‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 373 sur 388 · HOP · texte numérisé non relu

HOP

tibles de traitement, les femmes et les flUes encointes y sont admis; il est donc l'hôpital de l'homme nécessiteux et malade , nous ne disons pas seulement de Paris et de la France, mais du reste de l'univers, tenon, Mim. sur les hôp. Préface, p. I. Il s'agissait d'étudier les hôpitaux dans les hôpitaux mêmes, et d'y saisir ce qu'une longue expérience avait indiqué comme nuisible, ou marqué du sceau de l'utilité, id. ib. p. x. Il y a dans Amadabad, capitale de Guzarate, deux ou trois hôpitaux d'animaux où l'on nourrit les singes estropiés, invalides, et même ceux qui, sans être malades, veulent y demeurer, buff. Quadrup. t. vii, p. (63. If Mettre une fille de mauvaise vie à l'hôpital, la mettre dans une maison de correction. Il 2° Particulièrement, dans le langage administratif, m.-ison de charité établie pour donner des soins gratuits aux malades indigents , par opposition à hospice oi"! on ne reçoit pas les malades. Le second de nos saints choisit' les hôpitaux ; Je le loue, et le soin de soulager les maux Est une charité que je préfère aux autres, l\ font. Fabl. xii, 27. Qui ne tait, messieurs, que l'établissement d'un grand hôpital dans cette capitale du royaume qui renferme tant de grandeurs et tant de misères tout ensemble, a été un des plus grands ouvrages du siècle? fléch. Duch. d'Aigjiillon. Il entra dans les hôpitaux où l'on transportait les blessés, dont la plupart expiraient par la négligence inhumaine de ceux mêmes que le roi de Perse payait chèrement pour les secourir, VOLT. Ba'jouc. Il [RasèsJ prit quelque teinture de médecine, et s'établit dans un hôpital ; il crut que c'était là le grand livre du médecin, di- DER. Opin. des anc. philos. {Sarrasins). Smolensk n'était plus qu'un vaste hôpital, et le grand gémissement qui en sortait l'emporta sur le cri de gloire qui venait de s'élever des champs deValoutina, sÉ- GUR, Hisl. deNap. vi. 8. || Hôpital militaire, établissement où sont reçus et traités les militaires malades. Il Hôpital ambulant, réunion de personnes et d'un matériel qui suivent une armée dans ses mouvements pour donner les premiers secours aux malades et aux blessés, en attendant qu'on puisse les transporter dans les hôpitaux fixes. || Vaisseau-hôpital, vaisseau disposé, dans une flotte, dans une escadre, pour recevoir et traiter les malades. Il îlèvre d'hôpital, typhus. || Par extension. Le monde est un grand hôpital de tout le genre humain qui doit exciter votre compassion, fés. t. xix, p. 2(15. Il C'est un hôpital, se dit d'une maison dans laquelle plusieurs personnes sont malades. || Fig. Il s'est dit d'un seul malade chargé de maladies. Hôpital allant et venant. Des jambes d'autrui cheminant. Des siennes n'ayant plus l'usage, scarbon, Requête à la reine. || 3° Fig. Misère, pauvreté. Mettre quelqu'un à l'hôpital. Malherbe, en cet âge brutal, Pégase est un cheval qui porte Les poètes à

rhôpital, MAYNARD, Stonces à Malherbe Ce docte

cheval [Pégase], De la richesse ennemi capital, Oui d'Hélicon fit naître la fontaine. Tout d'une traite et presque d'une haleine Porte souvent son homme à l'hôpital, BENSf;RAnE, dans bichelet. Un homme qui me réduit à l'hôpital, mol. Méd. m. lui, I, H. Souviens-toi de ton livre et de son peu de bruit. — Et toi de ton libraire à l'hôpital réduit, ID. F. sav. m, 6. Il est vrai que du roi la bonté secourable.... Va tirer désormais Phébus de l'hôpital , EoiL. Sat. I. Vous êtes trop honnête homme pour vous marier dans le dessein d'envoyer une femme et des enfants à l'hôpital, mainte- KON, LcU. à M. d'Aubigné, 26 sept. t. i, p. (46, dant pouGENS. Je payai cher ma brillante sottise; En quatre mois je fus à l'hôpital, volt. P. Diable. Il Prendre le chemin de l'hôpital, courir en poste à l'hôpital, se ruiner par des dépenses excessives ou par de mauvaises spéculations. Hélas! ces pauwes gouverneurs, que ne font-ils point pour plaire à leur maître? avec quelle joie, avec quel zèle ne courent-ils point à l'hôpital pour son service? sÉv. 595. Cette vertu sauvage Qui court à l'hôpital et n'est plus en usage, boil. Sat. 1. 1| 4° Terme de marine. Infirmerie. ]| 5". Cornet de papier dans lequel on place les vers à soie trop faibles pour monter sur les ramées. || 6° Il a été pris au sens de demeure, sens étymologique qu'il n'a plus. La terre Qui fut, avant le temps que survinrent ces maux. Un l.ôpital commun à tous les animaux , Quand le mari Je Rhée, au siècle d'innocence. Gouvernait doucement le monde en son enfance , Régnier, Sat. VI. Les froides horreurs de l'enfer, Cette nuit, ces vieux lits de fer, Où se vont coucher les Furies, Ce gros chien qui jappe au portai, Ces grandes plaines de voiries, Sont leur étemel hôpital, XHÉOPHaB,

HOQ

(F.uvres, p. 3i, Paris, «656. || Proverbe. L'hôpital n'est pas pour les chiens, se dit quand on veut se justifier de se présenter dans un hôpital. Mais enfin que deviendrez-vous? — L'hôpital n'est pas pour les chiens, je m'y ferai admettre.

— HIST. xu* s. Juste Caaterbire unt leprus un hospital. Th. le mort. * 59. || xiii« s. El non del père esperitable Fonda iluec un hospital; lluec couchoit à grant honor Mult de povres nostre seignor, huteb. n, 196. Il XIV' s. Li sires qui gardoit l'ospital dont je dis Fist lever Baudevin, qui tant est afoiblis, Beaud. de Seb. xii, n». Chapellenie ou hospital pour faire le divin service, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 684. Il xvr s La mer ne flotte Où elle souloit estre, Et aux lieux vuldes d'eaux (Miracle estrange !) on la void soudain naistre Hospital de bateaux, bons. 464. Messieurs, vous savez que lo vray hospital de la noblesse, c'est le temporel du clergé, froumenteau, Finances, 3» livre, p. 424.

— ÊTYM. Provenç. hospital, espital; esp. et port. hospital; ital. ospedale; du lat. hospilale, lieu hospitalier, de hospes, hôte(voy. ce mot). Hospital a été refait sur le latin très-anciennement; mais, à l'origine , hospilale avait donné régulièrement hostel.

t t. HOPLITE (o-pli-f), s. m. Soldat grec d'infanterie, pesamment armé, c'est-à-dire ayant pour armes défensives un casque, une cuirasse, un bouclier rond et des bottines garnies de fer; pour armes ofTensivos, une longue pique et une épée. J'ai voulu rendre les hoplites plus redoutables ; ils sont dans une armée ce qu'est la poitrine dans le corps humain, barthél. Anaeh. ch. 40. Dans les armées, un soldat hoplite ou pesamment armé est accompagné d'un ou de plusieurs ilotes ; à la bataille de Platée, chaque Spartiate en avait sept auprès de lui, ID. t6. ch. 42.

— ÉTYM. 'OiiXitri?, de cnù^oy , arme. Le sens primitif de 87t)ov est attirail, appareil complet.

t 2. IIOPLITE (o-pli-f), s. f. Terme de minéralogie. Pierre revêtue d'une couche de matière métallique luisante, qui lui donne l'aspect d'une armure polie.

— ÊTYM. Hoplite 1.

t HOPLOMACUIE (o-plo-ma-chie) , ». f. Action de combattre avec une armure pesante. || Art de combattre avec cette armure; action de s'y exercer.

