‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 61 sur 388 · LOUIS XI, NOUV. LXXXVII · texte numérisé non relu

LOUIS XI, NOUV. LXXXVII

— XVI* s. Je me suis veautré six ou sept tours parmy le lict, devant que me lever, pab. Car. i, 2t. En plaine nuict, davant que soy retirer, alloyent veoir la face du ciel, lo. ib. i, 23. Soubdain, davant boyre ny manger, se transpourtarent on capitoly, et là, devant leur roy.... id. ib. i, 26. Laquelle nouvelle entendue, sortirent on devant de luy tous les habitans de la ville, id. Pant. ii, 3). Voyez moy devant et derrière : c'estla forme d'une toge anticque, ID. ib. m, 7. Si toust que nous saurons vostre parlement, nous gaignerons lesdevans, marg. Lett. H s. Il estoit hier tout davant moy quant je vous dis adieu, iD.ib. 4 22. Je vousaycy devant faict bien ample responce à toutes vos lettres , id. tb. 1 64 . Ils ont contraint les pouvres gens en porter plaincte à la justice par devant la seneschal de Beaucaire , id. ib. 1 59. Il veit devant ses yeulx.... mont, i, 27. Courir au devant des conjurations par supplices, id. i, t33. L'armée que les Romains luy envoyoient au devant, id. i, 230. Il envoya devant quelque bouteille de vin empoisonné, id. i, 262. César marchoit tousjours devant sa troupe, la teste descouverte, id, i, 260. Il n'auroit ny devant ny derrière luy rien qui ne.... id. 1, 356. J'en ay allégué par cy devant des 9xemples, id. n, 29. Je ne me veuli pas despouil- 1er devant que de m'aller coucher, id. ii, 76. Devant qu'ils se laissent assubjectir, il fault, ou qu'ils soient contraincts, oudeceus, id. iv, 368. Les Athéniens sacrifient un mouton le jour de devant la grande feste de Theseus, amtot, Thés. 4. Theseus ne feitraire que le devant de sa teste seulement, jd. 16. 6. La cause pour laquelle ilz se faisoient ainsi tondre pardevant, estoit.... id. ib. Il se jetta la teste devant en une rivière, où il se noya, id. ib. 32. Les deux armées furent longuement l'une devant l'autre sans combattre, id. t6. 33. X la fin elle se délivra de deux enfans jumeaux; ce qui feit encore plus grande peur que devant à Amulius, id. iioni. 4. Ayant pris ceste resolution , il s'en alla devant toute œuvre en la ville de Delphes, id. Lyc. s. Ne te souvient-il pas que devant hyer, ainsi que nous dinions chez toy.... ID. Comm. refrén. la colère, as. ce grand prince, quelques heures devant mourir, CARL. i, 47.

— ÉTYM. Berry, dorant ;provenç. davan, devant; catal. devant, davant; anc. espagn. delant, devant; espagn. mod. dc/onte.-portug. diante ; ital. dinanxi. Le français devant est de.... préfixe, et avant; l'espagnol delante est del, de le, et le latin ante, avant; l'italien est le préfixe di , de, in, en, et ansi, du latin ante, avant.

DEVANTIER (de-van-tié; Vr ne se lie jamais; au pluriel, l'sse lie : des de-van-tié-z en toile), s. "' Tablier que portent les femmes du peuple. Vieux familier.

— HiST. XVI* s. Pour le buffet estoit un jeune pasteur qui tiroitune bergère par son devantier, yvbb, p. 662. Et y avoit de jeune» hommes ceints à travers le fond du corps de beaux d«"..«itez ouvrez ft l'aiguille, amyot, P. Mm. eai

— ÉTYM. Devant.

DÉV

DEVANTIÈRE (de-Tan-tiê-r"), '• (■ Sorte de jupe fendue que portent les femmes quand elles montent à cheval à la manière des hommes.

— HIST. XVI' s. Ceuli qui, parmi le» jeux, refulent les opinions sérieuses, font, dict quelqu'un, comme celui qui craint d'adorer la statue d'un saint, t\ elle est sanstlavantiere, mont, m, 359.

— (;tym. Devant.

t DEVANTOT (de-van-to), t. m. Terme de marine. Talilier d'une voile. Peu usité.

— ÊTYM. Devatit.

DEVANTURE (de-van-tu-r'), ». f. || !• La face antérieure d'une maison. |{ 1' Devanture de boutique, revêtement en boiserie du devant d'une boutique. Il 3° Doiserie qui forme l'encadrement d'une alcôve. Il 4* Plâtres de couverture par lesquels les couvreurs raccordent les tuiles au bas des souches de cheminée ou de toutautre plan vertical auquel .se rattache un toit.

— HIST. nu" s. Par devant li vilain s'est trez, Autressi con s'il fust contrez [contrefait], Par devant li, grantalellre, Tant qu'il vint à la devanture, Son chief covert d'un mantelet, Ren. 7884.

— ÉTYM. Devant.

DÉVASTATEUR, THICE (dé-va-sla-teuf, tri-s'), adj. Il 1° Qui dévaste. Un torrentdevastaleur.il 2" .S', m. Celui qui dévaste. Et, courbant ses drapeaux devant l'arche de Dieu, Dévastateur du monde, [Cynis] enrichit le saint lieu,GuiHAUD, Jfachob.ii, «.

— ÉTYM. Lat. devastator, de devastare, dévaster. DÉVASTATION (dé-va-sta-sion ; en vers, de cinq

■^llabes) , s. {. Action de dévaster, les dévastations des torrents.

— ÊTYM. Lat. àêv(utatio, de devastare, dévaster. DÉVASTÉ, ÉE (dé-va-sté, stée),par». ^assi. Les

campagnes dévastées par l'ennemi, par un ouragan. Il Par extension. Alors son langage si abondant et si riche, sa diction si virile et si noblement accentuée, sa pantomime si spontanée, si heureuse, tout, jusqu'à sa physionomie dévastée [défigurée par les ravages d'une maladie], était expression, mouvement, peinture, entraînement, carkel, CEucres, t. V, p. 2)8. Il Dans un sens moqueur. Moi aussi, j'ai eu la physionomie dévastée et une chevelure renouvelée des rois mérovingiens, heybadd, Jir. Paturot, I, t. Il Un crâne dévasté, un crftne devenu chauve.

DÉVASTER (dé-va-sté), V. a. || 1* Rendre désert d'une façon quelconque. Cet excès de démence, accrédité pendant des siècles, avaitdévasté la terreautant que les guerres les plus cruelles, volt. Princ. de Babyl. ». || Rendre désert par le ravage. Les ennemis ont dévasté cette province. || %' Fig. L'amour dévaste les âmes où il règne, chateaud. Génie, II, 32. Une grande pensée s'élève, par intervalles, dans une âme que le temps et le malheur ont dévastée, id. René, <75.

— ÉTYM. Lat. devastare, de la préposition de, et «<«(i«, vaste (voy . vaste) : rendre vaste, désert. Devastare donna, dans l'ancien français, degaster, remplacé chez les modernes par dévaster, calqué sur le latin.

t DÉVEINE (dé-vè-n'), s. (. Terme de jeu. Suite de chances défavorables : c'est le contraire de la veine. Il ne sait à quoi attribuer sa déveine.

— ETYM. Dé.... préfixe, et reine.

t DÉVELOPPABLE ( dé-ve-lo-pa-bl' ) , adj. Qui peut être développé. || Terme de géométrie. Surface développable , surface courbe que l'on conçoit comme se développant et s'appliquant en totalité sur un plan. Ainsi la surface du cylindre et celle du cône sont développables, parce que ces deux corps, en se déroulantsur un plan, le touchent successivement par tous leurs pnints, et peuvent être conçus comme y laissant complètement leur empreinte. Au contraire , la surface de la sphère n'est point développable , parce que, ne touchant jamais le plan qu'en un point à la fois, elle n'y aura, après un tour entier, appliqué qu'un seul de ses cercles.

' — BTYM. Vévelojrper.

t DÉVELOPPANTE (dé-ve-lo-pan-t'), od;. Twme de géométrie. Courbe développante, ou, substantivement, une développante, courbe produite par le déroulement d'un fil enroiilé sur sa développée.

DÉVELOPPÉ, ÉE (dé-ve-lo-pé, pée), part, passé. Il l'Oui n'est plus enveloppé. Un paquet développé. Il Fig.Touche, Verbe éternel, ces âmes curieuses; Celui que ta parole une fois a frappé. De tant d'opinions vaines, ambitieuses Et souvent dangereuses. Est bien développé, corn. Imitation, i, 3. |12* Qui n'est plus plié, enroulé. Une pièce d'étofTe développée. Un rouleau développé. || Fig. Un cœur comme le mien, qui ne vous a jamais été assez développé [connu], VOLT. Roi de Pr. m. || 3' Qui a pris son développement, sa croissance. Un corps développé.

DÉV

Un germe lentement développé. || Fig. Zoon n'ai- | mant donc rien, ne s'aimantpas lui-même, Vitlole endormie, et le voilà frappé; Voilà son cœur développé... LA PONT. Filles de Minée. \\ 4* Qui aune étendue considérable, en parlant de ce qui est dit ou écrit. Un récit très-développé. Une histoire développée. Il 6* Exposé, expliqué. L'affaire développée avec beaucoup de soin par l'avocat. || 6* Mi» au jour, débrouillé, ('e mystère développé à grand'peine. DÉVELOPPÉE (dé-ve-lo-pée), s. f. Terme de géométrie. Courbe par le développement de laquelle on peut supposer qu'une autre courbe est formée; courbe qui est le lieu de tous les points de rencontre des normales infiniment voisines menées à une courl>e donnée.

— ETYM. Développé.

DÉVELOPPEMENT (dé-ve-lo- pe-man ), i. m.

Il 1" Action de développer, de déployer, de dérouler.Ledéveloppementd'unepièced'étotTe. || l-Terme d'architecture. Extension, sur une surface plane, des surfaces qui enveloppent un voussoir ou toute autre pièce de trait. || Dessin des plans des coupes, et des élévations sur toutes les faces d'un édifice. Faire le développement d'une pièce de trait, se servir des lignes do l'épure pour en lever les différents panneaux. || 3° Terme de géométrie. Action par laquelle on développe une courbe pour lui faire décrire une développante. || Terme d'algèbre. Formation d'une série qui représente une fonction analytique. Il 4"Terme d'escrime. Aisance que l'on montre en tirant , et par laquelle le corps se déploie. Il 5° Terme de médecine. Développement du pouls, se dit du pouls qui devient plus ample et plus forU Il 6* Terme de peinture et de sculpture. Ampleur dans la pose d'une figure et dans la ligne qui forme la suite des parties. || 7' Croissance des corps organiques. Le développement d'un bourgeon, d'un germe. L'instant où ce développement [du germe] commence est ce que nous nommons improprement génération, bonnet, Ess. piychol. ch. 85. Tout n'est que changement et que développement, ro. ib. || Il se dit, en histoire philosophique, du mode suivant lequel croit la civilisation. Le développement de l'humanité. Il Par analogie. Le développement d'une maladie, d'une tumeur. || Par une autre analogie. Le développement des passions, des sentiments, leur naissance et progrès dans l'âme humaine. C'est la force de la nature et non la frivolité du cœur, qui, sous un climat énergique, hâte le développement des passions, stael, Corinne, vu, 3. || 8» Exposition détaillée. Cela exigerait d'assez grands développements. Il 9° Fig. Le développement d'un caractère, d'une situation, la série par laquelle passent un caractère, une situation pour se dessiner. || On dit dans le même sens, au théâtre, le développement d'une intrigue. || 10° Étendue. Ce général avait donné trop de développement à son aile droite.

— ETYM. Développer.

DÉVELOPPER (dé-ve-lo-pé), e. a. || 1° ôter l'enveloppe qui contient quelque chose. Développer un paquet. || Fig. Won âme en toute occasion Développe le vrai caché sous l'apparence, la font. Fabl. vu, ts. Il II se dit, ou plutôt il s'est dit des personnes, et signifie alors tirer d'un embarras Ne lui

serions-nous pas injurieux si nous pensions qu'il y eût monstre qui pût échapper à son épée, ni labyrinthe d'où sa prudence ne fût capable de nous développer? MALH. d M. de Luynes, Trad. du xxxiif liv. de T. Live. || 2» Déployer, dérouler. Développer (lu drap, une tapisserie. Le rouleau fut développe. 11 voit deux légions nouvelles Qui pour l'environner développent leurs ailes, saurin, Spartac. v, 'J. Il Par extension. Les paquebots des messageries impériales parcourent tous les ans » 17580 milles marins, c'est-à-dire 42 fois et demie le tour de la terre; autrement dit, chaque navire développe, dans son année, presque le tour du monde, Comptes rendus, Acad.dessc.t.u, p. <074. ||Fig pour en développer l'embarras incertain fdu labyrinthe]. Ma sœur du fil fatal eût armé votre main , bac. Phèdre, ii, 5. (Il] Sut de leur noir complot développer le fil, id. Esth. II, 3. Il 3" Terme d'algèbre. Développer une fonction, une série, trouver les différents termes qui y sont implicitement renfermés. || 4" Terme d'architecture. Rapporter, sur un plan, toutes les différentes faces d'une pierre, et même les parties d'une voûte. || 6° Terme de médecine. Développer le pouls, lui donner plus d'ampleur et de force. Il 6* Terme de peinture et sculpture. Donner à une figure une pose ample et d'un aspect agri;able. Il 7* Donner croissance, en parlant des C'.res organisés. La chaleur développe les germes des plantes. De« exercices propres â développer le corps.

DÉV

Il Dans un même sens, en parlant des facultés in< tellectuelles ou morales. Développer l'intellig'nce d'un enfant. Son cœur fut développé par les affections de famille. Qui veut être heureux et développer son génie, doit, avant tout, bien choisir l'atr mosphère dont il s'entoure immédiatement, stael, Corinne, xiv, 4. || 8* Exposer, présenter en détail. Développer le sujet d'un ouvrage. L'avocat développa l'affaire avec éloquence. Et afin que tout convienne, les promesses spirituelles sont développées par la prédication de l'Évangile, dans le temps que le peuple juif, qui n'en avait reçu que de temporelles, n'a plus de grandeur à espérer, boss. Ilist. II, (3. Il 9» Faire connaître. Pour développer tout ce mystère, il faut dire.... patru. Plaidoyer B, dans RicuELET. Je crois que quelque aventure un jour me viendra développer une naissance plus illustre, mol. Préc. rid. «. 11 faut développer ce mystère à vos yeux, rac. Brit. m, t. 11 [l'esprit de Dieu] nous développe toute la corruption de nos penchants, toute l'enflure de noire cœur, mass. Jft/st. Pentic. Volturéius,qui sous la promesse de sa grâce développa tout le secret de» conjurés, vertot, Ilétol. rom. xii, p. 209.1110" Mettre en usage. Ile éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres, où l'on vit développer toutes les adresses et tous les secrets d'une politique si différente, où l'un se donnait du poids par sa lenteur, et l'autre prenait l'ascendant par sa pénétration, Boss. Uarie-Thér. || 11* Se développer, e. réfl. N'être plus ployé, enroulé. Les rouleaux ou volumes trouvés à Herculanum ne se développent qu'à grand'peine et très-imparfaitement. || S'étendre. L'armée se (".éveloppa dans la plaine. || Fig. Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les conseils de Dieu à leurs pensées, ne le font auteur que d'un certain ordre général, d'où le reste se développe comme il peutl boss. Reine d^ An'jUt. Un tel abrégé, monseigneur, vous propose un grand spectacle; vous voyez tous les siècles précédents se développer, pour ainsi dire, en peu d'heures devant vous, ID. Uist. I, Dessein général. \\i2' Se développer, se dit du pouls devenant plus ample et plus fort.

Il 13* Se débarrasser Que les Grecs devaient

prendre garde que, se voulant garantir des incommodités qu'ils avaient à leur porte, ils ne fissent ouverture à d'autres qui les fâcheraient bien davantage et dont il ne leur serait pas si aisé de se développer, malh. Le xxxiii* livre de T. Lite, ch. 4 2. Il 14' Prendre croissance. Les organes se développent lentement. Cet arbre se développe rapidement. Madame de la Tour, voyant sa fillese développer avec tant de charmes, sentait augmenter son inquiétude avec sa tendresse, bern. dest-p. Paul et Virg. || Même sens en parlant des facultés intellectuelles ou morales. Son génie ne se développa que lentement. Cet enfant fait de grands progrès, il s'est beaucoup développé depuis quelque temps. || 11 se dit aussi des maladies qui naissent. Il était malade, on ne savait ce qu'il avait : une variole se développa. Une tumeur s'est développée sur le tibia. Une maladie contagieu.se, comme on n'en avait pas vu depuis longtemps, se développa tout à coup dans Rome, STAEL, Corinne, iv, 3. || 15* Passer par une série de phases. L'action de celte pièce ne se développe que lentement.

— HIST. xm* s. Tant gonfanon de soie au vent devolepé, Ch. d'Ant. viii, 320. || iiv* s. Chascun la lance au poin et l'espte au costé, Banieres et penons au vent desvolospé, Guescl. 22187. Or il a commandé les trompettes sonner, Les bannières dresser, au vent desvoloper, ib. 20092. Se le sanglier n'avoit bien clos le laz, il se porroit desvoloper, Modus, f» xLvii, vtrso. La glu n'y puet tenir, et s'en est ung oisel tantost desveloppé , ib. C cxxxni . Il XV* s. Et fit on apporter sa bannière devant son hostel et la développer, kroiss. i, i, 44u. Dame, dist il, desveloppez vous; si verrons si vous estes la royne. Elle se dcsveloppa, et il voit que c'est elle, Lancelot du Lac, t. 11, f 2, dans lacdrne. Il xvi* s. Il s'empestre comme en des pièges, dont il ne se pourra jamais desvelopper, calvin, Intlit. 774. Se desvelopper d'un argument, mont, i, 4 4. Amyot a développé si heureusement Plutarque, id. Il, 44. Desvelopper des énigmes, id. m, 58. Ayant faict grands faicts d'armes de sa personne pour se desvelopper [il était investi] , id. m, 93. Pourvoyant tout en un coupa infinies difficultez, pour s'en sçavoir dextrement desvelopper, amtot, Marius et Pyrrhus, 2. Quand ilz ont achevé d'escrire, ilz desveloppent le parchemin et l'envoyent à leur capitaine, ID. Lysand. 38. Quand il fut sur le pont, il desveloppa son manteau, et jetta leurs requestes toutes

DEV

DÈV

DEV

ensemble dans la riiiere, lu. Dcinclr. 58. Le matin les cheveux seront desveloppésde ladite paste, pahê, XÏV, 48.

— ÊTYM, Berry, délnper; provenç. ienolopar, devolupar; ital. sviluppare; du préfixe <lé.... des.... t..., et tii'Juppo, enveloppe. Origine ultérieure incertaine. Du latin l'oiup.' demande Diez; de sorte que ndippar si, serait proprement se tenir à l'aise. Mais il remarque que l'italien a aussi lulfo, ernbarras, d'où, par changement de consonne, vi-luppo; mais cela est encore plus douteux que volup.

