BAR
lui faites bien la litiere, coquillart, Monologue du puits), nom qui a passé à une sorte de charrette basse; picard, haguetle, petite jument servant de monture. Haquet est le diminutif de haque, qui a signifié cheval, du germanique hack ou hacke ^voy. haquenée).
HAQDETIER (ha-ke-tié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des ha-ke-tié-z actifs), t. m. Conducteur de haquet. Et à tous charretiers, baqueliers et tonneliers, [défense] de décharger ni faire mettre aucuns vins des dits bateaux à terre à heure indue, Arrêt de la cour des aides, 40 oct. «<H3.
HARANGUE (ha-ran-gh'), s. f. || 1° Discours fait à une assemblée, à un prince ou à quelque autre personne élevée en dignité. Le député vint donc et fit celte harangue : Komains, et vous, sénat, assis pour m'écouter, la font. Fabl. xi, 7. Le coa(lj,iteur a fait la plus belle harangue qu'il est possible, sÉv. 207. 11 est des personnes qui blâment en général dans l'histoire les harangues, surtout celles qui sont directes, j'ai répondu ailleurs i cette objection, roll. Hist aiic. t. XII, liv. 25, oh. 2, art. 4, § 2«. Pour préférer les harangues de Démosthène à celles de Cicéron, il me semble qu'il faudrait presque avoii autant de solidité, de force et d'élévation d'esprit, qu'il en fallut à Démosthène pour les composer, id. Trait, des Et. iv, (, p. 394. Notre temps nous est cher, courte harangue aux grands, dancourt, Sancho Pança, i\, 3. Si vous voulez juger du caractère de l'esprit de Grotius, lisez sa harangue à la reine Anne d'Autriche sur sa grossesse; il la compare à la juive Anne qui eut des enfants étant vieille, volt. Lett. Linguet, 1 6 mars 1767. Les harangues sont une autre espèce de mensonge oratoire que les historiens se sont permis autrefois ; on faisait dire à ses héros ce qu'ils auraient pu dire, m. Russie, Préface, § 7. Il 2" Par extension, un discours quelconque. Il ne me reste que la langue Pour vous faire cette harangue, Régnier, Éptt. m. Je ne vous ferai point de harangue importune, cobn. D. Sanch. 1, 3. Eh! mon ami, tire-moi du danger; Tu feras après
ta harangue, la font. Fabl. i, 4 9 Notre époux
Fit cette harangue à la belle, id. Pet. chien. I| 3° Familièrement. Discours ennuyeux, longue remontrance. Quand aura-t-il fini sa harangue? || Voy. à DISCOURS, oii la synonymie est exposée.
— HIST. xV s. Et par si bel ordre, si notable arenge, l'ot dit que tous en furent esmerveilliez, CHRIST. DE PISAN, Chorlcs Y, III, 43. || XVI' s. Une piteuse et lamentable harangue, marot, i, 3 10. Ainsi pour vray, que mon cueur et ma langue Disoient d'accord si piteuse harengue, id. m, 278. Le tiers estât donna charge à Versons [leur orateur] d'ajouster quatre points à son harangue, d'aub Hist. III, 218. Son ministre l'advertit de faire un mot de harangue: à gens de bien courte harangue, dist le bon homme.... id. ib. 1, 309.
— ÉTYM. Provenç. arengua; espagn. et portug. arenga; ital. aringa, harangue, artngo, lieu où l'on harangue ; de l'anc. h. allem. hring, cercle, assemblée; allem. mod. Ring, cercle, anneau. Les étymologistes rattachent hring au latin circus, au grec xOxXoç, cercle, en sanscrit çakra, roue.
HARANGUÉ, ÉE (ha-ran-ghé, ghée), part passi de haranguer. Le prince harangué par le maire dr> la ville.
HARANGUER (ha-ran-ghé), t>. o. || 1» Adresser une harangue. J'ai harangué César pour obtenir la grâce de Marcellus et de Ligarius, fén. Dial. des morts anc. [Caton, Cicéron). Il |Mazarin] exigea et il obtint que le parlement vînt le haranguer par députés ; c'était une chose sans exemple dans la monarchie, VOLT. Louis XIV, 6. [Cicéron] Fait pour haranguer Rome et non pour la venger, id. Jf. de César, n, 4. Puis il revint à sa vieille garde, et, s'arrêtant devant chaque bataillon : Grenadiers, leur dit-il.... il fit haranguer de même ses autres troupes. SÉOUR, Hist. de Nap. x, 6. Il [Murât] ne put se mettre de côté ni s'arrêter; il fallut qu'il chargeât devant ce régiment, comme il s'y était mis pour le haranguer, et en soldat, ce qu'il fit de bonne grâce, ID. t'b. IV, 7. Il Absolument. Aussi, durant le temps qu'a harangué Pison, Ils ont de rang en rang fait courir votre nom, corn. Othon, iv, 2. ||2' Familièrement et absolument. Parier beaucoup et avec emphase. Il harangue toujours. || 3° Familièrement. Réprimander. Et, sur le ton grondeur lorsqu'elle (la femme revéche] les harangue [ses valets]. Il faut voir de quels mots elle enrichit la langue, bcil. Sal. X. Il 4" Se haranguer, v. ré(l. S'adresser I'ul à l'autre une harangue. Le président et le récipiendaire se haranguent à tour de rôle.
— HIST. xvi* Versoris pour le tiers estât demeurii
HAR
de genoux une heure et d»mie, autant qu'il harangua, d'aub. Ilist. II, Î47. Il n'harangua que de promesses et de grands dons à ceux qui se signalleroient, id. u, 3»3 Cleomencs oyant un rhetoricion haranguer de la vaillance, mont, m, i*(.
— ErVM. Haranguer; provenç. ospagn. etportug. arengar ; ital. aringare.
t UARANGUET (ha ran-ghi), : m. Voy. hahenourr.
lIAnANGUECR (ha-ran-gheur), ». m. ||1° Celui qui haraiigue. Si je m'étais trouv<5 plus prî'S Des harangueurs et des harangues. Vous auriez en ver» quel lUCs traits De ce qu'ont dit ces doctes langues, LA PONT. Letl. t. On paye partout un certain nombre de harangueurs pour ci'lébrer ces journées meurlrl^res fies victoires], volt, Dict. phil. Guerre. Il i" Fig. et faraili'Tement. Celui qui parle beaucoup, celui qui fait des réprimandes sur toutes choses. Et qu'on lui met en tête un maudit harangueur Oui m'aurait à la lin fait mourir de langueur, scAHii D. Japhet d^Arm. m, 4, Beau pore, je suis las D'entendre un harangueur à qui je ne plais pas, TH. cOBN. D. Ces. d'Aialos, v, 4. Des harangueurs du temps l'ennuyeuseéloquence, boil. Sal vu: Attendez, madame, quej'inlerioae un peu ce harangueur, M rivaux, Sfrm. indiscr. i, 3. Il S" S. (. Harangueuse, femme qui harangue.
— HIST. xvr s La compagnie eut contentement du harangueur de la noblesse, m'aub. Ilist. ii, 247.
— ETYM. Haranguer; bourguig. hairaiiyou.
t. HARAS (ha-râ; l'j se lie ; un ha-râ-z agrandi), s. m. li 1° Lieu où l'on loge des étalons et des juments pour élever des poulains. Il y avait plusieurs haras en Perse et en Méd e; mais dans cette dernière province ceux du lieu nommé Nisee étaient les plus renommés, et c'était de là qu'était fournie l'écurie du roi, ROLLIN, Ilist. ane. (Euv. t. ii, p. 40», dans POUGENS. Les chevaux arabes ont peuplé l'Egypte, la Turquie et peut-être la Perse, où il y avait autrefois des haras très-considérables, buff. Quadrup. t. I, p. 109.118" Parti' ulièrement. Etablissement dans lequel sont entretenus les reproducteurs de respèce chevaline pour la multiplication et l'amélioration. Il ne faut pas oublier l'établissement des haras en 4667; ils étaient absolument ab:indonné3 auparavant, volt. Louis XIV, 29. || Haras sauvages, haras (|u'on voit en Pologne et en Russie, et qui sont composés communément d'un millier de chevaux de tout Age, de tout sexe, poussés, pendant toute l'année, de pâturage en pâturage par leurs conducteurs. || Haras demi-sauvages, haras oii les animaux sont abandonnés à eux-mêmes pendant unK partie de l'année, mais où l'homme intervient par divers soins. i| Haras parqués, haras qui seuls méritent ce nom et où tout est disposé pour la production et l'aniplioralion || Haras d'amélioration, ou de tête, ou de pt-pinicre, ou de souche, ceux dans lesquels on ne trouve <|ue des reproducteurs d'élite et susceptibles d'améliorer l'espi-ce. || Haras de production, ceux où l'on a surtout pour but la multiplication, la reproduction. || Haras de mulet, lieu où on fait des croisements d'ânes elde juments. || 3" Les étalons et les cavales, renTennésdans le haras. Tout le haras prit pi^ur. || 4" Au plur. L'administration des haras. Il est employé aux haras.
— Hisr. iiii* s. Et II comte, et li duc, et li baron, et li abbé, et tout li autre grant homme qui ont pasture suffisant, tiegnenl haraz de jumenz de six ou de quatre au mains [moins], Bibl. des ch. »• série, t. v, p. iso. || xiv* s. Il s'en print à aler et à mener autre part son farat [troupeau, haras?], BEBCHEUBE, f" 9. |{ xvi» S. Les m' ridionaux meurent de jalousie, à cause de quoy ils ont les eunuques gardiens de leurs femmes, que les grands seigneurs ont en grand nombre comme des haras, charron. Sagesse, i, 44. Il a toujours bien faict en sa charge; aussi estoit II de tri's bon haras |race], brant. J. A. Doria. Deux l>eaux jeunes poulains du haras de l'abbaye, des accords, Bigarr. des entends-trots. )'ai chassé au haras un vieux cheval du quel, à la senteur des juments, on ne pouvoit venir & bout,
UONT. m, 3.
— ËTYM. Bas-lat. haracium. Il y a dans le latin hara, toit à porcs, et dans le bas-latin hara cunicu- Inria, garenne à lapins; la signification ne convient guère. Diez rejette l'anc. h. allem. hari, troupe, parce que la signification en est trop générale, et qu'il aurait donné harias et non haras; mais il signale comme bien plus approprié l'arabe faras, cheval, dit collectivement (comme, dms le provençal moderne, ego, qui signifie proprement civale. se dit collectivement pour haras). Toutefois il s'objecte & lui-même que, pour justifier cette étymologie, il faudrait ou.
HAB
dans le français, faras, ou, dans le ba»-latin, faracium. Voilà maintenant farat trouvé dans Bercheure (voy. l'historique) ; la conjecture de Diez devient donc tout à fait vraisemblable; d'autant plus que l'arabe faras a pénétré dans l'Occident de différents côtes: espagn. alfaraj, cheval de la cavalerie maure; bas-grec, ipipa;, cheval de race; bas-latin, farius, même sens, et très-probablement l'anc. français auferant, coursier.
2. HARAS (a-ra), s. m. Voy. aba, qui est beaucoup plu-, usité.
t HARASSE (ha-ra-s'), ». f. Sorte de cage carrée pour emballer le verre.
— ETYM. Il y avait dans l'anc. franc, harasse au sens de grand bouclier, j4t». de Jirus. i, 4 66. Du Cange suppose que harasse en ce sens vient de harasser, parce que ce grand bouclier harassait; on peut croire que la harasse t\R3 verriers a clé dénommée d'après quelque idée de ce genre.
HAItASSË, ÉE (ha-ra-sé, sée) , part, passé de harasser. Epuisé de fatigue. Mais je l'aperçois; qu'il a 1 air hara.ssél begsarii. Joueur, \, 3. Il [l'empereur] ne dissimula pas à ce maréchal qu'il arrivait à Smolensk avec une armée harassée et une cavalerie toute démontée, ségub, Ilist. deNap. x, 2.
t HARASSEMENT ( ha-ra-se-man ) , s. m. Etat d'une personne harassée.
— HIST. XVI* s. Les royaux, soit pour leur barassement, soit pour estre prests de monter à cheval, estans sans garde.... d'auu. Hisl. m, 4U8.
HARASSER (ha-ra-sé) , v. a. Fatiguer à l'excès. Une longue route l'avait harassé. {] Se harasser, v. réjl. S'épuiser de fatigue.
