M. DU BELLAY
— ÉTYM. Désespérer.
DÉSESPÉRÉ, ÉK (dé-zè-spé-ré, rée), part, fassi.
DÉS
Il 1* Qui est livré au desespoir. Désespérée de la mort de son fils. Le roi, la reine. Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré, boss. Duch. d'Orl. Non , je l'avoue encor, ce cœur désespéré Contre ce seul malheur n'était point préparé, bac. Brtt. m, 7. Combien ai-je passé dans les pleurs, les sanglots. Des jour» désespérés et des nuits sans repos! lagbange-chan- CEL, AIhénau, iv, 7. || Il se dit aussi des douleurs physiques. Souffrirai-je mille ot mille douleurs qui me feront mourir désespérée? sÉv. H6. || 2° Familièrement. Très-fâché, très-contrarié. Je suis dése.spéré de vous avoir fait attendre. J'étais aigri, fâché, désespéré contre elle, mol. Éc. des f. iv, 4. Il 3* Qui ne laisse plus d'espoir d'un bon succès. Mais quoi, messieurs, tout est-il donc désespéré en nous? Dieu, qui foudroie toutes nos grandeurs jusqu'à les réduire en poudre, ne nous laisse-t-il aucune espérance? boss. Duch. d'Orl. La paix dès ce moment n'est plus désespérée, bac. T/iefc. m, 4. J'ai ouï dire que c'était un homme admirable pour les procès désespérés, baron, Coquelle et fausse pmde, 1, 4. C'est alors que le retour [à la piété] est comme désespéré, mass. Car. Inconsl. De me mêler des affaires d'autrui pour de l'argent, de faire souvent réussir les plus désespérées, ciiamfout, Aforc/i. de Smyrne, se. 10. || Qui ne donne plus d'esi)oir,en fait de maladie. Une guérison désespérée. Ce malade est désespéré. Un malade désespéré de guérison, malh. le Traité des bienf. de Sénéque,iv, \i. On me mandait de Paris qu'elle étaitdésespérée, SÉV. 433. N'est-il pas quelquefois des maladies désespérées h un point que les remèdes ne peuvent qu'avancer la mort? rollin, Hist. anc. t. vin, p. 55, dans POUGENS. || Être désesjiéré des médecins, être dans un état désespéré. || Dont on ne peut attendre la réformation, l'amendement. C'est un jeune homme tout à fait désespéré. Si , n'ayant pas la foi, nous vivions selon la chair et selon les sens, quelque désespérés que nous fussions, il n'y aurait rien dans nos désordres que de très naturel, boubd. Car. 1, Relig. chrét. 30. || 4° Extrême , en tant que résultant de toute perle d'espoir. Un parti désespéré, ôde ma passion fureur désespérée! volt. Brutus, m, 6. Ce coup désespéré peut vous être funeste, ID. Tri'itnv. IV, 3. || Par analogie Mon bras désespéré N'a porté dans son sein qu'un coup mal assuré, VOLT. Ali- V, 4. [| 5° Substantivement. Un désespéré. Une désespérée. L'un voit aux mains d'autrui ce qu'il croit mériter. L'autre, un désespéré qui peut trop attenter, corn, i'oiy. m, 1. Faire la furieuse et la désespérée, lo. Perllmr. ni, 3. Et ce désespéré s'en veut venger sur soi, maihet. Mort d'Asdrub. v, 2. Tu veux, désespérée, ôter par ta furie. Un ministre à l'Ëtat, un père à la patrie, ROTR. Bélis. m , 5. Je n'eus toute la nuit chez moi que des pleureurs et des désespérés, retz, m, 4 62. Ces irrésolutions et ces retours vers la vie qui font la peine de ceux qui meurent, et dont les plus désespérés ne sont pas exempts, la font. Psyché, I, p. 409. Notre désespéré le [trésor] ramasse et l'emporte. Laisse là le licou, s'en retourna avec l'or, id. Fabl. ix, 46. || Familièrement. Crier, courir, etc. comme un désespéré, crier, courir de toutes ses forces. Le maréchal combattit comme un désespéré, sÉv. 244.
DÉSESPÉBÉMENT (dé-zè-spé-ré-man), adv.
Il 1° D'une façon désespérée. Les autres apprennent à guérir les âmes par des austérités pénibles; mais vous montrez que celles qu'on aurait crues le plus désespérément malades se portent bien, pascal, Prov. 4. Il 2° Avec excès, éperdument, surtout avec l'idée de manquer d'espoir dans le succès. Désespérément amoureux.
— HIST. XVI* s. Il l'aimoit si désespérément, qu'un jour il ne se put tenir de lui en parler, marquer. Nouv. 41. Il donne si désespérément sur ces gens de guerre, que.... d'aub. Ilist. 1, 349. Si s'apperceut qu'il estoit desesperéement amoureux de l'une de ses propres filles, amyot, .4r(aa;. 33. Infinis lieux [du texte) y sont de.sesperéement estropiez et mutilez, ID. Moral. Épit. p. ( 5.
— ÉTYM. Désespéré, ou, archaïquement, désespérée, et le suffixe ment; espagn. desesperadamente.
DÉSESPÉRER (dé-zè-pé-ré. La syllabe pé prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je dé.se.spère, excepté (exception inconséquente) au futur et au conditionnel : je désespérerai , je désespérerais), V. n. Il 1" Perdre l'espoir. Désespérer du succès de ses efforts. Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes. Que pressent de mes loisles ordres légitimes, Et qui , désespérant d e les plus évi ter , Si tout n'est renversé ne sauraient subsister, cohn, Cinna, v, I.
