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intellectuelle. Ces discussions détendirent quelque peu les âmes irritées. Un prince qui a de pareils ministres.... peut détendre la contention de son esprit, sans que ses aiïaires en pâtissent, balz. Avts écrit. Il »• Détacher ce qui était tendu, déployé, dressé. Détendre une tapisserie, un lit. On le détendra [le tabernacle du témoignage], et on le dressera de nouveau dans le même ordre, saci, Bihle, Nombres, u, 4 7. Il On dit dans le même sens, détendre un salon, une chambre à coucher. Va demain, le plus matin que tu pourras, me chercher un tapissier pour détendre mon cabinet et ma chambre, mamvaux. Pays. pari', t. i, 2- part. p. 63 , dans pougens. || Absolument. Défaire les tentures. On détendit après que le saint sacrement eut passé. || Défaire les tentes d'un camp. On avait déjà détendu dans tout le camp. L'armée eut ordre de charger les gros bagages avec défense de détendre et de rien remuer, st-eim. ♦7, 49. Il 3' Se détendre, ». réfl. Cesser d'être tendu, se relâcher. Un ressort qui se détend. || Fig. Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre, Mon esprit aussi tôt commence à se détendre, boil. Art p. i. Il Se détendre se dit aussi du temps qui devient moins froid, de la température qui commence à s'adoucir. Le vent du nord a cessé, le temps s'est détendu. || Dans le style du journalisme. Les rapports entre les cabinets de Vienne et de Paris se sont détendus, c'est-à-dire il n'y a plus entre eux l'hostilité, suite de difîérends.
— HIST. XII* s. Plustost [le cheval] lui court que carraus destendus [lancés par l'arc], Ronc. p. 64. Il un* s. Et il s'en fu destornés vers Constantinoble, et avoitfait destendre très [tentes] etpaveillons, viLLEH. Lxxi. Tangrés li fis Marquis n'i va plus demorant, Ains fait soner ses grailes, ses très va destendant, Tout droit au castelet en sont venu errant, Ch. d'Ant. IV, 603. S'il veut porter arc et sajeles, port [qu'il porte] l'aro destendu et les sajetes en la main ou en forrel, beaum. Lvni, 13. Et se tans [mauvais temps] monte dont on deslenge muelins, et il [le meunier] ne le destent, s'il en mesvient, damages en est sien, tailliar, Recueil, p. 462. Li arz est tendus et tout prest de destendre, Fabliaux mss. t. Il, ^ <44, dans lacurne. || xiv s. Tant comchevauspeuentdestendre [s'élancer], g. guiaht, Hs. f° 228, dans lacurne. Au lundi matin se destendent, Touz ordenez comme à bataille, ib.!° 337. .... Tu tenderas ton trebuchet, lequel se destendera tout par luy quand le chevreul tirera à la viande [pâture] que tu luy auras donnée, Uodvs, f Lxxi. Il XV* s. Reboutez vos espées, et dites à vos archers qu'ils destendent les arcs; car la ville est vostre sans coup ferir, froiss, ii, m, 43. Ainsy se détendit [sépara] cette armée, o. de la marche, Mém. liv. I, p. 481, dans lacurne. || xvi* s. Commençans jà à destendre leurs tentes, à serrer bagage, AMYOT, Pomp. 6.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et tendre, v. a.; provenç. destendre; ital. distendere.
DÉTENDU, UE (dé-tan-du, due), part, passé de détendre. Qui n'est plus tendu. Un ressort détendu.
DÉTENIR (dé-te-nir),je détiens, tu détiens, il délient, nous détenons, vous détenez, ils détiennent; jedétenais; je détins; je détiendrai; je détiendrais; détiens, qu'il détienne; détenons, détenez, qu'ils détiennent; que je détienne, que nous détenions, que vous déteniez; que je détinsse; détenant; détenu, V. a. Il 1* Tenir entre ses mains. L'on veut absolument que, contre mon intérêt visible, j'aie mutilé ce morceau, que je venais de détenir et dont j'étais maître, p. L. cour, i, 96. || 2'" Terme de jurisprudence. Garder en sa possession ce qui appartient à d'autres. Détenir le biend'autrui. || 3° Retenir quelqu'un contre sa volonté. L'Angleterre, avant de déclarer la guerre en t766, attaqua les navires français et détint les matelots. || Par extension. Tant que nous sommes détenus dans cette demeure mortelle, nous vivons assujettis au changement, parce que, si vous me permettez de parler ainsi, c'est la loi du pays que nous habitons, boss. Duch. d'Orl. Il Terme de législation. Détenir quelqu'un en prison, ou, simplement, détenir, le retenir en prison. Ses créanciers le détiennent à Clichy depuis quelque temps. Il 4* Se détenir, v. rifl. Être détenu. Des biens qui se détiennent illégalement.
- HIST. XII* s. Ensi qu'il la veriteit de Deu detienent en menzonge, si cum pluisor gent suelent faire à la fieye [parfois] , s. bern. p. 573. || xin* s. Ne pourquant n'oserent-il mie détenir la cité de Cardiople, et l'endemain la guerpirent et revindrent à la cité du Curlot, villeh. cxxxvii. Et je m'en irai devant, pour détenir nostre gent qui grant mestier en ont. in. cxlvi. Se sovrains sires le détient, por ce
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qu'il a à fere de li , se pot li pièges escuser, beaum. xliii, 38. Le conseil le roy leur offri que il detenissent un des frères le roy tant que il reussent Damiete, joinv. 237. || xv* s. Ils prièrent à monseigneur de Hainaut qu'il vouliist encore demeurer jusques après Noël, et qu'il detinst les compagnons avec lui le plus qu'il en pourroit détenir, froiss. i, I, 2B. H ne cessa mie de faire grands promesses [Edouard aux Flamands] pour détenir leur amitié, ID. I, I, 3<o. Et encore détint le dit brigand le dit chastel et le garnit bien, et en guerroya le pays, m. I, I, 324. La dignité que vous détenez, monstrel.
I. I ch. 9. Il XVI* s. Je ne détiendrai point mon lecteur de tous les disners, visites et circonstances du grand festin fait à la table de marbra, d'aub. Uist.
II, 404. Or estoit, entre les prisonniers que l'on detenoit pour leur faire leur procès, l'orateur Andocides, AMYOT, Aie. 37. Elle sera mariée et dottéehonnestement selon la faculté des biens, au détenu [à proportion] de la maison dont elle procède, A'owt;. coust. génér. t. I, p. »08. Detenuz prisonniers aprez avoir rendu la place, contre ce qui avoit esté capitulé, MONT. III, 63.
— ÉTYM. Provenç. detener, destener; catal. détenir; espagn. detener; portug. deter; ital. ditenere; du latin detinere, du préfixe de, et tenere, tenir, qui devient tinere en composition.
DÉTENTE (dé-tan-f), s. f. || 1* PiSce de la batterie d'une arme à feu, qui sert à détendre le ressort. Presser la détente. Tirer la détente. || Les armuriers donnent le nom de pièce d'écusson ou de pièce de détente à une pièce qui, placée sous le pontet, est fendue pour laisser passer la détente. La pièce de détente et le pontet forment la sousgarde, legoabant. Il Terme d'horlogerie. Levier qui fait partie de la sonnerie d'une pendule. || Fig. C'est [les larmes] chez elle un ressort, un jeu dont la détente s'échappe à volonté, langue, Coquette corrigée, III, 4. Il 2* Action de lâcher la détente. Fusil dur, aisé à la détente. || Fig. Être dur à la détente, être avare, ne se résoudre que difficilement à payer, à donner de l'argent. Cette expression a le même sens que être dur à la desserre (voy. desserre) ; mais elle est moins exacte. || 3° Relâchement de quelque tension morale ou intellectuelle. Il y avait sur son visage une détente visible d'esprit et d'inquiétude.
— REM. Lâcher la détente est une expression impropre, en ce que cette pièce ne fonctionne nullement comme un ressort. C'est un simple levier qui sert à faire partir la gâchette contre la grande branche de laquelle il agit à l'intérieur de la platine, legoarant.
— ÉTYM. Détendre. '
DÉTENTEUR, TRICE (dé-tan-teur,tri-s'), s. m. et f. Terme de jurisprudence. Celui, celle qui retient une chose, qui en est en possession. Légitime, injuste détenteur. Il Celui qui possède une chose à un titre légal. Guillaume le Conquérant chargea les terres envers lui de redevances annuelles et d'un droit payable à la mort de chaque détenteur, fén. t. xxii, p. 405. Il Adj. Tiers détenteur, l'acquéreur d'un objet sur lequel on prétend un droit de propriété ou de créance, contre le vendeur.
— HIST. XV* s. En la fin de la dite réponse fut conclu par le roi d'Angleterre qu'il ne se desisteroit pas de son voyage, entreprise et armée, mais destruiroit de tout en tout à son pouvoir le royaume et le roi de France son adversaire et détenteur d'iceux pays injustement, monstrel. liv. i, ch. ne. Il XVI* s. Son détenteur [celui dont il était prisonnier] le mena chasser, yver, p. 685. Le tiers-détenteur, déguerpissant après contestation, est quitte en rendant tous les fruits qu'il a perçus, loïsel, 62 3.
— ÉTYM. Lat. detentorem, de detinere (voy. détenir); provenç. et espagn. detenedor; catal. detenidor; ital. ditenitore.
t DÊTENTILLON ( dé-tan-ti-Uon , U mouillées), s. m. Terme d'horlogerie. Détente levée par la roue des minutes.
— ÉTYM. Détente.
DÉTENTION (dé-tan-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. \\ i° Terme de jurisprudence. Action de détenir, de garder en sa possession. La détention des effets d'une succession. Souvent on oppose la simple détention à la possession légale. || 2* Ëtat de celui qui est détenu en prison. Détention préventive, arbitraire. Il Terme de droit criminel. Peine qui consiste i être enfermé dans une forteresse pendant B ans au moins et 2o ans au plus. La détention occupe le cinquième rang parmi les peines aftlictives et infamantes. Être condamné à cinq ans de détention.
— HIST. XVI* s. La roine [Catherine de Médicis] avoit aussi ceux qui commandoient en k chambre
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et en la garderobe [de Henri de Navarre, prisonnier], tous affldez à la détention de ce prince, d'aub. Hist. II, t84. On deviendra propriétaire do semblables fonds et rentes, par l'une de cinq manières, sçavoir par succession, par transport, par prescription de temps que l'on nomme teneure ou détention, par purge et éviction en justice, et par donation, Nouveau coust. génér. t. I, p. 7i3.
— ÉTYM. Provenç. détention; espagn. deteneion ; ital. detenzione ; An latin detentionem (voy. détenir).
DÉTENU, UE{dé-te-nu, nue), part, passi de détenir. Il 1° Dont la possession reste entre les mains. Un bien détenu injustement. || 8° Oui est retenu contre sa volonté. La fille de Stenon Promise à Frédéric, détenue en esclave, piron, Gust. Wasa, i, 4. Il 3° Retenu dans un lieu de détention. Détenu pour dettes. || Substantivement. Un détenu. Les détenus. Les jeunes détenus, les enfants repris de justice avant l'âge où la loi leur donne la responsabilité de leurs actions, et privés de leur liberté par mesure de précaution.
t DÉTENUE (dé-te-nue), ». f. Terme de jurisprudence. Action de détenir. La détenue d'un bien, d'un gage.
— HIST. XIV* s. Vous entendez à persévérer à vostre injurieuse détenue [du royaume de France], Chron. de St Denis, t. u, f )09, dans lacurne.
— ÉTYM. Détenu.
DÉTERGÉ, ÉE (dé-têr-jé, jée), pari, passé. Une plaie détergée avec soin à chaque pansement.
DÉTERGENT, ENTE (dé-tèr-jan, jan-t'), adj. Termede médecine. Oui déterge. || Substantivement. Un détergent. Les détergents.
DÉTERGER (dé-tèr-jé. Le g prend un e devant o ou o: nous détergeons, je détergeai), t). a. Terme de médecine. Nettoyer, purifier. Déterger les intestins, les nettoyer à l'aide d'un purgatif ou d'un lavement. || Absolument. Prenez, prenez, monsieur; c'est pour déterger, déterger, déterger, mol. Pourc. l, (5. Il Déterger une plaie, la débarrasser du pus et du sang épanchés à sa surface. || Se déterger, v.réft. Devenir détergé. La plaie s'est détergée depuis hier.
— HIST. XVI* s. Ces pouldres seichent et détergent sans acrimonie ny picqueure, paré, viii, 4.
— ÉTYM. Lat. detergere, de la préposition de, et tergere, nettoyer; Berry, déterger, désaltérer.
■[DÉTÉRIORANT, ANTE (dé-té-ri-o-ran, ran-f), adj. Qui détériore. Des causes, des actions détériorantes.
DÉTÉRIORATION (dé-té-ri-o-ra-sion), s. f. Action de détériorer; résultat de cette action. Responsable des détériorations faites au logis occupé. Il Fig. La détérioration de l'art, chateaubr. cité dans le Dict. de poitevin.
— ÉTYM. Détériorer. On trouve, dansOudin, deteriorement et deteriorité.
DÉTÉRIORÉ, ÉE (dé-té-ri-o-ré, rée), part, passé. Une arme détériorée.
DÉTÉRIORER (dé-té-ri-0-ré) , «. a. || 1* Rendre pire, gâter. Détériorer une habitation, un héritage. Faire une imposition sur les marchands et négociants, ou plutôt sur les marchandises, telle que le commerce la pourrait supporter sans être altéré ou détérioré, VAUB. Dime, p. 87. |{ 2" Se détériorer, V. réft. Éprouver des dégradations, se gâter. Cette maison se détériore. || Avec ellipse du pronom se. On a laissé détériorer ces marchandises.
— HIST. xvr s. S'ils [les médecins] servent à la santé des malades, ils détériorent la leur par la contagion, la veue continuelle et praticque des maladies, MONT. I, 274.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. deteriorar; ital. deteriorare; du latin deterior, comparatif de deter, mauvais.
t DÉTERMINABLE (dé-tèr-mi-na-bl'), adj. Qui peut être déterminé. Une quantité déterminable.
— ÉTYM. Lat. determinahilis , de determinare, déterminer.
+ DÊTERMINANCE (dé-têr-mi-nan-s') , s. f. Dans l'ancienne université, acte qui se composait de thèses soutenues sur plusieurs des ouvrages qui servaient de base à l'enseignement public.
— ÉTYM. Déterminant.
DÉTERMINANT, ANTE (dé-tèr-mi-nan, nan-t"), adj. Qui détermine. Ce motif est déterminant. J'expose celles de mes raisons que je pouvais dire sans compromettre Mme Levasseur et sa famille; car les plus déterminantes venaient de là, et je les tus, j. I. rouss. Confess. viii. || En grammaire, proposition déterminante, plus souvent nommée proposition secondaire, celle qui en détermine une autre.
DËTERMINATIF, IVE (dé-tèr-mi-na-tif, ti-v'), adj. Terme de logique et de grammaire. Qui a la
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propriété de déterminer. Adjectif déterminatif, celui qui détermine seulement les rapports des objets, comme ce, mon, quelque, aucun, chaque, par opposition aux adjectifs qualificalifi, qui expriment des qualités, comme rond, carré, utile, etc. 1| Proposition déterminalive, toute proposition qui en détermine une autre. Dans un sens spécial, on l'entend aussi d'une proposition restrictive : L'homme qui est venu, par opposition à une proposition explicative : L'homme, qui est un animal raisonnable. Il S. m. Terme de grammaire. Un déterminatif, un mot ou un aflîxe qui détermine la aignifîcation. {^'article est un déterminatif. M. Hawlinson distinguait, dans l'écriture assyrienne, des délerminatifs comme en ont les hiéroglyphes, Vivien db st-mah- TIN, Rev. germ. t. xix, p. 60).
