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DIE
DfÈ"
DIDACTYLE (di-da-kti-T), «(/;". || 1» Terme de loologie. Qui n'a que deux doigts à chaque pied; tels sont le bœuf, le mouton, la chèvre. || 2" Terme de métrique ancienne. Pied composé de deux dactyles, comme innumerabilis.
— ÊTYM. Di.... préfixe, et SâxTuXoî, doigt.
t BIDASCALIE (di-da-ska-lie ) , s. f. Chez les Grecs, instruction donnée par le poSte aux acteurs; et aussi travail critique sur le nombre et l'époque des pièces jouées. Le citoyen Schweighaeuser rapporte le litre de l'édition d'Aide [d'Athénée] accompagné d'une espèce de didascalie fort curieuse, p. l. couB. II, 339. Il Chez les Latins, petite noie placée en tête d'une pièce de théâtre et indiquant l'origine de la pièce, l'époque de la représentation, etc.
— ÉTYM. AcSaffxaXia, de 6i5àaxeiv (voy. DIDAC- TIQUE).
t DIDEAU (di-dfl), t. m. Terme de pêche. Nom d'un grand filet de pêche, dont on barre une rivière pour arrêter le poisson ou autre chose. On dit aussi diédeau, diguial, guideau. Les filets de St-Cloud étaient des dideaux. Au pont de St-Cloud il y a un grand dideau suspendu par des potences et des poulies qu'on tend et qu'on lâche suivant les occasions,
mCHELET.
t DIDÉCAÈDRE (di-dé-ka-è-dr'), adj. Terme de minéralogie. Cristaux didécaèdres, cristaux dont les faces offrent la combinaison de deux solides à dix faces.
— ÉTYM. Di.... préfixe, î^xo, dix, et ISpa, face, t DIDELl'lIE (di-dèl-r), adj. Terme de zoologie.
Oint la matrice est double. || S. m. Groupe d'animaux dont les femelles présentent une poche cutanée abdominale, soutenue par deux os, à la face postérieure ou supérieure de laquelle se trouvent les mamelles. || On dit aussi didelphiou.
— ÊTYM. Di.... préfixe, et SeXçùç, matrice; parce que ces animaux ont pour ainsi dire une double matrice.
t DIDELPHOÏDE (d'-dèl-fo-i-d"), adj. Terme de zoologie. Oui ressemble à un didelphe.
— ÉTYM. Didelphe, et eîSo;, forme.
+ DIDIPLASE (didi-pla-z'), adj. Terme de minéralogie. Cristal didiplase, cristal composé de deux rhomboïdes et de deux dodécaèdres. Chaux carbonatée didiplase.
— ÉTYM. Di.... préfixe, et SinXidio;, double.
t DIDISQUE (di-di-sk'), f. m. Genre d'ombellifères originaires de la Nouvelle-Hollande.
— ÉTYM. Di.... préfixe, et disq ue.
tDIDOUÉCAÈDRE (di-do-dé-ka-è-dr"), adj. Terme
de minéralogie. Cristaux diaodécaèdres, cristaux produits par l'union de deux dodécaèdres différents.
— ÉTYM. Di.... préfixe, Sciôexa, douze, et Bpa, face.
fUIDRACHME (di-dra-gm'), *. ^. Une double drachme.
— ÉTYM. T>i.... préfixe, et drachme.
i DîDUCTEUR (di-du-kteur), adj. Terme d'analomio. Muscles diducteurs ou, substantivement, les diducteurs, muscles qui déterminent la diduction.
— ÉTYM. Voy. DIDUCTION.
t DIDUCTION (di-du-ksion), s. f. Terme de physiologie. Mouvement latéral exécuté par la mâchoire inférieure chez tous les herbivores pendant la mastication et, chez ceux qui ruminent, pendant la rumination.
— ÉTYM. Lat. diduUio, de diductum, supin de diducere, mener çà et là, de di, préfixe latin qui signifie disjonction, et ducere, mener (voy. duire).
t DIDYMALGIË (di-di-mal-jie), ». /. Terme de médecine. Douleur des testicules.
— ÉTYM. Atôunoi, testicules, et SX^oc, douleur. \ . DIDYME (di-di-m') , adj. Terme de botanique.
Oui est formé de deux parties plus ou moins arrondies et réunies par un point de leur périphérie.
— ÊTYM. Aiôupio;, double, jumeau. C'est im réduplicatif de 80o, deux (voy. deux).
i 2. DIDYME (di-di-m'), s. m. Métal nouveau, découvert dans la cérile, présentant avec le cérium et le lanthane la plus grande analogie, et dit pour cela jumeau (ôîôupLo;).
t DIDYMES (di-di-m'), «. m. piur. Terme d'astronomie. Ancien nom de la constellation des Gémeaux.
— ÉTYM. A(îv)(tO(, gémeaux (voy. didyme <).
t DIDYMITE (di-di-mi-f), j. f. Terme de médecine. Inflammation des testicules.
— ÉTYM. Ai6v)|ioi, testicules, et ite, finale médicale qui indique inflammation.
t DIDYNAME (di-di-na-m') , adj. Terme de botanique. Ëtamines didynames, étamines qui sont au nombre de quatre, dont deux plus longues que les
autres et semblant les dominer. || Plante didyname, plante appartenant à la didynamie.
— ÉTYM. Di.... préfixe, et 5ûva|iiii;, force (voy. dynamique).
DIDYNAMIE (di-di-na-mie), s. f. Classe du système de Linné qui renferme les plantes à étamines didynames.
— ÉTYM. Didyname.
t DIDYNAM1C|UE ( di-di-na-mi-k' ) , adj. Terme de botanique. Oui appartient à la didynamie. Plante, fleur didynamique, celle dont les étamines sont didynames, c'est-à-dire disposées en deux paires, dont l'une est plus grande que l'autre.
t DIECTASIQUE (di-è-kta-zi-k') , adj. Terme de minéralogie. Cristaux diectasiques, cristaux qui résultent de deux décroisements sur un même bord ou sur un même angle, l'un en longueur, l'autre en largeur.
— ÊTYM. AiéxTaffi;, écartement, de 4ià, ix, et xâdiç, action d'étendre.
t DIÈDRE (di-è-dr'), adj. Terme de géométrie. Angle dièdre, angle formé par la -rencontre de deux plans.
— ÊTYM. Di.... préfixe, et Kpa, plan, t DIEF (di-èO, s. m. Voy. diève.
fDIENNÉAÈDRE (di-è-nné-a-è-dr"), adj". Terme
de minéralogie. Cristaux diennéaèdres, cristaux offrant dix-huit faces, neuf à chaque sommet.
— ÉTYM. Di..,. préfixe, èvvia, neuf, et ëSpa, face.
DIÉRÈSE (di-é-rè-z'), s. f. \\ V Terme de grammaire grecque et latine. Division d'une diphthongue en deux syllabes. Dans vitai, ai est une diérèse pour vital, de vita, la vie. || On donne aussi ce nom au signe qui indique la diérèse et que nous appelons tréma. || On donne quelquefois ce nom à la tmèse. Il 2° Sorte de métaplasme qui consiste à faire entendre dans un mot une syllabe de plus qu'il n'en a ordinairement; ainsi diamant est de deux syllabes en prose, et il en a trois en vers, legoarant. Il 3° Terme de logique. Division d'une chose en ses parties constitutives. || 4° Terme de chirurgie. Nom générique par lequel on désigne les divers procédés usités pour diviser les tissus organiques; c'est l'opposé de synthèse.
— ÊTYM. ikiaipeaii, de Stà, et atpe<n(, action de prendre, d'enlever (voy. hérésie).
t DIÉRÉSILE (di-é-ré-zi-l') , s. f. Terme de botanique. Fruit capsulaire sec formé de plusieurs loges rangées autour d'un axe commun et produites par les valves rentrantes.
— ÉTYM. Diérèse.
t DIÉRÉSILIEN, ENNE (di-é-ré-zi-liin, liè-n'), adj. Oiii a les caractères de la diérésile.
t DIÊRÉTIQUE (di-é-ré-ti-k'), adj. Terme de chirurgie. Qui , en fait d'agents mécaniques ou chimiques, est propre à opérer la division d'un tissu.
— ÉTYM. Voy. DIÉRÈSE.
DIÈSE (di-è-z'), s. m. || 1" Dans la musique ancienne, quelquefois le demi-ton, plus souvent le quart de ton. || 2* Dans la musique moderne, signe ainsi formé #, et qui indique qu'il faut hausser la note d'un demi-ton. Dièse accidentel, celui qui est mis avant une note, par opposition à ceux qu'on met à la clef. Double dièse, signe qui augmente la note d'un ton entier. || Se dit des notes haussées d'un demi-ton, abstraction faite des signes. 11 y a deux dièses dans le ton de ré. || Âdj. Note dièse, note marquée d'un dièse. || On a dit aussi diésis. Je sens qu'en tons heureux ma verve se dégorge; Pouah 1 c'est un diésis que j'avais à la gorge, re- GNARD, Fol. amour, il, 6.
— ÉTYM. AtEffii;, un quart de ton dans l'ancienne musique, deSu>i|ii, laisser écouler, de 6tà, et tn^u, envoyer.
DIËSÉ, ËE (di-é-zé, zée), part, passé. Marqué d'un dièse. Note diésée.
DIËSER (di-é-zé. La syllabe dié prend un accent grave quand celle qui suit est muette: je dièse, excepté au futur et au conditionnel: je diéserai ; je diéserais), v. a. Terme de musique. Marquer une note d'un dièse, la hausser d'un demi-ton. || Se diéser, ». réft. Être diésé. Quelles sont, dans tel ton, les notes qui se dièsent?
— ÉTYM. Dièse.
t DIÉSIS (di-é-zis'), ». m. Voy. dièse.