— HIST. XVI' s. Le crocheteur et le savetier, touts harassez et hallebrenez qu'ils sont de travail et de faim, MONT, m, 3*5.
— ÊTVM. Normand, hérasser: angl. ta harass. Origine ignorée. Les Anglais font venir leur mot du français. Nicot dit que harasser vient de haras, à cause que l'étalon, à force de saillir les juments, se harasse, se fatigue. On a parlé aussi du celtique ; gaélique, sàraich, harasser.
t UABCELAGE ( har-se-la-j' ), ». m. Action de harceler. Ce harcelage dura longtemps encore et abrégea la vie du premier écuyer par le chagrin et le dépit, ST-siM. 474, 69.
HARCELÉ, ÉE (har-se-lé, lée), port. pa»s^ de harceler. Dites que, harcelé par les plus vils rimeurs. Jamais, blessant leurs vers, il n'effleura leurs mœurs, boil. ÉpU. x. |] Fig. U ne faut point se hâter quand on veut bien faire : l'imagination, harcelée et gourmandée, devient rétive, volt. Lett. d'ArgeiUai, l« nov. (735.
t HARCÈLEMENT (har-cè-le-man), ». m. Action de harceler. Ce n'est pas nous qui contesterions.... à M. Périer l'esprit d'opposition et de harcèlement le plus varié, le plus ardent, le plus fécond qui ait paru sur nos bancs de gauche depuis 4846, carrel, OEuv. t. II, p. 316.
— HIST. xvi* s. Harcèlement, monet, Diet. HARCELER (har-se-lé. La syllabe ce prend un
accent grave (|uand la syllabe qui suit est muette : je harcèle, je harcèlerai), v. a. ]| 1° Tourmenter, inquiéter par de petites mais de fréquentes attaques. Un avorton de mouche en cent lieux le harcèle [le lion], la font. Fabl. u, ». Si elle avait été écoutée, les parlements n'auraient pas tant harcelé le roi, et tant outragé les ministres, volt. Lett. Damilaville, 26 nov. 4 766. Personne ne s'avisa de harceler le bon la Kontaine, et de lui faire un procès sur ces expressions [J'entends les esprits corps et pétris de matière], m. Dict. phil. ( orjts. Ce malheureux Lcfranc, qu'il jVoltaire] harcelait, son médecin lui ayant ordonné, disait-il, pour exercice, de courre une heure ou deux tous les matins le Pompignan, mabmontel, Mim. vu. |] Harceler les ennemis, les inquiéter, les fatiguer par de fréquentes atta lues. I.a première journée fut rude, parce que, n'ayant ni cavalerie, ni frondeurs, ils furent extrêmement harcelés par un détachement qu'on avait envoyé contre eux, ROLLIN, Ilist. anc. CEuv. t. iv, p. 4 90, dans pot'OENS. ]| Par extension. 11 ne fallait pas non plu» nous objecter que nous harcelons la théologie des Pères, et que toutes les difficultés que nous faisons ne sont que des conséquences qu'ils n'ont pas vues, et qu'ils auraient niée», Boss. «• avert. 22. || ï° Se harceler, v. réfl. Se tourmenter l'un l'autre. Ils se sont harcelés de propos piquants.
— REM. L'Académie écrit je harcèle avec l'accent grave, et je chancelle en doublant l'J; pourquoi cette anomalie entre deux verbes semblables?
— HIST. XVI* 8. Ung singe en une famille est tousjour* mocqué et hercelé, rab. Garg. i, to.... Sa
ceinture se rompe, et tousjours desdalgnein Son mary la harcelle et luy soit rechigneux, ronb. 823.
— ÉTYM. Anc. franc, harce, qui est un diminutif de fiart (voy. ce mot) et qui signifiait une baguette; harceler, proprement frapper d'une baguette. Ce[>endant Diez y voit un dérivé de herser, pui*, figurémcnt, tourmenter comme la herse tourmente la terre ; et il cite à l'appui l'anglais to harrow, qui signifie herser et, figurément, tourmenter. L'historique est insuffisant pour trincher la question.
t UARCÈLEKIE ( har-«è-le-rie ) , ». f. Habitude de harceler; action de baiceler. J'aurais pu la goûter [une vie agréable], si elle n'avait été tiaversée par la fatigue de mes veilles. <i par 1rs liarcèleries de mes compagnes jalouses, s/aal, Jff'in. t. i, p. 2««.
4. HARDE (har-d"), ». f || 1* Terme de cha»se. Troupe de bêles fauves. Il vit trois cerfs errant* dans CCS sauvages lieux; Une hanle nombreuse apparaît à leur suite. Les reconnaît pour chefs, marche sous leur conduite, segrais, Enéide, i. Au lieu de se mettre en bardes comme eux {le daim et le cerf] et de marcher par grandes trou|)es, il (le chevreuil] demeure en famille, buff. Quadrup, t. u, p. 78. Il 2' ferme de fauconnerie. Troupe d'oiseaux.
— HIST. XVI* s. Il vit dans un fonds entassez Douze cerfs en harde amassez, Hauts de stature et de ramage, pkrin. Poésies, y. 400, dans laourse.
— ETYM. Allem. //erd«, troupeau ; golli. hairda. U est probable que herde se rattache au latin hara, étable.
2. HAIIDE (har-d'), ». f. Terme de chasse. Lier, qui attache les chiens quatre à quatre ou six à six. Il Harde de chiens, plusieurs couples de chiens attachés ensemble.
— HIST. XVI* s. Cette noble barde [attache] socratique du coi-ps à l'esprit, mont, m, 387.
— ÊTVM. Au'jo forme de hart.
4. HARDÉ, ÉE (har-dé, dée), part, passé At barder 4 . Des chiens bardés.
1 2. HAKDÉ (har-dé) , adj. mate. Œuf bardé, œul à coquille molle ou dont la coquille est remplacée par une membrane, et que pondent quelquefois les oiseaux. Il y a des poules qui uonnent des œub bardés ou sans coque, soit par le défaut de la matière propie dont se forme la coque, soit parce qu'ils sont chassés de l'otiducfu» (voy. oviducte) avant leur entière maturité, buff, Ois. t. m, p. 107.
— ETYM. Origine inconnue.
t HARDI-:aD (har-dô), ». m. || t" Corde qui «tau bout du frein d'u^ moulin. || 2° Espèce de viorne.
— ÉTYM. Diminutif de liart.
t BARDÉES (har-dée), s. f. pi. Terme de chaase. Brèche que font les biches dans les taillis où elles vont viandcr. Nous découvrîmes des bardées.
— ÉTYM. Harde t.
4. UARDER (bar-dé) , V. a. Terme de chasse. Attacher le» chiens quatre à quatre ou six à six. ]| Harder le» chiens dans l'ordre, placer chacun suivant sa force, pour aller de meute ou en relais. ]| Se barder, v.r/fi. Les chiens se bardent, lorsqu'ils s'embarrassent dans leurs couples
— HIST. ivi* s. Ancre, ayant bardé la lieutenance de roy de Picardie avec celle de Normandie, SULLY, Jf^i'i. t. XII, p. 349, dans lauornk.
— ETYM. Hart.
t 2. UARDER (bar-dé), v. o. Passer une peau «ur la hart.
— ETYM. Hart.
t HARDERIE (har-de-rie), ». f. Sulfate de fer dont se servent les émailleur»,
HARUES (har-d), ». f. pi. Tout ce qui est d'un usage ordinaire pour l'habillement. De vieilles bardes. De bonnes bardes. [Incommodité qui] diminue beaucoup le plaisir qu'ont les comédiens d'être qur-lquefois empereurs et impératrices, et d'être appelés beaux comme le jour quand il s'en faut plus de la moitié, et jeune beauté, bien qu'ils aient vieilli sur le théâtre, et que leurs cheveux et leurs dents fassent une partie de leurs bardes, scarr. flom. com. 1, 8. Va faire apporter me» bardes à l'hôtellerie ; surtout cache bien qui je suis, uautk- ROCHE, le Cocher, se. 7.
— HIST. xii* s. De poures fardes se vesti, Rou, m», p. 4 82, dans lacdrne, au mol farde (l'édition par Frédéric Pluquet, Rouen 4827, écrit fardres,
— ETYM. Berry, horde ; reprendre sa harde, remettre son habit. On le tire de hart, les hardes étant un paquet qu'on lie avec la hart. Hais cela est subtil et sans appui. L'ancien fardes, qui signifie hardes, met sur la voie : hardes est du i>our farde, comme hardfl pour fardeau, et veut dire ce qui charge (voy. fardeau).
nAR
HAR
HAR
HARDI, lE (har-dl, die), adj. || 1° Oui ose beaucoup. De hardis aventuriers. Hardi comme un lion. 11 est très-hardi auprès des femmes. Un hardi réformateur. Il ne fallait pas un cœur moins hardi que le sien pour cette entreprise [présenter un hommage à une dame], et je ne sais encore comment elle lui réussira, voit. Lelt. ♦. Un de nos fantassins, très-bon nomenclateur, Du titre de hardi baptisant Monseigneur (le fils de Louis XIV], Le fera sous ce aom distinguer dans l'histoire , la PONT. Poésies mêlées , lxiv. Slilicon était grand homme de guerre et grand politique, sage dans le conseil, hardi dans l'exécution, adroit à ménager les esprits, flich. Hist. de Théodose, iv, 76. Je laisse aux plus hardis l'honneur de la carrière, BOiL. Épil. I. 11 montre aux plus hardis à braver le danger, rac. Théb. i, <. Narcisse, plus hardi, s'empresse pour lui plaire, in. Brit. v, 8. D'amis et de solilats une troupe hardie Aux portes du palais attend notre sortie, id. Baj. iv, 7. Peuple lâche en efl'et et né pour l'esclavage , Hardi contre Dieu seul.... ID. Ath. m, 7. Enfin l'adroit scalpel, le verre officieux Trahirent ces secrets ; le hardi botaniste Devint des végétaux l'habile anatomiste, de- LiLLE, Trots rèqnes, vi. Mlle Rose est bien hardie d'êlre sortie hier avec vous, picard, Vieille tante, m, 4. Il Hardi à, suivi d'un infinitif. Celui-là [Turenne], d'un air plus froid, sans jamais rien avoir de lent, plus hardi à faire qu'à parler, boss. Louis de Bourbon. Les hommes toujours hardis à juger les autres, sans épargner les souverains, m. Ilar. Thrr. Mais un traître qui n'est hardi qu'à m'offenser, bac. Uithr. ii, 4. || C'est un hardi joueur, se dit d'un homme qui joue gros jeu ou qui tient avec petit jeu. || On dit dans le même sens : être hardi au jeu. || Terme de fauconnerie. Hendre le faucon hardi, lui donner goût à la chasse. Il 2° Ferme, intrépide, assuré. Il avait la mine hardie en ce péril. || 3° En parlant des choses, qui dénote de la hardiesse. Un projet hardi. Une action , une entreprise hardie. Semblable dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche à ces animaux vigoureux et bondissants, boss. Louis de Bourbon Si de mon propre sang ma main versant des flots N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots, RAC. Ath. Il, 7. Il 4° Insolent, effronté. Voilà un drôle bien hardi. Hardi comme un page. Un hardi coquin. Cette fille a l'air hardi. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage? la font. Fabl. I, (0. Un fourbe cependant, assez haut de corsage. Et qui lui ressemblait [à l'honneur] de geste et de visage, Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il est l'honneur, boil. Sat. xi. Burrhus ose sur moi porter des mains hardies, bac. Brit. iv, 2. Je sais mes perfidies, Œnone, et ne suis point de ces femmes hardies Oui, goûtant dans le crime une tranquille paix. Ont su se faire un front qui ne rougit jamais, m. Phèdre, m, 3. || 5° Ou'il est dangereux ou difficile de soutenir, en parlant de doctrines, d'opinions, etc. Mettre en avant les idées les plus hardies. Les doctrines hardies des novateurs. Collins, magistrat de Londres, auteur du livre de la liberté de penser et de plusieurs autres ouvrages aussi hardis que philosophiques, volt. Phil. Newt. I, 4. La philosophie de Memmius est quelquefois un peu hardie; on peut faire même reproche à celle de Cicéron et de tous les grands hommes de l'antiquité, ID. Memmius, préface. || 6° Terme de littérature. Heureusement hasardé. Pensée, métaphore hardie. Un style hardi. Il fallait que la scène [dans l'Orphelin de la Chine! fût dans une salle de Confucius.... que tout fût neuf et hardi, que rien ne se ressentit de ces misérables bienséances françaises.... VOLT. Lett. d'Argental, <7 sept. I755. Il Cela est bien hardi, c'est-à-dire c'est une licence, une alliance de mots qui étonne la crilique et qu'elle n'ose ni approuver ni condamner. || En termes d'art et de littérature, qui hasarde avec succès. Pinceau hardi. Ce maître d'écriture a la plume hardie. Il faudrait une main plus hardie que la mienne pour entreprendre de représenter ce qui est en vous et en elle, voit. Lett. 6. ô toi.... Oui, par les traits hardis d'un bizarre pinceau. Mis l'Italie en feu pour la perte d'un seau, boil. Lutr. iv. {| C'est une plume hardie, il a la plume hardie, se dit d'un auteur qui a un style hardi, et aussi d'un auteur qui écrit librement sur des matières délicates. Voliaire fut durant une grande partie du xviu* siècle une plume hardie. || 7° Dans certains arts, conçu, exécuté avec une aisance qui ne dénote ni hésitation ni timidité. Le dessin de ce tableau est noble et bardi. Une écriture hardie. Le jeu de ce musicien
est bardi. Exécution hardie. Des traits hardis. || Il se dit aussi de certains ouvrages d'art qui ont quelque chose d'extraordinaire et de grand. Il y a dans ce tableau des poses très-hardies. {| En architecture, il se dit des ouvrages qui, malgré leur masse, présentent élégance et légèreté. Les cathédrales gothiques sont hardies. Un clocher hardi. In escalier hardi. Ces angles, ces fossés, ces hardis boulevards, VOLT. Ali. u, a. Ces hardis monuments que l'univers admire.... id. Sémiramis , i, 5. Il 8° Terme de manège. Branche hardie, branche du mors dont le levier forme une longue saillie. Les branches hardies servent à ramener la tète du cheval. || 9° Hardi, lac. interj. qui sert à exciter. Là, hardi ! tâche à faire un efi'ort généreux En le tuant, tandis qu'il tourne le derrière, mol. Sgan. 2) . Il Proverbe. Il n'y a rien si hardi qu'une chemise de meunier, parce qu'elle prend tous les matins un larron au collet.
