DEX
tes ces paroles dites avec grâce et dextérité aux âmes qui sont simples, ont une merveilleuse force pour les reculer de toutes bonnes appréhensions [pensées], LANODE, 497.
— ÉTYM. Lat. dexterilas, de dexter, droit (voy. dextre). Dextérité était un néologisme au xvi* siècle; du moins H. Kstienne s'excuse de l'employer.
t DEXTIL (dèk-stil), ». m. Terme d'astrologie. Voy. PÉciL.
DEXTRE (dék-strO , adj. \\ !• Terme de blason. Le côté dextre, le côté droit. X dextre, à droite. || Terme de zoologie. Coquille spirivalve dextre, coquille dont le bord terminal se trouve placé à la droite de l'animal. Coquille univalve dextre, celle dont le sommet penche à droite, la coquille étant supposée sur le dos de l'animal. || 2* Adrmt. Il est dextre et agile. Vieilli en ce sens. || 3* 5. f. lA main droite. Et de tant de ligueurs par sadextre vaincus, Régnier, ÉpU. i. Vous ses premiers sujets qu'attache à son côté La splendeur de la race ou de ladignité.Vousdignes commandants, vous dextres aguerries. Troupes aux champs de Mars dès le berceau nourries, corn. Victnires rfu roi. Dieu, qui nous a prêté sa dextre triomphante, Dans un cœur rafTermi ne laisse plus d'elTroi, flor. chrét. Jephté, I, 3. X quoi peut-on attribuer un changement si heureux qu'à la dextre du Tout-Puissant, maucroix. Schisme, liv, m, dans richelet. Il tira du manteau sa dextre vengeresse, boil. Lutr. y. Il Peu usité, et ne l'étant d'ailleurs que dans le style élevé et surtout quand on parle de la main de Dieu, ou dans le style héroï-comique et par ironie, comme dans l'exemple de Doileau. |{ 4* Le côté droit. La ville marcha après la chambre des comptes du côté senestre, la cour de pailement et des aides tenant la dextre, ST-siM. 448, 206. || Tombé en désuétude en ce sens.
— IIIST. XI* s. Dist Blancardins : par ceste meie destre.... Ch. de Roi. iv. Garde [il regarde] suz destre parmi un val herbuz, i6. Lxxviii. Li empereres lui tent son gant le destre, ib. xxv. 1| xii* s. En la main destre, Rone. p. ï4. X tel sacre ne dut prodome mètre destre, 17». le mart. (27. ||xm* s. X destre età senestre moutsouvent [elle] regardoit, Berte, xxviii. Uns rainsiaiis l'ot ateinte parmi sa destre joue, ti>. xxxiii. Il xiv s. Nous voion que, par nature, la main dextre est la meilleur et la plus vigoreuse, oresme, Elh. (56. Aucune foiz, quant il les cuide mouvoir à dextre, il tournent pour la maladie à senestre, id. il». 3|.|| xV s. Et toujours leur venoient gens à dextre et à senestre de tous costés, froiss. I, I, (9. Et n'ay point souvenance d'avoir veu plus sage gentilhomme nemieulx à dextre pour conduyre grans matières, comm. v, (6. || xvi* s. Il le faisolt coiirtourner en ung cercle, tant à dextre comme à senestre. hab. Garg. i, 23. Jeune, guallanl, bien à dextre, hardy, id. tb. i, 26. Amour a fait ma langue desployer. Et ma main dextre à t'escrire employer, HAROT, i, 325. Il me disoit en me tenant la dextre, id. II, (06. Les dames sont comme un petit sion. Oui tousjours ployé à dextre et à senestre, id. ii, 393. Je te prie et te conjure par la révérence que tu doibs à ceste grande lumière du soleil, et à la dextre royale, que tu me dies la vérité, ahyot, Alex. 66. Le flatteur est soupple et dextre à se transmuer en toutes similitudes, id. Comrrietit discerner le (latt. ( ( . Le plus honneste et le plus dextre moyen de le faire, en ce cas, est, quand celuy qui reprend s'enveloppe luy mesme en ce dont il accuse les autres, id. ib. 57. François premier de ce nom, de bonne grâce, bien parlant, dextre de sa personne, FR. db bosnivahd, dans Bibl. des Chartes, 2* série, t. Il, p. 394.
— ÊTYM. Provenç. destra, dextra; espagn. et ital. destra; du latin dexter, signifiant qui est à droite et qui a de la dextérité, et présentant la forme comparative d'un radical des qui se trouve dans le grec Sc^oi; et le sanscrit daxa.