4. DIÈTE (di-è-t'), s. f. || 1° Terme de médecine. Manière d'employer régulièrement tout ce qui est nécessaire pour conserver la vie, soit dans la santé soit dans la maladie. La diète est une partie essentielle de la médecine. Je ne laisse pourtant pas d'aller et venir, et les médecins m'assurent que tout ira bien, pourvu que je sois exact à la diète qu'ils m'ont ordonnée, et je l'ob erve avec une attention
incroyable, rac. Lettre à son fils , M. Il [Théodose] entretenait sa santé par un exercice modéré et par la diète, fléch. Hist. de Théod. iv, 80. || Diète sèche, régime dans lequel on s'abstient de boire le plus possible et qui est prescrit dans certaines affections. On dit aussi xérophagie. |l 2* Régime qui consiste surtout dans l'abstention des aliments et qui s'applique particulièrement aux malades. 11 fut mi» à la diète. Une diète rigoureuse. Il ne faut pas pro» longer la diète au delà de ce qui est nécessaire. Il Privation de nourriture. Quoique voraces, les loups supportent aLsément la diète, bufp. Loup.
— HIST. xiif S. Ki vieut le [la] mélancolie purgier, si convient user le [la] diète ke nous voua avons dite, alebrant, f (8. Ermenjait dit bien et recorde Que la dame sovent s'acorde Au vivre de garder diète ; Que sa complexion nel mete En maladie.... RUTEB. Il, 2(2. Il XV S. Maintes gens ont esté péris Et sufi'oquez par trop soupper. Par trop boire et par trop laper D'ypocras, de viande et de vin; Si fais à ma diette fin, e. desch. Poésies mss. f"*86, dans lacurne. || xvi* s. Disant la chirurgie estre plus difficile que les deux autres parties, sçavoir pharmacie et diette, paré, Préf. Il est fort nécessaire de cognoistre les maladies qui demandent diette eslroitte ou large, id. Introd. a. S'il y a repletion en tout le corps, faut ordonner la diette, vacuer, saigner, faire frictions et baings, id. y, B. Faisant une très grande diette pour rendre nature famélique, id. v, (9. Lors ne luy faudra ordonner une diète si exquise que.... Les diètes de panades ne sont si propres aux François qu'aux Italiens, id; IX, 8. La diète de gaiac est fort propre, principalement pourlacnre des nodus,iD. xvi, 8. El cespensers fiévreux me font resver si fort Que diete ne jus ni section de veine Ne me sauroient guarir, bons. Àmoun, liv. n, Lxi. Nostre dernier roy Henry troisième, faisant un jour la diete [relraile, repos] à St-Germaiu où il s'estoit retiré à part hors de la cour, qu'il avoit laissée à Paris, avec la reyne sa mère, BRANT. Capit. étrang. t. u, p. 22«, dans lacurnk.
— ÉTYM. AîaiTa, régime de vie; provenç. espagn, et ital. dtXo.
L. DIÈTE (di-è-f), ». f. || !• En chancellerie romaine , le chemin qu'on peut faire en un jour, évalué à dix lieues. || 2° Par extension du sens du mot latin dte», jour, à celui de réunion à jour fixe, assemblée oii l'on règle les afi'aires publiques en certains Etals. La diète helvétique. On se préparait à la célèbre diète d'Augsbourg que Charles V avait convoquée pour y remédier aux troubles que le nouvel Évangile causait en Allemagne, boss. Var. m, § (. || La diète de Francfort, réunion des envoyés des din"érents États de la confédération germanique, qui délibèrent sur les affaires communes à cette confédération. || Assemblée de tous les chapitres de certains ordres religieux. Il Chez les bénédictins, nom donné au petit chapitre.
— ÉTYM. Bas-latin, dieta, espace d'un jour, voyage, cours, de dies, jour. D'après Ménage, StaiTa, dixla ayant signifié salle à manger, le sens de salle avait été seul gardé, et on l'avait appliqué au lieu de séance d'une assemblée, puis à l'assemblée elle-même. Mais diète en oe sens étant d'un usage germanique où il est toujours employé pour jour d'assemblée, en allemand Tag, lleichstag, Tagsatiung , il faut de toute nécessité y voir le baslatin dieta, qui vient en effet de dies.
t DIÉTÉRIDË (di-é-té-ri-d'), s. f. Cycle de 2 années lunaires plus 22 jours, imaginé par les astronomes grecs pour faire concorder l'année salaire avec l'année lunaire.
— ÉTYM. AieTT,pi;, espace de deux années, de Sic, deux, et Itoc, année.
DIÉTÉTIQUE (di-é-té-ti-k') , || 1° ildj. Terme de médecine. Qui concerne la diète. Régime diététique. Il 2° S. f. Branche de la médecine qui s'occupe des règles i suivre dans la diète, c'est-à-dire dans l'usage des choses qui font la matière de l'hygiène privée.
— SYN. diététique, hygiène. Tant que l'hygiène s'est bornée às'occuper delà santé desindividus, elle a été strictement synonyme de diététique, s'occupant, comme celle-ci, de régler le régime général qui convient à une personne ou à un animal. Mais depuis que l'hygiène s'applique aux règles de la salubrité dans les villes, dans les campagnes, dans les prisons, dans les hôpitaux, dans l'exercice des métiers et des industries, ^tc. elle a pris un sens qui dépasse beaucoup celui de la diététique ; celleci se restreignant à signifier l'bygiène des individus.
— HisT. XVI" s. La seconde partie de la médecine
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est dicta diététique, laquelle donne secoun aux maladies par bonne manière de vivre, pabé, Préface.
— 6TYM. Aiaixiitixè;, de îiaiTÔv, de îiiiTa (voy. UIËTE I).
t DIÊTÉTIOIIEMKNT (di-é-té-ti-ke-man), adv. Conformément aux préceptes de la diététique.
■j- DIÉTÉTISTE (di-été-ti-sf), s. m. Nom donné à une classe ilumédecinsanciensquin'employaientdans le traitement des maladiesque des moyensdiété tiques.
— ETVM. Diète i .
DIÉTINE (di-é-ti-n'), (. f. Diète particulière. Les diétines de Cologne.
— ÉTYM. Diète î.
DIEC (dieu), s. m. || 1* Nom du principe, unique ou multi|>le, qui, dans toutes les religions, est placé au-dessus de la nature. || S* L'Être infini créateur et conservateur du monde dans la religion chrétienne, et aussi dans le mahométisme, dans le judaïsme, et parmi ceux qu'on nomme déistes. En ce sens il est employé sans article. C'est Dieu qui nous fait vivre. C'est Dieu qu'il faut aimer, malii. i, 3. Et Dieu qui tient votre &me et vos jours dans sa main, (JORN. l'oly. 1,4. Dieu ne veut point d'un cœuroil le monde domine, ID. ib. i, t. Dieu fait part au besoin de sa force infinie, ID. ib. Ii, 6. Dieu tout juste et tout bon, qui ht dans nos pensées, N'impute point de crime aux actions forcées, id. Thé'dore, ut, «.Ce qui nous vient de Dieu , seul exempt de la mort, Lst seul indépendant et du temps et du sort, rotr. Bélis.v, i. l.'Ëcriture qui connaît mieux les choses qui sont de Dieu, PASC. dans cousin. Considérez, messieurs, ces grandes puissances que nuus regardons de si bas; pendant que nous tremblons sous leur main. Dieu les frappe pour nous avertir, Boss. Duch, d'Orl. Tout est vain en l'homme si nous regardons ce qu'il lionne au monde; mais au contraire tout est im|iortaut, si nous considérons ce qu'il doit & Dieu, id. ib. L'homme que Dieu a fait à son image n'est-il qu'une ombre? id. ib. Tantôt presque prise [ la reine d'Angleterre] , changeant de fortune à chaque quart d'heure, n'ayant pour elle que Dieu et son courage inébranlable, id. Reine d'Anglct. Dieu a tenu douze ans sans relâche, sans aucune consolation de la part des hommes, notre malheureuse reine (donnons-lui hautement ce litre, dont elle a fait un sujet d'actions de grâces), lui faisant étudier sous sa main ces dures mais solides leçons (les leçons du malheur], id. ib. La première épo- (|ue nous présente d'abord un grand spectacle : Dieu qui crée le ciel et la terre par sa parole, et qui fait l'homme à son image, ID. lliît. i, <. J'aurais une extrême curiosité de voir celui qui serait persuadé que Dieu n'est point; il me dirait du moins la raison invincible qui a su le convaincre, la biiuy. XVI. l'rofanes amateurs de spectacles frivoles, Dont l'oreille s'ennuie au son de mes paroles, Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité; Tout respire ici Dieu, la paix, la vérité, hac. Eslh. l'rol. Dieu tient le cœur des rois entre ses mains puissantes, id. ib. I, t. Ce Dieu, maître absolu du la terre et descieux, N'est pas tel que l'erreur le figure à vos yeux; l'Éternel est son nom, le monde est son ouvrage; Il entend les soupirs de l'humble qu'on outrage. Juge tous les mortels avec d'égales lois, Et du haut de son irùne interroge les rois, id. ib. m, *. Et comptezvous pour rien Dieu qui comliat pour nous? id. Ath. i, 2. Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au liesoin? 10. ib. II, 7. Dieu défend-Il tout soin et toute prévoyance? Ne l'offense-t-oii point par trop de confiance? ID. ib. m, 6. Un profond philosophe [Malebraiiclie] et qui aurait saisi la vérité s'il n'avait voulu la mêler avec les mensonges des préjugés, a dit que nous voyons tout en Dieu ; mais c'est plutôt Dieu qui voit tout en nous, qui fait tout en nous, puisqu'il est nécessairement le grand, le seul, l'éternel ouvrier de toute la nature, volt. Dial. 36. Quel commerce entre nous et Dieu! quelle élévation cela ne dunnait-il pas à la nature humaine! qu'il (iluit étonnant d'oser trouver dus conformités entre nos jours mortels et l'éternelle existence du maître lu uiiindel ciiateauh. Génie, m, i, 6. Il est bon, il est beau, quoi qu'on en dise, que toutes nos actions soient pleines de Dieu, et que nous soyons ii-ins cesse environnés de Dieu, ID. ib. m, 5, 6. Ame le l'univers. Dieu, père, créateur. Sous tous ces noms divers je crois en toi, Seigneur;Et, sansavoir liesoiii d'entendre ta parole. Je lis au front des cieux mon glorieux symlule, lamart. Uéd. i, 46. Et moi, pour te louer. Dieu des soleils, qui suis-je ' id. Ilarin. i, î. Tu voyais tour à tour passer sur ces collines L'esprit de la tempête et le suuflle de Dieu, .;.. Uarnx. i, ti.rorle ailleurs ton rtgaid sur Dieu seul arrrté; Rien ici-bas qui n'ait en soi sa va-
