DOUAS
DÉSIREUX, ECSE (dé-zi-reû, reû-z'; plusieurs, dit l'Académie, écrivent désireux et prononcent dezi-reû, reû-z'). adj. Qui désire avec ardeur. Ce prince désireux d'en apprendre davantage, taugel. Q. C. dans bouhours, N"UV. rem. Les soldais désireux de savoir, id, tb. Il était désireux d'étendre davantage ses conquêtes, i», ib. liv. x, dans bichelet. 11 est désireux de son salut, Ullresde Si Augustin, dans bichelet. Je suis si peu désireuse de briller dans votre cour de Provence.... sÉv. Lett. 46 mars 4672.
— REM. Bouhours, Nouv. rem. dit que désireux a fort vieilli et que ceux qui écrivent poliment na s'en servent point. Depuis Bouhours, désireux s'est rajeuni et il est en plein usage.
— HIST. XI' s, Ainz que t'vedisse, si'n fui mujt desirruso. St Alexis, xcii. || xiii* s. Oui aime sans tricherie Ne pense n'a trois n'a dous [deux]; D'une seule est desierrous, Poéiietmst. du Vatican, dans LACORNE. Il XVI* s, Desireux d'ouIr et d'apprendre, AMYOT, Solon, 62. Renommée dont ils doivent estre plus desireux que de la conservation de leur propre vie, ID. Moral. ÉpU. p. 4i. Content ne vit le desiieux. BONS. 471. 0 heureuse nouvelle, o desireux [désiré] rapport De la santé de qui la maladie Estoit fin de plus d'une vie, st-gel. 4 77. Ils estoient plus desireux de grande que de bonne réputation, mont III, 22.
— ÊTYM. Désir; provenç. detiros; catal. desitjot; espagn. deseoso; portug. desejoso; ital. desidcroto.
DÉSISTEMENT (dé-zi-ste-man), t. m. \\ 1* Terme de jurisprudence. Action de se désister. Désistement verbal, écrit. || 2* Acte par lequel on se désiste. Faire son désistement. Donner un désistement Il faudra saisir aux fermes générales sans difficulté et ne donner son désistement que quand il aura payé toutcequ'il doit, VOLT. t««.Cu(er(re, 4 8 janv. 4 777.
— HIST. xvi* s. Vous redoutiez dans la conduite de cette affaire les desistemens du roi, sully, dans le Dict. de dochez.
— ÈTYM. Désister.
DÉSISTER (SE) (dé-zi-sté), V. réfl. || 1* Terme de jurisprudence. Renoncer à une poursuite. Se désister d'une plainte , d'une demande, d'un appel. || Dans le langage général, renoncer, se départir. Se désister de ses prétentions. || 2* Désister, v. n. Renoncera,cesserde Va-t'en donc et désiste Déplus
m'olTrir une aide à mériter Calisle, cohn. Clit. i, 2. Il Vieilli en cet emploi, qui était celui du xvi* siècle.
— HIST. XIV* s. Je vous conseille que vous vous désistez de boire ou mangier à nuit ou vespre, Ménagier, i, 3. Et pour ce qu'ils ne voudront désister dos choses qu'ils faisoient, ne encliner à nostre requeste, nos gens se départirent d'euls. Lettre de Marcel, prévit de Paris, dans Hiit. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 428. Il XV* s. Quand le mareschal vil que les Pisans ne se vouloient désister de la mauvaise volonté que ils avoient vers leur seigneur, Bouciq. part, m, ch. «. D'en plus parler je me désiste; Ce monde n'est qu'abusion ; U n'est qui contre mort résiste Ne qui trouve provision, villon. Ballade de seignetirs du temps jadis. || xvi* s. Le nom et tillrc de vostre alliance entendu, ont soudain désisté de leurs entreprises, hab. Car. I, 3i. Lors Panurge désista pourter le hault de ses chausses, id. Panl. m, 7. Désistez doncques vous esbahyr de ceoiouveau mien accoustrement, m. tb. C'est une faculté de raison et volonté, par laquelle on élit le bien, quand la grâce de Dieu a.ssiste, et le mal, quand icelle désiste, calv. Instit. 4 84. Quand l'homme voyant qu'il fait mal, ne désiste p.<is pourtant, mais poursuit, iD. l'b. 2UI, Qui empeschera que celui qui aura fait un vœu par ignorance, ayantcognu son erreur, désiste de le garder? iD. ib. l025.SocrHtes ne désista cette hardie entreprinse, qu'à la remonstrance d« Theramene mesme, hont. iv, S»8. U desisu d'aller aux banquets où l'on le convioit, ahyot, Périe. 42. Elle usoit d'une instance véhémente et pres.sante, qui ne desistoit jamais qu'elle ne fust ■^oue à che; de son entreprise, m, Brulus, 6,
— ËTYM. Provenç. et espa^n. detislir; ital. deti*-
DES
1ère; du latin desistere, de la préposition de, et sistere. arrêter, forme dérivée de slare (voy. stable).
DES LOKS (dê-ior), loc. adv. Voy. dès.
t PESMAN (dè-sman) , s. m. Mammifère insectivore, à museau ou trompe mobile, à queue longue, écaillense, aplatie; il vit le long <les rivières.
t DESMANTIIE (dè-sman-f) , J. m. Terme de botanique. Genre de la famille des mimosacées.
— ÊTYM. Aeanoî, lien, et âvOoj, fleur.
t DESMIDIE (dè-smi-die), s. f- Terme de botanique. Genre de phycées, comprenant des algues microscopiques.
— ÊTYM. Aeffp.4c, lien, et e18o:, forme.
t DESMITE (dè-smi-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation des ligaments.
— ÊTYM. A6(T[;.è;, ligament, et lesuffixemédicaltle. t DESMOCÈRE (dè-smo-sê-r") , s. m. Terme de
zoologie. Genre de coléoptères, famille des longicornes. Espèce : le desmoc5re bleu, des États-Unis.
— ETYM. A£(j|j.o;, lien, et xépii;, corne.
f DESMODE (dè-smo-d'), s. m. Terme de zoolo- ;,'ie. Genre de mammifères chiroptères, qui a pour lype le ilesmode roux ou cendré du Brésil, qui suce habituellement le sang des animaux.
— ÉTYM. Aeaiioç, lien, et èSoùi;, dent. tDESMODÈUE (d6-srao-dê-r'), «. m. Terme de
zoologie. Genre de coléoptères, famille des longicornes. Espèce : le desmodère variable, du Brésil.
— fiTYM. AeTuoç, lien, et ôépm, cou.
t DESMOOOMPUES (dè-smo-gon-f) , s. m. plur. Famille d'animalcules infusoires dont chacune des michoires a la forme d'un étrier sur lequel sont itendues les dents, qui y tiennent à la fois par la base et le sommet.
— ÉTYM. AeoiJià;, lien, etyéiJiço;, moyen de réunion, clou.
t DESMOGRAPHIE (dè-smo-gra-fie), s. f. Terme d'anatomie. Description des ligaments.
— ÉTYM. Aecriiè;, ligament, el^fitfnv, décrire, t DESMOLOGIE (dè-smo-lo-jie), s. /. Terme d'anatomie. Traité sur les ligaments.
— ÉTYM. Ae(T|jL6;, ligament, et Xôyo;, traité.
t DESMOPATHIE (dè-smo-pa-tie) , *. f. Terme de médecine. Maladie des ligaments.
— ÉTYM. Aeu(iè;, ligament, et itôfloç, maladie. I DESMOPHYLLE (dè-smo-fi-1') , s. m. Terme de
zoologie. Genre de polypiers pierreux.
— ÊTYM, Aecriièi;, lien, et tpOXXov, feuille.
f DESMOSOME (dè-smo-so-m') , s. m. Terme de zoologie. Genre de coléoptères tétramères. Espèce unique : le desmosome longipède, du Brésil.
— ÉTYM. AeiTiJiô;, lien, et-(Tù(i.a, corps.
f DESMOTOMIE ( dè-smo-to-mie) , s. f. Terme d'anatomie. Préparation anatomique des ligaments.
— ÉTYM. Aenfiô;, ligament, ettoiiri, dissection.
DÉSOIiÊI, lE (dé-zo-bé-i, ie), part, passé de désobéir. Désobéi par ceux qui auraient dû respecter ses ordres. Ce père désobéi de ses enfants. Eh bien! est-il puni? — 11 ne l'est pas encor. — Je suis désobéi, volt. Oreste, v, 4. jlBieu que neutre, désobéir a un participe passif.
DÉSOBÉIR (dé-zo-bé-ir), V. n. || 1° Ne pas obéir à quebju'un. Cet enfant désobéit sans cesse à sa mère. Qui m'a désobéi mérite le trépas, eotr. Antig. IV, 6. Quoi I vous craignez si peu de me désobéir! RAC. Bérén. m, 3. [Je] Fis vœu sur leurs autels de leur désobéir, m. Iphig. i, 4. || Absolument. Le roi vous aime encor; apaisez son courroux; Il a dit: je le veux; désobéi rez-vous? — Monsieur, pour conserver tout ce que j'ai d'estime, Dé.sobéir un peu n'est pas un si grand crime, corn. Cid, u, i. Egisthe va se perdre à force de courage: Il désobéira : la mortestson partage, volt. Mérope, v, 6.112° Ne pas se soumettre, enfreindre. Désobéir à la loi. Il fut contraint malgré lui de désobéir à l'oracle, d'a- BLANCounT, ^rrten, liv. vn, dans hichklet.
— HlST.xiii"s.Orgueldcsobeist,orguelfiert [frappe] et desroie ;Orguel vuelt achever quan qu'il pense et enrôle, J. de meung, Test. 4 705. 1| xiVs. Â tousceus qui estoient désobéis, le cuer leur douloit, ilénagier, i, 6. ||xv's. Si ne l'ose désobéir Pour dobte de le courroucier; Aussi je laisse le dormir, en. d'orl. Bal. 8. Il XVI' s. Car j'ayme mieux dueil en obéissant, Que tout plaisir en désobéissant, marot, i, 373.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et obéir; provenç. desobedir; cat. désobéir; espagn. et portug. desobedecer; ital. disubbidire.
DÉSOBÉISSANCE (dé-zo-bé-i-san-s') , s. f.\\ 1° Action de désobéir. Ma désobéissance est ce que vous vouliez, CORN. T/ie'od. II, 4. Vous connaissez la malédiction Qui puiiitàjamais la désobéissance, VOLT. Fanal. IV, 3. Il 2° Habitude du désobéir. La désobéissance est le défaut principal de cet enfant. Il 3° Un
DES
acte de désobéissance. Une seule désobéissance l'a fait punir. Ses désobéissances sont continuelles. Nos révoltes contre Dieu, nos désobéissances à la loi de Dieu, boubdal. ilijst. Nativ. de J. C. 1. 1, p. to.
— HIST. XIII* s. Doriques pourroient il fere fere par lor serjans les désobéissances à lor segneurs, BEAUM. XXIX, s. Il XV' S. Arrestz les quelx n'ont peu estre mis à execucion pour les grans rebellions et deshobeissance que le dit seigneur de Pons a fait à rencontre, ieMre du temps de Louis XI, Bibl. des Chartes, 4' série, p. 4 0.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et obéissance.
DÉSOBÉISSANT, ANTE (dé-zo-bé-i-san, san-t'),
adj. Oui désobéit. Enfant désobéissant. Fille désobéissante. Le corps cessa d'être soumis, dès que l'esprit fut désobéissant; la révolte des sens fit connaître à l'homme sa nudité, BOss. Concupisc. 7.
— HIST. XIII' s. S'il sont désobéissant à son commandement, es cozes esqueles il doivent obéir à H, BEAUM. V, 4 9. Il xiv s. X ceulz qui sont inobediens et desobeissans à raison, l'en leur doit mettre peines et punicions, obesme, Eth. 326.
DÉSOBLIGÉ, ÉE (dé-zo-bli-jé, jée), part, passé. X qui on a rendu un mauvais service. Désobligé en secret par un rival. || Qui éprouve le déplaisir causé par la désobligeance. Désobligé d'un refus si peu attendu.
DÉSOBLIGEAiaMENT (|dé-zo-bli-ja-man), adv.
D'une manière désobligeante. Il m'a répondu désobligeamment.
— ÉTYM. Désobligeant, et le suffixe ment. DÉSOBLIGEANCE (dé-zo-bli-jan-s*) , s. f. Disposition à désobliger. Il est d'une désobligeance extrême.
— ÉTYM. Désobligeant.
DÉSOBLIGEANT, ANTE (dé-zo-bli-jan, jan-f),
adj. Oui désoblige. Un homme désobligeant. Procédé désobligeant. Action, parole désobligeante. Vous ne me persuaderez pas de souffrir les immodesties de cette pièce, non plus que les satires désobligeantes qu'on y voit contre les femmes, mol. Critique, 7. La vie est bien exposée, si, pour de simples médisances ou des gestes désobligeants, on peut tuer le monde en conscience, pasc. Prov. 7. Il ne faut presque rien pour être cru fier, incivil, méprisant, désobligeant, la brut. v. Enfin, ma bonne, vous dites vrai , il y a des choses bien désobligeantes dans la vie, sÉv. Lelt. 8 mai 4872. Pour moi, je suis toujours traversée dans ce que je souliailele plus; la vie assurément est fort désobUgeante, id. 4mai 4 772. DÉSOBLIGEAin'E(dé-zo-bli-jan-t'), s. f. Sorte de voiture étroite qui ne peut contenir que deux personnes.
— ÉTYM. Désobligeant.
DÉSOBLIGER (dé-zo-bli-jé. Le g prend un e devant a ou 0 ; nous désobligeons, je désobligeais), V. a. Il 1° Rendre un mauvais office. Et ne pensez pas leur faire plaisir [aux prophètes] de leur prêter si libéralement elsans qu'ilsen aient besoin, vos épithètes et vos métaphores.... ces ornements les déshonorent, ces faveurs les désobligent, balz. Socr. chrét. Disc. 7. Hélas! de tous côtés le sort me désoblige, DESMARETS, If tVome , III , 3. Erophile, àqui le manque de parole, les mauvais offices, les fourberies, bien loin de nuire, ont mérité des grâces et des bienfaits de ceux mêmes qu'il a ou manqué de servir ou désobligés, la bruy. ïi. || Absolument. Mais je sais que l'amour ne peut désobliger, corn. Tile et Bérén. m, 2. || 2° Causer le genre de déplaisir qui résulte d'actions ou de paroles qui ne sont pas obligeantes. Vous me désobligerez beaucoup en n'acceptant pas. Tout à l'heure en deux mots elle m'a fait juger Qu'elle va voirie roi pour le désobliger, TRISTAN, Mariane, ii, 4. Il a si peu d'égards au temps, aux personnes, aux bienséances, que chacun a son fait sans qu'il ait eu intention de le lui donner; il n'est pas encore assis qu'il a déjà, à son insu, désobligé toute l'assemblée, la bruy. v. Ma foi, je ne sais plus ce que j'y pourrais faire; Où trouver un moyen qui peut m'en dégager? Quand tout ce qu'elle fait vient me désobliger. L'air dont elle le fait ne saurait me déplaire, mgntreuil, ft'jntre envoyée à un rival. \\ 3° Se désobliger, v. réfl. Se rendre l'un à l'autre de mauvais services. Ils se sont désobligés tant qu'ils ont pu.
— HIST. XV' s. Or sommes nous desobligées; car nous vous eussions tenues pour luy que , à ceste fois , il auroit dame choisie, et vous veez que ce n'est de celles aucunes. Petit J. de Saintré,^p. 89, dans lacurne. Elle se tient pour acquittée et desobligée de la promesse qu'elle jadis lui fit, louis xi, Nouv. XXVI. Il XVI' s. J'aime tant à me descharger et desobliger, que j'ay parfois compté à proufit les ingratitudes, MONT. IV, 86. 11 estoit mouté à cheval avec
DES
ses voisina, leur disant qu'il falloit aller à la chasse, OU à la foire des amis, et prendre le temps de l'affliction pour s'obliger autrui et se desobliger envers le devoir d'un gentil-homme, d'aub. Hist. n, 454.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et obliger, DÉSOBSTRUANT, ANTE (dé-zob-stru-an, an-t'),
adj. Terme de médecine. Qui est propre à dissiper les obstructions. Nom donné, d'après des théories vieillies, à des médicaments que l'on croyait capables de désobstruer les canaux du corps, et notamment les vaisseaux capillaires. || S. m. Ce remède passe pour un désobstruant
DÉSOBSTRCCTIF, IVE (dé-zob-stru-ktif, kti-v'), adj. Même sens que désobstruant.
— ÉTYM. Désobstruer.
t DÉSOBSTRDCTION (dé-zob-stru-ksion) , *. f. Action de désobstruer.
— ÉTYM. Désobstruer.
DÉSOBSTRUÉ, ÉE(dé-zob-stru-é, ée), porf.poîî^. La voie étant désobstruée.
DÉSOBSTRUER (dé-zob-stru-é), v. a. \\ 1° Débarrasser de ce qui obstrue, bouche, encombre. Désobstruer une rue, un passage , un canal. || 2° Terme de médecine. Faire cesser une obstruction || 3" Se désobstruer, v. réfl. Être désobstrué. Des vaisseaux qui se désobstruent.
— ÉTYM. D^i... préfixe, et obstruer.
DÉSOCCUPATION ( dé-zo-ku-pa-sion ; en vers,
de six syllabes), s. f. État de celui qui n'a point d'occupation. || État de celui dont l'âme n'est pas prise (par une passion quelconque). Je me hâtai de me servir de sa désoccupation [du duc d'Orléans après le renvoi de Mme d'Argentonl , ennuyeuse et pénible dans ce subit changement de vie, pour l'attacher à Mme la duchesse d'Orléans, st-sim. 256, 491.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et occupation.
DÉSOCCOPÉ, ÉE (dé-zo-ku-pé, pée), adj. Qui n'a
rien àfaire, qui nes'occupe à rien. Ce premier jour nous toucha; il [M. de Pomponne, après sa disgrâce] était désoccupé, et commençait à sentir la vie et la véritable longueur des jours, sÉv. 388. Le prêtre mondain, seul au milieu du monde, est l'homme le plus inutile et le plus désoccupé qui soit sur la terre, mass. Confér. Fuite du monde. Votre cœur désoccupé de ses passions, id. Car. Inconst. Que n'employez-vous aux édifices publics, pendant cent jours, les artistes désoccupés? VOLT. Xlioi. i. L'artisan est plus heureux que le riche désoccupé, cha- TEAUB. Génie, iv, m, 4. j| Par extension. On croit qu'une vie désoccupée ne peut presque être innocente, MASS. Av. Concept. \\ Substantivement. Ils [les Romains] comptent leur argent, courent au spectacle ou chez leurs maltresses; c'est la vie des désoccupés, VOLT. Memmius, xiii.
— SYN. 1. désoccupé, inoccupé. Dans la rigueur étymologique, inoccupé veut dire qui n'est pas occupé, et désoccupé veut dire qui a cessé de l'être. Mais, dans l'usage, cette petite dififérence disparaît, et ces deux mots sont le plus souvent identiques. Il 2. DÉsofiCUPÉ, DÉSŒUVRÉ. L'homme désoccupé n'a point d'occupations; l'homme désœuvré n'a point d'œuvre qu'il fasse. Un homme désœuvré est donc un paresseux aimant à ne rien faire. Un homme désoccupé est simplement celui qui n'a pas d'occupation actuelle, et qui, quand il en aura, pourra montrer activité et zèle.
tDÉSOCCUPER (dé-zo-ku-pé), v. a.\\ !• Débarrasser, défaire de ce qui occupait. Dieu entraîne l'âme et la désoccupé d'elle-même en l'occupant de lui, FÉN. t. xviii, p. 447. Il 2° Se désoccuper, v. réfl. Il faut se désoccuper de tout autre soin que de.... Son principal soin était de se désoccuper. Vie de dom Barthélémy des Martyrs, liv. in, ch. 20, dans HICHELET. Ils s'appliquaient avec toute leur attention à ce qu'ils devaient à Dieu, et se désoccupaient de tout autre soin, Port-Royal, Catéchisme de jubilé, p. 203, dans RicHELET. || Cesser de s'occuper.
DÉSOEUVRÉ, ÉE (dé-zeu-vré, vrée),od;. Qui ne fait œuvre quelconque. {| Substantivement. C'est un désœuvré. Il y a tant de désœuvrés, tant de gens actifs sans occupation, maintenon, Lettre au card. de Noailles, t. iv, p. 4 4B, dans pougens.
— REM. Mot quicommenceàs'introduir», de cau-
UÈBES, 4 690.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et œuvre.
DÉSOEUVREMENT (dé-zeu-vre-man) , s. m. Etat
d'une personne désœuvrée. Il passe sa vie dans le désœuvrement. Alors il eut un ennemi terrible à combattre : le désœuvrement avec l'ennui qu'il traîne à sa suite et qui en est pour ainsi dire la punition, CONDORCET, Courtanvaux. || Terme de papeterie. Séparation des feuilles de papier.
— ÉTYM. Voy, DÉSŒUVRÏ,
nos
Dl^.S
t DÉSOEUVKKK (dé-zeu-vré) , V. a. Terme de papeterie. Séparer le» feuilles de papier les unes des autres. || Se désœuvrer, v. rifl. Se séparer, se détacher.
— ETYM. I)é.... préfixe, et œuvre {do papeterie). tDÉSOLABLE (dé-zo-la-bl') , adj. Qui peut être
désolé. , ,
— ÉTYM. Désoler. Au xvi* siècle, désolabU avait le sens actif: qui désole, qui excite la désolation. Plusieurs autres lamentations desolables feit le pau- Tre chevalier, j.d'auton, Ânn. de Louis XII, de «bo» et<B(i7,p. 33, dansLACURNE.