— HIST. XI* s. Sur tute gent est la tue [tienne] hardie, Ch. de llol. cxxiv. Li quens [le comte] Rabels est chevaliers hardiz, ib. ccXLin. |1 xu* s. Et de bataille hardis et enseignés, Ronc. p. 85. Car je ne sui si forz ne si hardiz Qu'envers Amor [je] me peûsse contendre, Couci, v. One n'i ot si hardi ne tremblast com larron, Sax. xxii. Li plus hardi des trois voussist [voudrait] estre à Paris, ib. xxiv. Il XIII* s. Sachiés qu'il n'i ot si hardi à qui la char ne fremesist, villeh. lxi. Mais plus hardie chose [que Pépin] ne fut onque choisie [vue] , Berte, n. Ne cuida pas mes pères li rois au cuer haidit, ib. Lin. Il est establi, et de novel, que nus [nul] sers, ne nule serve ne soit si hardis qu'il face de son fils clerc, ne se [sa] fille mètre en religion, bf.aum. XLv, 28. Et ce que noz disons qu'il soit hardis, c'est une vertu sans le [la] quele li baillis ne pot fere ce qui apartient à son office, id. i, 6. || xiv* s. Je croi bien que Bertran jà vieil ne vivera. Car il est trop hardis, occire se fera, Guescl. <B823.
Il XV* s Il y avoit un bourgeois à Gand qui
s'appeloit Jean Lyon, sage homme, subtil, hardi, cruel et entreprenant, fkoiss. ti, ii, 52. Bon paintre pour faire bannière, Bon armurier fault que l'en quierre, Chevaucheur qui va main et tart En péril avant et arrière; Chascun est hardi en son art, F., desch. Poésies mss. f° 256. Hardi à l'escuelle et couart au baslon, leroux de lincy, Prov. t. II, p. 304. Il XVI* s. Deux longs tertres te ceignent, Oui de leur flanc hardi Les aquilons contraignent. Et les vents du midi, ross. 41o. Hardi gaigneur, hardi mangeur, cotgrave. Mieux vaut couard que trop hardi, id. Hardy de la langue, couard de la lance, leroux de lincy, Prov. t. u , p. 304.
— ÉTYM. Provenc. ardit ; ital. ardito. Hardit est le participe du verbe hardir, que nous disons aujourd'hui enhardir; hardir répond à l'ancien haut-allemand harijan, endurcir, rendre fort, de l'anc. haut-ail. harti, dur, en parlant des choses, fort, hardi, en parlant des personnes. La loi de Grimm ramène directement harti au sanscrit kratu, celui qui achève et aussi puissance; c'est le grec xpoTÙ;, fort.
HARDIESSK (har-di-è-s"), s. f. || 1° Qualité de celui qui est hardi, qui ose beaucoup. Et ce masque trompeurde fausse hardiesse Nous déguise sa crainte et couvre sa faiblesse, cobn. Nicom. m, 4. Fortune aveugle suit aveugle hardiesse, la font. Fabl. x, 14. Avant lui [Louis XIV], la France, presque sans vaisseaux, tenait en vain aux deux mers; maintenant on les voit couvertes depuis le levant jusqu'au couchant de nos flottes victorieuses, et la hardiesse française porte partout la terreur avec le nom de Louis, BOSS. Marie-Thér. On sait fort bien que la hardiesse, accompagnée Je quel|ue bonheur, peut prendre impunément l'ascendant partout, hoiirhal. to» dim. après la Pentec. Dominic. t. m, p. 205. Les gens qui ont la hardiesse de dire la vérité, fén. Tel. XXI. Il avait acquis plus de hardiesse à ne point ménager les préjugés ordinaires, font. Delisle. Ils ne portent dans ces places où ils entrent sans lumières et sans connaissances comme sans vocution, qu'une folle estime d'eux-mêmes et une téméraire hardiesse de décider, hollin, Hiit. anc. OKur. t. m, p. Î75, C'est au théâtre anglais que je dois la hardiesse que j'ai eue de mettre sur la scène les noms de nos rois et des anciennes familles du royaume, VOLT. Lett. sur Zaïre. || 2" En un sens défavorable, témérité, insolence. La hardiesse de ses manières me déplaît. N'ayez donc plus la hardiesse de dire que vos décisions sont conformes à l'esprit et aux canons de l'Église, pasc. Prov. xiv. Pour moi, dût l'empereur punir ma hardiesse.... rac. Brit. v, 6. A ce coupable excès porter la hardiesse I volt. Zaïre,
V, 8. Il 3° Licence. Excusez si je prends Ui hardiesse de.... U est temps que j'arrête une fois pour toutes cette hardiesse que vous prenez de me traiter d'hérétique, qui s'augmente tous les jours, pasc. Prov. XVII. Il Familièrement. Cet homme prend des hardiesses qui ne lui appartiennent pas, il s'émancipe trop. Il 4° Nature hardie, caractère hardi, en parlant des choses. Hardiesse d'une entreprise. La hardiesse d'une doctrine, d'une opinion. Le sort va de mes coups servir la hardiesse, ducis, Lear, v, <. || 11 y a des hardiesses dans cet ouviage, il y a des choses hasardées dans cet ouvrage. || 5" Il se dit du style, des expressions. Une grande hardiesse de style. Souvent dans son orgueil un subtil ignorant Blâme des plus beaux vers la noble hardiesse, boil Art p. IV. Toujours de grandes et de belles idées, toujours vérité et variété dans les images; hardiesse, ou plutôt auilace dans les figures; propriété', naïveté, noblesse, ('nergie dans la diction; vivacité, nouveauté dans les tours; continuité d'harmonie, il y aurait bien là de quoi faire un auteur divin, d'olivet, Item. Uac. p. 54. || 6* En certains arts, exécution hardie. Une grande hardiesse de pinceau, de ciseau. Cette écriture est d'une grande hardiesse. Le jeu de ce musicien est plein de hardiesse. Attaquer la note avec hardiesse. || 7° U se dit du caraclère d'ouvrages d'art qui présentent quelque chose d'inaccoutumé et qui n'avait pas été fait jusque-là. la hardiesse d'un pont, d'une voûte. Il 8° Licence que se permet un écrivain, un artiste. Il y a des hardiesses heureuses dans cet ouvrage. On ne peut trop leur redire [aux écrivains en prose] qu'ils sont obligés d'avoir une attention infinie à la propriété des termes; quant aux poètes, sachons-leur gré de leurs hardiesses, lorsqu'elles sont dictées par le goût et avouées par le bon sens, u'ol:vet, Rem. sur Itacine, § 42. Ces sortes de hardie.sses font un merveilleux effet dans la poésie, lorsqu'elles sont placées à propos et de loin à loin, m. ib. § 4t. Ne répétez pas ces hardiesses ; qu'elles soient rares, qu'elles soient nécess.iires; si elles sont inutilement prodiguées, elles feront rire, volt. Mél. littér. Clxangem. arrivés à l'art dramatique.
— SYN. hardiesse, témérité. Pour transformer la hardiesse en témérité, il suffit d'y adjoindre une épithète péjorative : aveugle hardiesse, folle hardiesse.
— HIST. XIV* s. Premièrement quant est en paour et en hardiesce, la vertu qui est ou moien est fortitude, OBtSMK, Elh. 48. Et je di que passions sont concupiscence, ire, paour, hardiece, envie, joye.... ID. ib. 42. Il XV* s. Les nobles François ... leur coururent sus par si grand vertu et hardiesse que tous les espouvanterent, Bouciq. i, 24.
— ÉTYM. Hardi; provenç ardideia; ital. arditexia. La plus ancienne langue disait hardement.
t HARDILLIICR (har-di-Ué, Il mouillées), s. m. Nom d'une fiche de fer à crochet, qui sert à soutenir divers instruments, dans la fabrique des tapisseries.
— ÉTYM. Voy. ARDILLON.
HARDIMENT (har-di-man). adv. || 1° Avec hardiesse. Je feins hardiment d'avoir reçu de vous L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous, CORN. Cid, IV, 3. Les choquer hardiment et sans craindre la mort. Se présenter de front.... id. Médée, i, 5. Qu'un vieux Sertorius aime je ne sais quelle Viriate, et qu'il soit asstssiné par Perpeiina, amoureux de cette Espagnole, tout cela est petit et puéril ; il le faut dire hardiment, volt. Oreste, ÉpU. De la hardiesse, morbleu ! il n'y a pas d'homme qui avale un verre de vin plus hardiment que toi, le- GRvND, MHamorph. amour, se. 4. || 2° Familièrement. Avec effronterie, impudence. Mentir hardiment. On tenait devant le roi ries conférences qui peuvent être l'origine des académies.... Charlemagne se nommait David: Alcuin, Albinus; et un jeune homme nommé Ilgebert, qui faisait des vers en langue romance, prenait hardiment le nom d'Homère, VOLT. yln». de l'Emp. Charlemagne, 781. Il 3° Librement, sans hésiter. Dites-lui hardiment que je n'y consens pas.ij 4° Sans crainte de se tromper, d'aller au delà. Vous pouvez hardiment porter cet article à mille écus.
— HIST. XII* s. Hardiement fils] ont païens envaïs, Ronc. p. 72. [Trois messagers] Qui fassent vo [votre] besogne bien et hardiement, Sax. xxi.jj xiii' s. Et demandés hardiement, car vous n'i faurés mie [n'y serez pas déçu], Chr. de Rains, p. t08. Car riens ne jure ne ne ment De famé [qu'une femme] plus hardiement, la Rose, t8.'î28. || xvi* s. Et sortez de céans hardyment [vite], car.... despkr. Cymjal. 84. Hardiment Icertes], il ne s'en fera rien, puisque
HAR
rous ne Vtfet pu voulu, id. ib. 87. Hardiment hourta à la porte Oui bonne nouvelle y apporte, cot- ORAVE. Quant à ce beau mot de quoy se couvre l'ambition et l'avarice : que nous ne sommes pas nays pour nostre particulier, ains pour le public, rapportons nous en hardiment à cculx qui sont en la danse, mont, i, 272.
— ETYM. Hardi, et le suffixe ment; provenç. ardidamen ; ital. arditamente.
j IIARDOIS (h.ir-doî), ». m. pi. Terme de chasse. Petites branches que le cerf écorche avec son bois en frottant sa t*le.
