‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 344 sur 388 · HAQ · texte numérisé non relu

HAQ

loup] ne songeait qu'à bien prendre son temps, Afin de happer son malade, id. ib. v, 8. || 8° V. n. Happer à la langue, s'y attacher, se dit des substances qui s'y collent quand on les essaye. Elle se présente comme une terre bolaire qui happe à la langue et qui est giasse au toucher, buff. Uin. t. m, p. )♦!. Il Se dit aussi de l'adhérence des feuilles d'or sur diverses surfaces.

— SYN. HAPPER, ATTRAPER. Happer, c'est saisir à l'impcoviste ; attraper, c'est prendre comme dans un piège. Un sergent de ville happa le voleur qui fuyait ; la police a attrapé un malfaiteur qui s'était évadé du bagne.

— HFST. xiii* s. Il estoit plaideour moult grant. Sage et gaillart: On l'apeloit Martin Hapart; Il hapoit de chascune part, Jf. Hapart, dans jubinal, ii, 202. Et cil de Moiemer hapoient qu'onques il lor venoit deviers Rains, Chr. de Rains, <86. Quant Renart choisi [vit] chantecler, Il le vodra, s'il puet, haper, Ren. (544, Or est Renart en maie Irape, Que li chien durement le hape, ib. 2070. Ele [la vieille caille] a bien autres rois [filets] veQs Dont el s'ert espoir eschapée. Quant ele i dust estre hapée Par entre les herbes petites, to 7?ose, 21778. l'xiv" s. Car quant telx gens se doubtent d'estre sovant mué. Happent, praignent et toillent [ravissent], c'est pillié, c'est tué, Girart de Ross. v. 2»H. Comment porroit Bernesque [une ville] estre prise et happée Par la force d'assaut, et sur une journée? Guescl. 8383. Il IV» s. Philippe, dit Piètre du Bois, qui happa la parole, froiss. n, 11, 402. Chascun qui puet [peut] prent , hape et pique, Pour avoir grant estât et mise, e. desch. Poésies mss. f° 337. D'autres se mirent aux embusches pour happer quelque prisonnier ou autre butin, comm. v, s.

— ÉTYM. Happer est ou le hollandais happen, mordre, dont le sens convient très-bien, ou , simplement, une onomatopée tirée du bruit de la bouche qui saisit, qui happe.

t HAPTOGËNE (a-pto-jè-n'), adj. Terme de chimie. Membrane haptogène, pellicule qui se produit autour d'un globule d'albumine qui vient d'être mis en contact avec une graisse liquide.

— ÉTYM. °A«T£iv, s'attacher, et le suffixe jéne.

t HAQUE (A LA) (ha-k') . Terme de pêche. Harengs à la haque, harengs préparés et salés pour servir d'amorce.

HAOCENÉE (ha-ke-née), s. f. || 1° Cheval ou jument docile, et marchant ordinairement à l'amble. Le roi Jean, vaincu et prisonnier, entra à Londres comme vainqueur sur un beau cheval, avec le prince de Galles à son côté sur une petite haquenée, CHOISI, Hist. du roi Jean, l, 9. Il était établi par le cérémonial romain que l'empereur devait se prosterner devant le pape, lui baiser les pieds, lui tenir l'étrier, et conduire la haquenée blanche du saint-père parla bride l'espace de neuf pas romains, VOLT. Mœurs, 48. |j Ce cheval va la haquenée, il va l'amble. H^eau cheval blanc que les rois de Naplei faisaient présenter tous les ans au pape, comme feudataires du saint-siége. || 2° La haquenée des cordeliers, un bâton. Il est venu sur la haquenée des cordeliers, il est venu à pied, un bâton à la main. Il 3° Fig. et familièrement. C'est une grande haquenée , c'est une grande femme mal faite et dégingandée.

— HIST. XV* s. Grans chevauli, roncins, haguenées, E. DESCH. Miroir de mariage, p. 24, Sont les chevaliers et escuyers bien montés sur bon gros roucins, et les autres communes gens du pays sur petites haquenées, fhoiss. i, i, 34. || xvi' s. Us sont si pesans, qu'on auroil plus tost apprins à un bœuf à aller à la haquenée, qu'à eux à danser, desper. Contes, XL. X cette descente Chastillon y court, tue son haquenée devant ses compagnons.... d'aob. Hist. n, 312. Les grandes haquenées ne font pas les grandes journées, leroi'x delincy, Pror. t. i,p. 477.

— ETYM. Espagn. hacanea; portug. facanea; ital. acchinea, chinea; de l'angl. hackney; holl. hakkenei, lesquels viennent du germanique hack ou hacke, cheval, et de l'anglais nag, holl. negge, bidet. Legoarant fait remarquer que l'amble porte en bas-breton le nom de hincané.

HAQUET (ha-kè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : des ha-kè-z arrêtés; baquets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Charrette longue, étroite et sans ridelles, qui sert à voiturer du vin, des ballots, etc. Ni enlever et charger sur leurs charrettes et baquets, sans, au préalable, avoir vu l'acquit des droits de la dite ferme. Arrêt de la cour des aides, 40oct. 1643.

— ÉTYM. Haquet a signifié petit cheval (Sus, sus, allez vous en, Jaquet, Et pensez le petit haquet. Et

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