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gravir des monlatines, marcher s;ins cesse ilans dps gorges et des défilés, raynal. ib. vu, 5. |{ 3' Qui donne peine, eiïort, labeur. Un travail difficile. Un problème difficile à résoudre. Un auteur, un texte difficile. De si hautes leçons, seigneur, sont difficiles, CORK. Serlor. m, ». lA musique aujourd'hui n'est plus que l'art d'eiécuter des choses difficiles, et ce qui n'est que difficile ne plaît point à lii longue, VOLT. Candide, 2». || 4* Oui donne du tourment. Nos passions avaient été difficiles et pénibles; notre vertu devient commode et tranquille, hass. Car. Passion. J'ai lieu de soupçonner qu'elle est dans une situation difficile, Marivaux, Marianne, XI* part. Il Temps difficiles, les temps de troubles, de misère et de guerre, durant les(|uels les gouvernements ont peine à régir les peujiles, et les particuliers à se conserver dans leur état et à vivre. Qu'on dise après cela que les temps sont difficiles, (ju'on a bien de la peine à se maintenir dans son état, BOUHDAL. 3* dtm. après l'dq. Uominic. t. il, p. 401. Il 6* Homme difficile, difficile k vivre, homme d'un caractère exigeant, cipricieux, peu liant, peu accommc^ant. Depuis quelque temps vous devenez si difficile à servir, babom. Homme à bonnet fort. I, «. Il fut, quelque temps après, obligé de répudier Azora, qui était devenue trop difficile à vivre, volt. Zadig, 3. || Cheval difficile, cheval ombrageux. || Cheval difficile à ferrer, cheval qui résiste quand on veut le ferrer. || Fig. Il est difficde à ferrer, se dit d'un homme qui se laisse difficilement persuader, conduire. || 6* D'une délicatesse exigeante. Etre difficile sur tout. Difficile sur le ithoix des mots. Ne soyons pas si difficile»; Les plus accommodants, ce sont les plus habiles, la FONT. Fabl. vu, ♦. L'ordinaire destin des beautés difficiles Est d'avoir des retours de chagrins inutiles, BOURSAULT, Ésope à la cour, i, ♦. Je crains furieusement le chagrin où vous met votre maladie, et qui vous rendrait peut-être assez difficile pour ne rien trouver de bon dans mon ode, rac. Lettres à quelques amis, m. Peut-être trop d'amour me rend trop difficile, ID. Baj. i, 3. Le roi est content de vous; mais cela ne suffit pas; il faut que Dieu le soit au<!si , et il n'est pas plus difficile que les hommes, maintenon, Lett. à d'Àubigné, lu oct. <e86. Je savais qu'elle était difficile en conversations et qu'elle avait droit de l'être, }. i. rouss. Confess. x. Il ne faut pas être difficile sur les repas, lorsqu'on est si près de Sparte, chatbaub. /tin. 30. Il Substantivement. Faire le difficile. Oue si les Luthériens font encore ici les difficiles et ne veulent pas se laisser persuader aux sentiments de Calixte, qu'ils nous montrent donc ce qu'a fait depuis Luther l'Eglise romaine pour déchoir du titre de Traie église, soss. Yar. xv, $ 4a». || Proverbe. Jeunesse est difficile k passer, c'est-à-dire dans la jeunesse on a bien de la peine à modérer ses passions.
— REM. Avec le verbe être se rapportant l un su jet déterminé, di7/îctY« veut d devant les verbes: 11 est difficile à contenter. Mais quand le verbe être est pris impersonnellement, il faut mettre de : Il est difficile de bien écrire.
— HIST. XV* s. Ce qui me sembloit mal-aisé à faire, mais je ne vouloye rien rompre, ne faire difficile, COMII. vui, 7. ||xvi*s. Il pourroit sembler à aucuns que ceste superbe nation feroit la difficile à entrer en alliance avec les chresliens; mais c'est au contraire, langue, 37). Ce grand mal si enraciné est difficile à arracher, id. 26B. Et m'ayant dit qu'il estoit difficile & vomir, je luy conseillay qu'il crapulast [s'enivr&t], par£, xxi, 44.
— ÊTYM. Provenç. difficil; espagn. dificil; ital. difficile; du lalin difficilit, de di.... préfixe, et ficilis pour facilis, de facere, faire. Si le mot était ancien, il aurait, à cause de l'accent latin difficilis, la forme difeile, comme fraile, de fragilii.
DIFFICILEMENT (di-fi-si-le-man) , adv. Avec difficulté, avec peine. Tout va bien ; c'est moi qui vous le dis, moi qui espère si difficilement, maintenon, Lett. d'Àuhigné, 4« oct. 4872.
— REM. Quelquefois on le met au commencement de la phrase, mais alors on place d'ordinaire le pronom, sujet du verbe, après son verbe: Difficilement trouvera-t-on des gens qui veuillent.
— ETYM. Difficile, et le suffixe ment; provenç. dificilmpvt; espagn. dificilmente ; ilal. difficilmente.
DIFFICULTE (di-fi-kul-té), s. f. || f Qualité de ce qui est difficile. La difficulté des chemins. La difficulté d'un travail. La difficulté d'un problème. On dira que je cède k la difficulté, mol. l'Étour. m, 4. J'avoue, en la commençant [l'histoire des malheurs d'Henriette], que je sens plus que jamais la difficulté de mon entreprise, boss. Reine d'An-
ç/lrl. ïélém.T]UP. trouva de grandes difficultés pour se ménager parmi tant de rois jaloux, rtti. Tél. xvi. Il Manque de facilité. Il ne parle qu'arec difficulté. C« blessé é|>rouve de la difficulté à marcher. || %' Chose difficile. Je crus donc qu'il [le cardinal de Richelieu] surmonterait toutes sortes de difficultés, et que celui qui avait pris la Rochelle malgré l'Océan, prendrait encore bien Corbie en dép t des pluies et de l'hiver, von. Lett. 74.. ..les difficultés sont le champ des vertus, rotbou, Teneesl. ii, 3. Et les difficultés dont on est combattu Sont les dames d'atour qui parent la vertu, «OL. l'Étour. v, 4 1. || Obscurité d'un texte. Les difficultés de Thucydide. Il Passage difficile d'un morceau de musique. Les difficultés de cette sonate. || 3" Traverse, opposition. Je n'y vois point de difficulté. Une grave difficulté. Celte affaire est pleine de difficultés. Apporter une difficulté. Il passa pardessus la difficulté. Faire naître des difficultés. Les hommes.... sont..., si hérissés de difficultés.... que je ne sais par où et comment se peuvent conclure les mariages, les contrats, les acquisitions, la paix, la trêve, les traités, les alliances, la bruy. xi. Il y a de nouvelles difficultés sur la paix; je la recommande à vos prières,
MAINTENON, Lrtt. OU CCrd. de NooHlet, 4 8 oct. 4 897.
Il Cela peut sou ffrir, peut éprouver des difficultés, de grandes difficultés, c'est-à-dire il est possible que la chose dont il s'agit soit empêchée, ne réussisse pas. Dans le sens contraire, cela ne reçoitpas, ne soufTre point de difficulté. || Cela ne fait aucune difficulté, je n'y vois point de difficulté, il n'y a pas de difficulté, locutions qui s'emploient familièrement pour exprimer l'acquiescement. || i* Objection, chose embarrassante. Les difficultés qui pouvaient m'être faites par les athées, desc. Bép. ii. Hais avant que d'entrer en ces difficultés, Soufîrez que je réponde i vos civilités, corn. Sertor. m, s. J'ai besoin dd* conseil dans ces difficultés, id. Hirael. n, 7. Il me vientune difficulté dans l'esprit, pasc. Prov.6. l'our lever les plus grandes difficultés, id. «6. «. Que est éclaircissement était nécessaire et qu'il lève do difficultés! ID. ib. 4 8. Nous avons résolu les deux premières difficultés, BOSS. Or. s. Ce qui tranche, en un mot, toute difficulté, id. Hist. i, 7. Dieu a tranché la difficulté, id. ib. ii, 4. Une autre fois l'un du conseil des douze élève une difficulté ; et, comme on ne tombait pas d'accord, il propose de la consulter en Sorl)oniie, anquet. Ligue, m, 200. Malgré toutes les difficultés que le mal répandu sur la terre fait naître dans mon esprit, je m'affermis pourtant dans l'idée qu'un Dieu préside à notre globe, volt. Dial. XXIX, 6. Couvrez le reste de la toile, et cette figure ne vous montrera plus qu'un pharisien qui propose quelque difficulté à Jésus-Christ, Diderot, Salon de 4786, (Jliuvres, t. xiii, p. 22, dans pougens. L'éclaircissement d'une difficulté dépend souvent de la solution d'une autre, et celle-ci d'une précédente, bern. de st-pierrb. Chaumière ind. Il Faire de la difficulté, faire difficulté, être sujet à objection, en parlant des choses. Je ne présume pas tant de moi que de croire pouvoir prévoir tout ce qui pourra faire de la difficulté à un chacun, desc. Médit. Préf. 40. Il Faire difficulté de quelque chose, élever des objections k rencontre, y avoir de la répugnance; éprouver du scrupule à s'en mêler. Vous ne faites pas difficulté de permettre l'autre, pasc. Prov. 4 3. M. Arnaud ne fera pas de difficulté de l'admettre, id. ib. 48. Les difficultés qu'ils ont faites de les recevoir, id. ib. Vous n'en devez faire aucune difficulté, s6v. 408. Je ne fais nulle difficulté de TOUS parler des Rochers, id. 225. Le sénat ne fit point difficulté de leur déclarer, BOSS. Ilist. III, 8 Je ferais quelque difficulté D'abaisser j^sq^c-l,^ votre séviVi!(i, RAC. Prit, m, 1. (Jii dit qu'uu }>ape, pénûlrô de son incapacité, fit d'abord des dlfticult^s infinies, muntesq. E'pr. 11, 6. Il i» Différend, contestation. Avoir une difliculte avec quoiqu'un. \\ t» Sans difticulté, ioj. iilv.
Sans einpéctieincnt, sans faire doiyootions Et
je tiens, quant à moi, ^ue tous tais sorls sont recettes frivoles; Frivoles sont, c'est sans diflicuil^i, LA font. Or. Elle était, sans difficulté, la plus ancienne Tille du monde, boss. Bonté, 2. J'ai des amis, je les conserverai , puisqu'ils n'auront rien à me disputer; je n'aurai jamais d'humeur avec eux ni eux avec moi, cela est sans difficulté, volt. Memnon. Il Proverbe. Cet homme est le père des difficultés, c'est-à-dire il fait naître sans cesse des difficultés, on ne peut rien conclure, terminer a'ec lui.
— SYN. DiFFicuLTê, obstacle. La difficulté implique qu'une chose est difficile à faire. L'obstacle n'implique pas cette idée et signifie qu'une chose est debout devant nous et s'oppose.
— HIST. XV* S. Pour avoir repos, et leur filli',qu'on faisoii difficulté de leur rendre, comm. vu, 3. Il XVI* s. Le regret et difficulté que feit Crandgousior d'entreprendre guerre, rabel. Garg. i, 28.
— ETYM. Berry, diffigulté ; provenç. difficultal . defecultat; espagn. dificullad; portug. difficuUad' . ital. difficulté; du \M\n difficuUatem , lie difficilu (voy. iiiPFiciLK et facultP.).
t DIFFICL'LTrF.USE.MF,NT (di-fi-kul-tu-eû-ZCman), adt. D'une manière difficultueuse.
— ETYM. Difficultueuse , et le suffixe mmt. DlFriCULTl'EUX, KUSE (di-fi-kul-tu eu, eû-z'),
adj. Qui est enclin à élever ou faire des difficultés à tout propos. Un homme difficultueux. Un esprit difflciiltueui. Un caractère difficultueux. Des difficultés! oh! ma comtesse n'est point difficultueuse, le- 8AOE, Turcaret, iv, 2.
— REM. Bouhours, Nouv. rem.: «C'est un mot de conversation qui passera dans les livres, si je ne me trompe. > La prédiction de Bouhours s'est Térifiée.
— ETYM. Mot formé irrégulièrement de difficulté, à l'imitation de rertueux et autres formés régulièrement.
t DIFFLUENCE (di-fdu-an-s'), s. f. Terme didactique. Etat ou qualité de ce qui est diffiuent.
— ETYM. Diffiuent.
t DIPFI.CENT, ENTE (di-ffiuan, an-t'), adj. Terme didactique. Qui s'écoule, se dissout ou s'épanche de tous les côtés. || Terme d'astronomie, Etoiles dirfiuentes, étoiles qui se confondent entrt elles.
— ETYM. Diffluer.
t DIFFLUEB (di-fdu-é), c. n. Terme didactique. S'ècoukr de tous côtés, se dissoudre.
— ETYM. Lat. diffluere, de di.... préfixe latin, et fluere, fiuer.
t DIFFORMATION (di-for-ma-sion) , i. f. Action de difformer.
— HIST. xvi*s. La dilTormation mauvaise et damnée, que ont accoustumé mener les religieux au dit prieuré. Lettre de Louis Jll, t. i, p. 4 se, dans lacuRNE. Ils reçoivent les anciens conciles tenus avant la difTormalion [dé^^glement] , d'aub. Ilist. i, 66. Il alloit vers la reformation par la dernière des diformations, mont. t. m, p. 487, dans lacdrne.
— ETYM. Difformer.
DIFFORME (di-for-m'), adj.\\f Dont la forme irrégulière est laide et déplaisante. Visage difforme. Une jambe difforme. On ne saurait dire si Esope eut sujet de remercier la nature ou bien de se plaindre d'elle; car, en le douant d'un très-bel esprit, elle le fit naître difforme et laid de visage, la font. Vie d'Ésope. Il est si prodigieusement fiatté dans toutes les peintures que l'on fait de lui, qu'il paraît difforme près de ses portraits, la brut, vin Quel
aspect! non l'œil humain jamais Ne vit de plus affreux, de plus difformes traits, ducis, Macbeth, 11, 6. Il Ce bâtiment est difforme, il est construit sans symétrie, sans art. |l i' Fig. Rien n'est plus difforme que le vice. Le difforme contraste de la passion qui croit raisonner et de l'entendement en délire.... ). j. RODSs. dans laveaux.
— HIST. XVI* s. Tableaux pour le visage de Monsieur assez difforme de lui mesmes, où il estoit flatté à l'envers, d'aub. Ilist. n, 4»8. S'ils en recevront moins d'incommodité que d'endurer (comme l'on a fait par le passé) deux difformes [différents] exercices de religion, id. t6. 11, 25». Et le col [il] luy dessembla Loin de ses lestes difformes, bons. 346.
— ETYM. Lat. difformit, de di.... préfixe, et forma, forme.
DIFFORME, ËR (di-for-mé, mée), part, patte. Médaille difformée.
DIFFORMER (di-for-mé), V. a. Dénaturer la forme propre d'une monn.iie, d'une médaille. Il est défendu aux orfèvres de difformer les monnaies.