DÉSOLANT, ANTE (dé-zo-lan,lan-t'), odj. || l'Oui désole, qui cause une grande affliction. Une nouvelle désolante. Si de tous les hommes les uns mouraient, les autres non, ce serait une désolante affliction que de mourir, la bruy. xi. Perdu dans cet ablmo de pensées désolantes, il [l'Empereur] tombe dans une si gramle contention d'esprit qu'aucun de ceux qui l'approchent n'en peut tirer une parole, SÉGUR, Hist. de Napol. ix, 3. || 2* Se dit, par exagération, d'une simple contrariété. Il se lait bien attendre; cela est désolant. Elle ne me quitta pourtant qu'un quart d'heure pour une visite qui lui attira (les importunités désolantes et des invitations qu'elle eut garde d'accepter, J. J. Rouss. Confess. vi. Il lin parlant des personnes, insupportable, ennuyeux , fatigant. Cet homme est désolant avec ses vers. Son maudit commis fut plus désolant que jamais, J. I. ROuss. Conf. n.
UÉSOLATEUR (dé-zo-la-teur),«. m. Hl» Celui Cfi'i désole, ravage. Les désolateurs de provinces, scar- HON, Virg. «roD.vi. De ce monde usurpé désolateurs perfides, VOLTAIRE, Ali. Ii, <. || Familièrement, celui qui tourmente, désole, contrarie extrêmement. Aux amants heureux ou tranquilles Redoutable par ses complots, Désolateur de ses rivaux. Fléau des discours inutiles, chaulieu, ÉpUre de X. d'ilamilton. Il if Adj. Désolateur, désolatrice, qui désole, qui ravage. Un conquérant désolateur. Des hordes désolatrices.
— REM. Ce mot ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partirde l'édition de (762.
— HIST. XVI* s. Et de ce peuple estre seur tesmoing Titus César, désolateur d'icelle nostre triste cité, JOSEPHE, Prol. Trad. de Desessartt.
— ÊTYM. Désoler.
DESOLATION (dé-zo-Ia-sion; en vers, de cinq syllabes) , s. f. || 1' Action de désoler ; résultatde cette action. Il mit en désolation le sanctuaire, pascal, Proph. 26. Lorsque vous verrez une armée environner Jérusalem, sachez que sa désolation est proche, SACi, Bible, Év. S. Luc, xxi, 20. En regardimt de loin fumer leurs villes et leurs maisons réduites en cendre, ils pleuraient la mort de leurs proches et la désolation de leur pays, flêch. Hist. de Théodose, I, 32. Se peut-il qu'en ce temps de désolation.... VOLT. Orphel. i, 1. 1| En style de l'Ecriture, l'abomination de la désolation. || 2" Par extension, extrême affliction. La veuve qui passe sa vie dans les plaisirs, est morte toute vive, parce que, oubhant le deuil éternel et le caractère de désolation qui fait le soutien comme la gloire de son état, elle s'abandonne aux joies du monde, «oss. Ann. de Gonx. De là naissent les mélancolies et les tristesses, de là les désolations elles désespoirs, bourd. Nativ. de J. C. 4" Avent, p. 266. Toute la désolation qu'inspire un amour violent, HASS. Myst. Assompt. Il lui restait bien des griefs; et surtout les galanteries dm dames, et les désolations qui en devaient être la suite le remplissaient d'inquiétude et d'effroi, VOLT. Bai)0uc.|13°Vive contrariété. Vous me voyez dans la désolation, je n'ai pu obtenir ce que vous désiriez.
— HIST. xiv s. Cilz qui devant estoieut en desolacion Furent tuit repleni de consolacion, Girart de Ross. v. 2653, Il XV* S. Si fut le roi anglois moult courroucé de la désolation de ses gens [à cause du ravage de Soutbampton parles Normands] , froiss. i, I, 97. Pour faire ccste désolation [brûler la ville à trois fois], COMM. II, u. Leurs désolations estoienl ti grandes et leur paour, qu'ilz ne sçavoient ne que dire ne que faire, ID. v, 46. Tendre à la totale destruction de nostre royaume et à la très grand fouUe etdesolacionde nostre peuple, lettre d« Charles VIII, Bulletin du comité de ia langue, t. m, p. 687. Il XVI' s. La désolation et destruction d'une ville,
AHTOT, Lucull. 67.
— ËTVM. lui. desolationem, de desolare,iiéso\er. DÉSOLÉ, ÉE(dé-zo-lé, lée), part, passé. || 1° Où
se fait la solitude, ravagé. Une ville désolée par la peste. Préparez-vous à voir vos pays désolés, cokn. Nicutn. ui, t. Du Danube asservi les rives désolées. BAC. liaj. II, i. Ephralm sera désolé au jour que
j'ai marqué pour son chfltiment, SACI, Bible, Osée, v, ». Vois du nord au midi l'univers désolé, volt. Vanat. ii, 6. || Un lieu désolé, un lieu qui présente l'Image d'une solitude, effet d'un ravage. Neptune, qui secoue llCtna et dont le trident entr'ouvre la terre jusqu'au centre et montre la rive désolée du Styx, DIDEROT, Salon de 4 767, Œuvres, t. xv, p. 77, dans POUGKNS. || 2° Laissé seul, laissé dans la solitude. On s'empresse à vous voir, on s'efforce à vous plaire; Mon palais prés du vôtre est un lieu désolé, corn. Agésil. m, 4. Que le monde voit peu de ces veuves dont parle saint Paul, qui, vraiment veuves et désolées, s'ensevelissent, pour ainsi dire, ellesmêmes dans le tombeau de leurs époux I Boss. Ann. de Gonx. Car il n'est point d'auteur si désjlé Qui dans Paris n'ait un parti zélé; Itien n'est moins rare: un sot, dit la satire. Trouve toujours un plus sot qui l'admire, j. B. nouss. Épitre, liv. i, t. Aux muses. Il 3* Plongédans l'affliction. De grâce montrez moins
à mes sens désolés.... corn. Poly. Ii, 2 Et de
tous les mortels ce secret révélé Me rend le plus content ou le plus désolé, id. Ilodog. i, 2. Le prince spra désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d'étonnement, BOss. Vuch. d'Orl. Ainsi Dieu conforta cette âme désolée, corn. Irnit. i,25. Une femmedésolées'arracbeles cheveux, mauchoix, Homélie 6, dans biciielet. Et redonnant le calme à vos sens désolés, rac. Alex, iv, 2. Sa présence a surpris mon âme désolée, ID. Baj. v, <. De quoi viens tu flatter mon esprit désolé? in. l'hèd. m, t. X mes sens désolés, ombreàjamais présente, voLT.i4i;t. m, 4. Des vieillards massacrés, des mères désolées, LEMEHC. Agam. m, 2. |{ 4" Par exagération, contrarié, fâché. Je suis désolé de vous avoir fait attendre.
DÉSOLER (dé-zo-lé), V. a. j| 1* Faire la solitude, ravager. Désoler la campagne, vaugel. Q. C. liv. ui, dans RicHELET. La mort a désolé sa pauvre famille, PAfRU, Plaidoyer 8, dans richelet. Le Jourdain ne voit plus l'Arabe vagabond. Comme au temps de vos rois, désoler ses rivages, rac. Athal. n, 6. Nous nous sommes mis en état de désoler ces barbares, FÉN. Tél. X. Dans les champs que l'hiver désole. Flore vient rélabUr sa cour.j. B. ROUSs. Cantate, Circé. Il 2° Causer peine et tourment par ce qui ravage, appauvrit, etc. Cette taille [taxe] désole cette élection et réduit les trois quarts de ses habitants au pain d'orge et d'avoine et à n'avoir pas un écu d'habits sur le corps, VAUBAN,/)ime, p. <62. On verra, sous le nom du plus juste «les princes. Un perfide étranger désoler vos provinces, rac. Eslh.m, 4. Il 3° Causer une grande affliction. La mort de son ami le désole. Rien ne peut égaler l'ennui qui la désole, TRISTAN, M. de Chrispe, i, 3. Et c'est, grands du monde qui m'écoutez, ce qui devrait aujourd'hui vous affliger ou même vous désoler, bourd. Nativ. de J. C. 2* Avent, p. 629. Ces neveux afl'amés, dont l'importun visage Da mon bien âmes yeux fait déjà le partage.... Je me fais un plaisir, à ne vous rien celer, De pouvoir, moi vivant, dans peu les désoler, BOiL. Sat. X. Quoi toujours de ce juif l'image vous désolel RAC. Eslh m, 2. || 4° Par exagération, contrarier. Ce contre-temps me désole. Le froid nous désole. Il prit les mœurs des Perses pour ne pas les désoler, montesq. Espr. x, 4 4. || Importuner, incommoder. Les solliciteurs le désolent. Les guêpes désolent ce cheval. || B- Se désoler, v. réft. S'abandonner à une grande affliction. 11 se désole nuit et jour. Car tu ne seras point de ces jaloux affreux, Habiles à se rendre inquiets, malheureux, Oui, tandis qu'une épouse à leurs yeux se désole. Pensent toujours qu'un autre eu secret la console, boil. Sat. x. Il Être contrarié. Je me désole de ce qui vous arrive. || Secau.ser réciproquement de grandes afflictions. Cet homme et cette femme, mal mariés, se désolent l'un l'autre.
— HIST. xiv* s. Toutes choses à Rome estoient troublées et désolées, ËERCHEL;RS,f* 67, recto. Ugisoit en son lit tristes et désolez, id. f* 40, verso. Les tyrans qui par violence désolent et gastent les cités, ORBSME, Eth. 4(4. Li uns occist un prestre à son col une estole; Li autres un moiistier par safoleur désole, Ouesci. 47647. Ahi ! sire, font-il, f>our Dieu de trinilé. Faites laissier l'assaut: tout sommes désolé Par Gaufrois le traïstre qu'est plains de cruauté, Baud. de Seb. iv, 806. || xv* s. Mai» estoient de la mort de lui [Jacques d'Artevellej courroucéset désolés, kroiss. i, i, 34r. Sera l'isle de tous poins désolée. Qui depuis fut Albions appellée, K. DEscii. Proph. de Uerlin. Et puis quant Mont-Aguillun fut rendu, le conte de Salsebrl le fist abatre et du tout désoler, fenin, 4423. Car souvent (iU| ont fait ducoiur Plusieurs nobles , et desoUer Leurs
DÉS
lieux et habitations, //i bataille du Liège. Ijxvr s. Et par autant qu'ung royaulme ainsy dcsolé seroyt faclllemenl ruyné, ras. Garg. i, 60. Par luy U fcj se fausse, et mille maux divers Par luy se «ont campez en ce grand univers. Qui de toute bonté les terres désolèrent, rons. 80o
— ÊTYM. Provenç. et espagn. desolar; ital. dMO- {ar«; du latin desolare, de la préposition de, et lolus, seul : rendre seul, déserL La série des sens est: rendre seul, ravager; rendre seul, délaisser, affliger. Le sens d'affliction ne peut venir du latin >olari, consoler, avec le préfixe de; il n'y a rien dans l'historique qui autorise une telle admission. La série des sens suffit sans qu'on introduise une double racine. Tout au plus peut-on penser que consoler et désoler, qui d'ailleurs sont du même radical, ont réagi l'un sur l'autre, et que désoler en a pris plus facilement le sens d'affliger.
t DÉSOLLICITER (dé-sol-li-si-té), v. a. Cesser de solliciter. M. de Montausier a soUicité et puis il a désoUicité, Lettre de M"* de lonoueville.
— REM. Ce verbe est un de ceux qui n'ont guère d'existence que par opposition avec leur simple.
— f.TYM. !)<'.... préfixe, et solliciter.
t DÊSOPILA.VT, ANTE (ilé-zo-pi-lan, lan-t"), adj. Oui fait rire, qui réjouit beaucoup.
DÉSOPILATIF, IVE (dé-zo-pi-la-tif, ti-v^, adj. Terme de médecine. Propre à désopiler. Remède désopilatif.
— ÊTYM. Désopiler.
DÉSOPILATION ( dé-zo-pl-la-sion ) , s. f. Terme de médecine. Guérison d'une obstruction.
— ÊTYM. Désopiler.
DÉSOPILÉ, ÉE (dé-zo-pi-lé, lée), pari, passé. Les vaisseaux désopilés.
DÉSOPILER (dé-zo-pi-lé) , r. o. Terme de médecine. Déboucher, détruire les obstructions. Désopiler la rate. || Ce mot a vieilli au propre. || Fig. Désopiler la rate, faire beaucoup rire; locution qui vient de ce que l'on croyait que la rate, obstruée, cau.sait des vapeurs, la mélancolie, et que, dans l'ancienne médecine, on regardait la rate comme le siège de l'atrabile, de l'humeur noire et, par suite, de la mélancolie. || Se désopiler la rate, rire t>eaucoup. Il Se désopiler, v. réfl. Se mettre en gaieté.
— REM. Mme de Sévigné a employé se désopiler pour signifier sortir de sa position , se dégager : M. de Monterey [un général ennemi] est un habile homme; il fatigue notre armée, et la met hors d'état de sortir.... il n'aura qu'un pas à faire pour se retirer; en attendant, M. de Luxembourg ne saurait se désopiler, sfiv. 4 so. Ce sens est complètement inusité.
— HIST. XVI* s. Laquelle vous espanouit le cerveau, ouvre l'appétit, délecte le goust, tempère le sang, desopile la râtelle, rabel. dans le Dict. de
DOCHEZ.
— tTTU. Dés.... préfixe, et le latin oppt'iare, boucher, de ob, et pilare, presser (voy. pile).
DÉSORDONNÉ, ÉE (dé-zor-do-né, née), adj.
Il 1" Livré au désordre, mal réglé. Une maison désordonnée. La justice de Dieu ne lais.se rien de désordonné, flëcu. Serm. ii, 246. Je ne finirais pas si je vous disais les projets désordonnés dans lesquels elle veut me faire entrer, maintenon. Lettre à Mme de Caylus, 26 déc. 4 74 7. Restes des passions par le temps effacées. Combat désordonné de vœux et de pensées, lamart. Héd. i, 4 8. || 2* Excessif. Des dépenses désordonnées. Un nppélit désordonné. Il Déréglé, dissolu. Mener une vie désordonnée. ....Femme désordonnée. Sans mesure i!t sans ^^gIe au vin abandonnée, boil. Sat. x. Ces âmes désordonnées que le monde et les passions entraînent, MASS. Car. Lasare.
DÉSORDONNÉMENT (dé-zor-do-né-man ) , adv.
D'une manière désordonnée, avec licence et désordre. Vivre désordonnément. || Excessivement, sans mesure. Ce qu'ils aiment désordonnément, aoss. Imp. 2. Ils recherchent la science désordonnément, ID. Calh. I .
— HIST. XIV* S. Mollece refuit desordenécment toute tristece, oresme, I7i«x« d« uecnikr. || xv* s. Ils reculèrent si desunloiinément que.... froiss. i, i, 286. Il xvi* s. Notre devoir est d'admonester ceux que nous voyons vivre désordonnément, calvin, 4 96. Il se desborda de rechef à vivre voluptueusement et désordonéement comme devant, ahyot. .^nlon. 24. Nations si diverses, si esloingnées, si mal affectionnées, si desordonnéemenl commandées et injustement conquises [par Rome], mont, iv, 86.
— ETYM. Désordonnée, et le suffixe ment.
f DÊSORDONNER (dé-zor-do-né), e. o. Troubler l'ordre. Atiuas même fuit, et d« ses vétérans Un
DES
liimiilte confus désordonné les rangs, dhlillf, Enéide, xi, 4(61. || Se désordonner, v. réfl. Se déranger, se confondra, sortir de l'ordre. Mais à son Dieu déjà tous sos sens s'abandonnent; Ses cheveux, son regard, ses traits se désnrdonnent, ID. ib. vi.
— HIST. XI* s. [Vous avez] règnes conquis et desordenét [défait] reis, Ch. de Roi. ccxlviii. ||xu' s. Pur ço voleit li reis, e il c si barun, Que se nuls ordenez [prêtre] fust pris à mesprisun, Cumoie de larrecin u murdre u traïsun , Duno fust desordenez [f)té de la prêtrise] par iteloraisun, E puis livré à mort e à desfactiun, Th.. le mart. 28. || xiii* s. Mes tu l'as [ta cure, ton soin] autre part tornûe, Par teste amor desordenée, la ttose, «834. 0 très glorieuse naissance. Qui humilias la puissance X qui nulle ne se compère, Oui feïz du sens Dieu enfance. Qui desordonnas ordennance Quand tu feïz de filla mère, J. de meono, Tr. 4R8. || xiv s. Or es-tu bien desordonné, Sa tu ne congnois et entends Que ca hault bien où tu prétends, Kn tant qui touche à créature, Est le grant secret de nature, Wat. à Valch. err. 668. || xv* s. Ne soyez pas plus desordonnez que les maindres bcstelettes, ne plus négligeas ou moins enclinez h vostre commune salvation, al. CHAHT. Quadrilogue inrectif. Par volonté désordonnée, COMM. V. 48. Il xvi* s. Comme ils commenceoient & se desordonner [à aller en désordre], il en vint aysement à bout, mont, i, 343. Toutes grandes mutations esbranlent Testât et le desordonnent, in. IV. 83. La nature de la guerre est de desordonner toutes choses, langue, 5ii. Il estoit dissolu en amours de folles femmes, et desordonné en banquets, AMVOT, Aie. 27. Il disoit qu'il ne l'avoit pas fait par mal ny par désordonné appétit de prendre son plaisir, id. t6. 44. Homme téméraire, dissolu et desordonné en sa vie, m. Marcel, -i. A la veue et approche des asnesses, ils [les baudets] font mille algarades, desordonnans tout un marché, o. de
SEBRES, 34 4.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et ordonner.
DÉSORDRE (dé-zor-dr"), s. m. ||1« Manqua d'ordre, dérangement, confusion. Ses vêtements étaient en désordre. Les désordres réels ou apparents qui régnent dans l'ordre moral et dans l'ordre physique, DIDER. Opin. des anc. philos, Belbuch. On se fait une idée précise de l'ordre, mais non pas du désordre, BEHN. DB ST-p., Paul et Yirg. Qu'il est doux.... De la voir devant vous accourir au passage, Ses cheveux en dé.5ordre épars sur son visage I A. CHÉN. Élég. xviii. Il II se dit aussi desaffaires, de l'administration. Le désordre de ses affaires. Il règne un grand désordre dans l'administration. Colbert trouva l'administration des financesdanstout le désordre où les guerres civiles et trente ans de rapine l'avaient plongée, VOLT. Diai. 4. || Use dit encore des corps, des bandes, des troupes où la confusion se met. La cour est en désordre et le peuple en alarmes, CORN. Cid, m, 6. Le désordre se met parmi eux, Boss. Hist. ii, 7. Et le camp de Taxile Garde dans ce désordre une assiette tranquille, bac. Alex. m, 4. Et si, dans les horreurs de ce désordre extrême, Votre père frappé tombe et périt lui-même, ID. Iph. v, 2. Mentor ayant achevé de mettre les ennemis en désordre, fén. Tél. l. || 2" Avec une épithète, désordre peut se prendre en un sens favorable. Un aimable désordre embellira la fête, collin d'hablev. Chdt. en Esp. iv, 3. ||Dans la poésie lyrique, désordre signifie les écarts et les digressions que la passion du poète rend excusables et même louables, à la condition qu'il n'en résultera aucune obscurité. Son style impétueux [de l'ode] souvent marche au hasard ; Chez elle un beau désordre est un effet de l'art, boil. Art p. u. || 3' Pillage, dégât. Les troupes ont passé sans faire aucun désordre. || 4° Trouble de l'âme. L'ébranlement sied bien aux plus fermes courages; Et l'esprit le plus mâle et le moins abattu Ne saurait sans désordre exercer la vertu, cokn. Wor. i, 4. Il me fit ensuite cent mauvaises railleries, et me mit dans un tel désordre que Verville en eut pitié, scarron, Homan corn, i, 43. Elle s'efforça de parler pour cacher son désordre, LE COMTE DE BussY, dans RicHELET. Combien de fois, hélas I puisqu'il faut vous le dire. Mon cœur de son désordre allait-il vous instruire! bac. Brit.in, 7. Il peut dans ce désordre extrême Épouser ce qu'il hait et perdre ce qu'il aime, m. Andr. i, 4. Et ma bouche et mes yeux du mensonge ennemis, Peutêtre dans le temps que je voudrais lui plaire. Feraient par leur désordre un effet tout contraire, id. Baj. u, 5. J'ai cru dans son désordre entrevoir sa
tendresse, id. ib. ni, 6 Quand je m'examine
Je crois de ce désordre entrevoir l'origine; Phénice, il aura su tout ce qui s'est passé; L'amour d'Autio-
DES
chus l'a peut-être offensé, id. Bdrén. ii, 8. Je veux | voir son désordre et jouir de sa honte, id. ift. iv, 8. J'ai couru; le désordre était dans ses discours, in. Eslh. II, 4. De vos sens étonnés quel dé.sordre .s'pmpare! in. Athal. m, 6. Ij B° Désordre d'esprit, désordre d'imagination, état d'un esprit, d'une imagination mal réglée. C'est le désordre de l'imagination qui invente ces sy.stèmes, c'est la nouveauté qui les accréilile, c'est l'intérêt qui les perpétue, niDER. Opin. des anc. phil. l'ythagorisme. || 6' Dissensions intestines, tumulte séditieux. De graves désordres éclali'irent dans cette province. Suis-je venu porter le désordre dans l'armée des alliés? fên. T(fl. XVI. Une époquo où l'on est réduit même, dans les occasions difdciles, & céder par sagesse, à conduire le désordre pour le retenir, Mirabeau, Collection, liv. II, p. 289. Il Fig. La raison outragée enfin ouvrit les yeux, La chassa [la pointe] pour jamais des discours sérieux.... Ainsi de toutes parts les désordres cessèrent, boil. Art p. n. jj 7° Dérèglement do mœurs. Vivre dans le désordre. Plus cet effort nous trompe et force à remarquer Les désordres secrets qui souillent notre vie, corn. Imit. i, 8. Un prêtre qui serait tombé dans un tel désordre, PASC. Prov. 6. Combien de foLs a.s-tu protesté aux complices de tes désordres, que tu ne leur serais jamais infidèle? boss. Pensées chrét. ix. Pour corriger les abus, pour arracher les désordres, fléch. Serm. ii, 340. U était bon dans le fond; mais il avait vécu dans de si grands désordres que je puis dire qu'il ne m'a oo.. '"'■. en toute sa vie, d'autre joie que celle d'être mort saintement, maintenon. Lettre ou card. de Koailles, 9 juin 4703. Il faut fermer les yeux à des désordres que vous autorisez par vos mœurs, mass. Pet. car. Vices et vertus. \\ 8° Perturbation dans les fonctions du corps. L'intempérance produit des désordres dans l'économie. La raison, alors dans sa force, devrait produire, mais elle est refroidie et ralentie par les années, parla maladie, par la douleur, déconcertée ensuite par le désordre de la machine qui est vers son déclin, la bruy. xi. Il Altération des tissus. Le poumon avait subi de trop graves désordres pour que la vie pût se prolonger.
