‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 383 sur 388 · C. 7. Il xm* s Et a une tourniele biele et grant · texte numérisé non relu

C. 7. Il xm* s Et a une tourniele biele et grant

où il art nuit et jour une lampe plaine d'oile d'olive, Chr. de liains, p. 4)3. Les liqueurs, si comme vins, oele et miel, beaum. xxvi, i<>. Li leus [le lieu] de l'uille soit contre midi et soit bien garniz por le froit, BHUN. LAT. îTrffîor, p. <77. Il xv* s. Le chastel doit estre garni de quantité d'oyle, de pois et de soufre, pour ardoir les engins de leurs adversaires, christ. DR piSAN, Hist. de Ch. F, ii, 38. Disoit le dit demandeur qu'il ha esté fort malheureux en anaours, par ce qu'il ha eu afi'aire aux femmes qui tirent huillc de la noix, à quoy ne pouvoiont contenter les dons, Aresla amnrum, p. 466, dans lacuBNE. Il XVI* s. «m tireroit plustost de l'huile d'une pierre que de nous une seule bonne œuvre, calv. Inslit. 606. Huile de fourment, de soulphro, paré, y, 21. Huile de vitriol, id. ib. L'huile [le jaune] d'œufs, iD. i6. a». Huile laurin, de lis, de vers, de sauge, etc. id. vm, <o. Quand on veut faire huiles chaudes, comme huile des philosophes, ou benedicta, il laut prendre de l'huile douce et bien meure, ou vieille, id. xiv, 24. C'est vouloir extraire de l'huile d'un mur, id. xxvi, 4. Toute ceste huile qu'on jeta

un

sur ce feu le ranima si fort que Pierre fit pendre ce chevalier, Kern. s. du Guescl. 15. Huile de septembre [vin], ounm, Pict. Qui mesure l'huile, il s'en oingt les mains, cotgiiave.

— ET YM. Wallon,/? Je; Hainaut, oie; picard, «ul«; provenç. oJ;espagn. oKO; portug. olro; ital. olio; du lat. olfum; grec, è)atov.

IIUir.fi, ÉE (ui-lé, lée), ipart. passé d'huiler. Oint d'huile. Papier huilé. |{ Par plaisanterie ou sarcasme, huilé se dit quel(|uefois pour oint Le fils

d'un insensé [Charles VI] , Huilé dans Rheims et par l'Anglais pressé, volt. Lett. roi de Prusse, (32.

tDDILEMENT (ui-le-man), ï.m. Action d'huiler.

— lilST. xvi' s. nullement, ootorave.

HCII.ER (ui-lô), e. a. || 1» Oindre, frotter avec

do l'huile. Il [Milon] se tenait si ferme sur un disque qu'on avait huilé pour le rendre plus glissant, qu'il était impossible de l'y ébranler, bolun, Ilist. anc. Œuv. t. m, p. 48b, dans roiiOENS. || 2° V. n. Terme d'horticulture. Une plante huile, quand elle est affectée d'une maladie qui la fait paraître comme imbibée d'huile. || 8° S'huiler, v. réfl. Se frotter d'huile.

— HIST. XVI* s. On doit un pou huiler ladite trépane, à celle fin qu'elle coule mieux et plus doucement, PARrt, VlU, 20.

— lïTVM. Huile; wall. wtlé; provenç. oliar; espagn. olear.

t nCILERIE (ui-le-rie), s. f. Fabrique d'huile. Il Cellier, magasin à huile. || Moulin à huile.

— HIST. xvi* S. Huilerie, oudin, Diet.

— ÉTVM. Uuile.

HCaEUX, EUSE (ui-leû, leû-z'), adj. || 1° Oui

est de la nature et, quelquefois, de la consistance de l'huile. Substance huileuse. || 2° Oui est comme imbibé ou frotté d'huile. Une peau huileuse. Ce garçon [d'Aubigné] était d'ailleurs pauvre, crasseux et huileux à merveille, st-sim. 87, (28 Il 8* Terme de cuisine. Sauce huileuse, sauce mal liée et devenue grasse en chauffant.

— HIST. XVI* s. On se gardera d'appliquer un médicament huileux, PAHÉ, vili, 44.

— ÉTYM. Lat. oleosus.

4. HUILIER (ui-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : des ui-lié-z en argent), s. m. Ustensile portant les burettes à l'huile et au vinaigre. Un huilier d'argent, de cristal, de porcelaine.

— lîTYM. Huile.

1 2. HUILIER (ui-lié), s. m. Fabricant d'huile dans

les pays où l'on fabrique de l'huile de colza ou de navette. C'est un de nos principaux huiliers. || Marchand d'huile.

— HIST. xiii* s. Huiliers de Paris qui achate huille dehors Paris et la porte à Paris, si doit à Petit Pont son paage corne autres marchans, Liv. des met. 29 i.

— ÉTYM. Huile. t HUILIÈRE (ui-liè-r"), t. f. Terme de manne.

Vase qui sert à contenir et à conserver l'huile des lampes.

— HIST. XVI* s. Cela avient comme une huiliers à coiffer une reine, Moyen de parvenir, p. 407,

dans LACUBNE.

— ÉTYM. Huile.

t HUILURE (ui-lu-r"), s. f. Terme rural. Maladie

des poiriers.

— ÉTYM. Huiler.

\ HUIR (huir), V. n. Terme de fauconnerie. Se

dit du cri du milan.

HUIS (ui; l's se lie : à ui-z ouvert; \'h n'est pas aspirée, l'huis; mais, par exception, l'on dit le huis clos, la fin du huis clos, ce huis clos), s. m. Il 1° Terme vieilli qui signifie porte. Or comme à coups de pied l'huis s'était presque ouvert, Régnier, Sal. XI. Et qu'on leur avait fermé l'huis. De crainte de quelque surprise, scarron, Virg. vu. On frappe à l'huis, là font. Rém. Voulut sortir et ne put ouvrir l'huis, i». Berc. || Huis coupé, porte donf le haut peut s'ouvrir pendant que le bas reste fermé. Ces règlements portent que les marchands de vin ne peuvent vendre en détail qu'à huis coupé et pot renversé. Correspond, de Colbert, ii, 468. Il a* Terme de palais, usité dans celte locution : A huis clos, sans que le public soit admis. Audience à huis clos. Heureux, cent fois heureux ceux que Laubardemont faisait condamner à huis clos p.ir ordre de .'^on Éminence 1 ils étaient opprimés, mais non déshonorés, p. i. cour. Réponse aux anonymes. Il Dans le langage général. En réunion privée. La pièce [le Mondain], tout innocente qu'elle est, n'était pas faite a.s,surément pour être publique; vous savez d'ailleurs que je n'ai jamais fait imprimer aucun de ces petits ouvrages de société qui

HLI

sont, comme les parades du prince Charles et do duc de Nevers, supportables à huis clos, volt. Ijttt. Trestan, 9 déc. t73«.|| Fig. Rien n'est plus dangereux dans leurs i)etits complots Que ces femmes da bien qui le sont à huis clos. Oui des moindres plaisirs condamnent l'innocence Et trouvent tout permis en sauvant l'apparence, boursault, lisope à la cour, II, 4. Il Substantivement. Le huis clos. Demander le huis clos, demander, requérir qu'une affaire soit jugée à huis clos. ||8° A huis ouvert, le public étant admis. Les pairs ont toujours été reçus au parlement jusqu'à la mort de Louis XIII, à la grande audience à huis ouvert, st-sim. 374, 40.

— HIST. xii* s. [Elle] Ferma les huis et serra du- •^ rement, Ronc. p. 472. A Wincestre est li mes [le messager] l'arcevesquc venuz. Mais li uis de la chambre II fu mult defcnduz. Th. le mart. 4 28. Mais cil qui guarda l'uii ne li laissa entrer, i7<. 49. Ijxiii* s. J'iroie ains d'uis on huis mes aumosnes rouver (demander], Berte, xliii. Car li dui [les deux] qui tel honte en orent. Quant il virent que tiiit le sorent [surent]. Firent des lors à huis nvert Ce qu'il faisoienten covert, la Rose, 44371. Neporquantj

si lost qu'il ysscnt de lor wis sor les voies, il sont sor le [la] justice le conte, beaoh. xiv, 6. Cil qui i va & borse vuide. Est bien fols, se trover i culdc Biau geu, biau ris ne bêle chiere; De vuide main vuide proiero; Quar vous oez dire à la gent : X l'ui.s, i l'uis, qui n'a d'argent, buter, h, 44. || xiv* s. N'y convint nul portier, n'y ont us clous [clos, fermé] ne porte, Girart de Rossillon, v. 2629. ||xv* s. Cinq sous font aultant Quant on est content Et qu'on jette les ennuys Derrière l'huys, bassixin, Vau de Tire, 39. Et gaignerent une maison et prindrent deux ou trois huys et s'en servirent do pavoys, ■ COMM. i, 3. Il ivi* s. Tu vas à Rome quérir ce que tu as à ton huis, génin, Récréât, i. n, p. 251. Constantin favorisa à huis ouvert la religion chrestienne, au desavantage du paganisme, pasouier. Recherches, liv. v, p. 43n, dans lacurne. Knfonceur d'huis ouverts, oonm, Curios. fr. I,e diable n'est pas toujours à un huis, cotgrave. Tant de povres ne sont pas bons à un huis, m.

— ÉTYM. Génev. à rii ouvertes, à portes ouvertes ; wall. ot(h; namur. uche; pic. hu; norm. hus, ut; provenç. uis, us; ital. uscio; du lat. oslium, porte.

HUISSERIE (ui-se-rie), t. f. Toutes les pièces de bois qui forment l'ouverture d'une porte.

— HIST. XII* s. Et muad erramment sa chiere (face] echancelout entre lur mains e hurtout asusseries des portes, i?oi>, p. s.s. j|xM*s. 11 ordonna que les couvertures des maisons se feissent avec la cognée, et les huisseries avec la scie seulement, amyot, Lyc. 23. En mur mitoyen, on ne peut, sans le consentement de celuy qui a part au dit mur, faire fenestres, huisseries ou autres choses semblables, Coust. génér. t. i, p. 398.

— ÉTYM. Huis; wallon, ouherèie; namur. ucherie; bourguig. usserie, porte ; Berry, htisserie.

4. HUISSIER (ui-sié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des ui-sié-z actifs) , s. m. \\ 1" Officier dont la principale charge est d'ouvrir et de fermer une porte. Huissier du cabinet. Huissier de la chambre. Huissier de l'antichambre. Huissier de salle. Il Huissier de la chambre du roi, officier qui entrait dans la chambre du roi peu après que le roi était levé, et qui, tenant la porte jusqu'à ce que le roi eût pris la chemise, laissait ensuite entrer. !l 2° Ceux qui se tiennent dans l'antichambre des ministres, des hauts fonctionnaires, etc. et qui introduisent les personnes admises à l'audience. Huissier au ministère de l'intérieur. || S* Gens préposés pour le service de certains corps. Les huissiers du Corps législatif. Les huissiers de l'Institut. Valet souple au logis, fier huissier à l'église, doil. Lutr. IV. Il 4° Officiers de justice chargés de signi- ,fier les actes de procédure, et de mettre à exécution les jugements, etc. et dont plusieurs font le service dos audiences du tribunal auquel ils apjiartiennent. Huissier au parlement. Huissier près la 'cour royale. L'huissier qui appelle les causes. Un sergent! un sergent! — Un huissier! un huissier! RAC. Plaid. I, 8. Il Huissier audiencier, huissier près le tribunal de première instance. || Huis- 'siers à verge, se disait autrefois des sergents royaux reçus au Châtelet. Je m'appelle Loyal, natif de Normandie, Et suis huissier à verge en dépit de l'en^^e, mol. Tari, v, 4. || Huissiers à cheval, ceux qui araient coutume d'exploiter à la campagne. Mon père était huissier. Mais huissier à cheval; c'est comme chevalier, regnard. Joueur, v, 4. Il Huissiers à la chaîne, officiers qui portaient au cou une chaîne d'or avec la médaille du roi, et qui

uni

iii'i

Hur

faisaient exécuter les arrêts du conseil. || 5' Autrefois, huissier visiteur, petit officier établi pour faire la visite des vaisseaux marchands, soit à la sortie, soit à l'entrée des ports. || 6" Avant l'étalilissement des commissalres-priseurs, il y avait des tiuissiers-priseurs. i| 7° HuissiJre, au féminin, s'est dit figiirément pour portière. Deux portes sont au cœur; chacune a sa valvule ; Le sang, source de vie, est par l'une introduit; L'autre huissière permet qu'il sorte et qu'il circule, la. font. Quinquina, I.

— HiST. XII* s. ITssier le rei esteit, e fu bien conoûz; Ne !i furent les portes ne nul des uis tenuz ; Car pur le rei esteit e dutez e cremuz. Th. le mari. tM. Il xiii' s Et monta amont, ses huissiers devant lui, comme grant sires, Chr.de Rains, p. (70. C'est à, savoir charpentiers, huichiers, huissiers, tonneliers, charrons, couvreurs de mesons et toutes manières d'autres ouvriers qui ouvrent du trenchant en merrien, iiv. des met. H)4. Quand les hui.ssiers veoient venir la royne [mère] en la chambre le roy son filz [Louis IX], il batoient les huis de leur verges, joinv. 323. || xv* s. Et fut huissier d'armes du roi de France et en grand honneur de-lez le roi, fboiss. i, i, 324.

— f.TYM. Génev. hussier; wallon, ouhî; namur. uc?i<r; bourguig. ftuchî'er, hussié; Rprry , hussier ; du lat. ostiarius, portier, de ostium, huis. L'huissier est primitivement ou bien un fabricant d'huts, ou bien un gardien d'huis; puis le gardien des huis des tribunaux est devenu un officier de justice.

t 2. itOISSIER (ui-sjé), s. m. Nom d'un navire usité dans le moyen Sge, qui avait une porte audessus de la flottaison, pour l'embarquement des chevaux.

— ËTYM. Iltiis, porte.

HCIT (ui ; le t se lie : ui-t hommes ; le < ne se prononce pas devant une consonne : ui chevaux, excepté quand huit est substantif : un uit' de chiffre; quand huit finit un membre de phrase: ils sont uit'; et quand huit est seul : cinq, six, sept, huit. L'h n'est pas aspirée dans huit; cependant l'article le ne prend pas d'apostrophe et se prononce : le huit; on dit de même ce huit et non cet huit, un énorme huit et non un énorm' huit. Les consonnes qui le précèdent ne sellent pasavechuit: un huit, excepté dans les nombres composés avec dix ou vingt et huit : dix-huit, dites di-z ui, vingt-huit, dites vin-t ui; ces composés se comportent ensuite comme huit lui-même : di-z uit liommes, di-z ui chev.aux , ils sont di-z uit'), adj. numérique. Il 1° Deux fois quatre. On peut parier <I86I contre 4B4 ou 77 contre < qu'un enfant de huit ans vivra un an de plus, bufp. Probah. de la vie, Oeuvres, t. X, p. 379. Il D'aujourd'hui en huit, dans huit jours. De lundi, de mardi en huit. Je retournerai d'aujourd'hui en huit à Paris, boss. Leit. quiét. 392. Il 2° Huitième. Page, chapitre huit. Charles huit. Henri huit. || On écrit plus ordinairement : Charles VIII, Henri VIII. || 3° S. m. Le nombre exprimé par huit. Le produit de huit multiplié par six. Il On dit de même : le nombre huit. || 4° Le huitième jour de chaque mois. Le huit de février, et, par ellipse, le huit février. || On dit de même : le huit de la lune. || 5° Le chiffre qui marque huit. Ce huit est mal fait. Huit cent quatre-vingt-liuit s'écrit par trois huit (88s). || On dit de même : le numéro huit. Il 6° Terme de jeu de cartes. La carte qui contient huit fbis le signe de la couleur. Un huit de cœur. Il lui est rentré trois huit. || 7° Terme, de chirurgie. Un huit de chifl"re, bandage dans lequel les tours de bande s'entre-croisent en forme de 8; tel est celui que l'on applique après la saignée du bras.

— HEM. Descartes a dit : Kn cette septième figure, comme elles sont en la huit ou neuvième, Monde, )3. En ce cas, la finale ième de neuvième sert pour huit où elle est sous-entendue. Cela se dit encore aujourd'hui.

