‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 329 sur 388 · GYN · texte numérisé non relu

GYN

GYNÉCOCRATIB Qi-né-ko-kra-sie), *. f. || !• État où les femmes peuvent gouverner. L'Angleterre est une gynécocratie. {j 2" Empire composé de femmes. Les prétendues amazones offrent une gynécocratie. Il 8' Par extension, réunion composée de femmes, où les femmes régnent. La présence des hommes jette une espèce de contrainte dans cette petite gynécocratie, J. i. rouss. Hél. u, a.

— HlST. XVI* s. Quittez ceste vaine espérance de gynécocratie [en France], Sat. Min. Harangue de llo%e.

— ÊTYM. TuvT), ïuvaixô;, femme, et xpaTtilv, commander.

GYNÉCOCRATIQDE (ji-né-ko-kra-ti-k'), adj. Qui a rapport à la gynécocratie.

t GYNÉCOGRAPHIE (ji-né-ko-gra-fle), ». f. Synonyme de gynécologie.

— ÉTYM. r\jvi\,y\iy!Lif.oi, femme.etf piçtiv,décrire. t GYNÉCOLOGIE (ji-né-ko-lo-jie), ». f. Terme didactique. Histoire de la femme.

— ÊTYM. ruvTi,-fuvaixà; , femme, et )6fo;, traité. t GYNÉCOLOGISTE (ji-né-ko-lo-ji-st) , s. m.

Médecin qui s'occupe des maladies des femmes, des acceuchements.

t GYNÉCOMASTE (ji-né-ko-ma-sf), ». m. Terme d'anatomie. Homme dont les mamelles sont aussi volumineuses que celles d'une femme.

— ÉTYM. ruv:^,Yuvatxo;,femme, et |iasTà«, mamelle.

t GYNOBA.SE (ji-no-ba-z'), s. m. Terme de botanique. Base renflée d'un style unique, surmontant les loges d'un ovaire divisé; exemple : les labiées.

— ÊTYM. Gyno..., et base.

t GYNOBASIQUE (ji-no-ba-zi-k'), adj. Terme de botanique. Qui naît à la base de l'ovaire; qui est muni d'un gynobase. Fruits gynobasiques.

+ GYNOPUORE (ji-no-fo-r'), ». m. Terme de botanique. Support né du réceplable de la fleur et qui ne contient que les organes femelles.

— ÊTYM. Gyno...., et çopo;, qui porte.

t GYNOPHORÉ, EE (ji-no-fo-ré, rée), adj. Terme de botanique. Qui constitue un gynophore. Réceptacle gynophoré.

t GYNOPUORIEN, lEN-NE qi-no-fo-riin, riè-n'), adj. Terme de botanique. Qui naît sur un gynophore. Style gynophorien.

t GYNOPHÔROÏDE (ji-no-fo-ro-i-d'), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à un gynophore. Nectaire gynophoroïde.

— ÉTYM. Gynophore, et el6o;, forme.

t GYNOPODE (ji-no-po-d'), s. m. Terme de botanique. Synonyme de podogyne.

— ÉTYM. Gynn...., et toû;, itoôoç, pied.

t GYNOSTÈME Qi-no-stè-m'), ». m. Terme de botanique. Partie de la fleur des plantes orchidées qui porte les étamines et le stigmate.

— ÊTYM. Gyno...., etotri|jLa)v, filet, étamine.

t GYPAÈTE (ji-pa-è-f) , ». m. Terme de zoologie. Espèce d'oiseau de proie intermédiaire entre le vautour et le faucon.

