I. — Ul
DIP
mythologie. Nom donné aux jumeaux Castor et Pollux Les Dioscuie». Il La constellation des Gémeaux, diins l'iistronomie grecque.
— ETYM. AïOïxoupoi, de At4«, génitif de Zeù«, Jupller, t't xrx^po;. nia.
•f Dinsr.lllllKS (di-o-sku-rie), ». f. plur. Fête en l'honneur île» Dioscures.
t lill'E (di-p'), (■ m. Terme de géologie. Nom moderne du genre gerhoise.
— ETYM. Ainou;, de SU, deux, et noO(, pied; ainsi dit parce qne les jamheK antérienres des dilTérenles espèces sont très-courtes, et les postérieures fort longues.
f DIPfiniArrrHÉ, ÉE (di-pé-rl-an-té, tée), adj. Terme de bnlanique. Qui a deux périantlies ou euyeloppes florales.
— f.TYM. Ai;, deux, et périanthe.
t 1)1 PÉTALE (di-pé-ta-l'), adj. Terme de botanique. Oui a deux pétales; qui est Tormé de deux pétales. i:orolle dipéiale. || On dit aussi dipétalé.
— P.TYM Ai:, deux. eXpélale.
f DIPIITIlÈnE (dl-llêr'). ». f. Nom donné, dans l'antii|ulié. aux peaux d'animaux préparées pour écrire dessus.
— Etvm. AiçOipa, peau préparée, de Siçsiv, proprement hnmecter, puis manier, amollir.
t niPIITIIÉlUB (di fté rie) ou DIPIITHJÎBITE (di-fté-ri-l'), s. f. Terme de médecine. Maladie qui a pour caractère la tendance à la formation de fausses membranes, et qu'on observe sur les membranes muqueuses et même sur la peau.
— ETYM. Aiç'icpa, membrane (roy. dipbtbëre), et la finalp méilicale ile.
t DIPIITIlfiniTIQCE (di-flé-ri-ti-k'), adj. Qui appartient à la iliplitliériie.
t DIPIITIIONGAISON (di- fton -ghè-ion), ». f. Terme de grammaire. Formation en dipblhongue. Il y a diphtiiongaison quand, dans l'ancien français, on changeait l'o de dunner en la diphthougue ot; je doin, tu doins, il duint.
— ETYM. niphthooguer.
DIPIITIIONGUE (di-flon-gh'), ». /. Terme de grammaire. Syll ibe formée de la combinaison de deux voyelles qui, prononcées par une seule émission de voix, font cependant entendre un double son: rien. Dieu, pied, premier, eic. Diplilliongues propres, syllabiqiies, auriculaires, ce sont les vraies diphthongues, celles qui font entendre deux sous en une seule émission de voix. Diphthongues impropres, fausses, oculaires, orthographiques, ce sont les groupes de voyelles comme ou, eau, ou, qui ne représeuteut qu'un son unique. \\Aij. Son dipbthongue.
— ÊTYM. AiçOoirroç, de Si?, deux, et çOon»;, 'On ; pp.;venç. diplnnge; catal. diflongo; espagn. diplongo ; ilal. dillnngo.
■f DIPIITIIONGUER (di-fton-ghé), r. o. Donner le caractère de la diplilhongue.
— ETYM. Diptilliongue ; provenç. et espagn. diptongnr; iial. diUongnre.
t UIPHYLLE (di-ft-l'), adj. Terme de botanique. Qui porte deux fL'uillcs ou deux folioles, ou qui est composé de deux feuilles; tels sont le calice dans le pavot, la spathe dans l'ail.
— ETYM. Ai;, deux, et TÔ'Aov, feuille.
+ DIPHYLLOBBANCHE (di-fil-lo-bran-ch"), adj. Terme de zoologie. Qui a des branchies formées de deux feuillets.
— ETYM. Diphylle, et iranchiet.
jDIPLASIASME (di pla-si-a-sm'), ». m. Redoublement d'une consonne, comme appercevoir pour apercevoir.
— ETYM. AianXa(naa|j.o;, redoublement.
+ DIPLE (di pi'), I. f. Signe (<,>) servant aux critiques grecs à indiquer des variantes dans les vers d'Homère ou à noter des vers suspects , et servant aussi à indiquer les citations des saintes Ecritures.
— ETYM Aiit<T|, féminin de îmXoo;, double.
+ DIPLOCf.PlIALE (di-plo-sé-fa-l'), adj. Qui est aCTectè de diplocèphalie.
— ETYM. AntXio;. double, et me«).^, tête.
t DIPLor.fiPlIALlE (di-plo-sé-fa-lic), ». f. Terme de tératologie. Monstruosité caraclériséo parla présence de deux têtes -sur un même corps.
— ETYM. Diplocéphale.
t niPLOÉ ( di-plo-è ), ». m. Il !• Terme d'anatomie. Nom donné autrefois aux deux tables de tissu compacte dont les os du crine sont formés. || 2* Aujourd'hui, nom exclusivement donné .'i la substance spongieuse qui sépare ces deux tables. || Tissu de même nature que l'on trouve dans l'épaisseur des os plats en général.
— HIST. xvr s. Les costes à leur milieu ont vestige de diploé pour la réception des veines et artères
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qui leur baillent nourrissement, PAitt, ii, 4. Au erane sont deux tables, entre lesquelles est le diploé, qui est une substance spongieuse où s'internent plusieurs veines et artères, et quelque similitude de chair, 10. m, 4.
— ETYM. Aiic)i7i, diploé, féminin de iiit'Uoi, douille.
t DIPLOÈDRE (di-plo-è-dr'), ». m. Terme de minéralogie Forme cristalline produite par U combinaison de deux rhomboèdres.
— ETYM. Aiit)6o5, double, et Kpa, face.
t DIPLOCfiNtSE (di-plo je né-/.'), ». m. Terme de tératologie. Monstruosité qui, consistant dans la duplication plus ou moins complète du corps entier, résulte de la fusion de deux fœtus plus ou moins complètement développés.
— ETYM. AinXéo;, double, et ycvcoi;, engendrement (voy. ornèse).
t DIPLOIIÉMIÉDKIE (di-plo-é-mi-é-drie), $. f. Terme de minéralogie. Ëiat d'un cristal ofTrant une hémiédrie double, mais d'inégale inclinaison, et sans parallélisme.
— Etvm. Am'ioç, double, et hémiédrie.
i DIPLOÏQUE (di-plo-i k'), adj. Terme d'analomie. Qui a rapport au diploé. Substance diploique.
— ETYM. Voy. DIPLOÉ.
DIPLOMATE (di-plo-ma-f), t. m. || !• Celui qui est chargé d'une fonction diplomatique ou qui s'occupe de diplomatie. || Fig. C'est un habile diplomate, c'est un homme qui sait bien mener une affaire. Il 3° Adj. Qui entend bien la diplomatie. Un ministre diplomate.
— ETYM. Voy. diplAme. I.e diplomate a été ainsi nommé, parce que les diplêmes sont des actes qui proviennent des princes.
DIPLOMATIE (diplo-ma-sie), t. f. || 1» Connaissance des rajiports internationaux, des intérêts respectifs des États. Il Relai ions entre les Etals entretenues au moyen des ambassadeurs. || Le personnel des ambassades. La carrière de la diplomatie. Se destiner à la diplomatie. ||2° Fig. Manèges dans la vie privée comparés à ceux des diplomates. C'est un homme plein de diplomatie. Je n'entends rien k toute cette diplomatie. Il a dépensé bien da la diplomatie. Si vou.» voulez, ma chère amie, que je vous parla, là, franchement, diplomatie à part, je TOUS mets sous la protection de madame.... scribe et 0. DELAVioNE, U Diplomate, i, S. || Faire delà diplomatie, user d'adresse, de subterfuges.
— ETYM. Diplnmnie.
t. DIPLOMATIQUE (di-plo-ma-ti-k'), o<f/. Qui appartient il la diplomatie. Agent, document diplomati(|Ue. Le corps diplomatique, les ambassadeurs et les ministres étrangers, résidant auprès d'une puissance. Voua ne me croyez pas en état de rédiger un protocole; et c'est tout au plus selon vous si j'ai la capacité néce.ssaire pour porter des dépèches diplomatiques, scbibe et G. delavione, le Diplomate, I, 4. Il Par plaisanterie. J'étais seul dans une chaise de poste que Je remplissais tout entière de ma capacité diplomatique, lo. il).
— ETYM. Diplomate.
«.DIPLOMATIQUE (di-plo-ma-ti-k'), adj. ||l'Oui
appartient aux diplêmes: qui est d'usage pour les ciiaries et diplômes. Écritures diplomatiques. || 2° S. f. 1.8 diplomatique, l'art de dùcliifTrer les anciens diplAmes, tels que les titres des Églises, des monastères, les chartes authentiques, etc. jj Les connaissances qui sont néces.saires à ce déchiffrement et k l'explication de ces titres.
— ETYM. Voy. DIPLÔME.
t DIPLOMATIQUEMENT (di-plo-ma-ti-ke-man) , adv. D'une manière diplomatique, à la façon des diplomates. Je te nomme, ou, pour parler diplomatiquement, nous te nommons notre résident & Milan, p. l. cour. Lett. I, 238.
— ETYM. Diplomatique I , et le suffixe ment.
t DIPLOMATISTE (di-plo-ma-ti-sf), ». m. Celui qui s'est livré i l'étude de U diplomatique. Savant diplomaliste.
— ETYM. Voy. DIPLÔME.
i. DIPLÔME (di plô-m"), ». m. || !• Acte revêtu d'une autorité convenable, par lequel on accorde i quelqu'un quelque droit ou quelque privilège. Diplôme impérial, pontifical, etc. I'resi|uc tous ces seigneurs avalent des diplômes de vicaires du saintsiége, VOLT. UœuTi, Sb. Avec ce brillant diplôme de chevalier, on me donna mon humble patente de pèlerin, ciiateaiib. Itin. m, 40. || 2* Acte émané de l'université ou d'une faculté, conférant un titre ou un grade dans un corps savant. Le diplôme de bacheUer, de licencié, de docteur. ||S* Charte, titre, acte public émané dM princes «t leigaeurt.
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— ËTTM. AIk>(i>|ui, diplAme, de tmXiu, pliet en double, h cause de la manière dont on le pliait.
t î. DIPLOME (di-plô m'), ». m. Vase à parois doubles, entre lesquelles on verse de l'eau, avant de le mettre sur le feu.
— ETYM. Mittwfii, de îiit).é<ii, doubler.
t DIPI.ONEUKE (di-plo-neu-r"), adj. Terme do zoologie. Oui a un double système nerveux.
— ÉTYM. Am)ôoc, double, et vtûpov, nerf.
f DIPLOPIE (di-plo-pie), ». f. Terme de médecine. Lésion de la Tue, dans laquelle on TOit les objet! doubles.
— ÈTTM. Amlioot, double, et Sktoiuci, voir. tDIPLOPTËHE (diplo plè-r'), adj. Terme de
zoologie Oui a les ailes doubles ou plièes en deux.
— ETYM. A.ii)6o;, double, et inipèv, aile.
t DIPLOSO.ME (di-ploso-m'), adj. Qui est affecté de diplosomie.
— ETYM. AifcXoc, double, et at^, corps.
f DIPLOSOMIE (di-plo-so-mie) , ». ^. Terme de tératologie. Monstruosité caractérisée par l'existence de deux corps complets, mais réunis par une ou plusieurs parties.
— ETYM. Voy. niPLOsOME.
t DIPLO.STfi.MONE (di-plo stémo-n'), odj. Terme de botanique. Fleur diplosiémone, lleur & étamines en nombre double des pèl.des,
— ÊTYM. AmXéo;, double, et <jtV;|«<)v, filament, t DIPLOTÉGE (di-plo-tè-j'), ». m. fermed'î botanique. Fruitsec, indéhiscent et engagé dans le calice.
— ETYM. AiJi),ooç, double, et Téyoç, toit. fDIPNECMONÉ, ÉE (di-pneu-mo-né, née), adj.
Terme de zoologie. Qui est muni de deux poumons ou de deux sacs pulmonaires seulement.
— ETYM. AU, deux, et itveû|iMv, poumon.
t DIPNOË, ÉE (di-pno-é, ée), adj. Terme de zoologie. Qui a deux modes de respiration; qui respire par des branchies et par des poumons.
— ÊTYM. AU, deux, et irvo:^, respiration.
t DIPODE (di-po-d'), od;'. Terme de zoologie. Qui n'a que deux pattes.
— ETYJI. Al;, deux, et tioO;, koÎ4{, pied.
t DIPODIE(di-po-die),». f. Terme de la métrique grecque ou latine. Assemblage de deux pieds de vers. Kisnorum comprend ensemble un pyrrhique et un trochée ; c'est une dipodie. || Mode de scander les Vers en prenant deux pieds i la fois.
— ETYM. AiitoSIa, de 8U, deux, etnoû;, notât, pied.
t DIPSACÊ . ÉE (di-psa-sé , sée) , adj. Terme de botanique. Qui ressemble à la cardére. || S. f. Les dipsacées, famille de plantes dont la cardére est le type.
— ÊTYM. Ut. diptarxu, cardére.
t DIPSADE (di-psa^l'), ». (. Serpent dont la piqûre produit une chaleur et une soif excessives, un désert vaste et affreux où il y avait des serpents qui brûlaient par leur souffle, des scorpions et des dipsades, SACI. Deutéron. viii, (5. Aulus, d'une dipsade ayant souffert l'atteinte, F.n sent peu de ilouleur et conçoit peu de crainte: Il ne peut pasd'aljord com-
firendre le danger Ni croire le trépas dans un coup si éger; Ce poison toutefois, qui s'insinue k peine, Se mêle enfin au sang et court de veine en \eine, U allume partout un brasier indompté Qui dans tous les vaisseaux tarit l'humidité, brébedf, Phan.a.
— ETYM. Ai'J/à;, de îiijfa, soif.
t DIPSOMANIE (di-pso-ma-nie), ». f. Terme de médecine. Nom donné quelquefois au delirium tremen.s, appelé aussi folie des ivrognes; afl'ection dans laquelle le malade délire et est affecté de tremblement.
— ÊTYM. A(i)«x, soif, et (Lsvfa, folie.
4. DIPTÈRE (di-ptè-r"), adj. jj t* Terme de zoologie. Oui a deux ailes. Insecte diptère. || S. m. Lei diptères, insectes caractérisés par deux ailes , derrière lesquelles est un appendice appelé cuiUeron, et par une bouche organisée pour la succion seulement, tels sont les mouches, les taons, les cousins. Il 2° Terme de botanique. Graine diptère, grains qui est garnie de deux ailes.
— ÊTYM. Ait. deux, etirctpov, aile.
a. DIPTÈIIE (di-ptê-r'), f. m. Terme J'architecture. Temple de l'ancienne architecture, entouré de deux rangs de colonnes, qui formaient une sorte de portique, nommé aile,
— ETYM. AiltTIpo; (voy. DIPTÈRE <)•
t DIPTÊBIQUE (di-pté-ri-k'), oij. Terme d'architecture. Qui a rapport au diptire. Vitruva dit que la figure de ce temple était diptérique, c'est-à-dire qu'il régnait tout à l'entour deux rangs de coluonei en forme de double portique, holun, Uitt. anc CEuvret, t. zi, i" part p. S4, dans pougem.
— ÊTYM. Diptère»,
DIR
DIR
DIR
f DIPTÉROCARPÉE (di-pté-ro-kar-pée), i.f. Terme de botanique. Lesdiplérocarpées, plantes renfermant de très-grands arbres résineux de l'Inde el de l'archipel Indien; tel est le camphrier de Bornéo.
— ETYM. AtKtepo;, qui a deux ailes, et xnpiti;, fruit.
t DIPTÉROLOGIE (di-pté-ro-lo-jie), t. f. Traité des insectes diptères.
— ETYM. Diplère I , et Xiyoc, traité.
tDinÉKYGIEN, lENNE (di-pté-ri-jiin, jiè-n'),
adj. Terme de zoologie. Qui a deux nageoires.
— ÊTVM.Aiî.deux, etTrc£()u5,7iTt(;uYo;, nageoire, t DIPTOTE (di-pto-f), adj. Terme de grammaire.
Qui n'a que deux cas. Noms diptotes.
— EtysI. A!;, deux, el mûot?, finale, chute. DIPTYQUES (di-pti-k'), s. m. plur. || 1° Terme
d'anticjuilé. Deux tablettes réunies par une charnière. Il Tablettes oïl l'on inscrivait le nom des consuls et des principaux magistrats. \\t' Anciennement, registres où les monastères el certaines églises inscrivaient les noms des évêques et des bienfaiteurs dont il devait être fait mémoire & la messe et dans les prières. Il 3" Se dit aujourd'hui, abus.vement, de tableaux ou bas-reliefs, recouverts par deux volets dont la surface intérieure est également peinte ou sculptée.
— ÈTYM. Ai«Tuxo;, de SU, deux, et ittOoffeiv, plier.
t DIPYRÉNÉ, ÉE (di-pi-ré-né, née), adj. Terme de botani(|ue. Dont le fruit renferme deux noyaux.
— ETYM. Aiç, deux, et itupriv, noyau.
t DIPYRRHIQUE (di-pi-rri-k'), s. m. Terme de prosodie ancienne. Pied de vers composé de deux pyrrliiques ; c'est-à-dira de quatre brèves comme dnimalà.
— ETYM. AU, deux, et pyrrhique.
DIRE (di-r'), je dis, tu dis, il dit, nous disons, vous dites, ils disent; je disais; je dis. nous dîmes; je dirai; je dirais; dis, qu'il dise; disons, dites, qu'ils disent; que je dise, que tu dises, qu'il dise, que nous disions, que vous disiez, qu'ils disent; que je disse; disant, dit, v. a. *• Exprimer parla parole; 2° on dit; S" dire, pris absolument ; ♦"■ nommer, désigner; 6° énoncer par écrit; 6* réciter, lire, débiter; T raconter; 8° juger, penser, être tenté de croire; 9* avertir, prévenir, ordonner; <o° offrir, proposer; <(° exprimer, en parlant de choses auxquelles on attribue une expression ; (2° vouloir dire; I3« trouver à dire; «♦• en dire; t6°sele faire dire; (6° quedis-je? t7»-30'> locutions diverses; si" se dire. || 1" Exprimer par la parole. Que dit-il? J'ai quelque chose à vous dire. Vous lui direz bien des choses honnêtes de ma part. Il m'a dit qu'il fallait partir. Il n'a dit qu'un mot. Il dira quelques paroles, et se retirera. Il fait son idole de son sujet et tombe dans l'intempérance de ces orateurs violents qui vont toujours plus loin que leur but et ne croient jamais en dire assez s'ils n'en disent trop, BALZ. Socr. cUrél. Disc. <o. Te dirai-je un penser indigne, bas et lâche? corn. Poly. Iii,6. Et si nous n'aimions point à nous brouiller l'esprit Ou de ce que l'on fait ou de ce que l'on dit, id. Imitation, i, ti. Ne considère point si l'auteur d'un tel livre Fut plus ou moins savant; Mais s'il dit vérité, s'il t'apprend à bien vivre, Feuillette-le souvent, ID. ib. I, 5. Je n'ai point sur ma langue un assez grand empire; De ce que je dirais je ne répondrais pas, MOL. JSTis. V, \. Tous les autres comédiens en ont dit tous les maux du monde, id. Crit. de ÏÉc. des f. 1. Je reçois tous ses soins avec beaucoup de joie. J'admire ce qu'il dit, j'estime ce qu'il est, in. Mis. IV, 3. Je vous trouve plaisant d'user d'un tel empire Et de me dire au nez ce que vous m'osez dire, iD.i6.iv, 3. Donc, decequejedison ne fera nul cas? id. Tari, ii, 2. Et depuis un long temps nous nous sommes tout dit, iD. Amphitr. i, 4. Ne vous ai-je pas recommandé de me venir dire d'abord tout ce que vous voyez? ID. Mal. imag. il, 44. Parlerai-je, monsieur, selon ma conscience, Ou comme auprès des grands on le voit usité? Faut-il dire la vérité, Ou bien user de complaisance? lo. Amph. 11, t. On dit à la cour du bien de quelqu'un pour deux raisons: la première, afin qu'il apprenne que nous disons du bien de lui; la seconde, afin qu'il en dise de nous, la bhuï. vin. Il dit ridiculement des choses vraies, el follement des choses sensées et raisonnables, id. xii. Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense! rac. Brit. v, t. El peut-être, après tout, que, sans irop se forcer, Tout ce qu'il a pu dire, il a pu le penser, id. Bajaz. m. ï. César, que me dis-tu do tes fils, de partage? VOLT. Jf. de Ces. i, t. Nous sommes dans un siècle de raison : nous trouvons aisément ce qui nous paraltla Térité, et nous osons le dire, id. Les oreilles, 4.
On peut avec ce revenu assuré dire tout ce qu'on pense de la compagnie des Indes, du parlement, de nos colonies, du roi, de l'être en général, de l'homme et de Dieu, id. ib. 3. Lorsque les yeux chercheront sous les rides Les traits charmants qui m'auront inspiré. Des doux récits les jeunes gens avides Diront : quel fut cet ami tant pleuré ? egHANG. Bonne et'd'He. Il Qui vous dit, qui vousa dit que.... c'est-à-dire sur quoi vous fondez-vous pour dire ou croire...? || Dire un secret, le révéler. KUes [les filles) veulent qu'on leur dise tout, cl elles veulent aussi tout dire, fénel. Éduc. des jillel, i. En disant ce secret ou faux ou véritable, volt. M. de Ci's. m, ï. Il Dire des injures à quelqu'un, l'injurier. Épargnezmoi cette peine, je vous supplie, el épargnez-vous à vous-même de grosses injures que je pourrais bien vous dire dans ma mauvaise humeur , rac. Lell. à quelques amis, XI. || Dire à quelqu'un ses vérités, lui représenter sans ménagement les défauts qu'il a. N'apprêlons point à rire aux hommes En nous disant nos vérités, MOL. Amph. Prol. Vous ne lui voulez mai et ne le rebutez Qu'à cause qu'il vous dit à tous vos vérités, ID. Tari. 1, t. Il Dire à quelqu'un son fait, lui parler verlement, le malmener en paroles. Il me donna un soufllet, mais je lui dis bien son fait, mol. Pourc. l, «. Il Dire son avis, sa pensée, exprimer ce qu'on pense, l'opinion qu'on a. N'allez point là-dessus me consulter ici ; Peut-être y pourriez-vousêtre mal adressi^e. Et je suis pour les gens qui disent leur pensée, MOL. Mis. v, 3. C'est un particulier qui a dit son avis dans un gros livre qu'on ne lit point, volt. Dial. 2. Il Dire son mot, ajouter son avi.< aux avis déjà ex; rimes, et aussi révéler ses iulenlions secrètes. ||San8 mot dire, sans dire mot, sans pro noncer une parole, et aussi sans protester. || Je vous l'avais bien dit, sorte de reproche que l'on adresse à quelqu'un que l'on a averti de ce qui allait lui arriver. Quelquefois il lui disait : je vous l'avais bien dit; singulière manière de consoler; satisfaction que la vanité se doune aux dépens de la douleur, stael, Corinne, xviil, 4. || Dire la bonne aventure, prédire l'avenir. || Dire pis que pendre de quelqu'un, dire le diable de quelqu'un, en dire toute sorte de mal. || Se dire quelque chose à soimême, faire eu soi-même des réflexions, un raisonnement. Je me le suis dit vingt fois. || Se dire l'un à l'autre, se dire réciproquement quelque chose. Ils se sont dit qu'ils s'aimaient. || En dire de sèches, fai re des contes satiriques et libres, dire des vilenies, mais d'une manière qui ne manque pas de sel. Il Mon petit doigt nje l'a dit, cela se dit aux en/ants de ce qu'on a appris par des voies qu'ils ignorent. Argan à Louison : Prenez-y bien garde au moins; car voilà un petit doigt qui sait tout, qui me dira si vous mentez, mol. Mat. imag. u,n. || 2°0ndit,c'est-à-dire le bruit court. On dit que nous allons avoir laguerre. On dit une singulière nouvelle. On dit, et sans liorreur je ne puis le redire. Qu'aujourd'hui par votre ordre Iphigénieexpire, rac. Iph. iv, 6. || S. m. C'est un on dit. Ce sont des on dit. Il ne faut pas ajouter foi à tous ces on dit. || On dit, s'emploie aussi lorsque nous voulons parler d'une locution ou expression usuelle. On dit en français savoir gré pour être reconnaissant. Il 8* Dire pris absolument. C'est, comme vous dites, une mauvaise action. Il faut se bien comporter et laisser dire. De pas mis avec rien lu fais la récidive, Et c'est, comme on t'a dit, trop d'une négative, moi. F. sav. ii, 6. Le bonhomme disait : ce sont là jeux de prince; Mais on le laissait dire.... LA font. Fabl. iv, 4. Quiconque ne voit guère N'a guère à dire aussi, lo. Fabl. ix, 2. Us étaient pêle-mêle avec les ennemis, la rivière entre deux, comme disent les goujats , sëv. 4 93. Oui, mais avec tout cela, diriez-vous bien pourquoi Cyrus a tant conquis de provinces? boil. Héros de romans. Il Comme dit l'autre, locution familière qui équivaut à : comme on dit, ou comme dit le proverbe Toutça, comme dit l'autre, n'a été que de l'onguent miton-milaine, UOL. ife'd. m. lui, m, 2. || Poétiquement, j'ai dit, il dit, se mettent à la fin d'un récit. Elle dit, et du vent de sa bouche profane Lui souffle avec ces mots l'ardeur de la chicane, boil. Luir. I. Il J'ai dit, équivaut aussi à je n'ai plus rien à dire. || Quand, citant un discours, des paroles textuelles, on intercale le verbe dtre, ce verbe et son sujet subissent une inversion, le sujet se mettant après le verbe. Vous allez , m'a dit notre ami , à Paris. Je ferai, dit-il, la choseen diligence. Mais, dira-t-on, cela est impossible. Il a, m'a-t-on dit, l'intention de parler. Cela, dis-je, est impossible. La résolution en est prise, vous dis-je, mol. Mis. v, l. L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite, Aux vertus, m'at-on dit, dans Port-Royal instruite.... boil. Sat. x.