DEXTREMENT (dèk-stre-man), adv. Avec dextérité. Manier dextrement les desseins de nos princes, RÉGNIER, Sal. XIV. Vous coupez dextrement les trois peaux qui l'enveloppent, desc. Diopt. 6. Un peintre peignit un rideau si dextrement qu'on s'avisa de le tirer, d'ablancourt, i4pop/>(/i. dans richelet. C^ntelui dextrement le naturel des femmes, corm. Menteur, IV, 8. Sans rien mettre au hasard, je saurai dextrement Accorder vos soupçons et son contentement, iD. Médée, iv, 4. Un médecin assez industrieux pour manier dextrement une partie et si malade et si délicate, boss. dans la paye, Dict. de Syn. p. 647. Rcsen alla trouver la roi, s'excusa, et s'en tira si dextrement qus le roi ne put lui savoir mauvais gré, st-sim. (08, («6. Apprends-moi l'art de tromper dlextremaat, i. b. booss. Allégorie du Masque de Lavemt.
DTA
— HIST. xn» s. n se savolt dextrement accommoder à toutes compaignies, amtot, Péric. ». Il se porta fort sagement et dextrement en cesl office, ID. P. Mm. 5». Il s'aidoit dextrement bien de la halebarde, carl. vi, t.
— ÊTYM. Dextre, et la suffixe ment.
t DEXTRINE (dèk-stri-n'), ». f. Terme de chimie. Matière de nature gommeuse, en laquelle se transforment les globules d'amidon sous l'influence des acidM, des oxydes, de la diastase, etc.
— ÊTYM. Lat. dextra, dextre, main droite, à cauFa que la dextrine fait tourner à droite plus que toute autre substance le plan de polarisation de la lumière; ce qui la distingue de la gomme.
t DEXTRINE, ÊE (dèk-stri-né, née), adj. Enduit de dextrine. Bandage dextiiné.
i DKXTRINiyUE (dèk-stri-ni-k'), adj. Qui dépend de la dexinne. Catalyse dextrinique.
t DEXTROCllEUE (dik-slro-kè-r*), ». m. Terme de blason. Bras droit représenté dans un écu avec la main, et par opposition à senestrochèra, qui se dit du liras gauche.
— ÊTYM. Bas-lat. dextrochtrium, de dexter, droit, etx«'Pi main.
t DEXTROGYRE (dèk-stro-ji-r"), ad]. Terme de physique. Oui dévie à droite le plan de polarisation. Substances dexirogyres.
— ÊTYM. Lat. deiter, droit, et gyrare, tourner, t DEXTRO-VOLUBILE (dèk-slro-vo-lu-bi-1') , ad;.
Terme de botanique. Volubile à droite. Us tiges dextrovolubiles sont celles qui se dirigent eu montant vers la droite, c'est-à-dire de gauche à droite. Le chèvre-feuilie est dextro-volubila.
— ÊTYM. Dextre, et volubile.
DEY (dé), ». m. Titre du chef barbaresque qui gouvernait la régence d'Alger.
— ÊTYM. Turc day ou dey, oncle maternel (comp. le Journal asiatique, janvier i802, p. 85. Ce litre était anciennement porté par les souverains d'Alger qui gouvernaient sous la protection d'un paclia.
^ (. DI.... préfixe grec qui vient deSUi et qui signifie deux fois.
f 2. DI.... préfixe latin équivalent à di».... et signifiant séparation, éloignement, etc.
DIA (dia), expression invariable. Cri des charretiers pour faire aller les chevaux à gauche. |{ Fig. Il n'entend ni à hue ni à dia, ni à dia ni à huhau, on ne peut lui faire entendre raison. || L'un tire à hue et l'autre à dia, l'un tire à dia et l'autre à buliaii ou hurhaut, se dit de deux personnes qui, agissant en sens contraire, se nuisentau lieu de s'aider. Et l'on voit que l'un tire X dia, l'autre à hurhaut. MOL. le Dépit, IV, 2.
— HIST. XVI' s. Qui te mèneront à dy ay et hori ho, NOEL DL'FAiL, Contes d'Eutrap. ch. ii.
— ÊTYM. Breton, dia, dias, dil>ai, dicha, déha, dia; dérivés de diou, dihou, déhou, qui est à droite; gallois, dc^ou,- irl. deas, adroite; du même radical que le latin dexier (voy. dextre).
t DIABASE (di-a-ba-z'). |1 1" S. m. lerme de zoologie. Genre de diptères, de conformation intermédiaire entre les taons elleschrysops. \\i'S. f. Terme de minéralogie. Synonyme de diorite.
