prester à usure moût bien nous guérirons |nou> nous soutiendrons bien en prêtant), 16. Lxxvii. D'une pierre fu li raordens JagrafeJ Qui garissoit du mal des dens, la llosn, 408t. Il XIV* s. X Nicaise de Boussut, qui Tut navré de mons. Willaume de Masteng, pour li faire warir.... CAPFiAUX, Abattis de maùmis, p. 9. ||xvi's. La chaussure patricienne ne guarit pis de la goutte aux pieds, amyot, Morales, t. 1, p. <<io, dans bav- NOUARD, Lexique. Je le pansay, Dieu le guarit, Jfol d'Ambroùe Paré.
— ÉTYM. Picard, garir; Berry, gnrir, guarir; provenç. garir, guarir, guérir; ital. guarire; du gerniani(|ue : goth. M'orjan; anc. h. allem. werjan; allem. mod. wekren, défendre, protéger, ce qui est aussi le sens propre et primitif de guérir.
GIIÉIII.SON' (gli6-ri-zon), s. f. \\ i' Hecouvrement de la santé, chez la personne. La guérison d'un fiévreux. L;i mort suit de bien près ces fausses guérisons, cohn. Hndog. 111, 4. Il n'y eut qu'un miracle qui put opérer la guérison, mass. Carême, Tiéd. '.!. Il L'action de faire disparaître la maladie. La guérison des fièvres par le quinquina Des maladies Oui n'auraient jamais guérison, halh. 11, 4. Il Rendre la guérison, guérir, ô Dieu.. ..Achève ton ouvrage au bien de cet empire, Kt nous rends l'embonpoint comme la guérison, malh. ii, <. || 2° Fig. Action de faire disparaître ce qui est comparé aux maladies du corps. C'est presque guérison que de vouloir guérir, garn. llipp. 11, 45. Voici l'heureuse saison Où nos misères bornées Vont avoir leur guérison, HALH. Il, 4. Oui, seigneur, dans son mal Roms est trop obstinée, Son peuple, qui s'y plaît, en fuit la guérison, corn. Cinna, 11, l. Nos maux de votre main eurent leur guérison, rac. Poésies, <.
— HlST. XI* s. Par mon savoir vin-je à guarisun [salutj, Ch. de Hol. cclxxiv. || xii* s. Escu ne broigne |cuira.sse| ne lui fugarison, Ronc. p. 59. Jamais par mire [médecin] il n'aura garison, ib. p. H 7. Et quant je sai en vous ma garison [de mes peines], Se je vousaim, j'i assez ai raison, Coud, 11. J'aim [aime] mieux ainsi soufrir et endurer Ces très dous maus sans avoir garison, ib. x. || xiii* s. Seignor, ce fu en cel termine Que li douz tens d'esté deflne, Et yver revient en saison, Que Rcuart fu en sa maison ; Sa garison [provision] a despendue, Ren. 752. || xvs. Celle qui a getté le dart Porte avec soi la garison, ALAIN cuart. le Débat du réveille malin.
— ÉTYM. Guérir i provenç. guerizo; anc. catal. guarizon; ital. guarigione.
GUËRISSABLB (glié-ri-sa-bl') , adj. Qu'on peut guérir. Des maladies qui ne sont pas guérissables.
— IlIST. XIV* s. Il pst ainsi «lue le desuttrempé est non guérissable ou incurable, obesme, Eth. 2H. Il xvi* s. Plus on attend, plus s'enracine le mal ; toutes fois il est encore guérissable, moyennant qu'on le cure par les causes plus tost que par les accidents, langue, 254.
— ÉTYM. Guérir.
t GUÉRISSEUR (ghé-ri-seur), *. m. Celui qui guérit. Il dit à ses amis que je ne suis pas seulement son médecin guérisseur, mais aussi son philosophe et son docteur, et tout cela me fait honneur, GUI PATIN, Lett. t. II, p. 570. || Souvent, en mauvaise part, un médecin sans connaissance, uniquement guidé par la routine. Une maladie dont j'avais dès l'enfance senti les premières atteintes, s'étant déclarée absolument incurable, malgré toutes les promesses des faux guérisseurs dont je n'ai pas été longtemps la dupe, J. J. Rouss. 2* lett. à tSalesherbes. Vous savez que j'ai peu de foi aux grandsguérisseiirs, id. Lell. à du Pcyrou, I4 fév. 1 767.
GUÉRITE (ghé-ri-t'), s. f. || 1° Refuge; sens primitif conservé seulement dans cette locution : gagner la guérite, s'enfuir. Qui leur fit à la lin enfiler la guérite, hêomer, Sat. x. || 2° Petit logement de bois ou de pierre, rond ou carré, (|ui sert de retraite aux sentinelles , dans les places de guerre, à certains gardiens, et partout où l'on fait faction. Le soklat dans sa guérite. || 3° Petit donjon au haut d'un bâtiment pour avoir de la vue. || 4" Dans une uiiuiche à vent , partie par laquelle le vent s'introduit. Il 5" Terme de marine. Planche formant un petit rebord autour des hunes.
— HlST. XV* s. Kinalemcnt elle [la ville] fut conquise par force d'armes; et les guérites, qui n'estoient que de palis, rompues et brisées, froiss. i, 1, i03 Ceux qui se tenoient amont en leurs garites
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estoient pourvus de pierres et de pièces de bois, m. Il, II, 209. Il XVI* s. Ils avoient fortifié une maison de fussez, tours, et guérites de pierres de taille, ii'auh. llist. m, 26. s'il eust vu deux galères l'approcher avec la voile, il se fust aidé de leur vent et eust pris la guérite [la fuite], carloix, i, 42.
— ETYM Provenç. guerida, refuge, retraite; anc. catal. guarita ; espagn. et portug. guarida. C'est le participe féminin de guérir, qui signifie protéger, défendre: la 9«<!ri(e est proprement un lieu défendu, fortifié. Guéritf est formé comme réustile.
t GUERLAM)E (ghèr-lan-d'), s. f. Terme de marine. Pièce qui fortifie la proue et en assure la rondeur.
— ÈTYM. Le même que guirlande.
+ GUERI.INGUET (ghèr-lin-gh?:), s. m. Nom dans Buffon d'un petit quadrupède ressemblant à l'écureuil. Le grand guerlinguet, le petit guerlinguet, BUKK. Quadr. t. xiii, p. 63 et 64.
GUERRE (ghé-r'i, s. f. || 1" La voie des armes employée de peujjle à peuple, de prince à prince, pour vider un différend. Avoir guerre. Avoir la guerre. La guerre, la poste et la famine sont les trois fléaux de Dieu. Vous portâtes soudain la guerre dans la Perse, cobn. Iléracl. iv, 4. Petits princes, videz vos débals e«tre vous : De recourir aux rois vous seriez de grands fous ; Il ne les faut jamais engager dans vos guerres. Ni les faire entrer sur vos terres, la font. Fabl. iv, 4. I.a guerre est une chose si horrible que je m'étonne comment le seul nom n'en donne pas de l'horreur, Boss.Pensées chrét. 36. La guerre a ses faveuis ainsi que ses disgr&ces, rac. Uithr. 111, 1. Marchons, et dans son sein [de Rome] rejetons cette guerre Que sa fureur envoie aux deux bouts de la terre, m. 16. Dans la guerre la distinction entre le héros et le grand ho rnme est délicate, la bruv. n. La guerre est un mal qui déshonore le genre humain, fèn. Dial. des morts anc. dial. 16. Il n'est permis de faire la guerre que malgré soi, à la derniiire extrémité, pour repousser la violence de l'ennemi, m. ib. Le nombre infini de maladies qui nous tuent est assez grand, et notre vie est assez courte jiour qu'on puisse se passer du fléau de la guerre, volt. Lelt. Urne du Deffant, 27. fév. I776. Vous alliez faire la guerre aux jésuites, allons la faire pour eux, id. Candide, 44. Le plus déterminé des fialtcurs conviendra sans peine que la guerre traîne toujours à sa suite la peste et la famine, pour peu qu'il ait vu les hôpitaux des armées d'Allemagne, et qu'il ait passé dans quelques villages où il se sera fait quelque grand exploit de guerre, in. Dict. phil. Gttvrre. La guerre est une loi de sang et de rigueur, SAUP.JN, Spart. 1, 2. obéir, à la guerre, est le premier devoir, id. ib. m, t. Toutefois, dans ces moyens irréguliers, il y en avait que l'imporUince du but pouvait excuser; il s'agissait de surprendre l'armée russe, ensemble ou dispersée, de faire un coup de main avec quatre cent mille hommes; la guerre, le pire des fléaux, en eût été plus courte, SËGUB, llist. de S'ap. m, 2. On regardait le duc de Trévise [laissé à Moscou] comme un homme sacrifié ; les autres chefs, ses vieux compagnons de gloire, l'avaient quitté les larmes aux yeux, et l'empereur en lui disant qu'il comptait sur sa fortune, mais qu'au reste, à la guerre, il fallait bien faire une part au feu, id. 16. ix, 6. || Guerre de mer, guerre maritime, guerre qui se fait sur mer. Que deviendrait-elle si à la guerre de mer où elle est engagée, une guerre de terre se joignait encore? o'alemb. Lett. au rot de Pr. t5 déc. 1780. || Guerre civile, guerre intestine, guerre entre les citoyens d'un même État, lia guerre civile est le régne du crime, COBN. Sertor. i, < . Quelle guerre intestine avons nous allumée? rac. Esth. m, 4. La guerre civile qui désolait alors l'Angleterre et qui fit tomber sous la hache d'un bourreau la tête de Charles I", avait commencé par un impôt de deux shellings par tonneau de marchandise, volt. Hist. parlem. ch. 56. Les guerres civiles prennent leur esprit des tiuses qui les ont fait naître, raynal, Hist. phil. vu, 7. Il Guerre étrangère , guerre contre une nation étrangère. || Guerre de religion, guerre qui se fait à cause de la religion. Les guerres de religion désolèrent la France sous François II, Charles IX et Henri III. || Fig. Guerres de religion, querelles religieuses sur des points de doctrine. Plilt à Dieu <|uc ces guerres de religion fussent aussi près de leur Un que celle qui divise les princes de l'Europe! MAINTENON, Lett. fi Mme de St-Géran, 24 août 4696. Il Guerre sainte, guerre qui se faisait autrefois contre les infidèles pour conquérir la terre sainte. || Guerre sacrée, guerre que les Thébains et
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leurs alliés firent aux Phocéens qui s'étaient en» parés d'une terre appartenant au temple de Delphes. Il Fig. et par plaisanterie. Guerre sacrée , querelle entre gens d'Église. Pendant que tout conspire à la guerre sacrée, boil. Lutr. vi. || Guerre à mort, guerre dans laquelle on ne &it aucun quartier. Il On dit dans le même sens : guerre d'extermination, guerre à outrance. || Terme de léodalité. Guerre du roi, guerre déclarée par le roi i un prince étranger; elle suspendait toutes les guerres particulières. || Obtenir les honneurs de la guerre, voy. honneur. || Conseil de guerre, assemblée d'officiers généraux d'une armée. Le lion dans sa tête avait une entreprise : Il tint conseil de guerre, envoya ses prévôts.... la font. tabt. v, 4». Il Conseil de guerre, tribunal qui exerce la justice militaire. || Fruit ou fruits de la guerre, les pays désolés, les gens estropiés et tout ce qui est l'cITet des désastres de la guerre; particulièrement les blessures et les maladies que fait contracter l'état militaire, et, par extension plaisante, les maux qui sont la suite d'excès en tout genre, de l'ivrognerie, de la débauche, du jeu, etc. || Poétiquement, un foudre de guerre, grand homme de guerre qui. a remporté de grandes victoires et qui est terrible par sa valeur. Comment Ides animaux qui tremblent devant moil Je suis donc un foudre de guerre! la font. Fabl. 11, 44. || Faire la guerre i l'œil, observer attentivement les démarches de l'ennemi. M. de Turenne, très-habile et qui savait faire la guerre à l'œil, n'avait pas manqué d'y jeter un corps, Mém. pour servir à l'hist. uuiv. de l'Europe, t. I, p. 389. Il Fig. Faire la guerre à l'œil, observer avec soin ce qui se fait afin de profiter des conjonctures. Dieu sait comme ils firent la guerre, J'entends à l'œil ; car autrement Je parlerais peu nettement, scarron, Virg. vi. Nous ferons guerre à l'œil, TH. corn. Geôl. de soi-même, iv, 4. 11 n'importe , elle est amoureuse , je te réponds de tout ; tu n'as qu'à faire la guerre à l'œil et à nous seconder, Champagne et moi , dancourt, la Folle enchère, se. 4. Il De guerre lasse, quand on est las de la guerre. Quand toutes les intrigues, les finesses italiennes sont épuisées et déconcertées, les partis, assez forts pour combattre et trop faibles pour vaincre, font la paix de guerre lasse, duclos, Koy. Ital. (Èuv. t. vu, p. 66, dans pougens 1' Fig. Faire quelque chose de guerre lasse, le faire après avoir longtemps résisté. Je lui ai cédé de guerre lasse. Il Faire la guerre à ses dépens, voy. dépens. |{ 2* De bonne guerre, se dit de ce qui se fait selon les lois et usages de la guerre. Le comte de Pas m'avait obligé en me renvoyant pour rien tout le bétail de Commercyqui était à lui de bonne guerre, retz, iv, 1 9. Il Fig. De bonne guerre, de bonne prise, légitime ment. Persuadé qu'en amour on gagne toujours de bonne guerre ce qu'on peut obtenir par adresse, on ne voit pas qu'il ait jamais témoigné le moindre repentir de cette supercherie, iianilt. Gramm. 4. Il Faire bonne guerre, user de toute l'humanité, de tous les ménagements que les lois de la guen'c permettent. Je n'ai pour ennemis que ceux du bien commun. Je leur fais bonne guerre et n'en proscris pas un, CORN. Sertor. 111,2. |i Fig. Faire bonne guerre, en user honnêtement dans une discussion d'intérêts; prendre ses avantages sans blesser aucune des bienséances et des règles de l'honnêteté. Ils [Luther et Carlostad] touchèrent en la main l'un de l'autre, en se promettant de se faire bonne. guerre, uoss. Yar. i. Il S' On personnifie quelquefois la guerre dans le langage mythologique et poétique. Bientôt ils défendronL... De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain, boil. Art poét. m. Il 4° Expédition, campagne. Dans les premières guerres, il n'avait qu'une seule vie à offrir; maintenant il en a une autre [son fils] qui lui est plus chère que la sienne , boss. Lnuis de Bourbon. Suivant son usage, il se promène devant les rangs; il sait quelles sont les guerres que chaque régiment a faites avec lui, sfiouR, llist. deh'ap. m, 3.|; Faire la guerre avec quelqu'un, servir avec lui dans le même corps. Il En guerre, durant le tempe de guerre. Vous devez en guerre être habillés de fer, la bruy. xil. Il S'en aller en guerre, partir pour une expédition. Le lion s'en allant en guerre, la font. Fabl. v, 4 9. Ces temps où la France s'en allait va guerre contre les mécréa.n;s et les infidèles, chatkadb. Génie, 11. I, 5. Il Ruse de guerre, stratagème employé dans la guerre. || Fig. Tour de vieille çueriiî, ru.scs, adresses qui sont à la disposition d'un vieux chasseur, d'un homme expérimenté. Nous en savons plus d'un , dit-il, en les gobant; C'est tour de vieille guerre.... laknt. Fabl. m, «s. ||6* L'art militaire, la coa-
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naissance des moyens employés pour faire la guerre. Non content de lui enseigner la guerre (à son fils], comme il a fait jusqu'à la fin par ses discours, le prince le mène aux leçons vivantes et à la pratique, Boss. Louis de Bourbon. I! savait faire la guerre, id. Ilist. II, 2. Quant à lui [Napoléon), sa tête est son conseil; tout part de là; mais Alexandre, qui le conseillera? qui opposera-t-il? il n'a que .trois généraux, Kutusof, qu'il n'aime pas parce qu'il est Russe; Beningsen, trop vieux il y a six ans, aujourd'hui en enfance ; et Barclay; celui-ci manœuvrera, il est brave, il sait la guerre; mais c'est un général de retraite, séguh, Uist. de Nap. iv, 5. Il Homme de guerre, homme qui sait la guerre. Je dois craindre Licine, il est homme de guerre, tristan, M. de Chrispe, ii, 7. |{ Gens de guerre, militaires, soldats. J'ai vu des gens de guerre épandus par la ville, corm. Rodog. ni, 2. || 6° Ensemble d'attaques, de défenses, d'opérations. Ainsi la guerre était partout, devant, sur nos flancs, derrière nous ; l'armée s'aflaiblissait ; l'ennemi devenait chaque jour plus entreprenant, ségur, Uist. de Nap. viii, (0. Il Petite guerre, celle qui se fait par détachements ou par pôirtis, dans le dessein d'incommoder, de harceler l'ennemi dans sa marche. Il Petite guerre, simulacre de combat pour faire manœuvrer et exercer les troupes. || Anciennement. La petite guerre, la maraude, la picorée. Une poule et un oison, qui avaient bien la mine d'avoir été prisa la petite guerre, scahbon, Uoin. com. i, t. Il 7° Absolument. Le département de la guerre, le ministère, les bureaux de ce département. Ministre de la guerre. Il travaille à la guerre. Chef de bureau à la guerre. || 8* Guerre ouverte, hostilité déclarée. Le mauvais vouloir de cette puissance finit par se changer en guerre ouverte. || Fig. Inimitié, agression, qui ne se cache pas. Mais sans discrétion tu vas à guerre ouverte, Régnier, Êlég. n. Quoi qu'il en soit enfin, je ne t'abuse pas; Je fais la guerre ouverte.... regnabd, le Joueur, i, 2. Il 9° Nom de guerre, nom que chaque soldat prenait autrefois en s'enrôlant ; par exemple : la Tulipe, Sans -Quartier. Louis [le dauphin fils de Louis XIV] le bien nommé, c'est Louis le Hardi; D'un pareil nom de guerre on traitait les neuf preux, tA FONT. Poésies mêlées, liiv {ballade sur le nom de Louis le Hardi). || Fig. Sobriquet donné par plaisanterie. Le Magnifique était un nom de guerre, la font. Maqn. \\ Prendre un nom de guerre, changer son nom véritable, prendre un nom de fantaisie. || 10° 11 se dit en parlant des animaux qui en attaquent d'autres pour en faire leur proie. Le loup fait la guerre aux brebis. Les lions ne font point la guerre aux lions, fén. Tél. xvn. Tous les animaux sont perpétuellement en guerre; chaque espèce est née pour en dévorer une autre, volt. Dicl. phil. Guerre. || État de guerre, état d'hostilité de tous contre tous. Hobbes.... voulant prouver que les hommes naissent tous en état de guerre, et que la première loi naturelle est la guerre de tous contre tous, montesq, Défenie de VEsprit des lois, i, 1. 1| Poétiquement. Faire la guerre aux habitants de l'air, aux habitants des forêts, chasser. Je vais faire la guerre aux habitants de l'air, BOiL. Ép. VI. Il 11° Fig. Toute espèce de débat , de démêlé, de lutte. Cet homme est toujours en guerre avec ses voisins. Cela [saisir l'occasion] s'entend principalement à la guerre et des actions militaires; mais il y a de la guerre, qui le croira? même dans les actions paisibles et désarmées; il faut combattre partout de façon ou d'autre, balz. De la cour, ♦* dise. Deux coqs vivaient en paix : une poule survint, Et voilà la guerre allumée, LA font. Fabl. VII, (3. 11 faut faire aux méchants guerre continuelle ; La paix est fort bonne de soi ; J'en conviens, mais de quoi sert-elle Avec des ennemis sans foi? m. ib. m, <3. Tenez entre eux divisés les méchants; La sûreté du reste de la terre Dépend de là : semez entre eux la guerre. Ou vous n'aurez avec eux nulle paix, id. ib. vu, 8. Hircan et Aristobule eurent guerre pour le sacerdoce, boss. Hist. n, B. Cette Eglise à laquelle il avait fait une si longue guerre, id. tft. m," )0. || Familièrement. Faire la guerre à quelqu'un, lui faire souvent des réprimandes, lui chercher querelle. Ne lui faites point la guerre sur tout ceci, sÉv. 453. Mme de Ponlchartrain, à qui je fais la guerre sur le jansénisme, dit qu'on verrait comme vous en useriez avec son confesseur, MAiNTENON, Lett. OU cardin.de Noailles, ii oct. (695. Elle ne cessait de lui faire la guerre sur sa méchante humeur, hamilt. Gramm. 4. Je lui fis la guerre de ce caprice, J. i. Rooss. Ém. v. Un manque de civilité dont mon oncle ne cesse de me
CiCT D£ LA LANGUE FRANÇAISE.
