‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 6 sur 388 · DAT · texte numérisé non relu

DAT

souverains, nommés dairis, étaient à la fois les rois, les pontifes de la nation, m. ib.

DAIS (de; Vs se lie : un dê-z élégant), î. m. i| 1 Ou- .rage dans la fornie des anciens ciels de ht et qui sert de couronnement à un autel, à un trône, etc Pris de lui [le légat], pour Mayenne un dais est préparé, volt. Ilenr. vm. H Poéluiuemcnt sous e dais sur le trône, au sein des grandeurs. LUe seule fia satire! , bravant l'orgueil el l'injustice, Va jusque sous le dais faire pMir le vice, boil. Sol. a. De l'homme inculte il adoucit la vie, Et sous le dais montre au doigt les tyrans, bérang. Ange exile. Il Fig Les nanuues du bûcher se divisent el forment un dais sur sa tCte sans le toucher, volt. Uœurs, a Lt ciel était sur sa tête [de René] comme le dais dé sa couche, chatkauh. Nalch. il, t«5. La fleur dort sur sa tige, et la nature même Sous le dais de la nuit se recueille et s'endort, lamaht. itéd. u, 2. Il a» Toute espèce de voûte de verdure. Un dais de ffuillage. Amis reposons-nous sur ce siège sauvage, Sous ce dais qu'ont formé la mousse et le feuillage, volt. Scythes, i, 3.||3" Poêle soutenu de deux ou quatre petites colonnes, sous lequel on porte le saint sacrement, surtout dans les processions, et sous lequel on reçoit les rois, les princes, lorsqu'ils font une entrée solennelle. || 4- Estrade, heu élevé. || Haut dais estrade où le roi et la reine étaient assis dans les assemblées publiques, soit qu'il y eût un dais, soit qu'il n'y en eût pas. (Dans la description de la salle des machines du château des Tuileries, après le parterre] On monte ensuite sur un haut dais conservé pour les places des personnes royales et de ce qu'il y a de plus considérable à la cour, Ihst. du théâtre fr. t. xi, p. m. || 5° Arbrisseau du Cap. Il Arbrisseau de l'Inde.

— msT. XII' s. Dune fu apresté lur mangiers, Si s'i asistrent volentiers; N'i orent tables n'autres deis Fors la vert herbe e lejunc freis, henoît, u, S5S7. Quant fu la cort des chevaliers de pris, Li mangiers fu apresiez et garnis; L'eve demandent, au uiangier sont assis; Au plus haut dois sist li rois Aiiseïs, Garin le Lokerain, dans du can«e, dagus. El à curt esteras, et à mun deis tuz jurs mangeras, Jlois. 160. Par l'uis qu'il ont trové overt, Entrent enz et voient covert Un dois [table] d'un tablier grant et lé, la Charrette, 983. || xiii- s. El plus haut liu del dois [il] s'asiet, Partonop. v. 987. De orinces est nés et de rois, Bien doit aseir à haut dois, ib. V. «91 . Al maistre dois li escançon Ne misrent'boivre s'en or non, ib. v. ioi5. Puis est ens el palais entrés, U li disners est aproslés. Et beaus et rices et cortois. Et il se vait seïr al dois [table] , ib. V. t&«». Li rois a son leu [son loup] regardé, Joste le dois l'a apelé. Lai de Uelion. Artus s'en est del dois tornés. De ci al leu [loup] en est aies, ih. Si cum manger deveit li reis, Jà ert asis sur le haut deis, Lai del deiiré. ||xvi' s. Contre la cheminée de la dite chambre, y avoil un riche ders, tout couvert, pentes, fonds et dossier, de broderies à personnages, l'Ordre du roi Henri II, p. 321, dans DU CANGE, dagus.

— ÊTYM. Provenç. deis. Le sens primitif est table à manger, comme le prouvent les anciens exemples et cette plirase de Mathieu Paris: Priore prandente ad niagnam mensam quam dais vocamus. Il vient donc de discus (voy. disque), table à manger. Comme la place où l'on posait le doit était élevée quand il s'agissait de grands personnages, dais a pris le sens d'estrade; enfin, l'estrade étant garnie de tentures, on en est venu au sens d'aujourd'hui.

t DALAI-LAMA (dali-la-ma) ou DALAÏ-LAMA (da-la-i-la-ma) , s. m. Un des deux chefs suprêmes de l'église bouddhiste du Tibet, lequel réside àLhassa.

— ÉTYM. Terme composé d'un mot mongol, dalaï ou talé, mer, océan, et d'un mot tibétain, Jama, prêtre, religieux : mot à mot, religieux grand comme la mer.

t DALBEKGIE (dal-bér-jie), s. f. Terme de botanique. Genre de la famille des papilionacées, arbres ou arbrisseaux souvent grimpants, indigènes de l'Asie tropicale.

— ETYM. Dalberg, botaniste suédois.

t DALEAU (da-lô), s. m. Ouverture faite aune cuve d'indigo pour l'écoulement de l'eau.

— ÉTYM. Le même que dalot.

fDALÈME (da-lê-m'), s. f. Appareil destiné à empêcher la fijmée de se répandre dans les appartements.

DALER (da-lèr), s. m. Voy. TnALKR.

t DALLAGE (da-la-j') , î. m. Pavé en dalles. Il faut qu'un vieux dallage ondule sous les portes. Que le lierre vivant grimpe aux acanthes mortes, v. iiuGO, Yoix, ♦. Il Action de paver avec des dalles.

— ÉTYM. Valler.

DAM

(. DALLE (da-l"), s. f. Tablette de pierre, de peu d'épaisseur, qui sert à paver les salles à manger, les églises, les vestibules, les paliers, et les voies réservées aux piétons. || Par extension. Chacun des plus grands monts à ses flancs de granit [de Uabel] N'avait pu fournir qu'une dalle, v. bdgo, Orient. I. Oh! lorsqu'un lourd soleil chauffait les grandes dalles Dos porits et de nos quais déserts. Que les cloches hurlaient, que la grêle des balles Sifflait et pleuvait par les airs, barbier, ïambes. Curée. Il Dans les constructions, toute substance employée en grandes lames peu épaisses.

— ÉTYM. Bas-breton, dar, dalle et évier.

2. DALLE (da-P), s. f. Tranche de gros poisson. Il En ce sens, darne est plus usité.

HIST. xiV s. Despeciez saumon frais par dales

cuites en eaue, ilénagier, ii, 6.

— ÊTYM. Origine inconnue, à moins qu'on n'y voie une altération de darne.

t 3. DALLE (da-l'), i. f. Pierre dure qui sert à aiguiser les faux. On dit aussi dail ou daille.

— ÏTYM. Peut-être dail, faux (voy. dail).

■j- 4. DALLE (da-l'), t. f. || 1° Terme de marine. Pièce de bois creusée pour servir de conduite ou pour couvrir des tuyaux. || Petit auget qui porte la poudre, à bord d'un brûlot. || 2° Terme de métiers. Tuyau de cuivre conduisant le sucre de la chaudière à clarifier dans la chaudière à cuire. || Gouttière de fer où les barres se rendent, dans une trélilerie, à mesure que l'ouvrier les a travaillées sous le martinet. || 3° Petite auge de métal qui, bordant la toiture des édifices et recevant les eaux pluviales, les conduit par des tuyaux jusqu'à terre. On dit aussi dalot.

— ÉTYM. Picard, da?e, évier; espagn. daJa et adala; portug. et ital. dala, gouttière. Origine incertaine. Frisch le tire de l'ancien haut-allemand dola, tuyau, gouttière; mais Diez objecte le changement d'oeno, qu'il faudrait admettre. Remarquant qu'une forme espagnole a-dala offre une trace de dérivation arabe, il signale, dans l'arabe, dalla, conduire, et daldlah, conduite; mots qui ont pu prendre le sens de conduite d'eau.

DALLÉ, ÉË (da-lé, lée), part, passé. Corridor dallé.

DALLER (da-lé), ». o. Paver avec des dalles; couvrir de dalles.

— ÉTYM. IJalle t.

DALMATIOCE (dal-ma-li-k") , s. f.\]l' Terme d'antiquité. Tunique blanche et bordée de pourpre que l'on fabriquait en Dalmatie. || 2° Vêtement que les diacres et les sous-diacres portent par-dessus l'aube, dans les fonctions de leur ministère.

— HIST. xiu* s. Et puis après la daumike, en quoi on list l'évangile, qui doit iestre blanche, et senefie droiture, Chr. de Rains, p. 104. || xV s. En lieu de mitre, il portoit un bassinet en sa teste, pour dalmatique portoit un haubergeon, monstbel. I, ch. 85. Ijxvi* s. Ainsi ils [les diacres] n'avoient que faire de tuniques, ni dalmatiques, ni autres habits de fols pour se déguiser, calv. Instit. (73.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. dalmatica; du latin dalmatica, sorte de vêtement en usage chez les Romains du temps de l'empire, et qui a passé dans le costume ecclésiastique. U leur venait de la Dalmatie.

t DALOÏDE (da-lo-i-d'), adj. Terme de minéralogie. Houille daloïde, houille ressemblant à un tison éteint.

— ÉTYM. Aa),oi;, tison, et ewo;, forme.

DALOT (da-lo), s. m. Terme de marine. Ouverture pratiquée dans la muraille d'un navire et servant à l'écoulement des eaux d'un navire. || Conduite à feu sur un brûlot.

— ÉTYM. Dale 4; picard, dalot, ruisseau, égout. t DALTONISME (dal-to-ni-sm'), s. m. Terme de

médecine. Vice de la vue qui empêche de distinguer les couleurs.

— ÉTYM. Dalton, célèbre physicien anglais de la fin du xviii* siècle et du commencement du xix*, qui était affecté de ce vice de la vue.

DAM (dan), s. m. || 1° Dommage, préjudice. Il n'est guère usité que dans cette locution : à son dam, à votre dam, à mon dam. Serait-il bien possible? — X mon dam tu le vois, rèomer, Dial. Hal pourquoi m'êtes-vous, à mon dam, si fidèles? iD. Ëlég. 2. Toujours à nouveaux maux naissent nouvelles peines, Et ne m'ont les destins, à mon dam trop constants. Jamais après la pluie envoyé le beau temps, ID. Snt. XI. Aimant mieux étouffer leurs mécimtentements Que d'en fai re à son dam des éclaircissements, TRISTAN, Panthée, m, t. De l'argent dites-vous? ail! voilà l'enclouurel C'est là le nœud secret de toute

DAM

l'aventure; X votre dam..., mol. VÉt. u, 5. U y [au patibulaire] viendra le drôle I il y vint à son dam, LA FONT. Fab. XII, 2S. C'est marché fait; il est fol à son dim,iD. Jfaffni/. Tu as perdu Cyrus qui te crut alors, mais à ton dam, p. l. cour, ii, 168. || 2° Terme de théologie. Peina des damnés, privation de la vue de Dieu. La peine du dam. Ce délaissement et cet abandon do Dieu est en quelque sorte la peine du dam, qu'il fallait que Jésus-Christ éprouvât pour nous tous, BOURD. Myst. Pats, de J. C. p. <86.

— HIST. IX* s. Nul plaid qui cist meon fradrf Karle indamno sit. Serment. || xvi* s. Ne celui don n'est don d'aucune chose, Mais plustost dam [tourment], si ce moldire j'ose, marot, ui, 315. Ce sera l'homme bien tenant, Fust à son dam, la foy promise, iD. IV, 2B2. Le bien des bons, le dam des inhumains, FOURQUÉ, Vie de J. C. f" H7, dans raynouard. Qui vont au dam d'autrui conquérir des lauriers, de LANDUN, la Franciade, p. 270, dans raynouard. Faisons nous sages à leurdam, mais regrettons leur naufrage, CAMUS debelley. Diversités, t. 1,1*430, dans RAYNOUARD. S'il [mon héritier] n'a assez de ce de quoy j'ay eu si plantureusement assez, à son dam, MONT. IV, "o.

— ÉTYM. Provenç. dam; espagn. dano; portug. damno, dano; itil. danno; du latin damnum, dommage.

f DAMAGE (da-ma-j'),t. m. Action de damer les terres avec le bloc de bois appelé dame.

— ÊTYM. Damer.

f DAMAN (da-man), s. m. Terme de zoologie. Nom de genre de pachydermes, dont mie espèce {hyraa capensis) est appelée aussi blaireau des rochers et marmotte du Cap.

f DAMARAS (da-ma-râ) , s. m. Sorte de taffetas des Indes.

DAMAS (da-mà; 1'* se lie : un da-mâ-z affilé), s. m. Il 1° Etoffe de soie à fleurs ou à dessins en relief où le satin et le taffetas sont mêlés ensemble et qui se fabriquait originairement à Damas, en Syrie; les fleurs sont en salin à l'endroilet forment le taffetas et le fond de l'envers, elle taffetas qui faille fond à l'endroit est le satin de l'envers. Des damas d'un blanc satiné, d'autres d'un vert de prairie, d'autres d'un rouge à éblouir, bern. de s.-p. Paul et Virg. p. 1 02 , dans pouoens. Souvent sur le velours el le damas soyeux On voit les plus hâtifs des convives joyeux S'asseoir au banquet avant l'heure, v. Huoo, Odes, V, 20. Qu'à son gré l'opulence, injuste et vile amante, Berce sur le damas ce parvenu grossier. Et laisse le poêle à l'ombre d'un laurier Charmer par ses concerts le sort qui le tourmente, Gilbert, le Poète malheureux. || 2'' Damas de table, linge ouvré pour service de table. |1 3° Par extension, étoffe de laine, de coton ou de fil de lin damassée qui se fabrique surtout en Basse Normandie. Serviettes petit damas ou petit Caen, Tableau annexé aux iett. pat. te fév. t78l, Caen. Il 4* Sabre fabriqué à Damas et qui est une lame de fer recouverte, sur tout le fil, d'un tranchant d'acier. Le vois-tu bien [le bonheur] là-bas, là-lias. Là-bas, là-bas, c'est en Asie? Roi, pour sceptre il porte un damas Dont il u.se à sa fantaisie, bébang. Bnnh. Le vieux Ouier.... Pour elle [Lazzara] eût tout donné... Et ses sonores espingoles. Et son courbe damas, v. hugo. Orient. 21. Il 5° Acier damassé. {| 6' Nom d'une prune d'assez bonne espèce. Mangez ce damas. || Raisin de Damas, ou, simplement, damas, sorte de raisin. {| Du temps de Ménage on prononçait souvent damnrre, prononciation qu'il condamne.