— ETYM. A.ââaot;, passage, de 5ià, et pàai(, action d'aller, base (voy. base) ; dénomination qui vient de ce que les diaba.ses [diptères] sont des passages, des intermédiaires. Quant à la diabase, roche, ce mot, mal fait puisque l'auteur, M. Brongniart, avait voulu qu'il signifiât roche à deux bases, fut abandonné par M. Brongniart lui-même.
DIABÈTE (di-a-l)è-t]), ». m. || 1' Terme de physique. Vase muni d'un siphon, et d'où la liqueur s'écoule tout entière dès qu'on le remplit jusqu'au bord. On l'appelle aussi vase de Tantale. || i' Terme de médecine. Maladie caractérisée par l'émission d'une urina abondante et contenant une matière sucrée.
— ÊTYM. Aii6iitn; de SiaSoiveiv, traverser, de 8ià, à travers, et ^oiveiv, aller (voy. base, et je Vais). Dans le sens médical, diabète exprime le passage incessant d'une urine qui abonde.
DUBÊTIQUE (di a-bé-ti-k) , adj. || 1' Terme de médecine. Uni tient du dial>ète. Une alTection diabétique. Il ï' Oui est afl'ect* du diabète. ||SubsUntivement. Un diabétique.
— ÊTYM. Diabète.
t DIABÉrro.MË:TRE (di-a-bé-to-mè-tr*), ». m. Modification du polariniètre qui permet de déceler la présence du sucre dans les urines, et d'en déterminer les proportions.
— ÊTYM. Diabète, et mitre, mesure.
DIABLE (dia-bl'; en vers, diable est aujourd'hui
de deux syllabes ; il était jadis de trois) , », m.
DU
Terme de théologie. || 1* Le principe du mal moral en général. Le diable tenta nos parents dans le paradis terrestre. || Ce nom est devenu celui des anges déchus; il implique toujours une idée de malice; mais comme, à côté de la malice, le diable peut avoir certaines qualités, diable a fini par exprimer ces qualités, mais loujonrs avec un peu de moquerie et dans le style familier. || 2" Par antonomase, Satan, le prince des mauvais anges. Eh! quel objet enfin à présenter aux yeux Que le diable toujours hurlant contre les cieuxî boil. Art poét. m. Il Avocat du diable, celui qui est chargé, dans la chancellerie romaine, de contester les mérites d'une personne dont la canonisation est proposée; et aussi f'un des deux interlocuteurs dans les conférences religieuses faites sous forme d'un débat simulé. Il Ne craindre ni Dieu ni diable, n'être arrêté par aucune crainte. || Brûler une chandelle au diable, flatter un pouvoir injuste pour en obtenir quelque chose. Il Le diable est bien fin, se dit par avertissement à une personne pour qu'elle prenne garde à elle et qu'elle ne se laisse pas aller aux tentations, ni séduire ni suborner. || Cela se fera à moins que le diable ne s'en mêle, c'est-à-dire pour peu qu'il n'y ait pas impossibilité. || Cela ne se fera pas si le diable ne s'en mêle, c'est-à-dire s'il ne survient pas quelque facilité inespérée. {| Le diable n'y verrait goutte, se dit d'une affaire bien embrouillée. || Fi au diable! exclamation de mépris, d'aversion, de chagrin. |1 Dans le même sens. Le diable s'en pende I Il Crever l'œil au diable, faire quelque chose en dépit de l'envie, s'avancer malgré les envieux. || Moucher la chandelle comme le diable moucha sa mère, Steindre la chandelle, ou bien couper le lumignon si bas que la chandelle s'éteigne. Locution qui vient, dit-on , de ce qu'un scélérat nommé Le diable, ayant demandé à voir sa mère avant d'être exécuté, lui emporta, en l'embrassant, le nez avec les dents, lui reprochant la mauvaise éducation qu'il avait reçue d'elle, ou plutôt de ce que le diable, sous prétexte de moucher sa mère, lui fait quelque mauvais tour. || Loger le diable dans sa bourse, n'avoir pas le sou. Un homme n'ayant plus ni crédit ni ressource, Et logeant le diable en sa bourse , C'està-diren'y logeant rien, lafont. Fo6J.ix,)6.