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faire la guerre depuis ce matin, picard. Petite ville, III, <s. Il Faire la guerre à quelque chose, s'en prendre à cette chose, l'attaquer, la détruire. Elle fait la guerre & ses beaux cheveux, sïv. 65. || Faire la guerre au pain, en manger beaucoup, jj Faire la guerre à, combattre, lutter contre. Notre société [les jésuites] a pour but de travailler à établir les vertus, de faire la guerre aux vices, et de servir un grand nombre d'âmes, pasc. t'rov. x. Le vice audacieux, des hommes avoué, A la triste innocence en tous lieux fit la guerre, roil. Sat. x. || Faire la guerre k ses passions, combattre, réprimer sas passions. Il Faire la guerre aux mots, critiquer minutieusement le style. || 12° Guerre de plume, discussion, dispute par des écrits entre des hommes de différents partis. Je m'intéresse plus à la guerre des Russes contre les Ottomans qu'à la guerre de plume du parlement, volt. Lett. à la marquise du Deffant, «janv. 1771. X quoi bon rendre guerre pour guerre? bonnet, Lett. div. QCuv. t. xii, p. <8b, dans pouGENS. Il 13« Fig. Guerre se dit des choses qui combattent , qui attaquent, qui sont en lutte. Les éléments en guerre. Dont l'air intempéré fait guerre aux animaux, régnier, Sat. xiv. Mon esprit agité fait guerre à mes pensées, iD.Élég. ii. Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre, corn. Poly. IV, 3. Si de tels souvenirs ne me faisaient la guerre, lu. Tite et Bir. ii, 1. Un mal qui répand la terreur,... La peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom, Faisait aux animaux la guerre, la font. Fabl. vu, <, Elle a dans la tête une philosophie Qui déclare la guerre au conjugal lien. Et voivi trait» l'Amour de déité de rien, mol. Princ. d'Él. i, 2. Où l'honneur a toujours guerre avec la fortune, boil. Soi. i. Il 14° Nom d'un jeu qui se joue sur un billard. || Proverbes. X la guerre comme à la guerre, c'est-à-dire il faut souffrir la fatigue ou prendre du bon temps selon les occasions. {| La guerre nourrit la guerre, une armée subsiste aux dépens du pays oii elle se trouve. Il Guerre et pitié ne s'accordent pas ensemble, à la guerre on a peu de pitié et il serait dangereux d'en avoir. || Qui terre a guerre a, celui qui possède de la terre est sujet à avoir des procès. Par allusion à ce proverbe Voltaire a dit (Lett. d^Argental, 4 oct. 4748) : « Je ne m'attendais pas à ce ■ouveau trait de calomnie ; mais qui plume a guerre a», c'est-à-dire les gens de lettres sont exposés à être attaqués. || La guerre est bien forte quand les loups se mangent l'un l'autre, se dit quand on voit deux personnes de même profession avoir querelle. Il On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix, c'est-à-dire il faut toujours finir par s'accorder.
— REM. La locution de guerre lasse a été trouvée par plusieurs grammaticalement inexplicable; faire quelque chose de guerre lasse, étant faire une chose las de la guerre; aussi des grammairiens ontils voulu la corriger et dire : de guerre las. D'autres ont dit qu'il fallait écrire de guerre las quand il s'agissait d'un homme, et de guerre lasse quand il s'agissait d'une femme; et que l'erreur était née de la prononciation de l'j dans las, comme plusieurs la font sentir dans hélas (hé-las'). Il nous semble qu'il n'y a rien à changer, que lasse se rapporte bien à guerre, et que la locution représente une figure hardie où la lassitude est transportée de la personne à la guerre : de guerre lasse , la guerre étant lasse, c'est-à-dire les gens qui font la guerre étant las de la faire.
— HIST. II' s. Faites la guerre com vous l'avez emprise, Ch. de Roi. xiT. N'aurez mais guerre en tute vi'stre vie, ib. xliii. || xii" s. X la mort [je| sui, se la guerre m'i [en cet amour] dure, Couci, p. I2«. Nus [nul] ne nous faisoit guerre ne ne menoit dangier, Sax. xvi. As parenz saint Thomas [le roi] ad prise si grant guerre. Que tuz les fist chacier hors de tute sa terre. Th. le mart. 63. || xiii' s. X Pépin [ils] orent guerre qu'avez oui conter, Berte , m. Nus marcheant ne vit aese; Car son cuer a mis en tel guerre. Qu'il art [brille] tous jors de plus acquerre, la Rose, B090. S'il prent à tout le monde guerre. Il n'a pooir de vivre en terre, ib. 8043. || xiv° s. Moult gens crient maintes fois guerre, guerre, qui ne sçaivent que guerre monte ; en son commencement est large et a si grant entrée que chascun puet entrer, et l'a puet l'en trouver legierement; mais à grant peine puet l'en sçavoir à quel fin l'on en puet venir, LE CHEv. DE la tour, Inttruct. à ses filles, S° t3, dans LACURNR. || xv* s. Et on dit, et voir est, qu'il n'est si felle [cruelle] guerre que de voisins et d'amis, FROiss. 1,1, H 8. Il aroit dès sa jeunesse forfait le royaume [était banni du royaume] pour guerre I d'amis et d'un homicide qu'il avoit fait à St-Omer I
n>. Ht. I, p. 4 «6, dans lacurne. Or faut pour la guerre civile Advocat clerc qui soit habile Pour la droit des gens demonstrer Aux juges en chascuno Tille, EiST. DESCH. Poét. mss. ^ 79. Regret m'assault, et pitié me fait guerre. Pleure, gomis, et n'est homme qui l'oye, alain chart. Ball.sur la mort dt sa dame. Messeigneurs, y [il] fault adTiser, Que guerre n'est pas peu de chose, Myst. du tiige d'Orléans, p. 734. Item mon corps j'ordonne et laisse À nostre granrtmere la terre. Les vers n'y trouveront grand graisse ; Trop luy a faict faim dure guerre, vill. Double bail. Testam. || xvi° s. Avoir guerre contre les Escossois, MONT. I, (6. Le mareschal [prisonnier] la pria de luy faire bonne guerre, et qu'il ne se souvint du passé, carloix, viii, 38. Les Suisses, irritez d» cest outrage, demandèrent à monsieur l'admirai qu'il leur permist de faire la mauvaise guerre [guerre à mort]; mais les Espagnols ne cessèrent de pratiquer jusques àce que la bonne guerre [à merci] fut accordée, m. du bell. 4 0o. Je veux seulement parlerdes fortunes qui advinrent au bon chevalier durant la guerre guerroyable qu'eurent ensemble François et Espaigiiols, Vie du chev. Bayard par l» loyal serviteur, chap. xvui. Aussi dicton qu'il fault faire la guerre à l'œil ; et qui la faict bien les jeta fermés, ou en absence et bien loing, est fort à louer, BRANT. Philippe II. La guerre engendre pauvreté, Pauvreté humilité. D'humilité revient la paix, Ainsi retournent les humains, le roux de linct, Proc. t. II, p. 368. Homme mort ne fait guerre, cox- GRAvE, Mieux vaut en paix un œuf qu'en guerre un bœuf, ID.
— ÉTYM. Bourguig. gare ; provenç. gucrrOjfferra; espagn. portug. et ital. guerra; bas-lat. tcerro, mot qu'on trouve dans des textes du temps de Charles le Chauve, mais qui est plus ancien; du germanique: anc. h. allem. werra, querelle; anc. angl. uierre; angl. mod. var, guerre.
GUERRIRR, lÈllE (ghè-rié, riè-r'), adj. \\ 1° Qui appartient à la guerre. Revois ce champ guenier dont les sacrés sillons Élevaient contre toi de soudains bataillons, corn. Médée, m, 3. Et ne suis-jo blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? in. Cid, i, 7. Prenez soin qu'à l'instant la trompette guerrière Dans le camp ennemi jette un subit effroi, hac. Athal. V, 3. On n'imaginerait pas qu'au milieu d'une via si agitée et si guerrière il faisait un livre, fonteit. Renau. || 8° Qui est porté ou propre à la guerre. Un prince guerrier. On le voyait [le général espagnol, à la bataille de Rocroi], porté dans sa chaise, et, malgré ses infirmités, montrer qu'une âme guerrière est maltresse du corps qu'elle anime, boss. Louis de Bourbon. Mais vous, s'il était vrai que son ardeur guerrière Eût ouvert à la vôtre une illustre carrière, bac. Alex, iv, 2. Dans cette île et guerrière et chrétienne, volt. Tancr. i, t. Il n'y avait du temps d'Auguste qu'une seule nation, et il y en a aujourd'hui plusieurs, policées, guerrières, éclairées, qui possèdent des arts que les Grecs et les Romains ignorèrent, id. Louis XIV, 2». || Avoir l'air guerrier, la mine guerrière, avoir l'air, la contenance d'un homme de guerre. || 3° S. m. Celui qui fait la guerre. Un injuste guerrier, terreur de l'univers, boil. Sat. xi. Aux plus savants auteurs comme aux plus grands guerriers Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers, id. Art p. iv. Montrez-nous, guerriers magnanimes. Votre vertu dans tout son jour; Voyons comment vos cœurs sublimes Du sort soutiendront le retour, J. b. rouss. Ode à la Fortune. Il [René] remonta le Meschacebé jusqu'aux Natchez, et demanda à être reçu guerrier de cette nation, cbateaubr. Atala, Prologue. \\ Il se dit au féminin. Cette illustre guerrière Ayant vu ses soldats gisants sur la poussière, mairet, Mort d'Asdrub. v, 2. || Dans le style soutenu, soldat. Depuis, comme il arrive toujours, l'infortune ayant écrasé ces guerriers [les soldats entrés dans Moscou], des reproches s'élevèrent; chl qui ne sait que de pareils désordres ont toujours été le mauvais cfité des grandes guerres, le côté honteux de la gloire ; que la renommée des grands conquérants porte son ombre comme toutes les choses de ce monde? ségur, Hist. de Nnp. vm, 8. Dans cette colonne [armée française sortant de Moscou] de cent quarante mille hommes et d'environ cinquante mille chevaux de toute espèce, cent mille combattants marchant à la tête avec leurs sacs, leurs armes, plus de cinq cent cinquante canons et deux mille voitures d'artillerie, rappelaient encore cet appareil terrible de guerriers vainqueurs du monde, id. t6. IX, (. Il Fig. Là, bornant son discours, encor tout écumante. Elle souffle aux guerriers [les cha-
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noines de la Sainte-Chapelle] l'esprit qui la tourmente, non.. Lutr. v. || Cjate de» guerrier», se dit, dans l'Egypte et dans l'Inde , de la caste de ceux qui portent le» armes. la tribu des guerriers, ouvrage de SOS bras [de Brama], Eut la force en part.age et courut aux combats, c. delav. Pana, i, l. Il ProTcrbe. Un guerrier doit avoir assaut de lévrier, fuite de loup et défense de sanglier, c'est- »-dire assaillir hardiment, fuir lentement, et se défendre, quand il est acculé, comme le sanglier. - .SYN. 1* oiiERHiKR , BELLIQUEUX. Un prince guerrier est un prince qui fait la guerre et, si l'on veut, aime la guerre. Un prince belliqueux est un prince qui aime la guerre. Un prince belliqueux peut n'avoir pas encore fait la guerre; un prince guerrier l'a faite. || 2* giikbbier, martial. Une mine guerri'ère, une attitude guerrière est la même chose qu'une mine martiale, qu'une attitude martiale. La seule différence que l'usage ait mise, c'est que guerrier appartient davantage au style élevé, et martial au style ordinaire.
— HIST. XI* s. Li quens Rolanz fut nobile guerrer, Ch. de Roi. clii. || xii* s. ...l'espée dan Girart le gucrrer, tione. p. 50. || xiu" s. Car aine en nule manière [je] Ne forfls Que fus-siez ma guerrière [ennemie], quesnes, Romane, p. 88. Gille [elle] ot nom et fu mère Holant le bon guerrier, Berte, cxxix. Et li Turc sont sage et boin guerroier, Chr. (U RainSyp. 202. Ysengrin, qui fu ses guerriers [son ennemi]. Et qui le haoit [^laissait] mortelment, Ren. 18864. Il XIV* s. Il a en France un tel proverbe : de bon tourneeur [homme de tournoi] couart guerrier, ORESMK, Elh. 79. Il xvi* s. Laissant le tout sur sa (,'uerriere expérience, carl. ix, 5. Je hais moins l'injure guerrière que pacifique, mont, iv, <oi. Leurs chansons guerrières [des peuples d'Amérique], ID. I, 248. Ces mouvements guerriers qui nous ravissent de leur horreur et espoventement , cette lempeste de sons et de cris, m. ii, <87.
— ÉTVM. Guerre; bourguig. guarrei; provenç. fiuerrier, guerrer; esp. guerrero ; port, guerreiro; ital. guerrière. On remarquera à l'hi.storique le sens (le : celui qui fait peine, mal à un autre; ce sens se retrouve au verbe dans le dialecte du Berry (voy. oueuboyer).
t GUERROYANT, ANTE (ghé-ro-ian, ian-t'), odj. Oui aime à guerroyer. Humeur guerroyante.
— HIST. XVI* s. Guerroyant, oudin, Dict. GUERROYER (ghè-ro-ié; quelques-uns disent
ghé-roi-ié; d'autres prononcent les deux r; ghèrro-ié; mais ne prononcer qu'une r est plus usité et plus conforme à la prononciation de guerrier. Vy se change en i devant un e muet : je guerroie, je guerroierai; à l'imparfait, je guerroyais, nous guerroyions, vous guerroyiez; au subjonctif, que je guerroie, que nous guerroyions, que vous guerroyiez) , V. n. Terme familier dans le langage moderne; il était du style élevé dans le langage ancien. Faire la guerre. Les seigneurs féodaux guerroyaient entre eux. Faut-il guerroyer dans le Nord, Priez pour moi ; je suis mort, je suis mort, bêrang. Uort viv. \\ Fig. Il est vrai qu'elle (Mme de Oenlis] s'est mise à guerroyer fort gratuitement, et, qui pis est, fort maladroitement contre les philosophes, LA harpe, Corresp. t. iv, f" 63, dans pougens. Il Activement. Et vous la mènerez guerroyer Les peuples du Tibre.... scakron, Virg. v. Venezvous-en avec moi, car je veux guerroyer le roi mon seigneur, volt. Ilceurs . 60.
— HIST. XI* s. En France irai pour Charle guerreier, Ch. de Roi. ci.xxxix. || xli* s. S'il aura pais ou devra guerroier, Rone. p. 32. Diex! qu'a amors, qui tous les siens guerroie? Couei, xxi. Et se li rois Henris ad sa custume enprise, E voille guerreier e clcrs e saint iglise, 71i. le mari. 93. || xiii* s. Je ne voi orendroit nul home en nostre comun, qui, avant moi, vous scust conduire ne guerroier [commander], villeh. xxxix. Que plus seurement gerroie cil qui a à mengier que cil qui n'en a point, ID. lxii. Et comment pourroit nus [nulz] ce faire, Qu'il gart chose que tuit guerroientT Ren. 864 1 . Noz ne créons pas que il soit nul si mal home ([ue ses cucrs [son cœur] ne soit gucrriés de se jsa] conscience meïsme, beaum. Conclusion. Tout soit il que li gentil home, par nostre coustume, puissent guerroier et ocirre "t mehaignier l'un l'autre hors trêves, id. xxxm, 8. L'en ne doit pas Dieu de ses dons guerroyer, jomv. 300. Vous savez que le roi de France gerroie au roi d'Englcterre, ID. ( 97. Il XVI* s. Soubs l'umbre d'envoyer du secours aux villes qui estoient guerroyées et travaillées par les Kyracusains, amtot, Aie. *o. Cette doctrine fut illustrée au treizième siècle par Wiclef.... depuis fa-
vorisée par le roi Edouard , guerroyée par Richard.... d'aub. Hiil. 1, «7. Martin Luther commençai guerroyer son authorité [du pape] plus ouvertement, m. tb. I, 67. I^s extrêmes froidures et chaleurs, les vents excessifs et bruits [bruines] violens, guerroient aucunement les vins, o. de serbes, 243.
— KTVM. Guerre, et la finale oyer; Berry, guar- '■'T/f» guerreyer, attaquer, poursuivre; guerrer, nuire, faire du mal; provenç. guerreiar; cat. guerrejar: esp. guerrear; ital. guerreggiare.
GUERROYEUR (guft-ro-ieur ; quelques-uns disent gh5-roi-ieur), s. m. Terme familier. Celui qui sa plaît à faire la guerre.
— HIST. xiii* s. Après yeulz [eux] sont li guerrieur. De toutes gens n'est nul pieur. Qui ardent viles et moustiers, ducange, guerra. || xv* s capitaine de Mortaigne et moult sage guerroyeur, FRoiss. I, I, t36. ||xvr s. Ordonnons que la justice du lieu, seneschal ou autres.... prennent tels guerroyeurs [nobles qui font la guerre entre eux] et les contraignent sans delay par prinse de leurs corps et exploitation de leurs biens, à faire paix et i cesser du tout à guerre. Grand coutt. de France, livre l,
p. 45, dans LACURNE.
— ÊTVM. Guerroyer; provenç. guerreiaire, guerr'yador; catal. guerrejador; espagn. guerreador; ital. gucrreggiatore. Dans le provençal guerreiaire est le nominatif, et guerreyador est le régime.
