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tallurgie. Mettre hors, arrêter le fourneau, cesser le travail pour quelque temps, vider le fourneau. Il Fig. S! ce n'est. Vous commandez à tout ici hors à vous-même, Beaumarchais, Mar. de Figaro, v, <2. Il S. m. Le dehors, l'extérieur; peu usité présentement en ce sens. Le cardinal de Noailles trempait dans un état de disgrâce intérieure qui, pour ne pas paraître au hors, n'en était pas moins douloureux, ST-siM. (65, 31. Il Terme de manège. Le hors du montoir, le côté droit du cheval. || i° Prép. X
l'extérieur de Sur le haut du jour. Nulle des
sœurs ne faisait long séjour Hors le logis, la font. Mazet. Il y avait hors la porte de la cour une terrasse, I. j. Bouss. Conf. i. Il Terme de chamoiseur. Peaux hors l'eau, peaux qui ne sont plus humides. Il Terme de manège. Hors la main, se dit d'un cheval qui n'obéit point à la bride. || Fig. Mettre hors la loi, se dit d'un pouvoir souverain ou dictatorial qui, mettant un homme hors de la protection de la loi, déclare q;\'il suffira de constater son identité pour l'envoyer au supplice sans jugement. La Convention mit hgrs la loi plusieurs de ses membres. Il 3° Fig. Excepté. ...hors les fils d'Horace il n'est point de Romains, corn. //or. ii, t. Nul n'aura de l'esprit, hors nous et nos amis, mol. F. sav. m, 2. Tout nous est étranger hors le dieu que je sers, VOLT. Fanât, i, 2. Tel est le néant des choses humaines, que, hors l'être existant par lui-même, il n'y a rien de beau, j. J. rouss. Uél. vi, 8. Hors moi, Je n'ai vu que lui seul de tolérant depuisque j'existe, ID. Confess. vu. || Hors que, avec un verbe à l'indicatif, ou au conditionnel, excepté que. Langlide a pensé mourir à Fresne de la même maladie de Mme de Coulanges, hors qu'il fut plus mal encore, s£v. 3i7.Voilàqui sent le roman, hors qu'il faudrait que..., HAMiLT. Gramm. 3.||Hors que.... ne, avec un verbe au subjonctif, signifie à moins que. Hors qu'un commandement exprès du roi ne vienne De trouver bons les vers dont on se met en peine. Je soutiendrai toujours..., mol. Uis. ii, 7. Tout propriétaire veut l'ordre, la paix, la justice, hors qu'il ne soit fonctionnaire ou pense à le devenir, p. l. COUR. Lett. v. Il Hors, avec un verbe à l'infinitif précédé de la préposition de, signifie à l'exception de. Hors de se trouver au conseil, il n'avait aucune fonction, sT-siM. BO, 89. Ton esprit fasciné par les lois d'un tyran Pense que tout est crime hors d'être musulman, volt. Fanât, m, 8. || 4° Hors de, loc. prép. exprimant exclusion du lieu et des choses considérées comme ayant quelque rapport au lieu. Il peut faire trembler la terre sous ses pas, Mettre un roi hors du trône, et donner ses États.... Mais le cœur d'Emilie est hors de son pouvoir, corn. Cinna, m, t. Car hors de l'Arménie enfin je ne suis rien, ID. Nicom. III , t. Hors de Paris il n'y a point de salut pour les honnêtes gens, mol. Préc. se. ^o. Le roi part demain; il y aura cent mille hommes hors de Paris; on a fait ce calcul, sév. < 34. Hors de chez eux, ils ne voyaient rien qui ne leur fît pitié, EOUBDAL. Homél. sur l'aveugle-né, Domin. Dès cette vie nous trouverons notre souverain bien, qui ne peut être hors de Dieu, ID. Myst. Épiphan. t. i, p. ) 39. Misérables jouets de notre vanité Nous cherchons hors de nous nos vertus et nos vices, boil. Éptt. m. J'ai commencé, et je continue d'être par quelque chose qui est hors de moi, la brdy. xvi. Un cœur heureux ne cherche plus rien hors de lui, MASS. Carême, Prosp. temp. || Elliptiquement. Hors d'ici, hors de là, sortez d'ici, retirez-vous de là. Hors d'ici tout à l'heure et qu'on ne réplique pas; allons, qu'on détale de chez moi, mol. Avare, i, 3. || Fig. Etre hors de soi, être dans un état d'agitation extrême. Je suis si aise, que je suis hors de moi, sÉv. 4 9 déc. )C64. Un homme transporté hors de luimême, Boss. Hist. Il, 2 Mon cœur hors de luimême S'oublie et se souvient seulement qu'il vous aime, bac. Bérén. iv, B. Zadig, hors de lui-même, et comme un homme auprès de qui est tombé le tonnerre, marchait au hasard, volt. Zadig, ch. 24 . Il Mettre quelqu'un hors de lui, l'impatienter, l'irriter. Quel diable