— HIST. xv* s. S'en paix veulx la vie finir. Quelque chicre que femme face, Il te fault encliner sa face [t'incliner devant elle] Soit belle, ou laide, ou difformée, e. desch. Poésies v>st. f 277, dans la- CITBNK. Il XVI* s. Que trots vices principaux difformolent les ecclésiastiques, l'ignorance, l'avarice et la pompe, d'aub. Ilist. i, 4 08. Le Poyel et les Lans quenets s'avançoient à ce bataillon demi formé, qui desjà se difformoil; car la queue gagnoit les vignes, ID. ib. I, 334 . Avec un visage tout difforme de pleurs, qu'elle avoit jetiez jour et nuict depuis les mauvaises journées, id. ib. u, 30. Les trouppes du prince de Condé qui de Refformez s'estoienl rendus diformez, ID. 16. n, 273. U [le langage français] escoule tous les Jours de » m u ains, et, depuis que Ja vis, s'est altéré de moittéi nous disons qu'il est asture [ à cette
DIF
heure] parfaict; autant en dict du sien cnaque siècle; je n'ay garde do l'en tenir là, tant qu'il fuyia et se diflbrmera comme il faict, mont. iv. <<b.
— ÊTYM. Difforme. Anciennement diffomer signifiait défigurer, dérégler, désordonner.
PIFPOUMITÊ (di-for-mi-té), s. f. || 1° Vice de la coiiforinalion exiérieure du corps qui la rend contraire aux conditions de beauté propres k l'esptce. Les difformités de la taille. Ne pouvant lui sauver l'œil, <lu moins il lui sauva la difîormité, bollin, Uisl.anc. œuvres, t. vi, p. 41. Il l'ar extension. Les Russes, de leurs collines, virent tout l'intérieur (le l'armée, ses faiblesses, ses difformités, ses parties les plus honteuses, tout ce que d'ordinaire on cache avec le plus de soin , sEgir, Uist. de tiapol. X, 3. Il î« Kig. Ce sentiment [ne pouvoir souflrir Dieu qu'on a offensé] est faible en cette vie, où nous ne concevons qu'imparfaitement la difformité du j péché, NICOLE, Ess. mor. 2* traité, ch. to. Les occupations extérieures et continuelles de nos fonctions nous cachent à nous-mômes cet état d'infidélité, ou ne nous laissent pas le loisir d'en approfondir la difformité, mass. Conf. Retraite pour les curés. La difformité d'une âme en qui le péché habite, id. Carême, Laiare. Il est impossible qu'elle [une âme mondaine] montre dans toute leur laideur des difformités qu'elle ne connaît pas et qu'elle aime encore, ID. ib. C'est une grande difformité dans la nature qu'un vieillard amoureux.... la bruy. xi.
— BEM. Voiture, Uttre 126, observe: U faut dire difformité; déformité est mort depuis dix ou douze ans. Déformité est en effet resté en désuétude.
— SYN. mFFORMiTÉ, LAIDEUR. Ces dcux mots sont synonymes en ce qu'ils sont également opposés à l'idée de beauté, quand on les applique à la figure humaine. Mais la difformité implique quelque grande irrégularité qui n'existe point dans la laideur. Un visage laid n'est point un visage difforme. Dans la difformité la forme est altérée, perdue; dans la laideur elle est conservée, mais elle n'a pas les caractères de la beauté.
— HIST. xiv s. En ceste très grant déformité, BERCHEUBE, f" 3B , reno. Il XVI* s. Nostre corruption et déformité de nature, calv. Inslit. tac La beauté de la duchesse n'estoit que laideur et difformité au prix, MAHG. Nouv. LXX. U y avoit au pais de Lacedemone très grande difformité [différence] et inégalité entre les habilans, amyot, Lyc. ^2. Toutes ses statues presque oiit l'armet en teste, n'ayant pas les ouvriers voulu Iny. reprocher celle difformilé, id. l'éric. 3. Le reste du doigt demeure; mais c'est assez souvent .sans ongle et avecques difformité, paré, VI, 21. Quelque remarquable et énorme difformité corporelle, mont, u, 86. Difformité est indice de virginité, lehoux de lincy, Prov. 1. 1, p. 2t4. Difformité n'est pas vice, id. ib.
— ETYM. Difforme.
j DIFFUACTÉ, ÉE (di-ffra-kté, ktée), part, passé. Qui a subi la diffraction. Rayon diffracté.
I UIFFRACTER (di-ffia-kté) , tJ. a. Terme de physique. Opérer la diffraction.
— ËTYM. Lat. diffractum, supin de diffringere (voy. diffrinoent).
t DIFFRACTIF, IVE (di-ffra-ktif, kti-v'), adj. Terme de physique. Qui produit la diffraction. Pouvoir diffractif.
— ETYM. Voy. DIFFRACTION.
DIFFRACTION (di-ffra-ksion; en vers, de quatre syllalies), s. f. Terme de physique. Inflexion que les rayons lumineux éprouvent, lorsque, en passant près des extrémités d'un corps, Us s'écartent de leur route directe.
— SYN. DIFFRACTION, réfraction. La réfraction a lieu lorsque les rayons lumineux, dérangés de la ligne droite, sont tous brisés dans le même sens et dans un ordre invariable. Un faisceau lumineux qui tombe sur un prisme de cristal, est réfracté ou éprouve la réfracton, parce que les rayons s'étalent de manière à former le spectre solaire. Au contraire si ce faisceau tombe sur des houppes soyeuses, les divers rayons étant réfractés selon l'occurrence des brins de soie, il résulte dans ren.semble une réfraction qui semble désordonnée et que nous nommons diffraction.
— ETYM. Diffracter.
t DIFFRINGENT, ENTE (di-ffrin-jan, jan-t'), adj. Terme de physique. Qui opère la diffraction. Surface diffringente.
— ETYM. Lat. diffringere, de di.... préfixe, et fringere pour frangere, briser (voy. fragile).
DIFFUS, USE (di-ffu. fu-z'), od;. || 1° Terme didactique. Qui est répandu au trai ers. L'esprit est diffus dans toute la substance de l'âme, comme l'âme est diffuse dans toute la substance du corps, dider. Opin. \
DIF
des anc. phil. (Épù.uréisme). Xa force par laquelle nous agissons, nous sentons, nous pensons, est diffuse dans toute la matière, id. t"6. (Vhilos. péripat.). Il Terme de pathologie. Aiiévrismediffus, tumeur formée par le sang épanché hors d'une artère bles.sée. Phlegmon diffus, phlegmonqui n'est pas circonscrit. Il Terme de hotanique. Plantes diffuses, plantes qui étalent lâchement leurs ramifications. || Terme de physique. Lumière diffuse, lumière répandue, bien que la source dont elle émane soitvoilée. || S'Quiade l'ampleur, de l'étendue. Plus l'esprit se fait simple.... Plus lors sa connaissance est diffuse et certaine. Et s'élève sa ns peine J usqu'au X pi us hauts suj ets, corn. Imitation, 1, 3. !| Peu usité en ce sens. Il 3° Qui délaye, étend la pensée outre mesure. Un avocat, un écrivain diffus. Langage diffus. Quelque soin qu'on apporte à être serré et concis et quelque réputation qu'on ait d'être tel , ils [certains esprits vifs] vous trouvent diffus, LA bbuy. I. Il Style diffus, sorte de style redondant, où se trouvent beaucoup de pensées qui ne tiennent pas directement au sujet que l'on traite.
— SYN. DIFFUS, PROLIXE. Défauts du style contraires à la brièveté. Le diffus abonde en accessoires superflus, en idées hors d'œuvre. Le prolixe abonde en paroles qui délayent la pensée et rexjiression.
— HIST. XVI* s. Pis ne fit onc la teste de Méduse, Et toutesfois le mal je n'en refuse. Puis que par luy se voit ample et diffuse Ma loyauté, st-gel. 72. Ceste chaleur est diffuse et estendue par tout le corps, PARÉ, XX, 3.
— étym. Lat. diffusus, répandu, part, passif de diffundere, de di.... préfixe, et fundere , verser (voy. fusion).
t DIFFUSÉ, ÉE (di-ffu-zé, zée), part, passé. Terme didactique. Répandu par diffusion. Les plantes montrèrent combien est rapide l'action de la lumière qu'elles reçoivent comme par une sorte de sens diffusé dans leurs corolles, faye, Comptes rendus, Acad.^ des se. t. Li, p. 998.
DIFFUSÉMENT (di-ffu-sé-man), adv. D'une manière diffuse, en délayant outre mesure la pensée. Je le fais [je vous en parle] par écrit dans la crainte de ma plénitude , qui est telle que j'aurais appréhendé de vous parler trop diffusément, st-sim. 268, H9.
— HIST. XV* s. Contenant au long et diffusément la manière du dit homicide et les causes pour lesquelles il fut commis et perpétré, monstb. liv. l, ch. 77.
— ÉTYM. Diffusé, ou, dans l'ancienne langue, diffuse, et le suffixe ment.
t DIFFUSER (ili-ffu-zé), v. a. Terme de physique. Répandre de çà et de là, répandre à travers. Ce reflet qui diffuse la lumière dans toute l'étendue du plan perpendiculaire aux stries, Léon Foucault, J. des Débats, B juin 186).
— ÉTYM. Lat. diffusum, supin de diffundere, répandre (voy. diffus).
fDIFFUSIBLE (di-ffu-zi-bl'),adj. || 1° Qui peut se répandre dans tous les sens, de tous les côtés. Une odeur diffusible. |1 2° Terme de physiologie. Qui excite tous les tissus vivants d'une manière vive mais passagère, et réagit promptement sur le cerveau : tels sont l'alcool et l'éther. || S. m. Tous les diffusibles sont odorants, inflammables et sujets à s'évaporer.
— ÉTYM. Voy. diffus.
t DIFFOSIF, IVE (di-ffu-zif, zi-v'), adj. Terme didactique. Qui a une vertu de diffusion. || Substances diffusives. substances susceptibles de se séparer d'un mélange soumis au dialyseur: telles sont la silice et l'alumine hydratées, l'amidon, la dpxtrine, etc.
— ÉTYM. Voy. diffusion; provenç. diffusiu; espapn. dt/iistro ; ital. diffusivo.
DIFFUSION (di-ffu-7.ion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Terme de physique. L'action de se répandre. La diffusion de la lumière, du son. j! Par extension. La diffusion de la richesse. La diffusion des ouvrages écrits dans une langue comprise de tout le monde, Hist. litlér. de la France, t. xxiv, p. 303. Il 2° Nom donné à la condition qui fait que, dans une réunion de gaz de densité différente, malgré leur superposition par ordre de densité, et par couches horizontales d'abord, le mélange finit par devenir intime grâce au déplacement réciproque de ces gaz. Il 3* Terme de médecine. Diffusion d'un médicament ou d'un poison, sa distribution molécule à molécule dans tous les tissus par la circulation ou l'assimilation. !| 4° Défaut du langage, du style diffus. 11 n'y avait pas jusqu'à Néaidme qui, dans la diffusion de son bavardage , ne me montrât du regret de s'être mêlé de cet ouvrage, j. i. rouss. Confess. xi. La diffusion nuit sans doute à la clarté, quand on parle à des hommes accoutumés à une at-
DIG
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tention soutenue, qui savent saisir des nuances fines, qui peuvent recevoir à la fois un grand nombre d'idées et suppléer aux idées intermédiaires que l'on a supprimées, condorcet, Duhamel.
— ÉTYM. Provenç. diffusio ; espagn. difusion; ital. diffusinne ; du latin diffusionem (voy. diffus).
■f DltiAME (di-ga-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui possède à la fois les deux sexes.
— ÉTYM. Aiç, deux, et y'^^H-o?. mariage.
t DIGAMMA (di-ga-mma) s. m. Signe que les Ëoliens plaçaient en tête des mots commençant par une voyelle, ou entre deux voyelles dans le corps du mot, et qui équivalait dans les autres dialectes grecs à l'esprit rude, dans le latin au « ou à Vf. || Au plur. Des digamma.
— ÉTYM. Ai;, deux, et gamma; ainsi dit parce qu'il ressemble à deux gamma l'un sur l'autre.
DIGASTRIQUE (di-ga-stri-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui a deux ventres, deux parties charnues réunies par un tendon intermédiaire. Le muscle digastrique, et, substantivement, le digastrique.
— ÉTYJI. M;, deux, etY^^trip, ventre.
t DIGÈNE (di-jê-n"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui naît ou s'accroît par deux surfaces. || Qui est muni de deux sexes.
— ETYM. Ai;, deux, et Yévoç, race.
t DIGÉNIE (di-jé-nie), s. f. Terme d'histoire naturelle. Génération qui s'effectue par le concours des deux sexes.
•j- DIGEON (di-jon) , s. m. Terme de marine. Pièce de bois triangulaire qui remplit le vide existant sous la figure du navire. Voy. digon. •
-f DIGÉRANT, ANTE (di-jéran, ran-t'), adj. Qui digère. La faculté digérante étant absolument anéantie chez moi, je ne m'expose plus au danger, volt. Leit. Mme du Deffant, 8 fév. 4768.
DIGÉRÉ, ÉE (di-jé-ré, rée), part, passé. || 1° Mis en ordre. Tout était écrit, tout était digéré par l'ordre des temps, boss. Hist. ii, i. Il [l'ambassadeur] a son fait digéré par la cour [sa marche lui est tracée], la bruy. i. Le sentiment, guide aussi sûr, disons incomparablement plus sûr qu'un savoir mal digéré, d'olivet, Uist. Âcad. t. ii, p. t64, dans pouGENS. jj i° Qui a subi la digestion. Les aliments digérés par l'estomac. || 8° Fig. Supporté, quoique fâcheux. Un affront reçu et digéré.