GUET (ghfe; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), ». m. Il 1° Action par laquelle on observe, on épie ce qui se passe, ce qui se fait. Le guet dura longtemps. Le guet pendant une nuit obscure. Fais bon guet, corn. Illus. coin, iv, 2. Une compagne y devait faire Le guet autour de nos amants, la font. Nie. Tu fais le guet pour eux et les laisses surprendre, TH. CORN. Barond'Àlbikrac, m, K Je vais faire le guet ; Qu'il est doux de garder ce qu'on aime I FAVART, Cherch. d'esprit, le. || Fig. Un savantas.... qui veut rentrer à toute force dans la conversation, et qui est toujours au guet pour prendre au bond l'occasion de se remettre en danse, sév. m. Il n'est point de moment oi'i l'on ne soit au guet Pour y [à la cour] mettre à profit les faux pas qu'on y fait, boursault, Ésope à la cour, iv, 2. || Avoir l'oeil, l'oreille au guet, regarder, écouter attentivement ce qui se passe. [Il] A l'œil toujours au guet pour des tours de souplesse, Hf.GNiER, Sat. v. Tout le jour il avait l'œil au guet.... la font. Fabl. viu, 2. Aie aussi l'oeil au guet, Nérine, et prends bien garde qu'il ne vienne personne, MOL. M. de Pourc. (3. || 2" Il se dit de quelques animaux. Le chat est au guet. Ce chien est de très-bon guet. || 3* Particulièrement. Surveillance exercée pendant la nuit dans une place de guerre pour se défendre des surprises, dans une ville pour y veiller au bon ordre (acception qui a vieilli). Dans cette ville ce sont les bourgeois qui font le guet. Il Anciennement, guet de mer, obligation de monter la garde sur les côtes. Les habitants des paroisses sujettes au guet de mer, Ordonn. août fesi, iv, 6,«. Il Terme de féodalité. Garde et guet, droit qui obligeait les vassaux à faire le guet dans le château , et qui fut changé en une redevance en argent. Il 4* Troupe chargée de la surveillance pendant la nuit dans une ville. Ils contrefont le guet et de voix magistrale : Ouvrez de par le roi ! tout de bon le guet vint, RÉGNIER, Sat. xi. Sur la bonne foi seule on vit en assurance, Et le guet ne fait point le calme de nos bois, chaDl. Stances sur la retraite. On ne bat plus le guet à Paris, on ne casse plus de lanternes, DANcouRT, Impromptu de Surénes, se. e. Te voilà pris comme un sot ; le guet à cheval esta la grande porte, et le guet à pied à celle de derrière; regarde par où tu veux sortir, id. la Femme d'intrigues, v, se. dern. On voit par les registres du parlement que le guet de cette ville [Paris] était réduit alors à quarante-cinq hommes mal i)ayés et qui même ne servaient pa.s, volt. Louis XIV, 2.
Chevalier du guet, chef de la compagnie du guet; commandant des archers du guet. || Mot du guet, mot donné à ceux qui sont du guet pour qu'ils puissent se reconnaître, et, en général, mot convenu entre certaines gens pour se reconnaître. Gardezvous sur votre vie D'ouvrir que l'on ne vous die Pour enseigne et mot du guet : Foin du loup et de sa race, la font. Fabl. iv, (5.||Fig. Familièrement. Ils se sont donné le mot du guet, c'est-à-dire ils sont d'intelligence. || B° Se disait autrefois d'un soldat placé en sentinelle pour faire le guet. Asseoir le guet. Poser le guet. || Guet chez le roi, signifiait le détachement des gardes du corps qui demeurait, la nuit, près de la personne du roi pour le garder.
— UlST. xin* s. Li mesire et li juré devant dit sont quite du guet por la paine et por le travail
que il ont de guarder le mestier de Ulemelerie [boulangeiie], Liv. detmét. 4». Lors estoit chas cuns aseQr, Car li siens gaiz [le guet du surveillant) valoit un mur, huteb. 45. || xiv» s. Parmi lei quatre qui alerent avoec le» we» des portes, caf- FIAUX, Abattit de maitont, p. ». Pour la ville garder moult très bien s'apresterent, Et firent moult bon gait, celle nuit le doublèrent, Guetei. «8876. Il XV* s. Le capitaine s'evei lia soudainement, qui toute la nuit avoit dormi et fait trop povre gait, tant qu'il le compara [paya] [surprise du château • de Bervich par les Écossais), froiss, ii, u, i». Nostre guet esloil de cinquante lance» qui se tenoient ver» la grange auz merciers, comm. i, 8. Revenons à nostre guet [guetteur], leiuel, quand il aperçut tout ce qui fut fait, se leva de »on guet , et s'en alla sonner aa trompette, Loins xi , JVouT). Lxxiii. Il XVI* 8. Or donqucs mettons nous en ortire; Nabuzardan tous sera pour mot du guet, BAS. Paru. IV, 39. Me tenant au guet de ces grandeurs extraordinaires, j'ay trouvé que ce sont de» hommes comme les aultres, mont, iv, 48. Avoir l'œil au guet, l'oreille aux escoutes, id. iv, ïse. On y mit un guet tel, que les pauvres gens, qui ne pensoient ennui mal, furent surpris, maro. A'ouf. xl. C'estoit ■ un guet [piège] qu'il drcssoit à Metellus bien mal aisé à eschapper, amtot, Kariut, n . Ils entcndoieni six tambours battre la garde et les trompettes sonner au guel, d'aub. Hist. ii, 447. Faire le guet à Montfaucon [y être pendu], cotorave. Bon gué cha.sse malaventure, id. Il est bien vray qu'il [le connétable de Bourbon] fut fort bien compris dans le traite de Madrid; mais le roy [François I*'J le rompit tout i trac, quand il fut de retour en France, si bien que M. de Bourbon fut du guet [fut la dupe] et eut l4 cassade, brant. Capestrang. t. i, p. 2i2.
— ÉTYM. Provenç. gach, guach, gag, gayt, s. m , gnita, gâcha, s. (. ; du germanique : anc. h. allem. wahia; allem. mod. Wacht, guet, garde.
GCET-APENS (ghè-ta-pan) , t. m. || !• Embûche dressée pour assassiner, pour dévaliser quelqu'un, pour lui faire quelque grand outrage. On l'a tué de guet-apens. || 2° Fig. Tout dessein prémédité de nuire. Est-ce de guet-apens, ou bien de cas fortuit Qu'on a voulu me perdre à force de grand bniitT SCARRON, D. Japhet d'Arm. m, 4. Un pli qui par hasard est resté dans ses draps Lui semble un guetapens pour lui meurtrir les bras, boubsault, Merc. gal.j, t . Nous [des députés conservateurs] faire assister à un éloge de Robespierre, c'est un guet-apens, CH. de BEiiN. un Homme sér. % xvi. || Fig. C'est un guet-apens, un vrai guet-apens, se dit familièrement de mille petites surprises dans lavieonlinaire. || Au plur. Des guets-apens, mais prononcé comme au singulier, c'est-à-dire sans tenir compte de I'».
— HIST. XV* s. Tous lesf|uels quatre de guet apensé et propos délibéré vinrent assaillir ledit l'etit Jehan, jean de tboyks, Chron. <477. Pose qu'elle n'eust commis le cas à son escient, et aussi de guet apensée,^rei«aomorum,p. 204, dansLACURNE. Il XVI* s. Cestuy mary et .son filz, occultement, en trahison, de guet à pens, tuarent Abecé, rab. Pant. m, 44. Il semble que soyez icy de guet i pend pour les apauvrir et du tout abaisser, frouhentbah, Finances, s* livre, p. 424.
— ETYM. Guet apensé, c'est-à-dire prémédité, de apens, qui a signifié attention comme on voit dans ces vers : Mes pe métrai tout mon apens Dès ore en Bel-Acueil garder, la Rose , .1609. Apensé et apens viennent de à et penser. Dans elle.... de guet apensée, il n'y a point de faute, et il ne faut pas lire apensé; c'est une inversion : elle.... apensée de guet, méditant le guet.
|GUËTRAGE(ghê-tra-j|),*. m. Cérémonie qui se pratiquait dans les ardoisières d'Angers pour recevoir un apprenti parmi les ouvriers, et qui consistait dans l'application, avec certaines façons, de deux morceaux de feutre liés en croix sur la jambe.
GUÊTRE (ghêtr"), s. f. Chaussure qui sert à couvrir la jambe et le dessus du soulier, et qui se ferme sur le coté avec des boucles ou des boutons. Mettre ses guêtres. J'ai perdu une guêtre. De ces nobles sans nom, que, par plus d'unç voie, La province souvent en guêtres nousenvoie, boil. 5a(. x. ||Demiguétrc, guêtre montant à mi-jambe en usage d.ins l'infanterie française. || Fig. et familièrement. Tirer ses guêtres, s'en aller. || Laisser ses guêt:-ei quelque part, y mourir. || Tirer, laisser ses guêtres, est dit par confusion avec grègues ; locutions qui étaient très-exactes avec grègues et qui ne le sont qu'à moitié avec guêtre».
— HIST XV s. Charretiers vestus de roques, guiestres en leurs jambes, ung fouait chacun en lourt
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mains, Journal de Paris sous Charles TI, p. H9, dans LACURNs. || xvi» s. Vestu en vigneron d'Orléans, avecques belles guestres de toille, une panouoire et une sarpe à la ceincture,HAB. l'ant. iv, 48. — ÊTYM. Bourguig. gàlre; wallon, gvett; Hainaut, quetton; champ, guêle ; piémont. gheta; bas-breton, giceltren. Origine inconnue. L'ancien français a guaitreux ou goitreux, qui signifiait mendiant; l'italien guâtiera, récureuse; le vénitien guaterone, lambeau de drap. Ces mots semblent avoir quelque chose de commun avec guêtre, sans qu'on puisse le déterminer.
GrËTRp, ÉE (ghê-tré, trée), part, passé de guètrer. Un oaysan guêtre. || Familièrement. Il est bien guètré, »o dit de quelqu'un dont les bas sont mal tirés.ll Pariruaiejuge guêtre, jugedecampagne.
GDËTRER (ghê-tré), ». a. Mettre des guêtres. H Se guâtrer, v. réfl. Mettre ses guêtres.
t GUÊTRIER (gbê-tri-é), s. m. Ouvrier qui fait des guêtres.
— HIST. XVI' s. Cinquième rang, qui sont les petits mestiers, layetier, cassetier, escrinier, ferreur d'esguillcttes, gueslrier, Édit, avril )6»7.
t GUÉTRON (ghê-tron), s. m. Guêtre courte.
t GUETTE (ghè-t'], s. f. Il 1° Action de guetter; terme vieilli qui ne subsiste plus dans le langage général qu'en cette locution populaire : un chien de bonne guette. || 2' Demi-croix de Saint-André, posée en contre-fiche dans les pans de bois de charpente. Il Poteau de pan de bois qui est incliné de deux ou trois fois son épaisseur.
— HIST. XIII* s. Cil jor, fist Henris, li frères au conte Baudom, entre lui et ses gent la gaite as engiens, devant la porte de Blaquerne, villeh. lxxxi. Mais trop est malementjanglierres [médisant] Malebouche li fleûtierres; Jalousie l'a fait sa gaite; C'est cil qui trestous nous agaite, la Rose, 12665.
— ETYM. Forme féminine de guet.
GUETTÉ, ÉE (ghè-té, tée), part, passé de guetter. Guettés par les voleurs. Le voleur tourne tant qu'il entre au lieu guetté, la font. Fabl. xi, 3.
GUETTER (ghè-té), V. a. || l" Épier, observer, à dessein de surprendre, de nuire. Une souris craignait un chat Qui dès longtemps la guettait au passage, LA FONT. Fabl. XII, 26. Le loup et le renard sont d'étranges voisins! Je ne bâtirai point autour de leur demeure ; Ce dernier guettait à toute heure Les poules d'un fermier.... id. t5. xi, 3. Je n'ai rien à me dire — Encore un petit mot — Il ne me plaît pas, moi — Certes je t'y guettais, MOL. Tart. II, 2. Diodore de Sicile dit que, jour et nuit, l'ibis se promène sur la rive des eaux, guettant les reptiles, cherchant leurs oeufs et détruisant en passant les scarabées et les sauterelles, buff. Ois. t. XV, p. )7. Un diable cornard effronté, Vilains, ici guette vos belles , béhang. Contr. de mar. Il Fig. et familièrement. Observer quelqu'un comme en faisant le guet, l'attendre à un endroit où il doit passer. Je guette ici le ministre pour lui présenter une pétition. Si ce n'est pas toi qui as parlé, il y a donc ici quelqu'un qui nous guette, collé, Partie de chasse de Henri IV, n, 2. || Absolument. Je fais une réflexion, je suis une étourdie ; je devais accompagner Souveraine, elle aurait guetté de son côté et moi du mien, saint-foix, Oracl. 3. || Guetter l'occasion favorable de faire une chose, se tenir prêt à saisir l'occasion quand elle se présentera. || On dit de même : guetter le moment favorable. Et vous voilà à guetter le moment de son réveil, Marivaux, Arleq. poli par l'amour, se. t . Occupé comme l'araignée à tendre ses filets et à guetter l'instant d'y envelopper sa proie, HARMONTEL, Uém. x. || Terme de vénerie. Guetter le relevé, attendre le moment où la bête sort de son abri pour aller repaître. || 2° Se guetter, v. réft. Faire le guet l'un de l'autre. Ils se guettaient réciproquement.
— HIST. XI* s. E si aveir [bestiaux] trespassent per iloc ù il doivent waiter. Lois de Guill. 32. Il XII* s. Mil eschargaite [sentinelles] les gaitent en veillant, Ronc. p. <<l. ||xili* s. Lasgur vit que Jac-
■ ques d' Avesne n'avoit mie grant gent et qu'il ne se gaitoit mie bien, villeh. cxxxv. Et pour ce clamoit il la terre et la tenoit encontre les Frans, et les gaitoit partout là où il estoient, m. cxxix. Car dui larron venoient de marcheans guetier, Berle, xxxviii. Et fist si bien les chemins gaitier, que nus messages ne pooit issir, Chr. de Rains, p. 72. Li preudome du mestier devant dit dient qu'il n'avoient onques guestié [fait le guet] au tans le roy Fhelippe, ne puis le tans le roy.... Liv. des met. 78. || xv s. ....Guidant que ceux de la ville le deussent mectre ens ; mais ilz ne peurent, car ilz furent trop près vaitié», FKNiN, 4t43.||xvi* ». Celuy qui tira ainsi
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hors sa languette, Destruira brief quelcun, s'il ne s'en guette, marot, i, 260. Il semble que la fortune quelqueslois guette à poinct nommé le dernier jour de nostro vie, pour.... mont, i, 66. Il feut prévoir l'occasion, la guetter, l'attendre, la voir venir, CHARRON, Sagesse, p. 3b4, dans lacurne.
— -Etym. Picard, t)0(er, regarder; Bar-le-Duc, ouoVder; norm. guetter, regarder; wallon, u;at(t; provenç. yatlor, gachar; ital. ^uatare; de l'anc. h. allem. wahtân, veiller, garder.
GUETTEUR (ghè-teur) , jr. m. I! 1* Anciennement. Employé qui se tenait dans le beffroi d'une ville, pour annoncer par le son d'une cloche l'arrivée des troupes, un incendie, etc. || %' Celui qui, placé à une station maritime, télégraphique ou autre, indique ce qui se montre en mer ou ce qui survient.
— HIST. XV* s. J'ay bien trois mille chevaux armés, et auray bien sept mille guetteurs, et bien vingt mille hommes d'armes.... froiss. liv. i,p.390, dans LACURNE. || xvi* s. Voleurs et guetteurs de chemins se prennent pour synonymes, h. est. Apol. d'Hérod. p. 27 1, dans lacurne.
— .ETYM. Guetter; provenç. gaitador.
t GUETrON (ghè-ton), s. m. Terme de charpentier. Petite guette qui se met pour exhausser un châssis de fenêtre, un chambranle, etc.
GUEULARD, ARDE (gheu-lar, lar-d'), s. m et /. !| 1" Terme populaire. Celui, celle qui a l'habitude de crier, de parler fort haut et beaucoup. || 2° Celui, celle qui aime à manger. C'est un gueulard. || 3"S. m. Terme de métallurgie. Ouverture supérieure du haut fourneau,par laquelle on projette la charge. L'ouverture du gueulard ne doit être que de la moitié du diamètre de la largeur de la cage du fourneau, buff. Ilist. miner, introd. t. vin, p. 9u. || 4° Gueulard, nom donné à une espèce de pistolets dont la gueule est évasée. {| 5° Àdj. Terme de manège. Cheval gueulard, cheval qui obéit difficilement à la bride et qui a l'habitude d'ouvrir souvent la bouche.
— HIST. XVI* s. Gueullard, cotgrave.
— ËTYM. Gueule,
GUEULE (gheu-I'), i. /■. || 1* La bouche, dans la plupart des quadrupèdes carnassiers et des poissons. La gueule d'un brochet, ô le fâcheux objet, sitôt qu'on n'entend rien, De voir ouvrir ainsi tant de gueules de chien I scahr. D. Japhet d'Arm. m, i. J'ai été délivré delà gueule du lion, saci, Bible, St Paul, Épit. d Timoth. iv, (7. Dans la gueule en travers on lui passe [à la tortue] un bâton, la font. Fabl. X, 3. [Il] Se roule et leur présente une gueule enflammée Qui les couvre de feu, de sang et de fumée, RAC. Phèd. v, 6. Il En un tour de gueule, se dit d'un animal qui mange quelque chose avec promptitude et voracité. || Terme de chasse. On dit qu'un chien chasse de gueule, pour dire qu'il aboie sur ses voies; et qu'il a fait sa gueule, lorsque, après avoir été bien nourri de lait, il prend de la vigueur au bout de cinq mois. || Sa gueule est faite, se dit du porc, quand toutes ses dents sont venues. || Fig. La gueule du loup, voy. loup. || Terme de tératologie. Gueule de loup, scissure congénitale de la voûte palatine et de la lèvre supérieure. || Gueule pavée, nom donné par les habitants de l'île Maurice à deux poissons, l'un une daurade, l'autre qui paraît être un sciénoïde. || Poétiquement. Gueule de certains êtres mythologiques ou monstrueux. Lorsqu'il entend de loin, d'une gueule infernale, La chicane en fureur mugir dans la grand'salle, boil. Sat. vin. || 2° Populairement et par mépris. La bouche, en parlant des personnes. Il a la gueule fendue jusqu'aux oreilles. Il Fig. Quelle gueule il a ! c'est-à-dire comme il bavarde, comme il crie ! Garder toujours un homme, et l'entendre crier? Quelle gueule ! pour moi, je crois qu'il est sorcier, rac. Plaid, i, 2, |] Donner sur la gueule à quelqu'un, lui paumer la gueule, c'est-àdire lui donner un coup sur la face. Je ne me soucie guère de lui.... J'ai bien pensé lui donner sur la gueule, hauterochb, Crispin médecin, I, 8. J'ai la volonté de vous paumer la gueule, monsieur de Lépine, dancourt, le Mari retrouvé, se. (0. Il Fig. Donner à quelqu'un sur la gueule, le faire taire. || Bassement. Il en a menti par la gueule ou par sa gueule. || Fort en gueule, bavard et insolent. Vous êtes, ma mie, une fille suivante Un peu trop forte en gueule et fort impertinente, mol. Tart. I, 4. Il Gueule ferrée, homme qui a l'injure à la bouche, qui a de l'impudence. Il eût fallu y trouver [dans le parlement] des gueules bien fortes et bien ferrées pour vouloir opiner haut contre les formes, en face du roi, st-sim. 6I2, i8. ||I1 a toujours la gueule ouverte, se dit d'un homme qui crie beaucoup. Il Avoir la gueule morte, ne rien dire, être triste, «t être réduit au silence. || Il n'a que la gueule.