— REM. L'Académie écrit, à tort, oplomachie.

— ÉTYM. '07c),o(jiaxîa, de SnXov, arme, et (j.â- XEffSai, combattre.

' t HOPLOMAQUE (o-plo-ma-k') , s. m. Terme d'antiquité romaine. Nom de gladiateurs qui combattaient avec une armure pesante.

— ÉTYM. Lat. hoplomachus, de éit).o;).âxo; (voy.

HOPLOMACniE).

■( HOPLOPHORE (o-plo-fo-r'), adj. Terme d'ichthyologie. Qui porte des armes défensives. || S. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères dont le nom est omis, même par d'Orbigny, qui le cite toutefois dans son article cérosterne, legoarant.

— ÊTYM. "Oniov , arme, et çopo;, qui porte.

f HOPI.OPODE (o-plo-po-d') , adj. Terme de zoologie. Dont les pieds sont garnis de sabots.

— ÉTYM. "Onlt), sabot, et itoOç, itoSoç, pied. HOQUET (ho-kè; le ( ne se lie pas; au pluriel,

\'s se lie : des ho-kè-z et....; hoquets rime avec traits, paix, succès, etc.), s. m. || 1° Contraction spasmodique du <liaphragrae, avec secousse brusque, bruit inarticulé tout particulier, et resserrement subit de la glotte. Avoir le hoquet. La vieille, après cette hyperbole, Pour un temps perdit la parole. Et puis, ayant fait un hoquet, Reprit en ces mots son caquet, scarr. Virg. vi. Mme de Durlort se meurt d'un hoquet d'une fièvre maligne, sÉv. 62). N'êtcs-vous point de ceux [de ces galants].... X qui beaucoup de vin fait sortir la tendresse, Qui vont en cet état aux pieds de leur maîtresse Exhaler les transports de leurs brûlants désirs. Et pousser des hoquets en guise de soupirs? regnard, Démocrite, IV, 7. 11 [Molière] voulut jouer dans le tragique, mais il n'y réussit pas; il avait une volubilité dans la voix et une espèce de hoquet qui ne pouvait convenir au genre sérieux, mais qui rendait son jeu comique plus plaisant, volt. Vie de Molière. Quant à M. Agnant [un personnage du Dépositaire], il n'est point un ivrogne k balbutiements et à hoquets, c'est un buveur du quartier...., id Lett. d'Argental, 4 juin 1770. || Le hoquet de la mort, le hoquet qui survient souvent aux mourants. Il n'y a plus rien à espérer de ce malade; il est dans le dernier hoquet de la mort, riche- LET. Il Fig. Par hoquet», à bâtons rompus. M. le

HOR

duc d'Orléans voyait Stairs au Palais-Royal pai les derrières; il m'en parla [de la triple alliance] tard et par hoquets, st-sim. 430, 227. || 2- Fig. Choc, heurt. [Le pot de fer et le pot de terre] L'un contre l'autre jetés Au moindre hoquet qu'ils trouvent, LA font. Fabl. v, 2. [I Par extension, empêchomcnt. M. de Retz se disposa à se faire recevoir au parlement; il y trouva un hoquet auquel il n'avait pas lieu de s'attendre; son habit fut contesté par les magistrats, st-sim. 264, 38. || 3" Terme ds la musique du moyen âge. Phrase harmonique dans laquelle une ou plusieurs parties étaient entrecoupées ou interrompues par des silences , coussKMAKER, l'Art harmonique, p. 83.

— Hisr. xtv* s. Les uns vont chantant le motet, Les autres font double hoquet, gage de la buigne, Hist. litt. de la France, t. xxiv, p. 76 1. Iceluy Perrinet fist un petit hoquet de sa main au menton du dit Simon, nu cange, hoquetais. Si eux se complaignent de ceux qui se sont entremis des impositions au temps passé ou d'aucuns nos officiers , faites leur sommerement et de plain ester tous houquez [difficultés], fuites et cavillations, Ordonn. des rois, t. n, p. 568. ||xv* s. On fait de quatre causes mille, Escriptures de grant argent, Onques ne fut tant de hoi]uès [obstacles, chicanes] Qu'il y a, et finablement Onques ne vy tant de procès, E. deschamps. Poésies mss. {° 326. Icellui Caton getta un sien baston à bergier, appelle hoquet, au suppliant, nu cange, hoqucius.

— ÉTYM. Wallon, hikéte; génev. loquet (où l'article le s'est confondu avec le mot, faute d'aspirer l'ft) ; sanscrit, hikk, avoir le hoquet ou soupirer, en \a.liu singultire. D'après Diez, c'est une onomatopée; bas-breton, hok, hik; angl. hickup. En ce cas, il faut penser que hoquet signifiant coup, difficulté, chicane, et, dans la Fontaine, choc, a pris ces sens métaphoriques, parce que le hoquet lui-même est un coup ou choc que le corps éprouve très-sensiblement.

t HOQUETER (ho-ke-té), V. n. Avoir le hoquet, bichelet.

— HIST. XV* s. Quant le suppliaîil ne trouvoit point l'huis ouvert, il faisoit tant en le hoquetant et sourdant, que il ouvroit, du cange, Iwquetus. Il XVI' s. Hoqueter [avoir le hoquet], cotgrave.

HOQUETON (ho-ke-ton) , s. m. || 1° Casaque brodée que portaient les archers du grand prévôt, du chancelier, etc. et aussi les gardes de la manche. Il Par extension, archer qui était revêtu du hoqueton, bas officier de ville. L'on méditait quelque chose contre le public, on voyait aller et venir des hoquetons, RETZ, II, (38 Mme la duchesse s'avisa d'en envoyer enlever [des ouvriers] par des hoquetons de chez le duc de Rohan, st-sim. B), 105. Le chancelier Séguier se transportait au parlement, précédé d'un lieutenant et de plusieurs hoquetons, VOLT. Louis XIV, 4. Il 2° Casaque, en général. Il mourut, et c'est tout vous dire.... J'en ai pris le noir hoqueton, scarr. Virg. m. Il s'habille en berger, endosse un hoqueton, la font. Fabl. m, 3.

— HlST. XII* s. Blanche [il] ot la barbe aussi come auqueton, Ronc. p. 125. ||xm" s. D'un dart envenimé [il] feri le prou Odon, Qu'il li fausa l'auherc on après l'auqueton, Dedens le cors li tienche le foie et le pormon, Ch. d'Ant. vui, 910. Bien chaucié et vestu d'un paile d'auqueton, ib. vu, 757. Il XV* s. Mais perça la targe, les plates et l'auqueton, et lui entra dedans le corps et peignit droit au cœur, FROiss. i, i, 11 3. Leur vestirent blanches chemises et leurs hocquetons dessus et leurs haubers, Perceforest, t. i, f* 87. || xvi' s. Qui a le loup pour compaignon, porte le chien sous l'hocton,

COTGRAVE

— ÊTYM. Provenç. alcato; esp. algodon, alcoton; port, alcotô. Il y a dans l'ancien français houque, sorte de cape, et des étymologistes ont tiré de là hoqueton. Mais, outre qu'une telle dérivation ne serait pas très-facile, elle est mise à néant par les formes auqueton. alcoto, algodon, qui conduisent à l'arabe : article al, le, et coton (voy. coton). Remarquez en confirmation que, dans plusieurs passages de l'historique, auqueton a le sens d'étofl'e, non de casaque.

t HOQUETTE (ho-kè-f), *. f. Ciseau de sculpteur.

HORAIRE (o-rê-r'), adj. Terme didactique. Qui a rapport aux heures. Les lignes horaire! d'un cadran. || Cercles horaires, cercles de la sphère céleste qui passent par les pôles, et qui, en arrivant au méridien du lieu, marquent les heures du temps vrai. Il Uruvement horaire, quantité dont un aitre

HOR

varie dans l'espace d'une heure, ioit en longitude, soit en latitude. || Fleur horaire, fleur qui ue vit guire plus d'une heure.