Il Dire d'un, dire d'autre, tenir un langage qui varie. Qu'est ceci? s'écria le mangeur de moulons : Dire d'un, puisd'un autre! est-ce ainsi que l'on traite Le» gens faits comme moi? la Font. Fabl. iv, i6. || Dira d'or, dire, promettre tout ce qui peut être désiré. Il Dans le même sens. Il dit d'or, et n'a pas le bec jaune. Il Dire d'or signifie aussi, par une sorte d'ironie, parler diserlemenl, mais hors de propos, ou sans utilité. Dans ce conseil de sages, de bénis, On entendait les plus noliles propos : Le bien public, la vertu les inspire.... Ilsdisaientd'or et ne concluaient rien, volt. Pue. 1. 1| Bien dire, parler d'une façon convenable, s'exprimer en bons termes, dire ce qu'il faut. Ce sera là que ma lyre. Faisant un dernier effort. Entreprendra de mieux dire Qu'un cjgneprès de sa mort, malh. ii, 2. Soyez beau, bien disant, la font. Coupe. Mes paroles sont assez bonnes; je les rangecomme ceux qui disent bien, sÉv. 74. Nous a vous eu une conversation où j'ai bien dit, ce me semble, ID. 4 58. Ainsi berné le novice interdit Comprit en soi qu'il n'avait pas bien dit. Et qu'il serait malmené des commères, GRESSET, Vert-Vert, m. Vous avez bien raison, mon cher maître; on veut toujours dire mieux qu'on ne doit dire; c'est le défaut de presque tous nos écrivains, d'alemb. Lettre à Volt. 26 janv. 4767. Quelque génie qu'on ail, on ne dit pas mieux qu'Homère quand il dit bien, dider. Lettre sur les sourds et muets. || L'art de bien dire, l'éloquence. || Substantivement, le bien-dire. Ces grands orateurs romains qui avaient l'art de persuader ce qu'ils voulaient par la force et lescliarmes de leur bien-dire, maro. buffet, Observ. p. 120, 16118. Il Être sur son bien-dire, sur son beau-dire, être en train de parler, et aussi affecter de bien parler, ou parler d'un sujet de prédilection. On dit dans le même sens se mettre sur son bien-dire (voy. birn-dibe). || Bien-disant, voy. bie,\-disant. Il Proverbe. Le bien-faire vaut mieux que le biendire, les bonnes actions sont préféraliles aux belles paroles. || L'Académie, au mut bien dire, du que le Irait d'union ne se met que dans la locution : êtri sur son bien-dire; mais que, dans le proverbe rapporté ci-dessus, on écrit le bien dire sans trail d'union; puis, citant de nouveau ce proverbe au verbe DIRE, elle met le trail d'union : le bien-dire. Il est donc loisible de mettre ou d'omettre le traii d'union; et il vaut mieux le meure. || 4" Nommer, exprimer. Vous bénirez le mal qui vous est avenu. Si l'on peut dire un mal un fortuné veuvage, mahiet, Siiph. V, «. Qui dit froid écrivain dit délesiable auteur, noiL. Art p. iv La soune du comique : je dis de celui qui.... la brut. Disc. s. Théophr. Mais, mon cher Sidrac, pourquoi dites-vous toujours ma faculté pensante? que ne dites-vous mon âme lout court? volt, tes oreilles, 4. || 6° Énoncer par écrit. Je vous ai dit dans ma dernière lettre que.... Tel auteur a dit là-dessus d'excellentes choses. Cicéron dit dans son traité de la République. Presque tous les bisloriens ont dit ce que je fais dire ici à Mithridate, ^kc. Préface de Mithridaie. \\ Il se dit de l'écrit même. Que dit la loi? i ce que dit l'histoire. Comme dit le proverbe. Il 6° Réciter, lire, débiter. Dire sa leçon. Cet acteur a mal dit son rôle. Je vous dirai, si vous voulez, pour vous dé'^ennuyer, le conte de Peau d'âne ou bien la fable du Corbeau et du Renard qu'on m'a apprise depuis peu, mol. Mal. imag. 11, ti. La démangeaison de dire ses ouvrages est un vice attaché à la qualité de poêle, id. Comtesse, 1. || Absolument. Cet acteur dit bien, il a un bon débit. || Dire la messe, célébrer la messe. Faire dire une messe pour quelqu'un. Direles vêpres, leschanter. || Terme de musique. II dit bien les récitatifs, il les chante bien. Dire un morceau, exécuter un morceau de musique. Il 7* Raconter. Dis-moi de mon époux le véritable sort, gorn. Perthar. i, S. Je pourrai de mon père émouvoir la teDdres.se, Et lui dire un amour qu'il peut vouloir troubler, bac. Phèdre, m, 6. Et moi je suis venu, délestant la lumière. Vous dire d'un héros la volonté dernière, id. ib. V, 6. Je dirai les exploits de ton règne paisible, boil. ^pfl. l. Je vais dire les douleurs de l'Éi/iise persécutée, chateaUbr. Mart. ♦. || Poétiquement. Muses, dites.... Muse, dis la colère d'Achille. || 8* Juger, penser, être tenté de croire. Qu'en dites-vous? Que dira-t-on de vous? Alléguant un grand rhume: il ne pouvoit que dire. Sans odorat.... la font. Fab. vu, 7. Il Qui l'eût dit? signifie : aurait-on pu le penser, l'imaginer? || Substantivement. Le qu'en dirat-on, les propos qui se tiennent sur le compte de quelqu'un. Se moquer, être au-dessus du qu'en dirat-on. Braver le qu'en dira-t-on. ftre sensible au qu'en dira-t-on. || Savoir qu'en dire , avoir passé pat
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Jà, avoir eu l'expérienca da la chose. Nuire mélancoliqueen savait bienquedire.BfioNiER, Sat. vu. Beaucoup d'honnêles gens en pourraient bien que dire, MOL. Éc. det f. m, s. Vraiment je sais bien qu'en dire, 8ÈV. 662. Il Ne savoirquedire, étreembarras.sé. Cela faisait que le bon sire Ne savait tantôt plus qu'y dire.LAFONT. 4nn. || Absolument. Vous diriez que, on dirait que.... avec l'indicatif.on penserait, on s'imaginerait. On dirait, quand tu veux, qu'elje [la rime^ te vient chercher, boil. Sat. ii. On dirait que le ciel est soumis à sa loi. Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi, ID. Sat. v. |{ Vous diriez que, on dirait que.... avec le subjonclif. On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau. Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau, boil. Sat. vi. On dirait que, pour |)laire, instruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture, id. Art p. m. On dirait, h vous voir assemblés en tumulte. Que Home des Gaulois craigne encore une insulte, crébillon, Calit. IV, i. Vous diriez qu'il snit devenu un autre David, Boss. le Tellier. Vous diriez qu'il ne fasse rien en ce monde, id. Loi de Dieu, 3. || Vous diriez,on diraild'un rou,d'un homme ivre, c'esl-à-dire il .se conduit, il parle comme s'ilétaitfou, ivru (la locution s'explique par une ellipse : on dirait d'un fou, c'est-à-dire on dirait cela d'un fou, on dirait que ce u'il dit ou fait est d'un fou, et, elliptiquement : on (lirait d'un fou). Etl'on dirait d'un tas de mouches reluisantes Oui suivent en tous lieux un doux rayon de miel, mol. Mélic. i, 3. Les trois vieilles femmes brûlaient un des roseaux de la gerbe; on aurait dit des Parques coupantle premier fil de la vie de René, CUATKAUBR. Natch. 300. Voyez même, comme les traits du même homme varient.... vous diriez de plusieurs êtres différents, bern. de s. -p. Ilarm. liv. v, Ilarm. anim. \\ 9' Avertir, prévenir, ordonner, conseiller. Allez lui dire de venir. Ah! mon papa, je vous demande pardon; c'est que ma sœur m'avait dit de ne pas vous le dire, mol. Ual. imag. ii, 4 1. Dites-leur qu'elles descendent, id. les Préc. 3. Dites au roi, seigneur, de vous l'abandonner, rac. Esther, II, 4. Qu'on dise à Josabelh Que Mathan veut ici lui parler en secret, id. Àthal. m, ). |{ Absolument. Vous n'avez qu'à dire, locution qui signifie : parler et je ferai ce que vous voudrez. Comment, coquin! — Monsieur, vous n'avez rien qu'à dire. Je mentirai si vous voulez, mol. Amph. Ii, t. || 10° Offrir, proposer. J'ai trouvé ces objets si chers que je n'ai rien dit. Dites-en un prix raisonnable. || 11° Exprimer, en parlant des choses auxquelles on attribue une expression. Un silence respectueux dit beaucoup. Et puisqu'aucun soupçon no dit rien à Fhoca.--, Soyez encor son fils et ne vous montrez pas, COHN. lléracl. ii, a. Et malgré tous vos soins et votre adresse à feindre, Mon astre me dirait ce que j'avais à craindre, mol. Mis. iv, 3. Qu'ai-je fait? que veut-ilTet que dit ce silence? bac. Bérén. ii, 5. Ce front satisfait Dit assez i. mes yeux que Porus est défait, 10. Alex, in, t. Et ce poison vous dit les volontés du roi, id. Milhrid. v, 2. Tout cela dit assez que le trône m'est dû, id. Thdb. iv, 3. Et son silence même, accusant sa noblesse. Nous dit qu'elle nous cache une illustre princesse, id. Iphig. i, 2. j .... Vous portez, madame, un gage de ma foi. Qui vous dit tous les jours que vous êtes à moi, m. iîilhr. II, 4. Ma pensée au grand jour partout s'offre et s'expose; Et mon vers bien ou mal dit toujours quelque chose, BOIL. Éplt. IX. Le cœur ne me dit rien pour les devoirs de la religion, mass. Car. Prosp&. Il Le cœur me le disait bien, j'en avais le pressentiment. Il Cette femme a de beaux yeux, mais ils ne disent rien, ils sont sans expression. || Cela ne dit rien au cœur ni à l'esprit, cela ne les touche point, ne les émeut aucunement. || Familièrement. Cela ne dit rien, cela n'importe pas à l'affaire, cela n'empêche pas. Il Ne dire rien, se dit aussi des personnes dont b'S paroles n'ont guère de sens. Voilà bien des paroles sans rien dire, boss. Yar. xn, § 2. || Familièroment. C'est beaucoup parler pour ne rien dire. Il 12° Vouloir dire, signifie faire entendre, insinuer, en parlant des personnes. Que voulez-vous dire? De quoi s'offunse-t-il? et que veut-il me dire? Y vat-ilde sa gloire à nepas bien écrire? mol. Ifis.iv.i. Que voulez-vous donc dire, mes pères? comment entreprenez-vous de soutenir après cela qu'aucun jésuite n'est d'avis qu'on puisse tuer pour des médisances? pAsc. Prov. (3. Que me voulez-vous dire de pénitence et de pardon? sÉv. 374. Ce qu'une judicieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes, une maîtresse plus impérieuse, je veux dire l'expérience, les a forcés de le croire, boss. Heine d'Anglet. Il Que veut-il dire? s'est dit dans le sens de l>ourquol. Son I.ouis soupire Après ses appas; Que
veut-elle dire De ne venir pas? malr. vi, 7. || Dénoter, en parlant des choses. Je ne sais ce que cela veut dire. Que veut dire ce retard? .... Achevez, seigneur, ce mais, que veut-il dire?C0RH. Nicom, m, 7. Il Signifier. Que veut dire ce mot, cette phrase? Cela est mal construit et ne veut rien dire. Il 13° Trouver à dire, c'est-à-dire trouver fc blâmer. Il y a, il y aurait bien à dire, ily aà reprendre, à blAmer. Vous trouveriez quelque chose à dire dans le ciel, si je n'y élaisavec vous, balz. liv. i,lett. <». Ce que je trouve à dire en la confidence que fait Cléopâtre, corn. Ex. de Pompée. On trouve à dire à la frugalité de vos repas, SÈv. 4S7. L'empereur ne trouve rien à dire à ces cen.sures, boss. Lelt. I94. Ayant eu la bonté de déclarer qu'elle [Votre Majesté] ne trouvait rien à dire dans cette comédie qu'elle défendait de produire en public, mol. t" plaça aurai. || Trouvera dire, regretter l'absence. Mettez -vous donc bien en tête que je vous trouve à dire plus que je ne voudrais dans toutes les parties où l'on m'entraîne, mol. Xit. v, 4. Rien ne me flattait plus que de penser que je manquais au bonheur de l'heureux Soliman, et qu'on me trouvait à dire dans le sérail, fonten. Soliman, Juliette. Il Trouver à dire, ne pas avoir son compte. On trouvait dix ou douze voix à dire, patru, jf'laidoj/ef to, dans RlciiELET. || Avoiràdire, manquer de. Il faisait parade d'un visage remarquable par de grandes plaies et par un œil qu'il avoit àdirC; bai.z. liv. v, ùlt.9. Il X dire, manquant. Le fourrage revint en abondance, il n'y eut pas un cheval de perdu, ni un homme à dire, st-sim. 47, 48. || Il y a bien à dire, il y a une grande différence. Il y a bien à dire entre ces deux personnes. Dans le même sens, il y a tout à dire. Il II y a bien à dire, il s'en faut de beaucoup. Il y a bien à dire que je n'aie mon compte. || 14° En dire forme une locution qui a différents sens. || Le cœur en dit, on y a inclination. Si le cœur vous en dit, si cela vous agrée. Et quand le cœur m'en dit, j'en prends par où je puis, corn, tient, i, 4. Et puis-je mais, chélif, si le cœur leur en dit? mol. le Dip. v, 3. Pour peu que le coeur lui en dit, UAMiLT. Gramm, 4. Qu'on s'aime de part et d'autre autant que le cœur en dira, ponten. taure, Sapho. Il Par extension. Si le sort nous en dit [nous est favorable], tout sera bien réglé, mol. l'Étour. v, 2. Il En vouloir dire, être prêt à faire. D'abord, dit-il, j'allais tout doucement Auprès du lit écouter si le sire S'approcherait, et s'il en voudrait dire, la font. Uandr. || En dire, faire des reproches. S'en dire, se faire des reproches. Mon cœur s'en est plus dit que vous ne m'en direz, rac. Brit. m, i. Et mon cœur soulevant mille secrets témoins. M'en dira d'autant plus que vous m'en direz moins, id. Andr. iv, 6. Il 16° Se le faire dire, hésiter beaucoup à faire une chose; ne pas se le faire dire, montrer beaucoup d'empressement. Charles exigea une lettre d'Auguste à Stanislas: le roi détrôné se la fit dire plus d'une fois; mais Charles voulait cette lettre, et il fallut l'écrire, volt. C/ior/cs J//^, 3. || 16° Dans le style élevé. Que dis-je? sorte de retour sur soi, de transition, d'aggravation. Il l'a abandonné, que dis-je? il l'a dépouillé. Fuyons dans la nuit infernale.... Mais que dis-je?... mon père y tient l'urne fatale, bac. Phèd. IV, «. Il 17° X dire vrai, à vrai dire, iocul. adv. En disant la chose telle qu'elle est. X dire vrai, il n'a pas rempli l'attente qu'on avait conçue de lui. ||Âdira vérité, même sens. Et s'il avait mon cœur, à dire vérité, Il tournerait ses vœux d'un tout autre côté , uol. Uis. IV, 4. Il Pour ainsi dire, locution dont on se sert pouratténuer une expression, pour la faire passer. Ils sont, pour ainsi dire, morts à toutes les joies. || Pour mieux dire, locution dont ou se sert pour préciser davantage sa pensée. Contrainte d'accepter ces mêmes conditions, sans avoir pu en rien retrancher, y rien ajouter, ou, pour mieux dire, sans avoir pu, avec tous leurs efforts, s'écarter d'un seul pas du cercle étroit qu'il lui avait plu de leur tracer, rac. Dise, de réception de Th. Corneille. || 18° Dire s'emploie quel- ' quefols à l'impératif pour appeler l'attention. Dites- j moi, venez-vous dîner avec moi? D'ot'i vient donc, je vous prie, un tel emportement! Avez-vous, dites-moi, ; perdu le jugement? MOL. Mis. iv, S. Dites-moi un peu, s'il vous plaît, combien aviez-vous d'années ! lorsque nous fîmes connaissance? id. Mar. fore. 2. Dis, penses-tu qu'un jour mon père nous pardonne? Dticis, Othello, I, 8. Il Disons mieux, sorte de compliment ou de ccirrectil. ,t est l'avocat des pauvres, disons mieux, il en est le père. || Disons-le s'emploie lorscgu'on va dire quelque vérité fâcheuse. Disons-le : les mesures violente.^! ne peuvent qu'irriter les esprits. Disuns-le sans figure, il parle comme un fou et pense comme un homme sage, la brut. xii.
Il 19* Qu'est-ce k dire ? s'emploie pour qu'est-ce qu« cela signifie? Qu'est-ce à dire? vous murmurez. Cette locution exprime la surprise, le mécontentement. Qu'est-ce à dire, monsieur? j'apprends par le notaire Qu'au contrat vous trouvez quelque chose à refaire, duprény, Mar. fait et rompu, i, 9. Il Ce n'est pas à dire pour cela que... Ce n'est pas à dire que.... locution gouvernant le subjonctif, et qui a un sens de rectification. Vous m'avez rencontré parmi eux, ce n'est pas à dire que je soif des leurs. Ce n'est pas & dire qu'ils aient effectivement parlé pour la dernière fois, ponten. Oracles, ch. m, 2° part. Il Ce n'est pas pour dire, locution très-familière qui signifie sans se vanter. Ce n'est pas pour dire, mais je saurais en faire autant. || 20* C'est-àdire, loc. conj. qui annonce l'explication, la conséquence de ce qui vient d'être dit. Les quatre lettres I. N. R. I. qui sont au haut de la croix de Notre- Sfigneur signifient Jctut Naxarenui, rex Judieorum, c'esl-à-dire Jésus de Nazareth, roi des Juifs. El qu'on l'honore ici, mais en dame romaine, C'està-dire un peu plus qu'on n'honore la reine, conN. Pomp. III, 4. Le genre humain pensant, c'esl-à-dire la cent-millième partie du genre humain tout au plus, VOLT. jlt!CTi(ur« de ia m«^motr*. || C'est-à-dire que, avec un verbe qui suit, même sens. C'e^t-àdire que j'ai consenti à la transaction. C'est-à-dire que je paye la somme demandée. || 11* C'est tout dire ou c'e.st tout dit, il n'y a rien k ajouter, ceja achève, complète. Il est fort enfoncé dans la cour, c'est tout dit; Et la cour, comme on sait, ne tient pas pour l'esprit, mol. Femm. tac. iv, 3. Sur l'argent, c'est tout dire, on est déjà d'accord; Ton beaupère futur vide son coffre-fort, boil. Sat. x. Qui dit Sillery dit tout; Peu de gens en leur estime Lui refusent le haut bout, la port. Fabl. viii, 43. || Cela est bientôt dit, se dit, par antiphrase, d'une chose difficile, ou sur laquelle on conserve des doutes. Vous parlez de trouver d'ici à ce soir dix mille francs; cela est bientôt dit. On a, dites-vous, perdu les bonnes épigrammes grecques; cela est bientôt dit; mais qu'est-ce qui le prouve? || C'est beaucoup dire, c'est poser une limite extrême qui probablement ne sera pas atteinte. Posons le cas que vous ayer tout le bien qu'il faudrait, et c'est beaucoup dire, IIAMILT. Gramm. 7. || 22° Cela vous plaît à dire, exprime que l'on ne convient pas de ce qui vient d'être dit, ou sert à énoncer un refus. || 23* Cela va sans dire; il va sans dire que.... Cela va de soi et est si naturel qu'il n'est pas besoin d'en parler, do le stipuler. Cela s'en va sans dire, sÉv. 4 66. || 24* II n'y a pas à dire, c'est-à-dire l'affaire est décidée, il n'y a pas d'observations à faire, il n'y a pas à revenir làdessus. Il On dit de même : il a beau dire. Cette dernière femme eut beau faire, eut beau dire: Moi devine! on .se moque; eli! messieurs, sais-je lire? ....Point de raisons: fallut deviner et prédire, LA PONT. Fabl. vu, 46. Il 25° Cela soit dit en passant, ou soit dit en passant, exprime qu'on mentionne seulement une chose à propos d'une autre, ou qu'on fait quelque légère plainte, quelque léger reproche en peu de mots. || 26° Ce qui est ditestdit. c'est-à-dire la parole donnée sera tenue Va, tranquillise-toi ;Ceque
j'ai dit est dit; repose-toi sur moi, regnard, Ugat. I. 2. Il Voilà qui est dit, locution dont on se sert pour affirmer qu'une chose est convenue, entendue. || Je ne vous dis que cela, locution qui, suivant le ton, exprime dévouement ou menace. Mon ami, dès qu'il s'agit de ton repos.... je ne te dis que cela; tu dois me connaître. Si vous y revenez.... je ne vous dis que cela. Il Prenez que je n'ai rien dit, locution qui annul» quelque chose qu'on a dit. C'était dans votre intérêt; mais, si cela vous contrarie, prenez que je n'ai rien dit. |{ C'est moi qui vous le dis, sorte d'affirmation très-familière. Et laisse venir demain; tu verras comme il sera fait; c'est moi qui te le dis, Marivaux, Marianne, ii. ||27* Familièrement. S'il vient à bout de son entreprise, je Tirai dire à Home, locution dont on se sert pour exprimer qu'on regarde la chose comme impossible, (iréqui prétend qu'OresIe est un pauvre homme, Qu'il soutient mal le rang d'ambassadeur; Et Créqui de ce rang connaît bien la splendeur; Si quelqu'un l'entend mieux, je Tirai dire k Rome, RACINE, Épigr. contre Criqui qui avait critiqué Andromaque. || 28* S'il ne dit mot, il n'en pense pas moins, c'est-à-dire il écoute en silence et fait ses réflexions, ou bien il se tait, mais il est mécontent. Il 29° X qui le dis-tu? à qui le dite.s-vousT locution qui exprime que celui qui parle sait, connaît, a éprouvé aussi bien que qui que soit ce dont il s'agit. Il est difficile de faire son chemin; à qui le dites-vous? Il 30° Comme qui dirait, locution familière qui signifie une sorte de. Sa coiffure attit no*
DIR
regards, c'était comme qui dirait un turban (voy. l'explication de cette locution à comme). || 31° Se dire, v.réfl. Se donner, se faire passer pour. Use dit votre parent. Se dire malade. Ces perfides tous deux se sont dits aujourd'hui Et subornés par vous et subornés par lui, CORN. Nicom. m, 8. Et de quel droit se diraient-ils héros, s'ils n'étaient point amoureux? n'est-ce pas l'amour qui fait aujourd'hui la vertu héroïque? boil. Héros de romans. || Se dire, être dit. Cela se dit partout. Cette phrase se dit très-bien. La première et principale cause pourquoi on n'a pu entendre assez clairement aucune des choses qui se sont dites de Dieu et del'âme, desc. Rép. ii, 4. Il y a un certain nombre de phrases toutes faites que l'on prend comme dans un magasin; bien qu'elles se disent souvent sans affectation et qu'elles soient reçues sans connaissance, il n'est pas permis de les omettre, la brdy. viii. || Soi-disant, voy. soi-disant. Il Proverbes. Quand les mots sont dits, l'eau bénite est faite, se dit des marchés qui sont conclus. Il Oui dit tout n'excepte rien. || Qui ne dit mot consent, c'est-à-dire le silence est pris pour l'acquiescement.