nité; La gloire fuit à tire-d'aile; Couronnei, mitres d'or brillent, mais durent peu; Elles ne valent pas le brin d'herbe que Dieu Fait pour le nid de l'hirondelle, T. HUGO, F. d'automne, 4. || Il est devant Dieu, c'est-à-dire il est mort. || Dieu sur tout, locution dont on se sert pour dire que l'avenir est inconnu et qu'il adviendra selon la volonté de Dieu. Il Entre Dieu etaoi, secritemenL || Par ta giâce de Dieu, formule qu'emploient les princes souverains pour indiquer qu'ils tiennent leur pouvoir de Dieu. Il II ne relève que de Dieu et de son é|)èe, se dit d'un souverain qui n'en reconnaît aucun autr>' au-dessus de lui, et se disait autrefois particulièrement du roi de France. || Paix ou trêve de Dieu, paix imposée, durant le moyen Age, par l'autorité religieuse aux seigneurs féodaux à des époques déterminées. || Adjectivement. L'Homme-DIeu, Jésus-Christ, par allusion au mystère de l'Incarnation. || Il est aussi adjectif dans cette phrase de Bossuet : Tout était dieu, excepté Dieu lui-même, llitl. ii , 3. || 3° Locutions composées où le nom de Dieu est employé. Il Famihèrement. Cela va comme il plaît à Dieu; cela va Dieu sait comme, se dit d'une affaire dont la conduite est négligée. |j S'il plaît à Dieu, avec l'aidu de Dieu, Dieu aidant, se dit pour exprimer le désir, l'espoir qu'on a de réussir. || Dieu merci, grâce à Dieu, se dit pour exprimer le contentement. Il Ne craindre ni Dieu ni diable, se dit d'un méchant homme ou d'un homme déterminé que rien n'arrête. || C'est un homme de Dieu, tout de Dieu, toutenDieu, seditd'un homme fort pieux, fort ilévot. Il Gela lui vient de la grâce de Dieu, lui vient de Dieu grâce, se dit de tout ce qui arrive d'avantageux sans qu'on y ait contribué par ses soins. || Devant Dieu, Dieu m'est témoin. Dieu m'en est témoin, sur mon Dieu, formules d'affirmation. || Dieu sait, locution qui exprime la négation ou le doute. Dieu sait si j'en ai la pensée, c'est-i-dire je n'en ai certainement pas la pensée. Dieu sait ce qu'il en arrivera, c'est-à-dire ce qui arrivera est caché dans l'avenir. || Dieu le sait, locution qui exprime l'affirmation ou qui indique qu'on ignore. Je suis inuocent, Dieu le sait. Où serons-nous l'an prochain? Dieu le sait. || Plaise à Dieu, plût à Dieu ! locution qui exprime le désir. Plaise à Dieu qu'il en soit ainsi I Plût à Dieu qu'il vécût encore ! || On dit dans le même sens : Dieu le veuille! || J Dieu ne plaise! locution exprimant la crainte. X Dieu ne plaise qu'une vie si précieuse soit tranchée I || Dieu vous bénisse, Dieu vous assiste, Dieu vous entende. Dieu vous soit en aide; façons de parler qu'on emploie (ou plutôt qu'on employait, car cette habitu le se perd) quand quelqu'un éternue,et aussi pour adoucir le refus qu'on fait & un pauvre de lui donner l'aumône. Ne fût-ce que pour l'heur d'avoir qui vous salue D'un, Dieu vous soit en aide, alors qu'on éternue, UOL. Sgan. i, 2. || Dieu vous entende signifie aussi : l'Iaise & Dieu. Votre enfant guérira. — Dieu vous entende! || Dieu vous gard' ou vous garde, ancienne façon de parler qui s'employait pour saluer quelqu'un en l'abordant. Dieu vous gard', mon frère, MOL. F. sav. ii, 2. || Dieu merci et vous. Dieu merci et à vous, locution dont le peuple se servait autrefois pour exprimer la reconnaissance d'un service. || Pour l'amour de Dieu, dans la seule vue de plaire i Dieu et, par suite, sans aucun intérêt. || Pour l'amour de Dieu, signifie aussi je vous prie en grâce. || Comme pour l'amour de Dieu, ironiquement, exprime qu'une cliose a été dite ou faite à contre-coeur. On lui en a donné comme pour l'amour de Dieu. || 4' Locutions archaïques conservées où Dieu est joint sans préposition au mot qu'il détermine. Le lever-Dieu , le moment de la messe où le prêtre élève l'hostie. || La fête-Dieu, la fête du Saint-Sacrement. || Hôtel-Dieu, nom donné à l'hôpital principal de plusieurs villes. Il S* Il s'emploie explétivement, dans le langage familier, pour ajouter à la force de l'expression. Belles comtés. Beaux marquisats de Dieu qu'il possédait, LA FONT. Faucon. Diamants, brillants, et belles guinées de Dieu, hamilt. Gramm. 6. || 6* Diverses interjections, exclamations, où le nom de Dieu est employé. Dieu I Mon Dieu I Grand Dieu I Juste Dieu I Bon Dieul Pour Dieul Bon Dieu! je tremble, corn.
Cid, II, 4 Mon Dieu! laissons là vos comparaisons
fades, MOL. Ifù. I, 4. Qui frappe l'air, bon Dieul de ces lugubres cris? BoiL. Sat. vi. Pour Dieu! laissez pousser l'arliie comme il lui plaît, Diderot, Lettre à Urne Hiccoboni. Dans mes calculs, Dieul quel déboire, SI de ton héros je parlais! bERANG. Poète de cour. Il Jour de Dieu, exclamation de colère, d'indignation. Jour de Dieu! je l'étranglerais de mus propres mains, s'il fallait qu'elle forbgiilt de l'hon-
nêteté de sa mftre, mol. G. Dandin, i, 4, || Ainsi Dieu m'aide ou me soit en aide, vieille formule affirmant avecsolennité. Il Dieu me pardonne, exclamation par laquelle on s'excuse de quelque chose qu'on a fait ou qu'on allait faire. || Dieu me pardonne exprime aussi surprise, indignation. Dieu me pardonne, il m'a pris mon argent! ||Dieu me damne, sorte de jurement. Je confonds. Dieu me damne, et la mère et la fille, hauteroche, Bourgeois de qualité. Il 7* Avec un article ou autre déterminatif. Dieu considéré à un point de vue particulier. Le D.eu des juifs. Le Dieu des chrétiens. Le dieu de l'olyeucte et celui de Néarque.... corn. Poly. m, t. Quel dieu?— Tout beau, Pauline, il entend vus paroles, id. ib. IV, 3. Les bontés de mon Dieu sont bien plus
à chérir, id. ib. iv, 3 C'est en vain qu'on sa
met en défense; Ce Dieu touche les cœurs lorsque moins on y pense, lo. ib. iv, 3. Les chrétiens n'ont qu'un Dieu, maître absolu de tout, lo. ib. iv, *. El ne dédaigne pas de m'instruire en ta foi. Ou toimême à ton Dieu tu répondras de moi, id. ib. v, i. Je n'adore qu'un Dieu maître de l'univers, id. ib. v, 3. Et, fabuleux chrétiens, n'allons point dans nos songes, D'un Dieu de vérité faire un Dieu de mensonges, roil. Art p. m. Quatre cent vingt-six ans après le déluge, comme les peuples marchaient chacun en sa voie et oubliaient celui qui les avait faits, ce grand Dieu, pour empêcher le progrès d'un si grand mal, au milieu de la corruption commença à se séparer un peuple élu, boss. Ùisl. i, 3. Je suis le Dieu de votre père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, saci, Bible, Exode, m, a. Oui, c'est un Dieu caché que le Dieu qu'il faut croire; Mais tout caché qu'il est, pour réi^ler sa gloire, Quels témoins éclatants devant lui rassemblés! Répondez, cieui et mers! Et vous, terre, parlez, L. racine, Religion, l. Du Dieu que nous servons le tombeau profané, volt. Zaire, ii, 4. Au <lt'là de leur cours [des astres] et loin dans cet espace Où la matière nage et que Dieu seul embrasse. Sont des soleils sans nombre et des mondes sans fin ; Dans cet abîme Immense il leur ouvre un chemin; Au delà de ces cieux le Dieu des cieux réside, id. Uenr. vu. Le Dieu que nous servons est un Dieu de bonté, M. j. cii£Nit:R, Charles IX, il, 3. Ce Dieu quittant le monde y laissa l'espérance; Lui-même a tant souffert I il plaindra ma souffrance, c. oelav. Paria, v, I. Que ma raison se taise et que mon coeur adorel La croix à mes regards révèle un nouveau jour; Aux pieds d'un Dieu mourant puis-je douter encore? Non; l'amour m'explique l'amour, lamart. Jf^d. i, 26. Soleil, premier amour de toute créature. Vastes cieux, qui cachez le Dieu qui vous a faits, id. ib. t, 28. Quel fruit porte en son sein le siècle qui va naître? Que m'apporte, ô mon Dieu, dans ses douteuses mains Ce temps qui fait l'espoir ou l'effroi des humains? lO. llarm. 