ARD
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et fmprtionmr.
t nÉSKNAMOURÉ, ÉE (dé-zan-na-mou-ré, rée), part, passé. Oui n'a plus d'amour, qui n'est plus amoureux. Mais est-ce un couj) bien sûr que votre seigneurie Soit désenamourée, ou si c'est raillerie? MOL. Dépit nul. 1,4.
t DÉSE.NA.MOt'BER (dé-zan-na-mou-ré, o»( prononcé comme dans aniique), v. a. Faire perdre l'amour. Les mauvais procédés de cette femme le désenamourêrent. || Se désenamourer, v. réfl. Cesser d'être amoureux.
— ETYM. Dés.... préfixe, en, et amour.
t DfiSENCAPUCHONNKR (dé-zan-ka-pu-cho-né) , V. a. ôter un capuchon; faire quitter un habit de moine.
— ETYM. Dis.... préfixe, en, et capuchon.
I DÉSENCARTER (dé-zan-kar-té), v. a. Terme d'imprimerie et de brochage, ôter, retirer ce qui est encarté.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, et encarter.
t DÉSEN'CASTAGE (dé-zan-ka-sta-j'), ». m. Action de ilésencaster.
f DÉSENCASTER (dé-zan-ka-sté), v. a. Dégarnir les pièces de poterie des supports qui les entourent.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et encaster.
t DÉSENCHAÎNER (dé-zan-chê-né), c. a. ôter ce qui enchaîne. || Se désenchaîner, v. réfl. Briser ses chaînes.
— HIST. XVI* s. Désenchaîner, oudin.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enchaîner.
DÉSENCHANTÉ, ÉE (dé-zan-clian-té, tée), part.
passe. Tiré d'un enchantement. On vit, dans les romans, des palais enchantés et désenchantés, mon- TESQ. Espr. XXVIII, 22. Il Qui n'est plus dans l'illusion. Mon Ame révoltée Crut pour jamais être désenchantée, VOIT, dans richelst. Vous m'avez délaissé, doux rêves delà vie, Plaisirs, gloire, bonheur, patrie et liberté. Vous fuyez loin d'un coeur vide et désenchanté, M. J. CHÉN. 2a Promenade.
DÉSENCHANTEMENT (dé-zan-chan-te-man), s.
m. Il 1° Action de désenchanter. Le désenchantement des palais d'Armide par l'effet d'un charme plus fort. Il 2" Fig. Sentiment que fait éprouver la désillusion. Byron est mort en 4 824, à l'heure où les désenchantements et les dégoûts allaient commencer, cha- TEAUB. dans le Dict. de dochez.
— ETYM. Désenchanter.
DÉSENCHANTER (dé-zan-chan-té),e. a.|| 1° Rompre un charme, un enchantement. L'anneau de Brunel qui, dans l'Arioste, désenchantait tout ce qui était enchanté. ||2° Fig. Faire revenir quelqu'un de ses illusions. Qu'ai-je donc appris qui pût me dé.senchanter de toi? stael, Corinne, xv, i. || Par extension. Ne croyons pas qu'en nous découvrant les bases sur lesquelles reposent les passions, le christianisme ait désenchanté la vie, chateaub. Génie, II, m, «. Il Z° Se désenchanter, r. réfl. Perdre son enchantement, ses illusions. Il se désenchanta peu à peu en présence de la réalité.
— HIST. XVI* s. Ebtans desenchantez, chacun s'en alla où il voulut, sans se ressouvenir de ce qui estoit passé, LANGUE, 52.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enchanter.
t DÉSENCHANTEUR, BRESSE (dé-zan-chan-teur, te-ré-s'), adj. Qui désenchante. Un langage désenclianteur. Sans prévenir son ami, dont il redoutait la raison désenchanteresse, ch. de bebnahu, l'Anneau d'argent, § e. || S. m. Celui qui désenchante. N'écou'ez pas ce sceptique; c'est un désenchanteur.
— ETViv; fiésendianter.
t DÊSENCHÂSSËR (dé-zan-ch&-sé), 1). O. Tirer une pierre précieuse de son chaton, une relique de sa chisse.
— ETYM. Dis.... préfixe, etenchéUser.
I DÉSEN'CLODAGE (,lé-zan-klou-a-j'), s. m. Terme d'art militaire. Action de désenclouer une pitce de canon. || Terme de vétérinaire. Action de tirer un clou du sabot d'un cheval.
DÉSENCLOUÉ, ÉE (dé-zan-klou-é, ée), pnri. passé. Les canons désencloués par les vainqueurs et tournés aussitôt contre la ville.
DÉSENCLOL'ER (dé-zan-klou-é), je désenclouais, nous dusericlouions; que je désencloue, qne nous désenclouious), v. a. Défaire ce qui était encloué. Il Désenclouer un cheval, tirer un clou qui le fai-
sait boiter. || Désenclouer un canon, Oter le eica enfoncé dans la lumière pour mettre la pif-ce hors de service. De 23 pièces de canon qu'ils [les ennemis] avaient enclouées, ils virent et entendirent qu'on avait trouvé le moyen d'en désenclouer vingt et une, st-sim. 444, m.
— HIST. XVI* 8. Ils enclouerent les pièces ; mais lecouragedu peuple endesencloua, rompit les huis des magasins, et les porta à repousser i coups de canon les vais.seaux espagnols, d'adb. Hitt. il, 67.
— ÉTYM. Dés... préfixe, et enclouer.
t DÉSENœMBREMENT (dé-zan-kon-bre-man) , ». m. Action de désencombrer; état de ce qui est encombré.
t DÉSENCOMRRER (dé-zan-kon-bré),t!.o. || 1" Débarrasser de décombres. Lord Elgin a tiit désencombrer cette colline, C1IATEA0B. Itin. (83. Il 2° Par extension, ôter les empêchements; faire cesser l'encombrement. On vit de toutes parts arriver à l'entrée du pont, auquel l'armée russe était ado.ssée, la cavalerie, les canons, les voitures et les bataillons.... on fut plusieurs heures à pouvoir dé.seiicoinbrer et faire dégorger ce passage, sëgur, llist. de Napol. IX, 6. Il 8* Se désencombrer, c. réfl. Être désencombré. Le passage se désencombra peu à peu.