DÉS
Ils ont désespéré de pouvoir vaincre l'erreur publique, noss. Ilùt. II, B. Le» Romain» n'ont jamais désespéré de leurs aiïaire», m. ib. m, «. Dans la plus grande fureur des (çuerres civiles, jamais on n'a douté de sa parole ni désespéré de sa clémence, ID. Heine d'Anglet. Vous n'avez rien à craindre que de désespérer de ses bontés [de Dieu] , id. Anne de Gmx. Ainsi de le fléchir Messala désespère, volt. Brutus, III, î. Par quel asservissement désespérerions-nous de voir éclore de nouveaux prodiges de l'esprit humain, de nouveaux genres de beautés et de plaisirs, de nouvelles créations? gbesset, Disc, de réception à VAcad. On verra que l'ardeur du Français est peut-être également prompte à s'allumer et à s'éteindre; qu'i" espère tout lorsqu'il commence, qu'il désespère de tout lors(|u'il est arrôté par un obslacle, raynal, Hist. phii. xviii, 50. || Désespérer, suivi do que et du subjonctif. Quelque ardeur qu'un chrétien fasse parallre pour la cause de son Dieu, je me défierai toujours, ou plutôt je désespérerai toujours que de la délicatesse des repas, des habits, de l'équipage et du train, il accepte de passer à la rigueur des prisons, des roues et des chevalets, BOURn. Carême, t.i, p. 232. || Absolument. Que de sujets de craindre et de désespérer Icobn. Cinna, IV, B. Ne désespère point du vivant de Caton, id. Pomp. II, 2. I.e véritable zMe de la charité ne désespère jamais, MASS. Confér.Zèle e. l. rices. || 2» Désespérer de quelqu'un, ne pas espérer qu'il tourne à bien, qu'il revienne à bien. Corrigez votre enfant et n'en désespérez pas , et ne prenez pas une résolution qui aille à sa mort, saci, Sible, Prov. de Salom. xix,<8. || Désespérer de quelqu'un, ne plus espérer qu'il réussisse. || Désespérer d'un malade, regarder sa mort comme inévitable. || 3° V. a. Réduire au désespoir, causer une vive douleur. Hélas! ton intérêt ici me désespère, cokn. Cid, ni, 4. ô devoir qui me perd et qui me désespère! ID. Poly. II , 2. Désarmez les vaincus sins les désespérer, rac. Alex, m, 7. Il met tout son plaisir à vous désespérer, ID. ib. iv , t. Elle aime mon rivïl, je ne puis l'ignorer; Mais je mettrai ma joie à le désesiiérer, id. Brit. 11, 8. Na désespérez point une amante en furie, id. Baj. n, i. J'ai pu désespérer le cœur de son amant, volt. Zaïre, iv, (. ||4* So désespérer, v. réfl. S'aba[;donner au désespoir, à la plus vive douleur. Ouai]d il sut ce qui était arrivé, il se désespéra. Son maître était jusqu'au cou dans les boues.... Il acheva de se désespérer. Lorsque la neige, en lui donnant aux joues. Vint à flocons, et le vent qui fouettait, la FONT. Orais. Vous saurez que ma maltresse a perdu an petit chien qu'elle aime éperdument, qu'elle s'en désespère et qu'elle en met la faute sur moi, hau- TEROCHK, Crispin médecin, 11, 7.
— REM. Après désespérer, v. n. précédé de ne et suivi de la conjonction que, la phrase complémentaire qui suit demande qu'on mette ne et le subjonctif: On ne désespérait pas que vous ne devinssiez riche. Cependant on peut aussi supprimer le ne.
— HIST. XII* s. Comment que je me desespoir. Bien m'a amours guerredonné, Coud, m. Dun nesez que quant l'um de vie se despeired, quel'um se met en grant péril. Bot», <27. E nostre sires ferid le enfançunet que David outengendred de la feme Urie, e enmaladid e fud désespérez, ib. too. \\ xin* s. Li desconfort m'a si désespéré Que je ne sai que puisse devenir, le comte d'anjoo, Romancero, p. 42i. Or se despoire, or se deshaite Cil qui cuidoit avoir tout pris. Lai de l'ombre. Et se vous en pechiémanez [demeurez], Onques ne vous désespérez, Lai du conseil. || xv s. Fais ce que je dis, dit le chevalier, nous serons bien d'accord, et si laisse ce méchant de.sesperé clerc, froiss. ii, ni, 22. Et quand il vit son maléfice descouvert, il s'enfuit isnellement delà cité de Paris, comme désespéré, monsthel. i, 47. Il xvi* s. Je suis quelquefois huit jours sans le sentir [l'enfant] et à l'heure [alors] désespérée [n'espérant plus] de l'estre [enceinte], marg. Lettre (19. Tout le monde, fors moy seulement, estoit désespéré de sa vie. id. ib. *7. Où desperé d'avoir mieux, Je m'en iray rendre hermite, duiiell. vu, to, verso. Si est-il à craindre que la honte les désespère, mont. 1, 60. Pour s'estre estonnô et désespéré du premier refus, id. I, 97. Virius, désespéré du salut de la ville assiégée par les Romains, et de leur miséricorde, ID, II, 36. Les académiciens ont désespéré de leurqueste, ctjugéque la vérité ne se pouvoit concevoir par nos moyens, m. 11, 2.10. C'est un coup désespéré, auquel il fault abandonner Vos armes pour faire perdre à vostre adversaire les siennes, ID. III, 312. Lors M. de Bourbon se désespéra do trouver grâce envers le roy, h. du bell. 85. Deses-
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perant de pouvoir jouir de ses axnoura, il se noya; de quoy Thesaîus estant adverty, et aussi de la cause pour laquelle il s'estoit ainsi désespéré, en fut fort dolent et marry, amyot, Tliésée, 32. Une audace désespérée, id. Numa, I3. Une mauvaistié effrontée, et désespérée méchanceté, id. Aie. 20. Si le pria de ne vouloir rien faire témérairement, ny à la désespérée, id. Nicias . 38. C'est une impudence trop désespérée à lui, de tirer ainsi par les cheveux le passage du pseaume,CAi.viN, Inst. 409i. C'estoit un crime abominable, voire aux plus désespérez brigands du monde, ID. ib. «31. Un mal désespéré, id. ib. 870. Le corps du désespéré [suicide] est traîné à la justice comme convaincu et condamné, loysel, 838. Avec ung bruict désespéré d'harquebuzades, trompettes.... cahl. ix, 6. Ils l'ont descures désespérées, PARÉ, Introd. t. Je suis désespéré [sans espoir] De parvenir au bien tant désiré, bons. su.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, e\. espérer; provenç. et espagn. desesperar; ital. disperare.