DEVENIR (deu-ve-nir; deux e muets se suivant, le premier prend un son plus fort, celui de l'eu), je deviens, tu deviens, il devient, nous devenons, vous devenez, ils deviennent; je devenais; je devins; je deviendrai; je deviendrais; deviens, devenons; que je devienne, que nous devenions; que je devinsse; devenant; devenu, d. n. || 1° Prendre une certaine manière, une certaine qualité. Devenir grand, riche, sape. Cela commence à devenir f-dUiii)\(<. Il devint général. Qu'ils deviennent sujets sans devenir esclaves! corn. Ilor. i, *. Aussitôt qu'un État devient un peu trop grand.... ID. Nicom. V, i. ïl [un capucin] a commencé par me parler de la Provence, de vous.... je voudrais que vous eussiez vu ce que m'est devenu ce bon père dès le moment qu'il m'a paru si bietr instruit, sÉv. 284. Le roi, devenu amoureux d'Anne de Boulen, fit venir sa conscience au secours de sa passion, et son mariage, lui devenant odieux, lui devint en même temps douteux et suspect, boss. Yar. va, § 6i. Dieux! si, devenant grand, souvent on devient pire! BAC. Théb. IV, s. Devenant malheureux, il m'est devenu cher, id. ib. v, 2. Dans l'Orient désert quel devint mon ennui I id. Bérén. i, 4. Quel devins-je au récit du crime de ma mère! m. Sittir.i, >. ....Les secrets de son cœur et du mien Sont de tout l'univers devenus l'entretien, m. Bérin. ii, 2. Je crois te voir, cherchant un supplice nouveau. Toimême de ton sang devenir le bourreau, id. Phèd. IV, 6. Si vous êtes né vicieux, ô Théagène, je vous plains; si vous le devenez par faiblesse pour ceux qui ont intérêt que vous le soyez.... souffrez que je vous méprise, la bruy. ix. Les moindres circonstances deviennent essentielles quand il s'agit de la mort d'un homme tel que Charles XII, volt. Charles UT, S. Il y a une infinité d'erreurs politiques qui, une fois adoptées, deviennent des principes, RAYNAL, Ilist. phil. IX, 29. Je me croyais grec ou romain; je devenais le personnagedont je lisais la vie, j. J. Bouss. Conf. I. Il Que devenez-vous? c'est-à-dire où allez-vous, que voulez-vous faire? Qu'êtes-vous devenu? c'est-à-dire où étiez-vous allé? Qu'est devenue telle chose, où est-elle ? || 2* Bans les phrases interrogatives et dubitatives, avoir tel sort, tel résultat, telle issue. Je ne sais ce que toutceci deviendra. Que sont devenus vos serments? Ne vous informez pas ce que je deviendrai , rac. Baj. u,5. || Que voulez-vous devenir? c'est-à-dire quelle carrière voulez-vous suivre? Dites-moi donc quelle résolution vous prenez, me répondit le ministre; que voulez-vous devenir? mabivaux, 3fanVinne, 7» part. IJQue devinsje à ces paroles, à es spectacle, quelle ne fut pas ma douleur, mon saisissement, etc.? || 3° Que devenir, quel sera le sort? Elle ne sait que devenir et n'a recours qu'à moi, sév. fi9. || Familièrement. Ne savoir que devenir, être dans un malaise extrême. J'ai oublié ma tabatière, il y a une heure que je ne sais que devenir, Marivaux, Paysan parv. t. II, part. *', p. 29, dans poucens, ||4° Devenir à rien, diminuer, se réduire considérablement. Cela est devenu à rien en cuisant. Cet enfant devient à rien, dépérit, maigrit extrêmement. Valère : Sous ses heureuses mains [du joueur] le cuivre devient or. — Hector: Ktl'or devient à rien, BEGNARD, JoueuT, 111, 6. || S° S. m. Terme de philosophie. Le devenir, le mouvement progressif par lequel les choses se font. Le devenir incessant du monde. On oppose le devenir à l'être.

— REM. 1. Devenir se conjugue avec l'auxiliaire être. Il 2. Corneille a dit: À quel point ma vertu devient-elle réduite? Uor. iv, 7 Les plus dignes

soins d'une flamme si pure Deviennent partagés à toute la nature, PuUhér. i, A. Mais alors quel esprit n'en devient point troublé? Cinna, m, 2. Voltaire a condamné cet emploi du verbe détenir. Est-ce avec raison? La distinction entre l'adjectif et le participe est si subtile que cette condamnation ne sera pas généralement admise. On dit très-bien : devenir enflé, dégoûté, etc. Il ne faut donc pas contester à Corneille cet emploi qu'il fait de devenir.

— HIST. XI' s. [Qui] Ne soit ocis ou ne devient cbrestien, Ch. de Roi. vui. Il deveodrat, jointes ses

mains, lis [ton] homs, ib. xr. Qu'est devenuz li gasconz Engelers? t6. clxxxiii. || xii* s. lié! genlis cuens, qu'estes vous devenuz? Ronc. p. i)a. Devpn mes homs, jeteferaidoaire, ib. p. Mb. || xiii's. Et cil Guillaume la dona à JofTroi de Ville-Hardoin, et cil en devint ses hom, et la garni de sa gent, vili.f.h. cxxxv. Je vous demanderai [ce] que cil [cet homme] est devenu, Berte, cxvii. Il deviennent si home, chascun en foy [il] baisa, ib. cxxxi. Mêlions, fait li rois Artus, Tes grans sens qu'est-il devenus? Lai de llelion. || xv s. Là endroit devinrent moult de nouveaux chevaliers, fboiss. 1, i, 4(. Dictes-moi, avant que je n'oublie, que la rivière de Garonne est devenue, car je ne la vois plus, id. 11, m, 7. Au contraire celluy qui gaigne devient en réputation et estime, COMM. II, 2. Hors du sens devainne [devienne], Qui me requerra de combattre, e. desch. Poésies mss. ^349, dans lacurne. || xvi" s. Il se pouvoit vanter d'estre devenu fol par sagesse, mont. I, 91. Je ne sçais ce que tout cela est devenu, non plus que ses poèmes grecs, id. iv, 339.

— ÉTYM. PTovenç. devenir; ital. divenire; du latin devenire, de la préposition de, et venire, venir. Le latin devenire, conformément à son origine, signifie arriver, se rendre; de ce sens d'arriver, les langues romanes ont tiré celui de devenir, parce qu'en effet devenir, c'est passer d'un état à un autre. Palsgrave, p. 4, remarque que il devient se prononce déviant.

t DÉVENTER (dé-van-té), v. n. Terme de marine. Déventer les voiles, brasser au vent, pour empêcher que les voiles ne portent. || Placer une voile ou un bâtiment derrière un objet qui intercepte le vent.

— ETYM. Dé.... préfixe, et vent.

DEVENU, UE (deu-ve-nu, nue), port. possi de devenir. Cet enfant devenu grand. Cet homme devenu riche. C'est à présent que, devenu véiitabiement empressé de plaire, Emile commence àsentir le prix des talents agréables qu'il s'est donnés, j. j. rouss. Ém. V. Ce Denys, réduit maintenant presque à la mendicité, et de roi devenu maître d'école, était une grande leçon pour les personnes élevées en dignité, rolun, Hist. anc. Œuvres, t. v, p. 325 , dans pougens. Rome, devenue la maltresse du monde par ses victoires, en devint l'admiration et le modèle par la beauté des ouvrages d'esprit qu'elle produisit presque en tout genre, ID. Traité des Et. Disc, prélim. 1" partie.

t DÉVERDIR (dé-vèr-dir), v. n. Terme de métier. Perdre la couleur verte, en parlant des étoffes sortant de la cuve au pastel, l'air leur enlevant la teinte verte, pour leur faire prendre un ton bleu.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et vert.

DÉVERGONDAGE (dé-vèr-gon-da-j'), î. m.|| l" Libertinage scandaleux. || 2° Par extension. Dévergondage d'esprit, d'imagination, excès auquel se livre un esprit déréglé.

— ÉTYM. Dévergonder.

DÉVERGONDÉ, ÉE (dé-vèr-gon-dé, dès), part, passé. Oui est sans honte dans son libertinage. Il avait été si épouvantablement dévergondé que.... sÊv. 43. Il Substantivement. Quel dévergondél C'est une dévergondée La mauvaise intention la faisant rougir; car elles rougissent aussi, les dévergondées, SCARBON, Roman com. Il, 40.

t DÉVERGONDEMENT (dé-vèr-gon-de-man) , s.

m. Action de se dévergonder. Quand la débauche et te dévergondement sont poussés à un certain point de scandale, je suis persuadée que cet excès fait plus de tort aux hommes qu'aux femmes, sÉv. 368.

— ÊTYM. Voy. DÉVERGONDER.

t DÉVERGONDER (SE) (dé-vèr-gon-dé), v.réfî. Perdre toute honte dans le libertinage, dans la débauche. Plus qu'une femme elle se dévergonde, iiENSERADE, Rondeau, dans richelet.

— HIST. xvi* s. Aubigné fut si desvergogné [eut si peu de vergogne, de réserve] que, le roy luy faisant une honneste réception à Seulis, et luy ayant demandé familièrement ce qu'il disoitde ce coup du Cousteau que Jean Chastel luy avoit donné dans la lèvre, ce rustre respondit.... d'aub. Conf. 11, 7.

— ÉTYM. Dé..... préfixe, et vergogne, du latin verecundia, qui avait donné aussi vergonder; provenç. desvergonhar , desvergoignar ; espa.ga. desvergonxar.

t DÉVERGUER (dé-vèr-ghé) , v. a. Terme de marine. Voy. dêsenverguer.

t DÉVERNIR (dé-vèr-nir), 17. a. ôter le vernis d'un objet. || Se dévernir, v. réjl. Perdre son vernis.

— ÉTYM Dé.... préfixe, et «émis.

t DÉVERROUILLER (dé-vè-rou-Ué, Il mouillées, et non dé-vè-rou-y6) , v. a. ôtar les verrous.

— HIST. xiii* S. Le postiz [il] va desverroillier; Et Chantecler.... Voit que la porte estoit ouverte.... iien. 20271. Il XIV* s. Ce sont li boquillon [bûcherons] qui nous viennent aidier. Et leur famés aussi qui viennent du moustier ; Blanches vesteûres ont ; allons desveroillier, Guesciin, 933. || xvi' s. Enfin, après tant d'ennuis. Foi, qui du ciel est portière. Desverrouilla le saint huis X une blême prière, yveb, p. 627.

— ÊTY»i. Dé. .. préfixe, et verrou.

4. DEVERS (de-vêr; l's ne se lie pas: de-vêr un bois; cependant quelques-uns lient : de-v6r-z un bois), prép. Il 1° Du côté de. L'autre se relevant devers nous vint so rendre, Régnier, Sat. x. Le prêtre avait à peine obtenu du silence. Et devers l'Orient assuré son aspect.... corn. Poly. m, 2. Tout un grand peuple armé fuyait devers le jiort, ID. Pomp. v, ). Mais quel mauvais démon devers nous le conduit? m. Héracl. m, i. Quel bon démon devers moi vous envoie? m. ib. v. C'est devers vous qu'il penche, ID. Attila, 11, «. Mille fois pour vous voir il a de ces remparts Devers Thèbes jeté les yeux de toutes parts, R0TR0U,yln(t3. m, 7. Enfin, la Rancune l'ayant tourné dans .sa chaise devers le feu dont l'on avait chauffé les draps, il ouvrit les yeux, SCABRON, TJom. com. i, ch. m. Tourne un peu ton visage devers moi, mol. G. Dand. a, 1. Celui qui maintenant devers vous est venu, in. Sgan. <6. La faisant tourner un peu devers lui, ID. Sicil. 4 2 Pour s'enfuir devers sa tanière, la font. Fabl. n, 1 4. Il s'en allait devers Château-Guillaume, ID. Orais. Il se rendra devers mon cabinet, m. Confid. J'ai des cavales en Egypte qui conçoivent au hennissement des chevaux qui sont devers Babylone, id. Vie d'Ésope. Ne tourne-: point tant la tête devers eux, hamilt. Gramm. 4 0. C'est ainsi devers Caen que tout Normand raisonne , boil. Épitre xi. Plus que jamais confus, humilié, Devers Paris je m'en revins à pié, volt. Pauv. diable. Lorsqu'à Berlin vous commençâtes X prendre ce vol immortel Devers la gloire où vous volâtes, id. Ép. lv. Proclès, ayant fait venir ses petits-fils devers lui, les chérissait comme on peut croire, p. l. cour 11, 468. || 2* Approchant. 11 a poussé sa chance. Et s'est devers la finlevé longtemps d'avance, kol. Fâcheux, 1, 4. {| 3° Par devers, loc. prép. En la possession de. Il avait par devers lui des preuves suffisantes du contraire, ha- MiLT. Gramm. 8. Quand on a par devers soi de longs services, dans richelet. || Par devers soi, au fond de son esprit ou de son cœur. Tout fut secret; et quiconque eut du bon. Par devers soi le garda sans rien dire, la font. Bere. || Par devant. Se pourvoir par devers le juge, se pourvoir à son tribunal.

— BEM. Devers a vieilli ; cependant il est si bien autorisé qu'on pourrait sans scrupule en faire usage.

— HIST. XI' s. Devers Ardene [il] vit venir un leupar, Ch. de Roi. LVi. Devers vous est li orguelz et li torz, ib. cxviii. ||xii' s. Par devers nous est li noiaus [le gros de l'armée ennemie] tornés, Ronc. p. 81. Devers les piez le prist premièrement, ib. p. 4 53. Se devers lui [elle] ne vient ma délivrance, Couci, XVII. Li dux Miles se tint devers un cimetire [cimetière]. Et voit environ lui ses chevabers ocire,

Sax. X aval par devers Frise, Alemagne [ils] ont

destruite et Cologne malmise, ib. xxiii. Et pis que nuls ki devant lui out ested, devers nostre seigneur uverad [il agit]. Bots, p. 309. ||xiu' s. Li marchis de Mo jferrat garda l'ost par devers les chans, viL- LEH. Lxxvi. Li Venicien si orent la partie devers l'iaue où les nés [navires] estoient, et li François orent l'autre, id. xlix. X la fin l'en convint [il lui fallut pour cela] tenir devers le pire, Berte, Lxiv. Devers l'autel [elle] s'incline, puis s'en ist [sort] erramment, ib. ex. Cil qui apela par devers le [la] justice comme de faux apel, beaum. 70. Quant le roi vit ce, il se mist ou péril avec les autres; car pour un homme que le roy avoit, quant il fu passé devers les Anglois, les Anglois en avoient mil, JOINV. 206. Là fu la desconflture si grant, que pluseurs de nos gens recuiderent passer à noue [à la nage] par devers le duc de Bourgoingne, jd. 227. Quant nous eûmes oy la messe, un vent grief et fort qui venoit devers Egypte, leva en tel manière que.... ID. 213. Il xiV s. Nous voion souvent d'aucunes choses que les enfans ont par devers eulz, que il les cuident et reputent estre très bonnes et très précieuses, ORESME, A'/Zi. 312. Il XV' s. Si escripsit devers Messire Jean d'Armigna.'. , froiss. n, 11, 4. Estant à Tours devers le roy, comm. i, 4 . Et y entrèrent devers le soir, ID. m, 40. Il xvr s. Comment Ulrich Guallet feut envoyé devers Picrocholle, rab. Car. I, »o. Prenez Epistemon de compaignie, et vous transpourtez par devers elle, et oyez ce qu«

DÊV

vous dira, :D. Pant. ui, ti. Les Athéniens, venan» ' de devers les quartiers du Palladium, Ardeltus et Lycium, rembarrèrent leur pointe droitte jusques dedans leur camp, amyot, TMs. 34.

— ÉTYM. De.... préfixe, et vers, préposition; bourRuig. deré: deié chévo, chez vous.

DÉVERS, ERSE (dé-v6r, vôr-s'), adj. || 1° Qui n'est pas droit ni d'aplomb. Ce mur est dévers. Il 2° S. m. Terme de charpenterie. Le dévers d'une pièce de bois en est le gauchissement ou la pente. Il faut marquer ce bois suivant son dévers. {| S" Crochet dont les ouvriers se servent pour manier le fer dans les grosses forges. {| 4° Écroulement des couches dans une carrière d'ardoise.

— ÉTYM. Lat. devenus, de la préposition de, et versus, tourné (voy. veiision).

DÉVKRSÉ, ÉE (dé-vèr-sé, sée), part, passé do déverser 4. Du bois qui est gauche s'appelle bois déversé.

t ( . DÉVERSEMENT (dé-vèr-se-man) , s. m. Action de déverser, de s'incliner, de pencher de côté.

— ÉTYM. Déverser I.

t 2. DÉVEUSi;MENT(dé-vÎ!r-se-man),î.m.Terme d'hydraulique. Action de déverser les eaux d'un canal; action des eaux qui se déversent.

— ÉTYM. Déverser 2.

(.DÉVERSER (dé-vèr-sé). || 1° Y. a. Courber. Déverser une pièce de bois, c'est aussi l'incliner. Il 2° V. n. Pencher, s'incliner, devenir courbe. Un mur qui déverse. || 3* Se déverser, v. réft. Devenir déversé. Du bois qui se déverse.

— ÉTYM. Devers.

t 2. DÉVERSER (dé-vèr-sé). || !• F. n. S'épancher, en parlant du trop-plein d'un étang, d'un canal. L'eau déversait par-dessus la chaussée. || 2" V. a. Kaire couler des eaux d'un lieu dans un autre. Déverser les eaux d'un canal. || 3" Se déverser, v. réfl. Passer d'un lieu dans un autre, en parlant des eaux. Les eaux se déversèrent dans le canal.

— REM. i. Déverser, dans le premier sens, ne se trouve pas dans le Dictionnaire de l'Académie; mais, donné par quelques dictionnaires, il est justifié par déversoir. \\ 2. Déverser le bl4me ou le mépris sur quelqu'un est une locution qui se répand beaucoup; pourtant il n'y a aucune bonne raison pour tirer déverser do son emploi technique ; il vaut mieux dire : verser le blâme, etc.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et verser; provenç. deversar.

DÉVERSOIR (dé-vèr-soir), i. m. jj !• Endroit par où déverse, s'épanche le trop-plein des eaux d'un étang, d'un canal. Le déversoir est destiné à permettre l'écoulement des eaux superflues qui, sans cette facilité, passeraient par-dessus la chaussée, et cela même arrive lorsque la longueur du déversoir est insuffisante, legoahant. On sait que le niveau d'un canal commence à partir d'un certain point A de la surface en amont du barrage, et que la hauteur effective sur le seuil du déversoir est plus petite que celle du niveau du point A au-dessus de ce seuil, BRASciiHANN, Comptes rendus, Àcad. des se. t. LUI, p. (H 2. Il 2° Nom donné à la vanne même qui sert de décharge. || 3° Terme de pavage. Rangée de pavés posée diagonalemcat sur l'accotement d'une chaussée pour renvoyer les eaux dans le ruisseau ou le fossé.

— ÉTYM. Déverser 2.

tDÉVESTITURE (dé-vè-sti-tu-r'), s. f. Dépossession. La dùvesliture d'une charge, d'un bénéfice.

— ÉTYM. Formé sur le modèle d'investiture (voy. ce mot).

t DÉVÊTEMENT (dé-vê-te-man), s. m. Action de dévêtir; état de ce qui est dévêtu.

— ÉTYM. Dévêtir.

DÉVÊTIK (dé-vê-tir), je dévêts, tu dévêts, il dévêt, nous dévêtons, vous dévêtez, ils dévêtent; je dévêtais; je dévêtis; je dévêtirai; je dévêtirais; dévêts, dévêtons; que je dévête, que nous dévêtions; que je dévêtisse; dévêtant; dévêtu, v. a.HI'ôter un vêlement. Étant parti de la ville homme de paix, il arriva grand capitaine à l'armée et dévêtit sa rohe longue pour gagner d'abord une bataille, ualz. les llomains. || 2° Se dévêtir, v. réft. Se dégarnir d'habits. U est dangereux de se dévêtir trop tôt. || Fig. On se dévêtait des sentiments do l'un pour se revêtir des sentiments do l'autre, pascal. || Terme de jurisprudence. Se dessaisir. Se dévêtir d'un héritage.

— UIST. xin' s. Le pcliçon vesti einsi. Et puis après le devesti Por la qeue qui ert deseure, Uen. HM. La damed'iluec se leva, Devesti soi, si se lava, Et rist assez de l'avanture, ruteb. ii, 490. L'apostoiles [le pape] meïsmcs canta la messe entr'aus

DÉV

[eux]; Quant il fu desvietu, s'issirent des poslaus, Ch. d'Antioche, i, 786. || xv* s. Et se devestirent là ces six bourgeois tous nus en leurs braies et leurs chemises [au aiége do Calais] , proiss. i, i, 321. || xvi« s. Jusquesàcequ'estans devestusdenostrechaircorruptible, nous soyons transfigurez en la gloire, CALVIN, Instit. 320. Nostre ame se glorifie.... de renger les choses qu'elle estime dignes de son accointance, & dcsveslir et despouiller leurs conditions corruptibles, mont, ii, 408. J'ay dressé à Raimond Sebond un accoustrement à la françoise; je l'ay devestu de ce port farouche que.... id. iv, 337. Pour acoustumer les homes, qui se veulent revestir des fiefs, de se devestir aussi de leurs mauvaises mœurs, LANGUE, 23». Il falsoit l'IiDrmite en son prieuré de Crato, ne croyant pas qu'il fallust devestir le prestre pour vestir le roi, d'aub. Ilist. u, 397. Après avoir de»îsti et découvert l'os de son périoste, pabé, i, 24. Devestant l'habit qui les tenoit en bonne et honneste contenance, ils se remplissent incontinent de toule dissolution, amyot. Comment il faut ouïr , i . Devestir le tige de feuilles, rab. Vant. ui, 60. Du manteau vert les prez se devestirent, marot, m, 297.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et vêtir; provenç. devestir, dcsrestir; ital. divestire.