1,4. Ou si d'un Dieu qui dort l'aveugle indiflèrence Laisse au gré du destin trébucher sa balance, El livre, en détournant ses yeux indifférents, La nature au hasard et la terre aux tyrans, ID. Uid. I, 20, Donnez, pour être aimés du Dieu qui se fit homme. Pour que le méchant même en s'inclinant vous nomme. Pour que votre foyer soit calme et fraternel, v. Buco , F. dîautomne, 33. {| 8° Le Dieu vivant. Dieu, l'Ëternel. Le Dieu vivant m'est témoin que son ange m'a gardé, SACI, Bible, Judith, xiii, 20. Ainsi du Dieu vivant la colère étincelle, rac, Esth. 11, 7. || Le Dieu fort, le Dieu jaloux, le Dieu des armées, noms que Dieu a dans l'Écriture sainte et que les orateurs chrétiens lui donnent souvent en chaire. || Dans un emploi analogue. Ô serments, ô Palmirel A vous dieu des veuj^eancesl volt. Fana», m, 8. ||>" Le bon Dieu, Dieu. Un enfant répète après sa mère une prière au bon Dieu, ciiateaub. Génie, i, vi, 4. |{ Par extension, l'hostie consacrée et particulièrement le viatique. Porter, recevoir le bon Dieu. || Un homme du bon Dieu, un homme simple, doux .crédule. Un vrai Parisien de Paris, un archiparisien du bon Dieu , j. 1. Rouss. Conf. IV. Il 10" Dieu, être surhumain du polythéisme qui présidaitau gouvernement d'une classe de phénomènes, d'un astre, d'un domaine de la nature. Lesdieui desgentlls. Les douze grands dieux, Jupiter, Mars, Neptune, Pluton, Vulcain, Apollon, Junon, Vesta, Minerve, Cérès, Diane et Vénus. Mercure était le dieu du commerce. Un dieu Gaulois. Rome ouvrit son Panthéon aux dieux des nations qu'elle avait soumises. Les dieux du premier, du second ordre. Trop favorables dieux, vous m'avez écoutée. Quels foudres lancez-vous qu.md vous vous irritez? CORN. Uor. III. 4. Pensez-vous que les dieux vengeurs des innocents D'une main parricide acceptent de l'encens? 10. Uor. V, 2. Nus aïeux k
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leur gré faisaient un dieu d'un homme, corn. Poly. IV, 6. Des crimes les plus noirs vous souillez tous vos dieui, ID. i6. V, 8. J'approuve cependant que chacun ait ses dieux. Qu'il les serve à sa mode et sans peur de la peine, ID. ib. v, 6. Les dieux à qui les sert font espérer des grâces, m. Tite et liérén. IV, 3. El je l'aurai promis à la face des dieux, ID. Ariisil. I, S. Les dieux, premiers auteurs des fortunes des hommes, botrou, St Gen. v, B. Les hommes portèrent la peine de s'être soumis à leurs sens; les sens décidèrent de tout et firent, malgré la raison, tous les dieux qu'on adora sur la terre, 80SS. Ilist. II, *. Tous les dieux des peu|)les sont des idoles ; mais c'est le Seigneur qui a fait les cieux, SACi, Bible, l'aralip. i, te. Voilà de ces grands dieux la suprême justice, rac Théb. m, 2. Je conçois qu'on reçut d'abord les oracles avec avidité et avec joie, parce que rien n'était plus commode que d'avoir des dieux toujours prêts à répondre sur tout ce qui causait de l'inquiétude ou de la curiosité, FONTEN. Oracles, 11, 7. lA parole des dieux n'est point vaine et trompeuse, Leurs desseins sont couverts d'une nuit ténébreuse, volt. Oreste, i, 2. S'il est des dieux cruels, il est des dieux propices, ID. Guèbr. IV, 6. Je ne vous demande pas si une planète est dieu, si le bélier d'Ammon est dieu, si le bœuf Apis est dieu, et si Cambyse a mangé un dieu en le faisant mettre k la broche, id. Dial. 29. Des dieux que nous servons connais la différence, ID. Ali. v, v. Il Les dieux de la fable, les dieux du polythéisme, considérés comme appartenant non plus à une religion, mais à la mythologie. || En dieu, comme un dieu, comme un être divin, supérieur. Agir , parler , punir ou pardonner en dieu, VOLT. Fanât, l, ♦. || Familièrement. Comme un dieu, très-bien, parfaitement. Il parle comme un dieu. || Dieux! Justes dieuxl Grands dieux! Bons dieux I loc. intcrj. dont on se sert pour exprimer des sentiments très-divers. Quelles grâces, bons dieux, ne lui dois-je point rendre! corn. Théodore, IV, 2. Il Jurer ses grands dieux, affirmer avec de grandes protestations. La femme, neuve sur ce cas Ainsi que sur mainte autre affaire, Crut la chose et promit ses grands dieux de se taire, la font. Fabl. VIII, 6. Magdeleine.... jurait ses grands dieux De... ID. Jum. I-.Ue jura ses grands dieux qu'elle ne l'écouterait de sa vie, hamilt. Gramm. tu. Elle jure ses grands dieux qu'elle se porte bien, sÉv. 243. Il 11° Demi-dieu, être surhumain d'un ordre inférieur dans le polythéisme, ou homme né d'un dieu et d'une mortelle, comme Hercule. {| Par extension, héros, homme supérieur à l'humanité. C'est par elle [la justice] qu'un roi se fait un demi-dieu, corn. //or. V, 2. De ces fameux proscrits, ces demi-dieux mortels, in. Cinna, i, 3. Un homme issu d'un sang fécond en demi-dieux, doil. Sat. v. J'ai vu ce demidieu [Alexandre] devenu le plus cruel des barbares, après aïoir été le plus humain des Grecs, volt. Dial. XXIX, (. [Essex, d'Aumale] Tels qu'aux remparts de Troie on peint les demi-dieux, id. Henr. vi. || 12° Par extension, les dieux de la terre, les rois, les puissants du jour. Ce qui flatte les ambitieux, c'est une image de la toute-puissance qui semble en faire des dieux sur la terre, Boss. Politique, x, 2, B. || 13° Personnage qui excite l'enthousiasme, la vénération, l'amour. Ils le regardaient comme leur sauveur et leur dieu. Pour eux c'élait un dieu. Ij Vous êtes un dieu, se dit i quelqu'un dans l'ivresse de l'admiration et de la reconnaissance. Il est le dieu du peuple et celui des soldats, corn. A'tcom. II, 3. Antoine est-il peureux un dieu plus favorable? volt. Tritimv. iv, 4. || Celui qui a une grande supériorité, qui domine. Le dieu de la poésie. Ve.5tris fut surnommé le dieu de la danse. Il 14° Fig. L'objet d'un culte. L'argent est le dieu du jour. Délaissés des faux dieux en qui vous aviez mis votre espérance, mass. Car. Hfch. || Faire son dieu, se faire un dieu de quelqu'un ou de quelque cliose, avoir pour quelqu'un, pour quelque chose un aliachement excessif. Il n'aime que les richesses; il en fait son dieu. Elle se fait un dieu de ce prince charmant. Et vous doutez eucor qu'elle en fasse un amantt rac. Alexand. i, t. Faire son dieu de soi-même, mass. Car. Immut. Cette engeance, qui ne connaît, comme vous le dites si bien , que deux dieux, l'iniérêl et l'orgueil, o'alemb. Lettre au roi de l'russe, (O juillet 1775. || Proverbes. Ce que femme veut. Dieu le veut, c'est-à dire les femmes viennent ordinairement à bout de ce qu'elles veulent. || La voix du peuple est la voix de Dieu, d'ordinaire le sentiment général est fondé sur la vérité. Le récit précédent suffit Pour montrer que le peuple est juge récusable; Ei, cpiel sens est donc véritable Ce que j'ai lu dans certain lieu,
Que sa voix est la voix de Dieu? la font. Fabl. vin, 26. Il Qui donne aux pauvres prête à Dieu, c'està-dire que Dieu récompense ceux qui font l'aumône. Il L'homme propose et Dieu dispose, c'est-à-dire l'issue de ce que l'homme projette est dans les mains de Dieu. || Chacun pour soi, Dieu pour tous, se dit pour exprimer que chacun défend ses intérêts, sous la protection de Dieu, qui veille sur tous les hommes.
— REM. 1. Quand Dieu signifie le créateur incréé du monde, il prend un grand D; dans les autres cas, il prend un petit d. |{2. Hôtel-Dieu, lever-Dieu, fête-Dieu sont non pas des ellipses de la préposition de, mais un archaïsme. L'ancien français, ayant conservé du latin deux cas seulement, le sujet et le régime, marquait la possession en mettant le complément au cas régime. || 3. Dans Dieu vous gard', gard' ne devrait pas avoir d'apostrophe , n'étant pas pour garde. Dans l'ancien français le présent du .subjonctif se distinguait du présent de l'indicatif en supprimant l'e muet,
— lilST. IX* s. Pro Deo amur, Serment. In quant Deus savir et podir me dunat [mfl donne de savoir et pouvoir], ib.
— X* s. Voidrent la veintre li Doo inimi [les ennemis de Dieu voulurent la vaincre], Eulalie.
— XI* s. Li reis Marsile la tient [l'Espagne] ki Deu nen aime, Ch. de Roi. t. Dient Franceis : Deusl que pourrat-ce estre? ib. xxv. Cil premier cop est nostre, Deu merci, ib. xciii. Por Deu, [je] vous prie que ne seiez fuiant, ib. cxiv.