d'homme I il m'a mis hors de moi, CHAMPFOBT, Marchand deSmyrne, se. 7. IJTerme de palais. Mettre hors de cour, ou hors de cour et de procès, renvoyer les parties en déclarant qu'il n'y a pas lieu de prononcer un jugement. || Mettre hors de cause, déclarer qu'une nersonne ne doit pas être partie au procès. || Dans un sens analogue. Être hors de cause. !i Fig. Cela est hors de cause, il n'est pas question de cela, cela n'entre pas dans le débat. \\ Autrefois, en matière criminelle, hors de cour signifiait qu'il n'y avait pas assez de preuves pour condamner. Il Substantivement. Un hors de cour, un jugement qui met hors de cour (cette locution yieillit). || Hors
d'œuvre, et hors-d'œuvre, voy. œuvre. ||6° Fig. Hors de, exprimant l'exclusion de la chose indiquée par le complément, sans aucun rapport au lieu. Enfin nous voyons nos tètes Hors de l'injure du sort, malh. II, 2. Nos champs même ont leur abondance Hors de l'outrage des voleurs, lo. m, 3. Voyez des maux sans nombre et hors de guérison, corn. Agés. I, 2. L'amour hors d'intérêt s'attache à ce qu'il aime, id. Pulch. u, i . Un pas hors du devoir peut nous mener bien loin, id. Suréna, iv, 3. Le plein calme est un bien hors de notre puissance, id. Imit. I, 22. Mais du moins votre esprit est hors de ses alarmes, m. Poly. ii, S. Et je vais égayer mon sérieux loisir À mettre Amphitryon hors de toute mesure, MOL. Amph. m, 2. On n'y peut plus souffrir ses vertus hors de mode, boil. Sat. xi. Pour me mettre hors de servitude, fén. Tél. xiu. Les belles choses le sont moins hors de leur place ; les bienséances mettent la perfection, et la raison met les bienséances, la brut. xiv. Il me semble qu'il [un critique] ne pardonne pas assez à un ministre [Colbert] qui fut jeté hors de toutes ses mesures par les guerres de Louis XIV et par la magnificence de ce monarque, volt. hett. Damilaville, 21 fév. I766. Il Hors de dispute, incontestable. S'il y a quelque contestation pour le nom de l'auteur [de l'Imitation], il est hors de dispute que c'était un homme bien éclairé du Saint-Esprit, corn. Imit. Préf. éd. ("70.
Il Hors d'haleine, essoufflé Tout hors d'haleine
il prend pourtant sa place, corn. //or. iv, 2. || Ce malade est hors d'affaire , il ne court plus aucun danger. La petite Saint- Valeii est hors d'afl'aire pour sa vie, mais sa beauté est fort incertaine, sév. 4 0 juillet (675. Il Hors de prix, d'un prix excessif. Le vin, depuis la maladie du raisin, est hors de prix. Il Être hors de combat, n'être plus en état de combattre. Il Fig. Il est hors de combat, se dit d'un homme réduit à l'impossibilité de continuer une lutte, une entreprise. || On dit dans les deux sens : mettre hors de combat. || Être hors de service, se dit d'une chose qui ne peut plus servir. Ce meuble est hors de service. || 6: Fig. Hors de là, sorti de là, cela ôté, à part cela. Sévère dans l'exercice de ses fonctions, hors de là très-indulgent. Si cette faiblesse d'un homme public, si ce vice secret a influé sur les affaires publiques...., votre devoir est de démêler ce petit ressort caché qui a produit de grands événements : hors de là, vous devez vous taire, volt. Hist. Russ. Préf. hist. || 7° Hors de, exprimant l'exclusion par rapport au temps. Nous voilà hors de l'hiver. Il ne mange point hors des repas, parce que c'est surcharger l'estomac, pendant que la digestion n'est pas finie, fén. Édue. filles, ch. 2. || Être hors de page, avoir accompli le temps de son service comme page. || Fig. Être hors de page, être tout à fait son maître. Il n'a pas de tuteur, il est hors de page. Il On dit dans le même sens : il s'est mis hors de page. || Substantivement. Le hors de page, la récompense accordée aux pages qui sortaient du service. Il Terme de manège. Hors d'école, se dit d'un cheval qui n'a pas été exercé depuis longtemps dans un manège.
— REM. Voltaire a blâmé Corneille d'avoir dit : Votre esprit est hors de ses alarmes ; assurant qu'il faut hors d'alarmes. Mais Corneille s'est très-bien exprimé et ce sont deux sens différents: l'esprit est hors d'alarmes, quand il n'a plus rien qui l'inquiète; il est hors de ses alarmes, quand ce qui l'inquiétait s'est dissipé.