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que de la gueule, .1 ne sait , ni ne peut que crier, c'est un hâbleur. || Fig. et bassement. La gueule du juge en pétera, il faul que la gueule du juge en pète, se dit quand on ne veut entendre à aucun accommodement sur uift affaire, et qu'on exige qu'elle soit jugée. Il Venir la gueule enfarinée, venir inconsidérément et avec une sorte de confiance. Cette gueule enfarinée [une confiance trop grande en une nouvelle], qui m'a obligée de vous dire de si bon cœur une fausseté, ne m'empêchera pas de vous en mander peut-être encore, car je suis toujours la dupe des circonstances, et celte nouvelle en était toute pleine, sÊv. Lett. du )*' mot (686. || S* Fig. Gueule, en tant qu'elle sert à manger. Les chiens du lieu, n'ayant en tête Qu'un intérêt de gueule, à cris, à coups de dents Vous accompagnent ces passants [les chiens étrangers], la font. Fab. x, I5. Surtout certain hâbleur à la gueule affamée, boil. Sat. m. Il Avoir la gueule pavée, manger trèschaud, ou des choses très-épicées. || On dit aussi oç ce sens : avoir la gueule ferrée. || Ce ménage a la gueule bien grande, il faut beaucoup d'argent pour l'entretenir. Il Gueule fraîche, grand mangeur, parasite. Il Venir la gueule fraîche, venir avec un bon appétit. S'en reviennent la gueule fraîche, Afin d'eu faire la dépêche, scarr. Virg. dans le roux, Dict. comique. || Gueule fine, se dit d'une personne qui se connaît en bons morceaux. || Des mots de gueule, des mots trop libres, paroles déshonnêtes, qui se disent parfois dans les repas abondants et joyeux. Il ne faut pas s'enquérir comment il fut morfé [mangé goulûment], ni combien on dit de bons mots de gueule. Francien , v, p. (9(. Une farce garnie de mots de gueule, Prologue de BrusquambxUe , Ilist. du thédt.fr. n*i, t. iv,p.U4. || Une gueule béante, une gueule ouverte, et qui demande de quoi manger, dévorer. De Mesmes, bien éveillé, bien averti, avait tourné vers cette première charge de la robe [chancelier] une gueule béante, st-sim. 3S8, 229. Il 4° Par analogie, ouverture. La gueule d'un four. La gueule de la fournaise. La gueule d'une cruche. Là c'est l'artillerie aux cent gueules de fonte, v. bugo, Voix, 4. Il Futaille k gueule bée, futaille défoncée par un bout. || Gueule bée, se dit, dans quelques provinces, d'un tonneau défoncé par un bout, dans lequel on jette le raisin quand on fait les vendanges. Il Terme d'hydraulique. Gueule bée, décharge d'un bassin supérieur qui fournit une nappe à un réservoir. Une usine marche à gueule bée quand la vanne motrice est levée de toute sa hauteur hors de l'eau ; c'est l'opposé de marcher à vanne trempante. || 6° Terme de botanique. Fleur en gueule, corolle gamopétale divisée en deux lèvres, la supérieure ordinairement bifide, l'inférieure le plus souvent trilobée, et présentant une forme comparée à une gueule. || Gueule de loup, un des noms vulgaires donnés au muflier à grandes fleurs, dit aussi muflier des jardins et mufie de veau {antirrhinum majus, L.). || Gueule noire, fruit de l'airelle myrtile qui noircit les lèvres quandon lemange. || 6" Terme d'architecture. Partie de la cymaise, dite aussi doucine. Il Gueule de loup, entaille angulaire faite dans l'extrémité d'une pièce de bois, pour qu'elle puisse embrasser l'angle de deux faces adjacentes d'une autre pièce. || Gueule de loup, coude de tuyau sur le haut d'une cheminée, tournant sur un pivot, de manière que la fumée sort dans la même direction que le veut. || 7° Terme de marine. Pont sur gueule, le pont supérieur. || Gueule de loup, gueule de raie, sortes de nœuds. || 8° Gueule de four, mésange à longue queue, dans la Sologne. || Proverbe. La gueule [la gourmandise] tue plus de gens que l'épée.
— HIST. XII* s. Pinabel ont saisi, qui gist goule baée, Bonc. p. <96.||xiii* s. Sire, dist li escuiers, pendez moi par la geule, se ce n'est voirs [vrai], Chr. de Rains, p. )72. Mais Malc-Bouche trop forfait Par s'orde vil langue despute. Qui ne puet, dès que il l'a dite, De sa goule mal renomée Restorer bonne renomée, la Rose, 741 1. Ou que dedens sa goule trible Tout vif me transgl utisse et trible, Cerberus li portiers d'enfer, ib. 2ia67, Famé doit rire à bouche close, Car ce n'est mie bêle chose Quant el rit à geule estendue, Trop semble estre large et fendue, ib. i3665. S'il esloit aperte coze que mes cevaus [ mon cheval ] m'emportast par dure gole, ou par desroi, je me porroie escuser du meffet, beaum. lxii. || xiv* s. Ceux qui ont la plus clere gueule Chaulent la tresble sans demeure, GAGE BE la BUiGNf, Hist. litl . de la Fr. t. xiiv, p. 751. Il XV* s. Lierres [voleur), par la vierge nonourée, Vo gueula sera eslranglée. Je vous livrerai au frapart [bourreau] , E. desch. Poésies mss. t° î3«. Et bien vray le commun dict des maistres . que la
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gueulle tue plus de gens que les cousteauli ne font, Jeh. de Saintré, cli. 8. [Les François] churent à la gueule de leurs ennemis, si comme est le fer sur l'enclume, Bouciq. i, 2«. ||xvi* s. Ils plaisantent en se moquant (le Dieu, mesmcs ils /ont gloire de brocarder et dire mots de gueule pour abaisser sa vertu, CALVIN, Inttil. ti. Estant toute la place en' triroiinée de fossés de oo pieds de gueule, profonds de demie pique d'eau, D 'ai;b. Hist. m, iti. Munitions de gui>rre et de gueule, w.ib. m, <3o. C'estoit un vrai diable qui s'en vint trouver proyc, la goule enfarinée, beroaldf. np. verv. jfni/. de parvenir, dans JAUBRRT, Lexique. Il [un maître d'bAtel] m'a faict un discours de cette science de gueule [l'art de manger] avecqiies une gravité et contenance magistrale.... MONT. I, 38).
— ÊTYM. Bcrry et norm. goule; provenç. gola, guola, goulla; espagn. portug. et ital. gola; dulat. gula; zond, gara, gosier; sanscrit, gala, cou.
GUEULÉ, ÊE (gheu-lé,lée), part, pois^ de gueuler. Un lif'vre gueulé par le chien.
GUEULEE (gheu-lée), s. f. Grosse bouchée, ce qui tient dans la gueule, dans la bouche.
— ÊTYM. Gueule; provenç. golada.
GUEULER (gheu-lé).)]!" Y. n. Parler beaucoup
et fort haut; se plaindre en criant. Au diantre la bégueule Avec son Sotencour I voyez comme elle gueule, REGNAHD , Bal, 6. Morguenne I à qui çn avez-vousT comme vous gueulez I daNcouht, le Chev. à la mode, v, ». || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2* V. a. Terme de chasse. 11 se dit d'un lévrier qui saisit bien le lièvre. Ce chien gueule très-bien son lièvre.
— RTYM. Gueule.
GUEULES (gheu-l') , s. m. Terme de blason. La couleur rouge. Dans la gravure, le gueules se marque par une suite de lignes parallèles et verticales. Cette maison portait d'argent à la croix de gueules, givrée d'or, st-sim. < 88, 6.
— HIST. xiif 8. i cinq labiaus de gueule l'ainsné fils le porta [porta ses armes], Berte, cixxi. La galle arriva, toute peinte dedens mer et dehors, à es- Câslaus de ses armes, lesqueles armes sont d'or, à une crolz de gueules pâtée, jomv. 2is. [|xiv* g.
I ués [fuyez] celui qui pourte le noble escu bandé D'our et d'azur par tiers, entour bourde de gueles, Girart de Boss. v. 7(8.
— ÊTïM. Du Cange tire ce mot du bas-lat. gulx, collet ou bordure de pelleterie, généralement teinte en rouge ; cette étymologie est probable; guia; n'est autrectiose que le pluriel de gula, gueule, pris figurément. Cependant on Indique aussi le persan ghul, rose.
t GUEULETON (gheu-le-ton), s. m. Terme trivial. Banquet auquel un grand nombre de personnes sont conviées; grand gala. Chacun d'eux suivi de sa femme, i l'image de Notre-Dame, Firent un ample gueuleton, vadé, Pipe cassée, ii. Il y aura noces et festins, jambons et pâtés, volailles et godiveaux, blanquette, vin de Roussillon, et punch en abondance, ce qu'on appelle un beau gueuleton, F. sotiUÉ, Mém. du Diable, ii, 4.
— ETYM. Dérivé de gueule.
t GUEULEFONNER (gbeu-le-to-né), v. n. Terme trivial. Faire un gueuleton. Il est toujours à gueuletonner.
tGUEULETTE (gheu-lè-f) , s. /". Terme de verrerie. Ouverture faite aux fours de recuisson, pour donner la facilité d'y manœuvrer avec des outils.
— ÊTYM, Diminutif de gueule.
GtTECSAlLLE (gheu-zà-ll'. Il mouillées, et non
gheu-zâ-y'), *. f. Terme populaire et collectif. Troupe de gueux. Cette gueusaille A ,ma barbe fera gogailie, SCARR. Virg. i.
— ÊTYM. Dérivé de gueux, par la finale péjorative aille.
GUEUSAILLER (gheû-zi-Ué, Il mouillées, et non gheû-sâ-yé), ti. n. Terme populaire. Faire métier de gueuser.
— ETYM. Gueusaille.
GUEUSANT, A.-VTE (gheû-zan, zan-f), adj. Oui gueuse. Des troupes gueusantcs de fainéants. Les biens de l'esprit doivent Aire communs entre tous les frères gueusants, iesaob , Guzm. d'Alfar. n, 3.
II C'est un gueux gueusant, une gueuse gueusante, locution vieillie et qui signifie un gueux, une gaeu.se qui mendie actuellement.
GUEUSARI) (gheù-zar; le d ne se lie jamais ; au pluriel, l'i ne se lie pas : des gheû-zar effrontés; cependant plusieurs la lient : des gheû-zar-z effrontés), t. m. Terme familier. Gueui renforcé. Il Fig. et populairement. Gueusard de sort! sort qui nous trompe comme un gueusard. || Le féminin est usité aussi. Cest une gueusarde.
— erVM. DériTé de gueux.
I GUEUSAT(gheù-za), t. f. Terme de raétollurgie. Petite gueuse, saumon.
— ÊTYM. Gueuse t .
*. GUEUSE (gheù-z'), ». ^ || 1" Masse de fonte brute, de forme triangulaire, qui se moule dans le subie à la sortie du creuset du haut fourneau. Défend aux dits maîtres de forges de convertir tes dites gueuse's en fer sans auparavant les avoir fait peser, Arrêt du Conseil, i juin (839. Ordinairement, on fait, au bout de douze heures, ouverture au creuset; la fonte coule comme un ruisseau de feu dans un long et large sillon oii elle se consolide en un lingot ou gueuse de quatre cents à deux mille livres de poids, bufp." Min. t. iv, p. 23. || 2' Moule en forme de gouttière que l'on fait dans le sable pour recevoir la mine fondue. || 8* Terme de marine. Morceau de fonte de fer qui est destiné à lester le navire. Il y a des gueuses de 26 kilogrammes, et d'autres de 60 kilogrammes.
— HIST. ivi* s. Les pièces de fer fondu qui se tirent des fourneaux sont appelées guises, coquille, dans JAUBERT, Glossaire.
— ETYM. Génev. guise (prononcé ghize) ; Berry, guise; milanais, ghisa; de l'allem. Gust , fonte, de giessen, verser, couler ; Gusseisen, fer de fonte.
2. GUEUSE (gheû-z'), s. f. Ancien terme de jeu de billard. Etre en gueuse, avoir de la gueuse, se dit, dans lin billard où il y a une pa.sse, lorsque, les deux billes étant du même côté de la passe, celle du joueur est placée de façon que l'une des branches du fer l'empêche de pousser sa bille en ligne droite sur l'autre.
— ÊTYM. C'est sans doute gueuse, féminin de gueui,pris figurément pour exprimer une contrariété.
t ». GUEUSE (gheû-z"), s. {. Petite étoffe de l:tine qui se fabrique en Flandre, et que l'on appelle plus communément picote.
GUEUSE, ÉE (gheù-zé,zée),par(. passé de gueuser. Quelque argent gueuse de porte en porte par un faux pauvre.
GUEUSER (gheû-zé), v. n. Faire métier de demander l'aumAne. Puis les gueux en gueusant trouvent maintes délices. Un repos qui s'égaye en quelque oisiveté, Régnier , Sal. ii. On a fait un hôpital général, où l'on a renfermé tout ce que l'on a pu attraper de ces pauvres gueusant au bout des deux faubourgs de Saint-Marceau et de Saial-Victor, OUI PATIN, Lettres, t. ii, p. 325. Et moi qui l'ai reçu gueusant et n'ayant rien, mol. Tart. v, i. Quoiqu'ils demeurent tous d'accord qu'il faut demander la charité pour subsister, leur manière de gueuser étant différente , il est nécessaire que chaque société s'en tienne à ses règlements, le SAGE, Guim. d'Alf. m, 3. || Activement. Gueuser son pain. Aller gueuser pension en secret , ba- CHAUMONT, Jfem. secrets, t. xxxv, p. <98. ||Fig. Pour moi, je ne vois rien de plus sot à mon sens, Qu'un auteur qui partout va gueuser des encens, hol. F. sav. iil, 6. [Paris est, après les combats de juillet 4 830] Un taudis regorgeant de faquins sans courage. D'effrontés coureurs de salons, Qui vont de porte en porte et d'étage en étage Gueusant quelques bouts de galons, barbier, ïambes, Curée.
— ÊTYM. Gueux.
GUKUSERIE (gheû-ze-rie), s. f. || !• Condition de gueux, de personne sans bien, sans avoir. Poli, galant, qui fait les choses comme il faut, Et dont la gueuseric est l'unique défaut, th. corn. Comtesse d'Orgueil, i, i. Je viens d'apprendre que ta gueuserie rebute tous les partis qui se présentent pour notre fille, BRUKYS, Avocat Pat. i, 3. Quel est donc ce brigand qui, là-bas, nez au vent, Se carre, l'œil au guet et la hanche en avant, Plus délabré que Job et plus fier que Bragance; Drapant sa gueuserie avec son arrogance? v. iiuoo, Buy Bios, i, 2. Il 2" Mendicité. La gueuserie en ce pays-là est d'une grande ressource pour les gens d'esprit mal aisés qui veulent sacrifier à la paresse, lksagr, Guxm. d'Alfar. m, 2. Tout pays où la gueuserie, la mendicité est une profession , est mal gouverné ; la gueuserie, ai-je dit autrefois, est une vermine qui s'attache à l'opulence; oui, mais il faut la secouer, VOLT. Dict. phil. Gueux. || 3° Fig. Une chose vile, de peu de prix. Il n'a acheté que de la gueuserie. Et la fSte de Pan parmi nous si chérie Auprès de ce spectacle est une gueuserie, mot.. Mélicerte, i, s. Il 4° Confédération des gueux, dans les Pays-Bas, au XVI' siècle.
— ÊTYM. Gueuser.
t GUEllSET (gheû-ïè) , s. m. Terme de métallurgie. Petite gueuse.
— ÊTYM. Diminutif de gueuse 4.
1 GUEUSETTE (gheu-z*-t), *. f. Petit godet où
les cordonniers mettent leur rouge ou leur noir.
GUEUX, EUSB (gbeù, gheû-z', l's se lie : un gheû-z impudent. Du temps de Chifflet, Gramm. p. 24 8, il ne se liait pas : un gheû impudent), adj. il 1° Qui e.st nécessiteux, réduit i mendier (ce qui se dit avec un sens de dédain plutôt que de pitié). Figurez-vous l'orgueilleux Diogène qui foulait aux pieds l'orgueil de Platon, les presbytériens d'Ecosse ne ressemblent pas mal à ce fier et gueux raisonneur, volt. Dict. phil. Presbytériens. || Familièrement. Être gueux comme un rat , comme un rat d'église, comme un peintre, c'est-à-dire être fort pauvre. Chartier [l'éditeur d'Hippocrate et de Gallen] est plus gueux qu'un pauvre peintre; dix mille écus ne payeront pas ses dettes, oii PATIN, Lett. t. u, p. 86. Tous ces blondins sont agréables.... la plupart sont gueux comme des rats, mol. l'Àv. m, 8. Il 2' Qui n'a pas de quoi vivre selon son état ou ses désirs. Hais il aime sa fille et voudra s'informer; S'il apprend qu'il est gueux? HAUTER. Bourg, de quai, iv, 6. Il e.st gueux, archiguoux, TH. CORN. Comt. d'Orgueil, il, i. Choisir un gendre gueux...? — Taisez-vous, s'il n'a rien, Sachez que c'est par là qu'il faut qu'on le révère, hol. Tart. II, 2. Quoique ses parents ne soient point gueux, stv. U8. [Ces fous] Qui, toujours assignant et toujours assignés. Souvent demeurent gueux da vingt procès gagnés, boil. Êpit.u. Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers, lu. Soi. vu. C'est un duc assez malhonnête homme et fort gueux, HA1NTK^0N, Lett. à l'abbé Gobelin, I4 juillet 4 669. Il s'offre deux partis, vous les chassez tous deux : Le premier est trop riche et le second trop gueux, RKGNARD, Distrait, i, i. Grâce à moi [muse] qu'il rendit moins folle. D'être gueux il se consolait, BÉRANO. Êpitaphe. || Proverbe. Un avare est toujours gueux, un avare se refuse le nécessaire. || 3° Il se dit des choses qui attestent la gueuserie. Un équipage gueux. Il Fig. Terme d'architecture. Corniche gueuse, corniche dénuée d'ornements. || 4» S. m. Celui qui fait métier de demander l'aumône. Mener une vie de gueux. Il rencontra un gueux couvert de pustules, les yeux morts, le bout du nez rongé.... VOLT. Candide, 3. Sages et fous, gueux et monarques, Apprenez un fait tout nouveau, bébang. Parq, Il II est jaloux comme un gueux de sa besace, il est très-jaloux. || Fig. C'est un gueux revêtu, se dit d'un homme de rien qui a fait fortune, et qui en est devenu arroizant. || Fig. [Boileau] N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, boil. Sat. ix. Il Gueux fieffé, mendiant qui se tenait toujours à la même place. || Gueux de l'ostière, mendiant qui allait de porte en porte. \\Au fimin. Une gueuse, une mendiante. Vieilli en cet emploi. || 6' Celui qui est dans la gêne, dont les ressources sont audessous de son état. C'étaient des gueux adorés des souverains et des peuples, que les consuls et les dictateurs de ce temps-là, balz. De la gloire. Diogène là-bas est aussi riche qu'eux [ceux qui entassent], Et l'avare ici-haut, comme lui, vit en gueux, la FONT. Fabl. IV, 20. Un gueux qui, quand il vint, n'avait pas de souliers, Et dont l'habit entier valait bien six deniers, mol. Tart. i, 4 . Et tout gueux, quel qu'il soit, ne peut être qu'un sot, th. corn. D. César d'Avalos,\, S.Mon maître? fi donc! voilà un plaisant gueux pour une fille comme Angélique 1 lesage, Crispin riv. de son maUre, se. 2. Je n'ai pas voulu te parler au logis, de peur que mon gueux de mari ne nous écoutât, brueys, Avoc. Pat. i, s. Des gueux chantons la louange ; Que de gueux hommes de bien I bérang. Gueux. || Ce qui a le caractère mesquin. Non de ces gueux d'avis dont les prétentions Ne parlent que de vingt ou trente millions, mol. Fâcheux, MI, 3. Il 6* Terme de dédain qu'on applique à des gens de mauvaise apparence ou de mauvaise conduite. Je veux le faire, moi, mourir sous le bâton, Ou le gueux dès ce soir quittera ma maison, DËSTOUCH. Glor. III, H. Mandrin, suivi de cinquante gueux, met une ville entière à contribution ; dès qu'il est entré par une porte, on dit à l'autre qu'il vient avec quatre mille combattants et du canon, VOIT. Dict. phil. Population. Les petits gueux [des enfants en haillons] quittèrent aussitôt le jeu en laissant à terre leurs palets, et tout ce qui avait servi à leur divertissement, ID. Candide, ch. 40. || Il se dit au féminin dans le même sens. N'est-ce pas là cette gueuse que vous cha.ssàtes hier? brusys. Grondeur, il, 46. C'est du fond d'un vieux carrosse traîné par deux chevaux étiques, que cette gueuse de marquise m'a fait insulter par des laquais tout déguenillés, dancuuht, Chev. d la mode, i, 4. [[ Particulièrement. Coquin, fripon. Méfiex-vous de cet
GUI
homme, c'est un gueux. || Au féminin. Très-familièrement, une coquine, une femme qui vit mal. Monsieur, défipz-vous des gueuses de Paris, hauteroche, Espr. foll. I, (. La querelle fdu fils aîné du comte d'Auvergne et du chevalier de Quélus] était venue pour du cabaret et des gueuses, st-simon, 43, S89. Il 7" Gueux de, dans le langage populaire, s'emploie comme diable de. Une gueuse de souris qui m'empêche de dormir. Je souffre toujours de mon gueux de rhumatisme. || 8° S. m. pi. Les gueux, nom que prirent au seizième siècle les huguenots ■les Flandres, à l'occasion du discours peu mesuré le Marguerite de Parme, gouvernante des Pajs- Bas, qui avait dit en parlant des seigneurs calvinistes que c'était des gueux qu'elle ne redoutait pas. Il Gueux de mer, s'est dit des marins hollandais qui aimèrent à la Brielle, en i672, pour faire la course contre les Espagnols. || Gueux des bois, s'est dit, à la même époque, des paysans armés qui commencèrent à faire la guerre en partisans, pour fonder l'indépendance des Provinces-Unies. || 9" S. m. Espèce d'oiseau de mer.