— REM. Corneille dans le Cid a dit: rétablir le désordre, pour apaiser le désordre. L'Académie a condamné, à juste titre, cette locution.
— HIST. XVI* s. La souvenance de toutes ces turpitudes et desordres nous doit donner une grande compunction en nos cœurs, lanoue, 58.
— ÊTYM. Dés... préfixe, et ordre; provenç. rfeiorrfe; espagn. desorden; portug. desordem; ital. disordine. Le vieux français avait desordonement et drsordonance.
t DÉSORGANISATEDR, TRICE (dé-zor-ga-ni-zateur, tri-s'), adj. Terme de médecine. Qui désorganise. Un travail d'inflammation désorganisateur des tissus. Il Fig. Qui attaque la morale, la société. Principes désorganisateurs. Passions désorganisatrices.
— ÊTYM. Désorganiser.
DÉSORGANISATION (dé-zor-ga-ni-za-sion) , ». f.
Il i" Terme de médecine. Altération profonde dans la texture d'un organe ou d'une portion d'organe, qui , lui faisant perdre ses caractères, l'empôcho de remplir son office. La désorganisation du foie. Il 2° Fig. La désorganisation d'une administration. Quant à la faiblesse et à la désorganisation de l'armée ennemie, personne n'y croyait, ségub, Uist. de Sapol. vi, B.
— ÉTYM. Désorganiser.
DÉSORGANISÉ, ÉE (dé-zor-ga-ni-zé, zée), part. passé. Un poumon désorganisé. || Fig. Un service désorganisé.
DÉSORGANISER (dé-zor-ga-ni-zé), t^.o.llI-Terme de médecine. Détruire l'organisation d'une partie, d'un tissu. Le cancer désorganise les tissus qu'il envahit. || 2* Fig. Désorganiser un service public, un coi-ps. Il 3° Sa désorganiser, v. réfl. Perdre son organisation. Le foie se désorganise rapidement sous l'influence des pays chauds, jj Fig. X l'approche des barbares l'empire romain se désorganisait.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, ei organiser.
DÉSORIENTÉ, ÉE (dé-zo-ri-an-té, tée), part, passé. Placé hors de l'orientation. Un cadran désorienté. Il Fig. Voyant une personne qui n'a pas sa gaieté ordinaire, on dira qu'elle est toute désorientée, le terme est fort bon, marg. bopfet, Observ. p. 40, 4668.
DÉSORIENTER (dé-zo-ri-an-té) , t). o. || 1» Faire perdre sa situation à quelque chose qui devait regarder l'orient. Ce cadran ne marqua pas juste, parce que la pierre sur laquelle il est tracé a été désorientée. || 2'* Faire perdre la connaissance du côté où le soleil se lève. ||Par extension, faire perdre la direction à suivre. La brume acheva de nous
DES
désorienter. Il 8* Fig. Déconcerter, embarrasser. Je vois qu'il a été un peu désorienté par deux causes malheureuses qu'il a perdues coup sur coup, volt. Leit. d'Argciital, 8 oct. 4 766. Une certaine coquetterie désoriente les soupirants, j. j.houss. Ilél.si, 5. Il 4° Se désorienter, ». réfl. Perdre la direction. En revenant plusieurs fois sur se« pas dans la forêt, il se désorienta.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et orienter.
DÉSORMAIS (dé-zor-mê), adv. de temvs. \\ 1° A
partir de ce moment-ci. Que reste-t-il désormais à faiie? On portera le joug désormais sans se plaindre, CORN. Cinna, v. 3. Je ne vais désormais penser uu'à vous venger, rac. Jf;(ftr. m, 3. Et désormais certain du malheur de ses armes, U n'a plus aspiré qu'il s'ouvrir des chemins Pour éviter l'affront de tomber en leurs mains, in. ib. v, 4. De ses jeunes erreurs désormais revenu. Par un indigne obstacle il n'est point retenu, ID. Phèd.i, 4. || 2° Désormais que, !oc. conj. Désormais que ma muse, aussi bien que mes jours, Touche de son déclin l'inévitable cours, Et que de ma raison le flambeau va s'éteindre, Iraijo en consumer les restes à me plaindre? la font. Poésies mêlées, Lxix.
— REM. On a dit que désormais ne s'employait qu'avec un verbe au futur; mais les exemples ci-dessus montrent qu'il n'en est pas ainsi.
— HIST. XII' s. Pource, dame, vous loue [je vous conseille] à escuser; Que cil ne soit ateins de l'herosie [suspects d'être hérétique en amour], Qui désormais ne vous verront [voudront] aimer, quesnes. Romancero, p. 409. || xiu* s. Des ore mais revenrnns au roi Phelippe qui estoit entrés en mer, Chron. de Rains, p. 48. Soflrés que Bel-Acueil li face Dus ores mes aucune grâce, la Rose, 3722. si commencerons des ore mais nostre livre en la manière que ensuit, BEAUM. 4 B. Veschi [voici] le [la] rente de ceste anée.... et desoremais jo ne le [la] voil plus tenir, ains voz laisse des ores mes en avant, id. xxiv, 4 0. Il XV* s. User ma vie me fauldra En languissant desoresraais, ch. d'ohi.. lett. en complainte à Fredet. Il XVI* s. C'est désormais assez discouru sur ce point,
AKYOT, Arist. et Caton, 9 Qu'ilz les affranchis-
soient do toutes tailles, pour désormais vivre à leurs loix anciennes en pleine liberté, id. Flamin. 4 9.
— ÉTYM. Dès, or ou ore, heure (voy. or), et mais, davantage : mot à mot, dès l'heure en avant.
tDÉSOUNAGE (dé-sor-na-j") , î. m. Terme de métallurgie. Triage des scories.
— ÉTYM. Désorner 2.
t 4. DÉSORNER (dé-zor-né), v. a. Enlever les ornements.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et orner.
i 2. DÉSORNER (dé-sor-né), v. a. Séparer des sornes. || Désorner la fonte, la séparer des scories qui sont adhérentes aux parois de la forge.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et sorne.
DÉSOSSÉ, ÉE (dé-zô-sé, sée), par», passe. Dinde désossée. || U se dit aussi de certains poissons dont on a ôté les arêtes. || Substantivement. Il se plie et se tord comme un désossé.
DÉSOSSEMENT(dé-zê-se-man), s. m. Action de désosser. Désossement d'un lièvre.
— ÉTYM. Désosser.
DÉSOSSER (dé-zô-sé), v. a.\\l' Terme de cuisine, ôter les os d'un poulet , d'un lièvre, etc. soit pour en mettre la chair en pâté, soit pour remplacer les os et emplir la bête d'un hachis, etc. comme dans une galantine. || Terme de pêche. Désosser une morue, lui ôter la grosse arête. || Il se dit aussi d'autres poissons dont on ôte les arêtes. || 2° Fig. Décomposer, disséquer, examiner. Il n'y a qu'à désosser cette composition [représentation des états généraux parle parlement], et l'on trouvera qu'elle ne sera pas plus heureuse à imposer que l'équivoque du nom de parlement, st-sim. S7B, 66. || Pénétrer dans l'intérieur d'une personne. U faudra les déchirer, les désosser, fouiller dans leurs entrailles palpitantes, J. J. Rouss. Prom. 7. || 3° Se désosser, V. réfl. Être désossé. Cette volaille se désosse facilement. || Fig. Prendre en des tours de force toute sorte d'attitudes. Ce-clown se désosse.
— REM. St-Simon l'a employé dans le sens de démembrer, disjoindre, d'une façon qui ne paraît pas correcte. Ce groupe de tant de choses [petits emplois] accumulées et qui éblouissaient les sots lui parut [à Vaudemont] trop aisé à désosser pour se pouvoir flatter d'en faire réussir quelque chose de solide, st-sim. 478, 4 23. Désosser un groupe n'est pas une métaphore où les idées se suivent.
HIST. XVI* s. Désossez ceste venayson, palsgr.
— ËTYH. Dés.... préfixe, et os.
DÉS
fDÊSOUCI (dé-sou-si), t. m. Cessation du souci. Séuèque traitant du courage que donne la vertu, et du désouci de l'avenir, HDRnoT, dans laveaux.
— ÊTYM. fl^.... préfixe, et«ouc«.
DËSOURDI, lE (dé-zour-di, die), por». panti. Une
toile désnurdie.
UÉSOURDIR (dé-zour-dir), e. o. Défaire ce qui était ourdi. Pénélope désourdissait la nuit la toile qu'elle avait faite le jour.
— HIST. xvi* s. Desordtr, monet, Dict.
— ETYM. Vés.... préfixe, et ourdir.
t DÉSOXYDANT,ANTE (dé-zo-ksi^lan , dan-f), ad). Oui désoxyde. Une action désoxydante.
DÊSOXYDATION(dé-zo-ksiKla-sion),4-./'.Terniede chimie. Action d'enlever l'oxygène d'un métal oxydé.
— ÉTYM. Disoxyder.
DÈSOXYDÉ, ÉE (dé-zo-ksi^lé, dée), pari, passé.
DÉSOXYDER (dé-zo-ksi-dé) , v. a. Terme de chimie. Réduire un oxyde, lui enlever tout ou partie de son oxygène. La clialeur désoxyde un très-grand nombre d'oxydes. || Sa désoxyiler, v. rifl. Perdre son oxygène, en parlant d'un oxyde.
— ETYM. Dés.... préfixe, et oxyde.
DÉSOXYGÉNATION (dé-zo-ksi-jé-na-sion), t. f. Action de désoxygéner. Etat de ce qui est désoxygéné.
— ÉTYM. Dénoxyginer.
DÉSOXYGÉNEK (dé-zo-ksi-jé-né. La syllabe gé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je désoxygène, excepté (exception inconséquente) au futur et au conditionnel : je désoxygénerai, je désoxygénerais), v. a. Soustraire, en totalité ou en partie, l'oxygène qui entre dans la composition d'une substance. || Se désoxygéner, v. réfl. Perdre son oxygène.
— REM. Ce terme n'est pas synonyme de désoxyder : on désoxyde les oxydes et les .sels formés d'oxydes : on désoxyde l'hyperclilorate de potasse pour avoir l'oxygène qui y est contenu, au moyen d'une cornue de verre sur un feu assez doux ; mais on désoxygène les corps qui ne sont pas desoxydes, des sels, ou dans lesquels l'oxygène est en simple mélange et non en combinaison chimique. Ainsi le sang arrive désoxygène, et non désoxyde, au poumon. L'eau, qui n'est bonne à Iwire qu'autant qu'elle I absorbé une certaine quantité de l'oxygène de l'air, se désoxygène par la distillation.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, et oxygène.
t DESPECTUEUX,EUSE(dè-spèktu-eû,eû-z') ,odj. Oui a peu d3 respect. 11 est contraire à toute espèce de convenance de laisser prononcer des paroles aussi dèspectueuses et violatrices de la décision de l'assemblée, MIRABEAU, Collection, t. v,p. 416. Il Peu usité.
— ÉTYM. Lat. despectus, manque de respect, qui a donné dépit (voy. ce mot).
f DESPONSATION (dè-spon-sa-sion), s. f. Slot anciennement employé pour exprimer les fiançailles de la sainte Vierge.
— ÉTYM. Lat. desponsalio, de despondere, promettre,fiancer, dede, et spondere, sponsus (voy. époux).
t DESPOTAT (dù-spo-la) , s. m. Dignité de despote, sorte de prince; territoire soumise l'autorité d'un despote.
— ÉTYM. De.tpote 2.
<. DESPOTE (dè-spo-f), s.m. {| l'Princequi gouverne avec une autorité arbitraire et absolue. Les despotes de l'Asie. Comment l'honneur serait-il souffert chez le despote? il fait gloire de mépriser la vie, et le despote n'a de force que parce qu'il peut l'ôter, MONTESQ. Espr. m, 8. Ces despotes altiers partagent l'univers, VOLT. Tancr. l, l. Le hardi Japonais n'attend pas qu'au cercueil Un despote insolent le plonge d'un coup d'oeil, JD. Orphel. v, f>. Trop couvent le danger rallie à la domination absolue, et dans le sein de l'anarchie un despote même paraît un sauveur, Mirabeau, Colkclion, t. i, p. 350. Et nous n'aurons rien fait en entrant au tombeau Qu'avancer le pouvoir d'un despote nouveau, legouvè, Ép'char. et Néron, l, 3. |{ Par extension, prince qui abuse ou que l'on suppose abuser d'une autorité qui en soi n'est pas absolue. Quelques-uns traitent Louis XIV de despote. || a''Fig. Personne qui s'arroge une a'itorilé tyrannique. Cet homme, cette femme est un despote dans sa famille. || Par extension, celui, celle qui abuse de son autorité en un moment donné pour faire faire à un autre ce qui ne lui convient pas. Quel diable de petit despote mon oncle s'est donné là [sa femme] I bayard et potron, Laure et Delpliine, n, U.
— HIST. ïiv S. En grec despotes, c'est seigneur de la chose de laquelle il puet dire : ce est mien . ORESME, Thèse de hkuniek.
-ETYM. Aiirnôni;, maître, qu'on rattache àuno origine sanscrite : dosa, contrée, et palis, maître.
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2. DESPOTE (dè-spo-f), s. m. Ancien titre de plugieiL-s princes grecs, tels que ceux de Servie, de Valachie. On entendait autrefois par un despote un petit prince d'Europe vassal <lu Turc et vassal amovible, une espèce d'e.sc1ave couronné gouverneur d'autres esclaves, VOLT. Dial. xxiv, i . || Titre honorifique que les empereurs grecs se réservèrent dans l'origine et qu'ils accordèrent ensuite à leur famille.
— HIST. xvi* s. Une ville qui est au dispos de Komanie clamée Tarrassine, llist. de Loyt l II duc de Bourbon, p. 82) , dans lacurne. La renommée qui s'estendoit parvint aux oreilles du Grand Seigneur, nommé Soliman, auquel il fut présenté par le de.spotede Servie, yvf.r, p. 640.
— ÉTYM. Bas-lat. despotes, despotus, de itonâ- T»iî, maître (voy. despote 4).
DESPOTIQUE (dè-spo-ti-k'), adj. Qui est d'un despote. Gouvernement despotique. Dans les État» despotiques où il n'y a point de lois fondamentales, il n'y a pas non plus de dépét de lois, montesq. Espr. Il, 4. Il résulte de la nature du pouvoir despotique, que l'hommK seul qui l'exerce, le fasse de même exercer par un seul, lo. ib. n. 4. Ce n'est point l'honneur qui est le principe des Etats despotiques : les hommes y étant tous égaux, ou n'y peut se préférer aux autres; les hommes y étantesclaves, on n'y peut se préférer à rien, id. ib. m, 8. Tu vois de ces tyrans la fureur despotique volt. AU. iv, 3. U y a longtemps que dans les pays despotiques sauve qui peut est la devise des sujets, id. Lett. Pomarct, (4 oct. I77t. Il Fig. Vous n'avez p' sur moi un pouvoir despotique, sÉv. 363. Vous avez sur ses vers un pouvoir despotique, boil. Art p. i. Un bourgeois, un paysan sont tout aussi despotiques dans leurs opinions que des sultans, bekn. de st-p. Ilarmon. liv. vu, Ilarm. frat. || Substantivement, le despotique, l'état despotique. Il n'y a point de patrie dans le despotique ; d'autres choses y suppléent, l'intérêt, la gloire, le service du prince, la bruy. z.
— HIST. XIV g. Un fait despotique, oresme, Thèse
de MEUNIER.
— ÉTYM. Despote.
DESPOTIQUEMENT (dè-spo-ti-ke-man ) , adv.
D'une manière despotique. Gouverner despotiquement. Toutes ces passions qui gouvernent si déspotiquement les autres hommes étaient de trop faibles mobiles pour un génie aussi ferme et aussi vaste, sÉGUR, Hist. de Napol. i, l.
— HIST. xiv* s. Estre subject despotiquement, c'est à dire servilement, oresme. Thèse de meunier.
— ÊTYM. Despotique, et le suffixe ment. fDESPOTlSER (dè-spoti-zé), t). a. Soumettre à
un régime despotique. Tout ceci finira par un arrêt du conseil; nous serons chambrés et despotisés par le fait, d'autant plus infailliblement que tous les aristocrates tendent à l'opinion par ordre, Mirabeau, Collection, \. i, p. 206. jj Absolument. U faut quelquefois despotiser, c'est-à-dire passer sur les lois ou les règlements. ■ " ■■■ -
— ÉTYM. Despote.
DESPOTISME (dè-spo-ti-sm'), ». m. || 1° Pouvoir d'un desjOte, pouvoir absolu et arbitraire. La Mésopotamie et la Perse où l'influence d'un éternel despotisme et des révolutions toujours sanglantes n'ont pu anéantir encore ni la fertilité naturelle du sol ni même l'industrie, condorcet, Uaurepas. Que la dette contractée par le despotisme ne puisse plus être distinguée de celle qui a été contractée depuis la révolution, et je défie monseigneur le despotisme, s'il ressuscite, de reconnaître son ancienne dette, lorsqu'elle sera confondue avec la nouvelle, CAMiioN, Jtapport, 14 août )793, p. 73. Il Pouvoir exercé à la manière d'un despote, pouvoir oppressif. Le despotisme d'une assemblée. Le despotisme tyrannique des souverains est un attentat sur les droits de la fraternité humaine, fEn. Direction pour la conscience d'un roi, p. h8, dans richelet. || Î" Par extension, toute autorité tyrannique. Cet homme a établi le plus grand despotisme dans sa maison. Il savait obliger sans faste et sans jamais faire éprouver, soit avant, soit après ses services, ce despotisme des bienfaiteurs qui fait plus d'ingr.its encore que la perversité ou l'orgueil de ceux qu'un oblige, CONDORCET, UauTcpas. Tout citoyen qui, même en ne voulant que le bien, craint d'exercer quelque genre de despotisme que ce soit, fût-ce celui de la bienfaisance.,.. Mirabeau, Collection, 1. 1, p. <6. Il Par une autre extension, mais toujours avec le même sens, tout acte qui contrarie vivement un esprit passionné. Ici j'ose en parlant crier que c'est infime; Que c'est une injustice, un despotisme al freux; CbutI on vient, taisons-nous, c. delaviome.
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Princesse Àurélie, v, 7. || Kig. Quand son système [de Ptolémée] eut fait place à celui de la nature, on se vengea sur son auteur du despotisme avec lequel il avait régné trop longtemps; on accusa Ptolémée de s'être approprié les découvertes de ses prédécesseurs, LA PLACE, Expos. V, i,
— ÊTYM. Despote.
t DESPUMA nON (dè-spu-ma-sion), f. f. Opération par laquelle on enlève l'écume et les impuretés rassemblées par l'action du feu à la surface d'un liquide en ébullition.
— ÊTYM. Lat. despumatio, de la préposition d«, et spuma, écume (voy. Kcuhe).
t DESPUMER (dè-s()U-mé), e. o. Terme de pharmacie. Clarifier une liqueur, en la faisant chauffer et bouillir pour en Ater l'écume ou toute autre impureté.
— HIST. XVI* s. Meslés y autant de bon miel de»pumé qu'il sera requis pour en faire syrop, o. db SERBKS, *3a.
— ÉTYM. Voy. DESPUMATION.
DESQUAMATION (de- skoua- ma- sion ) , i. f. Il 1* Terme de pharmacie. Opération par laquelle on enlève les squames ou tuniques qui recouvrpnt certaines racines bulbeuses. || 2* Terme de médecine. Exfoliation ou séparation de l'épiderme sous forme d'écaillés. La desquamation qui survient après la rougeole.
— ÉTYM. De, et sqnama. écaille (voy. squameux).
t DESQUAMER (dè-skoua-mé) , v. a. Terme didactique. Détacher des parties qui s'enlèvent par plai]ues ou écailles. || Se desquamer, v. ré/l. Eprouver la desquamation.
— ÉTYM. Voy. DESQUAMATION.
DESOt!EI.S, DESQUELLES, voy. QUEL.
t DESSABLER (de-sa-blé), v. a. Enlever le sable.
— ÊTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une s de prononciation, et sable.
t DESSA BOTTÉ, IvE (dè-sa-bo-lé , tée), adj. Cheval dessabotté, cheval dont le sabot est détaché, soit par une cause violente, soit par une maladie.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une ( de prononciation, et sabot.
t DESSACRER (dè-sa-kré), v. a. ûter le sacre, le sacrement.
— HIST. XH" s. Cornent serunt li mot del sacrement osté? E qui puet dessacrer ce que Ueus ad sacré? Th. lemart. 3o.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pourd/.... aTeo une t de prononciation, et «ocrer.
t DESSAIGNER (dè-sè-gné), v. a. Enlever le sang et les ordures des peaux fraîches venant de la boucherie.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une i de prononciation, et sang.
DESSAISI, lE (dè-sè-zi, zie), part, passé de dessaisir. Dessaisi des pièces qui attestaient ses dires.
t DESSAISIE (dè-sé-zie) ou DESSAISINE (dè-sèzi-n'), s. f. Ancien terme de droit. Formalité à l'aide de laquelle on opérait l'aliénation d'un héritage.
DESSAISIR (SE) (dè-sè-zir), «. réft. Terme de jurisprudence. Céder à un autre ce qu'on avait en sa possession. Elle a de la peine à se dessaisir de l'original, Boss. Lettr. abb. 86. La dureté de ces pères et de ces mères qui, tout occupés d'eux-mêmes et ne voulant se dessaisir de rien , laissent languir de jeunes personnes sans établissement, boubd. i" dim. après l'Épiph.Dominic. t. i, p. 36. || Transporter un droit ou y renoncer. || Dans le langage général, remettre à des tiers ce qu'on tient. Oh bien, quoi que vous en disiez, je m'en croirai plutôt qu'un autre, et je ne me dessaisi rai point du diamant , dancourt, Bourg, à la mode, v, 4 2.