DIGÉRER (di-jé-ré. La syllabe gé prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je dig.^re, excepté au futur et au conditionnel : je digérerai, je digérerais, exception qui n'est pas justifiée),v.o. Il 1° Mettre en ordre, d'après le sens primitif du latin digrere, qui est porter deçà et delà. Le sénat devait digérer toutes les affaires, BOSs. Hist. m, 7. Lois qu'un roi a digérées, id. ib. m, 3. L'histoire qu'il avait digérée dés l'origine du inonde, ID. ib. I, *. Il 2° Transmuer par la digestion les aliments introduits dans l'estomac. Il ne peut digérer que des viandes légères et délicates. Son estomac digère tout. U n'a pu digérer son dîner. || Fig. L'on se couche à la cour et l'on se lève sur l'intérêt: c'eit ce que l'on digère le matin et le soir, le jour et la nuit, la bbcy. viii. || Alisolument. Il digère bien. U digère mal. Un verre d'orgeat l'empêcha de digérer. Il a tout: il a l'art de plaire, L'art de nous donner du plaisir. L'art si peu connu de jouir, Mais il n'a rien, s'il ne digère, volt. Lett. en vers et en prose, 81. Digérer un peu et rire beaucoup, vodà à quoi je borne mes prétentions, d'alembert, Lett. à Volt. 29 août 1764. Il 3° Il se dit, en un sens analogue, dans le langage médical, de ce qui procure la maturation de quelque humeur. Onguent propre à digérer une inflammation suppurative. || 4° Terme de pharmacie. Faire digérer une substance, en ex- ' traire par digestion un principe utile. || 5° Kig. Mener à maturité par un travail de l'esprit comparé à la digestion de l'estomac. J'ai conçu, digéré, produit un stratagème, mol. l'Étour. ii,)4. Je vous laisse digérer ces réflexions, sév. 4t). Je lai-sse à votre bon cœur cette pensée à digérer, id. t7). U faut du temps pour bien digérer ce que m'envoie M. Phelippeaux, boss. Lptt. quiét. 288. Pour bien lire, il faut digérer la lecture, m. Obi. 3. 11 a écrit longtemps après le commencement de la réforme prétendue, de sorte que, les matières ayant déjà été fort agitées et les docteurs ayant eu plus de loisir de les digérer, la doctrine de Calvin paraît plus uniforme que celle des autres, id. Var. IX, § 84. Peu lire et penser beaucoup à nos lectures est le moyen de les bien digérer, j. j. rouss. Hél.i, «2. Je digérais le plan déjà formé de mes institutions politiques, dont j'aurai bientôt à parler, id. Confess, viil. Il Absolument. Un esprit qui dévore plus qu'il ne digère. || 6° Supporter en silence quelque chose du
DIG
DIG
DIG
fâchoiu. Il ne peut digérer les cimi cents écun que je lui arrache, MOL. Scapin, il, ( i. Ces coups de bâton me reviennent «u cœur; je ne les saurais digérer, ID. Uédec. m. lui, l, 5. Le père lui lais-a digérer sa disgrftce, la font, Fabl. vi, 21. J'ai été forcé de lui citer un mot qu'elle a eu bien de la peine à digérer, j. j. Bouss. Ilél. v, 2. J'ai un estomac qui me joue d'aus=i mauvais tours que si je l'obligeais à digérer tout ce qui se fait el tout ce qui fn dit en France, d'alembebi, Lett. à Volt.ijuM. <764. Il En ce sens il se construit avocque et le subjonctif. Nous avons peine à d igérer que tel ou tel de- Vuis si longtemps nous rendent de mauvais offices, ïooRDAi.. Serm. 21' dim. après la l'entec. Dnminic. t. IV, p. 282. Il II se construit aussi avec de. U ne pouvait digérer de voir ses livres mtprisés du public, liACiNE dans le Dict. de poitevin. || Refuser d'accepter, de croire. Dites tout ce que vous voudrez, je ne saurais digérer clla, non plus que le potage et la tarie à la crème, dont madame a parlé tantôt, MOL. Crit. se. 7. Il ne put faire digérer aux Suisses sa [irésence substantielle, Boss. Var. 4. Ne pouvant digérer la folie que le monde trouvait dans l'Évangile, ID. Ilist. II, (2. Il Cela estbiendur àdigérer, cela est difficile àsupporterouàcroire. || 7°Se digérer, u.rd/I. filre digéré. Cet aliment ne se digère pas bien. || Fig. Être médité. Ces lectures se digèrent, se classent dans l'esprit et y fructifient. || Être supporté, accepté. U soutenait que du principe de Descartes s'ensuivrait la possibilité du mouvement perpétuel «rtificiel, ou d'un effet plus grand que sa cause, conséquence qui ne se peut digérer ni en mécani- :jue ni en métaphysique, fonten. Leibnili.
— HIST. xiV s. L'en ne les apai.se pas par persuasions ne paroles, mes convient long temps pour leur ire digérer, oresme, Eth. <29. Or sçavez que trois choses faict L'art d'alchymie : c'est qu'il parfaict Le métal et le vivifle;Tout premier elle purifie, Et digère son esperit : Kn ce faisant, rien ne périt, VÀlchim. à nat. 705. || xv* s. J'ai l'estomac débilité, Si bien qu'àgrant peine il digère, basselin, xii. Mis en prison plus merancolieuse que mort, et plus dure que cop de douloire par non povoir digérer son ennui, o. chastel. Expos, s. vérité mal prise. Il XVI* s. Tel me pensoit empesché à digérer à part moy quelque jalousie, mont, i, 77. Je ne digère pas bien cette différence de mots fje ne la comprends pas], ID, I, (42. Que nous sert il d'avoir la panse pleine de viande, si elle ne se digère? ID. i, I44. H ne la fit pas longue après ce reffus, non plus que le comte de Tendes, avec soubçon pour l'un et pour l'autre d'un morceau mal digéré [d'un empoisonnement] , d'aub. Ilist. II , 28. Emplastre digérant les playes profondes, augustes «t caverneuses, paré, VIII, 32. En subtiliant l'humeur par choses emolieiites et digerentes, o. de serres, »6(I.
— Ktvm. Provenç. digerir, degerir; espagn. digerir; ital. digerire; dulatin digerere, de di.... préfixe, et gerere, porter (voy. geste) : porter çà et là, parfaire, mtirir.
t DIGESTA (di-jè-sta), ». m. plur. Terme d'hygiène. Mot latin employé pour désigner ceux des agents hygiéniques qui sont ingérés ou digérés, comme les aliments et les boissons.
— lîTYM. Lat. digestus, participe passé de digerere, disérer.
DIGESTE (di-jè-sf), *. m. Nom du recueil de iécisions des jurisconsultes, composé par l'ordre de l'empereur Justinien, qui lui donna force de loi. Les citations qu'on en tire se marquent par ce signe fif. Le Digeste, qu'on nomme aussi les Pandectes, est divisé en cinquante livres. Il entreprit ensuite un nouveau travail par ordre de l'empereur; ce fut de tirer les plus belles décisions qui se trouvèrent dans les deux mille volumes des anciens jurisconsultes et de les réduire en un corps qui fut publié en 5.13 sous le nom de Digeste, rollin, llist. auc. liv. XXVI, 2' part. art. 3. 11 fallait que la rage à l'univers funeste Allât encorde lois embrouiller le Digeste. iiOiL. Sa(. viii. Du Digeste et du Code ouvre-nous le dédale, Et montre-nous cet art connu de tes amis, Qui dans ses propres lois embarrasse Thémis, ID. Lutr. V.
— HIST. xiii*?. En la digeste, el titre qui se commence de re judicata , Ordonn. des rois de Fr. t. i, p. 409. En la digeste de chose jugiée, ib. p. 289. Il XVI* s. Sçavoir si la science des loix réduite en digestes sous i'authorité de Justinien a esté autref is enseignée en l'université de Paris, pasquiir, Itecherches , p. 8I3, dans lacijrne.
— ETVM. Lat. digesta, participe passif au neutre [Uiriel, les choses digérées, mises en ordre, de (tijerere (voy. dioEreii). Ce nom Tient de ce que
cet ouvrage est composé par ordre de matières. Dans l'ancien français digeste était féminin, suivant la règle qui transformait en substantifs féminins les substantifs latins du neutre et du pluriel : la Bible, biblia, merveille, mirabilia, aumaille, animalia, etc.
t DIGESTP. (di-jè-sté), s. m. Terme de pharmacie. Nom donné aux produits de l'opération pharmaceutique appelée digestion.
— ËTYM. Lat. digestus, participe passif de digerere, digérer.
DICKSTECR (di-jè-»teur), ». m. Vase de cuivre très-épais, hermétiquement fermé au moyen d'un couvercle assujetti par une forte vis de pression. Ce vase, construit pour retarder l'évaporation des liquides et en élever la température beaucoup au delà du point d'ébullition, e.st propre à cuire promptement les viandes et à dissoudre la gélatine des os.
— ÊTVM. Voy. DIGESTION.
■t DIGESTIBILITÉ (di-jè-sti-bi-li-té), s.f. Qualité de ce qui est digestible. U est des sulistances réputées d'une grande digestibilité, qui sont rejetées par le vomissement et occasionnent des troubles gastriques très-sérieux, legoarant.
— ÊTYM. Digestible.
t DIGESTIBLE (di-jè-sti-bl'), adj. Qui peut être digéré; qui se digtre facilement. Aliment digestible.
— HIST. XIV* s La chair d'oyseaulx volans Est
plus saine et plus digestible Que nulles autres chairs ne sont, gage de la bigne, ms. f* t45, dans la-
CtiRNE.
— ÉTVM. Provenç. et espagn. digestible; ital. digestibih; du latin 'digestibilis, de digeslum, supin de digerere, digérer.
DIGESTIF, IVE (di-jè-stif , sti-v"), adj. ||1* Terme d'analomie. Qui sert à la digestion. Appareil digestif, l'ensemble des organes qui concourent à l'accomplissement de la digestion. Tube digestif, l'ensemble des canaux qui font partie de l'appareil dige.slif. Il 2" Qui aide à la digestion. Poudre digestive. Les substances réputées digestives sont en général de légers excitants. || S. m. L'eau de Seltz est un digestif. || 8'' Terme de pharmacie. Qui aide à la suppuration des plaies. Un onguent digestif. |] S. m. Un digestif. Le digestif ou digestif simple, espèce d'onguent.
— HIST. XVI* s. Médicament digestif [ pour les plaies], paré, v, 40. Dedans la playe on mettra un digestif fait de jaune d'oeuf, térébenthine, et huile rosat, ID VI, 4 8.
— ÉT'ïM. Provenç. digestiu; espagn. et ital. digesliro; du latin digestivus , de digestum, supin de digerere, digérer.
DIGESTION (di-j?!-stion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Terme de physiologie. Fonction caractérisée par la dissolution, la liquéfaction et l'absorption des aliments venus du dehors, avec déjection des résidus. Elle se décompose en digestion .stomacale, celle qui se fait dans l'estomac à l'aide du suc gastrique; digestion intestinale, celle qui se fait dans l'intestin après le mélange des aliments avec la bile; et digestion des matières grasses, celle qui se fait à l'aide du suc pancréatique. || i° Élaboration des aliments dans les voies digestives. Digestion pénible. Digestion laborieuse. Digestion facile. Un homme ne se lèverait pas de table à la hâte, de peur de troubler la digestion, balz. Li'r. m , lett. 23. Cliton n'a jamais eu toute sa vie que deux affaires, qui sont de dîner le matin et de souper le soir; il ne semble né que pour la digestion, la bruy. xi. U passe sa vie à faire la digestion, ID. xii. On ne mange point du métal, les pistoles sont de mauvaise digestion, fén. t. xix,p. 49. Les tempéraments chez qui la digestion est un peu lente et l'esprit prompt et à qui la casse fait un bon effet, durent d'ordinaire plus longtemps que les corps frais et dodus, VOLT. Lett. Mme du Peffant, i7 mai 4775. Les sucs salivaires en facilitent la digestion [des aliments], J. J. BOUSS. Êm. I. Il Fig. Cela est de dure digestion, cela est difficile à souffrir, 4 croire, à surmonter, etc. Je dis à M. le prince que M. le cardinal pourrait fort facilement se tromper dans .ses mesures, et que Paris serait un morceau de dure digestion, betz. ii, 481. L'affectionné serviteur est d'une dure digestion, sÉv. 223. Ces retranchements [fortifications], examinés et tournés, furent trouvés de digestion tiopdure ; il fallut prendre des détours, ST-siM. 4(8, 31. Il Ce livre est de dure digestion, est un morceau de dure digestion, c'est-à-dire il est difficile à entendre, ou pénible à lire. || 3* Terme de pharmacie. Séjour d'une substance médicinale dans un liquide propre à en extraire quelques principes à l'aide d'une température plus élevée que celte de l'at-
mosplière. ||(* Terme de médecine. Maturation d'une humeur ou de tumeurs considérées comme crue*. La digestion d'une tumeur à l'aide d'un onguent.
— SYN. cocnON, digestion, macération. La coction a pour but de préparer, à l'aide du feu, certains aliments pour la nourriture, et certaines autres choses pour des emplois divers (par exemple, cuire des brique.s). La digestion pharmaceutique a pour but d'extraire, à l'aide d'un liquide et d'une température plus élevée que celle de l'atmosphère, certains principes d'une substance. La macération a le même but que la digestion, emploie, comme elle, un liquide, mais se fait à la température atmosphérique.
— HIST. xili* s. El [les choses] pueent [peuvent] lor compleccions , Par diverses digestions, Si changer entre aus [elles], que cis changes Les met souz espèces estranges Et leur toit [ôte] l'espèce première, la Itose, 6284. || xiv* s. La nutrition ou digestion se fait mieux en dormant, oresme, Etii. 30. Comme en médecine se aucuns savoienl en gênerai que chars legieres sont de bonne digestion et saines, id. ib. 4 su. || xvi* s. Cela eust e*é trouvé un peu de mauvaise grâce et de difficile digestion, choi-Ièkes, Contes, apresdtn. 4.
— ÊTYM. Génev. digession; provenç. digestio; espagn. dige'tion; ital. digeilione; du latin digestionem, de digestum, supin de digerere, digérer.
DIGITAL, ALB (di-ji-ta-1', li-V).\\l'Adj. Terme d'aiiatomie. Qui appartient aux doigts. Nerfs digitaux, ceux qui se distribuent aux doigts. || Appendices digitaux, appendices ou diverticules que présentent les intestins, et que l'on a ainsi appelés par analogie de forme avec les doigts d'un gant. {| Impressions digitales, dépressions superficielles que présente la face interne des os du crâne el qui correspondent aux circonvolutions cérébrales. ||i* S. m. Terme de botanique. Champignon appelé plus ordinairement clavaire.
— f.TYM. Lat. digitalit, de digitut, doigt (voy. doigt).
I. DIGITALE (di-ji-ta-l"), s. f. Terme de botanique. Plante de la famille des scrofulariées, ainsi dite de la forme de sa corolle, qui ressemble à un doigtier renversé. || Digitale pourprée, doigtier, gantelée, doigt de Notre-Dame (digitalù purpurea, L.) , reconnaissable à ses longs épis de grandes fleurs pourprées campaniformes, tachetées, dans l'intérieur de la corolle, de points noirs entourés d'un cercle blanchâtre. Elle est diurétique et diminuu la fréquence des battements duc uur. || Fausse digitale, nom vulgaire du drococifp/uiîe firffi'nien (la biées). Il Petite digiUle, nom vulgaire de la gratiole officinale.
— ÉTYM. Digital.
t 2. DIGITALE (di-ji-ta-l'),». f. Terme dépêche. Jeune saumon, très-petit. || Pointe d'oursin fossile.
— ÉTVM. Digital.
■f DIGITALE, ÉE (di-ji-ta-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à une digitale.
— ÊTYM. Digitale i.
t DIGITALIFORME ( di-ji-ta-b-for-m ) , adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un dé à coudre.
— ÊTYM. Lat. digitale, dé (voy. UÉ 2), et forme. t DIGITALINE (diji-ta-li-n"), ». f. Terme de
chimie. Principe actif de la digitale pourprée.
— ÊTYM. Digitale 4.
tDIGITALIQUE ( di-ji-ta-li-lc' ), adj. Terme de chimie. Acide digitalique, acide découvert dans la digitale pourprée.
— ÊTYM. Digitale 4.
f DIGITATION (di-ji-ta-sion), ». f. Terme de botanique. Découpure des feuilles digitées. || Terme de zoologie. Marque ou impression en forme de doigts. Il Terme d'anatomie. Nom donné à des faisceaux de fibres musculaires isolés et disposés à peu près comme les doigts de la main tenus écartés.
— ÊTYM. Digilt.
I)IGITÊ,ÉE(di-ji-té,tée),adj. lll'OuiestenfonDe
de doigt. Racine digitée. || Terme de botanique. Découpé en forme de doigts, en parlant de feuilles composées de plus de trois folioles. || Terme de zoologie. Qui offre des digitations. Aile, coquille digitée. Il i'S. m. plur. Terme dezoologie. Lesdigités, ordre de mammifères, contenant ceux qui ont les doigts libres aux quatre pieds.
— ÊTYTl. Lat. digitalus, muni de doigts, de digilus, doigt (voy. doigt).
I DIGITIFOLIÊ, ÉE (di-ji-ti-fo-li-é, liée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles digitées.