DÉVËTISSEMENT (dé-vê-ti-se-man), s. m. Terme de jurisprudence. Dessaisissement de ce qu'on possède.

— ÉTYM. Dévêtir.

DÉVÊTD, DE (dé- vê-tu, tue), part, passé de dévêti r. Dépouillé d'un vêtement. Le tronc de branches dévêtu, KÉOKiza, Stances rel. || Fig. Et le prudentsera de raison dévêtu. S'il se montre trop chaud à suivre la vertu, id. Sat. xvi.

t DÉVIATEUR, TRICE (dé-vi-a-teur, tri-s'), adj. Oui produit la déviation. Il faut que l'instrument, par quelque efl'et déviateur des rayons, procure l'équivalent de la décentration et présente aux deux yeux les rayons eflectifs sous une convergence déterminée, GiRAUD-TEULON, Comptes rendus , Acad. des se. t. LU, p. 23. Le général Didion offre au lecteur deux formules de déviation [du boulet], dans lesquelles la force déviairice est comparée soit à la pesanteur, soit au vent, Presse scientifique, année (884, t. m, p. 21).

— ÉTYM. Dévier.

t DÉVIATIF, IVE (do-vi-a-tif, ti-v"), adj. Terme didactique. Qui tend à dévier, à faire dévier.

— ÉTYM. Létier.

DÉVIATION (dé-vi-a-sion; en vers, de cinq syllabes), s. (. Il 1° Terme de physique. Quantité dont un corps pesant s'écarte de la verticale, en vertu de la force centrifuge ou de l'attraction d'une montagne voisine. || Terme de balistique. Déviation verticale, force dirigée de bas en haut, qui retarde la chute du projectile et augmente la portée; elle provient de ce que la pression de l'air est plus grande au-dessous qu'au dessus du boulet. Déviation horizontale, déviation qui dépend du sens de l'hélice de l'arme; dans le sens habituel, elle est de gauche à droite pour un observateur placé derrière le canon. Il Terme d'astronomie. La quantité dont une lunette méridienne ou un quart de cercle mural s'écarte du plan méridien. || 2" Direction vicieuse que prennent certaines parties. Déviation de la colonne vertébrale. || Déviation du sang ou de la bile , passage de ces humeurs dans des vaisseaux qui ne leur sont pas destinés. || 3° Fig. Écart moral. Une déviation de principes. || Il se dit, en histoire philosophique, des écarts que subit le développement de la civilisation.

— ÉTYM. Dévier.

t DÉVIDAGE (dé-vi-da-j'), s. m. Action de dévider, démettre, d'appliquer sur le dévidoir.

— ÉTYM. Dévider.

DÉVIDÉ, ÉE (dé-vi-dé, dée), part, passé. Mis en écheveau ou en peloton. De la soie dévidée. || Fig. C'est à toi que je dois ces jours Qui, dévidés d'or et de soie. Entre l'indolence et la joie N'auront plus qu'un paisible cours, cuauueu, Vt'picurien.

DÉVIDER (dé-vi-dé), i>. a. || !• Mettre en écheveau, au moyen du dévidoir, le fil qui est sur le fuseau. Il Mettre en peloton ce qui est en écheveau. Il 2° Poétiquement. Dévide aux ans de leur dauphin Un bonheur qui n'a point de fin, malii. u, 3. Les Parques d'une même soie Ne dévident pas tous nos jours. ID. ui, 4. Il 3» Par extension, faire passer entre ses doigts. C'est l'aveugle que guide Le mur accoutumé. Le mendiant timide Et dont la main dévi'le Son rosaire enfumé, lamart. Harm. m , 1 0. {| i* Fig.

Expliquer, débrouiller Qui dévid&t mieux un

cas de conscience, Régnier, Sat. x. Votre monsieur a très-bien dévidé mon esprit, sËv. 60. Nous dévidons beaucoup de chapitres, id. 363. Nous ap-

DEV

pelons cela dévider taotêt une chose, tantAt une autre, id. 6«9. || 6' F. n. Terme de manège. Un cheval dévide quand, en marchant des deux pistes, les épaules vont trop vite et que sa croupe ne suit pas. Il 6* Se dévider, «. réft. Etre dévidé. Cette soie se dévide très-bien.

— HIST. xiii* s. Qui que tisse, chascuns desvuide. Fabliaux mss. t. m, ^ «4, dans lacdrne. Quiconques veut estre fillaresse de soie à grans fuiseaus i Paris, c'est à savoir desvuidier, filer, doubler et recordre.... Lit. des met. 80. Rimer me covient de cest monde. Qui de tout bien se vuide et monde; Por ce que de tout bien se vuide ; Diex soloit tlstre [tisser] et or desvuide; Par tens li ert faillie traime, RUTEB. 226. Tu qui contre eulx ne fines de ton venin vuidier. Ne sez, espoir, leur texte jnsiju'au vif desvuidier. Et pour ce te devroies d'eux blasmer refroidier, i. de meung. Test. se. La femme qui file au touret. Quant pour vendre desvide. Du meilleur filé dessus met. Dit des peintres. || xvi* s. Ils avoieot eventré 4 6 ou 46 corps morts des Bourguignons, et devidoient leurs trippes comme trippiers i la nriere, CARL. IV, 32. Voilà une partie des difficiilté.s qui m'ont esté mises en avant, lesquelles, amy lecteur, tu dévideras, si c'est ton plaisir d'en prendre la peine. Contes de cuouêbes, ^ 2«i, dans lacubne. Il n'est que de trouver De bout du fil, on en desvide tant qu'on veult, mont, iv, 480.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et vide (comme montre l'ancienne forme des-vuider, vide s'étant écrit vuide); dévider, c'est rendre vide le fuseau. Cette étymologie est acceptable à condition qu'on prendra le préfixe dé.... avec le sens augmentatif. Mais voyez à DÉVIDOIR ces forme.s-ci d'Eusl. Deschamps: desvodoir, desvondoir; elles ne s'accommodent guère de vider, et elbs font penser à vinder ou guinder, de l'allemand winden, enrouler, d'où detinder ou dévider, dérouler; ce qui serait satisfaisant pour le sens.

DËVIDECR, EDSE (dé-vi-deur, deû-z"), x. m. et f. Celui, celle qui dévide. Que les maîtres, ouvriers travaillant à façon, et devideuses, seront tenus de montrer.... aux dits marchands.... les soies qu'ils auront reçues pour ouvrer ou dévider. Statut! des marchands de draps d'or, 9 juillet 4667, art. »».

— ÉT^TH. Dévider.

DÉVIDOIR (dé-vi-doir), (. m. || 1* Instrument pour

dévider. || 2" Nom vulgaire d'une coquille du genre des arches. C'est i'arche bistournée.

— HIST. xv s. Or a fiUé [filet] , or a serans, Desvodoirs et petiz et grans, e. desch. Poésies mss. P" BI3, dans LACUBNE. D'aguilles, canoulle [quenouille] et fuseaux. De desvondoirs, de buretteaux, ib. t" 64 4. ||xvi*s. De la façon des fourneaux, des bassins, <iîs roues ou tours, nommés à Paris desvidoirs, et à Tours guindres, o. r>E serres, 494.

— ÉTYM. Dévider; Berry, déiidoué.

DÉVIÉ, ÉE (dé-vi-é, ée), part. pa<;sé. Qui a perdu

sa direction, sa rectitude. La colonne vertébrale déviée. Il Terme de botanique. Feuille déviée, feuille dont la face supérieure n'est pas tournée vers le ciel.

DÉVIER (dé-vi-é), je déviais, nous déviions, vous déviiez; que je dévie, que nous déviions, que vous déviiez. || 1* F. n. Se détourner ou être détourné de sa direction. Dévier de son chemin. Vous dont le char dévie Après un cours heureux, bêrano. Roger Boni. Il Fig. Il n'a jamais dévié des principes de la justice. Il 2° V. a. Ôter la rectitude. Une attitude vicieuse peut à la longue dévier la colonne vertébrale. Il 3' Se dévier, v. réft. Sortir de la rectitude. La colonne vertébrale se dévie par différentes causes. Sa taille se dévie, il devient contrefait.

— HIST. III* s. Les autres devriez mener e aveier, E vus les faites tuz chair [choir] e trebuchier; Nis [même] le rei del pais faites vus desveier. Th. le mari. 28. || iiv s. En tele manière que tu dévies et valses [ailles] hors de vérité, oresme, Eth. 463.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. desviar; ital. ditviare; du latin detiare, de la préposition de, et via, voie. U y avait aussi, dans l'ancien français, un dévier,qn\ signifiait mourir et qui venait de de, etvifa, vie.

t DÊVIGOGNER (dé-vi-go-gné). Hl'F.a. Dégauchir, déformer. || 2' F. n. Terme de marine. Être en mauvais état, en parlant des câbles, des mits, etc. ■ Il Inusité. ■

DEVIN, INE (de-vin , vi-n'), s. m. et f. || !• Celui, celle qui prétend découvrir ce qui est caché, soit dans le passé, soit dans le présent, soit dans l'avenir. Moi, devine! on se moque; Ehl messieurs, sais-jelire? la pont. Fabl. vu, 4 6. Entre tous les de vins fameux dans la Chaldêe.... bac. Esth.u, 4. J'ai

DEV

DEV

DÉV

des savants devins entendu la réponse, ID. t6. m, t. Ne consultez point les devins, de peur de vous souiller en vous adres^anlà eux, saci, Bible, Lévit. xix, 3i. Il envoya des ambassadeurs à Balaarn, fils de Beor, qui était un devin et qui demeurait près du fleuve du pays des enfants d'Amraon, id. ib. Nomb. xxu,

j 8. Il Fig. Je ne suis pas devin, c'est-à-dire je ne pouvais prévoir cela, et aussi je ne comprends pas ce qu'on veut dire. || Pour le féminin devineresse, plus usité que devine, voy. devineuh. || 2° Le devin, ou,

j adjectivement, le serpent devin, un des noms vulgaires du boa constricteur (ophidiens). || Nom de plusieurs espèces d'insectes du genre mante (orthoptères). Il Proverbe. Il ne faut pas aller au devin pour en être instruit, se dit en parlant d'une chose qui est assez connue.

— SYN. DEVIN, PROPHÈTE. Le prophète prédit ce qui doit arriver, grSce & des communications surnaturelles qu'il a avec la divinité. Le devin, qui nonseulement prédit l'avenir, mais encore découvre ce qui est caché, doit sa prétendue connaissance aux sciences occultes et à tous les procédés divinatoires qu'a imaginés la superstition ou la supercherie.

— HIST. xm* s. Seignor, ce dient li devin, Il est escrit en parchemin Que cil a sovent mau matin Qui près de lui a raau voisin, Ren. 7383. si sunt devin qui vont par terre. Quant il preeschent por acquerre Honors ou grâces, ou richeces.... la Rose, 5H7. Il XV" s. Donc il est devin? dis-je, ou il a des messagers qui chevauchent de nuit avecque le vent? FBOiss. II, III, 22. Sans aller parler au devin, L'ung prist ce pasté de façon. L'autre emporta ung broc de vin, VILLON, Repue de Montfaucon. || xvi* s. Certains pronostiqueurs et faulx devins l'avoieut abusé de vaine espérance, amyot, Cicéron, 20. Poètes, peintres, pelegrins, à faire et dire valent devins, OÊNIN, Récréai, t. ii, p. 247. Par la dislocation que les passions apportent à nostre raison, nous devenons vertueux; par son exstirpalion , que la fureur ou l'image de la mort apporte, nous devenons prophètes et devins, mont, ii, 327.

— ÉTYM. Provenç. devin, devi, devin; devina, devineresse; ano. espagn. devino; du latin divinus, celui qui a des clartés divines, surhumaines (voy. ■^ivin).

+ DEVINABLE (de-vi-na-bl') , adj. Qu'on peut deviner, facile à deviner.

— ÉTYM. Deviner.

t REVINAILLE (dé-vi-nâ-ll' , Il mouillées), *. f. Art ou profession de devin. Il faut en devinaille être maître Gonin, Régnier, Sat. x. || Terme vieilli et qui ne se dirait plus qu'en plai autant ou pour railler.

— HIST. XII' s. La gent Herbert ne sont mie frapaille; Il t'ociront, c'en est la devinaille, Raoul de C. 43. Il xiii's. Renart respont: c'est devitiaille, Bien verron à la definaille. Lequel que soit plus deceU, Ren. 14885.

ÉTYM Lat. divinacula, xà |j.avTeîa, dans un texte du VI' siècle; voy. Rev. critique, 28 mai )870,p. 346.

DEVINÉ, ÊE(de-vi-né, née), part, posse. || 1° Découvert par l'art du devin. Un événement deviné et prédit fortuitement. 1| i' Pénétré par le raisonnement. Un secret deviné. Des desseins devinés et traversés. || 3° Dont on trouve le mot Une énigme devinée.

t BEVINEMENT (de-vi-ne-man) , t. m. Action de deviner.

— HIST. xn* s. Pur ço comandad Saul que l'om li quesist une femme qui seûst de sorcerie, que par son devinement seûst corne la bataille se prendreit, Rois, p. <09. || xvi' s. C'est une bien grande folie, si leur devinement les trompa, de recourir à la fortune, calt/. Inslit.iii. Devinemens, arts magiques, necromantie, m. ib. 8{5.

— ÉTYM. Deviner; provenç. devinamen, avec la sens de médisance ; ital. divinamento.

DEVINER (de-vi-né), ». a. || !• Découvrir par des procédés surnaturels ce qui est caché dans le passé, le présent ou l'avenir. Le devin ne put deviner où le trésor était caché, ni quel avait été le voleur. Il Absolument. Pratiquer l'aride deviner. Un homme qui se mêle de deviner, pasg. Prov. 8, La coupe que vous avez dérobée est celle dans laquelle mon seigneur boit, et dont il se sert pour deviner , saci , Bible, Genèse, xnv, B. || i' par extension, interpréter, discerner par voie deconjecture.il reconnut ou devina votre écriture en voyant le dessus, et je ne niai pas que c'en fût, voit. Lett. 23. Je reviens à Pompée, et pense deviner Quels motifs jusqu'ici peuvent nous l'amener, corn. Sertor. i, a. Je connais tes détours et devine tes ruses, id. le Vent, u, 3. Les politiques ne se mêlent plus de deviner sesdes- •eini [de Louis XIV]; quand il marche, tout se croit

DICT. DK I.A LANGUE FRANCAISS.

également menacé, boss. Marie-Thér. Apprends! qu'on devine Dans ces rustiques lieux ton illustre origine, volt. Sctjthes, 1, 3. On n'avait jamais fait en France de dénombrement [sous Charles IX] ;on était trop ignorant pour soupçonner seulement qu'on pût deviner le nombredes habitants par celuidesnaissancesetdesmorts, ID. /)ioi. XXIV, I" entr. Exemple remarquable des erreurs auxquelles on s'expose en cherchant à deviner les lois de la nature par les vues qu'on lui suppose, laplace, Expos, m, B. |{ Absolument. Quoi que vous me cachiez, aisément je devine , corn. Rodng. i , B. Devine si tu peux , et choisis si tu l'oses, ID. Héracl. iv, B. Qui devine est souvent sujet à se méprendre, id. Suréna, iv, 3. Il 3° Trouver le mot. Deviner une énigme, une charade, un logogriphe. || C'est une énigme à deviner, se dit de ce qui est obscur. || Je vous le donne à deviner en dix, en cent, se dit d'une chose tout à fait inattendue, improbable, et que la personne à qui l'on parle ne s'imaginera sans doute jamais. || Familièrement. Il faut toujours le deviner, se dit de quelqu'un qui parle ou écrit avec obscurité. {| Devinez le reste, c'est-à-dire ce qu'il reste à vous apprendre peut se conjecturer sans peine. || On dit dans un sens analogue, vous devinez le reste. || Je vous le laisse à deviner, vous n'aurez aucune peine à deviner de qui ou de quoi il s'agit. Je ne connais au monde qu'un seul homme qui, arrivant en ce moment à Paris, eAl partagé avecM.de Voltaire l'enthousiasme et l'admiration publique, et cet homme, sire, je vous le laisse à deviner, d'alemb. Lett. au roi de Prusse , t" juillet (778. Il Deviner les fêtes quand elles sont venues, dire des choses que tout le monde sait. Il 4° Se deviner, v. réfl. Être deviné. Cela se devine aisément. || Se pressentir l'un l'autre. Ces deux Ames s'étaient devinées. Les mêmes mots sont rarement synonymes d'eux-mêmes; ils présentent divers sens selon qu'on les applique; on se devine plus qu'on ne s'entend dans la conversation, tur- GOT, Ébauche du 2' dise. Progrès de J'e.tprtt humain, p. 259.

— HIST. xii* s. Vos prouesses, vos bonnes mains Ont deux fois vaincu les Romains, Kt sachiez que mes cuer devine Que encore hui les vainquerois [vaincrez], Roman du Brut, ms. f 04, dans la- CLHNE. Qui devinent, ains qu'il puist avenir, Les biens d'amour, Diei les puist maleîr, Coud, xix.

Il xiii' s On devine plus sovent De çou [ce] c'on

a millior talent [qu'on désire le mieux] , Poésies mss. t. III, p. t02B, dans LACUBNE. On va jà dieuant c'on veut faire abeesse De le [la] feme Alissandre, le [la] suer dame mairesse, Por çou [ce] qu'en li n'a point ne barat ne cafarde, ib. t. iv, p. <333. Onkes crestienté ne rechut si grant damage comme elle rechevrahui cest jour, si comme mes cuers le me devine, Chr. de Rains, 20B. Dont [elles] sorent bien, sans deviner. Le terme de lor enfanter, FI. et Bl. tat. Il xiV s. U semble que tous ceulz qui diffinissent vertu divinent ou sentent ciucunement que vertu est tel habit qui est selon prudence, oresmb, Eth. (89 Il XVI' s. Les âmes, dans le sommeil, divinent, prognostiquent et voyent des choses que.... mont, il, 269. C'est à deviner, si la constance s'y feust trouvée, ID. n, 384. Celuy qui n'a pas remply sa force, il vous laisse [à] deviner s'il a encores de la force au delà, ID. IV, 48. L'art de deviner les choses à advenir, AMTOT, Nicias et Crass. 8. Où sont les trépieds de Clare, Lei devinoirs de Patare, Où tu devines de loing? BAÏP, Œuvres, 1° 28, dans lacurnb.

— ÉTYM. Devin; bourguig. devenay; provenç. devxnar; ano. espagn. divinar; ital. divinare. On remarquera l'ancienne forme dieuer.

DEVINERESSE (de-vi-ne-rà-s' ) , *. f. Voy. devi-

NEIIR.

DEVINEUR, BRESSE (de-vi-neur, ne-rè-s'), s. m. et f. Il i° Celui, celle qui a la prétention de deviner. Les devineresses, titre de la fable. La Font. VII, là. (La Fontaine a dans la fable elle-même, devineuse et non devineresse). Jeanne d'Arc fut qualifiée de superstitieuse, devineresse du diable, VOLT. Mœurs, 80. || Il y a aussi le féminin devineuse. Chez la devineuse on courait Pour se faire annoncer ce que l'on désirait, la font. Fabl. vu, IB. Il 2° Fig. et familièrement, celui qui juge par voie de conjecture. Quel devineuri || En ce sens, le féminin est devineuse, non devineresse. On dira aussi une devineuse, non une devineresse, en parlant de charades, d'énigmes, etc.

— HIST. iiii' s. Car il sont bon devineour Tout cil qui aiment par amour, FI. et Bl. 337. || iiv' s. Si come feindre estre bon médecin et estre sage divineeur,ORESME,£th. )35. || xvi* s. Sa femme estoit davinsresse, autot, Crats. li.

— ÉTYM. Bfïincr; bourguig. devifjnour; provenç. devinaire, deiinadur,- ital. dirtnatore. Dans le provençal devinaire est le nominatif, d'un bas-latin dtvinàlor ; devinador est le régime, de dirinatfirem ; dans le français les formes pariillMes sont devinere et devineor. Devin ne peut donner devineresse, mais devineur le donne, comme demandeur, demanderesse , chasseur , chasseresse. Ces noms ont sou« vent un double féminin : demandeur, demanileuM et demanderesse.

t DÉVIRAGE (dé-vi-ra-i'), s. m. Terme de marine. Action de dévirer. |{ État d'une pièce de bois dont tous les points d'une même face ne sont pas situés dans le même plan. Cette pièce adu dévirage. On dit aussi dévirance.