— IIIST. XI" s. E pur un pon; un dener [denier], e isi [ainsi] tresque [jusqu'à] uit.... e ne durra [donnera] que oit deners, Lois de Guill. 6. ||xin* s. Arbrissiaus [il] i avoit, ne sai, du sept ou huit, Berte, XXXVI. Il XVI' s. La nécessité qui m'a contrainte de venir en ce paîs de Bretaigne a esté si pressée, que, si j'eusse failly d'huit jours, le soigneur et la dame de Blain estoient ruir.és, marg. iMt. xcix.

— EtVM. Bourguig. vcuit ; wallon, u((; provenç. oit, ueit; espagn. ocho ; portug. oito; ital. Otto; du lat. octo; grec, inTib; allem. acht ; angl. eight ; persan, hescht; sanscrit, ashtan.

HUITAIN (ui-tin; l'h, sans être aspirée, fait qu'il n'y a pas d'élision ni de liaison : le huitain, les huitains), s. m. Petite pièce de poésie compo-

sée de huit vers. || Stance de huit vers dans un plus

long ouvrage.

— F.TYM. Huit.

HniTAINE (ui-tft-n'; bien que l'h ne soit pas aspirée, il n'y a ni élision ni liai-son : la huitaine, les huitaines), s. f. || 1° Terme collectif. Nombre de huit ou environ. Une huitaine d'hommes. Une huitaine d'œufs. Il 2° Absolument. Huit jours. Je laisserai passer une huitaine. Le parlement ne fit jamais de représentation que dans la huitaine, voi.t. toia's XIV, 30. Je me mis en devoir de sortir mes effets, déterminé à les laisser en plein cbnmp plutôt que de ne pas donner les clefs dans la huitaine, j. J. ROL'ss. Confess. ix. || En style de pratique. La cause a été remise à huitaine. Les présidents renvoyant les affaires disent : à huitaine, pour tout dél.ii. Un aigle, sur un champ prétendant droit d'aubaine, Ne fait point appeler un aigle à la huitaine, Boii.. Sat. VIII.

— HlST. xni" s. Il doit pour toutes ces choses, chascun an, six deniers de coutume au roy, à poier quatre deniers aux huilenes de la foire Saint Denis..., Liv. des met. 34. ijxvi' a. Donner delay de huictaine, mont, i, 74.

— ÊTYM. Huit; provenç. uchena.

t nuiTANTE (ui-tan-f), nom de nombre. Ouatre-vingls. La Révolte des femmes, ballet où Marie Taglioni brillait au premier rang, entourée de buitante amazones, s'escrimant de la lance et de l'arquebuse, obtint un succès prodigieux, castil-blaze, Hist. de l'Académ. de musique, t. ii, p. 240. || Il a vieilli et c'est dommage ; car il entrait dans la série : cinquante, soixante, et disait en un mot ce qu'on dit en deux.

— HIST. xiv* s. Donné à Paris le vingt unième jour de janvier, l'an mil trois cent huitante deux, Lettre du dit jour portant instruction sur les aides.

— lîTYM. Lat. octoginta, de octo, huit. HUITIÈME (ui-tiè-m'; bien que l'h ne soit pas

aspirée, il n'y a ni élision ni liaison : le huitiémo jour, les huitièmes). || 1" Adj. ordinal de huit. Le huitième siècle. Tous les huitièmes jours, vous viendrez. Il Le huitième jour du mois, ou, elliptiquement, le huitième du mois. {| Terme d'ancienne légi.slation. Huitième denier, droit qu'on faisait payer tous les trente ans aux engagistes des biens aliénés des ecclésiastiques. || 2° S. m. La huitième partie. Il n'a reçu que le huitième de sa créance. Il n'avait qu'un huitième dans la ferme, patru, Plaidoyer e , dans richelet. || On divisait l'aune en huit huitièmes. || Droit de huitième, droit d'aide qui se levait autrefois sur les vins en détail. Il 3° S. f. Terme du jeu de piquet. La séquence des huit cartes de la même couleur, dite aussi dixhuitième, parce que l'on compte dix-huit. 114° S. f. La plus basse classe des collèges ; le lieu où le maître et les écoliers de cette classe .s'assemblent. Il S. m. Écolier de huitième. Un bon huitième.

— HIST. XI' s. Et l'oidm» eschele [escadron] a Naimes establie, Ch. ih Uni. ccxxi. || xii' s. L'uime est d'Anage, et la nncino de noz, Ronc. p. I27.

XIII* s. Et quant ces parties sont fêtes, il demeure en l'iretage un witisme, BEAU^f. xiii, )8, ||xiv* s. L'an de grâce 1322, le mercredi après les huitième [l'octave] de feste .St Martin d'esté, do cange, oetava.

— ÉTYM. Huit; wallon, utatmm ; provenç.

ochen, uchen, oche. La très-ancienne forme oidme, uime, représente un type oc(im«s;et witisme, huitième, un type octesimus.

HUITIÈMEMENT (ui-tiè-me-man ; bien que l'h ne soit pas aspirée, il n'y a pas de liaison avec les mots précédents), adv. En huitième lieu.

— ÉTYM. Huitième, et le suffixe ment; wallon, utaimmain.

t HUIT-PIEDS (ui-pié), s. m. Terme de musique. Un huit-pieds, orgue dont les tuyaux les plus grands ont huit pieds de long (2", 66). Des huit-pieds.

HUÎTRE (ui-tr'), s. f.\\ 1° Mollusque acéphale hermaphrodite, renfermé dans une coquille à deux valves dissemblables réunies par un ligament. Un jour deux pèlerins sur le sable rencontrent Une huître que le flot y venait d'apporter, la font. Fabl. H, 9. L'huître est pour le juge; Les écailles pour les plaideurs, id. ib. 1, 21. Des sottises d'autrui nous vivons au Palais; Messiears, l'huître était bonne: adieu, vivez en paix, boil. Êptt. n. Mme Denis mangera demain vos huîtres; je pourrai bien en manger aussi, pourvu qu'on les grille; je trouve qu'il y a je ne sais (|uci de barbare à manger un ausiii joli petit animal tout cru, voit. Lett. Chabanon, 21 décembre 1767. L'huître ouvre son écaille, et reçoit, avec l'eau de la mer, des corpuscules et

des insectes de différents genres, honnet, Cnnsid. corps org. (H'uv. l. v, p. 15'2, dans pougkns. Moi, s'écria Garnier d'une voix tonnante, j'arrive du Havre oh m'avait appelé la nouvelle de la mort de mon oncle, que j'ai trouvé à déjeuner, mangea.it sa huitième douzaine d'huîtres, cii. de bernabd, la Femme de quarante ans, § ix. || Genre ostrea, type de la famille des ostracées, où l'on distingue : l'huître comestible, dite simplement huître, c'est celle qui est servie sur les tables, ostrea edulis, L.; l'huître pied de cheval, ostrea hippnpus, t.; l'huître virginique, appelée vulgairement pirogue ; l'huitre crête do coq, connue sous le nom de crête de coq, aussi bien que le strombn crête de coq. !| Huître perlière, huître où l'on trouve les perles. On sait que c'est à la classe des huîtres qu'appartient ce riche coquillage, dont la coquille est incrustée de nacre et qui fournit les perles, bonnet, Contempl. nat. xii, 28, notes. || 2' Huître à l'écaillé, se disait autrefois de l'huître qu'on mange. Vous n'avez jamais vu la mer que dans une huître à l'écaillé, cyrano de Bergerac, Pédant joué, 1, 4. Il Fig. C'est une huître à l'écaillé, c'est une bête. Il 3" Fig. et familièrement. Personne stupide. Quelle huître! Il 11 chante, il joue comme une huître, il chante, il joue très-mal. || 4° Huître épineuse, e.spèce de coquillage marin à fond blanc. || Huître feuillée, autre espèce de coquillage, tacheté de pourpre.

— REM. On dit l'écailIe et non la coquille d'une huître.

— ÉTYM. XIII' S. En riens, fors en bien faire, ne se vuellent acroistre. Car ne prisent le mnnde la montance d'une oistre, j. de meung, Test. iios.

Il XIV' s Les bestes imparfeties sont qui ne se

meuvent d'un lieu, comme moules et oyslres, ORESME, Eth. 30. Il XV* S. Faut-il endurer ce sanglot [mal , oR'en.'îe] Ainsi comme huistres de Quancal- \es'? Sfyst. du siège d'Orléans, p. 663. Les aultres sont entrez en cloistres De Celestins et de Chartreux , Bottés, housés com pescheurs d'oysties ; Voylà Testât divers d'entre euli, villon, Gr. Testam. Il XVI' s. Coquille d'œufs, coquille de limassens, escailles d'ouistres, o. de serres, 905.

— ÉTYM. Wallon, witt, s. f. ; provenç. et espagH ostra; ital. ostrica ; du lat. ostrea ou ostreum, qui vient du grec Zcrcpeuv.

t IIUÎTRIER (ui-tri-é ; Vr ne se lie jamais), s. m. Terme de zoologie. Genre d'oiseaux qui vivent de coquillages. On y distingue VKvmatopus ostralcgus, L., de l'ordre des échassiers, dit aussi pie de mer. L'huîtrier n'a son bec en hoche que pour ouvrir les écailles d'entre lesquelles il tire sa pâture, blfp.

Ois. t. XVI, p. 266.

— ETYM. Huître.

t HUÎTRIÈRE (ui-tri-è-r"), s. f. Place de la mer où se trouve un banc d'huîtres. Huîtrière naturelle. Huîtrière artificielle. || Adj. L'industrie huîtrière, celle qui s'occupe de la pêche, de l'élève et de la vente des huîtres.

— ÊTYM. Bultre.

HOLAN (hu-lan), s. m. Voy. uhlan.

t IIULLA (ul-la), s. m. Nom que l'on donne en Turquie à celui qui devient pour un seul jour l'époux d'une femme répudiée, afin que le premier mari puisse légalement la reprendre. Il y a dans cette ville beaucoup de gens qui ne demanderaient pas mieux que d'être choisis pour huilas en cette occasion, petis de lacroix, les Mille et un jours, t. i, p. 322. Gulistan ou le huUa de Samarcande, Titre d'un opéra comique d'Etienne et Dalayrac.

t 1. HUI.OT (hu-lo), s. m. Autre nom du huet.

t 2. UUI.OT (bu-lo), s. m. Terme de marine. Petite ouverture ronde ou carrée, percée dans la muraille d'un navire ou dans le manlelet d'un sabord. Il Hulot d'embossure, ouverture pratiquée à la muraille du navire, en arrière du grand cabestan, pour le passage des cordages ou des chaînes qui ser\ent d'embossure.

— ËTYM. Dan. huuJ, creux;allem. hohl, d'aprèsJAL.

HULOTTE (hu-lo-t'), s. f. Espèce de gros oiseau de nuit, strix aluco, de l'ordre des rapaces nocturnes. La hulotte, qu'on peut appeler aussi la chouette noire et que les Grecs appelaient nycticorax ou le corbeau de nuit, est la plus grande (Je toutes les chouettes, bl'fp. Ois. t. 11, p. 1*. Tout aurait été silence sans le gémissement de la hulotte, CBATEAUBR. Génie, I, V, 12. Il On dit aussi huette.

— ÉTYJl. Wall, houlote; du lat. ulula, chouette, qui tient à ululare (voy. hurler). Comp. le germanique : anglo-sax. ule; angl. owl; néerl. uyl; anc. haut-aillem. hiuvila; allem. mod. Eule,

HUM

t HPM (homT, interjection qui marque doute, réticence, impatience. U comtesse : Allez porter ma lettre. — Lisette à part : Huml il y a ici quelque chose, MAiiivAur, le Legt, se. *.

tII(I.tlAni.B (u-ma-til'), od;. Qui pcutêtre humé.

— IIIST. XVI' s. Humahle, oudin, Dicl.

, — f.TYM. Humer.

HU.MAIN, AINE (u-min, m*-nT, adj. || 1* Oui concerne l'homme, qui appartient à l'homme en gi'néral, qui a le caractcTe de l'humanité. La vie humaine. C'e.st ici une véritable variation dans leur doctrine [des protestants), et un effet de la perpétuelle instabilité qui doit faire considérer leur réforme comme un ouvrage do la nature de ceux qui, n'ayant rien que d'humain, doivent être dissipés, selon la maxime de (ianialiel, boss. Var.x, § 5S. En un mot, ils ont pu facilement ou se tromper, ou tromper les autres ; car il n'y a rien de plus humain, m. Ilist. il, 13. Ce n'est pas un ouvrage humain que je médite; je ne suis pas ici un historien qui doit vous développer le secret des cabinets, ni l'ordre des batailles, i». Heine d'Anglet. Encore que la sagesse, après l'avoir gouverné dfs son enfance, l'ait porté aux plus grands honneurs et au comble des félicités humaines, m. le Tellier. La grandeur et la gloire?... je no puis plus soutenir ces grandes paroles, par lesquelles l'arrogance humaine tâche de s'étourdir elle-même pour ne pas apercevoir son néant, iD. Duch. d'Orl. Notre corps [dans la tombe] ()rend un autre nom ; celui même de cadavre, dit Terlullicn, parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps, m. ift. Il (Théodose] jugea que ceux-là ne seraient pas fermes dan"- la foi qui s'y engageaient par des motifs si faibles et si humains, PLÉcn. Ilist. de Théodose, iv, 27. Une considération toute humaine les a retenus, boubdal. Serm. 20* dim. après la Pentec. Domin. t. iv, p. 229. Prenez garde seulement de no rien mêler de faible et d'humain à la piété, MASS. Carime, Resp. hum. Il saura bien vous dédommager par des consolations secrètes de toutes ces amertumes humaines, id. ib. Les attentions, les respects, les offrandes les (lattent sans les corrompre [les éléphants] ; ils n'ont donc pas une ftme humaine; cela seul devrait suffire pour le démontrer aux Indiens, bufp. Quadrup. t. iv, p. 108. Tous les arts sont unis: les sciences humaines N'ont pu de leur empira étendre les domaines Sans agrandir aussi la (arrière des vers, A. CHv'NiER, /'/iivfnd'on. Ahl pcrissont plutc^t ces princes orgueilleux, Ainsi qu'un vil bétail tniilnril la race humaine! masson, Uelvét. ii. || Le genre humain, l'ensemble des êtres humains. Que servirait k Louis d'avoir étendu sa gloire partout où s'étend le genre humain?... tout le genre humain demeure d'accord qu'il n'y a rien de plus grand que ce qu'il fait, si ce n'est qu'on veuille compter pour plus grand encore tout ce qu'il n'a pas voulu faire, et les iKjrncs qu'il a données à sa puissance, boss. Mar.-Thér. Du genre humain saluons la famille. Mais qu'ai-je dit ? pourquoi ce chant d'amour"? Aux feux des camps le glaive encor scintille; Dans l'ombre à peine on voit poindre le jour, bkranokr, les Quatre âges. || L'ami du genre humain, un homme qui prodigue à tout le monde une amitié banale. Je veux qu'on me distingue, et, pour le trancher net, L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait, mol. Vis. i, t. {{ Les choses humaines, toutes les choses auxquelles l'homme prend part. L'inconstance des choses humaines. On n'en dit plus qu'un mot [d'un poisson renommé dans la cuisine] ; juge?, par là ce que c'est que de la gloire des choses humaines, et quel cas on en doit faire après cela, voit. t«». I20. Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines, BOSS. neine d'Anglet. || Moyens humains, voies humaines, moyens, voies dont l'homme peut se servir. 11 n'est moyen humain qui puisse la sauver, corn. Ilifracl. IV, I. Ménagements qu'une prudence humaine m'aurait inspirés, boss. Lett. al>b. t5S. Il Faits humains, les faits qui appartiennent à l'ordre naturel. Comme je n'écris pas une histoire ecclésiastique, mais celle des hommes démon temps, je ne rapporterai que des faits purement humains, DUCLOs, Règne de Louis XIY, Oliuvret, t. v, p. t32, dans pooGENs. || Lettres humaines, par opposition à théologie, connaissance de la littérature, grammaire, poésie, rhétorique, histoire, etc. Les lettres humaines .sont devenues très-inhumaines; on injurie, on cabale, on calomnie, on fait des couplets, VOLT. fHfCr/ipe , tjett.au P. Porie.\\ Fig. et familièrement. N'avoir pas figure humaine, forme humaine, être difforme ou défiguré, excessivement