— HIST. XIV* s. Couverture de drap de damas ynde à queue. Inventaire des livres de Charles V, dans lacurne. y XV* s. Les chevaliers esloient vesius de drap de damas, les escuyers de satin, les varlets de drap de laine, math, de coucï, Ilisl. de Ch. VIL, p. 667, dans LACURNE. Il xvi* s. Us auront la senteur de certains damas, violettes, marjolaines, basilics, et autres telles espèces d'herbes, qui seront sur le dit accotouer , palissy, 76. Le rozier de damas blanc, o. de serres, 652. Le roy lequel vous trouvastes reveillé se promenant dans un jardin, et venant de hocher un prunier de damas blanc qui portoit le» plus belles et meilleures prunes, sullt, Hém.x. u, p. 136, dans LACURNE, au mot hocher.

— ÊTYM. Dnmns, ville de Syrie.

t DAMASQ0ETTE (da-ma-skè-f), s. f. Étoffe fabriquée à Veni.se, qui se débite dans l'Orient.

—ÉTYM. Damas.

t DAMASQUINAGE (da-ma-ski-na-j') , s. m. Action de damasquiner.

— ÉTYM. Damasquiner.

DAMASQUINÉ, ÉE (da-ma-ski-né , née), part passé. Pistolets damasquinés. Amazan s'arme d'un»

DAM

DAM

DAM

cuirasse d'acier damasquiné d'or, volt. Habyl. i>. Son coutelas damasquiné, D'une peau d'anguille engatné, Avait de jaspe la poignée , bcarron, Virg. trav. IV.

DAMASOriNER (da-ma-»ki-né), V. a. Incruster de l'or ou de l'argent dans de l'acier. Damasquiner une épée. On damasquinait [sous Charlemagne] la fer, on fabriquait le verre, volt. Uœrirs, (9. [Le vieux Omer eùl donné] Tout, jusqu'au clieval blanc qu'il élève au sérail. Jusqu'au frein que l'or damasquine, V. Huoo, Orient, n.

— HIST. xvi« s. Une robbe à la mode de Perse, longue, damasquinée et parfumée, mont, ri, 3lo. l.e bois d'érable est plus madré, figuré et damasquiné que nu! autre bois, palissy, 28. Couvrez ia tendre chair de vos grèves divines Du cuir damasquiné de vos courtes bottines, hohs. 937. Les Turcs ayment à avoir leurs espées qu'ils nomment cimeterres, non pas aussi luisantes comme les nôtres, m.'ii.s damasiiuinées, c'est à dire ternies «le cosié et d'autre : par quoy les armuriers s';avent détremper du sel armonniac et venl avec du vinaigre dedens quelque «scuelle, où ils mettent la pointe du cimeterre : lequel estant temi deliout, laissent couler de la'licte mixture tout le long du jour par dessus; car cela mange un pc\i le fer ou acier, suivant la veine qu'il trouvoen longueur, qui luy ilonnebonno grâce, d'autant qu'on le brunist par apris pour estre plus plaisant à la vue, de laborde. Émaux, p. 244.

— f.TYM. Damasquin, adjectif formé de Damas, et damasquine, s. f. formé de damasquin et usité dans le xvi* siècle ; Incrustations industrieusement entaillées et enrichies d'une singulière peinture et enluminure, dont le vernis à la damasquine faisoit sembler les parois estre de verre, ïver, p. 622. Ils chercheront le raccord de la damasquine [du moiré du placage] tellement qu'il semblera que toutes lesdites tables jointes ensemble, ne sont qu'une mesme pièce, PALISSY, 28. L'eau teinte tombant sur la blanche, a fait plusieurs figures, idées, ou damasquinées en ladite pierre de jaspe, ID. 6t.

DAMASQUINEUIE (da-ma-ski-ne-rie), s. f. L'art de damasquiner.

— £tym. Damasquiner.

UAMASQUINEUR (da-ma-ski-neur), s. m. Ouvrier qui damas(|uine.

— KTYn. Damasquiner.

DAMASQUmUUE (da-ma-ski-nu-r'), s. f. Travail

damasquiné. Une belle dama.squinure.

— ÉTVU. Dainnsquiuijr.

t UAMASSARE (da-mà-sa-d') , ». f. Éiofle damassée, soie et fil.

— ÉTYM. Damasser.

DAMASSÉ, ÉE (da-mi-sé, sée), part, passé. \\ 1° Se dit d'une sorte de linge de table fabriquée» façon de damas. Un service damassé. Linge damassé. Nappe damassée. || S. m. Lingeilamassé.Unservicede damassé. || Kig. et familièrement. C'est un limier boiteux de gales damassé, Régnier, Sat. x. \\ 2° Acier damassé, acier d'alliage employé en Orient et surtout à Damas, pour la fabrication des armes blanches; dit aussi acier wootz ou indien; ii a pour caractère principal de présenter un beau moiré métallique, lorsqu'on en décape la surface avec de leau acidulée, les métaux alliés devenant visibles cl formant, par la différence de leur éclat et de leur couleur, des dessins variés.

DAMASSER (da-mA-sé), V. a. || 1° Fabriquer une étoffe de linge ouvré à la façon de Damas. 1| Terme de vannerie. Faire des ornements figurés semblables à ceux qu'on voit sur le linge damassé. {| 2° Préparer de l'acier à la façon de Damas.

— ÊTYM. Damas.

t DAMASSERIE (da-mâ-se-rie), s. f. Fabrique de linge damassé.

— ÊTY.M. Damasser.

I UAMASSEUB (da-mâ-seur), s. m. Ouvrier qui fabrique du linge damassé.

— ETYM. Damasser.

t UAMASSIN (da-iuA-sin), t. m. Êloffe moins forte que le damas ordinaire.

— ÊTYM. Damas.

UAMASSCRE (da-mâ-su-r'), s. f. \\ 1° Travail qu'a subi la toile damassée dans le tissage. || 2* Dessin sur toile damassée.

— ÊTYM. Damasser.

1. DAME (da-m'), s. f. ||l'Titre qu'on donnait à la femme d'un seigneur, d'un châtelain, d'un chevalier,d'un gentilhomme, par opposition aux femmes mariées de la bourgeoisie qui ont porté pendant longtemps le nom de demoiselles. || Fig. Le hibou fut trop heureux de se cacher dans son trou et d'épouser la chouette qui fui une digue dame du lieu, fên.

t, XIX, p. 46. Il Titre qu'on donnait à lafemme qui pos- .sédait une seigneurie. || Celle qui a la seigneurie, l'autorité. Surtout soyez do vous la maîtresse et la dame, RÉGNIER, Sat. xiii. || Brevet de dame, brevet par lequel le roi conférait à une fille de qualité, non mariée, le titre de dame. || Notre-Dame, nom donné par les chrétiens à la sainte Vierge. || 2* La femme noble à laquelle un chevalier consacrait ses soins. Combattre, mourir pour sa dame. La dame de ses pensées. Ces hommes qui prêtaient fol et hommage à leur Dieu, leur dame et leur roi, chateaub. Génie, I, II, 2. Ahl si ma dame me voyait, disait Fleuranges en montant le premier à l'a-ssaul, SAiNr-Foix, /•-'ss. Paris, Couvres, t. iv, p. (73, dans pougens. Il La femme à qui l'on rend d'assidus hommages. Être dévoué, fidèle à sa dame. Quand on aime une dame sans égalité de condition.... pasc. Amour. Il S' Aujourd'hui, titre donné à toute femme mariée qui n'est pas de la dernière classe. C'est une darne fort estimable, il Devenir dame, se marier. || 4" Par civilité et politesse, dame se dit de toutes les femmes, qu'elles soient mariées ou non. Être poli avec les dames. Dans ce bal, les toilettes des dames étaient fort élégantes. Rien ne pèse tant qu'un secret; Le porter loin est dirficile aux dames; Kt je sais même sur ce fait Bon nombre d'hommes qui sont femmes, LA FONT. Fabl. viii, 0. Il Grande dame, dame appartenant à la haute société. C'est une grande dame. Faire la grande dame, affecter un luxe et des airs au-dessus de sa condition. || Dame galante, femme d'une conduite légère. || En courant la bague, en jouant à la paume, on disait que la première course, le premier coup étaient pour les dames, c'est-à-dire pour faire honneur aux dames, sans que le coup fût compté pour la course du prix ou pour le gain de la partie. Cela s'appelait à la paume Les dames, et à la dague La course pour les dames. || Ce mot s'est employé souvent quand on parle des femmes de l'antiquité. Les dames carthaginoises cou|ièrent leurs cheveux en une nécessité publique pour faire des cordages aux navires. Répondez-moi , seigneur, comme dame romaine, corn. Sertor. ii,

2 Qu'on l'honore ici, mais en dame romaine,

C'est-à-dire un peu plus qu'on n'honore la reine, ID. Pomp. m, 4. Etant fille de Scipion l'Africain et veuve de Tibérius Gracchus, qui avait été deux fois consul et censeur, elle rejeta ses offres, et crut qu'il était plus honorable pour elle d'être une des premières dames de Home, que d'être leine de Libye avec Phycon, rollin, Ilist. anc. Giuvres, t. II, p. 296, dans POUGENS. Son avidité, par des lois inhumaines, Impose des tributs jusqu'aux dames romaines, volt. Trinmv. iv, 2. || 5° Titre d'honneur ou d'office donné à certaines femmes. Los daines de France, les filles du roi. || 6' Titre donné à certaines religieuses et aux chanoinosscs. Les dames du Sacré- Cœur. Les dames de Longchamp. Les dames chanoinesses de Uemiremont. Les dames du chœur, les mères qui siègent au chœur, par opposition aux sœurs converses et aux novices. || Daines de charité, dames qui, dans l'étendue d'une paroisse, d'un quartier, forment une association chargée de recueillir et de distribuer les aumônes. Nos compliments à vos dames de la charité ; elles m'ont bien remercié de ce que vous avez fait pour elles, maintenon, Lett. d\!ubigné, 1 6 oct. 1 6S2. || Dame du lit , da me du palais, dame d'honneur, damed'atour, dame de compagnie, femmes do qualité qui remplissent diverses fonctions auprès des reines et des princesses. || Kig. Plus l'obstacle est puissant, plus on reçoit de gloire. Et les difficultés dont on est combattu, Sont les dames d'atour qui parent la vertu, mol. l'Etour. v,t 1. 1| Dame de compagnie, se dit aussi d'une dame qui demeure dans une maison pour y tenir compagnie à une autre dame ou pour faire les honneurs de la maison d'un homme âgé, et qui, bien que payée pour cela, est dans une sorte d'igalité avec les maîtres de la maison. || 7° On se servait, et on se sert encore, mais rarement, de ce mot par civilité en parlant aux fermes du petit peuple, et en y ajoutant leur nom pro pre : Da-iieBarbe, faites-moi ce plaisir, je vous prie ; de là il est passé dans le langage familier et le style badin. Car la dame Indignation Est une forte passion, Régnier, Ép. m. Du palais d'un jeune lapin Dame belette, un beau matin, S'empara : c'est une rusée, la FONT. Fabl. vit, 18. Il Les dames de la halle, la corporation des marchandes de fruits, de légumes ou de poissons. || Terme de pratique. La dame une telle. La susdite dame. || 8" Dames blanches, êtres surna turels dans les anciennes croyances des Ecossais et des Allemands. || 9* Figure du jeu de cartes. La dame de cœur. La dame de pique. Un brelan de dames. Il 10* Aux échecs, la pièce la plus considérable après

le roi , et qui réunit les deux marches du fou et île la tour, c'est-à-dire qu'elle peut parcourir tout l'échiquier, soit carrément, soit en diagomdc, à moins qu'une autre pièce ne l'arrête. On dit également la reine. Parbleu! Dorval a perdu sa dame; Il joue son roi, je prends sa dame, coldoni. Bourru bienfais. I, 7. Il Aller à dame, se dit, aux échecs, d'un pion qui , poussé jusqu'au dernier rang des cases de l'adversaire, devient dame et remplace la dame qui avait été perdue auparavant dans le cours de la partie. Chez les unes [nations), le roi [aux échecsj peut faire deux pas, chez d'autres ïln'en fait qu'un; ici on va à dame, là on n'y va pas, volt. Sing. 34. (I 11' Jeu de dames, jeu qui se joue sur l'échiquier avec 24 petites rondelles toutes semblahles, les unes blanches, les autres noires. Chaque joueur en a douze. Le jeu de dames à la polonaise, beaucoup plus usité aujourd'hui, se joue sur un damier ou échiquier de lOO cases; il y a alors 40 rondelles, et chaque joueur en a 20. Ce.s rondelles s'appellent en général des dames, mais plus exactement des pions. La dame est le pion mené sur une des cases de la rangée qui est du côté de l'adversaire; on le couvre d'un autre pion d'entre ceux qui ont été déjà pris, et alors il peut parcourir tout le damier en diagonale comme la reine ou dame des échecs, au lieu de faire un pas seulement comme le» pions ordinaires. Cette circonstance, empruntée au jeu des échecs, est probablement l'or.gine du noin de jeu de dames, jeu que l'on prétend avoir été inventé à Paris, vers l'époque de la régence, par un Polonais qui s'y trouvait alors. || Aller à dame, mener un pion à dame, conduire un de ses pions sur une des cases de la dernière rangée du côté do l'adversaire; on dit alors que le pion devient dame damée, ou, simplement, dame. Prendre une dame. Battre une dame, la mettre en prise. || Aux écliecset aux dames, dame touchée, dame jouée, c'est-à-dire que, dès qu'on a touché une pièce, on est oiiUgé de la jouer. 1| 12° Au jeu de trictrac, nom des rondeiles avec lesquelles on joire. Dame découverte, dame placée seule sur une fiècbe. Dame surnuméraire, la 3* dame placée sur une case déjà faite. Dame passée, celle qui ne peut plus servir à faire le plein. !| Dames rabattues, sorte de jeu différent du trictrac, mais qui se joue avec les mêmes pièces. ;| 13° Nom vulgaire de différents oiseaux : le grèbe huppé, l'effraye, la hulotte, la mésange. || Belle-dame ou bonne-dame, nom d'un papillon. || 14° Terme de botanique. Dame d'onze heures, plante liliacée à fleurs blanches qui ont l'extérieur des pétales vert. Il Belle-dame ou bonne-dame, l'arroche des jardins. Il 15° Ma.sse dont se servent les paveurs et autres ouvriers pour battre et enfoncer. On dit plutôt demoiselle; le nom propre est hie. Il Pièce de fonte qui ferme la porte du creuset dans les grosses forges. Il IB'Ternie de marine. Nom de deux chevilles de fer plantées sur l'arrière d'une embarcation de chaque côté d'un grelin pour le fixer. || Doubles loleis plats servant à retenir les avirons qui n'ont pas d'estropes. fl 17°Terme d'astrologie judiciaire. On dit d'une planète qui domine dans un thème céleste, qu'elle est dame de l'ascendant. || 18° En langage de matrones, char-gées jadis de faire des rapports, dame signifiait la partie moyenne de la membrane hymen.