— ETVM. Dérivé de hart.
t HA RE (ha-r'), inlerj. employée pour exciter les chiens de chasse. || Substantivement. Les chiens sont fatigués, ils n'entendent plus le hare, les hares.
HAREM (ha-rèm'), i. m. \]i° L'appartement des femmes, chez les musulmans. Si la magnificence et les commodités pouvaient remplacer l'amour, les harems auraient été les demeures les plus délicieuses, RAYNAL, Hist. phil. IV, 6. || %• La réunion des femmes qui habitent un harem. Un harem nombreux. || 3" Fig. Maison de débauche.
— HEM. On coiirond souvent harem avec sérail. C'est une erreur passée dans l'usage. Le sérail est le palais du sultan, tandis que le harem est l'appartement des femmes.
— ÊTYM. Arabe, charnm, chose sacrée, inviolable, parce qu'il est défendu aux étrangers d'y entrer.
HARENG (ha-ran; le g ne se fait jamais sentir; au pluriel, l'î se lie : des ha-ran-z accommodés), *. m. Poisson de mer de deux à trois décimètres, qui arrive du nord en bandes innombrables et qui est un objet très-considérable de pèche ( clupea harangus, L. famille des clupes ou cyprinodles). Lest de hareng en vrac, dix-huit barils pour lest, vingt sols, Arrêt du cons. d'État, 21 juin (642. Les propriétés spécifiques du hareng contre la goutte sont des brides à veaux et des illusions d'empiriques, gui PATIN, f.ett. t. II, p. (62. D'épaisses et nombreuses nuées de harengs transmigrent de l'océan Polaire sur les côtes d'Ecosse et de Hollande, poursuivis par les grands poissons qui habitent les profondeurs de cet océan, bonnet, Consid. corps org. OEuv. t. VI, p. 280, dans pougens. || Hareng blanc, hareng qui a été salé, mais non fumé. Pour chacun baril de hareng blanc paqué en mer, dont l'on compte vingt barils pour lest. Tarif de la déclar. du (6 févr. I635. || Hareng pcc, celui qui se mange cru, aprf's avoir été dessalé. || Hareng bouffi (i Dieppe) , hareng légèrement fumé et salé, n'ayant pas subi la caque (ce qui fait qu'il est boufH, non aplati) ; fort recherché des gourmets, mais ne se conservant pas. || Harengs fonciers, harengs francs, ceux qui ne voyagent pas. {| Harengs pleins, ceux qui n'ont pas encore frayé, {j Harengs boussards ou à la bourse, ceux qui sont en train de frayer. || Harengs gais, ceux qui ont lâché leur laitance ou leurs œufs depuis longtemps. On trouve aussi harengs guais. || Mouler le hareng, le presser fortement entre les doigts pour en détacher les corps étrangers et en ôter les écailles. j| Être rangés, serrés, pressés comme des harengs en caque, ou, simplement, comme des harengs, se dit de personnes ou de choses rangées et pressées l'une contre l'autre. Il 11 est maigre comme un hareng soret, comme un hareng sor, se dit d'une personne très-maigre. Il C'est un homme qui vit d'un hareng, se dit d'un homme qui mange peu, qui vit sobrement. || Joui^ née des harengs, cumbat qui eut lieu près de Rouvrai (1428) et dans lequel le comte de Clermont fut délait par les Anglais, jj Proverbes. On vend au marché plus de harengs que de soles, c'est-à-dire on a un plus prompt débit des choses communes que des choses précieuses. \\ La caque sent toujours le hareng, voy. caque.
— HIST. XIII* s. Quiconques ameine harenc à Paris pour vendre en charreite ou à soumier, il convient que le harenc soit tout d'une suite, Liv. des mit. 270. Et le harenc sor et blanc et gisant doit quatre deniers de halage, et deux deniers du millier, ib. 273. Harenz frés orent à plenté, Ben. 776. ]| XV' s. Le hareng bientost pert la vie. Quant il se «enl hors de la mer; De mesme je ne puis durer Lorsque la boisson m'est faillie, basselin , xxi. Il XVI* s. Voyez si ce mcscliant sceyt desguyser le haranc-sor (trame, complot], cabloix, vi, 23. Vos enfans auront l'esprit ordinairement tendu à la boutique, finesses et interests ; car la poche sent toujours le hareng, noel dufail, C(ml. d'Eulrapel, cil. I, f' II, dans pougens.
— 6TYM. Picard, héring: provenç. orent; esp. arenque; ital aringa; de l'anc. haul-allein. harine; ail. mod. Ilering ; holl. harintf. Mais, bien que les mots romans viennent de l'allemand , l'allemand n'en a pas moins une origine latine, k savoir /la/cc, poisson salé; de sorte que, pour entrer dans les langues romanes, un mot latin a passé par la filière germanique.
t HARENGADE (ha-ran-ga-d*), t. f. || 1* Voy. ha- RENoiiiÈRF. Il 2° S. f. pi. Harengades, sardines pressées.
HARENGAISON (ha-ran-ghê-zon ) , t. f. Temps de la pèche du hareng. || La pèche du hareng. La harengaison a été bonne cette année.
— HIST. zvi* s. Les pescheurs de la coste de Normandie, qui es dittes années ont esté aux harangaisons, pasquier. Recherches, liv. vi, p. 483, dans LACUHNR.
— ÊTYM. Hareng.
HARENGÈRE (ha-ran-jè-r') , *. f. || 1* Celle qui vend en détail des harengs et du poisson. Paris aimait Monseigneur ; les harengères des halles imaginèrent de se signaler [[)OUr sa convalescence], ST-sm. 9(, (98. Il 2" Fig. Femme grossière. Crier comme une harengère. Et quoique vous soyez persuadée que la raison est pour vous, faut-il pour cela faire la harengère comme vous faitesT dancourt, Chev. à la mode, m, ((. (L'héritière de Piney] C'était une grosse vilaine harengère dans son tonneau, st-sim. (6, (87. Sachant qu'elle était connue de tout le monde pour une harengère, j. ). Rouss. Confess. x.
— REM. Voltaire n'aspire pas Vh, ce qui est une faute : M. de Malesherbes n'a-t-il pas été attaqué comme vous et vos confrères dans ce discours d'harengère? Lelt. à d'Alembert, (3 févr. (7BS.
— HIST. xui" s Toutes poissonnières de mer
ne harengères ne doivent riens au dict prevost, ne de place, ne autrement, Liv. des mil. 44(. ||xv*s. Brettes, suysses n'y sçavent gueres. Ne gasconnes et thoulousannes ; Du petit pont deux harangeres Les conchiroient.... villon, Ballade des dames de Paris. Il XVI* s. Plus bavard qu'une harangicre du petit pont, ST julien, Mesl. hist. p. 273, dans la-
CURNE
— ÉTYM. Hareng.
i HARENGERIE (ha-ran-je-rie) , s. f. Marché aux harengs.
— HIST. XIII* s. La halle au blé, la draperie, la harengerie, du cange, harengeria.
— ÉTYM. Hareng; norm. harengerie; une rue de Rouen porte ce nom.
t HARENGCET (ha-ran-ghè) , s. m. Nom vulgaire donné dans le nord de la France à la clupie spratte, appelée ailleurs esprot et melet.
— ÉTYM. Diminutif de hareng.
t HARENGUIÈRE (ha-ran-ghiè-r') , t. f. Terme de pèche. Palis pour prendre des harengs. || On trouve aussi harengade.
— ETYM. Hareng.
t HARET (ha-rè), adj. Terme de chasse. Chat haret, chat sauvage, et aussi chat domestique qui va dans les bois vivre de gibier.
t HARGNERIE (har-gnc-rie) , s. f. Attaque hargneuse. Le véritable respect qu'on doit au puLlic est de lui épargner, non de tristes vérités qui peuvent lui être utiles, mais bien les petites hargneries d'auteurs dont on remplit les écrits polémiques, J. J. ROuss. dans laveaux.
— ETYM. Voy. hargneux.
HARGNECX, EUSE (har-gneû, gneû-z'), adj.
Il 1° Qui est d'humeur chagrine et disposé à tourmenter, à inquiéter les autres. Il arrive, il reprend, hargneux en ses façons, hiîgnikr, Sat. v. Qu'une femme hargneuse est un mauvais voisin I cobn. Gai. du Palais, iv, (2. Eh! madame.... Si votre esprit est si hargneux Que le monde qui ne demeure Qu'un moment avec vous.... Est déjà la.ssé de vous voir, la font. Fabl. vu, 2. La princesse d'Harcourt commença la première à devenir hargneuse, et Mme d'Armagnac aussi, st-sim. 64, 62. Il Par extension. Il [l'alliatros] parait même n'être que sur la défensive avec les mouettes, qui, toujours hargneuses et voraces, l'inquiètent et le harcèlent, BUFF. Ois. t. XVIII, p. 6. Il Substantivement. L'intention du législateur avait sans doute été de corriger les querelleurs et les hargneux, en les assujettissant à ne pouvoir assouvir leur colère que comme les animaux, saint-poix, Fss. Paris, (MCuv. t. IV, p. ïoo, dans pougens. || 2" 11 se dit des chevaux qui mordent ou qui ruent. Un cheval naturellement hargneux, ombrageux, rétif, produit des poulains qui ont le même caractère, buff. Qna-
HAR
drup. 1. 1, p. ts. Il n s« dit des chiens qui m(M^ dent. Le tout pour un âne rogneux, Pour un mouton pourri , pour quelque chien hargi>eui Dont l'aurai passé mon envie, la font. Fabl.x, 6. Un grand chien debout, maigre , hargneux, le nez presque en terre, de mauvaise humeur, dider. Salon de (7«7, Œuv. t. iiv, p. 430, dans pocgkns. Il Proverbes. Chten hargneux a toujours l'oreille déchirée, c'est-à-dire il arrive toujours quelque accident aux gens querelleurs. || X clieval hargneux il faut une étable à part, c'est-i-dire il faut laisser seuls les gens hargneux.
— SYN. hargneux, querelleur. Le hargneux est celui qui harcèle par de petites tracasseries; le querelleur est celui qui (ait des querelles; la querelle est plus grave que la tracasserie. Hargneux implique la mauvaise humeur, mais n'implique pas, comme querelleur, la dispute avec colère.
— HIST. XIV* s. Qui a à faire à hargneux, douleur lui croist, Kinagier, u, 3. || xvi* s. Quand l'homme est sain ordinairement, il n'est pas si hargneux, que.... AMYOT. Comm. discem. le flatl. de l'ami, 6(1. Je hais un esprit hargneux et triste, qui glis.se par dessus les plaisirs de la vie, et s'empoigne et paist aux malheurs, moxt. m, 3(2. Des hargnes ou grevures, qui sont tumeurs aux aines et aux bourses des testicules; ce mot de hargne a esté donné à ceste maladie parce que ceux qui en sont vexés, coustumierement sont hargneux, c'est à dire mal-plaisans et criarts, pars, vi, (4.
— ETYM. Ane. franc, hargne, heme, hergne, mauvaise humeur, querelle; Berry, hargne, querelle, et aussi giboulée : une hargne de gresi ; lorrain, harégne. Comme hargne signifie aussi hernie (du latin Iteriiia), on a dit que l'infirmité physique avait donné son nom à l'infirmité morale ; mais les intermédiaires ne se rencontrent nulle part. Diez y voit l'ancien haut-allemand harmjan , injurier, blesser. Le fait est que les mots hargner, harier, qui ont à peu près le même sens, peut-être harasser, peut-être l'ancien français haire, peine, chagrin, s'il n'est pas la hoire prise métaphoriquement (voy. HAIRE à l'historique), semblent indiquer un radical har, analogue à l'anglais (0 harry , tourmenter, anglo-saxon, hergian.
t UARIA (a-ri-a), t. m. Voy. aria.
— HIST. XV* 8. Un grand haria caria, coohillaiit, Enqueste d'entre la simple et la rusée. \\ ivi* s. Harias (h aspirée), palsgr. p. (8.