— ËTYM. Déterminer.
DÉTEKMINATION (dé-tèr-mi-na-sion; en vers,
de six syllabes), s. f. \\ 1° Action de déterminer, de définir, de caractériser. La détermination d'une espèce, en botanique, en zoologie. || Ëlat de ce qui est déterminé. Notre monde est un système dont toutes les pièces sont dépendantes les unes des autres, et c'est dans celte dépendance que se trouve la raison secrète des déterminations de chaque pièce, BONNET, Lett. div. Oliuvres, t. xii, p. 405, dans pouoENS, au mot dépendance. \\ Terme de grammaire. KfTet de limitation que le mot qui en suit un autre auquel il se rapporte, produit sur ce mot-là. Dans Vamour d'un père pour ses enfants, un père a un rapport de détermination avec amour, c'est-àdire qu'il détermine l'amour à être précisément l'amour qu'a un père, et non Vamour qu'a un autre. Il Terme de mathématique. Action de déterminer les inconnues d'un problème. || 2'' Résolution prise après avoir balancé entre plusieurs partis. Je n'attends que sa détermination. Jusque» ici la volonté humaine est comme environnée de tous côtés par l'opération divine ; mais celte opération n'a rien encore qui aille immédiatement à notre dernière détermination ; et c'est à l'&me seule à donner ce coup, Boss. Libre arb. viu. Liberté c'est choix, autrement une détermination volontaire au bien ou au mal, LA BBUY. XVI. Quel est le principe général de mes déterminations? pourquoi me déterminé-je par tel ou tel motif, dans tel ou tel cas particulier? BONNET, Œuvres mél. t. xviii, p. 281, dans POU- GENS. Il Terme de métaphysique. Une des phases de la volonté, celle qui se manifeste entre la délibération et la volition. || 3* Caractère de l'homme déterminé. La détermination qu'il montra en ce danger. Il marcha avec détermination à l'assaut. || 4° La détermination du mouvement, ce qui détermine la direction d'un corps en mouvement. || Terme de médecine. Détermination morbide, tendance qu'a une affection à se manifester plus particulièrement en un organe. Dans l'intoxication par le virus variolique, il y a une détermination e.«sentielle vers la peau.
— IllST. xiv s. Ce que aucuns dient que toute ville où il a un evesque est cité et non autre , c'est une détermination ou description vulgaire et qui n'est pas à propos , oresme , Thèse de meunier. Il XVI* s. Il eut en dormant une vision, qui declaroit quelle devoit estre la détermination et issue de cette entreprise, amyot, Démétr. 23. Elle ne croit rien avec détermination, mais sous cette condition adjointe, si la foy de l'Eglise est telle, calv. Instit. 41 8. La détermination [décision] de l'Eglise est sans appel, ID. ib. 943. En ces retraites ici aparoit beaucoup de détermination, mais peu d'art, langue, !H 7. Jusques à la convocation et détermination [action d'en fixer l'ouverture] du concile, m. nu bixlay, t84.
— ETYM. Provenç. determinacio , determenacio ; espagn. determinacion ; ital. delerminaxione ; ilatin determinaiionem (voy. déterminer).
DlîTKRMINÉ, ÉE (dé-tèr-mi-né, née), part, pcuisé. Il 1* Qui a reçu un caractère précis. Un genre de plantes déterminé par les botanistes. Quantité déterminée. Des idées déterminées. Les densités des mélanges alcooliques qui servent de base au tarif des droits établis sur les liqueurs spi ri tueuses, sont déterminées avec assez de précision pour qu'il n'y ait aucun motif de procéder à de nouvelles recherches sur ce sujet, pouillet. Comptes rendus, Àcad. des te. t. u, p. (006. Il En grammaire, proposition déterminée , plus souvent nommée principale, celle dont un des termes est déterminé par une autre proposition, qui est alors secondaire ou déterminante. Il Terme de mathématique. Problème déterminé, celui qui a un nombre limité de solutions, par opposition à problème indéterminé, celui dont le nombre de solutions est indéfini. ||a' Fixé, arrêté. Cette râleur est déterminée à six ducats, pasc. l'rov. H.
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Notre sort sans retour est-il déterminé? volt. Orphel.l,t. Il 8° Poussé vers. Voici quels sont leurs principes [de certains théologiens] : Nulle créature libre n'est déterminée par elle-même au bien ou au mal; car une telle détermination détruirait la notion de la liberté, boss. Libre arb. vi. L'usage n'est autre chose que le consentement tacite des hommes qui se trouvent déterminés à une chose plutât qu'à une autre par des causes souvent inconnues, mais qui n'en sont pas moins réelles, Préface du Dict. de l'Académie, édit. de t7l8. Les liqueurs sont mieux en équilibre, le sang est plus déterminé vers le coeur, hontesq. Esp. XIV, 3. Il 4* Oui a pris une résolution. Bien déterminé à ne pas céder. X suivre mon devoir je suis déterminée, mol. Sgan. I8. Que je sache jusqu'à quel point un de mes amis est déterminé à me plaire, je saurai certainement jusqu'à quel point je pourrai disposer de lui, boss. Libre arb. VII. Un homme déterminé à mourir est bien fort et bien redoutable, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. (83, dans pougens. k ce héros armé contre la tyrannie Dont le cœur inflexible au bien déterminé.... volt. Jf. de Ces. ni, ». X soutenir mes droits je suis déterminé, M. j. cnÉN. Tibère, i, 3. Il 6* Adonné sans réserve. Chasseur, joueur, buveur déterminé. || 6° Que rien ne détourne ou ne fait reculer. Soldat déterminé. Une poignée d'hommes déterminés. Avoir un air déterminé. Ces gens si déterminés qui devaient percer la France jusqu'aux Pyrénées, qui menaçaient de piller Paris et d'y venir reprendre jusque dans Notre-Dame les drapeaux de la bataille d'Avein, voit. Lett. 74. [Turenne] résolu et déterminé au dedans, lors même qu'il paraissait embarrassé au dehors, boss. Louis de llourbon. U fit combattre ses compagnons avec un courage si déterminé que les soldats romains se débandèrent et prirent la fuite, vebtot, Révol. rom. XI, p. t4t. Il Substantivement. Un vrai déterminé, un homme audacieux, capable de violences et d'excès. Cet e.-'fant est un petit déterminé. Il faut dire, en déterminé, mort, tête, sang, gombaud, dans richelet. Jurer en déterminé, ID. «6. Patience, je suis un déterminé; j'ai peu de temps à vivre; je dirai la vérité, volt. Lett. d'Argental, «7 nov. titt. DÉTERMINÊMENT (dé- tér-mi-né-man), adv.
Il 1" D'une façon qui caractérise, qui détermine, expressément. Parler d'une chose déterminément, PATRU, Plaidoyer H, dans richelet. Si vous me promettez, mais déterminément, bois-robert. Cassandre, IV, 9. Il a* Avec résolution, détermination. Il y a des gens qui veulent déterminément une chose, LA BRUY. IV. Le sujet choisi pour le cardinalat par le roi de Pologne refusa la nomination si déterminément qu'il fallut songer à un autre, st-sim. (82, (94. Il 8° Avec intrépidité. Les troupes allèrent déterminément à l'assaut.
— HiST.xiv' s. Ch im des citoyens ara mil filz, et ne seront pas si , determinéement, oresme,^ Thèse de meunier. Nous eslisons meismement les choses que nous savons determinéement ou cuidons fermement estre bonnes, id. Eih. 66. ||xv' s. Si fut conseillé determinéement peur le meilleur, que le duc de Lanca5tre iroit sur les frontières d'Escosse, FBOlss. Il, u, <04. Et respondirent adonc [les villes de Flandre à Charles VI sur la question des papes Urbain et Clément] , que ils en auraient avis et en respondroient determinéement dedans Pasques, id. II, u, 204. Il XVI* s. Et enfin venir déterminément à coups d'espée, lanoue, 677. Et quant à ceulxqui estiment qu'il y ait determinéement quelque spéciale sorte de vie qui soit sans aucune fascherie, comme.... amyot. De la tranq. d'dme, *.
— ÉTYM. Déterminée , et le suffixe ment; provenç. determenadament', determinadamen; espagn. determinadamenle ; ital. delermtnatamente.
DÉTERMINER (dé-tèr-mi-né), v. a. || 1* Préciser les termes, les limites, les caractères. Déterminer une espèce de plante, d'animal. Jussieu a le premier déterminé les familles des plantes. || Reconnaître, indiquer avec précision la solution d'un problème. Déterminer la distance qu'il y a du soleil à la terre. La raison n'y peut rien déterminer, pasc. dans COUSIN. || Terme de grammaire. Préciser, fixer l'étendue, le sensd'un mot. Dans cette phra.se : !e itère de Pierre, les mots de Pirrre déterminent le sens de livre. || 2* Terme de philosophie. Donner une certaine manière d'être. Qu'est-ce qui détermine ce corps à se mouvoir en ligne courbe plutât qu'en li^ne droite? Les motifs qui déterminent la volonté. || 3* Décider, arrêter, régler. C'est un point que l'Ëgiise a déterminé. Les femmes déterminent souvent cet original [de beauté], pascal, Disc, sur l'amour. U y a de la témérité d'entreprendre de déter-
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miner jusquei où s'étend la puissance de Dieu, ronkVT, Physique, dansRicRELET. L'Ëgiise adéterminé le commandement général de se mortifier à un commandement particulier qui est le jeûne du carême, BOURDAL. Car. t. l,p. 236. Je tiens en t'écrivant ma plume d'une main, Et de l'autre un poignard prêta percer mon sein; Détermine mon sort; parle, qu'on me l'annonce; Didon, pour se frapper, n'attend que ta réponse, gilb. Didon à Énée. [Lui] Qui, ramenant ici les temps du premier âge. Déterminait des biens un plus égal partage, m. i. cb£n. Oracques, i, 2. ||4* Faire prendre à quelqu'un une résolution, un parti. C'est moi qui l'ai déterminé k cela. Ce qui le détermine, c'est le moment, la circonstance. Messieurs, je vous conjure de déterminer mon esprit, et de me dire, sans passion, ce que vous croyez le plus propre à soulager ica fille, mol. I'.4mour m^d. u, s. Enfin rencontrer où arrêter tes yeux et déterminer tes pensées, in. la Princ. d'Él. n, 4. Et cet homme est monsieur, que je vous détermine [ordonne] X voir comme l'époux que mon choix vous destine, id. F. sav. m, 6. Nous sentons que nous sommes nécessairement déterminés par notre nature même à désirer d'être heureux, BOSS. Libre arb. ii. Encore que notre âme soit libre, elle n'agit jamais sans raison dans les choses un peu importantes : elle en a toujours une qui la détermine, ID. ib. VII. L'amitié ni la haine ne le conduisaient pas [Albani]; l'intérêt présent le déterminait,' stsiH. 6a< , 66. Parlez, déterminez ma fureur égarée, VOLT. Fanât, iv, 3. L'éloquence se joue des passions humaines, les émeut, les calme, les pousse, les détermine à son gré, vaoven. De l'éloquence. || Absolument. Le plus ou moins de pièces de monnaie détermine à l'épée , à la robe ou à l'Ëgiise , la brut. ti. Il Avec la préposition de et un verbe à l'infinitif, prendre une résolution. Il a déterminé de rebâtir sa maison. || Terme de manège. Déterminer un cheval, le porter en avant, quand il résiste ou se soutient. Il B* Occasionner, causer, produire. Les écarts de régime déterminent des maladies. L'âge ne déter mine point ni le commencement ni la fin de ce deux passions, pascal , Due. sur l'amour. Si Minerve n'eût déterminé la victoire en sa faveur, pénbl. Tél. XVI. Cest la religion qui détermine la catastrophe [dans Paul et Virginie], cbateaub. Génie, u, III, 7. Il 8" Se déterminer, v. réfl. Être déterminé, recevoir une détermination, une limiUition, un ca ractère. Cette pensée ne se détermine pas facilement. L'amour se déterminant autre part que dans la pen sée, pasc. Disc, sur Vamour. H?" Se résoudre à,pren dre un parti. Déterminez-vous à quelque chose. Je ne vous dis pas de vous déterminer sur mes raisons, mais de les peser. Son âme à l'imiter s'était déterminée, coRN. Rodog. I, 6. Ils ont peine à se déterminer sur ce sujet, pasc. Prov. 4 6. Ne parlons plus ici de Claude et d'Agrippine; Ce n'est point par leur choix que je me détermine, bac Brit. u, 3. Il se détermina à ne plus attaquer que la nuit, boohoobs, Àubusson, I. IV, dans richelet. Dans le doute ils tiennent pour règle de se déterminer du cAté de la rigueur, montesq. Lett. pers. 29. || Absolument. Sachez enfin vous déterminer. Il ne faut pas se déterminer légèrement. Pensez-y bien ; j'attends pour me déterminer, rac. Mithr. iv, 4.
— HIST. XII* s. Pris [ils] unt jor e détermine. Que lorhome seient josté, Etlorosz [armée] et lor genz garnie, benoît, ii, 44492. ||xiii* s. Vuil [je veui| e otroi que ceste chose soit déterminée dedeni le prochain parlement à venir, Bibl. des Chartes, 4» série, t. IV, p. 79. Et autres auteurs que cascuns déterminera en sen capitle li uns par l'autorité de l'autre, ALEBRANT, 4. || xiii's. Car c'estdetous mausla racine, Si cum Tulles le détermine Ou livre qu'il (ist deviellesce,Qu'illoe etvantplusquejonesce, la Rose, 4446. Car porquoi s'en conseilleroient. Ne besoignes por quoi feroient. Se tout iert [était] avant destiné Et par forcedeterminé? 16. 4744». Li pies qui est commenciés par assise doit estre démenés et déterminés par assise, bbaum. lxv, 9. Li tans est déterminés, par lequel on pot perdrH sa demande, ID. vin, 4. |{ xiv g. Et par ce qu'il en déterminera, apparoitra que fortune n'est pas cause de félicité, oresme, Eth. 24. Mes cecy est à delessier à présent, car déterminer la certaineté de telles choses appartient et est plut propre à autre philosophie, id. ib. vn, 4 2. i|xv*s. Si me tairai un petit d'eux et parlerai de messire Charles, qui devoit avoir la duché de Rretagne de par sa femme, ainsi que vous avez oui déterminer ci-devant, Fitoiss. I, 1, 4 62. Peuples s'esmuet, l'Eglise est subournée; Noblesce fault, tant est mal ordonnée; Dont il s'ensuit chose déterminée. De pis avoir pour le pueple et l'F.glise, s. descbamps, Souffr.du
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peuple. Un pniire acès de fièvre l'omme efface, Ou aage viel qui est déterminé, e. DESCHAKfs , Profiter de la jeun. Us s'assembloient autour de lui, et il oyoil leurs causes et en determinoit, et leur faisoit droit, Bouciq. part. I, ch. 2. Quant à moi Je me détermine D'entrer chez voisin et voisine Et d'aller voir si le pot bout, v'.LLON, Baillev. et Maiep. ||xn' s. Ceux qui'trouvent les images bonnes, s'arment qu'il en a ainsi esté déterminé en un concile, calv. Instit. 64. Il a déterminé par sa loy ce qui est bon et droit, et par ce moyen a voulu astreindre à certaine norme, iD. tb. 6». Quand Dieu a déterminé de foudroyer sur les péchez des hommes, lanoue, 24. C'esloit le plus long terme de porter dueil que le roy Numa Pompilius eust déterminé, ainsi comme nous avons escrit en sa vie, ahyot, Cor. 8.1. En nombre déterminé, ID. Sertor. ). Xl'espreuve on connoit qu'une petite troupe d'eniiemiz déterminez met tout cela à vau de route, langue, 262. Voilà en peu de paroles pourquoy j'appelle un esprit romain celui que le courtizan du jour d'huy appelle déterminé, mot au quel je ne trouve pas grand fondement pour luy donner vogue, encores que je le voye authorizé par les bouches de plusieurs gens de cour que je n'estaliliray jamais pour juges du bien parler, combien .jue le commun peuple se persuade le contraire, PASQUIER, Lettres, t. i, p. 554, dans lacubne.