— HlST. xi's.Pur sa beallé dames lui sont amies, Ch. de Hol. Lxxv. || xii' s. Et tantes dames veuves de lor maris, Roue. p. 72. Mais à dame de valor Doit on penser nuit et jor, Couci, i. Et se je truis [trouve] ma dame o ledouz nom Pleine d'orgueil et dame sans guerdon, ib. ii. Bêle dame me prie de chanter, ib. x. Aussi comme en la mer est puissanz la baleine. Sur tous autres poissons est dame et cbastelaine, Sax. xxx. Les geiitix dame, chascune ot son sautier, Et si faisoient le dame Dieu me.stior [le servite du Seigneur Dieu], Itaoul de Cambrai, 62. Ijxiifs. Dame, ce dist Pépins, on ne doit pas douter, Berte, m. [U serve] En la chambre s'en va [à] Berte sa dame dire, ib. xiv. De tel geu, com l'en fait des mains, Estoit-ele dame et il uiestre, /.ni de l'ombre. Et n'est de nulle riens certaine, Ains met les amans en grant paine. Et se fait d'aus [d'tux] dameetmestres.se. Mains en déçoit par sa promesse, la Hose, 4083. Se li empereros de Homme, Sous qui doivent estre tuit homme, Me daignoit voloir prendre à famé. Et faire moi du monde dame.... ib. 8S00. Se elle est dame, qu'elo y cnvoit chevalier, et s'cle est demoiselle, que elle y envoil escuier, BiîAUM. xxix, I». Et lor disoit que les autres bonos vrles s'estoient accordées privéement, qu'eles ne voloient pbu estre en obéissance du seigneur, et seroit cascune vile dame desoi, id. xxx, 63. À vous toz farz-je ma clamor D'ypocrisie, Cousine germaine Hérésie,

DAM

Oui bien & la terre saisie; Tant est grant dame, Ou'cle en enfer metra mainte ame, bdtbb. 203. Wide chambre fait foie dame, leboiix de lincy, Prov. t. I, p. 213. On sert h chien por le seignor; Et por l'amor le chevalier Baise la dame l'escuier, HERHERS, Dolopalhns, dans leroux de lincy, t. ii, p. 489. Il XV s. Kl [les Gaulois à Dam] mirpiil femmes et enfants prisonniers dedans le mouslier, et proprement ils firent entrer les dames chevaleresses, i-noiss. II, II, 232. Sa dame de mère lui acordoil

tout ce qu'il disoit.... m. I, I, loo Et obeiroient à

li comme à leur dame , et à son fils comme à leur seigneur, id. i, i, 9. À ce propos raconte Valere de Scipion que il fil Rome dame de Carlhage et du pays d'Afrique, Bottciq. m, ch. <3. || xvi' s. Dame qui moult se mire peu file, ler. de lincy, Prov. 1. 1, p. 213.

— ÉTYM. Bourguig. datmf ; provenç. dama, et plus habituellement domjina, domna, dona el par abréviation no, etencore dons; espagn. do/laeldue- )7a; ital donna; du latin domina. Le changcmenl del'o enan'eslpas Irès-rare dans l'ancion français : en pour on, dam pour dom, etc. On trouve quelquefois dôme : xm* s. L'aumône que ma dôme Teeline aveit fait à De [Dieu] e aus hospitaulers, Bibl. des Ch. 3" série, t. v, p. 87.

2. DAME (da-m'), interj. fxplélive qui est une formule d'affirmation , comme liercle en latin. Mais, dame, oui. Oh! dame, non. Ah ' dame, vous m'en direz tant! Oh! dame, interrompez - moi donc! MOL. Z). Juan, iii, <. Dame! quand on est belle, on ne l'est pas pour rien, hautekoche. Bourg, de qualité, i, *. Dame! je ne sais pas si bien mentir que vous, bol'hsault, Itcrc. gai. i, 3. Si elle est devenue si glorieuse, dame, je ne saurais que faire, MARIVAUX, Marianne, i' part. t. u. p. 234. Dame! oui, je lui dis tout.... hors ce qu'il faut lui taire, EEAUM. JMr. deFig.ui, 9. Oh! dame! c'est une Française, cela se vend bien, tout le monde m'en demande, ciiampport, Marchand de Smyrne, se. 8. Enfin le tairas-tu?— Dame! on défend ses droits, COL. d'uarlev. Malice pour malice, i. 8.

— ÉTYM. Dame s'est dit au masculin (voy. l'historiquede dom) pour seigneur; dame Dieu est continuellement dans les anciens textes; et dame Dieu ou, simplement, dame, est devenu une inlerjccîion comme seigneur Dieu ou seigneur; c'est cet ejiploi fréquent de dame Dieu qui fait penser que dame, i nlerjection, vient de dai/ip masculin et non de dame féminin (]Vo(re-Z)amc, la sainte vierge). l'âme, s. m. vient de dominus, comme dame, s. f. vient de domina.

3. DAME (da-m*), s. f. Terme d'architeclure hydraulique. Nom qu'on donne, en creusant les terres, particulièrement pour un canal, à de petites digues qu'on laisse d'espace en e.space pour arrêter l'eau qui s'y trouve, ou à de petites langues de terre qu'on conserve dans d'autres vues. || Terme de ponts et chaussées. Petits cônes de terre laissés dans les fouilles pour servir de témoins lors du métré des déblais. {] Terme d'art militaire. Dame de mine, masse de terre qui est restée debout après une explosion. Dame de fortification, petite tour à centre plein, en maçonnerie, qui surmonte le milieu d'un bâlardeau de fossé inondé.

— ETYM. Allem. Damm, digue.

DAMÉ, ÉE(da-mé, méo), part, passé. Terme du jeu de dames. Une dame damée peut aller en tous sens. Il Fig. et familièrement, femme damée, femme qui est mariée.

I DAME-AUBERT (da-mô-bèr) , s. f. Prune jaune d'un goiit médiocre. ||ylu plur. Des dame-aubert.

D.\ME-JEANNE (da-me-jâ-n"), s. f. Sorte de trèsgrosse bouteille en terre ou en verre qui sert à garder et à transporter du vin ou des liqueurs et qui est ordinairement de la contenance de 6o à ao litres. Il Dans la marine, grosse bouteille de verre, de la contenance de 17 à (8 litres, garnie de natte el servant à la distribution de la boisson de l'équipage. Il Au plur. Des dames-jeannes. Quelques grammairiens veulent qu'on écrive des dame-jeanne (le pluriel tcisbant sur bouteille sous-entendu), mais la première orthographe est plus naturelle.

— ÉTYM. Dame, et Jeanne.

f DAMELOT (da-me-lo), s. m. Variété de pomme.

1. DAMER (da-mé) , t). a. || 1° Au jeu d'échecs, damer un pion, mener un pion dans une des cases de la dernière rangée do l'échiquier : il a alors la même valeur et les mêmes propriétés que la reine ou dame; et, pour marquer que c'est une nouvelle dame, on lui adjoint un autre pion qu'on met avec lui sur la même case, c'est là proprement damer un pion. Il Au jeu de dames, damer un pion, et moins exactement damer une dame, c'est mener aussi un

DAM

de ses pions sur la rangée qui est la plus près de l'adversaire; alors au lieu de faire un seul pas à chaque coup, il peut, comme la dame des échecs, parcourir la ligne entière et prendre à distance les pions qui sont en prise. Pour faire reconnaître le pion ain.si augmenté , on mel une seconde dame sur la première, et l'on dit qu'on a damé celle dame. |i Familiè.-oment. Damer le pion à quelqu'un, le supplanter, avoir l'avantage sur lui; locution qui vient de ce que le pion damé montre ou détermine une grande supériorité chez le joueur qui va à dame. 11 [Voltaire] a pris ce jésuite pour lui dire la messe et pour jouer arec lui aux échecs; je crains toujours que le prêtre ne joue quelque mauvais tour au philosophe et ne finisse par lui damer le pion et peut-être le faire échec et mat, d'alemb. Lettre au roi de Prusse, 20 juin t708. Il 2° Anciennement, accorder à une demoiselle le titre de dame, titre qui ne se donnait qu'aux femmes de nobles ou d'écuyers. || 3° Battre les terres et les paies avec le bloc de bois appelé dame. || Terme d'artillerie. Fouler également la charge d'un mortier.

— HlST. xin' s. C'est une dame de haut prix, Qui est tant digne d'estre amée, Qu'ele doit, rose, estre damée [recevoir un titre], la Rose, dans richelet. Ilxv:' s. Je dameray ce conte [je dirai un conte pareil], disl Panurge, vous racontant ce que Breton Villandry respondist ung jour on seigneur duc de Guise, rab. Pant. iv, n.

— ÉTYM. Dame i .

t 2. DAMER (da-mé), ». a. Terme d'architecture. Donner à quelque chose un demi- pied de pente.

DAMERET (da-me-rè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie: des da-merè-z efféminés; damerets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Homme dont la toilette et la galanterie ont de l'afTectalion. Que certain damerel qui veut me supplanter Se sentira dn don que j'ai de bien frotter, scarron, Jodelet duelliste, dans le- Koux, Dict. comique. Us font le* damerets, sonl de tous les plaisirs, hal'ter. Appar. tromp. i, 2. Un vieillard insensé Oui fait le damerel dans un corps tout cassé, MOL. i^c. des mar. i, ♦. || Adjectivement. Gardez donc de donner, ainsi que dans délie. L'air ni l'esprit français à l'antique Italie, Kt, sous des noms romains faisant notre portrait. Poindre Galon galant el Brutus damerel, boil. Art p. m. Que nos auteurs damerets, que nos tyrans philosophes connaissent e fin leur petitesse, gilb. le Carnaval des auteurs. \\ Chariot damerel, nom primitif des carrosses suspendus.

— lilST. xvr s. Comme sont prolonolaires dameraux, ou autres muguets et mignons de cour, calv. 434. Il faisoil plus grande profession de courtisan el dameret à se curieusement vestir, que des armes et de guerrier, carl. ii, i2. 11 estoit fort dameret, s'habillant toujours fort bien, bdant. Gouast. Que ce ne soit pas un beau garson et dameret, mais un garson vert et vigoreux , mont, i, t83. Ce sotit deux occupations [la table el l'amour] qui s'entr'empeschent en leur vigueur: elle [la paillardise] a affoibli nostre estomach, d'une part; el, d'autre part, la sobriété sert à nous rendre pluscoinls, plus damerets, pour l'exercice de l'amour, m. u, (6.

— ÉTYM. Diminutif de dame, exprimant le goûl de se parer comme une petite dame.

t DAMEUETTE (da-me-rè-f), s. f. Espèce de papillon de nuit.

t DAMETTE (da-mè-t'), s. f. Bergeronnette à collier.

t DAMIANES (da-mi-a-n"), s. f. plur. Religieuses de Ste-Claire.

— ËTYM. Eglise de St-Damian d'Assises, où sainte Claire prit l'habit de religion.

t DAMICORNE (da-mi-kor-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une corne de daim.

— ÉTYM. Lat. dama, daim, et corne.

DAMIER (da- mié; Tm* se lie jamais; au pluriel,

l's se lie : les damié-z-et les dames), s. m. \\ l°TabIeau divisé en tOO cases sur lequel on joue aux dames, tandis que l'échiquier sur lequel on joue aux échecs n'en a que 64. L'ancien damier français n'avait que 64 cases comme l'échiquier. || Exploitation en damier, d'une raine, d'une houillère, exploitation par galeries et piliers. || 2° Nom vulgaire du pétrel tacheté. || Nom de quelques papillons diurnes. (| Espèce de coquillage marqueté de différentes couleurs comme un damier. || 3° Terme d'architecture. Moulure romane composée de petits carrés alternativement saillants el creux.

— HlST. XVI* s. Un damier dont les carrez sont de cristal, soubz lesquels y a des pelites fleurs esmaillées, DE LABORDE, Émaux , p, 244.