— HIST. xiu* s. Il ne deit demorer que il ne responde du dit fié au requérant, et que il ne le desencombre puisqu'il l'a encombré, Ass. de J. i, 2B(. Il XV* s. Deux ou trois couples d'ennuis J'ai tousjours en ma maison. Desencombrer ne m'en puis. Quoi qu'à mon povoir les fuis, en. d'obl. Chant. (04. Faire netoyer, curer et descombrer les rivières de Sarte et Yaigne, Ordonn. sept. (488.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et e/icombrer; provenç desencnmhrar.
t DÉSENCROCtemeNT (dé-zan-krou-te-man), s. m. Action de dé^iager ce qui est encroûté. Les Cartésiens parlaient de l'encroûtement et du désencroûlement des tourbillons que Descartes avait imaginés.
— ETYM. Désencroûter.
■\ DÉSENCROÛTER (dé-zan-krou-té) , v. a. Opérer le désencroûtement. || Fig. et familièrement, ôter l'ignorance, les préjugés qui encroûtent. || Se désencroûter, V. réfl. Cesser d'être encroûté d'ignorance, de préjugés.
— ETYM. Dés.... préfixe, et encroiller.
•f DÉSENDETTER (SE) ( dé-zan-dè-té ) , tJ. réfl. Payer ses dettes.
— • ÉTYM. Dés.... préfixe, et endetter. L'ancien français disait desdeter: Qui trop velt baréter [tromper]i Ne.se peut desJeter, Prof, du vilain, Ms. dé St-G. f° (7B, dans lacurne.
t DÉSENDORMIR (dé-zan-dor-mir) , v. a. Réveiller. Il Fig. ôter à quelqu'un l'air endormi, apathique.
— HIST. xvi* s. Apollon brusle et s'avance; La chienne oit [entend] comme il s'eslance. Froissant des coudres le fort; Elle aboyé à sa présence. Et la nymphe desendort, baIp, CÈuvres, f° 28, dans la-
CnBNE.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, et endormir.
I DÉSENDCIRE (dé-zan-dui-r'), v. a. ôter l'enduit.
— HIST. xvi* S. Desenduire, oudin.
— ETYM. Dis.... préfixe, et eudut're.
DÊSENFILÉ, ÉE (dé-zan-fi-lé, lée), part, passé.
Une aiguille désenfilée.
DÉSENFILER (dé-zan-fi-lé), ti. O. Défaire ce qui était enfilé. Désenfiler des perles. || Se désenfiler, V. réfl. Mon aiguille s'est désenfilée, le fil qui était dans le chas en est sorti.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, et enfiler.
t DÉSENFLASI.MER (dé-zan-lla-mé) , t. a. Éteindre la llamme. On s'elForçait de dési^nflammer les draperies qui avaient pris feu. || Se désenflammer, f. réfl. Cesser d'être enflammé. Ce bois brûle mal; dés qu'on cesse de le soufOer, il se désenflamme. Il Fig. Cesser d'être épris.
— HIST. XVI* s. Bien que le ciel, l'envie et la fortune pleuve Sur nous tout ce qu'ils ont d'angois.seux et d'amer, Jamais Us ne pourront nos cœurs desenflamer, desportks, CEurres, p. (02, dans laCDBNI.
— ÉTYM. Dés... préfixe, et en/lamnwr.
DÉSENFLÉ, ÉE (dé zan-fié, fiée), part, patii
Oui n'est plus enflé. La main est toute désenfiée,
SÊV. 247.
t DÉSENFLEMENT (dé-zan-fle-man), ». m. Cei-
sauoii lie l'enfiement.
- ETYM Dé.ienfler.
DÉSENFLER (dé-zan-fîé), v. a. || 1* Oter ce qm enfle. Désenfler un ballon. || Fig. ôter l'enflure
florale. Désenfle-Iasi bien |lasuperbeetl'anibition], qu'elle soit toujours prête X voir que chacun sur ta têle Par un dernier mépris ose imprimer ses pas, CORN. Imil. m, 13. noter l'enflure du lanfrapie. Les dieux, (]>iand leur esprit est .sage, Désenileat pour nous leur langage, Et veulent bien être entendus, PARNY, lUlanqes, À quelques poètes. || 2" V. n. Devenir moins enflé. Son bras commence à désenfler. Il 3° Se désenfler, ». rép. Cesser d'être enflé. Le ballon se désenfla. |{ Fig. Insensiblement je croyais voir sa tête se désenfler du vent dont elle était remplie,
MARMONTEL, Mi'm. II.
— HIST. xm' s. Emplalstre caut sur les mameles qui sont enflées par l'abundance de lait ; si les desenfle, Ai.EBUANT, f" 42. Il XVI' s. 11 se resjouissolt de veoir les eaux couler, et son ventre desenfler, paré, VI, 12. Faut différer la réduction jusqucs à ce que la partie soit desenflée, id. xiii, 3. Et delà son ventre se de-senfloit, id. xviii, 8». Voyant les difficultés de parler à sa sainteté, et que sa bourse desenfloit, NOËL DO FAîL, Contes d'Eutrap. ch. <7.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enfler; provenç. desenflor, deseflnr; catal. de.iinflar.
DfiSENFLURE (dé-zan-flu-r') , «. /. Diminution d'enflure.
— ÉTYM. nés.... préfixe, et enflure.
t DÉSENFOURNER (dé-zan-four-né) , v. a. Tirer du four. Il Absolument. Vider le four. Il fallut désenfourner à la hâte.
— HIST. XVI* s. Plusieurs de mes créditeurs accoururent dès le matin , quand je commençois à desenfourner, palissy, SI8.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enfourner.
t DÉSENFUMER (dé-zan-fu-mé) , v. a. Chasser la fumée d'un lieu. Désenfumer une chambre. || Fig. Raviver les couleurs ternies par la fumée. Désenfumer un tableau.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enfumer.
t DÉSENGAGEMENT (dé-zan-ga-je-man) , *. m. Action de désengager ou de se désengager.
— HIST. XV* s. Le rachat et desengagement que nous en avons fait [d'un bien], comm. .tfc'm. t. m. Preuves, p. 36, dans lacurne. ||xvi* s. Les sauts, les entrelasseures. les de.sengagemens, le port de la jarretière et la grâce des filles portoient je ne sçay quelle petite lascivité mignarde, brant. Dames gai.
t. II, p. 366, dans LACURNE.
— ÉTYM. Désengager.
t DÉSENGAGER (dé-zan-ga-jé. Le g prend un e devant a ou o .• nous désengageons; je désengageais), V. a. Retirer d'un engagement || Retirer une invitation. Il Terme militaire. Annuler l'enrôlement. || Se désengager, e. réfl. Retirer un engagement qu'on a pris, l'acceptation qu'on avait faite d'une invitation.