— SYN. HORS, HORMIS, EXCEPTÉ. Hors et hormis sont exactement synonymes, puisque hormis n'est que la préposition hors renforcée du participe mis. Reste excepté. Hors signifie en dehors de; excepté signifie à l'exception de. La synonymie est com plète, sauf la seule nuance qui résulte de la signification étymologique; on emploiera hors, quand on voudra exprimer la même idée qui est rendue par en dehors de ; et excepté, quand on voudra surtoutinsistersur l'idée abstraite qui est dans exception.
— HIST. XII* s. Tant sui-je hors de peine et de tourment, Couci, x. Se j'ai esté long temps hors du pais, ib. p. 4 24. Parles ordenez Deu [de Dieu], qui furent establi, Fu gelez hors del temple. Th. le mart. 74. Hxiii* s. Après a fait la vieille toute gent hors issir, Berte, xiu. Jamais par huis, ne par fenestre. Ne metra hors neïs [même] le chief, la Rose, 15267. Li pères elle [la] mère poent mètre lor enfans, à le [la] mesure qu'il viennent en aage, hors de lor main et hors de lor pain et de lor pot, BEAUM. XXI, 20. Li mesiax [le lépreux] pot mètre en sa deffense qu'il est hors de le [la] loy mondaine, ne qu'il n'est pas tenus à....,iD. lxiu, 40.Et y fesoit nostredame moult grant miracles, dont en-
tre les autres ilavoit un hors du sens qui avoit le dyable ou cors, joinv. 280. {| nv s. Les autres y adjoustent et mettent habundance des biens de hors, comme sont richesces et puissance civile, oresme, Elh. 4 8. Quant un home est mort et il est hors de touz maulz et de toutes infortunes, id. ib. 22. || xv« s. Ils [les Gantois] s'enorgueilleront tellement que Dieu se courroucera et leur remontrera leur orgueil, avant que l'année soit hors, fboiss. ii , ii, 4 ah. Il ne scet rien qui ne va hors, e. deschamps, Foés. mss. f° 256. Et le roy print le hanap, et le mist en sa bouche, et beut tout hors, car moult luy sembla delioieus à boire, Perceforett, t. ii, f" 27. Affin que on ne dye pas que je soye hors de faire ce que je doys, ib. 1. 1, f° 30. Ils nous vouloient attendre au plein pays, afin que rien n'eschapast; car il leur sembloitquedes montagnes en hors, on eust peu fuir vers Pise, comm. viii, b. || xvi* s. J'ai bon besoin de repos, ce que je voys [vais] prendre hors d'avecques ma fille, car elle est si endemenée que je ne saurois reposer auprès d'elle, mahg. Lett. 67. Il se jecta hors la ville, mont, i, 64. De là en hors [depuis lors], ID. I, 84. Hors de propos, id. i, 98. Ce qui est hors les gonds de la coustume, m. i, 416. Une femme hors d'aage, id. i, 226. Ils beuvoient hors du manger, id. i, 237. Furieux et hors de soy, id. i, 278. Hors d'haleine et de force, id. u, 431. Grattant sa jambe aprez que les fers en feurent hors, m. u, 120. Comme le soleil espand du ciel en huis sa lumière, ID. u, 295. Tous deux engendrez à la.deswbée et hors légitime mariage, amvot, Thés. 2. B n'estime ny ne prise personne hors luy, id. Cm : discern. U flatt. de l'ami, 33. Les fumiers qui se feront de Noël en hors, seront serrés pour les bleds byvernaux, 0. de serres, 4 02. Si la donation n'est faite hors part, ils sont tenus de rapporter le dit don, en venant à la succession, liouv. coust. génér. 1. 11, p. 607.
— ÊTYM. Autre forme de (ors (voy. ce mot), par une transformation, très-rare en français, régulière en espagnol, de Vf latin en h; wallon, ^oiî.
HORS-D'OEDVRE, Toy. ŒUVRE.
t HORS-FONDS (hor-fon),«. m. Terme d'ancienne finance. Dans les pays d'États, fonds excédant la somme q'ie le roi'fcvait demandée à la province. Le hors-fonds était censé appliqué aux besoins de la localité.
.— ÉTVM. Hors, et fonds.
HORTENSLA (or-lan-si-a) , s. m. Terme de botanique. Arbrisseau du Japon [hortensia rose), dit aussi rose du Japon, qui est cultivé comme plante d'agrément, hydrangea hortensia, DC. famille des saxifragées; il porte des fleurs qui naissent en corymbes touffus; il a été importé en Europe dans les dernières années du xviu* siècle.