— HIST. xii* s. Car dessaisiz ne volt pur nule riea plaidier; Ço ne voleit li reis en nul sens otrier. Th. le mart. lus. || xiu* s. Et dist que il le conte des Itlans (Iras delivrast, et le mesist en possession de la baiUie de Saleayque dont il l'avoit dessaisi, h. de VALENc. xxviii. Li cuers est vostres, non pas miens, Car il convient, soit maus [mal], soit biens. Que il face vostre plaisir: Nus[nul] nevuusenpuetdessaisir, la Hose, 4 888. Quant aucun des.saisist autre d'aucune chose, et celui qui a esté dessaisi viaut [veut] recouvrer sa saisine, Ass. de J. 4u3. ||zv*s. Il les avoit dessaisis de toute leur force et puissance, COMM. vu, 8. Il XVI* s. Le seigneur de fief ne plaide jamais des.'.aisi [en cas de saisie féodale il reste la main garnie, nonobstant opposition ou appellation], LOYSEL, 677. [Le vassal peut démembrer son fief] sans s'en dessaisir, ou la main mettre au kastoii, qui est ce que l'on dit : se jouer de son fief sans démission de foi, m. l)4l. Séquestre garde, et U main de justice ne dessaisist et ne prejudicie i personne,
DES
ID, 7«t. Aprîis avoir perdu un si grami empire de citez et de villes et avoir esté dessaisy de la prir.cipaulté de tonte la Grèce, amyot, Agésil. ai.
— ÊTYM. Des.... préfixe, pour di.... avec une s de prononciation, et saisir.
DESSAISISSEMENT (dè-sè-zi-so-man) , ». m. Action de se dessaisir. Dessaisissement d'une créance.
— ËTYM. Dessaisir.
DESSAISONNÉ, ÉE ( dè-st-zo-né , née), part, passé. Des terres dessaisonnées.
t DESSAISONNEMENT (dè-sè-io-ne-man) , ». m. Terme d'agriculture. Action de dessaisonner.
DESSAISONNER (dè-sè-zo-né) , V. a. Terme d'agriculture. Déranger l'ordre de la culture et des semailles. Il y a de l'inconvénient à dessaisonner les terres. || Changer l'époque de la floraison d'une plante; faire croître et fructifier une plante hors de l'époque naturelle.
— msT. XVI* s. Dessaisonner les bois ou les estangs, DU CANGE, »a(to.
— ETYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une » de prononciation , et saison.
t DESSALAISON (dè-sa-lè-zon), ». f. Voy. dessalement.
DESSALÉ, ÉE (dè-sa-lé, lée), part. passé.\\ 1° Dont on a ôté le sel. Morue dessalée. || 2" Kig. et familièrement. Un homme dessalé, un homme fin, rusé. J'aurais bon le demander à Ferrette, elle ne l'avouerait jamais, elle est trop dessalée, LA FONT, ia Coupe enchantée, se. 6. Ce monsignor me parait bien dessalé; je me forme beaucoup avec lui, volt. Amabed , ( 4* lettre. || Substantivement. Vous faites la sourr.oise, mais je vous connais il y a longtemps, et vous êtes une dessalée, mol. G. Dandin, i, 6.
— REM. Dessalé, au sens de rusé, est a.çsez difficile à expliquer. On peut conjecturer que, la morue ayant besom d'être dessalée pour être mangée, l'esprit a saisi cette circonstance pour donner à dessalé le sens de bon à la chose, fin, rusé.
t DESSALEMENT (dê-sa-le-man) , ». m. Action de dessaler. Le dessalement de l'eau de la mer.
— ÊTYM. Dessaler.
DESSALER (dê-sa-lé), i). o. Enlever le sel dont une chose est imprégnée. Dessaler des harengs. C'est lui [Fr. de Bremond] qui a veillé à l'édition des Expériences physiques de M. Haies sur les diverses manières de dessaler l'eau de la mer et de la rendre potable, MAiRAN, Éloges, Bremond. \\ Se dessaler, V. réfl. Être dessalé. L'eau de mer se dessale par la distillation.
— HIST. XIII' s. i lor cotiaus qu'il ont trenchans et afilés [ils] Escorchoient les Turs, aval parmi les prés; Voiant Paiens, les ont par pièces decoup(''s; En l'iave et el carbon les ont bien cuisinés; Volentiers les menjuent sans pain et dessalés, Ch. d'Ant. y, 34. Il xiv* s. Pour dessaller beurre, mettez le en une escuelle sur le feu pour fondre,,., Uénagier,
— ÉTYM. Des.... préfixe, pourd^.... avec une » de prononciation, et saler.
DESSANGLÉ, ÉE (dt-san-glé, glée), part, passé. L'âne étant dessanglé, le bit tourna.
DESSANGLEU (dè-san-glé), t). o. Lftcher ou défaire la sangle d'un cheval, d'un mulet, etc. {| Se dessangler, v. réfl. Être dessanglé. Ce cheval s'est dessanglé.
—HIST. XIII' s. Mes ses chevaux forsva [marche mal] tremblant; Il le descengle, si le let. En mi le pré vautrer le fet, «abie, Ijinval. \\ xvi' s. Descenglez mon cheval et ostez luy sa selle, palsgr. p. 7C8.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une i de prononciation, et sangle.
t DESSAQ13ER (di5-sa-ké), «. a. Vider un sac; tirer d'un sac.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une» de prononciation, et sac.
DKSSÊCIIANT, ANTE (dè-sé-chan, chan-t'), adj. Oui dessèche. Un vent desséchant. || Fig. Qui desséche l'âme, rend les sentiments arides. L'égoîsme est desséchant.
DESSÉCUÉ, ÉE (dè-sé-ché, chée), part, passé. Il 1° Mis à sec. Un étang desséché. || 2° Dont l'humidité est partie. Un tronc desséché. Quand un lis virginal penche et se décolore, Par un ciel brûlant desséché.... delav. Paria, n, 6. || Fig. Qui est privé de douceur, de sympathie, d'onction. Cherchez hors de cette sainte unité, vous n'y trouverez guère que des cœurs hautains et desséchés, fén. t. ii, p. 207.
DESSÈCHEMENT (dè-sè-che-man), ». m. || 1» Action de dessécher, de faire écouler ou évaporer les eaux. Le dessèchement d'un marais. || Action de retirer l'humidité. La dessèchement d'une plante.
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Il Fig. Le dessèchement de» cœurs, la perte de la sympathie, de la douceur, de l'onction. || 2" Grand amaigrissement d'une partie du corps. Vous devez toujours craindre le dessèchement, sÉv. 343. Le pauvre Saint-Aubin est dans un dessèchement qui le menace d'une fin prochaine, id. 47a.
— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie met un accent aigu, et non un accent grave, à ce mot. La prononciation y met un accent grave.
— Etym. Dessécher.
DESSÉCHER (dè-sé-ché. La syllabe té prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette: je dessèche; excepté (exception anomale) au futur et au conditionnel : je dessécherai ; je dessécherais), V. a. Il 1° Mettre à sec. Dessécher un étang. Il est sûr que ce pauvre prêtre qui dessécha les marais Pontins.... d'alembert, Lettre au roi de Prusse, ^" mars <782. || 2° Rendre sec ce qui était humide. Dessécher une préparation anatomique. C'est ainsi qu'il assembla dès lors et qu'il dessécha un grand nombre de plantes, mairan, Éloges, Petit. || 3° Par extension, amaigrir, réduire à un état de consomption. Un moine que le repentir dessèche dans son cloître, VOLT. Mœurs, t39. Cent beautés que vos appas font dessécher de jalousie, id. Gotlt. Le chagrin desséchait la fleur de son printemps, id. Guèbr. iv, 6. Il 4° Fig. Dessécher le cœur, le rendre froid, insensible. Dessécher l'esprit, l'imagination, en tarir les sources. Il 5° Se dessécher, t). réft. Devenir .sec. Des troncs d'arbres qui se dessèchent. {| Devenir maigre. Dans la vieillesse toutes les parties du corps se dessèchent. Ses vives couleurs s'effacent, elle languit, elle se dessèche, fén. Tél. vu. Ma peau est devenue toute noire sur ma chair, et mes os se sont desséchés par l'ardeur qui me consume , saci, Bible, Job, XXX, 30. Il Fig. Devenir froid et dur. Son âme s'est desséchée.
— mST. XII' s. X ces paroles descendid li fus [feu] , e la busche alumad, et tut le sacrefise esbrasîid; e neis les pierres esmiad, e l'ewe ki dessus fud, tute desechad. Rois, 3(8. || xiii' s. Li baigniers d'ewe caude, pour longement demorer, escaufe le cois et deseke, alf.brant, ^ 9. || xiv s. Se vostre faulcon deseche ou amaigrie, Modus, f" xciii. || xvi' s. Un arbre qui n'est pas planté assez profond pour jetter racines vives, deseiche et meurt, calvin, Instit. 428. Duquel le germe ne dessèche et ne périt jamais, iD. ib. 437. La terre ne se resserra pas au feu, en estant toute l'humidité desséchée, amyot, Publ. 25. Ses serviteurs avoient oublié d'en faire escouler ou dessécher la cervelle, id. Pomp. 59.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une < de prononciation, et sec.
DESSEIN (dè-sin; l'n se lie dans le parler soutenu: un dù-sin-n habile; au pluriel, l's se lie : des dè-sin-z habiles), s. m. || 1° Mode déterminé d'après lequel on conçoit quelque chose, plan. Le dessein de ce poème est très-heureux. Quiconque connaîtra l'homme verra que c'est un ouvrage de grand dessein qui ne pouvait être ni conçu ni exécuté que par une sagesse profonde, Boss. Connaiss. iv, 4. Après avoir expliqué le dessein de cet ouvrage, id. Hist. Préf. Pour recueillir tout mon dessein et tout le caractère de saint Charles en peu de mots, fléch. Panég. ii, p. 282. || 2° Ensemble de combinaisons pour obtenir un résultat. Si le roi de Suède s'est jeté dans le péril plus avant que ne devait un homme de ses desseins et de sa condition, voit. Lettre 74. Vous savez les desseins de toutcequej'ai fait, corn. Héracl. II, 3. Elle [Sémiramis] soutint les vastes desseins de son mari, noss. Hist. m, 4. Peut-être, au défaut de la fortune, les qualités de l'esprit, les grands desseins, les vastes pensées pourront nous distinguer du reste des hommes, id. Duch. d'Orl. Qui peut de vos desseins révéler le mystère. Sinon quelques amis engagés à se taire? rac. Baj. iv, 7. Il Dessein sur, vue sur l'avenir de quelque personne ou de quelque chose. Les desseins qu'il a sur son peuple, BOss. Hist. ii, (.Une leur prédit que les desseins de Dieu sur eux, mass. Car. Voc. Ainsi le Seigneur dans ses desseins de miséricorde sur vous.... ID. ib. Accomplir les desseins éternels de la Providence sur las justes, id. Car. Mélange. Et comment connaîtrez-vous les desseins de Dieu sur votre destinée? in. Car. Voc. Il faut que vous soyez instruit, même avant tous. Des grands desseins de Dieu sur son peuple et sur vous? rac. Athal. iv, 2. Il Avoir des desseins sur, former des entreprises pour gagner, pour attaquer, etc. Ils ne cesseront de faire de nouveaux desseins sur.... boss. Hist. i, 8. Ces Grecs ont craint que nous n'eussions des desseins sur leur liberté, fén. Tél. x. || Avoir dessein pour ou sur une femme, songer à gagner son coeur,
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à en faire sa maîtresse. Villarceau, en parlant au roi d'une charge pour son fils, prit habilement l'occasion de lui dire qu'il y avait des gens qui se mêlaient de dire à sa nièce que Sa Majesté avait quelque dessein pour elle, sÉv. ton. Pour cacher les : desseins qu'il avait sur Mme de Senantes, hamilt. i Gramm. 4. || U se dit aussi des projets d'une femme pour gagner le cœur d'un homme. Avant que laValliore eût aucun dessein sur le cœur du roi, volt. io«t» nr, 25. Il Dans le même sens, mais archalquement. Toutes basses amours sont pour vous trop petites; Ayez dessein aux dieux, réonibr, Sat. xni. Tous deux ont eu dessein dessus ma liberté, rotb. Vencesl. iv, e. || Dessein contre, plan formé contre. Peut-elle contre vous former quelque dessein? bac. Phèd. I, t. Il 3' Détermination à quelque chose. U est parti dans le dessein de faire telle chose. Lors était tout mon dessein Du jeu d'amour et de la table, Régnier, Stances rel. Je pense qu'en me dissuadant de ce dessein et en ayant peur pour moi, on a eu peur de moi aussi, voit. Lett. 28. Je suis venu à bout. Dieu merci, de mon dessein, id. Lett. 42. Dans un si grand dessein rien n'est à négliger, corn. Sertor. II, 2. Je forme un beau dessein que son amour m'inspire, id. Rodog. ii, 4. Arrache-lui du cœur ce dessein de mourir, id. Cinna, m, 5. Que direzvous, madame. Du dessein téméraire où s'échappe mon âme? id. Sertor. n, 2. Si vous aviez dessein d'attaquer cette place, ID. Nicom. i, 3. Vous avez bien vu que j'ai fait mes efforts Pour rompre son dessein et calmer ses transports, mol. Tart, iv, 5. Le ciel parfois seconde un dessein téméraire, id. Dép. amour, m, t. U forma le dessein de le perdre, pasc. Prov. 2. En suite de tant d'occasions si surprenantes on a pris le dessein d'examiner leurs livres pour en faire le jugement, id. Prov. 3. U [Pépin] sut la soutenir [la puissance] par un grand mérile et prit le dessein de s'élever à la royauté, iioss. Hist. i, n. Antiochus conçut le dessein de perdre ce peuple, id. ib. II, 6. Voulez-vous qu'un dessein si beau, si généreux.... RAC. Androm. i, 4. Dans ce dessein vousmême il faut me soutenir, id. Mithr. u, a. Le dessein en est pris, je pars, cher Théramène, id. Phèd. I, 4. Rien ne me retient plus, et je puis dès ce jour Accomplir un dessein qu'a formé mon amour, id. Baj. II, t. Ma mère ases desseins, madame, et j'ai les miens, id. Brit. n, 3. On ne sait point d'où part ce dessein furieux, id. Phèd. v, 5. Je médite un dessein digne de mon courage, id. Uithr. u, 2. Gardez qu'avant le coup votre dessein n'éclate, id. Androm. m, 4 . Protèsilas est entré dans le dessein de Philoclès, FÉN. Tél. xiii. Qui change ses desseins découvre sa faiblesse, volt. ilf. de César, m, 6. Lanterne en main, dans l'Athènes moderne Chercher un homme est un dessein fort beau, bérang. H'ouv. Diog. Il Bon dessein, c'est-à-dire bonnes intentions. Non que je désapprouvasse les lois, qui, pour remédier à l'inconstance des esprits faibles, permettent, lorsqu'on a quelque bon dessein, qu'on fasse des vœux ou des contrats qui obligent à y persévérer, desc. Méth. m, 2. Ils ont regret du passé et bon dessein pour l'avenir, pascal, Pro)). to. \\ Faire dessein, avoir l'intention de.... Ayant fait dessein de ruiner ma foi.... MALH. v, 6. Il n'y a point d'apparence qu'un particulier fît dessein de réformer un État, en y changeant tout dis le fondement et en le renversant pour le redresser, desc. MéUi. ii, 2. Depuis que j'ai fait dessein de douter de touteschoses.... id. Médit. 4. Si tu faisais dessein de m'ébloui ries yeux.... CORS. Héracl. i, 2. .la te promets, marquis, qu'il fait dessein d'aller sur le théâtre rire avec tous les autres, mol. Impromptu, 3. || i' Absol'iment. Intention arrêtée, vues arrêtées. Il y a là au dessein. Vous avez du dessein, de la prudence, sÉv. 432. Plus ces historiens font voir de dessein dans les conquêtes de Rome, plus ils y montrent d'injustice, BOSS. Hist. III, 8. Le peuple agit par sa fougue et non par ses desseins, montesq. Espr. ii, 3. || 6" Sans dessein, sans intention. Ce qu'elle en a fait a été sans dessein, mol. Sicil. 46. Il marche sans dessein, ses yeux mal assurés N'osent lover au ciel leurs regards égarés, rac. Brit. v, 8. ||i bon dessein, à bonne intention. Toutefois cela peut avoir été fait à bon dessein, voit. Lett. 42. Pour lui avoir coupé le bord de sa robe, quoique ce fût à bon dessein, uoss. Polit. Il De dessein formé, de propos délibéré. Être mauvais plaisant de dessein formé, mol. Critique, se. t. Qui, bien loin d'être touchés de la perte d'une âme, affectent d'y contribuer positivement, y travaillant de dessein formé.... bourd. Sur le scandale, <" Avent, p. to>. Il 6° X ce dessein, dans cette intention, à cet effet. Attale à ce dessein entreprend sa maltresse, corn. Nieom. i, 6. Hais alle-mdme
DES
DES
DES
rient; hélast àquel dessein? corn. TMod. v, î. HLa locution à ce dessein peut très-bien et très-correctement remplacer la mauvaise locution dans ce but, qui s'écrit et se dit si souvent. || 7' X des.sein, hc. adverb. Avec une intention toute particulière. Il a été incivil à dessein, k dessein d'éblouir le roi, Rome et U cour, CORN. Sicom. i . B. C'était donc à dessein qu'elle cachait ses yeux Comme rouges de honte en sortant de ces lieux, ID. Théodore, iv, 6. C'est peutêtre à dessein de vous entretenir, hac. Brit. iv, t. Orcan, qui me dictait ce cruel stratagème, l.a servait à dessein de la perdre elle-même. ID. Iiaja%. V, tl. Il X dessein que, avec le subjonctif. Cela a été dit à dessein que vous en fissiez votre profit. Mais il n'est arrivé ce dessein qui me tue, Qu'à dessein que ta gloire en prenne plus d'éclat, corn. /mt(a(ton,iii,29.
— KEM. 1. Voltaire, sur ce vers d'Héraclius, il, 7 : Quel dessein faisiez-vous sur cet aveugle inceste? remarque qu'on ne dit pas faire des desseins, mais faire des projets. Toutefois Corneille a encore ailleurs cette locution : J'avais fait ce dessein avant que île l'aimer, Cinna, v, 2. Bossue! aussi a dit faire des desseins, dans le sens d'entreprendre contre. Ces raisons font croire que le scrupule de Vollaire n'est pas fondé, jl 8. On a reproché à Racine d'avoir dit achever un dessein : Et ne le forçons pas par ce cruel mépris D'achever un dessein qu'il peut n'avoir pas pris, Alex, i, 3; attendu, dit d'Olivet, qu'un dessein , un projet n'est pas une chose commencée.
— SYN. DESSEIN, PROJET. Ces deux mots expriment une délermination de faire quelque chose. Le dessein est ce qu'on dessine ou désigne d'avance (car dessiner et désigner sont deux mots identiques); le projet est ce qu'on jette en avant. Dessein exprime donc quelque chose de plus arrêté que projet.
— HIST. XVI* s. Et si n'estoit point l'apprest qu'il faisoit, moindre ne moins suffisant que requeroit le desseing de son entreprise, amyot, Démétr. 60. Son desseing [le but de la philosophie] est de chercher la vérité, mont, n, 230. Projecter le desseing [plan] d'un livre, m. iv, 220. Un tas de gens, interprètes et contrerooUeurs ordinaires des desseings de Dieu, faisants estât de trouver les causes de chaque accident, ID. I, 248.
— ÉTYM. Voy. DESsm, qui n'est qu'une autre orthographe (le dessein; ital. disegno.
DESSELLÉ, ÉE (dè-sè-lé", \ie) , ■pari, passé. Un cheval débridé et dessellé.
DESSELLER (dè-sè-lé), v. o.ôter la selle à un cheval, à un mulet, etc. || Se conjugue comme seller.
— HIST. XV* s. Je voy vertu/ aux piez fouler , Je voy amictié desseler [renverser de cheval], Raison voy musser à la porte, ch. d'orl. Rondeau.
— ETYM. Des.... préfixe, pour d^.... avec une* de prononciation, ei selle.
■j- DESSE.MELER (dè-seu-me-lé. Vl se double quand la syllabe qui suit est muette : je dessemelle , jedessemellerai. L'Académie, qui n'a pas dessemeler, a ressemeler qu'elle écrit sans accent; mais la prononciation, qui n'aime pas deux syllabes muettes de suite, renforce en eu le son de se dans tous les temps où l'I n'est pas doublée), v. a. Ôter la semelle d'une botte, d'un soulier.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... aveo une* de prononciation , et semelle.
DESSEURE (dè-s6-r0, s. f. Usité seulement dans cette phrase familière : être dur à la desserre, se dessaisir avec peine de son argent pour donner ou payer. Je sais qu'à la desserre Vous êtes dur; j'en suis fiché pour vous, la font. Pays. Si je le [un obligé à qui on redemande un bienfait] connais de si fâcheuse desserre qu'il faille plus d'un simple avertissement pour en tirer quelque chose , j'aimerai mieux ne lui dire mot, et ne penserai pas qu'il soit digne que je le presse de faire son devoir, malii. le Traité des bienf. de Sénèque, v, a*. || Terme de pêche. Relâchement d'une rivière glacée quand le dégel arrive.
— HIST. xvr s. C'esloit plaisir, car touchant la desserre Ne doublez pas qu'ilz semblent l'arhaleste Vieille et caducque, à desbender mal preste, 3. ma- ROT, V, 33. Il ressemble les arbalestes de Cognac ; il est de dure desserre, se dit d'un avare, Proverbe du XVI* siècle.
— ÉTYM. Voy. DESSERRER.
DESSERRÉ, ÉE (dè-sè-ré, rée), part, pusse. Les cordes qui le liaient étant desserrées. || Par extension. Rangs desserrés, rangs entre lesquels il y a plus d'intervalle qu'il ne faut. Chaque matin les régiments partaient en ordre de leurs bivouacs; mais dès les premiers pas leurs rangs desserrés s'allongeaient en files l&ches et interrompues, slooa, Uist. de Na/j, vi, ».