— xii* s. La loi Deo [de Dieu], Roncisv. p. t. Beau sires niés [neveu], entendez moi pour Dé, th. p. 3B. Qui par nos dex [dieux] veut avoir sauvison, ib. p. <28. Mi dame deu [mes seigneurs dieux], je vous ai moût servi , tb. p. 14). Maisse Dieu plaist, ce no m'aviendra mie, Couci, ii. Jà puis Dex ne me doint Joie en ma vie, ib. u. Diexl car [je] la peûsse tenir Unseul jouràma volentél ib. m. Douce dame, car m'otroiez pour Dé Un douz regard de vous.... ib. XIV. L'apostole [il] salue de Deu et de son nom [en son nom] , Sax. xiv. Au jour du jugement quant Dex tiendra ses plais, ib. xv. E que vous eûssi.z merci e pieté De mei qui sui meiidis en estrangs régné; Mais Deu merci jo ai à mun vivre à plenté, Tli. le mart. 77. Mes fiz [mon fils] estes en Deu : si vus dei chastier, ib. 78.
— XIII* s. Car il ne plut à Dieu qui tout a à garder, Berte m. Berte s'est esveillie, si se commande à Dé, ib. XV. Une marastre [}'] avoie, le cors Dieu la gravent, ib. xlvii. Celé dame morut, l'ame en puist Diex garder, ib. m. Au départir lor fis la loupe; Or m'en repent, Diex moie coupe, Ren. t08i8. Renart, dist Grinberz, par ma foi, Ce est le miaudre que g'i voi, Et faites si, ne deloiez. Et je m'en vois, à [avec] Dieu soiez,t&. 19208. Tresluitseclaimentde Renart, Et font une noise si granfQueen n'oïst pas Dieu tenant, ib. <I898. Dieu merci, teles malveses coustumes ne cueurent pas, beaum. xxxviii, ib. Se Dius m'ahit[m'aide], et li saint, et toutes les maintes..., ID. LXiv, 40. Dix commanda que on amast son proisme [prochain] comme soi meisme, iD. <2. Ce nous sanle [semhli;] grans porfis, se noz, par nostre travail, à l'ayde de Diu, lors poons parfore cest livre, ID. ib. Se Diex morut en la croiz, ainsi fist-il [S. Louis], joiNv. 192. Dex hait moult poure orgueilleux, jeune pares.seux, et vieil luxurieux, leaOUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 48.
— XIV* s. Quant le dieu de fortune ou destinée donne du bien assez, quel meslier est il de amis? nul, OHESME, Eth. 2S2. Et se il est nul autre don fait des diex as hommes, il est raisonnable que félicité soit don de dieu, in. ib. 20. Quand il y a trop grnnt distance, si corne d'un qui soit fait dieuàl'autrequi est encor home, adonques n'y est pasamisté,
— xv* S. [La roine d'Angleterre passa la mer pour voir son mari] Et eut si bon vent, Dieu mercy, qu'elle fut lantost outre, pnoiss. i, i, 308. Connestable, dit le roi, liieu vous en oye I œ. Ii, 11, t98. En nom Dieu, dit messire Robert, le royaume vous loué-je bien vuider, ot traire devers l'empire, id. i, i, 12. En nom de Dieu, seigneurs, ce respondirent les fuyans... iD.i,i, (33. [Le capitaine ïoulaitqu'onabandonnât les fauxbourgs, les bourgeois dirent :] qu'ils se trairoient sur les champs et attendroient là la puissancedu roi d'Angleterre.... quand le connestable ouit leur bonne volonté, si respondit : ce soit au nom Dieu, et vous ne combattrez point sans moi et sans mes gens, id. i, i, 271. La fin de ceulx qui assavourent les choses terriennes est la mort, les quels aussi font de leur ventre leur dieu, Jeh. de Sainlré, ch. B. Ma fille [Jeanne d'Arc], estes-vous venue pour lever le siège d'Orléans? à quoy elle respondit ;
en nom Dé, dIst elle, Cliron. au siège d'Orléans, 1429, Bibl. des Charles, 3' série, t. m, p. 604.
— XVI* s. Dieu a cent mille aies [aides], lerouz nE LINCY, Prov. t. I, p. 16. Dieu sçait qui est bon pèlerin, id. ib. p. 41. U est riche que Dieu aime, il est poure que Dieu hait, H. est. Precellence , p. <88. Contre Dieu nul ne peut, id. ib En peu d'heures Dieu laiieure, id. ib. L'homme propose et Dieu dispose, id. ib. Dieu paie toijl, ID. ib. Qui du sien donne, Dieu lui redonne, id. ib. Il ne perd rien qui ne perd Dieu, id. ib. Qui en son vivant met Dieu en oubli, A la mort ne luy souvient de luy, id. ib. Qui s'abl)aisse,Dieu l'essauce [exhausse], ID. ib. Dieu donne le fil à toile ourdie , Leroux IK LINCY, Prov. t. I, p. 45. Diou est au prendre elle diable au rendre, id. ib. Dieu me garde de quatre maisons. De la taverne, du lombard [lieu de prêt], De l'hospilal el delà prison, id. ib. Dieu donne le froid selon la robbe, ro. ib. p. <6. À qui Dieu veut ayder, sa femme meurt, id. ib. p. 48. De Dieu vient le bien, et des aveilles le miel, id. ib. 4a. Dicl sans faict à Dieu deplaict; Dict faisant à Dieu plaisant, id. ib. Faites loyaulté, et Dieu vous la fera, ID. ib. Il ne croit en Dieu que sur bons gages [il est quelque peu athée], ID. ib. p. 21. Salus nous doint Dieu et florins, Que prou trouverons de cousins, id. ib. p. 22.
— ÉTVM. Picard, gut'u, diu, djiu; bourguig. det j franc-comtois, due; provenç. deus, die.us ; catal. deu; espagn. dios; portug. deos ; ital. dio; du latin deus. Dans le vieux français, deus, dex, diex, au nominatif; deu, dieu, au régime.
t DIEU CONDUIT (dieu-kon-dui), s. m. Terme de marine. Nom qu'on donnait à un cadre qui portait l'image du Christ, de Marie ou dtin saint, sous la protection de qui le navire était placé. |j Au plur. Des dieu-conduit.
— ÊTYJI. Dieu conduit.
DIEODONNÉ (dieu-do-né), s. m. Donné de Dieu, surnom attribué à des fils de princes dont la naissance est regardée comme une faveur directe du ciel.
— ÉTYM. Donné de Dieu.
f DIÈVE (dié-v'), s, f. Terme de géognosie. Nom donné, dans le nord de la France, aux dépôts argileux qui se trouvent dans le terrain houilleux et sur lesquels sont souvent les nappes d'eau souterraines. Il On dit aussi dief, s, m.
— ÉTYM. Angl. dcep , profond.
t DIFFAMABLE (di-fl"a-ma-br), adj. Qui peut être diffamé; qui mérite d'être diffamé.
— HIST. xiv* s. Et pour ce est le vice de desattrempaiice plus reprouvable et plus diffamable que le vice de paour ou couardie, oresme, Eth, 98. Toutesvoies ne s'ensuit il pas, se un vice est plus diffamable que un autre, que pour ce il soit pire, id. ib.
— ËTYM. Diffamer,
DIFFAMANT, ANTE (di-n"a-man, maa-t') , od;. Qui diffame, qui flétrit la réputation. Cela est bien difl";imant. Ton fils court, indigné d'horreurs si révoltantes, Déchirer sur les murs ces feuilles diffamantes, LEMîERRB Bamevelt, iv, 2.
DIFFAMATKOa, TRICE (di-ffa-ma-teur, tri-s*), s, m. et f. Celri, celle qui diffame par ses discours ou par ses écrits.
— HlST. XV* 3. Gens diffamateurs, S. d'OrJ. p. 704. DIFFAMATION (di-ffa-ma-sion; en vers, de
cinq syllabes), s. f. Action de diffamer. U n'y a que votre seule société qui recevrait véritablement quelque plaisir de la diffamation d'un auteur [Jansenius] qui vous a fait quelque tort, PASC. Prov. 18. Il Terme de jurisprudence. Allégation d'un fait précis qui porte atteinte à l'honneur et à la considération.
— HIST. XIII* s. Car si nous saura alraper, Que ne li porrés eschaper Sans honte et sans diffamement. S'il n'a du vostre largement, la Rose, 11347 Car se tu meffais ou mesdis. Ou par tes fais, ou par. tes dis, Secréement t'en puis reprendre, Pour toi chastoieret aprendre. Sans blesme et sans diffamement, Ou vengierneïs [même] autrement,:/). 7047. Il XIV* s. La diffamation de honneur et mauvaiso renommée mise sur un roi à tort et sans cause est vergoigne et deshonneur de tous les autres rois chrestiens du monde. Lettre de Ciiarles, roi de ATotarre,dans Ilist. litt. de la France, t. xxiv,p. 427. Il xvi' s. Le roi, voyant leur obstination. Leur fier reffiis et diffamation. Tout animé fait marcher son chanoi, j. marot, v, 163.
— ETYM. Provenç. difamacio; espagn. difamacion , disfamacion : ital. diffamaiione ; du latin diffamalionem, de diffamare, diffamer. Le mot usuel dam l'ancien français était diffamement, et surtout diffame, s. m.
DIFFAMATOIRE (di-ffa-ma-toi-r'), adj. Qui nuit
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publiquement à la réputation de quelqu'un. Les auteurs d'un écrit diffamatoire, pasc. Prav. m. Qu'un libelle injurieux et diffamatoire se débite dans le public et que nous nous y trouvions notés, nous remuerons tout pour en savoir l'auteur, BOUhDAL. Dim. Octave de l'Ascension, Dominic. t. ii, p. 275.
SYN. 1° DIFFAMATOIRE, DIFFAMANT. Diffamatoire
se dit des paroles ou des écrits qui ont pour but de diffamer quelqu'un; il a toujours un sens objectif. Diffamant est plus général et se dit de tout ce qui attaque la réputation, soit au sens actif, quand on attaque la réputation : des discours diffamants; soit au sens passif , quand ce qui est diflamaiit asit sur celui qui a fait ce qui diffame : une action iliffamante. ||a° BiFFAMANT, infamant. Ce qui diffame rend la réputation mauvaise; ce qui est infamant la rend infâme. On se diffame par des actes que la morale réprouve; on se rend infâme par des actes qui ne relèvent pas seulement de l'opinion publique, mais qui tombent sous le coup de la répression de la justice.