— ÉTYM. Bourguig. defarmi'giioi, un déterminé; provenç. et espagn. delerminar; anc. catal. determenar; ital. delerminar; du latin determinare, de la préposition de, et terminus (voy. terme).
f DETERMINISME (dé-tèr-mi-ni-sm'),i. m. Terme de philosophie. Un des systèmes de la scolastique qui subordonnait nos déterminations à l'action providentielle. Il Système qui admet l'influence irrésistible des motifs.
— ÉTYM. Déterminer.
■f DÉTERMINISTE (dé-tèr-mi-ni-sf) , ». m. Terme de philosophie. Partisan du déterminisme.
DÉTERRÉ, ÉE (dé-tê-ré, rée) , part. passé. \\ l'Tiré hors de terre. Des carottes déterrées. || 8° Tiré hors de la sépulture. Un corps déterré. || Substantivement. Avoir l'air d'un déterré, avoir le visage pâle et défait. En sortant de ma chambre j'avais l'air d'un déterré, J. i. Rouss. Conf. v.
+ DÉTERREMENT (dé-tê-re-man), s. m. Action de déterrer.
— HIST. XVI* s. Desterrement, oodin, Dict.
— ÉTYM. Déterrer.
DÉTERRER (dé-tê-ré), V. a. || 1° Retirer de terre ce qui avait été enfoui. Déterrer un trésor. {| Retirer de terre ce qui avait été ou s'y était caché. Le renard déterre les lapereaux dans les garennes, buf- FON, dans le Dict. de poitevin. || 2° Tirer un corps de la sépulture. La justice a fait déterrer le corps. Il Fig. Contraire à ces rêveurs dont la muse insolente. Censurant les plus vieux, arrogamment se vante De réformer les vers, non les tiens seulement, Mais veulent déterrer les Grecs du monument [rejeter les modèles grecs], Régnier, Sat. ix. || 3° Découvrir ce qu'on cherche, ce qui était caché, ignoré. 11 est vrai que te voilà bien, et je ne sais où tu as été déterrer cet attirail ridicule, mol. Fest. de P. m, i. Clément déterra les antiquités du paganisme, Doss. Bist. i, <u. 11 ne lui fallut pas déterrer de loin les traditions de ses ancêtres, ui.Hist. n, 3. Le savant qui m'a déterré cette édition prodigieusement rare, VOLT. Lett. Duclos, 23 avril 4762. Colbert déterrait le mérite dans l'obscurité, m. Louis XIV, u. Essayons de déterrer quelques monuments précieux sous les ruines des siècles, ID. Moeurs, Introd. Changements dans le globe. Les tourments qu'il se donne pour déterrer une coutume opposée, J. j. KOBSS. Ém. IV. Ce M. Mussard déterra ma demeure chez le comte de Gouvon, id. Conf. m. || Déterrer quelqu'un, parvenir à savoir où il est. Il déterrait les malheureux pour les secourir, les officiers qui perdaient leur équipage à la guerre ou leur argent au jeu, HAUILT. Gramm. 3. Quelques beautés qu'il n'avait pas laissé de déterrer, m. tb. G. Colbert, qui avait des espions pour découvrir le mérite caché ou naissant, déterra M. Rolle dans l'extrême obscurité où il vivait, et lui donna une gratification qui devint ensuite une pension fixe, fonten. Rolle. Mme de Nemours déterra un vieux bâtard obscur du dernier comte de Soissons, st-sim. 25, 40. Ahl grâce au ciel, enfin jevous déterre, piron, Uélrom. i,a. \\ Déterrer que. Il eut le bonheur de déterrer que lui [le roi de Prusse] se joindrait à la France, volt. Lett. d^Ârgental, nov. «759.
— HlST. xiii* S. Puis desterrent les mors de la .;entde Persie; Cliascun trenchent la teste pardes- :>ousloroîe, Quinze cent eu i ot, uel mescreezvous
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mie, Ch. tf/ln». iv, 460. Or oiez des barons que Diex a tant amés, Qui en la cité furent dont li murs est pavés ; Les portes desterrerent à grans pels acérés, iD. VI, 843. Il xiv s^Li rois Phelipes prent Vendosme, Pour ce que li quens c'on desterre [le comte qu'on dépouille de sa terre] , Se tient devers ceux d'Angleterre, Et s'aliance leur oblige, g. guiart,™». f" 26, dans lacurne. || xvr s. Bertrand, ravy de les avoir déterrez, fit aussitôt tout préparer pour le combat, lUém. s. du G. ch. ». Et comme Le père a déterré [fait perdre la terre] le simple gentil-homme Par procez embrouillé, les fils en sont vangeurs, Et des biens paternels gouspilleurs et mangeurs, rons. 9I8.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, el terre.
i DÉTERREUR (dé-tê-reur) , s. m. || !• Homme qui fait métier de déterrer furtivement les cadavres . our les vendre aux chirurgiens, en Angleterre. || 2° Celui qui est habile à découvrir les raretés, les curiosités.
— ÉTYM. Déterrer.
DÉTERSIF, IVE (dé-tèr-sif, si-v'), adj. Terme de médecine. Propre à nettoyer les plaies et les ulcères. Topique détersif. || S. m. Un bon détersif.
— HIST. XVI* s. Le médecin qui en l'ulcère de la cornée de l'œil appliqueroit medicamens aussi acres et détersifs, comme à l'ulcère de la jambe, paré, Introd. 22. Injections detersives, id. vi, 9.
— ÉTYM. Latin, detersum, supin de detergere, déterger.
t DÉTERSION (dé-tèr-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. {. Terme de médecine. Action de déterger; résultat de cette action.
— HIST. XVI* s. Devant l'union faut mener la playe contuse à suppuration et detersion, paré, vu, 4.
—ÉTYM. Latin, detersionem, de detergere, déterger.
DÉTESTABLE (dé-tè-sta-bl') , adj. || 1» Qu'on doit détester. Les détestables feux de son ambition , corn. Cinna, m, 1. Lâche, tu viens ici braver encor des femmes, Vanter insolemment tes détestables flammes, ID. Sertor. v, 4. Venez et terminez mes détestables jours, RAC. Théb. v, 6. Voilà de ton amour le détestable fruit, m. Androm. v, 3. Moi seule, j'ai tissu le lien malheureux Dont tu viens d'éprouver les détestables nœuds, ro. Baj. v, 12. Et le roi, qui ne sait où trouver le coupable, N'impute qu'aux seuls Juifs ce projet détestable, id. Esth. 111,2. Il II se dit aussi des personnes. La détestable Œnone a conduit tout le reste, id. Phèdre, v, 7. On verra de David l'héritier détestable Abolir tes honneurs, profaner ton autel. Et venger Athalie, Achab et Jézabel, id. Ath.y, 6. Oubliez-vous que notre détestable Marie, fille de Henri VIII, fut heureusejusqu'à sa mort? volt. Jenni, 7. || 2° Par exagération, très-mauvais en son genre. Le temps est détestable. Je la trouve [l'École des femmes] détestable, morbleul détestable, dudernierdétestable, ce qu'on appelle détestable, mol. Critique, 6. Qui dit froid écrivain dit détestable auteur, boil. Art p. iv. Béni sois-tu, vin détestable I Pour moi tu n'es point redoutable, BÉRANG. les Car.
— HIST. XIV* s. Lequel Besançon estoit de très détestable vie, et qui ne vivoit que de ce que jeunes femmes folieuses gaignoient à un chascun aux champs ou ailleurs, du cange, follis. \\ xvi* s. Les calomnies de nos adversaires pueront et seront détestables à toutes gens de sens rassis et d'intégrité, CALV. Instit. 4 Ht.
— ÉTYM. Lat. detestabilis, de deteitori, détester. DÉTESTA BLEMENT (dé-tè-sta-ble-man ), adv.
D'une manière détestable, très-mal. Chanter, écrire détestablement. On m'a mandé que Nanine avait été jouée détestablement et reçue de même, volt. Lett. Richelieu, 27 févr. 4765.
— ÉTYM. Détestable, et le suffixe ment. DÉTESTATION (dé-tè-sta-sion; envers, de cinq
syllabes), s. f. \\ 1° Action de délester. Le plaisir de rire se change en détestation et en horreur, balz. l, ts6. Il s'est attiré la détestation de tout le monde, costar, Lettres, dans hichelet. La même détestation de la viande et du mariage, le même mépris du baptême, la même horreur pour la communion, la même répugnance à croire la vérité de l'incarnation et de la passion du Fils de Dieu, Boss. Variât. XI, § 27. Il 2' Terme de dévotion. Horreur qu'on a du péché. Quand nous en reconnaîtrons le mal [d'une proposition], nous l'aurons en détestation, PASC. Prov. 3. Ce que j'appelle ici détestation sincère du péché, BOURD. Avent, Pénit. 488. Une détestation sincère de vos crimes, mass. Ifyst. Résurr.
— HIST. XV* S. La voix de tristesse s'appelle autrement douleur.... détestation, gerson, dans le Dict. de D0CHE2. || xvi* s. Ils se frappoient et battoieut en détestation [regret] du defuiict,PABÉ, ifuntte, 4 . Comme on a accoustumé de leur taire tout
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ce qui les divertit de leur route, ils [les rois] se trouvent, sans le sentir, engagez en la haine et détestation de leurs peuples, mont, iv, 252.
— ÉTYM. Provenç. detestatio; espagn. detestacion; ital. detestaiione ; du latin detestationem , de deteslari, détester.
DÉTESTÉ, ÉE (dé-tè-sté, stée) , part, passé. Il 1° Condamné par paroles de réprobation. Il me semble que c'est condamner bien faiblement une fourberie et une perfidie aussi noires que celle-ci, dont le succès le plus heureux ne peut couvrir l'horreur et qui ne peuvent être assez détestées, rollin, Hist. anc. Ohuvres, t. vi, p. (89, dans pougens. Il 2° En butte à une haine violente, à une violente répugnance. Un homme partout détesté. Un séjour détesté. À la vérité cette opinion, loin de prévaloir parmi les Juifs, y a été détestée, boss. Ilist. u, lO. Et détestés partout, détestent tous les hommes, rac. Esth. II, 4. Quel événement et quels dieux irrités Ont amené Julie en ces Ueux détestés? voLT..,3'numv. u, 4.
DÉTESTER (dé-tè-sté). || 1* F. n. Jurer, pester. Pour venir au chartier embourbé dans ces lieux, La voilà qui déteste et jure de son mieux, la font. Fabl. VI, 4 8. Il 2* V. a. Condamner par paroles de réprobation. Tous accusent leurs chefs, tous détestent leur choix, corn. Uor. m, 2. U déteste sa vie et ce complut maudit, id. Cinna, iv, 4. Quand, dis-je, par un sort à mes désirs propice, 11 reviendrait m'olTrir sa vie en sacrifice. Délester à mes pieds l'action d'aujourd'hui, mol. Dépit am. ii, 4. Maudissez Jacob, hâtez-vous de détester Israël, SACi, Bible, Nombres, xxiii, 7. Quelquefois elle déplore son aveuglement, d'autres fois elle le déteste, BOURD. Carême, u. Aveuglement spirit. 346. U pleura son crime, il le détesta, id. tb. i. Cendres, 69. Voua vous laissez aller à ces impiétés, êtes-vous les premières à les détester? id. Avent, Resp. hum. 372. J'ai conçu la grièveté de mon péché et je l'ai détesté, ID. ib. Pénit. 4 9». S'ils persistent dans leur infamie, détestez-la hautement, mass. Disc, synodaux, Observ. des stat. et ord. du dioc. Sauteuil reçut les sacrements, et édifia autant qu'il fut regretté d'une compagnie peu portée à l'édification, mais qui détesta une si cruelle expérience [le tabac dans le verre], st-sim. 60, 85. || 3° Avoir eu horreur. Je respecte autant l'un que je déteste l'autre, corn. Rodog. lu, 4. Détestant ses rigueurs, rabaissant ses attraits. Je défiais ses yeux de me troubler jamais, RAC. Andr. i, 4. Objet infortuné des vengeances célestes. Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes, id. Pftèd. u, 5. Rappelons-nous ce moment de la découverte, cette première entrevue des deux mondes, pour détester ie nôtre, raynal, Uist. phil. VI, 5. Il 4* Ne pouvoir er^urer, supporter. Je déteste l'hiver. Je déteste leslaiseurs de compliments.|| 6" Se détester, c. réft. Avoir horreur de ses fautes. Se condamnant et se détestant pour avoir prêté les mains à une si coupable action. || Avoir une haine violente l'un pour l'autre. Ces deux hommes se détestent. '
— HIST. XV* s. Somme, plus ne diray qu'ung mot; Car commencer vueil à tester; Devant mon cler Fremin qui m'ot [m'entend]. S'il ne dort, je vueil protester. Que n'entends homme détester En ceste présente ordonnance, villon. Grand testam. || xvi*s. Détester toute voye de tromperie, mont, i, 24. i quoy Theano s'opposa, disant qu'elle estoit religieuse pour prier et bénir, non pas pour détester et mauldire, amyot, AU. 44. Fabricius, détestant la meschancetéde ce médecin, escrivit une lettre à Pyr» rhus, ID. Pyrrh. 44. Celui-ci, détestant contre ses compagnons, s'ofi'rit à remonter le bastion, d'aub. Uist. u, 363.
— ÉTYM. Lat. detestari, de la préposition de, et testari, attester (voy. tester). Le premier sens de detestari est repousser avec serment une assertion ou une accusation; et de là vient l'idée d'horreur pour les personnes ou pour les choses.
t DÉTIARER (dé-ti-a-ré), v. a. ôter la tiara. Nous ne voulons pas vous démitrer, vous détiarer, VOLT, dans la veaux.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et tiare.
DÉTIRÉ, ÉE (dé-ti-ré, rée), part, passé. Du lings détiré, au moment où l'on se prépare à le repasser.
DËTIRER (dé-ti-ré), v. a. Tirer en tout sens. Détirer des dentelles. {| Très-familièrement. Se détirer, t). réfl. Allonger ses membres, comme quelqu'un qui bâille en étendant les bras.
— HIST. xiii* s. Moult fort commence à sopirer Et ses cevols [cheveux] à detirer, lien. 4 2466. Sin'orent lance ne espée Qui ne fust froissée u copée. Fors que Durandal et Cortain, Dont Ogiers se combat à plain, Lor batailles brise et destire, pu. mousiœs.
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m$. p. 19», dans lacurnk. || xiv* s. J'otroie qu'on me voist [ra'aillej à chevaux délirant, Se le chastel n'avons ains [avant] le soleil couchant, Guescî. «««. Ilxvi's. Hz leurdonnoient la géhenne, ilz les detiroient sur le chevalet, àmtot, Lucull. 36. Mais je laisse aux pervers tyrans. Oui, par mauvaise intention. Sont les laboureurs detirans, Ktleur font tribulation, molinet, p. <89, dans lacurne.
— Etym. Dé.... préfixe, et tirer.
DÉTISÊ, ÉE (dé-ti-zé, z6e), pari, posté. Le feu étant délisé.
DÉTISER (dé-tizé) ,«. o. Séparer les tisons qui brûlent. On délise le feu le soir quand on va se coucher,
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et tison.
DÊTISSP,, ÉE (dé-ti-sé, sée), part. paué. Dont on a défait le tissu. Une étoffe délissde.