— ÊT'YM. L.it. digitus, doigt, el folium, feuille, t DIGITIFORME (di-ji-ti-for-m' ), adj. Terae
d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un doigt,
— f.TYM. Ijit. digitm, doigt, et Corme.
DIG
f DIGITIGRADE (di-ji-ti-gra-d'). || l- Adj. Tera.e de zoc'iogie. Qui marche sur le bout des doigts. Il i' S. m. Nom des carnassiers carnivores qui , ayant le tarse et le métatarse redressés dans le sens des os de la jambe, marchent sur les doigts seulement.
— ÊTYM. Mot latin hypothétique digitigradui, formé sur le modèle de tardigradus; de digitus, doigt, et gradi, marcher (voy. grade).
t DIGITINERVÉ, ÉE (di-ji-ti-nèr-vé, vée), adj. Terme de liotaniciue. Qui a des nervures digitées, c'est-à-dire partant du sommet du pétiole en divergeant.
ÉTYM. Lat. digitus, doigt, etnervus, nervure.
t DIGITIPALMÉ, ÉE (di-ji-ti-pa-lmé, mée),ad;. Synonyme de digilipenné.
— ÉTYM. Lat. digiius, doigt, et palma, paume. t DIGITIPENNÊ, ÉE (di-ji-ti-pè-nné, née), adj.
Terme de botanique. Feuille digitipennée, feuille dont le pétiole est terminé par des pétioles secondaires portant les folioles.
— ETYM. Lat. digitus, doigt, et penna, aile.
t DIGITIPINNÉ, ÉE (di-ji-ti-pi-nné, née), adj. Synonyme de digitipenné.
— ËTYH. Lat. digitus, doigt, et pinnatus, ailé. ■(■ DIGITOLÉINE (di-ji-to-lé-i-n'), s. f. Terme de
chimie. Matière grasse trouvée dans la digitale pourprée.
— ETYM. Digit.... abrégé de digitale, et le latin oleum, huile.
I DIGITDLE (di-ji-tu-l'), ». m. Terme d'anatomie. Le petit doigt de la main et du pied. || Inusité.
— ÉTYM. Diminutif du latin digitus, doigt.
t DIGLYPHE (di-gli-P), s. m. Terme d'architecture. Console ou corbeau qui a deux cannelures.
— ÉTYM. A£-r)uço«id6 8U, deux fois, et ifXjysiv, ciseler.
DIGNE (di-gn'; au xvi' s. Paisgrave, p. 23, dit qu'on prononçait di'ne), adj. || 1° Qui mérite, en parlant des personnes. Il est digne de récompense. Digne d'être admiré.Ilestfauique nous soyonsdignes que les autres nous aiment; il est injuste que nous le voulions, pasc. Pensées, art. xxiv, 66, éd. Lahure, <860. Approchez, ô vous qui courez avec tant d'ardeur dans la carrière de la gloire, imes guerrières et intrépides ; quel autre fut plus digne de vous commander? Boss. Louis de Bourbon. Digne de notre encens et digne de nos vers , boil. Sat. vu. Je mourais ce matin digne d'être pleurée, bac. Phèd. III, 3. Jamais femme ne fut plus digne de pitié, ID. ib. Il, 5. Il Oui mérite, en parlant des choses. Conduite digne d'éloges. Langage digne d'être applaudi. Exemple digne d'imitation. Il t'offre une oraison, il t'offre des louanges, Dignes de se mêler à celles de tes anges, corn. Imit. m, 48. || Digne de créance, digne de foi, se dit des personnes et des choses. || 2* En mauvaise part. Il est digne de punition, de mépris. Cette action est digne d'un châtiment. Car c'en est une [trahison] enfin bien digne de supplice Qu'avoir d'un tel secret donné le moindre indice, corn. Iléracl. ii, i. Et toutes les hauteurs de sa folle fierté Sont dignes tout au plus de ma sincérité, mol. F. savantes, i, 3. Voilà le digne fruit de tant de travaux et, dans le comble de leurs vœux, la conviction de leur erreur; venez, rassasiez-vous, grands de la terre, saisissez-vous, si vous pouvez, de ce fantôme de gloire, à l'exemple de ces grands hommes que vous admirez, boss. Louis de Bourbon. Qu'elle nous parut au-dessus de ces lâches chrétiens qui s'imaginent avancer leur mort quand ils préparent leur confession; qui ne reçoivent les saints sacrements que par force; dignes certes de recevoir pour leur jugement ce mystère de piété qu'ils ne reçoivent qu'avec répugnance ! ID. Duch. d'Orléans. Il 3" Absolument. Honnête, honorable; en ce sens digne se met toujours avant son substantif. Un digne homme.Un digue magistrat.Etdemandonsaux dieux, nos dignes souverains.... CORN. Nicom. v, (O. Rodrigue aime Chimène, et ce digne sujet De ses affections est le plus cher objet, id. Cid, i, 7. Quand je semais partout la terreur et l'effroi. J'étais un grand héros, j'étais un digne roi, jd. Perthar. i, 4. Que pouvait penser le prince, si ce n'est que, pour accomplir les plus grandes choses, rien ne manquerait à ce digne fils que les occasions? boss. Louis de Bourbon. Paraissez, cher enfant, digne sang de nos rois, rac. Àthat. v, 6. Il se jeta au milieu d'une colonne romaine, oïl il périt en digne fils d'Amilcar et en digne frère d'Annibal, hollin, Uist. anc. Œuvres,i. i p. 460, dans pougens. Dis-leur que j'ai donné la mort la plus affreuse X la plus digne femme, à la plus vertueuse, volt. Zaire, v, lo. Il Capable. C'est un digne sujet. £t s'il n'avait laissé
DIG
dans de si dignes mains L'inraiUible secret de vaincre les Romains, corn. Nie. m, i. Il Cependant, si digne, en ces emplois, est modifié par ijuelque autre mot, on peut le mettre après son substantif. Quand, à la fin du repas, il [Pierre 1"] vit son portrait qu'on venait de peindra, placé tout d'un coup dans la salle, il sentit que les Français savaient mieux qu'aucun peuple du monde recevoir un hôte si digne,volt. Hist. de Itustie, n, ». || On le dit aussi des choses; et alors digne se met encore après son'substantif. Une conduite digne. Rien de plus digne que sa conduite. || 4' Convenable, mérité; il se met en ce sens, avant son substantif. On regarde sa mort comme un digne supplice, corn. Toit, d'or, IV, I. Choisissez-lui, Lépide, un digne appartement, m. Pomp. m, *. Digne emploi d'un ministre.... RAC. Brit. m, 3. Digne objet de leur crainte, ID. Andr. i, 4. Le plus froid mépris De vos caprices vains sera le digne prix, volt. Zaire, iv, 2. Vous daignâtes bientôt, soit grandeur, soit pitié, Soit plutôt digne effet d'une pure amitié.... iD. ib. ii, 2. Il S" Qui est en rapport, qui a de la convenance, de la conformité avec. Il montra partout une vertu digne de sa naissance. Si je n'eusse produit un fils digne de moi. Digne de son pays et digne de sou roi, CORN. Cid, II, 9. Mais si par d'autres soins plus dignes démon âge, rac. Baj. Iii, 2. Songez-y donc, madame, et pesez en vous-même Ce choix digne des soins d'un prince qui vous aime, Digne de vos beaux yeux trop longtemps captivés, Digne de l'univers à qui vous le devez, id. Brit. ii, 3. || 11 régit que avec le subjonctif. Il est bien digne que vous fassiez quelque chose pour lui. Il n'était pas digne qu'on fit quelque chose pour lui. Etes-vous digne qu'on fasse quelque chose pour vous? || 6" Grave, réservé, fier, en parlant du ton, des manières; digne se met alors toujours après son substantif. Avoir, prendre un air digne. C'était une personne froide, digne, silencieuse, staël, Corinne, xiv, i. Il II se dit quelquefois, par dénigrement, d'une affectation d'importance. Elle a un petit air digne qui me déplaît.
— REM. Digne, employé avec une négation, ne se dit que du bien : Il n'est pas digne de récompense, il n'en mérite pas. C'est donc une incorrection de dire : il n'est pas digne de votre courroux, pour : il ne mérite pas que vous soyez en courroux contre lui. Autrement, il n'est pas digne de votre courroux, est très-correct, signifiant : il est au dessous de votre courroux, vous lui feriez trop d'honneur.
— HIST. XI* s. Quar il ad Deu bien et à gret servit. Et il est digne d'entrer en paradis, St Alexis, XXXV. Il xn' s. Chers [riches] est li lieus, si est digne l'église, Ronc. p. <7». || xiii* s. De la folie as femes m'esmerveil ge souvent ; Femme est plus orgueilleuse que lions ne serpent; Par femes sommes nous trestuit mis à torment ; Feme nos gita fors du disne firmament, Chastis-iîusart , ms. f 407, dans la-
cuRNE. Il xiv s que dame Dieu qui maint en
Bethleent VueiUe garder de mal, par son disne commant, Berlran.... Guescl. B357-53C3. || xv« s. Celle orifiambe est une digne bannière et enseigne, PROiss. II, II, *M. Et si leur bataille tourne et leurs gens viennent pour les secourir, nous sommes bien dignes [capables} de les deconfire tous, le Jouvencel, ms. p. 224, dans lacuhnk. |1 xvi* s. Elle commença à lui dire tous les propos qu'elle pensoit dignes [capables] de le retirer du lieu où il estoit, MAHG. Nouv. Lxiv. Ce porteur a vu tout ce qui est digne d'escripre de ce pays, id. Lett. tes. Le bien de vous voir est digne d'oublier toute aultre chose pour y parvenir, id. ib. ix. Si j'estoys digne d'estre crue sur ces affaires, id. ib. xciv. Je le vous envoie pour vous rendre conte de moy et de tout ce qui me semble digne de vous estre dit, id. ib. cxix. Ceulx-là sont reputez sages et dignes , à qui l'on mette en main les resnes des grands gouvernemens, amyot, Préf. vu, 32. A fait d'exil les aucuns revenir, Injustement les autres forbannir, Ou mettre à mort sans digne forfaitture, id. Thém. 41. Ce sénat vilain, servile, et corrompu, et digne d'un pire maistre que Tibère, mont, ii, 9i.
— ÊTYM. Bourguig. doigne ; provenç. digne, deing; espagn. digno; ital. deyno ; du latin dignus.
DIGNEMEMÎ (di-gne-man), adt). 1| !• D'une m.inière digne, méritée, en bonne et aussi en mauvaise part. U a été dignement récompensé. 11 a été châtié dignement. Et la grâce que Dieu mesure à sa constance [de l'homme]. D'autant plus dignement l'en fait venir à bout, corn, imt't. i, 26. Puisse le juste ciel dignement te payer ! rac. Phèd. iv, 6. || 3° Convenablement, très-bien. Vous venez de parler du mien [amant] si dignement, corn. Agésil. i, t. Un
DIG
exemple si grand dignement soutenu, id. Sertor. v, ). C'est assez dignement répondre à tes bienfaits Que d'avoir dégagé ton fils de tes forfaits, id. Iléracl. IV, 6. Peut-on plus dignement mériter la couronne? m. Hodog.i, «. U ne peut dignement vous confier qu'aux mains À qui Rome a commis l'empire des humains, bac. Brit. ii, 3. Toute philosophie ne parle pas dignement de Dieu, de sa puissance, la
BRUÏ. XVI.
— mST. xii« s. Le premier roi de France fist Diex par son commant Couronner à ses anges dignement en chantant, Sox. 1. 11 XIV* s. Quiconquos quert [cherche] delettacions selon aucune de ces trois manières réprouvées, il les aime plus que il ne doit dignement, oresme, Elh. 88.
— ËTYM. Digne, et le suffixe ment; provenç. dignamen; espagn. dignamente; ital. degnamente.
t DIGNIFIER (di-gni-fi-é), v. a. Rendre digne, respectable. Dignifier le travail.
— HIST. xvr s. Dignifié [revêtu de dignité], mcoT, au mot révérence.
— ETYM. Digne, et le lat. facere, faire.
DIGNITAIRE (di-gni-tê-r'), s. m. Personnage revêtu d'une dignité. Les grands dignitaires de l'Élat. Il Grand dignitaire de l'empire, personnage pourvu d'une des premières charges, sous le premier empire français. Il y avait six grands dignitaires de l'empire. || Se dit au féminin dans les communautés religieuses. Les dignitaires, les religieuses revêtues des principaux offices.
— ÉTYM. Voy. dignité.
DIGNITÉ (di-gni-té; au xvi' siècle, Paisgrave, p. 43 et 57, dit qu'on prononçait dinilé), s. f. Il 1» Fonction éminentedans l'État ou l'Église. La dignité épiscopale. Le roi qui s'en souvint à sou heure fatale. Me laisse comme à vous la dignité royale, CORN. Pomp. I, 3. Toutes les dignités que tu m'as demandées, Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées, ID. Cinna, v, l. Quitte ta dignité comme tu l'as acquise, ID. ib. IV, 2. Ma vie est en vos mains, mais non ma dignité, ID. Nie. m, ). Soutenir jusqu'au bout la dignité de reine, id. D. Sanche, II, I. De votre dignité soutenez mieux l'éclat, boil. Lutr. I. Qu'est-ce qu'une dignité, j'entends surtout dans les principes du christianisme, sinon une spécieuse servitude, ditsaint Basile de Séleucie? Booa- DAL. Dim. de la Septuagés. Dominic. t. i, p. 368. Il y a pour arriver aux dignités ce qu'on appelle la grande voie ou le chemin battu; il y a le chemin détourné ou de traverse, qui est le plus court, la BRUT. vui. Les versions grecques ni les versions latines ne nous donnent point d'idées justes des dignités chaldéennes marquées dans Daniel et dans Èzéchiel, FLtVR^,Uceurs des Israél. tit. rxv, 2* part. p.325, dans pougens. Ils [les Pharisiens] étaient des hommes constitués en dignité, volt. Phi<. ii, 165. Il 2° En quelques églises, certains bénéfices auxquels est annexée quelque juridiction ecclésiastique, quelque prééminence ou quelque fonction particulière dans le chapitre, comme celles de prévôt, doyen, trésorier, archidiacre, ou dans le chœur, comme celle de chantre, etc. 1| Personnes qui possèdent ces bénéfices. Il y a des cathédrales où toutes les dignités portent la robe rouge. || 3* Se dit des choses où l'on sent éminence et noblesse. U comprit toute la dignité de son sujet. Quand on n'aurait point de considération pour une telle grandeur que celle de Dieu , il en faudrait avoir pour une telle vieillesse que celle de sa parole, et reconnaître le mérite des choses anciennes, quand on ne pourrait pas comprendre la dignité des choses divines, balz. Socr. chrét. dise. 7. Madame, pour laisser toute sa dignité Â ce dernier effort de générosité , corn. Hérac. II, 7. Pour donner plus de dignité àraclion, ID. Ex. de Poty. Je sais peu de mes droits quelle est la dignité, volt. Mérope, iv, 2. jl Sens analogue, en parlantdes personnes. Toute la dignité de l'homme est en la pensée; mais qu'est-ce que cette pensée? qu'elle est sotte I pasc. Pensées, art. xxiv, 63, éd. Lahure,l860.0nnesentpasles ténèbres d'une raison déchue de sa dignité, mass. Myst. Assomp. || 4" Respect qu'on se doit à soi-même. Compromettre sa dignité. U a perdu toute dignité. 1| 5" Gravité dans les manières. Ses manières sont pleines de dignité. Parler, agir avec dignité. Son port avait de la dignité. Une gravité trop étudiée devient comique, ce sont comme des extrémités qui se touchent, et dont lé milieu est dignité, labruy. xii. Et de tout cela ensemble se forme un air de dignité qui n'appartient qu'à la vertu et que les dignités mêmes ne donnent point,FONTEN. Dodart. Là brillaient sans orgueil mais non sans dignité Les Périclès, et les Alcibiades, dblille, Convers.Prol. 116° Affectation d'importanoa,
DIG
DIL
DFL
de |;randeur. Son airdedifçnilé fail rire. ||7'Terme d'astrologie. Situation d'une planète dans le signe OÙ elle a le plus d'influence.