UÉSESPOIH (dé-zè-spoir) ,s. m. || 1° Perte de l'espéranco. La reine au désespoir de n'en rien obtenir, CORN. Rodog. I, 4. Une faut pas s'imaginer que cette doctrine mette les hommes au désespoir, aoss. Or. )0. Ce qui a damné Judas, ce n'est point proprement la trahison qu'il avait commise, mais le désespoir où il s'abandonna après sa trahison, bourd. Exhort. s. latrah. de Judas, t. I, p. 450. Pourne pas vous jeter dans le désespoir, mass. Car. Impén. La pénitence n'est plus qu'un désespoir sans confiance, id. 16. Inconst. Ces détails transportèrent de joie Napoléon : crédule par espoir, par désespoir peut-être, il s'enivre quelques instants de cette apparence, et, pressé d'échapper au sentiment intérieur qui l'oppresse, il semble vouloir s'étourdir en s'abandonnant à unejoieexpansive, séodr, Hist de Nap. viii, \0. Il En désespoir de cause, façon de parler adverbiale . tirée des habitudes du barreau, et qui signifie qu'on est à bout de raisons, qu'on a épuisé tous les moyens, qu'on ne peut plus résister à ce qui est demandé. J'ai cédé en désespoir de cause. Nous avons longtemps débattu l'afl'aire; j'ai, en désespoir de cause, accepté ses conditions, jj Faire une chose en désespoir de cause, essayer d'un dernier moyen, d'une ressource extrême, sans espérance de succès. || 2'' Par extension, ce qui désespère comme inimitable, impossible à surpasser. Ce tableau est le désespoir des peintres. Si l'on avait exhumé ce morceau, on en ferait le désespoir des modernes, diderot , Salon de 4 765, (JEuvrcs, t. XIII, p. 340, dans pougens. || S" Résolution extrême inspirée par un grand péril Qu'il mourût. Ou
qu'un beau désespoir alors le secourût, corn. Uor.
III, 6. Seigneur, vous emporter à cette extrémité Est plutôt désespoir que générosité , ID. Cinna,
IV, 3. Souvent les désespoirs [des vaincus] aux vainqueurs sont funestes, mair. IforJ d'Asdrub. 11, 3. Et Rome unique objet d'un désespoir si beau, rac. Hilhr. m, (. Ce peuple poussé au désespoir recommencera la guerre, pEn. Tél. xxi. Le désespoir tient lieu de force et de courage, volt. Orphel. m, ♦. Par les choses que fit le désespoir dans Cartbage désarmée, on peut juger de ce qu'elle aurait pu faire aiec sa vertu, lorsqu'elle avait ses forces, montesq. Espr. m, 3.114° Affliction extrême. Celte nouvelle l'a plongé dans le désespoir. Tomber dans le désespoir. Vous avez mis son âme au désespoir, id. Cinna, m, 5. Et l'accord que son père a conclu pour ce soir La fait à tous moments entrer en désespoir, MOL. Tart.iv, 2. De quelque désespoir qu'une âme soit atteinte, La douleur est toujours moins forte que la plainte, la font. Matrone Partout du désespoir je rencontre l'image, rac. Bérén. v, 7. Du moins ce désespoir convient à mon mallieur, ID. Jftihr. III, I. Un mortel désespoir sur son visage est peint, ID. Phèdre, v, b. F.Ues (des raisons] doivent être bien faibles, mon père, contre le désespoir où vous me voyez, boindin, les Trois Gascons, se. S. Il Prendre conseil de son désespoir, ne prendre conseil que de son désespoir, se ré.soudre à toutes les extrémités que le désespoir suggère. || Faire le désespoir de, désoler, attrister. Ce mauvais sujet fait le désespoir de ses parents. || 6* Par exagération, contrariété, déplaisir. Je suis au désespoir de ne pouvoir faire ce que vous désirez de moi. Je suis au désespoir de ne pouvoir me promener avec vous, voit. Lett. 79. Ces copies dont je suis au vrai désespoir, sÉv. 343, Je vois que toutes ces femmes de bien sont au désespoir de ce qu'on m'a honorée do cette qualité, fonten. Jug. de Pluton. Si j'avais des coups de bâton à lui donner, ce serait comme Alcidas à Sganarelle, dans le Mariage forcé, avec de grandes protestations de respect et
de désespoir d'y être obligé, d'alewb UU. i Yotl. 3< juillet 1702. Il Être au désespoir qive..., avec la subjonctif. Elle a été au dé.sespoir que vous m'ayez écrit, s£v. 4. II est au désespoir que mon fils ne suit pas député, id. 692. || Mettre au désespoir, causer une vive affliction, une grande contrariété. ||6* Au phir. Et parles désespoirs d'une cha.ste amitié Nous aurions des deux camps tiré quelque pitié, corn. //or. III, 2. De mille désespoirs mon cœur est assailli, ID. la Place royale, 11, 3. La maladie de Fiavie, sa port, et les violences des désespoirs de sa mère, qui se venge, ont assez de justice, id. Examen de Thiod. Ses remords en auraient été plus animés et ses désespoirs plus violents, id. 2* discours. La Valliére eut des jalousies et des désespoirs inconcevables, u." DE LA FAYETTE, Uist. d'Ilenr. dAngleterre, 3« partie. Des avarices insatiables, des désespoirs au milieu du bonheur, maintenon. Lettre à Mme de Glapion. 2a sept. t. m, p. 492, dans pougens. Indigné d'ytruuver, dans son sommeil paisible, X mes longs désespoirs la nature insensible, Diicis, Bornéo, IV, B. Et, dans ses désespoirs dont Dieu seul est témoin. S'appuyer sur l'obstacle et s'élancer plus loin, lamart. Harm. 11, 7. Les séparations et les longs désespoirs N'ont-ils pas éclairci, dis-moi, ses cheveux noirs' id. Jocel. 6' époque. Ces lieux de nos bonheurs et de nos désespoirs, Où le drame divin de tout notre jeune âge Avait à chaque site attaché son image, ID. ib. 9' époque.