— f.TVM. Lat. horarim, de hora, heure.

UOROB (hor-d') , t. f. || !• Troupe de Tartares

réunis et de même race, qui, n'ayant pas d'hal)itation fixe, minent une vie vagabonde, et campent sous des lentes, ou sur des chariots, dans les lieux où ils trouvent de quoi nourrir leurs troupeaux. Toute la Tartarie, excepté la Chinoise, ne renferme plus que des hordes mi.sérables qui seraient trop heureuses d'êlre conquises à leur tour, s'il ne valait pas encore mieux être libre que civilisé, volt. Ifœuri, 88. Il Grande horde ou horde d'or, la plus pui.ssanie tribu des Mongols. Hord d'or se dit aussi de la plus noble tribu des Calmouks. || 2° Par extension, peuplade errante, troupe nombreuse d'hommes en société mais sans établissement fixe. I.a horde qui survenait, chassait ou exterminait celle qui était déjà établie, baynal, Hùt.phil. m, <. Il 8° Troupe d'hommes indisciplinés et livrés à toute sorte de désordres. Une horde de brigands. Une horde d'aventuriers. || Il se dit aussi, par mépris, d'une foule quelconque. 11 eût été honteut à jamais pour la France qu'une horde infâme d'usuriers escrocs eût accablé en justice la vertu d'un maréchal de camp qui a servi la patrie avec honneur, ainsi que tous ses ancêtres, volt. Polit, et législ. Lett. à MM. de la noblesse du Gévaudan,Lett. 4. J'ose lui répéter [à Votre Majesté] que, plus elle le connaîtra [le comte de Crillon], plus elle l'en trouvera digne [de ses bontés], et qu'elle le distinguera facilement de cette horde de jeune noblesse française qui lui a donné & si juste titre si mauvaise opinion du reste, d'alemb. Lelt. ou roi de Prusse, 20 avril (774.

— REM. La Harpe a prétendu que Voltaire avait le premier employé ce mot. On le voit à l'historique usité dès le seizième siècle.

— HIST. xvi* s. Les autres Tartares qui habitent le pais plus froid logent en pavillons et par hordes, d'aub. Hist. I, 42.

— - ETYM. Mongol, ordoû, le camp et la cour du roi.

fUORDÉACÉ, ÉE (or-dé-a-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble i un grain ou & un épi d'orge.

— ÉTYM. Lat. hordeaceus, de liordeum, orge.

t UORDÊATION (or-dé-a-sion), s. f. Terme de vétérinaire. Nom donné à la fourbure produite par l'abus du grain d'orge pris comme aliment.

— ETYM. Lat. hordeum, orge.

t HORUÉIFORME (or-dé-i-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à l'orge.

— ETYM. Lat. hordeum, orge, et forme.

t HORDÉINE (or-dé-i-n'), s. f. Terme de chimie. Matière pulvérulente qu'on a retirée de la farine d'orge.

— ÉTYM. Lat. hordeum, orge, et la finale ine qui indique un principe.

f HORIDICTIQCE (o-ri-di-kti-k'), arfj. Terme d'astronomie. Quart de cercle horidictique, celui sur lequel sont tracées les lignes horaires.

— ÉTYM. "Qpa, heure, et êeixTixô;, qui montre. HORION (ho-ri-on), s. «1.111° Coup rudementdé-

chargé. Quoique j'attrapasse force horions, i. i. ponss. Conf. i. Les battus n'ont point porté de plainte : l'un garde son soufflet , l'autre ses horions, p. L. coDR. Gax. du village, n" ♦. || î° Sorte de maladie, voy. tac.

— REM. Scarron n'a pas aspiré \'h, et il a lait le mot de deux syllabes : Qui pis est, les méchantes [furies] raillent A chaque horion qu'elles baillent, SCABB. Yirg. vi.

— HlST. XIV* s. [Il] A rassené son glaive tout droit «ous le blazon Où il avoit féru le premier horion, Guesclin, 4821. Il xv s. Et doiinoicnt les horions si grands [avec des leviers de chêne] que nul ne les osoit approcher, pnoiss. i, i, 31. On mit tout d'un horion [tout d'un coup] quatre sièges, Vigiles de Charles VII, t. ii, p. H 8. Le vint occire et tuer de horions de lance, tant qu'il lui passa outre parmi le corps, et retira sa lance, et la rapporta à son col,

MONSTBEL. t. I, ch. 39, p. 37, daUS LACUBNE. Ha!

devant que je vous le die. Donnez-moi à boire un "lorion [un coup], Itec. de farces, etc. p. to*.

— ÉTYM. Picard, homiole, petit coup; normand, horgne, coup de poing ; Mortagne et Bayeux, horion, gros rhume. Origine inconnue.

t HORISTIQUE (o-ri-sti-k'), adj. Terme didactique. Grammaire horistique, la grammaire proprement dite, celle qui détinit les espèces de mots, et "^onne lea règles auxquelles ils sont soumis.

HOR

— ÊTYM. *OpiaTixi«, qui déBolt, de ipICciv, définir, borner (voy. hobizo.n).

HORIZON (o-ri-7.ori), s. m. IJl'Ligno circulaire, variable en chacjue lieu, dont l'observateur est le centre et où le ciel et la terre semblent se joindre. Pour no rien entreprendre. Bel astre, qu'il n'eût vu descendre Ta lumière sous l'horizon, haï h. u, 4. Le dernier de nos jours est dessus l'horizon, m. V, 6. Une saison Où nulles funestes journées Ne verront jamais l'horizon, id. vi, 3. Kodugune a paru, sortant de sa prison, Comme un soleil levant dessus notre horizon, corn. Rodog. l, 6. Quand l'astre du jour Aura sur l'horizon fait le tiers de son tour, rac. Alhal. i, 2. La mort nous parait toujours comme l'horizon qui borne notre vue, s'éloignant de nous à mesure que nous en approchons, MASS. Dauphin. On a d'abord observé les astres avec les yeux, l'horizon a été le premier instrument, TURGOT, Ébauche du 2' dise. Progrès de l'esprit humain, p. 20». La lune cependant, montée à l'horizon. Couronne les rochers que son disque déborde, MASSON, llelv. II. Si pendant une belle nuit et dans un lieu dont l'horizon soit à découvert, on suit avec attention le spectacle du ciel, on le voit changer à chaque in.stant, la place. Expos. I, «. || Fig. Croire tout découvert est une erreur profonde. C'est prendre l'horizon pour les bornes du monde, LEHiE:tR8, l'Utilité des découvertes. Je plane en liberté dans les champs du possible; Mon âme est à l'étroit dans sa vaste prison : U me faut un séiour qui n'ait pas d'horizon, lamart. Médit, i, 2». Il Être sur l'horizon, être visible dans la portion du ciel que l'observateur embrasse; et fig. se montrer, être en représentation. Vous êtes toujours sur l'horizon, vous ne vous reposez jamais, sÉv. 88. Il 2° La partie de la surface terrestre où se termine notre- vue; la partie du ciel qui en est voisine. L'horizon est cfiarpé de nuages. Un horizon étendu. Un horizon borné. On apercevait de loin des collines et 'des montagnes dont la figure bizarre formait un horizon à souhait, fén. Tél. i. Au bout de l'horizon, mes désirs et mes yeux Reculaient pour te suivre et la terre et les cieux, ducis, Abufar, m, 2. || Terme de marine. Horizon fin , ciel pur et dégagé de vapeurs. Horizon gras, ciel brumeux. || 3° Terme d'astronomie. Horizon sensible ou apparent, plan que l'on suppose toucher la terre au point où est l'observateur; il est perpendiculaire à la verticale ; horizon rationnel ou astronomique, plan parallèle au précédent et qui passe par le centre de la terre. Trouver en un instant donné les points de l'écliptique qui sont dans le méridien et dans l'horizon, fhancœub, Uranographie, n° 229. || C'est dans cette acception qu'on dit : prendre la hauteur d'un astre sur l'horizon; il doit y avoir une éclipse sur notre horizon. {| Horizon oriental, la partie de l'horizon où les astres paraissent se lever. Horizon occidental, celle où ils paraissent se coucher. || 4° Horizon artificiel, instrument composé d'une glace circulaire , servant à observer la hauteur des astres. || 5° Fig. Étendue. Plus on s'élève, plus l'horizon s'agrandit. Le tranquille horizon qui borde nos États, volt. Scythes, IV, 2.|! 6» Fig. Espace dans lequel l'esprit, l'intelligence agit. L'horizon historique. L'horizon de l'humanité s'agrandit. Ce désert de la vie.... Où toujours l'espérance, abusant ma raison, Me montrait le bonheur dans un vague horizon, lamart. Méd. I, 48. Il L'horizon politique, ou, elliptiquement, l'horizon, l'état des affaires politiques. L'horizon se rembrunit. || 1° Terme de peinture. Ligne qui termine le ciel d'un tableau. || Hauteur à laquelle le peintre a placé le point de vue. L'horizon est trop haut, est trop bas. || 8° Horizon se dit, en géologie, de couches superposées. La craie glauconieuse présente un certain nombre d'horizons qui sont en allant de bas en haut : glauconie sableuse...., Hébert, Acad. des se. Comptes rendus, t. lviii,