DÉTISSER (dé-ti-sé), ». o. Défaire un tissu. Parfiler c'est effiler une éloffe, la détisser fil à fil et en séparer l'or, volt. Dial. 13. {| Se détisser, v. réjl. f!tre détissé. Cette étofi'e se détisse.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et tisser.
+ DÉT1TRER (déli-tré), V. a. Enlever un tilre, une qualité.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et titre. DÉTONANT, ANTE (dé-to-nan, nant'), ailj.
Oui est susceptible de détoner. Poudre déionanle. Mélanpe détonant, par exemple le mélange d'un volume d'oxygùne et de deux d'hydrogène.
DÉTONATION (dé-to-na-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Bruit plus ou moins violent qui se fait entendre, soit dans de rapides combinaisons ou décompositions chimiques , soit quand un corps change brusquement d'état ou de volume. La détonation de la poudre à canon. Ce fut lui encore qui fournit ou qui exécuta les détonations chimiques et quelques-unes des autres expériences de cette espèce, qui furent faites devant le roi dans l'assemblée du 32 juillet (7(0, MAiRAN, Éloges, Lemery.
— REM. Legoarant voudrait que détonation (explosion) s'écrivit détonnalion, par analogie au radical tonnerre; et que détonner (sortir du ton) s'écrivit détoner, par analogie à intimation, qu'en efl"et l'Académie écrit avec une seule n. Mais à cela on objectera que le latin detonare n'a qu'une n, de sorte que l'élymologie demande qu'on n'en mette qu'une; et que, pour détonner, il est ordinaire qvie, dans ces cas, une consonne linale se double. Mais il n'en reste pas moins entre détonner et intonation une anomalie que l'Académie devrait faire disparaître, en suivant la règle donnée par Dumarsais et Duclos, qu'il est mauvais de doubler les lettres qui ne se prononcent pas, quand l'élymologie ne les exige pas. Elle n'aurait d'adleurs en bien des cas qu'à suivre l'orthographe du moyen âge, qui ne doublait pas les lettres.
— ÊTYM. Détoner.
DÉTONER (dé-to-né), V. n. Faire un bruit explosif. Faire détoner de la poudre. Le mélange détona, et il y eut des personnes de blessées.
— ÉTYM. Lat. detonare, de la préposition de, et tonare, tonner.
t DÉTONNATION (dé-to-na-sion) , *. f. Action de sortir du Ion.
— ÊTYM. Détonner.
DÉTONNÉ, ÉE (dé-to-né, née), part, passé. Chanté hors du ton. Une chanson bachique détonnée.
t DÉTONNELER (dé-to-ne-lé. L'I se double, quand la syllabe qui suit est muette: je détonnelle), v. a. Tirer du vin ou une autre liijueur d'un tonneau.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et tonneau.
DÉTONNER (dé-to-né) , v. n. || 1° Terme de musique.Sortir du ton, chanter faux. Ce chanteur détonne souvent. Tous mes sots à la fois, ravis de l'écouter. Détonnant de concert se mettent à chanter, boil. Sat. m. C'est comme une musique qui détonne, la DRUY. VI. I! Fig. Pour Batyle aux fraîches couleurs Quand Anacréon détonne f il s'agit des amours grecs], BÉRANO. Filles. |{ 2° Fig. Être ou faire disparate, en parlant des choses. Il y a dans ce livre des pages qui détonnent. |{ 8° V. a. Chanter à voix bruyante et peu musicale. Ils passent la nuit à table à détonner quelques chansons obscènes, vad- VEN. les Jeunes gens.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et ton.
DÉTORDRE (dé-lor-dr'), je détords, tu délords,
il détord, nous détordons, vous détordez, ils détordent; je détordais; je détordis; je détordrai; je détordrais; détords; que je détorde; que je détordisse; détordant; détordu, v. a. || 1" Défaire ce qui était tordu. Détordez ce linge pour l'étendre. || 2" Se détordre le pied, le poignet, s'y donner une foulure. Cet emploi dans lequel détordre a un sens ancien.
qu'on trouvera àl'historique, celui de tordre, a vieilli. Il 8° Se détordre, v. réfl. Cesser d'être tordu. Ce fil se détord. || Fig. Combien j'avais été insensé de me détordre moi-même pour redresser les autres I bern. DE ST-p. Pr. à VArcadie:
— IllST. XI* s. 11 duist sa barbe et detuerst [tord] son grenon, Ch. de Roi. LX || xii* s. Andeux ses poins [ses deux poings] va li rois détordant, Sonc. p. < 54 . Il xni* s. Ses très heles mains blanches moût souvent [elle] detordoit, Berte, xxvjii. Quant li paysan l'ot , si detorst ses puis [poings] , et deschira ses cheviaus,et démena le plus grant duel du monde, Ckron. de liains, 237. Moll [elles] aloient afoibloiant; Adiès [sans cesse] detorgoient lor mains, Laid'Ignaures. Avarice qui tant est orde, Volenté ai que m'en destorde, FaMtoui nut. t" 803, dans lacurne. Brandist la hansle, detort le confenon, Gérard de Vienne, dans raynouard. Ne tous i puis adroit tenir, Tant me faites et torsetganchesDebras,de trumiaus et de hanches. Et tant vous aies detortant, la Rose, 8899. Cil prendrent les flors; ses emportent; Si sont cargié, que tôt détordent, FI. et Bl. 23(4. ||xv* s. Son trùs-ennuyé père détord ses mains et dessire ses cheveux, loois xi, Nouv. ii. || xvi* s. X fin de réduire les muscles qui peuvent avoir esté destors de leur deue situation naturelle, pars, xiii, 2u. Il me fnuldra estre aveugle formé, avant que je sente la décadence et vieillesse de ma veue; tant les parques destordent artificiellement nostre viel mont, iv, 292.
— ETYM. Dé.... préfixe, et tordre; Berry, detorser; provenç. destorser; espagn. destorcer; ital. dittorcere. Destordre, dans l'ancien français, a trèssouvent le sens de tordre, et alors dé.... a le sens augmentatif.
DÉTORDU, CE (dé-tor-du, due), part, passé de détordre. Qui n'est plus tordu. Du fil détordu.
DÉTORQUÉ, ÉE (dé-tor-ké, kée), part, passé. Une proposition détorquée.
DÉTORQLTÎR (dé-tor-ké) , v. a. Donner un sens forcé, une interprétation fausse pour en tirer avantage. Détorquer un texte, un passage.
— HIST. XVI* s. Ce que les politiques detorquoient en mauvais sens, et disoient que les trois calotiers estoient ligneux, Sat. tién. p. 2.
— ÉTYM. Lat. detorquere, détourner, de la préposition de. et torquere, tordre (voy. tordre).
DÉTORS, ORSE (dé-tor, tor-s'), adj. Qui n'est plus tors. Du fil détors. De la soie détorse.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et tors.
DÉTORSE (dé-tor-s'), s. f. Terme de chirurgie. Foulure. Ce mot n'est plus usité, on dit entorse.
— HIST. XVI* s. Estimant principalement ceux qui plus me sembloyent donner des detorses et interpellations au chemin de la vertu, V Amant ressuscité, p. 281, dans LACURNE. Il fut conclud que pour le meilleur il menastavecques soy quelqu'ung qui congneust les voyes et destorses, rab. Garg. i, 33.
— ÊTYM. Détort. Détorse a signifié aussi chemin détourné.
DÉTORTILLÊ, ÉE (dé-tor- ti -lié, liée, H mouillées) . part, passé. Une tresse détortillée.
DÉTORTILLER (dé tor-ti-Ué, Il mouillées, et non dé-tor-ti-yé), ti. o. Défaire ce qui était tortillé. Détortiller ce coi-don. Quand vous ferez les mords, avant que d'endosser , Délortillez les nerfs jusque dans leur racine, les.né, la Reliure, p. 53. || Se détorliller, v. réfl. Etre détortillé. Cet écheveau ne se détortillera pas facilement.
— HIST. XII* S. Dame Guiborc nel volt pas anoier; Un escrin vet moult tost destorteillier, Bat. d'Âleschans, v. 4763. || xiii* s. Moult m'engigna à icele ore; El seel [seau] entrai sans demore, Et la corde se destorteille, Tu ieres jà en l'autre seille, Ren. 14341. ||xiv* s. Se le heriçon ne se veult destortillier, l'en le doit mettre en l'eaue chaude, et lors il s'estcndra, Udnagie.r, ii, 5.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et tortiller.
t DÊTORTOIR (dé-tor- toi r), t. m. Terme de vénerie. Bâton pour parer les branches en traversant un taillis. || Mot vieiUi.
— ÊTYM. Détordre.
t DÉTOUCHER (dé-tou-ché) , v. n. Terme de marine. Se remettre à Ilot après avoir touché.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et loucher.
t DÉTOUPER (dé-tou-pé), v. a. \\ 1* Ôter l'étoupe qui bouchait un trou. 1| Fig. Délouper ses oreilles, écouter avec attention. || 2* Terme d'agriculture. Détouper des terres, ôter les épines qui les couvrent.
— HIST. XVI* s. Veux-tu l'ouir, detoupe tes oreilles, Dit la chanson , et tu orras merveilles, Sat. Mén. p. 200. Cette eau est excellente pour provoquer l'urine et destouper les voyes d'icelle, parS, xv, 6».
— ÉTYM. D pour di.... préfixe, et étouper.
t DETOCPaLONNER (dé-tou-pi-Po-ne , .i mouillées), c. a. Oter les toupillons, les rameaux inutiles d'un orangei
DÉTOUR (dé-tour), t. m. \\ 1* Changement de direction. La rivière fait là un détour. Le détour d'une rue, d'un promontoire. Un de mes gens la garde au coin de ce détcur, vol. Ée. des f.v, ». Allez m'attendre au prochain détour; je vous dirai dans i^n moment ce qu'ilfaudra faire, REGNABD, Sérén. se. 2U. Il 2* Voie sinueuse et difficile à reconnaître et à suivre. Il le fit avancer, afin de reconnaître les détours des montagnes, vaucel. Q. C. liv. m, dans RiCHELET. Pour esquiver sa flamme et ses discours. Elle cherchait les plus secrets détours, benserade, Rondeaux, dans richelet. Nourri dans le sérail, j'en connais les détours, bac. Baj. iv, ". C'est mol, prince, c'est moi dont l'utile secours Vous eût du labyrinthe enseigné les détours, ID. Phid. ii, *. J'errais dans les détours de ce grand monument, VOLT. Sémiram. v, «. ||8* Par extension, voie détournée, allongée. C'est un détour de plus d'une lieue. Je veux vous remercier d'avoir pris un détour pour éviter ces petits ruisseaux, sÉv. 481. I^s ennemis ont fait un grand détour pour éviter les passages gardés, fén. Tél. i. Ajcutez à cela les différenls détours que fit Alexandre, premièrement pour aller à l'extrémité de la Cibcie, oâ se donna la bataUle d'Issus, jusqu'au temple d'Ammon dans la Libye, et pour revenir de là à Tyr, rollin, Hist.ane. OEuvra, t. vi, p. is», dans pouoens. X la nuit, au hasard, que je dois rendre grâce I De détours en détours m'amener jusqu'ici! C'est conduire fort bien que s'égarer ainsi! colin d'rarlev. Chat, en Btp. II, 3. Il Fig. Où l'on voit tous les jours l'innocence aux abois Errer dans ces détours d'un dédale de lois, BOIL. Sat. I. Et sans qu'un long détour t'arrête et t'embarras.se, X peine as-tu parlé qu'elle-même [la rime] s'y place, ID. Sat. n. Revenu des erreurs après de longs détours. Comme moi vous aurez recours. Quelque jour, aux leçons de la philosophie, CHAUUEn, À l'abbé Courtin. Les Perses, dit-il, au lieu de tant de détours et de circuits pour apaiser la faim, prennent un chemin bien plus court pour arriver au même but: un peu de pain et de cresson les y conduisent, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. u, p. 140, dans pougens. || Les détours du cœur, ses replis secrets. || 4° Moyen subtil, ruse, biais. Les détours de la chicane. Mais certes le détour est un peu surprenant, corn. Sertor. ii, 2. C'est ce qu'il y a de bon en vous, que vous n'allez point chercher de détours, mol. Fest. de P. iv, «.Ah! le détour est bon et l'excuse admirable! id. Jft'j. iv, 3. Ce détour ridicule est en vain pris par vous, id. Amph. II, 6. Je ne veux point chercher de détours et vous nier la chose, m. l'Avare, v, 3. Ce n'est point à deo avocats qu'il faut aller; car ils sont d'ordinaire sévères et s'imaginent que c'est un grand crime que de disposer en fraude de la loi ; ce sont gens de difficultés et qui sont ignorants des détours de la conscience, m. Ual. imag. i, ». De quelque belle apparence que l'iniquité se couvrît, il en pénétrait les détours, et d'abord il savait connaître, même sous les fleurs, la marche tortueuse de ce serpent, Boss. le Tellier. Je serais très-blessée que vous eussiez ces détours, maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 5 févr. 1706. Et pourquoi te cachais-je avec tant de détours Un secret si fatal au repos de tes jours? RAC. Alex, iv, <. Faut-il que je dérobe, avec mille détours, Un bonheur que vos yeux m'accordaient tous les jours? ID. Brt't. il, «. Vous ne me trompez point, je vois tous vos détours, id. ii>. IV, ». Ah! loin de m'ordonner cet horrible détour. Si votre coeur était moins plein de son amour, Je vous verrais sans doute en rougir la première, ID. Baj. 11, 5. X prendre ce détour qui l'aurait pu forcer? id. Kititr. iv, 4. Ciel! comme il m'écoutaitl par combien de détours L'insensible a longtemps éludé mes discour»! id. Phèdr. m, 4. Une autre chose contribue beaucoup aux longs discours des femmes, c'est qu'elles sont nées artificieuses et qu'elles usent de longs détours pour venir à leur but, fén. Êduc. filles, ». Je sais que ce détour blesse la vérité, ducis, Othello, ui, 7. ||Sans détour, sans rien cacher, sans subterfuge. Vos ordres sans détour pouvaient se faire entendre, bac. Iphig. IV, 4. Il Être sans détour, être franc, ouvert, loyal.
— HIST. XII* s. Cil sait moût bien les destors du pals, iionc. p. 462. Il XIII* s. Grains [chagrin] et marriz, fist tant par sa maistrise [habileté]. Que à la dame en un destour A fait sa plamte et sa clamour, AU- DEFR. LE bast. RomanceTO , p. «. En ung destor fu li envers [perfide] D'erbcs et de fuelles cou\ers.
DIÎT
DET
ntn
Por ceus espier et surprendre Ou'il voit as roses la main tendre, la Rose, ï84<. Où sera leur destors, où sera leur refuges. Fabliaux mss. t. ii, f" MS, dans LACURNE. Se li puis est en dcstor, et non pas hantés de gent, on doit moult penre garde s'il [l'homme assassiné] estoit hays ou maneciés de nului, BKAUM. LXix, 10. Il XVI* s. Et l'eust voulentiers veu en personne, ne feust que Xenomanes l'en descouraigea, tant pour le grand deslour du chemin, que.... m. Pant. iv, 20. Le plaisir estoyt grand veoir les ruses et destours desquelz ilz usoyent pour surprendre l'ung l'autre, m. ib. v, 25. Depuysdescendismesung degré, là estoyt ung repous; puys troysà destours, et repous pareil, ID. tft.v, 36. Les Romains, n'ayans pas les destours et retraittes qu'ilz avoient eues le jour précèdent, furent contraints de venir au combat tout de front par pais ung et plain, AMYOT, Pyrrh. *6. Laissant leur fallacieux destour du droit chemin, id. Lueull. 37. Comment la philosophie.... qui me doibt roidir le courage pour fouler aux pieds toutes les adversitez humaines, vient-elle à cette mollesse de me faire conniller par ces destours couards et ridicules? mont, h, 218.