DESSERRER (dé sè-ré), v. a. || 1* ReUcber c«
qui était serré. Desserrer sa ceinture. Desserrer un lien. Il Desserrer un nœud, le rendre moins serré; et, figurément, desserrer les nieudsde l'amiiié, rendre l'amitié moins étroite. Apprends de cet exemple à desserrer les nœuds Par qui l'affection, par qui le sang te lie, corn. Imit. 11, ». || Terme de typographie. Desserrer une forme, chasser les coins dans le sens rétrograde au moyen d'un décognoir et d'un marteau. Desserrer la lettre. Desserrer ime forme de distribution. || Desserrer les dents, ouvrir la bouche. I.a convulsion des mâchoires était si forte qu'on ne put lui desserrer les dents. Car, lâchant le bâton en desserrant les dents. Elle tombe.... la FONT. Fabl. X, 3. Il Fig. et familièrement. Desserrer les dents de quelqu'un, le faire parler. Quel intérêt assez pressant lui fait faire une telle école, desserre les dents d'un tel homme? oeauu. Mère coupable,
II, 7. Il Desserrer les dents, parler X peine ai-je
eu le temps De dire quatre mots, de desserrer les dents, BOissY, Babillard, se. 1 6. || Ne pas desserrer les dents, ne pas dire un mot dans une société, se taire obstinément. Je ne desserre pas la bouche seulement, MOL. le Dép. II, 7. Si quelqu'un desserre les dents. C'est un sot, j'en conviens : mais que faut-il donc faire? Parler de loin ou bien se taire, LA FONT. Fabl. X, 2. Si je puis desserrer mon gosier qui n'est pas en état de chanter, sÉv. 423. Vous nous dites les plus belles choses du monde; quand vous serez devant elle, vous ne pourrez desserrer les dents, baron, //omm« à bonnet fortunes, m, (. Il 2* Desserrer un coup de pied, un coup de fouet, un soufflet, l'appliquer soudainement et avec violence. Maître iÉneas un coup desserre D'épée ou
bien de cimeterre, scarron, Virg. Irav. vi Le
cheval lui desserre [au loup] Un coup et hiutle pied, LA FONT. Fabl. XII, <7. Il 8* Se desserrer,*, réfl. Devenir moins serré. Le nœud se desserre. Cette tresse s'est desserrée. || Fig. Avoir moins d'angoisse. X cette bonne parole, mon coeur s'est desserré.
— HIST. XJI* Li venz vanta devers la terre, 0"i les nefs tost del port deserre, benoIt, ii, <067. Il XIII* s. Veez com Hersent est ci prise ; Se je l'aïdo à desserrer Et dou pertuis à destouper, Pur ce si estes esfraez, Ren. 629. X grant joie chevauchent la gent qui Dieu vont querre. Et costoient un val dusqu'à la plaine terre, X un pont à arvolt [à arche voûtée] où une aiguë desserre, Ch. d'Ant. m, 38. Il XV* s. Quand vint le soir, la poterne fut desserrée [ouverte], Loi'is xi, iVoue. 1. 1| xvi* s. Et permettez que ce bras angevin Par l'air françois desserre un traict qui vole Mieux que jamais de l'un à l'autre
pôle, DUBELL. III, 3, recto France durant la
guerre Nouveaux enfans de son ventre desserre, id. m, 7, recto. Quand l'obscurité desserre Ses ailes dessus la terre, id. ui, 7», recto. Le tout inventé pour la commodité des gens de pied, et pour desserrer [tirer, lancer] baUes et dragées, parE, ix, Préf. Le feu de la poudre enflammée lorsqu'on desserre la harquebuse, id. ix, te. Puis un grand coup de maillet luy desserre Entre les yeux: lo taureau tombe à terre, bons. 60S.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec uue s de prononciation, et serrer; bourg, dessarai; provenç. d«ssarrar, deyssarrar, desserrar; ital. disserrare.
t DESSERROIR (dè-sè-roir), «. m. Outil serrant à desserrer.
— ÊTYM. Desserrer.
DESSERT (dè-sêr; le » ne se lie pas: un dè-sêr abondant; au pluriel, l's ne se lie pas: des dè-sêr abondants; cependant plusieurs lient: des dè-sêr-z abondants), s. m. || 1* Le dernier service d'un repas, composé de fromage, de confitures, de fruits et de pâtisserie. || 2* Le moment du dessert. Il arriva au dessert. || 8* Fig. et familièrement. On lui annonça pour son dessert la bonne nouvelle de son avancement. || Ironiquement. Il a eu pour son dessert une verte réprimande.
— REM. On en est au dessert, façon de parler bourgeoise, il faut dire au fruit, de caillièrks, 4 600. Aujourd'hui on ne dit plus qu'eu être au dessert.
— HIST. XVI* s. Tout le sert et dessert feut pourté par les filles pucelles mariables du lieu, belles je vous affye, bab. i'on*. iv, bi. On dessert du premier metz, feut par elles mélodieusement chanté ung epode à la louange des sacrosainctes decretales,iD. ib. Et au dessert chastaignes et nèfles, far£, un, 39. Le semblable fit-il quelque temps apr^s, de sept pains et quelques petits poissons, & une autre grande troupe de gens, et lors aussi les apostres recueillirent sept corbeilles pleines du dessert,
risomcR, Lettrée, t n, p. *io, dans lacurnk. n advertit Harcellinus qu'il ne seroit pas messeant, comnje le dessert [la desserte] des tables se donne aux assistants, nos repas faicis, aussi la vie finie, de distribuer quelque chose à ceulx qui en ont e^té les ministres, mont, ii, 388.
— ÊTYM. Substantif formé irrégulièrement de desferrt'r (voy. co mot), comme le sert (voy. à l'historique l'exemple de Rabelais) est formé de iert:ir.
DESSERTE (riè-sèr-f) , t. f. || 1* Mets qu'on a desservis. Donner la desserte aux domestiques, aux pauvres. || i* Fonction du desservant attaché au service d'une cure, d'une chapelle. Il est chargé de la desserte de cette succursale. || 3* Terme des ponts et chaussées. Chemin de desserte, celui qui dessert une propriété, une forêt, c'estâ-dire qui la met en communication avec le grand chemin. || 4* Il s'est dit aussi pour l'action de faire un service de bureau ou autre. Il sera tenu par les gardes-jurés ou par nos préposés, pour la desserte desdits bureaux de visite et de marque, des registres paraphés parles juges des manufactures, Lelt. patent, f juin «780, art. tu.
— HIST. ziv* s. Il apporteront la desserte des mets aux escuiers de cuisine, Ménagier, n, ♦.
— ËTYM. Voy. dessert. Dans l'ancien français déserte signifiait ce qu'on mérite, venant de detervi'r qui signifiait mériter : xiii* s. Mal m'avez rendu les désertes De ce que je servi vos é [ai], Ren. 25202. Bien voient qu'il aurontdeleur fait la déserte, Berte,
DESSERTI, lE (dè-sèr-ti, tie), part, passé.
DESSERTIR (dè-sèr-tir) , v. a. Terme de joaillier. Dégager un brillant de son chaton, un médaillon de sa monture. || Couper la sertissure d'un diamant un peu au-dessous du fenilletis.
— ETYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une s de prononciation, et sertir.
DESSERVANT (dè-sèr-van), s. m. Prêtre qui dessert une cure, une chapelle. || Dans un sens plus géné.''a!. On appelait ministres les desservants des églises protestantes, volt, tœurs, I38.
— SYN. desservant, cubé. X présent on donne le nom de curé au chef ecclésiastiquo d'un chef-lieu de canton, tandis que, dans toute commune autre que les chefs-lieux de canton, le chef du service ecclésiastique est appelé desservant. La territoire d'un desservant est également nommé paroisse; il est aussi dit spécialement succursale.
— ËTYM. Desservir.
DESSERVI, lE (dè-sèr-vi, vie), part, oassi de desservir. Il 1* Knlevé de dessus une table. Les mets desservis. Il Débarrassé des mets. La table étant desservie. Il 8' X qui on a rendu un mauvais office. De.sservi auprès du ministre par des ennemis secrets. Elle craignait d'être oubliée ou desservie, j.j. Rouss. Confess. v. |{ 8" Donton fait le service. Une cure desservie par un tel prêtre.
t DESSERVICE (dè-sèr-vi-s'), s. n>. Mauvais Oiflce, action de desservir. M. du Maine, avec de l'esprit je ne dirai pas comme un ange, mais comme un démon auquel il ressemblait si fort en malignité, en noirceur, en desservices à tous, en services à personne, st-sim. 4 77, 41). On ne cessait de me faire auprès de lui [le roi] les desservices les plus noirs, 10.
— mST. ivi* s. Ces rapines excessives qui tournent au très grand desservice du roy ne se peuvent corriger que par chastimens exemplaires, lamole,
— ETYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une t
de prononciation, et sert" lee.
DESSERVIR (dè-sèr-vir), je de.ssers, tu dessers, il dessert, n.ius desserrons, vous desservez, ils des- ■servent; je desservais; je desservis; je desservirai; je desservirais; dessers, qu'il desserve; que je desserve, que nous desservions; que je desservisse; desservant; desservi, e. a. || 1* Aveo le sens négatif du préfixe des. Enlever les plats de dessus la table. Desservez la table. || Absolumeiit. Lui hors de table, ondessert au plus vite, la font. Orai». Si tôt que du nectar la troupe est abreuvée, Ondessert.... boil. Lutrin, 1. 1| S* Avec le même sens du préfixe des. Rendre un mauvais otfice à quelqu'un. Il vous a desservi auprès d'un teL Un homme tel que moi. Quand il est mécontent, peut desservir le roi, coRN. Agésil. m, i. [Il] Met à me desservir ses plaisirs les plus doux, rotrou, Vencesl. l, t. Le fourbe trop longtemps a gouverné mon père Et desservi mes feux avec ceux de Valère, mol. Tan. m, t. C'est ainsi que le zèle indiscret du peuple a, dans tous les temps, desservi le mérite et perdu l'innocence, didxr. Régne de Claudi et Aferon, 1,
DES
DES
DES
S 86, Lépine a cru que je la desserwis auprès de vous, MARivAOX, U Lcgs, se. 23. Il Absolument. Ils ne desservent point, naais ils veulent servir à leur mode, BKLZ. 8' dise. s. la cour. \\ 3* Avec le sens de continuité du préfixe des. Faire le service d'une cure, d'une chapelle. Si j'avais quelque pauvre cure de bonnes gens à desservir, J. J. rouss. ^m. iv. || Par extension, ù île de Sayne, je suis demeurée seule des neuf vierges qui desservaient votre sanctuaire, CHATEAiiB. Mart. 306. || Dans un sens tout à fait général, faire un service. Cette diligence dessert tous les lieux situés dans les environs. || 4" Se desservir, ». réfl. Se rendre de mauvais offices l'un à l'autre. Ces deux hommes qui se font des semblants d'amitié se desservent sous main.
— HlST. XI* s. [Il] N'a deservit [mérité] que altre bien il ait, Ch. de Roi. ccutxii. || xh* s. Dist Olivers : Bien l'avez deservie [ma colère], llone. p. 82. S'onques grans biens dut estre desservis Pour mal avoir, bien doi [je] merci atendre, Couci, v. Sire, fait-il, la pape qui m'a enveié ça, Cum avez deservi, par niL'i vus salua; Tenez, liïiez lesletres k'enveiées vus a, Th. le mart. <24, jjxm* s. Et nonporquant, vos avés servi tant moi et lui que, se l'en vos donoit tout l'empire, si l'avés vos plus que deservi, villkh. Lxxxvii. Ce que n'ai deservi convient que je compère [paye], Ber(e, xviii. Bien avez deservi que vous sciez mes drus [mon ami], t6. xxiv. Car qui ainsi le fait, paradis en désert [mérite], ib. xxxiv. Car bien [il] a deservi que pas [nous] ne lui Taillons, tft. Ele eûst deservi deslruire et lapider [mérité d'être lapidée] , ib. xcvn. Or n'i a fors de bien servir. Se ge voil son gré deservir, 2a Rose, 4200. Et quant il faillent lor segneur en tel besoin, il deservent à perdre lor flef, beaum. 49. Comment que uns autres enport les fruis d'un fief duquel je suis hoirs, je suis tenus à obéir et à deservir [faire le service] le fief pour reson de l'hommage que j'ai fet, ID. XII, «2. Une capelerie [chapelle] à deservir perpetuelment, tailuar, Recueil, p. <77. jjxiv's. Et c'est la dernière et souveraine fin, excepté paradis et la grâce, par quoy l'en le désert [mérite], ORESME, Eth. H. Deux serviteurs pour chascune table, qui serviront et desserviront, Ménagier, ii, 4. Il XV" s. Sire de Herbannes, retournez h l'Escluse et ne les gardez point longuement; faites les tous mourir, ils ont bien desservi mort, froiss. ii, u, Ï3I. Il ne les peut avoir de droit, mais il lésa bien desservies [gagnées] en autre manière, louis xi, Nouv. xxvii. Et le fait de sa coustrerie [custode, office de sacristain] recommanda à un jeune et gentil clerc, pourla desservir jusqu'à son retour, id. ib. XLii. Il xvi* s. Grand mercy, dis je, monsieur, vous me faicles du bien plus que n'ay deservy envers vous, RAB. Pant. u, 32. Nostre repas deflaict, En desservant les metz à nous submiz, marot, v, 363. Le serviteur reçoit ce qu'il a desservi [mérité], pource que le maistre est indigné contre lui, calv. Instt'C. 514. Les martyrs par leur mort ont plus deservi de Dieu qu'il ne leur estoit besoin, id. ti>. 524, 11 lui faschoit fort, qu'après avoir travaillé toute la matinée, il fust desservi, avant se mettre à table, BESPEH. Contes, xx. Que ce n'estoit pas mal employé, que ce meschant Cherronesien fust puni selon qu'il l'avoit deservy [mérité], amyot, Eum. 37.
— ÉTYM. Dès.... préfixe, pour drf.... avec une < de prononciation, et servir; provenç. desservir, deservir, dessirvir, desirvir. Suivant que le préfixe implique destruction, renversement de l'action, ou renforcement de l'action, desservir signifie 6ter ce qui est servi , rendre un mauvais service, ou, comme dans l'ancien français, mériter. Le latin deservire veut dire servir avec zèle et a donné , par extension, l'ancien français deservir au sens de mériter, et le français moderne au sens de faire un service. Quant aux autres sens où le préfixe a une signification négative, ils sont, comme déchanter, un exemple curieux du changement de sens des mots par la force de l'analogie des éléments.
t DESSERVITOHERIE (dè-sèr-vi-to-re-rie), t. f. Office ou bénéflcB qui oblige à desservir une église, un chœur.
— ÉTYM. Desservir.
t DESSiCCANT, ANTE (dè-si-kan, kan-f), adj. Oui dessèche. Soumettre les soies à l'action dessiccante.
— ÉTYM. Lat. desiccare, de la préposition de, et ticcare (voy. sécher).
t UESSICCATEUU (dè-si-ka-leur), s. m. Bâtiment dans lequel on fait sécher les draps. On dit plutôt séchoir.
— ÉTYM. Voy. DESSICCANT.
DESSICCATIF, IVE ;dè-si-ka-tif, ti-v'),od;'.|| i-Qui
a la propriété de dessécher. || Substantivement. En méditant de nouveau sur ces faits, j'avais été conduit à envisai^er l'étiolement comme une enfance prolongée et la lumière comme une sorte de dessiccatif, BONNET , Us. des feuilles plant. Suppl. ï'. Il 8" Terme de médecine. Oui desséche les plaies ou quelque partie trop humide. Onguent dessiccalif. Il Substantivement. Un dessiccatif, un topique propre à dessécher. || S' Terme de peinture. Huile dessiccative, huile qui rend les couleurs auxquelles on la mêle, propres à sécher promptement. || Substantivement. Cette huile est un excellent dessiccatif.
— HIST. XVI' s. Le médicament sera résolutif et dessicatif, car toute ulcère requiert estre desseichée, PARÉ, v, 13. Le sécher des fruits tarde quelque peu plus, parce que le miel n'est tant dessicatif que le sucre, 0. de serres, 873.
— ÉTYM. Provenç. dessicatiu, dexicatiu; espagn. desecalivo ; Hai. disseccativo ; du latin desiccativus , de desiccare (voy. dessécher).
DESSICCATION (di-si-ka-sion) , s. f. Action de dessécher, de faire évaporer l'humidité qui se trouve dans un corps. La dessiccation d'une plante.
— HIST. XVI* s. Le sang par ceste dessication et élaboration dégénère en substance charneuse, paré, II, <». Et faudra augmenter ou diminuer la desiccation de l'ulcère qu'on verra estre besoin, m. x, 9.
— ÉTYM. Provenç. deiicatio; espagn. desecacion; du latin desiccado, de desiccare (voy. dessécher;.
DESSILLÉ, ÉE (dè-si-Ué, liée, «mouillées), part, passé. Fig. Qui n'est plus fermé à la lumière. Mes yeux sont dessillés; le crime est confondu, rac. Eslh. III, 7. X mes yeux dessillés la vérité va luire, LAMART. Jlf^dit. IV, )8.
DESSILLER (dt:-si-llé, 21 mouillées, et non dèsi-yé) , V. a. || 1* Séparer les paupières qui étaient jointes, jj 2° Fig. Dessiller les yeux de quelqu'un ou à quelqu'un, le désaveugler, lui faire voir la vérité. Le temps dessillera les yeux, patru. Plaidoyer te,
dans richelkt Purgeant notre âme et dessillant
nos yeux, corn. Polyeucte, i, t . [Son sang] M'a dessillé les yeux et me les vient d'ouvrir, id. ib. v, 5. 11 me semble que tu m'as dessillé les yeux, et je vois clairement la vanité des choses, d'ablancourt, Lucien, t. i, dans richelet. Sitôt que le respect m'a dessillé la vue.... rothod, Vertcesl. u, 2, Il [le ciel] a touché mon âme et dessillé mes yeux, mol. Fest. de P. v, t. Hélas I que ferait-il si quelque audacieux Allait pour son malheur lui dessiller les yeux? BOiL. Sat. iv. La banqueroute, causée et fondée en principes et en droit par l'exposé de l'édit, dessille tous les yeux, ST-sm. 395, t23. L'on commença à dessiller les yeux du peuple sur les superstitions, VOLT. Louis XI V, 25.11 3° Se dessiller, v. réfl. S'ouvrir à la lumière. Mes yeux se dessillèrent, et je reconnus mon erreur. X ce signe d'abord leurs yeux se dessillèrent, la font. Phit. et Bauc.
— REM. Dessiller est une mauvaise orthographe, puisque le mol vient de cil. L'Académie l'a préférée à la bonne {déciller), qu'elle consigne pourtant à son rang alphabétique et qu'elle abandonne pour suivre une vicieuse tradition.
— HIST. xiv* s. Et luy soit coupé [au faucon de chasse] le fil de quoy il est chillé, et soit deschillé de tous poins, Uodus, f* lxxix, verso. Dès la deuxième fois que l'esprevier serapeQ, le convient dessillier [découdre les paupières], Ménagier, m, 2. Il XVI* s. Alors, Forget, alors ceste erreur ancienne. Qui n'avoit bien cogneu ta princesse et la mienne, La venant à revoir, se dessilla les yeux, DUBELL. VI, 48, rec(o. Dessillez-moy l'ame assopie Et ce gros fardeau vicieux, rons. 365. Se reveillant, tu t'esveilles joyeux, Et pour le voir tu dessilles tes yeux, ID. 968.
— ÉTYM. Dès.... préfixe, et ci2 (du moins la plus ancienne orthographe dans l'historique est des-chiller ; mais on pourrait aussi avoir d^-ct2/er) ; mot tiré de l'usage où l'on était, dans la fauconnerie, de ciller ou coudre les paupières de l'oiseau de proie , pour le dompter et dresser.
DESSIN (dè-sin ; \'n ne se lie pas ; un dè-sin élégant; au pluriel, l's se lie : des d6-sin-z élégants), s. m. ||1° Représentation à l'aide du crayon, de la plume, du pinceau. Dessin lithographie. Dessin au trait, celui qui n'a aucune ombre. Dessin haché, celui où les ombres sont exprimées par des lignes sensibles et le plus souvent croisées. Dessin lavé, celui où les ombres sont faites au pinceau, avec l'encre de la Chine. Dessin coloiié, celui dont les lignes sont relevées de quelques couleurs de peinture. Dessin arrêté, celui dont les contours des figures sont achevés. Dessin linéaire par opposition au dessin de la figure, celui des meubles, ornements, vases, que
l'industrie a l'occasion de produire, et qu'on enseigna dans les écoles primaires comme préparatoire aux états de tourneur, menuisier, ébéniste, etc. ; on l'appelle linéaire, parce qu'il ne consiste que dans le trait ou les lignes. La nature féconde Varie à l'infini les traits de ses dessins, volt, Scythes, iv, t. Il 2* L'art qui enseigne les procédés du dessin. Apprendre le dessin. Les arts du dessin, la peinture, la sculpture, l'architeclure. Le dessin est la base d'un grand nombre d'aris. Le dessin est de rigueur en sculpture, diderot , Pensées sur la peinture, Œuvres, t. xv, p. 213, dans pougens. || 3* Délinéation des figures, des contours. Dessin correct, pur. On oppose le dessin à la couleur. || Ordonnance générale d'un tableau. || 4° Figures d'ornement dans certains tissus. Cette étoffe est d'un joli dessin Le dessin d'un papier de tenture. Faire des dessins de broderie, fén. Tél. m. L'esprit se relâchait, pendant quedes mains industrieusement occupées s'exerçaient dans des ouvrages dont la piété avait donné le dessin, boss. Anne de Gonx. || 5° Terme d'architecture. Plan d'un bâtiment, d'un jardin, etc. Ce parterre est fait sur le dessin de M. le Nôtre, sÉv. 588. U en fit tous les dessins [du temple] , BOSs. Hist. II, 4. Ce monument éternisera la honte de l'architecte; car il fait voir que l'ouvrier n'a pas su penser avec assez d'étendue pour concevoir le dessin général de tout son ouvrage, fén. Tél. xxii. || 6° Dans un ouvrage littéraire, le plan et les principaux incidents, à l'exclusion du style. Corneille admirable surtout par l'extrême variété et le peu de rapport qui se trouva pour le dessin entre un si grand nombre de poèmes qu'il a composés, labruï.i. |j 7* Terme de musique. La disposition da diverses parties d'un morceau.