— ÉTYM. rOij/, loiitoî, vautour, et àeTè;, aigle. GYPSE (ji-ps'j, ». m. La pierre à plâtre, ou sulfate

de chaux, qui e.st appelé plâtre lorsqu'il est déshydraté par la calcinatiou et pulvérisé. J'avertis que j'appelle gypse ce que les nomenclateurs ont nommé sélénite, buff. Jfin. t. ii, p. 64. Les principaux dépôts chimiques du sol secondaire sont les silex et les gypses : les silex, qui doivent incontestablement leur origine à des dissolutions d'hydrate de silice; les gypses, qui ont été précipités par la réaction exercée sur le chlorure de calcium de la mer, soit par des combinaisons sulfureuses, soit plutôt par du sulfate de magnésie, l. cordier, /Icad. des se. Comptes rend. t. uv, p. 297. || Gypse cunéiforme, gypse en fer de lance, sélénite.

— HlST. xvi's. lime nommalegif etl'alebastre.... quand ils sont calcinez, ce n'est autre chose que piastre.... palissy, 233.

— ÉTYM. Génev. ffy ou gi; de yv^oi;, plfttre. GYPSEDX, EUSE (ji-pseû, pseù-z'), ad;. Qui est

de la nature du gypse. Les matières gypseuses ne demandent pas, pour se calciner, autant de feu que les matières calcaires, buff. Hist. min. introd. Œuv. t. VI, p. 421.

— HIST. XVI' 3. Le 4« phlegme est dit gipseui, k cause qu'il adhère et s'amasse tout ainsi que du

GYR

piastre, cotnme appert es jointures des doigts, et aux poulmons, pabé, Introd. ». Les eaux gypseusos, ou njrans la nature de la craye, ID. xxv, 41.

t GYI'SIFEKK (ji-psi-fêr'), adj. Terme de minéralogie. Oui contient du gypse.

— ETYM. Gypse, et le lat. ferre, porter.

+ GYPSOPIIILE (ji-pso-fi-1'), adj. Terme de botanique. Oui aimo les terrains gypseui. || S. f. pi. Genre de la famille des caryophyllées.

— f.TYM. Gypse, et fùoi, qui aime.

•f GYRASOL (ji-ra-sol), ». m. Voy. giraeol. •f GYBATION (ji-ra-sion), s. f. Voy. GlRAxmN. GYRATOIRE (ji-ra-toi-r') , adj. Voy. oihatoihe. t GYRATRICE (j i-ra-tri-s'), adj. La colombe gyratrice, voy. tiimiu.kr.

— ÊTYM. Lat. gyrare, tourner.

+ GYB1N (ji-rin), j. m. Termede zoologie. Insecte coléoptère nommé aussi tourniquet ou puce aquatique. Il Têtard, petite grenouille.

GYR

— ÉTYM. Tupivoc, têtard, oe ipipoç, cercle, boule, t GYROCARPE (ji-ro-lcar-p"), t. m. Terme de

liotanique. Genre de plantes à fleurs polycarpes. Gyrocarpe d'Amérique, bel arbre très-élevé.

— Ktym ropo;, cercle, et xopnèç, fruit. GYBOMANXIE (j i-ro-man-sie) , ». f. Divination

qui se pratiquait en marchant en rond.

— ËTYM. rOpo(, cercle, rond, et (lavctCa, divination.

t GYROMANCIEN (ji-ro-man-siin), ». m. Celui qui pratique la gyromancie.

t GYROME fji-ro-m') , ». m. Terme de botanique. Kéceptacle orbiculaire des organes reproducteur» de certains lichens. || Anneau élastique qui entoure le plus souvent les fructifications des fougères.

— ETYM. rOpo)|jia, ceinture.

t GYROPIIORE (ji-ro-fo-r'), ». m. Terme de botanique. Genre de lichens qui offre des sculelles ou gyromcs.

GYR

— Etym. ropoc, cercle, et »op4<, qui porta.

t GYRO.SCOPE (ji-ro-sko-p'), ». m. Appareil imaginé par M. Foucault en 4862, pour démontrer, comme il l'avait démontrée par le pendule, la rotation du globe terrestre.

— Etym. Tûpo;, cercle, et axonilv, examiner.

t GYROSELLE (ji-ro-zè-l-) , ». f. Jolie petite plante k fleurs roses, dodecatheon meadia, L. (primulacéesj .