— ÊTYM. /)('.... préfixe, et (oiir.-bourguig. détor. t DÉTOUBNE (dé-tour-n'), s. f. Action de diriger
toutes les têtes et les pointes des aiguilles chacune de son c8té.
— ÉTYM. Détourner.
DÉTOCRNÊ, ËE (dé-tour-né, née), part, passé. Il 1° Oui ne suit plus son chemin direct. Une fois détourné de sa route, il n'hésita pas à aller plus loin. Il Fig. X qui on a fait perdre la droite conduite. Détourné de son devoir par de mauvais conseils. Il Absolument. Une mineure détournée, une jeune fille soustraite par fraude à ses parents. || 2° Qui fait une sinuosité. Un fleuve détourné de son cours. Il Chemin, sentier détourné, chemin écarté et peu fréquenté. Il vous mènera de là dans une rue détournée, BEBN. DE ST-p. UoTt de Socrate. Je reçois votre paquet par une voie détournée, SÉV. 391. On imagina, dans des temps de guerre, celte route détournée pour éviter les croisières ennemies, baynal, Jlist. phil. II, 25. Il Fig. Voie détournée, moyen indirect, biais pour arriver à un but. Ce n'est que par faiblesse et faute de connaître le droit chemin qu'on prend des chemins détournés et qu'on a recours à la ruse, fénel. Dial. des morts mod. Kichel. Masar. Il y a, pour arriver aux dignités, ce qu'on appelle la grande voie ou le chemin battu; il y a le chemin détourné ou de traverse qui est le plus court, LA BRUT. viii. || Termede grammaire. Sens détourné, toute signification qui n'est pas la signification propre du mot, et spécialement celles qui semblent le plus s'en éloigner. Demeure signifiant d'abord retard , délai, le sens d'habitation, de domicile est un sens détourné. || Louange détournée, louange délicate, qui ne s'adresse pas directement à la personne qu'on veut louer. || On dit de la même façon, reproche détourné, pour reproche indirect. Il 8''Tournéd'unaulrec6lé.Ilavait la tète détournée. J'étais détourné, je ne le voyais pas venir. || 4° Qui est & l'écart. Qu'il [l'homme] e regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature, et que, de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaum' s, les Tilles et soi-même à son juste prix, pasc. Pensées, I, t, édit.La'ture, <86o. jj 5» Dont on est préservé. L'orage détourné, on n'y pensa plus. Des malheurs détournes à grand'peine. |1 6° Dont l'emploi est changé, en parlant d'argent et choses semblables.Un fonds détourné de sadestination.|| 7° Soustrait frauduleusement. De l'argent détourné par cet employé. [\S' X qui l'on cause un dérangement. Ma mfre en ce devoir craint d'être détournée, bac. Athal. m, 2.119" Détorqué. Un texte détourné de son vrai sens, ji 10* Dissuadé. Détourné de la dangereuse entreprise qu'il avait eu le dessein de tenter.
t DÉTOURNEMENT (dé-tour-ne-man), s. m.
Il !• Action de détourner. Des femmes qui parleurs détournements de tête et leurs cachements de visage firent dire cent sottises de leur conduite, mol. Crit. de l'Ée. des f. m. || 2° Soustraction frauduleuse. Détournement de fonds, de deniers, de papiers, de titres. Il s'est rendu coupable de détournement. Il masquait ses détournements, en falsifiant les livres. Il Détournement de mineur, de mineure, action de soustraire illicitement un jeune garçon, une jeune fille au domicile.
— HIST. XVI' s. Geste torse du regard qui tord l'ame quant et quant , et ce destournement en est laid, AMVOT, De la eurios. 20.
— ËTYM. Détourner.
DÉTOURNER (d^tour-né), ». a. || !• Faire pren-
dre une autre direction. Détourner quelqu'un de son chemin. Détourner un coup. || Fig. Détourner les soupçons. Détourner sa pensée d'un objet désagréable. Ce zèle sur mon sang détourna votre perte, COHN. lléracl. 11, B. Mais toi, par quelle erreur veux-tu toujours sur toi Détourner un courroux qui ne cherche que moi? bac. Androm. m, <. C'était une cérémonie commune et généralement observée dans tous les sacrifices d'imposer les mains sur la tête de la victime, de la charger d'imprécations et de prier les dieux de détourner sur elle tous les malheurs dont les Egyptiens pouvaient être menacés, EOLLiN, Ilist. anc. (Muvres, t. i, p. 69, dans pougens. Ouelle perte, sire, comme l'observe très-bien votre majesté, quand nous aurons le malheur de la faire I j'en détourne ma pensée, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 23 févr. 1776. || Absolument. Détourner, faire tourner les soupçons d'un autre côté, faire perdre la piste. Détournez, détournez; ses questions nous embarrassent. Antonio : Il n'y a que moi qui prends soin de votre jardin; il y tombe un homme, et vous sentez que ma réputation en est effleurée. — Suzanneà Figaro: Détourne, détourne. — Figaro: Tu boiras donc toujours, Beaumarchais, Mar. de Fig. 11, 2). ||2°Changerle cours. Tel qu'un ruisseau docile Obéit à la main qui détourne son cours, bac. Esth. 11, 9. Platon est celui de tous qui a le plus imité Homère; car il a puisé dans ce poêto comme dans une vive source dont il a détourné un nombre infini de ruisseaux, boil. Longin, <i. Pour faciliter la construction de la plupart des ouvrages, il avait fallu détourner le cours de la rivière, bollin, Hist. anc. CEuvres, 1. 11, p. 29, dans pougens. Les divers gisements des îles, leur forme sphérique ou angulaire présentent à ces effroyables torrents d'air [les ouragans] des surfaces plus ou moins obliques qui détournent le courant, baynal, Hist. phil. X, B. Il 3* Terme de chasse. Détourner un cerf, un sanglier, c'est tourner autour de l'endroit où la bête est entrée et s'assurerqu'elle n'en est pas sortie, pour la courre ensuite. Comme on envoie un piqueur détourner un cerf avant qu'on aille au readez-vous de chasse, volt. Lett. d'Àrgental, nov. J7B9. Il Découvrir, par le moyen du limier, le lieu où le cerf a sa reposée et en marquer l'enceinte pour se reconnaître. || 4° Tourner d'un autre côté. Détourner son visage. Il détourna la tête pour ne pas me voir. N'a-t-il point détourné ses yeux vers le palais? BAC. Andr. v, 3. Mais quoi, sans me répondre. Vous détournez les yeux etsemblez vous confondre, ID. Bérén. 11, 4. Et toujours détournant ma vue avec horreur, m. Iphig. 11, t. Un bruit confus s'élève et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits, id. Athal. 11, 2. Jusqu'à quand, seigneur, m'oublierez-vous? sera-ce pour toujours? jusqu'à quand détournerez-vous de moi votre face? saci. Bible, Psaume xu, <. Levez le bras, frappez; je détourne les yeux, volt. If. de Ces. m, 2. Il Fig. Détourner les oreilles, ne pas écouter. Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles De tout conseil barbare et mensonger, rac. Esth. m, 3, Il Fig. Détourner fts yeux, ne pas donner attention. J'ai vaincu ses mépris; j'ai détourné ma vue Des malheurs qui dès lors me furent annoncés, rac. Brit. IV, 2. Il faut détourner les yeux de ces temps sauvages qui sont la honte de la nature, volt. Mœurs, Avant-propos. Ne détournez point vos yeux de dessus eux, après que vous les aurez renvoyés libres, puisqu'ils vous ont servi pendant six ans, SACI, Bible, Deutéron. xv, I8. ||6° Tourner en sens contraire. Détourner une corde, une manivelle. Il 6° Écarter de manière à préserver. Détourner un fléau. Il est en ma puissance De détourner le coup qui si fort vous offense , mol. l'Étourdi , 1, 10. J'ai détourné le coup et tant fait que par crainte Le pauvre Trufaldin.... id. ib. 1, "^n. Hé bien, aimez Porus, sans détourner sa perte, rac. Alex. V, 2. Je reconnus Vénus et ses feux redoutaljles; Par des vœux assidus je crus les détourner, iD. Phèd. i, 3. De tant de maux, Abner, détournons la menace, id. Alhal. v, 2. Dieu, détourne de moi ces noirs pressentiments , volt. Zaïre, v, 3. Ciel, détourne les coups que ce moment prépare, m. AU. m, B. || 7° Donner une autre destination. Détourner des fonds de leur emploi. Tout ce que je faisais pour Thérèse était détourné par sa mère en faveur des affamés, J. J. eouss. Confess. vu. Il 8° Soustraire frauduleusement. Détourner des fonds, des papiers. Comme on eut à dessein détourné une coupe d'or en ce festin, vaugel. Q. C. 629. Ces personnes avaient détourné cet argent pour l'employer contre l'Ëlat, pasc. Prov. <B. Les principaux citoyens détournaient à leur profit les reve-
nus puolics, KONTESQ. EspT. viii, u. || Par extension. Au bout de quelques jours il détourne l'enfant Du perfide voisin, puis à souper convie Le père qui s'excuse et lui dit en pleurant: ....J'aimais un fils plus que ma vie.... On me l'a dérobé.... la font. Fabl. IX, I. Il Détourner un mineur, une mineure, en faire le détournement. || 9" Écarter quelqu'un de sa voie, de ses intentions, de ses projets, par des discours, par des conseils, par des influences morales. Détourner quelqu'un de son devoir. Détourner du mal. Il s'imaginait qu'il serait aisé de le détourner d'un si terrible dessein, VAUGEL. Q. C. liv. X, dans bichelet. Que la considération des misères présentes et celle des misères futures vous détournent de l'impureté , maucroix, Ilomél. M, dans bichelet. L'un [desreprochesjque l'amiral [de Coligny] a su le crime [l'assassinat du duc de Guise], l'autre qu'il n'a voulu ni détourner ni découvrir le criminel, boss. Tar. Déf. i" dise. § 35. Ses femmes à toute heure autour d'elle empressées Sauront la détourner de ces tristes pensées, bac. Bérén. iv, 6. Mais quoi ! cet intérêt et si juste et si tendre De tout autre intérêt peut-il vous détourner? volt. Uérope,
I, i. Il Détourner le dessein de quelqu'un, en détourner quelqu'un. Non, ma mère.... ni mes sœurs.... Ne détourneraient pas le dessein que j'ai pris, ro- TROn, Antig. i, 6. Croyez-vous pouvoir venir à bout de détourner ce fâcheux mariage que mon père s'est mis en tète? mol. Pourc. 1, 3. Pourquoi détournais-tu mon funeste dessein? rac. Phèd. m, t. [j 10° Déranger. Vous êtes occupé, je crains de vous détourner de votre travail. Le roi était mécontent des fréquents voyages de Barbezieux à Paris, où les plaisirs le détournaient, st-sim. 6, 68. || H° Détorquer. Détourner le sens d'un passage, d'une loi. Embarras que vous essayez d'éluder en détournant la question, PASC. Prov. 12. C'est ainsi qu'il [Josèphe] détournait l'Écriture sainte pour autori.ser sa flatterie, BOSS. Ilist. II, 10. Nous contredirions même les intentions du Sauveur, en détournant le sens et l'esprit de cette histoire et détruisant tout le fruit qu'il se propose d'en tirer, mass. Car. Mauv. riche. Il 12° V. n. Tourner. Vous n'avez qu'à suivre cette route, messieurs, et détourner à main droite, vous serez au bout de la forêt, mol. Fest. m, 2. || 13° Se détourner, v. réfl. Sortir de son chemin. Au lieu de se détourner de son chemin pour l'éviter, pasc. Prov. t<. Israël s'est détourné du seigneur comme une génisse qui ne peut souffrir le joug, saci, Btble. Osée, iv, 46. C'est le chemin, je crois, pour aller en Provence. — Eh mais, quand il faudrait sa détourner un peu , Cent milles de chemin ne sont pour moi qu'un jeu, collin d'harlev. Chat, en Fsp.
II, 4. Il Se tourner d'un autre côté. Le cardinal de Bouillon n'est pas connaissable [ pour le chagrin de la mort de Turenne], il jeta les yeux sur moi, et, craignant de pleurer, il se détourna, sÉv. 202. Ses yeux comme effrayés n'osaient se détourner, rac. Athal. 11, 2 Non, demeurez, ne vous détournez pas, De vos regards du moins honorez mon trépas, volt. Scythes, m, 2. || Être écarté, en parlant d'un coup, d'un mal, etc. Que votre colère et votre fureur se détournent de votre cité de Jérusalem et de votre montagne sainte, SACi, Bible, Daniel, ix, )6. || Fig. Perdre les attaches, les sentiments qu'on avait. Un homme qui ne se détourna jamais de ses devoirs, fléch. M. de Uont. Si ton cœur encore D'un père infortuné ne s'est pas détourné, VOLT, faner, iv, «.
— HIST. XI' s. Ferir l'en volt, se [il] n'en fust desturnet, Ch. de Bol. xxxii. Ceste bataille nen ert [sera] mais destornée, ib. cclx. || xu' s. La meie generaciuns toleite est [est enlevée], e desturnede est de mei. Liber psalm. p. 233. Bêle dame me prie de chanter.... Je ne m'en sai ne m'en puis destorner, Couci, x. Coment, fait dune li quens, puet estre deturné, Quant vus li devez fei, humage et ligeé? De lui tenez grans fius e honurs en barné. Th. le mart. 45. Pur poi Randuif de Broc n'out le vaslet tué; Mais il nel pout trover; car Deux l'a desturné, ib. <24. De part li rei li unt icel respit dune; Dient: li reis voldra l'endemain par verte Ses acuntes oïr, n'iert pur rien desturné; U i ira, ço dit, e il s'en sunt turné, ib. 35. Li rois en volt aveir la lei de la cuntrée, Mais l'arcevesques ad celé lei desturnée, ib. 20. Mais se il volsist traire la gent chaperunée, Mult peiist aveir bien sa mort dune eschivée : Car en icele iglise ad mainte desturnée [détour] ; De sun gré suffri mort en la maisun sacrée, ib. )B3. Il xm* s. Vo fille sera arse [brûlée], jà n'en ert [sera] destornée, Berte, xvi. [Que Dieu] Destourt mon corps de honte , que [je] ne soie mal mise, ib. xxxi. Mes l'autrier oi [j'eus] la jamb«
DfiT
quasse; En un broion [piège] par mescheance, Là m'avient ceste mesestance : Onques ne me poi destorner, /len. 7323. Et s'il se destorneut qu'il ne puissent estro pris, li destorné doivent eslre contraint par gardes et par apiax, et mener dusiiucs au b.inissement, beaum. lx, <2. Et se li deteres [débiteur] se destorné, si que li créanciers ne pot demander se [sa] dele.... id. lv, 35. ||xiv" s. Cy devise la manière comme on doit destourner le cerf, Ifodui, f" XI. Il XV" s. Et monta à cheval et s'en vint sur les rues; et destourna ce jour à faire cruauté et plusieurs horribles faits qui eussent esté faits, si il ne fust allé au devant, fboiss. i, i, 27i. Ceux qui l'aimoient le prièrent pour Dieu que il ne le fist, car trop y sont les lieux divers et destournés, lioueiq. II. ch. ïo. Il xvi* s. Ces considérations ne deslournent pas un homme d'entendement de suyvre.... uont. i, lau. Cela les destourne de meilleures occupations, ID. i, (81. Ils se destournent de leur voye uji quart lie lieue pour courir après un beau mot, lu. \, H. Destourner la face pour ne veoirle coup, lo. ii, 384. Une interprétation destournée, contraincte et biaise, ID. IV, 239. Femme qui recelé ou détourne n'est plus recevable à renoncer, ains est réputée commune, LOTSHL, 3»7. Le peuple alloit souvent forceant ou destournant les propositions du sénat, en y estant ou adjouxtant quelque chose, amïot, Lyc. 40. Numa distribua des terres aux pauvres, pour deslourner le peuple au labourage, id. Numa, 28. Quant à ses biens, ses amis en détournèrent et sauvèrent une bonne partie, qu'ils luy envoyèrent en Asie, ID. Thém. *». Le peuple se meit après l'eau du lac pour la deslourner, id. Cam. ». On le chargea d'avoir destourné des toiles et des pents de retz à chasser, ID. Pomp. 7. Quand Antigonus fut à l'endroit d'une ruelle par où il fault destourner pour monter contremont au chasleau, id. Aratus, 20. L'argent vif par sa ponderosité destourne [détord] l'intestin qui estoit entors et replié, paré, xv, 66 bis.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et tourner; bourguig. détonai.
t DÊTOURNEUR, EUSE (dè-tour-neur, neû-z'), ». m. et f. Terme d'argot. Celui , celle qui vole des marchandises dans l'intérieur des boutiques.