— ÉTYM. Dévirer.

tDÉVIROR (dé-vi-ré), v. a. Terme de marine. Détourner un cabestan, pour donner du mou à un cordage qu'on avait roidi en virant. Dévirer une manœuvre, la faire tourner sur son axe dans le sens opposé à son commetlage. || Terme de construction navale. Donner du rendement à des pièces de bois.

— f.TYM. Dé.... préfixe, et virer.

t DÉVIRGINER (dé-vir-ji-né), v. a. Latinisme. Oter la virginité.

— ÉTYM. Lat. devirginare, de de, et virgo, vierge.

t DÉVIRGINEUR (dé-vir-ji-neur), s. m. Celui qui 6te la virginité. On les nommait les trois dévirgineurs, vers cité dans bescherelle. J| Adj. [le merle blanc] Comme il parlait, entre dans la cuisine, Et le vieillard saisit sa carabine Pour ajuster l'oiseau dévirgineur, baour-lormian, dans bescherelle.

t DÉVIROLAGE (dé-vi-ro-la-j') ou DÉVIROLE- MENT (dé-vi-ro-le-mah), s. m. Action de déviroler les pièces nouvellement frappées.

t DÉVIROLER (dé-vi-ro-lé), ». o. Retirer delà virole les flans qui ont été frappés par le coin.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et virole.

DEVIS (de-vi; Vs se lie : un de-vi-z important), *. m. Il 1° Description des travaux qu'on doit exécuter pour laconstructiond'un bâtiment, avec l'estimation des dépenses. Faire un devis. Les dépenses vont presque toujours au delà des devis. || Terme de jurisprudence. Devis et marché, acte par lequel sont réglés la forme, le poids, la mesure, la quantité, la quotité et le prix d'un ouvrage, et les obligations respectives de celui qui fait faire-l'ouvrage et de celui qui l'entreprend, jj 2" Menus propos, entretien familier. De joyeux devis. Qui plus suffisamment entrant sur le devis, Régnier, Sat, x. Un jour qu'ils étaient en devis, la font. Rich. Tuez-vous donc vite ; ah! que de longs devis, mol. VÉt. u, 7.

— HIST. XII' s. Car j'ai esté longtemps à son devis [à son service] , Et serai mais tant com je serai vis [vivant]. Coud, p. 124. Or est l'amors coneUe et provée; D'oren avant [je] serai à vos devis, qles- NES, Romancero, p. <07. Herupois sont mandé pour voir le vos devis, Sax. xiiv. Nous en ferons justice tout à nostre devis, ib. xxvi. || xiii' s. Trop par fu bien fet le chastel, Onques nus hons ne vit si bel. Or vos en ferai le devis [la description], Ren. 21999. Qui autel vie avoir porroit. De mieudre bien se sofferroit [se passerait] , Qu'il n'est nul greigiior paradis Qu'avoir amie à son devis, la Rose, I308. Ce ne pot estre fet ne par devis ne par testament, beaum. Lxx, 8. Et estoit contenus en son testament, que ses devis fust paies de ses cozes, id. xii, 2. ||xv"s. Après cesdevis [propos] je prins congé d'eux, comm. viii, 7. Il oyoit les bons devis [propos] qui à cette cause se faisoient, louis xi, Nouv. lxxiii. Assez s'en doutoit, attendu le regard, devis et esbattement qu'il avoit vu entre eux deux, id. ib. lxxvi.||xvi' s. Octroyez moidefunder une abbaye à mon deviz [à mon gré], RAB. Car. i, 62. Sa leçon se fera tantost par devis [causerie], tantost par livre, mont. i, (74. Je choisirois plus tost de sçavoir auvray les devis qu'il tenoit en sa tente à quelqu'un de ses privez amis, la veille d'une bataille, que les propos qu'il teint le lendemain à son armée, m. u, <07. De bons et graves devis, amyot, Lyc. 19. Quant à'I'Odeon, on dit que Pendes en bailla le devis et l'ordonnance, ID. Péricl. 29. La maçonnerye cy après declairée, selon le divis et ordonnance à eulx faicte par le dit maistre maçon, Marché fait, Bibl. de l'École des Chartes, *• série, t. m, p. «3.

— ÉTYM. Provenç. devis; ital. dmso; du latin dieiîum, divisé : proprement, chose divisée , division, de là choix, gré, propos.

DÉVISAGÉ, ÊE (dé-vi-za-jé, jée), part, passé. Dévisagé à coups d'ongles.

DÉVISAGER (dé-vi-za-jé. Le g prend un e devant a et o; nous dévisageons, je dévisageais), ». a.

'. — l'iS

lias

DEV

1 1* Déchirer le visage avec les ongles ou les griffés. Prenez garde lie vous faire dévisager par ce chat. Je vais chercher le chevalier, madame, et je le dérisage ii si jeletrourc, nANCOUHT, Chevalier à la mode, m. H. Vous n'entrerez pas, monsieur, je vous as&ure;je ne souffrirai pas que vousalliez vous Taire dévisager, lesaok, Crispin rival, se. 17. || Fig. Je ne suis point du tout pour ces prudes sauvages Dont l'honneur est armé de grilles et de dents Et veut au moindre mot dévisager les gens, hol. Tart, IV, t. Mais sa muse [de hoileau] a toujours quelque malignité. Et, vous caressant d'un côté. Vous Oé- Tisageialt de l'autre, chaulieu, Ép. d'Hamilton. Il ï" Populairement. Dévisager quelqu'un, faire effort pour reconnaître les traits dequelqu'uii. Il était là à me dévisager, j'étais pourtant bien sûrde ne le pas connaître. Il 3* Se dévisager, t. réfl. Se déchirer le visage l'un à l'autre. Ces deux furies se sont dévisagées. Il Populairement. Chercher à se reconnaître l'un l'autre.

— HiST. xvi* 8. Chevau légers estropiés, canonniers jambes de bois, petardiers dévisagés.... d'adb. Conf. I, v. J'eus la hebvre quarte, quatre ou cinq JQois, qui m'avoit tout desvisagé, mont, jv, 28t.

— Ktym. Dé.... préfixe, et visage.

DEVISE (de-vi-z'),i. f. \\ l' Terme de blason. Division de quelque pièce honorable de l'écu. Ainsi une fasce qui n'a que le tiers de sa largeur commune est une fasce en devise. {| Division utant le sens propre de ce mot , comme de diviser on passe à l'idée de tracer, dessiner, on arrive au sens qui suit. Il 2* Figure eml)lématique avec quelque sentence concise qui l'explique. J'ai vu une devise qui me conviendrait assez; c'est un arbre sec et comme mort, et autour ces paroles : Fin che sol ri'fnrni (jusqu'à ce que le soleil revienne), sitv. Lett. 13 déc. 4676. Voilà leurs boucliers, leurs lances, leurs devises, volt. Tanrr. ni, t. || Le corps de la devise, la figure. Il L'âme de la devise, la sentence. ||Les devises des armoiries se mettent dans des listons autour de l'écu, ou en cimier, et quelquefois aux cAtés ou audessous. Les devises des ordres se mettent sur les colliers. || 8° Petite phrase, ou sentence qui n'est quelquefois composée que d'un mot, pour signifier quelque qualité qu'on attribue aux choses ou aux personnes. Le trépas vient tout guérir; Mais ne bougeons d'où nous sommes; Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes, la font. Fabl. I, 46. Diversité c'est ma devise, ID. Pdié. Fais ce que voudras est la devise d'ici, sàv. 480. Il prit pour sa devise : malheur est bon à qielque chose, VOLT. Ingénu, 20. Hier encore ne disiez-vous pas : vivre obscur et près d'elle? — Aujourd'hui la devise me semble trop champêtre, CH. de bernahd, un Homme sérieux, § xviii. || Devise républicaine, devise de la première république qui était : liberté, fraternité, ou la mort. Liberté, ordre public, était la devise du gouvernement de Louis-Philippe. || Devise de bonbons, petit papier contenant un dicton en vers ou en prose et dont on envelopp»? les bonbons Les bonbons mômes qui sont enveloppés dans la devise. Il 4* En sculpture . la devise est un ornement en bas-relief, qui est composé de ligures et de paroles

— HIST. XI" s. Si'n face la justice [qu'il en fasse la justice] à la primeredevise [façon! , Lois de Guill. 6. Sire, ce dist Girarz, or oez [oyez] ma devise [discours]. .. Sax. xxiu. En dous [deux] ordres de gentest faite saint iglise; Del pueple e del clergié, ele est faite e asise, E par dreit aûnie [réunie] est en ceste divise. Th. le mart. 7». || mi' s. Se ele est d'amour esprise, Malement lui est membre (souvenu] Comment j'ai à sa devise Sans nul contredit esté, aub. DE SEZANNE, Romanc. p. 426. Lors parlèrent Ii evesques et li clergiés au peuple, et leur monstrerent qu'il fussent confès et feist chascuns d'aus [eux] sa devise, viueu. lii. Li quens JofTrois del Perche s'acoucha de maladie, et fist sa devise [testament] en tel manière que il commanda.... id. ixix. La maladie li enforsa si durement qu'il Hst sa devise [partage) et départi ce qu'il devoit porter outre mer à SCS Homes, id. xxii. Blanche [elle] fu et vermeille et plaisans à devùse, Berte, vi. Afuhlé un mantel, grant en fut la devise [l'ornemeiil], ib. zxxi. Maintenant li vilain se lieve. Si a fait tout il sa devise, Aen. 63116. Tant ai ol de vous bien dire. Que mètre veil tout à devise Cuer et cors en vostre servise, la Rose, IM7. S'ainsinc fust qu'aucuns la halst. Si cuit-ge [je pense) que de ceus feIst Ses amis par son biau servise; El por ce ot-ele à devise L'amor des povres et des riches, ib. 4i62. Bonnes [bornes) si sont unes cho-ses, qui sont fichées en la devise d'une chose, comme pierres ou pex [pieux] , et fet chascun certa'i'.paroùsoo hultag<vet,Uv.df;iw<. •o.Libaillis

dëv

ne pot fere bonnage [bornage] ne devise de l'iretage son segneur vers autrui, beauIi. 44. J'entent de bonnes [bornes] qui ont fet devises de lonc tans, lo. XXX, 27. Il XV* s. Si fit on la devise pourvoir et appareiller de tout ce qu'il fallolt, si honorablement comme à telle damoiselle, qui devoit estre roine d'Angleterre, afTeroit, rnoiss. i, l, 46. Toutes les paroles et les devises et le convenant du messager, comment il avoit esté pris devant Auberoche, et Testât de la lettre, et la nécessité de ceux de dedans furent sçues et rapportées à Bordeaux, id. i, i, 22R. Hal dit Philippe, vous me comptez trop de devises; ce sera trop tard; allez, allez à oostre logis, id. u, II, 4 8f>. Apr^^ ces devises [propos] je pris congé dudit duc de Miian, ceux, viii, 42. || xvi* s. La tierce nauf pour divise [devise] avoyt ung beau et profond hanap de pourcelaine, bab. Pant.is, t. Cède quoy plus il s'esmerveiUa, fut la multitude des lumières et flambeaux suspendus en l'air et esclairans de tous costez, si ingénieusement ordonnez et di.sposez à devises les uns en rond, les autres en quarré, que.... amtot, Anton. 32. Les devises [pr.ipos] de l'ythagoras, et les enseignemcns do Platon, ou les préceptes de Chilon, iD. Comment lire les poêles, 66. De battre et forger do la monnoio au coing de leurs armes, avec divises faictes à plaisir, carl. vi, ». ....Que ses messagers ont esté blessez par gens vestus à ma devise, M. uu bell. 487, etc.

— ÊTYM. Voy. devis; Berry, devise, subterfuge, discours; wallon, diviie, propos; provenç. detùa ; espapn. et ital. divisa.

t UEVISÉE (de-vi-zée), t. f. Conversation, entretien famiber.

— HIST. iiv* s. Porter fist en la nef tout à sa devisée [comme il le voulait] , Guescl. tsso.

— ETYM. Deviser.

DEVISER (de-vi-zé), V. n. Anciennement, arranger, disposer en divisant, puis former un plan, un devis; enfin exprimer, dire son plan, savolonté.|| Aujourd'hui, en un sens plus re.streint, et avec l'acception diminutive et familière que prennent souvent les termes archaïques, échanger avec quelqu'un de menus propos. Pourquoi ne voulez-vous pas que sur lo soir notre ami vienne deviser au logis? balz. liv. VI, lett. 6. Tout en devisant, nous voici arrivés à la ville, d'ablancourt, Lucien, t. ii, dans ricublet. C'est, monsieur, une question qui vient & propos et que je vous fais tout en devisant, Marivaux, l'Heureux stratag. m, (. C'est ainsi, ô René, qu'un ignorant sauvage devisait avec les plus grands hommes de ta vieille patrie, ciiateaub. tiatch. vi, 246. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir : lia ont longtemps devisé.

— illST. xii' s. L'haste fu grosse, ne vous sai deviser [l'exprimer], Jionc. p. 4 25. Et Pinabaux jura qiianque cil devisa [prononça], ib. p. 492. Sire, prenez en un [jugement] com m'orrez [ouïrez] deviser, ib. p. 200. Tous tems m'est li cuers en joie. Quant je sa beauté devis, Sa cheveleiire bloie. Ses blans dois Ions et traitis, Couci o. 420. ||xin*s. Or a la bêle Idoine quanque se» i:uers ilevise [désire], AODEFH. LE BAST. Homancefo. p. l'J. Einsi comme il devisèrent [décidèrent] fu fait, villeh. xlix. Et, se il te vnelleQt aidier, tu feras quaoques il deviseront de bouche; et espoir il leur en prendra pitié, ID. xLii. Et briement la matière esponilre et deviser, Berte, m. Tout droit à celui tems que je ci vous devis, ib. v. La traïson [ils] devisent entre eus trois à loisir, ib. xili. Ainsi ont no ministre cest ordre [monastique] devisé [réglé], ib. xlv. [Je] Ne sauroie pas tout deviser tire à tire, ib. lxiv. Puis qu'ainsi est la chose et venue et alée Et que ele meismes la vous a devisée, t6. cxv. Les armes [blason] qu'il portèrent, h rois les devisa [composa], tb. cxxii. Ensi come il fu devis, et ensi fu fait, Chr. de Rains, 86. Et li chevaliers en son testament ordena et devisa qu'on preist le devis de son testament sor le bois, BEAUX, xxvii, 43. Encore pot on fere procureur, li quixn'ara povoir fors de ce qui sera fait en le [la] jornée, se le [la] procuration le devise en te'.e manière, ID. ib. 78. Les seremens que les amiraus [émirs] dévoient fere au roy furent devisez [rédigés] et furent tiex [tels].... jomv. >46.Se nous le faisons ainsinc, nostre sire nous donra plus de bien en cest siècle et en l'autre, que nous ne saurions deviser, ID. 496. De la bouche fu il si sobre, que onques jour de ma vie je ne li oy deviser [demander] nulles viandes, id. i93. || xv* s. Celui [Artevelle] esloit entré en si grand fortune et en si grand grâce à tous les Flamands, que c'esioit tout fait et bien fait quant qu'il vouloit deviser et commander par tout Flandre, FBOlss. i, i, 66. Jean Pruniaiu estoit banni de G.iQd «I de Flaadre; pour c«, estoit-il deMïé|

DÉV

[énoncé] en son bannissement, qu'il eitoit allé prendre Audenarde sans le sçu de ceux de Gand, lo. ii, II, 62. Ce temps pendant [Edouard i Amiens] eut mainte parolle et ordonnance faite et devisée, id. I, I. 62. Et luy commanda aller ta.ster aux gens dessusditz veoir s'ilz o'avoient point de brigandiaes soubz leurs robbes, et qu'il le list comme en se devisant k eulx sans trop en faire de semblant, cohm. VI, 12. Et puis [Charles VIII] regarda longtemps les joueurs et devisnit à tout le monde, ID. vin, 48. Boire et manger largement du souper de ceux qui, entretemps, au lit se devisoient [causaient], à son grand préjudice, louis xi, JV' un. I. Elle divisoit avec lui de cent mille besognes, ID. ib. ixiii. Et fut heure de souper et ne se rattclerent point au deviser , tant qu'ils furent au lit couchés , id. ib. xxvi. |l XVI* s. M. de Soissoni est parti, qui a porté à Mme la mareschalle une bonne lettre du roy, que lui mesme a devisée [d.ctée], maro. Lett. 4 23. Tant que vous et madame avez esté icy, je prenois plus de plaisir à vous ouir deviser de ce lieu que de le regarder, ID. ib. Liv. Ceux qui aymeiit le vin, deviseront [causeront] de l>oire, diibeu.. vi, i, recto. Bref il est si poltron, pour bien le deviser. Que depuis quatre mois, qu'en ma chambre il demeure. Son umbre seulement me fait poltronniser, id. vi, 48, verso. Je devisois si cette façon d'aller tout nud est l'originelle, mont, i, i68. Une dame estraogere divisant avec elle luydid, amvot, I yc. il, 6. Ces galères avoient esté tr^ bien failles et devisées par Themistocles , tant pour cingler légèrement , que pour tournoyer facilement, id. Cimon, 49.

—.ETYM. Devis oa devise (dans le sens ancien); génev. et Berry. diviser; provenç. etanc. espaga. derisar; Ital. divisare.

DÉVISSÉ, £e (dé-ri-sé, sée), part. f>aui. Une plaque de fer dévissé».

t DËVISSEMENT (dé-vi-se-man), t. m. Action de dévisser.

DÉVISSER (dé-vi-.'^é), v. a || 1* ôter la vis ou les vis qui fixent une chose. |{ S* Séparer une chose adaptée à une autre avec des vis. Dévisser la serrure. Il Se dévisser, v. réfl. Cesser d'fitre vissé. Cela se dévisse sans peine.

— ETYM. Dé.... préfixe, et nt.

t PÉVITRIFIABLK (dé-vi-tri-fi-a-br), adj. Terme de chimie. Qui peut Aire déviirifié.

t DÉ VITRIFICATION (dé vi-tri-fi-ka-sion), i. f Ternie de chimie. Action de dévitrifier; résultat de cette action. La dévitrification n'est autre chose qu'une cristallisation, poornet, Acad. des se. Comptes rendus, t. un, p. 4 80.

t DÉVITRIFIER (dé-vi-tri-fi-A), V. a. Terme de chimie. Détruire l'état de vitrification d'une substance. Il Faire perdre l'apparence de verre. Les verres dévitrifiés selon le procédé de Réaumur sont plus durs, plus denses, meilleurs conducteurs de l'électricité et du calorique que la masse non dévitrifiée, roOKKKr , Acad. des se. Comptes rendus, t.Llu,p. 4M.

— ETYM. Dé.... préfixe, et tniri/îer.

DÉVOIEMENT (dé-»oi-man), s. m. || 1* Terme

d'architecture. Action de dévoyer, d'Incliner un ■uyau de cheminée ou de descente. || Terme de marine. Position de certains couples dans lesquels le plan des branches n'est pas perpendiculaire i la quille. Il 8* Êlat du corps qui est dévoyé, flux de ventre, déjections alvines liquides. Il était incommodé d'un dévoiement, sëv. 4 48. H. de Beauvillier se crevait de quinquina pour arrêter une fièvre opiniâtre accompagnée d'un fâcheux dévoiement, stsiM. 83, 89. Un dévoiement rend souvent un homme pusillanime, volt. Oreilles, 7. |{ Fig. I,e duc d'Orléans, dont la facilité se pouvait appeler un dévoiement, accorda les honneurs du Louvre à Dangeau,

— HIST. zvi* s. Estant tombée en un grand desvoyement d'estomacb [vomissement] et fiebvre, MONT. I, 404. Il luy prit tout soudain une resverie et un desvoyement d'entendement, auquel il mourut trois jours après, ahyot, P. £m. 62.

— ETYM. Dévoyer.

DÉVOILÉ, ÉE ^dé-voi-lé, lée). pari. paM^.|| 1* Dont on a été le voile. La statue d'Isis dévoilée par une main téméraire. || Religieuse dévoilée, religieuse qui a quitté le voile. || S* Pur extension, découvert. Les imagesdes saints sont dévoilées, le feu nouveau est béni devant l'autel, chateaub. Jfart. ii, 4 69. Du Saint des Saints ému les feux se découvrirent. Tous les cieux uu moment brillèrent dévoilés, v. Huoo, OiI«i, I, 6. Il 8* Fig. Porté k la connaissance. Un mystère dévoilé. Leurs intrigues sont dévoilées. Eh bien 1 k vos regards mon &im wt dévoilée, roLT. M. de Cet. m, a.