— HIST. XI' s. Que nous perdons l'onur ne ladeintet, Ch. de Roi. m. || xif s. Nel ferai, fait li il ; divine dignité Ne rendrai à lai ([laïque] hiinime en trestut mon eé [âge], Th. le mart. 4(. Et quand je fui k Londres esliz et alevez X ceste dignité.... ib. 44. Il XIII' s. Et rescrit ne vaut riens en tel quas, s'il ne fet mention deladigncté, liv. de Jost. <4. Il XIV* s. Il sont pires en tant comme i; ne ont en
eulx nulle dignité ou espérance de bien.OBESME, Elh. 88. Le fort œuvre et suefTre toutes choses selon la digneté de la vertu, ID. ib. 80. || xvi» s. Nous sommes quelque chose, non point par nostre dignité [mérite] , mais en tant qu'il [Dieu] nous en estime dignes par sa grâce, calv. Instit. 442. [Archimèdel pensoit en cela [par des applications pratiques] avoir corrompu la dignité de son art, mont. 1, 441.
— ÉTYM. Provenç. dignitat, digne(o(;espagn. dignidad; ital. dignitd, degnitd; du latin dignitatem, de dignus, digne. La forme originale est dcintet; les autres ont été refaites sur le lalin au xii* siècle.
t DIGON (di-gon), ». m. || 1* Terme de marine. Pièce de bois posée entre la gorgêre et l'étrave. Il naton qui porte une flamme ou un pavillon, et qu'on attache au bout d'une vergue. || 2" Terme de pêche. Fer barbelé que l'on ajuste à une perche pour prendre le poisson plat entre les rochers à la basse mer.
t DIGONE (di-go-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a deux angles.
— ÊTYM. Aiç, deux, et yûvo;, angle.
t DIGOT (di-go), s. m. Terme de pêche. Petit instrument appelé aussi aiguillette, pour tirer du sable certains coquillages de mer appelés vulgairement manches de couteau.
t DIGRAMME (di-gra-m"), t. m. Terme de grammaire. Groupe de deux lettres dont la valeur pourrait s'exprimer par un seul caractère. Gn mouillé est un digramme. Ph pour ^est un digramme. Ou est un digramme pour figurer un son qui n'a qu'une lettre dans plusieurs langues. C'est encore par des digrammes qu'on représente les voix dites nasales, an, en, un, etc.
— ÊTYM. Di.... préfixe grec, et Ypâ|i(ia, lettre. tDIGBESSER (di-grè-sé), V. n. Néologisme. Faire
des digressions.
t DIGRESSIF, IVE (di-grè-sif, si-v'), adj. Terme didactique. Qui consiste dans une suite de digressions.
— ÊTYM. Voy. DIGRESSION.
DIGRESSION (di-grè-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. || !• Terme d'astronomie. Écarlement apparent des planètes par rapport au soleil. L'étendue des plus grandes digressions ou de ses plus grands écarts de chaque cfité du soleil, varie depuis dix-huit jusqu'à trente-deux degrés, laplace, Expos. I, 6. Il 2" Ce qui dans un discours s'éloigne du sujet. Faire une digression, une longue digression. Mais, sans nous égarer dans ces digressions, BOiL. Sat. VIII. J'aimerais beaucoup mieux le roman de Télémaque, s'il n'était pas tout en digressions et en déclamations, volt. Dial. xxiv, <2* entretien. Mes longues digressions, pardonnables k mon ftge et à mes dernières amitiés, bern. de st-p. P. et ¥irg.
— BIST. XII" 8. Or vus ai fait ici mult grant digressiun; Car ne vuoll en l'afaire mètre coruptiun, Th. le mart. 63. || xvr s. Quant à la partie de quoy il [Guicciardin] semble se vouloir prévaloir le plus, qui sont ses digressions et discours.... mont, ii, t<3.
— ETYM. Provenç. disgressio ; espagn. digretion; ital. digressione ; du laiin digressionem , de digrestum, supin de diyredt, de di préfixe latin, et gradi, aller, marcher (voy. grade).
t DIGRESSIONNAIRE (di-grè-sio-nê-rO , ». m. Celui qui fait des digressions. Le discours de Palaprat sur le Grondeur et autres, lui firent donner le nom de grand digressioniiaire, beauchahps, Bech. detthedires, t. ii, p. 43<, dans lacurne.
— ETYM. Digression.
t DIGRESSIVKMENT ( di-grè-si-ve-man), adv. Par digression. Parler digressivement.
— ETYM. Digressive, et le sufliie ment.
t DIGUAIL (di-gall, Il mouillées), s. m. Terme de pêche. Sorte de grand filet terminé par une na.sse et établi au pied des digues. || Au plur. Diguuux. Il On dit aussi diguial.
PIGUE (di-gh'), s. f. Il 1* Levée en terre ou en maçonnerie pour contenir des eaux. Les digues de Hollande. Couperunedigue. Votre miséricorde prend
plaisir à surmonter ma misère; elle s'élève comme un torrent au-dessusd'une digue, pên. t. xviii, p. <64, On vous annonce qu'il faut . dans un moment, ou se résoudre à ouvrir les portes de votre ville, ou à crever vos digues, raynal, Ilisl.phil.u, 28. || Il se dit aussi de portionsde terrains qui jouent le rt'.) de digues. Où la mer rompant ses digues sépara la terre, rtit. 'TH. VIII. Il 2* Fig. Obstacle. La licence a ravagé toutes ce» digues, PATRU, Plaidoyer », dans lacuhne. Par Sa mort, la digue qui les retenait fut rompue, Boss. Jlist. I, t. Les passions rompirent les digues 'le la justice, plëcii. le Tellier. Où sont ces grands guerriers dont les fatales ligues Devaient à ce torrent opposer tant de digues? boil. Art p. iv. Cet élément furieux [la mer] ne saurait rompre sa digue invincible sans causer des désordres dans l'univers, MASS. Panég. St. Thotn.
— HIST. XV* s. Deux autres villes plus avant en allant sur la marine et sur les dicques lesquelles on appelle Tourne-Hourgue et Murdeques, FROiss. ii , lii, 64. Devant les digues de Hollande, ID. i, i, 4 8,
— ÊTYM. Ital. diga ; espagn. dique, qui est masculin; du germanique : bolland.dyfc/angl. dig; allem. Deich; angl. saxon, dte. Le celtique a aussi le mot : gaélique, dig, fosse.
t UIGUÉ, EE (di-ghé, ghée), pari, passé. Garni de digues. Une rivière diguée.
t UIGUEHENT (di-ghe-man), t. m. Action de diguer. Il Ensemble des digues qui contiennent un lleuve, une mer.
— ETYM. Viguer t .
t t. DIGUER (di-ghé), V. a. Munir de digues. Diguer un torrent. || Se diguer, v. réfl. Être digue. Ce torrent se diguera dificilement.
— SYN. DiouER, ENDIGUER. Diguer, c'est construire une digue. Endiguer, c'est clore en une digue. Mais dans l'usage ces mots sont équivalents.
— HIST. XV* s. Il détourna rivières de leurs cours, il digua un bras du Rhin, ol. de la marche, Ife'm.
p. 79, dans LACURNB.
— ÊTYM. Digue.
t 2. DIGUEU (li-ghé), e. a. Terme de manège. Diguer un cheval , lui donner de l'éperon avec force ; c'est l'opposé de picoter.
— ÊTYM. Est-ce une forme pour daguer?
t DIGYNE (di-ji-n'), adj. Terme de botanique. Qui a deux pistils distincts ou un style surmonté de deux stigmates. Fleur digyne. || Terme de tératologie. Qui a les organes du sexe féminin douilles.
— ÉTYM. AU, deux, et yviviîi, femme, pistiU
t DIGYNIE (di-ji-nie), s. f. || 1* Terme de boUnique. Nom de plusieurs classes du système de Linné, comprenant les plantes digynes. || 2* Terme de tératologie. Classe de monstres ayant pour caractère la présence du sexe féminin double chez un individu.
— ETYM. Digyne.
t DIHÉLIE (di-é-lie), *. f. Terme d'astronomie. Nom donné quelquefois à l'ordonnée de l'ellipse terrestre, quand cette ordonnée passe par le foyer où se trouve le soleil.
— ÊTYM. Aià, par, et JlXioç, soleiL
t DIHEPTAPODE(di-è-pta-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a quatorze pattes.
— ÊTYM. Alt, deux fois, iKTà,*sept, et noîi<, noSi;, pied.
t DIUYDRIQUE (di-i-dri-k") , adj. Terme de chimie. Composé dihydrique, composé contenant deux proportions d'hydrogène pour une proportion de l'autre composant.
— ÊTYM . Al;, deux, et hydr.. . . radical d'hydrogène. f DIÏAMBE (di i-an-b'), s. m. Pied des vers grecs
ou latins, composé de deux ïambes.
t DIÏAMBIQUE(di-i-an-bi-k'), adj. Qui a rapport au diïambe.
— ETYM. A!«, deux, et iambe.
DILACËRATION (di-la-sé-ra-sion; en vers, de
six syllabes), (. f. Action de dilacérer. La dilacération d'un papier. La dilacération de la peau par un corps vulnèrant.
— HIST. XVI* s. Si la hargne ne peut estre curée, k cause de la trop grande dilacération ou rupture de la production du péritoine, pare, vi, tt.
— ÊTYM. Lat. dilacerationem, de dilacerare, dilacérer.
DILACfiRË, ËE (di-la-sé-ré, rée), part, passé. Une plaie dilacérée.
UILACËRER (di-la-sé-ré. La syllabe ci prend un accent grave, quand la syllal<e qui suit est muette : je dilacére, excepté au futur et au conditionnel : je dilacérerai, je dilacérerais, exception qui n'est pas justifiée), t. a. Mettre en pièces. Dilacérer un acte. Il fallut dilacérer les parties pour extraire le corps
étranger enfoncé dans le ventre. || Se dilacérer, «. réfl. Être dilacére. Le papier se dilacéra, pemlanl que ces gens voulaient le l'arracher.
— HIST. xn* 8. Que ocist e delazerad, /,te. des Rois, p. 64. Il XVI* Comment seroit il possible de couper et dilacérer le col de la vessie, et y mettre plusieurs instrumens sans une extresme douleur? pakS, Introd. ». Ce tendon, pour bien legiere occasion, comme pour quelque petit sault, pour une mal-marcheure, se rompt et dilacére, lo. vm, 917.
— ÊTYM. Lat. dilacerare, dedi.... préfixe, et laeerare, lacérer.
DILA PI DATEUR, TRICE (di-la-pi-da-leuf, tri-sT, adj. Qui dilapide. || Substantivement. C'est un dibpidateur.
— ÊTYM. Dilapider.
DILAPIDATION (di-la-pi-da-sioD ; en vers, de six syllabes), s. f. Action de dilapider. La dilapidation des finances del'Rtat. Coupablededilapiilation.
— ETYM. Lat. dilapidalionem , de dilapidari, dilapider.
DILAPIDE, ÉE (di-la-pi-dé, dée), part, passé. Un Irésnr dilapidé en peu de temps.
DILAPIDER (di-la-pi-dé), t. o. Dis.siper par une dépense excessive et sans règle. Ce ministre a dilapidé les finances.
— HIST. XIV* s. Que l'empereur ou le roi dilapide et détruise son royaume ou qu'il soit tyran, toute-' fois au pape n'appartient pas de le déposer, Songe du nergier, dans le Dict. at docheï. || xvr s. En moins de quatorze jours ii di:apida le revenu certain et incertain de sa chastellenje pour troys ans, rab. Pant. III, î.
— ETYM. Lat. dilapidare , de dt'.... préfixe latin, et lapidare, jetter des pierres (voy. lapider) : proprement disperser comme des pierres qu'on jette.
DILATABILITÉ (di-la-U-bi-li-té), *. f. Terme de physique. Propriété de se dilater, c'est-à-dire d'augmenter de volume par l'efl'et de la chaleur, sani changer de masse.
— ÊTYM. Dilatable.
DILATABLE (di-la-ta-bl'), adj. Terme de physique. Qui est susceptible de dilatation.
— HIST. xvi* s. Dilatable, oudin.
— ÉTYM. Dilater; provenç. et espagn. dilalablt. DILATANT, ANTE (di-la-tan, tan-t'), adj. Terme
de physique. Qui produit la dilatation. || S. m. Terme de chirurgie. Nom donné à des corps soit mous, soit spongieux, soit même pleins et non spongieux, qui servent à dilater des trajets, à maintenir des cavités à tenir libres certaines ouvertures.
— ETYM. Dilater.
DILATATEUR (di-la-ta-teur) , s. m. || 1* Terme de chirurgie. Nom de certains instruments qui servent soit à tenir libres et ouverts les canaux naturels ou des trajets accidentels, soit à les dilater ou à les agrandir. Il 2° Adjectivement. Muscles dilatateurs, ou, substantivement, les dilatateurs, muscles qui, lorsqu'ils se contractent, dilatent les cavités aux parois desquelles ils ont leurs insertions.
— ETYM. Dilater.
DILATATION (di-la-ta-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f.\\l' Action de dilater. La dilatation d'un ballon par l'introduction du gaz hydrogène. La poitrine et le poumon ont un mouvement de dilatation et de contraction qui commence dès que l'enfant est sorti du sein de sa mère, mairan. Éloges, Bremand. 112° Terme de chirurgie. Agrandissement contre nature d'un canal ou d'une ouverture, comme dans les anévrismes, les varices. || Procédé opératoire qui a pour but d'augmenter ou de rétablir le calibre d'un canal , d'entretenir le trajet de certaines fistules. Il 3* Augmentation dans tous les sens qu'éprouvent, sans changer de constitution, les corps qui sont soumis à l'action de la chaleur. || i' Kig. 'Terme mystique. Expansion du cœur. Il faut recevoir ces dons de Dieu avec dilatation, boss. Lett. abb. 4 40. La personne dont vous me parlez doit marcher en dilatation, id Lett. Corn. 412.
— HIST. XIV* 8. Pour ce que el [l'artère] soit plus tost obéissant au pomon à dilatation et à constriction en portant le froit air au cuer, H. de mondeville, t" ï4. Il XVI* S. Ils disent que ce sont certaines pointures d'aiguillons, et certaines contractions et dilatations qui reçoivent plus ou moins par raison, amtot, De la vertu morale, 23. Par la dilatation du coeur et des artères, l'esprit vital, par l'air ambiant attiré, est nourri, parE, lntrt>d. 8.
— ÊTYM. Provenç. dilatacio : espagn. d«7olacton; ital. dilalatione; du latin dilatationem, de diV^itare, dilater.
DILATATOIRB (di-la-U-toi-rO, '■ m.Synonym» peu usité de dilatateur.