— ËTYM. Rien n'ayant été dit à aria, il faut ajouter ici que haria parait tenir à l'ancien verbe harier, tourmenter, vexer (voy. hahgneux à l'étymologie).
i. HARICOT (ha-ri-co; le ( ne se prononce jamais et ne se lie pas), t. m. Haricot de mouton, ragoût fait avec du mouton coupé en morceaux, des pommes de terre et des navets. Il faudra de ces choses dont on ne mange guère et qui rassasient d'abord; quelque bon haricot bien gras.... mol. l'Av. III, &. Il Fig. et par plaisanterie. Gardez bien qu'il ne s'échappe, il ferait un haricot de nos scientifiques substances, cyrano de bergebac, le Pédant joui, I, 7. Lorsqu'on ne verra plus que côtes enfoncées. Que gigots décharnez, qu'échines fracassies, Quel haricot, morbleu, de jambes et de bras 1 Arlequin Jason, thédtre italien, (696, in-8, p. (73.
— HIST. XIV* s. Hericot de mouton : despeciez le par petites pièces, puis le mettez pourlioulir une onde, puis le frisiez en sain de lart, et frisiez avec des oignons menus mincies et cuis, et delîaites du boullon de beuf, et mettez avec macis, percil, ysope et sauge, et faites boulir ensemble, Menagier, 11, &. Il XVI* s. Haricot, dans cotobave, qui en décrit trois modes de préparation.
— ETYM. D'abord la ((uestion se présente de savoir si c'est le haricot, ragoût, qui a donné son nom au haricni, légume, ou vice versa. Nos textes ne p rmettent que la première alternative; du moins on trouve hericot de mouton dès le xiv s.; et nous n'avons de haricot, légume, que des exemples récents. Le haricot de mouton parait être un terme de houchcrie et désigner un certain morceau; dès lors il est plausible de le rattacher à l'ancien français haligole, pièce, morceau ; harigoter, mettre ei. pièces ; mots dont Génin cite des exemples, Ricr. t. I, p. 46 (xii* s. Car si les ont hariguti-s [ils ont tellement mis en pièces les boucliers], chrestieh Dt tboif.s, Che^. au lyon, v. 829) ; il y voit des dérivés du latin aliquot; mais cela parait chimérique. L'origine do haligole, hariyoter est inconnue. On trouve dans le journal la Patrie, i sept. ( 8«a : Ce ne fut qu'après les croisades qu'on commença 1 connaître en France l'usafre ries rapntlts; le premier animal
HAR
que l'on fricassa ainsi coupé par morceaux fut le mouton, sans doute à l'imitation des Arabes ; on appelait ce mets une hali-gote, et il est probable que c'est par corruption de ce vieux mot que nous avons dit d'abord un haligol, puis un haricot de mouton, COMTESSE DE BASSANVILLE, Du seriice des tables d'autrefois. Mais le plus ancien texte nous donne la forme hericot ; de plus lialigote ne paraît pas être un mot arabe.
a. HARICOT (ha-ri-ko ; le « ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie ; des ha-ri-co-z en fleurs ; haricots rime avec sots, travaux, repos, etc.), »'. m. Il 1° Fève de haricot, ou, si. jplement et plus ordinairement, haricot, plante de la famille des papilionacées, genre phaseoius, qui produit des semences alimentaires. De jeunes haricots qui avaient été semés dans une serre, s'inclinaient pendant le jour vers la porte et se relevaient à l'approche de la nuit, BONNET, Us. feuilles, plantes, 2° mém. Il Espèces : haricot ordinaire ou à rames, phaseoius vulgaris, L. (variété, haricot sabre, à cosses trèslongues) ; haricot de Soissons, de Hollande, nain, phaseoius compressus, D. C; haricot princesse, nain flageolet, nain d'Amérique, phaseoius tumirfus, Savi; haricot d'Orléans, de Prague, phaseoius sphœricus, Savi; haricot d'Espagne (deux variétés : fleurs écarlates, fleurs blanches), fleurs en grappes longues, phaseoius muhiflorus, Wild; haricot limaçon, à cause de ses fleurs contournées en spirale, phaseoius caracalla , L. cultivé pour ses fleurs, comme le précédent. || 2" Les semences mêmes de la plante. Des haricots de Soissons. Gigot aux haricots. || 3° Des haricots verts, des haricots dont on mange la gousse encore verte. || 4° Par plaisanterie, Hôtel des haricots, la prison où sont enfermés les gardes nationaux de Paris condamnés p.ir le conseil de disci|iUne ; prison ainsi dite, assure-t-on, par corruption du nom du général Darricau, qui commanda la garde nationale en \s\b, pendant les Cent-Jours, et qui envoyait souvent les délinquants à la prison. || S° Haricot du Pérou, fruit du jatropha curcas (euphorbiacées), dit médicinier cathartique dans certains ouvrages.
— ÉTYM. Génin, qui assure que haricot n'a commencé à être usité en ce sens que dans le xvii* s. (on disait fève jusque-là , et encore aujourd'hui, on dit fève blanche en Normandie) , pense qu'il vient du haricot de mouton , le haricot légume ayant été comparé aux morceaux de mouton qui figurent dans le haricot de mouton. On peut dire plutôt que cette fève a été nommée fève de haricot, parce que le plat qu'elle fournissait fut comparé, à cause de ses grosses qualités, à un haricot de mouton, ou parce qu'elle s'unissait très-bien avec le mouton en haricot ou autrement.
I HARICOTER (ha-ri-ko-té), «. n. Terme populaire. Spéculer mesquinement au jeu ou dans les affaires, faire des affaires minimes.
— ÉTYJI. Génin dit que liaricoter est l'ancien verbe harigoter (voy. habicot i), qui signifiait déchiqueter. On a dit aussi que ce mot vient de l'usage déjouer en marquant avec des haricots.
t UARICOTEUR (ha-ri-ko-teur), s. m. Terme populaire. Celui qui haricote.
HARIDELLE (ha-ri-dè-1') , s. f. \\ i° Terme familier. Mauvais cheval maigre. Ce pauvre cheval.... broncha si rudement que M. le curé s'en éveilla, et sa nièce tomba du brancart sur la maigre croupe de la haridelle, scabron, Rom. corn, i, a. Il [l'abbé d'Estrées] a un petit bénéfice auprès de Ferney; il vint se faire recevoir prieur, il y a un an, en grande pompe , monté sur une haridelle , volt. Lett. d'Alembert, )9 déc. (784. Contraignant ainsi [à grands coups de fouet] ses maigres haridelles de lutter, au risque d'y périr, contre le fringant attelage de la marquise, CH. de bernabd, un Homme ïcVieua, S xvui. Il 2° Fig. et par mépris. Femme grande, sèche et maigre, dont l'extérieur est désagréable. Il met son ambition et ses désirs à la conquMe de cette haridelle de Churchill, hamilt. Gramm. )0.
- mST. XVI* s. Le voyant estre seul, il le desm^ nta gaillardement, puis montant sur son aridele.... DES accords, Bigarr. équiv. françois. Meschante haridelle de cheval, PASQUiEH,ic«. t. i,p.724.
— ÉTYM. Wallon, haridèle, personne frivole, légère, harote, haridelle, rosse ; H.iinaut, haroute, haridelle; narm. harousse, haridelle, Itarin^ mauvais ciieval; angl. harridan, haridelle. Origine inconnue.
t UARLG (har-l'), s. m. Genre d'oiseaux palmipèdes Il Le grand harle, nom vulgaire du mergus merganser de Linné, dit aussi vautour d'Islande.
t HARLINE (har-li-n'), s. f. Terme de chimie. Substance cristallisable qui se trouve dans le charbon de terre avec la hartite.
t HARLOU (har-Iou), interj. Terme de chasse. Terme dont le piqueur se sert pour exciter les chiens courants à la chasse du loup : Harlou chiens!
t HARMALINE (har-ma-li-n'), s. f. Terme de chimie. Substance qu'on trouve dans les gKiines de peganum harmala, L.
t HARMATTAN (ar-ma-tan), s. m. Vent d'Afrique très-chaud, qui soufile en décembre, janvier et février, se fait sentir trois ou quatre fois par an et dure un ou deux jours, cinq ou six jours, et même quinze jours. La température de l'air que souffie l'harmattan est, vers trois heures après-midi , de 29 degrés à l'ombre et de 4u degrés au soleil ; son extrême sécheresse porte au double la vitesse de l'évaporation de l'eau, saigey, Physique du globe,
Ch. XL VI.
— ÉTYM. On dit que ce mot appartient à la langue des Fantis, peuple africain.
t HARMONIA (ar-mo-ni-a), *. f. Petite planète découverte en <866.
HARMONICA (ar-mo-ni-ka), s. m. \\ i° Primitivement, instrument de musique inventé en Allemagne, se composant de cloches ou tasses de verre qui contenaient de l'eau à des niveaux différents et qu'on faisait vibrer en passant dessus le doigt mouillé; il fut perfectionné considérablement par Franklin, qui lui donna plus de sonorité en plaçant les coupes de verre dans un cylindre horizontal qu'une roue, mise en mouvement par le pied du joueur, pouvait faire tourner. Entendait-il [Franklin] des sons produits pir des verres mis en vi bration, il remarquait que ces sons différaient selon la masse du verre et selon le rapport de celle-ci à sa capacité, à son évasement et à son contenu; de toutes ces remarques, il résultait un instrument de musique, et Franklin inventait l'harmonica, mi- GNET, Vie de Franklin, i, n. || 2° Aujourd'hui, tout instrument à touches de verre, voy. glass-coru. Il 3° Harmonica à cordes, instrument à clavier, inventé en <788, c'est un piano accordé et uni avec une espèce d'épinette qu'on peut jouer avec le piano. Il 4° Harmonica chimique, lampe philosophique consistant en une fiole où se dégage de l'hydrogène, surmontée d'un tube effilé recouvert d'un autre tube de verre, lequel est mis en vibration par la flamme de l'hydrogène brûlant.
— REM. Chateaubriand a fait, contre l'usage, harmonica du féminin : L'oreille d'un mortel croirait ouïr les plaintes d'une harmonica divine, Natch. iv.
— ÉTYM. Voy. HARMONIE.
t UARMOMCOUDE (ar-mo-ni-kor-d') , s. m.
Piano à queue posé verticalement et accompagné d'un mécanisme qui se meut au moyen du pied.
— ÉTYM. Harmonie, et corde.