— ÉTYM. Le nom de cette plante vient de ce que Commerson la dédia à une amie appelée Hortensc, qui fut la femme de Lepeaute, célèbre horloger de Paris, legoarant.
t HORTICOLE (or-ti-ko-l') , adj. Oui a rapport à l'horticulture, qui concerne les jardins. Revue horticole. Il Terme de zoologie. Qui fréquente les jardins. Les insectes horticoles.
— ÉTYM. Voy. HORTICULTURE.
HORTICULTEUR (or-ti-kul-teur) , s. m. Celui qui
j'occupe -de la culture des jardins. *
— ÊTYM. Voy. HORTICULTURE.
t HORTICULTURAL, ALE (or-ti-kul-tu-ral,ra-l'), adj. Qui a rapport à l'horticulture. Les procédés horticulturaux.
HORTICULTURE (or-li-kul-tu-r'), s. f. L'art de cultiver les jardins. Exposition d'horticulture.
— ÉTYM. Lat. hortus, jardin, et culture. Hortus paraît être de même radical que le grec yoptoi, enclos; et, à son tour, xop'^oî ^st de même radical que le latin chors, chortis, enclos rural, d'où vient le bas-latin curtis, d'où le français cour, s. f., écrit anciennement court.
t UORTILLON (or-ti-Uon, Il mouillées), s. m. Nom qu'on donnait autrefois aux maraîchers. Nom des jardins maraîchers ûans la Picardie.
— ÉTYM. Lat. hortus, jardin (voy. horticoltore). t UOSANNA (o-/.a-nna), s. n». |{ 1° Prière que les
Juifs prononcent pendant la fête des Tabernacles. Il a° Terme de liturgie. Hymne qui se chante le jour des Rameaux et qui commence par le mot hosanna. || Le dimanche hosanna, le dimanche des Rameaux. || 3" Par extension, louange, bénédiction, cri de joie. Tant ceux qui marchaient devant que ceux qui suivaient, criaient : Hosanna, salut et gloire, SACi, i<ibk, St Marc, xi, ». Les séraphins sont invités à répéter avec le chœur des fidèles l'hosanna éternel, chateaob. Génie, iv, i, ». Chaque
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heure a «on tribut, son eoeens, son bomm^e, Qu'elle apporte en mourant aux pieds de Jébova ; Ce n'est qu'un même sen» dans un divers langage; Le matin et le soir lui disent: hosannal lamaht. Ilarm. il, o. Quelque chose de grand s'épandra dans les cieui I Cesera l'hosaiina do toute créature I V. iit'oo, Crép. 2a. Il Au plur. Des hosanna».
ÊTYM. Mot hébreu, formé de hoscha, sauve,
verbe à rimpcratif , venant de ischa, salut (d'où le nom de Jétus) , et no, présentement.
IIO.SPICE (o-spi-3'), s. m. Il !• Lieu où l'on donne l'hospitalité (sens primitif mais vieilli). Donner l'hospice i quelqu'un, Ihct, de l'Acad. Les traitemonts que j'éprouve en ce pays sont trop contraires... aux intentions du grand prince qui m'a donné cet hospice, J. i. ROiss. Lelt. au marquis de Uirnbeau, )î août (767. ||Fig Vos divers édifices, Des animaux, des fleurs agréables liospices, delille, Jardins, iv. || i" l'articuliiîrement. Maison où des religieux donnent l'hospitalité aux pMerins, aux voyageurs. L'hospice du mont Saint-Bernard. La charité engagea les religieux du monastère latin [établi par les Amalfitains à Jérusalem, avant la conquête par Godefroy de Bouillon) à former un hospice, dédié à saint Jean l'aumônier, pour les pèlerins tant malades qu'en santé, tous réduits à une extrême misère, ilr» de vérifier les dates, t. i,p. 512. Il II se disait aussi d'un petit couvent biti par des religieux dans une ville pour y recevoir les religieux du même ordre. || Il se disait encore d'une maison bitie dans une grande ville pour y retirer pendant la guerre les religieux ou les religieuses (les couvents bâtis dans la campagne. || 3° Dans le langage administratif d'aujourd'hui, maison de charité où l'on nourrit, et entretient des pauvres, des vieillards, des infirmes, des enfants. Hospice de la vieillesse, des incurables, des enfants trouvés, eic. Il i° Il se dit d'établissements destinés aux maladies mentales. Hospice des aliénés , Dict. de l'Acad. Il Hôpital se dit aussi en parlant des aliénés.
— SYN. HOSPICE, HÔPITAL. Les hôpitaux sont particulièrement destinés à la guérison des malades; les hospices, aux infirmes, aux vieillarls, etc. L'hôpital est un asile momentané où l'on cherche la guérison d'une maladie , rbospice*est un asile perpétuel où l'on passe tout ou partie de son existence. Cette distinction est purement administrative. Autrefois il n'y avait qu'hôpital qui s'appliquait à tous les lieux destinés i recevoir des pauvres malades ou non malades.