(les délais ou retards. On jugeait une affaire péremptoirement quand on ne faisait pas d'écriture, et dilatoiremcnt quand on en Taisait.
— HIST. XIV' s. Que l'en y procède et face les parties procéder, et k ce soit tenues par pures peremptoires, et sans mettre en escript de par ces dites parties, se elles conjointement ne s'accordent au contraire, c'est assavoir au bailler par escript dilatoi rement y procéder, Ordonn. de$ rois de France, t. III, p. «58.
— ÉTYM. Dilatoire, et le suffixe ment.
niL.WÉ, ÉE(di-lé-ié, iée), por(. possrf. Retardé. DILATER (di-lè-ié), je dilaye, tu dilayes, il di-
laye ou il dilaie, nous dilayons, vous dilayez, ils dilayent ou dilaient; je dilayais, nous dilayicns, vous dilayiez; jedilayai; je dilayerai ou dilaierai ou dilalrai; je dilayerais ou dilaierais ou dilaîrais; dilaie, dilayez; que je dilaye, que nous dilayions, que vous dilayiez, qu'ils dilayent; que je dilayasse; dilayant; dilaye, v. a. Renvoyer à un temps plus éloigné. Dilayer un payement. || Absolument. User de remise. [Le vieillard] imbécile, douleur, qui voudrait et qui n'ose, Dilayant, qui toujours a l'œil sur l'avenir, Régnier, Sat. v. || Vieux et se dit à peine, même en parlant d'affaires.
— HIST xvi" s. Je luy ordonnerois cette recepte, pour l'esveiller et tenir en force bien avant dans les ans, et le dilayer des prinses de la vieillesse, mont. m, 379. Ce que je veulx faire pour le service de la mort, je n'oserois le dilayer d'un seul jour, id. iv, 148. Les ambassadeurs, dilayans ainsi soubs ces couleurs, corrompirent deux des plus anciennes maisons de la ville, amyot, Publ. 6.
— ÊTYM. Voy. DÉLAI. La plus ancienne formation était delaier: Ces pensées, qui m'ont occupée, m'ont éloigné et délayé celles que j'avais apportées de Provence, sév. Lett. 27 oct. («73.
DILECTION (di-lé-ksion ; en vers, de quatre syllabes), t. ^. Il 1* Terme de dévotion. Tendresse qui chérit. La dilection du prochain. Rien ne lui est cher [à Dieu] que ces enfants de sa dilection éternelle, que ces membres inséparables de son fils bien-aimé, rien ne lui coûte pour qu'il les sauve, Boss. Duch. d'Orl. 11 n'y a rien de plus noble dans l'Ëvangile que celte loi ds dilection [aimez vos ennemis], FLÊCH. Serm. I, 232. Qui êtes-vous vousmême, qu'un enfant de dilection, et l'ouvrage des miséricordes du Seigneur? mass. Av. DU. de la convers. I| 2" Titre ou qualité qui se donnait en Allemagne aux électeurs. On disait Sa Dilection, comme on dit Sa Grandeur pour un évêque. || J'ai écrit à Votre Dilection, disait l'empereur d'Allemagne. || Salut et dilection, forme de salut qu'employaient le pape et l'empereur d'Allemagne en écrivant à certains princes.
— HIST. XIV' s. Charles par la grâce de Dieu roy de France, à noz amez et feaulx, salut et dileccion, Bibl. des Chartes, 2' série, t. m, p. 58. || xv s. Le bien commun [il] doit sur touz préférer, Son peuple avoir en grant dilection, e. desoh. Des vertus du prince. \\ xvi* s. Il [Dieu] est esmeu par la pure et gratuite dilection qu'il nous porte, à nous recevoir
grand nombre d'enfants dans la malédiction, p*sc. ■ en grâce, calv. Instit. 387. Ce qui est occasion de — HIST. xiw s. 11 a bientost délivré et regardé rompre tant la dilection fraternelle que la concorde et conclus que est h faire, et procède .briefment à publique, langue, 69. Ne retirant point du tout l'exécution sans grand dilation, obesme, F.th. 88. nostre dilection de leurs personnes, encores que Il XV* s. Au jugement n'eut nulle dilation de souf- leurs erreurs et meschancelez soyent condamnées france ou de merci, froiss. i, i, 60. || xvi' s. Une de nous, id. 7«. dilation providente estoit représentée honesle couar- i —ÉTYM. Provenç. dilection; espagn. dileccion;
DIL
— HIST. xvi' S. Figure d'un dilalaloire pour ourrir la bouche, les dents estant serrées, paré, vu, H.
— ÊTYM. Dilater.
DILATÉ, ÉE(di-la-té, tée),por». passé. || 1* Rendu vlus ample, plus large. Un trajet ftstuleux dilaté à l'aide d'une éponge préparée. || Terme de botanique, (m nomme dilatée toute parliequi s'élargiten lame, r.e la hase vers le sommet. || Terme d'entomologie. Corselet dilaté, celui dont les bords latéraux sont f-;rands et avancés. || i* Oui, par l'action de la chaleur, a augmenté de volume sans changer de masse. Les gaz dilatés par la chaleur. || 3" Fig. Cœur dilaté par la joie. Entrailles dilatées par la charité.
DILATER (di-la-té), V. a. || 1° Rendre plusamj)!e, plus large. Dilater un ballon. Dilater le canal rie l'urètre. || 2» Terme de physique. Faire changer fie volume k un corps par l'influence de la chaleur, il Fig. Dilater ses voies, étendre le cercle de ses idées, de ses actions. Dilatez vos voies, et laissez ces choses très-indifférentes, soss. Lett. Corn. I08. tj 8° Fig. Dilater le cœur, le rendre plus content, (•lus accessible aux bons sentiments. L'espérance «lui nous dilate présentement le cœur, sÊv. 456. ■Dilatez vos cœurs par la charité, boss. Perf. rel. Il 4° Se dilater, v. réfl. Être dilaté. L'air se dilate j-ar la chaleur. Le sang, étant conduit dans le cœur, c'y échauffe et s'y dilate par la chaleur naturelle à rette partie, boss. Connaiss. li, 4 4. || Devenir plus large. Que je veuille regarder loin, la prunelle de l'œil se dilate, et au contraire elle se resserre quand je veux regarder de près, id. ib. m, 42. || S'étendre. Le bien n'est qu'un bien commencé, s'il ne s'achève en se dilatant, balz. 2« Dise. s. la eour. Le nouveau peuple se dilate jusqu'aux extrémités de la twrre, boss. HisU ii, 7. lly a dans l'esprit comme un levain d'orgueil qui s'enfle et se dilate par la science, fléch. Pariég. n, p. 233. Qui ne sait que i'esprit du siècle est un poison qui s'enflamme et se dilate par de tels exemples? id. Marie-Thér. \\ En termes mystiques, laisser épandre son cœur. Renouvijlez-vous, dilatez-TOUs sur l'oraison, boss. Lett. abb. 443.
— HIST. XIV" s. Et est illiberalité un vice qui moult se dilate et eitent et à pluseurs gens , oresme , Eth. (4 0. Il XVI* s. C'est lui qui a pris possession de tous peuples, et de toutes régions du monde, en dilatant son royaume partout, calv. Instit. 80. Ces considérations feront qu'autant que nostre cœur est enserré en la croix, d'autant il sera dilaté de joie spirituelle, id. ib. bb7. Les choses aperitives.... ouvrant les passages et les dilatant, hont. m, 24 0. lin instrument qui se dilate et ouvre par le bénéfice é'une vis, paré, vu, 44.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. dilatar ; ital. dilatare, du latin dilatare, de di.... préfixe, et lalus, large (voy. lé).
t DILATICORNE (di-la-ti-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a des antennes dilatées sur un certain foint.
— ÉTYM. Lat. dilatm, dilaté, et corne.
t DILATION (di-la-sion), s. f. Action de différer, de retarder. La dilation du baptême laissait un
DIL
11 or
dise, AMTOT, Comment discerner le flatteur, 23 L'on compte entre les plus grandes faultes que jamais feit Antonius, la remise et dilation de la bataille, ID. Ant. 75.
— ÊTYM. Provenç. dilation; espagn. dilacion; ital. dtluzione; du latin dilationem, de di.... préfixe, et latio, action de porter.
DILATOIRE (di-la-toi-r'), ad;. Terme de jurisprudence. Oui fait différer, gagner du temps; qui tcjnd à retarder le jugement d'un procès. Moyen di- ' conditionnelles dont on laisse l'alternative à l'adver
ital. dileiione ; du latin dilectionem, de dilectum, supin de diiijcre, chérir, dedt.... préfixe, ei légère , choisir (voy. lire).
t DILEMMATIQUE (di-16-mma-ti-k'), adj. Qui est de la nature du dilemme. Raisonnement dilemmatique.
— ÊTYM. Dilemme.
DILEMME (di-lè-m') , ». m. Terme de logique. Argument présentant deux propositions contraires et
latoire. Raisons dilatoires. Exceptions dilatoires. Il Dans le langage général. Les formes dilatoires de la prudence, rodier, dansleCtcr. d« poitevin.
— HIST. xm* s. Les unes [exceptions] por alonpier la demande qui est fête ctmtre li.et celés apel'on exeptions dilatoires, beaum. vu, 2. || xvi* s. Qui lie barres se veut aider, doit commencer aux declinatoires pour venir aux dilatoires, et finalement aux jveremptoires; et si la dernière met devant, ne se peut aider des premières, loysel, 702.
— ÉTYM. Prevenç. dilatori; du latin dilatnrius (voy. dilation).
t DILATOIREMENT (di-Ia-toi-re-man ) , adv. ?erme de pratique. D'une manière dilatoire; avec
saire, certain que l'une comme l'autre le convaincra. Poser un dilemme. 11 fut enfermé dans un dilemme dont il ne put se tirer. On peut définir un dilemme, un raisonnement composé où, après avoir divisé un tout en ses parties, on conclut affirmativement ou négativement du tout ce qu'on a conclu de chaque partie, Port-Royal, Logique, lli, 46. Par exemple, ayant à prouver qu'on ne saurait être heureux en ce monde, on peutlefaireparcedilemme : «On ne peut vivre en ce monde qu'en s'abandonnant à ses passions ou en les combattant, etc. » ib. Un philosophe qui a autant d'esprit queSénèque, ne s'expose point k un pareil dilemme, surtout quand il sollicite une grâce, DIDEROT, Bigtt* de Claude et Nér. ii, § 94.
— KrVM. At),r,|x|ia, de ôi;, deux, et '/.rtfiiti , argument : nrpiimont à deux fins (voy. lemme),
t DILÉIMDE (di-lé pi-d'), ndj. Terme d'histoire naturelle. Oui a deux écailles.
— ÊTYM. AU, deux, et leitic, écaille.
t DILETTANTE (di-lè-ttan-t') , s. m. Amateur de musique, surtout de musique italienne. || Par extension, celui qui s'occupe d'une chose en amateur. Il Au plur. Des dilettanti.
— ÉTYM. Ital. dilettante, mot à mot qui se délecte; de dileltare (voy. délecter).
1 DILETTANTISME (di-lè-ttan-ti-sm') , s. m. Goût très-vif pour la musique, surtout pour la musique italienne. Quelques dandys essayaient de faire acte de dilettantisme en battant la mesure à faux, en. de BERNARD, la Femme de 40 arts, § 4.
— ÊTYM. Dilettante.
DILIGEMMENT (di-li-ja-man) , adv. || 1* Avec soin, attention. J'ai cherché, examiné diligemment. Il 2° Avec diligence, avec promptitude. Allez <liligemment vous saisir de ce traître, tristan, )lariane, m, 3. Le duc le ramassa diligemment, iia- MiLT. Gramm. to. Les ordres de l'amirauté furent diligemment exécutés et avec une exactitude qui accompagne rarement ladiligence, hairan, Éloges, llalley.
— HIST. xn* s. Et si penseiz dilijentremenl à la raison de cet avènement, st bern. B22. || xiii* s. Et cil qui ceste garde enprendent, le doivent fere diligamment et rendre conte une fois en l'an au segneur, beadm. lvi, 6. Quant ce vint l'endemain, l'abbé revint, le roy l'oy moult diligenment et moult longuement, joinv. 288. || xv* s. [Charles de Navarre] leur requeroit et prioitque ils [les Anglois à Bordeaux] se voulsissent prendre et appareiller diligemment de conforter ses gens et lever le siège, FROiss. II, II, 38. Très doulces gens, or entendez. Et diligaument regardez : Noble chose voirrez retraire [représenter], le Jeu des trois rois. Voyant le jeune jcuvencel regarder l'escu diligentement , Perceforest, t. m, f* 95. || xvfs. Nous en avons plus amplement et plus diligemment escrit ailleurs, AMYOT, Cam. 35.
— ÊTYM. Diligent, et le suffixe ment; provenç. diligentment , diligenmen ; espagn. et ital. diligentemente. lly eut un moment oïl la langue, cessant de former en ces adjectifs le féminin comme le masculin, dit régulièrement diligentement.
DILIGENCE (di-li-jan-s'), s. f.\\i' Soin attentif et appliqué. Bien que la femme eût connaissance du mauvais effet que sa diligence à se parer opérerait et au corps et en l'âme de ceux qui la contempleraient ornée de riches et précieux habits, pasc. Prov. 9. On a employé à examiner cette matière la plus grande diligence qui se puisse désirer, id. tb. 4 9. J'ai donc feint une lettre avecque diligence. Comme d'un grand seigneur écrite â Trufaldin, mol. VEtour. II, 44. Ah ! quittez d'un censeur la triste diligence, RAC. Prit. 1, 2. Vous auriez vu dans Esa'ie les élus aussi rares que ces grappes de raisin qu'on trouve encore après la vendange et qui ont échappé à la diligence du vendangeur, mass. Car. Petit nombre des Élus. Il Faire ses diligences, faire toutes ses diligences, apporter beaucoup de soin. Alexandre faisait toutes les diligences imaginables pour découvrir.... vaugel. Q. C. 226. Je faisais pour lui toutes les diligences qu'il eût dû faire pour moi, soarron, nom. com. II, 44. Celles qui avaient été nommées avaient fait leurs diligences, sÉv. 399. J'ai fait les diligences qu'il fallait pour vous procurer les tableaux, BOSS. Lett. quiét. 55. Comme il paraît par les lettres qu'on a encore en original dans la bibliothèque du roi où il rend compte de ses diligences, ID. Var. VII, § 64, Je vais faire mes diligences pour être payé de mes gages, volt. Jeannot. || Terme de jurisprudence. X la diligence d'un tel, sur la demande et la requête formée par une personne. On dit aussi poursuites et diligences d'un tel. Dans ce sens: Faire ses diligences contre quelqu'un. ||2° Activité qu'on apporte dans l'exécution d'une chose. S'il revient demain avec la commission faite, sa diligence aura été très-grande. Il mit peudediligence k faire un si court trajet. Faire acte de diligence. Aux desseins importants la diligence importe, rotbou, Vencesl. m, 3. Il faut user de diligence extrême, la FONT. Orais. Nous nous sommes plaints que la mort a effacé pour ainsi dire sous le pinceau même, un tableau qui s'avançait à 'a perfection avec une incroyable diligence, boss. Duch. d'Orl. En effet, quelle diligence 1 en neuf heures l'ouvrage est accompli; il [Dieu] s'est hâté de la tirer du miheu des iniquités, id. ib. Tout dépend du secret et de la diligence, Rkclphig. iv, 40. De Narbas à mas yein
DIL
l'adroite diligence, volt. Mérope, l, *. || Faire diligence, se dépêcher, se bâter. Quelque diligence que je puisse faire, s6v. (5). Ailraste avait fait une incroyable diligence pour faire le tour d'une montagne presque inaccessible, pén. Tél. xvi. Il En diligence, loc. adv. Promplement, en toute bâte. Si vous me l'ordonnez, j'y cours en diligence, CORN. Poly. IV, ). Sur nous à main armée il fond en diligence, ID. Rodog. i, 6. Prince, que lanlez- Tous? parlez en diligence, rac. Brit. v, 2. Il se tourna en diligence vers le camp des alliés, y&H. Tél. XIX. Il 3° Terme d'enseignement religieux, devoir écrit, sorte de résumé de la leçon du prêtre que font surtout, parmi les jeunes filles, celles qui sont les plus diligentes. || Dans l'enseignement profane, diligence se dit souvent d'un devoir fait ou d'une leçon apprise du bon gré de l'élève, le professeur ne l'exigeant pas. || 4* Voiture publique de voyage, ainsi nommée à cause de la rapidité que les diligences promettaient et qu'elles ont en partie effectuée pour le parcours. Prendre la diligence de Bordeaux. Il est parti par la diligence. Bureau de diligence. || Familièrement. C'est la diligence embourbée, se dit d'une personne trop lente dans ce qu'elle fait. Il Les personnes qui sont dans une diligence. La diligence dîne en tel endroit. || Cheval de diligence, catégorie de chevaux admise par les hippologues et propre au service des postes et des diligences. Il Diligence d'eau, ou, simplement, diligence, se disait pour coche , bateau public de voyage. || Dans les chemins de fer, on nomme diligences des wagons de première classe qui, devant recevoir moins de voyageurs, ont en effet la forme d'une caisse de diligence. || Diligence est une locution abrégée pour carosse de diligence, qui s'est dit d'abord (voy. carrosse).