HARMONIE (ar-mo-nie), s. f. \\ 1° Jonction par engrenage, sens propre du mot grec conservé seulement dans le langage anatomique : espèce de synarthrose ou d'articulation formée par des dentelures presque imperceptibles. || ï" Par extension, agencement entre les parties d'un tout, de manière qu'elles concourent à une même fin. L'harmonie des corps vivants. Mettre plusieurs choses en harmonie. L'hai-monie de^ différentes parties d'un bâtiment. Il règne une savante harmonie entre toutes les parties de ce tableau. Les surprenantes harmonies De ces miraculeux génies Savent tout balancer, savent tout soutenir, corn. Prol. de la Toison, m. Ses criminels attentats Des plus paisibles Etats Troublent l'heureuse harmonie, bac. Esth. m, 3. L'harmonie organique, l'activité générjile du corps social étaient chaque jour entravées, troublées; chaque jour la dissolution et la paralysie faisaient quelque nouveau progrès, GuizoT, Hist. de la civil, en France, 8" leçon. M. duTrochet ne sépara jamais la physiologie animale de la physiologie végétale.... la vie est une; quiconque la divise n'en comprendra jamais les harmonies et les lois, coste. Él'ige de du Trochet. || Harmonie préétablie, théorie de Leibnitz , expliiiuée dans le passage suivant de Fontenelle : S'il se trouve une âme. et un corps tels que toute la suite des volontés ds l'àme d'une part, et de l'autre toute la suite des mouvements du corps se répondent exactement, et que, dans l'in stant, par exemple, que l'âme voudra aller dans un lieu, les deux pieds se meuvent machinalement de ce côté-là ; celte âme et ce corps auront un rapport non par une action réelle de l'un sur l'autre, mais par la corresiiondance perpétuelle des actions séparées de l'un et de l'autre; Dieu aura mis ensemble l'àme et le corps qui avaient entre eux cette cor-
respondance antérieure à leur union, caile harmonie préétablie, font. Leibnitx. || Harmonie sociale, ou, absolument, harmonie, terme du système des touricristes, qui désigne l'époque de prospérité qui doit succéder à l'enfance du genre humain, enfance dont, selon cette école, notre civilisation actuelle fait encore partie. || 3° Par comparaison. Tout ce qui va bien ensemble et, par cela même, paraît agréable. Les ruines ont des harmonies avec leurs déserts, chateaibr. Génie, m, v, 4. || Être eu harmonie avec, être d'accoid avec, ne pas faire de disparate. La poésie, l'amour, la religion, tout ce qui tient à l'enthousiasme enfin eit en harmonie avec la nature, stael, Corinne, t. i, p. 32a, dan» POOGENS. Le rugissement du lion fort, sec, âpre, est en harmonie avec les sables embrasés, chateaubr. Génie, i, v, B. || 4° Fig. 11 se dit de ce qui s'accorde. ]| Concorde. Ils vivent dans la plus parfaite harmonie. L'harmonie qui régnait parmi eux a été tioubléo. Il Travail des exégctes pour concilier entre elles les diverses relations contenues dans les livres saints. || Harmonies évangéliques, livres écrits pour prouver la concordance des Évangiles. || B° Terme de littérature. L'ensemble des qualités qui rendent le discours agréable à l'oreille. Il y a dans les périodes de l'illustre d'Ablancourt une ceitaine harmonie qui plaît autant à l'oreille que celle des vei«, ST-ÉVBKMONT, lléflex, sur les trait, dans richklet. Des villes que tu prends les noms durs et barbares.... Oui, partout de son nom chaque place munie Tient bon contre le vers et détruit 1 harmonie, BOiL. Ëpit. IV. Quatre ou cinq de nos poètes nous ont fait sentir parfaitement que notre langue se prêtait à l'harmonie; quelques morceaux choisis de nos orateurs ne laissent pas lieu d'en douter, d'olivet, Prosod. franc, art. v, § 2. J'ai connu pi^s d'un Anglais et plus d'un Allemand qui ne trouvaient d'harmonie que dans leur langue, volt. Dict. phil. Langues. 11 faut distinguer deux sortes d'harmonie : l'une qui s'amuse à flatter l'oreille par l'heureux choix des expressions et par leur disposition nombreuse ; l'autre, beaucoup moins commune, qui a sa source dans une âme sensible et qui est inspirée à l'écrivain selon les passions diverses dont son cœur est agité, niDEBOT, Claude et Nér, II, 109. La Motte a très-finement et très-justemeni remarqué que l'habitude, non pas des sons, mais de notre construction et de notre syntaxe, inllue sur le jugement que nous portons de l'harmonie du discours, à ce point qu'elle nous fait mettre de la différence entre des son» absolument semblables (par exemple le saint monarque plairait à l'oreille, mais le ceint monarque, bien entendu en son sens naturel, la blesserait) , jullien , Gramm. Table. Il Harmonie imitative, arrangement de mots par le son desquels on cherche à imiter un bruit naturel. Il Poétiquement. Harmonie, le son des vers. Qui que tu sois, Byron, bon ou fatal génie. J'aime de tes concerts la sauvage harmonie, lamart. Uéd. i, 2. C'est un souffle aff'bli des bardes d'Israël, Un écho dans mon sein, qui change en harmonie Le retentissement de ce monde mortel, ib Harm. i, l. Tu ne répandras plus mon âme En flots d'harmonie et d'amour; Mais le sentiment qui m'enflamme Survivra jusqu'au dernier jour, id. ib. || Le dieu de l'harmonie, Apollon, dieu des vers. || Les Harmonies, titre d'un recueil de vers de Lamartine. Ces harmonies, prises séparément, semblent n'avoir aucun rapport l'une avec l'autre ; considérées en masse, on pourrait retrouver un principe d'unité dans leur diversité même; car elles étaient destinées, dans la pensée de l'auteur, à reproduire un grand nombre d<-s impressions de la nature et de la vie sur l'âme humaine, lamart. Harmon. Avertissement.\\\\ se dit du timbre, de la qualité de son des tuyaux d'orgue. Ce jeu a une belle harmonie. Il Table d'harmonie, cette partie d'un piano sur laquelle les cordes sont tendues; se dit aussi du violon et des instruments de cette famille. || 6" Fig. Terme de musique. En général, tout ce qui est agréable à l'oreille. Les hommes Furent par l'harmonie en troupes amassés, règnier, Sat. m. Oui tour à tour dans l'air pous&iient des harmonies, COBN. te Ment, l, 6. Apprenez à tous ce» bergers les charmes de l'harmonie, fén. Tél. u. Ma voix avait une harmonie divine, m. ib. u. Tisiphone désarmée, la Parque oisive. Mégère at.endrie, le monarque des mâues lui-même étonne de se trouver sensible; telles sont les images parlantes et les éloquentes allégories sous les(|uelles la première antiquité se plaît à nous peindre la puissance de l'harmonie dès les temps héroïques, gresset, Disc, sur Vharmonie. Les bruits ont éveillé les
HAR
bruns, la forSt est tout harmonie; est-ce les sons graves de l'orgue que j'enloiid»? cratraub. Amérique, Journal nant date. LorS'iue le ro.isiKiiol enivré d'harmonie.... lavabt. llarm. iv, 3. || llarmonle àes sphères, sons harmonieux que, d'après eerUloes opinions antiques , rendaient les corps célestes en se mouvant suivant des nombres harmoniques. Oui, je le crois, quand jet'écoule. L'harmonie est l'Ame des cieux.... L'antiquité l'a dit, et souvent son gunie Entendit dans la nuit leur lointaine harmonie , lamaht. llarm. iv, 3. {| i;n un sens spécial. Succession d'accords par opposition à mélodie; série des sons simultanés par lai|ucllc on peut accompagner chacun des sons du discours musical pour en augmenter l'effet ou en compléter le SBHS, d'après Mugnier, ou, d'après Coussemaker, doctrine ou science des accords et des lois qui en régissent les successions et le système de classification. Une harmonie savante. Il y a plus d'harmonie que de chant dans ce chœur. || Absolument. L'harmonie, l'ensemble des principes et règles de l'harmonie. Traité d'harmonie. || Morceau d'harmonie, composition à plusieurs parties considérée surtout au point de vue de la succession des accords. Il Harmonie directe, celle où la basse est fondamentale, et où les parties supérieures conservent l'ordre direct entre elles et avec cette basse. || Harmonie renversée, celle où le son générateur ou fondamental est dans ([URlqu'une des parties supérieures, et où quelque autre son de l'accord est transporté à la has'e au-dessous des autres. || Harmonie ligurée, celle où l'on fait passer plusieurs notes sur un accord. Il Plus particulièrement encore. La masse des instruments à vent qui entrent dans la composition d'un orchestre. L'harmonie est trop considérable dans cet orchestre. || Concertd'harmouie, concert qui n'est composé que d'instruments à vent et d'instruments de percussion. || On dit de même : musique d'harmonie.
— HiST.xiii's. Là font entre eus lor armonies, Oui sunt cause-i des mélodie? Et des divers! tés de tons, Que paracordancemetons En toutes manières de chant, la Itose, i7)5i. Il xiv* s. Arménie, ce esta dire sons melodieus et consonans, oresme, Thèse de meunier. Il XVI' s. Harmonie est faite quand les os sont conjoincts et unis tellement, qu'il n'y a qu'une simple
ligne, PARÉ, IV, 43 Cette courageuse harmonie
de la musique guerrière, qui nous entretient et nous eschauffe et les oreiUeset l'ame, charbon. Sagesse, I, 69. Et le beau sein et la bouche et les yeux De ma déesse, où le ciel curieux Mist de beauté la plus douce harmonie, am. jamin. Poésies, f" )37. Les gorgelles des oyseaux qui chantoient en douce harmonie, taiicreau, Dialogues, p. 4 8t, dans la-
CURNE
— Etym. Provenç. et espagn. armonia; portug. harmonia; ital. armonia; du lat. /lonnorato, qui vient du grec io|iovîoi, signifiant proprement arrangement, ajustement, de &piaoc, assemblage (voy. harmoste).
t HAIIMOMKN. lEKNF (ar-mo-niin, niè-n"), od;'. Terme de l'école fouriériste. Oui appartient à l'époque ou h l'état social appelé harmonie.
t HARMONIKR (ar-mo-nié), V. a. Néologisme. Mettre en harmonie (voy. harmoniser).
IIARMOMEUSE.MKNT (ar-mo-ni -eÛ-ze-man) , adv. Avec harmonie. Chanter harmonieusement. Il II se dit aussi de l'arrangement. Des couleurs harmonieusemeni combinées
— KTVM. Harmonieuse, et le suffixe ment. IIAUMOMEUX, ECSE (ar-mo-ni-eù, eù-z'). adj.
Il 1° Qui a de l'harmonie, un son flatteur pour l'oreille. On lit qu'en Ethiopie il y avait une statue qui rendait un son harmonieux toutes los fois que le soleil levant la regardait, bégnier, Éptt. dédie. Unissez en votre musique La (lùte à la viole, et la lyre aux tambours: Que l'orgue à tant de sons mêle un son magnifique, Prête un harmonieux secours, CORN. Trad. du ps. cl. Est-il croyable que M. de Saumaise ait dit que les ouvrages de M. de Balzac étaient dos sottises harmonieuses ? AtUi-menagiana, p. t«. Il est un heureux choix de mots harmonieux ; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, BOiL. Art p. i. La force tenait lieu de droit et d'équité.... Mais du discours enfin Tharmonieiise adresse De ces sauvages mœurs adoucit la rudesse, m. ib. IV. 'l'oi qui dis aux forêts : répondez au zéphyre! Aux ruisseaux : murmurez d'harmonieux accordsl Aux torrents: mugissez I à la brise: soupire I A l'océan : gémis en mourant sur tes bords I LAMART. llarm. i, <. 11 entendit de loin dans le divin séjour L'harmonieux soupir de l'étemel amour, Les accents du bonheur, les saints concerts des
HAR
anges, ro. Kéd. i, 3. || i' Par extension. En parlant des personnes, qui lit ou chante avec harmonie. Gardez-vous d'imiter ce rimeur furieux Oui. de ses vains écrits lecteur harmonieux. Aborde en récitant (|uiconque le salue, boil. Art p. iv. Harmonieux vieillard, tu n'as donc point chantéT Quelques sons de ta voix auraient tout acheté, a. cnÈ^. Idyllft, l'Aveiigle' \\ Dont le style est harmonieux. Le plus harmonieux des poëtes. || 3* Il se dit des choses qui .sont en harmonie entre elles. Des couleurs varices et harmonieuses. |j H se dit aussi des choses qui .sont en harmonie avec elles-mêmes et produisent l'effet de l'harmonie. L'harmonieux éther, dans ses vagues d'azur, Enveloppe les monts d'un fluide plus pur, LAMAHT. llarm. il, 4.
— RTYM. Harmonie.
I UAUMONIFLCTE (ar-mo-ni-flu-f), s. m. Instrument à vent et à clavier où les touches faisaient résonner des tuyaux à biseau, comme la flûte; le vent venait par un soufflet manœuvré avec les pieds.
— RTYM. Harmonie, et flûte.
tUARMOMPHON (ar-mo-ni-fon), *. m. Instrument à vent et à clavier, qui se joue avec la bouche au moyen d'un tube élastique qui sert à introduire l'air, eif même temps que les doigts agissent sur le clavier.
— ÊTYM. Harmonie, et çuvr, voix.
HARMONIQUE ( ar-mo-ni-k'), adj. || !• Dont
toutes les parties concourent i un même but ou effet. Le temps est venu qu'il faut remettre les anciens ordres et cette relation harmonique qui doit exister entre un commandement légitime et une obéissance raisonnable, larochef. Uém. 26. Un ouvrage ne peut faire impression sur l'esprit du lecteur, il ne peut se faire sentir que par la dépendance harmonique des idées, buff. Morceaux chois. p. 6. Il Terme de l'école fouriériste. Qui appartient à l'harmonie, qui est réglé selon les principes harmoniens. || 2° Terme d'acoustique. Sons harmoniques, sons produits par la division spontanée d'une corde vibrante, et qui s'accordent avec le son fondamental ; c'est l'octave, la douzième, la double octave, la dix-septième, la dix-neuvième et la triple octave. On peut donner la raison du plaisir i|ue font les sons harmoniques: ils consistent dans la proportion du son fondamental aux autres sons, BUFF. De l'ouïe. || Substantivement, au ma.sculin. Un harmonique. Un son et ses harmoniques. || Fig. ....Une tête était mal timbrée, si le son principal qu'elle rendait n'avait dans la société aucun harmonique, MDEROT, Lett. sur les sonrds et muets. Il Substantivement, au féminin. Les harmoniques, les cordes harmoniques. || Échelle harmoni<|ue, succession de sons qui s'engendrent suivant des rapports constants. || Terme de musique. Qui appartient à l'harmonie. Marche harmonique. |j Sons harmoniques, se dit quelquefois des sons (lûtes que l'on tire d'un instrument par divers procédés. Les sons harmoniques se produisent dans les instruments à cordes et à arcliet en effleurant la corde du doigt, au lieu de la comprimer sur la table du manche comme on fait pour le^ sons pleins. || Notes harmoniques, notes formant la série des nombres naturels, 1,2, 3, ♦, 5.... c'est-à-dire une série où la deuxième note est deux fois plus aiguë que la première, la troisième trois fois, et ainsi de suite. Il 3" Terme de mathématique. Division harmonique d'une ligne, division telle que les segments soient dans un rapport non fractionnaire. || Points harmoniques, points d'une droite déterminant des segments qui donnent lieu à une proportion harmonique. Il Faisceau harmonique, lignes droites partant d'un même point de l'espace et passant par quatre points harmoniques. || Proportion harmonique , proportion dans laquelle le premier terme est au troisième, comme la différence du premier et du second est à la différence du second et du troisième.