GYROVAGDE (j'-ro-va-gh"), ». m. Nom donné, dans les premiers temps de l'établi-ssement du monachisme, à des moines qui passaient leur vie à courir de province en province, de cellule en cellule, ne restant que trois ou quatre jours dans le même endroit, et vivant d'aumAnes. On les nommait au^si messaliens. || II se dit quelquefois aujourd'hui |>our vagabond.

— Etym. rûpoi; , cercle , et le lat. vayari , errer.

lUR

H (a-ch"), ». f. ou, suivant l'épellation nouvelle H (he), ». m. La huitième lettre de l'alphabet. Une grande H. Une petite h. \\ Dans la prononciation, h s'aspire ou est muette. H muette ne se prononce pas: habile, huître, etc. dites: abile, ultre etc. H initiale aspirée se prononce et empêche religion des voyelles ou la liaison des consonnes,», (, etc. avec la voyelle qui suit. Ainsi on écrit et on prononce : le hasard, la haine, belle harangue, etc. Devant les noms féminins qui commencent par une h aspirée, l'adjectif possessif ne prend jamais la forme du masculin : ma haine, ta hauteur, sa honte. Je n'aime pas les h aspirées, cela fait mal à la poitrine, je suis pour l'euphonie ; on disait autrefois je hésite, et à présent on dit j'hésite ; on est fou d'Henri IV, et non plus de Henri IV, volt. Lett. Bordes, 40 juillet 4 7G7. Cette boutade de VoUaice n'est qu'un caprice individuel, l'aspiration est un son qui ne mérite aucune condamnation et qui se trouve dans les langues les plus harmonieuses. Aujourd'hui, surtout à Paris, beaucoup n'aspirent pas Vh et se contentent de marquer l'hiatus : le éros, la onte, etc. ; mais, dans plusieurs provinces, la Normandie entre autres, l'aspiration est très-nettement conservée, et cela vaut mieux. || H placée au milieu d'un mot composé est aspirée quand le mot qui entre en composition a, d origine, une h aspirée : aheurter, enhardir etc.; mais elle n'est pas aspirée dans cohue, cohorte, etc. || Quand h est après un ( ou une r, ce qui n'arrive que dans les mots tirés du grec, elle est muette : théologie, rhéteur, rhythme, etc. dites : téologie, réteur, ritme. || H précédée d'un c rend un son particulier et simple, qui pourrait être figuré par une seule lettre, et qui correspond au »h des Anglais et au sch des Allemands: chose, chute, cacher, etc. || Mais h également précédée d'un c forme une articulation équivalente à k dans plusieurs mots dérivés du grec, de l'hébreu ou de l'arabe : chaos, archange, etc. dites : kaos, arkange, etc. || H, précédée de p, forme une articulation équivalente à f : philosophie , Joseph, dites : filosofic, josef. || H, sur les anciennes monnaies de France, indique qu'elles ont été frappées à la Rochelle. || H surmontée d'une couronne indique une pièce frappée sous Henri III et sous Henri IV. || En chimie, H désigne l'hydrogène. Il En musique , H chez les Allemands désigne le »i.

— IllST. xni* s. Après vous conterai de l'ache. Qui par dessous d'un pié se lace; Li uns dit ache, l'autre ha ; Sans mouvoir langue dit ou : ha, Sene- (iance de i'ABC, dans jubinal, t. ii, p. 178.

— JÉTYM. H latin, H grec, helh phénicien. Le sens et la forme de helh, J], sont d'accord pour signifier une haie, une clôture; le signe hiéroglyphique de la haie est devenu le caractère de tous les mots commençant par le même son.

IIA (ha)! interj. qui exprime la surprise et quelquefois le soulagement. Hal bal monsieur est Persan ; c'est une chose bien extraordinaire ; comment peut-on être Persan? montesq. Lett. pers. 30. U S. m. Pour de l'esprit, j'en ai, sans doute, et

du bon go6t.... X faire aux nouveautés dont je suis idolâtre. Figure de savant sur les bancs du théâtre, Y décider en chef, et faire du fracas X tous les beaux endroits qui méritent des bas, mol. Mis. m, I. Le roi fit un grand hal comme un homme oppressé et qui tout d'un coup respire, st-sim. 04, 246. Il Terme de chasse. Ha, hai ou hahé, et aussi hal tout bellement, cri pour arrêter les chiens lorsciu'il y a du change ou qu'ils s'emportent trop.