DEV

DÊVOItratENT (dé-Toi-le-man),!. m. || l'Action dedévoiler. Le dévoilement de figures qui étaient couvertes. H Fig. Le dévoilement des figures de l'Ancien Testament. || %' Action de porter à la connaissance. On verra dans la suite combien cette digression est nécessaire pour l'éclaircissement et le dévoilement de ce qui se présentera à raconter, st-sim. 177, H 3.

— Etym. Dévoiler.

DÉVOILER (dé-voi-lé), V. a. || 1* Découvrir en levant, en fitantun voile. Dévoiler une femme, une statue. Il Montrer sans voile , sans rien qui cache. La nature, pendant la nuit, en dévoile |de secrètes beautés] k son amant, Bernard, de st-pierre. Chaumière t'nd. Il Fig. Dévoiler une religieuse, la relever de ses vœux. Il 2" Découvrir c« qui était secret. Et ce fameux secret vient d'être dévoilé, moi.. D. Gare, v, 8. Cessons de nous troubler; notre Dieu (|uelque jour Déioilera ce grand mystère, hac. Alhal. ni, 8. Hélénus nous a dévoilé l'avenir, fén. Tél. xv. Pour ne pas dévoiler l'iniquité des subalternes, mass. Car. Prosp. Le temps voile et dévoile tout, imbert. Jaloux sans amour, v, (6. Dévoiler la honte d'un père, ce serait un crime, beaumarch. Ifère coup. II, 20. Il 3* Se dévoiler, v. réfl. ôter, relever son voile. Il Fig. J'ignore si de Dieu l'ange se dévoilant Est venu lui montrer un glaive étincelant, rac. Athal. II, 2. Il 4° Être porté à la connaissance. Le mystère se dévoile. || Se découvrir, se trahir. Us se sont dévoilés en faisant cette démarche. || Apparaître. Un autre monde se dévoilait à nos regards, J. J. Houss. dans le Dt'ct. de poitevin.

— lllST. XVI' s. Nos religieuses qui se sont dévoilées et ont quitté leurs habits, brant. dans le Dict.

de DOCHEZ.

— ÊTVM. Dé.... préfixe, et voile.

». DEVOIR (de-voir), je dois, tu dois, il doit, nous devons, vous devez, ils doivent; je devais; je dus; je devrai; je devrais; que je doive, que tu doives, qu'il doive, que nous devions, que vous deviez, qu'ils doivent; que je dusse; devant, dû, due, v. a. Il 1* Avoir à payer une somme d'argent, ou à fournir toute autre valeur. Il doit plus qu'il ne possède. Devoir de l'argent, plusieurs journées de travail. Je dois quatre cents francs à mon marchand de vin , Un fripon qui demeure au cabaret voisin, regnard, Je Légat, iv, e. || Devoir plus d'argent qu'on n'est gros, être très-endetté. || Devoir du retour, devoir quelque argent en sus, après avoir fait un troc; et fig. Et d'autant que l'honneur m'est plus cher que la vie. D'autant plus maintenant je te dois de retour, corn. Cid, m, 8. || Absolument. 11 doit de tous côtés. Brid'oison : Mais si tu dois et que tu ne payes pas...? — Figaro : Alors, monsieur voit bien que c'est comme si je ne devais pas, beaum. Uariage, m, <3. || Devoir à Dieu et à diable, à Dieu et au monde, au tiers et au quart, devoir de l'argent à un très-grand nombre de personnes. || Fig. Devoir tribut, être obligé de se conformer à. Aux usages reçus il faut qu'on s'accommode ; Une femme surtout doit trfbut à la mode, boil. Sat. x. || Fig. et familièrement. Il m'en doit, ou je lui en dois, il m'a offensé et je m'en vengerai. C'était moi; je t'en devais , il y a bien longtemps , babon , Homme d bonnes fort, v, 8. || N'en devoir rien, n'en devoir guère, ne pas céder à, ne pas être inférieur. Sans répandre leur sang comme Pyrame et Thisbé, ils ne leur en durent guère en tendresse impétueuse, scarron, Rom. com. ii, ch. 19. Si votre majesté Est curieuse de beauté, Qu'elle fasse venir mon frère : Aux plus charmants il n'en doit guère, LA FONT. Joe. J'ai vu les beautés de la Seine, ses bords n'en doivent rien à ceux de la Loire, sÉv. 647. Il lroniqueraent.il ne lui en doit guère, il ne vaut pas mieux que lui. D'Arlincourt est venu à la cour et a dit: Voilà mon Solitaire et mes autres romans qui n'en doivent guère au Christianùme de Chateaubriand, p. L. COUR. Il, 261. Il Ils ne s'en doivent guère, se dit de gens qui ont des torts réciproques ou qui ne valent pas mieux l'un que l'autre en certaines choses Je crois, à parler à sentiments

ouverts. Que nous ne nous en devons guères, hol. Amph. Prologue. Thésée : Ne parlons plus d'amours ; sur ce cliapitre honteux , nous ne nous en devons rien [l'un à l'autre, moi et Hercule], fén. t. xix, p. )20. Il Terme de comptabilité. Doit, paroppositionàavoir, partie d'un compte établissant ce qu'une personne doitet ce qu'elle a reçu. Tenir ses comptes par doit et par avoir. || ï° Être redevable à, avoir obtenu par. Je lui dois tout. Je lui dois la place que j'occupe. On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tant; Tout ce qu'il a fait parle au moment qu'il m'approche. Et sa seule présence est un secret reproche, oork. Nicom. II, 4. L'un imite Sophocle, l'autre doit plus

DEV

à Euripide, la BRtrr. i. Si Menzikolf fit cette manœuvre de lui-même, la Russie lui dut son salut; si le czar l'ordonna, il était un digne ailversaire de Charles XII , volt. Chartes XII , ♦. Les chrétiens vous devraient une tête si chère, ID. Zaïre, ii, 2. L'un tient de moi la vie, à l'autre je la dois, id. Mt. m, 5. Si Racine doit à Tacite la belle scène entre Agrippine et son fils. Corneille doit à Sénèque celle d'Auguste et de Cinna, dider. Règne de Claude et Néron, ii, 6l. || Devoir, avec de et un verbe à l'infinitif, même sens. Nous servions dans le même régiment, dont je vous dois d'être major, beaumarch. Iférc coup. I, ». Il Devoir sedit aussi quelquefois en mauvaise part. Je lui dois tous mes maux. Il Être redevable à des choses, avoir obtenu par des choses. Fais devoir à ton roi son salut à ta perte [fais que ton roi doive son salut à ta mort], corn. Cid, m, 6. Il y a de certains grands sentiments, de certaines actions nobles et élevées, que nous devons moins à la force de notre esprit qu'à la bon lé de notre naturel, la bri/t. iv. Devrai -je au dépit qui le presse Ce que j'aurais voulu devoir à sa tendresse? volt. Brutus, m, *. Les nations avaient déjà donné à Pierre Alexiovitz le nom de grand , qu'une défaite ne pouvait lui faire perdre, parce qu'il ne le devait pas à des victoires, id. Charles îll, i. \\ En parlant de ce qui a obtenu quelque chose par une certaine circonstance. Celte colline doit son nom à tel événement. || 3" Être tenu, obligé envers. Il ne doit compte de ses actions à personne. Ne me dites plus rien; pour vous j'ai tout perdu ; Ce que je vous devais, je vous l'ai bien rendu, corn. Cid, m, «. Je vous devrai beaucoup pour un si bon office, ID. //or. iv, 2. Vous qui devez respect au moindre des Romains, ID. Pomp. m, 2. Si vous lui devez tant, ne me devez-vous rien? id. Sertor. ii, 2. Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre cœur mes soins ont cultivés, Et de payer à Dieu ce que vous lui devez, rac. Athal. iv, 2. Nous avons beaucoup moins de peine à faire plus que nous ne devons qu'à faire ce que nous devons, bouhdal. Sévérité évang. 2* avent, p. 448. Pardonne-moi, mon fils, si je trouble ton récit par les larmes que je dois à ton père, fén. Tél. xv. En un mot il [Dieu] doit à toutes ses perfections la punition du péché, mass. Car. Pass. Que pouviez-vous? hélas! — J'ai fait ce que j'ai dû, volt. Orphel. v, (. || Absolument. Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père, corn. Cid, I, fO. Ressouvenez-vous que, hors d'ici, je ne dois plus qu'à mon honneur, mol. Don Juan, m, B. Il Se devoir à soi-même, être tenu en vertu de sa propre considération. Je sais ce que je suis et ce que je me dois, corn. Don Sanche, i, (. Dieu se devait à lui-même de rendre son image heureuse, boss. Hist. II, 1. Il Je vous dois cet avis, votre intérêt me commande de vous donner cet avis. || 4° Devoir, suivi d'un verbe à l'infinitif, exprime qu'une chose arrivera infailliblement. Tous les hommes doivent mourir. || Il exprime une obligation morale. Un bon fils doit respecter son père. Si la bonne foi était exilée du reste do la terre, elle devrait se retrouver dans le cœur des rois. Parole du roi Jean. || Il marque qu'il y a une sorte de justice ou de raison à ce qu'une chose soit. On devrait planter des arbres le long de cette route. J'ai dû continuer, j'ai dû dans tout le reste.... Que sais-je enfin? j'ai dû vous être moins funeste, J'ai dû craindre du roi les dons empoisonnés, rac. Miihr. iv, 2. Le zèle de Joad n'a point dû vous surprendre, id. Athal. ii, 4. X de moindres fureurs je n'ai pas dû m'att^ndre; Voilà, voilà les cris que je craignais d'entendre, id. ib. iv, B. Un jour seul perdu devrait donc nous laisser des regrets, mille fois plus vifs et plus cuisants qu'une grande fortune manquée, mass. Car. Temps. X ces biens fugitifs votre amour doit survivre, c. delav. Paria, ii, 6. || On s'en sert pour marquer l'intention. Je dois aller demain à la campagne. || Il marque aussi un futur indéterminé. Il doit partir demain. 11 devait sortir hier. Nous devons chanter ce soir. Il doit y avoir demain une assemblée des actionnaires. Je dois prochainement recevoir de l'argent. Il Devoir exprime quelquefois une supposition. C'est lui qui doit avoir fait cela, on suppose que c'est lui qui a fait cela. Les deux accusateurs que lui-même a produits. Que pour l'assassiner je dois avoir séduits, CORN. Nicom. m, 8. || Il indique en d'autres cas une simple croyance. Et Léonce doit être incapable de crime Puisqu'il a mérité l'honneur de ton estime , ROTROU, Bélis, I, 8. Un voile ténébreux Nous dérobe le jour qui doit nous rendre heureux , L. rac. HoGrdcc, ch.i. Il Ces faits-là doivent être communs, je pense qu'ils sont communs. Des actes d'une na-

DEV

ture si sublime doivent être rares, ratnal, HisU phil. XI, 22. j/^ B" L'imparfait du subjonctif, placé erl tête de la phra.se, s'emploie dans le ïens de quand même, hussé-je être blftmé [quand même je serais bISmé ] , je vous soutiendrai. Dusses-tu y perdre de l'argent, il faut entrer dans cette affaire. Dût cela mal tourner, nous ne vous quitterons pas. Dussions -nous échouer, dussiez -vous échouer, dussent-ils échouer, nous essayerons. Dût le peuple en fureur pour ses maîtres nouveaux De mon sang odieux arroser leurs tombeaux. Dût le Parthe vengeur me trouver sans défense. Dût le ciel égaler le supplice à l'offense. Trône, à t'abandonner je ne puis consentir, corn. Rodog. v, t. Crois-moi, dût Auzanet t'assurer du succès. Abbé, n'entreprends point même un juste procès, boil. cp. ii. Dût tout cet appareil retomber sur ma tête, bac. Iphig, m, B. Dût Mme d'Acigné m'accuser d'être injuste, ou M. de Richelieu d'être ingrate , maintenon, Lett. au card. de Noailles, lo août i7oi. || 6" Sa devoir, v. réfl. Être dû , être obligatoire. Cela .se doit. Il 7° Être obligé de se consacrer à. Le sage s'accommode aux changements divers. Et l'homme généreux se doit à l'univers, brébeuf, Phars. ii. Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez, rac. Phèd. I, B. Un roi se doit à tous les hommes qu'il gouverne, FÉN. Tél. IX. Mon âme tout entière Se doit aux grands objets de ma vaste carrière, volt. Orphel. II, 8. Il Proverbes. Fais ce que dois, advienne que pourra, se dit de celui qui accomplit son devoir, sans se laisser ébranler par la pensée de ce qui peut en arriver. || Quand on doit, il faut payer ou agréer, c'gst-à-dire il faut donner à son créancier de l'argent ou du moins de bonnes paroles. || Qui nous doit, nous demande, c'est-à-dire celui dont nous avons sujet de nous plaindre nous accuse. || Il croit toujours qu'on lui en doit de reste, il n'est jamais conlent de ce qu'on fait pour lui, Dict. de l'Académie. || Il semble que Dieu lui en doive de reste, se dit d'un homme qui fait mal ou grossièrement son devoir. || Qui a terme ne doit rien, c'est-à-dire qu'on ne peut rien lui demander jusqu'au terme. || Qui doit a tort, signifie qu'il faut payer ou être condamné aux dépens. Il Va où tu peux, mourir où tu dois, se dit à celui qu'on abandonne à son sort.

— REM. 1. Les poètes du xvii» siècle et même du xviii* ont écrit je dot sans s: La mort a respecté ces jours que je te doi. Pour me donner le temps de m'acquitter vers toi, volt. Ali. ii, 2. C'est un archaïsme, dans l'ancien français, la )" personne n'ayant pas la lettre s, qui était réservée à la 2« personne (comme en latin); ce qui était mieux. L'usage irrégulier a prévalu; mais on peut du moins conserver aux poètes la faculté d'employer cet archaïsme. Il i. Vous devriez était de deux syllabes: Mais vous devriez, ma fille, en l'âge où je vous voy.... rbgnier, Sat. xm. C'est ainsi qu'on faisait de deux syllabes sanglier. C'était aussi un archaïsme, tout à fait tombé en désuétude. || 3. Marg. Bufi'et, Observ. p. 138 (en (688), dit que quelques-uns prononcent : je dais de l'argent; il dait beaucoup; et qu'il faut prononcer: je dois, il doit. C'était la prononciation normande qui n'était pas encore complètement exclue.

— HlST. IX' s. Si cum om per dreit son fradre [frèrej salvar dist [doit]. Serment.

— X* s. Chi [qui] sil [ainsi le] feent [font] cum faire lo deent [doivent], Fragm. de Valenc. p. 469.

— XI' s. Si hom occit altre, et il seit conusaunt [connaissant], et il deive faire les amendes.... Lois de Guill. ». Deûz servises et moût grant amistez, Ch. de Roi. III. En France ad Ais s'en deit bien repairer, ib. [Dieu] Le glorius que deUsse [je dusse] aorer, ib. ix. Quant [il] le dut prendre, si lui cheït à terre, ib. xxv. Li siens orgueilz le devreit bien confondre, ib. xiviii. Qui ce jugeât [décida] que doUssiez aller, ib. xxvi.

— xu' s. Bien deûst estre escoutez et oïs, Ronc. p. 24. S'en [quand même] devroie estre occis, ib. Jamais n'iert [ne sera] jor, ne me doiez [que vous ne me deviez] amer, ib. p. 3u. Bien l'avez fait, moût [je] vous en doi amer, ib. p. 33. Oncle Girart, quant pe] me dui [dus] esveiller, t6. p. )84. Ma bataille [j'jofTre, cui qu'en doie peser [à qui qu'il en doive peser, être désagréable] , ib. p. (9(. Mais à (lame de valor Doit on penser nuit et jor, Couci, i. Ore est bien raison et heure Que [je] m'i doie retorner, ib. iv. De niM souspirs que je lui doi par dete, ib. VI. Mais en cel point que dui [je dus] avoir mon don, ib. Jà nel [ne le] deûsl ne sofrir ne voloir La douce riens, qui tant est bien aprise , ih. xvii. Onques vers li [elle] [je] n'oi [n'eus] faus cuer ne volage; Si m'en devroit pour tant mieuz avenir, ti>. xix. Chascuns quatre deniers ainsi comparer doi

ll-'iO

DEV

[dut payerj, Sax. xvii. Maintenir le derons; ce ))e| témoigne et connois, ib. xviii. Se [nous] lui devons chevage,coustume ne tonlieu [impAl], ib. xxiv. Ici de Cbarlemaine [JeJ me doi ore bien taire, ib. xxxi.

— XIII* s. Il voloit aler avec eus iioi eu qu'il sembloient bien gent qui grant terre doient conquerre, vii.LEH. LX. À l'aie de Dieu fu desconfis li empereres Marchufles, et il meïsmes i dut estre pris, il. xcix. Dame, ce dist Pépins, on ne doit pas douter.... Ilerle, m. [Il] Assemble ses barons en qui se dut fier, ib. Li jors que ele dut sa voie avoir emprise, ib. VI. L'en doit bien reculer pour le plus loin saillir, ib. XIII. Il semble à s.i manière qu'ele doie Uesver [être folle], ib. xvil. Ma volonté ferez, quoi qu'il doie cousler, th. cxii. Miex me venist estre aie pendre Au jor que ge dui famé prendre, Ou«nt si cointe famé acoinlai, la Roie, 8878. Sa mère que envieillir [il] voit, Et son père qui moult ilevoit [qui avait des dettes], Bl. et Jeh. 71. Et je ne cuit que le de- '.^ndant puisse chose dire par quoi la court dée esgarder que U ne li dée respondre à cel daim qu' lors fisl.... Ass. de J.l,p. 84. Et ce qu'on dist que voirs est [est vrai] que li sires doit autant foi et loialté à son home come li bons fet à son segncur, ce doit estre entendu en tant comme cascuns est tenus li uns vers l'autre, beaum. lviii, 26. Sire, je oi [j'eus] le ceval et dui ces vingt livres; mais j'en ai fet plain paiement, 10. IX, (. Hane: Gestes ont cent diables ou tors, Se je fui onqueg fiex [fils] men père. — Adans: Aussi a dame Eve vo mère. — Hane : Vo feme, Adan, ne l'en doit vaires [guère] , Li jus Àdnn (adau de la halle, dans Ancien théâtre français).

— XIV* s. Onneur crie partout et vuet : Kay que doys, aveingne que puet, machaut, p. m. Et aussi nous voulons estre beneurés et disons que devons vouloir avoir félicité, mais nous ne disons pas que nous la rioions eslire, oresmk, Eth. 6*. Tant lui est deu plus de honneur se elle est bonne, lo. ib. 47.

— XV* s. Et que voulez-vous, dit le roi, que je fasse? Il n'est chose que je ne doive faire pour nous sauver, proiss. m, iv, 76. Seigneurs, vous n'estes mie en arroy ni en ordonnance, que le roi doye maintenant parler à vous, id. ii, n, HO. Et puis chevauchèrent tout souef jiisques adonc qu'ils vinrent au lo^'is du duc. Quand ils durent approcher, ils ferirent chevaux des espérons tous d'une randon et se plantèrent en l'ost du duc, m. i, i. Ht. Je ne pense pas avoir dit ne fait chose dont me doyez savoir mal gré, louis xi, JVoue. xxiv. Vous en deve riez estre content, id. ib. xxxviii. Vous n'estes pas telle que vous deussiez estre, id. ib lxviii.

— xvi* s. Là elle veoit une lumière telle, Que, pour la veoir, mourir devrions vouloir, mabot, ui, 301. Laquelle en beauté et bonne grâce ne devoit rien à son mari. haro. iVout>. u. Le jour mesme qu'elle [la sentence] debvoit estre prononcée, mont. I, 40. Il debvoit plus à la fortune qu'à sa diligence, ID. i, 41. La peur emporta nostre jugement hors de sa deue assiette, id. i, h. Tout cela tesmoigne qu'ils ne nous debvoient rien en clarté d'esprit naturelle et en pertinence, ID. iv, «7. Le roy s'en meit en si grande cholere contre luy, que l'on pensoit qu'il ne luy deust jamais pardonner, AMrOT, Tliém. 63. Bon citoyen et faisant le deu de son office, id. Flamin, S7. Voici le destroit où les poures consciences sont merveilleusement vexées et aflligées, quand elles voyent que ceste contrilion deue [pleine, entière] leur est imposée, calv. in-

StU. 486.