— UEM. Désespoir a été employé au pluriel p.ir Corneille, par Mairet, par Mme de Maintenon, par Mme de La Fayette, par Ducis, par Lamartine. Rien n'empêche de les imiter.
— HIST. xn* s. Ainsi me tient amors en desespoir, Coud, a II XVI* s. Les saincts n'ont jamais plus grande matière de desespoir, que quand ils sentent la main de Dieu dressée pour les confondre, calv. Intlit. 437. L'homme qui se met à mort par desespoir, confisque envers son .seigneur, loysel, 837. Les princes aussi leur doyvent porter telle bienvueillance. qu'un pore à .ses enfans, et ne les jetter jamais en telle nécessité, qu'ils leur facenl embrasser le desespoir, langue, 3ge, Réduits au dernier desespoir, id. 461. Ses amis ne l'abandonnèrent point en ce desespoir, auyot, Timol. 7. Quand la fortune en se jouant nous pert. Le desespoir en lieu de raison sert, bons. 634. Le desespoir qui tourna encontre soy les armes, id. 976. Au desespoir s'oublie l'honneur, le houx de lincy, Prov. t. n, p. 232. En desespoir vertu croist, id. ib. p. 203.
— ÉTVM. Dés.... préfixe, et espoir; provenç. et anc. catal, dcsesper.
t DËSESTIMER (dé-zè-sti-mé) , v. a. Cesser d'estimer, retirer l'estime.
— SYT«. 11ÊSESTIMEH, mésestimer. Désestimer, c'est cesser d'estimer, retirer son estime; mésestimer est plus fort et signifie avoir une mauvaise opinion de quelqu'un.
— iiiST. XVI* s. Cicero mesme, sur sa vieillesse, commença à desestimer les lettres, mont, ii, 22». Un galant homme en est plainct, non pas desestimé, ID. m, 347. Si par fortune cet anneau se perd, la femme est desestimée comme ayant donné sa foi à un autre qu'à son mari, marg. JVour. vm. Entre les F.spagnols, on n'y verra pas en six mois une querelle, pour ce qu'ils desestiment les querelleux, et se plaisent d'estre modestes, langue, 209. Tous les plaisirs que j'estimois. Alors que libre je n'aimois, Maintenant je les desestime, bons. 4t8.
— ÉTVM. Dés.... préfixe, et «limer.
tDÉSEXCOMMDNlER (dé-zèks-ko-mu-ni-é), V. O.
Relever d'une excommunication.
— HIST. XVI* s. Desexcomunier, H. est. Apolog. d'Hrrod. p. 361 , dans lacurnk.
— Etym. D^s.... préfixe, et eifommunier.
t DÉSHABILITATION (dé-za-bi-li-ta-sion), t. f. Terme de jurisprudence. Action de dishabiliter, de rendre inhabile à....
t DÊSHABILITER (dé-za-bi-li-té) , V. a. Terme de droit. Rendre inhabile.
— ETYM. Dés.... préfixe, et habiU.
4. DËSUABILLR, ËE (dé-zabi-Ué, liée, U mouillées), pari, passé. Qui a quitté ses vêtements. Déshabillé et prêt à se baigner.
2. DËSUABILLÊ (dé-za-bi-llé. Il mouillées, et non dé-za-bi-yé), s. m. Habillement négligé quo les femmes portent dans leur intérieur. Déshabillé du matin. Elle était avec un déshabillé couleur do rose, bussi, dans riciielet. Le déshabillé du bain e.st d'une grande commodité, hamiit. Gramm. (4, Dans un galant déshabillé, LESiLOr..GilBlas, vin, 44. J'y allais le matin, et elle était en déshabillé, ). 1.
DÉS
DES
DÉS
Honss Con'. v. Elle parut d'abord h. cette cour idolairo dans les charmes d'un déshabillé simple, mon- TFSQ. Letl. pers. H(. || Fig. Se montrer, paraître en déshabillé, dans son déshabillé, se montrer tel que Ion est.
— ÈTYM. Déshabillé * .
DÉSHABILLER (dé-za-bi-llé, Il mouillées, et non dé-za-bi-yé), V. a. ||1° ôter à quelqu'un ses habits. Déshabiller un enfant pour le mettre au lit. || V\g. Déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul, remédier à un inconvénient par un inconvénient pareil. Il Par extension , dépouiller, mettre à la misère. Seigneurs, banquiers et notaires La feront encor briller; Puis encor des mousquetaires Viendront la déshabiller, bêrang. FrUillnn. \\ 2° Fig. Déshabiller quelqu'un, mettre ses intentions, ses projets à nu. Il 3° V. n. Quitter ses habits. U a veillé sa femme malade, el n'a pas déshabillé de toute la semaine. Il i" Se déshabiller, e. réfl. ôter ses habits. Il a été quinze jours sans se déshabiller, sans se mettre au lit. Il Par extension, changer de vêtements, se dit d'un prêtre qui quitte ses habits sacerdotaux, d'un magistrat, d'un acteur, qui quittent leur costume, et aussi de celui qui quitte son habit de ville pour se mettre plus à son aise. Je vais me déshabiller et je reviens à l'instant. || Proverbe. Il ne faut pas se déshabiller avant de se coucher, il ne faut pas se dépouiller de ses biens avant sa mort.
— MIST. xvi* s. Ce gentilhomme n'estoit refusé d'estre à son babiller et déshabiller, où toujours il voyoit occasion d'augmenter son affection, marquer. A'oue. IV. En se deshabillant, il trouva à dire sa chaîne, yver, p. 530.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et habiller; namurois, àisbii.
DÉSUABITÉ, ÉE (dé-za-bi-té, tée), adj. Qui n'est plus hibité. Ayezdessi'in aux dieux; pour de moindres beautés Ils ont laissé jadis les cieux déshabités, RÉGNIER, Sal. XIII Ce sera peut-être un palais déshabité, BALZ. liv. m, lett. 23. Dans le secret de ces galeries déshabitées, chateaub. Uém. t. vi, p. ib».