— REM. Dans les exemples suivants de Molière, les éditions portent les unes ho.' et les autres ah! Hal hal coquins, vous avez l'audace d'aller sur nos brisées! mol. Préc. te. Hal hal hal cela est drôle, ID. Imprompt. S.

f IIABEAS CORPUS (a-bé-as' kor-pus') , ». m. Terme de législation anglaise. Bill d'habeas corpus, loi rendue en mai («79, sous le règne de Charles II, en vertu de laquelle toute parsonne emprisonnée peut s'adresser au lord chancelier ou à l'un des douze grands juges d'Angleterre pour en obtenir un writ ou bref d'habeas corpus; tout ami du prisonnier a le même droit. Le writ d'habeas corpus ordonne au geôlier d'amener le corps du prisonnier devant le juge, et de certifier par qui et pourquoi il a été mis en prison; et le juge à son tour est obligé de mettre le prisonnier en liberté ou de l'admettre à donner caution, s'il n'est détenu pour cas de trahison ou de félonie, spécialement exprimé dans le mandat d'arrêt. I| Suspension du bill d'habeas corpus, bill qui suspend momentanément la loi relative à l'habeas corpus.

— ETYM. X.at. habeas corpus, que tu aies ton corps, ta personne.

t HABENAIRE (a-be-nê-r") , ». f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des orchidées.

— ETYM. X.at. habena, rêne.

HABILE (a-bi-l'), adj. \\ 1° Dispos, apte à agir, expéditif (ce qui est le sens propre). Ce copiste est habile, il aura bientôt fini. Mais demain, du matin, il vous faut être habile X vider de céans jusqu'au moindre ustensile, mol. Tari, v, 4. || Adverbialement. Habile, habile! dcpêchez-vous. || 8° Par extension, en termes de jurisprudence, qui a la capacité, le droit de faire une chose Être haijile à succéder. Il Fig. et familièrement. Être habile à succéder, être vif et alerte pour ses intérêts. || Habile à se porter héritier, se dit de l'héritier présomptif. Il 8* Fig. Oui sait faire, capable d'appliquer ce qu'il sait. Être habile à profiter de ses avantages. Esdras vint de Babylone : il était docteur et fort habile dans la loi de Moïse, que le Seigneur Dieu avait donnée à Israël, SKci, Itihle, Esdras, i,vu, 6. Tu pLétcnds être fort haliile ; Kn sais-tu tant que moi? j'ai cent ruses au s.-ic, la font. Fabi. IX, 14. Nous nous croyons bientôt les plus halùles, quand mas sommes les plus heureux, Boss. Reine d'Angtet. Il tenait pour maxime qu'un habile capi- Uiiie peut bien être vaincu, mais qu'il ne lui est pas permis d'être surpris , id. Voiiis de Bourbon. Du plus habile chantre un bouc était le prix, boil. Art p. m. Je crois que le plus habile homme doit