nuM

laid. Il Dans le langage des moralistes, les actes bumains. On distingue les actes humains et les actes de l'homme : les premiers sont les actions qui se font avec connaissance et hberté, telles que de rendre un service par générosité, etc. ; les actes de l'homme sont les actions indélibérées, telles que de se soutenir dans une chute dangereuse, de crier dans la douleur, etc. || Respect humain, voy. rbs- PRCT. Il 2* Plus qu'humain, qui excède la portée ordinaire des forces humaines. Une intelligence plus qu'humaine. 11 fallait une vertu plus qu'humaine, BOSS. Ilist. II, 7. Il 3° Dans l'orgue, voix humaine, voy. VOIX. Il 4° Sensible à la pitié, bienfaisant, doux. Cet homme est humain. Un vainqueur humain. Et lu crois que, pour moi plus humain que son père, Hippolyte rendra ma chaîne plus légère? hac. Phèdre, II, t. Le ciel les fit [les Français] humains, hospitaliers et bons. Amis des doux plaisirs, des festins, dos chansons, a. ciién. Hymne à la France. \\ Il se dit aussi des choses. Et leur dévotion est humaine et Iraitable, mol. Tart. i, 6. Hazael, me regardant avec un visage doux et humain, me tendit la uiain et me releva, kénel. Télém. iv. || Avoir, montrer des sentiments humains, montrer de la sensibilité, de la bienveillance. || Ironiquement. Et je verrais mourir frère, enfants, mère et femme, Que je m'en soucierais autant que de cela. — Les sentiments humains, mon frère, que voilà! mol. Tart. i, o. Il N'avoir rien d'humain, être dur, impitoyable. Je rends grâces aux dieux de n'être pas Romain, Pour conserver encor quelque chose d'humain, corn. Hnr. n, ». Si l'on doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain, m. Cinna, i, 3. Rien d'humain ne battait sous son épaisse armure, lamart. Mid. u, 7, Bonaparte. || Familièrement. Une femme humaine, une femme qui a peu de rigueurs pour .ses adorateurs. Cette belle est fort humaine. || B" Terme d'astrologie. Signes humains, constellations qui représentent quelque figure humaine , comme la Vierge, Orion, etc. Il 6° .S. m. L'humain, la nature humaine , les forces humaines. Sans doute vos chrétiens qu'on persécute en vain Ont quelque chose en eux qui surpasse l'humain, corn. Poly. V, 8. Il 7° S. m. pi. Dans le langage élevé et poétique, les humains, les hommes. La chasteté déjà, la rougeur sur le front. Avait chez les humains reçu plus d'un affront, doil. Sat. x. Vous verriez à regret marcher à votre suite Un indigne empereur, sans empire, sans cour, Vil spectacle aux humains d"s faiblesses d'amour, rac. Bérén. v, e. On ne voit piUS pour nous ses redoutables mains De merveilles sans nombre effrayer les humains, m. Athal. i, i. Minosjuge aux enfers tous les pâles humains, id. Phèdre, iv, s. Faut-il toujours combattre ou tromper les humains! volt. Fanât, v, t. Je sais que les humains sont nés égaux et frères, ro. Scythes, r, S. Les fortes Ames de ceux-ci [les Romains et les GrecsJ paraissent aux autres [les modernes] des exagérations de l'histoire... ils existèrent pourtant, et c'étaient des humains comme nous ; qu'est-ce qui nous empêche d'être des hommescomme eux?j. j. rouss. Pologne,^. Vivre comme jadis, aux champs de Uabylone. Ont vécu, nous dit-on, ces pères des humains Dont le nom aux autels remplit nos fastes saints, A. ciiKN. Élégies, <4. Mais plaignons les humains, et laissons les tyrans S'environner d'acier, s'entourer de méchants, masson, llelv. ii. || Familièrement, au singulier. C'est un bon humain. Le meilleur humain du monde. Gaiment avec la grisetle D'un président, bon humain. Cette folle, à la buvette, Répétait la verre en main..., brrano. Muse en fuite. |{ Quelquefois il se dit en ce sens au pluriel. C'était un de ces humains déhonnaircs qui aiment tous ceux à qui le sang les lie, le sage, Est. Coni. ch. 65. Il II se dit aussi au singulier, dans le stylo élevé. Ces fleuves, ces bergers, Eden aimé des cieux. Et du premier humain berceau délicieux, A. chén. Élégies, u. .

— REM. Dans le .sens de sensible, bienveillant, humain ne se met qu'après son substantif.

— HIST. m* s. De Sun gré le suITti Deus pur l'umain peschié, Th. le mart. 48. {| xiii' s. Congié [je] deraant toutpremerainX celui qui plus m'est umain Et dont je miex louer me doi, Fabliaux, 2" éd. (35. Cors et ame, membre, héritage Y pert [à boire] souvent l'umain lignage, Gufrsai. Si bon signor ni si humain N'auront jamais si com ildient, l'Escoufle. Che sont humaines passions [souffrances], Quant la matcre est corrompue, RI del cors d'bmme est dissolue, 001 DE CAMBRAI, p. 2B. || XV' S. Si est que pour le sang humain Eviter et garder d'cspandre..., My.tt. du siège d'Orl. p. 737. ||xvi' s. La plus commune des humaines erreurs, hout. i, <4. La race hu-

HUM

maine, m. i, 70. Les lettres humaines et les sciences libérales, AHYOT,LucuI{. 2. Siquclqu'ennuy nevient ramentevoir Le povre humain d'invoquer Dieu qui l'ame [l'aime]..., mahot, ii, 2«6. Les anges, voyan* les humains hors les troubles et sollicitudes ter» Tiennes, les saluent..., hab. Panl. m, t*. Ces moij (lèze majesté] s'entendent seulement de la maje'té humaine et non divine, Coust. génér. t i, p. 225.

— ÊTYM. Provenç. human, uman;catal. Aumd, espagn. humann; ital. umano; du latin humanut, de hnmo, homme.

HUMAINEMENT (u-mfe-ne-man), adv. ||1* Comme un homme, comme il convient à un homme. X la table s'asseoir, manger humainement, regnier, .Sat. VI. Il me semble qu'un roi qui s'entretient avec son capitaine des gardes parle un peu plus humainement et ne prend guère ce ton de démoniaque, mol. /mp. de Versailles, 1.112° Suivant la portée, la capacité, le pouvoir de l'homme. Je vous parle humainement, à cause delà faiblesse de votre chair, SACi, Bible, St Paul, f.pit. aux Rom. vi, <9. Les parents [de la jeune fille] firent humainement ce qu'ils purent pour lui ôter celte idée de l'esprit [d'epouser Cratès], fén. Crntès. N'est-ce pas penser trop humainement d'un Dieu qu'on nous fait si grand? MASS. Carême, Avenir. || Humainement parlant, en se conformant aux idées communes, reçues Pour parler plus humainement et plus intelligiblement, il était entre cinq et six, scarr. Rom. com. i, l. ii Humainement parlant, en parlant suivant l'ordre (le la nature, par opposition à surnaturellemcnt. En parlant même humainement, nous ne pouvons périr, PASC. Prnv. 3. Dans un climat si sec et si égal [l'Egypte], ce qui a subsisté quarante siècles en peut .subsister cent, humainement parlant, volt. Lois dt !Hino.<:, Notes. || 3" Avec humanité,avechùnté. Alexandre traita humainement les Milésiens et vendit ce qu'il y trouva d'étrangers, rollin, Hist. ane. Ol'uv. t. VI, p. 208, dans polgens. || Ironiquement. Alberoni lui écrivit humainement que les soldats sont faits pour mourir quand cela convient, duclos, If^m. rég. QCuv. t. v, p. 338, dans poiioi:ns.

— HIST. XVI* s. Humainement [doucement], amyot, Pyrrh. 77. Qu'il se veoid plus souvent cette faulte, que les théologiens &scrivent trop humainement, que cette aultre, que les humanistes escrivent trop peu theologalement, mont, i, 401.

— ÊTVM. Humaine, et le suffixe ment; wallon, umainnmain.

t HUMANISATION (u-ma-ni-za-sion), s. /'.Action de rendre humain, plus humain. Tandis que cette amélioration des mœurs des peuples qui constitue la civilisation, avait eu une si heureuse influence sur l'humanisation des guerres politiques, mollien, Mém. d'un ministre du trésor, t. ii, p. 280.

HUMANISÉ, ÉE (u-ma-ni-zé, zée), part paui d'humaniser. || 1" Qui a pris la nature humaine. Le péché est humanisé en lui [le pécheur]; c'est un homme devenu péché, <1 perd tout bien, boss. Pensées chrét. 9. Il a° Rendu humain, doux, moins sévère. La vertu chez elle est fort humanisée, moi Éc. des mar. m, 6.

HUMANISER (u-ma-ni-zé) , r. a. \\ 1" Donner la

nature humaine Je crus dans ce pain [hostie]

que notre foi consomme Humaniser le verbe et diviniser l'homme, lamart. Joe. v, 1 00. Il Donner le caractère humain. 11 [Socrate] fut le premier, comme dit Cicéron, qui s'avisa de faire de.scendre la philosoi'hie du ciel, de la placer dans les villes, de l'intioduire même dans les maisons particuliire.s, l'humanisant, pour ainsi dire, et la rendant plus familière, plus à l'usage de la vie commune, plus à la portée des hommes, bollin, Ilist. anc. CF.ur. t. IV, p. 350, dans roUGENS.li i' Rendre bon, humain ; civiliser. Ils trouvaient leur maître tout chang(j depuis que la comédie ra\'ait humanisé, SCAR. itom. com. 11,3. Déjoce fut si occupé à adoucir, à humaniser les mœurs de la nation, et à faire des lois pour le gouvernement, qu'il n'entreprit jamais rien contre ses voisins, holun, Hist. ane. (Kur. t. II, p. 75. Son règne [d'Edouard IVJ humanisa un peu les mœurs de la nation, volt. JfofMf», t (7. Il 3° Rendre plus traitable, plus favorable. On a fait ce qu'on a pu pour adoucir cet homme; dans un terme plus nouveau, on dit : on a fait ce qu'on a pu pour l'humaniser, maro. buffet, Observ. p. M, I86H. Il Par extension. Ne paraissez point si .savant, de grâce; humanisez votre discours, et partez pour êti-e entendu, mol. Crit. de l'Éc. des {. se. 7. Il 4° S'humaniser, v. réfl. Devenir plus doux, plu» traitable. Il n'est plus si revêche, il commence k s'humaniser. Que d'un peu de pitié ton âme s humanise, MOL. Amph. m, 7. || 6* Se dépouiller d'un*

IIUM

trop grande sévérité de sentiments, d'une façon de vivre trop austère. Il s'humanise peu à peu, il ne fuit plus le monde comme il faisait. Et vous n'ignorez pas que ce maître des dieux Aime à s'humaniser pour des beautés mortelles, mol. Àmph. Prologue. M. le duc s'Iuimanisa en compliments flatteurs qui n'étaient guère de son style, st-sim. as, 206. Quand on a peur, tout orgueil s'humanise, volt. Ségueuh. \\ 6° Se conformer, s'accommoder à la portée des autres. 11 est vrai que son mérite [d'une dame) s'est fort humanisé : elle en a toujours eu beaucoup pour ceux qui la connaissaient; mais cette lumière, qui était sous le boisseau, éclaire présentement tout le monde, sÉv. 306. Je ne suis plus dans ce dialogue-là le divin Platon, ou du moins je me suis bien humanisé, ponten. Jugem. de Platon. Joignez-y [à certaines personnes réunie»] un ou deux Anglais pensants qui sont ici, et qui, dit-on, s'humani-sent jusqu'à parler, volt. Letl. Thiriot, (5 mai (736.

— HlST. XVI' S. Tu admires et estimes Socrates comme personnage qui, par sa ronde simplicité, sans fard ni vanité quelconque, a plus humanisé, par manière de dire, c'est à dire attribué à la raison humaine, la philosophie, amïot, dans le Dict. de DOCHEZ.

— ÉTYM. Humain.

HUMANISTE (u-ma-ni-sf), s. m. 1| 1» Celui qui étudie leshumanitésdansun lycée, collège. {| 2° Celui qui sait, qui enseigne les humanités; en ce sens il ne se dit guère qu'avec une épithète. Un bon, un savant humaniste. Jeune encore et grand humaniste, nouvellement appelé par l'électeur Frédéric pour enseigner la langue grecque, il [Mélanchthonj n'avait guère pu apprendre d'antiquité ecclésiastique avec son maître Luther, boss. Variât, iv, §3i. Il 3° En Allemagne, les humanistes, ceux qui font de l'étude des langues classiques la base de l'enseignement; par opposition à réalistes, ceux qui se livrent à l'industrie.

— HIST. xvi' s. Qu'il se veoid plus souvent ceste faulte, que les théologiens escrivent trop humainement, que cette aultre, que les humanistes escrivent trop peu theologalement, mont, i, 40).

— Ktym. Voy. hdmanités.

\ HUMANITAIRE (u- ma-ni-tê-r"), ad}. Néologisme. Qui intéresse l'humanité entière. ||S. m. Partisan de l'humanité considérée comme un grand être collectif.

— ÊTYM. Voy. HUMANITÉ.

t HUMANITAIRERIE (u-ma-ni-tê-re-rie) , s. f. La gent humanitaire , mot de plaisanterie et de dénigrement forgé par A. de Musset : Le monde sera propr» et net comme une écuelle; L'humanitairerie en fera sa gamelle, Dial. de Dupont et Durand.

t UUMANITARIS.ME (u-ma-ni-ta-ri-sm'), s. m. Néologisme. Système, doctrine humanitaire.

HUMANITÉ (u-ma-ni-té), s. f. || 1° Nature humaine. Doncques si de parler le pouvoir m'est ôté. Pour moi j'aime autant perdre aussi l'humanité, mol. Oép. am. II, 8. Sachant que nous sommes grossiers, il nous conduit ainsi à l'adoration de sa divinité présente en tous lieux par celle de son humanité présente en un lieu particulier, pasc. Prov. 16. 11 n'élève au-dessus de l'humanité, BOSS. Hist. ii, 4. J'ai [moi Jésus] pris votre joug sur moi, en me revêtant de votre chair mortelle et de votre humanité, BOURDAL. Exhort. sur J. C. portant sa croix, t. ii, p. 159. Ne cache pas tes pleurs, cesse de t'en défendre. C'est de l'humanité la marque la plus tendre, VOLT. Alz. II, 2. Je ne finirais point sur de pareilles anecdotes; mais elles me peignent l'humanité trop en laid, et j'aime mieux les oublier, ». Lell. Prévost, juin 4740. || Cela est au-dessus de l'humanité, cela passe la portée ordinaire des forces de l'homme. On ne vous demande pas de vous récrier : c'est un chef-d'œuvre de l'esprit , l'humanité ne va pas plus loin, la bhuy. i. || Fig. Payer le tribut à l'humanité, commettre quelque faiblesse, et aussi mourir. || Familièrement. Reposer son humanité, se repo.ser; cette locution vieillit. || En humanité, de la part des hommes. Duplicité du sieur Gedda où je ne connais rien ; mais il faut bien s'accoutumer à tout croire en humanité, d'abgenson, Journ. et Mém. t. II, p. 62. Il 2" Sentiment actif de bienveillance pour tous les hommes. Remplir un devoir d'humanité. Sous un faux semblant d'un peu d'humanité, CORN. Perthar. v, 3. Loin de nous les héros sans humanité ! boss. Louis de Bourb. Ou renoncez, seigneur, à toute humanité, rac. Bérén. iv, 7. A mon cœur éperdu l'humanité parlait, volt. Fanât, iv, 3. Quand je vous demande compte de l'amie que vous m'avez donnée, je crois vous invi-

HUM

ter à remplir un devoir de l'humanité, j. j. Booss. Lelt. à Saint-Lambert, 4 sept. (7.'i7. Parlerai-je d'Iris? chacun la prône et l'aime; C'est un cœur,mais un cœur.... c'est l'humanité même, Gilbert, Le in' s. Il Votre Humanité, s'est dit, par une flatterie respectueuse sous l'apparence de la familiarité, à un roi au lieu de Votre Majesté. Je ne sais point quitter mes amis pour des rois, et je l'ai mandé tout net à ce charmant prince que j'appelle Votre Humanité au lieu de l'appeler Votre Majesté [Frédéric], volt. Lett. d'Àrgenson, tsjuin 4740. || 3° En un sens assez nouveau et qui n'est pas dans le latin, le genre humain, les hommes en général considérés comme formant un être collectif plus grand que la patrie. Va, va, je te le donne pour l'amour de l'humanité, MOL. D. Juan,iu, 2. Que ne doit point le royaume à un prince [Condé] qui ahonoré la maison de France, tout le nom français, son siècle, et, pour ainsi dire, l'humanité tout entière, boss. Louis de Bourbon. J'ai fait.... Gémir l'humanité du poids de mon orgueil, volt. Alz. v, 7. Servons l'humanité; Après nous rendrons grâce à la divinité, m. j. chén. Fénel. III, 5. Va, fuis, l'humanité te rejette loin d'elle, delav. Porta, iv, 6. L'humanité manque de saints apôtres Qui leur aient dit : enfants, suivez sa loi ; Aimer, aimer, c'est être utile à soi ; Se faire aimer, c'est être utile aux autres, bérang. le Suicide. Humanité, règne, voici ton âge, Que nie en vain la voix des vieux échos, id. les Quatre dges.\H°Âuplur. Classes, dans les collèges et lycées, comprenant l'enseignement au-dessus de la grammaire jusqu'à la philosophie exclusivement, etdites aujourd'hui classes des lettres. Il a fait ses humanités. Ils [les médecins] savent pour la plupart de fort belles humanités, savent parler en beau latin, mol. Mal. im. m, 3. Le P. Sanlecque, religieux de Sainte-Geneviève, excellait à régenter l'éloquence et les humanités, st-simon, 352, 4 31. Il [M. Halley] fit ses humanités dans l'école de St-Paul sous le fameux Thomas Gale, mairan. Éloges, Halley.