— ÊTYM. Détourner.
t DÉTRACTATION (dé-tra-kta-sion), f. f. Synonyme peu usité de dètraction.
— ÉTYM. Détracter.
DÉTRACTÉ, ÊE (dé-tra-kté, ktée), part, passé. Dont on d't du mal, dont on rabaisse le mérite. Détracté par ses ennemis politiques.
DÊTRACTER (dé-tra-kté), V. a. || !• Rabaisser le "■(érite de quelqu'un ou de quelque chose. Détracter quelqu'un. Délracter la vertu. || Absolument. C'est un homme enclin à détracter. Moi qui n'ai' point de part dans tout ce beau commerce. Je crois qu'à détracter votre langue s'exerce, hauteroche, Appar. tromp. H, 6. Il 2° Se détracter, v.réft Dire du mal de soi-même. Ne vous détractez pas vous-même.
Dire du mal l'un de l'autre. Ces deux rivaux se ilélractent en toute occasion.
— UlST. XVI' s que nous ne mesdisions ne
detractions de ses œuvres, Calvin, Instit. 288. Dites bien de ceux qui vous detiactent,iD. t'b. 3<B. Ce n'est pas son intention de detracter en rien qui soit de la vraye foy, id. ib. 642. Les Hères n'ont point detraclé si fort de l'honnestelé du mariage, id. ib. iOOa. En blasmant , detractant, mocquant, et injuriant les choses contraires, tacitement ilslouentet approuvent les vices et imperfections qui sont en ceulx qu'ils flattent, amvot. Comment discerner le flatl. 26. Sa mort rendit sa renommée véritable, quand ceux qui en detractoient le trouvèrent absent, d'auu. Bi$t. u, 68. La mesme peine qu'on prend à detracter de ces grands noms et la mesme licence, je la prendrois volontiers à leur prester quelque tour d'espaule à les haulser, mont, i, 266.
— ETYM. Lat. delrocfor, détracteur, de detractum, supinde detrahere, médire, proprement retrancher, composé de la préposition de, eitrahere, tirer (voy. traire), et qui est dans les langues congénères : provenç. delraire; espagn. detraer; portug. detrahir; itai. defrarr«.£e(raire, qui était aussi dausl'ancien français, signifiait tirer.
DÉTUÀCTEUR (dé-tra-kteur) , t. m. Celui qui rabaisse le mérite, la valeur de quelqu'un ou de quelque chose. C'est un contre-poison contre les séducteurs. Qui dissipe toutes leurs pestes. Et confond tout l'effort des plus noirs détracteurs, cohn. Imit. m, 4. Le détracteur secret ne trouvait en lui qu'un silence d'indignation et de sévérité, mass. Or. fuu. Dauphin. Ne pourrait-on pas dire avec justice à ces détracteurs d'un homme supérieur, si avides de
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chercher ses défauts: Quel droit avez-vou« de lui reprocher des fautes qui ne l'ont pas empêché de valoir encore mieux que vous? condorcet, Margraaf. Il demanda pour toute peint que son détracteur fût chassé de la maison du comte d'Artois, haruo.NTEL, Uém. XII. Il Adj. m. Un esprit détracteur. Un langage détracteur. Les lâchesclameurs de l'envie Te suivent jusque dans les cieui; Crois-moi , dédaigne d'en descendre. Ne t'abaisse pas pour entendre Ces bourdiinnements détracteurs, lamart. If^d. i, tv.
— HIST. XVI* s. Nous n'avons point si mal profité en l'Evangile, que nostre vie ne puisse estre à ces détracteurs exemple de chasteté, calv. Initit. dédie. Le détracteur vit de flen humain. Qui dict mal et celé le bien, lerodx de lincy, Prov. t. ii, p. 32».
— ÊTYM. Provenç. detractor, detraidor; espagn. d«(ractor; ital. deIraMore; du latin deiroclorem (voy. détracter).
DÉTRACTION (dé-tra-ksion; en vers, de quatre syllabes), *. f. || !• Action de détracter. Ladétraction contre le prochain. Penses-tu , m'amusant avecque des sottises. Par tes' détractions rompre mes entreprises? corn. Milite, in, 4. Voilà toute la matière de la détraction, c'est à quoi se réduisent tous les entretiens d'aujourd'hui, pléch. Serm. i, 336. Un demi-silence qui n'a fait qu'animer le feu de la détraction, iiass. Car. Pard. des offenses. Le crime delà détraction, quel remède, quelle vertu peut lo réparer? id. tb. Uédisance. || j* Terme de jurisprudence. Droit de détraction, droit par lequel le souverain distrait une partie des successions qu'il permet aux étrangers de recueillir.
— HIST. xin* 8. Mes tous vis [vifs] menguent les homes 0 [avec] lesdensdedetraccionPar venimeuse entencion, la Rose, 4 6473. Nulz ne soit si hardi devant toy, que il die parole qui atraie et esmeuve péché, ne qui mesdie d'autrui par derieres en detractions, joiNV. 301. Il xiv" s. La quarte branche de envie si est dètraction, c'est à dire quant une personne dit mal et parle en derrière, Uénayier, I, 3. Il IV* s. Là est orgueil, luxure et glotonnie. Convoitise, mentir, dètraction, e. desch. De l'intérieur des cours. La faulse convoitise attisée et enflambée par l'ennemy d'enfer à cœurs d'aucuns prélats de l'Eglise, aveuglés par détestable et mauvaise dètraction, Bouciq. m, ch. 4». || xvi* s. Le temps a monstre sa dètraction et mesdisance vaine et faulse, AMYOT, Caton, 48. La loy de médecine gist en addition et dètraction [retranchement], paré, xxi, t».
— ÉTYM. Provenç. detraccio, detractio ; espagn. detraccion; ital. detraiione; du latin detractionem
(voy. DÉTRACTER).
tDÉTRANCUÉ, ÊE (dé-tran-ché, chée), adj.
Terme de blason. Coupé par une bande qui part de dextre, mais non pas de l'angle.
— ÉTYM. Dé. .. préfixe, et trancher. Destrancher était, dans la vieille langue, un mot usuel et signifiait couper par i:aorceaux : Il troveront nos [ils nous trouveront] et morz et detrenchez, Ch. de Roi. cxxx.
DÉTRANGER (dé-tran-jé. Le g prend un e devant a et o : nous détrangeon^), v. a. Terme de jardinier. Faire la guerre aux taupes, aux mulots, et autres animaux nuisibles.
— ÉTY»l. Dé.... préfixe, et ^(ranyer : proprement mettre dehors , chasser.
t DÉTRANSPOSER (dé-tran-spôzé), v. a. Terme de typographie. Remettre des pages à leur vraie place.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et transposer.
t DÉTRANSPOSITION (dé-tran-spo-zi-sion), ». f. Terme de typographie. Action do détransposer.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et transposition.
t DÉTRAPER (dé-tra-pé) , V. a. Tirer du piège, de la trappe. La fortune me détrapera (les anciennes éditions portent détromper) de bien des gens que je n'aime point, bussy, dans sÉv. Lett. 278, de la nouvelle édition de 4862, par Ad. Régnier. || Inusité aujourd'hui.
— REM. Voy. l'observation à attraper ; il faudrait écrire détrapper ou irape.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et trappe.
DÉTRAQUÉ. ÉE (dé-tra-ké, kèe), part, passé.
Il 1° Qui a perdu ses bonnes allures. Cheval détraqué. Il 2° Mis, par un dérangement, hors d'état de fonctionner régulièrement ou de fonctionner du tout. La sonnerie de cette pendule est détraquée. || Fig. Le temps est entièrement détraqué depuis six jours, sÉV. 377. Maint rimailleur indigent Dont la cervelle est détraquée, volt. Lett. en vers et en prose, »8. t DÉTRAQUEMENT (dé-tra-keman), *. m. Action de détraquer; état de ce qui est détraqué. J'ai des étourdlssements et un affaiblissement de tète qui m'annoncent le détraquement delà machine, d'a- LEMB. Lett. à Volt. 26 janv. 4 77u.
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— HIST. rvi* s. Saint Paul, reprochant le détraquement des gentils, les accuse d'avoir esté gens sans affection, ST pr. de sales, p. ttt>.
— ÊTYM. Détraquer.
DÉTRAQUER (dé-tra-ké) , t). O. || 1* Faire perdre à un cheval ses txinnes allures. Celui qui a monté ce cheval l'a détraqué. || 2* Par extension, déranger un mécanisme. Détraquer un tournebrocbe. Je vous avoue que j'avais déjà été un peu fâché pour le duc de Bourgogne qu'il edt écrit à Mme de Haintenon contre le duc de VendAme, et qu'il se fût amusé à détraquer une montre avant la bataille d'Oudenarde, VOLT. Lett. à Villevieille, 3o avril 4 777. || Terme de chasse. Détraquer un piège, le faire partir, en en décochant la gâchette ou le triquet. jj 3* Fig. et familièrement, troubler. Cela lui a détraqué le cerveau, l'esprit. Deux yeux, deux yeux charmants avaient, pour ma ruine. Détraqué les ressorts de toute la machine, rf.gnard, Démocr. v, 6. ||4*Se détraquer, v. réfl. Perdre ses bonnes allures. Ce cheval s'est détraqué. || B* Perdre la faculté de fonctionner, en parlant d'un mécanisme. Cette machine s'est détraquée. || Avec ellipse du pronom se. Je m'étais mis à étudier l'anatomie, et passant en revue la multitude et le jeu des pièces qui composent ma machine, je m'attendais à sentir détraquer tout cela vingt fois le jour, j. i. rol'ss. Conf. vi. || Fig. Sa tète se détraque. Me faire enfermer! voilà la nuichine qui se détraque, çà, çà, changeons de propos, BEGNARD, le Retour imprévu, se. 46.
— HIST. XV* s. Et conclurent ensemble d'eux de- Xkk quer et départir par divers chemins, pour eulx rendre tous a iprès de Nemours, et illec attendre l'un l'autre, Us. relatif à Louis XI , Bibl. des Charte: ,4- série, t. i, p. 273. || xvi* s d'avoir si bien
et si tost remis et restabli les choses tant désespérément destraquées, o. de serbes, Dédie. Présentez-vous toujours en l'imagination Caton, Phocion et Aristides, en la présence desquels les fols mesmes cacheroient leurs faultes, et establissez-ies contrerooUeurs de toutes vos intentions; si elUs se détraquent, leur révérence vous remettra en train, MONT, i, 287. Je veux qu'on veoye mon pas nature! et ordinaire, ainsi destracqué qu'il est; je me laisse aller comme je me treuve, id. ii, »».
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et traquer : proprement détourner de la trace; Berry, détraquer, détouroei de la voie.
DÉTREMPE (dé-tran-p'), t. f. || !• Terme de peinture. Couleurs détrempées avec de l'eau et de la colle, à la gomme, au blanc d'œuf, sans graisse, ni résine, ni chaux. Peindre en détrempe. Peinture en détrempe. || Fig. et familièrement. Mariage en détrempe, commerce illicite sous quelque apparence de mariage C'est quand en même tempa
On fait sympathiser, pourvu qu'un tiers y trempe, Un mariage en huile avec un en détrempe, mont- FLEURY, Femme juge et partie, v, 4. || 2' Se dit aussi de la peinture faite en détrempe. Acheter une détrempe. || 8" Fig. Ouvrage en détrempe, se dit d'une œuvre littéraire qui est une faible imitation d'un autre. (I Une ressemblance en détrempe, se dit de deux personnes qui ont quelque ressemblance entre elles. Je lui trouvais une ressemblance en détrempe qui ne le brouillait pas avec moi , sEv. Lett. 0 sept. 4674.
— HIST. xvi* s. U falloit que je maçonnasse tout seul, que je destrempasse mon mortier, que je tirasse l'eau pour la destrempe d'iceluy, palissy, 244
— ÉTYM. Voy. détremper.
4. DÉTREMPÉ, ÉE (dé-tran-pé, pée), port, pcusé de détremper 4. Amolli ou délayé avec un liquide. Ces chemins détrempés par la pluie. Son Ame dans le crime est toujours occupée. Ce n'est que de la boue en du sang détrempée, tbistan, Patuhée, I, 4. Les mers immenses ne paraissent aux immortels que comme des gouttes d'eau dont ce morceau de boue est un peu dttrempé, fén. Tél. II.
2. DÉTRE.MPÉ, ÊE (dé-tran-pé, pée), part, passé de détromper a. Qui a perdu sa trempe. Un couteau détrempé.
1. DfiTRE.MI>ER (dé-tran-pé), v. a. || i* AmoUir ou délayer avec un liquide. Détremper de la fanno avec du lait, de la chaux avec de l'eau. On détrempait l'Eucharistie en quelque liqueur, boss. Comm. Et trop souvent pour détremper leur miel. Pleurs douloureux leur servent de rosée, millev. Abeilles d'amour. || Fig. L'on m'envoya chercher, un de ce» jours passés. Pour détremper un peu l'humeur mélancolique D'un homme dès longtemps au lit paralytique, REGNAHD, Fol. amour, il, 7. || 2* Se détremper, ti. réfl. Être délayé, amolli. Les couleurs se détrempent. || Fig. Cette armée victorieuse de l'Asie,
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après s'être détrompée dans les délices l'espace de trente-quatre jours, vaugfx. Q. C. 285.
— HIST. xiii' s. Que de la santé [elle] fu à tel point dostrempée, Berte, lxxxii. Si tainture avoit destrempée. Et au miex qu'il pot atrempée, Ren. )l»93. Li murs ne doit pas faire faute Por eniiin qu'on saiche gelier; Car l'en deslrempa le mortier De fort vin -aigre et de chaus vive, /a floie, 3850. Et leur assiet [la fortune] comme marastre Au cuer un dolerei'Ji emplaslre De.strempé, non pas de vin aigre, Mais de povreté lasse et maigre, ih. 49i6. Il XIV* s. Dont a mainte couleur de fin or destrempée. D'argent et de vernis en i ot mainte ouvrée Et d'asur et de geules; n'i espargna riens née, Baud. de Seh. xi, 326. || xv* s. Ils détrempent un peu de leur farine et d'eau.... fhoiss. i, i, 34. Festin qu'on destrempe d'eau N'est point beau; Faut de vin que tu le mouilles, basselin, ixrx. || xvi* s. Comme si quelqu'un destrempoit du bon vin d'eau boueuse et amere, calv. Instit. 245. Tout cela destrempe et relasche cette soudure fraternelle, mont, i, 208. Ils sacrifioient aux muses pour destremper par leur doulceur cette furie martiale, id. m, 253. Et menez m'amie ici Pour détremper [tempérer] mon souci, TVER, p. 662. Puis déliant doucement sa langue detrempée au miel le plus savoureux, ib. p. 643. 11 avoit du poison qu'il gardoit pour une telle occasion, et l'ayant destrempé dedans une coupe.... AMTOT, Flamin. 4i. Les Scythes, en beuvant et yvrongnant ensemble, font parfois sonner les cliordes de leurs arcs, comme si cela servoit à rappeler et retenir la vigueur de leur courage, laquelle s'escouleroit et se destremperoit autrement par la volupté qu'ilzprenent, ID. Démélr. 24. Le pais esloit si détrempé que l'on ne pouvoit quasi marcher, carl. IV, 32. Cest humeur séreux est gardé pour délayer et destremper le sang trop gros, paré, Introd. 6.