— HIST. XV' s. Grand foison de libelles diffamatoires, GEasoN, Uarengue au roi Charles VI, p. 49. Kn remontrant comment on avoit proposé et semé paroles diffamatoires, monstbel. liv. l, ch. 2b. il xvi' s. Ayant eu plusieurs fois le chapitre et le fouet diffamatoire pour ses larcins, Sat. Hén. p. 72. Arrest diffamatoire, d'aub. Uist. n, 2U4.
— ÉTYM. Diffamer.
DIFFAMÉ, ÉE (di-ffa-mé, mée), part, passé. Il l" Dont la réputation est devenue mauvaise. Diffamé pour ses mauvaises mœurs. Comme si, pour être votre ami, ce m'était un moindre outrage d'Aire diffamé dans soji esprit, bouhdal. 2* dim. après ■la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 268. \\ En parlant des choses. Au milieu des Scylles et des Charybdes, lieux diffamés par tant de naufrages, flêch. il, i I3. |i 2» Terme de blason. Lion diffamé, lion sans queue. \\ Armes diffamées, armes dont on a retranché quelque pièce, ou auxquelles on a joint quelque chose de déshonorant, en punition de quelque crime commis par celui qui les porte.
DIFFAMER (di-ffa-mé), t). a. || 1° Attaquer dans la répiilation. On aessayéde le diffamerdansdes libelles odieux. Pour mieux les diffamer et les rendre odieux, SOTBOU, St Gen. iv, 7. || Faire perdre la réputation. Reste de ces esprits jadis si renommés, Que d'un coup de son art Molière a diffamés, boil. Sat. x. ||2" Déshonorer. Trouves-tu beau, dis-moi, de diffamer ma fille, Kt faire un tel scandale à toute une famille? MOL. Dép. am. m, *. Au moins rien de honteux ne nous diffamera, Tristan, If. de Chrispe , il, (. Écouter ton amour, obéir à sa voix. C'était m'en rendre indigne et diffamer ton choix, corn. Cid, m, i. Emprunter le secours d'aucun pouvoir humain, D'un reproche éternel diffamerait ma main, ID. Uédée, IV, 6. Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous Sont autant de témoins qui parient contre vous, BOIL. Sat. y. Dieux vains dont le culte dilïiime Leurs insensés adorateurs, gilb. Ode au roi. Il 3° Défigurer, salir, gâter. Vieux en ce sens. Je vous croyais la bête, Dont i me diffamer j'ai vu la gueule prête, bol. Pr. d'Él. I, 2. Le Parnasse surtout, fécond en imposteurs. Diffama le papier par ses propos menteurs, BoiL. Ep. ix. || i' Se diffamer, V. réfl. Se faire tort dans l'opinion publique, te salir. J'aime sur le théâtre un agréable auteur Qui, sans se diffamer aux yeux du spectateur, Plaît par la raison seule.... u>. Art p. m.
— IlEM. Diffamer et les mots qui en dérivent devraient se prononcer diffamer, etc. comme fâme, infâme. En le prononçant di-ffa mer, comme on fait, on semble le rapprocher de affamer. C'est une confusion fâcheuse introduite par la négligence de la prononciation.
— HIST. XII' s. Mais [nous nous plaignons] de ço qu'il nus ad à tel tort démenez. Comme malvaises genz huniz edefamez. Th. le mart. ta. \\ xiir s. Que nuls ne nule du dit mestier ne soustiengne, eu leurs musons ou estuves, bordeaus dejournedenuit, mesiaus ne meseles [lépreux], rêveurs ne autres gens diffamez de nuit, Liv. desmit. (89. Sinevoil-ge mie blasnier Religion, ne diffamer, En quelque abit quegelatruisse [trouve], la Rose, H05». Certes malement t'en diffames; Lesse plorer enfans et famés, Bestes fieliles et variables; Ettu soies fers et estables, ib. «429. Sise sunt maint vanté de mainies, Par paroles faiices etfaintes. Dont les cors avoir ne pooieni, Lor non à grant tort diffamoient, ib. 98iio. Li arbi très a resnable cause de soi démettre de l'arbitrage, quant il est difamés ou despisiés de l'une des parties qui te mistrent sor li, bfauh. xu, *1. || xiv* s. Cuulz qui sont notez et diffamez d'aucun vice ou
crime, orkbmr. Thèse de ueunicr. || xV s. Ainsi diioient les Escots en Escosse à ta venue des seigneurs de France, et n'en faisoient nul compte, mais les hayoient en courage et les diffamoient en leur langage ce qu'ils pouvoient, froiss. u, ii, 228. Jules César, qui fut si vaillant conquereur, tant comme il fut en la contrée d'Egypte, en fut très vilainement diffamé, lioueiq. iv, chap. 7. |{ xvi' s. En ce faisant [un parjure] il ne tient point à nous qu'il [Dieu] ne soit diffamé de mensonge, calv. Imtii. 290. Il se vautra dans la litière des chevaux, se diffamant la lace de telle sorte, que.... yver, p. 643. Il luy coupa la queue.... chascun le blasmoit fort d avoir diffamé un si beau chien, amvot. Aie. M. Aristides par sa pauvreté a diffamé et rendu odieuse la justice, comme celle qui fait l'homme pauvre, ID. Arist. et Caton, e. Bien peu souvent se deparloit l'assemblée, que la tribune aux barengues ne fust souillée et diffamée de sang, id. César, 36. Les soldats provençaux s'estans jettez parmi huict ou neuf vingts garces qu'ils pilloient et diffamoient de coups, d'aub. Uist. I, 336. L'on ne vauldra jà mieulx de diffamer autruy, leboux de uncy, Prov. t. u, p. 339.
— ÉTYM. Provenç. diffamar; espagn. difamar, disfamar; ital. diffamare ; i\x latin diffamare ; de di, signifiant retranchement, et fama, renommée (voy. fameux).
DIFFÉUË, ÊE (di-fé-ré, rée), pari, posté. Renvoyé à un autre temps. Cet hymen différé ne rompt point une loi Qui, sans marquer de temps, lui destine ta foi, CORN. Cid, v, 8. Que je hâtais l'assaut si longtemps différé! volt. Fanât, ii, *.\\ Proverbe. Ce qui est difféié n'est pas perdu, sÉv. 591.
DIFFÉREMMENT (di-fé-ra-man) , adv. D'une manière différente. Chacun apporte différemment son opinion sur cette grande nouvelle, balz. liv. i, lett. u. Tous deux différemment altèrent sa mémoire, rotrou, St-Cen. i, t. Je me contredis, il est vrai: accusez-en les hommes, dont je ne fais que rapporter les jugements, je ne dis pas des différents hommes, je dis les mêmes qui jugent si différemment, LA BBUY. XII. Qu'est-ce que Jupiter? un oorps sans connaissance. D'où vient donc que son influence Agit différemme.il sur ces deux hommes-ci ? la font. Fabl. VIII, <6. Si tout cela n'était pas arrivé, vous sentez que les affaires des maisons de France et d'Autriche auraient tourné différemment; le système de l'Europe aurait changé , volt. Dial. 6. Il Avec un complément. Les princes agissent différemment des particuliers.
— HIST. xiV s. Differamment soit bien, soit mal, OBESME, Eth. 70. ||xvr s. Differentement, amyoi, Lyc. 4.
— ÉTYM. Différent, et le suffixe ment. Quand la langue changea et que différent fit au féminin différente, on forma régulièrement, au xvi' siècle, l'adverbe differentement.
DIFFÉRENCE (di-fé-ran-s') , t. f. || 1' État de ce qui est différent, de ce qui est autre. La différence de ces deux objets. Toutefois je pense Que nos deux intérêts ont quelque différence, corn . Pomp. II, J. Seigneur, nous n'avons pas si grande ressemblance Qu'il faille de bons yeux pour y voir différence, ID. Nicom. IV, 3. Voyant de plus près la différence qu'il y a de vous à elle, je vous aimerai toute ma vie, le comte de aussi, dans riciielet. Quelle différence y a-t-il donc entre eux et les jansénistes? PASC. Prov. 1. Cherchez, im.tîinez parmi les hommes les différences les plus remarquables, vous n'en trouverez pas de mieux marquée ni qui VOUS paraisse plus effective que celle qui relève le victorieux au-dessus des vaincus, Boss Vucli. d'Oil. Du moment que des esprits sublimes, passant de bien loin les bornes communes, se distinguent, s'immortalisent par des chefs-d'œuvre, comme ceux de M. votre firère, quelque étrange inégalité que, durant leur vie, la fortune meite entre eux elles plus grands héros, après leur mort celte différence cesse, RAC. Disc, de réception de Th. Corneille. Entre le bon sens et le bon goût, il y a la différence de la cause à son effet, la bbuy. xu. Des dieux que nous servons connais la différence, volt. Ali. v, 7. Les mortels sont égaux, ce n'est pas ta naissance. C'est la seule vertu qui fait la différence, ID. Fan. I, 4. Il Faire la différence, sentir la différence, mettre delà différence, connaître, apprécier, distinguer. Les Iwns esprits.... Qui savent, avisés, avecijue différence , Séparer le vrai bien du fond de l'apparence, RÉGNIER, Sat. v. Un monarque enire nous met quelque différence, corn. Cid I, 3. Je refuse d'un cœur la va.ote complaisance Qui ne fait du mérite «ucune différence, mol. Mit. i, i. Il est vrai.
d'elle k vous je sais la différence, !D. Kélic. i. h. l'eut-être que son cœur fera la différence Des froideurs de Titus à ma persévérance, rac. Bérén. m, i. Il semble qu'on veut leur faire sentir avec ostentation [aux prêtres qui s'égarent] la différence qu'il y a d'eux à nous, mass. Confér. Itelraile pour des curés. Il X la différence de, loc. prép. Faisant d'une manière différente, faisant autrement. X la différence de ces philosophes qui disent qu'on ne jouit que du présent, U ne jouit que du passé, montesq. Lett.pert. 48. ||t* Terme de logique. Ce qui distingue entre elles les espèces d'un même genre. La définition est composée du genre et de la différence. Il 3" Terme de mathématique. Excèsdagrandeur, de longueur, de quantité, de poidsd'une chose sur une autre. La différence entre deux quantités. Le résultat de la soustraction s'appelle reste, excèsou différence. Il Calcul des différences, calcul qui, considéré dans toute ta généralité, c'est-à-dire comme embrassant le calcul différentiel, a pour objet les lois de la variation des quantités. || Calcul aux différences finies (voy. calcul). Il Terme de marine. Excédant du tirant d'eau de l'arrière sur celui de l'avant. || 4' Terme de l>ourse. Dans les marchés des effets publics i terme, différence qui existe entre le prix d'achat et le prix de vente, ou entre le prix de vente et celui de rachat.