— HIST. xn" s. [Jésus] uel [égal] al père sulunc la divinitet, mendre del père [moindre que le père] sulunc la humaineté. Liber psalm. p. 258. Hunur e sueurs e humanited me firent, quant jo m'en fui pur tun frère Absalon, Hois,^. 228. Par le ministère de sa humaniteitofTret il permanablesacrefice, Job, p. 492. Il xra* s. Donc doit l'en plainement noier [nier] Que les euvres d'umanité Aviengnent par nécessité, la Rose, 47461. Loons et essauçons la sainte Trinité, Par qui lidoulz filz Dieuprist nostre humanité, j. de MEUNG, Test. 4 4 8. Aucunsd'eulz avalèrent leurs braies et monstrerent leur derrière et toute l'humanité que il portoient, du cange, humanitas. Comme plusieurs doffuns, au temps que il avoient humanité [qu'ils vivaient], id. t6. Il XIV* s. Cens de Calais ayant esté forcez parles Anglois après une très vigoureuse résistance, ils se retirèrent auprès du roi de France qui les receut moult agréablement et leur fit faire moult de humanités, Chr. de St Denis, î° 221, dans lacurne. Il xvr s. Et n'usa péis Louys XI de plus grande humanité envers le fils qu'il avoit faict envers le père, SAYSSEL, Louis XI l, p. 84, 1615. Or je veux en mon sage une preud'hommie essentielle et invincible, qui tienne de soy-mesme, et par sa propre racine, et qui aussi peu s'en puisse arracher et séparer que l'humanité de l'homme , charron , Sagesse,

— ÉTVM. Provenç. humanat,humanitat; espagn. humanidad; ital. umanitd; du lat. humanitatcm, de humanus, humain.

t HUMANTIN (u-man-tin), I. m. Terme d'ichthyologie. Sous-genre de squales, dont une espèce est appelée cochon marin.

t HUMATILE (u-ma-ti-l'), adj. Terme de géologie. Corps humatiles, corps organisés qui ont été enfouis depuis qu'il y a de l'humus.

— Etym. Lat. humus, terre.

HUMBLE (un-bl'), adj. || 1° Qui a de l'humilité. Un homme humble. Une femme humble. Apprenez de moi que je suis doux et humble de eoeur, et vous trouverez le repos de vos âmes, saci, Bible, Étang. St Math. XI, 29. Tout humble chrétien se contentera aisément de la même certitude sur la justice que sur le salut éternel, boss. Var. xv, § 4 54. Elle accomplit tous ses devoirs sans présomption, et fut humble non-seulement parmi toutes les grandeurs, mais encore parmi toutes les vertus, id. Mûrie- Thérèse. Peut-être n'est-il pas moins rare dans le siècle où nous sommes et jusque parmi ceux qui sont les plus sévères pour eux-mêmes, de trouver des hommes à couvert de l'orgueil et humbles d'esprit et de cœur , bourd. Sévér. étang. 2" avent, p. 438. Peut-être je devrais, plus humble en ma

HUM

misère, Me souvenir du moins que je parle à son frère, rac. Milhr. i, 2. Humble dans le bonheur, grand dans l'adversité. Dans la seule vertu trouvant la volupté, DESTOUCHEs, Phil. marié, m, 3. Il Substantivement. Un vrai humble est aussi soigneux de cacher son humilité que toutes ses autres vertus, boubdal. Pensées, t. il, p. 447. Heureux donc les humbles de cœur! m. ib. t. u, p. 165. U prend l'humble sous sa défense, rac Ksth. l, 5. 11 entend les soupirs de l'humble qu'on outrage, iD. tb. m, 4. La grâce est réservée aux humbles, à ceux qui se défient..., mass. Carême, Fausse conf. ]l 2° Qui a le caractère de l'humilité, en parlant des choses. Une humble supplication. Par de profonds respects, par d'humbles sacrifices, cohn. Sertor. H, 4. Sa confession fut humble, pleine de componction et de confiance, boss. Louis de Bourh. Il 3° Dont la déférence est excessive. Être humble devant les grands. Demandez à ceux qui ont dans le cœur quelque passion violente, s'ils conservent quelque orgueil ou quelque fierté en présence de ce qu'iU aiment; on ne se soumet que trop, on n'est que tiop humble, boss. la Vallière. Cet humble adorateur se déclare mon maître, rac. Alex. m, 1 . Il 4° En termes de civilité. Faire de trèshumbles remerctments. Rendre de très-humbles grâces. Assurer de ses très-humbles respects. |{ On termine souvent une lettre par ces mots : Votre très-humble serviteur ; Votre très-humble servante. Il Selon mon humble opinion, formule exagérée de modestie, assez souvent employée. {| 5° Il se dit quelquefois pour modeste. D'humbles vertus. Telle aimable en son air, mais humble dans son style , Doit éclater sans pompe une élégante idylle, boil. Art p. II. Il 6" Qui a peu d'apparence, peu d'éclat, peu de force. L'humble violette. Les humbles bruyères. Cependant l'humble toit devient temple, et ses niurs Changent leur frêle enduit aux marbres les plus durs, la font. Philém. et Baucis. Touchée de ces sentiments [le renoncement aux grandeurs], elle aima cette humble maison [des religieuses de Sainte-Marie de Chaillot] plus que ses palais, BOSs. Reine d'Angl. Le luxe n'y fait point d'outrages X l'humble médiocrité , la motte , Od. t. 1, p. 486, dans pouGENS. Enfin de Mahomet les sublimes desseins Que n'ose approfondir l'humble esprit des humains, volt. Fanât, il, 1. 1| Il se dit, en un sens analogue, des personnes. L'humble laboureur. || Absolument et poétiquement. L'humble toit, la demeure des paysans, des gens du peuple. Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux ; Ces deux divinités n'accordent à nos vœux Que des biens peu certains, des plaisirs peu tranquilles ; Des soucis dévorants c'est l'éternel asile.... L'Iiumble toit est exempt d'un tribut si funeste, Ul font. Phil. et Baucis. On parlera de sa gloire Sous le chaume bien longtemps; L'humble toit, dans cinquante ans. Ne connaîtra plus d'autre histoire, BÉRANG. Souv. du peuple. || 7° Fig. Peu relevé. Remplir les fonctions les plus humbles. L'humble condition de gardeur de moutons. Heureux qui satisfait de son humble fortune, IJbre du joug superbe où je suis attaché... rac. Iphig. i, 4. Ces chaumes, ces déserts, pîi des pompes des rois Je vous vis descendue aux plus humbles emplois, VOLT. Scythes, m, 4. || S' Terme d'analomie. Muscle humble, le droit inférieur de l'œil, à cause de son mode d'action sur le globe oculaire, qu'il abaisse.

— HIST. xii* s Le puissant seigneur Qui l'or-

guilus abat, met l'umble en sié [siège] haucur [plus haut], Th. le mart. 74. || xiir s. Si doit estre [le prêtre] humeles, bénignes, larges, du cange,

humt'h's. Il XIV' s Tous ceux qui sont blaudi-

seeurs, humbles et serviables et veulent à chescun plere, il sont flateurs el de servile condicion,

oresme, Eth. 124. Il XVI' s Qui aux humbles

pardonne. Aux fiers porte rigueur, j. marot, v, 163. Et bon courage et espoir lui donras, Prestant l'oreille à son humble oraison, in, iv, 24G. Ce qui près toy me rend bas et humile, id. lu, 277. Demande à Marot tant habile Si humile Doibt pour humble (sic) en francoys, Crit. de Marot, vi, 93

— ÊTYM. Provenç. humil, omit; esp. humilde; ital. omile; du lat. humilis, qui vient de humus, terre (voy. humus).

HUMBLEMENT (un-ble-man) , adv. || !• Avec des sentiments d'humilité. 11 faisait des soupirs, de grands élancements, Et baisait humblement la terre à tous moments, mol. Tart. i, 6. Je me confie pour Madame en cette miséricorde [ de Dieu J qu'elle a si sincèrement et si humblement réclaclamée, boss. Duch. d'Orl. Combien de fois a-t-elle en ce lieu remercié Dieu humblement de deu)

HUM

grandes grftces,... boïs. Heine d'Ànglet.\\f Avec respect et soumission. Je supplie humbloincnt Votre Miijcsté. S'incliner humblemeut. Toutes les nations voisines étaient effrayées, et lui envoyaient des députés sur sa route pour lui demander liumblement la paix, plRch. Hisl. de Théod. i, 32. Le noble.... Humblement du faquin rechercba l'alliance, BOii. Sat. V. Il En termes de civilité. Je vous sjilue Ircshumblement. |{ 3* Modestement. Elle a vécu humblement et est morte oubliée. || Fig. La violette qui se cache humblement sous les bois.

— lll.ST. XII' s. Cume il vint devant Ilelye, mult humloment devant lui s'agenuill.it, si li dist.... Rois, p. 34e. Dune rcsjiundi li bers [l'excellent homme) humblement à cel ure..., Th. le mart. 36. Il xiii* s. Il n'ont cure d'orguel ensivre, Tuit se vuclent humblement vivre, la Hosc, uo68. ||xv' s. V.l servoit tousjours le prince au devant de la table du roy et par toutes les autres tables aussi humblement comme il pouvoit, Fnoiss. livre i, p. 107, dans LACi'KNK. || xvi* s. Mais humblement elle faisoit sans cesse Veux et offrandes à Venus la déesse,

— ETVM. Humble, et le suffixe ment; provenç. fiumi Ime n ; esp. hutnildemenle ; ital. umilmente.

UUME, f-IC (hu-mé, mée) , part, passé de liumcr. Un œuf frais humé.

HUMECTANT, ANTE (u-mè-ktan, ktan-t'), adj. Terme de médecine. Qui augmente la liquidité du sang et humecte nos organes. Aliments humectants. Tisanes humectantes. || S. m. pi. Des humectants.

— HIST. XVI' S. Bouillons et coulis humectans, PABÊ, vn, to.

HUMEtrrATION (u-mè-kta- sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action d'humecter. |1 Effet des substances humectantes. || Étatd'un corps humecté.

— HIST. xiV Oignemens, humectacions, ii. de MONDEviLLE, f° 90. || XVI' S. Ces glandcs peuvent servir à l'humectation de la mandibule, pabé, iv, (O.

— ËTYM. Provenç. humectacio ; espagn. hutneclacion; du lai. humectalionem, de humectare, humecter.

HUMECTÉ, ÉE (u-mè-kté, ktée) , pari, passé d'humecter. Le fer moissonna tout, et la terre humectée Dut à regret le sang des neveux d'Erecblhée, rac. Phèdre, u, 4.Les terres profondément humectées du Nil, du Zaïre et de la Gambie, bukf. Quadrup. t. x, p. 88. Il Rafraîchi. D'un breuvage.... Gilotin, avant tout, le veut voir humecté, boil. Lutr. v. || Populairement. Un peu gris. Il est passablement humecté.

HUMECTER (u-mè-kté), V. a. \\ 1° Rendre humide, mouiller. C'est [les montagnes] une chaîne de hauts aqueducs continuels qui, en s'ouvrant en plusieurs endroits, laissent aux fleuves et aux bras de mer l'espace dont ils ont besoin pour humecter la terre, volt. Physique, Changements arrivés dans notre globe. Je l'avais lu trois fois de suite, et, à la quatrième lecture, j'en humectais encore les feuillets de quelques larmes, DinEii. Claude et JVcV. ii, B7. Il Rafraîchir. S'humecter la poitrine. S'humecter le gosier, boire. || 2' S'humecter, v. réjl. Devenir mouillé. La terre s'est bien humectée. Et mon regard long, triste, errant, involontaire, Les suivait et de pleurs sans chagrin s'humectait , lamart. i/orm. Il, 2. Il Populairement. S'humecter, boire.

— HIST. XVI' s. .le mouille, je humette, je boy; et tout de paour de mourir, rab. Garg. i, 5. J'entends bien qu'il y a quelque simple qui humecte, quelque aultre qui asseicbe, mont, m, 2oa.

— ETYM. Provenç. et espagn. humectar; ital. umettare; du lat. humectare, du radical hum.... qui est dans humor (voy. hlmeub).

tUUMECTEItR (u-mèkteur), adj. m. Qui humecte. Appareil humectour, appareil employé dans la meunerie pour humecter les blés trop secs. ||S. m. Ustensile en usage dans les papeteries.

HUMER (hu-mé), i'. o. || 1° Avaler quelque chose de liquide en retirant son haleine. Humer un bouillon, un œuf. Disant ces mots, son gosier altéré Humait un vin qui, d'ambre coloré, Sentait encor la grappe parfumée Dont fut pour nous la liqueur exprimée, VOLT. Z)<!/"e»iJe du moniMin. Il Humer l'air, le vent, le faire pénétrer dans les poumons. Par un doux zéphyr réjouie [l'huître], Humait l'air, respirait, était épanouie, la font. Fabl. viii, 9. jj Humer le irouitlard, s'y exposer. || Humer l'oileur des mets, les llairer avec délices. |{ Aspirer par le nez. Humer une prise de tabac. || Kig. L'air précieux n'a pas seulement infecté Paris; il s'est aussi répandu dans les provinces, et nos donzelles ridicules en ont humé leur bonne part, mol. Préc. rid. i. L'âme est contente et hume tout l'encens [de la flatterie] •a cUamime, boss. Pensiet chrét. sa. Voilà, YoiU

pourtant l'air fétide, empesté [l'immoralité de certaines pièces de théitre]. L'air malsain que Paris, comme une odeur divine. Vient humor chaque soir de toute sapoilrinel barbier, ïambes, Melpomène, 2. Il 2" .Se humer, v. rifl. Être humé. Un œuf frais se hume aisément.

— HIST. xm' s. Cens [les oaufs] retint Rossel à son oes [à son service, pour lui] Trestoz, que nul n'en i lessa. L'un après l'autre les huma, Uen. 23392. Il semble la langue li arde, El moult piteusement esgarde Tybcrt qui le lot hume et boit, ib. 2703. Tant ot mangié bon buef as aus [à l'ail] Et du cras humé qui fu chaus..., ruteb. 282. |{ xiv s. S'on vous fiert en la teste, tantost l'arez copée; Vous estes abilliez, pour bien humer porée, Baud. de Seb. vui, 243. En la fin leur convient faire humer caudel [boire le bouillon, en passer par-là], ID. vi, 493. Il XV' s. lî. D'honneur assez — M. Cbascun en hume, VILLON, Baillèrent et tfalepaie. \\ xvi' s. Nous les humons [les préjugé.s] avec le laict de nostre naissance, mont, i, iiC). Leurs esclairs [dos armes], rayons et treluisements nous esblouyssoient , et humoient la veue, carloix, vi, 39. Les bouillons trop chaudement humés nuisent beaucoup aux dents, o. dk serres, 904. Qui ne peult manger, hume bouillie, genin. Récréât, t. Ii, p. 248.

— ÉTVM. Wallon, houmer; picard, heunier. Origine inconnue. Diez demande si ce n'est pas une onomatopée. En tout cas, le sens primitif dans l'historique est avaler, en retirant son haleine, des œufs, du lait,du gras, de la porée. Il y a dans l'espagnol husmear, flairer; mais ni le sens ni la forme (le verbe français n'ayant point d's) ne conviennent.