— HiST. XV S. Le duc, trois gueux pour sa cuisine, chascun compté par quatre mois, et doit le gueux en la cuisine commander, ordonner et estre obéi, OL. DE LA MARCHE, Élol de la maison de
■ Charles le Hardy, t. ii, p. 620, édit. petitot. Il XVI' s. Les gueux ont leurs magnificences et leurs voluptez, comme les riches, mont, iï, 258. Et avons fait cognoistre que nous ne sommes pas des gueux , comme l'ondisoit, et que nous avons plus de moyen et de force en main pour faire service au roy en son besoin que n'ont avec toute leur suitte et praticques ceux qui nous veulent exterminer, condé. Mémoires, p. 679.
— fiTYM. L'exemple du rv« siècle prouve que gueux a signifié cuisinier el est une autre forme de queux{yoy. ce mot). On peut aussi citer à l'appui ce passage de Voltaire : L'Europe fut inondée de ces dignités héréditaires, de maréchaux, de grands veneurs, de chambellans d'une province; il n'y eut pas jusqu'à la grande maîtrise des gueux de Champagne ijui fut une prérogative de famille, Mœurs, 70. Ce mot a passé, par dénigrement, des marmitons aux mendiants , aux mauvais sujets. Diez objecte que, si gueux représente queux, queux, qui repréuente coquus, n'a l's ou x qu'à titre de nominatif, que ces sortes d's ne comptent pas dans la dérivation, et qu'ainsi gueux n'aurait pu donner gueuser, gueuserie. Mais ces mots ne sont pas anciens et ils ont été formés en un temps où l's de gueux valait une lettre radicale. On a donné une origine hollandaise (guit, coquin) à la dénomination des gueux de Hollande; il se pourrait en effet que cette dénomination fût indépendante du mot français; cependant Schiller les appelle die Geusen, ce qui semble appuyer fortement l'étymologie française.
t GCÉVOIR (^hé-voir), s. m. Abreuvoir, en Lorraine et en Alsace. Franz Sepel et bien d'autres qui glissaient sur le guévoir, erckmann-chatrian , Mme Thérèse, § 8.
t GUGANO (gu-ga-no), s. m. Nom d'un ver qui envahit les cacaoyères et y fait de grands ravages.
I . GUI (ghi) , s. m. Terme de botanique. Nom d'un gnnre de plantes de la famille des lorinlhacées, qui sont parasites et qui naissent sur les branches de différents arbres. || Gui de chêne, ou, simplement, le gui, le gui blanc d^s botanistes, nom qui vient de ce que le fruit en est blanc. Avec les baies du gui blanc on fait une glu moins bonne que celle qui est obtenue de l'écorce du houx. Le gui était particulièrement vénéré des anciens Gaulois et de leurs prêtres les Druides. Il s'adressa d'abord au Celte comme au plus furieux; il lui dit qu'il avait raison et lui demanda du gui, volt. Zadig, <2. La bienfaisante fée et la nymphe légère. Cueillant le gui divin ou la fleur bocagère. S'y montrèrent souvent (dans les sombres vallées] au sauvage Gaulois, masson, llelvét. v. Un eubage vêtu de blanc monta sur le chêne, et coupa le gui avec la faucille d'or de la druidesse, chateaubr. Uart. ix. || Au gui l'an neuf, esp'ce d'exclamation qui paraît s'être conservée en mémoire de lacérémonie oùl'on distribuait le gui, chez les Gaulois. Le grand sacrifice du gui de l'an neuf se faisait avec beaucoup de cérémonies près de Chartres, le sixième jour de la lune, qui était le comcaencement de l'année, suivant leur manière de compter par nuits, duclos, Mém. Druid. OEuv. 1. 1, p. 284, dans pougens.
— IIIST. xiv's. Et leur donneras à mengier avenue en jarbe ou yerre [lierre] ou vist de pommier, Ifodus, [' Lxxi. Il XV' s. Unes patenostres de «uix de cbesne, Bibl. des ch. «* série, 1. 1, p. 434.
GUI
— ÊTYM. Norm. vi; Berry, gué; ital. viteo, etichio; du latin viscus ; grec, Uiç.
t 2. GUI (ghi), t. m. Terme de marine. Vergue, dite aussi bême sur laquelle s'étend la ralingue de bordure de la brigantine. || Gui se dit pour guide, en parlant de palans.
t GUIBRE(ghi-hr'), s. f. Terme de marine. L'avant du navire où l'on sculptait un poisson de mer.
— ÊTYM. Le même que guivre (voy. ce mot), t GUICUE (ghi-ch'), s. f. Synonyme, dans le
nord de la France, de bâtonnet, sorte de jeu d'enfant, dit aussi ailleurs guillet.
GUICHET (ghi-chè ; le« ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, Vs se lie : des ghi-chè-z étroits; guichets rime avec traits, succès, paix, etc.), t. m. Il 1» Petite porte pratiquée dans une grande, surtout en parlant des portes d'une ville, d'une forteresse, d'une prison. Le guichet du fort, de la prison. La porte en était basse et semblait un guichet, RÉGNIER, Sat. XI. Trois autres démons adorés sous le nom de furies ouvrent le guiciiet ardent, chateaubr. Mart. VIII. Il Fig. Être pris au guichet, être pris au moment où l'on s'évadait. || 2° Les guichets du Louvre, les portes qui servent de passage aux voitures et aux gens de pied. J'étais au Carrousel, passant avec la foule Qui par ses trois guichets incessamment s'écoule, v. HUGO, F. d'aut. 3. || 3' Petite ouverture à hauteur d'appui, pratiquée dans un mur ou une porte, par laquelle on peut parler à quelqu'un ou lui faire passer quelque chose sans être obligé d'ouvrir la porte. On leur apporta à dîner par un guichet [à la Bastille], volt. l'Ingénu, )0. Il 4° Sorte de petit volet qui se ferme sur la jalousie du confessionnal du côté du confesseur. Il S" Porte d'une armoire, d'un buffet; en ce sens il vieillit et ne se dit guère que des meubles à l'ancienne mode. Armoire à quatre guichets. || 6° Terme de construction. Guichet de croisée, se dit de l'assemblage qui porte le châssis de verre, et des volets qui le ferment en dedans. || 7° Au jeu du cricket (voy. criquet 3), nom d'ouvertures formées par trois piquets fichés en terre qui sont assez rapprochés entre eux pour que la balle ne puisse pas passer à travers, et par deux petites traverses simplement posées sur leurs parties supérieures, de manière que le choc le plus léger les fasse tomber; le jeu consiste à défendre ces petits édifices contre la balle.
— HIST. xiii' s. Onques un soûl n'en salua. Par un guichet leanz entra, Hen. 20092. Car c'est celé qui la bonté Me fist si grant, qu'ele m'ovri Le guichet del vergier flori, la Rose, <266. || xiv s. Le wisket li ouvrirent, qui fu ens ou [au] moilon, Baud. de Seb. vi, 26. || xv s. Et avoit couvertement demandé au portier laquelle [clef] defermoit la grand porte et laquelle le guichet, froiss. i, 1,4 31. Si trouvèrent d'aventure le guichet [de la ville] ouvert; adonc descendirent là messire Gautier de Mauny tout premier et aucuns compagnons, et entrèrent en la porte tout coiment, id. i, i, 79. Le suppliant 'a parti et ala hors des dites prisons par le viquet d'icelles, nn cange, guichetus. || xvi' s. Une matrone et sage femme que le vulgaire appelle madame du guichet, BoucHET, Séries, liv. 11, p. «68, dans la-
CURNE
— ÊTYM. Norm. viquet; Berry, guichet, verrou; wallon, wichet; provenç. guisquet; de l'ancien scandin. vik, réduit, cachette; anglo-saxon, uic.
GUICHETIER (ghi-che-tié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'ise lie : desghi-che-tié-z actifs), s. m. Valet de Reôlier, qui ouvre et ferme les guichets Ces guichetiers sont des hommes qui ont perdu tout sentiment humain, lesage, Diable boit. 7. || Par extension, homme qui en garde un autre. Voilà mes guichetiers en défaut. Dieu merci, rac. Plaid. 1, 3.
— ÉTYM. Guichet; namurois, ucheti.
^. GUIDE (gtii-d'), s. m. Il 1° Celui, celle qui
conduit une personne et, l'accompagnant, lui montre le chemin. Il a pris un guide fidèle et expérimenté. On a des guides pour les excursions dans les Alpes ou les Pyrénées. Elle voulut être mon guide, Dict. de VAcadémie. Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent, boil. Sat. iv. Qu'a près l'avoir d'Argos amenée en Aulide, Je refuse à l'autel de lui servir de guide, rac. Iphig. m, (. Allez et laissez-moi quelque fidèle guide, ID. Phèdre, V, ( Apollon, je périrai sans doute, Si tu
ne sers de guide à cet aveugle errant, a. chênier. Idylle, l'Aveugle. \\ 2° Terme de guerre. Personne du pays qui connaît les routes et dirige la marche d'un détachement. Le roi leur commanda de l'accompagner et de lui servir de guides, vaugel. Q. C. VIII, (0. Cette petite guerre avait été tout à l'avantage des Russes, les nôtres ignorant le pays, sa lan-
GUI
gue. Jusqu'aux noms des lieux où h» s'aventuraient, enfin étant sans cesse trahis par les habitants, el même sans guides, sêoub, Uist. de Nap. x, 1. 1| Autrefois, compagnie de guides, hommes formés en compagnie pour ce genre de service. Il y avait un capitaine général des guides pour les voyages du roi. Il Dans les guerres du premier empire, les guides, compagnies ou escadrons qui étaient comme les gardes du corps d'un général en chef. Lts guides ont été rétablis dans l'armée du second empire. || ferme de théorie militaire. Sold-itssur lesquels tous les autres doivent régler leurs mouvements dans les évolutions. Le guide d'un peloton. Guide à droite, à gauche. Il 3° Fig. Celui ou celle qui dirige, conduit dans la vie, dans les affaires, dans une entreprise. Une jeune fille ne peut avoir de meilleur guide que sa mère, Dict. de l'Académie. Pour me faire chrétien, sers-moi de guide à l'être, corn. Poty. v, 2. Daignez servir de guide à mon aveuglement, id. Perthar. V, 2. Sous la conduite d'une reine qui lui servait de mère par la tendresse et de guide par .son expérience, fi.éch. Marie-TMr. Dans cette retraite, Frédéric, passionné pour la langue française, pour les vers, pour la philosophie, choisit Voltaire pour son confident et pour son guide, condohckt. Vie de VoUaire. || 4° Tout ce qui dirige ou inspire quelqu'un dans ses actions. La loi seule est mon guide, Dict. de l'Académie. Et prenant toutes deux leur passion pour guide, corn. Cinna, v, 2. Consulte ta raison, prends sa clarté pour guide, mol. D. Garde u, 4. 11 n'y a personne qui ne demeure d'accord que la raison nous est donnée pour nous servir de guide dans la vie, pour nous faire discerner les biens et les maux , et pour nous régler dans nos désirs et dans nos actions, nicole, Ess. mor. )•' traité, ch. H.X,'hommeen ses passions toujours errant sans guide, boil. Sat. x. L'audace et le mépris sont d'infidèles guides, rac. Alex. 1, 1. 1| 5" Titre de divers ouvrages qui renferment des instructions. Le Guide des pécheurs. Le Guide des teinturiers. La Guide des étrangers à Paris. Le Guide du voyageur en Suisse. Il S" Guide du lion, le caracal. espèce du genre chat. || 7» Terme d'horloger. Outil qui sert à conduire un foret. || Terme de menuisier. Morceau de bois que l'on applique contre un outil à fût. Il Terme de fontainier. Armature sur laquelle est monté le coulisseau du piston pour une cuvette de garde-robe. || Terme de navigation fluviale. Balise qu'on met dans les passages difficiles,pûur marquer le véritablecoursde l'eau.]] Terme de marine. Cordage qui haie le palan d'élai, etc. Guide de bassin, certaines marques de direction que l'on prend à terre. ]] 8° Perche qui tient I* filet de l'oiseleur. || 9° Terme de musique. La partie qui entre la première dans une fugue, et qui annonce le sujet. || Partie sur laquelle on indique toutes les entrées des instruments et qui sert au chef d'orchestre lorsqu'il ne conduit pas sur la grande partition. || 10' Guide des pécheurs, se disait d'une espèce de fiacre dont lés glaces étaient remplacées par des planches; on s'en servait pour une promenade furtive, etc.
— REM. Dans le xvii' siècle, guide se disait au
féminin Et la guide nouvelle, Qui ne voyait,
au grand jour. Pas plus clair que dans un four, Donnait tantôt contre un marbre, Conlte un passant, contre un arbre, la font. Fabl. vu, (7. Ces prélats avaient donné aux peuples la sainte parole, avec subordination à leurs pasteurs, et sous la guide des notes si canoniquement approuvées, boss. Avert. sur le liv. liéftex. morales, i. Demande aux hôtes de ces bois Si la guide la plus fidèle N'est pas la pente naturelle Plus sage que toutes les lois, chaulieu. Contre l'esprit.\\ (i'était le féminin aussi qu'on | employait pour désigner des livres servant de guide, d'instruction. Elle lit Saint Bernard, la Guida des pécheurs, Régnier, Macette. La Guide des pé- ' cheurs est encore un bon livre, mol. Sganar, 1.
— HIST. xii* s. Guions a fait de palsans, Bnit, V. 3031. Quant il vint en une valée, Que li guion li ont mostrée, ib. v. :i037. ||xiii' s. Seigneur, je vous commant, chascuns soil obeïs A dant Pieron l'ermite qui vous est l>aus [baile, chef] et guis. Tous vous menra [mènera) ensamble i la gent antecris, Ch. d'Ant. 1, '^68 {| xiv s. Et du costé destre et senestre de la canne du polmon sont grosses voines qui sont appelées organiques ou guides, LANFRANC, !° 28, verso. |j xv s. Me.ssire Trivet et sa route avoient guides qui les dévoient mener, FHOiss. il, 11,41. Et ouy comme on demanda la guide à ceux qui conduisoient les enseignes, et à celuy qui faisoit l'oflice de grand cscuver ; mais chascun respondit : Je n'ea ai point ; notez qu'il ne
GUI
falloit point de guide : car Dieu seul ayoit guidé la compaîfnie au venir, comi. viu, 7. M. de Clernionl chevaucha 40 lieues par une guide fils messire Hector de Chartres, Chr. de Norm. p. 4ce, vallet de vmiviLLE. Il XVI' s. Si tu n'y mets grand ordre et tonnes guides, marot, ii, 37. La cour est mon au- (heur, mon exemple et ma guide, du bellay, ii, 7«, verso. Que le créateur vous soit en guyde perpétuelle, RAB. Garg. i, 45. Nature est un doulx guide; mais non pas plus doulx que prudent et juste, MONT. IV, .104. L'oracle d'Apollo luy avoit respondu qu'il prinst Venus pour sa guide, amyot, Thésée, 2i. ....Que luy aussi seroit tenu de donner bonne guide et sauve garde aux ambassadeurs d'Athènes, lu. Aie. 62. Son guide le mena jusques à l'entrée du bourg de Coutras, d'aub. Vie, xvii.
— ÉTYM. Provenç. guida, guia, s. f. etpuiC, s. m.; espagn. et portug. guia; ital. guida (voy. oiiIdeb). L'ancienne langue disait guis au nominatif, et guion au régime; guion, guions, au pluriel; cela repré.sente un bas-latin guidn, guidonis. A côté il y avait un substantif verbal féminin, guida, guia, gui<le, qui signifiait l'action de guider, et qui s'est conservé jusque dans le xvii* siècle; on le prenait à tort, depuis longtemps, pour le féminin de guide masculin. L'ancienne langue disait aussi guierre, mais c'était un substantif verbal, au nominatif, représentant une forme non latine guidator.
2. GUIDK (ghi-d'), i. f. Nom de lanières de cuir ou cordons de chanvre dont se servent les postillons ou cochers pour diriger les chevaux attelés à une voiture. On distingue les grandes el le» petites guides. Que ce Dieu qui m'entend me garde d'un blasphème t Mais je ne comprends rie:i & ce lâche destin [la mort du duc d'Orléans] Oui va sur le pavé briser un diadème. Parce qu'un postillon n'a pas sa guide en main, A. DE MUSSET, Poésies nouv. <3 juillet, jj Payer les guides, payer au postillon le droit prescrit pour chaque poste. Payer les guides doubles, payer le double de ce droit. On dit aussi : payer doubles guides, doubler les guides. || Courir en guide, courir la poste à cheval, ayant devant soi un postillon monté sur un autre cheval. || Conduire à grandes guides, aller à toute vitesse. || Fig. et familièrement. Mener la vie à grandes guides, prodiguer sans retenue sa fortune, sa santé.
— f.TYM. Guide «.
GUIDÉ, ÉE (ghi-dé, dée), part, possède guider. Guidé à travers la forêt par un bûcheron. {| Fig. Guidé dans cet embarras par des amis prudents. Ils [les mystiques] se proposent certaines personnes, connues ou inconnues, qu'ils prétendent guidées de Dieu d'une façon particulière, boss. Inslr. sur les et. d'oraison, préface, x.
GUIDK-ÂNE (ghi-dâ-n'), s. m. || l" Terme familier. Tout ce qui contient des instructions, des règles propres à guider dans un travail. || 2' Particulièrement, petit livre qui contient l'ordre des offices relatifs à chaque fête. Le curé de llle susdite.... N'avait point avant les étrennes Fait apporter de nos climats De guide-ânes ni d'almanachs Pour le guider dans ses antiennes, gresset, le Carême impromptu. || 3° Transparent rayé employé pour écrire droit. || 4" Outil qui sert aux cornetiers à faire les dents d'un peigne. |{ 8° Espèce de couteau à deux lames, dont l'une est placée plus bas que l'autre, de manière que, lorsque l'une coupe, l'autre marque la place où il faut trancher au coup suivant. Il Àupinr. Des guide-âne ou guide-ânes.