— REM. 1. Die, pour dise, au subjonctif est un archaïsme. Non, je croyais tout d'elle, il faut que je le die, Régnier, Êlég. in. Pourquoi, à votre avis, tant de périls et tant de combas? vous plalt-il, madame, que je vous le die? balz. De la gloire. Ils n'ont pas besoin que je leur die rien davantage, DESC. Mélh. 8. Encore qu'on die que la foi a pour objet des choses obscures, iD. Rép. ii, 36. Mais encore une fois souffrez que je vous die, corn. Cinna, I, (, Votre ardeur vous séduit, mais quoi qu'elle vous die.... ID. Poly.y, *. Ah! ce n'est pas ces soins que je veux qu'on me die, m. Pomp. v, 3. Veux-tu que je te die? une atteinte secrète Ne laisse point mon âme en une bonne assiette, mol. le Dép. l, ). Ahl souffrez que je die, Valère, quelecœurqui vous est engagé.... ID. «6, v, ». Faites-la sortir, quoiqu'on die, De votre riche appartement, ID, Femm. sav. m, 2. Gardez-vous.... d'ouvrir.... que l'on ne vous die.... LA FONT. Fabl. iv, <6 rois et dieux mettent, quoi qu'on leur die, Tout en même catégorie, ID. ib. v, 18. Et puisqu'il faut que je le die. Rien oii l'on soit moins préparé, id. ib. vin, 4. Quiconque aime le die ! m. Court. Mais, quoi que je craignisse, il faut que je le die, hac. Bérén. v, 6. Cet archaïsme, ainsi autorisé, peut encore être conservé dans la poésie. Il 2. Dire de, avec uninfinitif, signifiant commander, ordonner, sont signalésparVaugelaset Th. Corneille comme un gasconisme qu'il fallait éviter. Cependant, dès le temps de ces puristes, cette locution était employée par les meilleurs auteurs, et elle est restée en plein usage. Â cette époque, l'Académie ne l'approuvait qu'avec hésitation : « Comme c'est bien parler que de dire : Il lui ordonna d'aller, Il le pria de faire, l'usage semble avoir permis de dire: Il lui dit d'aller, Il lui dit de faire, Acad. Observ. sur Vaugelas,p. 308. » |i 8. La deuxième personne plurielle vous dites représente la forme latine dicitis, avec l'accent sur la première syllabe.
— HlST. x*s. E si distrent, Fragment de Valenciennes, p. 467. Si cum dist e le [en le] evangelio lieu de avant dist, ib. p. 469.
— XI' s. Hom qui plaide en curt, à qui curt que çoseit.e hom li mette sur qu'il ait dit chose... . toù de Guill. 28. Dis e set ans, n'en fut nient à dire [il n'y en a rien à dire, à rabattre], Penatsun cors el damne Deu servise, St Alexis, xxxiii. Et dist au roi : or ne vous esmaiez, Ch. de Roi. m. Dient paien : ainsi peut-il bien estre, t'b. iv. Respondent Franc : Sire, vous dites bien, ib. clxxvh.
— xii's. Qu'aprèsnos mors n'en soit dit negun [nul] mal, Ronc. p. 40. [Âj mon seigneur dites qu'il me viegne veoir, ib. p. <22. S'uns autres homs deist te! legerie, ib. p. 168. Li cuiverz [le pervers] ne dit mot, l'ame s'en est alée, t6. p. »96. Ne tout [je] ne cel [cèle] mon cuer, ne tout [je] nel [ne le] di, Cnuci, VH. Je ne di pas que je fasse folage, ib. xix. As fins amans proi [je prie] qu'il dient le voir [la vérité], t6. XX. Et quant uns seus [un seul] en remanoit de ça [n'allait pas à la croisade] , H [Quenes] lui disoit et honte et reprouvier, hues d'oisi, Ilomancero, p. )04. [Je] N'en oi [ouis] nului parler, qui moult de bien n'en die, Soi. vu. Si diromes de Charle, qui tant fait à louer, ib. xm. Puis lui dites cornent GuitecUns de Sassogne envers nous entreprent, i6. xxi.
— xm* s. Si vous dirons des pèlerins dont grant partie estoit jà venue en Venise, vaLEH. xxxi. Et dient cil qui morir le virent, que ce fu uns des homes du monde qui plus bêle fia fist, id. xxiii. Dame, ce dist Pépins, on ne doit pas douter....
DIR
Berte, ni. De ce ne vous ert [sera] ore nuls Ions racontes dis, ib. V. Quant la messe fut dite, ib. i. En son lit en séant [elle] prist ses heures à dire, ib. XIV. Qu'ele ne deist mot ne que n'osast noiser, ib. xnc. D'eus [je] lairrai à parler, n'en dirai ore plus, ib. XXIV. Formentse repent Berte que son nom (elle] leur a dit, ib. lui. Laissez tout ce aler, n'en soit parole dite, t!». uv. Sans les autres richesses que je ne sai conter, Qu'à peine les peut-on ne dire ne esmer [estimer], ib. xcvii. Car [elle] sait bien que c'est ele [Berte] .... Li cuers lui dit, pour voir bien l'en asseOra, ib. cxxn. X peine [elle] put mot dire, tant li cuers lui failli, ib. cxxvii. Dist li vilain : « Par saint Marcel, Tapel ert mise en mon mantel. » Mes moult a entre dire et fere; Qar Renart li fera contrere, Ben. 7885. Maintes gens disent que en songes N'a se fables non et mençonges , ta Rose , t . D'omme traïstre g'en di fi; Puisqu'il n'a foi, point
ne m'i fi, t!>. 7867 Il le secorra Detretout quan-
ques il porra. Plus liés [joyeux] du faire, au dire
voir. Que ses amis du recevoir, ib. 47B3 or
dis-tu que sage, «6. 1042). Au voir dire [à vrai dire] , ib. (7486. Qui droitement veut apeler, il doit dire ainsi, se c'est por murdre : Sire, je di sor tel, et le doit nommer, qu'il malvesement.... beaum. LXi, s. Nus lais [legs] ne vaut s'il n'est fes de persone qui soit en bon sens et en bonne memore, et s'il ne le dit de se [sa] bouche, id. xxi, 8. Le pris qui est en leur chevalerie si est tel, que quant il sont si preus et si riches que il n'i ait que dire.... JOINV. 235. Et li [au comte de Monfort] distrent que il venist veoir le cors nostre Seigneur qui estoit devenuz en sanc et en char entre les mains au prestre, ID. (98. Sire, se vous ne me lessiez dire que vous soies cousin au roy, l'en vous occirra touz et nous avec, ID. 240. Et pour ce se doit on garder et en tele manière deffendre de cest agait, que en die à l'ennemi [au démon] quant il envoie tele temptacion : va t'en, ID. (97. Bien est, ki dit, s'il est ki fait, ph. ■ousEES, nu. p. 200, dans lacdrne.
— XIV* s. II est voir [vrai] disant et véritable, ORESHE, Elh. 124. Il avient aucune fois que par suspicion et par opinion l'en dit faulz, id. ib. 173.
— XV* s. Et (messire GaléasJ avoit telle grâce de toutes gens en Lombardieque chacun l'aimoit et disoit bien de lui; .... et toutes gens disoient mal et se plaignoient couvertement de messire Barnabo, PROiss. n. II, 226. [Les cardinaux] distrent et imaginèrent que il ne leur feroit jà bien [Urbain VI] , et que il n'estoit pas digne de gouverner le monde, ID. n, II, 48. En lisant nul n'osoit parler ni mot dire, car il vouloit que je fusse bien entendu, id. 11, m, 13. Et arriva à un port que on dit Cepsée [Chertsey en CornouailleJ, id. i, i, 152. Et menoient ma dite dame d'Orléans messire Jaquemesde Bourbon et messire Philippe d'Artois, id. in, iv, i. Vous Tarez, puisque jel'ay dit, la Pass. JV. S. J. C. Afin que ils ne s'en peussent excuser et que plus ne sceussent que dire.... Boude, i, ch. 14. La plus belle compagnie qu'on sçauroit dire, comm. vui, 7. Je vous prie que vous me diez où je pourrai parler à vous à part, louis xi, Nouv. xlvi.
— xvi* s. Ce dire de S. Pierre a tousjours esté vray que..., Calvin, Instit. 327. L'aage me conduisoit Sans peur, ne soin, où le cœur me disoit, ma- ROT, 1 , 216. Et croyez à mon dire, ô charité, A bonté
indicible! id. i, 265 Pour vous certes, je trouve
Facile chose à faire un impossible, Et fort aisée à
dire un indicible, id. i, 350 Quand tout est dit
[après tout) , en tous les lieux Où je voulois tourner les yeux. Tout me rioit.... id. iv, 181. Vous savés combien vostre paine est nécessaire aux affaires dont TOUS portés le faix, et où vos amis vous trouvent bien à dire, haro. Lett. 64. Il n'y a nulle raison en leur affaire, j'espère les trouver bien toust; je croy que leur diray leurs vérités, id. t!> 414. Il vous treuve tant à dire que vous diriés qu'il est tout seul, ID. l'b. 122. Monseigneur, quant tout est dit [après tout], mon principal souci est de votre santé, id. ib. 24. C'est à dire que les painctres ont la liberté de paindre ce qu'ilz veulent, bab. Pan*, ii, 6. L'antechrist est desjà né, ce m'a l'on dict, id. ib. m, 26. Si nous avions à dire l'intelligence des sons de l'harmonie et de la voix, cela apporteroit une confusion inimaginable à tout le reste de nostre science, MONT. II, 359. Que sait-on si.... plusieurs effects des animaux qui excédent nostre capacité sont produits par la faculté de quelque sens que nous ayons à dire.... id. ii, 358. Si on veult dire [exprimer] qu'un homme n'a point de sens, id. i, 33. U disoit mieulx [parlait] sans y avoir pensé, id. i, 41. Cyrus s'estant enquis que c'estolt à dire [de ce que cela voulait dire], id. i,65. Il falloit raisonner leur dire
DIR
[en f'/inner les raisons], id. i, 51. Ce qu'il y a à dire 1 la différence] entre la licence et la liberté, id. 1, 17J. Aprez qu'il les eust bien laissez dire, il respondit.... ID. 1, 189. Il y a bien à dire que ce ne soit le mieulx qu'il peust faire, id. i, 306. Callicles dict l'extrémité de la philosophie estre dommageable, id. i, 224. J'aurois prins une voye plus naturelle, qui est à dire, vraye.... id. i, 228. Si vous dictes : il fait beau temps, et que vous dissiez vérité.... ro. II, '265. En se deshabillant, il trouva à dire sa chaîne, vver, 536. Le dire de Thucidides s'accorde mieux avec les chroniques, amyot, TTi^m. 48. Il commanda que les autres par ordre dissent consécutivement leurs advis, id. Corn. 55. 11 n'y avoit capitaine qui eust osé dire de non aux soudards qui en detnandoient le pillage, id. Mareell. 28. Je suis marry qu'il faut que je vous die, que.... ID. Arist. 10. Antigonus le comparoit à un joueur de deï, à qui les dez disent fort bien, mais qui ne .se sçait servir des chances qui luy viennent, ID. Pyrrh. 57. Qu'il se teinst tousjours auprès de son armée de mer, à fin que si la fortune luy disoit mal sur terre, il eust incontinent les forces de la marine toutes prestes pour.... id. Pomp. 107. U rencontra par cas d'adveiiture Gœsylus lacedaemonien, soy disant estre envoyé de Lacedaemone, id. Dion, 82, Quant à cela, il n'y a personne qui die du contraire, ID. Brutus, 1. La mémoire de cette bataille qui estoit encore récente, d'autant qu'il n'y avoit pas cinq ans à dire, les avoit ainsi enflammez, carloix, i, 3. Cent ou six-vingts picqueurs, qui avec leurs trompes disoient la mort du cerf, id. iv, 12. Dire d'un et penser d'autre, H. est. Apol. d'Hérodote, p. 26, dans LACURNE. Qui dit ce qu'il sçait et donne ce qu'il a n'est pas tenu à davantage, leroux db uncy, Prov, t. II, p. 127.
— ÉTYM. Provenç. dir, dire; catal. dit; espagn. decir; portug. dtier; ital. dire; du latin dicere. Comp. le grec Se(xvu|xt, montrer, goth. taiha, allem. zeigen, montrer; mots où est le radical identique die. deik, taih.
2. DIRE (di-r'), ». m. || 1* Ce qu'on dit, ce qu'on avance, ce qu'on déclare. Le dire des témoins. Leurs dires ne sont pas concordants. Les armes en la main, [vous] soutiendrez votre dire, garnier, Bradamante, IV, 4. Sitôt que cette nymphe en son dire enflammée, RÉGNIER, Êplt. I. Font que mourir et vivre à leur dire n'est qu'un , id. Sat. vi. Et chacun en son dire [à l'entendre] a droit en sa requête, id. Sat. ii. Â leur dire, c'étaient des gens qui voulaient périr, BALZ. Socrate, Disc. 3. Suivant le dire d'un ancien, MOL. l'Av. m, 5. Tous les gens querelleurs, jusqu'aux moindres matins. Au dire de chacun étaient de petits saints, la font. Fabl. vil, 1. Au dire du proverbe ancien L'amitié ne remonte guère; Bon petit-fils, je n'en crois rien Quand je pense à vous, ma grand'mère, bérang. B. maman. {| Au dire des experts, selon leur avis. || X dire d'experts, en vertu d'une estimation d'experts; et fig. avec force, sans retenue. Mentir à dire d'experts. || 2° Terme de pratique. Pièce signifiée d'avoué à avoué et renfermant les moyens et réponses des parties, jj Toutes observations faites sur un procès-verbal ou sur un cahier des charges. || 3° Le bien-dire, voy. dire i , à la fia du n» 3.
— HIST. Voy. l'historique de dire i .
DIRECT, ECTE (di-rèkt, rè-kt'; au pluriel masculin 1'» ne se lie jamais : des avis di-rekt' et pressants; la prononciation de la finale et, cts, au masculin singulier ou pluriel est mal assurée; on entend quelquefois prononcer di-rè, comme plusieurs prononcent rè-spè, respect; ce qui est plus doux et plus analogique (voy. respect), odj. || l*Qui est en ligne droite. Roule directe. Mouvement direct. Voie directe. || En ligne directe, sans détour. || Train direct, celui dans lequel on se rend à destination sans changer de wagon. || Terme d'astronomie. Les planètes sont directes, quand elles paraissent se mouvoir vers l'orient, en suivant l'ordre des signes du zodiaque. || Terme de marine. Pointage ou tir direct, celui dans lequel la pièce est au milieu du sabord. Ordre direct ou naturel, celui dans lequel chaque vaisseau d'une armée suit le vaisseau qui a été désigné comme son matelot d'avant. || 2° Par extension, sans intermédiaire, immédiat. Correspondance, communication, action directe. || Fig. Attaque directe, argument direct, attaque, argument qui va droit à la personne, à la chose. || 3* Formel. Preuve directe. Être en contradiction, en opposition directe avec quelqu'un. || 4* Terme de jurisprudence. Ligne directe, suite des degrés de parenté entre des personnes qui descendent l'une de l'autre. Héritier direct, héritier non collatéral. || Terme de
DIR
féodalité. Sefgneur direct, le seigneur de qui une terre relève immédiatement. Seigneurie di-ecte, droits d'un seigneur sur une terre qui relève immédiaiement de lui. || 6* Terme de grammaire. Ordre direct, construction directe, ordre, construction des mots selon leur ordre analytique: sujet, verbe, altribul. Il Complément ou régime direct, celui qui complète la signification du verhe sans le secours d'aucune pré|<osition; exemple: j'aime mon père. || Mode direct, l'indicatir. || D.ins les langues classiques, cas directs, le nominatif et l'accusatif. || Discours direct, discours où l'on parle à la première personne. || Harangue directe, celle que, dans une histoire, l'Iiistorien met dans la bouche du personnage, à la première personne. || S'Iermedelogique. Proposition directe, toute proposition considérée par opposition à la proposition inverse qui est celle qui résulte du renversement des termes. || 7" Terme de mathématique. La raison directe de deux quantités, le rapport de la première quantité à la seconde, dans l'ordre même où elles sont énoncées. || 8° Terme de musique. Intervalle direct, celui que l'on compte en montant à partir de la bnsse. Ut sol est une quinte, parce qu'il y a cinq degrés ut, ri, mi, fa, sol. Il se dit par opposition à l'intervalle renversé, qui a lieu quand on transporte la note aigué au grave, ou réciproquement la note grave à l'aigu : sol ut. \\ L'accord direct, l'accord qui a le son fondamental au grave, et dont les parties sont distribuées selon leur ordre le plus rapproché, ut mi sol. Il se dit de même par opposition à l'accord renversé, mi sol ut, sol ut mi. Il Mouvement direct ou semblable, celui que font deux parties qui montent ou descendent en même temps.
— ÊTYM. Lat. directus, part, passif de dirigere (voy. dihigbh) ; provenç. direct; espagn. directo; ital. diretlo.
DIRECTE (di-rê kt'), s. f. Terme de féodalité. Droit d'un seigneur sur le fonds qui relevait de lui en fief ou en censive, et du bailleur à emphytéose sur le fonds emphytéotique. Une terre en directe de tel seigneur est celle qui lui doit les lods et vente.
— HIST. XVI* s. Le cens et la directe sont aussi Imprescriptibles, lotsel, 735.
— ÊTYM. Direct.
DIUECTEMENT (di-rè-kte-man), adv. || i' En droite li-^ne, tout droit. Les deux pôles sont directement opposés. Il Directement en face, tout S fait visà-vis. Il Fig. Cela est directement opposé, contraire à vos Tues. Ces deux hommes sont directement opposés. Ne commettre aucun désordre, et ne faire aucune action qui tende directement ou indirectement à violer cette paix et amitié, volt. Charles XII, 6. Il 2" D'une manière directe, sans détour. Aller directement à son but. Je vais me rendre directement à Paris. Le soleil darde directement ses rayons sur la place. || 8° Sans intermédiaire, sans entremise. 11 s'est adressé directement au roi. Correspondre directement avec le ministre.
— IIIST. XVI* s. Et directement contre mes premiers exemples, mont, i, 4. C'est une umbre qui tumbe sur le corps de la lune, à cause que la terre se treuve directement entre elle et le soleil, amyot, Dion, 29.
— ÊTYM. Directe, et le suffixe ment; provenç. direetnmeiit; espagn. directamente ; ital. direltamenle.
DIRECTEUR, TRICE {di-rè-kteur, lclri-s*),i. m. et f. Il 1" Celui, celle qui dirige. || Celui qui dirige une administration, une exploitation, une entreprise. Le directeur d'une com|iagnie, d'une usine. Le directeur d'un théâtre. || Fonctionnaire chargé d'exercer en chef des fonctions île surveillance sur une branche de l'administration publique. Ah! combien de cousins, d'uncles et de maris j'ai faits directeurs en ma vie! j'en ai envoyé jusqu'en Canada, lesaoï, Turc. II, 3. Il Directeur général, celui qui dirige un service public avec plusieurs directeurs sous ses ordres ou agents ayant un autre titre. Le directeur général des postes. || Dans le ministère de la marine, nom des chefs de division. || Directrice de poste, femme qui est préposée k un bureau de poste. Il Directeur du jury, magistrat chargé de diriger les opérations du jury d'accusation. || 8* Le directeur do l'Académie française, son président. Il II se dit aussi d'autres compagnies littéraires ou savantes. André Sigismond Margraaf, directeur de la classe de philosophie expérimentale dans l'Académie de Berlin, condorcet, Jfarjroo^. || Titre des chefs de certains collèges, RoUin, Ste-Barbe, par exemple. Le directeur d'une maison d'éducation. Il 3° Directeur de conscience, ou. simplement, directeur, ecclé.<>ia.stique qui dirige la conscience d'une personne, Coosulter son directeur. Chercher un
DIR
guide Adèle, un directeur éclairé et désintéressé, BouRDAl. Serm. 4 8* dim. après la Pentecôte, Dominit. t. IV, p. t48. Hais de tous les mortels, grâce aux dévotes Ames, Nul n'est gi bien soigné qu'un directeur de femmes, boil. Sat. x. C'est ce qu'en vain le ciel voudrait exiger d'elle; Et peut-Il, dira-t-elle, en efTet l'exiger? Elle a son directeur, c'est à lui d'en juger, m. ib. J'insiste et je vous demande: qu'est-ce qu'une femme que l'on dirige? je vous entends, c'est une femme qui a un directeur, LA BBUT. III. Si le confesseur et le directeur ne conviennent point sur une règle de conduite, quel sera le tiers qu'une femme prendra pour surarbitre? id. ib. Le capital pour une femme n'est pas d'avoir un directeur, mais de vivre si uniment qu'elle s'en puisse passer, id. ib. Je vois bien que cela seul a fait imaginer le spécieux et irrépréhensible prétexte du soin des âmes, et semé dans le monde cette pépinière intarissable de directeurs, tu. m. || Par extension. Je pourrais rapporter des passajjes de cet incomparable directeur des âmes , boss. Or. 8. Il 4° Pendant la Révolution, titre de chacun des cinq membres du directoire exécutif. || 6* Adj. Comité directeur, comité qui dirige.
— lllST. XVI* s. Le jugement de la raison doit estre le directeur et le maistre du donner et de la libéralité gratuite, non pas la honte de refuser, abyot. De la mauvaise honte, 9.
— ÊTYM. Lat. director, de directum, supin de dirigere. diriger.
t DIRECTIP, rVE (di-rè-ktif, kti-v*), adj. Oui al.i force, la propriété de diriger. Les princes ne sont pas soumis aux peines des lois; ou, comme parle la théologie, ils sont soumis aux lois, non quant à la puissance coactive, mais quant à la puissance directive. BossuET, Politique, iv, i, 4.
— ÉïYM. Lat. directum, supin de diVijere, diriger. DIRECTION (di-rè-ksion ; en vers, de quatre
syllabes), s. f. || 1* Action de diriger. Il connaissait les chemins et se chargea de la direction de la troupe. Il prit en main la direction des affaires. || i° Terme de dévotion. La méthode particulière que suivent les gens d'Église pour conduire les âmes dévotes dans la voie du salut; fonction d'un directeur de conscience. On se jetterait dans des embarras infinis, si on changeait la direction en dissertation, Bos's. Leit. abb. «o. Souvent une mère, préoccupée de son directeur, est mécontente de sa fille jusqu'à ce qu'elle prenne sa direction, et sa fille le fait par politique contre son goût, FÉN.t. xvii, n. 79. || Par extension. Mme de Maintenon eut la maladie des directions qui lui emporta le peu de liberté dont elle pouvait jouir, st-sim. 4)3, 176. || 3* Terme de casuistique. Action mentale, par laquelle, dans un acte douteux ou mauvais, on dirige l'intention vers un côté qui n'est ni douteux ni mauvais. Pascal reproche aux casuistes d'effacer le péché de simonie parla direction d'intention, quand, ne considérant plus le trafic des choses saintes, le simoniaque considère le prix non comme le prix de la chose vendue, mais comme le motif qui le détermine à la transférer. Pour vous faire voir l'alliance que nos pères ont faite des maximes de l'Évangile avec celles du monde par cette direction d'intention^ pasc. Prov. 7. ô mon père, lui dis-je, voilà un beau fruit de la direction d'intention, ID. ib. Montrez-moi, lui disje, avec toute cette direction d'intention, qu'il soit permis de se battre en duel, id. ib. || 4* Administration. Sous la direction d'un tel. On lui a confié la direction de cet établissement. La direction générale des postes. || Fonction de directeur. Je lui donnerai une direction en province, lesaok, Turcar. ii, S. Il Ensemble, réunion des directeurs. || Attributions, étendue et circonscription d'une direction. Cela n'est pas dans ma direction. || Résidence du directeur. Il 6* Terme de procédure ancienne. Régie que les créanciers faisaient par le ministère de leurs syndics ou directeurs de biens abandonnés par le débiteur. Il assiste chaque jour à quelque assemblée de créanciers, partout syndic de direction, la brut. xi. Ceux-ci la firent enfermer comme folle et firent mettre ses biens en direction, bern. de st-p. Paul et Virginie. || 6° Côté vers lequel une personne ou une chose va, marche. Quelle direction ont-ils prise en partant? Les grands fleuves prennent leurdirection vers la mer. Napoléon se dégagea en silence de l'immense attirail qu'il entraînait après lui, et s'avança sur la vieille route de Kalougha; il poussa dans cette direction pendant quelques heures, annonçant qu'il allait vaincre Kutusof sur le champ même de sa victoire, sSouii, Hitt. de Nap. ix, l, || Ivtre dans la direction d'un objet, l'avoir en face, || Fig. Donner une bonne direction à une affaire. Le gouvernement
DIR
ouvrit les yeux sur ces inconvénients, et donna une nouvelle direction au commerce des pelleteries, ratral, llist.pliil. XV, (0. Il Prendre une bonne, une mauvaise direction, se lancer dans U voiedu bien ou dans celle du mal. || 7* Côté vers lequel on dirige ses recherches, ses travaux. Des essais dans une bonne direction. L'astronome, réduit à spéculer sur des phénomènes fugitifs , complètement inaccessibles .sauf pour un seul de ses gens, abordables à l'observation seule et nullement à l'expérience, doit s'estimer heureu: d'avoir reconnu la direction où il faut marcher pour arriver à ta découverte de la vérité, PAYE, Comptes rendus , Aead. des se. t. ut, p. 90. Il 8* Terme de mi'canique. Direction d'une force, droite suivant laquelle elle tend à mouvoir les corp* qui en éprouvent l'action. || Terme d'astronomie. Mouvement d'une planète, suivant l'ordre des signes. Il Terme de géologie. Ligne que suit une coucha ou un filon dans le sens de sa longueur. || Terme de physique. Direction de l'aimant, U propriété par laquelle il se tourne toujours vers les pôles de la terre. || Terme militaire. Changement de direction, opposé à changement de front, changement d'une troupe en marche. || t* Terme d'astrologie. Calcul par lequel on prétendait trouver l'explication de l'avenir, dans les rapports des différents points du ciel.