— ETYM. Lat. hospitium, de même radical que hospes, hôte (voy. hôte).
nosPITALIEU, 1ÈRE (o-spi-ta-Iié, liè-r'), adj. Il 1' Qui a rapport aux soins des malades ou des infirmes dans un établissement, hôpital ou hospice, qui leur est ouvert (sens qui est le premier dans l'ancien usage français, hospitalier venant de hospitalarixis et non de hospilalis). Les soins hospitaliers. Les maisons hospitalières. || X titre hospitalier, comme digne d'être reçu dans un hôpital. Admis à titre hospitalier dans le dépôt de Villers-Cotterets. Il Hygiène hospitalière, partie de l'hygiène qui traite de la construction, de l'aménagemen*. et du service des hôpitaux et hospices. || 2° Heligieux hospitaliers, ou, substantivement, les hospilaliers, ordre militairf, de l'observance de saint Augustin; astreint aux trois vœux oianacaux et en outre au soin des pèlerins en terre sainte, malades et infirmes; ils prirent le nom de frères hospitaliers de saint Jean de Jérusalem ; c'étaient des chevaliers, et il fallait faire preuve de noblesse pour entrer dans leur ordre. L'Italie, la France, l'Espagne sont soutenues par les braves hospilaliers, CHATEAUB. Génie, iv, v, 4. || Dans l'ordre de Malte, grand hospitalier, le troisième en dignité après le grand maître, et dont l'office est de présider à l'hôpital de l'île. || À côté de ces religieux militaires, il se forma un ordre de religieuses hospitalières pour le service des pèlerins; eUes Tiisaieit leurs preuves de noblesse comme les chevaliers. Il Aujourd'hui, sœurs ho>pilalière3, ou, substantivement, les hospitalières, les filles de la Charité ou sœurs grises. || Sœurs hospitalières se dit, en général, de toutes les religieuses des ordres charitables Hospitalières de Saint-Joseph. Hos|iitalières de la Miséricorde de Jésus. Une telle s'est faito hospitalière, elle est entrée aux hospitalières. Ce malade est mort aux hospitalières. || Au masculin et par plaisanterie. Celui qui donne des soins aux malades dans un hôpildl. Les malades d'alors étant tels que les nôtres, Donnaient de l'exercice au pauvre hospitaUer, la hONx. Fabl. xii, 27. || 3» Qui exerce volontiers I hospitaliié (sens qui est moderne répondant aon i Iwspitalarius, mais k hospUalis).
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....On l'<'D vit sans luxe on est hospitalier, m. ). CHÉN. Oracquet , n , 3. || Se dit des choses dans le mime sens. Ils virent k l'écart une étroite cabane. Demeure hospitalière, humble et chaste maison , LA FONT. Phil. et Baucis. Dans ce beau lieu où de grands pins et de grands peupliers joignent amoureusement leur ombre hospitalière, dacier, Trad. d'Horace, Odes, n, 3. Vous ne reverrei plus la tribu de mon père, Les fils de Samuel, la tente hospitalière, nucis, Abufar, i, 5. Il n'a point oublié les services d'Êvandre , Sa table hospitalière et son accueil si tendre,, delille, En. x. Regarde un étranger qui meurt dans la pou.ssière, Si tu ne tends vers lui ta main hospitalière, A. cnEN. Idylles, le Mendiant. La jeune enfant approche, il rit, lui tend la main : Car c'est toi, lui dit-il, c'est toi qui la première, Ma fille, m'as ouvert la porte hospitalière, m. ib. La décoration soignée, les parures et la bonne intention des petites demeures ont quelque chose d'hospitalier, stael, Allem. i, ). Vous qui voulez prendre la place Des anciens maîtres de ces lieux, Imitez-les, faites comme eux: Si chacun ici les révère. C'est que leur porte hospitalière S'ouvrait toujours aux malheureux, scribe, la Dame blanche, II, ♦. Il 4° Poétiquement. Protecteur de l'hospitalité, ô dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître? Dit l'animal chassé du paternel logis, la font. Fabl. vu, 4«.
— REM. On a pris tout récemment hospitalière substantivement, au sens de celle qui donne l'hospitalité; l'emploi est hardi et non encore autorisé. Compris dans les condamnations et proscriptions de » 848, il trouva, avec ses autres compagnons d'infortune, un asile à Turin, la grande hospitalière de ces glorieux réprouvés, marc honmier , Revue german. t. zxv, p. <2I.