HU«lÉRAL,ALE(u-mé-ral,ra-r), adj. Termed'anatomie. Oui appartient au bras, ou à l'os humérus. Les ligaments humoraux. || Terme d'entomologie. Angle humerai, l'angle externe de la base des élytres.

— HIST. xvi* s. L'axillaire fait la dixième distribution de la veine cave ascendante, ainsi que l'humerale l'onzième, paré, ii, ts.

— ÈTYM. Humérus.

t HUMÉRO-CUBITAL, ALE (u-mé-ro-ku-bi-tal, ta-l') , adj. Terme d'anatomie. Muscle huméro-cubilal, le muscle court fléchisseur de l'avant-bras, chez le cheval.

— ETYM. Humérus, et cubital.

nU.Mf:RO-OLÉCRANIEN, ENNE (u-mé-ro-0-lé-

kra-niin, niè-n'), adj- Terme d'anatomie. Muscles huméro-olécraniens, externe, interne et petit, muscles court, moyen et petit extenseurs de l'avaut-bras.

— Rtym. Humérus, et olécranien.

HU.MÉRUS (u-mérus') , s. m. Terme d'anatomie.

L'os du bras depuis l'épaule jusqu'au coude-|| lerme d'entomologie. Le troisième article des pattes antérieures ou bras, chez les hexapodes.

— IllST. XVI' s. Telle est la jointure de l'os de l'espaule, qu'on dit humérus, avec le palleron, paré,

— étym. Lat. humérus, épaule; de même racine que le grec ùiio;, épaule. L'esprit étant doux dans (liiioç, l'/i du latin humérus est inorganique.

t UUMESCENT, ENTE (u-mè-ssan, san-t'), adj. Terme didactique. Qui devient humide.

— Etym. Lat. humescens, de même radical que humor, humeur.

t. nU.'\IEUR (u-meur), s. f. || 1' Toute espèce de liquide; inusité en ce sens qui est le sens propre, excepté dans cette phrase du métier de la tannerie: Faire prendre humeur aux peaux, les humecter, afin de leur donner une préparation. || 2° En un sens plus restreint. Toute sulistance liquide ou demiliquide qui se trouve dans un corps organisé. Par l'exercice, on dissipe les humeurs superilues, fén. Tél. xvii. Trois humeurs de différente densité, logées chacune dans une capsule transparente, partagent l'intérieur du globe de l'œil en trois parties , BONNET, Contempl. nal. v, <o.|| Terme d'ancienne médecine. Les quatre humeurs, les humeurs fondamentales qui étaient supposées exister dans le corps humain, et dont le juste tempérament constituait la .santé. Ces humeurs étaient le sang, le phlcgme ou pituite, la bile et la bile noire ou mélancolie on. atrabile. || Il s'est dit pour larmes. Ses beaux yeux.... N'ont plus rien de /livin comme ils Bouloient -avoir; Ains tout chargés d'humeur, gar- NiER, Hiftpnlxjte. Mes yeux toujours mouillés d'une humeur continue (de larmes], Régnier, Plainte. Il 3° Vulgairement, il se dit des humeurs viciées du corps. Humeur acre, maligne. Fondre, évacuer les humeurs. C'était une humeur qui vous tombait sur la poitrine, sèv. 366. Je ne sais si cette traite à pied [du comte de Mailly] lui aigrit l'humeur de la goutte

IIL'M

qu'il avait quelquefois, ST-sm 64, «oo. Peut-on avoir une humeur dartreuse, et avoir l'humeur si douce» VOLT. Lell. d'Argenlal, 20 juin )707. ||Les humeurs froides, les écrouelles. ||4* Disposition du tempérament ou de l'esprit, soit naturelle, soit accidentelle ; signification tirée de ce que la disposition du tempérament ou de l'esprit était attribuée à la qualité des humeurs qui sont dans le corps. Le sonnet est fort beau ; j'y ai remarqué que celui qui l'a fait devait bien connaître l'humeur de la personne [Mlle de Rambouillet] à qui il écrivait, puisqu'ayant perdu un amant, il ne lui en dit pas un mut de con.solation, voit. Lett. 25. Je saurai bien rabattre une humeur si hautaine, cohn. Cid, u, a. J'en voudrais connaître un de l'humeur dont il est,. ID, Suite du Uenl. m, ) . Qu'un peu de votre humeur ou de votre vertu Soulagerait les maux de ca cœur abattu, id. Poly. ii, 2. Je sais quelle est l'humeur et l'esprit d'un chrétien, id. ib. m, 3. Seigneur, telle est l'humeur de la plupart des femme», id. Tile et Uirén. iv, 4. II y a plus de dùfauts dans l'humeur que dans l'esprit, la bcciief. llcfl. mur. n° 290. Les fous et les soties gens ne voient que par leur humeur, id. ib. n" 4<4. Un certain homme avait trois filles. Toutes trois de contraire biimeur, LA FONT. Fabl. Il, 20. Mais le désir de voir et l'humeur inquiète L'emportèrent enfin, id. ib. ix, 2. Des hommes en amour d'une humour si souffrante [endurante]. Qu'ils vous verraient sans peine entre les bras de trente, mol. Fdch. u, 4. Nous joindrons après nos forces pour attaquer la dureté de son humeur, ID. l'Avare, i, 2. De l'humeur dont je les connais, id. Impr. 3. Vous êtes dans une humeur désobligeante, in. Sicil. 7. Si vous êtes encore de l'humeur dont vous étiez, sév. 27. Qu'on ne dise pas que c'était une chose aisée à deviner à qui connaissait l'humeur de la nation, BOss. Uisl. u, ». Mais, direz-vous, j'ai à converser avec une sœur qui est d'une humeur si rustique et si insupporlable, qu'il me faut toute ma patience..., id. btstr. aux ursul. di- Meaux, surlesilence, 2. Ces humeurs farouches sont fortà charge...., m. i6. Pourquoivoisje parmi vous des haines bizarres, des oppositions d'humeur à humeur et de personne à personne? m. Méd. sur l'Év. la Cène, Tl>' jour. Nous agissons par humeur et non par raison ; c'est pourquoi l'ambition ni l'avarice ne se changent pas pour avoir ce qu'elles demandent, parce que l'humeur demeure toujours, iD. Pensées détachées, 30. Les tempéraments ne sont pas les mômes, et rien n'est plus différent que les humeurs ; il y a des humeurs douces et paisibles, et il y en a de violentes et d'impétueuses, bouhdal. Instruct. Paix avec le proch. Fxhort. t. II, p. 341. Les climats font souvent les diverses humours, boil. Art p. m. Tout a l'Iiumeur gasconne en un auteur gascon, id. ib. Le temps, qui change tout, change aussj nos humeurs, m. ib. Votre état est de fâcher tout le monde, et votre humeur do ne mécontenter personne, maintkmon, Lett. au card. de Noailles. 30 avril «697 Je lis sur son visage Des fiers Domitius l'humeur triste et sauvage, bac. Brit. i, ». Le fruit de leur longue vertu était d'avoir si bien dompté leurs humeurs, qu'ils goûtaient sans peine le doux et noble plaisii d'écouter la raison, fén. Tél. v. Dire d'un homme col&re, inégal, querelleur, chagrin, pointilleux, capricieux, c'estson humeur, n'est pas l'excuser, comme ou le croit, la bruy. xi. Ils avaient l'humeur libérale et magnifique, hamilt. Oramm. 2. L'esprit qui ne nous apprend pas à vaincre notre humeur devient inutile. M""' DE caylus, Souvenirs, p. 87, dans poiGENS. Son humeur [du prince d'Orange] était froide et sévère; son génie actif et perçant, volt. Louis XIV, 10. Le tigre s'irrite de tout; le temps, loin de l'amollir en tempérant ses humeurs féroces, ne fait qu'aigrir le fiel de sa rage, buff. Tigre. On attribue les combats de gladiateurs à un esprit politique : c'était, dit-on, pour entretenir l'humeur guerrière parmi les Romains; mais l'humeur guerrière et l'humeur meurtrière sont Irès-différontcs : l'humeur guerrière est généreuse, c'est l'honneur et l'amour de la patrie qui l'inspirent, st-foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 226, dans pougens. jj Être d'humeur à, être habituellement disposé à. Je ne suis pas d'humeur à mourir de constance, coa». Kent. II, 2. Mon père est d'une humeur à consentir atout ; Mais il met peu de poids aux choses qu'il résout, MOL. F. SOI'. I, 3. Je ne suis point d humeur à payer les violons pour faire danser les autres, id. Comtesse, 21. Les Carth-igmois rétablis n'étaient plus d'humeur à céder, BOss. Hist. 1,8, p. «7.11 Être en humeur de, être actuellement disposé .i.... En humeur de nous faire un assez mauvais tour,

HUM

BÉGNiER, Sat. XI. J'étais sur le théâtre en humeur d'écouter, MOL. Fdchevx, I, I. On n'est pas en humeur de se promener. sÉv. 185. Elle n'est pas toujours en humeur de soufTrir ces hauteurs, m. 581. Jamais je ne fus tant en humeur de rire, montpl. Fille capt.

I, I. Une fois mis en humeur de conter (Car on se plaît à conter à cat âgel, malpil. Narcisse, ch. ii. Il Humeur de, disposition à. Ce n'est point une humeur de médire Oui m'ait fait rechercher cette façon d'écrire, régnieh, Sat. xii. Je n'écouterai plus celte humeur de conquête, cobn. Illus. comique,

II. 3. Et [je] trouverai pour vous quelques autres Tengoances, Quand l'humeur me prendra de punir tant d'offenses, id. Attila, v, 3. jj Être en humeur de bien faire, être en bonne disposition pour travailler d'imagination , pour composer ; se dit des poètes, des musiciens, des peintres. On dit, dans le sens contraire : N'être pas en humeur. Ces locutions vieillissent. || Être en humeur, se dit aujourd'hui, surtout par plaisanterie, de gens qui se mettent à table avec un grand appétit. Nous étions tous en humeur de bien faire. || 5° Belle humeur, disposition de gaieté et de satisfaction. Hier, dans sa belle humeur, elle entretint Valèie, corn. Hor. 1, t. Elle ne nous a pas consolées, quoiqu'elle fût dans ses belles humeurs , sÉv. 36. Jugez par la longueur de la lettre si je suis de belle humeur, MAINTENON , Lettre à l'abbé Gobelin , s mai (675. Je ne suis pas en belle humeur : les affaires de Flandres prennent un mauvais tour, id. Lelt. au duc de Noailles. t& août tm. Il se mit de la plus belle humeur du monde, hamilt. Gramm. 4. Le chevalier sortit de belle humeur, id. ib. 4. 11 avait toujours remarqué que cette belle humeur est incompatible avec la cruauté, volt. Vlngénu, <9. Il Bonne humeur, bonne disposition de l'ftme qui se manifeste par le ton, les manières, le langage. Je ne suis pas d'assez bonne humeur pour lui répondre, SÉV 83. Soit qu'il ait su le prendre en bonne humeur, boss. Yar. 4. Je voudrais qu'on rassemblât beaucoup d'enfants de bonne humeur, j. I. Rouss. Ém. II. Il Mauvaise humeur, mauvaise disposition de l'âme , qui se manifeste également par le ton, les manières, le langage. Une mauvaise humeur, un peu de jalousie, corn. Hor. m, 4. La plupart sont entrés en mauvaise humeur, pasc. Prov. 3. Mais, dites-vous, cette soeur est si ombrageuse et pointilleuse, que la moindre chose la met en mauvaise humeur , boss. Instr. aux urtul. de Meaux, sur le silence, 2. Quand elle est dans sa mauvaise humeur, id. ib. Ces objets l'irritèrent et allumèrent en lui [Lally] cette mauvaise humeur qui sied si mal à un chef et qui nuit toujours aux affaires, volt. Louis XY, 34. || Humeur noire, mélancolie, tristesse, locution tirée do ce qu'on attribuait la trisiesse à l'humeur noire ou bile noire, dite aussi mélancolie ou atrabile, qui était supposée avoir son siège dans la rate. Là, par un saint motif et non par humeur noire, INctre ermite nouveau..., LA FONT. Oies. Quant à cette humeur noire, vous ne devez en attendre la guérison..., boss. Lett. abb. 446. Il 6" Absolument. Humeur se dit pour mauvaise humeur, disposition chagrine , impatience. Ce qu'on appelle humeur est une chose trop négligée parmi les hommes, la bruy. xi. L'humeur est de tous les poisons le plus amer; les fripons sont emmiellés; faut-il que les honnêtes gens soient difficiles? volt. Lett. dArgens. 1762. Ce qui me donne de l'humeur, c'est qu'on ne les regarde jamais que du mauvais côté, DiDER. Pctw. p/ii7. I. En lui l'humeur gâtait tout, et cette humeur était quelquefois hérissée de rudesse et de brusquerie, marmontel, Mim. v. || Avoir de l'humeur, être mécontent, piqué, en colère. Notre Salomon a de l'humeur, et je le crois mécontent ou malade, d'alemb. Lett. à Yoltaire, 27 décembre 1777. Elle avait quelquefois de l'humeur dont elle faisait toujours de la tristesse, stael, Corinne, XII, (. Quant à l'Ilissus, il est sans eau; Chandler sort, à cette occasion, de sa modération naturelle, et se récrie contre les poètes qui donnent à l'Ilissus une eau limpide et bordent son cours de saules touffus; à travers son humeur, on voit qu'il a envie d'attaquer un dessin de Leroy..., cha- TEAUB. Itin. part. i. Morbleu! qui n'aurait de l'humeur En pensant que madame De monsieur fera le bonheur, Bien qu'elle soit sa femme? brrang. Célib. Il Prendre de l'humeur, s'irriter, concevoir de la colère, du mécontentement. Oui, ma tante soufent prend de l'humeur pour rien, collin d'harlev. Optimiste, i, n. !| Par menace. Je lui ferai passer son humeur. |; Familièrement. Humeur de dogue, humeur de chien, très-mauvaise humeur. On ne peut lui parler, il est ce matin d'une hunier. DE LA LANGl K FRANÇAISE.