DAM

— ÉTYM. Dame U D'après de Laborde, ce mot date du xvi* siècle.

t DAMMAR (da-mmar), s. m. Terme de chimie. Sorte de résine fournie par le dammara orientalis, arbre de la Malaisie.

DAMNABLE(d,1-na-br), ad/. 111° Oui mérite, oui attire la damnation, en parlant des choses. Une opinion, une doctrine damnable. Or elles [des opinions] ne sont pasdamnables, si elles se sont trouvées dans les martyrs, si l'Rglise les y a vues et les y a tolérées, boss. Var. i" arer(. § 23. || Qui mérite d'être damné, en parlant des personnes. Les faire damnables de celle sorte, c'est sans doute les faire pécheurs, et Luther l'enseigne aussi en terme» formels, BOSs. Var. 2« arert. §H.||2°0ui mérite la réprobation, abominable. Celse dit avec les Juifs que Jésus-Christ avait appris les secrets des Égyptiens, c'est-i-dire la magie, et qu'il voulut s'attribuer la divinité par les merveilles qu'il fil en venu de cet art damnable, boss. Ilist. ii 12. Ces damnables exemples, m. ib. ii, t. La passion dominante fut une damnable ambition, bouhd. Myst Épiph. t. I, p. 123. Porte, porte aux tyrans tes damnables maximes, corn. Perihar. ii, 3. Je ne reclierche plus la damnable origine De cet aveugle amnur où Placide s'obstine, id ib. ii, 5. Va, dangereux ami, que l'enfer me suscite. Ton damuableartilice pn vain me sollicite, id. Théodore, v, 3. Ah! mou fils, étouffez ce damnable dessein, rotr. Aniig. i, 6. Ces damnables complots sont des gens de la cour, id. B4lis. Il, 9.

— HlST. XV' s. Disant que oncques n'avoit failly, mais soustendroil que le duc de Cloceslre avoit malvaise querelle et dampnable, fenin, 1425 || xvi« s. Geste surprise n'esloil pas moins damnable ny moins mesclianie, que celle de la CadméeàThebes, amïot, Agésil. 41.

— ÉTYM. Provenç. dampnable ; anc. espagn. danable, damnable ; \Ui].dannabilp;iiu latin damnabiiis, digne d'être condamné, de dnmnare (voy. damner).

DAMtJABLE.MENT (dâ-na-ble-nian), adr. D'une manière damnable. [Cromwel disait] Charles II est trop damnablement débauché pour me pardonner la mon de son père, chateaub. Stuarts, 278.

— ÉTYM. Damnable, et le suffixe ment.

BAMNATION (dâ-na-sion ; en vers, de quatre

syllabes), s. f. |; 1° Condamnation. Kn matière de crime, il n'y a nulle justice, nulle damnation parlaite, sans défense contradictoire, I'EI.lissun, u, 1»7, Vieux en ce sens. |) 2° Condamnation aux peines de l'enfer après la mort et dans une autre vie. U serait en état de damnation, pasc. /'rot), o. Que, bien loin de former en secret des désirs de leur salut [des jansénistes], vous avez fait en public des vœux pour leur damnation, id. ib. tt. Des gens qui sont en état de damnation, doss. Var. xv. La certitude de voiiu damnation a pour fondement la plus commune de toutes les règles, mass. Car. Fauxse confiance. Oue tout homme soit obligé de la suivre sous peine de damnation, j.i. Rouss. Ém. iv. Aucun n'a vu d si funestes suites de ses péchés que celles qu'ils [Adam et F,ve] ont vues de leur désobéissance, puisque tous les maux qui sont arrivés à tous les liiiniiiies ensemble, tous les péchés qui se sonl commis dans le monde, et la damnation de ce nombre innombrable de réprouvés sont des suites de leur crime, NICOLE, Ess. de mor. 2' traité, ch. 5. || Sorte d'imprécation arrachée par la colère ou le désespoir que l'on prononce contre soi ou les autres. Mort et damnation! Enfer et damnation! || Jurer sur sa damnation, jurer en disant qu'on veut être damné si.... U promit plus que Léandre ne voulut, et jura sur sa damnation éternelle de tenir tout ce qu'il promettait , SCARRON , Rom. com. â' pari. ch. 9.

— HlST. m* s. Li mullitudine de la mercit c'en lor a mostreit lor turne, à la parsomme, en accomhlement de droiluriere dampnasion, ST bernard, BB9. Maintes fois est nostre oevre occaisons de dampnation, et si quidons [pensons] ke ele seit cieissemens de vertu. Job, 469. || xm* s. U [les Juifs] ne peurent droiture avoir , Ne droiture ne achoison . Par quoy [Jésus] fusl en dampnation, St-Graal, » 403. Tu tenis la moie main désire, ne me consemii mie du tout clioir en dampnation. Psautier, f° 87 Diex i sofri pournous mortel damnation, QuauLludas ses disciples, i fisl la tra'ison, Ch. d'Ant. i, 842. lu lor promet, en ses idées, Des ouvres qu'il auront ovrées, Sauvement ou dampnacion, /a Base, (70«6. Il XV' s. Ne nulle part ne porcion N'y aura, et, pour mieulx valoir. Le jure en madampnacion,cH. d'orl. Bail. 79. Ages de plour, d'envie et de tourment. Temps de langour et de dampnacion, E. descu. Du temps présent.

DAM

DAM

DAN

— ÊTYM. ProTenç. dampnatio; ano. espagn.daiiacinn, damnacinn ; ponug. damnaçdo; ilal. dannaiinne; ilu latin damnnlinnem, do damnare ( voy. Damnkb). Dans l'ancien françiiis on disait beaucoup p\nssoaventdampnenienl ou damnewritiiiie damnation. On remarquera le p parasite qui s'était introduit dans ce mot, comme dans dompter, du latin domare.

DAMNli, ÊK (dà-né, née), part. pass^. Oui est fripiié de? poiiies de l'enfiT. Ces théologiens se voient contraints par leurs principes erronés à reconnaître d'un côté que les fidèles ainsi plongés dans le crime seraient damnés s'ils mouraient alors; et de l'autre, qu'ils ne décliéent pas do l'état de la juslilication, Boss. Yar. xiv, § oo. 11 faut que je vous reprenne l'âme damnée de la Voisin [célèbre empoisonneuse) ; on assure au contraire que son confesseur a dit qu'elle avait prononcé Jésus Maria au milieu du feu; c'est peut-être une sainte, siîv. Lett. 6 mars )(180. Il Familièrement. C'est son Ame damnée, se dit d'une personne aveuglément dévouée aux sentiments, au s v.lonlés d'une autre. Us [les Cliavigny] devinrent les instruments de l'abbé Dubois, puis se» confidents et ce que, en lan^'age commun , on appellerait ses âmes damnées, st-sim. 20O, 234. Il Kamilièrement, et comme expression d'impatience, de mécontentement. Cette damnéo «Taire. Je me trouvai hier ciie/i Mlle Slwart, après l'audience de ces damnés moscovites. Il .\MiLT.Cra»i m. 8. Il faut que ce damné cerf nous ait f.iit faire \ni chemin.... coixÊ, l'art, de chasse de Henri IV, ii, 0. Il Sul)stantivement, les démons et ceux des hommes qui ont mérité les peines éternelles. C'est par ce sentiment [désir de fuir Dieu qu'on a offensé] que les damnés se précipiteront eux-mêmes dans l'enfer, comme au lieu le plus ténébreux, le plus éloigné de Dieu et où ils seront moins percés des rayons pénétrants de sa justice, Nicole, Ess. vior. 2«' traité, chap. lo Byron , viens en tirer [de ta lyre] des torrents d'harmonie ; C'est pour la vérité que Dieu fit le génie; Jette un cri vers le ciel, 6 chantre des enfers; Le ciel môme aux damnés enviera tes concerts, lamart. J/ed. i, 2. || SoufTrir comme un damné, ou comme une âme damnée, souffrir d'une manière excessive, horrible.

t DAMNEMK\T (dâ-ne-man), s. m. L'état de ceux 'pii .sont damnés.

— HIST. XII' s. Mais je n'es [ne les] eslis mie pour le lor dampnement, Sax. xxi. ||xiii' s. Car la letre neïs [même] tesmoigne Ou sisiesme livre Virgile, l'ar l'auetorité de Sébile, Que nus qui vive chastement Ne puet venir à dampnement, la Itose, 9060. Il XV* s. tl ont procuré son deslionneur et damnement de sa bonne mémoire et renommée et de sa postcriié et génération, monstrel. i, )8i.||xvi's. Je dy qu'il n'est desplaisir que plaisance, Veu que la fin n'en est que dampnement, marot, m, 286.

— ÉTVM. Damner; provenç. dampnamen; anc. esp'gn. da/7aint>n(o; ital. dannameiito.

"i \M>'KH (dâ-né), V. o. Il 1" Condamner aux pei- H, le l'enfer. Dieu damnera les méchants. C'est une a.ssez plaisante chose d'être hérétique pour cela; je croyais bien qu'on fût damné pour n'avoir pas de bonnes pensées, mais qu'on le soit pour ne pas croire que tout le monde en a, vraiment je ne le pensais pas, PASc. /'rot). 4. Il Dieu medamne! Incut.inlerject. Ahi, alii, doucement; Dieu me damne, mesdames, c'est fort mal en user, mol. les Préc. lo. || 2° Causer la damnation. Les plaisirs innocents le deviennent bien [ péchés mortels] par l'excès de l'attachement, se Ion la doctrine des saints, et seuls ils ont pu damner le mauvais riche pour avoir été trop goûtés, Koss. Horie-Thér. On peut dire que l'ignorance damne plus de princes et de grands que de |icrsunnes <le la condition la plus vile , mass. Av. Épiph. Au lieu de ces mœurs molles et mondaines qui aussi bien vous damneronl. ne refusez rien à vos passions. ir>. Car. Sa.u'. J'.'ii lieu de ce confesseur indulc»-Lt qui vous damne, mettez-vous au hirge, n'en ayez point du tout, ID. ib. Ce n'est pas l'endurcissement qui vous damnera; c'est une sensiliiliié de conscience qui vous amuse et ne vous corrige point, id. Car. Sur la rechute. || 3* Képuter digne de la damnation. Vous damnez les gens de bien, parce qu'ils ajoutent à leur piété quelques endroits qui vous ressemblent, mass. Car. Injust. du monie. Vous damnez le juste sur les marques les plus légères et les plus excusables do l'humanité et de la faiblesse, ID. ib. On ne sait à qui en croire, nous dit-on tous les jours: les uns vous damnent, les autres vous sauvent, lo. Carême, Samaritains. Ce rêveur fanatique Damnant le genre bumain qu'il prétend coirvertir, volt. Disc. s. Ami,

ne priviens point le jugement céleste; Respecte ces mortels, pardonne à leur vertu : Ils ne t'ont point damné; pourquoi les damnes-tu? volt. Lni nalur. 3" part. || i' Kig. Faire damner quelqu'un, le tourmenter ou l'impatienter à l'excès. Lauziin le fit damner jTessé], et se fit prier longtemps, en lui faisant accroire qu'il savait mieux qu'il ne disait, STsiM. 60, 7. Vous me feri''Z damner, ma mère; je vous di Que j'ai vu , de mes yeux, un crime si h.irdi, MOL. Tari, v, 3. || 6' Se damner, v. réft. Attirer sur soi les peines de l'enfer. Quoi! disentils, si ces chosea-là n'étaient, des religieux les publieraient-ils , et voudraient-ils renoncer à leur conscience et se damner par ces calomnies? pasc. Prov. 16. Il y a des gens qui se damnent si sottement, ID. Ciinv. 3. L'un se damne comme un désespéré; l'autre comme un indolent qui se laisse tranquillement entraîner par les flots, mass. Car. Vérité de la religion. On sait en général que le grand nombre se damne, id. ib. Petit nombre. On l'autorise [le pénitent] dans son erreur, on l'entretient dans son libertinage, on le damne et on se damne avec lui, bol'hual. Carême, Sur les tentations. Il Fig. Se damner, s'impatienter, faire du mauvais sang, au point de jurer, de sacrer. Kt j'enlends dire chaque jour De la fenêtre où je medamne : La maison de Monsieur Vautour Est celle oij vous voyez un âne, désaugikbs, il. Vautour, se. 4.

— lliST. xii* s. Li clerc deivent les lais [laïques] e luranemes [âmes] guarder; Nuls ne deitsun prélat , ne clerc ne lai dampner , Th. le mart. 30. Il XIII' s. Miex [je] voudroie eslre morte, se ne soie ciarapnée, Uerte, cxv. Cil seus [seul] pcchiés le dam|iiie plus Que nus péchiez qu'il poUst faire. Lai du conseil. Mais aucuns qui ce m'orroit dire, Por mon dit dampner ou despire, Dos rois me porroit oposer. Oui.... la Itose, t>2s4. Requirent moi que leur jujasse. Et je à la mort le dampnasse, saintonAAL,v. (3H. Il xv s. 11 n'estoit pas â croire que tant de preud'hommes se voulsissent damner pour la faveur d'un tout seul homme, Bouciq. m, ch. 4. il XVI' g. Le pauvre Adam damné très justement 11 a sauvé et sa posieriié, mabot, iv, 346. Soit qu'il eust en haine et abomination Fimbria comme personne damnée [scélérate], AMYOT, Lucull. 8.

— ÊTYM. Hrovenç. dampnar ; anc. esfiagn. daîiar, damnar; portug. damnar; ital. damnare; du latin damnare, condamner.

t DAMOCLÈS (da-mo-klès'), ». m. Nom propre, employé dans cette lacution : l'épée de Damoclès, pour dire un danger présent, et qui nous menace toujours. Chercher un ami silr à ([ui je puss» confier cette épée de Damoclès [des lettres de change non payées et pouvant faire mettre immédiatement en prison], n'était-ce pas penser à vous? en. de bkr- NARD, la Cinquantaine , § B. De Damoclès l'épée est bienconnue; En songe, à table, il m'a semblé la voir; Sous cette épée et menaçante et nue Denys l'ancien me forçait à m'asseoir, bébano. l'Épée de Dam.