— HIST. XIII' s. L'aumône que ma dôme Teeline aveit feit à De [DieuJ e aus hospitaulers de la maisum de Launei..., Bibl. des eliartes, 3' série, t. v, p. 87. Boban d'hospitaliers [orgueil des chevaliers de Jérusalem], lerodx oe lincy, Prov. t. i, p. 30. Il XVI" s. N'est loisible à gens d'église, marguilliers, administrateurs d'églises, hospitaliers de maladreries, d'acheter, prendre et tenir en leurs mains fief ou rentes sur iceui, Nouv. coust. génér. t. n, p. 686. Tout ce qui y estoit [dans ma maison, lors d'une peste] estoit sans garde et à l'abandon de qui en avoit envie; moy, qui suis si hospitalier, feus en très pénible queste de retraicte pour ma famille; une famille esgarée faisant peur à ses amis et à soy mesme..., mont, iv, îo8.
— ÉTYM. Lat. hospitalarius (voy. quicmhrat. Addenda) , dérivé de hospitalis, lequel vient de hospes (voy. hôte). Au rvi' siècle on ne connaissait guère hospitalier, au sens de donnant l'bospitalité, propre à l'hospitalité (dans l'exemple de Montaigne le sens n'est pas très-précis); on disait hospital: Auprès de l'hospilale ombre, nu bei.lay, ii, 57, verso.
t HOSPITALifcitEMKNT (o-spi-ta-liè-re-man ) , adv. D'une façon hospitalière.
t HOSPITALISATION (o-spi-ta-li-za-sion), s. f. Terme d'administration. Admission et séjour à l'hôpital.
HOSPITALITÉ (o-spi-ta-li-té), s. f. || l" Chez les anciens, société contractée entre deux ou plusieurs personnes de différents lieux, entre des familles et même des villes entières, en vertu de laquelle on se logeait mutuellement dans les voyages, et l'on se rendait toutes sortes de services La reconnaissance et l'hospitalité Sur les Ames des rois n'ont qu'un droit limité, corn. Pomp. l, 4. Je voulais des grands dieux implorer la bonté. Surtout de Jupiier, dieu d'hospitalité, a. chiîn. Idylles, l'Aveugle. Il me donna jadis (ce bien seul m'est resté) Sa marque d'alliance et d'hospitalité, ID. ib. || 2° Libéralité qu'on exerce en logeant gratuitement les étrangers. Il [Abraham] mena toujours une vie simple et pastorale, qui toutefois avait sa magnificence, que ce patriarche faisait paraître principalement en exerçant l'hospitalité envers tout le monde, Boss. Ilisl. i, 3. Télémaque lui demanda l'hospitalité, fBn. Tél. IV. Celte hospitalité est un des plus sûrs indices de l'instinct et de la destination de l'homme pour la sociabilité, raynal, Hist. phil. xix, 5. Mais j'y vois la sagesse auprès de la beauté. Qui m'offre son asile et l'hospitalité, masson, Helv. ii.|| 8* Obligation où sont certains religieux de recevoir les voyageurs. Il y a hospitalité dans cette abbaye.
—ETYM. Provenç. /»o.ïpimii(a<,ospi(oJt«a<;espagn. bnspilalidad ; ital. ospitalità ; du lat. hospitalitatem, de hospitalis, ([ui vient de hospes (voy. hôte).
UOSPODAK (o spo^lar), ». m. Titre de dignité qui se donne à certains princes vassaux du grand . seigneur. L'hospodar de Valaehia.
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— REM. Voltaire aspirait \'h . le mltan [Mahnmet IVj dans sa lettre ne traitait le souverain dnf Kussies que de hospodar chrétien, et s'intitulait très-glorieuse Majesté, roi de tout l'univers, Russie, I, 3.
— ÉTYM. Mot slave : bohémien, hospodin, seigneur; russe, gospodar; lithuanien, gaspadorui. C« mot parait tenir au lithuanien gaspada; polonais, gnspoda, hôtellerie, d'où gospodarx, hôtelier, et de là hôte, maître. Pictet tire gospnda du sanscrit, gAshpada signifiant station des vaches, lieu où s'arrêtaient les voyageurs dan» un temps où les auberges étiient inconnues. Quant à voir dans hospodar le sanscrit jdspali, maître de famille , Max Mûller objecte que le ( sanscrit ne se change pas en d en slave.
t IIOSPODARAT (o-spo-da-ra), ». m. Charge, dignité d'hos]>odar. || Palais de l'hospodar. || Tempt que dure le gouvernement de l'hospodar.
— ETYM. Hospodar.