— il'YM. Guider, due.
t t. GUIDEAU (ghi-dô), s. m. Terme de marine. Plate-forme de planches qu'on échoue dans une position inclinée, en la soutenant sur des chevalets, pour diriger le courant de chasse dans les avantports de la Manche.
— ÊTYM. Guider, eau.
t 2. GllIliKAU (ghi-dfl), s. m. Terme de pèche. Filet en forme de sac dont on se sert à l'embouchure de la Seine. Faisons défenses à tous ceux qui feront leur pèche avec des guideaux de les tendre dans le pa.ssage onlinaire des vaisseaux ...les pêcheurs dont les pieux et guideaux auront été ôlés comme nuisiblcsàla navigation, Or<ionn.août4684, liv. V, tit. m, art. )2, art. (B.
t GUIDE-MAIN (ghi-de-min), s. m. Terme de musique. Espèce de barre attachée au piano devant le clavier, destinée, pour les enfants qui commencent jeunes, à tenir les poignets droits, et à empêcher qu'on ne joue du coude.
— f.TYM. Guider, main.
GUIDEK (ghi-dé) , ». o. || 1* Accompagner quelqu'un pour lui montrer It chemin. Guidar un Toya-
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geur. Il Fig. Guider quelqu'tin dans le chemin de l'honneur, de la vertu, de la gloire. || 2° Il se dit des choses qui mettent sur la voie, qui servent i con duire. Il y avait sur le sol des traces qui guidaient ceux qui le poursuivaient. X peine un faible jour vous éclaire et me guide, hac. Iphig. i, t.\\ 3* Faire aller, diriger. Il guidait mal le bateau. Et vous les verrez tous, prévenant son ravage [de Rome], Guider dans l'Italie et suivre mon passage, bac. Kithr. m, 4. Qu'un seigneur éminent en richesse, en puissance. Par la bride guidât son superbe coursier, lu. Esther, ii, 5. Il en est que le ciel guida dans cet empire Moins pour nous conquérir qu'afin de nous instruire, volt. Alx. ii, 4. Si parfois, un penchant impérieux et tendre Vous guidant vers la tombe où je suis endormi, Vos yeux en approchant pensent voir leur ami, a. chén. Élég. vu. || 4" Fig. Il se dit de ce qui, personne oucho.se, dirige quelqu'un dans ses actions, dans son langage, etc. Effrontés, ignorants, n'ayant rien de solide. Leur esprit prend l'essor où leur langue les guide, Régnier, Sal. v. Quel chemin le plus droit à la gloire nous guide, Ou la vaste science ou la raison solide? boil. Ép. VI. Muse, c'est à ce coup que mon esprit timide Dans sa cfiurse élevée a besoin qu'on le guide, ID. Lutr. VI. Mais ma force est au Dieu dont l'intérêt me guide, rkc A thaï, iv, 3. La gloire vous conduit, que la raison vous guide, volt. Adélaide, ii, 7. Mes mains qui guidaient des armées, id. Sémir. v, 2. Écoute seulement la pitié qui te guide, id. Adélaïde, IV, t. Nul ne peut soupçonner le dessein qui le guide, in. Tancr. v, 4.||6° Se guider, v. réfl. Se diriger. Cet aveugle se guide à l'aide d'un bâton. Il faut se guider d'après de bons exemples.
— SYN. GUIDER, coNiiuiRK. Guider quelqu'un, c'est le conduire pour lui montrer le chemin, pourem pêcher qu'il ne s'égare. Conduire, c'est l'accompagner dans un trajet, sans que nécessairement il soit question de lui montrer un chemin.
— HIST. XI' s. En Roncevaus guierai macompaigne [compagnie], Ch. de Roi. Lxxi. ||xii' s. Si com fait nés |nef| que vens guie, Coud, m. Et cil, cume si se sentid blecied, cumandad erranment à celi ki le curre [char] guiout, que il le menast hors del ost, Row, p. 339. Il XIII' s. Et viennent aventli per [pair] Qui seulent France guier, hiies db la fehté, ilomancero, p. <9i. Son avoir à Montmartre fist la serve guier, Berte, xcvii. Nature, qui tout guie, BRUN. LAT. Très. p. 244. || XV' S. En tel temps doit prince ses gens guier. Et si leur doit toute seureté querre, E. desch. Bail. Paix avec l'Anglais. || xvi' s. Aucune fois avec ses damoiselles. Comme une fleur assise au milieu d'ellesGuidoitl'aiguille.... bons. 887.
— ÉTYM. Provenç. guidar, guisar, guiar; espagn. et portug. guiar; ital. guidare. Origine douteuse qui paraît germanique à cause de gu, s;ins qu'on puisse déterminer exactement le radical. Diez propose le gothique vilan, remarquer, faisant observer cependant que le ( gothique rendu par un d roman est contre l'habitude. Mais cela ne parait pas devoir faire une objection absolue; d'autant plus qu'une autre forme germanique a le d, danois vide. C'est le sens surtout qui fait l'objection.
GUIDON (ghi-don),*. m. || 1° Autrefois, l'étendard d'une compagnie de gendarmerie ou grosse cavalerie, la cornette appartenant à la cavalerie légère. II Nom de l'officier qui portait l'enseigne, dans les compagnies de gendarmes. || La charge de guidon. Je ne vois point comme toute cette charge se pourra emmancher, à moins que Lauzun ne prenne le guidon en payement, et quelque supplément que nous tâcherons de trouver; car d'acheter l'enseigne à pur et à plein, et que le guidon nous demeure sur les bras, ce n'est pas une chose possible, sÊv. \" Akc. 4675. Le roi lui donna [à M. de Pons] pour rien un guidon de gendarmerie, st-sim. 46 1, 2bB. Il i" Aujourd'hui, petit drapeau qui sert dans l'alignement. Il 3° Terme de marine. Banderole plus courte que la flamme et qui sert aux signaux. ;; 4''Iiannière d'une confrérie, d'un corps quelconque. Il [Louis XII ordonna que chaque corps de métier eût sa bannière ; que les ecclésiastiques, le parlement, la chambre des comptes et tous les gens de robe eussent leurs guidons, huclos, llist. de Louis XI, OEuv. t. u, p. 320, dans pougens. || Terme de blason. Sorte d'enseigne étroite, longue et fendue, ayant deux pointes ondoyantes; elle est attachée à un manche semblable au filt d'une lance. Il 6° Petit bouton de métal qui est au bout du canon de l'arme A feu et qui sert i guider l'œil pour tirer plus silrement. On dit aussi mire. || Ancien terme d'artillerie. Guidon de mire , voy. fron- TEAU. Il (* Guidon d« renvoi, marque que l'on
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fait dans un icrit auquel on ajoute quelque chose et dans l'ajouié lui-même, pour indiquera quelle place cet ajouté doit être mis. || 7'Termede musique. Marque au bout d'une ligne, pour indiquer l'endroit où doit être placée la note qui commence la ligne suivante. Il 8" Terme populaire. Marque que les tiloui font à une carte. || •* Marque indiquant un filou. Dans une montagne d'une étendue considérable, où il paraîtra une infinité de guidons et de marca»sites de tous les cAtés, qui sont autant de man|uei par lesquelles on peut conjecturer que l'on rencontre de bons filons et de bonnes matières, Lettres d* Colbert, iv, 584. j| 10* Anciennement. Titre de certains ouvrages servant de guides. Prends, au lieu de Platon, le Guidon des finances, boil. Sal. vui. Il Terme de marine. Guidon de U mer, ancien recueil de ri'glemeuts maritimes.
— HIST. XV* s. Pour cornette ou guidon suivre plustost on doit Les branches d'hierro ou d'if qui monstrent où l'on boit, uasselin, xix. ||xvi' s. Laisser faudra d'amour les petits dons. Pour suivre aux champs estendars etguydons, marot, i, 32». Fervacques, en faisant force reniements de Dieu, repondit de son guidon, u'aub. Vie, xxix. En cas de fracture de la jambe, ceste eminence te sert de guidon pour la bien remettre, paré, iv, 3«. U. le marcsclal de Brissac luy donna son guidon de cent hommes d'ar» mes, et tel drappcau ne se donnoit le temps pajeé, et mesme d'un si grand mareschal que celuy-U, & jeunes gens (|ui n'eussent lait de fort signalées monstres de leur valeur, bkaht. Cap. fr. t. m, p. 327.
— ETYM. Guidon est le cas régime de guis (voy. guide i, à l'étymologie).
t GUIDONNAGE (ghi-do-na-j'j, t. w. Terme de plaisanterie dans Mme de Sèvigné, pour désigner la charge de guidon. Je lui dis l'ennui que nous avions dans notre guidonnage, stv. 2u2.
t GUIDONNER (ghi-do-ne), t. o. Terme populaire. Marquer une carte d'un signe paiticulier ou guidon, pour tricher. U a guidonné les as.
t GUIFETTE (ghi-fc-t"), s. f. Hirondelle de mer.
GUIGNARD (ghi-gnar; le d ne se lie jamais), s.m. Oiseau du genre des pluviers, dont la chair est très-délicate. Le guignard est appelé par quelquesuns petit pluvier; il est en cffcl d'une taille inférieure à celle du pluvier doré, et n'a guère que huit (>ouces et demi de longueur, buff. Ois. t. xv, p. i36.
— ËTYU. D'après Ménage, cet oiseau a été ainsi appelé d'un nommé Jean Guignard, bourgeois de Chartres, lequel, le premier, en reconnut la délicatesse en 4 54 a.
f GUIGNAUX ou GUIGNEAUX (ghi-gnô) , s. m. pi. Terme de charpente. Nom de certaines pièce» de bois qui, s'asscmblant dans la charpente d'un toit et sur les chevrons, sont disposées pour laisser une ouverture à un corps de cheminée. || Petits bouts de bois que l'on scelle sur le haut d'un mur.
— ÉTYM. Guigner, à cause que l'ouverture laissée par les guignaux est comparée à un œil qui guigne.
GUIGNE (ghi-gn'J, s. f. Cerise douce d une forme assez semblable au bigarreau, mais plus petite, et dont la chair est d'un rouge noir et trcs-sucrée.
— HtST. xiV s. Cerises, merises, guines, Uénagier, ii, 5. || xV s. Le verre est le pinceau duquel on t'enlumine [le nez] ; Le vin est la couleur Dont on t'a peint ainsi plus rouge qu'une guigne En beuvant du meilleur , basseun, Yau de Vire, 6.
— ÊTYM. Angoumois, guindou, sorte de cerise très-noire, très-juteuse et très-douce; bas-lat. guindolum, guina; esp. guinda; ital. visciola; valaque, visiuë; grec mod. piaivov; anc. haut allem. U)iKsela; sillem. mod. iVeichsel ; nom de cerise qui, selon Diez, se trouve aussi dans les langues slaves et dans lequel ^u et v se remplacent.
GUIGNE, ÉE (ghi-gné, guée), part, passé de guigner. Un bonbon guigné par un petit gourmai.d
GUIGNER (ghi-gné). || 1* V. n. Fermer à dcm. les yeux en regardant du coin de l'œil. Guigner de l'œil. 111° Y. a. Regarder sans faire semblant, à la dérobée, guetter. J'ai guigné ceci [la cassette d'Harpagon] tout le jour, mol. l'Av. iv, 8. || Fig. Former quelque dessein sur quelque personne, sur quelque chose. Guigner une héritière, un héritage. Jupin, qui du ciel toujours guigne Quelque femelle en droite ligne, scarron, Gigant. i.
— HIST. XIII' s. Et tant à suen lige (je) me tieng, .... que s'el me guigne sol de l'ueil.... Faire m'esloura son commant , Partonop. ms. ue Sl-Germ. I* 463, dans LACURNE. La reine en guigna cous [le comte] Bcrtelais, Gérard de Boss. p. mh. Si ot [Beauté] le vis clair et alis, Et fu greslete et alignie, Ne fu fardée ne guignie [ma.squée, déguisée], la Rose, «uvs. Cous tes mauches, te* cbeveui
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pigne, Mais ne te farde, ne ne guigne, ib. ï'iSO. Il XV' s. Et quant Madame veit le petit Saintré.... fut très joyeuse ; lors, en le guignant, fist de son espingle le signal, Jeh. de Saintré, ch. )2. || xvi* s. 11 y a raille discours que Plutirque n'a que touchés simplement ; il guigne seulement du doigt par où nous irons s'il nous plaist, mont, i, <«9. Comme ils se guignoient [faisaient signe] l'un l'aultre que l'occasion estoit propre à leur besongne, id. i, î56. Eschever tantost l'un tantost l'aultre des maux qui nous guignent de suitte et assènent ailleurs autour de nous, lo. iv, 206. 11 lui dist en latin, en le guignant de la teste : accipe, despeh. Contes, lxxxvi.
— ÉTYM. Picard, guenier, gagner; génev. gigner; provenç. guinhar; cat. guinyar; esp. guiùar; ital. ghignare. Origine fort incertaine discutée par Dlez : il écarte l'allemand winken, faire signe, à cause que Vn ne peut disparaître; puis, trouvant dans le picard guenier et non wenier, et doutant si le gu est ici germanique, il incline pour l'ancien haut-allemand kinan, en latin arridere , sourire. Rien de tout cela n'est concluant, d'autant que, dans l'historique, guigner a aussi le sens de farder.
t GUIGNES (ghi-gn'), s. f, pi. Terme de pêche. Les ouïes ou branchies des poissons.
t GUIGNETTE (ghi-gnè-f), s. f. || 1° Oiseau, voy. TOTANF.. Il 2° Terme de marine. Outil de calfat.
GDIGNIER (ghi-gnié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'jt se lie : des ghi-gnié-z en fleurs), s. m. Arbre qui porte les guignes et qui est une variété "'•; prunus cerasus pour Linné, et le eerasus juliana pour Seringa.
— HiST. XVI' 3 Ainsi qu'au renouveau On
beau guinier par gros trochets fait naistre Son fruit tOUfTu, HONS. 943.
— ÊTYM. Guigne; provenç. guinier, guindolier; cat. guinder.
t GUlGJfOL (ghi-gnol), «. m. Sorte de polichinelle. Le théâtre de guignol.
t GUIGNOLE (ghi-gno-l'), s. f. Petite latte à laquelle on suspend les petites balances, à la Monnaie.
— Rtym. Ce paraît être dit, par altération, pour guindole, qui viendrait de guinder.
t GUIGNOLET (ghi-gno-lè), s. m. Liqueur faite avec des guignes. Le guignolet d'Angers a de la réputation.
— ÊTYM. Guigne.
GUIGNON (ghi-gnon), s. m. Mauvaise chance, principalement au jeu. C'est, malheureuse, toi qui me portes guignon, Régnier, Sat. xi. Mais certes jamais un guignon N'arrive sans son compagnon, scARRON, Virg. ii. Ne croyez point, ma fille, que depuis trois mois vous ayez été en guignon; je commence par le gain de votre procès.... sÉv. 49i. Ce n'est pas sans un extrême chagrin que je vois ce guignon sur vous et sur lui, m. Lett. <5 nov. 4684. Le cœur me dit que votre guignon [au jeu] ne changera pas, hamilt. Gramm. 3. Oh! j'ai toujours eu du guignon dans les rencontres, Marivaux, Doubl. inconst. il, H. Ma foi, c'est jouer de guignon, il en faut convenir, genus, Thédt. d'éduc. le Magistrat, ii, (. Vous repartirez sans doute la veille de mon retour; ce g lignon-là, j'espère, ne me durera pas toujours. Px. cour. Lett. i, 379. Il Guignon guignonnant, sorte de génie malfaisant employé dans les contes d'enfant pour signifier ou expliquer des co"" trariétés successives.
— HIST. xvi' ». Chercher guignon, ounm, Curios. fr. Porter guignon, ir>. ib.
— ÊTYM. Esp. guiùon, signe de l'œil. Guignon vient de guigner, et se rapporte à quelque idée du mauvais oeil qui ensorcelle, porte guignon. Cependant on trouve aussi guillnn : Là vint un postillon Oui m'aportoit guillon. Me suivant à la trace, Â la seule parole D'une femme trop folle ; Maudite soit sa race! marot, ii, 162.
t GUIGNONANT, ANTE (ghi-gno-nan , nan-t'), ad}. Terme populaire. Irritant, impatientant. Cela est guignonant.
— ÊTYM. Guignon.
■\ GUIGNOT (ghi-gno), *. m. Un des noms vulgaires du pinson.
+ GUIGUETTE (ghi-ghè-f), s. f. Terme de marine. Ciseau du calfat.
t GUILANDINE (ghi-lan-di-n') , t. f. Terme de botanique. Genre de légumineuses. La guilandine bonduc, vulgairement bonduc, chicot bonduc, guilandina dioica, L., gymnocladus canadensis, lamk.
— ÊTYM. Melchior Guilandino, botaniste à Padoue, au xvi" siècle.
■JUILDIVE (ghil-di-v'), s. f. Nom qu'on donne, d'-ns les îles de l'Amérique^ à l'eau-de-vie qu'on tire des gros sirops de sucre et de l'écume des premières chaudières. On dit aussi tafia. L'eau-de-vie
qu'on tire des cannes est appelée guildive , les sauvages et les nègres l'appellent tafia, le r. labat, Nouv. voy. aux îles fr. t. m, p. 4(0.
— ÊTYM. Ce passage du P. Labat prouve que guildive est né parmi les colons français, tandis que lapa appartient aux sauvages. M. RouUin a fait quelques conjectures supposant que guil représente soit guiller, fermenter, soit giler, terme populaire, pour jaillir, et dive, forme corrompue de diable. Mais, dans ces cas où tout renseignement historique manque, on ne sait jamais si quelque circonstance spéciale , quelque nom propre ne sont pas cachés sous le mot qu'on veut expliquer.
t GUILDIVERIE (ghil-di-ve-ric) , $. f. Nom, i l'Ile de la Réunion, de l'industrie qui fabrique les araks et les rhums.
— ÉTYM. Guildive.
t GUILDIVIER (ghil-di-vié), ». m. Fabricant de guildive.
GUILËE (ghi-lée),». f. Giboulée, pluie soudaine.
— HIST. XVI' s. De horata, horée (qui est une pluye qui ne dure qu'une heure) ou guilée, rob. EST. Gramm. fr. p. 125, dans lacurne.
— ÉTYM. Wallon, walaie, pour waslaie, dit Diez, qui le tire de l'ancien haut-allemand wasal, pluie.
6UILLAGE (ghi-lla-j*, H mouillées, et non ghiia-j'), s. m. Fermentation de la bière récemment entonnée, qui produit l'écume nommée levure.
— ÉTYM. Guiller.
t GUILLANT, ANTE (ghi-llan, llan-t'. Il mouillées), adj. Se dit de la bière qui jette sa levure. Il y avait six barils qui étaient en chantier et pleins de bière si nouvelle et guillante qu'ils en virent sortir par la bonde d'iceux la btoue. Arrêt du Conseil d'Ëtat, 15 mai 4 722.
GUILLAUME (ghi-llô-m'. Il mouillées, et non ghi-iô-m'), s. m. || 1° Nom propre usité dans cette locution : faire quelque chose comme M. Guillaume inventait ses couleurs, c'est-à-dire avoir l'honneur d'une chose qu'on ne fait pas, qu'un autre fait pour nous. Paris est plein d'amateurs qui font leurs ouvrages comme M. Guillaume inventait ses couleurs. Il C'est une allusion à M. Guillaume, marchand de drap et personnage de la comédie intitulée l'Avocat Patelin : sur ce que Patelin vante beaucoup une certaine couleur marron et veut flatter M. Guillaume en lui disant : Je gage, monsieur Guillaume, que c'est vous qui avez inventé cette couleur, celuici répond : Oui.... avec mon teinturier, lkgoabant. Il 2° Sorte de rabot qui sert à faire les moulures et dont le fût est fort étroit ; nom d'homme donné, comme cela arrive quelquefois, à un outil. || 3° Sorte de tamis pour ébaucher le grenage de la poudre à tirer. || 4° Gros Guillaume, voy. gros.