— ÉTYM. Voy. DESSINER. Dessein et dessin sont le même mot; il n'y a pas longtemps que l'orthographe les a distingués pour l'œil; et dans le xvii* siècle dessin s'écrivait souvent dessein. Dessein n'est que dessin pris figurément, c'est-à-dire ce que l'on dessine ou désigne, car ces deux mots sont identiques.
DESSINATEUR, TRICE (dè-si-na-teur,tri-s'),<. m. et /. 1 1 1° Celui , celle qui exerce l'art du dessin. Un bon dessinateur. || 2° En parlantdes peintres, celuiquiest habile à dessiner. Raphaël est un grand dessinateur. Il II se dit spécialement par opposition à coloriste. Ce mot dans ce sens est surtout pris par relation. U y a dans la peinture le dessin et la couleur; de sorte qu'on distingue parmi les peintres les dessinateursetles coloristes; c'est la division que P. Delaroche a suivie dans l'hémicycle de l'École des beauxarts; il a mis les uns à droite, les autres à gaucho. Rubensest bien plus coloriste que dessinateur; David et Girodet sont bien plus dessinateurs que coloristes. Il 3° Celui qui trace le dessin, le plan d'un bâtiment, d'un jardin, etc. Dieu ne fut pas un si méchant dessinateur des bocages de l'Êden que les incrédules le prétendent, chateaub. Génie, i, iv, 4. Il 4° Nom des artistes qui font des modèles pour les ouvriers, pour les manufactures d'étoffes et de tapisseries, pour les broderies. Un dessinateur da fabrique. Dessinateur en broderie.
— ÊTYM. Dessiner.
DESSINÉ, ÉE (dè-si-né, née) , part, passé. Tracé suivant l'art du dessin. Une figure bien dessinée. Il Fig. Enée et Turnus ne sont beaux que dans deux ou trois moments; Mézence seul est fièrement dessiné, chateaub. Génie, ii, ii, 10. Le chapitre 27 du livre xix [de l'Esprit des lois] est un portrait da votre Angleterre, dessiné dans le goilt de Paul Véronèse, des couleurs brillantes, de la facilité de pinceau et quelques défauts de costume, volt, DtoJ. XXIV, t" entretien.
DESSINER (dè-si-né), v. a. || 1* Faire le dessin de quelque objet. Dessinerune figure d'après nature. Dessiner un paysage, des arabesques, un plan. Il 2° Terme de musique. Faire le dessin, concevoir l'ordonnance d'un morceau. Dessiner un point d'orgue. Il 3° Figurer. Ces galeries écroulées dessinaient les places publiques, volney, Ruines,i. Ses cheveux [dePhédon] .effleurés du souffle de l'automne. Dessinaient sur sa tête une pâle couronne, lamakt. 6'ocr. 345. Il Un vêtement qui dessine bien les formes, c'est-à-dire qui fait bien ressortir les formes du corps. Il 4* V. n. Dessiner au crayon, à la plume. Dessiner est un très-joli plaisir, mais écrire est un plaisir utile, maintenon, Letlreau duc de Soailles, Il déc. 1700. Il Terme de peinture. Tracer les contours des figures d'un tableau. Ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine. || 5° Se dessiner, v. réfl. Se montrer avec des contours bien arrêtés. Les Alpes se dessinent à l'horizon. Quelques têtes do chameau
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se dessinaient dans l'ombre, chateaub. Jfart. il, 226. Il Fig. Être marqué, être apparent. Deux grandes opinions, deux grands partis se dessinaient.
—REM. On a écrit aulrefois destigner : Comme un homme Qui dKssigne de l'œil mille châteaux en l'air, ■eoNiER, Éiég. u.
— Etym. Autre forme et ancienne prononciation de désigner (voy. ce mot).
i. DESSOLÉ, ÉE (dè-so-lé, lée), part, passé de dessoler 4. Un bœuf dessolé. || Terme de chasse. Chien dessolé, chien qui, lorsque la terre est dure, a la peau du dessous des pieds enlevée par la marche et le frottement.
2. DESSULÊ, ÊE (dè-so-lé, lée), part, passé de dessoler 2. Une pièce de terre dessolée.
t DKSSOLEMENT (dè-so-le-man), s. m. Terme d'agriculture. Action de dessoler;état de ce qui est des.solé.
— ETYM. Dessoler 2.
t. DESSOLEK (dè-so-lé), V. a. ôter la sole d'un cheval, d'un mulet.
— HIST. x:v* s. Tant orent de meschief lor che-. vaux, ce sait on, Que dessolé en sont deux cent ou environ, Guescl. 4 8329.
— ÉTYM. Dm.... préfixe, pour dé.... avec une s de prononciation, et sole de cheval.
2. DESSOLER (dè-so-lé), «. a. Terme d'agriculture. Changer l'ordre des soles d'une terre labourable.
— ÊTYM. De».... préfixe, pourdi.... avec une s de prononciation, et toJe de la terre.
I i.DESSOLUBE(dè-so-lu-r'),». f. Terme de vétérinaire. Enlèvement de la sole d'un cheval , d'un bœuf.
— ÊTYM. Dessoler i .
f 2. DESSOLURE (dè-so-lu-r"), ». f. Terme d'agriculture. Changement du mode d'assolement d'une terre.
— ÊTYM. Dessoler 2.
i DESSOUCIIER (dè-sou-ché), e. a. Terme d'agriculture. Arracher les souches.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une» de prononciation, et sotuhe.
DESSOUDÉ, ÉE idè-sou-dé, dée), part, passé. Une cafetière en fer-blanc dessoudée.
DESSOUDER (dè-sou-dé), V. a. ôler la soudure, disjoindre des parties soudées. || Se dessouder, v. réft. Cesser d'être soudé.
— HIST. XVI* s. Ores leurs fors bras dessoudent Leurs ponts, écluses et ports, dubell. n, 51, i;er»o.
— ÉTYM. De».... préfixe, pour dé.... avec une s de prononciation, et îoudcr.
t DESSODDURE (dè-sou-du-r'), s. f. Action de dessouder; état de ce qui est dessoudé.
— ÉTYM. Dessouder.
■)■ DESSOUFFLER (dè-sou-flé), t). o. Terme de boyaudiers. Pratiquer la désinsufflation.
— ETYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une » de prononciation, et souffler.
■f DESSOCFRAGE (dè-sou-fra-j'), ». m. Action de dessoufrer.
t DESSOUFRER (dè-sou-fré), V. a. Enlever le soufre qui se trouve dans une substance.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une » de prononciation, et soufre.
t DESSOUILLER (dè-sou-llé, U mouillées), v. a. Oter la souillure. || Se dessouiller, v. réft. Se laver d'un opprobre.
— HIST. ivi' s. Desouiller, Poésies de Loys le Caron, f"*) , «er»o, dans lacurne.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une i de prononciation , et souiller.
DESSOÛLÉ, ÉE (dè-sou-lé, lée), port, passé. Dont l'ivresse est passée.
DESSOULER (dè-sou-lé), v. a. Dissiper l'ivresse. La peur l'a dessoûlé. || Absolument. Il ne dessoûle pas, il est toujours ivre. || Se dessoûler, v. réft. Sortir de l'ivresse. Il s'est dessoûlé en prenant un peu d'ammoniaque.
— REM. Pourquoi l'Académie, qui écrit soûl, soûler avec l'accent circonflexe, écrit-elle dessoûler sans accentcirconnexe? c'est ane inconséquence qui complique l'orthographe.
— ÊTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une » de prononciation, et soûler.
DESSOUS (de-sou; 1'» se lia : de-sou-z et dessus; au contraire, Chifflet, Gramm. p. 2(0, xvii* siècle, remarque que 1'» ne se prononce pas, même devant une voyelle), odu. || 1° Il marque qu'une chose est sous une autre. J'ai cherché sur la table et il était desfous. J'ai crainte ici dessous de quelque manigance, UOL. l'Étour. i, 4. Ce blocenfarinéncme ditrienqui vaille, S'écria-t-il de loin au général des chats; Je loupçonne dessous encor quelque machine, la font. Fabl. m, 48. || Mettre dessous, renverser dans une lutte. Il tacha de me mettre dessous, fén. Tél. v.
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Il Terme de ]eu de paume. Mettre dessouf, lancer une balle assez, bas pour qu'elle ne soit arrêtée ni par la corde, ni par le filet. || Terme de marine. La barre dessous! dessous toute I onlrn au timonier de placer la barre du gouvernail tout à fait sous le vent Il Sens dessus dessus, voy. cette locution à rens. Il 2° Là -dessous, a'iv. Sous cela. Mettez ce paquet làdessous. Il Fig. U y a quelque piège là-dessous. Boni bon! quelque chose là-dessous ; que pourrait-ce être? UANCOURT, Gai. jardin. »c. 4. || 3* Cidessoii», adv. Sous le lieu où l'on est. Ci-dessous gît un tel. || Ciaprès. La note ci-dessous explique la chose. Vous trouverez ci-dessous les propres termes do l'auteur. Il 4* S. m. La partie, le côté, l'endroit qui est sous le dessus. Le dessous d'une table, d'une étofle. Il t'importera peu que le monde s'en joue. Et t'offre de la roue Ou le dessus ou le dessous, cohn. Imit. Il, 4. Il Les dessous d'un théâtre, les étages à planches mobiles qui sont au-dessous de la scène. Il y a jusqu'à trois de ces étages qu'on nomme le premier, le second et le troisième dessous. || Fig. Être enfoncé dans le troisième dessous, être trèsmal dans ses affaires, être le plus bas possible. Il Terme d'eaux et forêts. Les dessous, nom donné aux branchages inférieurs et buissons qui se trouvent dans les bois. |{ 6° Le dessous des caries, la partie des cartes que l'on tient en dessous, c'ést-à-dire qu'on ne laisse pas voir à l'adversaire. || Fig. Le dessous des cartes, les ressorts secrets d'une intrigue, d'une affaire. N'y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu? pasc. Pensées, x, 4, éd.Lahare, 4 86U. L'on voit clair quand on voit le dessous des cartes, sév. 202. Je crois que vous m'aimez; c'est assurément le dessous de vos cartes, comme la véritable tendresse que j'ai pour vous est le dessous des miennes, sÉv. Lett. 5 août 4676. Les gazettes dirent que leur vaisseau [des philosophes qui étaient allés faire des observations sous le cercle polaire] échoua aux cdtes de Bosnie, et qu'ils eurent bien de la peine à se sauver; mais on ne sait jamais dans ce monde le dessous des cartes, volt. Uteromégas, 4, || On dit aussi le dessous de cartes. Une de nos folies a été de souhaiter de découvrir tous les dessous de cartes de toutes les choses que nous croyons voir et que. nous ne voyons point.... SÉv. 4 97. Il Absolument. Un dessous, quelque chose de caché dont il faut se défier. || 6' Avoir le dessous, avoir le désavantage dans un combat, dans une discussion. Soit que Rome y succombe ou qu'Albe ait le dessous, corn. Uor. 1, 3. Est-Il possible que toujours j'aurai du dessous avec elle? mol. G. Dandin, il, 43. Nous avons toujours du dessus et du dessous, de plus habiles et de moins habiles, de plus élevés et de plus misérables, pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection, pasc. Pensées. Monval m'a conté une affaire vive à la Caldiera; les nôtres auraient eu du dessous, p. L. cour. Lett. II, 87. Il 7* En dessous, loc. adv. Dans le dessous, dans la partie qui est dessous. Un pain brûlé en dessous. || Fig. Regarder en dessous, regarder sans lever les yeux. D'abord ils [les noirs] ne savent qu'en dire [des marionnettes] ; Ils se regardent en dessous, bEraho. Nègres. Son regard en dessous observait tout avec une ombrageuse attention, MARMONTEL, Mém. IV. jj Être en dessous, être morne et dissimulé. U a l'air en dessous, il a l'air dissimulé. || 8° Par-dessous, loc. adv. Parle côté qui est dessous. Il le prit par-dessous. || Par-dessous, prép. Par-dessous ses vêtements. Passer par-dessous la barrière. Il Fig. et familièrement. Par-dessous la jambe , avec promptitude et facilité. U fait cela pardessous lajambe. || S" Au-dessous, loc. adv. Plus bas. Notre village est situé près du pont; le vôtre est bien au-dessous. La citadelle est sur la colline; la ville s'étend au-dessous. || Fig. Être au-dessous, être inférieur. Jamais il [Racine] n'ira plus loin qu'Andromaque; Bajazet est au-dessous, au sentiment de bien des gens et au mien , si j'ose me citer, SÊV. 4 26. Il Au-dessousde, Joe. pr^. L'eau ne nous venait qu'audessous du genou. Être logé au-dessous de quelqu'un. Le thermomètre est au-dessous de zéro. || Terme de marine. Être au-dessous du vent d'un vaisseau, être placé de manière que ce vaisseau reçoit le vent le premier. || Par extension. Il marque l'infériorité par rapport à un terme. On enrôla tous les hommes au-dessous de cinquante ans. Une somme au-dessous de mille francs. Vendre au-dessous du cours. Les enfants de l'âge de deux ans et au-de-ssous. Il Fig. Être au-dessous de sa place, n'être pas en état de la remplir. Cet emploi est au-dessous de lui, cet homme est capable et digne d'occuper un poste plus élevé. Je n'ignore pas qu'à cause de votre noblesse vous me tcuez fort au-dc^'îous de vous.
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MOL. Georges Dandin, u, S. Le Mercure Galant est immédiatement au-dessous du rien; il y a bien d'autres ouvrages qui lui ressemblent, la brut. i. La faveur met l'homme au-dessus de ses égaux, et sa chute au-dessous, m. viii. || 10* De dessous, loc. adv. Vêtement de dessous, vêtement qui se porto ordinairement sous d'autres. || De dessous, Uic. prép. exprimant que l'on tire de quelque chose qui est dessus. Vous ne trouverez pas bon qu'une magicienne fasse sortir une armée de dessous terre, mon- TESO- Lett. pers. 4 37. Hommes noirs, d'où sortezvous? Nous sortons de dessous terre, bEbamg. Jés. Il Voy. aussi au-dessous, k son rang alphabétique.
— REM. Dans la première partie du xvii* siècle, dessous a été employé couramment comme préposilion : Ce sera dessous cette égide Uu'inviocible de de tous côtés.:.. HALH. III, 2. Si dessous sa valeur ce grand guerrier s'abat, corn. Cid, 11, 5. Et que dessous les cieux Auprès de mon honneur rien na m'est précieux, m. ib. v, 4. Je le tiendrai longtemps dessous votre fenêtre, ID. Ment, u, 4. Rome est dessous vos lois par le droit de la guerre. ID. Cinna, 11, 4. Ou qu'enfin s'il tombait dessous votre puissance, 10. Pomp. m, 2. Malheureux que je suis d'avoir dessous ce masque Eté, sans y penser, te faire cette frasque I mol. l'Étour. ui, 42. Je sais qu'il est rangé dessous les lois d'un autre, lo. Dép. amour. 11, 3. Le lièvre était glté dessous un maître chou, LA PONT. Fabl. iv, 4. Ses sacrilèges mainr Dessous un même joug rangent tous les humains, RAC. Alex. II, «4. Il est fâcheux que les puristes du xvii* siècle aient voulu, sans aucune raison grammaticale ni étymologique, Ôter à dessous le rôle de préposition; il en résulte que de beaux passages dt nos classiques nous paraissent ou archaïques ou fautifs. Aujourd'hui la règle s'est établie, et ce sérail une faute d'employer dessous comme préposition. Cependant V. Hugo a essayé de faire revivre l'ancien usage" [Ils] Poursuivent un œil noir de.ssous la jalousie X travers l'éventail, F. d'oui. 28.
— HIST. XI* s. Desuz un pin, delez un églantier, Ch. de Roi. viii. Lur [leurs] chevalz [ils] laissent de desuz un olive, tt. cia. || xii* s. Dessus mespiez charront [ils tomberont sous mes pieds], Roit, p. 209. Desoz un pin, Ronc. p. «. Au pié d'un mont par desoz un lorier, ib. p. 4». [Je] N'en donroie le désir Pour tout l'avoir desouz ciel, Coud, xu. Adonc m'est vis que jel sente [le vent] Par desoui mon manteau gris. Dame de Faiel, dans Couci. As prez desoz Golane se viennent hebergier, Sax. vi.|| xiii's. Il se sont arestés desouz un olivier, Berte, xix. La dame fut au bois desous un arbre assise, ib. xxx. Quant la seconde esciele [bataillon] des Espaignois vit au dessous sa partie, si se ferirent entre aus [eux] isnelement, Chrun. de Rains, p. 76. Sien fu moult dolans et envoya maintenant un légat en France et un en Engieterre et un en Alemaigne et par toutes les terres de sous la loi de Rome, ib. 33. On doit miex croire le tesmognage de l'apostole» que le par desous [le témoignage de l'inférieur], beaum. xviii, 4 3. Il XIV* s. Et de telles ars et doctrines aucunes sont des.soubz une autre; si comme art de faire frains est dessoubz art de chevaucher, obesme, Eth. 44. Il XV* s. Et d'autre part il voyoit bien que il ne pourroit mauvaisement mettre au dessous le grand royaume de France, froiss. i, I, 62. La comté d'Evreux estoil revenue aux enfans du roi de Navarre qui estoient dessous âge et au gouvernement du roi Charles «le France, leur oncle, ID. II, II, 4 9. Kl aussi quant Picars les trouvoient à leur dessoubz, ils leur faisoieiit assez de peines, FENIN, 441 1. Messire Knguerrant, très bien accompaigné, le tenant par dessoubz le bras, tout à genouillons le présenta au roy, Jeh. de Saintré, ch. 32. Toutesfois estans Vénitiens presque au dessous, au moins ayant le pire et fort ruinez d'argent.... couH. VII, 2. Il XVI* s. J'entreprends de mar^ cher sus l'herbe des prez, sans que elle flechiss» dessoubs moy, rab. Pant. u, 24. Osté qu'il sera [c« masque], nous ne trouverons au dessous que..., MONT. I, 90. Il se coucha dessoubs un arbre, id. 1, 341. Il luy mettoit sa trompe dans le sein, par dessoubs son collet, m. u, 486. Algeus luy laissa une espée et des souliers, lesquelz il cacha dessoubs une grosse pierre, amyot, Thésée, 4. Theseus soubleva facilement la pierre, et print ce qui esloit des>oubs, ID. ib. 6. Elle trahit dessoubs ceste espérance Le roi son père avec sa demourance, id. Jiom. 26. Le dessus du bourbier esloit crousté ; mais le dessoubs enfon-
droit, ID. 16. î7 Ou sous le frais d'un antre, ou
dessous la froideur D'un chesne dont les bras s'opposent à l'ardeur, bons. 814. L'air retentit dessous 1» cri des mcres, id. bos.
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- ÈTYM. Cm.... préfixe, pour di.... avec une i de prononciation, et sous; bourgui)?. deso; Be.-ry, dessnnr; picard, dejous, edious; provenç. desots, desostz ; ital. disotto.
tDESSOCVEMR (SE) (dè-sou-Te-nir),«. rifl. Ne pas se souvenir.
— IIIST. XIII' s. Pour eslongier ne depHitir, Ne pour longuement demeurer. Ne doit dame dessouvenir Son loial ami. Poésies mss. du Vcuican, dans
LACURNK.
— ÉTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une s de prononciation, et souvenir.
t UESSUINTAGE (dè-suin-ta-y'), s. m. Opération qui a pour but de débarrasser la laine de son suint.
t DESSUINTER (dè-suin-té), l>. a. Terme de teinturier. Enlever le suint de la laine.
— ÊTYM. Des.... préfixe, pour dé.... avec une s de prononciation, et suint.
DESSUS (de-su; l'sse lie: de-su-z et dessous; au contraire, Chifflet, Gromm. p. 2)6, au xvii* siècle, remarque que l's ne se prononce pas, même devant une voyelle), adr. || 1* Exprime la situation supérieure, et est opposé i dessous. Ce qui est sous la table mettez-le dessus. Si notre être, si notre substance n'est rien, tout ce que nous bâtissons dessus, que peut-il être? Boss. Duch. d'Orl. Il Mettre dessus, se couvrir, mettre so« chapeau. Celte locution est populaire. Mettez donc dessus, s'il vous plaît, mol. Uar. forcé, 2. || Terme de jeu de paume. Mettre dessus, pousser ou relever une balle avec la raquette, assez haut pour qu'elle passe au-dessus de la corde. Il Terme de marine. Avoir le vent dessus, être masqué ou avoir ses voiles coiffées. || Sens dessus dessous, voy. cette locution au mot sens. || i' Là-dessus, adv. Sur cela. Mettez ce livre là-dessus, il Sur ce sujet, sur ce point. Pourquoi revenir toujours là-dessus? Passons là-dessus. Vous pouvez compter làdessus, sur cet engagement, cette promesse. \\ Après cela, aussitôt après. On lui déclara qu'il n'obtiendrait rien , là-dessus il se retira. Ses troupes là-dessus ont été dispersées Pour rompre dès l'abord ces pointes avancées, tristan, Panthée, v, 4. Là-dessus un grand cri tout autour s'entendit, ID. Mariane, v, 2. |{ 3* Ci-dessus , ad». Plus haut, en parlant de quelque chose qui est consigné par écrit. Voyez ce qui a été exposé ci-dessus. Comme ci-dessus. || Elliptiquement. De tout ce que dessus j'argumente très-bien Qu'ici-bas maint talent n'est que pure grimace, la font. fo6i. xi, 5. || 4° S. m. Le c6té d'une chose qui forme la partie supérieure. Le dessus d'une table, d'une étoffe. Le dessus est plus beau que le dessous. |{ Ce qui est en dessus. Je vous donne avec plaisir le dessus de tous les paniers, c'est-à-dire la fleur de mon esprit, de ma tête, de mes yeux, de ma plume, de mon écritoire, et puis le reste va comme il peut, sÉv. 234. Il L'étage supérieur d'une maison. {| Le haut d'un omnibus. {| S" Il se dit de diverses choses qui se mettent sur d'autres. Un dessus de table. || 'lerme d'architecture. Dessus de porte , ornement de boiserie, do peinture ou de sculpture , placé dans un encadrement au-dessus du chambranle d'une porte. Mais, me répond l'aniste, vous ne savez donc pas que ces vertus sont des dessus de porte pour un receveur général des finances? didehot, Salon de <767, CEuvres, t. xiv, p. 87, dans pougens. Il ne peindra jamais que des dessus de portes, i. i. Booss. Ém. m. Il 6' Les dessus d'un théâtre, les étages qui sont au-dessus de la scène et dans lesquels peuvent remonter certaines machines, certaines décorations. Il 7° Petite glace qui sert comme de molette pour dégrossir ou adoucir une autre glace. || 8" Adresse, suscription d'une lettre, d'un paquet. En fermant le paquet, j'écrirai le dessus, corn. Ment, iv, 4. Le cabasset cacheta sa lettre, mit le dessus [t'adresse] à M. de Chaulnesau lieu de M. de Pontchartrain,ST-
siM. 42, 239 J'ai fini, je n'ai plus qu'à cacheter
ma lettre et mettre le dessus, rêgnahd. Distrait, IV, ». Est-ce à moi qu'on écrit? regardons le dessus, LACHAUSSÉE, Gouvern. ii, 8. || 9° Terme de marine. Le dessus du veut, l'avantage du vent. Avoir, gagner
le dessus du vent Presque en arrivant Un pirate
survient, prend le dessusdu vent. Les attaque, les bat,
LA FONT, l'illes de Minée Un vaisseau de corsaires.