— HIST. XVI' s. Se trouver desengagé de la nécessité qui bride les aultres, mont, ii , 23ï. Desengager celui qui me doibt en usant de luy, ou m'engager envers celui qui ne me doibt rien, ce m'est un, id. IV, 08. Sucrâtes plaingnoit l'argent de ses amis à desengager sa vie, id. iv, toz. Si le maistrede ceux qui estoient là eust esté desengagé [délivré], la besogne esloit faiste, d'aub. Hist. ii, H9. Le cheval ayant esté tué sous luy, après qu'il s'en fust desengagé , vint le capitaine de Castaldo à cheval, qui le prit prisonnier. Tirant. Cap. fr. t. i, p. 81, dans lacurne.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et engager. On dit plus souvent et mieux dégager.
t DÉSENGEANCER (dé-zan-jan-sé. Le éprend une cédille devant o ou o ; nous désengeançons, je désengeançais), v. a. Débarrasser d'une engeance.
— HIST. XVI' s. Ceste plante se plaist contre les murailles es vieilles mazures, où s'estant une fois attachée, difficilement l'en peut-on desengeancer,
— ÉTYM. Dés préfixe, et engeance.
t DËSENGOUKDIR (dé-zan-gour-dir), t). o. Retirer de l'engourdissement. || Sedésengourdir, v. réfl, Sortir de l'engourdissement. Que leur corps se dénoue et se désengourdisse.... Régnier, Sat. i.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et engourdir.
t DÊSENGRENER (dé-zan-gre-né. La syllabe gre prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je désengrène, je désengrènerai) , v. a. Détacher un engrenage. || Se désengrener, v. réfl. Sortir de son engrenage.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et engrener.
t DÉSENGRENECR (dé-zan-gre-neur ), s. m. Terme de marine. Pièce de fer qui aide à désengrener les maillons des câbles-chaînes.
— ÉTYM. Désengrener.
DÉSENIVRÉ, ÉE (dé-zan-ni-vré, vrée), part, passé. Il but avec excès, puis, désenivré, il s'effraya des discours qu'il avait tenus.
niîs
+ DÉSENIVREMENT (dé-zan-ni-vre-man), t. m. Action de désenivrer ou do se désenivrer.
— ÉTYM. Désetiirrer.
DÉ.SE.NIVRER (dé-zan-ni-vré, an prononcé comme dans aiiliqur), v. a.\\ 1° Faire passer l'ivresse. L'effet du vin, par haut et par bas, fut tel qu'on en fut en peine, et ne la désenivra pas [la duchesse de Berry], ST-siM. 281 , 74. Il Absolument. Cet homme ne désenivre point. Cette marche si désordonnée et si dissolue [d'Alexandre] dura sept jours, pendant lesquels l'armée ne désenivra point, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. VI, p. B47, dans pougens. || 2° Fig. Tout roi que la peur désenivre Nous prodigue aussi les joujoux, BÉRANG. Nègres. || 3° Se désenivrer, u. rf/l. Sortir de son ivresse. || Fig. Sortir d'un transport, d'un ravissement, d'une illusion. Je suis en danger de ne me désenivrer que l'année prochaine, balz. liv. IV, lett. ii. Pour me désenivrer, je viens vite à la prose, volt. Lett. Pruss 39.
— HIST. XII' s. Va, bonne femme, à tun este! dormir; si te desenivreras par le dormir, Bois, p. 4. Il XIV* s. Quant il estdesenyvré ou bien esveiUé, et les fumées sont passées et disgerées, adoncques il a ses sens desliés et desempeschiés, oresme. Thèse de MEUNIER. Il XVI* s. Lcs uns disent, quand il eut prins son pli, que depuis il ne désenivra, desper. Contes, Lxxix. Estant desenivré, et se voyant ainsi logé, YVER, p. B6B. Us ne purent qu'ils ne fissent savoir leur soubçon à l'amiral, le priant de se desenyvrer des fumées de la cour et de penser à sa seureté et à la leur ensemble, d'aub. Ilist. il, 8.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enivrer.
t DÊSENLACEMENT (dé-zan-la-se-man), s .m. Action de désenlacer.
— ÉTYM. Désenlacer.
t DÉSENLACER (dé-zan-la-sé. Le e prend une cédille devant o ou o: nous désenlaçons, je désenlaçais), V. a. Tirer hors des lacets. || Fig. Délivrer d'un piège. H Se désenlacer, i). réfl. Se délivrer des lacets, des pièges.
— HIST. XVI* s. Desenlacer, oddin.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enlacer.
t DÉSENLAIDIR (dé-zan-lè-dir), v. a. Atténuer la laideur. || V. n. Cesser d'enlaidir.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enlaidir.
f DÉSENNUI (dé-zan-nui), s. m. Cessation de l'ennui.
— HIST. XVI* s. [Il chassait] pour son passetemps, et pour donner desennui à son neveu, qui tant y prenoit plaisir, j. de st-oelais, Hist. de Louis XII, p. 178. dans lacurne.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et ennui.
DÉSENNUYÉ, ÉË(dé-zan-nui-ié, iée) ,part. passé.
Désennuyé par un spectacle si nouveau pour lui.
DÉSENNUYER (dé-zan-nui-ié, an prononcé corn me dans antique), je désennuie, tu désennuies, il désennuie, nous désennuyons, vous désennuyez, ils di'sennuient; je désennuyais, nous désennuyions; je désennuyai; je désennuierai; je désennuierais; désennuie, désennuyons; que je désennuie, que nous désennuyions; que je désennuya.sse ; désennuyant; désennuyé, v. a. || 1* Délivrer de l'ennui. Mon fils vous embrasse mille fois, il me désennuie extrêmement et songe fort à meplaire, sÉv. 56. || Absolument. La lecture désennuie. || 2° Se désennuyer, v. réfl. Chasser l'ennui qu'on a. Jouons pour nous désennuyer. Le comte Ory disait pour s'égayer Qu'il voulait prendre le couvent Farmoutier, Pour plaire aux nonnes et se désennuyer. Chanson du comte Ory.
— HIST. xvi* s. Us ne chantoient autre chanson, et mesmes en cheminant pour se desennuyer, brant. Bourbon.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et ennuyer; Berry, dennuyer.
t DÉSENORGUEILLIR (dé-zan-nor-gheu-Uir, U mouillées, on prononcé comme dans antique), v. a. Rabattre l'orgueil de quelqu'un.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enorgueillir. DÊSENRAYÉ, ÉE (dé-zan-rè-ié, iée), part. passé.