— HlST. XIV* s. Voix armonique, ce est à dire consonanto et mélodieuse, obesme , Thèse de meunier. Il XVI' s Ains fault faire comme les harmoniques et musiciens, en rebouchant tousjours la pointe des adverses par la recordation des prospères, AMYOT, De la tranq. ddme, 3i.
— ÉTYM. Provenç. armonic: espagn. et ital. armonico ; du lat. harmonicus, qui est le grec 4p(iovixi; (voy. harmonie).
UAKMOMQUEMENT ( ar-mo-ni-ke-man) , ode.
Il 1" Terme de musique. Suivant les lois de l'harmonie. Le déchant [dans la musique du moyen Age] était l'art de disposer harmoniquement deux ou plusieurs parties destinées i étie chantées en-
HAR
semble, codssemaker, FArt harmonique, p. tl.
Il 2" Terme de géométrie. Ligne divisée harmoniquement, de façon que les segments donnent lieu à une proportion harmonique.
— ÊTYM. Harmoniiptc, et le suffixe ment.
t BABMOMSATEL'R (ar-mo-ni-za-tcur), (. m. Terme de musique. Celui qui harmonlie, qui met en parties harmoniques une mélodie. \\Ad). Musicien harmonisateur.
— ETYM. Harmoniser.
t UARMO.MSER (ar-mo-ni-»é), v. a. || 1* Néologisme. Mettre en harmonie, faire accorrler.H J'Terme de musique. Mettre en parties harmoniques une mélodie, cousseuakeb, l'Art harmonique, p. iHU. Il 3* S'harmoniser, v. réft. Se mettre en harmonie, être en harmonie. || On dit aussi, bien que plus rarement aujourd'hui , harmonier. C'est dans le ciel comme dans le genre humain que s'harmonicnt à la fois toutes les couleurs primitiven, bei!N, DE ST-p. Uarm, m. Harm. aquatiquet. Une large lisière de gizon d'un he;iu vert gris s'barmonie d'un côté avec la vçrdure des bois, et de l'autre avec l'az'ir des flots, m. Étude 5. |1 4" Terme de musique. S'harmoniser, être mis en parties harmoniques.
— ETYM. Harmonie.
HARMONISTE (ar-mo-ni-st"), t. m. || 1" Musicien qui c<jnnait les règles de l'harmonie. || t" Peintre qui entend l'harmonie des couleurs. 11 y a un prestige dont il est diflicile de se garantir, c'est celui d'un grand harmoniste, dioehot, Eisai iur la peint. II. Il 8° Membre d'une petite société luthérienne des Etats-Unis.
— ÉTYM. Harmonie.
t HARMOMSriQUE (ar-mo-ni-sti-k'), ». f. Conciliation des passages qui, dans le Nouveau Testament, paraissent contradictoires.
— ÉTYM. Harmoniser.
t HARMONIUM (ar-mo-ni-om') , t. m. Orgue de salon , espèce d'orgue où les tuyaux sont remplacés par des anches libres qui répondent aux touches d'un clavier ; ce qui fait que l'instrument est enfermé dans un petit buffet; le vent est fourni par un soufflet qu'on manoeuvre avec les pieds. || Antiphonel-harmonium, appareil inventé par Debain pour la repro<luction fidèle sur l'orgue de» accompagnements et morceaux de plain-chant. || Au plur. Des harmoniums.
— ÉTYM. Harmonie.
t HARMONOMÈTRE (ar-mo-no-mè-tr") , f. m.
Mot mal fait; il faudrait harmoniomètre (voy. sonomètrk).
t HARMOPHANE (ar-mo-fa-n*) , adj. Terme de. minéralogie. Qui offre des indices de joints naturels.
— ETYM. 'Apiiii;, joint, et q>av9){, apparent.
t HARMOSTE (ar-mo-st'), s. m. Terme d'antiquité. Nom des gouverneurs imposés par Sparte aux pays vaincus, durant son hégémonie, surtout après la domination de Lysandre.
— ÉTYM. 'Apiiomyi;, proprement celui qui réunit, arrange, de âiuoÇeiv, arr.inger, àpiio;. arrangement. "Apio; a pour radical âvw, arranger ; l'esprit rude ne se retrouvant [las dans le primitif àpu, il est permis d'identifier is'^o; avec le latin armus, épaule, arma, armes, artut, membre ; ce qui conduit à la racine sanscrite ar, préparer, obtenir.
1 HARMOTOME (ar-mo-to-m'), t. m. Terme ds minéralogie. Minéral blanchlttre dont les cristaux sont divisés aux jeintures. L'harmotome est un silicate alumincux, dit aussi hyacinthe cruciforme, staurolithe et andréolithe, par abréviation d'andréasbergolithe, parce que l'harmotome a été trouvé à Andreasbcrgen, en Nonége.
— ETYM. 'Ap|i4c, joint, et to|i:^, section. HARNACHE, EE (bar-na-ché, chée), part.pasti
de harnacher. Couvert de harnais. Un cheval harnaché. Il Fig. et familièrement. Habillé sans goût, d'une manière bizarre. Comme vous TOilà harnaché !
t HARNACIIE.MENT (har-na-che-man) , ». m. Il !• Action de harnacher. || L'ensemhie des harnais Il Rquipage d'uniforme des chevaux de cavalerie. Ij i° Fig. Un costume lourd et ridicule.
— HIST. XVI' s. Harnachement, cotgravi!. HARNACHER (har-na-ché), c. o. || 1* Mettre le
harnais à un cheval. || i' Fig. et familièrement. Mettre des vêtements disgracieux et dont les couleurs ne vont point ensemble. || 3' Se harnacher, V. réfl. Se vêtir d'une manière ridicule.
— HIST. iiii* s. Adont veissiés chevaliers et barons abarnaskiés de chevaus et d'armeutes et île pavellons et de quanquss il lor convenoit, Chr. <U
HAR
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nains, p. 434. Il XV' s. Le sire Potron de Xantraille Tout harnaché d'orfaverie, Vigiles de Charles VU, t. u, p. 72, dans batnouard, Gloss. || xvi' s. Il falloit tant de temps à les destacher et harnacher [certains chevaux], mont. i,365.
— Etym. Hamois; provenç. amescar, arnesar. t IIARNACHEUR (har-na-cheur), s. m. Ouvrier
qui travaille pour les selliers, qui fait des harnais. Il Valet qui harnache les chevaux. || Marchand de harnais.
— HIST. XV* s. Guiot, hamicheur [voiturier] et gourmet de vins, du cange, hamascha.
HARNAIS (har-nê ; l's se lie : un har-nê-z en bon état) ou HARNOIS (har-nol; cette prononciation n'est usité qu'en poésie; de ces deux prononciations, hamois est l'ancienne prononciation de Paris et de la Picardie; harnais est l'ancienne prononciation de la Normandie et de l'Ouest ; au xvi' siècle, H. Estienne, Du Nouv. lang. f. ital. p. 667, déclare préférer de beaucoup la prononciation de hamois, comme étant plus virile, à celle de harnès), s. m. Il 1° Anciennement. L'armure complète d'un homme d'armes. U faut remettre encor le harnois sur le dos, TRISTAN, M. de Chrispe, m, 2. Savez-vous pour la gloire oublier le repos. Et dormir en plein champ le harnois sur le dos? boil. Sat. ■» || Endosser le harnois, embrasser la profession des armes. Il Fig. et par plaisanterie. Endosser le harnois ou le harnais, se dit d'un homme d'Église ou de robe qui revêt les habits de sa profession. |{ Il sue dans son harnois, dans son harnais, se dit d'un homme trop vêtu. || Fig. et familièrement. Suer dans son harnois ou dans son harnais, être mal à l'aise. Don Matbéo suait dans son harnois. Pressait, priait, conjurait avec larmes, la font. Belph. Il Cet orateur s'échauffe dans son harnois ou dans son harnais, il parle avec beaucoup de chaleur et de véhémence. Le duc de Noailles bavarda longtemps sans dire grand'chose ; peu à peu s'échauffant comme exprès dans son harnais : vous n'avez pas voulu, me dit-il, des finances, st-sim. ♦05, 6. Il S'échauffer dans son harnais, dans son harnois, signifie aussi s'exciter. Ma foi, le philosophe D'un feu long et discret dans son harnois séchauffe, regnahd. Distrait, ii, 6. || Blanchir sous le harnais, sous le harnois, vieillir dans le métier des armes. Sire, ainsi ces cheveux blanchis sous le harnois. Ce sang pour vous servir prodigué teint de fois.... CORN. Cid, II, 9. Excusez un Tartare, excusez un soldat Blanchi sous le harnois et dans votre service, volt. Orphel. iv, i. || Familièrement. Blanchir sous le harnois, sous le harnais, vieillir dans un métier quelconque. Vous, qui avez blanchi, comme on dit, sous le hamois, mol. Pourc. i , H . Il a vieilli sous le harnois en voyant; il est spectateur de profession, la bruy. vu. || Il iaut mourir dans le harnois ou dans le harnais, se dit d'une profession pénible qu'on a embrassée et qu'on ne peut quitter. || Par extension, toute espèce d'habit militaire. C'est à la faveur de mon harnais que j'ai parcouru l'Italie, où l'on ne pouvait voyager qu'avec une armée, p. l. cour. Lelt. i, <(5. || 2° Harnais, tout l'équipage d'un cheval de selle. H Tout l'équipage de cuir d'une voiture. || 3° Par extension, chevaux et attirail d'un voiturier, d'un roulier. C'est un chemin trop étroit pour les harnais. || Cheval de harnais, cheval de charrette. || 4° Terme d'oiselier et de pêcheur. Tout l'équipage qui sert pour la chasse des petits oiseaux ou pour la pêche. || 5" Assemblage de plusieurs pièces, dont le rubanier et le gazier se servent pour confectionner leurs étoffes. Il 6° Terme de métallurgie. Double harnais, appareil qui fait mouvoir les soufflets.
— HIST. XII* s. Harnois [bagage] et toute la frapaille Oui riens ne surent de bataille, [il] Fist dejouste le mont ester. Brut, ms. f°94, dansLACURNB. Du sanc des bestes ont lor cors ensanglantez, Lor harneiz e lor bons en ont avironnez, wace, Rou, ) 78 i . il xiii* s. Bien i ot vint mile que homes, que femes, que enfans, et bien trois mile chars chargiés de leur robes etde leur harnois, sans leur autres proies, viLLEH. CLxv. Nus ne puet ouvrer au diemenche.... se ce n'est pour enarmer un escu au besoing, ou pour mètre uns estriez et un poitral à une sele ou un lia>nais à some alachier, Liv. des mit. 2H. Hom quelconques il soit, se il vient de dehors Paris por ester à Paris, ou vait hors de Paris por ester ailleurs et il amaine ou remaine le harnais de son ostel en une nef, ib. ï05. Et li destrier sorquoi [elles] seoient, Molt tost et molt souef ambloient ; Et sachiés bien que l'un bernois N'esligast mie [ne dédaignât] uns riches rois. Lai du trot. Il deit perdre son harneis de chevau et d'armeures, et deit estre
OICT. DE LA LANOtn; FRANÇAISE.
bani fors dou pays, Ass. de Jêr. i, SU. || xiv* s. Je vous donne congiet, vos hamas est toursés. Et mille florins d'or, que vous despenderés, Baud. de Seb. IX, 75fi. Il XV* s. Jean Bourcinel avoit pourvu deux hamois d'armes bons et suffisans, froiss. ii, II, 86. Appartient il que les harnas Porte un corbeau ou un huas [chat-huant] De l'aigle et le noble courroy? e. derch. Poésies rms. f* 320. De bons harnois [habits], de bons chaucons [chaussons] vestus, ib. t° 234. Et y estoit portant le hamois le chancelier de France, comm. i, 2. Incontinent qu'il [le duc do Bourgogne] estoit descendu de cheval au lieu où il venoit pour loger, il ostoit le menu harnoys et retenoit le corps de la cuyrasse, m. y, 6. Il xvi* s. Nous sommes icy assez mal avitaillés, et pourveus maigrement des harnoys de gueulle, bab. Garg. i, 32. Benoist monsieur, dit Panurge [à Dindenault qui s'exaltait à vanter ses moutons), vous vous eschauffez en vostre harnois, id. Pant. iv, 7. La jeunesse s'eschauffe si avant en son harnois toute endormie, que.... mont, i, 92. Nous louons un cheval de ce qu'il est vigoreux, non de son harnois, ID. I, 324. Harnois ne vaut rien s'il n'est deffendu, i.EHOL'x DE LiNCï, Ptov. t. Il, p. (69. Que nul ne se ingère ou advance de pesquier [pêcher] d'aucun harnas es eauwes de nostre dit pays, Coutt. gén. 1. 1, p. 813.