— ETYM. Lat. direclionem, de directum, supin de dirigera, diriger.
f niRECTITE (di-rè-kti-f), ». f. Terme de coutume employé pour directe.
DIRECrOlRE (di-rèktoi-r'), (.m. || 1* Conseil chargé d'une direction publique. Le directoire fédéral de la Suisse. || Le directoire exécutif et, plui ordinairement, le Directoire (mais alors avec un D majuscule), corps composé de cinq membres auquel la constitution de l'an III avait délégué le pouvoir exécutif. Le Directoire, établi par la Convention, fut renversé par le coup d'Êlat du t* brumaire (lo novembre 1799), et remplacé par le gouvernement consulaire. || Directoire de département, de district, administration collective du déparlement, ilu di»trict, de t790 à l'an VIII. || Juridiction établie autrefois à Strasbourg. || 2* Terme de liturgie. Livre oii les offices de chaque jour sont exactement marqués avec les ornements et les cérémonies de l'Église Il 3" Rîglement qui fut fait en («44, par une assemblée de théologiens anglais, pour la forme "■ U nature des prières publiques.
— 6TYM. Lat. dtreclor, directeur.
t DIRECTORAT (di-rè-kto-ra), ». m. Fonctions de directeur, leur durée. || Fonctions de directeur de l'Académie. Je me souviens d'avoir ou! dire à M. de Gombaud que, sous .son directorat, messieurs de l'Académie ayant opiné plusieurs pour condamner une stance de Malherbe,... malh. Édition deUinagt, p. 29i.
— ÊTYM. Lat. director, directeur.
DIRECTORIAL, ALB (di-rè-kto-ri-al, a-I"), adj.
Oui appartient au Directoire, qui en émane. Pouvoir directorial. Arrêtés directoriaux. || Partisan du Directoire. Lesdéputésdirectoriaui, et, siibstantiTement, les directoriaux.
— ÊTYM. Lat. director. direcieur.
t DIRECTRICE (di-rè-ktri-s'), ». f. || 1* Voy. directeur. Il 8* Terme de géométrie. Ligne le long de laquelle on fail glisser ou autour de laquelle on fait tourner une autre ligne ou une surface, dans la génération d'une figure plane ou d'un solide. La directrice de la parabole est une ligne droite telle que tous les points de la courbe sont à égale distance du foyer et de cette droite.
— ÊTYM. Directeur.
DIRIGÉ, ÉK (di-ri-jé, jée), part, passé. ||l*Cooduit vers, tourné vers. La route dirigée vers la rivière. Ses regards dirigés vers l'orient. || Fig. Qui la loi soit droite et toujours dirigée au bien publie, j. t. Rouss. Orig. ». Ses travaux , dirigés vers le bien public, le montraient à ses compatriotes comme UB citoyen utile, condohcet, Linné. || 8* Oui reçoit una direction. Des fouilles dirigées avec intelligence. Une affaire bien dirigée. Un jeune bouime mal dirigé dans ses études. || 3* Oui est soumis à un directeur de conscience. Dirigé par un bon prêtre. Il Substantivement. Vous persuadez à vos dirigés de TOUS donner leur bieni volt. Phil. u, 3t».
DIRIGEANT, ANTE (di-ri-jan. jan-t), adj. Oui a la principale direction. Ministre dirigeant. Une secte dirigeante.il Terme de métlecine Mé<licamwls dirigeants, ou, substantivement, les dirigeants, inédicaments auxquels on attribuait la vertu de diriger vers tel ou tel organe l'action de» substanaes médicinales auxquelles on les associait.
DIRIGER (di-ri-jé. Le g prend un « devanta ou * •
DIS
Je diriguais , nous dirigeons) , ti. o. || i' Tourner d'un côté. Diriger ses regards sur un objet, ses pas vers un endroit. || Fig. Diriger son attention sur quelque chose. On dirigea des poursuites contre lui. || Fig. Son intérêt seul le dirige. || Diriger ses passions, les régler. Il J» Conduire, administrer. Diriger des travaux. Diriger une compagnie, une maison d'éducation. Il 3° Diriger la conscience de quelqu'un, être son directeur de conscience. Qu'est-ce qu'une femme que l'on dirige? L* brut. m. Je voudrais qu'il me fût permis de crier de toute ma force à ces hommes saints qui ont été autrefois blessés des femmes : Fuyez les femmes, ne les dirigez point, laissez à d'autres le soin de leur salut, id. ib. L'inquisition ayant fait mettre Ignace en prison parce qu'il dirigeait des dévotes, volt. Mœurs, <39. || Par extension. Je me suis toujours repentie d'avoir voulu diriger des femmes; les hommes sont plus traitables et plus dociles, MAiNTENON, LcU. à Urne de Fontenai, t. u, p. <87, dans pooGENS. || 4° Terme de casuistique. Diriger l'intention, tourner, dans un acte mauvais, son intention vers ce qui, dans cet acte, est indifférwnt, de manière que le péché n'existe plus. Vous m'avez assuré qu'en dirigeant bien son intention on peut selon vos pères, pour conserver son honneur et même son bien, accepter un duel, l'offrir quelquefois, tuer en cachette un faux accusateur, pasc. Proo. 7. Notre grande méthode de diriger l'intention, dont l'importance est telle dans notre morale que j'oserais quasi la comparer à la doctrine de la probabilité, id. i5. Ainsi, pour éviter l'éternelle misère. Le vrai zèle au chrétien n'étant plus nécessaire, Tu sus, dirigeant bien en eux l'intention, De tout crime laver la coupable action, boil. Sal. xii. Il 6" Terme d'astrologie. Tirer une ou plusieurs directions. Il t' Se diriger, v. réfl. S'avancer vers. U se dirigeait vers le château.
— ETYM. Provenç. et espagn. dirigir; ital. dirigere, de di.... préfixe, et le latin regere, régir.
DIRIMANT, ANTE (di-ri-man, mant'), adj.
Terme de droit. Qui rend nul. Empêchement diamant, empêchement qui emporte la nullité d'un mariage. L'Eglise a fini par déclarer empêchements dirimants de mariage tous les degrés d'affinité, CHATEAUB. Génie, i, i, <0. || Par extension. Que plus d'une fois des raisons dirimantes ont ou gêné les vues de la compagnie ou repoussé son suffrage, d'alemb. Acad. franc, v, p. I62.
t DIRIMER (di-ri-mé), V. o. Régler, trancher. Son autorité ne pouvait dirimer les différends auxquels donnaient lieu les prétentions opposées, Lamennais, dans le Dict. de poitevin.
— ÉTYM. Lat. dirimere, séparer, partager, de dir pour dis.... préfixe, et ernere, prendre, acheter.
t DIBK. (dirk), s. m. Poignard des montagnards écossais.
t DIRRHOMBOÉDRIQUE (di-rron-bo-é-dri-k'), odj". Terme de minéralogie. Cristal dirrliombûédrique, cristal produit par la réunion de deux rhomboèdres pareils.
— ÉTYiM. Aiî, deux, et rhomboédrique.
t DlRRUYiNQUE (di-rrin-k'), adj. Terme de XOOlogie. Qui a deux becs ou deux suçoirs,
— ÊTYM. Alî, deux, et fùyxoî. bec.
t DIRUPTIF, IVE (di-ru-ptif, pli-v") , ad;. Terme de pathologie. Qui produit la rupture. Carie dentaire diruptive , carie s'étenJant obliquement en bas et lai>sant intacte la couronne qui, à un certain moment, se sépare par la rupture de la racine cariée.
^- ÉTYM. flt....etle latin rup/ui», supin de r«mpere (voy. rompre).
j DIS.... préfixe latin, devenu français, qui signifie écartement, retranchement, comme dansdii-
«ra/iere, distraire. Uesl le même que le préfixe di
et les étymologistes latins y reconnaissent la préposition grecque Sià. Ce préfixe a quelquefois, en latin comme en franjais, le $en$ négatif : dissemblable, dissimuler.
t DISANT (di-zan), adj. Voy. bien-disant. Et c'est aux mieux disants une témérité De parler où le ciel discourt par tes oracles. Et- ne se taire pas oii parlent tes miracles, rëgnieb, Sat. i.
t DISBRODER (di-sbrodé), d. o. Laver la soie dans l'eau, après qu'elle est sortie de la teinture.
t DISBRODURE (di-sbro-du-r'), ». f. Eau dans laquelle on a lavé la soie sortant de la teinture.
DISCALE (di-ska-l'), s. f. Terme de commerce. Déchet dans le poids d'une marchandise, par suite de l'évaporation de son humidité.
— ETYM. Dis.... préfixe, et l'ital. calo, décl>et,de calare, baisser (voy. caler).
t DISCALER (di-ska-lé), ». f». Terme de commerce. Perdre de sou poids.
— ÉTYM. Discale.
t DISCANT (di-skan), ». m. Ancien terme de musique. Voy. DÉCHANT.
t DISCEPTATION (di-ssè-pta-sion), t. f. Terme didactique. Discussion de vive voix ou par écrit.
— HlST. XVI' s. La disceptaiion et agitation des diverses etcontrairesratiocinationsquela matieredu droict souffre, mont, h, 24t.
—ÉTYM. Lat. disceplatio, de diweptare, discuter, de dis.... préfixe, et caplare, prendre : prendre de diverses façons.
t DISCERNABLE (di-sêr-na-W) , adj. Qui peut être discerné.
— ÊTYM. Discerner; lat. diseernibilis.
DISCERNÉ, ÉE (di-sèr-né, né), part, passé.
||1* Séparé, mis à part. On verra l'innocent discerné du coupable, rac. Esih. n, 6. Abraham, seul discerné de tout le reste des hommes, mass. Carême, Élus. Il i' Reconnu à l'aide de la vue. Une petite planète discernée à l'aide d'un fort télescope. || 3° Mesuré suivant le discernement qu'on fait des personnes ou des choses. Avec cette grande hauteur, elle [la maréchale de Villeroy] avait une grande politesse, noble, discernée, qui est devenue si rare et qui touche si fort, st-sisc. 2<t, »e.
DISCERNEMENT (di sèr-ne-man), *. m. || 1° Action de séparer, de mettre k part. H enverra les anges exécuteurs de ses volontés et ministres de sa justice, pour faire le discernement des justes et des pécheurs, boubd. »• Dim. après l'épiph. Dominic. t. 1, p. H9. Si Jésus-Christ paraissait dans ce temple pour nous juger, pour faire le terrible discernement des boucs et des brebis, mass. Car. Élus. Grand Dieu I et alors que d'œuvres sur lesquelles j'avais compté, se trouveront mortes à vos yeux! que ce discernement sera terrible! id. Avent. Jiig. unit). Son honneur n'entre pour rien dans le discernement que nous faisons des choses permises et défendues, m. Car. Fautes légères. C'est un trait de feu vif et perçant qui va jusque dans le cœur faire en un in!(tant le discernement délicat de la passion et de l'équité, m. Or. (un. Villeroy. || i' Action de discerner, de distinguer les objets à l'aide de la vue. X une telle distance le discernement des couleurs est impossible. || 8* Au moral, distinction qu'on fait entre des objets. Ne vous exposez plus à ce torrent d'injures. Qui, ne faisant qu'aigrir votre ressentiment, Vous donne peu de jour pour ce discernement, CORN. Iléracl. IV, 5. Il a voulu que chaque particulier fît discernement de la vérité, bossuet. Église, 2. De là ces sanglantes satires contre le carême, contre le discernement des viandes à certains jours, contre les pratiques de pénitence les plus usitées par les saints, boubdal. Exhortât, sur Ste Thér. 1. 1, p. 3t 6. Sans se faire un monstre d'un vain discernement de viandes, mass. Carême, Yér. culte. Il Distinction des personnes suivant ce qui leur est dû. Il n'a nul discernement des personnes, la BBUY. v. Il 4° Faculté de bien apprécier les choses. Avec discernement punit et récompense, corn. Cinno,u, t. D'un fin discernement sa grande âme pourvue Sur les choses toujours jette une droite vue, MOL. Tart. v, 7. Ils en feront un chapitre particulier qu'ils intituleront : De l'esprit de discernement que Dieu avait donné à la sainte mère, racine, 2' lettre en réponse à celles de UH. Dubois et Barbier d'Aucnurt. Il n'a point le discernement d'un capitaine, fén. Tél.xn. Après l'esprit de discernement, ce qu'il y a au monde de plus rare, ce sont les diamants elles perles, la bruï. xii.JJ L'âge de discernement, en matière criminelle, se dit de l'âge où commence la responsabilité des actions. || Agir sans discernement, sans avoir conscience si l'on fait bien ou mal.
— SYN. DISCERNEMENT, JUGEMENT. Celui qui discerne use de la vue et distingue ce qui est confondu ou caché; celui qui juge use de la raison et apprécie les conditions. Aussi jugement dit-il plus que discernement. L'homme de jugement se conduit avec raison et sagesse; l'homme de discernement n'a pas nécessairement ces deux qualités, mais il a la netteté d'esprit, qui, semblable à la netteté de la vue, aperçoit les choses fines, délicates, difficiles à voir.
— ETYM. Discerner.
DISCERNER (di-sèr-né) , t). a. || 1" Séparer , mettre à part. S'ils disent que la grâce de Jésus-Christ nous discerne, fAsc. P. jés. 45. Qui vous a discernée de ces Ames infidèles dont le monde est si plein? MASS. Or. /'un. Pro/'. <. || U se dit aussi des choses qui séparent. Les miracles discernent la doctrine, et la
DIS
doctrine discerne le» miracles, pasc. Pensées, ïxiii, (, éd. lahure, (80O.|| i' Séparer, distinguer, rec'oiinaltre, à l'aide de la vue. ï l'aide du microscope on discerne les plus petits objets. Je ne pus pas bien discerner qui était avec vous, pour ce qu'à cette heure-là j'avais la tête en bas, voit. Leit. ». Chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnait. Ne pouvait discerner où ie sort inclinait , corn. Ct'd, IV, 3. Vos yeux ont discerné les hommages du mien [cœur], volt. Zaïre, i, î. || Reconnaître, en parlant d'un autre sens que de la vue. Il s'élève un grand bruit, et mille cris confus Ne laissent discerner que vive Iléraclius, corn. Iléracl. v, 7. Il 3° Fig. Faire la distinction. Il discerna la vérité. Il s'appliqua à discerner la cause du juste d'avec celle de l'injuste. Que tu discernes mal le cœur d'avec la mine ! id. Polyeucte, v , < . Nous avons peu de jour à discerner la feinte D'avec la pure vérité, m. Imit. n, B. Faisons par vos travaux et ma reconnaissance Du maître et du sujet discerner la puissance, rotbou, Vencesl. ut, 6. Discerner la vérité d'avec le faux, pasc. Pens. part, i, art. 2 Sachez de l'ami discerner le (lattour, Bon,. Art p. ch. i. Discernez-vous si mal It crime et l'innocence? bac, Phèd. v, 3. Vos enfants qui ne savent pas encore di.scerner le bien et le mal seront ceux qui entreront en cette terre, saci. Bible, Dexitéron. i, 39. Il Absolument. Mes pareils sans péril se rangent à sa suite ; Le mérite et le sang nous y font discerner, COHN. Olhon, l, t.\\ 4* Se discerner, v. réfl. Être reconnu. Tout ce qui est mérité se sent, se discerne, se devine réciproquement, la brut, v,
— RESl. On dit discerner d'avec : discerner le bien d'avec le mal, et discerner de : discerner le bien du mal ; et enfin sans préposition discerner le bien et le mal. Dans les deux premiers cas on compare; dans le troisième on aperçoit seulement l'un et l'autre, mais pour les reconnaître et les séparer,
— IliST. xiV s. Mucius ne sceut discerner se ce estoit li roys Porsennes, bercheure, f 32, recfo. Nous eslisons et prenons à conseiliiers gens qui scevent discerner et congnoistre de grans choses et notatiles, orksme, Eth. 65. || xv* s. Et en ces detriauces [retards] on envoieroit du conseil notables personnes devers le comte de Hainaut, pour avoir sens plus discerné pour respondre, froiss. m, iv, to. (Ces gens] Qui, pour gouster les bons vins, Sont bien fins, Sachans comme on les discerne, i<asse- LiN, XXIX. Il XVI* s. La raison est propre à nostre nature, pour nous discerner d'avec les bestes brutes, CALV. Inslit. ISS. C'est un sentiment de la conscience par lequel elle discerne entre le bien et le mal suffisamment, id. ib. 2oo. Dieu a accoustumé de s'orner de certains titres, par lesquels il se discerne d'avec les idoles des payens, id, ib. 281. La nuict n'estoit si obscure que l'on ne veist du tout rien, ne si claire que l'on peust assuréement discerner à l'œil ce qui se preseutoit, amvot, tiicias, 39. 11 est bien difficile de discerner et juger, lequel des deux y procéda plusseurement, id. Nicias et Crassus, «. Les sages nous apprennent assez à nous garder de la trahison de nos appétits et à discerner les vrays plaisirs et entiers, des plaisirs meslez et bigarrez de plus de peine, mont, i, 283.
— ÉTYM. Lat. discernere, de dis.... préfixe, et cernere, voir (voy. cer.ner).
t DISCESSION (di-ssè-sion), s. f. Terme d'histoire ancienne. Manière de voter, dans le sénat romain, en se groupant autour de celui dont on adoptiit l'avis.
— ÉTYM. Lat. discessio, de dis.... préfixe, et cfssio, de cedere, aller (voy. céder),
t DISCIFÈRK (di-ssi-!'è-r'), adj. Terme d'histoir? naturelle. Qui porte un disque.
— ÉTYM. Mot latin hypothétique diiciferut, de discus, disque, et ferre, porter.
t DISCIFLORE (di-ssi-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a les fleurs mimies d'une sorte de disque à la base.
— ÉTYM. Mot latin hypothétique disciflorus, de discus, disque, et flos, fleur.
t DISCIFOUME (di-ssi-for-m'), adj. Terme didactique. Qui est plat et orbiculaire, en forme de disque.
— ÉTYM. Mot latin hypothétique discifortnis, de discus, disque, et forma, forme.
t DISCIGVNE (di-ssi-ji-n'), adj. Terme de botanique. Dont l'ovaire est implanté sur un disque.
— ÉTYM. Disque, et Yuvri, femelle, pistil. 11 vaudrait mieux dire discogyne, pour éviter un mot tiybride.
DISCIPLE (di-si-pl'), *, m. ||1' Celui qui reçoit un enseignement. Aristote fut le disciple de Platoa.
DIS
St Cbrysostome fut disciple de Libaniiis, qui était un fameux sophiste, iiaucboix, Pré(. twr Uthom. de St Chryi. dans biciiflet. |{ a* Celui qui adhère k l'enseignement, aux doctrines d'un maître. Un disciple docile, fidSle. L'on dit que ses disciples, qui entouraient son lit lorsqu'il mourut , lui ayant demandé s'il n'avait rien à leur recommander.... LA BRUT. Dite, sur Thiophratte. Xénophon fut certainement un des plus illustres disciples de Socrate; mais il ne forma point de secte, rollin, Uùl. anc. liv. xxvi, l" part. ch. t. Consultant les botanistes les plus célèbres, et se rendant leur disciple pour se montrer bientôt digne d'être leur rival, CON- DOBCET, Linné. Quand on voit, dans les témoignages du temps, la réputation du grand Arnauld, et qu'on la cherche dans ses œuvres, on sent que cet homme fut nécessairement supéritur à ce qu'il a laissé, et qu'il domina surtout par l'action de ses entretiens et de ses disciples et par la rapidité et l'à-propos de ses écrits, villemain, Dict. de l'Acad. Préface, p. XVII. Il Les disciples de Jésus-Christ, ceux qui écoutaient sa parole et ses enseignements, et aussi ceux qui aujourd'hui sont fidèles à la doctrine chrétienne. N'oser se déclarer son disciple [de Jésus- Christ], c'est être son persécuteur, mass. l'ancg. St Etienne. \\ 8* Par analogie. On me croit son disciple [d'Annibal] , et je le tiens i gloire, corn. Nicom. 11, S. Un si vaillant disciple aura bien le courage D'en mettre jusqu'au bout les leçons en usage, ID. ib. m, s. Le disciple [le renard voulant devenir loup] aussitôt droit au coq s'en alla, Jetant bas sa robe de classe. Oubliant les brebis, les leçons, le régent, la font. Fabl. ix, <2. Disciple jeune encor de ces maîtres fameux. Sans gloire et cependant calomniécomme eux, Gilbert, JTon apologie. Il Fig. Les disciples de la vérité. La Providence dont M. de Pomponne est adorateur et disciple, SÉV. 388.
— SYN. DiscipLB, iitvz. Disciple est peu usité dans son premier sens, qui est le sens propre; mais il l'est beaucoup dans son sens emphatique. En ce sens, le disciple est celui qui adhère aux sentiments d'un maître, sans rien indiquer sur la manière dont a été prise connaissance de cette doctrine. L'élève est celui qui apprend d'un maître quelque science ou quelque art. Les disciples de Platon; tes élèves du peintre David, tandis que ses disciples sont ceux qui partagent ses principes en peinture. Ainsi on dit les élèves d'un professeur, les élèves d'un peintre, les élèves de l'école de droit, de l'école de médecine, de l'école polytechnique , de l'école normale. Au contraire on dit les disciples de Condillac, de Kant; aujourd'hui encore ou peut être le disciple d'Aristote; mais c'est Alexandre qui fut son élève.
— HIST. xm* s. Hi deciple qui o moi avoient demoré, s'esloignierent de moi, Psautier, ^ *s. Il xiv* s. Aristole fu disciple Platon, oresme, Eth. VI, to. Il zv* s. Jamais disciple eslongné de son maistre ne croisiia en science, Perceforest, t. v, '' 41. Il zvi* s. Disciple passe bien souvent le maistre, BBANT. Capit. fr. t. IV, p. il», dans lacdrne. Tel pcdagoge, tel disciple, lkroux dk lwct, Prov. t. II, p. *i3.
— ETYH. Provenç. disciple; espagn. discipulo; ital. discepolo; du \mitt diseipulus, de ditcere, apprendre.
DISCIPLINABLE (di-si-pli-na-bl') , adj. Capable de se soumettre à la discipline. Des hommes disciplinables. Une population disciplinable. Tel peuple est disciplinable en naissant, j. i. souss. Contr. ii, 8. Il Fig. L'âge me gagnait : il n'était plus question de jeunesse, ni d'autre artifice pour paraître jeune; mon visage là-dessus n'était plus disciplinable, Spécial, fr. 4 723, dans dbsfontaines.
— HIST. XV* 8. Il faut qu'il soit disciplinable et corrigible, non proterve ni rebelle, Hist. de la loison d'or, dans le Dict. de dochez. || xvi* s. Cette facilité que nous reconnaissons [chez les oiseaux qui parlent] à nous fournir leur voix et baleine si souple et si maniable, pour la former et l'astreindre à certain nombre tle lettres et de syllabes , tesmoigne qu'ils ont un discours au dedans qui les rend ainsi disciplinables et volontaires à apprendre, uoht. ii, «73.
— ÊTYM. Discipliner; provenç. et espagn. disciplinable; porlug. disciplinavel ; ital. disciplinabile.
DISCIPLINAIRE (disi-pli-nê-r'), adj. Oui concerne la discipline. Le pouvoir disciplinaire. Le développement croissant [sous saint Grégoire] des questions canoniques et disciplinaires, qui tendaient à remplacer les questions dogmatiques suffisamment élaborées dans les cinq conciles généraux qui s'étaient tenus jusque-là, MnNTALF.iiBERT, Uoinet d'Oe-
DIS
ctd«n(, t. II, p. i»9. Il Peines disciplinaires, celles qui regardent les fautes contre la discipline, et qui sont appliquées par les conseils spéciaux dans chaque corps, ou par les cours supériiures et non par les tribunaux ordinaires. La suspension d'un instituteur,aveo ou sans privation de traitement, est une peine disciplinaire.
— ÊTYM. Discipline.
t DISCIPLINAIREMEPÎT (di-si-pli-nê-re-man ), adv. Conformément à la discipline, suivant les règles de la discipline. Condamné disciplinairemenL
— ÊTYM. Disciplinaire , et le suffixe ment.
t DISCIPLINANT, ANTE (di-si-pli-nan , nan-t'), adj. Qui établit, produit la discipline.