La roue désen rayée.
t DÉSENRAYEMENT (dé-zan-rê-man), s. m. Action de désen rayer.
— ÉTYM. Désenrayer.
DÉSENRAYER (dé-zan-rè-ié), je désenraye, tu désenrayes, il désenraye ou désenraie, nousdésenrayons, vous désenrayez, ils désenrayent ou dé.senraient; je désenrayais, nous désenrayions; je désenrayai ; je désrenrayerai , ou désenraierai , ou désenraîrai; je désenrayerais, ou désenraierais, ou déienraîrais; désenraye, désenrayez; que je désenraye, que nous désenrayions, que vous désenrayiez, qu'ils désenrayent; que je désenrayasse ; désenrayant; désenravé, ti. o. Débarrasser une roue da
DÉS
ce qui la tenait enrayée. || Absolument. Il faut désenrayer. Il Se désenrayer, v. réfl. Être désenraye, La roue se désenraye.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enrayer.
DfiSENRHUMÉ, ÉE (dé-zan-ru-mé, mée), part.
passé. Cet acteur désenrhumé et pouvant dire son rôle.
DÉSENRHIIMER (dé-zan-ru-mé), v. a. Faire cesser le rhume. Le beau temps m'a désenrhumé. || Se désenrhumer, t>. réfl. Cesser d'être înrhumé.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enrhumer.
t DÉSpNRÔLEMENT ( dé-zan-rô-Ie-man ) , ». m. Action de désen rôler.
t DÉSENRÔLER (dé-zan-rfl-lé), V. a. Casser un enrôlement.
— HIST. XVI* s. Desenroullé, rob. est. Dict.
— ÉTYM. Ws.... préfixe, et enrôler.
DÉSENROUÉ,ÉE (dé-zan-rou-é, ée), part, passé.
Désenroué par le repos de la voix et par la chaleur. t DÉSENROCEMENT (dé-zan-rou-man), s. m. Cessation de l'enrouement.
— ÉTYM. Désenrouer.
DÉSENROUER (dé-zan-rou-é), t). a. Faire cesser l'enrouement. || Se désenrouer, v. réfl. Cesser d'être enroué. Il se désenroua en buvant quelque chose de chaud.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, elenrouer.
fDÉSENSAHLER (dé-zan-sa-blé), v.a. Dégager
un bateau ensablé. On eut bien de la peine à désensabler le bateau.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et ensabler.
t DÉSENSEIGNER (dé-zan-sè-gné), ». o. Faire oubher ce qui avait été enseigné.
— HIST. XII* s. Amors le me desenseigne, Couct, IX. Il XIII* s. Maistre qui desensaigne, Son Eprenant mehagne [estropie], Prov. mis. de St-G. ^ 41 4, dans
LACURNE
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et enseigner; provenç. desensc.nhar ; catal. deseiuenyor/espagn. desensenar.
t DÉSENSELLER (dé-zan-sè-lé), v. a. Faire perdre la selle, jeter à bas de cheval.
— HIST. XIII' s. Si rudement le desenselle, La cuer lui part dessoubs Fesselle, Roman d'Athis, dans DU cange , sella 2.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, en, et selle.
DÉSENSEVELI, lE (dé-zan-seu-ve-li, lie), par(.
passé de désensevelir. Tiré de la sépulture. Un corps désenseveli. || Fig. Ce sont deux hommes que l'Église regarde comme deux saints désensevelis de la mémoire de ses annales, balz. liv. iv, lett. 30.
DÉSENSEVELIR (dé-zan-seu-ve-lir; comme il y a deux e muets de suite, le premier se renforce et prend le son de eu), v. a. Tirer de la sépulture.
— ÉTYM. Dés ... préfixe, et enseieitr.
t DÉSENSEVELlSSEiVIENT (dé-zan-seu-ve-li-seman), s. m. Action île désensevelir.
— ÉTYM. Désensevelir.
DÉSENSORCELÉ, ÉE (dé-zan-sor-se-lé, Iée), part, passé. Désensorcelé à la fin, il s'aperçut que cette femme le jouait.
DÉSENSORCELER (dézan-sor-se-lé. La syllabe cel prend deux H, quand la syllabe qui suit est muette: je désensorcelle; je désensorcellerai), v. a. \\ i° Délivrer de l'ensorcellement. {| 2° Fig. On ne peut le désensorceler de cette fatale passion. |{ 3° Se désensorceler, v. réfl. Cesser d'être ensorcelé. || Fig. N'avoir plus l'esprit captivé.
— HIST. XV I* s Que d'Aubigné appelloit ouvertement la comtesse de Guiche sorcière, l'accusant de l'avoir ensorcelé, qu'il avoit mesme consulté làdessus le médecin Hotteman sur des philtres qui pouvoient le desorceler, d'aob. Yie, lxxiv. Que quelque bon prédicateur non pédant soit sorty des villes rebelles pour aider à desensorceler le simple peuple, Sat. Mén. Catholicon, 19.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et ensorceler.
DÉSENSORCELLEMENT (dé-zan-sor-sè-le-man) ,
s. m. Action de désensorceler; état de celui qui est désensorcelé.
— ÉTYM. Désensorceler.
+ DÉSENTASSEMENT (dé^zan-tà-se-man) , t. m. Action de désentasser.
fDÉSENTASSER (dé-zan-tâ-sé), v.a. Défaire le tas. Désentasser des matelas, des plumes.
— HIST. XVI* s. Lors l'on desentasse les pommes, les portans sous la meule tournante pour y estre escachées à la mode de l'huile, o. de sereks, 248.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et entasser.
fDÉSENTERRER (dé-zan-tê-ré), v.a. Retirer
de la terre , et, dans un sens restreint, de la sépulture. Désenterrer un trésor. On lui a désenterré son argent. Désenterrer un corps.
— HIST. XV* s. Un homme en peut estre accusA
DKS
rd'hirésie] apr6g «amorl.... et s'il advient qu'il «oit convaincu et atteint d'heresie, il doit estro desenterré, et ses os mis dan'i un sac, monstrelet, i, 8».
— ÉTYM. nft.... pri'fixe, et enterrer. On dit plus soiivent et mieux déterrer.
DÊsrNTfiTÉ, ÉE (dé-zan-tê-té , tée), part, posté. Diseritêté des préjugés qui longtemps s'étaient emparés de son esprit.
t nft.<KNTETKMKl>rr (dé-zan-tê-te-man), (. m. Action de désontAler ou de se déseritêtor.