se rendre le maître et puis gouverner sagement, rtt>. Dial. des morts anc. dial. 4 1 . 11 était habile pour assaisonner une louange délicate qui fût bien reçue des hommes les plus modestes, m. Tél. xvi. L'honnête homme (au sens du xvii* siècle; voy. ho.mnête) tient le milieu entre l'habile homme et l'homme de bien, quoique dans une distance inégale de ces deux extrêmes; la distance qu'il y a de l'honnête homme à l'habile homme s'affaiblit de jour à autre et est sur le point de disparaître; l'habile homme est celui qui cache ses passions, qui entend ses intérêts, qui y sacrifie beaucoup de choses, qui a su acquérir du bien ou en conserver, la brut. xji. L'habile homme est celui qui fait un grand usage da ce qu'il sait; le capable peut, et l'habile exécute, VOLT. Dict. phil. Habile. On homme peut avoir lu tout ce qu'on a écrit sur la guerre ou même l'avoir vue, sans être habile à la faire, id. ib. On ne dit pas un habile poète, un habile orateur; et, si on la dit quelquefois d'un orateur, c'est lorsqu'il s'est tiré avec habileté, avec dextérité, d'un sujet épineux, in. t'b. Un habile homme dans les affaires est instruit, prudent et actif; si l'un de ces trois mérites lui manque, il n'est point habile, m. ib. Habile courtisan emporte un peu plus de blâme que da louange; il veut dire trop souvent habile flatteur; il peut aussi ne signifier qu'un homme adroit qui n'est ni bas ni méchant, id. ti>. || Dans un sens péjoratif, il se dit de celui qui a quelque industrie mauvaise, quelque habileté fâcheuse Un habile fripon. Car tu ne seras pas de ces jaloux affreux. Habiles i se rendre inquiets, malheureux, Boa. Sot. x. Habile seulement à noircir les vertus,). B. bouss. Ode contre lex hypocrites. || Mal habile, voy. malhabile, orthographe que l'on préfère aujourd'hui. || 4* En parlant des actions. Où il y a de l'habileté, qui témoigne de l'habileté. Cette démarche est habile. Et pui.sque, pour notre malheur, ce qu'il y a de plus fatal à la vie humaine, c'est-à-dire l'art militaire, est en même temps ce qu'elle a de plus ingénieux, de plus habile.... BOSS. Louis de Bourbon. || S* S. m. Celui qui est habile. Il faut que les habiles soumettent leur esprit à la lettre, pasc. dans cousm. Il y a des artisans ou des habiles, dont l'esprit est aussi vaste qua l'art et la science qu'ils profes.sent, la BBUY. i. Vous entendez par art et par élo<juenca ce que tous les habiles d'entre les anciens ont entendu,fên. t.xxi,p.8«. Il Demi-habile, celui qui n'est habile qu'à moitié. Le peuple honore les personnes de grande nais.sance; les demi-habiles les méprisent, disant que la naissance n'est pas un avantage de la personne, mais du hasard, pasc. Pensées dir. (ïo, /dit. FAUGÈBE. Il Les habiles, se dit quelquefois, dans un sens péjoratif, de ceux qui ont pour habileté l'intrigue. Les habiles en littérature sont ceux qui, comme les Jésuites de Pascal, ne lisent point , écrivent peu et intriguent beaucoup, p. L. coiiR. Lett. d M. Kenouard.

— HIST. iiv* S. Li religieus seroienl tenut ili laissier trente pies de Ict ilargej, hables ei scuffisans pour cbarier au lés devers pos bos de Crespy,

HAB

HAB

HAB

DU CANGE , haiilius. De tous les langaiges du monde, latin est le plus abiUe pour mieux exprimer et plus noblement son intention, oresme, Prol. Il XV' s. Bien quatre cent [compagnons] tous habiles et légers, froiss. i, i, (3ô. Et y eut un Anglois qui cuida faire l'habile et passa par dessus la barrière et entra au champ , juven. «es tus. Charles VI, )4I9. ||ivi" s. Je qui souloye estre habile, Suis débile, Cassé de corps, pieds et mains, MAROT, IV, 282. Tant la faveur qui les fautes efface, Fait que le sot pour habile homme passe I hons. 651 .

— ÉTYM. Bourg, haubile, haibile; wallon, abèie, habile, alerte; namur. abie ; provenç. habil, abilh; esp. habil; ital. abile; du latin habilis, de habere, avoir; le sens propre de habilis est souple, dispos; de là les sens figurés. La formation régulière est hable (qui a donné able à l'anglais), de hdbilis, avec l'accent sur ha; habile, où il n'est plus tenu compte de l'accent, est calqué sur le latin.