— SYN. !• DiFPÉBENC», DivERSiTt. Etymologiquement, la différence est ce qui est écarté, séparé; la diversité est ce qui est tourné de plusieurs côtés. De là résulte que la différence est relative à des objets que l'on compare, tandis que la diversité peut être relative à un seul et même objet. Deux hommes offrent des différences; un même homme offre de la diversité. L'humme est divers, dit Montaigne; si on avait voulu exprimer la même idée avec différent, il aurait fallu y donner un complément et dire: différent de lui-mùme. || i' dipfébe.nce, disparité. La disparité se dit d'objets qui ne sont pas pareils, qui n'ollrent point de parité. Ce mol e>l donc plus fort que différence, qui se borne à indiquer qu'il y a des points où ces objets diffèrent. La différence de ces deux propositions est légère. La disparité de ces deux propositions est complète. || 8" différence, VARIÉTÉ. La variété est ce qui varie, ce qui présente un ensemble de formes non semblables. Là variété des visages humains «e caractérise par certaines différences.
— HIST. xiii' s. Mais entre aus [eux] a grant diferance, Hen. 21255. Et grant déférence a entre ce» deus poursuites, beaom. lxvii, t2. Ne set qu'est maus [mal], qui aine [onque] bien ne senti; La différence à conoistre l'aprent, mItzneb, p. 83. || xv' s. Us ne font point grande différence au pays d'ItaUe d'un enfant basUrd à un légitime, comm. vu, ï. ....Qu'ils lui conteroient toute la manière de ladiui différence [différend] et noise entre ledit Jean Stotton et Thomas Brampton, louis xi, Août), lxii.
— ETYM. Lat. differentia (voy. diffébeu).
t DIFFÉRENCIATION (di-fé ran-si-a-sion) , t. f. Action de différencier. La différenciation de deux minérani.
DIFFÉRENCIÉ, ÉE (di-fé-ran-si-é, ée), part. passé. Marqué par une différence. U se trouve si différencié des autres exilés. sÉv. î9t. H me semble qu'un prédicateur devrait abandonner toutes ces divisions si recherchées, si retournées, si remaniées, si différenciées, la bruï. xv.
DIFFÉRENCIER (di-fé-ran-sié), je difféi-eiiclais, nous différenciions, vous différenciiez; que je différencie, que nous différenciions, que vous différenciiez, e. a. Il 1- Séparer pir la difféicuce. Ces deux propositions si analogues, nous les différencierons par ceci.... Je jure comme vous quand le jeu me transporte : Et ce qui peut tous deux nous différencier, Vous jurez dans la chambre et moi sur l'escalier, regnard, Ménéchm. i, 2. L'accent grave ne nous sert que pour différencier certains mots, D'OLiv. Prosod. franc. Leurs yeux, leurs oreilles, leur nez les [les Lapons] différencient de tous les peuples, volt. Moeurs, tti. Pendant ces trois mois de tempête. Que faire sans calendrier? Comment placer les jours de fête? Comment les différencier? ORESSET, le Carême impromptu. Lorsqu'on sait que tout e.'-t nuancé dans la nature, oii n'est point surpris des difficullés qu'on éprouve lorsqu'il sagil de différencier les être.-., bonnet, Contcmpl. nal. i, 29. Il 2' Se différencier, t. réfl. Etre dislingiié. caractérisé. Fonteiielle se diff^^reucie des écrivains dt son terni'» par une connaissance profonde des sciences positives jointe à t'espril le plus fin et le pluj discret.
— hEM. Il ne faut pai confuodre differeuciw,
Dlf
i)if
DIF
mettre une différence, et différentier, prendre la difTérentielle (terme de mathématique). Cei deux mots sont les mêmes; mais l'orthographe les différencie: différence qui d'ailleurs ne s'appuie sur aucune bonne raison.
— ÉTYM. Différence. Au xvi' siècle on disait differenler, de différent. On le promeine et l'insère à toutes opinions; et le différente l'on à soy mesme, selon le différent cours des choses, mont, h, 354. Hz mesloient ceste privaulté de parler franchement àluy parmy leur flatterie, oomme une ruze de despuiser et differenter les viandes avec quelque saulse aigre et picquante, amtot, Anton. 29.
t DIKFÉRENCIOMËTRE (di-fé-ran-si-o-mé-tr'), s. m. Terme de marine. Instrument de marine qui sert à mesurer la différence, c'est-à-dire l'immersion plus grande de l'arrière que de l'avant
— ÉTYM. Différence, et mètre, mesure.
DIFFÉREND (di-fé-ran), s. m. |{ 1° Contestation
sur quelque point déterminé. Si vous conveniez de part et d'autre du véritable sens de Jansénius, et que vous ne fussiez plus en différend que de savoir si ce sens est hérétique ou non, pasg. Prov. t8. Votre différend n'étant que sur ce point, ID. ib. Et noyons dans l'oubli ces petits différends Qui de si bons guerriers font de mauvais parents, corn. Hor.
I, 4. Tous nos vieux différends de leur âme exilés, in. Rodog. v, a. Changez ces différends en des voeux mutuels, ROTR. FencesJ. 1,2. Roi je n'hérite point des différends du prince, m. ib. v, 2. Et quand je crois jouird'un reposapparent, La querelle d'autrui devient mon différend, m. Btlis. iv, 6. Je veux bien aussi me rapporter à toi, maître Jacques, de notre différend, MOL. l'Avare, iv, 4. Ouand nous avons quelque différend ma soeur et moi, la font. Psyché,
II, p. <40. Entre deux bourgeois d'une ville S'émut jadis un différend, m. Fabl. viii, <9. Il juge les dif-
férends de son voisinage, pén. Tél. vi. Un différend' nao, «26.
qui s'était élevé entre.... et entre ro. ib. xxiii
Vous n'êtes pas brouillés; amis de tous les temps. Vous êtes au-dessus de tous les difTérends, gresset, Méchant, n, 7. || î* Le différend qui s'élève au sujet du prix demandé et du prix offert, quand il s'agit d'achats. Partager le différend, divisar par moitié la différence qui est entre les deux prix et acheter ou vendre à ca prix ainsi modifié.
— REM. L'Académie, dans les quatre premières éditions de son Dictionnaire, a écrit différent par un t , comme l'adjectif. C'est depuis la cinquième édition qu'elle écrit différend par un d. Il est certain que différent adj. et différend subst. sont le même mot. Etablir une différence orthographique, est-ce une raison suffisante pour rompre l'analogie? Cela est d'autant moins nécessaire que dans d'autres mots on n'a plus le même soin et qu'on n'écrit pas ineidend subst. et incident adj., expédiend subst. et expédient adj.
— ËTYM. DIFFÉREND, DÉMÊLÉ. Avoir uH différend avec quelqu'un, c'est contester avec lui sur quelque chose; avoir un démêlé avec quelqu'un, c'est avoir quelque chose à débrouiller avec lui. Le différend porte donc sur un point déterminé; le démêlé, sur quelque chose de compliqué. Ainsi dans l'exemple de la Fontaine cité ci-dessus, ce n'est pas un démêlé qui s'éleva entre deux bourgeois d'une ville sur la prééminence entre la richesse et la science.
— HIST. XV s. Le pays d'Angleterre estoit en branle et en différend l'un contre l'autre, fhoiss. ii, II, 4. Il xvi' s. Dieu sera juste estimateur de nostre différent, rab. Garg. i, 40. Dictes vous entelechie ou endelechie? Sans cause sus ce différent [différfence] nous ne vous interroguons , ID. Pant. v, <9. Il y a un différent perpétuel et qui ne se peut appointer entre la justice et l'iniquité, calv. Instit. 387. Il y a peu de différent aux paroles, mais il est grand en la chose, id. ib. i097. Le sénat, sur le différend d'entre luy et le peuple.... mont, i, <22. S'estant emeu quelque débat et différent entre les pasteurs.... amtot, Bom. 7. Ilz accordèrent entre eulx qu'ilz decideroient ce différend par le vol des oiseaux, ID. ib. (4.
— ÉTYM. Le même que différent.