DJÎSENTÊTER (dé-zan-tê-té), 1). a. || 1° Faire cesser l'entêtement, la prévention. On ne peut le désentSter de cette opinion. Il sera difficile De le désentêter du traître Procinville, dufbény, Réconcil. normand. IV, 3. Il Dans un autre sens, faire cesser le mal de tête. La promenade m'a déseniêté. On dit que le café désentête. || 2° V. réft. Se désentêter, perdre les préjugés, les opinions qui nous entêtaient.
— REM. Ce mot est assez nouveau; mais il plaît à beaucoup de gens, et je ne doute pas qu'il ne s'établisse un jour : se désentêter de quelqu'un, bouiiouRS, Nouv. rem.
— lîTYM. Wî.... préfixe, et entêter.
t DÉSENTOILER (dé-zan-toi-lé), e. o. ôter les toiles des ailes d'un moulin. Le vent ayant cessé, le meunier désentoila.
— ÉTYM. Dés... préfixe, en, et toile.
t DÊSENTORTILLER (dé-zan-tor-ti-Ué, M mouillées), ». a. Démêler ce qui était entortillé. Quelquefois on parvient à désenlortilier le fil et à faire descendre le nid qu'il tient suspendu, bonnkt, 06serv. T, Insectes. ||Se désen tortiller, v. réfl. Cesser d'être entortillé, et fig. sortir d'un embarras.
— SYN. DÊSENTORTILLER, DÊTORTILLEB. La différence entre ces mots est la même qu'entre entortiller et tortiller. Tortiller est le fréquentatif de tordre; il se dit très-bien d'une seule chose : un fil, une ficelle se détortille. Entortiller se dit plutôt de plusieurs choses qui se mêlent et se tordent les unes sur les autres : ces cordons sont mêlés, je ne pourrai les désentortiller.
— HIST. XVI* s. Desentortiller, ounra.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et entorliUer.
t BÉSENTRAVER (dé-zan-tra-vé), v. a. ôter les entraves . les liens employés pour assujettir les animaux dans le travail d'un maréchal.
— ÉTYM. Dés... préfixe, et entrave.
t DÉSENTRELACER (dé-zan-tre-la-sé. Le e prend une cédille devant a ou o: nous désentrelaçons; je désentrelaçais) , v. a. ôter d'un entrelacement. || Se désentrelacer, e. réft. Cesser d'être entrelacé.
— HIST. XVI* s. Les autres quatre ou cinq nerfs, après s'estre entremeslés et entrelacés, non seulement dès leur origine et source, ains s'estant descntrelacés sous l'esselle, paré, iv, 2*.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et entrelacer.
t BÉSENVELOPPER (dé-zan-ve-lo-pé) , V. a. Retirer ce qui enveloppe. On désenveloppa la pendule.
— SYN. BÉSENVELOPPER, DÉVELOPPER. Il y a ici
une analogie et des différences analogues à celles qui existent entre désentortiller et délortiller. Désenvelopper suppose une enveloppe réelle, et que l'on peut ôter. Développer est plus général; il s'applique aussi à ce qui n'enveloppe que moralement ou intellectuellement : développer ses idées; développer la surface d'un cylindre.
— HIST. XIII* s. Tout ce est otroié à celi i qui l'en done juridiction desenvoloper, Liv. de just. 75.
— ETYM. Dés.... préfixe, et envelopper.
t UÉSENVENIMER (dé-zan-ve-ni-mé), v. a. Ôter le venin || Kig. Ôter ce qui envenime. Il s'efforça de désenvenimer le langage qui avait été tenu.
— HIST. xvr s. Qu'ils ne pourront estre qu'à peine Desenvenimez de leur haine, et. jodblle, Eugène com. lU, i.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et envenimer.
+ DÉSENVEHGUER (dé-zan-vèr-ghé) , v. a. Terme de marine. Détacher une voile de la vergue à laquelle on l'avait liée par des rabans ou par une aiguillette.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, en, «t vergue.
+ DÉSÉPERONNER (dé-zé-pe-ro-né), e. o. ôter les éperons.
— ETYM. Dét.... préfixe, et éperon.
t DË.SËQUIPER (dé-zé-ki-pé), v. a. Terme de marine. Désarmer, retirer l'équipage.
— 6TYM. Dés.... préfixe, et équiper.
t DÉSEHCiOTER (dé-zôr-go-té), v. a. || 1* Couper les ergots d'un coq. || 2° Terme de véttriiiairc. Couper les portions do corne nommées ergots au pied du cheval.
•^ ETYM. Dét..,. préfixe, et ergot.
DÉS
<. DÉSERT, ERTE (dé-zêr, dé-zèr-t'), adj.
Il 1° Qui est sauvage et sans habitants. Une campagne déserte, tie ilés»rle. C'est un instinct commun à tous les êtres sensibles et souffrants de se réfugier dans les lieux les plus sauvages et les plus déserts, BERN. DE ST-p. Paul et Virg. L'Ile était déserte, lorsque les Français y abordftrent en 1720 et changtrent son nom de Maurice en celui dlle de France qu'elle porte encore, raynal, //ù(. phil. IV, 20. Une contrée déserte et inhîibitée est la seule qu'on puisse s'approprier, id. ib. vm, I. Tantôt sur les sommets de ces roches antiques , Tantôt aux bords déserts des lacs mélancoliques, lahart. Méd. I, 6. Dans d<^s sables brûlants, sur des rochers uéserts, VOLT. Fanât, ii, ♦. || Vide, dépeuplé. Chiens, chasseurs, villageois s'assemblent pour sa perte.... C'est par là que de loups l'Angleterre est déserte, LA FONT. Fabl. X, «. Il 2* Par exagération, très-peu fréquenté. Rue déserte. Quartier désert. Ces portiques, ces lieux que vous voyez déserts. De nombreux citoyens seront bientôt couverts, VOLT. Tancr. m, 3. Enfants infortunés d'une ville déserte.... id. Triumv. m, 1. 1| Fig. Où n'est plus la personne, la chose qui faisait le charme du lieu. Dans l'Orient désert quel devint mon ennui I rac. llérén. i, ♦. Il 3° Terme d'ancienne pratique. Un appel était désert, quand celui qui l'avait interjeté ne l'avait pas relevé par lettres dans les trois mois.
— SYN. DÉSERT, INHABITÉ. Le lieu inhabité est celui qui est sans habitants, sans habitations. Un liiiu désert non-seulement est inhabité, mais encore offre à l'esprit quelque chose de sauvage, de reculé loin de toute culture et même de toute civilisation.