Ayant pris le dessus du vent. Les attaqua; le combat fut sanglant, m. Fiancée. \\ Fig. Avoir le dessus du vent.avoiri'.vantagesur quelqu'un. || Ledessusd'una voite , la face tournée vers l'avant quand la vergue de la voile est brassée carré. || 10° Avantage, supériorité. Avoir le dessus, avoir l'avantage dans un combat, dans une lutte quelconque. La fortune n'avait paa encore le dessus dans son esprit, vaugel. Q. C, m. 4 2, Ils estiment que c'est bien davantage d'em-
porter le dessus au conseil sur leurs compagnons, que de battre à la campagne leurs ennemis, balz. 3« dise, sur la cour. Ils savent oublier quand ils ont le dessus, CORN. Nieom. v, 7. Et sur notre Arménie Orode eut le dessus, m. Suréna, i, l. Avec plus de raison nous aurions le dessus. Si mes confrères [les lions] savaient peindre, la font. Fabl. m, <o. Le plaisir d'avoir le dessus sur la reine, sév. 298. Votre frère l'emporte et Phèdre a le dessus, rac. Phèdre, n, 8. Que la passion n'ait pas le dessus sur la raison, BOSS. SU. 3. Il Avoir le dessus de quelqu'un, l'emporter sur lui. Si de nos ennemis Rodrigue a le dessus.... CORN. Cid, IV, B. Comme le vrai mérite a ses prérogatives Qui prennent le dessus des haines les plus vives, ID. Sertor. m, 2. || Celte tournure est moins usitée que avoir le dessus sur. || Prendre le dessus, devenir prépondérant par les armes, par la force, par l'influence, etc. Tenir le dessus, avoir la supériorité. LucuUus prenait le dessus en Orient, Boss. Hist. I, 9. La Macédoine y tenait le dessus, ID. ift. m, 6. César prit le dessus, ID. ib. m, 7. Tu disputes contre Dieu à qui emportera le dessus, m. Pén. 3. Il 11» Terme de musique. La partie la plus haute par opposition à la basse. Premier, second dessus. Les pinsons chantaient le dessus avec les bergères, volt. BaJbyl. 4. || Haut dessus, s'est dit de la partie supérieure parmi les dessus chantants. On dit aujourd'hui premier dessus. || Personne qui chante le dessus. Un beau dessus. Il vous faudra trois voix, un dessus, une haute-contre et une basse, mol. Bourg, gent. n, 1.1112" En dessus, dans la partie supérieure. Cela est noir en dessus. || 13* Pardessus, loc. adv. Par la partie supérieure; en outre. Il avait un habit et une redingote par-dessus. 11 eut ce qui lui avait été promis et quelque chose pardessus. Il Par-dessus, loc. prép. Il porte un gros manteau par-dessus son habit. Il sauta par-dessus la barrière. Ne souffrez pas qu'une réputation si juste que la vôtre soit si limitée, ni qu'elle demeure aux pieds des Pyrénées, par-dessus lesquelles tant d'autres ont passé, voit. Lett. 48. || Fig. Dont il avint qu'il sauta par-dessus Ces longs soupirs et tout ce vain martyre, la font. Berc. \\ Terme de marine. Passer par-dessus le bord, se dit d'une personne qui s'est cachée à bord et qui ne se montre que quand le navire est en mer. || Fig. En avoir par-dessus les yeux, par-dessus la tête, être excédé d'une chose. || Être dans quelque chose pardessus les yeux, en être complètement absorbé. Mme de Coulanges s'en va; Mme de Lavardin est dans la noce par-dessus les yeux, sSv. 432. || Pardessus les maisons, se dit en parlant de choses exorbitantes. 11 fait des demandes par-dessus les maisons. Et qu'a-t-il demandé? — Oh! d'abord des choses par-dessus les maisons, mol. Scapin, ii, 8. || Faire quelque chose par-dessus l'épaule, ne point le faire. Il l'a payé par-dessus l'épaule || Outre, en plus que. Il lui a donné dix francs par-dejsus ce qu'on lui devait. Il Par-dessus tout, loc. adv. Principalement, avant tout, surtout. Ce qu'il veut par-dessus tout, c'est recouvrer son argent. || S. m. Par-dessus de viole (voy. par-dessus). || Pardessus, sorte de vêtement (voy. PAR-DESSBS). || 14' Au-dessus, Joe. adv. Dans la situation supérieure, plus haut. Au-dessus étaient écrits ces mots. Le confluent des deux rivières est ici; le village est au-dessus. || Au-dessus de, loc. prép. Plus haut que. Au-dessus du genou. Le soleil est au-dessus de l'horizon. Quinze degrés au-dessus de zéro. La Marne se jette dans la Seine audessus (le Paris, en amont. Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir, Penses-tu lire au-dessus de ta tête? LA FONT. Fabl. ii, <3. C'est ainsi que dixhuit mille Italiens et Français, ramassés au fond d'un ravin, ont vaincu cinquante mille Russes placés au-dessus de leurs têtes et secondés par tous les obstacles que peut offrir une ville bâtie sur une pente rapide, ségur, Hist. de Map. ix, 2. || Au-dessus de, sur la partie supérieure. Nitocris est cette reine qui fit de si grands ouvrages à Babylone; elle avait placé son tombeau au-dessus d'une des portes les plus remarquables delà ville, bollin, Hist. anc. Œuvres, t. ii, p. 82, dans podgens. || Par extension , il marque la supériorité par rapport à un terme indiqué. Tous les hommes au-dessus de cinquantecinq ans. Les enfants de cinq ans et au-dessus. || Fig. Au-dessus de, exprime une supériorité due au rang, au mérite, au crédit, etc. L'archevêque est au-dessus de l'évêque. Bossuet est au-dessus de tous les orateurs chrétiens de son temps. J'ai cherché longtemps dans mon esprit qui pouvait être ce petit homme de qui on dit de si grandes choses et que l'on met si fort au-dessus et au-dessous de moi.voiT. Utt. 28. L'émulation.... qui rend l'âms féconde ,
qui la fait profiter des grands exemples, et la port» souvent au-dessus de ce qu'elle admire, la brut. XI. Tous mes amis en usent ainsi, et vous êtes audessus de tous mes amis, «aintenon, Lett. au card. de Soaillet, 7 oct. (697. Un homme aussi au-dessus de ses contemporains ne pouvait manquer d'exciter leur jalousie, mnEROT, Opin. des anc. phil. {scolastiques). Quel dérèglement de jugement, par lequel il n'y a personne qui ne f.e mette au-dessus de tout le reste du monde et qui n'aime mieux son propre bien et la durée de son bonheur et de sa vie, que celle de tout le reste du monde, pasc. Pensées, "xxv, 2, éd. Lahure, (860. || Être au-dessus de soimême , se surpasser soi-même. Ne sentez-vous pas que Minerve vous a transformé en un autre homme au-dessus de vous-même, pour faire par vous ce que vous avez fait? pén. Tél. xxii. || Être au-dessus de sa place, mériter mieux. || Être au-dessus des faiblesses humaines, être incapable d'y succomber. Une grande âme est au-dessus ne l'injure, de l'injustice, delà douleur, de la moquerie, la brut. xi. || On dit dans un sens analogue qu'une chose est au-dessus d'une autre pour exprimerqu'elleest plus forte, plus grande, plus puissante. i;ela est au-dessus de ses forces, cela surpasse ses forces. Courage au-dessus des périls, très-grand ooufage. Ma douleur est au-dessus de toute douleur, mon cœur est tout languissant au dedans de moi, saci. Bible, Jérémie, VIII, (8. Il Être au-dessus de certaines choses, n'y être pas astreint. En disant ceci, ne croyez pas, s'il vous plaît, que je me plaigne de cette rare personne que son mérite et son peu de santé mettent au-dessus de toutes sortes de devoirs, voit. Lett. 19. Il Être au-dessus de l'opinion, ne pas s'en inquiéter. Il Être au-dessus de ses affaires, avoir une fortune étabbe, avoir plus de revenu que de dépense à faire, ou, en parlant d'un commerçant, avoir ua établissement qui prospère. || Fig. Être au-dessus du vent, n'avoir rien à craindre, être sorti d'embarras, de gêne, de péril. (Cette locution n'est pas usitée au propre dans la marine, où l'on di: avoir le dessus du vent). Les voilà donc tous transportés de joie, au-dessus du vent et de tous les procès, sâv. Lett. <3 juin (883. Il 16° De dessus, prép. qui exprime qu'une chose n'est plus placée sur une autre chose, ôtez cela de dessus le buffet. Il ne leva jamais les yeux de dessus lui, taucel. Q, C. m , 8. Détournant leurs yeux de dessus la mort, BOSS. Or. (un. Gornay. Aussitôt il essuya la poussière de dessus son visage; et le roi d'Israël reconnut qu'il était du nombre des prophètes, saci, Bible, Bois, m, xx, 41. Ses yeux ne se détournent pasde dessus elle, mass. Prof, rel. 2. Il Voy. au-dessus, à son rang alphabétique.
— REM. 1. Dans la première partie du xvii" siècle, dessus a été couramment employé comme préposition : Depuis où le soleil vient dessus l'hémisphère, malh. I, <. Venez en robes où l'on voie Dessus les ouvrages de soie Les rayons d'or étinceler, id. m, 3. Qu'elle ait un sentiment qui la fasse pleurer Dessus ma sépulture, id. v, 4. En vain dessus Parnasse Apollon on appelle, rëgnier, Sat. iv. Le ciel agit sans nous en ces événements. Et ne les règle point dessus nos sentiments, corn. Hor. m, 3. Le bonhomme tout vieux chérit fort la lumière. Et ne veut point de jeu dessus cette matière, mol. l'Élour. m, B. Faites parler les droits qu'on a dessus moa cœur, ID. Dép. am. i, 2. Dessus quel fondement venez- vous donc, mon frère...? id. Éc. des maris, III, 9. Si j'avais dessus moi ces paroles nouvelles, ID. Fâcheux, I, 6. Plus brusquement qu'un chat dessus une souris, lo. l'Ét. iv, 5. Comme un mouton qui va dessus la foi d'autrui, la pont. Fabl. n, to. C'était tout, car les précieuses Font dessus tout les dédaigneuses, ID. ib. va, 6. Mais dessus quel endroit tombera ton tonnerre. Qui ne soit tout couvert du sang de Jésus-Christ? desbarreauz, ou l'abbé DE lavau. Sonnet du pécheur repentant. La nouvelle comtesse de Mailly entra dessus [portée par} toute la gloire de la toute-puissante faveur de Mms de Maintenon, st-sih. in, 56. Mettez le pied dessus le cou des rois, volt. Phil. iv, 224. Voyez sur cet emploi la remarque au mot dessous. Aujourd'hui dessus est exclusivement un adverbe. || 8. Pourquoi par derrière sans trait d'union etpor-dessu*, par-dessous, avec un trait d'union? Le tiret ne peut sejustifier, excepté dans les cas où par-dessus forma le nom d'un objet unique : un par-dessus de viole.
— HIST. XI* s. Les ches [têtes] [il] en pristèspuis [monts] desuzHaltile, Cft. de Roi. xiv. Allez sedeir desur cel paile [manteau] blanc , ib. xix. As.'^ez orrez [ouirez] la quele [épée] ira desure, ib. lxxii. Il xii* s. La reregarde desor lui si jugier[lui imposer ainsi de faire l'arrière garde] , Rone. p. 34. OU-
niG
DES
DES
Ters est desor un pul [tertre] montez, floniî. p. «6. Au front dessus [l'escu] ot trois bandes d'or mer [pur], ib. p. 60. Hais ains alons desor païens ferir, ib. p. 87. Repairez est li cons [le comte] de là dessus, ib. p. 9». Kt par dessus [il| le prisf fort à lier, th. p. 97. [Elle] l'rent le suaire de desiis l'estaver, ib. p. 47 1. Desor tous autres rois [vous] auriez le dangier [domination], Sax. vi. Demain [je] les ferai pendre (les messagers] par desor cest rivage, ib. XXVI. C'est le plus jouenes des quatre Herbert filz. Mais dosor toz estoit 11 de grant pris, Haoul de C. 99. Il xiii* s. Li empereres qui moût avoit bien fais ses afaires, etculdast bien del tout estre au desus, s'enorgueilli moût envers les barons, villkii. xcii. Berte remest pasmée desur le pavement, Berte, ix. Et Berte gist t dens par desus la bruiere, tb. xx. Dessur les marcheaiis [elle] fist coustume [impfit] asselr, tb. Lxiit. Et se li mestre et li juré truevent pain trop petit, il le pueent prendre et doner le por Dieu, si corne il est dit par desus, Liv.de$mit. <7. Mes li rain [rameaux] furent lonc et haut, Et por le leu [lieu] garder de chaut. Furent si espès par deaeure, Que li sçlaus en nesune [aucune] eure Ne pooit à terre descendre, Ne faire mal à l'erbe tendre, la Rose, (879. Por ce porrez estre audesseure [avoir le dessus, remporter], tb. 7438. Cortoisie est que l'en sequeiirre Celi dont l'en est au desseure, t&. Si94. X la quinzeinne après, les Turs, pour nous affamer, dont moult gens se marveillerent, prirent pluseurs de leurs galies desus [qui se trouvaient audessus de] nostreost, et les firent treinner par terre, loiNv. 23a. Ou flum devant le roy avoit une galle de Genevois, là où il ne paroit que un seul homme desur, iD. S49. Ce Henri desus ditfust conte de Champaingne et de Brie , m. 204. || xiv* s. El nul n'esluit [élit] félicité pour les choses dessus dittes ne pour autres quelconques, oresme,£(/>. vm [U . || xvs. Ces trois, dessus tousles autres, en avoient la charge, FROiss. I, I, 116. Dessus l'âge de quinze ans et par dessous l'âge de soixante ans, ii>. i, i, 464. Que les Anglois sont communément envieux sur toutes estranges gens, quand ils sont à leur dessus, id. i, ], 46. Et si Dieu m'aist [m'aide], le courage m'en sied trop bien que nous en viendrons & notre dessus, ID. t, I, 47. X leur département ils trouvèrent quatre nefs anglesches chargées de pourveances et de chevaux, qui s'esloient tenues au dessus de la bataille, id. i, i, 4 96. Les raisons dessus dictes, couM. Prol. La joie fut très grande au roi de se veoir au-dessus de tous ceux qu'il hajoit, id. v, 42. Incontinent que ung discord se mouvoit en Angleterre, en dix jours au moins l'ung ou l'autre estoit au dessus, m. vi, 2. Estre au dessus de ses affaires, . ID. VI, 43. Il XVI" S. Les traictz passoyent oultre par dessus sans nul ferir, rab. Car. i, 47. Le dessus couvert d'ardoyse flne,iD.t(>.i, 63. Homme sçavant dessus la capacité du temps de maintenant, lo. iPant. II, 40. U chantoit bien la basse contre : Et les maris la malencontre. Quand les femmes font le dessus, UAROT, II, 434. Dessus le soir, id. u, 434. Luy donnera, pour plus son cueuraiser, Quelque autre don par dessus le baiser, id. u, 279. Pour obéir à un clin de tes yeux. Je tournerois dessus dessous les cieux, LA BQÉTiE, 482. De dessus un bastion, mont. I, 28. Le coup ne luy rasa que le dessus de la teste, lu. i, tiO. Disons que.... et là dessus roidissons nous, ID. 1, 76. J 'a vois des opinions au dessus de mon aage, id. i, 4 96. Les pires escripts ont gaigné le dessus du vent populaire, id. ir, 94. Donnez la capacité d'un excellent dessus à un chantre qui a les poulmons pourris, id. iv, 466. Theseus se faisant fort, et promettant hardiment qu'il viendroit au dessus du Minotaure, AMYOT, Thés. 20. Mettant un chapeau de laurier par dessus sa longue perruque, m. «otn. 26. Un bourbier plus profond qu'il ne sembloit à le veoir par dessus.... pource que le dessus esioit crousté, id. tb. 27. Il avoit une autre maison dessus le mont Quirinal, id. iVumo, 24. 11 vouloit cliastier Mi- Dutius, lequel pardessus son expresse défense avoit combattu contre l'emiemy, id. Fab. 24. Ceulx qui «voient de revenu la valeur de cinq cents minots de bled et au dessus, id. Arist. t. Si qu'en marchant il me sembloit marcher Sur un espieu ou desur un rocher, bons. aie. Et me plantant dessus le haut du mont, Droit vers Paris me Ht tourner le front, m. tb. Quand ces cartilages sout comprimés, ils fnront la voix gresle, comme uo dessus, paré,
— ÊTYM. Dei.... préfixe, pour di.... avec une ( de prononciation, et tus ou fur; picard, desseure; Berry, géuev. Dorm. dessur; provenç. desobre; ital. disopra.
DESTIN (dè-stin), 1. m. jj 1* L'enchaînement des
choses considéré comme nécessaire. La mythologie faisait du destin une divinité supérieure à Jupiter même. Des arrêts du destin l'ordre est invariable, CORN. rot*, d'or, v, 7. Le destin, aux grands cœurs si souvent mal propice, Serésoutquelquefoisàleurfaire justice, ID. Poly. l, 4. Le plus heureux destin surprend par les divorces. Du trop de confiance il aime à se venger, m. Sertor. 11, 2. Qu'au livre du destin les mortels peuvent lire , la pont. Fabl. 11 , ( ï. Le bien nous le faisons, le mal c'est la fortune. On a toujours rai.son, le destin toujours tort, m. ib. vu, 44. ....Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne changent le destin, id. tb. viii, 42. Mais un heureux destin le conduit en ces lieux, rac. ^tndr. 11, 3. Souffrez que je suive ce que les destins ont marqué, FÉN. Tifl. VI. Il est des êtres malheureux qui se promettent de tromper le destin en fuyant devant lui, raynal, Hist. phii. v,49. || 2' Sort, issue. Solamir veut tenter le destin des batailles, volt. Tancr. III, 6. J'ignore du combat quel sera le destin, id. Scythes, iv, 7. || 3* Condition que le destin assigne. On ne peut fuir son destin. Mais elle était du monde où les plus belles choses Ont le pire destin; Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin, malii. vi, 4 8. Laissez à son destin cette ingrate famille, cohn. Poly. iv, 6. Là, je menai l'objet qui fait seul mon destin, ii>. iUent. i, 6. Jusqu'ici don Louis.... A caché ses destins aux yeux de tout l'état, MOL. D. Gare. 1,2. Et soudain il [le sénat] commet aux soins de ce grand homme La fortune du monde et le destin de Rome, urébbdf, Phars. V. Pour savoir nos destins j'irai vous retrouver, rac. Àndr. I, 4. Vous l'accusez, seigneur, de ce destin
bizarre, iD.tb. m, 1 Elle amène aussi cette jeune
Ériphile, Que Lesbos a livrée entre les mains d'Achille Et qui de son destin qu'elle ne connaît pas Vient, dit-elle, on Aulide interroger Calchas, m. [phig. I, 4. Qui seul fait à son gré le destin de la terre, boil. Poés. div. 4 8. Connais-tu ton destin? sais-tu quelle est ta mère? volt. Zaïre, u, 3. Malheureux.... ce mot seul déjà vous importune! On craint d'être forcé d'adoucir mes destins 1 Rassurezvous, cruels.... GiLB. le Poète math. || 4° Vie, existence. Lélie : Le trépas me doit seul prêter son assistance. — Mascarille : Voilà le vrai moyen d'achever son destin, uoh.l'Étour. v, 40. C'est dans votrefeslin Que ce soir, par votre'ordre, on tranche son destin, CORN. Sertor. i, 4. Si dans mes alarmes Le ciel me permettait d'abréger un destin.... volt. Orphel. 1, 6.
— SYN. DESTIN, destinKb, SORT. Le destin est ce qui destine, c'est-à-dire l'enchaînement nécessaire des choses. La destinée est ce qui est destiné, c'està-dire ce qui résulte de cet enchaînement nécessaire. Le destin conduisit Alexandre à Babylone 01^ une fièvre devait finir sa destinée de victorieux et de conquérant. Mais ces deux mots sont si voisins, que, pour peu qu'on en abuse conformément à cet abus qui est permis en toutes les langues, ils retombent l'un dans l'autre. Sort répond soit à destin , soit à destinée, avec celte nuance qu'au lieu de considérer la nécessité qui enchaîne les choses, on considère ce qu'elles ont de fortuit.
— niST. XII* s. Et tel destin m'ontdoné li félon.... Cnuci, VI. Il XIII* s. Et ses filles andeux [toutes deux]. Dieu leur doint bon destin, Berte, lv. Si est le moustiers de latin Fais en l'onnour et el destin [à la destination] De la douce mère saintisme, PH. MousKES, ms. p. 280, dans lacurne. || xvi* s. Cela est escrit es destins, rab. Pant. iv, Prologue de Fauteur.