—ÉTYM. 'OpiÎMv, 4p(;;ovTOç, qui bome, et, substantivement, horizon.

HORIZONTAL, ALE (0 - ri -zon - tal, ta 1') , adj. Il 1° Qui est parallèle à l'horizon {au sens astronomique). Terrains horizontaux. || Plan horizontal, plan parallèle à l'horizon. || Ligne horizonlale,droite tirée du point de vue dans la perspective parallèleiuent à l'horizon, ou intersection du plan du tableau et du plan horizontal, jj Cadran horizontal , cadran sur un plan parallèle i l'horizon. || Familièrement "^e mettre dans la position horizontale, se coucher. || Terme de géologie. Stratification horizontale, celle des massifs dont les couches sont gé néralement peu inclinées. || Terme de botanique.

noR

Anthères horizontales, anthères qui sont placées en travers sur le filet. Racines horizontales, racines qui courent entre deux terres, parallèlement au plan de l'horizon. Il Terme d'entomologie. Ailes horizontales, ailes qui, étant étendues, forment un angle droit avec le corps. || 2' Qui se rapporte, qui a lieu à l'horizon. Parallaxe, réfraction horizontale, jj 8* Terme de paléographie. Écriture horizontale, celle dans laquelle les lignes sont écrites horizontalement, soit de gauche à droite, soit dans le sens contraire.

— ÉTYM. Horizon.

HORIZONTALE.MENT (o-ri-zon-U-le-man), adr.

Parallèlement à l'horizon. Il est démontré qu'un boulet de canon tiré horizontalement décrit, dans l'hypothèse de la pesanteur constante, une parabole terminée à un certain point par la rencontre de la terre, fonten. Newton.

— ÉTYM. Iloriionlale, et le suffixe ment.

t HORIZONTALITÉ (o-ri-zon-ta-li-té), s. f. Terme didactique. Qualité de ce qui est horizontal.

— ÉTYM. Iloriiontal.

HORLOGE (or-lo-j') , *. f. \\ l' Instrument destiné à marquer les heures. Horloge solaire, cadran solaire. On disait aussi : horloge au soleil. ||2* Ii)trument qui marque les heures à l'aide de l'eau ou du sable. || Horloge de sable, voy. sablier. || Horloge d'eau, ou horloge à eau, voy. clepsydre. Il Terme de marine. Sablier qui vide une de ses bouteilles dans l'espace d'une demi-heure ; et, par suite, l'espace d'une demi-heure. |1 3' Machine destinée à marquer et à sonner les heures, et servant à un usage public. L'horloge du palais vint à frapper onze heures, bégnier, Sat. vui. Quand les animaux montrent dans leurs actions tant d'industrie, saint Thomas a raison de les comparer à des horloges et aux autres machines ingénieuses, Boss. Connaiu. v, 2. Ou le temps qui s'enfuit une horloge à la main, boil. i4r( p. m. Le présent que le calife Aaroun-al-Raschid fit à Charlemagne d'une horloge sonnante fut regardé comme une merveille, volt. Mœurs, 4 9. || Fig. Les athées n'ont jamais répondu à cette difficulté qu'une horloge [le monde] prouve un horloger [Dieu], volt. I.ctt. la Vilkvieille , 26 août 4 768. Il Monter, remonter une horloge, en bander les ressorts ou en hausser les poids. || Démonter une horloge, en désassembler les pièces. Il Régler une horloge, la mettre à l'heure d'après le soleil. || Il est réglé comme une horloge, c'est une horloge, il est régulier dans ses habitudes || Familièrement. Une heure d'horloge, une heure complète, mesurée sur une horloge, une grande heure Je vous ai attendu une heure d'horloge. || 4" Horloge marine, voy. montre marine. || 6° Horloge de Flore, plantes rangées par ordre et qui indiquent par leur ouverture et leur clôture successives l'heure qu'il est. Les convolvulus s'ouwent le matin et se ferment le soir; les mauves ne s'ouvrent que vers les dix à onze heures du matin la belle de nuit, les géranions tristes, etc. ne s'ouvrent que le soir ; c'est ce qui a fait imaginer au Pline de la Suède [Linné] son ingénieuse horloge botanique, bonnet, Contempl. nat. x, 34. || 6" Terme d'astronomie. Constellation méridionale. || 1' Horloge de la mort , nom populaire d'un insecte qui , rongeant le bois , fait entendre un bruit semblable à celui du mouvement d'une montre, et qui est un anobion (coléoptères), particulièrement Vanobion marqueté, nommé vrillette commune par certains auteurs (lecoabant). || Proverbes. C'est l'horloge du palais, elle va comme il lui plait. || Il demande quelle heure il est quand l'horloge commence i sonner, .se dit d'un impatient. || Il n'est jamais tard à son horloge, se dit d'un paresseux, d'un homme lent à tout ce qu'il fait.

— HIST. XII* s. E li prophètes li respundi : Jo te frai demunstrance; e il i out uns oriloges par unt l'um veist cume l'ure del jur veneit, e quant ele passeit, flou, p. 47. || xiii* s. Durement furent estahi Qu'il n'orent oï sonner cloche Ne champenelle ne reloge, ruteb. 3I5. Et refait sonner ses orloges Par ses sales et par ses loges, X roes trop sotivement De pardurable mouvement, la Rose, Ï4 28». Ki velt faire le [la] maizon d'une ierloge veseni [volent] ci une que jo vi une fois, dk labohde. Émaux, p. 444. || xiv* s. Cestuy maistre Jehan dos orloges a fait de sou temps grandes œuvres, entre le.squels œuvres il a fait un instrument, par aucuns appelé sphère, ou orloge du mouvement du ciel : auquel instrument sont tous les mouvements des signes et des planètes — et est faite si soublilement cette sphère que, nonobstant la multitude des roes, qui ne se pourroient nombrer bonnement sans défaire l'instrument, tout le mouvement d"»-

HOR

«elle est gonverné par un tout seul contrepoids, DE LABORDE, ^Biouit, p. *t*. Un reloge d'argent tout entièrement, sans fer, qui fut du roy Phelippe le Bel avec deux contrepoix d'argent emplis de plom, ID. «6. p. m. Puis qu'ainsi la ville me loge Sur ce pont pour servir d'auloge, Je feray les heures ouïr Pour le commun peuple esjouir, Inscription du gros horloge de Caen, (3H, dans lehéricher, Ilist. et gloss. du normand, n, p. 4ii6. Pour faire sablon à mettre à horloges, Ménagier, ii, 6. || xV s. Louis Carel, maistre faiseur de mouvemens d'orloige, DE LABORDE, Émnux, p. 418. ||xvi' s. Le »oir, environ la troisième horloge [demi-heurej du second quart, le vent changea, J. parmf.ntifr, Joum. de voyage, dans jal à quoi ils ne faillirent d'une seule minute d'horloge, desper. Conl. cxxviii. Il n'est horloge plus juste que le ventre, COTGRAVE. Horloge entretenir, jeune femme à son gré servir, vieille maison à réparer, c'est toujours à recommencer, leuoox de lincï , Prov. t. ii, p. 305. S'accorder comme des horloges, m. ib. p. 414.