— HIST XI* s. Puis [depuis] icel jour en fut cent ans déserte, Ch. de Kol. lu. De tels barons corne ore [la France] maint [demeure] déserte I ib. cxxvi. Il XII* s. François mourront, désert iert [sera] U païs, Ronc. p. «2.' Il XIII* s. Ele ert [était] en la forest
toute la plus déserte, Berte, xxxv. ||xiv*s La
vertu moienne.... est innomée aussi comme se elle fust déserte, oresme, Elh. <27. || xv* s. Il n'y auroit jamais nul recouvrer que nous et nos hoirs ne feussions destruits, et toute l'Angleterre déserte et en ruine, froiss. ii, li, ni.||xvi*s. Craignant de voir habiter en sa cité un désert [homme sans ressources] nécessiteux et indiKent, sans héritage ne maison, amyot, Arist. et Caton comp. 6. Lors il se trouvoit [AratusJ pauvre, désert et affligé, et en grand danger de sa propre personne, id. Arat. 6i.
— ÉTYM. Bourguig. déxar; provenç. et catal. désert ;espagn. desierto ; ital. deserto; du latin desertus, de deserere, abandonner. Dans l'ancienne langue, désert avait sa signification complète et s'appliquait aux personnes dans le sens d'abandonné , de privé de.
2. DÉSERT (dé-zêr; le t ne se lie pas : un dé-zêr affreux; au pluriel, l'ï ne se lie pas : des dé-zèr affreux; cependant quelques-uns lient : des dé-zèr-z affreux), s. m. || 1° Lieu, pays sauvage et désert. L'esprit de Dieu conduit Benoît au désert, mass. Panég. St Benoit. Quel climat, quel désert a donc pu te cacher? rac. Esth. i, t. Les déserts autrefois peuplés de sénateurs Ne sont plus habités que par leurs délateurs, ID. Brit. i, 2. Étant partis d'Horeb, nous passâmes par ce grand et effroyable désert que vous avez vu, saci. Bible, Deutéron. l, (9. Voici le plus beau désert qu'on puisse voir; n'admirez-vous pas ces ruisseaux qui tombent des montagnes, ces rochers escarpés, et en partie couverts de mousse? fén. Dial. des morts mod. Léger, Ébroin. De déserts en déserts errant, persécuté, volt. Mérope, v, t. Ses sorties journalières [de Napoléon], qu'éclairait toujours un soleil brillant, dans lequel il s'efforçait de voir et de montrer son étoile, ne le distrayaient point; au triste silence de Moscou morte se joignait celui des déserts qui l'environnent, et le silence encore plus menaçant d'Alexandre, SÉOUR, Hist. de Nap. vm, lO. || Kig. Je ne me plais qu'avec le monde, et tout sans lui m est un désert et m'ennuie, BotjiiD. Pensées, t. Ii, p. 3»3. Ils voudraient être au fond des déserts, mais ils n'ont pas la force de se l'aire un désert du monde lui-même, mass. Profess. retig. Sermon 4. Le seul qui m'entendit encore dans ce désert peuplé, stakl, Corinne, xiv,3. ô toi qui m'apparusdans ce désert du monde , Habitante du ciel, passagi're en ces lieux, ô toi qui fis briller dans cette nuit profonde Un rayon d'amour à mes yeux, lamart. Ifcdit. i, «7. J'ai vécu; j'ai passé ce désert de la vie. Où toujours sous mes pas chaque fleur s'est flétrie, id. ib. 1,4 8. Il a» Par extension, lieu, pays peu habité, retiré. Il n'y a rien ici, c'est un désert, sbv. <6i. Et parfois il me prend des mouvements soudains De fuir dans
DÉS
un désert l'approche des humains, mol. Kit. i, 4, Le seul bruit de leur approche fait un désert des contrées les plus habitées, batnal, Hist. phtl. v, 34, Il Par exagération. Faire un désert de sa maison . ne recevoir personne. Je ne ferai point un désert de ma maison, parce qu'il s'y passe des choses qui me déplaisent comme à vous, didebot. Père de famille, III, 7. Il Famili'rement. Parler, prêcher dans le désert, n'être pas écouté. || Se retirer au désert, dans le langage de Port -Royal, s'enfermer dans une étroite retraite. || Aller entendre la parole de Dieu au désert, locution des protestants qui, ajirès la révocation de l'édit de Nantes, ae réunissaient dani des lieux écartés et déserta pour entendre le prêche, qui était interdit sous des peines très-sévferei. Il 3' Kig. Absence complète, manque absolu. Quel plan de philosophie plus simple [que celle de Platon]! quelles vues plus noblesl mais quel videl quel désert de spéculation ! buffon. Animaux. System» de génération.
— IIIST. XII* g. Auquant home s'en estoient aie el désert, tfac/m^.i, 3. Eli reisSedechiass'enfuid parla champainedel désert, Hoit, p. 434. Et cest vin. que ces [ceux-là] en beiventqui se ala seront [lasseront] par aventure al désert, ib. (78 .Deusenseverad [mit à part] lelignage Levi, et eslit et retint especialment à son servise del taliernacle, qui primes fnd levez al désert de Sinaî, t'b. 2. [Le mal] Que nous soufrons en cest désert sauvage, /lonc. p. 81. || iiii* s. Or vois comme Fortune sert Çà jus en ce mondain désert, la Rose, 63«6. |{ xiv* g. Ne tint voie ne sente li drommons soufisans, Vers Inde le [la] majuur,es desersd'Abrahans, Baud. deSeb. x, (0B6. Il XVI* s. Ceulx de qui la mer, les montagnes et les déserts inhabitables ne peuvent arrester l'avarice, AMYOT, Pyrrh. 23.
— ETYM. Provenç. et espagn. désert; espagn. desierto; Ha\.deserto; du latin dfterlum(voy. i.ésert<).
t DÉSERTABLE (dé-zèr-ta-bl') , adj. Que l'on doit fuir.
— HIST. XV* g. Quant il vit la seigneurie Et le jugement de sa vie Desertable [odieuse] par le cours.... E. DESCH. Poésies mss. f° 47) , dans lacurnb.
— ÉTYM. Déserter.
DÉSERTÉ, ÉE(dé-zèr-té, tée), part.passé. Abandonné, laissé, dont on s'en est allé. La ville désertée pour la camjiagne. Je vis en moins de rien Tout mon camp déserté pour repeupler le sien, corn. Sertor. I, i. Ses honneurs abolis, son palais déserté, rac Brit. II, 3.