DISCIPLINE (di-si-pli-n") , s. f. || !• Instruction et direction morale. Nous voulons qus chacun soit sous la discipline. Qu'il souffre la correction. Et nousne voulons pointqu'aucun nous examine, Qu'aucun censure en nous une imperfection, corn. Imit. I, 46. Dompte sous une exacte et forte discipline Ces inséparables flatteurs Que l'amour de toi-même à te séduire obstine, id. ib. i, 21. Ce héros élevé sous une discipline sévère, boss. Hist. m, 4. Sous la discipline du prince d'Orange, son oncle maternel, il [Turenne] apprit l'art de la guerre en qualité de simple soldat, fléchikr, Turenne. \\ 2* Il se dit des relations de maître à disciple. Philippe Mélanchthon qui se rangea sous sa discipline [de LutlierJ dès le commencement de ces disputes, et qui fut le plus capable aussi bien que le plus zélé de ses disciples, BOSs. Var. i, $ 36. Ils venaient faire pénitence sous sa discipline [de St Bernard] , id. Bem. 2. Démocrite, après avoir demeuré longtemps sous ta discipline de Leucippe, résolut d'aller dans les pays étrangers, fén. Dimocr. \\ Par extension. ...Ce peuple barbare Sous notre discipline est devenu romain, CORN. Sertor. i, l. Mes peuples aguerris sous votre discipline, id. t7>. v, 1. Les troupes de la discipline d'Êpaminondas, boss. Hist. I, 8. || S" hègle de conduite commune k une multitude, aux membres d'un corps. Observer, maintenir la discipline. On réglait la discipline ecclésiastique, boss. Uist.l, ti. Par cette admirable discipline, un peuple sorti d'esclavage et tenu quarante ans dans un désert, arrive tout formé à la terre qu'il doit occuper, m. ib. il, 3. Dans la pensée qu'ils [les Novatiens] avaient que leur vie était plus pure que celte des autres, à cause de la sévérité de leur discipline, is. Var. xi, § 22. Je voudrais qu'un prédicateur expliquât les traditions, les disciplines, l'office et les cérémonies de l'Ëglise, fén. t. ixi, p. (06. Les uns ont fait valoir l'ancienne disciplinede l'Église, qui, selon eux, permettait le mariage des prêtres, chateaub. Génie, i, I, 8. Il Par extension. Quelle entreprise quand il faut renverser tous les préjugés de l'esprit et toute la discipline du cœur humain! flëch. Panég. ii, p. 360. Les plaisirs ne troublèrent point la discipline de ses mœurs, va. le Tellier. Pour rétablir ta discipline des mœurs si défigurée parmi tes chrétiens, iLAss. Car. Jeûtie. Les lois s'évanouissent et la discipline des mœurs périt, id. tb. Avenir. || 4* Manière de se conduire suivant les règles d'une profession; ensemble des règles et devoirs professionnels imposés aux membres d'un ordre, d'une corporation. Il Discipline judiciaire, celle qui a pour objet les devoirs des magistrats, des avocats ou des officiers ministériels envers leurs compagnies, tes justiciables ou les magistrats. || Conseil de discipbne, conseil institué entre tes avocats pour maintenir la discipline de l'ordre et veiller à l'observation des règles de la profession. || Chambre de discipline, chambre chargée des mêmes fonctions parmi tes avoués, les notaires et les huissiers, que le conseil de discipline parmi les avocats. || On se sert aussi du mot de discipline pour exprimer la règle qui règne dans un collège, dans un établissement d'instruction. Il ne parlait qu'avec enthousiasme des mœurs, de ladiscipUne, des éludes de Sainte-Barbe, marmontei., Mém. n. Il 6° En particulier, règle des armées, rapport du commandement et de l'obéissance. La discipline fait la force des armées. La discipline est la dernière chose qui s'y [à Rome] est perdue, boss. Hist. m, 6. Ayant eu soin de mettre une exacte discipline dans le camp, fén. Tél. xvni. C'est au temps à aguerrir les troupes, et à la discipline à les rendre invincibles, volt. Charles III, 2. La discipline, la subordination, l'expérience lui manquent [k la pospolite polonaise] ; mais l'amour de la liberté qui l'anime la rend toujours formidable, id. ib. 3. La discipline militaire donna l'empire aux Césars dont tu connais l'histoire; la discipline monastique donne une autre espèce d'empire à ces vice-Dieu qu'on appelle papes, ID. Amàbed, (&* lettre. || Conseil de discipline,
DIS
tribunal tiré des bataillons de la garde nationale où l'on juge les infractions k la discipline de ce corps. Il Compagnie de discipline, corps formé de militaires condamnés et soumis k un régime rigoureux ; ces soldats se nomment aussi pionniers; on les applique aux travaux de terrassement. Il 6* Doctrine , science. Claudius proposa ensuite quelque règlement touchant la science qui juge de l'avenir par les entrailles des animaux, pour empêcher qu'une discipline si ancienne dans l'Italie vint & se perdre par négligence, perrot, Tacite, Ht. Allez, vous êtes un impertinent, mon ami, un homme ignare de bonne discipline, bannissable de la république des lettres, hol. Jfar. forcé, ». Il Poétiquement. Heureux qui, se livrant aux sages disciplines. Nourri du lait sacré des antiques doctrines. Ainsi que des talents a jadis hérité D'un bien modique et sûr qui fait ta liberté I a. CHÉN. Poésies diverses , à M. de Ponge. || 7* Instrument de flagellation, fouet fait de cordelettes ou de petites chaînes dont les religieux et aussi les personnes laïques se servent pour se mortifier ou pour châtier ceux qui sont sous leur conduite. Laurent, serrez ma baire avec ma discipline, mol. Tart. ii, t. Recevoir à genoux.... De son prieur cloîtré vingt coups de discipline, volt. Disc. 4. || Coups de discipline. Donner la discipline. || 8* Terme de botanique. Discipline de religieuse, amarante k queue.
— HIST. XI* s. Des Sarazins [il] verrat tel discipline [destruction, carnage], Ch. deltol. CXLI.JI xii*s. E la tue discipline castiat [châtia] mei,e ta tue discipline met enseignerat , Liber psalm. p. 20. Il xm* s. [Elle] Ne briseroit son veu pour soufrir discepline, Berte, lvi. Ilueo passent li Turc (que li cors Dieu maldiel); De no crestienté font moult grant desceplie [carnaiçe], Ch.d'Ant. iv, 325. Encor viendra tout à tens l'eure. Que li maufé [diables], noir comme meure. Les tendront [tiendront] en lor desciplines, hhteb. io». Pour recevoir la descipiine De componcion entérine, m. il, 212. || xiv* s. La paour des anemis et la discipline de chevalerie et le labour des armes, bercreure, t" is.Et sont les vertus plus permanens et plus durables que ne sont les disciplines ou sciences, oresmk, Eth. 24. Elle ordonne devant toutes quelles disciplines et ars doivent estre aux cités, iD.ib. (U.jjxvi* s. Ils jeûnent et prennent de très grandes disciplines, marc. JVouc. XXX. Crassus lui feit donner le fouet, estimant l'interest de ta discipline plus que.... mont, i , <0. La façon de leur discipline, c'estoit de leur faire des questions sur le jugement des hommes et de leurs actions, id. i, <6I.
— ETYM. Provenç. espagn. et ital. disciplina; du latin disciplina (voy. disciple).
DISCIPLINÉ, ÉE (di-si-pli-né, née), part, passé. Où règne une bonne règle. Une maison bien disciplinée. Il Assujetti à la discipline militaire. Une armée bien disciplinée. 11 [Pierre I"] fit petit k petit de nouveaux régiments; et enfin, se sentant maître de troupes disciplinées, il cassa les strélitz, qui n'osèrent désobéir, VOLT. Charles III, i. || Il se dit aussi d'autres que des militaires. Des écoliers bien disciplinés.
t DISCIPLINEMENT (di-si-pli-ne-man) , s. m. Action de discipliner. S'occuper du disciplinement des troupes.
— ËTYM. Discipliner.
DISCIPLINER (di-si-pli-né), v. o. || 1* Soumettre à une règle. Discipliner une maison. || V Assujettir, former à la discipline miUtaire. Discipliner une troupe. Le czar poursuivant toujours le dessein de discipliner ses troupes, pendant qu'il civilisait ses sujeu, VOLT. Charles III, 2. || 8* Donner la discipline. Il 4* Se discipliner, v. réfl. Se former à la discipline. || Se donner des coups de discipline.
— HIST. zu* s. En peu de terme l'ont tout decipliné [mis à mort, mis en pièces] , iione. p. aoa. Car en cel jur meesmes qu'il fu si decolpez , Eut esté saint Thomas treis feiz disciplinez. Th. le mort. tu. Encor faiseit il plus al cor mal endurer; Chascune nuit faiseit sa char discipliner, E à verges trenchanz e batre e descirer, t6. 402. || iiv* s. Il appartient atout homme bien discipliné enquérir de chascune chose la certaineté selon la manière et en tant comme la nature d'elle le peut recevoir, o«esme, Eth. 4H<. Enseigner et discipliner les enfants, ORESME, Thèse de meunier. || xv* s. Car par hostets et par maisons Faisoient les enfants cerchier. Et de leur nature encerchier. Là où le plus il s'inclinoient ; Et à ce les disciplinoient, En quelque labour que ce fust, froiss. Poésies mts. p. S3«, dans lacdrne.
— BTYM. Discipline; provenç. et espagn. dxuiplinar; ital. disciplinare.
OTS
DISCOBOLE (di-sko-bo-l"), s. m. || 1» Alhlite qui s'exerçait à lancer le disque ou le palet. || 2° Terme de zoologie. Famille de poissons qui ont !es nageoires ventrales réunies en disque sous la gorge.
— ETYM. AktxoSoXoi;, de êi-ixoç, disque, et pâX- Xeiv, lancer (voy. balistique).
+ DISr.OÏDAL, ALE (di-sko-i-dal, da-l'), adj. Terme didactique. Qui ressemble à un disque.
— Rtym. jyiiwule.
+ DISCOÏDE (di-skoi-d'), ad}. Terme d'histoire naturelle. Oui a la forme d'un disque ou d'une sphère aplatie. || Animal discoïde, animal qui ofîre un disque coloré au milieu d'un fond d'une autre teinte, ou qui est presque orbiculaire.
— ETYM. iiffxoc, disque, et elSo;, forme.
t DISCOÏDE, ÉE (di-sko-i-dé, d(5e), adj. Terme didactique. Qui est aplati en manière de disque.
— ETYM. Discoide.
t DISCOf-OUE (di-sko-lo-r") , adj. Qui présente, dans son étendue, deux colorations distinctes. || En botanique, feuilles discolores, feuilles dont les deux faces offrent une couleur différente.
— ÉfYM. Dis.... préfixe, et le latin coîor, couleur.
f DISCOMPTE (di-skon-t'), s. m. Ancien synonyme d'escompte. Les pertes que Sa Majesté a souffertes dans les marchés pour les fournitures des armées, causées par des payements en papier; le discompte que les ministres ont été obligés de donner pour convertir ces papiers en argent, law, v mémoire SUT les banques.
— ETYM. Dis.... préfixe, et compte.
t DISCONTINU, UE ( di-skon-ti-nu , nue), adj. Il !• Terme didactique. Qui n'est pas continu, qui offre des solutions de continuité. || Terme de mathématique. Fonction discontinue, fonction qui ne varie pas d'une manière insensible pour des variations infiniment jetites de sa variable. || Terme de musique ancienne. La voix discontinue, la voix chantante qui marche par tons ou demi-tons, par opposition à la voix cor. .iuue, qui est la simple parole. {|2* Oui n'est pas continuel. Un phénomène continu ou discontinu. Il Tei-me de droit Servitudes discontinues, celles qui ont besoin du fait actuel de l'homme pour être exercées; tels sont les droits de passage, puisage, pacage.
— HlST. xiv* s. Proportionnalité discontinue, onESME, Thèse de meunieb.
— £TYM. Dis.... préfixe, et continu.
DL>CONTINUATION (di-skon-ti-nu-a-sion), s. f.
État de qui est discontinu; action de discontinuer. La discontinuation des travaux. Les actions généreuses de mes aïeux, qui se montraient à tout le monde sans disconlinuation , faisaient même confesser leur noblesse à l'envie, Francion, liv.iv, p. (64. Une suite de fruits qui soit si bien entendue que, sans disconlinuation, on puisse espérerd'en avoir l'été, l'automne et l'hiver, la quintinye, Jardins, Préface, p. xm.
— HlST. xiv's. L'un après l'autre sans discontinuacion, obesme, Hièse de meunieb. || xvi* s. C'est alors que les pères doyvent plus prendre garde qu'il n'y ait discontinuation à ce qu: ne se peut former qu'en se continuant, langue, tl*. La discontinuation des fortifications commencées par son prédécesseur, d'aUB. Ilist. I, 342.
— ÉTYîB. Discnnlinuer.
DISCONTINUÉ, ÉE (di-skon-ti-nu-é, ée), part, passé. Les jeux longtemps discontinués, Boss. Ilist.
DISCONTINUER (di-skon-ti-nu-é). || l» F. a. Interrompre une chose commencée. Les pluies ayant commencé, on discontinua le siège. L'arti Uerie ayant fait peu d'effet à Crecy, on en avait discontinué l'usage, VOLT. Mœurs, 76. Tout d'un coup il me fit entendre que Mme Dupuis trouvait mes visites trop fré(|uentes et ma priait de les discontinuer, j. j. bouss. Cunfess. vu. |i i" V. n. Il a discontinué de travailler. La pluie a discontinué. Jean Hus n'a jamais discontinué de dire la messe, boss. Déf. comm. Je pourrais vous en parler un mois de suite sans discontinuer, VOLT. Dial. viii, 1.113° Se discontinuer, v. réft. Être discontinué. Le débarquement se discontinua, à cause du changement du vent.
— IIIST. xiv* s. Quant les maris voient qu'elles discontinuent leur service.... Ménagier, ),7.|| xvi's. Laquelle pénible diligence, discontinuée pour peu que ce fust, precederoit de bien près la mort certaine des arbres, o. de serres, 806. Et ce fut là qu'il commença à se reposer un peu de ses travaux qui n'avoient pas discontinué depuis l'âge de quinze ans, d'auu. Yie, xciv. Pour ne discontinuer une affaire d'importance, mont. u. 43.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, el continuer.
t DISCONTINUITÉ (di-skon-ti-nu-i-té), s. f. Défaut, absence de continuité. La séparation des mas-
DIS
ses lies deux Iles [Corse et Sanlaigne] produite par le détroit est le trait principal, l'accident le plus remarquable de leur forme; ce trait de discontinuité se reproduit dans les chaînes de montagnes, dans les rivages dos mers et des lacs, dans les bassins houillers et sédimentaires, Villeneuve- flayosc, Acad. des se. Comptes rendus, t. liv, p. 20t. 1| Terme de mathématique. Qualité des fonctions discontinues.
— ÉTYM. Discondnu; provenc. discon(tnui(at.
t DISCONVENABLE (di-skon-'ve-na-bl'), adj. Qui ne convient pas.
— HlST. XIII* s. La quel chose seroit desconvenable et du tôt contre raison, Àss. de Jérus. 108. Se je demande à aucun ce que je li aroie preste, en lieu desconvenable de mi paier, beaum. xxxvii, 5.|| xvi*s. Ces belles âmes si disconvenables et si disproportionnées à nostre corruption, mont, iv, 82.
— ETYM. Dis.... préfixe, et conrenaI)2«; provenç. desconvenable, descnrenable.
t DISCONVENABLEMENT (di-skon-ve-na-bleman), odi; n'une manière qui ne convient pas.
— ÉTYM. Disconrenable , et le suffixe ment. DISCONVENANCE (di-.^kon-ve-nan-s'), s. f.\\ l°Dé-
faut de convenance, c'est-à-dire de rapport, de proportion. Toute la nature est pleine de convenances et de disconvenances, de proportions et de disproportions, selon lesquelles les choses ou s'ajustent ensemble ou se repoussent l'une l'autre, boss. Conn. V, 2. Je crois que les idées du juste et de l'injuste sont aussi claires que les Idées de convenance et de disconvenance, volt. Phil. ignor. 32. Selon la disconvenance que nous trouvons entre nous et ces objets, J. J. Rouss. Êm. i. Il Défaut de convenance, c'est-à-dire manque de ce qui convient, agrée. La passion n'est dans eux que l'amour de leurs convenances et la haine de leurs disconvenances, bebn. DE ST-p. Ilarmon. liv. v, llarmon. anim. || î'Terme de grammaire. État de mots qui ne s'accordent pas.
— IlIST. XVI' s. La disconvenance aux mœurs présentes de nostre estât, mont, iv, 79. Ce temps n'est propre qu'à nous amender à reculons, par disconvenance plus que par accord; par différence, que par similitude, id. iv, 34.
— EtYM. Disconrcnont; provenç. dtsconceniencta, descovinensa ; espagn. desconventencta; ital. di'sconvenien la,
t DISCONVENANT, ANTE{di-skon-ve-nan,nan-t'), adj. Terme didactique. Qui ne convient pas avec, qui ne s'accorde pas avec. Au lieu que celle [la conviction] qui est l'effet de l'évidence est nette, claire et distincte, qu'elle n'est combattue par aucune idée, contraire ou disconvenante; mais plutôt qu'elle exclut absolument l'incertitude, BOULAiNvauEBS, Réfut. de Spinosa, p. <25.
— HlST. xiv's. Tele povreté est disconveniente à dignité sacerdotal, oresme, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, et <on«enon( ; provenç. descontincnf, de.?continen; espagn. desconsenienle ; ital. disconveniente.
DISCONVENIR (di-skon-ve-nir) , je disconviens, tu disconviens, il disconvient, nous disconvenons, vous disconvenez, ils disconviennent; je disconvenais; je disconvins; je disconviendrai; je disconviendrais ; disconviens, disconvenons; que je disconvienne, que nous disconvenions; que je disconvinsse; disconvenant, disconvenu, v. n. || 1° Ne pas convenir d'une chose, la nier; il ne s'emploie guère en ce sens qu'avec la négation. Il ne pouvait disconvenir de ces vérités, hahilt. Gramm. 4. Les gentils n'ont pu en disconvenir, boss. Uist. n, 42. Les Épicuriens vous disent froidement qu'ils ne disconviennent pas que la nature a tout fait, que c'est là le grand être, volt. Dial. 29. On ne peut disconvenir que les plantes ne soient des corps organisés et vivants, i. j. bouss. Botanique, Dictionnaire, plantes. || En ce sens, disconvenir se conjugue avec l'auxiliaire être. || 2° Ne pas convenir à. Une reconstitution de la dette peut convenir très-mal à la nation débitrice et ne disconvenir pas moins à une multitude de ses créanciers, Mirabeau, CoVection, t. IV, p. 81. Il N'avoir pas de convenance réciproque. Ces deux propositions disconviennent. || En ces deux sens, il se conjugue avec le verbe ot'otr.
— rem. Après disconvenir, on peut indifféremment supprimer le ne, ou l'employer : Je ne disconviens que cela ne soit ou que cela soit. On met d'ordinaire le subjonctif, mais on peut mettre aussi l'indicatif : Je ne disconviens que cela est; alors on ne met jamais le ne.
— HlST. XVI* s. Voyez Cimon, voyez Themistocles, et mille autres, combien ils se sont dlsconve-
I nus à eux mesmes [combien ils ont changé en grau- I dissant], mont, i, 46s. U est tousjours proclive aux
DIS
femmuj de disconvenir à leurs maris, id. ii, 81. Mes mœurs qui ne disconviennent de celles qui courent, à peine de la largeur d'un poulce.... id IV, (3).
— ÉTYM. Dis..., préfixe, et eoni-enfr.
t DISCOPIIORE (di-sko-fo-r"), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui porte un disque.
— ÉTYM. Aioxoçôpo;, de êtoxoç, disque, etçépuv, porter.
*. DISCORD (di-skor; le d ne se lie jamais: un di-skor éclatant; au pluriel, l's ne se lie pas: des di-skor éclatants; cependant quelques-uns la lient: desdi-.skor-z éclatants), s. m. || 1° État de ceux qui ne s'accordent pas. Qui sache, en pardonnant, nos discorils étouffer, Régnier, Epit. i Pourrez - vous quelque chose, après qu'un pèie mort N'a pu dans leurs esprits allumer de disconl? cobn. Cid, v, ♦. Puisque chacun, dit-il, s'échauffe en ce discord, id. Hor. m, 2. Et vous ne cherchez point à forinerdes discords, id. Nicom. n, 3. Mais leurs sanglants discords <iui nous donnent des maîtres, id. Serlor. i, t. Étouffons nos discords dans nos embrassements, botrou, Vencesl. i, (. Et l'amitié passant sur de petits discords, moi.. Mis.v, 4. Il fallait entre vous mettre un plus grand espace. Et que le ciel vous mît, pour finir vos discords. L'un parmi les vivants, l'autre parmi les morts, bac. Théh. v, t. Çà, ma reine, é[rousons malgré notre discord, begnabd, llénechmes, v, 6. || 2° Au phir. Dissensions civiles. Pensant aux funestes discords Qui.... bac. Poésies, t. Dans nos di.scords j'ai fait plus d'un naufrage. Sans fuir jamais la France et son beau ciel, bêrang. ie bon vieillard. Proscrit jadis, la naissante Amérique Nous le rendit après nos longs discords, id. Chateaub.
— REM. L'Académie dit que ce mot vieillit; les exemples ci-dessus prouvent qu'il n'en est rien ; et ce mot reste très-bon en poésie et dans la prose élevée.
— SYN. 1. discord, discorde. Le discord est le contraire de l'accord; la discorde est le contraire da la concorde. Discorde dit donc plus et autre chose que discord ; car être en accord ne veut pas dire être en concorde. || 3. discord, désaccord. Le désaccord est la perte, la cessation de l'accord. Le discord n'implique pas que l'accord ait régné anlécédemment. D'ailleurs discord est un mot du style poétique, et désaccord est de tous les styles.
— HlST. xiii* s. Et onques puis n'i ot [entre eux] descort ne félonie, audefr. le bast. Romancero, p. 27. Et veschi [voici] Salehedin, qui moult est sages et poissans, et n'aient autre chose que le descort à vos barons et à vous, Chr. de Rains, p. <9. Il xiv* s. Quelle chose est que félicité, de ce sont il à discort, oresme, Eth. iv. Descort fust meu pour cause d'une aumu.sette ou barrette, du cange, oumucella. \\ xV s. Les tenir tous deux en craincte par le moyen du discord où ilz estoient, comm. m, 3. Il XVI* s. Plusieurs maisons ruinées par le discord, et plusieurs enrichies par le bon accord des parens, LANGUE, 46. Et de mille luths joyeux Le discord mélodieux Dans mes oreilles resonne, yveb, p. 527.
— ÉTYM. Voy. discorder ; provenç. descort.
2. DISCORD (di-skor), adj. m. Terme de musique. Qui n'est pas d'accord. L'âme n'est pas au.i sens ce qu'est à cette lyre L'harmonieux accord que notre main en tire; Elle est le doigt divin.,.. Et qui des sons discords que rendent chaque sens Forme au plaisir des dieux des concerts ravissants, lamart. Socrate, 356. || Fig. Inconséquent. Un esprit discord.
— ÉTYM. Voy. discorder.
fDISCORDAMMENT (di-skor-da-man), adv. D'une
façon discordante.
— HlST. XI* s. Joinct qu'à l'adventure ay je quelque obligation particulière à ne dire qu'à demy, à dire confusément, à dire discordamment, uont.
— ÉTYM. Discordant, et le suffixe ment. DISCORDANCE (di-skor-dan-s'), s. f. || 1* État da
ce qui n'est pas d'accord moralement. Discordanca de carïctères. || Par extension. Discordance de couleurs. Toutes les recherches et descriptions utiles [des plantes] étaient perdues, faute de pouvoir décider de quelle plante chaque auteur avait parlé.... c'était certainement une perte que ces pièces devinssent inintelligibles par la seule discordance des mots, j. i. ROUSS. Botanique. Introduction. || 2° Caractère de ce qui est discord. La discordance des sons. Interrompre un concert où ta seule présence Cause des contre-temps et de la discordance, hegnard, Fol. am. II, 7. Il Terme de musique. Manque d'accord.
— HlST. xni* s. Amitié est nommée l'une; C'est bonne volonté commune De gens entr'eos sans descordance Selon la Dieu benivoillance, la Rose, *7oa.
Il XIV* 8. Une vraye doctrine n'a pas en soy de contrariété; mais en la fausse [il y] a souvent descordance, obksme, Thi'jedeMKUNiER. || xvi' s. Jeiu'esbaliy s'il y a aucun qui ignore que le vice ne soit une inégalité et une discordance de miBjrs qui se répugnent à soy mesme, amïot, JVi'ctat c( Crassus, i. Quoyqiie la variété et discordance des eveiienieuls les [ceux qui interprètent les vol inlés de Dieu] rejecie de coing en coing et d'orient en occident, ils ne laissent de suyvre pourtant leur esteuf, et de mesme creon [crayon] peindre le blanc et le noir,
— f.TYM. Discordant.