— ÊTYM. Allem. Wilhelm, Guillaume, de Will, volonté, et llelm, heaume : celui qui a sa volonté pour casque, c'est-à-dire sa bravoure pour protection.
t GUILLE (ghi-ir, Il mouillées), «./■. Nom donné, dans le midi , à la canelle en bois qu'on met aux barriques et par laquelle on tire le vin.
— ÊTYM. Gut'Ke aurait-il quelque rapport avec l'irlandais mille, tuyau de plume, angl. guill, plume?
t GUILLEDIN (ghi-Ue-din, U mouiUées, et non ghi-ye-din), *. m. Ancien nom d'un cheval anglais qui va l'amble.
— HIST. xvi* s. Quatre guilledines d'Angleterre bien choisies, carloix, m, 23. Ceux dont les guilledins n'estoyent des plus vistes, estoyent mal traitez, BEAUGUÉ, Hist. d'Escosse, i, 13.
— ÊTYM. Anglais, gelding, de to geld, châtrer. GUILLEDOU (ghi-Ue-dou , Il mouillées et non
ghi-ye-dou), ». m. Usité seulement dans cette locution: courir le guilledou, aller la nuit dans des lieiu suspects. Car souvent, moins sage que fou, Il vj courir le guilledou, scarron, Gigantom. xii.
— HIST. XVI' s. Avisez [vous Henri IV] à choisir, ou de complaire à vos prophètes de Gascogne et retourner courir le guildrou, ou à vaincre la Ligue, qui ne craint rien tant que votre conversion, d'aub. Uist. III, 2S. Pour ce mari de louage. Ce coureur de garouage, Ce trotteur de guilledou, perrin. Poésies, p. 214, dans LACURNE.
— ÊTYM. Picard, guilledon. Guilledou, d'après Ch. Nisard, est une altération de guilledin (voy. ce mot) , et courir le guilledou, c'est courir sur le guilledin, et fig. aller en de mauvais lieux. L'exemple de Perrin est très-favorable à cette étymologie, qu'on doit adopter.
GUILLEMET (ghi-Ue-mè, Il mouillées, et non ghi-ye-mè; quelques-uns disent ghi-le-mè, sans mouiller U, i tort; le ( ne se lie pas; au pluriel, l's se lie ; les ghi-lle-mè-z et..; guillemets rime avec traits, succès, paix,{ etc.), ». m. Sorte de double
crochet, ainsi figuiè», très-petit, qu'on emploie en tête et à la fin d'une citation, souvent même au commencement de chacune des lignes dont elle est composée; à la fin de la citation c'est le même signe tourné en sens contraire, de la sorte ». Mettre un guillemet. Distinguer du texte une citation par des guillemets.
— ÊTYM. Un nommé Gitillemet qui en fut l'inventeur, dit Ménage ; un nommé Guillaume, imprimeur, dit le Dict. des arts et mifliers, au mot imprimeur.
GUlLLEMI'rrC, ÊE (ghi-lle-mè-té, tée. Il mouillées), part, passé de guillemeter. Un pas^age guillemeté.
GUILLEMETER (ghi-lle-mè-té, U mouillées, p» non ghi-ye-mè-té. Le < se double quand la syllahc qui suit est muette ; je guillemette, je guillemelterai), v. a. Distinguer par des guillemets. Je guillemetterai ces trois lignes. || Guillemeter au long, ne pas mettre seulement un guillemet au commencement et à la fin de la citation, mais au commencement de chaque ligne.
tGUlLLEMlTE (ghi-Ue-mi-f , 11 mouillées), ».m. Religieux de l'ordre de Saint-Augustin, de la réforme de Saint-Guillaume de Malaval. On les nommait aussi guillelmites et, à cause de leur costume, blancs-manteaux.
1 1. GUILLEMOT (ghi-Ue-mo, Il mouillées),», m. Nom vulgaire d'un genre d'oiseaux palmipèdes ploi>geurs (genre larus). || Petit guillemot, nom sous lequel Buffon a décrit le cephus aile, palmipèdes, qui était Valque aile de Linné (voy. colombe).
f 3. GUILLEMOT (ghi-lle-mo, i( mouillées) ,». m. Variété de raisin.
1 1. GUILLER (ghi-llé. Il mouillées), v. n. Se dit de la bière qui pousse la levure au dehors.
— ÊTYM. 11 y a goel. fermenter, dans le bas-breton ; étymologie plausible. Roullin y voit le verbe populaire giler, jaillir. Scheler croit que c'est une contraction pour guesiller , et le tire du wallon guêse, levure de Mère, du Scandinave gdsa, fermenter, allemand gâhren.
t 2. GUILLER (ghi-llé. Il mouillées), r. a. Mot ancien qui signifie tromper et qui n'est plus usité que dans ce proverbe : Tel croit guiller Guillot que Guillot guille.
— ÊTYM. Anglo-sax. vile, ruse; angl. nile.
GUILLERET, ETTE (ghi-lle-rô, rè-t', U mouillées, et non ghi-ye-rè; quelques-uns disent ghil-lerè, sans mouiller il, i tort), adj. || 1° Oui a une pointe de gaieté. Elle est tout à fait guillerette. Adieu, grand prince, adieu; tenez-vous guilleret, MOL. Bouts rimes. || Fig. Un habit guilleret, trop léger pour la saison. || Ouvrage guilleret, ouvrage peu solide. || 4' Un peu libre. Un conte guilleret.
— HIST. XVI' s. 11 a l'œil triste, l'oeil riant, guilleret, friant, et autres de telle marque, pasouœb, ûEutîre» mêlées, p. 268 , dans lacurxb.
— ÊTYM. Origine incertaine. Guilleret est-il formé du guiUeri, du chant du moineau î ou bien faut-il voir un dérivé do guille qui se dit dans quelques localités d'une pointe? Genevois, guilleret, sommet; être à la guillerette ou lire en guillerette, se dit à Genève d'un objet mis dans une position où il risque de tomber.
GUILLERI (ghi-lle-ri, IS mouillées, et non ghiye-ri), ». m. Chant du moineau.
— HIST. XVI' Guillery du passereau, pasquier, Recherches, liv. vni, p. 67i, dans lacurne.
— ÊTYM. Onomatopée.
t GUILLET (ghi-llé, ZJ mouillées),», m. Nom, en Bretagne, d'un jeu d'enfants dit ailleurs jeu du bâtonnet et jeu de la guiche. Le guillet est un bâtonnet long d'un décimètre environ, appointé par les deux bouts ; on le pose à plat sur le sol, puis on le frappe en porle-à-faux sur la partie pointue , de manière à le faire rebondir; le jeu consiste à frapper du même bâton le guillet avant qu'il retombe et i le lancer loin du point où l'autre joueur a intérêt à le ramener.
f GUILLOCHAGE (ghi-Uo-cha-j', Il mouillées) , s. m. Action de guillocher ; résultat de cette action.
— ÊTYM. Guillocher.
t GUILLOOUE (ghi-Uo-ch', Il mouillées) , ». f. Instrument avec lequel on guilloche.
GUILLOCUÉ, ÉE(t;hi-llo-ché, chée. Il mouillées), part, passé de guillocher. Une tabatière guillochée. Il Par extension Les plus charmants de tous ces arbres, les papayas; leurtroncdroit.'grisâtreet guilloche soutient une toufle de longues feuilles à cdtes, chateaub. Voy. Amer. Descr. sites Florid. \\ Terme de marine. Se dit des poulies garnies d'un dé à leur milieu.
GUILLOCHER (ghi-Uo-ché, Il mouillées, et non ghiyo-ché),c. a. Faire des guillochis sur quelque chose
— ETYM. Ainsi dit, d'après Ménage, d'un ouvrier
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nommé Guittol, qui aurait été l'Inventeur de ce genre d'nmement.
t OCILLOCUEUR ((çhi-IIo-cheur , Il mouillées) , (. m. Ouvrier qui )^illoche. Bijoutier guillocbeur.
GCILLOCIIIS (glii-llO'Cht, Il mouillées, et non ghi-yoKilii), *. m. Ornement composé do lignes, de traits qui se croisent avec symétrie. ||GulUochis de parterre, compartiments de buis ou de gazon diversement entrelacés.
— HIST. XVI* s. Les poètes, d'une petite cassine font un magnifique palais, qu'ils enrichissent, dorent et embellissent par le dehors de marbre, jaspe et porphire, deguitlochis, ovalles, frontispices... rons. 685.
fGClLLOlKE (ghi-lloi-r' , Il mouillées), adj. f. Cuve guilloire, cuve dans laquelle s'opère la première fermentation de la bière.
— Etym. Cuiller.
GUILLOTINKfghi-llo-ti-n', 2i mouillées, et non ghi-
yo-ti-n'), ï. f. Il 1° Instrument de supplice, qui sert à trancher la tête d'un condamné. || 8° Terme d'hippiatrique. Coupe-queue. || 8" Fenêtre à guillotine, fenêtre à coulisse qui se lève au lieu de s'ouvrir et se retient en l'air au moyen d'un ou de deux bouts de bois.
— ETYM. Le docteur Guillotin, médecin, dont le but, en inventant cette machine, fut d'abréger les souffrances des malheureux condamnés à mort.
GUILLOTINÉ, ÊE (ghi-llo-ti-né, née. Il mouillées), part, posté de guillotiner. Condamné à mort pour meurtre et guillotiné. || Substantivement. Un guillotiné.
t GCILLOTINEMENT (ghi-llo-tine-man , Il mouillées), s. m. Action de guillotiner. Les guillotinements pendant la Terreur.
— ÉTYM. Guillotiner.
GUILLOTINER (ghi-llo-ti-né, Il mouillées), e. o. Trancher la tête au moyen de la guillotine. || V.réfl. Se guillotiner, s'envoyer l'un l'autre à la guillotine. Les divers partis s'emprisonnaient, se déportaient, se guillotinaient.
t GUILLOTINECR (ghi-llo-ti-neur. Il mouillées) , ». m. S'est dit, pendant la révolution, de celui qui faisait guillotiner, ou approuvait les exécutions sanglantes.
— ÉTYM. Guillotiner.
GUUttAUVE (ghi-mô-T'), *. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des malvacées, appelé en latin allhxa. || La guimauve ordinaire, ou, absolument, guimauve, allhxa of/ictnalis, L. Il Guimauve potagère, Toy. corette.
— HIST. XIII* s. La racine de la liuvescbe E de la viemauve ensement. Us St-Jean. \\ xvi* s. La blancheur aussi est désirable en ceste herbe, la mauve blanche particulièrement ditte guimauve, estant fort prisée, o. de serres, 623.
— ETYM. Bas-lat. bis malva dans le capitulaire de Charlemagne de villis : bis malvas id est alteas; espagn. malvavisco; ital. malvavischio ; du latin, malva ibiseum (grec l6(<Jxo«), d'où, par interversion, ibiscum malva, bit malra, guimauve, où l'on remarquera le français gui pour bi latin.
GUIMBARDE (ghin-barKl') , t. f. || l" Chariot long et couvert à quatre roues. Vous me ferez un plaisir extrême de m'envoyer ces deux volumes de Mélanges historiques par les guimbardes de Lyon, VOLT. Lett. Thiriol, 9 août <769. || 2° Petit instrument sonore, composé d'une branche de fer, pliée en deux, avec une languette d'acier qui fait ressort; on le tient entre les dents, et l'on fait vibrer la languette, en la poussant du doigt. La guimbarde ne donne que les notes de l'accord parfait et a trèspeu de son. || Familièrement. Mauvaise guitare. Il 3* Nom d'une ancienne danse. || 4° Jeu de la guimbarde, espèce de jeu de cartes appelée aussi la mariée. La guimbarde est, à ce jeu, la dame de cœur, qui est la carte la plus importante. || 5* Outil de menuisier, pour fouiller des fonds parallèlement «u-dessus de l'ouvrage. || B" Ancien terme injurieux qui se disait d'une femme. Je trouve cette grande et belle femme..., une demoiselle toute bouclée, c'e.st la huguenotte, une autre guimbarde, sEv. 436. Vous, taisez-vous, guimbarde ; Il vous appartient bien de dire vos raisons, Et de mettre le nez dans ce que nous disons, boursault. Mots à la mode, se. <2. C'était autrefois un bien vilain mot que guimbarde; mais vous savez que les mots et les idées changent souvent chez les Français, volt. Lett. Urne du Deffant, ïsjanv. «770.
— HIST. XVI* s. X la guimbarde, ouDm, Diet.
— ÉTYM. Origine inconnue.
+ GUIMOISSERON (ghi-moi-se-ron) ou GUIMOKS- SON(ghi-moi-son), s. m. Nom donné, en Normandie, au saumon à son premier Age. c'est-à-<lireàdeuxmoi&
— ETYM. Gui pour bi, deux, et mois.
GUIMPE (ghin-p'), t. f. || 1* Toile dont les reli-
gieuses s« couvrent la gorge. Les voilà avec la guimpe et le voile, et aussi religieuses à l'extérieur qu'elles le sont dans l'ftme, haintenon, l^ett. à Mme de Viltelte, 13 août <708. Souvent l'essaim des folâtres amours.... Donne aux bandeaux une grice piquante, Un air galant à la guimpe flottante, oresset, Vert-Vert, 1. 1| Absolument. La guimpe, voile de sainte Agathe conservé à Catane. || 2° Terme de toilette de femmes. Espèce de fichu, ou chemisette en mousseline, en tulle ou étoffe fine, généralement froncé ou plissé, qui se met avec les robes décolletées et qui monte jusqu'au cou. || Robe en guimpe, robe à corsage froncé et montant.
— REM. Chateaubriand a employé guimple en termes de moyen âge : Si le chevalier voulait rester inconnu, il couvrait son écu d'une guimple plus blanche que fleur de lys. Génie, iv, v, 4.
— HIST. ziu' s. Sans guimple [la dame] estoit echevelée. Et nu piez fut par la rosée, Lai del Désiré. Si fu [Honte] humilians et simple, Ele ot ung voile en leu de gimple, Aussinc cum nonnain d'abele, la Rose, 3574. Il ivi* s. C'estoit plaisir; car l'une en cotte simple Lors se despoille, et l'autre met sa guymple Dessus son chef, pour avoir meilleur grâce.... i. ma- HOT, v, 242. Défenses à tous tireurs d'or et d'argent, et à tous autres, de quelque qualité et condition qu'ils soient, de vendre aucunes guimpes, et autres ouvrages d'or et d'argent traict, entremeslez de faux et de fin, Ordonn. tireurs et batteurs d'or, etc. 4 686.
— ETYM. Ane. h. allem. vimpal, habit d'été; angl. wimple, voile de femme.
t GUIMPfi, ÉE (ghin-pé, pée), part, passé de guimper. Couvert d'une guimpe. || Terme de menuisier. Doucine guimpée ou, substantivement, guimpée, celle dont la baguette est plus élevée que le bas du devant du talon ou bouvement. On trouve aussi doucine guimbée.
f GUIMPER (ghin-pé), v. a. Ancien terme familier. Faire prendre la guimpe. Mettre au couvent une femme. Que ne la guimpez-vous? hauteroche. Bourg, de quai, dans le roux, Dict. comique.
— HIST. xn* s. Hieu entrad en Israël ; cume Jezabel le sout [sut] que il i vint, bien se acesmad [para], e bel se guimplad, Rois, p. 378.
t GUINCHE (ghin-ch'), t. f. Outil pour polir le talon d'un soulier.
f GUINDA (ghin-da), (. m. Synonyme de guikde. Guinda est une altération de prononciation de guindeau.
GUINDAGE (ghin-da-j"), ». m. \\ 1* Action d'élever les fardeaux au moyen d'une machine. || 2° Terme de marine. Action de guinder un mât; espace parcouru par le mât guindé. || Frais de guindage, ce que l'on paye pour décharger un bâtiment. || Équipage nécessaire pour guinder. Et le dommage arrivé aux marchandises pour n'avoir pas.... fourni de bons guindages et cordages, ou autrement, sont avaries simples qui tomberont sur le maître, le navire et le fret. Ordonnance, août ««81 .
— ETYM. Guinder.
t GUINDAL (ghin-dal), ». m. Terme de marine. Machine pour hisser les fardeaux qu'on doit embarquer.
— HIST. xii* s. Les uns s'efforcent au vuindas. Roman de Brut, ms. ^ 85, dans lacurne.
— ETYM. Guinder.
GUINDANT (ghin-dan), ». m. Terme de marine. l.a hauteur d'un pavillon du côté où il est attaché, par opposition à sa longueur, qu'on nomme le battant. || Synonyme de guindage, en parlant de la distance entre les poulies des palans destinés à soulever un fardeau.
— ETYM. Guinder.
t GUINDE (ghin-d'), ». f. || !• Nom d'une petite presse à moulinet et sans vis, dont se servent les tondeurs de draps. || On dit aussi guinda. Il 2° Terme de marine. Machine à poulie pour élever de gros fardeaux.
GUINDÉ, ÉE (ghin-<lé, ée), part, possède guinder. Il 1° Hissé, porté en haut à l'aide de machines. Sinon il consentait d'être en place publique Guindé la hart au col, étranglé court et net, la font. Fabl. vi, I ». Il Par extension. Dans quelque rang qu'il soit des mortels regardé. Je le [Jupiter] tiendrais fort misérable, S'il ne quittait jamais sa mine redoutable Et qu'au faite des cieuz il fût toujours guindé, mol. Amph. Pro{. Il 2* Fig. Qui a un caractère factice d'élévation, et comme si une machine avait contriliué à cette élévation. Les vers d'Horace [tragédie de Corneille] ont quelque chose de moins guindé, corn. Ex. de Cinna. Vous me dépeignez fort bien ce bel esprit guindé ; je ne l'aimerais pas mieux que vous ; mais je ne serais point étonnée que le comte de Guicbe s'en accommodât, stv. Lett. t avril
4 672. II était guindé dans toutes sas allures, ramilt. Gromm. 7. Dufresne |un acteur] n'était nullement fait pour les rAles de dignité et de force; je l'ai vu guindé dans Alhalie, quand il faisait le grand prêtre, VOLT. Lett. d'Argental, 4 7janv. 4 742. Elles [des dames anglaises] étaient guindées et froides, prenaient du thé, faisaient un grand bruit avec leurs éventails, ne disaient met, ou criaient toutes à la fois pour médire de leur prochain, m. Mél. littér. Lett. à Jf ***. Un goût factice et guindé qui n'est plus que l'ouvrage de la mode, i. t. rouss. Ilél. VI, 5. Que d'orateurs guindés qui se disent profonds, Se tourmentent sans lin pour enfanter des sons! GILB. Le XVIII* ». Il II est toujours guindé, il a l'air contraint, il veut paraître toujours grave. Il n'a rien de vrai, ni de naturel, il est guindé, et outré en tout, FËNEL. Dial. des morts anc. Dial. 24. Il 8* Terme de manège. Être guindé à cheval, s'y tenir ralde, dans une position gênée et avec affectation, f GUINDEAU (ghin-dé), ». m. Terme de marine. Grand treuil, par opposition à vireveau, petit treuil.
— ETYM. Voy. GUINDER.