— ÉTYJI. Dé.... préfixe, et tremper; provenç. deslemprar, destrempar; espagn. desleniplar; ital. distemperarc. Dans l'ancien français , destremper a aussi le sens de déranger ce qui est bien tempéré; d'où l'anglais distemper, maladie.
2. DÉTREMPER (dé-tran-pé), v. a. Faire perdre à l'acier sa trempe, en le faisant rougir au feu. || Se détremper, v. réfl. Perdre sa trempe. L'acier se détrempe quand on le passe au feu.
— Etym. Dé.... préfixe, et trempe. On a aussi des exemples où destremper n'a que le sens du simple tremper; alors dé.... est augmentatif: Atteint au vif i'un trait de ses yeux dont elle avoit destrempé la pointe langoureuse en ses plus délicates mignardises, TVER, p. 554.
t DÉTBEMPEUa (dé-tran-peur), i. m. Ouvrier qui détrempe l'acier.
— ÉTYM. Détremper 2.
DÉTRESSE (dé-trè-s'), ». f. || !• Serrement de
cœur, angois,se causée par un besoin, parun danger, par une souffrance. Quand il se vit abandonné par ses compagnons dans ce lieu solitaire, sa détresse fut grande. Cris de détresse. Et confite en détresse, Imite avec ses pleurs la sainte pécheresse, Régnier, Sat. XIII. Me voici donc en ce lieu de détresse Embastillé, logé fort à l'étroit, volt, la Bastille. Sa détresse [de Napoléon à Moscou] augmente : il sait qu'il ne doit pas compter sur l'armée prassienne; un avis d'une main trop sûre, adressé à Berthier, lui fait perdre sa confiance dans l'appui de l'armée autrichienne, sÉGUR, Ilist. de Napol. vin, )0. || 2° Déiiûment extrême, danger pressant. Son fils à vos secours, dans sa détresse extrême, N'a-t-il pas tous les droits qu'il aurait eus lui-même? nucis. Oscar, m, I. Sommes-nous descendus à ce point de détresse.... ui-LAv. Vêpres sicil. n, 2. Vous qu'afflige la détresse, Croyez que plus d'un héros Dans le soulier qui le blesse Peut regretter ses sabots, bébang. les Gueux. Il 8» Terme de marine. Signal de détresse, signal par lequel un biltiment annonce qu'il est en danger et qu'il a besoin de secours. Canon de détresse, coup ■le canon tiré en signal de détresse. || Fig. Signal de détresse, tout ce qui fait présumer qu'une personne ost dans un embarras pressant.
— HIST. xiii* s. De large cuer adés [toujours] largesse. Et de cuer dur tous jours detresce [resserrement, refus], LEROUX de lincy, Prov. t. ii, p. 283. lié lasse! que ferai? tant sui en grant destrece AUDEPR. LE BAST. RomanceTo , p. 4 3. Li quens Looys ala fourrer [fourrager] le jor de Pasques flories pour la destresce de viande, villeh.cxli. De duel [deuil] et de destresse [elle] est ilueque pasmée, Berte, xvi. Ensi furent de la Toussaint jusques au quaresmé prendant [prenant] en tel détresse, et lor fali del tout viande, Chr. de Bains, 207. Atten et sueffre la destrece Qui orendroit te cuit et blece, la Rose,
204). Par grant travail quierent richeces; Paor le» lient en grant destreces, Tandis cura du garder ne cessent, ib. 5(46. || xv* s. La pauvrette esloit en grand destresse de coeur , louis xi , Nouv. xxvi. Il ivi* s. [Chagrin] Si fut incontinent tout le camp adverty du deuil qu'en menoit iEmullus, et de la destresse en laquelle il en estoit, amtot, P. Jim. 36. Ainsi qu'il advint ordinairement en telles exlremitez de destresse, il leur sembloit toujours le plus seur de fouir du lieu où ilz se trouvoient, id. Ilarius, 65. Hz crioyent d'angoisse pour la deslresse de douleur qu'ils sentoient, m. Crassus, 47. Il [l'archevêque de Mayence] entend, non sans grande détresse de cœur, que quelques grans personnages disputent aujourd'hui de la primauté du pape, SLE1DAN, f" 25. De l'angustie ou petitesse de la matrice : Il se fait aussi des monstres pour la détresse
du corps de la matrice, pars, xix, 10 De luy
donner mille ennuis et destresses, st gelais (6).
— ÉTYM. Provenç. destressa, detreissa; mot tiré d'une forme latine irrég'lière destrictia (pour rendre raison de la finale esse, comme dans paresse, iepigritia), de destrictum, supin de destringere, étreindre, de la préposition de, et stringere ^voy. étheindre).
t DÉTRESSER (dé-trè-a«), v. a. Défaire des tresses. Il Se détresser, v. réfl. Défaire ses tresses.
— ÉTYM. Di.... préfixa, et tresse.
t DÉTRET (dé-trè) , t. m. Terme de serrurerie.
Etau à main.
— ÉTYM. Ce n'est que la prononciation normande de d^(roi«,qui, proprement, signifie ce qui est serré.
t DÉTRICHAGE (dé-tri-cha-j'), s. m. Première façon qu'on donne aux laines avant de les peigner.
t DÉTRICHER (dé-tri-ché) , v. a. Exécuter l'opération du délrichage.
— ETYM. Dé.... préfixe, et le latin tricx, entortillement, qui a donné aussi tresse (voy. ce mot).
t DÉTRICHE0R, EUSE (dé-tri-cheur, cheû-z'), s. ro. et f. Ouvrier, ouvrière qui détriche les laines, qui les sépare les unes des autres en plusieurs qualités différentes.
DÉTRIMENT (dé-tri-man) , s. m. || 1« Dommage, préjudice. Causer, recevoir un notable détriment. Cet arrangement s'est fait à mon détriment. Et fûtce au détriment de mon propre intérêt, Moi-même je m'en fais un immuable arrêt, R'^trou, Bélis. m, 7. Il Terme d'astrologie. On disait qu'une planète était en son détriment quand elle se trouvait dans un signe opposé à sa maison. || 2° Terme d'histoire naturelle. Débris de corps. Des détriments de coquilles ont formé nos montagnes calcaires. Au lieu de détriment, on dit aujourd'hui détritus.
— HIST. XV* s. Au détriment de la chose publicque. Statuts des tanneurs de Coulommiers , Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 563.
— ÉTYM. Lat. detrimentum, dedelerere, user, de la préposition d«, et lerere, frotter, par l'intermédiaire du .supin detritum.
I DÉTUIPLER (dé-tri-plé) , v. a. Réduire ce qui était triple. Il Détripler les files d'un bataillon, les composer de deux hommes au lieu de trois.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et triple.
t DÉTRITAGE (dé-tri-ta-j'), s. m. Action de passer les olives sous la meule.
— ÉTYM. Détriter.
t DÉTRITER (rié-tri-té), v. a. Terme rural.
Broyer, écraser des graines, des olives.
— ÉTYM. Lat. detritum, supin de deterere, broyer.
t DÉTRITION (dé-tri-sion), s. f. Usure par frottement. Leur conservation [des coquilles fossiles] n'est pas moins parfaite; l'on n'y observe le plus souvent ni détritlon ni ruptures, rien qui annonce un transport violent, cuviER, Révol. p. 4t.
— ÉTYM. Lat. d«tri(to (voy. détriter).
t DÉTRITIQUE (dé-tri-ti-k') , adj. Terme de géologie. Qui se compose de détritus. Terrain détritique.
— ÉTYil. Voy. détritus.
t DÊTRITOIR (dé-tri-toir), s. m. Moulin où l'on
écrase les olives avant d'en exprimer l'huile.
— ÉTYM. Détriter.
DÉTRITUS (dé-tri-tus'), s. m. Résidu, amas des
débris d'une substance ou d'un corps quelconque défait, désorganisé. Le détritus des roches calcaires. Des détritus végétaux ont formé les houillères. On lui broya la pierre dans la vessie, le détritus fut expulsé avec l'urine.
— ÉTYM. Lat. détritus, usé, part, passé de deterere (voy. détriment).
DÉTROIT (dé-troi ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: les dé-troî-z et les Iles), ». m. ||1° Proprement espace resserré; il ne se dit en ce sens qu'en termes de géographie.
Il Bras de mer resserré entre deux continents, entre une lie et le continent, entre deux Iles peu éloignées l'une de l'autre. Je suis venu jusqu'à la pointe de Gibraltar, d'où, aussitôt que l'on aura équipé une frégate, j'espère passer le détroit, voit. Lett. 39. U [Alexandre] ne se proposait pas moins que d'aller, en partant du golfe de Perse, faire le tout de l'Arabie et de l'Afrique, et de rentrer dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar, appelé alors les Colonnes d'Hercule, rollin, Hist. anc. Œuvres t. VI, p. 560, dans pougens. || Passer le détroit, se dit quelquefois, quand la phra.se ne laisse aucun doute, pour passer la Manche. || Fig. Quelquefois les savants ne sont pas fâchés de se trouver dans ces sortes de détroits, d'où ils ne peuvent sortir qu'à force de savoir, ponten. Oe/wie. J'agissais pour tâcher d'annuler l'arrêt qu'il [Luxembourg] avait obtenu et le réduire à l'ancien détroit d'option entre son érection nouvelle ou n'être point pair, st-sim. 207, 62. Craindre les écueils de la bonne fortune, et passer avec courage les détroits ded'adversité, marmontei , Mém. i. Pour mieux goûter le calme, il faut avoi; passé Des pénibles détroits d'une vie orageuse Dans une vie enfin plus douce et plus heureuse, a. chén. Élég. 27. Il Défilé. Le détroit des Thermopyles. L'armée de Darius fut défaite dans les détroits de la Cilicie, vaugel. Q. C. liv. m, dans RICHELKT. Il envoya le comte Andragatius, avec ordre de fortifier les Alpes Juliennes et d'en garder tous les détroits, FLÉCH. Théodose, m, »U || En ce sens il n'est plus guère usité; on dit de préference défilé. Il 2° Terme d'anatomie. Nom de deux rétrécissements que présente la cavité pelvienne et que l'on distingue en supérieur ou abdominal et inférieur ou périnéal. || S" Terme de marine. Ancre de détroit, celle qui est tenue sous le beaupré par son orin. || 4° Ancien terme de palais et d'administration. Etendue d'une juridiction. Il n'avait pu être déposé par un seul évêque que hors de son détroit et sans avoir été ouï, fléch. Théodose, II, 5). Il District; sens auquel il n'est plus usité. Quand des chiens étrangers passent en quelque endroit Qui n'est pas de leur détroit, la font. Fabl. X, 46. Il District est la forme latine du mot dont détroit est la forme française, comme strict et étroit.
— SYN. DÉTROIT, défilé, GORGE, COL, PAS. Ces
mots désignent des passages étroits. Le détroit est composé du mot étroit et signifie passage resserré. Le défilé est le passage où l'on ne peut aller qu'à la file. Quand détroit s'applique aux passages resserrés sur terre, il n'y a entre lui et défilé que la nuance qui résulte de l'étymologie: le détroit ou le défilé des Thermopyles, suivant que l'on considère seulement le resserrement de ce passage ou la nécessité d'y aller à la file. Mais aujourd'hui détroit ne se dit plus guère que des passages resserrés dans la mer; dès lors le sens en e.çt tout à fait distinct de défilé qui ne s'applique jamais à la mer. La gorge, dite metaphoriquement de la gorge des animaux, est une entrée qui conduit dans les montagnes, un passage entre des collines escarpées et de hauts rochers, ce qui la distingue du défilé, qui peut aussi être en terrain plat, par exemple quand il est formé par une langue de terre entre un marais et une rivière. Le col appartient aussi aux montagnes et indique le passage élevé qui conduit d'un versant à un autre. Enfin le pas, limité à quelques localités, le pas de Calais, le pas de Suze, le pas des Thermopyles, indique seulement qu'il y a là, sur terre ou sur mer, en plaine ou en montagne, un passage resserré.
— HIST. XI* s. Les roches bises, les deslreiz merveilleus, Ch. de Roi. lxiii. Pour son seigneur doit hom souffrir destreiz [peine] , ib. lxxvu. Ne lui faudront pour mort ne pour destreit, ib. ccxLviii. La bataille ert de merveilleus destreit, ib. ccxLViii. Veez les porz et les destreiz passages, t6. Lvii. || xii* s. Vez [voyez] les destroiz merveilloz et pesanz, Ronc. p. 34. Et gésir mainte nuit au vent et à l'orage, Maint destroit encontrer ou maint autre passage, Sax. xxvi. Il XIII* s. Cil jurèrent sur sains au conte Baudoin de Flandres qu'il iroient par les destrois de Maroc, viLLEH. XXX. Et la terre estoit plaine de montaignes et de destrois, id. clxxvi. || xv* s. Espargnez vos gens.... car vous trouvères encore des destroits, des passages, des assauts et des rencontres plusieurs, FHOISS. I, I, 272. Et se tenoient tous bien rangés sur le destroit du passage de la rivière, dont les Anglois estoient durement rencontrés, quand ils vendent à l'issue de l'eau pour prendre terre, id. i, i, 279. Gens d'armes ne vivent point de pardons, ni ils n'en font point trop grand compte, fors au destroit de la mort, id. u, 11, 207. Quand ceux de 1«
DËÎ
ville de Bristo Tirent qu'autrtiment iis ne pouvoient venir à paix ni sauver leurs biens ni leurs vies, au ilestroit ils s'y accordèrent et ouvrirent les portes, FHOiss. I, 1, 20. Elle [une ville] estoit très-mal pour veue de vivres, et y avoit assez et trop de gens pour la tenirà destroit,coMU. V, b. Ils estoicnt en embusche en un lieu dcstroit par où notre bon curé devoit passer.... et s'adviserent de faire en ce destrolt un Içès beau piège, louis xi, JVoud. lvi. |{ xvi» s. Et sera nommé cestuy destroict la mer picrocholine, RAB. Car. I, 33. Hérodote recite, de certain destroict [district] de la Libye, qu'on s'y mesle aux femmes indifleremment, mont, ii, 88. Ayant rengé par un siège les habitans si à destroict que.... ID. m, «59. Il passa avecques un seul vaisseau le destroict de l'Hellespont, id. m, «72. On n'avoit jamais veu aulcun de ce destroict [localité] à l'aumosne , I ID. Iil, 224. Estant un jour assiégé fort à destroit par les Clitoriens, amyot, lyc. 2. S'estans retirez tous les capitaines au desiroit de l'entrée du Péloponnèse, ID. ib. 33. Us n'ozerent plus s'arrester aux passages, oùilz avoient esté ordonnez, ains, abandonnant les destroits, se meirent à fouir vers leur grand camp, id. Fab. (7. Combien qu'il feussent assez à destroit de vivres, jamais toutefois ilz ne prirent rien sur le pais, id. Flamin. 8. Il feit aussi venir tous les princes et roys compris dans le destroit de sa charge [ressort, rayon], id. l'omp. 47. Ceulx qui tumbent en telz destroits de nécessité, id. Anton, il.