|| Veuille Dieu, veuille diable, je le ferai, c'est-à-dire malgré tous les obstacles. Soyez sûr, quelque chose qu'ils fassent, qu'homme. Dieu, ange, ni diable ne m'en feront pas dire davantage, d'alembert. Lettre à FotetVe, 20 janv. (768. || Quand le diable y serait, malgré tout. Quand le diable yserait, vous ne me feriez pas croire cela. || Populairement. Le diable bat sa femme et marie sa fille, se dit quand il pleut et qu'il fait du soleil en même temps. || 11 n'est pas plus dévot que le diable n'est saint, se dit d'un homme tout à fait indévot. || Le diable n'y perd rien, se dit d'une personne qui ne maîtrise ou ne contient ses sentiments qu'en apparence ou passagèrement, et aussi d'une personne qui dissimule ses souffrances. Vous saviez bien que vous seriez vengé sans coup férir, et que le diable n'y perdrait rien, p. L. COUR. I, 57. Il Le diable ne le lui ferait pas faire, ne l'en ferait pas démordre, se dit d'un homme entêté, obstinément attaché à ses sentiments. || Pont du diable, pont hardi, de construction moderne , jeté sur la Reuss. || Pont du diable. Passage du diable, sont les noms de quelques localités de difficile accès. Il Terme de musique. Sonate du diable, ainsi dite en raison d'une vision du diable en rêve qu'eut le musicien Tartini, sonate hérissée de difficultés. || Il fait comme le valet du diable, il est comme le valet du diable, se dit quand quelqu'un fait plus qu'on ne lui commande. Vous faites l'office du diable quand vous voulez faire plus que je ne vous demande, MAiNTENON, Lettre à Mme de Caylus, t. vi, p. 6, dans POUGENS. |l C'est la poupée du diable, femme mal habillée, sale. || Le diable était représenté dans le moyen âge avec une queue et des cornes; de là quelques locutions. || Tirer le diable par la queue, être dans une position gênée. Si je faisais des vers aussi bons.... je ne serais pas réduit à tirer le diable par la queue, scarh. Rom. corn. ch. n. || Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un grand mangeur. || 3» En général, nom des anges rebelles précipités avec Satan dans l'enter, depuis le prince jusqu'aux plus infimes. Les diables de l'enfer. || Fig. Comme diahie en miracle ou en miracles, sans raison. Le personnel entre le cardinal de Noailles et les évêques de la Rochelle et de Luçon, où celui de Gap s'était fourré depuis comme diable en miracles, ST-siM. 3)5, to» Il Être battu du diable, être sans repos. [ Tallard ] Beaucoup d'esprit et de grâce dans l'esprit, mais sans cesse battu du
DU
diable par son ambition, s"s vues, st-sim. H«, 44. Il Le diable était beau quand il était jeune, c'est-àdire la jeunesse a toujours quelque beauté, même ilans les personnes laides. || La beauté du diable, les seuls attraits de la jeunesse. || Par forme de serment. Je n'en ferai rien de par tous les diables. Elles sont toutes dérangées de par tous les diables, REGNAHD, le HetouT t'mpr. se. 9. || Les diables bleus, nom que les Anglais donnent à une sorte de mélancolie, de vapeurs. || Être possédé du diable, avoir, selon la croyance de l'Église catholique, dans le corps un diable qui se substitue à la volonté de l'individu et parle et agit pour lui. Les diables qui possédèrent les religieuses de Loudun. Et, figurément, être livré à des passions violentes, à une excessive ardeur. || Fig. Avoir le diable au corps, être vif,
emporté, vigoureux, passionné Avez-vous le
diable dans le corps, Pour ne pas succomber à de pareils efforts? mol. Coc. imag. u,i. Je pense, sauf correction, qu'ilale diable au corps, id. l'Avare,
I, 3. Votre Durance a quasi toujours le diable au corps, sËv. 366. Il a le diable au corps, rac. Plaid.