— HIST. XIII" s. Le roy, qui metoit grant diligence comment le menu peuple feust gardé, joinv. 297. Il XV* s. Monseigneur Jean le Bel, qui grand cure et toute bonne diligence mit en cette matière, FROiss. Prol. [Dans la cour].... ami n'y a, n'amie, Congnoissance , diligence, raison. Manière, sens, honeur, discrétion, E. desch. De l'inlér. det cours. Aucuns dient que diligence passe sens; mais qui tous les deux peult avoir ensemble, il ne fault mie à atteindre maints grands biens, llist. de J. Bouciq. Paris, 4020, p. 332, dans LACURNE. Et fist grant diligence d'envoyer vers ces deux princes , cohm. m , 1 1 . Il xvi* s. Sus l'heure envoya le basque son lacquay quérir k toute diligence Gargantua, rab. Gar. i, 28. En diligence [à la hâtej, langue, 62(. Changeant de chevaulx pour faire diligence, uont. m, »5. Ils font des extrêmes diligences, m. m, ue. Ils marchèrent en toute diligence vers Rome, amyot, Cam. 2». Il ne défendit pas à ses citoyens ceste diligence de mesnager, ID. Aritt. et Caton, 6 Passant les diligences De leurs grands tours [des astres] , st-gelais (26). Diligence passe science, cotgrave.
— ËTYM. Provenç. et espagn. diligencia; ital. diligensia; du latin diligenlia, de diligens, diligent.
DILIGENT, ENTE (di-li-jan, jan-t'), adj. || l-Qui a de la diligence, qui s'applique avec attention. Un écolier diligent. Il est diligent en ses affaires. || Qui a le caractère de la diligence, en parlant des choses. Sans l'avis diligent que j'ai cru vous devoir, desu. Êrigone, m, 3. Le berger plut au roi par ses soins diligents : Tu mérites, dit-il, d'être pasteur de gens, LA FONT. Fabl. X, <o. Il 2° Qui fait avec activité et rapidité. Valet diligent. Ouvrière diligente. Il est diligent à exécuter les ordres qu'on lui donne. Un démon diligent qui sans cesse regarde Les dépôts que le ciel a commis à sa garde, thistan, Uariane, IV, t. Lorsqu'occupé d'un côté, il envoie reconnaître l'autre, le diligent officier qui porte ses ordres s'étonne d'être prévenu et trouve déjà tout ranimé par la présence du prince, Boss. Louis de Bourbon. Imposez au notaire et soyez diligent. Autant que vous pourrez, à toucher cet argent, begnard, Ménechmes, ii, <. || Terme de jurisprudence. Partie la plus diligente, celle qui agit la première dans une poursuite dont le droit lui était commun avec d'autres. Il Rapide, en parlant des choses. Sous leurs pas diligents le chemin disparaît, boil. Lutr. v. || 9' S. m. Le diligent, machine pour dévider l'or en brins. jji'.S. f. Diligente, variété de tulipe printanière.
— REM. Marguerite Buffet, Obseri). p. 33, en (668, signale la mauvaise prononciation déligent.
— SYN. DILIGENT, PROMPT. Ce qui différencie ces deux mots, c'est que diligent implique toujours une idée d'application, d'intention qui n'est pas dans prompt.
— HIST. xiit* s. Soies diligens d'avoir bons pre- TOt et bons baillis, ;oinv. 3ui.j|xiv*s. Soient les
DIL
maistres deligens de veoir les tiltres, Ordonn. des rois de Franu, t. vit, p. 776. || xv* s. Le bien commun doit |le prince] sur touz préférer. Son peuple avoir en grant dilection, Kslre saige et diligent, E. DEscH. Des vertus du prince. \\ xvi* s. Quand la pauvreté se trouve en un personnage bien vivant, laborieux, diligent, ju.ste, vaillant, alors elle est une grande preuve de magnanimité, amyot, Arist. et Caton comp. «. Ceux qui ne sont diligens d'observer telles différences, LANGUE, 8».
— ÊTY.M. Provenç. diligent; espagn. et ital. dt'itgente; du latin diligentem, proprement qui aime, qui chérit, et, de là, soigieux, diligent, de diligère, aimer avec choix (voy. dilection).
DILIGENTE, ÉE (di-ll-jan-lé, tée), part, passé. Cet écolier diligente par son professeur.
HIUGENTEU (di-li-jan-té), ». a. || !• Presser quelqu'un de mettre de la diligence. Le maréchal de Joyeuse se tint au pont pour maintenir l'ordre et diligenter tout, st-sim. 22, 261. Vendôme se mit à faire tout ce qui étoit en lui pour diligenter une conquête si différente de ce qu'il se l'était figurée, ID. 28;), 94. y Absolument. Mettre de l'activité. Il faut diligenter. || 2" Se diligenter, v. réfl. Mettre de la diligence à ce qu'on faiL Notre galant s'étaut diligente Se relira.... la pont. Uul.
— HIST. XV* s. Lesquelz ambassadeurs avoieiit si bien diligente que.... comm. u, 7. 1| xvi* s. J'ay faict ce que j'ay peu pour diligenter mon voyage, maho. Lelt. 30. Je vous prie vous diligenter en sorte que vous ne demeurés après le roi, lo. ib. 1 13. Je voys [vais] coucher à Medine, où je pense trouver Brion, et ne fauldray à le vous diligenter, ID. ib. 22. Hasler les mariniers de diligenter et de se sauver, mont. I, 63. Il diligenta si bien qu'il devancea de beaucoup ses sommiers qui portoient les vivres, AMYOT, Brutus, 31. Kut tellement diligente [on se hâta tellement], dubellay, Mém. liv. vui, f° 248,
dans LACURNE.
— £TYM. Diligent.
t DILOBÉ, ÊE (di-lo-bé, bée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a deux lobes.
— ÊTYM. Skli, deux, et lobe.
t DILOGIE (di-lo-jie), s. f. || 1" Nom donné par quelquesauteursmodernesarantanaclase.il 2°Drame qui se déroule en deux pièces distinctes.
— ÊTYM. Ai?, deux, et Xéfo;, pièce.
t DILOPUE (di-lo-f), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une double crête ou deux huppes.
— ETYM. Aie, deux, et X6<po;, huppe.
t DILUCIUATION (di-lu-si-dasion), *. f. Latinisme. Éclaircissement.
— ÊTYM. Dilucider.
I DlLCaUER (di-lu-si-dé), V. a. Latinisme. Ëclaircir.
— HIST. XVI* s. Dilucider, oudin.
— ÊTYM. Lat. dilucidare, de di.... préfixe, et Jucidus, clair (voy. lucide).
t DILUÉ coot dilué.
'Oy. LUCIDE).
ÉE (di-lu-é,
ée) , part, passé. De l'al-
t DILUER (di-lu-é), V. a. Terme technique. Étendre d'eau une liqueur quelconque. || Séparer, par la suspension dans l'eau, les parties des corps plus divisées d'avec les plus grossières. || Ofiérer la dilution homœopathique. || Se diluer, v. réfl. Être étendu d'eau.
— ÊTYM. Lat. diluere, de di.... préfixe, et luere, laver (voy. lotion).
t DILUTION (di-lu-sion),ï. /".Il l'Terme technique. Action d'étendre d'eau une liqueur, une dissolution. Il Chez les homoeopathes, opération par laquelle ils atténuent la dose d'un médicament, délayant, par exemple, cinq centigrammes d'un certain médicament dans une certaine quantité de liquide, puis prenant cinq centigrammes de cette liqueur et la délayant ensuite dans une quantité égale au liquide employé la première fois, et ainsi de suite jusqu'à la 30* dilution. || 2* Procédé qu'on emploie, en délayant une substance dans un liquide, pour séparer les parties les plus ténues, qui, après l'agitation, restent les dernières en suspension, et sont enlevées par la décantation.
— ÊTYM. Lat. diIulion«m (voy. diluer).
t DILUVIAL, ALE (dilu-ïi-al, a-l'), adj. Synonyme de diluvien. Terrains diluviaux.
t DILUVIÉ, ÉE (di-luvi-é, ée), adj. Terme de géologie. Submergé par un déluge.
— ÊTYM. Vov. DILUVILJh
DILUVIEN, lENNE (di-lu-viin, Tiè-D'), adf. Terme de géologie. Qui a rapport au déluge. Roches diluviennes. Eaux diluviennes. || Dépôt diluvien ou diluvial, dépôt fort irrégulier de sable, d'argile, de gravier à gros grains, dont la farmatiou est due à
DIM
d'anciens courants coosirjérables. || Terrains dilii» viens, ceux qui ont été formés par Its alluviuns antérieures aux temps historiques. Les terrains diluviens recouvrent une grande partie de la surface habitable du globe. || 1* Fig. Pluie diluvieaae, plui* très-abondante.
— ÊTYM. Lat. dilucium (voy. uKluce).
t DILUVIUM (di-lu-vi-om'), s. m. Terme d« géologie. Matière des alluvions antérieures aux temps historiques. Lediluvium, examiné dans une grande surface, se montre tantôt calcaire, tantôt siliceux; dans quelques endroits, vers l'emlouchure du Rhône, par exemple, il consiste en de vules dépôts de cailloux roulés.
— ÊTYM. Voy. DÉLUGE.
t dImable (di-ma-bl*), adj. Qui est sujet à la dtme.
— HIST. XVI* s.'Dimable, hohit, Dict.
— ÊTYM. Dimer.
DIMANCHE (di-man-ch') , «. m. || 1* Le premier jour de la semaine, celui qui est consacré aux exercices de dévotion chez les chrétiens. Le premier dimanche du mois. Observer, sanctifier le dimanche. Mère Jeanne avec ses habits de dimanche, c'est la plus aimable femme de village que j'aie jamais vue, s£v. 141. Il Brave comme un dimanche [très-bien paré], Uisl. du Théâtre fr. t. viii, p. (84, dans la- CURNE. Il Fig. Jour de fête, de plaisir. Grâce à l'or de mon jeuneamant. Là tous mes jours sont desdimanches, béramo. Cinq éloges. \\ Le dimanche gras, celui qui précède le mercredi des Ondres. || Dimanche se dit quelquefois pour un temps à venir indéterminé, surtout en parlant à celui qui fait actuellement ce qu'on ne lui demande pas et qu'il n'a pas le temps de faire. Tu éternueras dimanche [Bartholo p;irlanl à un domestique qui étarnuait sans cesse], BEAUM. Barbier, u, 7. || Air de dimanche, air de fête, de gaieté. U y a un petit air de dimanche gras répandu sur cette lettre, qui la rend d'un goût nonpareil, sÉv. (26. || 2* Terme de marine. Palan portatif. Il Le plus petit des palans dont on fait usage dans les grands bâtiments. || Proverbe. Tel qui rit vendredi dimanche pleurera, rac. Plaid, i, l.
— HIST. xu* s. Là le truevent li mes [messagers] à jour de diemaine, Sax. xxx. || xiii* s. Adonc assembla tous li pueples de Venise à un diemenclie qu'il fu moult grans feste de saint Marc, villes. XXXIX. Tout droit un diemenche, ainsi com je l'enten, Berte, ix. C'iert [c'étoit] diemanche par matin, Ren. 890). Ce fu une dimence que l'os [armée] fu estormie. Dont oïssiés mil grailes soner à la bondie; Crestiien et paien chascuns s'enseigne escrie, Ch. d'Ant. I, 422. Donc devez vous croire fermement touz les articles de la foy , lesquiex les apostres tesmoingnent aussi comme vous oez chanter audymanche en la credo, joinv. (98. || xvi* s. Naquit un dimanche ou feste. Qui n'aime que besogne faite,
LEROUX DB LINCY, PrOV. t. I, p. 97.
— ÊTYM. Génev. une dimanche ; bourguig. dimainche; provenç. dimange, dimergue, ditimergw; anc. cataL digmenge; espagn. et portug. domingo; ital. domcnico. L'italien, l'espagnol et le portugais viennent du latin dominica ou dominicus, sous-entendu diM.jourdu Seigneur, dominus; voy. dom. Le français est pour didemaine ou di-demenche, jour dominical, contracté en diemenche, de quatre syllabes. Il est masculin ou féminin suivant qu'on fit, comme en latin, diej masculin ou féminin. Demaine vient de l'adjectif fictif domirtius, et demenche de dominicus.
t DIMANCUIER, lÈRK (di-man-chié, chiê-tO, *. m. et f. Personne qui fête régulièrement les dimanches. Il Terme populaire.
— ÊTYM. Dimanche.
DÎME(di-m'),i.^.|l 1* Prélèvement qui se faisaitsur les Juifs du dixième des fruits de la terre pour offrir au Seigneur ou pour donner aux lévites. Le Seigneur votre Dieu vous ayant bénis, vous ne pourrez lui apporter toutes ces dîmes; tous vendrez tout, et en aurez de l'argent que vous porterez en votre main, SACi, Bible, Deutironome, xiv, 24. Ceux qui, étant de la race de Lévi, entrent dans le sacerdoce, ont droit, selon la loi, de prendre la dîme du peuple, ID. ib. Ép. aux llébr. de St Paul, vu, 5. || Il se dit aussi d'un dixième prélevé pour tout autre objet. Alors Abraham lui donna [à Melchisédech] la dîme de tout ce qu'il avait pris, ID. t6. Genèse, xiv, 30. C'est à lui [Melchisédech] qu'il paye la dlmc du butin qu'il avait gagné sur les rois vaincus, BOss. llist. I, 3. Il 2* Prélèvement que l'Église ou le seigneur faisait sur les récolles, et qui en était ordinairement le dixième. Lever, payer la dlme des blés, du vin. 11 y avait des dîmes qui faisaient la douzième partie.