— SYN. DÉSUABITÉ, INHABITÉ. Dôshabité SB dira d'une ville, d'un pays qui a perdu ses habitants; inhabité, d'un endroit qui n'a pas d'habitants, sans qu'on sache s'il y en a eu ou non.
f DÉSJIABITER ((!é-za-bi-té), v.a. Cesser d'habiter. Il Se désliabiter, i;. réfl. Devenir déshabité. Ce pays se déshabite.
— HlST. XII* La terre [de France] est mais desabitée, E la genz morte e afamée, benoIt, n, 6to9. Il XV' s. Par défaut de justice, le royaume a esté presque tout ruiné et destruit et en plusieurs contrées dépeuplé et deshabité, J. chartier, i/tst. de Chaiies Vil, p. 109, dans lacurne. || xvi' s. Ce bourg fut tellement fouï 'jt cavé par les connins [lapins], que finalement il fut ruiné et deshabité, PARÉ, Animattx, 16. Le monde fust un désert solitaire : Villes et bourgs, bourgades et citez. Maisons, chasteaux seroient deshabitez , rons. 831. Quand par longues guerres, pe.stes, famines, et autres changemens, esquels les hommes sont sujets, les pais se des-hal)itent, o. de serres, 784,
— ÉTYM. Dés.... préfixe, elhabiter.
t DfiSUABITUDE (dé-za-bi-tu-d') , «. f. Perte d'une habitude.
— ËTVM. Dés.... préfixe, eihahitude.
DÉSHABITUÉ, ÉE(dé-za-bi-tu-é, ée),part.passé.
Qui n'a plus l'habitude. Déshabitué de boire du vin. DÉSHABITUEH (ilé-za-bi-tu-é), V. a. Faire perdre l'habitude de quelque chose. || Se déshabituer, V. réfl. Perdre l'habitude. Je me suis déshabitué du tabac.
— HiST.xvi' s. Deshabituer, palsgrave, p. 30, qui recommande de prononcer l's, l'h étant non aspirée.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et habituer.
t DÊSHARMONIE (dé-zar-mo-iiie), s. f. Néologisme. Discordance. |{ Perte de l'harmonie.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et liarmonie.
•tDÉSHARMONlQUE(dé-zar-mo-ni-k'), adj. Néologisme. Qui cesse d'être harmonieux, en harmonie. Des mouvements irréguliers et désharmoniques.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et harmonique.
t DÉSUARMONISATION (dé-zar-mo-ni-za-sion), S. f. Action de désharmoniser.
t DÉSHARMOMSER (dé-zar-mo-ni-zé), V. a.
Néologisme. Troubler l'harmonie des choses, des opinions..|| Se désharmoniser, v. réfl. Se mettre en désaccord. || On dit aussi désharmouier.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et harmoniser.
DÉSHÉRENCE (dé-zé-ran-s'j , s. f. Terme de jurisprudence. Défaut d'héritiers ordinaires, par suite duquel la successiou revient à r£tat. Succession en
déshérence. Tomber en déshérence. || Autrefois le droit de déshérence était celui qui autorisait un seigneur de fief à se mettre en possession des biens vacants d'un mort, à qui le même fief avait appartenu, lorsqu'il ne se présentait point d'héritiers.
— HIST. XVI' s. Cas de déshérence, la thaumassiÈRE, Coût, de Berri, p. <66, dans lacurne.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et hoir ou heir, héritier (voy. hoir).
DÉSHÉRITÉ, ÊE (dé-zé-ri-té , tée), part, passé. Privé d'un héritage. Déshérité par son oncle. || Fig. Déshérité du ciel. Un homme déshérité de la nature. Il Substantivement. Un déshérité. Je venais en aide à ce déshérité.
t DÉSHÉRITEMENT (dé-zé-ri-te-man), s. m. Action de déshériter: état de celui qui est déshérité.
— HIST. xni' s. Et puis que je sai le malisse tant apiert en eus, et que il ainsi chacent mon desiretement.... H. de. valenc. xxi. Et por gardtr le dreit heir de travaill et de perlUet de deseritement, Ass. de Jér. i, 228. Se c'est chose dont on deit soufrir mort ou honte ou deseritement, ib. 65. Et il me respondi que à nul feur il ne feroit le mariage, jusques à tant que la pez fust faite, pour ce que l'en ne deist que il mariast ses enfansou [au] desheritement de ses barons, joinv. 289.
— ÉTYM. Déshériter; provenç. dexeretamen ; calal. deahereiament; anc. espagn. desheredamiento.
DÉSHÉRITER (dé-zé-ri-té), v. a. Priver quelqu'un d'une succession. Fauste est un dissolu, un prodigue, un libertin, un ingrat, un emporté qu'Aurèle n'a pu haïr ni déshériter, la bruy. xi. || Faire perdre l'héritiige. Il vient déshériter ses fils par son retour, cobn. Rodog. i, 6. Votre abord en ces lieux les eût déshérités, ID. Rodog. v, *. Je ne puis voir d'un cœur lâche et soumis La soeur de mon époux déshériter mon fils, iD. Perthar. i, 2. Vous qui, déshéritant le filsdeClaudius, Avez nommé César l'heureux Domitius, fac. Bril.i, t. || Fig. Priver de ce qui est assimilé à un héritage, La nature a déshérité ce pays. Puis ma chanson favorite Aux guerriers qu'on déshérite Ferait chérir le hameau, bérang. Pet. oiseau.