— ETYM Bourguig. deroi; provenç. dever; eatal. deurer; espagn. deber; ital. devere; du latin debere, que les étymologistes regardent comme composé de de habere, ne pas avoir, avoir perdu la possession.

î. DEVOIR (de-voir), t. m. || 1* Ce qu'on doit faire, ce à quoi l'on est obligé par 1.1 loi ou par la morale, par son état ou les bienséances. Elle [Chimène] est dans le devoir; tous deux [prétendants] sont dignes d'elle; Tous deux formés d'un sang noble, vaillant, fidèle, cohn. Cid, i, t. Je sais tapaslion et suis ravi de voir Que tous les mouvements cèdent à ton devoir, ID. ib. u, s. Tous ces devoirs forcésoù tout te coeur s'oppose, N'acquièrent à l'esprit ni libertù ni paix, id. Imit. i, s. L'amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir, id. Cid, m, 6. Un pas hors du devoir nous peut mener bien loin, ID. Suréna, iv, 3. Je suis encor Sévère, et tout ce grand pouvoir Ne peui rien sur ma gloire et rien sur mon devoir, id. Poty. iv, e. À suivre mon devoir, je suis di'terminée, mol. Sgan. 18. C'est l'honneur qui les doit [les femmes] tenir dans le devoir, ID. Êc. des maris, i, l. I.e bon esprit nous découvre notre devoir, la bbuy. u. Je conçois vos douleurs;

DIîV

mais un devoir austère, Quand mon père a parlé, m'ordonne de me tiire, rac. Àndr. ai, 4. Contemplez mon devoir dans toute sa rigueur, ID. Bérén. IV, 6. Tu n'as manqué à aucun devoir envers les hommes? rin. Tél. xviii. Quoique la philosophie, dit Cicéron, soit un pays où i' n'y a point de terres incultes ni de landes, et qu'elle ^it ferlile et abondante d'un bout à l'autre, elle n'a point de contrée plus riche que celle qui traite des devoirs, rolli.s, Hist. anc. liv. xxvi, 2* part. ch. u, art. 2. Le devoir peut éire défini l'obligation rigoureuse de faire ce qui convient à la suciéti'% eavnal, llitt. p/itl. XIX, 4 4. Mon devoir me suffit, tout le reste n'est rien, volt. Jf. de Ces. m, 2. Laisse-moi les honneurs du devoir qui me lie, id. Alx. iv, 4. Tremblez en contemplant tout le devoir des rois, m. Brulus, III, 6. Si les femmes que tu ganies voulaient sortir de leur devoir, tu leur en ferais penlre l'espérance, M0NTESQ. Lett. pert, (l. Si nous voulons entrer là-dessus en jugement avec nous-mêmes et considérer sérieusement nos devoirs, bourd. Pomin. octave de l'Ascension, Dominic. t. ii, p. 237. {] Devoir conjugal, la conjonction charnelle due entre mari et femme. {| U est du devoir, le devoir oblige à. Il est de mon devoir de vous donner cet avis. U est du devoir des défenseurs de la vérité de.... pasc. Prov. H. Il 2* Faire son devoir, agir comme on doit agir. Qui sert bien son roi ne fait que son devoir, CORN. Cid, II, i. Je ferai seulement le devoir d'un sujet, ID. ti>. IV, 3. Je pense coniinuellemenl à vous; c'est ce que les dévots appellent une pensée habituelle; c'est ce qu'il faudrait avoir pour Dieu si l'on faisait son devoir, sév. 16. Il était trop hounète homme pour ne faire pas toujours son devoir, lo. m. Quoi qu'en pense le liber;nàj;e, il y a toujours un avantage infinià faire soudevoir, bourd. Fensées,t. i, p. 403. Vous savez que, dans les grands malheurs, ne faire que son devoir, ce n'est pas le faire, maintenon, Lettre au duc de Noailies, 22 juin 470». Mais j'ai fait le devoir d'un ami, d'un chrétien, c. delav. Paria, m, 2. || En parlant d'un régiment, d'un soldat, faire son devoir, combaltre vaillamment. |{ En un autre sens, faire son devoir, se bien acquitter, parler, agir. La langue du cocher a bien fait son devoir, corn. Kent, i, 4. U faisait parfaitement soudevoir auprès de Mlle de St-Uermuin,iiAMiLT. Gramm. 4. Chacun fît son devoir de dire à l'allligée.... la font. Matr. Ils avaient lu qu'en amour on soupire; Us tâchaient donc d'en faire leur devoir , lo. liém. Il 3° Être, rentrer dans son devoir, dans la soumission, le respect, l'obéissance où l'on doit se tenir. On oublie aisément les fautes des enfants lorsqu'ils rentrent dans le devoir, mol. I'àv. iv, s. U fait rentrer son fils dans le devoir , Boss. Thom. 2. Fuyons.... Mais si l'ingrat rentrait dans son devoir, RAO. Àndr. u, t. [Les gardes du sérail] Sortis de leur devoir, n'osèrent y rentrer, id. Baj. i, i. || En un sens un peu différent. Être dans son devoir, se mettre dans son devoir, se tenir dans l'état où l'on doit être devant les personnes à qui l'on veut témoigner du respect. || Ramener, ranger quelqu'un à son devoir, tenirdans le devoir, obliger à faire ce qui doit être fait. Le général ne put tenir dans le devoir sessoldals, Boss. Uist. 1,9. Des enfants qu'il remet dans leur devoir par le châtiment, id. ib. u, 4. Elles tenaient dans le devoir les villes voisines, id. ib. m, 6. Le jçune Louis.... prend les villes, ramène les provinces au devoir, uass. Panég. St Louis. || Se ranger à son devoir, faire ce qu'on doit faire. |{ Je lui apprendrai son devoir, je le rangerai à ce qu'il doit. || 4* En devoir de, prêt à. Il était déjà en devoir de vous aller trouver. ,Sous étions à table, plusieurs, joyeux, en devoir de bien faire , p. L. cour. Pamphlet des pamphlets. |{ Se mettre en devoir de faire une chose, la commencer ou s'y préparer. U se mit en devoir d'arrêter son maître , d'ablancoubt, Lucien, t. n, Amitié, dans richelet. à moins qu'elle ne se mit en devoir d'olitenir un congé, boss. Lett. abb. 2. L'homme doit se mettre en devoir de se convertir, ID. Avert. 2. On se mit en devoir de déménager les meubles, J. J. rouss. Conf. iii. || B" Être à son devoir, être à son poste. M. de Uarsillac est déjà retourné à son devoir, sév. 416. Le chevalier est à son devoir, i». 417. Jaloux, désespéré, j'ose, pour vous revoir, Abandonner des lieux commis à mon devoir, cbèbillon. Wiad. I, 2. || 6* Terme de féodabté. Devoirs seigneuriaux, droits que le vassal devait à son seigneur. || 7° Par extension du sens fcodal. Devoir, et, plus souvent, au |.luriel, devoir.'^, marques de civilité, de politesse. Hendre ses devoirs à quelqu'un, lui présenter ses hommages, lui faire une visite de politesse. I« rang de l'olTcnsé, la grandeur de l'olTense Uemaudeat de* devoirs et

DEV

des soumissions Qui passent le commun des satlsfaolions, CORN Cid, ii, 4. U peut aller, s'il veut, dessus son monument Recevoir ses devoirs et son remerclment, id. Pomp, i, 3. Agréer ses devoirs et le revoir encore, rotrou, Vencesl. ii, 6. || Rendre des devoirs, s'est dit des services que des valets remplissent auprès de leurs maîtres. Notre P. Bauoy a appris aux valets à rendre tous ces devoirs-là innocemment à leurs maîtres, en faisant qu'ils portent leur intention, non pas aux péchés dont ils sont les entremetteurs, mais seulement au gain qui leur en revient, PASc. Prov. t. On rend différents devoirs aux différents mérites, lo. P. div. 31. Elle a commencé à rendre ses devoirs au Louvre, sÉv. <t. J'ai fait votre devoir à l'abbé Arnauld, id. 3ii6. J'en reviens toujours à dire qu'il y a des sortes de devoirs dont on ne peut se dispenser sans une grossièreté pleine d'ingratitude, lu. 308. Vous saurez que je n'ai rien dit à ce Caton sur la mort de sa femme, et j'avais dessein de l'aller voir avec la marquise d'Uxelles; et, au lieu d'attendre ce devoir, il vient s'informer comme je me porte de mon voyage, id. 2*2. On se rend des devoirs, mais on ne se rend pas l'amour, MASS. Panég. Si Etienne. Le grand plaisir que je me promets, c'est de rendre mes devoirs à Mme Clavier, p. L. cour. Leil. i, 63. || g* Les derniers devoirs, les d<-voirs funèbres, les funérailles. Rendre à quelqu'un les dernier? devoirs, présider ou, simplement, assister à ses funérailles Di.s-moi quel bon démon a mis en ton pouvoir Dt rendre à ce héros ce funèbre devoir? corh. Pomp. v , I . Tu veux à ce héros rendre un devoir suprême, m. ib. v, 4. Ces pieux devoirs que l'on rend à a* mémoire, ntcu. Vont. Andromaque elle-même, à Pyrrhus si rebelle. Lui rend tous les devoirs d'une veuve fidèle, rac. Andr. v, 6. Pour rendre à ses cendres le dernier devoir, pén. Tél. xvii. Rendezmoi [à moi Phalante] les derniers devoirs que vous avez rendus à mon frère [Hippias] , id. ib. || 9* Terme de collège. Travail, exercices donnés à un élève. Faire ses devoirs. Un devoir difficile. U. Lamlwrcier était un homme fort raisonnable qui, sans négliger notre instruction , ne nous chargeait point de devoirs extrêmes, ]. i. rouss. Conf. i. || 10° Devoir pascal, l'obligation de communier à Piques. || il* Association d'ouvriers unis par les hens du compagnonnage. Compagnons du devoir. Des ouvriers appartenant à des devoirs dilTérents. || 12* Anciennement,

sorte de service de surveillance X la charge

qu'il fera faire tant le jour que la nuit, rondes, devoirs et diligences requises et accoutumées pour éviter tels accidents , Bail Boute, Lett. pat. 27 Juin 4680. Il 13° Terme de droit. Devoir parfait, celui dont l'accomplissement peut être exigé, qui a un droil corrélatif. || Devoir imparfait, celui dont l'acccmplissement ne peut être exigé, qui n'a pas de droit corrélatif. |{ Dans l'ancien droit , devoirs de loi exprimait toutes les formalités du nantissement. Il 14° Terme de fauconnerie. Devoir de l'oiseau, sa part de la curée du gibier qu'il a pris.

— SYN. DEVOIR, obugation. Le devoir est ce que nous devons. L'obligation est quelque chose qui nous lie, qui nous oblige. Le devoir est touj< tirs quelque chose de moral. L'obligation n'a pas ce caractère; elle peut dépendre de causes trèsdiUérentes.

— HIST. XIII* s. jLe roi] En fisl tout son devoir, ne dust e^lre repris, Berle, xciz. U fout bien trestuit lor devoir, la Base. 4»i8a. || xiv s. François font lor devoir; ne les devez bla^mer, Car qui fait ce qu'il doit, j'ose bien dire au clcr, Que de riens ne meiïait.... Guescl. 4 «334. || xv* s. Le comte, à la complainte des hérauts, commanda que on ardist tout, si des rachats à argent ils n'avoient fait leur devoir, froiss. u, u, <6. En lui mandant qu'en faisant mon devoir, J'ay tous les maulx que nul poui^ roit souflTrir, eu. d'orl. Bal. tv. Dieu nous doini bonne destinée, Et chascun face son debvoir; Ainsi ne sera redoublée Par bon eur et loyal vouloir, lu, ib. Lasse I or [je] me voy aujourd'hui si perle. Que nul ne fait envers moy son devoir, K. desuHamps, Compainl; de la France. Et sur ce respondit qu'il en parleroit au roy e' qu'il en feroit son devoir, svvtti. Charles PI, 1 380. Cil passa l'avangarde moult, Pour faire en l'estour son devoir, la Bataille du Liège. || xvi* s. Les règles du debvuir de l'homme, mont, i, 3u. Les malades ausi|uels le debvoir ni'interesse, id. i, ti. Ne vaiidroit-il pas mieux que par ces bons exemples de vie, vous vous missiez en devoir de les convertir? lanoue, 84. Les autres tirec» ne feirent aucun devoir de les secourir, amvot, Tliém. 17. C. Lentulus, l'ayant apperccu, te muit eu devoir de le sauver, u>. t'ab. M.

DÉV

— 8TYM. Infinitif du verbe devoir, pris substantivement; piovenç. dever; catal. deurer; espagn. deuer; ital. dcrere.

\ «ÉVOIUANT (lié-voi-ran) ou DÉVORANT (dé- »o-ran), s. m. Ouvrier compagnon du devoir. || On prononce en général dévorant, ce qui forme une homonymie absolue avec le participe présent du verbe dévorer et prête à un sens péjoratif. ïonayrion est un dévorant, je suis un dévorant [il s'agit d'une asisociation de jeunes gens]; il est vrai qu'à ce métier nous n'avons guère dévoré l'un et l'autre que notre fortune, eu. DS behnabd, la Peau du lion,

— ÊTYM. Devoir.

DÊVOLE (dé-vo-r), s. f. Termede jeux de cartes. Vole manquée. 11 a fait la dévole.

— r.TVM. Dé.... préf.xe, et foic.

DÊVOLER (dé-vo-lé), V. n. Terme de jeux de cartes. Être en dévoie.

— RTYM. Déi:ole.

(. DÉVOLU, UE (dé-vo-lu, lue), adj. Termede jurisprudence. Qui est transporté, transféré, échu, acquis par droit. Héritage dévolu à la ligne paternelle. Cet objet lui a été dévolu à la criée. Ils sont i nous dévolus par l'édit, la font. Papef. || Dans le langage général, acquis. Les honneurs me sont dévolus, J'ai cinquante écus, bébang. 60 écus. {{ Réservé, destiné. Mes jours au deuil sont dévolus, c. nELAv. dans le Dict. de poitevin.

- HlST. xiv" s. Et la majesté consulaire esloit à eux dévolue, bebcheure, f" 62, verso. Quant Tulles fu mors, l'empire de Rome fut dévolu es pères, lesquels ont tantostesleu un interroy, id. f° (7, i^erjo. Il XVI* s. Ceux mesmes qui se dient exempts des autres jurisdictions ecclésiastiques, et immédiatement sujets, quant à ce, au saint juge apostolique ou dont les causes y sont légitimement dévolues.... p. PITHOU, 46. Ceulxdes plus nobles maisons esloient devenus pauvres, et les richesses estoient dévolues entre les mains des petits personnages qui avoient les cueurs bas, amyot, Cicéron, )S.

— ETYM. Lat. devolutus, roulé vers, attribué; de devolcere, de la préposition de, et volvere, rouler (voy. volume).

2. DÊVOLO (aé-vo-lu), s. m. Terme de droit canonique. Provision d'un bénéfice vacaut par incapacité du collataire. Obtenir un dérvolu. Faire signifier un dévolu, faire signifier qu'on l'a obtenu. Le prince lui avait donné [à Villebrune] ijn bénéfice de quatre mille livres de rente; quelqu'un parla d'un dévolu, à cause de ce que vous savez; l'abbé du Plessis le prévint à Rome et l'obtint; et, contre le sentiment de toute sa famille, il le fit signifier, croyant, disait-il, faire un partage de frère avec Villebrune. sév. 292. Un dévolu sur un bénéfice fut cause de la première [aventure] qui fit un procès entre un parent de M. de Vardes et un de mon père, ST-siM. 40, H9. Il Jeter un dévolu sur un bénéfice, y former une prétention juridique, en vertu de quelque faute commise par celui qui le possède. Pourvu qu'on ne jette point de dévolu sur Ualzac, je suis très-satisfait de ma condition présente, balz. liv. y, lett. (3. Il Fig. Jeter son dévolu, un dévolu sur quelqu'un, sur quelque chose, fixer son choix, arrêter son idée sur.... Mais nos soins empressés ne nous ont rien valu. Et le diable a sur nous jeté son dévolu, begnabi). Disirait, ii, <.

— HIST. XV]' s. La regale n'est sujette aux facultez de légats, dispenses, devolutz, nominations, et pareilles subtilitez du droict canon, p. pithou, te.

— ÉTVM. Dévolu t.

BÉVOLUTAIKE (dé-vo-lutè-r*) , s. m. Celui qui a obtenu un dévolu.

— ÉTYM. Dévolu 2.

DBVOLCTIF, IVE (dé-vo-lu-tif, ti-v'), adj. Term de jurisprudence. Qui fait qu'une chose passe d'une personne à une autre. Appel dévolutif, appel par lequel un procès est dévolu à un juge supérieur.

— HIST. XVI' s. Toutes appellations ont effet suspensif et devolulif, sinon que, par l'ordonnance, les jugemens soient exécutoires, nonobstant oppo- «itions ou appellations quelconques, loïsel, 885.

— KTYM. Dévolu i .

DÉVOLUTION (dé-vo-lu-sion), s. f. \\V Terme de jurisprudence. Attribution des biens à une ligne successorale par suite de l'extinction ou de la renonciation de l'autre. X défaut d'héritiers tout l'héritage d'un défunt revient à 1 État par dévolution. JIGuerre de dévolution, guerre avec l'Lspagne, à l'occasion des prétentions de Louis XIV sur les Pays- Bas, en Tertu de son mariage avec Marie-Thérèse. Il S* En matière bénéficiaLe, état d'un bénéfice

DÉV

tombé en dévolu , et aussi droit de conférer un bénéfice, lequel droit passait au supérieur immédiat, quand le collateur ordinaire négligeait de le conférer.

— ÉTYM. Dévolu t .

U DÉVORANT, ANTE (dé-vo-ran, ran-t'), adj. Il 1° Oui dévore. Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux, bac. Athal. ii, 6. Que son corps.... Des vautours dévorants devienne la pâture, VOLT. QEdipe, i, 3. || Un appétit dévorant, un trèsgrand appétit. Faim dévorante, Ducis, Othello, iv,

I. Il Fig. Oui est avide d'argent, de faveurs. L'offrande n'est jamais pour le saint, ni nos épargnes pour les rois, mais pour cet essaim dévorant, qui sans cesse bourdonne autour d'eux depuis leur berceau jusqu'à St-Denis, p. L. COUB. Simple discours. Il 2° Oui détruit, comme fait un animal qui dévore. Sur un autel sanglant l'affreux bûcher s'allume, L foudre dévorante aussitôt le consume, J. s. Bouss. cantate, Circé. Portant partout le glaive et les feux dévorants, VOLT. Orphel. i, 2. || Air, climat dévorant, air, climat funeste aux habitants. Tu n'as pas senti De ces vents du désert la dévorante haleine, DLCis, Àhufar, iv, B. || 3' Fig. Un mal dévorant. Une ardeur dévorante. Des soucis dévorants c'est l'éternel asile , la font. Phil. et Bauc. L'envie que j'ai est une chose si dévorante pour moi que.... sÉv. 63. Le monde où les plus grands plaisirs sont toujours la source des inquiétudes les plus dévorantes, MASS. Profession religieuse. Sermon i. Quels soucis dévorants viennent nous consumer I volt. Triumv. i, 6.

t 2. DÉVORANT, t. m. Voy. dévoirant.

tDÉVORATEUR, TRICE (dé-vo-ra-teur, tri-s'), adj. Qui (févore. Les lions dévorateurs de proies vivante-;. Il Cylindre dévoraleur, cylindre qui sert dans les féculeries à réduire en pulpe les tubercules. Il Substantivement. Le temps est un impitoyable dévorateur.

— RF.H. Dévorateur est dans le Dictionnaire de l'Académie de (7i8; et il n'y a aucune raison pour le retrancher et ne pas continuer à l'admettre.

— HIST. XVI' s. Les serpens dévorateurs de Laocoon, DES ACCOBDS, Bigarr. descript. pathétiques.

— ËTYM. Provenç. devoraire, devorador; espagn. devorador; ital. dttorotore; du latin devoratnrem, de dei'orore, dévorer. Dans le provençal, devoraire est le nominatif, et devorador le régime.