HUM

meur de dogue, jj 7" Caprice, bouderie, fantaisie. ....Je suis Enclin à des humeurs qu'éviter je ne puis, Régnier. Sat. v. Je suis plus ami de la vérité que de votre humeur, balz. liv. vi, Lett. 4. Mon humeur ne dépend guère du temps : j'ai mes brouillards et mon beau temps au dedans de moi, PASCAL, Pens. art. iv, 47, édit. havet Les tristes humeurs d'une femme grondeuse, plécii. Serm. i, 3)0. Combien de superbes humeurs faut-il essuyer! ID. ib. 32). Supportez certaines petites humeurs fâcheuses du prochain, id. Paiiig ii, p. 499. Des humeurs qui échappent, et sur lef;quelles il est malaisé d'être toujours en garde contre soi-même , MASS. Carême, Pardon des offenses. La vertu prudente et solide tient toujours un milieu juste et équitable ; c'est l'humeur toute seule qui aime les extrémités, ID. Carême, Vérit. culte. Montrons au monde, en mettant chaque cliose à sa place dahs nos actions, que la piété n'est pas une humeur ou une faiblesse, mais la règle de tous les devoirs, m. ib. Nos humeurs éternelles dont ils souffrent tant, ID. Carême , Dégoût. Les humeurs qui nous possèdent, les inégalités qui nous entraînent, id. Carême, Pâques. Il ne vous eût pas été permis de vivre d'humeur, de tempérament, et de ne prendre que ce qui vous plaît pour la règle de ce que vous devez faire, iD. Profess. relig. serm. 3. Fort raisonnable, à quelques petites humeurs près qui se passaient à pleurer, J. J. houss. Confess. iv. Ses duretés, ses humeurs, ses caprices affermissaient la constance de sa maîtresse, duclos, Mém. rég. CEuvres, t. v, p. 389, dans pobgens. || Par humeur, par caprice, en se piquant. On se sépare par humeur, on se réunit par politique, boss. Yar. xv, g 124. Il C'est un homme d'humeur, c'est un homme capricieux, inégal. L'un se fait philosophe, un autre plaisant, un troisième homme d'humeur, duclos, Consid. sur les moeurs, ch. ix. || Kn un sens contraire. C'est un homme qui n'a point d'humeur, qui est sans humeur, c'est un homme égal, qui n'a point de caprices, d'impatiences, de violences inattendues. Il Familièrement. N'avoir ni humeur ni honneur, n'être pas touché des affronts et être privé des sentiments de l'honneur. Tiens, Gotte, j'ai lu dans un livre relié que, pour faire fortune dans le monde, il suffit de n'avoir ni honneur, ni humeur, sédaine. Gageure imprévue, se. 4 5. || 8° Penchant à la plaisanterie, originalité facétieuse, à peu près dans le sens de l'anglais humour (voy. ce mot), qui est d'ailleurs un emprunt fait à la langue française. [ Matamore , achevant de vanter ses hauts faits, voit approcher sa maîtresse en compagnie de son rival; tout de suite il tourne les talons]. Clindor : Où vous retirez-vous? — Matamore : Le fat n'est pas vaillant; Mais il a quelque humeur qui le rend insolent, corn. Illus. com. ii, 2. Cliton : Par exemple, voyez, aux traits de ce visage Mille dames m'ont pris pour homme de courage. Et, sitôt que je parle, on devine à demi Que le sexe jamais ne fut mon ennemi. — Cléandre : Cet homme a de l'humeur. — Dorise : C'est un vieux domestique Qui, comme vous voyez, n'est pas mélancolique, ID. .Sutfe du Ment, m, (. De ce qu'elles ont moins, c'est dont plus je les loue : Aux sottes, de l'esprit; aux vieilles, de l'humeur, scarron, Jodclet duelliste, I, I. Ils [les Anglais] oiit un terme pour signifier cette plaisanterie, ce vrai comiciu',, cette gaieté, cette urbanité, ces saillies qui échappent à un homme sans qu'il s'en doute; et ils reiulent cette idée par le mot humeur, humour, qu'ils prononcent yumor, et ils croient qu'ils ont seuls cette humeur, que les autres nations n'ont point de terme pour exprimer ce caractère d'esprit; cependant c'est un ancien mot de notre langue, employé en ce sens dans plusieurs comédies de Corneille, volt. Me'langesUllér. Lettre à Vabbé d'Olivet, 2i avriU762. Il Humeur a vieilli en ce sens; cependant le voisinage du mot anglais temour lui a redonné faveur; et déjà Diderot avait recommencé à l'employer. Toute la scène du confessionnal voulait être mieux dessinée; cela demandait plus d'humeur, plus de force, DiDER. Salons, dans génin. Récréât, t. i, p. 213. La gaieté, chez M. de Chateaubriand, n'a rien de naturel et de doux; c'est une sorte d'Iiumeur ou de fantaisie qui se joue sur un fond triste, ste-beuve, Causeries, )8 mars <8B0. |l Belle humeur s'est dit en ce sens. L'Ovide en belle humeur de d'Assouci. !| Par humeur, s'est dit pour: par inspiration originale. Un auteur, né copiste.... doit.... éviter comme un écueil de vouloir imiter ceux qui écrivent par humeur, que le cœur fait parler.... la BRUY. I. Ceux qui écrivent par humeur sont sujets à retoucher leurs ouvrages ; comme elle n'est pas

,JM

toujours fixe et qu'elle varie en eux selon les occasions, ils se refroidissent bientôt pour les expressions et les termes qu'ils ont le plus aimés, id. ib.

— REM. On lit dans Raynal : 5i M. Pitt quitta sa place par humeur, il est blâmable de ne l'avoir pas étouffée ou maîtrisée, raynal, Ilist. phil. x, 28. Raynal a ici péché contre la règle qui veut qu'un nom pris indéterminément, sans article, ne soit pas représenté subséquemment par un pronom. Il faut éviter cette tournure, qui queliiuefois et à la rigueur peut s'admettre, quand le sens est clair, mais qui ici est mauvaise, surtout à cause de place, autre substantif féminin auquel on croit d'abord que le pronom féminin se rapporte.

— SYN. humedb, capiii;e. Ces deux mots, en tant que synonymes, désignent un sentiment vif et passager dont nous sommes afl'ectés, sans que la cause soit égale à l'effet. Il y a cette différence que le caprice n'implique pas nécessairement queli|ue chose de déplaisant, tandis que la déplaisance est inhérente à l'humeur.

— HIST. xni* s. Li fust [les arbres] del champ seront saoulé d'humor. Psautier, (' )24. L'une nature est de complexion sanguine, l'autre de mélancolie ou de flemme ou de colère, selonc ce que les humors habondent plus, bhun. latini, Trésor, p. I06. Li semere [semeur] a apparillié Autre semenche k'il sema. Mais deseur pierre le lia] jeta; Quant sa rachine dut conquerre. Si lor failli humeurs et terre, GUI DE CAMBRAI, Barl. el Jos. p. 34. Il XV' s. Chantre de table et buveur M'est injure ordinaire ; Mais chascun a son humeur; Je n'y sauroy que faire, BASSEL. X. Faulte d'humeur nos choux sont morts En nos jardins par seicheresse, id. xvii. || xvi' s. Quand on purge du cors humain quelque humeur nuysant, avant sa concoction, rab. Pant. m, 4t. On y retrouvera aucuns traits de mes conditions et humeurs, mont. Au lect. p. n. Parmi ses humeurs il avoit cette cy..., id. l, 46. Je veoy louer cette humeur [fantaisie], id. i, <7. Malice ennemie de mon humeur, id. i, 34. Ce feut une humeur prompte et curieuse qui me convia à tel effet esloingné de ma nature, id. i, 96. Diogenes estoit, à mon humeur, juge plus poignant que Timon, id. i, 379. Toutes les fièvres putrides sont faites d'humeurs putréfiés et corrompus au corps humain, paré, Introd. 6. Quels sont les humeurs, telles sont les inclinations des mœurs, id. ib. L'humeur péchant, id. v, I3. Nettoyant la ville des plus séditieux et plus mutins, ne plus ne moins que d'une superfluité de mauvais humeurs qui causoient ceste maladie, amyot. Cor. 4 7. Il descouvrit une source d'humeur grasse et huileuse, id. Alex. 96.

— KTYM. Picard, himeur. humeur, souffrance physique; wallon, imeûre ; Berry, himeur; hourg. heumeu ; provenç. humor, umor, ymor.; cspagn. humor; ital. umore; du lat. humorem, liquide, humeur; comp. yyiiôi, humeur, yùnoi, effusion; au contraire, Curtius le rattache à uyçii, supposant uiî radical ug (sanscrit uk-shâmi. arroser); humor serait pour hug-mor. Au xvi* siècle, on essaya, par latinisme et contre l'analogie française, de donner à humeur le genre masculin.

t 2. HUMEUR (hu-méur), s. m. Celui qui hume. WAufém.. Les humeuses de gin. || Adj. f. pi. Humeuses, se dit de certaines pierres qui se forment dans les serres humides.

— HIST. xiv s. Un humeur de broez [brouet] et lecheur prioit as diex et souhaidoit que il eust la gorge plus longue que le col d'une grue, obksme, Eth. 94. Il XV' s. Se tu deviens povre de corps et de biens et tu as esté homme de court, chacun dira : Vêla le mengeur de soupe et le humeur de brouets de court, leJourencel, t' te, dansLACuRNB.

— ktvm. Humer.

I UUME-VENT (hu-me-van), s. m. Celui qui erre de tous côtés et est exposé aux intempérie! des saisons. J'allais essuyant le pavé de Rome, devenu vagabond et hume-vent, le sage, dans le

Dict. de BESCHEHRLLE.

— ÉTYM. Humer, vent.

HUMIDE (u-mi-d'), adj. || 1° Qui tient de la nature de l'eau (sens auquel il se dit surtout dans le stvle élevé et poétique). Les humides contrées de l'air, ROTROO, St Genest, m, 2. Mais vous [roseau] naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du vent, la font. Fabl. i, 22. 11 |le Rhin] voit fuir à grands pas ses naïades craintive!' Qui toutes accourant vers leur humide roi. ., boil. lip. IV. Cependant sur le dos de la plaine liquide S'élève à gros bouillons une montagne humide, RAC. Phèdre, v, «. || L'humide élément, l'eau. || I.( s humides plaines, l'humide sein de l'onde, l'humidj

HUM

empire, la mer. || »• Imprégné de vapeurs aqueuse». Un air humide. Un linge, une chambre humide. Mme de Coulanges me disait l'autre jour : Ouitlez vos humides Rocher»; je lui répondis : Humide vous-même ; c'est Brévanes qui est humide, sÉv. «02. Une humide froidure Aigrissait tout à coup les tourments que j'endure, m. j. CIIÊN. Fén. II, 3. Il Yeui humides, yeux mcaillés de larmes. Irai-je l'aborder.... L'œil humide de pleurs par l'ingrat rebutés? bac. Phèdre, m, 3. Quelques pleurs s'échappaient de sa paupière humide, DUCis, Oscar, i, 2 Sur un vaisseau rapide Ver» la France entraîné, Il s'assied, l'œil humide Et le front incliné, bèbano. Eiilé. || Un regard humilie, se dit du regard d'un œil qui est légèrement mouillé, ce qui lui donne quelque chose de doux et de brillant à la fois. || Dans le langage vulgaire, cerveau humide, se dit de la membrane qui tapisse les narines quand elle abonde en mucosités. || Tempérament humide, tempérament qui abonde en pituite. Il 3" S. m. Terme de physique ancienne. Une des quatre premières qualités, opposée au sec. Le chaud et le froiil, le sec et l'bumide, sont les quatre principes actifs d'Aristote, ceux qui déterminent ses quatre éléments. Ou que Bernier compose et le sec et l'humide Des corps ronds et crochus errant parmi le vide, boil. Ëp. v.|| Terme de l'ancienne médecine. L'humide radical , le lluide unique mais imaginaire qu'on supposait le principe de la vie des êtres organisés et le générateur de toute l'économie, ou le liijuide qui, se rendant par la circulation aux divers tissus organiques, leur donne la consistance et la flexibilité convenables. L'humide radical dans mon cœur se dissipe. Mon esprit s'en altère, et mon corps s'en constipe, scabbon, D. Japhet, 1, 4. Les anciens physiciens auraient dit qu'une chaleur excessive enlevait l'humide radical de la plante ; cette expression a passé de mode chez nos physiciens modernes : on pourrait néanmoins lui donner un sens très-raisonnable, bonnet, Letl. dit). QCuv. t. xii, p. 46, danspouoENS. || Terme d'alchimie. Humide radical de la nature, le mercure préparé et purifié.

— HIST. xvi* s. Et sans craindre la froidure. Dessus l'humide verdure Baie au serain de la nuict,

BU BELLAY, III, 80, l'erso.

— ETYM. Provenç. humid, humit; esp. hiimedo; port, humt'do; ital. umido; du lat. humidus, de humor, humeur.

IIUMIHEMENT (u mi-de-man), adv. Dans un lieu humide. Il est logé humidement.

— Etym. Humide, et le suffixe ment; wallon, umidmain.

t UUMIDIER (u-mi-dié), t). a. Chez les batteurs d'or, humecter les parchemins, les feuilles de vélin. Il Chez les mégissiers, humecter les peaux afin de leur donner une préparation.

— ÉTYM. Humide.

t HUMIDIFIER (u-misJi-fié), ». o. Terme burlesque. Rendre humide. Quelque larme à la dérobée, Sans son consentement tombée, Peut sa face humidifier, scabron, Yirg. iv.

— f.TYM. Humide, et le suffixe fier.

t UUMIDIFUGE (u-mi-di-fu-j"), adj. Terme didactique. Qui repousse l'humidité, qui a la propriété de ne pas s'imbiber d'eau. Cordes humidifuges.

— ÊTYM. Humide, et le lat. fugare, mettre en fuite. HUMIDITÉ (u-mi-di-té) , s. f. || 1° Qualité de ce

qui est humide, état d'un corps qui est imbibé d'eau. L'humidité de l'air, de la terre. || L'humidité du regard, qualité du rei^ard humide. || Absolument. L'humidité, l'état de moiteur de l'air, du lieu. Qu'il fait ici d'humidité I Foin, votre habit sera gâté, la FONT. Sic. L'excès de l'humidité ruine les semences, et la sécheresse enfante des maladies dangereuses, HATNAL, Hisl.phil. wu, 2). \\t' Auplur. Humidités, se dit d'une abondance excessive d'humeurs dans le tempérament. Les humidités du cerveau.

— HIST. XIV* s. Celle moisteur ou humidité est gastée par l'excès de la chaleur, oresme. Thèse de MEUNiEB. Il XVI' s. Du chauld et de l'humidité Procède la fécondité Des semences du monde, ou bellaï, V, 53, verso.

— ÊTYM. Provenç. humiditat; ital. umidità; du lat. humiditatem, de humidus, humide.

t HUMIFUSE (u-mi-fu-z'\ adj. f. Terme de botanique. Qui s'étale en toussons sur le sol, sans pousser de radicules.

— ETYM. I.at. humiw, terre, et fusus, répandu, étalé.

lUTMILIANT, ANTE (u-mi-li-an, an-t'), adj. Qui humilie, qui cause de la confusion. Il est humiliant d'être ainsi démenti. Des infirmités sensibles et humllianles, flëckier, Jfin« de Slonl. Aussi hu-

miliant que singulier, m~ dk CAn.u8, Souvemrt, p. <a<,dans POU0EN8. Allons, cachons surtout au reste de l'empire Le trouble humiliant dont l'hor- "Mir me déchire, volt. Sémiram. i, «. Quand un i.^ble polonais avait tué un paysan appartenant à un autre noble, la loi d'honneur l'obligeait d'en rendre un autre; ce qu'il y a d'Iiumiliant pour la nature humaine, c'est qu'un tel privilège subsiste encore, id. ttœurs, h 9. Plusieurs d'entre les nobles étaient révoltés d'exercer les emplois les plus humiliants auprès de leurs maîtres, bayhal, Uist. phil. VI, II.

— HIST. XIII' s. Honte s'est lores avant traite. Qui moult se crient estre mefTaite; Si fu bumilians [humble] et simple, la Rose, 3673.

HUMILIATION (u-mi-li-a-sion ; en vers, de six sylla!]es), s. f. || 1* Action par laquelle on est hunrilié; état d'une personne humiliée. Son humiliation ne s:iurait se décrire. La reine aimait tout dans la vie religieuse, jusqu'à ses austérités et ses humiliations, Boss. War.-Thér. Son cœur, toujours nourri dans la dévotion, De trop bonne heure apprit l'humiliation, boil. Sat. x. Ces messieurs passaient pour être des nouveaux disciples de saint Augu.stin, qui n'étaient pas fichés de procurer quelque humiliation salutaire aux disciples de saint Ignace, volt. Polit, et législ. Probabil, en fait de justice. Il faut avouer, pour l'humiliation de la philosophie, que c'est de ce raisonnement si peu philosophique [les planètes présentant au soleil tantôt un côté ami, tantôt un côté ennemi], qu'il [Kepler] avait conclu que le soleil devait tourner sur son axe, ID. Newton, m , 6. || 2° Ce qui cause de la confusion, de la mortification. Il ne lui épargna pas les humiliations. Il a essuyé une grande humiliation. Des douleurs vives et longues tout ensemble, les humiliations de l'esprit jomtes à r-.elles du corps, flKch. Dauphine. Il n'y a que vous qui connaissiez toute la mesure de mes humiliations, boubdal. Exhort. sur la flagellât, de J. C. t. ii, p. 78. La gloire de .sa mort [de la sainte Vierge] qui répare les humiliations qui l'avaient toujours accompagnée sur la terre, mass. Mtjst. Àssompt. Un pénitent ne voit.... dans les humiliations qui lui arrivent, que la peine de son péché, id. Carême, Élus.

— HIST. XVI' s. I.e jusne, quand il est signe d'humiliation, convient plus à tout un peuple en public, qu'il ne fait à un homme seul en privé, CALv. Instit. 996. Un prédicateur de la cour osa se servir du mot humiliation fondé d'analogie expresse en notre langue ; il sut que les dames s'en estomaquoient, dont il se soucia moins que si elles eussent fait caprioles pour resjouir le cerveau des passants, m"' de gournaï.

— ÉTVM. Provenç. humiliatio; espagn. humillorcion; ital. umiliazione ; du lat. humiliationem, de humiliare, humilier.