II, t (. Elle a le diable au corps pour la danse, ha- MiLT. Gramm. 7. || Avoir le diable au corps, exceller en certaines choses de courage, d'adresse, de talent, d'esprit. Ou, comme Michel-Ange, eût-il le diable au corps, bégnier, Sal.xi. || Être croustilleux. Segrais nous montra un recueil qu'il a fait des chansons de Blot; ces chansons ont le diable au corps; mais je n'ai jamais vu tant d'esprit, sÉv. 49. Il 4° C'est le diable à confesser, se dit d'un aveu difficile à obtenir, d'une chose presque impossible. Il C'est le diable 1 Voilà le diable! C'est là le diable! se dit de ce qu'une chose présente de fâcheux, de difficile. Mais le diable est que nous n'avons point d'argent, REGNARD, Sérénade, se. 8. Entre tant de parents ce serait bien le diable, S'il ne s'en trouvait pas quelqu'un de raisonnable, m. Légat, m, 6. Mais voyons donc enfin ce que j'ai fait écrire. — Ah! voilà bien le diable.... id. tb. v, 7. Amoureux et gueux, ces deux qualités, qui séparément ne sont pas fort bonnes, c'est bien le diable quand le hasard les met ensemble, dancourt, Cur. Compiègne, se. 3. Il 5° Donner son âme au diable, faire un prétendu pacte avec le diable, qui, en retour de l'âme qu'on lui abandonnait, assurait pendant un certain temps au contractant la richesse, la puissance, les plaisirs. Faust avait vendu son âme au diable. || Fig. Se donner au diable, se désespérer. Cela me ferait donner au diable. || Se donner à tous les diables, éprouver une excessive impatience. || Se donner au diable, prendre beaucoup de peine. Vous avez fait ce coup sans vous donner au diable, mol. l'Étour. Il, t4. Il II ne faut pas se donner au diable pour faire cela, c'est-à-dire la chose n'est pas difficile. Il Je me donne au diable; je veux que le diable m'emporte si.... le diable m'emporte si.... ou, simplement, du diable si.... au diable si.... locutions qu'on emploie, par forme de serment, pour nier ou pour affirmer. Vous venez de Poitiers ou je me donne au diable, corn, le Ment, i, 3. Mes gens se donnent au diable qu'il n'y a pas dix écus dans la maison, HAMiLT. Gramm. 2. Je me donne au diable si dans quinze jours.... id. ib. 4. Je me donne au diable si on me voyait.... m. «6. 7. Diable emporte si je le suis [médecin], mol. Méd. m. lui, i, «. Diable emporte si j'entends rien en médecine, id. t'b. m, t. Je veux que le diable m'emporte, si je comprends rien à ce génie, à ces lauriers, à cette épée, Diderot,.Sa(on de t767, Œuvres, t. xiv, p. 86, dans POUGENS. Il 6° Il se dit par forme d'imprécation, d'aversion, de répulsion, d'impatience. Envoyer au diable, à tous les diables, à tous les cinq cents diables. Donner au diable. Qu'il s'en aille au diable, à tous les diables I Au diable l'importun! Puissiezvous être à tous les diables! mol. Préc. se. t9. Nous donnerions tous les hommes au diable, id. Amih. II , 6. Matta le donnait au diable avec ses Allobroges, HAMILT. Gramm. 4. Il ne voulut pas se confesser et envoya tout au diable, sÉv. 442. J'ai donné, de fureur, tout le festin au diable, boil. Sat. m. Je donnais au diable toute cette maudite cohue, J. J. Rouss. Conf. m. i moins de douze couplets, Au diable une chansonnette! bérang. Margot. \\ 7° Être au diable, être on ne sait où, fort loin. Il m'a fait aller au diable vauvert (et non, comme on dit communément, par erreur : au diahie au vert; voy. vauvekt), il m'a fait aller très-loin. || 8° S'en aller au diable, à tous les diables, être perdu sans retour. L'affaire s'en va au diahie. Il faudra, si je veux, Que le manteau s'en aille au diable, la pont. Fabl. vi, 3. Si vous ne daignez vouseninformer, leTempleduGoût iraàtouslesdiables, voLT.L«lt. envert etenprose,i!>.