GUINDER (ghin-dé), v. a. || 1* Lever en haut par le moyen d'une machine. Nous admirâmes les peines qu'ils [les ennemis] eurent i guinder leur canon si haut, ST-siM. 40, 220. Il [le roi d'Eldorado] donna l'ordre sur-le-champ â ses ingénieurs de fajra une machine pour guinder ces deux hommes extraordinaires hors du royaume [il s'agit de franchir des montagnes droites comme des murailles qui entourent Eldorado], volt. Candide, 48. Vous avei beau dire et beau faire, Charles Quint n'a jamais brûlé de Luthériens à petit feu; on ne les a pas guindés au haut d'une perche en sa présence, pour les descendre à plusieurs reprises dans le bûcher, ID. Lett. Gaillard, 28 avril 47«B. || Terme de marine. Synonyme de hisser, en parlant d'un mât. Il Par extension. Nous le [Condillac] mènerions aux Délices, et de là nous le guinderions par le mont Cenis à Turin, volt. Lett. Urne de Fontaine, 2« janv. 4 7K8. Il Fig. Il est quelques esprits dont l'orgueil curieux Jusques à mes secrets les plus mystérieux Tâche à guinder l'essor de leur intelligence, corn. Imit. m, 4. Les machines qui l'avaient guindé si haut par l'applaudissement et les éloges, sont encore toutes dressées pour le faire tomber dans la dernier mépris, la bruv. viii. Les échasses de l'étiquette Cuindent bien haut des cœurs bien bas, bérano. Vertu de Lit. || 2" Fig. Donner une élévation factice. Guinder son style. Se guinder l'esprit. Il ne faut pas guinder l'esprit; les manières tendues et pénibles le remplissent d'une sotte présomption, PASC. Géométr. 11. Ils font voir par là que la vertu ne leur est guère naturelle, et qu'il leur a fallu de grands efforts pour guinder leurs âmes jusques à l'état où ils sont .«i fiers de se faire voir, NiœLE, Essais, t. III, p. 4 40, dans pougkns. Vous avez guindé la sculpture, bErang. Poutre» amours. Il 8* Se guinder, v. réfl. Se hisser soi-même, se porter à un lieu plus élevé. Les uns se soulevaient euxmêmes, les autres se guindaient avec des cordes, VAiiGEL. Q. C. vil, II. Il Par extension. Et se guinda, quittant la terre, Vers la région du tonnerre, scarr. Gigantom. 11. Nous grimpons à son ciniuièmeétage et par une échelle nous nous ^-uindons à un sixième qui était un cabinet ouvert à tous les vents, monte»o. Lett. pers. 45 || Terme de fauconnerie. Se guinder, se dit d'un oiseau qui s'élève à j)erte de vue. || 4° Fig. Prendre des airs de grandeur. C'est vraiment une plaisante chose à voir que cette cour [de Bonaparte], et comme tout cela se guindé peu à peu . p. l. coue. Lett. i, 4 25. H Affecter trop d'élévation dans les cho- .ses morales, dans les choses d'esprit. Je trouve qu'il est bien plus aisé de se guinder sur de grands sentiments, de braver en vers la fortune, accuser les destins et dire des injures aux hommes, que d'entrer comme il faut dans le ridicule des hommes, MOL. Critique, 7. Toutes les fois qu'on se veut guinder au-dessus des nues, on s'y perd, ou, pour parler plus simplement, on manque de pncision et da justesse, Boss. i'». (forais. 11, I4. On n'a pas été plus indulgent pour Callistbène, qui, en certains endroits de ses écrits, ne s'élève pas proprement, mais sa guindé si haut qu'on le perd de vue, boil. Iongin, Sublime, chap. 2. Il n'était pas comme les rois de l'Inde, Qu'on ne voit point, qui craignent le grand jour, Et dont la majesté sur la terreur se guindé, la- MOTTE, dans deskontaines. Il est nlus facile de prendre l'essor et de se guindpr S'iT de grands sentiments, que d'attraper une plaisanterie fine et délicate, LESAGE, Diableboit. <4. Il vaut mieux écrira froidement que de se guinder, vadven. Dial. Isocrote, Dimoslk. Ceux qui pensent peu, s'occupanl
GUI
beaucoup des mots el cherchant des expressions tx- Iraordinaires, sont sujets à se guinder au delà du naturel, et donnent dans le ridicule et dans le phé-
bus, LA HAHPE, COTTeSp. t. II, p. 308, dans POUGENS.
— HIST. XVI* s. Le prince despité.... encore» qu'il vist ses navires desguarnis d'hommes, fit guinder, se met aux trousses de Lansac... d'aub. Ilist. ii, 30o. Pour faire un corp^ bien espagnole, quelle géhenne ne souffrent -elles [les femmes] , guindées et cenglées, à tout de grosses coches sur les costez, jusques à la chair vifve? mont, i, 308.
— ÊTYM. Wallon , waini, guinder, monter un cric; espagn. et portug. guindare; ital. ghxndare; de l'anc. h. allem. voindan; angl. to wiud, hisser.
t GUINDERESSE (ghin-de-rè-s'), s. f. Terme de marine. Gros cordage employé à cîilerles mâts.
— ÊTYM. Guinder.
t GUINDERIE (ghin-de-rie), s. f. État d'une personne guindée. Sa naïveté et sa jolie petite figure nous délassent de la guinderie de mademoiselle Duplessis, sÉv. 242.
tGUINDRE (ghin-dr'), s. m. Petit métier pour doubler les soies, après qu'elles ont été filées.
— ÊTYM. Guinder.
GUINÉE (ghi-née) , ï. f. || 1° Ancienne monnaie d'or anglaise qui valait vingt et un schellings ou vingt-six francs cinquante centimes. On trouva enfin de l'or sur les côtes de Guinée, mais en petite quantité, sous le roi Jean II [de Portugal] ; c'est de là qu'on donna depuis le nom de guinées aux monnaies que les Anglais firent frapper avec l'or qu'ils trouvèrent dans le même pays, volt. Mœurs, 14«. Le grand point est d'avoir beaucoup d'argent, les Anglais ne réussissent qu'avec des guinées, et un crédit qui les décuple, lo. Lett. Choiseul, 13 juillet 1761. Il Demi-guinée, monnaie d'or d'Angleterre valant 10 shellings, 6 pence, ou )3 fr. 2* c. Il î" Sorte de toile bleue de coton. || 3° Terme de commerce. Cuir préparé, buffie.
— ÊTYM. Angl. Guinea, nom d'un pays d'Afrique, à cause que Charles II fit frapper les premières guinées avec de l'or venu de ce pays. Quant à la guinée, toile, elle est dite ainsi parce qu'elle sert au trafic avec les nègres.
t GUINETTE (ghi-nè-t'),». ^ Nom donné ancienijement à la pintade, parce qu'elle venait de la Guinée ; d'où elle est appelée aussi poule de Guinée,
LEGOABANT.
t GCINGAN (ghin-gan), s. m. || 1" Étoffe de coton, fine et employée souvent à faire des robes de femme. Il a° Toile de coton blanche de l'Inde. Une centaine de balles de mouchoirs, de pagnes et de guingans, d'un très-beau rouge, que les Malabares fabriquent à Gaffanapatnam , où ils sont établis depuis trèslonglemps, raynal, Hist. phil. ii, <5.
— ÊTYM. Guingamp, ville de Bretagne où il y a des fabriques de tissus.
GUINGOIS (ghin-goî), s. m. || 1° Travers, ce qui n'est point droit, ce qui n'a point la figure qu'il devrait avoir. Il y a du guingois dans cette construction. Il Fig. Il y a du guingois dans cet esprit-là. |l 2° De guinguois, loc. adv. De travei^. Cela est tout de guingois. Il Fig. Avoir l'esprit de guingois. Une chaise qu'on va rompre, une cérémonie de guingois, sêv. 4 35.
— iilST. XVI' s. Il vous fault mettre le bonnet à gyngoys, palsgr. p. 83).
— ÊTYM. Génev. de guinguoine ; picard, guingoin; Berry, gimboise : ce soliveau est tout de gimboise, et aussi de gingois. Étymologie incertaine. Lamonnoye le suppose dit pour guignais, du verbe guigner, regarder du coin de l'oeil. Diez le tire de l'ancien Scandinave kingr, flexion; guingois aurait été dit, par assimilation avec l'autre g, pour quingois; cela est vraisemblable.
t GUINGUENASSE (ghin-ghe-na-s"), ». f. Terme de pêche. Espèce de filet.
■j- GUItuGUET (guin-ghè), s. m. Camelot léger, uni et rayé de différentes couleurs (Amiens).
t . GUINGUETTE (ghi-ghè-f) ,s.f.\\l° Nom qu'on donne aux cabarets des environs de Paris et d'autres villes, et où le peuple va boire et se rejouir les jours de fête. Vois-tu près de la guinguette Folâtrer dessus l'herbette Venus avec les amours? ihaulieu, lu cheval, de Bouillon, 1704. Ces gentils compagnons Oui les fêtes, à la guinguette, Régalant facile griselte Avec trois maudits violons, Pour Toinon, NicoUeou Pérette X bon marché fimt des chansons, hamilt. Lett. à M. de Mimeure, datée île Sceaux, (•' juillet )705. Moi, madame, je n'ai point d'amant, mais on en trouve à la guinguette. — La veuve: Un amant de guinguette, la jolie chose! DANCOURT, Impr. de Surène, se. <5. On ne voit point, dans les faubourgs ni hors des murs, ces
GCI
guinguettes où nos artisans et le bas peuple vont oublier leurs travaux et se livrer à une joie franche, sans souci pour le lendemain, ni'ci.os, Voy. Ital. CEuv. t. VII, p. 94, dans poi gens. Nos promenades tête à tête hors de la ville où je dépensais magnifiquement huit ou dix sols à quelque guinguette, j. J. Bouss. Confess. viii. Deux poètes de l'ancien opéra-comique, dont le génie était la gaieté, et qui n'étaient jamais si bien en verve que sous la treille de la guinguette, marmontri,, Mim. vi. jj J° Petite maison de campagne. Personne ne pouvait comprendre une dépense si prodigieuse pour une simple guinguette, puisque une maison sans terres, sans revenus, sans seigneurie ne peut avoir d'autre nom, ST-siM. 311, (OS. J'ai vu le Skellendorf; il a dîné dans ma guinguette, volt. Lett. Algarotti, tb août 1 760. X ce jardin était jointe une guinguette assez jolie qu'on meubla, j. j. rouss. Conf. v. |{ On a dit une maison guinguette. Cet homme était retiré à Auteuil; le malade a emprunté une maison guinguette que Samuel Bernard a dans ce village, barbier, Journ, hist. du règne de Louis XV, p. 350. Il 3" Il s'est dit autrefois pour grisotte. Il faudra que je m'en retourne à pied, comme une guinguette qui vient de souper en ville. Le ballet des 24 heures (1722), se. 8, dans fh. michel. Argot.
— ÊTYM. Génin, Ricréat. t. ii, p. U5, le tire de gigue, lieu où l'on remue la gigue, où l'on danse. Il parait plutôt venir de guinguet ou ginguet (voy. GiNGUET) qui s'est dit d'un petit vin : lieu où l'on vend du petit vin.
t 2. GUINGUETTE (ghin-ghè-f), s. f. Espèce de voiture découverte à deux roues, que l'on a depuis nommée un phaéton.
— ÊTYM. Sans doute ginguet.
t 3. GUINGUETTE (ghin-ghè-f), *. f. Pipe à petit godet.
t4. GUINGUETTE (ghin-ghè-f), s. f. Jeu de la guinguette, espèce de jeu de cartes. Guinguette se dit, au jeu qui porte ce nom, de la dame de carreau. Il Se dit aussi, au jeu de l'hombre, du coup par lequel l'hombre gagne sans as noir.
t 5. GUINGUETTE (ghin-ghè-f), s. f. Terme de commerce. Sorte de toile d'étoupe de lin. Guinguettes, chaîne brin de chanvre, trame brin de chanvre, largeur t/2 aune et </2 seize, Tabl. annexé aux lett. pat. du 30 sept. 1680, Tours.
t GUINOT (ghi-no), s. m. Un des noms vulgaires du pinson.
t GUIORER (ghi-o-ré), v. n. Se dit du cri de la souris.
t GUIPÉ, ÉE (ghi-pé, pée), part, passé de guiper. Frange guipée. ||S. m. Le guipé, certain dessin de dentelle tracé sur le vélin.
t GUIPER (ghi-pé), V. a. Terme de métier. Guiper la frange, faire des franges torses, comme font les passementiers et les rubaniers, en les attachant d'un côté et les tordant de l'autre, avec l'instrument qui se nomme guipoir. || Imiter sur le vélin, ou par une broderie, la dentelle appelée guipure.
— ÊTYM. Goth. vaipan, orner de guirlandes; ou, mieux, en raison du sens, l'anc. h. allem. tDëban, tisser; allem. mod. wcben.
f GUIPOIR (ghi-poir). s. m. Terme de passementerie. Outil pour guiper, pour faire des torsades.
— ÊTYM. Guiper.
t GUIPON (ghi-pon), ». m. Terme de marine. Gros pinceau formé de morceaux d'étoffe de laine, avec lequel les calfata étendent le brai. || Terme de tanneur. Linge au bout d'un bâton pour mettre les peaux en chaux.
— ÊTYM. C'est peut-être une ancienne forme pour jupon, qui s'est dit en effet gipon. Mais Jal le tire de l'angl. to wipe, essuyer, nettoyer.
GUIPURE (ghi-pu-r'), s. f. Espèce de dentelle dans laquelle il n'y a pas de fond ; le dessin est fait par des brins très-fins de soie ou de fil entrelacés de façon à former de petits bâtons réunis sous toutes sortes de formes. Je voudrais bien qu'on fit de la coquetterie Comme de la guipure et de la broderie, MOL. Éc. des mar. ii, 9. Dentelles de soie et de guipures, venant de Flandres, Angleterre et autres lieux, la livre pesant.... 8 livres. Tarif du ts avril 1667.
— ÊTYM. Guiper.
GUIRLANDE (ghir-lan-d'), s. f. || 1* Arrangement de fleurs, de feuilles ou d'objets servant d'ornement, formant une chaîne flexible et pouvant s'enrouler, se suspendre selon le besoin ou le goût des personnes. L'amour paraît de l'autre [côté], entouré de délices ; Et la guirlande qu'il me tend Éclate sur des précipices, tristan, M. de Chrispe, II, I. Qu'on vous couronne de fleurs, qu'on vousl compose des guirlandes; ces fleurs ne seront bonnes j
GUI
19Gt
qu'à sécher iur votre tombeau, fléch. Duch. de Mont. Aux autels d'Apollon suspendez vos guirlandes, m. J. CHÉN. (Èdipe-roi, iv, i.|| 8» Choses qui par leur disposition imitent des festons, des guirlandes. Une guirlande de pierreries, de diamants. Il 3° Ornements de feuillage ou de fleurs peints ou sculptés. || Petite bande de métal façonnée, qui orne les bords d'une trompette et d'un cor. Il 4° Fig. Terme de littérature. Choix de petites pièces de poésie. Une guirlande poétique. || B° Terme de marine. Se dit des pièces de bois placées horizontalement dans l'intérieur d'un bâtiment pour relier les membrures. || Amarrage fait pour retenir le congréage d'un cordage.
— iilST. XVI' s. Le ciel ravi, qui si belle la voit, Roses et liz et guirlandes pleuvoit, bons. 60.
— ÊTYM. Provenç. garlanda, guarlanda, guirlanda; espagn. guirnalda; portug. pui'r/anda;ital. ghirlanda. Origine douteuse. Le moy. h. allem. wierelen, border (anc. h. allem. tciara, couronne), n'est pas sans probabilité, avec le même suffixe que dans girande, girandole, mais sans autre communauté étymologique avec ces mots, puisqu'il faut une l dans le primitif, quel qu'il soiL II y avait dans la place Haubert, à Paris, un lieu (|ui s'appelait garlende {Liv. des met. 3(1), et, à côté, une rue dite guellande, et plus lard galande; c'est très-probablement une ancienne forme de guirlande, comme on le voit par les mots galandage, garlandage.
t GUIRLANDER (ghir-lan-dé), V. a. Orner de guirlandes. Durant quatre mortelles heures nous n'aperçûmes que des bruyères guirlandées de bois, des friches à peine écrétées, des semences de blé' noir et d'indigentes avenières, chateadb. dans le Dict. de DociiEz.
— HIST. XVI' s. Guirlande, cotgrave.
t GUISARD (gui-zar; «t comme dans hutte), ». m. Partisan du duc de Guise, dans la lutte de ce duc contre Henri III ; ligueur.
t GUISARME (ghi-zar-m'), ». f. Sorte d'arme de guerre dans le moyen âge; c'était une hache i deux tranchants.
— ÊTYM. Prov. jusarma, gusarma; anc. esp. bisarma; ital. giusarma. Origine inconnue.
<. GUISE (ghi-z'), ». f. Manière, façon, goût, fantaisie. Il forme une vertu couime il plaît à sa guise, RÉGNIER, Sat. v. Le lion dar, ■ sa tête avait une entreprise : Il tint conseil de guc.re, envoya ses prévôts; Fit avertir les animaux: Tous furent du dessein, chacun selon sa guise, la font. Fabl. v, l». Le sage l'aura fait [un éléphant de pierre] par tel art et de guise Qu'on le pourra porter peut-être quatre pas, 10. Fabl. x, (4. Faisant gagner marchands de toutes guises, id. Faucon. Le lendemain notre amant se déguise, Et s'enfarine en vrai garçon meunier. Un faux menton, barbe d'étrange guise, Mieux ne pouvait se métamorphoser, tD. Mandrag. Simple, jeunette et d'assez bonne guise, m. Fais. Les poètes font à leur guise, mol. Àmph. Prol. || En guise de, loc. adv. k la façon de, en manière de, à la place de. Son prisonnier à son côté en guise de limier, scabh. Rom. corn, i, 13. Ce serait même une fête à donner à la cour, en guise de feu d'artifice, volt. Lett. d'Argental, i" janvier (771. || A guise de, à la manière de. Il passe le tronçon de la sienne [épée] en la main gauche, à guise d'un poignard, cobn. Clit. argum.
— HIST. XI' s. [Il] Vait le ferir en guise de baron, Ch. de Roi. xcii. Par nule guise ne m'aviez desfié, ib. cxLvii. Il XII' s. Quant il ont en bataille fiché leur ostendart, Ne se maintiennent mie à guise de couart, Sax. xn. [Soyez] Apresté d'ostoyer [aller en guerre] chascuns selon sa guise, ib. xxiii || xiii' s. Là me souvint des gens de maie guise Qui m'ont mis sus mensonge à escient, ouesnes, jtomani;. p. 89. Et il fu voir que Assur, fil Sem le fil Noé, avoit comencié en celui païs une cité, mais li rois Ninus l'acompli, et estera de grant guise, et en fist le chief de son règne, et por le non de lui est appelée Ninive, brdn. lat. Très. p. 32. X guise de cheval que on a enfrené, Berte, xv. Si avint qu'il vit, outre un grant fossé, un fouc [foule] de paysans armés ^ la guise du pays, Chr. de Rains, 219. Car la vertu n'est mie mendre [moindre] De bien garder et de deffendre Les choses, quant el sunt acquises. Que del aquerre en quelques guises, la Rose, 8304. Cil bien sunt tien à droite guise, t6. 5362. |! xiv» s. Touz biens ne sont pas d'une meisme espèce ne d'une guise, obesme, Elh. vi. || xV s. Et fit son département en guise de moine, et ainsi habillé s'en alla, monstrfl. il, 155. Et fit parler aux Vénitiens de les mettre à rançon aux guises de France ; mais ils dirent que ce n'estoit pas leur usance, Bouciq. n, 29. Il ivi' s. Tant de villes, tant de guises, coTOBAvm.