HUMILIÉ, ÉE (u-mi-li-é,ée),paTt. paiî^d'humilier. ||l°Oui areçu mortification, confusion. Jene puis voir sous eux [les Romains] les rois humiliés..., corn. Nie. II, 3. Elle aété plongée dans lamer, la mer l'a vue toute nue, et sa fierté en est augmentée, j'entends de la mer; car, pour la belle, elle en était fort humihée, sSv. 4" avr. )67<. Un homme humilié par son bienfaiteur est bien plus à plaindre qu'un bienfaiteur qui ne trouve que des ingrats, diclos, Considér. mœurs, ch. te. Pendant qu'il [Davoust] avançait de quelques pas et jetait, sans le savoir, la terreur chez les Russes, la grande armée étonnée leur tournait le dos, elle marchait les yeux baissés, comme honteuse et humiliée, ségub, Uist. de Nap. ix, 5. Il 2" S. m. Les humiliés, tm des noms des Vaudois.

HUMILIER (u-mi-li-é), j'humiliais, nous humi- Hions, vous humiliiez; que j'humilie, que nous humiliions, que vous humiliiez, v. a. || 1' Rendre humble. Humilier son cœur. Elle croyait voir partout dans ses actions un amour-propre déguisé en vertu.... ainsi Dieu l'humiliait par ce qui a coutume de nourrir l'orgueil, et lui feisait un remède de la cause de son mal, boss. Anne de Gonx. \\ 2° Donner de la confusion , de la mortification. Moab fut humilié en ce jour-là sous la main d'Israël, saci, Bible, Juges, m, 3o. Ne puis-je pas d'Achille humilier l'audace? bac. Iphig. iv, s. Je n'ai point.... Assez humilié votre orgueil téméraire, volt. Orph. V, 4. Racine sentait bien son extrême supériorité sur Euripide, mais il louait ce poète grec pour humilier Perrault, m. Dict. phil. Anciens et mod ....Mais les nièces prudentes Aiment bien mieux tromper qu'humilier leurs tantes, lanouk, Coquette eorr. ii, t. Tenez, monseigneur, n'humilions pas l'homme qui nous sert bien, crainte d'en faire un mauvais valet, beauuakcii. Mar. de Fig. m, t.

HUM

Il s* S'humilier, v. r«/l. Avec la prép. d, condescendre humblement. J'ai obéi i mon père et à m» mère; je leur ai cédé ; Je me suis humilié à leur» volontés raisonnables ou déraisonnables, malii. It Traité des bienf. de Sinèque, m, 3g. || Absolument. Se rendre humble, s'abaisser. Que celui qui s'humilie en votre présence ne soit pas renvoyé couvert de confusion, saci. Bible, Psaum. Lxxiii, 2t. Notre grand maître a eu cette vertu [l'humilité] pendant sa vie ; mais, parce qu'il s'est humilié, il faut qu'il soit glorifié après sa mort, boss. Cornet. Humilions-nous devant notre Dieu d'être coupables de ce crime énorme [l'idolâtrie], id. Panég. St Victor,

i Il croit dans sa folie. Qu'il faut que devant

lui tout d'abord s'humilie, boil. Sat. v. Aux pieds de l'Éternel je viens m'humilier, rac. Eslh. i, t. Vous voulez que le roi s'abaisse et s'humilie, m. Miihr. m, <. Ses paupières s'en humiliaient par pudeur, RAMiLT. Gramm. 7. Il s'est humilié sous la main de Dieu, mass. Or. fun. Louis XIV. || S'infliger des humiliations réciproques. Ils se sont tour à tour humiliés.

— HIST. XII* S. De son fieu [fief] ne se daingne vers vous bumelier, itou, v. 4427. Charles le reconforte et vers lui s'umelie, Bonc. p. 4»7. De grant outrage faire nu» hom ne monteplie [prospère], Ainz se monte et essauce qui son cuer humelie, Sax. XXXII. Li reis Henris idunc de tant s'umiliad, Qne par s'umilité en plur (pleurs] tuz les tumad. Th. le mart. I6). Nostre sires est dreituriers, et humilièrent sei devant nostre seignur, Jloti, p. 296. Il xui' s. Sagement s'est vers lui [le roi] Symons humiliés [a fait les salutations convenables], Berle, cxx. Quant sa mère le vit si humilié, si fu meOte [mue] en pitiet, Chr. de Bains, 222. Renart voit bien ne puet guenchir. Ne nule part ne puet foïr; Vers son oncle moult s'umelie. Et doucement merci li prie, Ben. 773t . || xiv s. Se comme par aventure, se ung grant segneur estoit prins et se il se humiliet devant son adversaire par paour de mort, OBESHE, Eth. 4B. Il xv* s. Adonc le roy [Alexandre le Grand] lui mesme alla prendre le chevaUer entre ses bras, et l'ayda à mener en son pavillon, et l'assit en son propre siège, et le frota devant beau feu, et l'eschaulTa pour le faire revenir ; et ainsi ce noble empereur humilia la grandeur de sa majesté par pitié et miséricorde, Bouciq. iv, ch. 9. Il XVI* s. Nous tenons nos entendemens captifs et les humilions, à ce qu'ils n'entreprennent point de s'cslever ou gronder contre l'authorité de Dieu, CALV. Instit. m 8.

— ETYM. Provenç. humiliar, umiliar, omeliar ; espagn. humiliar; ital. umiliare; du lat. humiliare, de humiJi* (voy. humble).

HUMILITÉ (u-mi-h-té), s. f. || 1° Vertu qui nous donne le sentiment de notre faiblesse et de notre insuffisance , qui nous fait concevoir de bas sentiments de nous-mêmes. Pratiquer l'humilité, se montrer humble. Ce précepte de se connaître soi-même, qui est pour tous les autres une leçon d'humilité, doit avoir pour votre regard un effet tout contraire et vous oblige de mépriser tout ce qui est hors de vous [Balzac], voit. Letl. i. C'est un artifice de l'orgueil qui s'abaisse pour s'élever, et qui n'est jamais plus capable de tromper que lorsqu'il sa cache sous la figure de l'humilité, la bociiefodc. lléfl. mor. 254. L'amour de Dieu fait naître toutes les vertus; et, pour les faire subsister éternellement, il leur donne pour fondement l'humilité. BOSS. la Vallière. Le maître de l'humilité [Jésus] paraîtra bientôt sur la terre, ID. Abrégé d'un sermon pour U 3* dim. de l'Avent. Si l'humilité da cœur n'a part dans notre modestie, il [Dieu] réprouve notre modestie comme une vertu chimé-r rique, boubd. Instr. Oct. de l'Ass. Exhort. t. u, p. 316. Sans une solide humilité, il n'est pas po»siblo de conserver une foi bien pure , m. Instruct. Humilité de la foi, Exhort. t. u, p. Sso. L'efl'et propre de l'humilité est de faire en nous ce vide mystérieux et salutaire, qui consiste dans l'oubli de nous-mêmes, m. Annonciat. de la Vierge, Hyst. t. H, p. 64. L'humilité à l'épreuve de la grandeur est le plus infaillible ouvrage de la gr&ce, id. ib. p. 82. L'ambition partout chassa l'humilité, boil. lutrin, vi. Nous nous bornerons à dire que l'humilité est la modestie deràme,voLT. Dict. phil. humilité. Epictète en vingt endroits prêche l'bumililé, ID. ib. Il Fig. Que j'aime le silencel que j'en aime l'humilité, la tranquillité, le sérietu, le recueilement, la douceur! boss. Leit. abb. eo. ||f Acte d'humilité. Non, ne descendez pas dans ces humilités, Et laissez-nous juger ce que vous méritez, mol. Mélic. IV. Il 3° Familiëremeut. En toute bumilité.

HUM

nup

DUR

aussi humblement qu'il est possible. X présent que j'ai eu l'honneur de vous prouver en passant que vous aviez ce petit avantage [dans la traduction d'un vers latin] sur Boileau , il n'est plus surprenant que je vous dise, monseigneur, en toute humilité, qu'il y a dans votre épitre plusieurs vers que je serais bien glorieux d'avoir faits, volt. Lettre au prince royal de Prusse, février 1740.

— lllST. XI' S. Ce senefiet pais et humilitet, Ch. de Roi. V. Il XII" s. Se par mal conseil as contre Deu mesprré, Par Deu ne traie à tel, chée [tombe] en humilité, Th. le mart. 73. En grant humilité devez à curt aler, Que nuls ne vus en puisse reprendre ne blasmer, ib. 36. || xiii* s. Ahi ! Diex I fait ISertin, rois pleins d'umilité, Bertc, xv. La terre moult souvent parhumbleté [elle] baisoit, it.xxvui. Pour Dieu, vous pri k'avoec vo grant biauté Ne voelliés tant d'orguel accompaignier, K'umelités ne vous puist justicier, Bibl. des chartes, t. v, 4- série, p. 486. || xiv s. Et aucune foiz faignent il et font teles humilités pour vaine gloire, oresme, Elh. I3B. || xv" s. Adonc fit la noble roine d'Angleterre grand umilité.... et pleuroit si tendrement de pitié qu'elle ne se pouvoit soutenir, fboiss. i, i, 32|.||xvi"s. Les seigneurs de Crémone en toute humilité Vindrent devers le roy, lequel moult révérèrent, j. marot, v, 162. Tousjours l'humilité paigne le cœur de tous ; Au contraire, l'orgueil attize le courrons, bons. 683. Humilité à tout homme bien sied ; qui plus bas se tient, plus haut on l'assied, leroux de lincy, Prov. t. II, p. 306.

— ÉTYM. Provenç. humilitat, omilitat; espagn. humildad; ital. umiltd; du lat. humilitatei^i , de humilis, humble (voy. humble). Bien que humilité soit très-ancien, la forme d'origine et régulière était humhUlé. On trouve aussi hurnblesse, humiliance, humiliemenl.

f IIUMI\E (u-mi-n') , s. /■. Terme de chimie. Corps obtenu en cuisant longtemps lOO parties de sucre, 200 parties d'eau et 2» parties d'acide sulfurique, ainsi nommé parce que, traité par les acides puissants, il se transforme en acide humique.

— ÉTYM. Humus, et la finale chimique ine, qui indique un principe

i HUMIQUE (u-mi-lc'), adj. || 1° Qui a rapport à l'humus. Les produits humiques. La matière organique ne devient active pour la nitrification qu'après avoir subi la transformation humiijue, millon, Acad. des se. comptes rendus, t. ux , p. 232. Il 2° Terme de chimie. Acide humique, acide qu'on a cru trouver dans le terreau , et qui d'ailleurs s'obtient en traitant du sucre ou des débris végétaux par l'acide chlorhydrique.

— ÉTYM. Lat. humus, terre.

t HUMOPIXIQCE (u-mo-pi-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide humopinique, corps qui se forme en chauffant la narcotine à 220 degrés sur un bain d'huile.

HUMORAL, ALE (u-mo-ral, ra-l'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport aux humeurs, qui vient des humeurs. Les maladies humorales.

— HIST. XIV" s. Hargne humorale est aposteme engendrée d'un ou plusieurs humeurs assemblés au scrotum..., paré, vi, <8.

— ÉTYM. Humeur.

t HUMOUIQUE (u-mo-ri-k'), adj. Terme de pathologie. Bruit humorique, bruit qu'on entend quand on percute un organe rempli de liquide et de gaz.

— ÉTYM. Humeur.

HUSIORISME (u-mo-ri-sm'), i. m. Terme de médecine. La doctrine des médecins humoristes.

— ÉTYM. Humeur.

HUMORISTE (u-mo-ri-sf), ad;. || 1» Qui a souvent de l'humeur, difficile à vivre (peu usité en ce sens). Le philosophe Saint-Lambert, naturellement sévère et même un peu humoriste, la hahpe. Correspond, t. m, p. 393, dans pougens. || Subtantivement. Cet humoriste Dont la hargneuse déraison Dans la société vient verser son poison, dk- LILLE, Convers. 11. || 2° Enclin à une sorte de gaieté railleuse et originale. || Écrivain humoriste, celui qui traite avec gaieté une matière sérieuse ; celui qui a de la fantaisie, une vivacité originale. Henri Heine est un écrivain humoriste. |1 S. m. Membre d'une académie de Rome, fondée par Paul Mancini, et qui prit pour devise la chute d'une douce rosée. Ceux qui ont parlé de l'académie des humoristes de Rome disent qu'elle naquit fortuitement aux noces de Loreiizo Mancini;i|ue plusieurs personnes d'entre les conviés se mirent à réciter des sonnets, des comédies, des discours, ce qui leur fit donner )e nom de helli hnmori ;

qu'enfin, ayant pris goilt à oe.^ exercices, ils résolurent de former une académie de belles-lettres, qu'alors ils changèrent le nom de belli humori en celui i'humoristi..., pellisson, Uist. de l'Acad. 1. l'aul Mancini revint à Rome, s'adonna à l'étude, et l'académie des humoristes prit naissance dans sa maison, st-sim. 357, 2)7. || 3° Terme de médecine. Qui appartient à un système dans lequel on attribue la cause des maladies à l'altération primitive des humeurs. Les théories humoristes. || S. m. Les humoristes, les partisans de ce système.

— ÉTYM. Humeur.

t HUMORISTIQUE (u-mo-ri-sti-k') , adj. Ternie de littérature. Où il entre de l'humour. Une boutade humoristique. || Écrivain humoristique, synonyme d'écrivain humoriste.

— ÉTYM. Humoriste.

t HUMOUR ( iou-meur ; quelques-uns prononcent à la française : u-mour), s. m. Mot anglais qui signifie gaieté d'imagination, veine comique.

— ÉTY.M. Angl. humour, qui est le français ftitmeur, pris anciennement en ce sens et revenu aujourd'hui en usage (voy. humeur, n° 8),

t HUMULINE (u-mu-li-n'), s. f. Terme de chimie. Synonyme de lupuline.

— ÉTYM. Lat. humulus, nom botanique du houblon (voy. houblon), et la finale ine.

HUMUS (u-mus'), s. m. \\ 1» Terre végétale. Une couche épaisse d'humus. || 2° Terme de chimie. Matière brune peu soluble dans l'eau, soluble dans les alcalis, provenant de la décomposition et de la combustion lente des substances organiques dans le sol ou à sa surface.

— ETY.M. Lat. humus, terre. Ce mot, qu'on a assimilé avec le sanscrit bhûmt, terre, et qui ne peut y être assimilé èi cause que u est long dans 6/iilmt et bref dans humus, est rattaché par Curtius au grec x'^V^*'! ^ lene , locatif d'un substantif hors d'usage qui a signifié terre.

UUNE (hu-n'), s. f. Terme de marine. || 1° Plateforme établie horizontalement au sommet d'un mât qui la traverse, et qui sert principalement àsoutocir les hommes chargés des manœuvres hautes. Il Grand'hune, hune du grand mât. |) Mâts de hune, les mâts qui surmontent immédiatement les bas mâts. Il 2° Grosse pièce de bois terminée par deux tourillons, et à laquelle une cloche est suspendue.

— HlST. xiii" s. Nus cordier ne puet ne ne doit faire chaable de quelque manière qu'il soit, ne hunes, c'est à savoir cordes par lesqueles les vallés et li cheval traient les nefs contremont les iaues..., Liv. des met. 42. ||xv" s. Fit [le comte Rouge] au lez du grant enseigne du roy [Philippe de Valois], qui en cilz navire estoit en la poincte du mast exlevez dessus la hune, seoir et mectro ses baniere, pannon et estandart, Chron. du comte Rouge, dans JAL. Une neuf [nef] à quoquilles de perles.... avecques la couverture faite en manière d'une hune garnye de perles , Bibl. des ch. 8° série , t. i , p. 429. Il XVI" s. Là [sur le môle à Gênes] vit [Louis XII] les matelots monter les pieds amont du bas des navires jusque dedans les hunes, et descendre la teste contre-bas jusques au fond des navires, j. d'auton, Chron. iv, «9.

— ÉTYM. Esp. huna; de l'island. Aun, tète du mât.

HUNIER (hu-nié ; r r ne se lie jamais ; au pluriel, Vs se he : les hu-nié-z et les mâts), s. m. || 1° Terme de marine. Voile du mât de hiine. || Grand hunier, la voile du grand mât; petit hunier, celle du mât de misaine. || Avoir les huniers dehors, avoir les huniers au vent pour le recevoir. || Hunier à mi-mât, se dit quand la vergue n'est hissée qu'à la moitié du mât. || 2° Terme de pèche. Sorte de fllet.

— ÉTYM. Hune.

t HUON (hu-on), s. m. Un des noms vulgaires du chat-huant.

t HUOT (hu-o) , s. m. Autre nom du huet.

t HUPPARD (hu-par), «. m. Espèce d'aigle d'Afrique.