DÉVORÉ, ÉE (dé-vo-ré, rée), part. passé.\\ 1° Saisi à belles dents et mangé. Le mouton dévoré par le loup. Il Fig. Et l'orphelin n'est plus dévoré du tuteur, BOIL. Lutr. VI. Il 2° Consumé. Le palais dévoré par l'incendie. Il faut que tout soit dévoré par les (lamraes, FÉN. Tél. xvii. {| Par extension, consumé peu à peu par un mal rongeant. Dévoré par la fièvre. Nous avons fait un lieu considérable d'un méchant hameau où il n'y avait que quarante misérables dévorés de pauvreté et d'écrouelles, volt. Lelt. dArgental, 20 sept. (77t. || 3° Fig. En proie à. Il n'est point dévoré du désir de faire sa cour, sév. 398. Je suis déjà dévorée de curiosité, id. (60. Il est dévoré de celte rage, id. 560. Je ne saurais douter que je ne sois dévorée de l'amour de la justice, id. 667. De l'ardeur d'obéir son âme est dévorée, volt. Fanât. IV, (. Mon âme déchirée Succombe au repentir dont elle est dévorée, m. Àlx. v, 7. La fière ambition dont il est dévoré Est inquiète, ardente, et n'a rien de sacré, id. Uérope, v, (. || 4° Dissipé d'une façon prodigue. Une immense fortune dévorée en peu de temps. || 6° Lu avec une excessive ardeur. Un roman dévoré en une nuit.

DÉVORER (dé-vo-ré), v. a. \\ 1* Saisir à belles dents et manger une proie. Les bêtes l'ont dévoré. Où dit-on que le sort vousafait rencontrer? — Parmi des loups cruels prêts à me dévorer, bac. Athal.

II, 7. Tu es ici dans un antre où les hommes te dévoreront, CHATEAUB. Natch. II, 2(8. Et je lui porto enfin mon coeur à dévorer, id. Androm. v, e. Quand voulez-vous donc, disait-elle quelquefois au sultan son fils, aider mon lion [Charles XII] à dévorer ce czar? VOLT. Charles XII, B. Sous notre heureuse demeure. Avec celui qui les pleure, Hélasl ils dormaient hierl Et notre coeur doute encore. Que le ver déjà dévore Cette chair de notre chair I lamabt. llarm. ii, (. || Par extension. Les chenilles ont tout dévoré. || Très-familièrement. Se dévorer le bras, la jambe, se gratter le bras, la jambe, avec une sorte de rage. |l 2" Manger avidement. Cet homme dévorait son repas. || Absolument. Cet enfant dévore. Je ne sais pas s'il digère bien, mais je sais qu'il dévore, MAiNTENON, Lettre à, l'abbé Gobelin, 8 mai (676. Il Fig. Être rapace. N'est-ce pas Double-Main

DËV

le grefflerî— Oui , c'est qu'il mange à deux râteliers. — Manger! je suis garant qu'il dévore, beaumabch. Jfor. de Fig. m, O- Il 8' Fig. Dissiper, se hâtei d'user en prodigue d'un bien. Et tous trois à l'envi s'empresser ardemment X qui dévorerait ce règne d'un moment, cobn. Olhon, i, (. L'héritier prodigue paye de superbes funérailles et dévore lo reste, la brut. vi. César jouit de tout et dévore le fruit Que six siècles de gloire à peine avaient produit, VOLT. Mort de César, ii, 3. || 4* Consumer, détruire. Le temps dévore tout. La flamme vole et dévore le vaisseau, fén. Tél. vu. La gloire des méchants en un moment s'éteint ; 1,'alTreux tombeau pour jamais les dévore, bac. Esth. ii, 9.... que le fi'U dévore Le seul lieu sur la terre où Dieu veut qu'on l'adore, ID. Athal. v, 2. Ah! plutOt que du ciel la flamme me dévore! id. Vhèd. m, 3- Je vois déjà l'hymen, pour mieux me déchirer, Mettre en vos mains le feu qui la [Troie] doit dévorer, id. Iphig. in, ♦. Si vous m'irritez contre vous, l'épée vous dévorera, saci, Bible, Isàïe, i, 20. Éli» lui répondit : Si je suis homme de Dieu, que le feu descende du ciel, et vous dévore avec vos cinquante hommes, id. ib. Rois, iv, i, (O. Mes soins l'ont enfermé [un orphelin] dans ces asiles sombres Où des rois ses aïeux on révère les ombres; La mort, si nous tardons, l'y dévore avec eux, volt. Orphel. IV, 6. [La Naissance et la Mort, deux fantômes voilés] L'un produit l'inconcevable moment de notre via que l'autre s'empresse de dévorer, chateaub. Gé~ nie, I, 2. Les flammes qui dévoraient avec un bruissement impétueux les édifices entre lesquels il [Napoléon à Moscou] marchait, dépassant leur faîte, fléchissaient alors sous le vent et se recourbaient sur nos têtes, ségub, Ilist. de Kapol. viil, 7. Il C'est tiiie terre qui dévore ses habitants, se dit d'un pays malsain qui cause une grande mortalité. Les pays équatoriaux dévorent les Européens. Il Par extension, faire maigrir, altérer le teint, l'apparence. Mandez-moi comme vous vous portez de l'air de Grignan, s'il vous a déjà bien dévorée, et comme je me dois représenter votre jolie personne, sÉv. (89. Il 6" Piller, épuiser. L'armée dévorait le pays. Sous prétexte de vos longues prières, vous dévorez les maisonj des veuves, s.\ci. Bible, Év. S. Math. XXIII, (4. Grecs, Arabes, Français, Sarrasins nous dévorent, volt. Tancr. i, (. Il [Voltaire] a profité de la circonstance d'un contrôleur général vertueux et zélé pour le bien, pour demander que le pays de Gex où il habite ne soit plus dévoré par les financiers, d'alemb. Lettre au roi de Prusse, 23 févr. (776. || Fig. L'excès rie sa douleur dévore sa parole [l'intercepte], tbist AN, M. de Chrispe.

I, S. Il 6° Fig. Faire éprouver une sensation pénible, en parlant de la soif, de la fièvre, de la chaleur. La soif, la fièvre le dévore. Un lion que la cruelle faim dévore. FÉN. Tél. I. Pour apaiser la faim qui le dévore, mass. Car. Riche. Déjà l'ardente soif le sèche et le dévore, ducis, Abuf. i, 3. Courbés par le midi dont l'ardeur les dévore, delav. Paria, n, 6. Il Danslemêmesens, en parlant des passions. Rien ne peut-il charmer l'ennui qui me dévore? bac. Bérén.

II, 4. Ou'un soin bien différent me trouble et me dévore! ID. Phèd. n, 6. Du zèle qui pour toi l'enflamme et le dévore, id. Esth. Prol. Le chagrin me dévore, m. Androm. v, 2. Célèbre par le zèle saint qui le dévorait, mass. Car. Resp. Le souvenir affreux dont l'horreur me dévore, volt. Zaïre, ii, (. Gens que l'avarice dévore. Pour votre or soudain j'ai frémi , bérang. Ma dem. chans. Dans les villes qui paraissent jouir de la paix et où les arts fleurissent, les hommes sont dévorés de plus d'envie, de soins et d'inquiétudes qu'une ville assiégée n'éprouve de fléaux, volt. Candide, 20. Assez de malheureux ici -bas vous implorent. Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent. Oubliez les heureux, lamabt. Méd. 1, (3. Il 7° Dévorer un livre, le lire avec avidité. Ce que je vous dis là ne sont pas des chansons. Et vous devez du cœur dévorer ces leçons, mol. Éc. des femmes, m, 2. Je m'arrêtais pour ne pas dévorer votre lettre si proraptement, sév. 52. Tant qu'on a cru voir dans ce livre [les Caractères de la Bruyère] les portraits de gens vivants, on l'a dévoré pour se nourrir du triste plaisir que donne la satire personnelle, d'olivet, Hist. Acad. t. II, p. 354, dans pougens. Dévorant les poètes fameux Je n'aspirai jamais qu'à m'illustrer comme eux, légouvé, Épichar. et Néron, ii, 3. Il 8° Dévorer en espérance, convoiter avidement quelque chose. Il dévore en espérance tous mes trésors, VAUGEL. Q. C. liv. VIII, ch. (. Au reste soyez sûrs que vous posséderez Tout ce qu'en votre coeur déjà tous dévorez, cobn. Nicom. u, 3. Dans

DÉV

son avide orgueil je »ai« qu'il nous dévore, bac. Alex. n,î. D'un mil d'impatience 11 dévorait sa proie, VOLT. Ilenr. t. \\ Dévorer de» yeux, jeter des regards pleins d'ardeur et de convoitise. Il dévore des yeux et da cœur cent beautés, la font. Scam. Il dévore des yeux le fruit de tous ses crimes, volt. Catil. IV, 4. Ici une amante affligée exprime sa langueur, une autre dévore des yeux son amant, mon- TESQ. I.ett. pcr«. 28. Mes yeux dévorent des charmes dont ma boucha n'ose approcher, ;. J. rouss. Ilél. 1, 8. Il 9' Dévorer le temps, anticiper avec impatience sur le temps. L'impatient Thierry dévore les instants, LEMERC. Bruneh. m, 6. Kt semble d'un regard dévorer l'avenir, tuas, Macbith, ii, e. Son fier regard semblait, dévorant l'avenir. Poursuivre avidement une gloire lointaine, ancelot, Fxe.sque, I, i.\\ 10° Ne pas laisser paraître, renToncer en soimême. Dévorer ses larmes, ses chagrins. Rongée de soucis, je suis obligée de paraître gaie et contente: il faut que je dévore mes larmes, maintknon, Leit. à lime de St-Géran, i" avril (679. Je me suis tu, j'ai dévoré ma peine, pén. TU vu.- Toujours verser des pleurs qu'il faut que je d^-vore I rac. Birén.\,i. Sous un maître odieux dévorant ma tri.slesse, volt. Ui'rope, M, 7. Comment avez-vous pu dévorer si longtemps Une douleur plus tendre et dos maux plus touchanlsT id. Brutus, ii, i. Dévorant mon dépit et mes soupirs honteux, id. Orp/iW. m, ♦. Eh bieni je dévorais une haine funesle, Dccis, Abufar, m, 4. {| Dévorer un aiïront, l'endurer .sans en faire paraître aucun ressentiment. Quiconque ne sait pas dévorer un affront,... Loin ileraspecldes rois qu'il s'écarte, qu'il fuie, rac. E>ih. m, ». On dévore les rebuts les plus outrageants, mass. Car. Lai. Vous dévorerez leurs inégalités et leurs caprices, ID. Car. J'anlon. Le roi présent dévore la menace; Son âme altière est contrainte à fléchir, hillev. le ilancenillier. Il 11° Dévorer les difficiiliés, venir courageusement à bout de ce qui est difficile. Les affaires n'eurent jamais rien d'obscur qu'il n'éclairclt, rien de douteux qu'il ne décidât.... rien de pénible qu'il ne dévorât, Mass. Or. fun. Viller. \\ 12° Se dévorer, «. réft. Se dévorer l'un l'autre Les brochets se ilc Torent les uns les autres. || Se dévorer soi-même Il est juste qu'une espèce si perverse se dévore ellemême, VOLT. Dial. 4 4. Il Irésfamilitrement. Se dévorer, se gratter avec une sorte de rage. Kmpêchez donc cet enfant de se dévorer. || Pig. Se livrer à l'impatience, au chagrin. Je me dévore de cette envie, sfiv. 30. Et là-dessus on s'abat, on se dévore 5oi-même , on renonce presque à l'espérance de son salut, mass. Profess. relig. Serm. i.

— HIST. XII* s. Li sire en la sue ire les conturberat, et sis [si les] devurerat fus [le feu|, Liherpsal p. 24.'rurbé sunt e moUd [ému] si cumeivre,e tute la sapience d'els devorede est, ib. p. 166. Tuit chi ovrent felunie, chi dévorent le mien pople sicunie viande de pain, i6. p. 7u. Dévorer le verrez par mil divisions [morceaux], Bonc. p. 200. De Joseph li soviul cui i-i allre noef frère Vendirent pur deniers e clislrentà lur père Que dévorez esleit d'icele liesle fere, Th. le murl. 65. Si jo sui hume Deu, dune descendel li feus del ciel e devurt tei e les cinquante cumpaignuns. Bois, p. 346. || xiif s. Ne de beste sauvage [que je ne soiis] devourée ne prise, Berte, XXXI. Je croi bien que les bestes l'ont morte et dévorée, ib. civ. Oui dont lesdeûst devourer. [ils] Ne se tpnissent de plourer; Leur ciier furent de pilié tendre. Quant vint au point de congé prendre, BL tlJeh. 1947. Pordani Henarlqueren devoure. Ploure

Gnnlicrt et prie et nure, Ren. 11635 Li vilain

s'en atant. Kl Tybert s'en vait dévorant [maudissant] Les vilains et la pute au prostré, ib. 2)802. Et li cors qui les biens dévore. Si sera converti en cendre, Gurrsai. \\ xiv* s. Il fendoit et ouvroit les femmes grosses et trahoit les enfans de leurs corps et les devoroit, oresme, Eth. 203. Nulz homs n'ozoit passer, environ ni eiitour, S'il ne creoit en Dieu, le père creaiour, Qu il ne fuist devourez à honte et âiKiiilour. Baud. de Seb. vt, 24e Li lions en a tell despil Qu'il li ceurt [court] sus sans nul respit, Et si l'estranle et le deveure, j. de condet, p. (O.

— f.TVM. l'rovenç. et espagn. derorar ; ital. duorare; du latin devorare, de la préposition de, et eorar' (voy. vorace). '

t DÉVOREUR, EUSE(dé-vo-reur, reû-ï'),». m. et f. Celui, celle qui dévore. Dans les festins d'Homère , on tue un bfpuf pour régaler ses hôtes , com nie on (lierait de nos jours un cochon de lait; en lisant qu'Abraham servit un veau à trois personnes, qu'Eumée fit rôtir deux chevreaux pour le dîner d'Ulysse, et qu'aulant en fil Kébecca pour celui de son mari, on peut juger quels terribles dévoreurs de viand*

DÉV

étaient leshommes de ce temps-là, ;. i. Ronss. dans LAVEAtix. Il Pig. Un dévoreur de livres, un homme qui Ut avidement. Pauline, cette dévoreuse de livres, SÉV. 6)4.

— RTVM. Dérnrer.

DÉVOT, DÉVOTE (dé-vo, dévot'), adj. || 1* AtUché aux pratique» religieu.ses. Ce prince était dévot, généreux, équitable, tristan, Panihée, i. 4. C'est dans ce calme et le silence Que l'âme dévote s'avance Et que de l'Écriture elle apprend le secret, CORN. Imil. I, SO. Il est connu pour n'être pas dévot, PASC. Prov. 7. Pour être dévot, je n'en suis pas moins homme, mol. Tart. m, 3. Il n'y a rien que je souhaitasse plus fortement que d'être dévote, sr.v. Letl. 8 févr. )6fl0. Gardez toutes vos pratiques de dévotion, j'y consens, et je vous y exhorte môiiie trfes-forlemenl: mais, avant que d'être dévot, je veux que vous soyez chrétien, bourd. Ptuséet, 1. 1. p. 458. Songez que, dès qu'on n'est pas assez dévoi pour être capucin, il n'est rien de plus beau que .le se faire tuer, MAINTKNON, t«M. à M. d'Aubigné,iiie\i\. 1672. Il Etre dévot â.... avoir une dévotion particulière pour la Vierge, pour un saint, pour une église. Vous n'êtes point dév"t à la Vierge, s6v. 296. || à* Qui a le caractère de la dévotion, en parlant des choses. Air dévot. Ardeur dévote. Lis un livre dévot, simple et sans éloquence Avec plaisir pareil Que ceux où se produit l'orgueil de la science En son haut appareil, CORN. Imil. I, R. Un sermon où il apporte un zèle tout dévot, pasc. dans cousin. Rien n'est plus agréable et plus dévot que celte église souterraine [à lietliléem], ciiateaub. /(in. ii, )6u. Il avait pris, à leur école, un certain jargon dévot dont II usait sans cesse, J. i. rouss. Confets. u. || 8° Il se dit quelquefois par dénigrement, soit d'une mauvaise dévotion, soit de l'hypocrisie qui feint la^évolion. Louis XI fut un prince dévot et cruel. Moi dévote I qui, moi? m'écriai-je à mon tour. L'esprit blessé d'un terme employé d'ordinaire Lorsque d'un hypocrite on parle sans détour, DESHOULiènES, ouP de ia Chaise. Sais-tu bien cependant, sous celte humilité. L'orgueil que quelquefois nous caclie une bigote, Alclppe, et connais-tu la nation dévote? boil. Sat. i. Celui qui depuis quelque temps à la cour était dévot et par là, contre toute raison, peu éloigné du ridicule, pouvaii-il espérer de devenir à la mode? LA BRUT. xiii. De quoi n'est point capable un courtisan, dans la vue de sa fortune, si, pour ne pas la manquer, il devient dévot? m. ib. Le courtisan autrefois avait ses cheveux, était en chausses et en pourpoint, portait de larges canons, et il était libertin [esprit fort] : cela ne sied plus; il porte une perruque, l'habit serré, le bas uni, et il est dévot: tout se règle par la mode, id. ib. Car d'un dévot souvent au chrétien vi ritable La distance est deux fois plus longue, à mon avis, Que du pôle antarctique au détroit de Davis, boil. Sat. xi. j] i' Substantivement. Un dévot. Une dévote minutieuse. Ces dévots indiscrets dont le zèle incommode. Pour les rendre saints à leur mode, Leur forme une conduite et fait des lois à part, Au lieu de s'avancer par un secret mérite, Perdent ce qu'en commun dans la règle on profite, X force de vivre à l'écart, corn. /mit. m, )3. Ces dévots à demi, sur qui la chair plus forte Domine encore en quelque sorte. Penchent à tous moments vers ses mortels appas, m. ib. i, 6. Il est de faux dévols ainsi que de taux braves, mol. Tari. I, 8. Mais les dévots de coeur sont aisés à connaître : Jamais contre un pécheur ils n'ont d'acharnement; Ils attachent leur haine au péché seulement, id. ib. Les dévots qui ont plus de zèle que de science, pasc. dans cousin. Il y a des dtvots indiscrets qui ne croient jamais dire assez s'ils n'en disent trop, thiers. Dis- «cri. sur le portail de llcims. dans richrlet. jj Dévot déplace, faux dévot qui alfiche les pratiques. Que ces francs charlatans, que ces dévots de place, mol. Tart. I, 6. Il Dans la dernière moitié du xvii* siècle, dévot se prenait en mauvaise part pour faux dévot, hypocrite. Kâche-t-on un dévot, c'est Dieu qu'on fâche en lui; Ces apôtres du temps, qui des premiers apôtres Ne nous font point ressouvenir. Pardonnent bien moins que nous autres, depiiouliêres, au P. de la Chaise. Un ilévot est celui qui, sous un roi athée, serait athée, la brut. xiii. Les dévots ne connaissent de crime que l'incontinence; parlons plus précisément, que le bruit ou les dehors de l'incontinence, ID. ib. A force de voir la conduite des hommes, la lâcheté des braves, les faiblesses des philosophes, les liêtises des politiques, la fausseté des dévots, je suis parvenue t ne les pas plus e.stimer que les femmes, qui sont pourtant de jour en jour plus méprisables, mairtenon, Lett. Card. de Koailltt, 3 sept. )7)0. Les dévots fâchent le monde,

DËV

et les gens pieux l'édifient, MARivAin, Payi. part. t. I, part. )••, p. 98, dans pouoens. || C'est une de ses dévotes, se dit d'une des femmes qui sont sojs la direction d'un prêtre. || FIg. Homme dévoué à un homme, à une doctrine. Il est un des dévots de Descaries. Vous êtes un dévot de la philosophie moderne. Il 6* Votre dévot fils, formule usitée chez les souverains qui écrivent au pape.

— SYN. DÉVOT, DEvoTiEux. L'homme dévot est Celui qui a de la dévotion; l'homme dévutieux est celui qui est rempli de dévotion, la finale eux donnant d'ordinaire un sens de ce genre aux adjectifs. Il faut ajouter que dévot est trùs-uslté, et que dévotieuz l'est peu.