— HIST. xii* S. Et tout vo roi seront déshérité [dépos.sédés] , Kanc. p. 19. Car qui [celui que] amors destruit et deshirete. Ne l'en doit-on blasraer. Coud, VI. Il xiii' s. Tu leur cries merci que il aient de toi pitié, et de ton père, qui, à si grand tort, a esté déshérité, villeh. xlii. En nom Dieu, dibt li quens de Blois, jou m'en irai en Franche et crierai le roi merchi , car je me doute moult que je ne soie desyreté [dépossédé], Chron. de Rains, p. 42. Et celle guerre mut entr'iaus [eux] por ce que ledit Girart deserita un sien home, sans esgart el sans conoissance de cort, dou fié q«e il tenoit de lui, Ass. de J. i, 214. Li tesiamens, là ù il est veu qu'aucuns est deshirete en lais [legs] fais.... ce n'est pas max [mal] d'aler contre tel testament, beaum. xii, 20. Li dons quilifufez parfusttrop oultrageusettropdesheritans les autres hoirs, id. vu, 20. Et le soudanc a paour qu'il ne le tuent ou que il ne le déshéritent [dépossèdent] , si les fait prendre et mourir en sa prison, joinv. 235. Il xiv s. Et quant Piètre le voit, li sans lui est muez; X soi meïsme dit : je sui déshéritez, Guescl. 14784. Signeur, dist Bauduins, vous parlés folement; D'autrui déshériter chertés [certes] je n'ai talent, Ne tolir à autrui terre ne chasement, Beaud. de Seb. vni, n&3. || xvi* s. Du tout me veux déshériter De ton amour, car proufiter N'y pourrois pas par longue espace, marot, ii, 400.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et hériter; provenç. desherelar, deserelar ; espagn. desheredar; portug. desherdar; ital. diseredare.
DÉSllEOUÉ, ÉE (dé-zeu-ré, rée), part, passé. N'ayant pas trouvé la personne que je cherchais, et dès lors désheuré.
DÉSHEURER (dé-zeu-ré). || 1° Y. a. Déranger l'heure, les heures de certaines occupations tiabituellos, particulièrement celles des repas. Cette visite me désheuré. || 2° Y. n. On dit qu'une horloge, une pendule désheuré, quand elle sonne une heure autre que celle qui est marquée par les aiguilles. Il 3° Se désheurer, v.réft. Être hors de ses heures habituelles. J'ai observé qu'à Paris , dans les émotions populaires, les plus échauffés no veulent pas ce qu'ils appellent se désheurer, retz, ii, 131.
—REM. Ce mot, comme beaucoup d'autres, s'emploie de préférence dans les locutions négatives : il n'aime pas à se désheurer.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et heure.
DÉSHONNËTE (dé-zo-nê-f), adj. Qui est contre
l'honnêteté ou la pudeur. Pensées, paroles, actions, manières deshonnêtes. Elle peut, tombant sur la
tête, Montrer quelqu'endroit déshonnête, scarron, Virg. trav. rv.
— SYN. DÉSHONNÊTE, MALHONNÊTE. Déshonnête
est contre la pureté, la pudeur; malhonnête est contre la civilité, et, quelquefois, contre la bonne foi. Une parole déshonnête est une parole sale; un procédé malhonnête est un procédé incivil, ou, en un autre sens , déloyal.
— HIST. XIII' s. Et s'aucun baille aucun service deshoneste à feme et damaces l'en vient, beaum. XXIX, 49. Se je voi mon fil, me [ma] fille ou ma [ma] mère, ou celé qui doit estre mes hoirs, mener si deshoneste vie, que ce soit escanlles à li et à son lignage, m. xii, I7. || xiv s. Bonbanz et vaina gloire, vesture deshoneste. Les ceintures dorées, la plume sur la teste, Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Charles, 3' série, t. u, p. 20t, Et qui ne creint tel chose, il est sans verecunde et deshoneste, oresme, Eth. 78. Bien est vérité que raison dit que toute chose delettable deshoneste est à fuir, ID. ib. <99. || xv s. [La galerie où mourut Charles VIII] Et estoit le plus deshonneste lieu de leans : car tout le monde y pissoit.... comm. viii, (8. Il XVI' s. Deshoneste, palsgrave, p. (9,quidit quel'/l est muette. Que c'est une farouche alliance de marier le divin avecques le terrestre, le raisonnable avecques le desraisonnable, le severe à l'indulgent, l'honneste au deshonneste, mont, iv, 304. Je suys le langage commun, qui faict difTerence entre les choses utiles et les honnestes: si que, d'aulcunes actions naturelles, non seulement utiles mais nécessaires, il les nomme deshonnestes et sales, lo. ut,
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et honnête; provenç. deshonest; espagn. deshonesto; ital. disonesto.
DÉSHONNETEMENT (dé-zo-nê-te-man ), adv.
D'une manière déshonnête. Parler déshonnètement.
— HIST. xvi* s. Mais les dames, devant lesquelles elle parloit si deshonnestement, la condamnèrent qu'elle y retourneroit, marg. Nouv. lx.
— ÉTYM. Déshonnête, et le suffixe ment. DÉSHONNËTETÉ (dé-zo-nô-te-té), S. f. Vice de
ce qui est déshonnête.
— HIST. XIII' s. Deshonneste Ne peut dedans mon cuer remaindre, jobinal, Lay d'amours, t. n, p. 193. Il xiv's. Incontinence et lubricité ou deshonnesteté. — En aucunes deshonestetez , okesme, Thèse de meunier. || xvi' s. Qu'ils remettent au dessus la discipline ancienne pour reprimer ladeshonnesteté qui se commet entre eux, Calvin, Instit.
— ÉTYM. Déshonnête; provenç. dexonestat, dethonestetal ; catal. deshonestedat ; espagn. deshones- (idarf; ital. disonestà.
DÉSHONNEUR ( dé-zo-neur), s. m. Perte de l'honneur, de la considération. Couvrir le déshonneur de sa famille, patru. Plaidoyer 11 , dans ri- CHELET. Mourant sans déshonneur, je mourrai sans
regret, corn. Cid, u, 9 Qui veut tout pouvoir
doit oser tout enfreindre. Fuir comme un déshonneur la vertu qui le perd, id. Pomp. i, 1. En mon seul déshonneur bornait tous ses désirs, kotr. Vencesl. II, 1. Le déshonneur d'un nom à qui le mien s'allie, BAC. Iphig. m, 3. Je trouve qu'on pourrait rechercher leur tendresse Sans se faire déshonneur, MOL. Psyché, i, 1. Bien loin de tenir à déshonneur de réformer un jugement, pascal, Prov. 18. [Les femmes de l'Occident] Libres sans déshonneur et sages sans contrainte, volt. Zaïre, i, 1. Le déshonneur est dans l'opinion des hommes, l'innocence est en nous, didehot. Règne de Claude et Néron, i, § 75. C'est ainsi que, suivant le conseil d'un des plus grands hommes de l'antiquité, il ne considéra ni la fausse gloire ni le faux déshonneur, et que ni les louanges ni les murmures ne purent jamais le détourner de son devoir, fléch. Lamoignon. || Prier quelqu'un de son déhonneur, solliciter de lui ce qui pourrait le déshonorer; et, figurément, lui demander ce qui lui déplait. Demander de l'argent à un avare, c'est le prier de son déshonneur. || Ne pas faire déshonneur, se dit, dans un sens adouci, pour exprimer quelque honneur qui reviendra. Cet élève ne fera pas déshonneur à son maître. Ce jardin ne fait pas déshonneur au jardinier.