HOSTIE (o-stie), ». f. (| !• Tou'e victime que les anciens Hébreux offraient et immolaient à Dieu. Il mettra la main sur la tête de l'hostie, et elle sera reçue de Dieu et lui servira d'expiation, sau, Bible, Lévit. I, 4. Les hosties des méchants sont abominables, parce qu'ils les offrent du fruit de leurs crimes, id. ih. Prov. de Salom. xxi, ï7. Salomon pour hosties pacifiques égorgea et immola au Seigneur vingt-deux mille bœufs, et vingt mille brebis, m. ib. Rois, m, viii, 63. || Fig. La justice vaut mieux devant Dieu que de lui offrir des victimes, car quelle plus sainte hostie, quel encens plus doux, quelle prière plus agréable que de faire entrer devant soi la cause de la veuve...? boss. le Tellier. Il Terme d'antiquité romaine. Victime en général. Il S* Fig. Dans la poésie et le style élevé. Victime. En est<e fait, Juli8,et que m'appoilez-vous? Est-ce la mort d'un frère ou celle d'un époux? Le funeste succès de leurs armes impies De tous les combattants a-t-il fait des hosties'' corn. Ilor. m, 2. Père barbare, achève, achève ton ouvrage : Cette seconde hostie est digne de ta rage; Joins ta fille à ton gendre..., m. Polyeucte, v, 5. Du céleste courroux tous furent les hosties, la fort. Phil. et h. Hostie ne se dit plus, et c'est dommage; il ne reste plus que le mot de victime ; plus on a de termes pour exprimer la même chose, plus la poésie est variée, volt. Comment. Corn. Horace, m, 2. || En termes de dévotion. Personne qui consacre à l'ieu tout ce qu'elle est. Convertissez-vous de bonne heure ; que la pensée en vienne de Dieu et non de la fièvre, de la raison et non du trouble, du choix et non de la force et de la contrainte; si votre corps est une hostie, consacrez à Dieu une hostie vivante, boss. Bourgoing. Hostie vivante de Jésus-Christ, elle avait dressé de ses propres mains le bûcher où elle devait consommer son sacrifice, fléch. Mar.-TMr. C'est le religieux qui, lui-même et en personne, dans la profession des vœux, tient la place d'hostie et de victime, bourd. Pensées, t. ii, p. 4i8. Les vrais fidèle» qui, dans les hauts rangs où Dieu lea a fait monter, ne se sont jamais regardés que comme des hosties vivantes, pour alléger tout, pour porter tout, pour se dévouer à tout, id. Carême, t. i, p. 542. Acceptez, ô mon Dieu, le sacrifice que je vous fais aujourd'hui de moi-même; ne regardez pas les imperfections de l'hostie qui s'offre, u\ss. Prof, relig.3. Il 8* Le pain sans levain que le prêtre offre et consacre à la messe, et dans lequel Jésus-Chnst s'offre comme victime. La substance de l'hostie se change au corps de Jésus-Christ. Recevoir la sainte hostie. A l'élévation de l'hostie. Le prêtre prit auUnt d'hosties qu'il y avait de communiants et les consacra.
— HIST. XIV* s. Les quarante sous de parisis que me dame Béatrice me taie [ma tante] donna pour Diu en aumosne à l'église de Clermaresch pour vin et oistes à chanter messe..., tailliar. Recueil, p. 308. Hosties greigneurs estoient certains sacrefices que l'en fesoit pour aucunes grandes aventures, et le fesoit on des plus grans bestes si comme estoient buefs et vaches, berchelre, f* 2, verso. Il XVI* s. Qui marche au premier rang des hosties rangées, Qui prendra le devant des brebis égorgées? d'aub. lesTrag. v.
— ETYM. Provenç. et espagn. hostia, ital, o»(ta; du lat. hostia, victime, qui parait être de même radical que hostire, frapper, et hostis, ennemi (vcy. HOSTILE). Oisie est la forme ancienne et français» d'origine, hot^lia ayant l'accent sur o.
HOSTILE (o-sli-l'), adj. \\ 1" Qui est d'un ennemi, qui caractérise un ennemi. Entreprise hostile. |{ Il se dit aussi des inimitiés privée.». Je ne puis vous nombrer les louanges et les tendresses de Barillon ; je ne Mis où vous «vei pris qu'il ait M
HÔT
hostile pour tous, sév. Lett. «2 juin l«76.||Fig. 11 y avait dans la nature quelque chose d'hostile, M" DB STAËL, Corinne, xiv, 4.112" Dans le langage de la politique. Opposé, contraire. L'opinion est hostile au ministère. Les journaux hostiles au gouvernement.
— REM. Hostile ne se trouve pas dans la t" édition du Dictionnaire de l'Académie.
— HIST. XVI* s. Manière hostile De perdre gens, o. CRETIN, Poésies, p. 122. Quelque sens particulier.... qui advertit les poulets de la qualité hostile qui est au chat contre eulx, et à ne se desfler du
chien, MONT. II, 359.