DTA
Tout va au diable, mes anges, et moi aussi, id. Lett. d'Argental, 4 mai (767. || Être au diable, à tous les diables, être perdu sans retour. Mon projet est à tous les diables. Les affaires de Bohême ont bien changé de face depuis un mois; voilà, je crois, ma pension à tous les diables; mais j'en suis d'avance consolé, d'alembert, Lett. à Voltaire, 2t juillet 1 757. Il Envoyer au diable, à tous les diables, perdre, dissiper. Il envoya les marquisats au diable, la FONT. Faucon. || 9° Faire le diable, le diable à quatre, faire grand bruit, grand tumulte, se donner beaucoup de mouvement pour une chose. Je m'en irais chez eux faire le diable à quatre, hautercche, Soup, mal appr. se. 3. Oui, l'autre moi, valet de l'autre vous, a fait Tout de nouveau le diable à quatre, mol. Amph. m, 8. Coudoyez un chacun; point du tout de quartier; Pressez, poussez, faites le diable, ro. Remerdment au roi. Je ferai le diable à quatre, pour faire accepter sa pancarte, volt. Lett. en vers et en prose, t85. || Faire le diable contre quelqu'un, lui faire le plus de mal qu'on peut. Il Dire le diable contre quelqu'un, en dire beaucoup de mal. || 10° Cela ne vaut pas le diable, cela ne vaut absolument rien. || 11° Diable, employé comme complément déterminalir,e.st augmentatif et signifie extrême, excessif. C'est un désordre du diable. Je lui veux un mal de diable. Avoir une peur de diable. Il fait un froid, un vent de tous les diables. || 12° Suivi d'un complément déterminé, diable signifie singulier, bizarre, méchant, dangereux, etc.; ou plutôt, gardant Sa signification propre, il se construit avec la préposition de et un substantif, comme bonhomme, faquin, coquin : ce bonhomme de paysan, coquin de valet (voyez, pour cette construction, la préposition de au n° 3). Ua diahie d'homme. Ces diables de gens. Un diable de ménage, corn. Suite du Ment, i, 4. Quel diable dâ jargon entends-je? mol. les Préc. 5. Et tu m'oses jouer de ces diables de tours! id. Sgan. «. Quel diable de babillard! id. Mar. forcé, 6. Quel diable de langagf est-ce là, id. Méd. m. lui, ii, 6. Ayez le temps de me mander si vous vous mettez sur ce diable de Rhône, sÉv. 46 Un diable de neveu Me
fait par ses écarts mourir à petit feu , piron, Métrom. II, l. De vos diables de vers détestant la manie, m. ib. I, 8. Mon diable d'homme qui craignit qu'elle n'en parlât pas à son gré, l. j. rouss. Confess. ii. Que voulez-vous! ce diable d'homme a toujours ses poches pleines d'arguments irrésistibles, beaum. Barb. de Sév. IV, 8. Il On remarquera que, en cet emploi, diable, si le substantif construit est féminin, devient adjectif. Cette diable de femme. Quelle diable de cérémonie I HAMILT. Gramm. 4. || 13° Personne trèsméchante, emportée, ou bien d'une turbulence, d'une pétulance extrême. C'est un diable, un vrai diable, un diahie incarné, un petit diable. Elle compte que je serais un diable dans le monde, hamilton, Gramm. 3. Comme sur les maris accusés de souffrance. De tout temps votre langue a daubé d'importance, Qu'on vous a vu contre eux un diable déchaîné. Vous devez marcher droit pour n'être point berné, mol. Éc. des femm. i, i. C'en est fait, je renonce à tous les gens de bien ; J'en aurai désormais une horreur effroyable. Et m'en vais devenir pour eux pire qu'un diable, id. Tart. v, l. Et je ne vis de ma vie Un dieu plus diable que toi, m. Amph. m, 10. Une autre fois quelque diable fit une satire cruelle sur Madame, le comte de Guiolie, etc. stsim. 92, 208. Je ne laisse pas, tout diables qu'ils sont [vos enfants], de leur enseigner quelquefois des polissonneries de mon temps, p. l. cour. Lett. ii, 77. Il Un méchantdiable, un mauvais homme. ||LesmilIe diables, fameux voleurs du xvi* siècle. || Diablenoir, ancien sobriquet desreîtres. || 14° Comme le diable, à côté de sa malice, peut avoir quelque qualité, diable a été pris pour exprimer quelque chose de peu blâmable, ou même quelque chose de louable. 1 1 Un grand diable , un homme grand et dégingandé. Il Un grand diable, se dit aussi de choses qui sont très-longues. L'archevê(iue vient de faire contre lui [J. J. Rous.seau] un grand'diable de mandement qui donnera envie de lire sa profession de foi à ceux qui ne la connaissent pas, d'alembert, Lettre à Voltaire, 8 sept. t762. || Un bon diable, un homme facile, de joyeuse humeur. Il me parut, comme à vous, un assez bon diable, et d'ailleurs je lui trouvai quelques connaissances mathématiques, d'aleub. Lettre à Voltaire, 22 déc. 4759. I| Un pauvre diable, une personne misérable, une personne àplaindre. Voilà un pauvre diable de mari en bonne main! dancourt, Moul. Javelle, se. 6 C'est qu'il est incroyable Que moi, qui près de vous ne suis qu'un oauvre diable • Sois plus heureux pourtant...