DISCOUDANT, ANTE (di-skor-dan, dan-t"), adj. Il 1° Oui esi en dijienliinenl, qui ne s'accorde pas. Opinions discordantes. Caracifcref discordants .... Tant de discordants et fâcheux mariages, bois EOBEBT, Casmndre. i, R. || 2" Oui manque de pro portion. Les partiesdece bâtiment sont discordantes. Il 3° Oui n'est pas d'accord. Insirument disconlant. Voix discordante. || Qui manque d'Iiarmnnie. Des Ters discordants. Une poésie discordante. || 4" Terme de géologie. Stratification discordante, celle dont le syst^lné est formé ili* plusieurs couches qui ont une inclinaison diiïfrrente.
— IIIST. xiii* s. et loz les Dons de eii [ceux] qui s'en descnrdeiit doivent estre mis en escrii comme desconlani, beaim. 8t. Comment s'acordent en un point Ueut choses ainsi discordant, lioman de la poire. Il XIV* S. Aucuns peu sachans dient que en ceste question sont contraires et discordans théologie et les drois [le droiii, orksmb, Eth. <63. |{ xvi's. Celui qui s'accordera bien avec son père ne sera discordant aux comniandemensde son roi, langue.*?. Discordans avec leurs plus proches voisins, 10. *9.
DISCORDE (di-skor-d'), s. f. |{ 1° Grave dissension pulilii|ue ou privée. État en proie à la discorde. Les discoïdes civiles. Il semble qu'à ces mots notre disconle expire, cohn. Ilor. i, ♦. Lorsqu'on voyait de toutes parts tant de haines éclater, tant de ligues se former, et cet esprit de discorde et de défiance qui soufllait la guerre aux quatre coios de rKurope, bac. Disc. A l'Acad. fr. Oiianl la discorde règne dans les familles, rien n'y peut demeurer secret, bollin, Ilist. nnc. (Ih'uvres, t. viii, p. 4*4, dans pougens. La discorde civile est partout sur sa trace [suit partout Mahomet], voi.T. Fanât, ri, 5. jj Poétiquement. La discorde en fureur frémit Je toutes parts, rac. Prot. Esth. Déjà de tout le camp la discorde m Itresse Avait sur tous les yeux mis son bandeau fatal, m Iph. y, 8. La discorde a toujours régné dans l'univers; Notre monde en fournit mille exemples divers, w pont. Fabl. xii, 8. || 2* Terme de mythologie. Déesse cause des dissensions. La Discorde aux crins de couleuvres, l'esté fatale lux potentats. Ne finit ses tragiques œuvres Qu'en la fin même des États, MALii. III. 2. La déesse Discorde ayant brouillé les dieux. Et fait un grand procès là-haut pour une pomme. On la fit déloger des cieux; Chez l'animal qu'on appelle homme, On la reçut à bras ouverts, LA PONT, l'alil. VI, 30. Quand la Discorde encor toute nuire de crimes. Sortant des corleliers pour aller aux minimes. Avec cet air hideux qui fait fré mir la paix. S'arrêta près d'un arbre auprès de son palais, boil. Lutrin, i. Viens près de ces lares tranquilles, Tu verras de loin dans les villes Mugir la Discorde aux cent voix, v. iitioo, Odet, iv , 2. Il Pomme de discorde, sujet de discussion, locution tirée de la pomme que la déesse Discorde jeta entre les dieux avec cette inscription :. à la plus belle, et qui émut entre Junon, Minerve et Vénus une querelle d'où sortit plus tard la guerre de Troie. || La discorde est au camp d'A^ramant, phrase proverbiale employée pour expiimer des discussions graves entre les hommes faisant partie d'un n.ême corps, qui devraient conserver entre eux la paix. Cette expression est fondi'ie sur un passage du lloland fitrieiix, où St Michel envoie la Discorde dans le camp d'Agramaiit , empereur des Sarrasins, et cette déesse fait nalire coup sur coup entre les principaux guerriers des queielles que l'empereur ne peut calmer et qui vont riiimT son parti. || 3* Terme du jeu de l'homlire. La réunion des quatre rois.
— HlST. xin' s. Einsi estoii l'os [l'armée] en discorde comme tous oés fentendez], villeii. lu. La graindre [la plus grande) descorile qui i fu, si fu dou conle Baudoin de Flandres et del marchis lioliiface de Monferrat, ID. cix 11 avoit piiir jpeurj que descorde ne venist entr'aus [euxj "t les Grieus. lu. Lxxxvii. Mais or lor aist [aide | Diex, qui tout a \ sauver; O'ior moult a grant discorde entre faire et penser, Ch. d'An!, vu, 725. ||xiv«s. l*s privées ditcordes, bbrchbure. f* 43 verio. || xvi* «. Par
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la discorde les choses grandes sont amoindries et ruinées, Laiioi'E,(4.
— ETVM. Provenç. espagn. et iul. diseordia; du latin dijr(irdia{»oy. discorde»),
DI.SCOKIiHR (di-skor-dé), en. || 1* Être en discorde. Ces ciractéres discordent. || 2" N'avoir pas de convenance réciproque. Puis il [un tableau] est de la plus mauvaise couleur ei fait pour discoriler, diiiEBOT, Salon de 17(15, CKurret, t. xiii, p. H8, dans potoENS || 3" Terme de musique. Être discordant. Ces instruments discordent. Un piano qui discorde. Dans un concert d'hymen, lorsque quelqu'un duscorde. Je sais juste baisser ou hausser une corde, reonard, te Bal, to. jj II se conjugue avec l'auxiliaire acoi'r.
— IllST. XIII" s. Et ne vous merveilliés mie de la laie [laïque) gentse il se descordoient, quant li blanc moine deCitiaus qui estoient en l'ost se descordoient aussi, villeii. lu. Parfoi,dist li rois, puisque vous vousaccordés tant, je ne me discorde mie, Chron. de llaint, 15. || xiv s. Et à chose false le voir [vrai j se de:>corde bien tost, oresmk, Eih. 47. |l xvi* s. J'ay bien voulu noter en passant ces poincts, afin que le lecteur ent'-nie en quoy je discorde d'avec les docteurs scolastiques, calvin, Inslit. 188. Ils ne peuvent faillir ne discorder du jugement du Dieu, puis qu'ils ne jugent que par sa loy, lo. «6. «74.
— Étym. Provenç. descnrdar; espagn. discordar; ital. discordare ; du laiin discordare, de discors, qui est en discorde, de dut.... prétiie, et cor, cordis, cœur. C'est par extension que le mot est eniri' dans le vocabulaire musical; on est passé, ce qui est rare, d'une signification morale aune signification physique. Chorda, corde, n'a rien à faire ici, le latin n'écrivant jamais dischordare ou conchordare.
t DISCOSOME (di-sk,.-so-m'j, adj. Terme de zoologie. Qui a le corps en forme de disque. || .S', m. Nom d'un genre d'arachnides, et d'un genre de polypiers.
— ETYM. AiixDc, disque, ct (rô)|ia, corps. DISCOUREUR, EUSE(di skou-reur,reû z'),*. m.
et /. Celui, celle qui lient de longs discours, beaucoup de discours. Mais de ces discoureurs il ne s'en trouve point, Ou pour le moins bien peu, qui connaissent ce point, rêgnifb, Sat. v. Pour la discoureuse dont vous vous plaignez.... elle ne fait pas à beaucoup prés des fautes si dangereuses , balz. liv. vu,
lett. 43 Impudent discoureur. Tu sauras si mon
bras.... IIA1RET, Soliman, v. 8. Paix, discoureuse, MOL. Am. méd. ii, 2. Fade discoureur, qui n'a pas plutôt le pied dans une assemblée, qu'il cherche quelques femmes auprès de qui il puisse s'insinuer, LA BRUY. v. Vous ne songerez qu'à finir votre entieprise, sans daigner même songer à faire rougir les discoureurs, maintenon, Lvtt. au duc de Noailles, 25 janv. 1711. ie frémis quand je pense que les ar mes [d'Achille] faites par le dieu Vulcain et que ma mère m'avait données, ont été la récompense J'un discoureur artificieux [Ulysse] . pên. Dial. det mont anciens, 5. Nous aurions bien moins de peine à juger 003 criminels qu'à vider les différends de tous ces discoureurs, ponten. Jug. de P/u(on.ô discoureuse insupportable, pensa le vicomte, ton pathos me permeitra-t-il enfin de placer le seul mot que j'aie à te dire? cii. de bebnabd, un Homme -sérieux, § xiv. Il En bonne part. L'aimable discoureur jamais ne nous occupe De ses talents, de son emploi, delille, Convers. m.
— HlST. XVI' s. Les esprits que l'on estime les plus subtils et grands discoureurs.... maro. JVouo. u.
— f.TYM. Voy. DISCOURIR.
DISCOURIR (di-skou-rir), je discours, tu discours, il discourt, nous discourons, vous discourez, ils discourent; je discourais; je discourus: je discourrai; je discourrais; discours, qu'il discoure, discourons, discourez, qu'ils discourent; que je discoure, que tu discoures, qu'il discoure, que nous discourions, que vous discouriez, qu'ils discourent; que je discounisse; discourant, discouru, t). n. Il t* Proprement, courir çà et là Ta bonté discourt au bien de tes sujets, rKgnirr, Snl. i. || Ce sens, qu'on trouve dans le xvi* siJolc, est tout à fait hors d'usage. || 2" Fig. S'étendre sur un sujet, en parler avec une certaine méthode et quelque étendue. Je te veux discourir comme je trouve étrange Le chemin.... régnmer. Sut. v. Philosophes rêveurs, discourez hautement; Sans liouger de la terre, allez au firmament, id. Sat. ix. Selon l'int.*r^( tout le monde discourt, id. Sut. xii. Lorsque , nous discourant des choses de la terre , MOL. Sgan. l. On peut discourir sans fin sur tout cela, Boss. if II. Corn. »l. On croirait à vous voir, dans vos libres caprices. Discourir en Caton des ver- 1
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tus et des vices.... boil. Sat. ix. Lamoignon , nous irons, libres d'inquiétude, Discourir des vertus dont lu fais ton étude, id. ^pfl. vi. Il [PhédonJ n'esi jamais du nombre de ceux qui forment un cercle pour discourir, la brut. vi. La sotte envie de discourir vient d'une habitude qu'on a cuiitraciée de parler beaucoup et sans réflexion, lo. Thénphraste , m. Il est plus aisé de bien discourir que de bien écrire, MriNTEMON, 7.^11. à d'Aubignii, 15 msrs I67B. [On] Préférait l'art de bien vivre X l'art de bien discourir, j. b. rouss. Odet, IV, 3. Il Fig. El c'est aux mieux disants une témérité De parler où le ciel discourt par tes oracles. Et ne le faire pas où parlent les miracles, Régnier, .Sat. i. || FamilièremeiiL Di.scourir sur la pointe d'une aiguille, discourir de choses très- futiles ou très -subtiles. Il 3* Tenir de longs profios. Auteurs d'aventures tragiques. De quoi n'osez-vous discourir? malh. t, 13. Il montre tes faveurs, tout haut il en discourt. i£-
GNIER, Élég. Il Marchons sans discourir, coan.
Cid, II, 1. Force-les au silence, et, sans plus discourir. Sauve ta renommée en me faisant mourir,
ID. tb. m, 4 Laissons- la discourir. Et ne nous
perdons point de crainte de mourir, id. Othon,n,». Nous avons fort discouru de toutes vos affaires, sÉv. 118. Il Quelquefois discourir ne signifie rien de plus que parler. Eux discourant, pour tromper le chemin, P*e chose et d'autre.... la pont. Or ne parlons plus de querelle : c'est fait; Discourons d'autre affaire, hol. Femm« sar. n. 8. || Ne faire que discourir, ne ilire que des choses frivoles et inutiles. i| 4' S. m. Le discourir, les longs discours .... Hais, ami, laissons le discourir, bègnier, Sat. viii.
— REM. 1. Il se conjugue avec l'auxiliaire arotr. Il 2. Dans la tragédie de Clitandre par Corneille, Pymante, à qui Dorise crève un opil avec une aigudle, fait un long monoloKue adressé à cette même aiguille. L'éditeur de l'édition de 1738 (iii-l2) se demande (t. I, Atertifsement, p. ix) si ce n'est pas de là qu'est né le proverbe : discourir sur ta pointe d'une aiguille. Mais il n'est pas, ce semble, besoin d'aller si loin; la locution s'explique d'elle-même, comme la locution grecque : être .<ur le tranchant d'un rasoir.
— SYN. DISCOURIR DK, DISCOURIR SUR Discourir sur quelque chose, c'est en parler avec quelque méthode. Discourir d'une chose, c'est en parler comme on en parle dans la conversation.
— HIST. XVI* s. Assez y a en ceste nation. Sans discourir d'un à autre hémisphère. De quoy trop plus qu'à mes vœus satistaire. st-cel. H6. Tel discourt bien en privé, qui harangueroit mal un peuple, mont. IV, 133. Democriius présupposant une opinion et une doctrine fausse en la philosophie, et qui induit les hommes en superstitions infinies, qu'il y ait des images Iwnnes et mauiaiscs qui discourent (errent] par l'air, amtot, P. £m. t. A la fin il commencea à entrer en propos, et à leur discourir de la fortune et de l'incertitude des choses humaines, iD. ih. 46. N'ayant jamais au paravant discouru à par soy en son entendement, qu'ils esbranloient, en ce faisant, tout l'empire des Lacedsmoiiiens, m. Pélop. 14. Et n'y avoit celuy qui ne se meslast de discourir combien d'avantage ilz auroienl sur leurs ennemis si....iD. Uarcel. 47. En discourant plusieurs grandes entreprises qu'il metloit en son entendement, il.... ID. Pyrrh. il. La reyne [Cath. de Médicis] qui sçavoit discourir de toutes choses irés-bien à propos.... brant. Marignan Quant je vais discourant et des yeux et d'esprit Sur les perfections qu'en toy le ciel escrit, amad. jamin, Poésiet, p. < 73, dans lacubne.
— ETVM. Lat. diteurrere, de dû.... préfixe, et eurrfre, courir.
DISCOURS (di-skour; I'» ne se lie pas: un diskour audacieux; cependant quelques-uns la lient : un di-skoui-z audacieux), ». m. || !• Propos de conversation, d'entretien. [Us] Dressent cent fois le jour en discours une armée, hègnieb, .Sal. vi. Qu'a de filcheux pour toi ce discours populaire ? corn. Cid, IV, 2. Les discours ordinaires des hommes sont tout pleins des éloges qu'ils se donnent les uns aux autres pour les qualités d'esprit, nicole . E$t. de mor. i" traité, ch. 8. Je .sais bien les dis cours dont il le faut bercer, mol. FÉtour. i, « Ton discours de son cœur est-il bien l'interprète? id. Dfp. I, 1. Tenez, tous vos discours ne me touchent point l'âme, ID. Ée. des f. v, 4. Je veux uue l'on soit homme, et qu'en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos discours se montre, id. Ifi». i, l. C'est à vous, s'il tous plaît, que ce discours s'adresse, id. ib. I, 1. Tous ces discours sont des sottises. Partant d'un homme sans éclat; Ce seraient
nis
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paroles exquises Si c'éiait un grand qui parlât, id. A»'ph. II, ). Que ce discours grossier lerriblement assomme! m. Femm. sar. il, ''. Cessez de oiopposer vos discours im|iosleiirs, i onfesseurs insensés, ignorant» séducteurs, boil. EpU. xu Un discours irop sincère aisément nous outrage, id. Sai. vu. Pensez-vous qu'ébloui de vos vaines paroles. J'ignore qu'en effet tous ces discours frivoles Ne sont qu'un badinage, un simple jeu d'esprit"? id. Sat. x. À ces discours pres.santsipie.saurail-on répondre? ID. £//!(. XII. J ai voulu devant elle en ouvrir le discours, UAC. Bénn. ll, 2. Ses superlies discours tournerout à sa honte, ID. Théb. i, 6. Madame, quel regard et (|uelle voix sévère Malgré votre discours m'assure du contraire ! ID. Itaj. IV, 6. Mais que sert d'affecter un superbe discours? ID. Iphig.i, ). Oui, vos moindres discours ont des grâces secrètes, id. EiOier, m, 4. Oui attaquent par des discours de blasphème les pratiques du culte, MASS. Car. Culte. || Kig. Que les pleurs d'une amante ont de puis.sants discours! cohn. Ilor. II, 6. Il Faire des discours, parler de. Tous les di-^cours que je fais, comme une innocente, de l'horreur qu'il faut avoir pour les femmes qui poussuit sette tendresse un peu trop loin, et du mépris que cela leur atiire, sEv. 238. Au discours qu'il m'a fait que saurai-je comprendre? mol. l^Élour. u, <4. Ces vains discours que vous faites contre la piété. MASS. Car. Avenir. Pendant c|ue Mentor faisait ce discours, fén. Tél. v. || Tenir un discours, leinr des discours, même sens. Est-ce à moi que l'on tient de semblables discours? Tu gagneiais autant à parler à des sourds, la font. Fabl. xii, 5. Mats quels discours faut-il que je lui tienne? — L'occasion , le ciel pourra vous les dicter, bac. Baj. il, f>. || De beaux discours, se dit de paroles, de raisonnements que l'on qualifie de beaux, pour n'en tenir que peu de compte. Je sais que vous p^irlez, monsieur, le mleu^ du monde; Kn beaux raisonnements vous abondez toujours; Mais vous perdez la temps et tous voy beaux discours, mol. Uis. v, l. À tous ces beaux discours j'étais comme une pierre, boil. Sat. ni. Il C'est un autre discours, il ne s'agit pas de cela. Il Cela est bon pour le discours, ce sont de ces choses qu'on dit, mais qu'on n'exécute pas. || î* II se dil quelquefois de toute espèce de composition considérée surtout par rapport à la diction. Ils attifent leurs mots, enjolivent leur phrase, Affectent leur discour» tout si relevé d'art. Et peignent leurs défaut» de couleur et de fard, hëiinier, Sat. ix. De vouloir sottement que mon discours se dore Aux dépens d'un sujet que tout le monde adore, id. ib. VI Voulez-vous du public mériter les amours. Sans cesse en écrivant variez vos discours, boil. Art p. I. Vous savez que c'est le goût de notre siècle d'aimer le naturel dans le discours, bayle, ieH. 93, l» mai 48») . t. I, p. :<•«. Il Cribler le discours, le passer au crible, voir s'il est vrai. Mais pour nous, moins hardis à croire nos raisons. Qui réglons nos esprits par les comparaisons D'une chose avec l'autre ... Oui criblons le discours.... bêgnier, Sat. ix. jl 3" Absolument. Le talent de discourir. Auguste eut le discours prompt et facile qui convient à un souverain, dideh. Claude et Nér. i, 37. || 11 s'est dit anciennement pour conversation. Un de mes amis me mena un jour chez une demoiselle appelée Luce, me disant que c'était la femme du medleur discours qui se pût voir, Francion , liv. vi, p. 225. || 4" ferme de grammaire. La suite des mots ou des phrases, en tant qu'ils expriment nos pensées. || Les dix parties du discours , les différentes espèces de mots. Il Terme de rhétorique. Le discours familier, le parler familier. Le discours écrit, le parler tel qu'il est quand, écrivant, on soigne la diction. Il 5° Ce qui, dit en public, traite d'un sujet avec une certaine métliode, et une certaine longueur. Prononcer un discours. Un discours éloquent. Ce discours fît une vive impression sur l'assemblée. ....Ce discours un peu fort Doit commencer à vous déplaire, la font. Fabl. u, 7. Un discours qu'il Ht aux ennemis de l'empire, boss. Ilist. i, ti. Aucun rhéteur encore, arrangeant le di.scours. N'avait d'un art meiKeur enseigné les détours, boil. Ep. ix. Ceux qui, inlerrogés sur le discours que je fis à l'Académie française, le jour que j'eus llionneiir d'y être reçu, ont dit sèchement que j'avais fait des caractères, croyant le blâmer, en ont donné l'idée la plus avantageuse que je pouvais moi-même désirer, la BBUY. hisc. à l'Acad. franc. Préface. J'ai pris soin de m'écarter des lieux communs et des phrases proverbiales usées depuis si longtemps pour avoir servi il un nombre inlini de pareils discours définis la naissance de l'Académie française, iD.t'b. Un discours ne prouve jamais rien par lui-même; il tire tout son
caractère, toute sa force de l'avant-propos, de l'avani-scène, de la nature du moment, de l'espèce des interlocuieurs , Mirabeau, CoUeclion , t. iv, p. lt)H. Il Discours en vers, nom donné par Voltaire et depuis par tout le monde & une sorte de dissertation en vers sur un sujet ordinairement moral, comme l'égalité des conditions, le bonheur, etc. Il Se dit aussi d'ouvrages en prose. Di.scours sur les passions de l'amour, par Pascal. C'est à peu près ce que nous intitulons Ensai aujourd hui. Il Compo.silion que l'on donne dans les collèges et qui consiste à développer en latin ou en fiançais une esquisse dictée par le maître et relative au discours d'un personnage connu en une circonstance donnée. Au concours général, le prix d'honneur est attaché au discours latin || 6° Dans le style élevé, récit, histoire. J'en sais tout le discours, mais dis-moi.... RÉGNIER, Dial. Si l'on nous fait un fidèle discours, RAC. Iph. iv, t. On sème de sa mon d'incroyables discours, ID. Phèd. u, I. || 7" Discours sur-le-champ, s'est dit pour improvisation.
— SYN. DISCOURS, HARANGUE, ORAISON. DiSCOUrS
est le terme le plus général; il se dit de tout ce qui est prononcé avec une certaine méthode et une certaine longueur: discours dans les assemblées législatives; discours académiques; les discours de distribution des prix. La harangue est un discours qui a de la solennité, et qui s'adresse à un corps, à un roi. à un personnage constitué en dignité, à une armée; on donne souvent le nom de harangues aux discours que les anciens historiens rapportent comme ayant été adressés par les généraux à leurs troupes. Oraison se dil ou plutôt s'esl dit des discours des oraleursanciens: lesoraisonsdeDémosthène, deCicéron.
— HIST. xvr s. El lui conta tout le di.scours [plan] de l'entreprise bien au long, mabg. Nouv. lix. U se présenta avecques un beau di.scours prémédité sur.... MONT. 1, (88. Lui qui estoil homme de bon di.scours [sensé], raisonnoit en soi mesme que.... desper. Ciintes, VI. Les Peloponesiens se fussent bien tost lassez de la guerre, ainsi que Pericles leur avoit prédit, s'il n'y eiist eu quelque divine puissance, qui eust secrettement empesché le discours de la raison humaine, amyot, Péric. tb. Il feit depuis peindre tout le discours de ceste histoire au long en un tableau, ID. Marins, 7t. Contrainte fut d'empescher le discours De leur propos.... les Uarguerites de la marguerite, ^ 382, dans lacuhnk. Discours au vieux loup [discours inutile], oudin.
— ÊTYM. Bourguig. discnr; ital. discorsn; du latin discursus, proprement excursion; de dticurrere, dédis.... préfixe, et currere, courir.
DISCOURTOIS. OISE (di-skour-tot, tol-z'), adj. Oui n'est pas courtois, qui est impoli. Langage discourtois. Un chevalier discourtois. || Substantivement. Les paladins allaient punir l'audace Du discourtois dont l'altière menace Se mêle aux jeux des paisibles tournois, millev. Charlem. à Pavie, v.
— ÉTYH. Dis.... préfixe, dans le sens négatif, et courinis.
t DISCOURTOISEMENT (di-skour-toi-ze-man), adi!. D'une manière discourtoise.
— IIIST. XVI* s. Ce^te ambassade ouye, trop discourtoisement fut respondu que.... erant. Ferdinand l.
— ÉTYM. Discourtoise , et le suffixe ment. DISCOURTOISIE (di-skour-toi-zie), t. {. Manque
de courtoisie.
— HIST. XVI* s. Ceseroit une notable discourtoisie, de... mont. I, 61. Aiant receu quelques discourtoisies en passant par les villes des refformez,
d'aUB. Ilist. II, 2(17.
— ÊTYM. Discourtois.
DISCREDIT (di-skré-ili; le t ne se lie pas dans la conversation), s. m. Uirnimition, perte de crédit, en parlant des choses et des personnes. Le discrédit des aiisignats. des billets d'un négociant. Ce ministre fut dès lors en discrédit auprès du roi.
— REM. D'après liesclierelle, discrédit date de 17)9, époque où ce mot fut employé dans divers arrêts du Conseil pour exprimer le peu de confiance que le public avait aux actions de la (Compagnie des Indes. Le fait est qu'il n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1740. Mais le verbe discréditer est ancien; on le trouve dans Pasquier.
— ETYM. Dis.... préfixe, et crédit.
DISCRÉDITÉ, ÉK (di-skré-di-té, ike), part. passé.
Tombé dans te discrédit.