— ÊTYM. Voy. DESTINER ; provenç. detti; espagn. et ital. destina.
DESTINATAIRE (dè-sti-na-lê-r'), 1. m. et f. Celuij celle à qui une chose est destinée. || Celui ou celle qui doit recevoir par la poste, par le roulage, etc. une lettre, un ballot expédiés par une autre personne. Le destinatai re de ce ballot a changé de domicile. Je cherche la destinataire de cette lettre.
— ÊTYM. Destiner.
tDESTINATEDR, TRICE (dè-sli-na-teur, tri-s'), {. m. et f. Celui, celle qui destine une chose i telle personne, à tel but, par opposition à destinataire.
— ÊTYM. Destiner.
DESTINATION (dè-sti-na-sion ; en vers, do cinq syllabes), s. f. || 1* Action de celui qui destine. [Le dauphin] réglant toujours ses volontés sur colles du roi [Louis XIV] , les prévenant dès qu'il avait pu les connaître, formant ses goûts et ses désirs sur les siens, respectant ses vues et ses destinations, MASS. Or. fun. Dauphin. || 2° Ce à quoi une personne est destinée, réservée. Une doctrine qui ne lui donne ni fin ni destination , id. Car. Avenir. L'homme seul, de toutes les créatures, capable d'une
destination sérieuse, id. tb. ||Ce à qtoi une ehoM e.<it destinée. La destination de cet édifice. La destination des ports [d'une contrée] est d'empêcher toute liaison d'affaires avec les peuples du continent voisin, RATNAL, Hist.phil.l, 2. Il 8* Ternie de jurisprudence. Disposition déterminée. On ne doit pas changer la destination des fondateurs. || Immeubles par destination, choses mobilières de nature, qu'on rend immobilières en les affectant au service ou à l'exploitation d'un immeuble, ou en les y attachant à perpétuelle demeure. || Destination du père de famille, état où un héritage est mis ou laissé par les précédents propriétaires. Servitude établie par destination du père (le famille. ||i* Le lieu où l'on doit se rendre, où une chose est adressée. Partir pour sa destination. Ces marchandises sont arrivées à leur destination. Paquet rendu à destination. Ce général arrive à sa destination dans les premiers jouis de 4637, RATNAL, Hist. phil. v, 9. Le plus grand désordre y régnait; de nombreuses colonnes de cavalerie, d'infanterie, d'artillerie, s'y présentaient de tous cfités; elles se disputaient le passage; chacun, irrité par la fatigue et la faim, était impatient d'arriver à sa destination, sAgor, Hist. de Napol. IV, 7.
— HIST. XVI* s. Ne sçay.si c'est par destination. Mais tant y a, que je croy, que fortune Desiroit fort de nous estre importune, marot, i, 326. Destination de père de famille vaut litre, LEBOtnc de linct,
ProV. t. H, p. 4 26.
— ÊTYM. Provenç. destinacio; espagn. destinacion; ital. dedi'naxionc; du latin destinationem , de destinare, destiner.
t DESTINATOIRK (dè-sti-na-toi-r"), adj. Terme de pratique. Qui assigne l'emploi, l'usage d'une chose. Clause destinatoire.
— ÊTYM. Destiner.
DESTINÉ, ÊE (dè-sti-né, née), part.passé.\\ 1* Qui a été ordonné par le destin, en parlant des choses. Écoutez, mes enfants; vos noces ordonnées De tout temj's ont été dans le ciel destinées, garnier, Bradamante, v, 6. Ce jour fatal destiné pour le jugement du monde, bourd. Avent, Jugement dernier, 34 9. Ces grâces n'ont point été destinées de Dieu pour vous fortifier, id. Carême, Tentations, 4 91. Sous l'ombre du plus saint mariage qui ait été destiné dans le ciel et qui ait été contracté sur la terre, PLÉCH. I, p. 24 7. Il Qui a reçu l'ordre du destin, en parlant des personnes. Ce Jésus était destiné pour une plus haute mission, bourd. Atcnt, Nativité de J. C. 4(3. Qu'y a-t-il de plus grand et de plus approchant de Dieu que d'être destiné pour la félicité publique et pour le bonheur de tout un empire? iD. 2* dim. après Piq. Dominic. t. 11, p. 40. Il 2° Par extension, qui est déterminé par une sorte (le destinée, en parlant des personnes et des choses. Un homme destiné à de grandes choses. Captive des ennemis de l'Eglise; par conséquent destinée premièrement par sa glorieuse naissance et ensuite par sa malheureuse captivité, à l'erreur et à l'hérésie, Boss. Vuch. d'OrJ. ||Qui a reçu emploi ou objet, en parlant des personnes. Jeune homme destiné au commerce, jj Qui a reçu emploi ou objet, en parlant des choses. Bâtiment destiné à recevoir des malades. Il ne fallait pas remettre des supplices à une saison qui devait être toute destinée à la joie, VOIT. iell. 9. Tout vice aura sa peine à lui seul destinée, CORN. Imit. 1, 24. Il Absolument. Ils souffraient que toutes leurs heures fussent destinées [eussent une destination, un emploi marqué], boss. Hist. m, 3.
DESTINÉE (dè-sti-née), ». f. || 1° L'effet du destin. Le cours des destinées. C'est sa destinée d'être parfaitement aimé, sÉv. 490. On rencontre sa destinée Souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter, LA FONT. Fabl. viu, 16. Les Juifs attachaient au temple leur de.stinée, boss. Hist. 11, 8. Sous un nom emprunté sa noire destinée Et ses propres fureurs ici l'ont amenée, rac. Iphig. v, 6. Celui par qui le ciel règle ma destinée Sur ce secret encor tient ma langue enchaînée, 10. Eslh. i, 4. Chacun doit suivre courageusement sa destinée, fén. Tél. xiu. Et puis qu'on dise qu'il n'y a pas de destinée; c'est vous, madame, qui m'avez valu cette destinée-là; c'est à vous que je dois votre grand-maman [la duchesse de Choiseul qui rendit des services à Voltaire], VOLT. Letl. Mme du Deffanl, 4** juin i77o. L'essentiel, pour être le moins mal possible, est de se soumettre à sa destinée, d'alkmb. Letl. au roi de Prusse, I6 déc. 4 78o. || y4u p/ur. Remplir, accomplir ses destinées. N'en craignez point, seigneur, lestrislesdestinées, corn. Cinna, 11, 4. jj Par extension. La destinée des passions, c« que les passions
DES
DES
font de nous. Cette tendresse née avec nous, cette destinée des penchants , uass. Car. Enf. prof Il Le destin. Mais enfin le succès dépend des destinées, HAC. Baj. I, t. Votre plus jeune fils, à qui les destinées Avaient à peine encore accordé quatre années, VOLT. Zaire , ii, 3. Mon cœur est à vous, mais la destinée n'est à personne; elle se moque de nous tous, m. Lett. Richelieu, a nov. <760. La mort de cet homme, tué précisément iu lieu de lui et parce qu'il l'av.iit voulu sauver.... lui fit croire que sa destinée, qui le conservait si singulièrement, le réservait à l'exécution des plus grandes choses , m. Chartes XII, 2. Ne touchons pas à la destinée: elle fait tant de peur, quand on veut s'en mêler, quand on tâche d'obtenir plus qu'elle ne donne 1 stael, Corinne, VIII, 4. Que peut-elle cette destinée sur les êtres vulgaires et paisibles? ils suivent les saisons, ils parcourent docilement le cours habituel de la vie, ID. ib. XIII, 4. || 2" Condition, sort. Jamais tu n'as vu journée De si douce destinée, malh. ii, d. Il devait subir la destinée de tous les autres, boss. Hist. ni, I. La destinée ordinaire de ceux qui refusent de prêter l'oreille à la vérité est d'être entraînés à leur perte par des prophètes menteurs, ID. ib. Il, 8. Celui qui a la conscience d'avoir bien mérité de son pays.... ne doit attendre sa moisson, sa destinée, la seule qui l'intéresse, la destinée de son nom, que du temps, juge incorruptible qui fait justice à tous. MIRABEAU, CoUection, t. m, p. 357. Il Z° Vie, existence. Vous pouvez d'un seul mot trancher ma destinée, CORN. Hor.y, t. Sache donc que je touche à l'heureuse journée Oui doit avec Clarice unir ma destinée, m. ient. iv, 2. Et mes sanglantes mains sur moi-même tournées Aussitôt malgré lui joindront nos destinées, bac. Andr. iv, 3. On dit qu'Iphigénie. en ces lieuj amenée. Doit bientôt à son sort unir ma destinée, id. Iphig. i, 2. Cette charmante mère, avant sa destinée [mort], mol. Mélic. II, 2. Chercher une nouvelle destinée dans l'île de Chypre, fén. Tél. iv. 1| Proverbe. On ne peut fuir sa destinée.
— IIIST. xii' s. Ah ! Dex de gloire, com maie destinée! iîonc. p. »3. Frère Olivier, com dure destinée! ib. p. t"K. Oïl, par Dieu, tels est ma destinée, Couci, VI. Entre lui e le rei resurst mult grant meslée Des fous clers ki esteient par maie destinée Larrun e murdrisur e felun à celée. Th. le mart. 28. X icest mot l'a Bernier acolée. Et ele lui, grant joie ont démenée. L'un baise l'autre par bone destinée, Raoul de C. 226. || xin' s. Bien diriez que [je] n'ai coulpe en ceste destinée, Serte, xvi. Saluez moi roi Flore par bonne destinée, ib. Lxviii. Ah! Dieu, loés soiez de ceste destinée, «6. cxxvi. Ce fut par pute destinée Que Renart s'est dedenz couchiez; Ysengrin est par tens iriez, Ben. 6866. || xiv s. Quant le dieu de fortune ou destinée donne du bien assez, quel mestier est il de amis? nul, oresme, Eth. 282. Livres sibilins en quelx estoient contenues les destinées futures de l'empire de Rome,BEBCBEDRE, f°2, verso. Ilxvi's. Ce tout, pour vrai, choses déterminées Par l'immuable arrestdes destinées, marot, i, 22». Incessamment ma destinée tourne Comme une roue, et jamais ne séjourne.... amïot, Démélr. 64.
— ÊTYM. Destiné; provenç. destinada; ital. dettinata.
DESTINER (dê-sti-né; au xvi* siècle, selon Palsgrave, p. 62, on prononçait detiner), e. o. || 1° Fixer par l'enchaînement des choses. Dieu ne destine jamais la fin sans préparer les moyens, mass. Car. Yoc. Les récompenses que Dieu a destinées à ceux qu'il aime, boss. Ilist. ii , 6. || Par extension. J'étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à trèshaute et très-puissante princesse, m. Duch. d'Orl. C'eût été un trop grand soulagement pour un homme qui était destiné à être malheureux, voit. Lett. 66. Il 2° Fixer, déterminer l'emploi, l'objet d'une personne. Destiner son fils au barreau. La jurisprudence à laquelle on le destinait (car quel est le père qui airaâtassezpeuses enfants pour les destiner aux mathématiques?).... FONTEN. Lagny Bien que leur
naissance au trône les destine, cobn. Nicom. ii, t. Il Fixer, déterminer l'emploi, l'objet d'une chose. Je destine cette somme à l'achat d'une terre. 11 se vit forcé de destiner sa place à un autre, boss. l'ol-ti. Hé bienl filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes?.... X qui destinez-vous l'appareil qui vous suit? RAC. .ilndr. v, 6. Quoi! ce prince aimable.... qui vous aime, Verra finir ses jours qu'il vous a destinés? lu. Baj. IV, 3. Il Préparer, réserver. On lui destinait de grandes récompenses. Je sais à son retour l'accueil qu'il me destine, bac Baj. i, i. Votre père à l'autel vous destine un époux, m. Iphig. m, 4. U Destiner avec de et un infinitif, avoir la résolu-
tion de. J'ai destiné de faire cela. || 3" Se destiner, V. réfl. Avoir pour vue, pour carrière. Il se destine à l'Église. Il Se destiner à quelqu'un, avoir le dessein de s'unir à lui par mariage. Ce prince.. . X qui même en secret je m'étais destinée, bac. Andr. v, 4.
— lllST. xin' s. Je prenroie maintenant la crois, et iroie avec vos vivre ou mourir, lequel que Diex m'aura destiné, villeh. xxxix. ||xv's. Prince, chascun doit ensonjosne aé [âge] Prandre le temps qui lui est destiné, E. DEScn. ProUterdelajeun. ||xvi's. Pour une plus grande commodité de l'exécution qu'il avoit destinée, mont, i, 29». Ce doibt estre une action destinée et rassise [l'étude des saintes Ecritures], ID. I, 398. Nul vent faict pour celuy qui n'a point de port destiné, m. ii, 9. Les dieux ont fatalement destiné Testât de Rome pour exemplaire de.... m. IV, 85. Dez l'heure que je vous eus veue, je vous destinai un de mes livres, m. iv, 336. Quand je les destine [certains de mes membres] à certain poinct et heure de service, cette preordonnance les rebute, IV. m, 56. Numa dit qu'il falloit destiner la fonteinne qui sourdoit au lieu mesme, aux religieuses vestales, amyot, Numa, 23. Théâtre ou auditoire de musique destiné à ouir les jeux des musiciens, ID. Péric. 2».
— ÉTYM. Provenç. et espagn. destinar; ital..dcstinare; du latin destinare, de la préposition de, et slinare, pour sianare, fixer, qui paraît une forme allongée de stare, être debout, ferme.
DESTITUABLE (dè-sti-tu-a-bl'), ad;. Qu'on peut destituer. Fonctionnaire destituable.
— HIST. xvi's. Un officier royal n'est destituable que en certains cas, condé, Mémoires, p. 598.
DESTITUÉ, ÉE (dè-sti-tué, ée) , part, passé. Il 1* X qui on a ôté une place, un emploi. Un employé destitué pour malversation. Je n'ai point d'emploi ; je ne cours aucun risque en ne souscrivant pas [à l'achat de Chambord] d'être destitué, p. l. couB. II, 20. Il 2° Dépourvu, dénué de. Destitué de bon sens, de raison. Être destitué de tout secours, pa- TBi), plaidoyer H , dans bichelet. Les barl)are3, destitués de chefs, se dispersèrent çà et là, selon que la peur ou l'espérance les guidait, rolun, Hist. anc. CEuvres, t. vi, p. 391 , dans pougens. Son collègue qui savait que la témérité, outre qu'elle est destituée de raison, avait toujours été jusque là trèsmalheureuse.... ID. Traité des Et. 3* part. ch. i.
DESTITUER (dè-sti-tu-é), v. a. || 1" Renvoyer un fonctionnaire public de son emploi. Desiiiuer un préfet, un maire. C'était à l'Académie à s'en faire justice elle-même, puisque ses statuts l'autorisent et même l'obligent à destituer un académicien qui aura fait quelque action indigne d'un homme d'honneur, d'olivet, Hist. de l'Acad. t. a, p. 47, dans POUGENS. Il 2° Dépourvoir, priver. Le naufrage qui jeta Robinson dans son lie l'avait destitué de toute sorte de ressources. Après avoir clairement désigné une chose, on lui donne un nom que Ton destitue de tout autre sens, pasc. Géom. sect. i. Nous avons accusé Dieu d'avoir, contre sa promesse, destitué son Église des moyens ordinaires qu'il a établis pour la conduire, fén. t. ii, p. 20.
— HIST. XIV' s. Pour ester le cours des mauveses monoyes qui coirent en nostre royaume, en grand déception de nous et de nostre peuple, lesquelles y ont esté aportées et mises pour greigniour pris qu'elles ne valoient, pour coy les nostres ont esté destituées et gastées et portées hors de nostre royaume, Ordonn. des rois de France, t. i, p. 770. Il XV' s. Sans ce que aucuns des supports d'iceluy collège en soit ou puisse estre desapointé, demis ou destitué sa vie durant, Lett. patent, nov. 1482. Il XVI' s. Le as-tu esprouvé tant destitué de gens, d'argent, ....que il ne peust résister à tes inicques assaults? bab. Car. i, st. Et comme Minutius dictateur eust nommé pour maistre de la chevalerie C. Flaminius, il en fut destitué, et mis un autre en sa place, pour.... amyot, Marcel. 6.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. destituit; du latin destituere, de la préposition de, et slituere, pour statnere. poser, fixer (voy. statueb).
DESTITUTION (dè-sti-tu-sion; en vers, de cinq syllabes) , s. f. Action d'ôter à un fonctionnaire sa place. Il a reçu sa destitution. La destitution qui Ta frappé.
— ÉTYM. Lat. destitutio, de destituere {\oy. destituer).
t DESTOUR (dè-stour) , s. m. Nom des prêtres de la religion de Zoroastre qui sont versés dans Tintelligence des livres de la loi.
— ÊTYM. Persan, destûr, prêtre, anciennement ministre.
DESTRIER (dè-stri-é; l'r ne se lie jamais; au plu-
riel, Tî st lie: des dè-stri-éz agiles), ». m. Dans le langage di la chevalerie et des guerres du moyen âge, cheval de bataille. J'errais de plaine en plaine Au gré du destrier, beaum. Jfor. de Fig. ii, 4.
— HIST. XI' s. F-n Tachebrun son destrer [il] est montez, Ch. de Bol. Lxxxviii. Puis sont montez sur leur couranz destrers, ib. \\ xil' s. Il lui donna un merveilles destrier, Bonc. p. 30. On lui amené un destrier de Ongrie, ib. p. 65. jtn démontres s'armèrent là fors li chevalier, E estèrent les cotes, ceinstrent les branz d'acier; Car tuit vindrent armé, chascun sur son destrier. Th. le mart, (44. Ne unkes ne volt un sul de ses chevals mener. Mais quatre fors destriers fist là for.» amener, Cum s'il fussent as estes qui deOssent errer, »b. 48. 11 les alla venir sur un destrier gascon, Sax. xxii. MessiresGauvains fuarmez. Et si fist à deus escuiers Mener en destre deus destriers, la Charrette, 264. Vostre sera cis [ce] destriers sejornez [cheval frais], Etcishaubersetciselmes jeraez, La bonne espée, li bons escus listés, Raoul de C. 189. || xiil's. Lors veissiés maint chevalier avoec maint bel serjant issir des nés [navires], et maint biau destrier traire des huissiers [sorte de vaisseaux] , villkii. xlv. Sachiez, ce jour [il] i ot maint grant destrier couru, Berte, cxxxvii. Atant guorpissent les palefrois, si sont es destriers monté, ii. de valeng. vu. Qui achapte un destrier cent livres. Paie les, si en iert délivres, laRose, tosi). Ktde vouspromenerne fine, Si cum l'en fait destrier à vendre. Et prent et vous enseigne à prendre, t'i). 9395. Et encoste [à côié de] le? nés menoit on les grans destriers, JoiNv. 2(0.
— ÉTYM. Provenç. destrier, destre; ital. destriere, destriero; du bas-latin dextrarius, de dextra, deitre, main droite, à cause que Ton conduisait ces chevaux avec la main droite avant de les monter pour la bataille. Destrier était, dans l'ancienne versification, de deux syllabes; on peut conjecturer que, dans les mots de ce genre, une des consonnes qui précèdent \'r ne se prononçait pas : detrier, ou que l'i ne se prononçait pas : des-trer; du moins certains dialectes n'écrivaient pas cet t. Dans tous les cas, ce n'est que vers le mdieu du xvii* siècle, comme on le voit dans le Traiti! de poésie /ranfatsedupèreMoiirgues(2' part.ch. t)qu'ilfutdécidé que les deux liquides l et r désuniraient Tt d'avec Te qui le suit, lorsqu'elles seraient précédées d'une consonne dans la même syllabe. Le fait est que, pour nous, elles sont si bien désunies, qu'il nous est impossible de prononcer destrier, ouvrier en deux syllabes.
DESTRUCTEUR, TRICE (dè-slru-kteur, ktri-s'), î. m. et f. Il 1° Celui, celle qui détruit. Ce destructeur fauil des tristes Lesbiens, pac. Iphig. ii, t. Le fameux Scipion, destructeur de Carthage, qui eut toujours auprès de lui le philosophe Panétius, bollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 376, dans pon- GRNS. Ce destructeur des rois, do leur sang abreuvé, volt. Orphel. i, 1. Et tout nous abandonne aux mains des destructeurs, iD. ib. i, t. Ils avaient fait en chaire le panégyrique des destructeurs nommés conquérants, id. Dial. xxviii, t. Le Hollandais est, par état, un citoyen du monde; le Suisse [qui se louait comme soldat] est, par état, un destructeur de TEurope, raynal, Hist. phil. xix, 2. En somme, ces gens-ci [les gens de la bande noire], ces destructeurs de terres font grand bien à la terre, divisent le travail, aident à la production.... p. L. COUR. Lett. v. Il Fig. Destructeur des abus. Il 2" Adj. Les enfants sont naturellement destructeurs Ce chef arrogant d'un peuple destructeur,
volt. Tancr. i, t. Éteins entre leurs mains leurs foudres destructeurs, ID. Als. 1, 4. Si la conquête n'était pas destructrice, uontesq. Espr. x, 4.
— SYN. DESTRUCTEUR adj. , DESTRUCTIF. Destructeur se dit de co (jui détruit; destructif, de ce qui a la puissance de détruire. Dans la rigueur des termes, destructeur inttique Tacte; et destructif, la disposition. L'acide fluorique est un des corps les plus destructifs; et il Test toujours, même quand 11 n'est pas destructeur, comme dans un vase de plomb. Destructeur sa dit également des personnes et des choses; destructif ne se dit que des choses.
— HIST. xiii* s. Voirs est [il est vrai] que li lecheres [le gourmand] Est mainte fois pecheres ; De ce n'a Diex mestier; Mais li péchiez trichieres De Tame est destruieres. N'est preus [n'est bon] à hebergier, Prov. du comte de Bret. ms, dans lacuhne. Boins aumosniers et sans feintise. Langue ki no savoit mentir, Droisjugieres de cuer entier, Destruisiere de Sarrasins, pn. mouskes, ms. p. 219, dans la- CURNE. Il XVI' s. Ceux que Ton avoit estimés perdus et entièrement destruits réduisirent eu plusieurs
DIÏS