— ÉTYM. Berry, reloge, r'icge, s. m. ; bourguig. reloge; du lat. horologiam, qui vient de wpo/oYiov, de ûpa, heure, et ^ôyiov, indication, de Xo^oç (voy. logique).

HORLOGER (or-lo-jé; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des or-lo-jé-z habiles), *. m. Celui qui fait, qui répare les horloges, les pendules, les montres. Les horlogers prétendent qu'ils ne doivent point le droit pour leurs boîtes de montres, Arrêt du Cons. (3 mai I073. Mon père, après la naissance de mon frère unique, partit pour Constantinople, où il était appelé, et devint horloger du sérail, J. J. Rouss. Confess. 1. 1{ S. f. Horlogère, la femme d'un horloger.

— REM. Ménage recommande de ne pas dire horlogeur, qui était usité de son temps et dans le siècle précédent: Tant lesdits orfèvres que les fourbisseurs, orlogeurs, fondeurs, et autres qui employent les matières d'or et d'argent , Règlement du 30 déc. <679. On court à l'horlogeur; elle [l'horloge] demande en grâce Qu'il la tire de ce malheur, la font. Œuvres inédites publiées par Paul Lacroix («88-), p. <'. || On disait aussi horlogier : N'ayant point d'horlogiers au lieu de sa demeure, CORN. WliU. II, 5.

— HIST. xiv s. X noslre amé orlogeur, Pierre de Sainte Boal'.é, Dii lauorde. Émaux, p. 4i6. Il XV* s. Encorei poet moult bien selonz m'entente Li orlogiers, q-iant il en a loisir. Faire sonner les clochetes petites. Sans derieuler [dérégler] les heules dessus diies, froiss. Poésies mss. p. 67, dans

LACURNE. Ilxvi" S à fin que chacun serrurier ou

horologeur les puisse entendre, et faire bras ou jambes artificielles semblables, paré, xvii, ta.

— ÉTYM. Horloge.

HORLOGERIE (or-lo-je-rie) , s. f. || 1° Art de faire des horloges, des pendules, des montres. || 2" Les ouvrages d'horlogerie. Dispersez dans un vaste territoire tous les arts qui concourent à la fabrication de l'horlogerie, et vous perdez Genève avec tous les métiers qui la font vivre, raynal, Hist. phil. xix, 8, Il Commerce d'horlogerie. || Lieu où l'on fabrique les horloges, les montres.

— ÉTYM. Horloger.

t HORMIN (or-min), s. m. Terme de botanique. Espèce de sauge, salvia horminum, L.

— j:tym. "Qpiiivov.

HORMIS (hor-mî; Vs se lie : hor-mi-zune pièce). Il 1" Prép. Excepté. Hormis toi, tout chez toi rencontre un doux accueil, boil. Sot. x. Et lui promettez tout, hormis le diadème, hac. Théb. m, 5. Il Avec un infinitif. En cette extrémité, que prétendez-vous faire? — Phinée : Tout, hormis l'irriter; tout, hormis lui déplaire, corn. Androm. v, i. Il 2° Il se prend adverbialement. J'étais si fort en peine de votre sanlé, que j'étais réduite à souhaiter que vous eussiez écrit à tout le monde, hormis à moi, sÉv. 60. Je croirai Mme de Miossens comme un article de foi en toutes chosss, hormis en celles de la religion, maintenon, Lett. à if. d'Aubigné, 5 fév. (682. Il 3° Hormis que, loc. eonjonct. Si ce n'est que. Il ressemblait à M. de Beaufort, hormis qu'il parlait mieux français, sÉv. 49.

— HIST. xiii* s. Li rois a donA à son mestre panetier la mestrise des talemeliers.... et la petite justice et les amendes.... des bateures sanz sanc et de clameur, hors mise la clameur de propriété, Liv. des met. 9. || xv* s. Dont tout le pays communément eut grand joie, hors mis aucuns qui estoientde la faveur dudit messire Hue le dépensier, frois. i, i, 23.

— ÉTYM. Hors, mis : mis hors. Dans l'origine, hormis était un vrai participe qui s'accordait.

HOR

t HORNBLENDE (horn'-blin-d') , f. f. Terme de minéralogie. Sorte d'amphibole. La hornblende et le feldspath. || On le trouve aussi masculin.

— ÉTYM. Ail. Hornblende, de Horn, corne, et btenden, éblouir, à cause d'un brillant de corne que cette pierre présente.

t HORODICTIQUE (o-ro-di-kti-k'), adj. Se dit des instruments qui servent à trouver l'heure.

— ÉTYM. "Opa. heure, et 8eix-:ix4ç, qui montre. HOROGRAPHIE (o-ro-gra-fie) , s. f. Art de faire

des cadrans, nommé autrement gnoraonique.

— ÉTYM. 'Qpa, heure, et le suffixe graphie.

t HOROGRAPHIQDE (o-ro-gra-fik") , ad;. Qui a rapport à l'horographie.

t HOROPTÈRE (0-ro-ptè-r'), ». m. Terme d'optique. Ligne droite tirée du point où les deux axes optiques concourent, et qui est parallèle à celle qui joint les centres des deux yeux ou des deux pupilles. Il Plan de l'horoptère, plan qui, passant par l'horoptère, est perpendiculaire à l'axe optique. Le plan de l'horoptère est la limite de la vision distincte.

— REM. Horoptère a un « final, bien que venant de JjtT^ip, comme haltère de àXriip, et à l'imitation de caractère.

— ÉTYM. 'Opoç, limite, et inr^p, qui voit.

t HOROPTÉRIQUE (o-ro-pté-ri-k') , adj. Qui appartient à l'horoptère. Surface horoptérique. Cercle horoptérique.

(. HOROSCOPE (o-ro-sko-p"), s. m. || 1° Le point de l'écliptique qui se trouve à l'horizon quand un enfant naît. La superstition, qui persuada que les événements sont liés aux phénomènes célestes et ramenés périodiquement avec eux, fit croire que le point de l'écliptique qui se lève lors de la naissance d'un enfant, devait présager sa destinée future; cette erreur rendit célèbre ce point, qu'on nomma l'horoscope, francœur, Vranographie , n" 229. Il 2° Connaissance que les astrologues prétendaient tirer, pour l'avenir, de la situation où se trouvent les planètes et certaines étoiles, au moment de la naissance d'un homme ou d'une femme. Charlatans, faiseurs d'horoscope. Quittez les cours des princes de l'Europe, Emmenez avec vous les souffleurs tout d'un temps ; Vous ne méritez pas plus de foi que ces gens, LA FONT. Fabl. n, I3. Je ne veux plus faire de ces actions sans faire tirer l'horoscope de ceux pour qui je les fais, sÉv. 174. L'on soufl're dans la république les chiromanciens et les devins, ceux qui font l'horoscope et qui tirent la figure, ceux qui connaissent le passé par le mouvement du sas..., LA BRUT. XIV. On ne peut trop répéter qu'Albert le Grand et le cardinal d'Ailli ont fait tous deux l'horoscope de Jésus-Christ; ils ont lu évidemment dans les astres par quel genre de mort il devait finir; mais, malheureusement, ces deux savants astrologues n'ont rien dit qu'après coup, VOLT. Dict. phil. Astronomie. || 3° Fig. Ce qu'on prédit par simple conjecture sur une personne ou sur une chose. Vous ne changerez point, écoutez Calliope [Bourbon-Conti] ; Elle a pour votre hymen dressé cet horoscope, la font. Poésies mêlées, 62. Il n'est pas difficile de faire l'horoscope d'un mari qui a épousé sa femme en dépit d'elle, dancourt, Colin-maillard, se. 2.