DISCRÉDITER (di-skré-di-té), ». a. Faire tomber eu discrédit. Discréditer une marchandise, un papiermonnaie, une personne, jj Se discréditer, ». réfl. Perdre son crédit.
— SYN. DiscBËDiTsa, DÉCBÉDiTER. Des grammai-
riens, voulant séparer ces deux mots, ont dit: on di^crédile les choses, on décrédite les personnes; la mari;liandiBedi.scréililée perd de sa valeur; riiomma décrédiié perd de sa con.sidération. Mais discrédit s'appliquantà la fuis aux personnes et aux choses, ne permet pas cdte dislinclion. II faut dire : discréditer s'applique à la fois aux personnes et aux choses; dOcréditer ne s'applique qu'aux personnes.
— IIIS.T. xvf s. Bruneliaut, jalouse de c< tte liella amitié, craignant d'esire de.sautoriséeou discréditée, fait tant par ses charmes que Thierry ne peut habiter avec sa femme, pasquier, dans le Dicl, de dochez.
— ÊTYM. Discri'dit.
DISCRET. ETE (di-skrè, skrè-f) , odj. || !• Terme didactique. Séparé, misa part. || Terme de m.ithémalique. Quantité discrète, quantité qui se compose de parties séparées. Les nombres sont des quantités disrrètes, par opposition à l'étendue qui est une quantité continue. || Terme de médecine. Variole di.scrète, variole dont les pustules sont distinctes et séparées les unes des autres, par opposition X variole confluente. || 2* Kig. Retenu dans ses paroles et dans ses actions (le discret étant comparé à celui qui se sépare, se met à part). Adieu; je me relire en confident discret, corn Cinna, m, a. En sage et discrète personne Maître chat excusait ces jeux, la font. Fnbl. xii, 2. J'étais hardi chez mon père, libre chez M. Lambercier, discret chez mon oncle, j. j. bouss. Confess. i. || Père discret, mère discrète, religieux, religieuse qui assiste au conseil du supérieur || Vénéraide et discrète personne, titre d'honneur qu'on donnait jadis aux prêtreset aux docteurs. || Par extension, en parlant des choses. Sa conduite a été fort discrète. Celte sincérité sans doute est peu discrète, rac. Brit. ii, 3. L'amour le plus discret Laisse par quelque marque échapper son secret, id. Haj. m, 8. || Style discret, stylo qui a le caractère de la reienue, et où l'on évite l'ornement et le développement. || 3° Qui sait garder un secret. C'est une femme di.scrète. Je ne puis vous dire combien je suis surpris de trouver une chose que j'attendais si peu de vous, et de voir que j'eusse été si peu discret en la première faveur que vous m'aviez faite [en laissant voir à d'autres le cadeau
que vous me faisiez], voit. Leit. 23 Veuillez
être discret. Et n'allez pas, de grâce, éventer mon secret, mol. Éc. des f. i, 7. || Substantivement. Faire le discret, affecter de taire un secret. Matta qui voulait Jaire le discret, hamiut. Gramm. 4.
— HIST. xirs. Lipome [la peine] del cors ne puet estre estaule [stable] entre les richesces, ne li obédience senz la poine ne puet mie estre legieroment ■liscrete, st bern. 568. |l xiii* s. Et eskievins doit il estaulir, ki soient citain [citoyens] discret et de bonne opinion, tailliar. Recueil, p. B09. || xiv' s. Certes, je l'aim autant de bonne amour discrée.... Baud.de Srb. I, 983. Il XV* s. Les chroniques rassemblées par vénérable homme et discret seigneur monseigneur Jean le Bel, fboiss. /'roi. Les gentils hommes de son royaulme luy vindrent dire qu'ilz vouloient avoir ung roy, et que l'aisné de ses filz estoil bien au point d'estre chevalier, et assez hoiume discret pour gouverner le royaulme, Pera forest , t. iv, f" 145.
— ÊTYM. Proveiiç. discret; espagn. et ilal. discrcto ; du latin discretus, séparé, divisé (d'où réservé, prudent, etc.), participe passé de diicernere
(voy. DISCEnNEB).
I>ISCRËTE.MENT (di-skrè-te-man), ad». || 1° Avec retenue, réserve. Il s'est conduit discrètement. Voilà une roupie pour réparer le mal que j'ai fait.... m'étant ainsi tiré d'affaire discrètement.... volt. Bababre. ie continuerais ici, monseigneur, bien volontiers ce discours; mais je crains de n'user pas assez discrètement de la liberté que l'on m'a donnée, voit. Leti. 65. Il 2" Sans dire ce qui doit être tu. 11 a gardé discrètement le secret confié.
— HIST. XV* s. J'ay parlé comment peu discrettcmenl luy fut signifié le mol, Cumm. vi, <2.
— ÊTYM. Discrète, et le suffixe Hien( ; provenç. di.tcretamcn ; calai, discretament ; espagn. et ital. discrelainente.
DISCRÉTION (di-skré-sion; en vers, de quatre syll.ibes), s f. Il 1° Qualité |iar laquelle on discerne, on ju«e. L'âge de discret ion, l'âge de raison. Un innocent ciui n'a pas encore l'Age de discrétion, volt. Ptiil. m, n 8. Il 2° Par extension, réserve, retenue prudente dans les piroles ou dans les acies. Agir avec discrétion. Son zèle est sans discrétion. User d'une chose, d'une permission avec discrétion. U y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde; jamais on n'en voit se plaindre du médecin qui l'a tué, MOL. Méd. m. lui, tu, I. Les convives [dans l'EldoradoJ étaient pour la
DIS
DIS
DIS
plupart des marchands et des vuiturlers, tous d'une politesse eilrftme, qui firpnt quelques questions à Cocambo, avec la discrétion la plus circonspecte, TOLT. Candide, *T. Rien n'y passait les homes de la discrétion, ;. j. noms. Confett. n. Les Anglais sont les hommes du monde qui ont le plus de discrétion et de ménagement dans tout ce qui tient auxaiïeclions véritables, STAËL, Corinne, VI, ♦. || S'en mettre, s'en remettre à la discrétion de quelqu'un, c'est-à-dire s'en rapporter à son juf;ementilans une affaire. Pourtant, pour celle grande et fameuse action. Vous en mttcsle prix k sa discrétion, rotr. Vencesl. i, -i. Je t'apprendrai, dit en soi-même le Phrygien, à spécifier ce que tu souhaites, sans l'en remettre à la discrétion d'un esclave, la font. Vie d'Ésope. Il Par extension, se mettre à la discrétion de quelqu'un, se livrer entiJrement à sa volonté. Un homme dangereux et hardi pourrait livrer mon caractère et l'innocence de mes mœurs à la discrétion de son audace, Spécial franc. (723, dans des- FONTAiNEs. Il Etre à la discrétion de quelqu'un, dépendre de sa volonté. Le salut de l'Hespérie sera à votre discrétion, fén. Tel: xi. || 11 se dit en parlant d'une femme qui s'est rendue aux désirs. Votre personne sera à ma discrétion, mol. le Mar. f. 4. Le vainqueur l'eut à sa discrétion, la font. Uandr. Il Je lais.se cela à votre discrétion, vous arrangerez cela comme vous le jugerez hon. Le bénéfice est de tant; vous me ferez nia part; je laisse cela à votre discrétion. || X discrétion, Joe. adv. À volonté. Pour le pain vous en aurez à discrétion. Boire à discrétion. Ce point B est pris à discrétion dans l'ellipse, DESC. Di'opf. 8. Elle [la belette] sortait de maladie; Là vivant à discrétion, La galante fit chère lie, la FONT. Fabl. III, <7. Dans une Ile presque déserte dont le terrain était à discrétion, elle ne choisit point les cantons les plus fertiles, bern. de st-p. Paul et yirg. || Vivre à discrétion, se dit de gens, et surtout de gens de guerre, qui se font donner par les habitants d'un lieu tout ce qu'ils veulent. Les troupes allemandes vécurent neuf mois à discrétion dans Rome, volt. Uœurs, 24. Si vous n'êtes chez mon capitaine demain matin à quatre heures, vous aurez ici, k cinq, trente soldats logés à discrétion, BRUEYS, Grondeur, m. <3. || Se reniire h discrétion, se mettre à la merci du vainqueur. Lors<iu'on désire, on se rend à discrétion à celui de qui l'on espère, la brut. xi. || 8* Discrétion des prix, taux modéré. || 4* Ce qu'on gage ou ce qu'on joue sans le déterminer précisément et qu'on laisse i la volonté de celui qui perdra. Gagner une discrétion. Si je n'eusse point gagé de vous donner votre portrait pour une discrétion, je n'eusse jamais cru qu'une personne de ma qualité et de mon humeur eiM pu avoir de la répugnance à payer ses dettes, mémoires de Mlle de Unntpemier , p. 3i9. Il S* Qualité p-ir laquelle on sait garder un secret 11 est plein de discrétion. Une discrétion éprouvée. 11 le conte au docteur; discrétion française Est chose outre nature et d'un tropgraiid effort, la font. Roi Candnule. Mais quoi? vous ne pouvez rien taire; un peu de discrétion est bien rare aujourd'hui; les gens crèveraient plutôt que de ne point jaser, p. l. cou». a* lellre particulière.
— UEM. On ne dit pas : cette ville s'est rendue à la discrétion du géiié'-al; il s'est rendu à voire discrétion; mais cette ville s'est rendue à discrétion au général; il s'est rendu à vous à discrétion. On le disait autrefois; mais se rendre à discrétion forme aujourd'hui une locution dans laquelle il n'est permis de rien intercaler.
— SYN. DISCRÉTION, réserve. Dans discrétion, il y a, étymologiquement, discerner; la discrétion est donc une réserve qui discerne, qui est éclairée; au lieu que réserve n'implique que le sentiment qui fait qu'on ne s'avance pas et qu'on a de la retenue; l'idée de discernement n'y est pas incluse.
— HIST. xii* s. Si mostrai il par sormonle de discrétion, par com grant songe [soin| on doit enquerre les péchiez, Job, 6H. U clers estcorunez; Deu» deit en lui seeir; Aprendredeit tuz dis; mult 11 covient savoir; Discretiun e sens deit en tuz liuz âveir. Th. le mart. 30. Quand ,ils] orent lor aage, •en [sens] et discrecion.... Sax. m. |! xni*s. Cil qui ■unt fol de nature, si fol qu'il n'ont en eusnule discrétion, par quoi il se puissent ne sacent maintenir, ne doivent pas tenir tere , bbaum. lvi, 9. Il X'V* s. Et pour ce en tel cas est mestier de la sentence et discrétion du juge, oresme, tth. 496. Il donne à chascun sans discrettion, ID. ii. lo*. Ce doit estre lais.sié en la discrecion, prudence et jugement des sages en chascun cas particulier, id. là, DO. Il XT* s. Très chers et puissants seigneurs, à
vos très nobles discrétions plaise tous savoir que nous avons reçues très aimables lettres, frois». n, ii,
'70 ami n'ya [dans la cour), n'amie, Congnois-
sance, diligence, raison. Manière, senz, honeur, discrétion, E. DEScnAuns, 7n(^r. des cours. Si pourroit par adventure sembler que forte chose soit que un homme, sans avoir grandemeiit estudié, puisse avoir si bel et si orné langaige; mais ce ne doibt sembler merveille k nul qui a discrétion, Bouciq. IV, ch. 10. Il XVI* s. En somme, il prétend à ce seul but, d'oster discrétion du bien et du mal, à ce qu'on ne fasse plus conscience de rien, quand on attribuera le tout à Dieu, Calvin, 3oi. Nous voyons, en icelliiy, discrétion des odeurs manifeste, rab. Pant. III, 32. L'empereur leur ha dénoncé que il n'entend point que ses gens vivent à discrétion, c'est à dire sans payer; mais à discrétion du pape, qui est ce que plus griefve le pape, id. Épi. Se rendre à la discrétion de l'ennemy, mont. i. 26. On corrompt l'ufrice du commander, quand on y olieit par discrétion [volonté], non par subjeclion, id. i, eo. On y mange toute sorte d'herbes, sans aultre discrétion que de refuser celles qui semblent avoir mauvaise senteur, id. i, im. Les vieils doihvent vivre ) leur discrétion, sans obligation à nul certain office, id. I, 280. Un personnage hazardeui oultre mesure, et hardy sans discrétion es périls de la guerre, amïot, PéUip. <. Les Gaulois se soulimirent entièrement eulx et leurs biens à la discrétion des Romains, id. Ilarcel. ». Sans discrétions de trêves ni de paix [sans y avoir égard], carl. iv, 29. llavoit fait faire en ses pays, discrétion de seize mil hommes, pour venir au secours dudit seigneur, m. du bell. 432. On donne les offices et promotions , et non prudence et discrétion, lehoux de linct, Prov. t. n, p. 3«o.
— ETYM. Provenç. discretio; aspagn. discrecion; ital. discrexione; du latin discretionem, de diicretum, supin de discernere (voy. discebnkr).
DISCUÉriONNAlBE (di-skré-sio-nê-r' ), adj.
Terme de palais. Pouvoir discrétionnaire, faculté donnée à un juge de décider en certains cas selon son a[<préciation personnelle. 11 se dit aussi du pouvoir illimité qu'un gouvernement prend ou reçoit en certaines circonstances. La dictature est un pouvoir discrétionnaire.
— ÊTYM. Discrétion.
DISCRÉTOIRE (di-skré-toi-r') , t. m. Terme de couvent. Lieu oïl se tiennent les assemblées des supérieurs, les yeux en pleurs, les sens d'horreur troublés, En manteaux longs, en voiles redoublés. Au discrétoire entrent neuf vénérables, oress. Vert- Vert, ch. IV. Il L'assemblée elle-même.
— HIST. XVI' s. Les Au;iustins assemblez en leur chapitre et discrétoire, fav. TlWdt. d'Itonn. t. i,
p. 676, dans LACURNE.
— ÊTYM. Lat. discretorium , de diseretum, supin de discernere, séparer, mettre à part.
t I)ISCRI.MEN (dl-skri-mên'), $. m. Terme de chirurgie. Nom d'un bandage pour la saignée du front.
— ETYM. Lat. discrimen, séparation (du même radical que discernere, discerner), apparemment parce qu'il divise la lêle en deux parties égales.
t DI.SCCLPATION (di-skulpa-sion), t. f. Action de di.sculper autrui ou de se disculper. Sa disculpation n'a pas paru convaincante.
— REM. Il se trouve dans l'édition du Dict. de l'Acadùmie de 1798.
— ÉTYM. Disculper.
DISCULPÉ, ÉE (di-skul-pé, pée), part. paué. Qui est lavé d'accusations. Disculpé des charges qui pesaient sur lui.
DISCULPER (di-skul-pé), v. a. \\ !• Justifier quelqu'un. Ses amis le disculpèrent de ce qu'on lui imputait. Ne serai-je pas bien condamnable, et qui me disculpera auprès de DieuT bolrdal. Instruct. Paix avec le proch. Exiiort. t. ii, p. 350. Du premier des Césars on vante les exploits; Mais, dans quel tribunal, jugé suivant les lois. Eût-il pu disculper son injuste manie? boil. Sat. xi. Ce qui disculpe le fat ambitieux de son ambition est le soin que l'on prend, s'il a fait une grande fortune, de lui trouver un mérite qu'il n'a jamais eu, la brut. vi. J'aimai mieux être moins disculpé d'un blâme aussi grave, et ménager la famille d'une personne que j'aimais, j. j. Rouss. Confess. ix. Oui bientôt Odéide, en défendant son frère. Saura le disculper dans l'esprit de son père, Ducis, Abufar, iv, 1. 1| 2* Se disculper, t). réft. Se justifier. U se disculpera sans peine, croyez-moi. Je me suis disculpé de l'avoir fait [le discours de réception à l'Académie française] trop long de quelques minutes, la brut. Dise, d l'Acad. franc. Prifact.
— BIST, xiii' S. Et, se tu Tiens, bien te porras
Devant DO seigneur descouper. Saint Craaf, v. I380. Le [la] tresisme rcson, si est quant aucuns est apelés por ocisions, et li mors, avant qu'il monist, nomma cix qui ce li firent, et descoupa celi qui est
apelés, BEAUM. Lxiii, 2. ||xvi«« De vouloir dire
seulement ce qui serviroit à le decoupler, sans coulper autruy, et ce qui seroit préjudiciable à son homme, m. du bell. 496.
— ETYM. Dit.... préfixe, et le latin evfpa, faute (voy. coui.pe).
DISCCR.SIP. IVE (di-skursif, si-v'), adj.\\ !• Terme de logique. Qui tire une proposition d'une autre par le raisonnement. L'homme a la faculté discursive. Il Terme de philosophie. Méthode discursive, se dit quelquefois pour synthèse ou déduction. La théologie est essentiellement discursive. || Terme de grammaire. Mot discursif, nom donné par Bcauzée, d'après l'abbé Girard, aux conjonctions (voy. Kneijel. art. mol), parce qu'elles «ont les liens des propositions, en quoi consiste la force, l'ime et la vie du discours. || 8' Terme de dévotion. Inquiet, agité. Cette foi qui fait le passage de l'état discursif à l'état contemplatif, boss. Ull. abb. 193. I.es actes qui étaient alors supprimés sont premièrement les discursifs.... ID. Or. 8.
— P.TYJl. Provenç. diteurtiu; espagn. et liai, discuniro ;da latin ditcursvi, raisonnement, discours (voy. ce mot).
DISCCSSIF, IVE (di-sku^sif. si-v"), adj. Terme de médecine. Qui a la vertu de dissiper les humeurs d'une tumeur ou d'un engorgement. Topiques discussifs. On dit aujourd'hui résolutif. || Substantivement. Les discussifs.
— HIST. XVI' s. Fomentations résolutives, canninativps, disciitives et dessiccatives, pah«, xxi, 28.
— ÊTY5I. Lat. disautum, supin de diseutert, dissiper et aussi discuter (voy. ce mot).
DISCUSSION (di-sku-sinn; en vers, de quatre syllabes). ». f. Il 1* Examen par débat. Cela peut être sujet à discussion. La discussion d'un projet de loi. Il s'éleva une discussion fort animée. Les discussions du corps législatif. Les affaires d'État ne sont pat traitées avec la même discussion que par le pa.ssè, MONTESQ. Lett. pers. 130. || Terme de mathématique. La discussion d'une formule, d'une courbe, d'une équation, l'étude qu'on en fait pour en tirer tout ce qu'elles contiennent. || i' Par extension, dispute, contestation. Il a eu une discussion au jeu. Il 8° Terme de jurisprudence. Recherche et exécution des biens d'un débiteur pour en obtenir payement. Il Terme de pratique Sans division ni discussion, c'est-à-dire solidairement. || Bénéfice de discussion, faculté pour la caution de demander que le débiteur principal soit préalablemenl poursuivi.
— HIST. XII' s. Esdrecier l'enlencion dei cuer après les vertuz, et nettoier par destro te discussion de rencercircment tôt ce ke l'om fait, Job, ♦»". || iivg. Les aucleurs et les pratiques de médecine font dircucion de cette présente matire [l'hydrophobiel, b. de
MONDEVILLB, f° 89.
— ÊTYM. Provenç. discussion; espagn. discusirm; ital. discussione ; du latin diicu<;t<>nem , de discutsum, supin de di^cutere (voy. discuter).
t DISCUTABLE (di-sku-ta-bl'), adj. Qui peut «Ire discuté, qui est susceptible de discussion. Cela n'est pas discutable, cela ne vaut pas la peine qu'on en discute, et, plus souvent, cela est tellement évident qu'il n'y a pas à discuter.
— ÊTYM. Discuter.
DISCUTÉ, ÉE (di-sku-té, tée), part, patte. Soumis à la discussion. Un projet longtemps discuté.
DISCUTER (di-sku-té), c. o. || 1' Examiner par un débat. Discuter un fait, un point de droit. Nous discutâmes U question de savoir si.... Il n'est pas ICI question de discuter les motifs de l'amour de Dieu, BOSS. 4' /cn'(. || Discuter quelqu'un, discuter ses droits, ses prétentions à une ad.'nission, à une candidature. || Absolument. Nous avons longtemps discuté là-dessus. Discutons, ne ilispulons pas. Enfermé dans les faits, il dénombrait et il liélaillait.rarementil discutait, MAIRAN, £(o9«. Petit. || S* Terme de jurisprudence. Opérer la discussion. Discuter le* biens. Discuter un débiteur en ses biens, dans sef biens. || 3* Se discuter, être discuté. La chose s* discuta avec beaucoup d'habileté de part et d'autre.
— HIST. XV s. Si fut la chose moult bien discutée, comme il affiert à si pesante besongne. Boucle;, m, 4. Il XVI' s. Je ne discute point si Jésus- Christ a pu imprimer sur une pierre la forme de son pied, mais je dispute seulement du fait, calv. i&7. U dit avoir eiperi mente la fiante de chèvre à discuter [dissiper] les tumeurs scirrheuses, pahE, v, 23.
— ETYM. LaL ditcutert, dissiper, secouer et
DIS
IHS
DIS
figuiément, examiner, discuter, de dis.... (nélixe, et :utcre. frapper.
t DISCCTECR (di-sku-teur), ». m. Celui qui discute, qui soutient des discussions. Ami silencieux de Mirabeau, il [Talleyrand] s'était tenu toujours à l'ombre de ce grand discuteurdans l'assemblée constituante, LAMAHT. dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Discuter.
t DISÉPALE (di-sé-pa-1'), adj. Terme de botanique. Oui est formé de deux sépales distincts.
— ETYM. AU, deux, et sépale.
DISERT, ERTE (di-zêr, zèr-t'), adj. Qui parle ayec abondance et non sans élégance. Un homme
disert. Cet avocat est disert un panégyrique [du
roi Henri IV], Où, mollement disert, sous un sujet si grand Dès le premier essai mon courage se rend, RÉGNIER, Sat. I. Un cliarlatan se vantait d'être En éloquence un si grand maître Qu'il rendrait disert un badaud, la font. Fabl. vi, 49. Veut-on de diterts orateurs, qui aient semé dans la chaire toutes Jes fleurs de l'éloquence? la bruy. Disc, à FAcad. Cicéron dit qu'il a vu bien des gens diserts, c'està-dire qui parlaient avec agrément; mais qu'on ne voit presque jamais de vrai orateur, fén. t. xxi, p. 4B. Cicéron loue Varron comme un homme d'un esprit pénétrant et d'un savoir profond, non comme un homme fort disert et fort éloquent, rollin, Hist. anc. .GEwvrfs, t. xi, 2* part. p. 616, dans pougens. C'est" cette habileté à orner et à embellir un discours qui met de la différence entre un homme disert et un homme éloquent, id. Traité ries Et. liv. m, ch. 3, § 3. L'homme disert, c'esl-à-dire qui s'explique seulement avec clarté et solidité, laisse son auditeur froid et tranquille, ID. tb. || Par extension. Un discours disert.
— SYN. DISERT, ÉLOOUENT. L'homme disert est simplement abondant, facile, non sans quelque élégance. L'homme éloquent a de plus la grandeur, la force, le feu, la sublimité.
— HIST. xvi« s. Sa voix estoit douice, sa langue diserte, et sa parole aisée, amyot, Périe. *i.
— ÊTYM. Lat. disertus. Les étymologisles latins varient : les uns le tirent de disserere, mettre en ordre; mais on ne voit pas comment l't serait devenu bref, disertus; d'autres, avec plus de vraisemblance, le tirent de dit.... préfixe, et ars, art (comparez inerte).
DISERTEMENT (di-zêr-te-man), adv. D'une manière diserte. Il peut arriver qu'un pervers écrive et parle aussi disertement de la vertu qu'un homme vertueux, dider. Essai sur Claude.
HIST. xvi* s. J'avois assez disertement publié
au monde mon insuffisance en tels maniements puhlicques, MONT. IV, (78. Geste epistre tesmoigne disertement [clairement] qu'il [l'iutarque] a esté précepteur de Trajan, amyot, Préf. xxiii, 60. Il avoit le langage à main et propre pour déduire disertement un plaidoyer, id. Lucull. 2.
— ÉTYM. Diserie, et le suffixe ment.
DISETTE (di-zè-f), s. f. || l" Manque de choses
nécessaires et particulièrement de vivres. Année de disette. Cette année sera une année de disette. La disette de 18)2. La dépendance où la disette réduit le pauvre, bourdal. 8' dim. après la Pentec. Dominic. t. m, p. <oo. Mais quoi 1 dans la disette une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, BOIL. Art p. iv. La disette, la faim nous ont ravi nos frères, du belloy. Siège de Calais, i, 6. Séparés par la stérilité du terrain et la disette d'eau, RAYNAL, Bist. phil. vi,23. || »• Fig. Manque. Disette de mots, d'idées. C'est ce retranchement de livres qui vous jette dans les Oraisons du P. Cotton et dans la disette de ne savoir plus que lire, sÉv. 612. Nous sommes dans une grande disette de prêtres, Boss. Lett. rel. 6. On dit que nos dames, par trop de délicatesse, sont cause, en partie, de cette disette où notre langue court risque d'être réduite, ROLLIN, Hist. anc. liv. xxv, ch. 2, art. I, § 2. Vous vantez avec raison l'extrême richesse de votre langue [italienne]; mais permettez nous de n'être pas dans la disette, volt. £cK. Tovo«t, 24 janv. t78). Quelques-uns ont voulu réparer notre disette [en fait de poésie épique] en donnant au Télémaque le litre de poSme épique; mais rien ne prouve mieux Il pauvreté que de se vanter d'un bien qu'on n'a 1 13, 10. Ess. poésie ép. ch. 9. || 3° Nom de la hetter«' 1, qui a porté le nom de racine d'abondance et d& riisefle.