— ÉTYM. Picard, harnas, attelage de quatre chevaux; wallon, hema; namur. hernè; Berry, harnas; provenç. et espagn. âmes; portug. arnex; ital. arnese; angl. hamess; du celtique : bas-bret. harnex, ferraille; kimry, haiam, fer; irl. iaran; mot qui est de même racine que le germanique : angl. «Von, fer; aiXata. Eisen ; anc. h. allem. itam. Le moyen h. allem. hamasch, et l'allem. mod. Harnisch viennent des langues romanes. Le sens propre est engin en fer, armure ; puis de là le mot a passé au sens de toute espèce d'engin soit pour le cheval, soit pour la chasse, soit pour la cuisine, etc.
HARO (ha-ro), s. m. || 1* Terme de pratique dont on se servait pour faire arrêt sur quelqu'un ou sur quelque chose, et pour procéder sur-le-champ devant le juge. || Clameur de haro, opposition que l'on formait. Nonobstant clameur de haro, charte normande et lettres à ce contraires, Formule qui se trouve dans tous les privilèges du roi pour imprimer. Il Fig. et familièrement. Crier haro sur quelqu'un, se récrjer contre ce qu'il dit ou fait. Le bon Jean crie au meurtre, et le docteur, haro, bégnieb, Sat. X. A ces mots on cria haro sur le baudet, la FONT. Fabl. vil, 1. Tous crient de concert haro sur le premier qui osera se moquer des sottises sur les quelles ils s'accordent, d'alemb. Lett. à Volt. 22 fév. (764. Il Le haro, le cri qui s'élève dans le public. Affronter le haro, l'indignation publique I pour qui? pour des ingrats qui vous payent d'un cordon, et disent.... p. l. cour. Lelt. particulière. La. canaille [dans le royaume de Naples] est le parti du roi [le prince Bourbon chassé], et tout propriétaire est jacobin : c'est le haro de ce pays-ci, ID. Lett. 1, 68. Il Terme de droit féodal. Droit de haro, droit qui permettait au seigneur haut justicier de faire payer l'amende à ceux qui laissaient échapper un individu sur lequel on avait crié haro.
— HIST. xiii* s. Puis escrie : haro le fu [feu] ! Cil delà vile.... Fabliaux mss.y. <47, dans lacurne. Lors crierez harou, qu'ele vous veut meurdrir, Berle, xiii. Et Blancbeflors s'escrie : haro, traï, traï, 16. Lxxxix. Il XIV* s. Ois rois iert Rous [RoUon, ijui ravageait la Neustrie avant d'en être duc] ; pour ce crioient Normans que en son tans fuioient Droit vers Chartres comme garous. De toutes parts : ha Rous, ha Rous, o. guiaht, v. 472). || xv* s. Dont ceux qui le virent commencèrent à crier et à huer et à faire grand haro, fboiss. i, i, 93. Quand les nouvelles et le haro en vinrent à Landrecies, iD. ib. 1, I, H3. Il XVI* s. Nonobstant opposition ou appellations, clameur de Hâ-Raol et doléances quelconques, Edit, sept ) 561. Et en ce faisant a déclaré à bonne cause le haro interjeté par ledit le Vaillant sur ledit Hais, Arrêt du parlem. de Bouen, <3 mars 1 698.
— ÉTYM. L'ancienne opinion est que haro représente ho Raoul, c'est-à-dire est un appel à Rollon, premier duc de Normandie, qui fut un grand justicier. Cette opinion était au commencement du quatorzième siècle celle de G. Guiart, qui, il est vrai, l'interprétait autrement et y voyait un cri d'effroi. Diez la condamne et dit que ha n'est pas l'exclamation qui devrait se trouver ici ; il propose l'ancien haut-allemand, hera ou hara, ancien saxon, herod, qui signifie ici; de sorte que le sens de haro serait : viens ici, viens à mon secours ; enfin herod permet d'expliquer l'ancien verbe haroder, harau-
der, pousser des cris; il voit aussi, dans harlou, la simple har, ici, avec loup: ici au loup. Ces raisons plausibles ébranlent beaucoup l'ancienne étymologie. Dans les foires de Champagne, haret haret ou are! are! était un cri des sergents pour annoncer que la foire était close; en Flandre, ce cri était ara.
t HAROCELLK (ha-rou-è-l'), ». f. Terme de pêche. Corde garnie de lignes latérales qui portent des hameçons.
t HARPAGON (ar-pa-gon), t. m. Personnage principal de VAvarede Molière. ||Fig. Homme avare et avide. C'est un Harpagon. J'avais affaire à un Harpagon.
— ËTYH. Lat. harpagonem, voleur, proprement grappin, du grec SpnaS, qui ravit, enlève.
i . t HARPAILLER (bar-pâ-Ué, U mouillées), e. n. Terme de chasse. Prendre le change, se séparer, en parlant des chiens.
— ÉTYM. C'est probablement un dérivé péjoratif de harperi : mal saisir, prendre le change.
2. HARPAILLER (SE) (har-pa-llé, U mouillées, et non har-pa-yé), v. rift. Se quereller avec aigreur. Que reste-t-il à faire après qu'on s'est bien harpaillé? A mener une vie douce, tranquille, et à rire, volt. Lett. Palissot, da.ns palissot. Œuvres, t. i, p. 460.
— ÉTYM. Fréquentatif de harper 2; lorrain, se harpouiller. Dans l'ancienne langue, harpaillé, heipailte signifiait canaille.
t UARPAYE (har-pé), s. m. Nom vulgaire au circus roux (rapaces) , appelé busard harpaye par certains auteurs, et dont l'individu jeune pris pour une espèce particulière avait reçu le nom de bu< sard des marais, legoarant.
<. HARPE (har-p'), s. f.\\ l' Chez les anciens Juifs, instrument de musique triangulaire et portalif avec des cordes graduellement décroissantes. Toutes les fois que l'esprit malin envoyé du Seigneur se saisissait de Saûl, David prenait sa harpe et en jouait; et SaQl en était soulagé, SACi, Bible, Rois, 1, XVI, 23. Ainsi nous, quand nous donnons une harpe à David, ce n'est que par conjecliure; ils [les Juifs] avaient des instruments à huit et à dix cordes, fleuhy. Moeurs des Israél. tit. xv, 2* part, p. 493, dans POuoENS. || Fig. et populairement. U est parent du roi David, et joue de la harpe, se dit d'un filou, par un jeu de mots entre harpe et harper a. Qu'auraient fait de plus des filous? Tu sais donc jouer de la harpe? J. moreau, Suite du Virgile travesti, xii. |{ 2° Chez les modernes, instrument de musique de forme semblable à la harpe juive, mais aussi haut que l'homme, et qui a une quarantaine de cordes. Jouer, pincer de la harpe. On autre instrument pincé , qui, depuis cinq à six ans est fort fêté à Paris, c'est la harpe, surtout telle qu'elle est travaillée à présent, c'est-à-dire avec des pédales qui la rendent chromatique, Dict. des arts et met. Luthier (I767). || 8° Harpe éolienne, instrument à cordes monté de manière à rendre des sons quand le vent vient à le frapper. Corinne lui dit que c'étaient des harpes éoliennes que le vent faisait résonner et qu'elle avait placées dans quelques grottes du jardin, pour remplir l'atmosphère de sons aussi bien que de parfums, stael, Corinne, viii, 4. 1: 4' Fig. La poésie religieuse, sans doute par allusion à la harpe de David et à ses psaumes. Ah! si jamais ton luth [de Byron], amolli par les pleurs, Soupirait sous tes doigts l'hymne de tes douleurs.... Jamais, jamais l'écho de la céleste voûte, Jamais ces harpes d'or que Dieu lui-même écoule, Jamais des séraphins les chœurs mélodieux De plus divins accords n'auraient ravi les cicux, lamaht. Méd. i, 2. Ma harpe fut souvent de larmes arrosée, iD. ib. 11, B. || Harpe se dit quelquefois de la poésie en général, comme tout autre instrument de musique. Tremble, mol et faible la Harpe, Crains l'avenir où je t'attends; Mon âpre luih vaincra ta harpe. Mes vers durs dureront longtemps, LEBBUfc, Épigr. (C'est Lemierre, poète fort dur, qui es» censé parler). || 6° Nom vulgaire d'un poisson, la triple lyre de Linné (océan Atlantique, Méditerranée). Il Coquille univalve.
— HIST. XII* s. Regehissez (confessez] ad segnur en harpe, en saltier de dis cordes, cantez à lui. Liber psalm. p. 39. Il un* s. Plus lor plaist [la nouvelle] à ouïr que harpe ne vielle, audefh. le bast. Romancero, p. <7. || xv* s. C'estoit [certains con seilsj la chançon et la ù<:rpe Dont la saincte femme le berse,E. desch. Idiroir de mariage, p. 1 u.\l xvi*s. David d'une harpe on décore, J. uaho r, v. Sou. Aux saules verts nos harpes nous pendismes, marot,
— ÉTYM. Provenç. espagn et ital. arpa; portug. harpa; du bas-lat. harpa, qui désignait un instru-
HAR
HAR
HAR
ment de musique uaité chez lea uermams, et qui Tienl du germanique : anc. «cand. harpa; anglo- »a«. hearpe; anc. n. allem. harpha; allem. inod. llarfe. Diez pense que harpa a été dit ainsi de sa forme en crochst, et que c'est le mSme mot que harpe 2 (voy. harpbr S).
f a. HARPE (bar-p'), ». f. || 1" Terme de vénorie. La griffe d'un chien. || %° Terme de construction. Harpe de fer, morceau de fer coudé, servant A relier les poteaux corm lera des pans de bois aux murs. On fait aussi des harpes de bronze. |{ 3° Terme de maçonnerie. Harpes, ou pierres d'attente, ou naissanc", pierres qu'on laisse sortir hors d'un mur, pour faire liaison avec une autre muraille. On les nomme harpes parce qu'elles saisissent pour ainsi dire l'autre muraille. || Se dit également des pierres qui sont dans les chaînes des murs et qui sont plus larges que celles de dessus et de dessous. || 4' Harpe se disait, dans l'ancienne fortification, d'une espèce de herse.
— HIST. XV* s. Toutes jambes ou membrures de pierre de taille, parpeignes assis au rez de chaussée, ou en terre mitoyenne entre deux voisins, où il y a harpes faisans partemens d'une part et d'autre, c'est à .sçavoir, par devers chacun de deux voisins, font borne et division do moitoyrie entre les dessusdits deux voisins, Ordonnance, (485.
— f.TYM. Voy. HARPER 2;provenç. arpa, griffe. *. HARPE, iîE (har-pé, pée), adj. || 1° Terme de
vénerie. Lévrier bai-pé, celui qui a le devant et les deux cfltés fort ovales avec un peu de ventre, de maniire à présenter une sorte de ressemblance avec une harpe. Lévrier bien harpe. || 2° Terme de manège. On dit d'un cheval qu'il est bien harpe lorsque son estomac descend fort bas et que son ventre remonte fort haut, parce que cette disposition représente le cftté courbe d'une harpe.
— ÊTYM. Harpe i.
t2. HAKPË (har-pé), t. m. Poisson du genre thoracique.