— REM. Le genre d'horoscope a été longtemps incerlain ; les grammairiens du xviii* siècle le disaient des deux genres (L'horoscope de quelqu'un qui natt dans une aussi mauvaise fortune que la mienne se fait toute seule, staal, Mém. t. i, p. 2B6, édit. 1821) ; aujourd'hui, il est masculin.

— HIST. xvi' s. En ceste manière disent les mathématiciens un mesme horoscope estre à la nativité des rois et des sots, rabel. dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. 'OpoffxoiteCov , de <Spa, heure, et dxoitecv, examiner.

t 2. HOROSCOPE (o-ro-sko-p'), s. m. Nom d'un prêtre égyptien qui marchait après le chantre et tenait en main une horloge et une palme, symboles de l'astronomie.

— ÉTYM. 'Qpo<rxÔJto; (voy. HOROSCOPE I). Diderot nomme horoscopistes ces horoscopes; mais ûpooxo- Ttio-riic n'est pas grec.

t HOROSCOPIE (o-ro-sko-pie), *. f. Manière de tirer des horoscopes.

t HOROSCOPIQDE (o-ro-sko-pi-k') , od;. Qui concerne l'horoscope. Calcul horoscopique.

t HOROSCOPISER (o-ro-sko-pi-zé), v. n. Tirer l'horoscope.

— HIST. XVI» s. Horoscopiser, Dejfense pour Est. Pasquier, p. 56, dans lacurnb.

— ÉTYM. Horoscope.

t HOROTROPE (o-ro-tro-p') , ». m. Terme d'optique. Plan courbe ou carde qui est déterminé par

HOR

trois points, l savoir les deux yeux et le point oft la vision se fixe. Toutes les fois qu'un objet ne so trouve pas placé dans l'horotrope, l'image en toinbe sur des points difl'érents des deux rétines, au lieu de tomber sur des points correspondants, et il est vu double.

— ÉTYM. "Opos, limite, et tpéneiv, tourner.

t HORREAU (ho-rô), ». m. Nom du maquereau sur quelques côtes.

— HIST. Horreau, cotgrave.

HORREUR (o-rreur), ». f. || i' La sensation physique qui fait que la peau devient chair de poule et que les cheveux se hérissent. La peau, se retirant sur elle-même, fera dresser les cheveux, dont elle enferme la racine, et causera ce mouvement qu'on appelle horreur, soss. Conn. 11, 12. D'une subit» horreur leurs cheveux se hérissent, boil. Lutr. m. Il 3" Se dit des choses qui causent un sentiment d'effroi mêlé d'admiration, de respect, etc. Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible.... Perce la sainte horreur de ce livre divin, boil. Sat. viii. Et, dans la sacristie entrant, non sans terreur. En percent jusqu'au fond la ténébreuse horreur, id. Lutr. m. Le ciel brille d'éclairs, s'entr'ouvre, et parmi nous Jette une sainte horreur qui nous rassure tous, RAC. Iph. V, 6. Il est saisi d'une horreur divine, fén. Tél. xvjii. Saisie d'une horreur de religion à la seule présence du sanctuaire, mass. Av. Disp. Mais, quand il m'accablait de cette sainte horreur, La persuasion n'a point rempli mon cœur, VOLT. Fanât, iv, 2. Tout en fait sentir la religieuse horreur [de l'église gothique], chateadbr. Génie, m, i, 8. [Byron] La nuit est ton séjour, l'horreur est ton domaine, lamaht. Médit. 1,2. || 3" Mouvement accompagné de frémissement et causé par quelque chose d'affreux. Ce spectacle nous glaça d'horreur. F.t délivre mes yeux de l'horreur de te voir, CORN. Héracl. m, 2. Mais par la sainte horreur que vous fait l'infamie, id. Théod. m, 3. Malgré la juste horreur que son crime me donne, rac. ilndr. IV, 3. Quel jour mêlé d'horreur vient effrayer mon âme I m. Esth. m, 4. Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage, m. Phèdre, v, 6. Dans l'infidèle sang baignez-vous sans horreur, id. Athal. iv,

3. Sais-tu l'excès d'horreur où je me vois livrée t volt. Mérope, iv, 4. La pitié, non l'horreur, doit régner sur la scène, id. Prude, prol. (Ce prologue a été attribué à la Prude dans l'édit. de Kehl; il appartient à la comédie de VÉchange). On sut par lui [un général blessé et abandonné] ce crime : un frémissement d'horreur se propagea dans la colonne, il parvint jusqu'à l'empereur, séour, Hist. de Nap. IX, 8. Il Sentiments d'horreur. Que d'horreurs vous me jetez dans l'âme I corn. Sur. v, 4. || Faire horreur, exciter le sentiment de l'horreur. Trouvezvous doux les noms- de perfide et de traître ? — Je sais qu'aux généreux ils doivent faire horreur, corn. Héracl. m, b. Cette âme qui s'est tant aimée et tant cherchée, ne se peut plus supporter aussitôt qu'elle est seule avec elle-même; sa solitude lui fait horreur, boss. la Vallière. Dont les proscriptions font horreur en les lisant, id. Hist. i, 9. Vices qui font horreur à la nature, id. ib. 11, 12. Elle a craint qu'Hippolj te, instruit de ma fureur. Ne découvrît un feu qui lui faisait horreur, rac. Phèdre, V, 7. Va, je la désavoue, et tu me lais horreur, id. Andr. v, 3. Les rameurs chantaient à l'honneur de Vénus et de Cupidon des vers qui devaient faire horreur à ceux qui aiment la vertu, fên. Tei. iv. Le vice grossier fait horreur, id. ib. vu. |{ Familièrement et par exagération. Cela fait horreur, est à l'aire horreur, se dit d'une chose extrêmement laide, ou faite sans goût, sans habileté. Vous êtes aujourd'hui coiffée à faire horreur, gresset, méch. I, B. Il Familièrement. C'est une horreur, c'est une personne, une chose affreuse. || Fi I l'horreur I se dit pour marquer la répugnance. || Ah! l'horreur, se dit dans le même sens. L'une d'elles, qui le connaissait un peu, dit en le regardant de côté [Memnon devenu borgne] : Ah I l'horreur I volt. Memtion. 114" Haine, aversion, dégoiit, exécration. L'injuste horreur qu'elle [Rome] eut toujours des rois, corn. Pomp. IV, 3. Que la vertu du fils.... Vaincue la juste horreur que vous avez du père, ID. Héracl. 1,

4. Vous avez aimé cette erreur Pour qui vous ne deviez avoir que de l'horreur, mol. Psyché, iv, b. Elle [l'Église] a pour le meurtre une horreur toute particulière, pasc. Prov. (4. Sait-il toute l'horreur que ce Juif vous inspire? bac. Esth. m, ). Burrhus pour le mensonge eut toujours trop d'horreur, id. Brit. I, 2. Vous trouverez partout l'horrear du nom romain, id. ifi(/ir. m, I. Il te manquait encor ces perfides amours Pour être le supplice et l'horreur