— HIST. XII* 8. Por ce ke il puist ferir et ocire les dévotes pensées, s'atapist il desoz la covreture de ilolor, Job, p. 448. Cesle apparicions noslre Segnor clarifiet ui cest jor, et 11 devoclons et li hoiioremens des rois le fait dévot et honravle, st bebh. 56). Il XIII* s. Ne seroit baillif ne prevosl, Tant seroit li pueple devosl, la llose, 6684. || xiv* s. Cil le rei.*oya [un moine] en son propre dévot lieu [couvcnlj, Chr. de StDenis, 1. 1, f* 164, dans lacurne.|| xv*s. Et firent [les Gantois] par les églises plusieurs processions et dévotes oblations , froiss. u, ii, I68, Avec ce que le mareschal est très charitable, il aime Uieu et le redouble surtout et est très dévot, Soueiq.iy, ch. 3. || xvi* s. C'est une religieuse liaison et dévote que le mariage, mont, l, 226. Ils sentiront leurs âmes plus dévotes envers Dieu, et leurs cœurs plus secuurables envers leurs prochains, langue, 638.

— ÉTVM. Provenç. dévot; espagn. devoto; liai. dixoto; du latin derotus, dévoué, de la préposilioo de, et rorere, vouer (voy. vœu).

DÉVOTEMENT (dé-vo-te-man), adr. D'une ma^ nière dévote. Entendre dévotement la messe. U soupa, lui tout seul, devant elle. Et fort dévotement il mangea deux perdrix, mol. Tart. l, 6.

— Hiof. XIII* s. Et puis rechurent corpus Domini cascun endroit soi au plus dévotement que il pot, H. DE VALENC. VI. Le servise de sainte Ësglise escoute dévotement et de cuer et de bouche, joint. 300. Il XVI* s. Il pria Dieu dévotement, d'aus. Vie, LV. Remerciant Dieu dévotement, ahvot, Cam. BB.

— Etym. Dévote, et le suffixe ment; provenç. detotament, derotamen; espagn. devotamente; ital. divotamente.

DÊVOTIEUSEMENT ( dé-vo-si-eû-ze-ma« ) , adv. D'une manière dévotieuse.

— HIST. XV* s. Tant que tous les varlets de son hostel servent Dieu en jeusnes et dévotions, et se contiennent à l'Eglise aussi devotieusemeiit que feraient religieux, bouciq. iv, ch. B. || ivi* s. Pour ceste contribution si nécessaire : dont dependoit le contentement de ceux qu'on avoit si devotieusement [ardemment] attendus, langue, 826.

— F.TYM. Dérotieme, et le suffixe ment. DEVOTIEUX, EUSE (dé-vo-si-eû. eû-z'), adj.

Rempli de dévotion. C'est un homme fort dévotieux. Que le taureau soit prêt, quand j'aurai dans les deux Pous.sé le zélé saint d'un cœur dévotieux, ROTBOU, Wercui* mouron!, m, ). || SubstantivemenL Les dévotieux, o. naudK, Apologie, p. 24.

— HIST XVI* s. La Rochelle, qui jà leur estoit devolieu.se [aux réformés], ayantembrassé l'Evangile, et rejeiléladoctrin.du pape, lanoue, 643. Le peuple des villes, outre les chos^sdevotieuses, ne laisse aussi d'appliquer son esprit aux arts, id. B4). Cette Roxelane esclave fit la dévotieuse, d'aub. Uiti. i, 3<.

— ETYM. Voy. DÉVOT.

DÉVOTION (dé-vo-sion: en vers, de quatre syllabes), t. f. Il i* Attachement aux pratiques religieuses. Personne pleine de dévotion. Il a beaucoup de dévotion. Et qui, jeune, n'a pas grande dévotion, RÉGNIER, Sat. xni. Faire de son devoir son mérita par rapport à Dieu, son plaisir par rapport à soimême, et son honneur par rapport au monde; voilà en quoi consiste la vraie vertu de l'homme et la solide dévotion du chrétien, BOURnAL. Penséet, LI, p. 397. C'est dans le grand monde qu'on trouve cet dévotions aisées et commodes, ces dévotions que l'on veut ac^ionler avec les maximes du siècle, iD. Eihort. Sie Thér. t. i, p. 3o4. Certain air de dévotion, Lorsqun l'on n'est plus jeune, a toujours bonM grâce, desuouliSres, au P. delaChaite. lesiiscom' bien crédule en sa dévotion Le peuple suit le freii de la religion, rac. Baj. I, 1. Mme de Honlespai s'est jetée dans la plus grande dévotion; il est bien temps qu'elle nous édifie, maintknon, Letire à Kme de St-G^ran, <o sept. )683. Je ne suis point dévote, mon cher frère ; mais je veux l'être ; je suis

DÉV

DÉV

DÉV

persuadée que la dévotion est la source de tout bien, UKitiTEtiOTi, Lettre à d'Aubigné, H juillet l«84. La dévotion d'Italie prend assez souvent une formequi n'est guère de notre goût d'aujourd'hui, fontkn. Harsigli. Je ne connais pas de meilleure école de logique «t de dévotion philosophique que les polypes et les animalcules des infusions, BONNET, Z.e((. div. Œuvres, l. XII, p. us, dans polgens. || Avoir dévotion à, adresser particulièrement ses pratiques religieuses à un saint, i une église, à une image, etc. Sainte Barbe à qui son frère Jetser avait une grande dévotion, volt. Mœurs, 12». Ce portrait était une petite miniature représentant l'ermite Paul; Marguerite y avait une grande dévotion, bekn de s. -p. Paul et Virg. p. 124. {| Dans le courant du xvii* siècle, dévotion se prend en mauvaise part pour fausse dévotion, hypocrisie. On peut impunément, pour l'intérêt du ciel. Être dur, se venger, faire des injustices; De la dévotion c'est là l'essentiel, desiiou- LiÊREs, ou P. de la Chaise. Celui qui a pénétré la cour connaît ce que c'est que vertu et ce que c'est que dévotion, et il ne peut plus s'y tromper, la BRUY. XIII. Faire servir la piété à son ambition, aller k .son silul par le chemin de la fortune et des dignités, c'est du moins jusqu'à ce jour le plus bel effort de la dévotion du temps, ID. ib. || 2° Pratiques de dévotion. En ces jours consacrés à la dévotion, Il faut mieux épurer l'oeuvre et l'intention, CORN. Imit. I, )». Pratiquant la dévotion de saluer les images de la Vierge, pasc. Proi'. t. Vous étiez en dévotion, sÉv. 37. Nous fîmes hier de grandes dévotions, m. 7«. On dit que vous [Commines] n'avez pas oublié mes petites dévotions [de Louis XI], surtout à la fin de mes jours. fén. t. xix, p. 388. Lorsque nous eûmes fait nos dévotions sur le tombeau de la vierge qui a mis au monde douze prophètes, MONTESQ. Lett, pers. 1. || Faire ses dévotions, remplir ses devoirs religieux à certaines époques de l'année. On m'a défendu de faire mes dévolions à la Pentecôte, sÉv. 188. Je ne fis point mes dévotions, ID. 232. H avait fait ses dévotions à la paroisse, BOSS. Letl.quiél. *I3.\\ Livres, tableaux de dévotion, livres, tableaux sur un sujet de piété. Je Us des livres de dévotion, sév. 432. || Fête, jeûne de dévotion, fête, jeûne qui n'est pas d'obligation. Beau- Tau, évêque de Tournay, publia des dévotions pour implorer la bénédiction de Dieu sur nos armes, stsiM. 208. 46. Il 3' L'ofîrande est à dévotion, on donne ce qu'on veut à l'offrande. || X l'offrande, qui a dévotion, c'est-à-dire que celui qui a dévotion aille à l'offrande, en d'autres termes, va qui veut à l'offrande. Il 4° Attachement comparé en quelque sorte à celui qu'on a pour les choses de piété. Ma dévotion pour vous est sans bornes. On peut aussi avoir de la dévotion pour son prince, desc. Pass. 83. J'aurai toujours pour vous, 6 suave merveille. Une dévotion à nulle autre pareille, mol. Tart. m, 3. || Être à la dévotion de quelqu'un, lui être entièrement dévoué. (Cette locution serait inintelligible si l'on ne remarquait que, tandis que ma dévotion pour vous signifie la dévotion que j'ai pour vous et a un sens actif, il est à tua dévotion a un sens passif et doit se comprendre de la dévotion qui est pour moi dans le cœur de la personne dont il s'agit). En la place de tous tant qu'ils sont, le courtisan ambitieux met des personnes à sa dévotion, balz. T duc. s. la cour. On lui manda que la ville était à sa dévotion, d'a- BLANCOtiRT, Arricn, liv. I, ch. e, dans bichelet. Il avait gens à sa dévotion , la font. Fér. Le portier est

fersonne Entièrement à ma dévotion, id. Comm. espr. Le peuple se flattait, ayant un consul à sa dévotion, de faire nommer les commissaires et de procurer enfin le partage des terres, vertot. Rétol. rom. m, p. 24». || Proverbe. Il n'est dévotion que de jeune prêtre, c'est-à-dire on fait les choses avec un grand zèle quand on est nouveau en quelque charge, en quelque profession.

— HlST. XII' s. En grant dévotion cele messe ad chaiit'^e, Eà Deu sun seignur ad sa cause mustrée, E pria qu'il le guard de maie destinée , Th. le mart. »6 Il xiii* s. Ensi le firent moult volentiers par tout l'ost, et pa' moult grant devocion le firent, villeh. Lxx. Parquoy cil qui venront à son autel , que il y eussent plus grant dévotion, joinv. 304. || xiv s. Sachent touz que nous à nostre amé et féal Jehan conte de Brelaigne et à ses hoirs, en nostre feauté et en nostre dévotion demouransà tous jours mais.... octroions, Ordonn. des rois de France, t. i, p. 32». Du sepoucre [ils] venoient acquerre le pardon, Ainsi qu'à pluseurs gens en prent devocion, Guescl.tHîi. Là prist à Bauduin grande dévotion D'aller outre la mer, sans nulle arrestison, Baud. de Seb. vui,707. Il XY"s. Le jour de la feste N. D. en mi aoust.... al-

lèrent «n pèlerinage à N. D. de Vregny.... Leur dévotion faite, ils vinrent en une taverne au dit Vregny, DU GANGE, devotiones. Et fit là en droit le roi dire grand foison de messes pouraccommiinier ceux qui dévotion en aurnient, fkoiss. i, i, 4<. Maint homme [les femmes] ont fait briser s'entencion. Que l'en tenoit de très ferme couraige , Et delaissier toute devocion. L'un par amours, l'autre par mariage, E. DESCH. Empire des femmes. Ainsi traversa le chevalier la rivière, et vint aborder à l'isle où il devoit combattre, et là sailli hors de son batleaii, vestu d'une longue robe de drap d'or gris fourrée de martres; il avoit sa bannerolle en sa main figurée de ses dévotions [images auxquelles il avait dévotion], dont il se signoit, OL. de la marche, Hém. liv. I, p. 297, dans lacurne. |{ xvi* s. Comme il estoiten dévotion sur certain poinctdela messe, mont. I, 254. Combien d'hommes, et en Turquie surtout, vont nuds par dévotion? id. i, 259. Les rivières, les passages, à sa dévotion, luy conduiroient et vivres et deniers, id. i, 366. Les tyrans ont ils jamais failli de trouver assez d'hommes vouez à leur dévotion? ID. n, 168. X Rome tout estoit quasi à sa dévotion [de Pompée], langue, 651. Quand toute leur puissance, qui se trouva très grande, et en bonne dévotion de bien faire, fut assemblée en un camp, amyot. Cor. 43. Estant tousjours prest à faire de bien en mieulx pour ceuliqui luy estoienl redev.ibles, à fin de les entretenir et garder tousjours en sa dévotion, ID. fiamin. 1. L'orateur Callistratus devoit plaider en jugement la cause d'Orupus, et attendoit un chascun en grande dévotion le jour de ce plaidoyer, ID. Démosth. 7. [Une chapelle] où mesme Soliman vint faire ses dévotions, d'aub. Ilist. i, 3i.

— ÉTYM. Provenç. devotio; catal. devociô; espagn. devocion; ital. devoiione; du latin devotionem (voy. dévot).

DÉVOUÉ, ÊE(dé-Tou-é, ée), part, passé. || !• Consacré par un vœu. Décius, dévuué suivant le lite, se précipita dans l'armée ennemie. Une jeune fille dévouée à la vie religieuse. Les Juifs massacrèrent les enfants et les femmes, parce qu'ils avaient été dévoués [dévoués à la mort), volt. Mœurs, 147. Victime dévouée à notre Etat vengé, id. Tancr. v, 4. Il 2* Disposé à tout pour le service, le salut de. Être dévoué à sa patrie. 11 lui est tendrement dévoué. 11 serait à désirer que ces horribles maximes ne fussent jamais sorties de l'enfer, et que le diable, qui en est le premier auteur, n'eût jamais trouvé des hommes as<:ez dévoués à ses ordres pour les publier parmi les chrétiens, pasc. Proi'. 14. Je ne sais s'ils nie blAment de vous aimer, mais sûrement ils ne me blâmeront pas d'être dévouée à vous, quand je vous aime, stael, Corinne, viii, i. || En parlant des choses, employé à. Tous vos moments sont-ils dévoués à l'empire? rac. Bérén. 11, 4. {{ Z' Je suis votre dévoué serviteur, votre tout dévoué, votre dévoué, formule de salutation, par laquelle on clôt une lettre dans la correspondance familière.

DÉVOUEMENT ou, comme quelques-uns écrivent, dit l'Académie, DÉVOÛMENT (dé-vou-man), s. m. Il 1" Action de dévouer. Le dévouement de la fille de Jephté. Ne m'aimeriez'-vous donc pas assez pour trouver du bonheur dans ma tendresse, dans le dévouement de tous mes instants? stael, Corinne, XV, 1. Il Action de se dévouer. Le dévouement des Spartiates qui se firent tuer aux Thermopyles. L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents On fait de pareils dévouements, la font. Fabl. vu, i. Ils n'ont point laissé sans punition ce crime solitaire au milieu de mille dévouements d'une tendresse sublime, séguh, Uist de Napol. x, S. |l 2° Par extension , disposition à servir quelqu'un , avec une abnégation personnelle. Acte de dévouement. Un dévouement sans bornes. Son dévouement pour sa famille. Et de mon dévouement vous me payez le prix, BRiFFAUT, Ninus, v, 7. || Agréez, recevez l'assurance de mon dévouement, une des formules de salutation, par lesquelles on clôt une lettre. Il Disposition à servir l'humanité, la société, à se sacrifier pour elle. La doctrine du dévouement.

— REM. L'Académie n'a pas de règle fixe pour écrire les substantifs venant des verbes en ouer: écrivant dénoûment sans écrire dénouement; secoûment sans écrire secouement; et, en sens inverse, ébrouement, échouement, etc. sans ébroûment, échoùment, etc. Au reste les deux orthographes sont bonnes.

— £TYH. Dévouer.

DÉVOUER (dé-vou-é), v. a. || 1* Consacrer par un vœu. Sénatus-consulie par lequel on dévouait aux Dieux infernaux quiconque passerait le Rubicon, MONTESQ. Rom. 1 1 . Je dévoue à l'exil ta tête crimi-

nelle, c. DELAV. Paria, iv, «. || Par imprécation. Dévouer quelqu'un à la haine, à l'exécration publique, apfieler sur lui la haine, l'exécration. || Dévouer sa tête, s'exposer résolument aux menaces, aux périls. Pendant cinq ans il dévoua sa tête aux fureurs civiles, boss. le Tellier. Ce moment vous dévoue à leur haine fatale, volt. Oreste, m, 2. i vos persécuteurs j'ai dévoué ma tète, lemehc. Frédég. et Bruneh. iv, 3. || Immoler en sacrifice. Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal. Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le mal, la kont. Fabl. vu, I. Il 2* Par extension, consacrer au service de.... par zèle, amour ou un motif quelcon(|ue. Vous lui dévouez vos personnes, et lui il se livre tout entier à vous, bourdal. Exhorl. Renouvel, des vœux, t. i, p. S6I. Il S" Se dévouer, v. réfl. Se consacrer par un vœu. Se dévouer à la vie mona.stii|ue. Je me dévoue à ces dieux immortels, rac. Brit. v, 8. || Fig. Lflche qui se dévoue aux amours de Tullie, volt. Catil. II , (. Il Se sacrifier par humanité, par patriotisme, par un motif quelconque. Codrus .se dévoua à la mort pour le salut de son peuple, boss. lUst. I, 6. (Elle) .Me vit, en reprenant cette place rendue, i mille coups mortels contre eux me dévouer, rac. Vilhr. 1, <. Achille fait ranger autour de votre fille Tous ses amis pour lui prêts à se dévouer, id. Iphig. V, 5. Il se dévoua pour son peuple dans une ba^ taille, FÉN. Tél. \a.

— KTVM. Dé.... préfixe, et vouer.

t DÊVOULOIR (dé-vou-loir), je déveux, tu déveux, il déveut, nous dévoulons, vous dévoulez, ils déveulent ; je dévoulais; je dévoulus; je dévoudrai ; je dévoiidrais; déveuille, qu'il déveuille, déveuillons, déveuillez, qu'ils déveuillent; que je déveuille, que tu déveuilles, qu'il déveuiUe, que nous dévoulions, que vous dévouliez, qu'ils déveuillent; que je dévoulusse; dévonlant; riévoulu, v. a. Cesser de vouloir ce qu'on voulait. Serait-il possible que celui voulût, qui peut dévouloir en un moment? halu. dans vaugelas, Bim.

— REM. L'Académie, dans ses Observ. sur Vaugelas, dit : « Dévouloir ne s'est point établi dans notre langue; c'est un mot factice qu'il faut éviter. » L'Académie se trompe; dévouloir n'est pas un mot factice; il est aussi ancien que la langue (voy. l'historique).

— HIST. XII* s. Et ce que Deus en apareille. Qui tote sainte ovre conseille. Ne devez desamonester, Nedesvoleir, ne destorber, benoît, (1439-42. Mais vostre lige chevalier Serrai ù que jo unqnes scie, Eisi [ainsi] que riens ne desvoldreie, Que vos pleûst à comander, id. ii, (972-5. || xiii" s. Se vous pais volés faire, jà ne le desvourons, Ch. d'Ant. v, («4. ....jeleurdi voir [vrai], nulle ne les desvneille, j. de MEUNG, Test. 1325. || XV* S. Ces capitaines ne se pouvoient accorder ensemble; car ce que l'un vouloit une semaine, l'autre ledevouloit, froiss. 11, m, 90. Il XVI* s. Un obstiné qui une mesme chose Veut et deveut cent fois en un instant, st-gelais, 4.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et vouloir.

DÉVOYÉ, ÊE (dé-vo-ié, iée, ou dé-voi-ié, iée),

part, passé. \\ 1° Mis hors du bon chemin. Dévoyé par son guide. || Terme de marine. Couples dévoyés, couples qui ne sont pas parallèles au couple de levée. H 2° Fig. Entraîné dans l'erreur. Erreur.... Que ces clercs dévoyés forment en leur cervelle, régnieh, Sat. a. En ce lieu où l'Église appelle ses enfants dévoyés, boss. lîgl. 3. || Substantivement. Ramener les dévoyés, ramener ceux qui ne sont pas dans la voie du salut. Priez pour l'Êgli.se et pour les dévoyés, BOSS. Lettr. abb. 264. || 3° Dévoyé, qui a le dévoiement. Destin soupa fort sobrement, et Mlle de la Rappiniére, tant qu'elle en fut dévoyée, scarron, Rom. com. i , 4.

DÉVOYER (dé-vo-ié; plusieurs prononcent dévoi-ié. L'i remplace l'y grec toutes les fois qu'il est suivi d'un e muet; je dévoie; je dévoierai), ti. o. Il 1° Écarter de la voie, du chemin à suivre. Ce guide l'a dévoyé. || Terme de charpenterie. Mettre quelque chose hors de l'équerre de son l'Ian.Jl Terme de marine. Dévoyer un vaisseau, détourner le.s couples d'un vaisseau, de manière qu'ils ne soient pas parallèles à la quille ou au couple de levée. || Terme de construction. On dévoieunechau.sse d'aisance, un tuyau de cheminée, lorsqu'on les détourne de leur aplomb. Il 2° Fig, Entr;itner dans l'erreur. Tu pleures sur les enfants du prophète que le déieslable OmAf a dévoyés, montesq, Lett. pers. (23. || 3° Causer la diarrhée. Il 4* Se dévoyer, v. réfl. S'égarer. Il s'est dévové en voulant prendre un chemin de traverse. Il Fig. Tomber dans l'erreur. Employez toutes vos forces à rappeler dans cette unité tout ce qui s'ea

Uà&

Page 1