— HIST. XI* s. Sur un somier [btte de somme] [ils] l'ont misàdeshonor, Ch. de iioi. cxxxv. ||xu' s. Mon parastre [il] est, [je] ne voil qu'ait desenor, Ronc. p. 44. En lui [elle] [il y] a tant de vigorQu'el hee sa deshenor, Couct, i. Ne jo ne quier al rei ne mal ne deshonur ; N'a homme en tut le siècle qui plus desirt s'onur. Th. le mort. 37. || xiii* s. Lors [ils| regretent lur bon segnur Ctii il firent la desho-
DÉS
DÉS
DÈS
nur, MARIE, t. II, p. <49. Il n'i porent trover pai» en nule manière que ce ne fusl à lor destruction et èlor deshouneur, Ckron. de Rains, I2i. À desenor muert à bon droit Oui n'aime livre ne ne croit, Ren. »9. Il xiv* s. Se l'en fait à un homme honneur, ou déshonneur, oiiesmk, Eth. 22. || xV g. Kn nul vilain cas qui pust tourner à la deshonneur de li et de son mari, fboiss. i, i, (92. || xvi* s. Avicques l'exercice continuel on le peut réduire en disposition d'aprendre assez de civilité, pour ne faire deshonneur à ses parens, langue, 4<2. X la fin on reputoit à deshonneur d'avoir peu contribué, ID. S28. Là il se fait un blasphème ei déshonneur intolérable à Jesus- Christ, CALVIN, Instit. 1149.
— ÉTYM. Dés .... préfixe, et honneur; provenç. dethonor, desonor; espagn. dnhonnr; ital. disonore. Dans l'ancienne lanj^ue deshoneur est, comme /tonneur, du féminin.
UËSHONORABLE (dé-zo-no-ra-bl') , ad/. Qui n'est pas honorable.
— UE.M. L'Académie dit que désiionorable est peu usité; cela est vrai ; déshonorant lui a fait tort. Comme les adjectifs enab/e, il peut avoir deux sens: l'un passif, qui peut (Ire déshonoré, ce sens n'a pas d'emploi; l'autre actif, qui déshonore, comme secournble, favorable; celui-ci se confond avec déshonorant, qui, plus clair, l'éclipsé.
— iilST. xv's. Prenez autre imagination, car celle est deshonorable, froiss. ii, in, 64. Cher sire, le père glorieux vous veuille conduire et ester de mauvaise et vilaine pensée et deshonorable, id. i, i, «88. Il XVI' s. Ce me seroit chose importable, et non moins deshonorable pour vous, harg. Nouv. lui. Voyant qu'elle estoit en danger d'un refus deshonorable, ID. ib. LXX.
— ÊTYM. Dé.i.... préfixe, et honorable.
t DÉSUONORABLEMENT (dé-zo-no-ra-ble-man), adv. D'une manière déshonorable.
— ÈTYM. Déshonorable, et le suffixe ment. DÉSHONORANT, ANTE (dé-zo-no-ran, ran-t'),
adj. Qui déshonore. Outrage déshonorant. Action, conduite déshonorante. Il confie à mes soins l'emploi déshonorant De conserver ses jours, de garder un tyran, lkgouvé, Épichar. et Néron, ii, 7.
DÉSHONORÉ, ÉE {dé-zono-ré, lée) , part, passé. Xqui on a ôté l'honneur. Puls-je vivre et vous voir morte ou déslionorée? corn. Théod. m, 3. Constantin, déshonoré par la malice de sa femme, reçut en même temps beaucoup d'honneur par la piété de sa mère, boss. Uist. i, u. J'ai suivi tes conseils, je meurs déshonorée, rac. Phèdre, m, 3. || Je veux être déshonoré si.... sorte de formule d'affirmation, de serment, dans le style familier. C'est un joli garçon ; mais je veux être déshonoré si jamais on vient à bout d'en faire un bon sujet, M"* simons-candeille, la Relie Fermière, m, 4.