— ÈTYM. Provenç. de'ireyt, destret, destreg ; espagn. distrito; itai. àisirelto; du participe passé districtus, resserré, de la préposition de, et atringere, serrer (voy. étreindre). Destroit, dans l'ancienne langue, avait souvent le sens de détresse.
DÉTROMPÉ, ÉE (dé-tron-pé, pée), part, passé. Qui n'est plus trompé, qui est revenu d'une erreur. Détrompé par les avis d'un sage ami sur le compte d'un fripon. Détrompé de la vanité des idoles, mass. Car. Hesp. hum. Mais que, de ces grandeurs comme un autre occupée. Vous m'en ayez paru si longtemps détrompée, bac. Brit. m, 7. Qui lui-même craignait de se voir détrompé, id. Baj. iv, 6. Ne donnons point le temps aux mortels détrompés De rassurer leurs yeux de tant d'éclat frappés, volt. Fanât, ii, 4. Des jeunes gens ambitieux de paraître détrompés de tout cet enthousiasme, stael, Allem. m.
t DÉTROMPEMENT (dé-tron-pe-man) , s. m. Action de détromper ; état de celui qui est détrompé.
— ÉTYM. Détromper.
DÉTROMPER (dé-tron-pé), ». a.\\i° Tirer d'erreur. 11 croit qu'on le dessert secrètement; il faut le détromper. Il veut par cet affront qu'elle soit détrompée, bac. Brit. I, 2. La diète fut bientôt détrompée de la fausse nouvelle de la mort du roi de Suède , VOLT. Charles XII, 2. Le bonheur m'aveugla; la mort m'a détrompé, id. Ah. v, 7. || Absolument. Avant d'instruire, il faut détromper, mon- TESQ. dans le Dict. de eesciierelle. {| Détromper de quelqu'un, ôter à quelqu'un l'opinion qu'il avait d'une autre personne. On est quelquefois moins malheureux d'être trompé de ce qu'on aime que d'en être détrompé, la rochefoucault, dans bichelet. Le dessein d'épouser Lucinde devient un dessein très-inutile, si l'on ne la détrompe de Moncade, baron. Homme à btnnes fort, i, *■ || Détromper se dit des choses dans le même sens. J'irai, bien plus content et de vous et de moi, Détromper son amour d'une feinte forcée Que je n'allais tantôt déguiser ma pensée, bac. Baj. m, 4. Détrompez son erreur, fléchissez son courage, id. Phèd. i, 6. || 2' Se détromper, V. réft. Sortir d'une erreur. C'en serait assez pour se détromper de tels docteurs, boss. dans laveaux. Rien n'aide tant à se détromper du monde que le monde même, mass. Car. Resp. hum. Les meilleurs princes sont souvent trop crédules; et, quand ils ont donné leur confiance à quelqu'un de leurs sujets, ils ont peine à la retirer et ne se détrompent pas aisément, bollin, Uist. ane. Œuvres, t. III, p. 4 20, dans pougens.
— REM. Vaugelas dit qu'il a vu venir détromper à la cour, qu'on le trouvait étrange au commencement, mais qu'aujourd'hui il est entièrement en usage.
— HIST. XVI* s. Pour donner quelque sorte de cognoissance des choses tant importantes et détromper le monde des impertinences qu'en veulent faire croire des escrivains de ce temps, sullt, dans le Dict. de
DOCBEZ.
— ETYM. Dé.... préfixe, et tromper.
t DÉTRON' CATION (dé-tron-ka-sion), î. f. Terme d'obstétrique. Séparation de la tète d'avec le tronc du fœtus, qui s'opère soit par des tractions trop vio-
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lentes, soit par une opération chirurgicale sur un enfant mort dont la sortie ne peut être efTectuée autrement.
— ÉTYM. Lat. detruneatio , de la préposition de, et truncus, tronc.
DÉTRÔNÉ, ÉE (dé-(rô-né, née), part, posté. X qui on a Oté le trône. Louis XVI détrôné par la révolution. Sur cent rois détrônés, accablés de ma gloire, VOLT. Orph. m, 4. Le roi Auguste détrôné ne craignait plus d'irriter les Polonais en abandonnant leur pays aux troupes moscovites, id. Charles XII, 3. Elle seule pa maison des Stuarts] , parmi tant de familles détrônées, a vu, dans l'espace de soixante ans, deux têtes couronnées tomber aous la hache des bourreaux, condorcet, d'Arci. || Eig. Un roi détrôné, un homme déchu du haut rang, de la gloire qui devaient lui appartenir. Impose donc silence aux plaintes de ta lyre ; Des cCEUrs nés sans vertu l'infortune est l'écueil; Mais, toi, roi détrôné, que ton malheur t'inspire Un généreux orgueil! LAMABT. tédit. 1, 4i. || Jouer au roi détrôné, sorte de jeu d'enfants, dans lequel il s'agit d'enlever par une sorte de lutte une position élevée qu'un des enfants occupe sur un banc, sur un tas de sable, etc. ||P'ig. Jouer au roi détrôné, se dit de personnes qui s'enlèvent successivement des places qu'elles ne peuvent conserver.
t DÉTRONEMENT (dé-trô-ne-man), i. m. Action de détrôner; état d'un souverain détrôné. Tous ces succès étaient les avant-coureurs du détrônement du roi Auguste, volt. Charles III, 2. La Turquie accoutumée à voir la mort de ses princes suivre toujours leur détrônement, id. ib. 6.
— ÉTYM. Détrôner.
DÉTRÔNER (dé-trô-Dé), V. a. || 1* Déposséder du trône. Détrôner un roi, un empereur. Pépin, maire du palais des rois de France, gouverna sous plusieurs rois et détrôna Childéric III , hëzebai , Childéric IIl. Et lorsqu'Antiochus fut par eux détrôné.... COBN. Nicom. u, 3. Quand je devrais rester ici cinquante ans, je n'en sortirai point que je n'aie détrôné le roi de Pologne [paroles de Charles XII] , VOLT. Charles III, 2. || 2' Fig. Faire perdre la prééminence. Cette dame, qui régnait dans les salons, a été détrônée par une be&uté qui l'a éclipsée. Il II se dit aussi des choses auxquelles on Ôte la prééminence. Ne prétends plus, P'réron, par tes savants efforts Détrôner le faux goût qui règne sur nos bords, Gilbert, XVIII' siècle.
— HIST. ivi* S. Il avoit détrôné les maréchaux de camp, BASSOMPiBBRE, Uém. t. u, p. 238, dans la- CURNE. Il ne pensoit pas que sa personne deust estre détrônée [qu'il dût perdre un emploi qu'on lui ôtait], ib. t. IV, p. tt3.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et trône.
DÉTROUSSÉ, ÉB (dé-trou-sé, sée), part, passé.
Il 1° Qui n'est plus troussé. || Fig. et par plaisanterie. Rendre visite en robe détroussée, rendre visite en grande cérémonie. || 2° X qui on a enlevé ce qu'il avait sur soi et avec soi. Détroussé par des voleurs de grand chemin.
t DÉTRODSSEMENT (dé-trou-se-man) , s. m. Action de détrousser; état de celui qui est détroussé.
— HIST. zvi' s. Je me retirai secrètement en ma maison, pour ne voir les meurtres, reniemens et destroussements qui se faisoient es lieux champestres, PALisST, tu.
— ÉTYM. Détrousser.
DÉTROUSSER (dé-trou-sé), ». a. ||1« Laisser retomber ce qui était troussé. Détrousser sa robe. Il 2' Dépouiller sur la voie publique. Voit-on les loups brigands.... Pour détrousser les loups courir les grands chemins? boil. Sat. viii Voilà peutêtre de ces gens Qui vont par les forêts détrousser les passants, regnabd, Démocr. i, 6. On détrousse les passants, on fait le contraire aux filles; ou vole, on viole, on massacre, p. l. cour. Lett. i, <85. Il Absolument. On détrousse, on pille. || Terme de fauconnerie. L'oiseau détrousse, quand il ôte la proie à un autre; le chien, quand il l'Ole à l'oiseau. Il 8" Se détrousser, e. réft. Détrousser son vêtement.
— HIST. xii* s. Uns escuiers as degrés de la sale, Est descendus, si destrosse sa maie. Romancero, p. 46. De detrusser ses hummes, de ses coffres cergier, De prendre tuz les briefs qu'il poût purcha-
cier X Rome.... Th. le mart. «22. || xiii* s Dist
Renart: or i gardons; Descendez et si destrossons [défaisons nos paquets], Uen. 2tU2. Et i puet l'en sa nef ariver, et ses cordes lier as arbres qui sont nés, et sechier sa raiz, et destroser sa nef et mètre & terre sèche, Liv. de jxist. 64. Il font destorser les torsiaus [troussMuz, paquets], Puis establereut lor
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cevau», FI. et Bl. t429. || xv's. Uscompaignons s* assemblèrent et en tuèrent grand planté et les destrusserent, fenin, t4i7. Qu'il ayderolt à destrousser le roy d'Angleterre et toute sa bande [armée], comm. IV, H. Lesquelz Anglois ont prins et destroussé aucuns navires, du cange, abotinare. || xvi' s. Lysimachus, rencontrant en son chemin des vivre» qu'on luy portoit [à Pyrrhus] , chargea ceuli qui les conduisoient, et les destroussa, amyot, Pyrrh. 26. Et que puis après ilz iroient incontinent destrousser ce bagage de leurs ennemis, id. Eum. <8. En passant, je feus destroussé des briguans, rab. Pant. Il, 32.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et trousse; provenç. <(«• trossar, décharger. D'abord, dans l'historique, détrouuer n'a le sens que de défaire ses paquets; pui; il prend celui d'enlever le bagage.
DÉTROUSSEUR (dé-trou-teur), ». m. Brigand qui détrousse les passants. Détrousseur de grand chemin.
— ÉTYM. Détrousser.
DÉTRUIRE (dé-trui-rO, je détruis, tu détruis, il détruit, nous détruLsons, tous détruisez, ils détruisent; je détruisais; je détruisis; je détruirai; je détruirais; détruis, détruisons; que je détruise, que nous détruisions , que je détruisisse; détruisant; détruit, V. a. || !• Renverser une construction do manière qu'il n'en reste plus d'apparence. Détruire un palais. Troie fut détruite de fond en comble par les Grecs. Vous ferez passer aussitôt au fil de l'épéc les habitants de cette ville, et vous la détruirez avec tout ce qui s'y rencontrera jusqu'aux bêtes, saci, Bible, Deutéron. xiii, <6. Le seigneur a détruit la reine des cités, bac. Àlhal. m, 7. Le czar aspirait à plus qu'à détruire des villes; il en fondait une alors peu loin de Nerva même, au milieu de ses nouvelles conquêtes, c'était la ville de Pétersbourg.... volt. Charles III, 3. Une nuit détruisit Pergame, lamotte, Odes; t. I, p. 347, dans poccens. || 2* Par extension, ruiner, anéantir. Les barbares ont détruit l'empire romain. I.e temps détruit tout. Le débordement détruisit la récolte. Détruire les animaux nuisibles. Les Russes ne l'attendirent pas, ils décampèrent et se retirèrent vers le Borysthène, gâtant tous les chemins, et détruisant tout sur leur roule pour retarder au moins les Suédois, volt. Charles III, 4. Dans cette extrémité, le mémorable hiver de t70», plus terrible encore sur ces frontières de l'Europe que nous ne l'avons senti en France, détruisit une partie de son armée, id. ib. Il Absolument. Gengis-khan, que le ciel envoya pour détruire, Vient toujours implacable, id. Orphel. I, 3. Il conclut qu'il est plus aisé de détruire que de bâtir, ID. ringénu, to. Pour vivre il faut détruire, buff. Bceuf. Il 8* Kig. N'eùt-ce pas été, à force de vouloir établir la religion, la détruire par les fondements? BOSS. Ilist. Il, 13. Cette fausse imagination [que Dieu ne gouverne pas le monde] est détruite par la claire notion qu'on a de Dieu, id. Lib. arb. S. U [Néron] commence, il est vrai, par où finit Auguste; Mais crains que, l'avenir détruisant le passé. Il ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé, hac. Brit. I, t. Il faut d'autres efforts pour rompre tant de nœuds ; Ce n'est qu'en expirant que je puis les détruire, m. Bérén. v, 7. Vous seul pouvez, seigneur, détruire votre ouvrage, id. Iphig. m, 4. J'ai détruit l'instrument qu'employa ta vengeance, volt, fanât, t, «. Des périls à prévoir, des complots à détruire, id. Orphel. iv, ). Il 4* Perdre, en parlant des personnes auxquelles on enlève la vie, la fortune, le pouvoir, l'amour, l'amilié, etc. Le pauvre tu détruis, la veuve et l'orphelin, Régnier, Sat. iv. J'attendrai du hasard qu'il ose le détruire [Auguste], corn. Citwia, i, S. Pour vous je l'ai dompté, pour vous je l'ai détruit, id. Srrtor. v, 4. Jason m'a trop coûté pour le vouloir détruire, id. Mèdée, ii, «. Quel mal vous ai-je fait, madame, et quelle offense. Pour armer contre moi toute votre éloquence. Pour me vouloir détruire, et prendre tant de soin De me rendre odieux aux gens dont j'ai besoin? mol. Femmes sao. iv, 2. U faut de celui-ci conserver l'amitié. Ou s'efforcer de le détruire, Avant que la griffe et la dent Lui soit crue et qu'il soit en état de nous nuire, la FONT. Fabl. XI, t. Saûl cherchait à détruire un innocent à qui Dieu avait donné la royauté, fék. t. xiu, p. 4ii8.Un poôleavidedenuire. De ceux qu'il s'obstine à détruire. Trace d'infidèles tableaux, lamotte, Odes, t. I, p. 34», dans pouoens. Héritier de l'ingrat qui détruisit mon père, vCLr. Triumv. m, 4. Il Détruire quelqu'un dans l'esprit d'un autre, l'y décrédiler entièrement. Je vous fais un présent capable de ma nuire; Chez vous Quiatilien s'en va
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tous nous détruire, Car enfin qui le suitî qui de nous aujourd'hui S'égale aux anciens tant estimés cliez lui? LA FONT. Poésies mdlées, lxx (à Huet, en lui envoyant un Ouintilien). Il est vrai qu'en son cœur j'ai voulu le détruire, volt. Calil. ii, 2. || 5* Se détruire, v. réft. Tomber en ruine. Ces bâtiments se détruisent tous les jours. || Être en opposition les unes avec les autres, en parlant des choses qui se combattent. Comme on voit tous ses vœux l'un l'autre se détruirel bac. Phèd. i, 3. Tous ses projets semblaient l'un l'autre se détruire, id. Athal. m, 3. Eusèbe soutient qu'il serait facile de montrer qu'une grande partie de ses narrations se détruisent d'ellesmêmes, et qu'elles ne sentent que la fable et le roman, ROLLiN, Hist. anc. Œuvres, t. xi, 2' part. p. «44, dans pouGENS. ||6° Se donner la mort l'un à l'autre. Us [les hommes] ont depuis enchéri de sifccle en siècle sur la manière de se détruire réciproquement, LA BRUY. X. Il Se donner la mort à soimême. Ce malheureux s'est détruit. || 7° Se nuire l'un à l'autre, en se discréditant réciproquement, en se rendant de mauvais offices. Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire; Faites, si vous pouvez, votre cour sans vous nuire, la font. Fabl. viii, ». Il Se nuire à soi-même. Soyez persuadée, ma trèschère, que M. de Grignan se soutiendra toujours très-bien, pourvu qu'il ne se détruise pas lui-même, SÊv. Lett. 13 nov. <67S.