— ÊTYM. Lat. hoslilis, de hostis, proprement ennemi, et, par suite, étranger, d'après Corssen, qui rattache ce mot à hostia, victime, et hostirc, frapper, faisant venir tous les trois dusanscr. ghas, dévorer, manger, et aussi blesser, frapper; hostia serait la frappée, et hostis le frappant. Les étymologistes en rapprochent aussi le germanique : goth. gasts; allem. Gast; angl. guest, hôte, étranger, du même sanscrit ghas, mais au sens de manger : le mangeur qu'on reçoit chez soi, l'étranger.
HOSTiLEMENT (o-sti-le-man), adv. D'une manière hostile, en ennemi. Ils [les Français] trouvaient, à quelques werstes de la route [de Moscou], tous les villages habités, et n'y étaient pas reçus trop hostilement, séguh, Hist. de Nap. vu, i.
— HIST. XVI' Quelle furie t'esmeut maintenant, toute alliance brisée, envahir hostillement ses terres, sans en rien avoir esté par luy ni les siens endommaigé, irrité ny provocqué? rab. Garg. i, 3i.
— ÊTYM. Hostile, et le suffixe ment.
HOSTILITÉ (o-sti-li-té), s. f. || 1* Acte d'ennemi
qu'un État fait exercer contre un autre. On commença les hostilités. Commettre des actes d'hostilité. La Russie possédait quelques forts vers le fleuve d'Amour, à trois cents lieues de la grande muraille; il y eut beaucoup d'hostilités entre les Chinois et les Russes au sujet de ces forts, volt. Russie, i, 7. L'hostilité sans déclaration de guerre contre un peuple voisin qui sommeille tranquillement sur la foi des traités..., raynal, Hist. phil. x, 44. ||Fig. Disposition à l'inimitié. Procurez-vous sa haine et son hostilité Plutôt qu'une amitié..., bothoo, Bélis. IV, 6. Il 2° Disposition hostile des États et gouvernements. L'hostilité de la Restauration contre le gouvernement révolutionnaire d'Espagne finit par la guerre. || Sentiment d'opposition hostile, quant à la politique et aux affaires publiques. L'hostilité des journaux contre le nouveau minisière.
— HIST. xvi« s. Par voye et hostilité de guerre, Lettres de Louis XII, t. i, p. 8i, dans lacurne. Le temps de minorité et hostilité qui auroit esté telle que durant icelle on n'auroit peu agir ny defTendre, Coust. génér. t. i, p. 6 04. Déclarant criminels de leze majesté tous ceux qui en forme d'hostilité ont pris les armes contre le roy en son royaume, condé. Mémoires, p. 686. Jamais l'ambition, jamais les inimitiez publicques ne poulserent les hommes les uns contre les aultres à si horribles hostilitez et calamitez si misérables [qu'en Amérique les Espagnols], MONT. IV, 20.
— ÊTYM. Provenç. hos*t!tta(; espagn. hostilidad; ital. ostilità; du lat. hostilitalem (quicherat. Addenda), qui vient de hostilis, hostile.
t HOSTISE (o-sti-z'), s. f. Terme de féodalité. Nom donné à des chaumières habitées, moyennant redevance, par des paysans.
— HIST. xiu* s. Si avint que deus de ses estes [serfs] vindrent pledier par dev?jit li de l'iretage de lor ostize, beaum. vi, 34.
— ÊTYM. Hôte, hoste, au sens de serf.
HÔTE, ESSE (ô-f, tè-s'), s. m. et f. || 1» Celui, celle qui reçoit et traite quelqu'un sans rétribution, qui lui donne l'hospitalité, par humanité, par amitié, par bienveillance. Nous remerciâmes notre hôte de l'accueil qu'il nous avait fait. Mon hôte, maintenant que, sous tes nobles toits, De l'importun besoin j'ai calmé les abois, a. chén. Idyll. le Mendiant. Il II s'est dit des paysans ou bourgeois qui étaient contraints de loger les soldats, les officiers du roi. Il Kig. Tous autres nœuds brisés, Seul hôte de toimême et maître de la place, corn. Imit. ii, 8. Et que peu de beaux corps, hôtes d'une belle âme. Assemblent l'un et l'autre point, la font. Fabl. vu, 2. |1 2° Celui, celle qu'on reçoit et qu'on traite bien. Régaler ses hôtes. Le fameux Scipion de qui vous fûtes l'hôte,
COBN. Sophon. IV, 2 Notre bonne commère [la
grenouille] S'efforce de tirer son hôte au fond de l'eau, LA FONT. Fabl. IV, 44. Lycus lui-même emplit une coupe profonde, L'envoie à l'étranger : salut , mon hCte, bois, a. chën. Idylles.le Mendiant, Pour boire