HOR

de mes Jours, rac. Kithr. m, *. J"ai pris U vie en haine et ma flamme en horreur, id. Phèdre, i, ». Quelle innocence! quelle vertu I quelle horreur du vicel fïN. Tél. VII. Il ll'éléphant] a une horreur si grande pour le cochon, que le seul cri de cet animal l'émeut et le fait fuir, bufp. Quadrup. t. xiv, p. »»l. Presque toute» les femmes ont une horreur Invincible pour les araignées, les crapauds, les couleuvres, OENMS, Adèle et Théod. t. i, p. **», <ianï pouoENS. Il Avoir horreur de, éprouver une aversion mêlée de dégoût. Celles de ma naissance ont horreur des bassesses, corn. Ilodog. lu, 3. Les infamies qu'il [le nouveau quiétisme] a héritées de la secte des béguards.... je pourrais dire d'abord qu'on a horreur de traiter de telles matières, Boss. Et. d'orais. x, 3. On frémirait en le prononçant, et l'on aurait horreur de soi-même, boubd. »• dim. après la Penlec. Dom. Le roi eut horreur de tout ce qu'il entendait, fên. Tél. xiv. || Être en horreur à quelqu'un, lui inspirer une haine mêlée d'horreur. Daviil m'est en horreur, rac. A thaï, u, 7. Baal est en horreur dans la sainte cité, id. ib. v, 6. Il nous croit en horreur à toute la nature, iD. Esth. 1, 3. Ma mémoire est en horreur, fknel. TéUm. xviii. Il Objet d'horreur. 11 ne peut endurer que l'horreur de la Grèce Pour prix de ses forfaits épouse la princesse, corn. Méd. ii , 5. Il devint l'horreur du genre humain, boss. Hist. i, to. Il B° Horreur du vide, antipathie par laquelle on supposait que la nature tendait toujours à combler les vides i mesure qu'ils se formaient. Que la pesanteur de la niasse de l'air produit tous les effets qu'on a jusques ici attribués à l'horreur duvide, pasc. Pes. de l'air, ii. C'est d'un semblable raisonnement que l'borreur de la nature pour le vide et cent autres chimères prirent naissance, maiban, Élog. abbé de MoUères. \\ 8" Ce que certaines choses ont d'effrayant, de sinistre. L'horreur d'un cachot. L'horreur des combats. Après que j'aurai vu trébucher son orgueil De son char de triomphe en l'horreur du cercueil, ROTH. Bélis. II, <7. L'hiver est ici dans toute son horreur; je suis dans les jardins ou au coin de mon feu; on ne peut s'amuser à rien, sÉv. 22 nov. (67). Ces secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort, BOSS. U Tellier. Partez ; mais à ces mots les champions pâlissent. De l'horreur du péril leurs courages frémissent, boil. Lutrin, iv, vers supprimés. Mais à mes tristes yeux votre mort préparée Dans toute son horreur ne s'était pas montrée, RAC. Baj. II, 5. C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit : Ma mère Jésabel devant moi s'est montrée, Comme au jour de sa mort pompeusement parée, id. Ath. ii, 5. Et que les mêmes. coups Dans l'horreur du tombeau nous réunissent tous, VOLT. Adél. IV, 6. Il n'y a pas trois cents ans que je [Phénix] vis ici la nature sauvage dans toute son horreur, id. Princ. de Babxjl. 6. Ainsi de Mahomet j vous regrettez les fers. Le tumulte des camps, cette horreur des déserts, id. fanal, i, 2. Quoil j'ai percé l'horreur de cette nuit profonde, c. delav. Paria, I, 2. Il L'horreur d'un supplice, la cruauté d'un suplice. Il Fig. U se dit des souffrances morales. Vous ne connaissez pas toute l'horreur de sa situation. Pour comble d'horreur. L'borreur de ma misère. Il Une belle horreur, se dit des choses qui font éprouver un sentiment d'effroi mêlé d'admiration. La belle horreur d'un orage. Bieo que les poètes excellents, qui ont quelquefois le secret de nous faire sentir des chagrins délicieux et des triste.sses agréables, aient encore celui de nous faire voir de belles horreurs, bbébeup, Pharsale, Avert. tur la 3' partie. Enfin le jour, un jour sombre parut; il vint s'ajouter à cette grande horreur [l'incendie de Moscou], la pâlir, lui ftter son éclat, séguh, Hist. de Nap. viii, 6. || Il s* dit au pluriel dans un sens analogue. Les horreurs de la guerre, de la famine. Être en proie aux horreurs de la misère. U a dans ces horreurs [les agitations d'une insomnie cruelle] passé toute la nuit, bac Eslh. n, i. Lucrèce, chez les Romains, avait fait son poème de la nature ; Virgile, ses Bucoliques; Cicéron, ses livres de philosophie, dans les horreurs de la guerre civile, voLr. Moeurs, 82. Peux-tu mêler l'amour à ces moments d'horreurs? id. Ali. iv, 4. ô frère, ô triste objet d'un amour plein d'horreurs, ID. Fanât, v, 4. Tu [France] ne sens point du nord les glaçantes horreurs, a. ciién. Hymne à la France. \\ Les' horreurs de la mort, les angoisses de l'agofiie. || Par eilension. Le duc de Grammont était lors dans les horreurs de la taille [l'opérution par laquelle on extrait U pierre de la vessie], st-sih. »3, ( 29. {| 7° L'épormité d'une action cruelle, infâme. Quelle horreur

noR

d'embrasser un homme dont l'épée De toute ma famille a la trame coupée ! corn. Hor. v, 3. On fait plus, on m'impute un coup si plein d'horreur Pour me faire un passage à vous percer le cœur, ID. Rod. v, 4. Un tel excès d'horreur rend mon âme interdite, RAC Phèdre, iv, 3. La multitude et l'horreur de vos iniquités, hass. Carême, Fausse coiif. Hélas I le crime veille et son horreur me suit, voj.t. Zaïre, v, 8. Dans quel palais profane a-tK)n vu plus d'horreur I ID. Olympie, v, 7. Tant d'horreur n'entre point dans une âme si belle, id. Tancr. ut, 3. Il se trame ici quelque horreur, beaumabcii. Jf^r« coup. I, 2. Il 11 se dit au pluriel dans le même sens. La vie de ce tyran n'est qu'un tissu d'horreurs. U faut que le courroux du ciel l'accable quelque jour.... il me fait voir tant d'horreurs que je souhaiterais qu'il fût déjà je ne sais où, mol. D. Juan, i, l. Mon esprit ne se résoudrait jamais à se jeter parmi tant d'horreurs [les excès des révolutionnaires anglais], si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ces calamités ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées, boss. Heine d'Anglet. Et je l'ai vue aussi cette cour peu sincère Des crimes de Néron approuver les horreurs, Rac. Birén. n, 2. De toutes les horreurs, va, comble la mesure, ro. Athal. m, 5. II retrace vivement à notre imagination les horreurs d'une vie entière de crime, mass. Carémt, Laiare. C'était un débordement de l'armée qui se mit à piller, violer, massacrer, et faire toutes les horreurs que la licence la plus effrénée inspire, st-sim. 29, 88. On ne connaît que trop les étonnantes horreurs d'Alexandre VI, VOLT. Jenni', H. Les horreurs qui accompagnèrent la conquête de cet Etat et la tyrannie qui la suivit en firent un désert, raynal, Hist. phil. u, *». Si l'ennemi échappait à ce danger [l'incendie de Moscou], du moins n'aurait-il plus d'asile, plus de ressources ; et l'horreur d'un si grand désastre, dont on saurait bien l'accuser, soulèverait toute la Russie, sègur, Hist. de Nap. viu, 2. || 8° Les choses déshonorantes qu'on attribue à quelqu'un. On m'a dit des horreurs de cet homme-là. Pour moi qui, quoique très-jeune alors, ai vu naître toutes ces horreurs [libelles diffamatoires], je sais très-bien que l'envie en fut la seule cause, volt. Mélang. litt. Mém. sur la satire, la tat. après Despréaux. Existe-t-il, a-t-il jamais existé un méchant assez artificieux pour donner de la consistance aux horreurs qu'il débite d'autrui par les horreurs qu'il confesse de lui-même? DIDEROT, Claude et Nér. i, «t. Y pensez-vous, monsieur? quoi I Florise et Géronte Vous comblent d'amitié, de plaisirs et d'honneurs. Et vous mandez sur eux quatre pages d'horreurs! gres- SET, Méchant, u, «. basile : De toutes les choses sérieuses, le mariage étant la plus bouffonne, j'avais pensé.... — Suzanne : Des horreurs, beaumarch. Uar. de Fig. i, 9. || Par extension et plaisanterie. On m'a dit mille horreurs de cette montagne de Tarare, sév. 23.119" Très-familièrement. Injure. Il nous a dit des horreurs. || Propos obcènes. U s'approcha de cette femme et lui débita mille horreurs. — IIIST. m* s. De pour [de peur] li cuilverz trestremble, Fremist,mue colorssovent..., Quantde l'orror sis cueis [son coeur] s'effreie, bknoit, h, 12380. El horror [en l'horreur] de la nocturneil vision, cant li songes suet [a coutume de] parpenre les hommes...., /ob, p. 48l. {] xiv s. Et comme je pleins de paour et de horreur o [avec] grant révérence..., bebcheure, f" <2. ]| XV* s. Li crestien n'ont pas horreur De mariage, ains à honneur Le tiennent et à chose honneste. Mystère de Barl. et Josaph. dans GUI DE cambrai, p. 410. {] ivi* S. Encores qu'il n'y eust point d'enfers, si a elle [l'âme] horreur de l'offenser [Dieu], CALV. Instit. 6. Ainsi combien que de propos délibéré il s'estudiast à mespriser Dieu, si falloit-il que maugré ses dens il l'eust en horreur [en eût peur], iD. ib. 7. Estans prests de commettre toute vilenie et turpitude, sinon que l'horreur de