DIFFÉRENT, ENTE (di-fé-ran, ran-f),ad;.|| l-Qui
diffère, qui est autre. Ils sont différents d'humeur et de langage. Vous êtes très-différent de votre frère. Mais elle voit d'un œil bien différent du vôtre Son sang dans une armée et son amour dans l'autre CORN. Hor. I, t. Seigneur, l'occasion fait un cœur différent, id. Nicom. iv, b. Les titres différents ne font rien à la chose , m. Sertor. m , 2. Tous les hommes sont semblables par les paroles, ce n'est que les actions qui les découvrent différents, mol. Avare, t, i. L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie Dif-
férentes d'humeur, de langage et d'esprit, Et d'habit. Traversaient un bout de prairie, la pont. Fabl. xn, M. HélasI qu'il est déchu de ce bonheur suprêmef Que vous le trouveriezdifférentdelui-mêmel ID. Poésies mêlées, xxviii. Et celles [les actions] qui sont d'elles-mêmes égales et indifférentes, deviennent inégales et différentes, lorsque l'on y ajoute cette raison d'uniformité dans les mêmes exercices, NICOLE, Ess. mor. 2* traité, ch. 8. Si tous regardez par quelles mains elles [les viandes] passent, et toutes lesformesdifférentes qu'elles prannent avant de devenir un mets exquis, la brut. vi. Quand ils étaient d'avis différents, ils étaient si modérés à soutenir ce qu'ils pensaiînt de part et d'autre, qu'on aurait cru qu'ils étaie:it tous d'une mêma opinion, FÉN. Tél. V. Elles [les lois somptuaires de Suède] ont un objet différent de celles d'Aragon, montesc Kspr. vu, s. Il Cela est différent, bien différent, locution familière qui s'emploie pour exprimer qu'on ne s'attendait pas & c« qui est dit ou voulu. |{ Ces deux choses sont différentes comme le jour et la nuit, c' est-dire elles sont extrêmement différantes. Il î» Avec un nom au pluriel, plusieurs, certains. Employer différents moyens. Différentes personnes me l'ont dit. Démétrius fit construire beaucoup d'autres machines de différente grandeur et pour différents usages, ROLLiN, Uist. anc. CEuvres, t. vu, p. 220, dans pougens. |{ 3' S. m. Différent, nom que les monnayeurs donnaient à une marque qui indiquait le lieu où les espèces avaient été fabriquées.
— HIST. XV s. Sans l'aide des Anglois je ne me puis bonnement défendre contre les François, au cas que en ce pays nous sommes differens ensemble [divisés], PROiss. ii, ii, 69. || xvi* s. Le prince de Condé estoit de différente opinion à l'admirai, disant que la bataille ne se pouvoit éviter, càstel-
— ÉTYM. Différer 2.
t DIFFÉRENTLATION (di-fé-ran-si-a-sion), t. f. Terme de mathématique. Opération par laquelle, une fonction étant donnée, on en trouve la différentielle.
— ÉTYM. Différentier.
DITFÉHENTIÉ, ÉE(di-fé-ran-si-ê, ée), part, passé. Qui a subi l'opération delà différentiation.
DIFFÉRENTIEL, ELLE (di-fé-ran-si-èl , è-l'),odj. Il 1" Terme de mathématique. Qui procède par différences infiniment petites. Quantité différentielle. Il Calcul différentiel, calcul dans lequel les accroissements des variables sont considérés comme infiniment petits. Voy. calcdl. || S. f. Une différentielle, accroissement infiniment petit d'une quantité variable; elle a pour caractéristique la lettre d ; dx est la différentielle de x. || 2' Terme d'histoire naturelle. Qui concerne les différences de deux objets. Diagnostic différentiel. || 3* Terme de commerce. Droit différentiel, taxe douanière qui varie selon la provenance des marchandises. || Tarif différentiel, tarif d'un canal ou d'un chemin de fer qui, entre les divers points d'une même ligne, n'est pas exactement proportionnel aux distances, par opposition à tarif kilométrique.
— ÉTYM. Différence.
DIFFÉRENTIER (di-fé-ran-si-é), v. a. Terme de mathématique. Calculer certaines propriétés d'une courbe, etc. d'après les différences infiniment petites qui existent entre deux positions successives et fort rapprochées de ses coordonnées. || Pratiquer les opérations qui constituent le calcul différentiel ; prendre la différentielle.
— ÉTYM. Différence.
<. DIFFÉRER (di-fé-ré. La syllabe fé prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je diffère; excepté au futur et au conditionnel, je différerai, je différerais, exception qui n'est pasjustifiée), V. a. || 1" Remettre à un autre temps. Il différa longtemps le payement de cette dette. Ne me diffère point la peine qui m'est due, tristan, Ma-
riane, v, 2 Et lors il nous fautcroire Que nous i
n'y sommes pas dignement préparés [à la mort] , Et ! que ces doux moments ne nous sont différés Qu'afîn que nous puissions mériter plus de gloire, corn. Imit. I, 4 9. Si mon cœur de tout temps facile à tes désirs, N'a jamais d'un moment différé tes plaisirs, BoiL. Lutr. II. Mais qui me vient ici différer ma vengeance? RAC. Baj. IV, 6. Je leur écris qu'Achille a changé de pensée, Et qu'il veut désormais, jusques à son retour , Différer cet hymen que pressait son amour, id. Iphig. i, t. Mon amant m'adorait et j'ai tout différé, volt. Zaïre, T, 3. || f V. n. Tarder à. J'ai différé k le dire. On ne doit pas différer à bien vivre, D'ABLANCOuax, Lucien, t i, dans eiciielet.
Je croyais moi-même arriver plus tôt, j'ai toujours différé à vous faire réponse jusqu'à présent, sÉv. Lett. 20 mai 1607. Jusques à quand diftérerez-vous à nous faire justice et à venger nos frères? saci. Bible, Kachab.l, vi, 22. || On le construit aussi avec la préposition de et un infinitif. Différer d'être heureux après son inconstance. C'est montrer.... th. CORN, ^rionc, iv, 2. Qui pourra différer de venger la querelle? volt. Catil. ii, S. || Absolument. Qu'y a-t-il donc, chrétiens, qui puisse nous empêcher de recevoir, sans différer, ses inspiratiens [de la i grâce] ? Boss. Duch. d'Orl. Des amis d'Aristie assurons le secours, X force de promettre, en différant toujours, cORN. Serlor. IV, 2. Demain, sansdifférer, je prétends que l'aurore Découvre mes vaisseaux déjà loin du Bosphore, rac. Mithr. m, 4. Mais ne différez point, chaque moment vous tue, iD. Phèdre, I, 3. C'est un maître doux et patient.... qui diffère afin qu'on le prévienne, qui menace pour être désarmé, mass. Car. Fausse confiance. \\ i' Se différer, v. réfl. Être renvoyé à un autre temps. Ce mariage se diffère de jour en jour. Ce grand choix ne se peut différer à demain, corn. Sophon. n, 4. D'une heure encore, ami, mon bonheur se diffère, volt. Zotre, m, 4.
— HIST. xiv* s. La chose avoit esté différée pour l'absence de luy, lequel principalmentil desiroit à occire, bercheurb, f> 24, recto. Et se l'un de eulx estoit malvès, l'autre devroitfuirou différer à lui ministrer dusien,0RESME,JBtft.268.||xvi' s. Je diffère d'en traiter jusques au passage de la Rédemption, calv. Instit. 77. Cela est enquérir sur les secrets dontla pleine révélation est différée audernier jour, id. ib. i08. En différant nos désirs à l'heure de sa volonté, id. ib. 732. Il pouvoit advenir que le différer à les lire eust esté d'un grand préjudice, mont, u, 42. Il feint, il ployé, il diffère, selon le besoingdes circonstances, ID. 4 53. Il envoya l'un de ses familiers leur dire qu'ilz différassent leur entreprise jusques à une autre meilleure occasion, amtot, Pélop. 44.
— ÉTYM. Lat. differre, de di , exprimant écartement, et ferre, porter : porter au loin.
2. DIFFÉRER (di-fé-ré. La syllabe fé prend l'aocent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je diffère, excepté au futur et au conditionnel: je différerai, je différerais), v. n. Être autre, n'être pas le môme. Il disait' qu'un roi qui ne faisait pa* la guerre ne différait en rien de son palefrenier, d'ablancourt, Apophth. dans richelet. Le mien d'avec le vôtre en ce point seul diffère, corn. Ctnno,
v, 2 Le sang Ne nous empêche pas de différer
de rang, id. Nicom. i, 2. Comme nos intérêts, nos
sentiments diffèrent, id. Pomp. v, 2 Nous ne
différons ni de cœur ni de sang, hotrou, Vencesl. 1, 2. Tous les hommes sont fous, et, malgré tous leurs soins. Ne diffèrent entre eux que du plus ou du moins, boil. Sat. iv. || Différer d'opinion, d'avis, et, absolument, différer. Différer du blanc au noir Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XIV S. C'est la seconde raison à monstrer que elettion et volenté différent, oresme, Eth. 64. Comme elles [les plaies de tête] se différent entre elles, aussi se diffère l'opération manuel en iceles, h. de mondeville, f" 63. || xv° s. Toutefois moi et mon jardin. Nous différons en une chose; Je me vueil abreuver de vin. Et d'eau nostre courtil s'arrose, basselin, xvii. || xvi* s. Il ne diffère enrienàun fantosme, calv. /nslit. 204. Puis après nous verrons comment ils différent l'un d'avec l'autre, id. ib. 75. De deux hommes qui ne différent rien en mérites. Dieu en laisse l'un derrière et choisit l'autre, id. ib. 766. Nulle forme ne diffère l'une de l'aultre entièrement, mont, iv, 23». Les grands rois et les empereurs Ne différent aux laboureurs. Si quelcun ne chante leur gloire,
— ÉT'YM. Lat. differre, être différent, le même que differre, différer 4.
DIFFICILE (di-fi-si-1'), adj. || !• Qui n'est pas facile. 11 est difficile d'imaginer rien de plus beau. Vous avouerez à la fin qu'il n'y a peut-être rien de si difficile que de rendre hérétiques ceux qui ne la sontpas,PASC. Prov. 48. Les fautes des sots sont quelquefois si lourdes et si difficiles à prévoir, qu'elles mettent les sages en défaut, la brdy. xi. ||2° Difficile se dit aussi des lieux, chemins, fleuves dont le parcours n'est pas commode. Ainsi vous élargirez un peu les voies du ciel et rétablirez le chemin que sa hauteur et son âpreté rendront toujours assez difficile, boss. Reine d'Anglet. L'entrée de la rivière de Surinam est assez difficile à cause de ses bancs de sable, hatnal, Hist. phil. xii, 27. Le Pérou est un pays très-difficile, où il faut continuellement