— ÉTYM. Damoclès, courtisan qui, vantant le bonheur de Denys le tyran, à Syracuse, fut mis par ce prince en possession de toutes les délices , à la condiliond'avoir sur latête une épée suspendue par un crin de cheval, et qui renonça vite à un pareil bonheur.

DAMOISEAC (da-moi-zô), s. m. \\ 1° Titre donné autrefois à un jeune gentilhomme qui n'était pas encore reçu chevalier. On dit aussi damoisel. Ils [les Vaudemont] avaient donné cette seigneurie [Comniercy] en fiel i des seigneurs, sous le nom de damoiseaux, ST-SIM. 4 78, 4 22. Je VOUS ferai voir (ju'Amadis de Gaule, sous le titre de damoisel de la mer, mit fin à ses plus belles aventures, et qu'Amailis de Grèce, lorsqu'il ét.iit appelé le damoisel de l'ardente épée, occit un grand lion et délivra le roi Magadan, voit. Lett. 4». Bientôt on passait à l'office de ^■.'ge ou de damoiseau dans le château do quelque naron, ciiatealb. Génie, iv, v, 4. |] î' Jeune homme empressé et galant auprès des femmes. Je prétends qu'on soit sourde à tous les damoiseaux, MOL. le l)ép. V, 9. Et, voyant arriver chez lui le damoiseau , Prend fort honnêtement ses gants et son manteau, id. École des femmes, i, 4. Nous savons toute l'intrigue du rendez-vous et du damoiseau, ID. G. Dandin, m, 8 Je ne suis pas homme

à gober le morceau. Et laisser le champ libre aux yeux d'un damoiseau, id. Ec. des femmes, ii, t. Voilà de mes damoiseaux Huets qui n'ont pas plus de vigueur que des poules, id. FÀtare, l, 6. La fleurette et ce badinago Dont un damoiseau vous combat. Ne donnent pas un équipage Comme les pistoles d'un fat, segbais. Stances à une fille qui faisait des avances à un sot pour l'épouser. || S* Espèce d'antilope.

— HIST. xii's. Lorsdistau damis«1: Venez avant, Tierri, Rone. p. 4»ï. Tierris li damoisal» ver> le ciel e.sgarda, l'b. || xiii* s. Deus damoisiaus |il] a mors [tués] estrais [nés] de Lombardie, Berle, ii Trois fil en sont rcmès moult bel, Qui sont moult cointe damoisel, Iten. 4 2H»4. Est-ce pour ce qu'il vous reçut. Et nous et li por vous déçut, Et vous ofTri li damoisiaiis Tantost ses chiens et ses oisiausT la Hose, <5lll. Savez que fet li ilamoisiaus; En terre rouge se loueille. Le mort fet et l.i sor> le oreille, rutkh. 4 88. Et Itaimons de saint Gille et Hobers li M.insiaiis, Godefrois de Buillon. listasses li dansiaus. Et Bauduinssesfreresqui encor est tousiaus (jeune), Ch. d'Ant. i, 774. Il XV' s. Le sire de ( liçon avoit un fils, jeune damoisel qui s'appelait Olivier ainsi que son pere,FHOiss. i, i, 313. || xvi* s. Avez-vous donc les cœurs moins damoyseaux Qu'aspics, ne loups, et tels gentils oyseauxT marot. il, 6u. Il s'abilla des habits d'une femme, Et d'un héros devenu damoiseau , Guidoit l'esguille et tournoit le fuseau, BONS. 4 17. I.à sont d'âge pareils cent ji unes jouvenceaux, Beaux, vermeils, crcspelus, aux mentons damoiseaux, ID. 806.

— f.TVM Anc. liégeois, dameheal; pruvene. donxel; anc. cat.il. donzell; espagn. dimcfl; ital. donxello; du bas-latin daminicellus , diminutif de domimis, seigneur (voy. dom). Dans l'ancien français damoisels ou dnmoisaus au nominatif singulier, damoisel au régime; damoisel an nominatif pluriel, damoisels ou ilamoisiaus au régme. Le mol s'était contracté en dnnzel , doncel, et nussi, par le cbangcinent assez fréquent de l'o en o, daneel.

DAMOISEL (da-moizèl), s. m. Voy. damoisbao.

DAMOISELLK (da-moi-zèl'), s. f Titre qu'on donnait autrefois dans les actes aux Mlles nobles. En honneur les avance et les fait damoiselles, rèomeb, Sat. m. Il Fig. et familièrement. Daraoiselle belette au corps long et fluet.... la font. fabl. m, 47.

— HIST. xiii* s. Une fois ierent en dosnoi [dosiioi ou mieux donoi, la cour faite aux dames] lùitre dames et damoiselles, Fabl. et contes anciens, i. i, p. 404. En celle amour la damoisele ont prise Si parent, et donné seigneur Contre son gré un vavasseur, AunEFR. le bast. Romanrero.p. 6. Ij dainoiselle devant lui [elle] vient ester; Iji moie dame [ma dame), qu'avez ci à plorer' ib 70. Aiant pn>t deux damoisielles à tout deux coffres bien garnis d'or et d'argent, Chron. de llains . p. «. Moult fu bien vestue Franchise; Car nule robe n'est si bêle (.me sorqitanie à damoisele, la Itnse, 1224. || xiv s. Ledit maistre Girart pour la façon de mj d.imoiselles de fust, nettement ouvréeset paintes,à bon or bruni, à tenir les miroirs des dictes dames, à cause de leur dictateur, de laborde. Émaux, p. 344. Une desvidouere,une damoiselleet unestaldeseï un estui. in. ib. \\ iV s. La propre nuit que la maladie le prit, il avoit soupe en grant revel avecques damoiselles de la ville, FHOiss. 11, it. 60. || xvi' s. 0 vous, ilanies et damoiselles. Que Dieu fist pour estre son temple, marot, II, 204.

— ETYM. Féminin de damoisel ou damoiseau; wallon, damehile; liégeois, dameièle; oamurois, damejèle ; provenç. damisela et domrllai espagn. damisela et doncella; ital. daminella et domelia. Aux xnr et xiv* siècles, damoiselle s'est dit d'un ustensile qui portait les miroirs dos ilaines.

t DANAÏDE (da-na-i-d'j , s. f. Terme de mythologie. Nom des cinquante filles de DanaOs qui, sauf une nommée Hypermnestro, assassnèrent leurs maris la première nuit des noces par l'onlre de leur père, et qui étaient condamnées dans l'enfer à nnphr un tonneau percé. || Kig. Le tonneau des l)anaïdes, chose qu'on ne peut remplir, homme aux dépenses de qui on ne peut suffire. |j Terme de mécanique. Sorte de roue hydraulique récemmunl inventée.

|- DANCHÉ, ÊE (dan-ché, chée), adj. Terme de blason. Il se dit des pièces, telles que le pal, le chef, la fasce, lorsqu'elles sont terminées par des poioiet en forme de dents.

— ÉTYM. Probablement une forme singulière et altérée de denté.

DANDIN (dan-din), ». m. Homme niais et sans contenance. Il Perrin Dandin, personnification d'un juge ridicule cl rapace. Perrin Dandin arrive, ils le prennent pour juge, la font. foU. ix, ». JIGerge Dandin, paysan enrichi qu'un sol orgueil a porté à s'allier à la noblesse et qui en est puni par l'infidélité de sa femme. Vous l'avez voulu; vous l'avez voulu, George Dandin, vous l'avez voulu; cela vous sied fort bien et vous voilà ajusté comme il faut, MOL. G. Dand.ït, 9.

DAN

— HIST. XIV' S. Desquelles bestes à laine en avoit une qui avoit un dandin ou clochette pendue au cou, DU c*NGE, sonailla.

— ETYM. Anglais, lodandle, bercer, auquel Diez rattache l'allemand Tâiideln. balivernes. Le sens primitif de dandin est qui se balance, qui va et vient, sens conservé en dandiner,

t DANDINANT, ANTE (dan-di-nan , nan-t') , adj. Qui dandine. Un air excessif de naïveté, avec une démarche dandinante, lui avait fait grand tort [à Chamillartj.et fait nier son esprit, st-sim. 2^7, (48. S'il me l'avait proposé [un carrosse], je ne me serais pas emboîté comme un sot dans cette caisse dandinante, MARMONT. iléin. t. I, tiv. II, p. H 77, dans

POUGENS

DANDINEMENT (dan-di-ne-man) , j. m. Balancement gauche et nonchalant du corps.

— ÉTYM. Dandiner.

DANDINER (dan-di-né), i'. n. || !• Balancer son corps d'une manière nonchalante et gauche. C'était fChamillart] un grand homme qui marchait en dandinant, st-sim. 70, <46 Les historiettes vont à merveille dans la bouche d'un homme qui semble marchoren dandinantetnigaudant.DiDEn. Rrft.s. t'csprit. Les oiseaux s'avancent en dandinant vers le fùlé quadrupède [renard], CHATEAUii. Amer. 18. Il 2° Se dandiner, tj.rf/!. Se porter sur son ccjrps de côté et d'autre. Se dandiner, friser un pied, faire un saut, PALAPruT, ballet extravagant. C'est pour parler tout à son aise. Se dandiner dans une chaise. Et se donner des rendez-vous, nESHOULIÈBES, dans RICHELET.

— HIST. XVI' s. Il alloit chancelant, dandinant, trel)iichant, desper. Contes, lxxix.

— ÉTYJl. Dandin.

t DANDY (dan-di), s. m. Homme recherché dans sa toilette et exagérant les modes jusqu'au ridicule. A l'incroyable, au merveilleux, à l'élégant, ces trois héritiers des pelits-mallres, ont succédé le dandy, puis le lion, HONORÉ de balzac, dansk Dicl. de poitevin. Si l'un d'eux pouvait nourrir la prétention de mettre une femme au tomlieau [par désespoir amoureux], c'était à coup sûr l'élégant parisien et non le gros dandy à graines d'épinard [un commandant] , C!i. DE BERNARD, la Femme de quarante ans, § 4. Ses habits usés et flétris étaient taillés selon la mode la plus élégante et annonçaient un de ces dandys furieux, tombés rapidument d'un luxe dissipateur dans une extrême misère, F. souuÉ, les Forgerons , §8.

— REM. On écrit au pluriel dandys ou encore, comme en anglais, da«dies (qu'on prononce dan-di).

— ÉTYM. Angl. dandy.

t DANDYSME (dan-di-sm'), s. m. Manières et habitudes du dandy.

— ÉTYM. Dandy.

DANGER (dan-jé; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des dan-jé-z imminents), s. m. Il 1° Terme de droit féodal, et d'eaux et forêts. Droit qu'avait le seigneur et plus tard le roi sur les forêts de Normandie, consistant en ce que les propriétaires ne pouvaient les vendre ni les exploiter sans sa permission et sans lui payer le dixième, sous peine de confiscation. || Bois sujet au tiers et au danger, c'est-à-dire qui paye un droit consistant dans le tiers de la vente, et dans le tiers prélevé au profit du roi. || Danger seigneurie, défenses, douanes, exactions, confiscations, etc. que les seigneurs des lieux exercent sur les marchands et sur les vaisseaux qui font naufrage sur leurs côtes. || Fief de danger, celui dont on ne peut prendre [lossession sans avoir fait hommage et payé les droits au seigneur, à peine de confiscation. || Ces termes du droit féoilal s'expliquent par lesens primitif de danger, qui est domination, puissance. I| 2° Par extension du sens de domination et de puissance, situation, conjoncture, circonstance qui compromettent la sûreté, l'existence d'une personne ou d'une chose. Il y a du danger à suivre cette entreprise. Je demeure en danger que l'âme, qui est née Pour ne mourir jamais, meure éternellement, malh.i, 4. Plus j'y vois de hasard, plus j'y trouve d'amour; Où le danger est grand, c'est là que je m'efforce, m. v, 4. El tandis que moi seul j'encourrai le danger, corn. Pomp. II, 2. ...Vos seuls intérêts me mettent en danger, lE. Nicom. V, 0. Blésus était en danger de sa vie, PERROT d'abl. Tac. 2). Alexandre fut cent fois en danger manifeste de sa vie, st-Evrem. Il, (34. Hé! mon ami, tire-moi du danger. Tu feras après ta harangue, la FONT. Fabl. i, t». Un orateur voyant sa patrie en danger Courut à la tribune.... id. ib. vm, *. La vraie épreuve du courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt, id. ib. i\, 2. Le trop d'attention qu'on a pour le dan-

DAN

ger Fait le plus souvent qu'on y tombe, id. ib. xn, (8. si ces personnes étaient en danger d'être assassinées, PASC. Prov. H. La goutte se rejeta sur les genoux et sur les pieds, et le voilà hors de danger, sÊv. Lelt. du 9 fév. (680. Monsieur, où courez-vous? c'est vous mettre en danger, rac. Plaid, il, (3. La guerre met un État en danger de périr, fén. Tél. XIV. Il n'y avait point deTyrien qui ne fût en danger d'être l'objet de ses défiances, ID. ib. viii. Ta gloire est en danger, ta tombe est entr'o;iverte, volt. Fanât, iv, ). Il [Napoléon] donne ordre qu'on laisse toujours sur sa tabla le résumé qui l'éclairé sur les dangers de sa position, ségur, Hist. de Napol. ii, 4. Il Terme de mer. Toute roche, tout écueil, tout bas-fond, tout haut-fond, à l'approche ou au contact duquel un navire peut courir un danger. || 3° Au sens actif, en parlant des choses, le péril qu'elles produisent. Le danger des mauvaises doctrines. || 4° Familièrement, inconvénient. Il n'y a pas de danger d'entrer, vous ne les dérangerez pas. || Populairement et ironiquement. Il n'y a pas de danger, c'est-à-dire soyez sûr que je n'en ferai rien. Certes je ne lui prêterai plus d'argent, il n'y a pas de danger.