la loy les restreint, iD. ib. 263 ce qui est fait

pour nous engendrer un plus grand horreur de toutes autres espèces d'en abuser, id. ib. 289. 0 la belle chose que ce seroit, de ne voir point le païsan s'effrayer des gens de guerre, qui sont aujourd'hui l'horreur des villages! lanoub, 271. En cette inconstance que les horreurs de la mort lui apportoipiit, il lui escliappa que, si le coup estoit à faire, il le feroit encore, d'aub. Hist. i, )8i. L'horreur est moindre que la rigueur : aussi elle n'esbranle que la peau et le cuir, parS, xx, 20. Sain, j'ay eu les maladies beaucoup plus en horreur que lors...,

— ÈTYM. Provenç. horror, orror; espagn. horror ; ital. orrore; du lat. horrorem, horrere, avoir en

HOR

horreur, se hérisser, causatif du radical sanscrit, hartch, hérisier. Suivant un mauvais désir de latinisme, on tenta, au ivi' siècle, de faire horreur du masculin comme tant d'autres noms en rur.

UORBIBLE {o-rri-hl"), adj. |] 1- Qui fait horreur, qui révolte. Spectacle horrible. Y a-t-il rien de si horrible que cette injustice? sÉv. Lett. 28 janvier <666. I/oin de trembler devant les autels, en y méprise Jésus-Christ présent.... gens du monde, voui ne pensez pas à ces horribles profanations, boss. Louis de Bourbon. C'est une chose horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant, id. Anne de Goni. Non, quoi que vou-> disiez, cet horrible dessein Ne fut jamais, seigneur, conçu dans votre sein, RAC Brit. IV, 3. La chute désormais ne peut être qu'horrible, 10. Esth. m, (. UélasI l'état horrible où le ciel me l'offrit [un enfant, Joas]..., lu. Athal. I, 2. Les protestants, persécutés par l'abbé Chaila, le ma.ssacrèrent ; ce fut li l'origine de la guerre horrible des Cévennes, volt. Mœurs, rem. xvi. Quelle serait sur l'ennemi l'effet de cette barbarie [le meurtre des prisonniers russes] ? ne lui laissionsnous pas nos blessés, une foule de prisonniers'' lui manquerait-il de quoi exercer d'horribles représailles? sfiGUR, Hist. de Nap. ix, 8. \\ 1' Très-mauvais. Les chemins sont horribles. Tout l'état-major qui a mesuré cette chaîne horrible de rochers [le Saint- Bernard ] , VOLT. Physique , colimaçont , 3* lettre. Il 8" Familièrement. Extrême, excessif. Il fait un froid horrible. Faire une dépense horrible. Cela m'ennuie et me donne des vapeurs horribles, façon de parler des femmes de cour, de cailliêres, 4690.

— HIST. XIII* s. Et la nuit estoit moult et orrible

et desperte, Berte, xxxv.ji xv* s lequel pape jeta

une sentence et un eicommuniement en Flandre si grand et si horrible, qu'il n'estoit prestre qui osast célébrer ni faire le divin service, fiOiss. i, i, (0«.

— ÊTYH. Provenç. Iiorrible, orrible; espagn. horrible; portug. horriiel; ital. orribile; du lat. horribilis (voy. horreur).

HORRIBLEME.NT (o-rri-ble-man), ade.jj 1" D'une manière horrible. Des corps mutilés horriblement. Il Familièrement. Très-mal. Je suis distrait ; jeperds; je joue horriblement, babthe. Fausses infidél. se. 6. Il 2° Familièrement, extrêmement, excessivement. Elle est horriblement laide. U a horriblement souffert,

— HIST. xiv s. Signeur, ceste bataille fu ce jour maintenue Assez horriblement, c'est chose bien seuwe [sue], Hugues Capet, v. 3754. || xv* s. Le comte fit adono prendre grand foison de ceux qui servoient son fils... mais il en fit mourir jusques à quinze très horriblement, froiss. ii, m, 43. l\ xvi* s. On use mal aussi de plusieurs adverbes à la cour, comme je vous aime horriblement, d'aub. Foen. m, 22. Il fait lever une vieille horriblement maigre, id. ib. III, 24.

— ÊTYM. Horrible, et le suffixe ment; provenç. horriblamen; espagn. horriblementc , ital. orribilmenle.

t UORRIFIQUE (o-rri-fl-k'), adj. : ï-me du style marotique. Effrayant, hideux, qui coiiso l'horreur.

— HIST. ivi* s. Ils ont appelé cesle fièvre horrifique [qui cause le frisson], à cause des rigueurs et horreurs qu'elle apporte en ses redoublemens, pake, XX, 3-1. Puis [Gargantua] buvoit un hvrifique trait de vin blanc, rab. i, 2(.

— ÊTYM. Lat. horrifieus, de horrere, avoir horreur (voy. horreur), et facere, faire.

UOURIPILATION (o-rri-pi-la-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Terme de médecine. Frissonnement général qui précède la fièvre, et pendant lequel les poils, se dressant sur la surface du corps, produisent l'étit qu'on nomme chair de poule.

— HIST. xvr s. Elle sent un petit frisson et horripilation , ou herissonnement en tout le corps, fah», xvui , i.

— ÊTYM. Provenç. horripilacio ; espagn. horripilacion; du lat. hnrripilationem. de horrere, se hérisser (vov. HORKEua), et pilus, poil (voy. poil).

t HORRIPILER (o-rri-pi-lé), e. a. Néologisme et terme familier. Causer un sentiment de crainte ou d'irritation comparé à l'horripilation. Ce propos l'horripila. Il S'horripiler, v. Tifl. Devenir horripilé. U s'horripile pour un rien.

— ÊTYM. Lat. hurripilari, avoir le poil hérissé (voy. uorripilation).

HORS (hor; Vs ne se lie pas : bor un seul). Il 1° Adv. X l'extérieur (l'emploi adverbial est l'emploi étymologique). Mettre vos meubles hors, et faire place à d'autri's, mol Tart. v, 4. On ne pourra mettre hors les filles ain.s obligées, à moins qu'elles n'aient commis quel,,. ci taule nouble, boss. Règl. pour les fMet de la propag. de la foi, 1, ».|| Terme de mé-

HOR

Page 1