HUPPE (hu-p"), s. f. Il 1" Oiseau de la grosseur d'un merle, qui a une petite touffe de plumes sur la tête, upupa epops, Linné, ordre des passereaux. Ce fut sur ce tombeau [de Térée] que la huppe parut pour la première fois; on en conclut que Térée avait été changé en cet oiseau, chateaub. Itin. i" part. || Sale comme une huppe, trissale. On a beaucoup répété que la huppe enduisait son nid des matières les plus infectes , <le la fiente de loup, de renard, de cheval.... c'est de là sans doute qu'est venu le proverbe : sale comme une huppe; mais ce proverbe induirait en erreur

si l'on voulait en conclure que la huppe a le goût ou l'habitude de la malpropreté, bufk. Ois. t. xii, p. 131 et p. 1:13. Il 2° Touiïe de plumes que certains oiseaux ont sur la tête. Sa huppe [de l'oiseau-mouche huppé, omismyia omata, LessonJ est comme une émeraude du plus grand brillant; c'est ce ijui le distingue; le reste de son plumage est assez obscur, BUFP. Ois. t. xi, p. 30. || Fig. Rabattre la Ituppe, mortifier. Ce coup inopiné vous rabattr* la huppe; Franchement, vous pensiez que je fusse une dupe, rn. corn. Comtesse d'Orgueil, v, 7. Il 3° Terme de marine. Foyer de pourriture qui 38 trouve dans une pièce de bois.

— HIST. xiii" s. Hupe est uns oisiaus qui a sor son chief une creste, brun. lat. Très. p. 2l«. Il XV s. Exemple en avons et figure D'un oisel de douce nature Qui hupe a nom en no langaige, E. DESCHAMPS, Poésies mss. f" 63B.

- ÉTYM. Berry, ube, dube; provenç. vpa; port. poupa; ital. upupa; milanais, buba ; Romagne, poppa; du lat. upupa, allié au grec luoij/.

HUPPÉ, ÉE (hu-pé, pép), adj. || 1° Qui a une huppe sur la tête, en parlant des oiseaux. Alouette huppée. Le faucon huppé des Indes, bufp. Ois. t. II, p. 23. Il 2° Fig. et familibrement. De haut parage, notable par la richesse ou par le rang; il ne se dit guère qu'avec le mot plus. U trouve à se fourrer parmi les plus huppés, hauteroche, Bourg, de quai. 11, ♦. Combien en as-tu vu, je dis des plus huppés... 1 RAC. Plaid, i, 4. Avec tous nos défauts (nous femmes] , nous gouvernons les hommes , Même les plus huppés, destouches, Phil. mar. i, 4. Ma foi, madame, sans vanité, on en peint tous les jours, et des plus huppées, qui ne me valent pas, MARIVAUX, Fauss. C07ifid. Il, ». Plusieurs Français, non des plus huppés, tiennent table ouverte à tous venants, p. L. cour. Lett. 1, 35. |{ Proverbialement. Les plus huppés y sont pris, ceux qui se croient les plus habiles y sont attrapés. Bien huppé qui pourra m'attraper sur ce point ! mol. Ec. des femmes, 1, *.

— HIST. XIII" s. Faut le matin estre au mouslier. Et là oïr le Dieu mestier, En leur mantiaui envelopées. Sans estre cointes ne houpées, Hist. des trois Maries, ms. p. 348, dans lacurne. Il xiv" s. Nul d'iceulx, tant soit il huppez, Soit philosophe ou médecin. Rien n'i entend en tel brassin [alTaire], l'Alchim. à nat. B20. || xv" s. Mon cheval foray baigner en fange Des François jusques à la sangle, En leur sang, de ce me fais fort; N'y aura privé ne estrange Ne sy hupé que je ne plange. Et que je ne le boute à mort, Siège d'Orléans, p. 632. Le traict des galées de bombardes et de viretons qui abatoient à tas les plus huppés, Bouciq. u, ch. 22. Pour attraper les plus huppés, villon, Bepues franches, l'Acteur. || xvi" s. Parmi les pigeons pattes, s'en treuvent des huppés, qui ont une creste à la teste, assavoir un floton de plume eslevé en arrière, 0. de serres, 404. Le plus hault huppé d'entre eux, Dial. de lahureau, p. 39, dans

LACURNE

— ÉTYM. Huppe,

f HUPPE-COL (hu-pe-kol), s. m. Nom d'un oiseau-mouche de la Guyane, à huppe et à collerette^ ornismyia omata, Lesson.

t HUQUE (hu-k') , s. f Anciennement , .sorte de toque. Ils reconnaissaient l'étendard de Jeanne d'Arc , et la distinguaient à sa huque d'écarlate, bordée d'or et d'argent, le barante, dans le Dict.

de POITEVIN.

— HIST. XV" s. Le suppliant print une huque noire qui estoit à son dit maistre, du cange, huca.

t HURASSE (hu-ra-s'), s. m. Terme de métallurgie. Anneau qui supporte le bout du manche du marteau de forge.

HURE (hu-r'), S. f. Il 1" Tête hérissée et en désordre. Il II a une vilaine hure, se dit d'un homme qui a les cheveux mal peignés et hérissés. || 2° 'l'ête de quelques animaux. Une hure de saumon, de brochet. [Le lion] Ayant courage, intelligence Et belle hure outre cela, la font. Fabl. iv, 4. Le sanglier, dont la hure est plus longue et plus forte que celle du cochon, fouille plus profondément; il fouille aussi presque toujours en ligne droite dans le même sillon, bupf. Quadrup. t. i, p. 299. Il Particulièrement. La tête lorsqu'elle est coupée. Anaxandride, cité par Athénée, déclare que Néiéeseula pu le premier imaginer de manger la hure de cet excellent poisson[leglaucus], chateaub. Itinér. i'"part. ||La hure, en charcuterie, préparation faite [irincipalement avec la chair de la hure Des saucisses, de la galantine, de la hure fraîche. |{ 3° Espèce de brosse garnie de tous les côtés et adaptée à un manche. || 4° Hure de loup,

TIUR

nom, rtan» les environs (te Coutaneen, de la carotte fauvagc.

— HIST. XII* 9. Eni! el chief de l'eapée grantccip 11 [à Thomas] Tait duner, Si que rie la curune le cupel enporta, E la hure abali e granment entama, Th. Je mar(. 160. Il xiii* s. Il s'eslaisse.prent le maufé [le diable), l'ai mi la hure amont l'a pris, Parlonop. mt. f" «oo, dansLACURNE. Klli vilains croie la hure, Et se forcené, et »or sains jure Qu'il l'occira sans nul respit, (o Rnie, (6687. Mes moult i brait et se démente Li cliahuan o sa grant hure, i6. B«99. Il XV' s. Groin et cheveux com hure do sanglier, R. DKSCMAMPS, Poésies mss. f* 2^0. Lequel Bernart faisoil la hure [signe de moquerie] au dit Panquaut par manière de dérision, nu canqe, hura. La hure de sanglier notable Sera au milieu de la table, Kec. de farces, elc. p. 331. Au cappitaine Jehan Riou, Je donne six hures de lou, villon, Gd test. || xvi' s. ....C'est que tu te gardes de rymcr les mots manifestement longs avec les brefs aussi manifestement brefs, comme un prisse et trace, un maistre et mettre, une chevelure et hure, un bast el bat, et ainsi des autres, dvbh.lky, i, 30, recto. Tout renversé dans la caverne obscure, Auquel [Cerbère] voyant jà hérisser la hure De gros serpens..., iD. iv, 61, verso. Kn la mesme feuille ont mis aussi la figure de la divine infante, couronnée en royne de France, comme vous, vous regardant huze à huze l'un l'autre, Sat. Hén. p. 104, éd. chahp. (les Parisiens dans le XVI* siècle prononçaient des x pour des r ; huze pour hure). Heure [hure], palsorave, p. 46, qui le

f renonce comme heure, hora, sauf l'aspiration de h.

— ÊTYM. Origine inconnue. Ce mot a signifié le poil qui couvre la tête, comme on le voit par l'exemple de Thomas martyr, et aussi tête d'homme ou tête de béte. Diez essaye quelques conjectures, mais elles sont si peu appuyées, qu'il est inutile de les rapporter ici. Il y avait l'ancien adjectif huré, qui signifiait hérissé : Hurées ont les testes et barbes et grenons, li Romans d'Alixandre , p. 337, v. 21. Ce mot de huré était encore usité dans le xvii* si^cle : Estant proche de la porte D'un vieux huré pajsant, Je luy ay dit de U sorte : Fait on vendange céans? l'Eslite des chansons les plus belles, di.na f». michel, Argot.

f HUREBBC 0>"-re-bèk) , ». m. A.ncien nom de la chenille de la vigne.

nURHAC (hur-hô), voy. huhaut. La partie brutale alors veut prendre empire Dessus la sensitive, et l'on voit que l'un tire A dia, l'autre à hurhaut, MOL. 7)('p. am. IV, t.

— REM. Les précédentes éditions du Dict. de l'Acadéjnie écrivaient hurhaut {avec un <), et l'on pourrait faire observer que la finale haut de ce terme marquait la droite (puisqu'on le dit pour que le cheval aille à droite), comme l'adjectif bas indiquait la gauche dans le terme de marine 60*-

bord, LEG0ARANT.

— 'iilST. XVI* s. Un chartier sans fouet qui ne dict dea ne hurehaut, rooer de collerye, Œuv. p. 82,

dans LACL'RNE.

•t IIIIRLADE (hur-la-d '),*./■. Grand cri. Je me serais contenté de donner des sérénades à trois ou quatre personnes, faire cinq ou six hurlades, et puis passer, VOIT Lelt. 28.

— F.TYM. Hurler.

t HURLANT, ANTE (hur-lan, lan-f), adj. Oui hurle. Le dernier [avis du parlement d'aller aux Tuileries à pied] prévalut, dans l'espoir d'émouvoir le peuple et d'arriver aux Tuileries avec une foule hurlante, st-sim. bi2, 33.

niTRLfi, ÉE (hur-lé, lée), part, passé de hurler. Dit en hurlant. A leurs prêtres échevelés Laissez le style des miracles Et l'obscurité des oracles Sur le trépied menteur hurlés, parny, Mélanges, à quelques poètes.

HURLF,MENT (hur-le-man) , s. m. || 1* Le cri prolongé que faille loup el que le chien fait quelquefois aussi. Les dogues gémissants, en hurlements funîbres, Appellent-ils leur maître errant dans les ténèbres? Ducis, Oscar, 1, 2. j|2« Par extension. Le hurlement de l'ours. Sa voix [de l'hoalin, sorte d'oiseau] est très-forte; et c'est moins un cri qu'un hurlement : on dit qu'il prononce son nom, apparemment d'un ton lugubre el effrayant, BUFP. Ois.i. IV, p. 147. Il Par analogie. Cri fort et prolongé. Allez donc de ce pas par de saints hurlements Vous-mêmes appeler les chanoines dormants, BOIL. Lutr. IV. Il Cris de douleur, de colère. Poussez ries cris et des hurlements, parce que le jour du Seigneur est proche, saci, Bible, Isaie, XIII, c. Des enfants de Lèvi la troupe consternée En

Hl'R

poussa vers le ciel des hurlements affreux, PAC. Athal. III, 3. Ouplquofois elle [Astarté] semblait se ranimer; mais cen'était que pour pousser des hurlements, FÉN. TU. VIII.

— msT. XII* s. Morz est li dux, e telnz c pale Del sang qui del cors li dévale; Od hrais, od cris, od uslemtnz L'en unt aporté i ses genz, benoît, ii, 1246». ||xvr s. Tant fut durle chapplys [le combat), qu'on oyoit par dehors Les hurlemens et cris de» misérables corps, J. mabot, v, (t>7 Et des sommets mainte nymphe estonnée Par huUemens a chanté l'hymenée. dhuellat, iv, II, recto. Je n'entendy que les voix très hydeuses, Et hurlemens de bestes dangereuses, harot, ii, «.

— ÊTYM. Hurler; Berry, inûlemfnt; provenç. udolament. Onaditaussi huilée, hurlée.

HURLER (hur-lé), v. n. || 1° Pousser des hurlements, en parlant duloup.du chien. Ils [les chiens mulets] hurlaient plus fort et plus souvent aux approches de la pluie et dans les temps humides, que dans les beaux temps ; les loups dans les bois ont ce même instinct, et on les entend hurler dans les mauvais temps et avant les orages, buff. Quadrup. t. xii, p. 260. Il 2° i'ar analogie. Il se dit des cris aigus et prolongés que l'on pousse dans la colère, dans la douleur, etc. [.aissons hurler là-bas tous ces damnés anti'iues, boil. Sat. xii. Eh! quel objet enfin à présenter aux yeux Que le diable toujours hurlant contre les cieux?iD. Art p.iii. Jevois hurler en vain la chicane ennemie, id. Lutr. vi. Il a prouvé qu'on pouvait être tragique sans hurler, laharpb, Corresp. t. m, p. lus , dans pougens. Ces trois sœurs qui, d'Odin ranimant les soldats. Couraient, volaient, frappaient, hurlaient dans les combats,

Dt'Cis, Ifacbeth, i, 1 Il faut au ministère Des

gens qui parlent toujours. Et hurlent pour faire taire Ceux qui font de bons discours, bérang. Vert~ tru. Il Par personnification. Hurlez, sapins, parce que les cèdres sont tombés, saci. Bible, Zacharie, xi, 2. L'éclair croise l'éclair, l'air mugit , le ciel gronde, La tempête en hurlant creuse et soulève l'onde, nucis, Oîcar, m, «-JIFig. Lui [le public], qui dix ans proscrivit Athalie, Qui, protecteur d'une scène avilie. Frappant des mains, bat à tort à travers Au mauvais sens qui hurle en mauvais vers, volt. Ép. «4. Il Fig. Hurler, se dit de choses qu'on accouple malgré leur incompatibilité. Des mots qui hurlent de se voir accouplés. || 3° Fig. Parler avec emportement, avec le ton de la fureur. Une tourbe fanatique hurlait contre lui. Dis-moi donc, laissant là cette folle hurler..., boil. Sat. x. Si les jésuites crièrent à l'impiété, les jansénistes hurlirent; il se trouva un convulsionnaire nommé Abraham Ch.aumeix, qui présenta à des magistrats une accusation en forme intitulée Préjugés légitimes contre l'Encyclopédie, VOLT. Ilél. litt. Lett. à S. II. le prince de. '", Lett. 8. || 4" F. a. Prononcer avec un ton d'emportement ou de colère qu'on assimile au hurlement. Mme de Roquelaure dès la porte se met à hurler les reproches les plus amers, st-sim. <o9, 169. Un essaim frémissant.... Hurle son chant barbare aux monts hyperborées, nELiLLB, Éneide, xi. Les prêtres de Pluton.... Hurlent en chants de mort leurs funèbres cantiques, legouvé, Trad. d'un morceau de la Pharsale. [Le peuple] Il s'enivre de vin dans l'or des saints calices, Hurle en dérision les chants des sacrifices, lamart. Joc. n, 71. || Proverbe. Il faut hurier avec les loups, c'est-à-dire il faut s'accommoder aux manières, aux opinions des gens avec qui l'on vil. Pourquoi le voyez-vous ? — Oui donc voir? il faut bien hurler avec les loups, TH. CORN. Comt. d'Orgueil, IV, 6. Il faut hurler avec les loups, d'autres disent braire avec les ânes, p. l. cotiR. Lett. Il, 33. Il On dit de même : apprendre à hurler avec les loups, finir par s'accoutumer aux mœurs de ceux avec qui on vit. Tous ces Normands voulaient se divertir de nous : On apprend à l.urler, dit l'autre, avec les loups, rac. Plaid.i, 1. Comme on apprend à hurier avec les loups, malgré la terrible vie que ces bandits menaient, je ne laissai pas de m'accoutumer i vivre avec eux, lesaoe, Guim. d'Alf. IV, 9.

— REM. Au commencement du xvii* siècle, on disait souvent heurler : Il se leva heurlanl comme un homme furieux, scarr. Bom. com. i, «.

— HIST. XIII* s. Les lous [elle] oïl aller, et li huans hua, Berte, xxv. X bien petit qu'il ne se pasme ; Il ulle et brait corne devez, Ren. 493. Paien usient et braient, grans i fu la bonriie, Ch. d'Ant. III, <8i.||xv* s. Il faut heurler avec les leux, e. DESCH. Poés. mss. f" B6«. ||xvi* s. Puis crient et ullent comme diables, rab. Pant. m, 23. Toy Hécate par les cantons huilée, Quand degsus nous la

Page 1