DÉSHONORER (dé-zo-no-ré), «o. || l'Oleràquelqu'un l'honneur, le priver de la considération, de l'estime. Celte action vous déshonore. Être déshonoré par celle que j'aiiore, corn. Cinna, v, 2. Et me déshonorant par d'injustes alarmes. Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes, rac. Iphig. m, c. Il 2" Déshonorer une femme, la séduire, et aussi lui faire violence. Cela vaut mieux que de cuire des hom mes et dedéshonorer des filles, comme a fait mon cousin don Carocucarador, inquisiteur pour la foi, voi.T. Jenni. S. || 3° Flétrir, dégrader. Déshonorer sa famille.... Par un autre hymen vous me déshonorez, CORN. Sertor. m, 4. Vous l'a-t-elle donné [ce titre] pour mériter sa haine En le déshonorant par l'amour d'une reine? id. Nicom. i, 2. De la main de ton pîre un coup irréparable Déshonorait du mien la vieillesse honorable, id. Cid, m, 4. Je n'ose m'éblouir d'un peu de nom fameux Jusqu'à déshonorer le trône par mes vœux, id. Sertor. ii. 2. Toi d'avoir par sa mort déshonoré ta main, id. Wor. v, (. L'éclat du diadème et cent rois pour aïeux Déshonorent ma flamme et blessent tous les yeux, rac. Bérén. lu, t. Il va du Dieu des morts déshonorer la couche, id. Phèdre, ii, B. Et ma gloire, plutôt digne d'être admirée, Ne doit point par des pleurs être déshonorée, in. Hithr. v, 6. Il est certain que ce péché, déshonorant nos corps, déshonore le corps de Jésus- Cbrist, boiihd. Annonciat. de la Vierge, Uyst. t. ii, p. 98. I. déshonora le nom français chez les sauvages par une inTAme perfidie, raynal, llist. philot. XV, 7. Il 4° Faire tort à. Les vices déshonoreiit les talents. Ces récits déshonorent la pudeur de vos oreilles, mass. Or. fun. Prof. 3. N'avoir jamais déshonoré l'usage de son esprit par .lucun abus de la poésie, GBESSET, Disc, de réception à l'Acad. On ne me verra point déshonorer sa cendre Par d'inutiles cris.... VOLT. TViumv. iv, 6. Ces imaginations dé*-
honorent la physique, id. Moeurt, Cliang. ||6* ôter la bfauté, l'éolat. Quelle affreuse pâleur déshonore sa facel roucueb, Uoit, tu. Les vertus les plus légères, s'il en est de toiles, sont attachées comme la feuille au rameau qu'on déshonore en l'en dépouillant, DIDEROT, Régne de Claude et Néron, ii, 8. Il Déshonorer des arbres, en couper la cime et les branches. Dé.shonorer une statue, la mutiler. Déshonorer un bAliment , en altérer la forme. Il 6" Se déshonorer, v. réft. Perdre l'honneur. Vous vous dé.shonorerez par une telle conduite. Je ne veux plus me déshonorer pour l'amour de vous; el, si vousne me faites des satisfactions de ce reproche, je suis résolu de vous écrire des lettres toutes pures d'amour, pleines de feux, voit. Lelt. 28. Ce sont les opinions, ce sont les erreurs par lesquelles l'homme abusé se déshonore lui-même, boss. D<'ch. d'Orl.
— llisT. xxi* s. Quant il vus volt tolir vostre curt e fauser, E apele autre curt, si le poez grever; Car ilui'C vus volt il granment desonurer. Th. U mart. 44. Cum li reis fud venuz à sun palais, ses dix suignarites [concubines] que Absalon ses Sz out deshunurées, fist enclore. Rois, «97. j| xm* s. Ciertes, dist li rois, c'est bien drois, et bien l'ai dessiervi, car par moi est la tiere de cha mer pierdue, et crestientés deshonnorée, Chron. de Raim, »« Il XVI' s. Dieu est grièvement deshonnoré, si on se perjure en son nom, caltin, Instit. 290. Le zèle est une ardanle affection de l'ame qui tend à l'honneur de Dieu et au salut du prochain, dont s'ensuit aussi qu'elle s'irrite quand on le deshonnoré, langue, 68. Par icelles [doctrines] Dieu est mesconnu et deshonnoré, ID. 78. Ceux qui, portans ce magnifique titre de chrestien, le vont neanlmoins deshonnorant par leurs iniqtiitez, id. 37». Dieu seroit (;iinsi qu'on doit espérer) favorable à ceux qui l'adorent, contre ceux qui le deshonorent, id. 442. Cela n'estoit pas tant honorer sa mère que deshonorer son païs, amygt. Aie. et Cor. 8. Luciuss'ala seoir es plus reculez sièges in théâtre; ce que voyant, le peuple en eut pitié et ne peut supporter de le voir ainsi déshonoré, ID. Flam. 38. Elle tourmenta et deshonora grandement son mari qui en estoit passionné de jalousie et d'amour, id. Fyrrh. 60.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et ftoiiorer; provenç. desonorar, dfshonrar, deshondrar ; esp. et port, deshonrar ; ital. disonorare.
t DÉSHUILER (dé-zui-lé), V. o. Enlever l'huile d'un corps, d'une éton"e.
— RTYM. Dé.... préfixe, et huile.
t DÉSHUMANISER (dé-zu-ma-ni-zé), ti. O. Dépouiller des sentiments humains. Il ne faut pas déshumaniser l'homme en faveur dubéros .st-évhemond, dans RicHELET. Un cœur déshumanisé. || Se déshumaniser, V. réfl. Perdre les sentiments humains.
— ETYM. Dés.... préfixe, et humaniser.
t DÉSHYDRATATION (dé-zi-(lra-ta-sion ) , s. f. Terme de chimie. Action de faire cesser l'état d'hydrate.
t DÉSHYDRATER (dé-zi-draté), v. a. Terme de chimie. Enlever l'eau qui est en combinaison avec un autre corps et qui le rend hydraté. || Se déshydrater, V. réfl. Devenir déshydraté.
— F.TYM. Dés.... préfixe, et hydrate.
t DÉSHYDROGÊNATION (dé-/i-dro-gé-na-sion), s. f. Terme de chimie. Soustraction de l'hydrogène qui entre dans la composition d'une substance.
— ÊTYM. fl^i.... préfixe, et hydrogène.
t DÉSHYDROGÉNÉ, ÉE (dé-zidro-jé-né, née), part, passé. Terme de chimie. Qui a perdu tout ou partie de son hydrogène.
t DÉSHYDUOGÉNER (dé-zi-dro-jé-né. La syllate gi prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je déshydrogène. excepté au futur et au conditionnel : je déshydrogénerai), ti. o. Terme de chimie. Enlever l'hydrogène d'une substance.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et hydrogène.
t DÊSHYPOTHÉQUER (dé-zi-po-té-ké), V. o.
Terme d'administration. Lever une ou plusieurs hypothèques.
— ÊTYM. Dés..., préfixe, el hypothèque.
t DESIDERATA (dé-zi-<lé-ra-U), *. m. pi. Choses qui manquentet qu'on désire dansunescience, dans une doctrine, etc. Les desiderata de la physiologie du cerveau sont très-nombreux. || On le dit aussi au singulier : un desideratum. Le desideratum d'Kuulide.
— ETYM. Lat. desiderata, choses désirées (voy.