DIM
!» treizième partie. Les dîmes s'affermaient. Toute votre piété se réduit à certaines cérémonies, à certaines coutumes, à payer certaines dîmes dont la loi ne fait pas mention, boubdal. i' dim. après la reniée. Dnminic. t. il, p. 441. La dtme n'est point une propriété; la propriété ne s'entend que de celui qui peut aliéner le fonds; et jamais le clergé ne l'a pu, MIRABEAU, CoUecHon, t. II, p. n. Il Grosses dîmes, dîmes qu'on levait sur les gros fruits, comme le hléet le vin. || Menues dîmes, cellesqui se levaient sur les menus grains et sur le menu bétail. || Vertes dîmes, celles qu'on levait sur les légumes, le chô-ivre, etc. || Dîme inféodée, dîme aliénée par l'Église et possédée par des laïques. || Dîme saladine, impôt du dixième des revenus dont furent frappés ceux qui ne prirent point part à la 3' croisade. || Dîmes eoclésiasliques, dîmes possédées sans aucune cliarge féodale. Il Dîmes mixtes, dîmes perçues sur les choses qui provenaient en partie des héritages et en partie de l'industrie. || Fig. Lever la dîme, faire un prélèvement non permis. D'anciens Gaulois.... Levaient la dîme .sur les caves Du maître qui les opprimait, BÉRANO. Esel. gaulois. \\ 3° Dîme royale, titre d'un ot;vrage de Vauban. Son Altesse Royale ayant formé le dessein de faire dans le royaume quelques essais d'une taille proportionnelle ou dîme qu'avait proposée feu M. de Vauban et qui devait remédier aux anciens et intolérables abus de la taille arbitraire, FONTEN. lienau.
— HIST. XII* s. Ne devez as prelaz défendra u comander .... ne des dismes causer, Th. le mart. 79. Il xin's. Etotli elleus [l'élu] de Biauvaisladismede par l'apostole [pape], Chr. de Rains,to. De droit commun, toutes les dismes doivent estre à sainte Eglise, BEAUM. XI, 38. Il XV' S. Qu'elles estoient tenues de rendre à Dieu disme de tous leurs biens, LOUIS XI. Nouv. XXXII. Il xvi* s. Le droit de tenirdixmes en fief [dîmes inféodées] par gens purs laies, p. piTHou, 74. La principale cause de la malveillance que le peuple luy portoit vint de la décime des dépouilles.... il feit vœu qu'il offriroit aux dieux la dixme du butin, amyot, Cam. 44. Un veau de disme [un grand sot], oudin. Peu de gloire me semble accroistre à ceulx qui seulement employcnt leurs yeulx.... baislent aux mouches comme veaulx de disme, bab. PanU Prol.da liv. m. Rente est plus seure que dismes, lerodx de uncy, Prov. t. I, p. 24.
— ÊTYM. Berry, le dtme; provenç. desme, deime, deyme, deume, dente, s. m. et aussi décima, s. f.; calai, delme; espagn. diegmo et décima; ital. décima; du latin decimus, dixième, de decem (voy. Dix).
[ DÎMÉE (dî-mée) , s. f. Droit de lever la dîme. Avoir la dlmée.
DIMENSION (di-man-sion; en vers, de quatre syllabes), t. f. \\ 1° Étendue d'un corps en tout sens. Les corps ont trois dimensions, longueur, largeur et profondeur. Prendre les dimensions d'un édifice. Il Fig. Prendre ses dimensions, prendre toutes ses mesures pour exécuter une chose. || 2° Timbre de dimension, timbre tarifé en raison de la dimension du papier. Se dit par opposition à timbre proportionnel. Il 3° Terme d'algèbre. Degré d'une puissance ou d'une équation. ||4° Terme de dessin. Rapport d'un objet artificiel avec le même objet pris en nature. La dimension d'un portrait, d'un paysage, d'un tableau.
— HIST. xvi* s. Les muses continuellement occupées, l'une à contemplation des astres, l'aultre à supputation des nombres, l'aultre à dimension des corps géométriques, bab. Pant. m, 3|.
— ÊTYM. Provenç. dimencio; espagn. dimensioit; ital. dimensione; du latin dimensionem, dedimens«m, supin de dimettrt, mesurer, de di.... préfixe^ et metiri, mesurer (voy. mesure).
DÎMER (di-mé) , ». n. || 1° Lever la dîme. Dlmer dans un champ, sur un vignoble. L'abbé dîmait dans tous ses villages. || %' Fig. Faire un prélèvement. Nous laissant dîmer sur un bien Qui ne vous coûte presque rien, la font. Cord. || Activement. Sans qu'il me vint à l'idée de dîmer sur M. Vinat le produit de ses asperges, j. j. rouss. Conf. i. Sur la table un pain noir sous une nappe blanche. Dont chaque mendiant vient dîmer une tranche, lamart. Joe. VI, 607.
— REM. Dîmer pris activement s'appuie sur d'anciens exemples (voy. I'historiqhe).
— HIST. XII* s. Ne jà, pour nul desirier, [je] Ne remainrai [resterai] avecques ces tirans. Qui sont croisé à loier Pour dimer clers et bourjois et sergens, QUESNES, Romancero, p. 97. Vos blez, les fruis des vignes il les dismera, as ses serjans il les durrad îdonnera]. Bot», S7. || xni* s. Et se je ne le
DIM
fes, je peque [pèche] et suis tenus à rendre ce que je disme malvesement, beauh. xi, 39.
— ÉTYM. Provenç. desmar ; cataL d«!mar; espagn. dezmar; portug. deximar; ital. decimare; du latin decimare (voy. dîme).
t DIMËRE (di-mê-r'), adj. Terme de zoologie. Qui est composé de deux parties, de deux segments ou articles.
— ÊTYM. Aiî, deux, et (tipo;, partie.
t DÎMERIE (di-me-rie), s. f. Étendue d'un territoire sur lequel on avait droit de dîmer.
— HIST. xvi* s. Coutumierement en dismeries d'église n'y a point de suite, mais bien en patrimoniales, LOYSEL,. 208.
— ÉTYM. Dimer; provenç. deimaria.
t DIMÊTRE (di-mè-tr'), adj. Terme' de-prosodie grecque ou latine. Qui est de deux mesures, en parlant des vers ïambiques de quatre pieds.
— ÉTYM. Ai;, deux, et mètre.
DÎMEUR (di-meur), s. m. Celui qui était commis au prélèvement de la dtme.
— HIST. xvi* s. Les gros dismeurs doivent fournir les livres des paroisses, loysel, 266.
— ÉTYM. nimer.
t DIMIDIÉ, ÉE (di-mi-di-é, ée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est réduit de moitié, qui ne s'est développé qu'à demi.
— ÉTYM. Lat. dimidiatus, de dt'mtdtui (voy. demi). DIMINUÉ, ÉE (di-mi-nu-é, ée), part, passé.
Rendu moindre. La fièvre diminuée, mais non coupée par une première dose de quinquina. Son royaume est diminué de dix tribus, boss. Ilist. u, 4. Il Terme d'architecture. Colonne diminuée, colonne qui va en se rétrécissant de bas en haut. Il Terme de musique. Intervalles diminués, intervalles rendus plus petits au point de n'être plus consonnants. La quinte juste contient trois tons et demi ; laquinteit fa, qui n'est que de deux tons et deux demi-tons, est une quinte diminuée (autrefois fausse quinte); la tierce mineure ut mi bémol est consonnante ; la tierce ut dièze mi bémol est une tierce diminuée. Les intervalles non consonnants sont diminués quand, étant déjà mineurs, ils sont encore diminués d'un demi-ton ; ut ti est une septième; «( si bémol est une septième mineure, ut dièze si bémol est une septième diminuée.
t DIMINUENDO (di-mi-nu-in-do), adv. Terme de musique. En diminuant. Indique qu'il faut passer du forte au piano, et du piano au pianissimo, par une gradation insensible. U est opposé à crescendo.
— ÉTYM. Ital. diminuendo, de diminuere, diminuer.
DIMINUER (di-mi-nu-6). || 1° Y. a. Rendre moindre. Diminuer la portion de quelqu'un. Diminuer l'épaisseur d'une planche, la hauteur d'un bâtiment, la longueur d'une robe. Diminuer sa dépense. Diminuer le prix d'une marchandise. Ma part de votre ennui diminuera la vôtre, rotbou, Vencesl. m, 2. Vous-même n'allez point.... Et de votre grand nom diminuer le bruit, bac. Mithr. m, i. Mais soit que cet enfant devant elle amené Eût d'un songe effrayant diminué l'alarme.... ID. Athal. m, 3. Le dirai-jel mais pourquoi craindre que la gloire d'un si grand homme puisse être diminuée par cet aveu 1 boss. louis de Bourbon. |{ 2* V. n. Devenir moindre, se réduire, baisser, s'affaiblir. La rivière diminue. La fièvre a diminué. Sa santé diminue tous les jours. Quand sur moi je jette les yeux. Mon cœur de frayeur diminue, rûgnier. Stances rel. Mon esprit diminue, au lieu qu'à chaque instant On aperçoit le vôtre aller en augmentant, la font. Fabl. XII, t. Je m'en vais, je suis emporté par une force inévitable; tout diminue, tout fuit, tout disparaît à mes yeux, boss. Anne de Gong. Ne crois pas que pour lui ma haine diminue, rac. Théb. iv, t. Je suis toujours très-languissant, mon âge avance, ma force diminue, mais mon attachement pour vous ne diminuera jamais, volt. £et(. d'Argence, 2< mars 4 767. Ils se sentent diminuer dans l'estime du peuple, MASS. Myst. Pass. || Maigrir. Cet enfant diminue tous les jours. || Terme de marine. Diminuer de voiles, serrer les vjiles qui sont dehors, afin d'affaiblir le sillage du vaisseau, (j 8* Se diminuer, v.réft. Devenir moindre. La vie humaine, qui se poussait jusques à près de mille ans, se diminua peu à peu, boss. Hist. II, 4.
— HIST. XIV* s. Et à celui qui est povre ou diminué en pecunes pour la communité, l'en li fet dons utiles, ORESME, Eth. 257. Il XV* s. De jour en jour va en diminuant De ce monde la revolucion; Et les estas vont en continuant De mal en pis à leur destrucion, E. desch. Poésies mss. t' m, dans lactiBNB. Nous sommes diminués d'aage, et la vie des
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hommes n est si longue comme elle le souloit, comb. n, «. Il XVI* s. Fay seulement ce que je te commande, sans y adjouster ne diminuer, calv. Instit. 274. La mort de Selym estant arrivée, la crainte des princes se diminua, et par conséquent le désir d'entreprendre, LANGUE, 4<a. Escrivant en un siècle auquel la créance des prodiges commenceoit à diminuer, mont.
— ÉTYM. Berry, diminuiser, déminuer; provenç. diminuar, diminuir. demenir; catal. disminuir ; espagn. diminuir; ital. diminuire; du latin diminuere, de di.... préfixe, et minuere, rendre moindre (voy. menu). Avant le xiv* siècle on trouve demenuiser : xn* s. Noz despiezons et demenuisons [ces choses], Job, A48.
DIMINUTIF, IVE (di-mi-nu-tif, ti-v'),odj.|| 1° Terme de grammaire. Qui affaiblit ou adoucit l'idée, en parlant de certains dérivés par rapport au mot dont ils proviennent : fillette, diablotin sont des expressions diminutives par rapport à fille et à diable. Il S. m. Un diminutif. Les diminutifs expriment une chose comme petite : une maisonnette est une petite mai.son; un globule, un petit globe. || 2° U se dit d'un objet qui est en petit ce qu'un autre est en grand. Qui sont comme des diminutifs de la foudre, DESC. Métior. 7.
— HIST. xvi* s. Aulcuns [dieux] moyens entre la divine et l'humaine nature, médiateurs, entremetteurs de nous à Dieu, adorez par certain second ordre d'adoration et diminutif, mont, ii, 277.
— ÉTYM. Provenç. diminuliu; espagn. et ital. diminutivo; du latin diminutivus , de diminuere , diminuer.
DIMINUTION (di-mi-nu-sion; en vers, de cinq syllabes), î. /■. || 1* Action de devenir moindre, de rendre moindre. La diminution de l'eau dans les puits. 11 y a une grande diminution dans sa fortune. Diminution des prix. Diminution de la fièvre. L'homme du meilleur esprit est inégal; il souffre des accroissements et des diminutions, la brut. xi. Ma tête est plus pesante [par le vin] ; mes idées ne sont plus si nettes; je n'ai jamais éprouvé cette diminution de moi-même dans mon pays, volt. Dial. 8. Il Absolument. Diminution de prix. Demander, obtenir une diminution. ||2° Terme d'architecture. Le rétrécissement d'une colonne, depuis son tiers jusqu'au haut du fût. || S" Terme de grammaire. Figure par laquelle on retranche quelque lettre dans un mot , comme quand on écrit apercevoir au lieu à'appercevoir qu'on écrivait autrefois. On dit aussi soustraction. || Figure de pensée plus souvent appelée atténuation, litote. || 4* Terme de musique. Division d'une note longue en plusieurs notes de moindre valeur. Après avoir varié en croches un air écrit en blanches et en noires, on fait une nouvelle diminution en donnant une variation en doubles croches. Il 6* Se dit, au crochet, d'une ou plusieurs mailles du tour précédent passées sans y faire de mailles; au tricot, de deux mailles tricotées ensemble ou d'une maille prise sur l'aiguille sans être tricotée et rejetée sur la maille suivante une fois que cette dernière est tricotée elle-même. || 6° Diminution d'espèces, retranchement sur la valeur légale des espèces monnayées.
— HIST. XVI* s. Il faut travailler à la diminution de cette ample domination de la maison d'Autriche, SULLY, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Provenç. diminulio; espagn. diminucion; ital. dtmtnuïione ; du latin diminutionem , de diminuere, diminuer.
t DIMINUTIVEMENT (di-mi-nu-ti-ve-man) , adv. D'une façon diminutive, en diminutif. Le changement qui au xiv* siècle fit que la langue française perdit ses deux cas est comparable, diminutivement, au changement qui, du latin ayant six cas, fit la langue d'oïl ayant deux cas.
— ÉTYM. Diminutive, et le suffixe men(.
DIMISSOIRE (di-mi-ssoi-r'), s. m. Lettre par laquelle un évêque consent qu'un de ses diocésains soit consacré par un autre évêque. Obtenir un dimissoire.
— REM. On a dit aussi, mais moins correctement, démissoire. Canaples prétendait donner les démissoires et se mêler de la discipline intérieure du clergé, st-sim. 4I0, (82. Lorsque j'allai demander à l'archevêque de vouloir bien obtenir pour moi ce qu'on appelle un démissoire pour recevoir les ordres de sa main, marmontel, Èfém. n.
— ÉTYM. Lat. dimissorius, de dimissum, supin de di'miHere, renvoyer, dedt.... préfixe, elmittere, envoyer (voy. mettre).
DIMISSORIAL, ALE (di-mi-sso-ri-al, a-l'), adj. Qui a rapport à un dimissoire. Lettres dimissoriale»
— ÉTYM. Dimissoire.