— SYN. DANGER, PÉRIL, RISQUE. Risquo so distingue nettement et facilement des deux premiers; il contient moins l'idée de péril que celle de chance aléatoire, mais considérée de son mauvais côté; quand un homme joue à la bourse, il fait courir des risques, un risqu à sa fortune; mais si, ayant joué à la bais.se, la hausse survient, sa fortune n'est plus seulement en risque, elle est en péril. Il est plus difficile d'établir la distinction entre danger et péril. Ceux qui ont dit que danger impliquait l'idée de dommage se sont fondés sur une fausse élymologie ; le fait est que le sens primitif en est pouvoir, autorité. Aussi en a-t-il conservé quelque chose et c'est même par là surtout qu'il se distingue de péril; car, dans son acheminement vers le sens de péril, il s'en est tant approché qu'il s'y est presque confondu. Ce sens d'autorité, de pouvoir, qui lui est primitif, tandis qu'il ne l'est pas à péril, fait qu'il peut être employé au sens actif, tandis que péril ne le peut pas. Le danger de cet homme, le péril de cet homme, signifiant le danger, le péril que court cet homme, sont absolument synonymes ; là, danger et péril ont un sens passif et expriment la situation où cet homme est mis. Mais.au sens actif, au sens de mettre en danger, c'est non pas péril, mais danger qui se dit : le danger des mauvai.'ies doctrines signifie non pas que les mauvaises doctrines sont en péril, mais qu'elles causent du péril. Cela se prolonge dans les adjectifs dangereux et périlleux : une navigation dangereu.se, une navigation périlleuse sont synonymes et expriment qu'il y a du danger, du péril dans une navigation; mais un homme périlleux ne se dit pas et ne peut se dire; au contraire un homme dangereux se dit et signifie un homme qui, d'une façon quelconque, fait courir du danger aux autres. On doit ajouter que, dans l'usage, péril emporte souvent l'idée d'un danger plus grand.

— HIST. xii" s. Desor tous autres rois [vous] auriez le dangier [domination] , Sax. vi. Nuls ne nous faisoit guerre ne ne menoit dongier, ib. xvi. Il XIII* s. Enciez [avant] qu'il [l'Amour] vint, si m'escria : Vassal, pris ies [tu es], noient n'i a Du contredire, ne du défendre; Ne fai pas dangier [résistance] de toi rendre, la Rose, 1896. Chascuiis ot quatre tours desouslui à baillier,Liunsd'aus[euxj en ot sis, plus ot à justicier. Et desous Garsions ol cil tout le dangier [pouvoir], Cli. d'Ànt. vi, 270. Si li respondirent inéement come cil qui gaires ne prisoient son dongier, Merlin, f" 30. Les tables mises, grans et hautes; De mes [mets] n'i a dangier [défense] ne fautes, Partonop. v. 967. || xv* s. La rivière qui queurt parmi la ville de Caen, qui porte grosse navire, estoit si basse et si morte, qu'ils la passoient et repassoient à leur aise, sans danger du pont, FBoiss. I, I, 272. Quant Hue le despensier vit qu'il ne pouvoit retraire la roine en Angleterre et [la] remettre en son danger [pouvoir de lui Hue] et du roi son mari, lu. i, i, ^^. Les cardinaux, qui se veulent au danger [pouvoir] des Romains.... id. ii, II, 20. Luxurieux ort, sale et aveugle Ne voit pas le dangieroù il plonge, Leroux DE lincy, Prou. L n, p. 341 , En son dangier [pouvoir] bouter ne m'oseroye ; Car ses tourmens endurer ne pourroye, ch. d'orl. ) . Elle escouta voulentiers, mais pour la présence du Dangier [personnage du roman de la Rose qui tient la belle en captivité] qui trop près estoit, guère ne respondit, louis xi, Nouv. xxxvii. || xvi* s. Combien que la peste y fust par la plus grande part des maisons, nul n'en print dangier [mal], rab. Car. i, 27. Sans plus penser au danger des calumniateurs,

DAN

AMTOT, Aie. 36. Et en parlant, par gestes monstroit bien, One ses advers il ne doubtoit de rien. Ne leur danger [puissance].... j. MAROT, v, too. Bonne honta sort de danger, baïf, Slimes, f° 4 5, dans leroux DE LINCY, Prou. t. II, p. 253. En trop fier ti'n le dangier, ib. t. II, p. 205, GABR. MEURiEK, T'ésor des sentences. Sans danger on ne vient jamais au dessus du danger, id. ib. t. il, p. 414.

— ÉTYM. Wallon, dangi. nécessité, danger; bourguig.((ain(;(''; noimaïul, damjitr, [lUissance; Bretagne, danger, répugnance; piovenç. dangier, Uifticulté. Raynouanlet Diez tirent ce mot de damnwn, dommage; mais cela n'expliquent lesens ni la forme: le sens, car danji'cr signifie le plus souvent pouvoir, autorité; la forme, car damnum ne peut produire l'o, qui est dans dongier, aussi autorisé que dangier. 11 faut donc trouver un mot qui puisse fournir également l'a et l'o; or c'est ce qu'on trouve dans dominiarium (on trouve domùitario, au pluriel neutre dans Du Gange) dérivé de dominium ; car dominus donne à la fois dom et dam, et domina, dôme et dame. Domininrium satisfait à l'autre coniition, puisqu'il signifie possession et pouvoir. Maintenant comment, de ce sens, le mot a-t-il passé à celui do péril? On le comprendra en examinant, par exemple, ce texte de Kroissart où il est dit que les cardinaux étaient au danger des Romains ; s'ils étaient au danger c'est-à-dire au pouvoir des Romains, ils étaient aussi par là en péril; là est la transition. Le sens, aujourd'hui perdu, de résistance, dedifficulti'', s'ex- [ilique de même. Pour que damnum fût intervenu dans la signification, il faudrait qu'à un point de l'historique le sens de dommage .se montrât avant celui de péril: or il n'en est rien; la trame de l'historique est serrée . elle va du sens de domination, de résistance, de difficulté, à celui de péril. Palsgrave, p. 60, au xvi' siècle, dit expressément que 1*1 se prononçait dans dangier.

DANGEREUSEMENT (dan-je-reù-ze-man; quelques personnes disent cian-jé-reû-?e-man ; c'est une faute), adv. D'une manii're dangereuse. Il est dangereusement blessé. Il est malade dangereusenipnt. Tous [les hérétiques] errent d'autant plus dangereusement qu'ils suivent chacun une vérité; leur faute n'est pas de suivre une fausseté, mais de ne pas suivre une autre vérité, pasc. Pensées, art. xxiv, ( 2. Mon Dieu, ma fille, que vous avez été vivement et dangereusement malade! sÉv. 16 sept. (077. Le consul, blessé dangereusement, se retira en bon ordre, et fut conduit dans son camp par un gros de cavaliers qui le couvraient de leurs armes et de leurs corps, ROLLiN, Uist.anc. Œuvres, t. i, p. 4O0,dans

POUGENS

— ÉTYM. Dangereuse, et le suffixe ment.

DANGEREUX, ECSE (dan-je-reû, reû-z'; quelques-uns disent dan-jé-reux; c'est une faute), adj. I] 1° Qui expose à un danger. De dangereuses liaisons. Il est dangereux de trop faire voir à l'homme combien il est égal aux bêtes sans lui montrer sa grandeur; il est encore dangereux de lui faire trop voir sa grandeur sans sa bassesse; il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l'un et l'autre, PASC. Pensées, art. i, 7, Tous les grands divertissements sont dangereux pour la vie chrétienne; mais, entre tous ceux que le monde a inventés, il n'y en a point qui soit plus à craindre que la comédie, id. ib. art. xxiv, 6,'j. Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi, LA font. Fabl. vin, 10. Ne valait-il pas mieux vous perdre dans les nues Que d'aller sans raison, d'un style peu chrétien, Faire insulte en rimant à qui ne vous dit rien. Et du bruit dangereux d'un livre téméraire i vos [iropres dépens enrichir le libraire? boil. Sat. ix. Il murmuraitconlro le temps présent, convenant en son cœur que le mérite est dangereux dans les cours à qui vent s'avancer, la bruy. vin. F.t ne prolongez point de dangereux adieux, bac. Baj. il, 6. Et repoussant lestraitsd'un amour dangereux, id. Uithr. iv,5. Mon père paya cher ce dangereux honneur, id. ib. I, 3. Le roi toujours fertile en dangereux détours, iD. ib. 1, 5. Dangereux secrets, volt. Catil. ii, i. Rien n'est si dangereux dans un État naissant Que ces hommes de bien que le public admire, id. Triumv. Il, l. Pendant que Davout jouissait peutêtre du dangereux plaisir d'avoir humilié son ennemi [Bertliier], l'empereur se rendait à Danlzick, et Berthier, plein de vengeance, l'y suivait, ségur, llisl. de Napol. m, 2. || Il est dangereux que.... avec le subjonctif. Qu'il est dangereux qu'on ne mêle quelques grains de son propre encens à celui qu'on reçoit des autres! fléch. Panég. n, H3. || 2' Qui met en danger la religion, les mœurs, l'orgaaisatiou

DAN

sociale. On livre dangereux. Cet ouvrage n'est ni mauvais ni danf-'ereiix à publier. || 3" Qui a pouvoir de nuire, en qui on ne peut se fier, en parlant des personnes. Il voit la servitude où le roi s'est soumis, Et connaît d'autant mieux les dangereux amis, cofN. Nie. 111, 2. Pourquoi m'es-tu donné, ô corps mortel, fardeau accalilant, soutien nécessaire, ennemi flatteur, ami dangereux, avec lequel je ne puis avoir ni guerre ni paix, parce qu'i chaque moment il faut s'accorder et à chaque moment il faut rompre? BO.ss. Bourgoing. Les gens sans bruit sont dangereux; Il lien est pas ainsi d's autres, la FONT. /'u(i(. VIII, ".iS. Dangereuse marâtre, à peine elle vous vit Oue votre exil d'abord signala son crédit, BAC. i'/ièd. I, (. Dangereux à lui-même, à ses voisins terrible, vot-T. Ilenr. ch. i. Ce sexe dangereux qui veut tout asservir, S'il règne dans l'Europe, ici doit obéir, m. Zaïre, m, 6. |i Homme danjrereux, femme dangereuse, celui, celle que l'on croit propre à inspirer de l'amour, sans en ressentir, et & se jouer ainsi de la créiiulité d'une afTeciion sinc&re. ||4° Terme d'ancienne législation. Sergent dangereux , signifiait ctlui qui veillait à la conservation des terres en défens, et des bois sur lesquels le roi avait le droit de danger. 118° Terme de fauconnerie. Oiseau dangereux à dérober les sonnettes, oiseau sujet à s'écarter.

— HIST. XHi* s. Kt se tu l'autre refusoies, Oui n'est mie mains doucereus, Tu seroies moult dangereus [difficultueux], la Rose, 2682. Carlileus [lieuj 4'oisiaus herbergier N'esioit ne dangereus ne cliitlies, One mts ne fu nus leus si riches D'arbres ne d'oisillniis chanlans, tft. 47U. ||xVs. Mais lors sera ma grâce de toyioing; Caràbondroit tefauldrayau besoing, Et si f'eray vers toy le dangereux, Comme lu fais d'estre vray amoureux, cii. d'oi-l. 1. 1| xvi» s. Il faict dangereux assaillir un homme à qui vous avez osté tout moyen d'eschapper par les armes, MONT. I, 362. Cest une dangereuse invention que celle des géhennes, id. ii, 47. Les sireines, pour attirer Ulysse dans leurs dangereux et ruyueux Liqs.... m. II, 20S. i cela peult on voir combien il faict dangereux encourir la malveillance d'une ville qui sçait bien parler, amïot, Thésée, t8. Cognoissans de quelle conséquence est en ce temps dangereux, qu'il n'y ait qu'un seul chef, id. Cam. 3i. Le chemin esloit bien dangereux à raison des voleurs, ID. Thésée, 8. Il tumba en une maladie, laquelle du commencement sembla bien dangereuse, ID. P. Mm. ai. Un si dangereux voisin et si malaisé à manier, id. Pijrrh, )». Et n'en demouroit sinon la réputation de malignité et de dangereuse et mauvaise langue à ceulx qui le.sdisoient, id. Comm. dise. UPutt. 47. Les poissons portans coquilles, sontdangereux d'engendrer la pierre, paussy, 60. Ces terres sont lorl humilies ou longues à seicher, dangereuses (sujettes) à brusler, id. 50. Les femmes fort maigres et seiches sont dangereuses [exposées] à advorter, pabé, t n,p. 025 Le col estans la partie de son corps la plus dangereuse, et en laquelle le loup s'attaclie premièrement, o. de serbes. 340.

— ÉTVM. Danger.

D.VNOIS (da-nol; l'î se lie: un da-noî-z agile), t. m. Il 1' Chien de cha.sse à poil ras, ordinairement blanc, tacheté de noir, d'origine danoise, dit aussi arlequin. || Grand danois, chien élancé comme le lévrier, gros comme le mSlin et fort comme le dogue. Petit danois, plus effilé que le précédent et de la taille du doguin. Le grand danois, transporté en Irlande, est devenu chien d'Irlande, et c'est le plus grand de tous les chiens, btFF. Chien. || 2° Cheval danois, cheval qui vient du Danemark et qui est produit surtout dans l'île de Seeland.