DÉSERTER (dé-zèr-té) , t?. a. \\i° Quitter un lieu, le fuir. Déserter le royaume, la province. Déserter leur pays pour inonder le nôtre, bac. Uilhr. m, t. Il Abandonner. Déserter son poste, la maison paternelle. Et l'ennemi vaincu, désertant ses remparts. Au-devant de ton joug courait de toutes parts, bou.. Éptt. au roi. Nous pouvons dire que c'était le reflux de son esprit qui, comme un grand océan, se retire et déserte ses rivages, iD. Longin, 7. Il vient injustement de chasser Bourguignon; Si cela dure, il faut déserter la maison, boissï," Dehors trompeurs, I, t. Il 2* Terme militaire. Abandonner son drapeau. Déserter le service, l'armée. || Par extension. Déserter la bonne cause. Déserter son parti, en changer. Déjà de votre camp un grand immbre transfuge Déserte votre cause et prend le roi pour juge, LEMRHC. Frédég. et Bruneh. i, f. || 3" Terme de mer. Déserter quelqu'un, l'empêcher de retourner au vaisseau, et le laisser dans quelque lieu malgré lui. || 4° Rendre désert. Ce sens a vieilli. Mars qui met sa louange à déserter la terre Par des meurtres.... malh. vi, 6. C'esten quelque sorte vouloir déserter la cour que de combattre l'ambition qui est l'âme de ceux qui la suivent, Boss. Sermon du 4» dim. de carême. Voici le temps que le Seigneur désertera toute la terre, il la dépouillera et lui fera changer de face, Isaie, ch. xxiv, dans ri- CHEi.ET. Il 5* V. n. S'en aller d'un lieu, avec l'idée que ce heu n'est pas tenable. Le bruit des voisins m'a fait déserter de ma chambre. Et lorsque son démon commence à l'agiter, Tout jusqu'à la servante est prêt à déserter, bou» Sat. vm. || 6" Terme de guerre. Abandonner son drapeau. Déserter devant l'ennemi. Désertera l'intérieur, quitter le drapeau, mais ne pas quitter le pays. Désertera l'ennemi, quitter le drapeau et passer dans l'année ennemie. J'ai même déserté deux fois dans la milice, rkgnahd, Foliet amour, l, 7. {| Fig. Il leur est dur de voir déserter les galants, mol. Tort. l, t. J'étais pffrayé du dépit qu'elle (Jlme de Maiiitenon) concevraii de voir ChamiUart lui dé.-ierter et passer du côté de ses ennemis, sT-siM. I9U, 44. La lilierté déserte avec ses armes, bérang. V, tergeiu. || 7* Se dëserMr v. rri\
DÉS
Être déserté, abandonné. Les campagnes et les villes se désertaient pendant les ravages des Normands.
— HIST. XII* s. Hé! France belle! corne es hui désertée De bons vassaus.... Ronc. p. »l. Sire, faitele , Espagne est désertée, ib. p. **«. Mais l'abes de Cislcaus à saint Thomas manda Par dan Guarin l'allé tut ço qu'el brief trova, Que li reis les maniice qu'il les désertera, Th le mart. 97. || .\ni« s. Maufé [les diables] vos ont si deseité Qu'en ne vos puet prendre en verte, lien. t739. Lessiés le [bouton] croist?? et amander; Nel voudroie avoir déserté [éloipné] Du rosier qui l'a aporté, Por nule riens vivant, tant l'ains [tant je l'aime], la Rose, 2929. Li bon baron de France ne vourent arester. En estranpes paîs s'alerent déserter. Là devinrent sauvage por lor âmes sauver, Ch. d'Ant. i, HO. Quel gent a Diex laissie por garder sa maison? Sa vigne est deeierlée, n'i labore mais hom, rijteb. 237. || xv" s. Et plusieurs chevaliers et escuyers se plaignoient des bois que on leur avoit coupés et désertés [ravagés], FROiss. II, u, 238. Deux mille frans et plus lui a cousté Ceste guerre, dont il [Deschamps] est déserté [ruiné], EUST. descii. Suppl. au roi. ||xvi* s. Il fut d'opinion que l'on rasast entièrement la ville, et que l'on deserlast [rendit désert] le pays, amyot, Lysaiid. 29. Ainsi advint il que de la désolation et destruction d'une ville désertée, plusieurs furent reba.sties et repeuplées, m. iucuU. 57. Voir devant "ses yeux son domaine se déserter et en ses bois et en toutes sesautres parties, 0. de serhiîs, 65. Lors le brochet, encore qu'il dévore quelques petits poissons, ne désertera pourtant l'estang, m. 426. Les poissons se mangeans les uns les auties, finalement l'estang de lui-mesme se désertera, si.... ID. 427. Par la révolution du temps les forests se sont désertées [ruinées], ID. 749.
— ÊTYM. Désert ) ; provenç. et espagn. desertar; ital. desertare.
f DÉSERTES (dé-zèr-te) , s. f. plur. Forces (sorte de ciseaux) peu tranchantes dont se servent les tondeurs de drap.
DÉSERTEUR (dé-zèr-teur) , j. m. || 1° Celui qui délaisse, abandonne, avec une idée de réprobation. Il donne de la terreur aux déserteurs d'une si sainte société, PATBU, Plaidoyer <5', dans bichelet. Un homme... qui, sans se déclarer ouvertement, mais par la malheureuse possession où il s'est établi d'agir selon son gré et en libfrtin [esprit fort], est devenu, si j'ose m'exprimer ainsi, un déserteur, ou, si vous voulez, un apostat de la Providence de Dieu, BouBD. Car. Sur la Providence. Je ne puis admirer ces dangereux auteurs Qui, de l'honneur en vers infâmes déserteurs, Trahissent la vertu sur un papier coupable, boil. Art p. iv. Mathan de nos autels infâme déserteur, bac. Athnl. i, i. Moi seul, donnant l'exemple aux timides Hébreux, Déserteur de leur loi, j'approuvai l'entreprise, ID. ib. m, 3. Ces murs sont encor pleins de tes premiers exploits. Déserteur de nos Dieux, déserteur de nos lois, VOLT. Mahom. i, 4. [Un sénat] Qui, lâche déserteur de son autorité. N'en a plus que l'orgueil pour toute dignité, volt. Calil. xv, 2. || 2° Pai ticuliferement, militaire qui déserte. Poursuivre, arrêter un déserteur. || Fig. et familièrement. Je vous ramène notre déserteur, l'ami qui nous avait quittés. Je veux le faire saisir oil je le trouverai comme déserteur de la médecine, mol. Pourc. 11, <. || Il se dit souvent des écoliers qui se sauvent du collège, des enfants qui se sauvent de la maison paternelle. Il Par abus, celui qui ne se rend pas à un appel, qui ne se fait pas inscrire sur un rôle. Exempt d'impôt, déserteur de phalange [non inscrit dans la garde nationale]. Je suis pourtant assez bon citoyen, bé- RANO. kouv. Diog.