HABILKMENT (a-bi-le-man), adv. || 1° Promptement, diligemment. Il a fallu ôter le corps habilement de la chapelle, sÉv. t*2. \\ 2° Fig. Avec habileté, adresse, intelligence. Bossuet, ayant à traiter, dans l'oraison funèbre du grand Condé, l'article de ses guerres civiles, dit qu'il y a une pénitence aussi glorieuse que l'innocence même; il manie ce morceau habilement, et dans le reste il parle avec grandeur, volt. Dict. phil. Habile. Le renard tourne tout à profit ; il se loge au bord des bois, à portée des hameaux; il écoute le chant des coqs et le cri des volailles, il les savoure de loin, il prend habilement son temps, biiff. Quadrup. t. il, p. 200.

— HIST. XVI' s. Il leur enjoignit qu'ils se jetassent habilement*ès entre deux, amyot, P. Jim. 33.

— ÉTVM. Habile, et le suffixe ment.

HABILETÉ (a-bi-le-té), s. f. Qualité de celui

qui est habile. L'habileté à se servir des conjonctures. J'aimerais bien mieux lire le Tasse ; j'y suis d'une habileté qui vous surprendrait et qui me surprend moi-même, sév. 64. Représentez-vous cette lie fameuse [l'Ile des Faisans]où deux hommes chargés des intérêts et du destin des deux nations faisaient valoir leur habileté à disputer les droits des couronnes, fléch. Marie-Thér. Le savoir-faire et l'habileté ne mènent pas jusqu'aux énormes richesses, LA BRUT. VI. La vraie habileté consiste à comprendre qu'à la longue la plus grande de toutes les ressources dans les affaires est la réputation universelle de probité, fén. Dial. des morts mod. (Richelieu, Maxarin). Son premier mouvement [de Napoléon] le porta à mépriser cet avis [de la marche de l'armée russe sur son flanc] ; car, soit fierté, soit expérience, il s'était accoutumé à ne pas supposer i ses adversaires l'habileté qu'il aurait eue à leur place, SÉGUR, Hist. de Nap. ix, 7.

— HIST. XIV' s. L'en quert sanité pour avoir puissance et habilité de faire ses besoingnes, oresme, Bth. VIII (14). Il XV' Avec telz expédions et habiUité qui procèdent de grant sens, font éviter grant péril.... coMM. 11, 3. Je veulx declairer une tromperie ou habillité ainsi qu'on l'a voulu nommer, id. m, 4. Il XVI' s. Entre les autres artifices et habilitez, dont il estoit plein, amyot, Àlc. 43. H définit chirurgie une habilité et industrieux mouvement d'une main asseurée avec expérience.... paré, Inlrod. t. U ne tient jà qu'à une habileté de main, cotgrave.

— ÈTYM. Provenç. habilitât; espagn. habilidad; ital. abilità; du latin habilitatem, de habilis, hahile.

t HABILITANT, ANTE (a-bi-li-tan, tan-t'), adj. Terme de pratique. Qui rend une personne habile à faire un acte. Formalités habilitantes.

t HABILITATION (a-bl-li-ta-sion), s. f. Terme de pratique. Action d'habiliter. || Terme d'ancienne jurisprudence. Sorte d'émancipation, par laquelle un enfant devenait habile à faire des contrats, et pouvait acquérir pour lui-même, mais sans avoir le pouvoir de tester : en quoi l'habilitation différait de l'émancipation.

1. HABILITÉ (a-bi-li-té), s. f. Qualité qui rend propre à, apte à. Nous n'apportons point en naissant l'habilité à faire ces choses, boss. Connaiss. v, 3. Il 11 se dit surtout en jurisprudence. Habilité à succéder. En se renfermant dans l'unique conces- •ion du non-titre, etc.... des princes du sang et de l'habilité après eux à la couronne, quel nom donner devant Dieu à une telle récompense d'une naissance tellement impure! ST-siM. 361,20.

— Rtym. Voy. HABILETÉ, qui est le même.

Page 1