DANS (dan; l's se lie; dan-z un lieu), prép.\\l'X •l'intérieur d'un lieu ou de ce qui peut être comparé i un lieu. Il vil dans Paris. L'ennemi est dans nos murs. J'ai trouvé dans ce livre un beau passage. La phrase dont vous parlez n'est pas dans liossiiet. Bientôt ilans des vaisseaux sur l'Euxin préparés .l'ai rejoint de mon camp les restes séparés, bac. ililhr. II. 3. Pcut-éire en ce moment je serais dans Ostie, S'il ne m'eût de sa cour défendu la sortie, id. l!érc'n. III, 3. L'autre, en vain se lassant à polir une rime. Et reprenant vingt fois le rabot et la lime. Dans la fin d'un sonnet te compare au soleil, boil. Disc, au rot. Cambyse avait régné sept ans et cinq mois; il esi appelé dans l'Écriture Assuériis, rollin, llist. anc. (Xiuvres, t. 11, p. 336, dans poucens. Il Au sein de. Ou couché sans honneur dans une foule obscure, bac. Uilhr. i, 3. || Fig. Il y a de grands travers dans son esprit. Elrc habile dans un art. S'illustrer dans les combats. Et mal sûr dans m trône où tu crains l'avenir, corn. Héracl. 1, u.

DAN

Un prince est dans son trône à Jamais affermi, id. Nicom. III, ï. Aujourd'hui dans le trône et demain dans la boue, id. l'oly. iv, 3. Je serais dans le trône où le ciel m'a fait naître, id. Pomp. iv, t. On m'assassine dans le bien, on m'assassine dans l'honneur, MOL. l'Av. V, 6. Ne l'examinons point dans la grande rigueur, id. if 11. i, t. Dans vos brusques chagrins je ne puis rien comprendre, id. 16. Pour moi je ne le cèle point, je souhaite que les choses aillent dans la douceur, id. l-'estin, v, 3. Je m'approche toutefois, Et de l'enfant je prends les doigts. Les richauffe, et dans moi-même Je diss pourquoi craindre tant? Que peut-il? c'est un enfant, la fontaine, l'Amour mouillé. Ces secrets étaient cachés dans le Seigneur notre Dieu, et maintenant il nous les a découverts, à nous et à nos enfants pour jamais, SACY, Bible, Deutéron. xxix,29. Ils seront tous dans les plaintes et les hurlements, ID. Bible, haie, XVI, 7. Il l'affermit dans le trône, Boss. Jlist. 1, 6. Nous vîmes alors, dans cette princesse, au milieu des alarmes d'une mère, la foi dune chrétienne, id. Marie-Thérèse. C'est pourquoi tout tombe en ruine dans vos mœurs ; et vos sens trop décisifs emportent votre raison incertaine et irrésolue, id. ib. Ce que peut dans les maisons la prudence d'une femme sage pour les soutenir, pour y faire fleurir dans la piété la véritable sages.se, id. ib. Dans les maximes du salut, c'est un mal sans comparaison plus grand de tromper que d'être trompé, bourdal. Serinons, 22'dim. après la Petit. Domin. t. iv, p. 3(). Il n'y a rien de plus dangereux ni de plus formidable que la paix dans le péché, id. »• dim. après la Petit. Dominic. t. m, p. fo». Us seraient baptisés dans le Saint-Esprit, id. llijst. Pentecôte, t. 1, p. 451. Celait pour eux un devoir de secourir les pauvres dans leurs maladies, de les retirer de la mendicilé, id. Kxhnrt. char. env. les nouv. cath. t. I, p. 120. Il est né dans l'éclat et dans la pompe, dans la fortune, dans l'abondance, dans les aises et les plaisirs do la vie, id. Naliv. de J. C. v arenl, p. 525. Contemplez mon devoir dans toute sa rigueur, rac. Bérén.iv, 6. Sa reconnaissance Ne peut-elle éclater que dans sa dépendance? bac. Brit. i, 2. Ils voient leurs fautes dans toute leurénorinité, fén. Tél. xviii. Madame de Montespan est bien aimable dans les larmes, M"' DE MAiNTi;NON,ie(J. d Unie de Frontenac, (880. N'abandonnez pas, ô mon Dieu, ceux qui veulent vous servir et vous glorifier dans vos dons, mass. Car. Prière 2. C'est qu'on ne s'examine quedans ses propres préjugés, id. Car. Confess. L'instruction et le zèle des ministres de la pénitence qui lui parlent au tribunal dans toute la sincérité de Dieu,iD. Car. Dang. des prosp. tenip. Mais vous tenez le jour d'un roi que je révère, Et dans le fils encor je respecte le pî^re, Aihenais, iv, 5. Dans un sang odieux elle a reçu la vie, voi-t. Soph. iv, 2. J'ai vieilli dans la misère et dans l'opprobre, id. Candide, (2. Qui estce qui, dans l'état où l'on m'a mis, a le droit d'exiger davantage? j. j. Bouss. Confess. viii. Loin de s'ensevelir dans un mari, c'est celui de tous les hommes qu'elles voient le moins, d'allainval, École des bourgeois,!, ti. Te voilà nu dans ma présence, Siècle innocent ou criminel, v. hugo, Odes, 1, 40. Il II est dans, se dit parfois pour signifier : il appartient à, c'est le propre de. Il est dans son caractère de faire des imprudences. Il était dans sa destinée de finir misérablement. 11 est dans la jalousie de l'ambition de détruire pour posséder, baïnal, //ts(. phil. xvn, t3. Il Dans le besoin, c'est-à-<lire si la chose est nécessaire. Tous les chiens de ses bassescours composaient une meute dans le besoin, volt. Candide, 4. || 2° Dans sert encore à maniuer l'état, la disposition physique ou morale. Être dans une posture contrainte. Etre dans la joie, dans la douleur, dans la misère. Vivre dans l'attente, dans l'espérance, dans la crainte. Dans le doute abstiens-toi. J'envoyai quérir les principaux du chapitre qui étaient tous dans ma disposition, betz, ii, 80. Vous êtes aujourd'hui dans une humeur désobligeante, mol. Sicil. 7. S'imagina qu'il ferait bien De se pendre.... Dans cette intention, une vieille masure Fut la scène où devait se passer l'aventure, la font. Fabl. IX, 48. Dans l'espérance que quelque charitable personne vous en empêcherait, sÉv. 27. Alger, tes maisons ne sont plus qu'un amas de pierres ; dans ta brutale fureur, tu te tournes contre toi-même, et tu ne sais comment assouvir tarage impuissante, boss. ilarie-Thér. Dans le doute mortel dont je suis agité, bac. Phèd. 1,4. Dans leur dépit , ils brûlent Gibraltar ; Maracaïbo aurait subi le môme sort, s'il n'eût été racheté, batnal, llist. phil.x, 10. || 3° Dans, exprimant un rapport de lieu, avec l'idée qu'on va dans le lieu. Il allait dans la forêt chercher du bois.

Il entra dans l'appartement. Entrez dans cette porte, MOL. Ée. des maris, m, 5. Nous all&mes, le lendemain qui était jeudi, dans un lieu qu'on appelle l'Orient, k une lieue dans la mer, sÉv. 4 3 août 468». Oui je viens dans son temple adorer l'Éternel, RAC. Athal. 1, 4. L'un d'eux, condamné à mort par le tyran, demanda par grâce qu'il lui fût permis de faire un voyage dans sa patrie pour y régler ses affaires, avec promesse de revenir dans un certain temps, bolun , Hist. anc. Œuvres, t. v, p. 235 , dans POLGENS. Il Par extension. Alors que dans son trône il rétablit mon père, corn. 7'ots. i, 4. Voici de mes deux fils celui qu'un droit d'alne.sse Élève dans le trône et donne à la princesse, id. llodog. v, 3. Il fut résolu d'un consentement unanime qu'on déclarerait la guerre à Nabis, tyran de Sparte, s'il refusait de rétablir Argos dans son ancienne liberté, rollin, llist. anc. Œuvres, t. viii, p. 307, dans potiGKNS. || Fig. Il se précipita dans les désordres les plus criminels. Non, ne de.scendez point dans ces humilités, mol. Mélic. i, 6. N'allez pas pousser les choses dans les dernières violences du pouvoir paternel, lu. l'Av. v, 4. El pour nous élever, descendons dans nous-uiêmes, volt, ioi nat. Kxorde. Il 4° Fig. Dans, indiquant une direction vers.... Faire une chose dans l'intention d'être utile, dans la pcn- .sée d'être agréable. Tout impM levé dans une autre vue que celle du bien public est un violement des droits essentiels de l'humanité, fén. t. xxii,p.-38». Il est vrai que je n'entends point votre livre; il n'importe pas que j'aie démêlé bien ou mal l'objet dans lequel il a été écrit; mais je connais à fond toutes vos pensées, montesq. Esp. Défense, 2* part. Idée générale. Il 5° Dans, indiquant un rapport de temps. Dans le temps et dans l'éternité. Soyez prêt dans une heure. Il a subi bien des traverses dans le cours de sa vie. Nous sommes dans l'hiver. Je vous fais toutes ces questions agréablement dans mon loisir, et vous m'y répondrez dans le vôtre, sÉv. 26 sept. 4880. Il a voulu Qu'elle eût dans son absence un pouvoir absolu, RAC. Baj. i, 4. Après la mort de Ferdinand je fus régent dans l'absence du jeune prince Charles, fén. Dial. des morU mod. dial. t7. C'est dans ce saint loisir que, repassant dans la lumière de la foi, sur tout le cours de notre ministère.... mass. Confér. Betraite pour des curés. Il [Stilpon] aima dans sa jeunesse les femmes et le vin, dideh. Opin. des anc. phil. Secte mégarique. || Molière a dit; dans demain. Oui. je veux terminer la chose dans demain, MOL. Éc. des f. i, 1. Il 6° Selon. Cela est vrai dans les principes d'Aristote. Ce mot est employé dans telle acception. Dans le sens où vous prenez ce passage. Les évoques qui n'ont pas été ordonnés par et dans cette succession , boss. Projet.

— RF.Ji. 1. En et daiisse distinguent parce qu**» ne prend que dans des cas exceptionnels l'article le, la, les après .soi, et que dans le prend. || 2. En deux jours, dans deux jours ; en.,., exprime le temps qu'on mettra à faire une chose : j'ai fait cela, je ferai cela en deux jours; dans.... exprime l'intervalle de temps au bout duquel on se mettra à l'ouvrage : je ferai cela dans deux jours, c'est-à-dire je commencerai l'ouvrage au liout de deux jours, après deux jours. || 3. On ne dit pas : vous ferez cela dans deux fois; il gagna la partie dans trois coups; ou dit : en deux fois; en trois coups. |1 4. Dans le but, voy. BUT.

— lllST. XII' s. Li rois esloit dans une grant Talée, Bonc. p. 70. Il XIII* s. Denz ces chambres l'en mena, JVour. rec. de fables et contes anciens , t. n, p. 103. Il XV" s. Car dens la ville les mettroient. Vigiles de Charles VU, t. 11, p. 53, dans baynou»bd. Et la tierce est quant ceuls de dens et ceulsdehors, se combaient aux murs.ciiBisT. de pisan, ChorteF. Il, chap. 34. Il ivi' s. Dans un an sa iraficque rapporta.... «ONT. I, 142. Tant de vies avoient à desfaillir au plus loin dans un siècle, id. 1, 274. Il se laissoit choir dedans la chaire, et puis debout tiroit de dessous sa robbe une teste de mort emmanchée dans un baston, d'aub. Fœ/i. iv , 40. L'estrier lui demeura dans le pied, id. ib. m, 7. Deux goujats, qui en faisant rostir une oye dans une broche de bois chantoient des viUenies contrôla roibe, ID. y/i's/. 1, 142. Le prince, n'ayant point d'ordre à lui donner, luy mit dans le col à la teste do l'armée une chaisne de doux cens escus, ID. «6. m, 2CI-2C2.

— f.TYM. Picard, do, das. dé; provenç. diiitz, din.s,dede-tii(i«, composé de la préposition latine d« et t'ntus (vny. en, préposition).

t DAN-SAfiLE (dan-sa-bl') , adj. Qu'on peut danser. Air dan^niile. "îttie valse n'est pas dansable.

f UAN.SANT, ANTE (dan-san, san-t'), adj. Qui danse; qui aime h danser, .lamais je n'ai vu une

DAN

DAN

DAR

petite fiUesi dansante naturellement, sév. 247. || Propre à faire danser. Musique ilan.sante. Airs dansants. Les chansons, les festins, les vendanges bruyantes, Et la flflte et la lyre et les notes dansantes, A. chén. Idylles, V Aveugle. \\ Consacré à la danse. Une soirée dansante.