— SYN. DÉSEBTEUR, TRANSFUGE. Celui qui déserte, Bliandonne son drapeau ; mais le mot ne dit pas par soi-même où le déserteur va ; au lieu que transfuge signifie que le déserteur va de l'autre côté et passe îi l'ennemi.
— HIST. XIV" s. Déserteurs de leurs banieres, ber- CHEDRE, f° 49, recto. Il xvi" Ils ne purent trouver en ce courage nerf qui tendit à estre déserteur de ses amis, d'aub. Hist. 11, 233. Déserteurs de l'honneur de Dieu et du bien de son église, condê. Mémoires, p. 668. Aultrement [si nous nous donnons la mort], comme déserteurs de nostre charge, nous sommes punis et en celuy-cy et en l'aultre monde, mont.
— étym. Lat. deserlor, de deserere (voy. désert)). t DÉSKRTICOLE (dé-zèr-ti-ko-l'), adj. Terme de
botanique. Qui affectionne les lieux déserts.
— £T¥M. Désert, et le latin colère, habiter.
DÉS
DÉSERTION (dézèr-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1" Action de délaisser, d'abandonner. Vous m'aviez promis de me soutenir, et vous m'avez abandonné; quelle désertion ! Je vais tourner mes recherches vers un pays étranger, vers une autre littérature; cependant ce n'est pas une désertion timide de mon sujet qui me conduit en Angleterre, viLLEMAiN, Liltér. franc. Tabl. du xviii» siècle. 2* partie, 2' leçon. Il 2° Particulièrement, en termes de droit militaire, action dedéserter, de quitter son corps sans permission. Désertion à l'intérieur. Désertion à l'ennemi. || 3° Changement de parti. Après les révolutions, les désertions sont fréquentes. || 4" Ancien terme de palais. L'inconstance ou la négligence, qui empêche de relever un appel, au terme prescrit. Il Désertion d'un héritage, conduite d'un propriétaire négligent qui laisse un héritage en friche. Il 5" Dépopulation. Vieilli en ce sens. Nous supposons que la lieue carrée contient plus de B60 personnes, mais nous ne croyons pas qu'il faille étendre le nombre au delà quant à présent, à cause des mortalités et des grandes désertions arrivées dans le royaume, vauban. Dîme, p. 90.
— lllST. XVI" s. U vit son ost ainsi renversé, abatu, et mené à telle desercion, il fut si désespéré que luy mesmes se voulut occire de sa propre main , Triomphe des neuf preux, p. 381, dans lacurne.
— ÉTYM. Lat. desertionem, de deserere (voy. DÊ.SERT 4).
DÉSESPÊRADE (dé-zè-spé-ra-d'), s. f. Air de désespoir, acte de désespoir. Ceux qui surent cette désespérade de la Feuillade ne doutèrent pas qu'elle ne fût un jeu pour faire pitié à son beau-père et au roi même, st-sim. )64, <6B. |{ i la désespérade, loc. adv. X la manière d'un désespéré. Cette locution vieillit.
— HIST. XVI' s. Et n'y pouvant parvenir, il ne faut pourtant pas qu'il aille à la desesperade se précipiter en des entreprises inconsidérées, langue, 182,
— ÊTYM. De'sespérer. Désespérade est une forme espagnole, a la desesperada, qui s'est introduite durant le xvi" siècle. La forme française est à la désespérée, qu'on trouvera à l'historique de désespérer.
t DÉSESPÉRAMMENT (dé-zè-spé-ra-man) , adv. D'une façon désespérante. On ne pouvait être plus gratuitement, plus continuellement, plus désespéramment méchante que Mme d'Heudicourt, st-sim.
— ÉTYM. Désespérant, et le suffixe ment.
t DÉSESPÉRANCE (dé-zè-spé-ran-s') , i. f. État d'une âme qui perd l'espérance. 11 ne vous a pas dit que, poète et prophète, il a traîné dans les forêts de la Floride et sur les montagnes de la Judée autant de désespérances, de tristesses et de passions que vous avez d'espoir, de joie et d'innocence, cha- TEAUB. dans le Dict. de dochez. Sa désespérance de l'humanité, ID. ib.
— HIST. xm* s. On le poroit si espoenter de ses peciés [péchés] qu'il en kieroit [choirait, tomberait] en desesperanche, Clnon.de Rains, p. 405. Toute nostre gent s'enfuirent si laidement, que il en y ot pluseurs qui de désespérance se noierent en la mer, joiNv. 271. Il XIV* s. 11 met différence entre ceulx qui meurent pour fortitude et ceulx qui meurent par désespérance, oresme, Eth. 82. ||xv" s. Et crie par desperance, Ferant [frappant] ma poictrine du poing, CH. d'obl. Rondel. 59. |1 xvi" s. Adonc Cleopatre, craignant sa fureur et sa désespérance, s'enfouit dedans la sépulture qu'elle avoit fait bastir, AMYOT, Anton. 99.
— ÉTYM. Désespérant; provenç. desperansa; catal. desesperança ; anc. espagn. desesperansa ; Uni. disperanza.
DÉSESPÉRANT, ANTE (dé-zè-spé-ran , ran-t'), adj. Il 1° Qui fait désespérer, qui cause un grand chagrin. Une nouvelle désespérante. || Familièrement. C'est désespérant, cela est triste, fâcheux. Il 2° Qui nous ôte l'espoir, en parlant des personnes. Vous êtes désespérant. Lisette m'apprit hier une nouvelle qui me mit au désespoir. — Eh! que vous a-t-elle dit, cette désespérante Lisette? lbsage, Crispin riv. de son mnitre, se. i.
t DÉSESPÉRATION (dé-zè-spé-ra-sion) , t. f. Action de mettre au désespoir, de se jeter dans le désespoir.
— HIST. XVI* s. La mort est une desesperation extrême à ceux qui ne pensent que de la vie présente, CALV. Instit. 337. Il apporteroit un grand préjudice et ilesperation à l'attente et Issue de son entreprise,