DANSE (dans'), s. f. || 1° Suite de sauts et de pas r'glés par une cadence et habituellement dirigés par Il musique. D'un essaim de beautés la danse enilianteresse, delav. Paria, I, t. La danse française, si remarquable par l'élégance et la difficulté des pas, STAËL, Corinne, vi, t. || Danse basse, terme ancien, aujourd'hui remplacé par danse noble, celle où l'on re quittait pas terre, comme la courante, et en dernier lieu le menuet, qui consistait en pas tranquilles et en belles attitudes. Klle était opposée à la danse par haut, nommée aussi baladinage, aujourd'hui danse légère, celle où l'on fait des sauts et des pirouettes, par exemple la gavotte. || ManiiVe de danser. Il a une danse noble, libre, aisée. || 2° Action de plusieurs personnes qui dansent. Commencer la danse. Entrer en danse. Vraiment vous n'avez garde en l'état où vous êtes De songer de festins, de danses et de fêtes, mairet, Sophon. ii, 3. Ces lâches Lydiens, nourris dans l'abondance, Parmi les jeux, l'amour, les festins et la danse, tbistan, Panih. IV, 2. Tiloménée lui ordonna de mener les danses des jeu nés Cretoises, fén. Tél. xxii. Tout était en joie et en danse chez cet abbé, sÉv. 3G4. |{ Entrer en danse, se mettre du nombre de ceux qui dansent. Il Fig. et familièrement. Entrer en danse, se mettre d'une entreprise, d'une affaire, d'une guerre, etc. dont ou était jusque-là simple spectateur. Pour prendre au bond l'occasion de se remettre en danse, SÉv. 5H. Albéroni espérait d'obliger les plus indifférents à entrer en danse [guerre], et de faire venir à chacun l'envie de danser par les bons instruments qu'on accorderait à Madrid, st-sim. 478, <79. Il En danse, à l'œuvre. Puis, bistouris en danse; enfin la fièvre prend ; Tout le corps y succombe, et le voilà mourant, la motte, Fabl.ni, t8. Il Commencer la danse, mener la danse, être le premier à faire ou à souffrir quelque chose de fâcheux. C'est vous qui commencerez la danse. Un violon qui avait commencé la danse et la piUerie du papier timbré, sÉv. 229. || Familièrement. Avoir l'air à la danse, être en disposition de beaucoup danser; et fig. être tout disposé à la circonstance, ou avoir l'air vif, éveillé. Puissions-nous marier ainsi une fille de Sirvenl mais la pauvre diablesse n'a pas l'air à la danse, volt. Lett. DamilaviUe ,2 févr. 4767. Il Avoir le cœur à la danse, être dispos, de bonne humeur. N'avoir pas le cœur à la danse, être triste. Il Kig. et populairement. Donner une danse à quelqu'un, le bien battre. Ahl mon ami I — Oui, votre ami qui va recevoir une danse, bayahd, les Gants jaunes, se. (î. || 3" Air de danse. Jouer toutes sortes de danses. || Terme de musique. Danse d'ours, composition dans laquelle on cherche à imiter les airâ de musette. 114" Populairement, le lieu où l'on danse. Aller à la danse. || 5" Danse se prend encore en d'autres sens, et pour des arts tout autres que la danse proprement dite. Danse d'expression, c'est proprement une sorte de pantomime, comme la pyrrhiquedes Grecs. Leurs danses [des sauvages] sont presque toujours une image de la guerre et communément exécutées 'es armes à la main; elles sont si vraies, si rapides, si terribles, qu'un Européen qui les voit pour la première fois ne peut s'empêcher de frémir, kaynal, Ilist. phil. xv, 4. N'est-il pas singulier que, dans les premiers âges du monde et chez les sauvages, la danse soit un art d'imitation, et qu'elle ait oerdu ce caractère dans les pays policés? id. i6. || Danse d'imitation en charge ou danse comique : c'est moins une danse qu'un jeu de physionomie ou de geste, par lequel on imite en ridicule des personnes connues ou celles qu'on vient de voir. || 6* Danse sur la corde : c'est une sorte de voltige ou de tours d'adresse et d'équilibre. Quelquefois aussi on y fait des jetés, des plies, des assemblés, des entrechats et autres pas de danse. || Danse sur les chevaux : c'est encore une voltige plutôt qu'une danse. || 7° Danse macabre (voy. MACABRE). Il 8» Terme de physique. Danse des pantins, expérience pour manifester les attractions et les répulsions électriques. || 9° Terme de médecine. Danse de St Guy, nom vulgaire de la chorée, dite aussi danse de St "Witt, parce que, pour la guérir, on s'adressait à St Guy ou Witt. || Proverbe. Après la panse vient la danse, après avoir fait bonne chère on ne songe qu'à se divertir.

— HIST. XIII' s. Dances, baus et caroles [vous] veïssiez commencer, Berte, xi. Bel Acueil se taist

et escoute Por la vielle que il redoute. Et n'est si hardis qu'il se moeve. Que la vielle en li n'aperçoeve Aucune foie contenance, Qu'el scet toute la vielle dance, la Rose, 3D4«. [Elle] ira à danses et à veilles, Au sermon, au pèlerinage, Contenances des femmes. Il xv* s. Et estoient ensemble à la fois en dances et en caroles et en esbatements, phoiss. ti, ii, 46. Mon amy, il n'y a que faire d'entrer en la dance; mais la façon est de s'en saillir à honneur, Jch de Saintré, ch. 12. Dieu pardoint aux trespassez, Par là fault que vous passez. C'est nostre commune dance, ALAIN CHAUT. Le lai de paix. Et de voler [chasser au vol], et de tournoiement, De dame avoir et de mener la dance, e. desch. Plais, de l'étude. Au fort, puisque suis en la danse. Bon gré maugré, m'y fault fournir, Et n'y sçay de quel pié saillir, en. d'orl. Chans. 43. Celuy.... qui maistre estoit de mener telles danses [guerre, bataille, danger] et qui peu les craignoit, Bouciq. m, ch. 2. L'autre se efl'erve et se trouble; Et de faict, quant la dance cesse, 11 demeure sur un pas double, coquillaht. Droits nouveaux. Au fort, quelqu'un s'en recompense. Qui est remply sur les chantiers; Car de la panse vient la danse, villon, Gr. teslam. 25.

— ÊTYM. Voy. danser; provenç, et catal. dansa; espagn. dama .portug. dança; ital. danza.

DANSÉ, ÉE (dan-sé, sée), part, passé. Un ballet bien dansé.

DANSER (dansé). || 1" V. n. Mouvoir le corps suivant les règles de la danse. Vous chantiez; j'en suis fort aise; Eh bien ! dansez maintenant, la font. Fabl. 1, i. Nul héros n'a plus illustré la Grèce qu'Epaminondas ; on comptait au nombre de ses belles qualités d'avoir su danser avec grâce et toucher les instruments avec habileté, eollin, Uist. anc. Œuvres, t. xi, 1" partie, p. 212, dans pougens. Quand Louis XIV et toute sa cour dansèrent sur le théâtre , quand Louis XV dansa avec tant de jeunes seigneurs dans la salle des Tuileries, volt. Dial. 21. Heureux villageois, dansons, bérang. Louis XI. Tandis qu'à mes yeux la belle Chante et danse à ses chansons, id. Double ivr. Chers enfants, chantez, dansez. Votre âge Échappe à l'orage, ID. Orage. \\ Impersonnellement, au passif. Il fut dansé, sauté, balle, la font. Joe. \\ Fig. et familièrement. Ne savoir sur quel pied danser, être incertain du parti à prendre, de la conduite à tenir. || Fig. Son cœur danse de joie, iJ est dans une joie extrême. Il Fig. Faire danser quelqu'un, le faire danser sans violon, lui susciter des embarras, des désagréments; se venger de lui, et aussi s'amuser de lui. La première femme de chambre de madame la duchesse d'Orléans, transportée de joie de cette lecture [d'un livre de messe à l'église], lui en fit compliment; M. le duc d'Orléans se plut quelque temps à la faire danser, puis lui dit : c'était Rabelais que j'avais porté de peur de m'ennuyer, st-sim. 300, 20. Il Fig. Du vinjà faire danser les chèvres, du vin très-aigre. || Faire danser les écus, dépenser beaucoup. Il Faire danser l'anse du panier, se dit d'une cuisinière, d'une domestique qui, allant au marché, compte les objets plus cher qu'elle ne les a payés et s'adjuge la dilTérence entre le prix réel et le prix qu'elle dit. || Danser sur la corde, exécuter des pas cadencés, des sauts sur la corde tendue; et fig. être engagé dans une affaire très-scabreuse, et aussi agir en homme de peu de consistance et qui cherche à éblouir. || Terme de chasse. On dit qu'un chien danse sur la voie, ou dans la voie, quand, n'étant pas juste dans la voie, il chasse tantôt à droite, tantôt à gauche. Il 2° V. a. Exécuter une danse. Danser une contredanse, une valse. Les amours.. ..Semblent danser les matassins, hégnier, Mac. Je n'ai point vu d'homme danser comme Locmaria cette sorte de danse, sÉv. 73. Ils dansèrent les danses de leur pays, fén. Tél. vm. Pour danser d'autres bals elle [la jeune fille] était encor prête, v. hugo. Orient. 33. || Fig. et populairement,la danser, recevoirune forte correction, être bien battu. Oui la dansa, mais tout du long, vadé. Pipe cassée, ch. 3. || 3° Terme de boulangerie. Travailler la pâte à biscuit jusqu'à ce qu'elle soit bien ferme. Danser la pâte. ||4°Se danser, v. réfl. Être dansé. La valse se danse à deux et à trois temps. Que si tu veux te prêter à moi pour quelques heures et relâcher un peu de ta gravité, je m'assure de te rendre ce plaisir [la danse] si famiher qu'il ne se dansera point de ballets que tu n'ailles longtemps auparavant retenir place pour les voir plus à ton aise, d'ablancouht, Lucien, Danse. || Proverbe. Toujours va qui danse, se dit de celui qui, sans faire trèsbien ce qu'il fait, s'évertue pourtant de son mieux.

— HIST. xii's. Les dames faites danser et caroler, Ilovc. p. <66. Il xivs. Ceulx qui carolent et daricent

ou chantent ensemble ou qui jouent ensemble de» instrumens, oresme, Eth. 245. ||xv* s. Fut le souper bel et gent, bien dansé et continué toute la nuict jusques auprès du jour, pboiss. liv. iv, p. 93, dans lacurne. Tous s'en vindrent devers les dames qui les attcndoient pour estre dansées et carollées; car feste de femmes sans hommes et d'hommes sans femmes est de nulle plaisance, Perceforest, t. iv,, 1*168, dans LACURNE. || xvi" s. Au soir danse Qui matin hanse [vend], leroux de lincy, Pruv.t. u, p. 76. Oui danse bien sansmenestriorpeutbien chevaucher sans estrier, m. ib. p. 387. J'ay veu, dict Arrius, autres fois un éléphant ayant à chasoune cuisse un cymbale pendu et un aultre attaché à sa trompe, au son des quels touts les aultres dansoient en rond, s'eslevantset s'inclinants à certaines cadences, selon que l'instrument les guidoit, mont.ii, 174.

— ÉTYM. Provenç. dansar; espagn. damar ; portug. dançar; ital. dansare; non pas de l'allemand (anzfn, danser, qui, d'après les germanistes, est venu des langues romanes dans la langue allemande, mais de l'ancien-haut allemand dansôn, tirer, étendre.

DANSEUR, EUSE (dan-seur, seù-z') , s. m. et /. Il 1° Celui, celle qui danse. Quelle est votre danseuse? Il n'y avait pas à ce bal assez de danseuses. || Celui qui aime à danser. Un infatigable danseur. || 2° Celui, celle qui fait profession de danser. Danseur, danseuse de l'opéra. Danseur de corde. Timon le Phliasien fut danseur, avant que d'être sceptique, DIDEH. Opin. des anc. phil. Pyrrhonisme. Dans le ballet duTriomphe de l'Amour, en I68I , on vit pour la première fois des danseuses sur le théâtre de l'opéra; auparavant c'étaient deux, quatre, six ou huit danseurs qu'on habillait en femmes, st-foix, Ess, Paris, Œuvres, t. m, p. 409, dans pougens. Il 3° Ad]. Terme de vénerie. Chien danseur, et, substantivement, un danseur, chien qui, courant de çà et de là, ne suit pas la voie de l'animal qu'il chasse. || Proverbe. Jamais danseur ne fut bon clerc, c'est-à-dire celui qui se livre aux amusements du monde n'avancepas dans son étude, dans son métier.

— HIST. xv s. Les oyseaulx deviennent danseurs Dessus mainte branche fleurie, ch. d'orl. Uondeau.

— ÉTYM. Danser.

t DANSOrrER (dan-so-té), v. n. Terme familier. Danser un peu. On a dansotté hier soir.

— ÉTYM. Danser.

t DANTESQUE (dan-tè-sk'), adj. Qui imite le caractère .sombre et sublime que Dante a imprimé à ses poèmes.

— ÉTYM. Dante, poète italien du xiu* et du XIV* siècle.

t DANZÉ (dan-zé), (. m. Masse de fer sur laquelle le glacier, puisant le verre mou sur i'âtre, fixe le manche de son outil.

DAPHNÉ (da-fné), s. m. Terme de botanique. Arbuste dont les tiges servent à faire les chapeaux dits de paille blanche; on le nomme aussi lauréole mâle (daphne laureola, L.). Il y a d'autres daphnés : le daphne mexereum, dit vulgairement lauréole femelle, bois gentil, garou des bois; le daphne gnidium, dit garou et sainbois; le daphne odorant, dit lauréole odorante, et le daphne alpin.

— ÉTYM. Aiçvn, laurier.

t DAPUNÉINE (da-fné-i-n) ou DAPHNINE (dafni-n'), s. f. Terme de chimie. Principe trouvé dans l'écorce du daphne alpina, L.

■j-DAPHNlTE (da-fni-f), s. f. Pierre figurée qui imite les feuilles de laurier.

— ÉTYM. AiçvTi, laurier.

t DAPBNOlDE (da-fno-i-d'), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à un daphne.

— ÉTYM. Daphne, et àSo;, forme.

f DAPHNOMANCIE (da-fno-man-sie), s. f. Terme d'antiquité. Divination au moyen de feuilles de laurier brûlées ou avalées.

— ÉTYM. Aôçvr), laurier, et le suffixe mancit.:

t DAPIFER (da-pi-fèr*), s. m. Terme d'histoire. Titre d'un des grands officiers de l'empire germanique, qui servait à table. On trouve la signature, c'est-à-dire le sceau et la présence [du grand bouteiller] cités dans les anciennes chartes de nos rois avec le dapifer, qui est le grand maitre ou le souverain maître d'hôtel, st-sim. 249, 69.

— ÉTYM. Lat. dapifer, de dapes, mets, et /ei; qui porte.

tDAPlFÉRAT(da-pi-fé-ra),s.m. Dignitédedapifer.

D'APRES (da-prê) , loc. adv. Voy. après.

t DARADE (da-ra-d'), s. f. ou DAUADEL (dara-dèl), s. m. Terme de botanique, uu des noms de l'alaterne.

t DARAISE (da-rê-z'), s. f. Terme d'eaux et forêts. Déchargeoir d'un étang.

Page 1