— HIST. xni* s. Et si veult Sainte, qui deseure • s! nomée, que, se ele ,t' lit besoigne ne disgete, loi liment que ele peuist '.e [la] maison qui devant est i'te, vendre et despendre et boire et mangier et fai:? oute se fsa] volonté, tailliar, Recuetl, p. 478,
se Richaus me [ma] femecaoit [tombait] en poverle, ne [et] eleeust besoigne ne disette, m. ib. p. <96. Huit jouis ot que dormi [il] n'avoit. Dont il moult disete en avoit, Bl.elJeh. «397. S'il y a si très grant famine que il aient par disete jeûné trois jours ou quatre, on ne doit pas merveiller se on \uide le liu sauve
se [sa] vie, beaum. 67 Baron, or m'entendes,
Asés avez soufertes disietes et lastés; Li vilains bien le dist, et si est vérités. Que mieus nous vaut par arme avoir les chiés [chefs, têtes] coupés Que longuement soufrir les grans caitivetés, Ch. d'Ant. viii, 4B8. Et [que il] les taigne si près que il les face traire maugré els loig de la rivière as plains chans; et quant il seront esloigné, si auront moult grant disiete d'ewe, Merlin, f* 60, recto. Après plenté [abondance] vient grant disette, lehodx de hncy, Prov. t. II, p. 240. Il xiv* s. Car par ses grans outraiges [dépenses excessives] il giete Lui et sa femme en grant disette, J. de condet, p. I82. Carli vivres estoit vilainement faillis; Grant disette y avoient li grans et li petis, Guescl. 16233. || xv* s. Dont les Anglois eurent moult de disette et de cher temps , FROiss. I, I, tB9. Ilxvi's. Il ne faut que deux jours de pluye, et vingt et quatre heures de disette, pour mettre en murmure un regimen, langue, 203. La nécessité et disette de vivres où il se trouve le contrainct à ce faire, amyot, Arist. 35.
— ÉTYM. On a indiqué un mot hypothétique desita, formé sur le modèle de desitus, manque; mais Diez remarque avec raison que dans desila ou desitus l'accent est sur de, et que par conséquent disette n'en peut venir, et il indique desecta, chose rognée, de di'sectum, supin de desecare, retrancher, de la préposition de, et secare, couper (voy. section). Pourtant il faut remarquer la forme disgete (peutêtre, vu cette forme, faut-il lire disjete là où l'on trouve disiete), qui indiquerait le verbe jeter: la disgpte. l'action de jeter hors, de priver.
DISETTEUX, ECSE (di-zè-teû, teû-z'), adj. Il 1° Oui a le caractère de la disette. Si l'on considère la haine que les sauvages se portent de horde à horde, leur vie dure et disetteuse, la continuité de leurs guerres.... ravnal, Hist. phil.xv, 4. ||2° Qui est dans la disette. Une famille disetteuse. || S. m. et f. Celui, celle qui manque habituellement des choses nécessaires à la vie. Un disetteux. Une disetteuse. Il Comme substantif, il a vieilli.
— HIST. xiii* s. Ktcild'Andrenoble, qui leur chars avoient amenés avec aus [eux] , et povres et diseteus estoient de la viande, en chargierent à moult grant plenté, viLLEH. clxxvi. Que petis biens diseteus esleece [réjouit celui qui manque] , Poésies mss. du Vatican, dans LACURNE. || xvi* s. Au temps passé l'on estimoit un gentilhomme estre disetteux, et ne mériter d'estre appelé riche, quand.... langue, 17<.
— ÉTYM. Disette.
DISEUR, EUSE (di-reur, zeû-z') , s. m. etf.\\ !• Celui,celle qui dit. Et je ne hais rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations. Ces affables donneurs d'embrassades frivoles, Ces obligeants diseurs d'inutiles paroles, mol. Jft's. i, i. J'admire la rage et l'inutilité de ces diseurs de nouvelles, maintenon. Lettre à Mme desUrsins, isjuill. 1706. Il Diseur de riens, parleur qui ne dit que des choses futiles. La plupart grands diseurs de rien, Au grand malheur des gens de bien, scarron, Virg. trav. VI. Il Diseur de bons mots, homme qui affecte la recherche des bons mots. Dieu ne créa que pour les sots Les méchants diseurs de bons mots, la font. Fabl. VIII, 8. Diseur de bons mots, mauvais caractère, PASC Pensées, vi, 22, éd. Lahure, 4 880. Diseurs de bons mots, mauvais caractère; je le dirais s'iln'avait été dit, labrut. vm. || Diseur, diseuse de bonne aventure, homme, femme qui prétend prédire l'avenir consulter. Sur le sort de sa géni-
ture. Les diseurs de bonne aventure, la font. Fabl. VIII, (6. La massedes superstitions lucratives d'une contrée suit la proportion de ses prêtres, de ses devins, de ses augures, de ses diseurs de bonne aventure, et de tous ceux en général qui tirent leur subsistance de leur commerce avec le ciel, dideh. Opinions des anc.phil. (Égyptiens) .\\ Diseurdemots, sorcier. Il consultait matrones, charlatans. Diseurs de mots, experts sur cette alfaire, la font, llandrag. Il 2' Un beau diseur, ou, absolument, un diseur, un homme qui affecte de bien dire. Tu fais toujours le beau diseur et le grand esprit; apprends que j'en sais plus que toi, bauteroche, Crispin médecin, i, 6. Ils ne se moquent pas de lui comme d'un beau diseur d'agriculture, j.j.rouss. Ém.iv. Il Undiseur, un homme qui fait des phrases, des promesses. Monsieur, je ne suis point undiseur, mais je vous prie de croire que.... UT. 304 . Il Proverbe. L'entente est audiseur,
c'est celui qui a parlé, qui sait le mieux le sens de ce qu'il a dit.
— HIST. XIII' s. Et ot discort entre aus [eux] , et .se misent [mirent] en diseurs en la roine de France, Chron. de Rains, 213. || xiv* s. Un bon ami.... no croira jà telz diseurs, oresme, Eth. 238. || xv* s. Et est à savoir sur ce pas cy, que sauve la grâce des diseurs, qui ont dict que nos gens y fuirent et allèrent comme bestes sans ordonnance, que ce n'est mie vray, Bouciq. 1, ch. 24. || xvi* s. Me» livres tant beaux diseurs, marot, iv, <65. Que M. l'admirai avoit disposé de la guerre par des maximes ministrales et vouloit donner les diseurs pour juges aux faiseurs, d'aub. Hist. 1, 456. Communément un grand diseur Se trouve enfin petit faiseur,
LEROUX DE LINCY, Prov. I. II, p. 427.
— ÊTYM. Dire; provenç. dizedor, deiidor, diiidor; portug. diiedor; ital. dtci'lore.
t DISEXUEL, ELLE (di-sè-ksu-èl, è-l'), adj. Mauvais mot pour bissexuel.
DISGRACE (di-sgra-s'),ï. f. \\ 1» Perte des bonnes grâces d'une personne puissante. Encourir la disgrâce du prince. Il a soutenu héroïquement sa disgrâce, SÉV. 348. Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c'est le repos, la retraite, et un endroit qui soit son domaine; N"** a pensé cela dans sa disgrâce, et l'a oublié dans la prospérité, la BROY. VIII. La disgrâce éteint les haines et les jalousies, ID. XII. Rien n'est si voisin de la faveur que la disgrSce, maintenon, Lett. d'Aubigné, 3 juillet 1680. Pour langrir dans l'éclat d'une illustre disgiftce, VOLT. Sémiram. ii, 4. La disgrâce jette je ne sais quoi de touchant sur les grandes vertus et les qualités éminentes, mairan, Éluges, Gard. Polignac. Albuquerque mourut à Goa en 4 516, sans richesses, et dans la disgrâce d'Emmanuel, auquel on l'avait rendu suspect, raynal, Hist. phil. i, 17. Il Par analogie. Tous les hommes sont dans la disgrâce de Dieu, pasc. Juifs, l. Lorsque nous avons été assez malheureux que de tomber dans la disgrâce de Dieu, mass. Car. Temples. L'homme est maintenant en disgrâce chez tous ceux qui pensent, VAUVEN. Max. ccxix. Nous sommes tombés d'un tourbillon dont nous étions le centre, dans le tourbillon du soleil d'aujourd'hui; d'astres que nous étions nous sommes devenus lune, ayant par faveur autour de nous une autre petite lune pour nous consoler dans notre disgrâce, volt. Dial. xxix, 10. Il 2° État, par rapport aux événements, comparé à la disfirâce par rapport à une personne. Enfin donc ton amour ne craint plus de disgrâce, corn. le Ment, iv, 2. J'ai le cœur au-dessus des plus fières disgrâces, ID. Cid, il, 4. Voilà ce que c'est que du monde; la moindre disgrâce nous fait mépriser de ceux qui nous chérissaient, mol. Pr^c. 48. J'en juge par moi-même; et la moindre disgrâce, Lorsque je suis à jeun, me saisit, me terrasse, m. Sganar. 7. J'ai cru que notre mariage n'était qu'un adultère déguisé, qu'il nous attirerait quelque disgrâce d'en haut, ID. le Fest. i, 3. Ah! malheur! ah! disgrâce, ah! pauvre seigneur Sganarelle, où pourrais-je te rencontrer? id. l'Am. méd.i, 6. Et qui peut mieux que vous consoler sa disgrâce? bac. Hérén. m, 2. La mort n'est point pour moi le comble des disgrâces, id. Baj. n, 3. La Discorde, qui voit leur honteuse disgrâce. Dans les airs cependant tonne, éclate, menace, boil. Lufrin, m. Je cours trouver Lucain; plein d'une noble audace, De la liberté sainte il clianta la disgrâce, legouv. Épichar. et Nér. i, 3. || S' Mauvaise grâce. Elle a de la disgrâce dans le maintien. Cet homme met de la disgrâce jusque dans le bien qu'il fait. On aura craint sans doute la disgrâce attachée à la forme didactique, qui effarouche la plupart des lecteurs, Mém. sur les finances de l'Anglet. trad. de l'anglais, Mayence, 1768, introd. p. 1. C'est à de tels contrastes [la rudesse et la servilité] qu'il faut attribuer la disgrâce allemande, que l'on se plaît à contrefaire dans les comédies de tous les pays , staël, A llem. m , il.
— HIST. XVI* s. Lors de la disgrâce dudit d'Aubigné, il voulut à toute force suivre la fortune du disgracié, d'aub. Vie, Lvi.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, dans le sens négatif, et grâce.
DISGRACIÉ, ÉE (di-sgra-si-é, ée), part, passé. Il 1° Qui est tombé dans la disgrâce. Un ministre disgracié. Rien n'est l'ien d'un homme disgracié; vertus, mérite, tout est dédaigné ou mal expliqué, LA BRUT. XII. Plus frappés des talents personnels que du pouvoir ou du crédit, ils regardaient alors comme leur chef Bolinghroke disgracié, mais à qui la disgrâce avait laissé son éloquence, son courage et l'élévation d« ■wrn caractère, condorcet. Troncliin,
DIS
Il SuhsUntivement. Les disuraciés ont peu d'amis à la cour || i° Fig. Le café est disgracié ici et par conséquent je n'en prends plus, sev. tub. || Un amant disgracié, un amani qui a perdu les bonnes gr&ces lie sa dame. Matia ne savait cependant pas qu'il fût disgracié, h*milt. Gramm 4.11 On le dit aussi, bien que plus rarement, d'une nialtrosse qu'on quitte. La Casielmaine est disgraciée, c'est ainsi qu'on en use dans ce royaume-là [Il s'agit d'une maîtresse renvoyée pa; le roi d'Angleterrt], sévignB, I2H. Il 3* Uisgracié de la nature, et. absolument, disgracié, qui a quelque diiïormilé d'un aspect désagréable. Il y a des personnes à qui les défauts siéent bien, et d'autres qui sont disgraciées par leurs bonnes qualités, la HOOiEr. tlefl. m. Ce fut une fortune pour Mlle d'AubIgné d'épouser cet homme disgracié de la nature, volt. LouU XIV, il. Il 4" Terme de marine. Mann disgracié, niarin qtii est en instance pour son rapatriement, et avant qu'il l'ail obtenu.
DISGRACIEn(di-sgra-8i-é), je disgraciais, nousdisgraciions, vous disgraciiez; que je di -gracie, que nous disgraciions, que vous disgraciiez, v.a. Ketirer ses bonnes gr&ces à quelqu'un. Le roi l'a disgracié.
— HIST. XVI" s. Toute hospitalité me seinbleroit disgraciée, si la nécessité m'y avoil enchevesiré, MONT. IV, «7, Une vieillesse nécessiteuse et disgraciée, ID. IV, 204. Kt ce sera contre ceui qui se plaignent, disans que l'homme est le seul animal disgracié de la nature.... charron, Sagesse, l, 3i.
— RTVM. Disgrâce. DlStinAClEUSEMENT (di-sgra-si-€û-ze-man) ,
adv. D'une manière disgracieuse
— HEM Disgracieuseiuent n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1836.
— Rtym. Disgracieuse, et le suffixe ment. DISGRACIEUX, EUSE (di-sgra-si-eû, eù-z'), odj.
Il 1* Qui est tout à fait dépourvu de gr.1oe, d'agrément. Un homme disgracieux. Un enfant disgracieux. Il 2* Oui cause une disgrâce, un déplaisir. Cela est tout à fait disgracieux. Son accueil fui disgracieux. Il faut passer vite sur ce que peul nous offrir de disgracieux cette aventure.
— REM. Disgracieux n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de t70ï.
— ËTYM. Dis.... préfixe, dans le sens négatif, et gracieux.
I DISGRÉRATION (di-sgré-ga-sion) , t. f. Terme didactique. Destruction de l'état d'agrégation. La disgrégalion des particules d'un corps. || Terme d'optique ancienne, qui se disait de la propriété attribuée à certaines couleurs, d'écarter les rayons visuels et de rendre la vision plus nette,
— IIlST. XVI' s. Disgregation, ouDi».
— ÊTYM. Dis.... préfixe, dans le sens négatif, et un radical qu'on verra dans agrégation.
DISJOINDRE (dis'-join-dr'), v. a. || 1* Séparer ce qui était joint. La sécheresse a disjoint les janles de celte roue. || i' Terme de procédure. Séparer deux ou plusieurs causes pour les juger à part. Disjoindre deux instances. || Absolument. Sauf à disjoindre s'il y échet. || 3" Se disjoindre, ». réfl Devenir disjoint. Les als commencent à se disjoindre.
— HIST. XIII* s. Ll rois tint un couiel à pointe; Dou col a la teste desgointe, flen. 2ot8. Il fu jugié que, puisque Pierres avoit joint aveques son fief ce qui estolt tenu de li en vilenage, il nel puoit desjoindre ne eslongier, beaum. xlvii, 9. || xiv s. De la proportionalité qui est appellée disjointe ou divisée, il est manifeste que elle est en quatre termes, ORESME, fc'th. <46. Des autres mois soit [mars] desjoins et osiez Et de nature oubliez et haïs, uachault, p. 4 3U. Il XV* s. Le traiclé par lequel [le duc] ne se desjoingnoit d'eulx, comm. ii, *. ||xvi*s. Depuis que la bataille [phalange] niacedonieneest une fois entreouverte et disjointe , elle perd toute sa force , amtot, t'tamin. <3. Lesdits os se disjoignent et séparent. PARE, XVIII, 43.
— ETYM. l'rovenç. desjnnher, dejnnher; anc. catal. disjuiiyr; liai. disgtiignere;(iu lalin disjiiugere, de di<.... préfixe, et jun.vere (voy. joindre).
D'SJOIiNT, OINTE (dis'-join , joint'), part, passé de disjoindre. Qui n'est plus joint. Des planches disjointes. || Terme de musiijue. Degré disjoint, passage d'une note à une autre qui ne la suit |>as immédiatement dans la gamme. || Terme de minéralogie. Variété disjointe, variété dans laquelle les décrolssements font un saut brusque , comme de un à quatre ou à SIX.
UISJONCTIP, IVB (dis'-jon-ktif, kti-vM, adj. Il 1* Terme de grammaire. Qui sépare les idées tout en unissant les expressions. Ou, loiil, ni, sunl des mots disjouclifs. Farlicules disjonctives. || 6'. ^ La
DIS
dl.sjoncuve ou. || 1* Terme de logique. Proposition disjonctive, celle qui est composée de deux membres entre lesipiels se trouve une particule disjonctive. Il Syllogisme di^jollctlf , celui od la majeure est séparée en deux ou filusienrs membres par une conjunctlon disjonctive. || 3* Terme de botanique. Insertion disjonctive, insertion dans laquelle les pétales et les éiainines sont attachés sous le disque, par exemple les simaruubées.
— HIST. XIII* s. Et por ce que son aversaire ne conolsl pas la desjointive à la première parole, que .se il dit, au premier, le et, et il dit, au donner des gages, («ou.... Alt. de Jér. i, t44 || xvi* s. Il .se vante de deux cJioses l'une, et fait son compte de la première partie de la disjonctive, ou qu'il sera roy de France, ou moy empereur, M. no blll. 3uo.
— £TVM. l'rovenç. di.'ijuncliu ; espagn. disyunetivo ; liai. disgiuniirn;i\u lalin dif/uricd'i ut, dédisjunctum, supin de disjungere, disjoindre.
t DlSJONCTIFLORB ('dis'-jon-llti-no-r' ) , adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs écartées les unes des autres.
— F.TVM. I.at. disjunctxu, disjoint, et ftos, (leur.
Dl.sjtJNCTION (dis'-jon-ksion; en vers, de quatre s\llahes), s. f. || 1° Séparation de deux choses qui étalent joinle.s. Li disjoiiclion de deux planches. Il Terme de tératologie. Anomalie par disjonction, anomalie caractérisée par la séparation de parties ordinairement continues. || S* Terme de rhétorique. Sorte d'ullipse par laquelle on sufiprime, pour obtenir plus de rapidité, les conjonctions copulatives qui seraient naturellement exigées, comme dans ce vers de Iloileau : Le faux est toujours fade, ennuyeux, languissant. || 8° Terme de procédure. Séparation de deux instances, de deux procédures.
— HIST. XVI* s. Nature ne se sert d'autre moyen pour détruire et ruiner toutes les créatures, que de discorde et disjonction, yver, p. 666. Le chirurgien est deceu, estimant qu'il y ait luxation, et nou disjonction de l'epiphyse dudit os, pakE, xiu, 2<.
— ETYM. Lat. disjuTictio, de dtfju/ictum, supin de disjungere , disjoindre.
t DISLOCATECR, TRICE (di-slo-ka-teur, tri-s'), adj. Qui disloque. Très-probablement l'avenir fera découvrir d'autres influences dislocatrices [dans les couches géologiques], en permettant de distinguer certaines directions qui sont simplement rapprochées, fournet, ilcod. des se. Comptes rendus, t. lv, p. 86).
DISLOCATION (dl-slo-ka-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1* Séparation des pièces d'une machine. La dislocation de la voiture qui avait roulé dans un ravin. || Fig. Le travail et la sueur du paraphraste [des psaumes] se lisent avec ses pointes et ses antithèses.... les ciseaux, les marteaux et les tenailles, les dislocations et les ruptures se voient et se sententdans chaque vers, balz. Socr. chrét. Disc. 7. Il ï* Terme de chirurgie. Luxation d'un membre. La dislocation de l'épaule. || Terme de géologie. Rupture des couches terrestres. Tout porte à croire que les canaux qui ami'iient à la surface les eaux et les gaz des sources minérales actuelles, ne suntque le résidu des conduits InHiiimenl plus nombreux et plus vastes qui se sont ouverts à chaijue époque de dislocation et d'épanchemenl, L. cordier, Acad. des se. Comptes rendu*, t. liv, p. 297. || 3* Terme de guerre. La dislocation d'une armée, la répartition de ses corps en divers cantonnements. Murât profita de ce'te incertitude pour s'arrêter plusieurs jours à Gumbinen et pour diriger sur les différentes villes qui Ixirdent la Visiule les restes des corps; au mo ment de cette dislocation de l'armée il en réunit les chefs, SÉGUR, llist. de Sapol. xii, 6. || La dislocation d'un empire, sa dissolution en moindres États. La dislocation de l'empire d'Alexandre.
— HIST. xiv* s. Le quari traiilé sera des dislocations, R. DE U0NDEVILLE, f* 4. Il XVI* s. La luxation qui se fait par elongation ou eslargissemeni des ligamens, n'est pas vraie dlslocati'iii, mais est un chemin à ce faire, pare, xiv, i. Ceci esi plaisant à considérer: par la dislocation que les passions apportent à nostre raison, nous devenons vertueux, mont. II, 327.
— ETYM. Disloquer; provenç. dislocacio; espagn. ditloracion.
UISLOgUË. ËR (di-slo-ké, kée), part passé. Il 1* uui a perdu ses emboîtements. Une machine disloquée. Il 2* Luxé. Une cuisse dislstguée. Il lui faisill un détail de bras cassés , de janilies démises , d'épaules disloquées cl d'autres aventures curieuses et divertissantes, iiahilt. Gramm. 7. Il Être disloqué, tout disloqué, avoir une infirmité grave qui rend la station et les mouvements très-
DIS
difficiles. || Dégingandé. Il a l'air tout disloqué. Il 3* Par extension. Une armée disloquée, une armée dont les différents cur|ik ont été répartis en leurs garnisons ou cantonnements. || Un empire disloqué, un empire qui se divise en moindres biaK. Il Terme de litlérature. Discours divloqué, pièce disloquée, discours ou pièce dont les diverses parties ne se ré|uindenl pas ou ne tiennent pas ensemble, t DISLOQUK.MENT (di-slo-ke-man), (. m. Ëtat de ce qui est disloqué. L'Africain se mit à gamliader malgré le disloquement de ses membres, cbatsaub. Satch. m, 124.
— ETYM. Disloquer; provenç. delogamenl; ital. dis/orampnro.
IHSLOUIKR (di-slc-ké), V. a. ||f Débotter des pièces d'une machine. Cette lorgnette est dlsjoquée. |l 2* Luxer. Dish>qiier le bras, les us du bras. Se disloquer le bras. Il Rompre les articulations, soit par un accident, soit par un supplice. C'est elle [la synat'ogue] qui veut qu'on l'éteiide sur la croix [Jésus- Clirist|, et qu'en l'y étendant on lui disloque tous les membres, bourual. Exliort. Crucif. et mnri de J.-C. t. II, p. 176. Je ne crois [>as qu'on le condamne à être disloqué et brûlé à petit feu, volt. Roi de Prusse, <69. M.illieureusementon ne convient p.'is trop quels sont les indices assez puissants pour engager un juge i commencer par disloijuer les membres d'un citoyen, son égal, par le tourment de la question, ID. l'ol. «I législ. La méprise dArrai. Il 3* Disloquer une armée, en réfianir les corps en leurs cantonnements, en leurs garnisons. La paix se fit, et 3n disloqua l'armée. || 4* Se disloquer, V. réft. Être disloipié. Le tourne- bruche s'esi dlsloi{Ué II tomba et son bras se disloqua. || Être dispersé. Notre société s'est dislocjuée.
— HlST. xvr s. Quand les sages-femmes, tirans les bras des enfans, disloquent les jointures de l'espai-.le nu de la cuisse, PAaé, xiv, a. Toutes jointures se peuvent delouer, ID. xiv, 6. Mon ame n'aurolt jamais la force de porter les alarmes et esmolions qui suivent ceuli qui embrassent tant; elle seroit Incontinent disloquée par celle agitation intestine, MONT. IV, t47. Tesmoin Gallus Vibius, qui, pour avoir trop bandé son esprit à comprendre l'essence et les mouvemunts de la folie, disioca et desnoua son jugement si qu'il ne le peust remettre, CUAS- BON, Sagisse, I, 17.
— Etyh. Dis.... préfixe, et le latin locare , placer, de focui, lieu : chasser de son lieu, desaplaoe; provenç. di*locar, desloguar, dùlocar; espagn. distocar, porlug. deslocar; ital. dislncare , dislogare , diiiuogare. Delouer dans Paré est équivalent au lalin delncare, comme louer à locare.
t DISOiME (di-so-m'), adj. Terme de tératologie Qui a deux corps.
— ETYM. Ai(, deux, et a<5|ta, corps.
-j DISPACIIE (di-spa-ch') . 1 ^. Terme de droit maritime. Espèce de discussion et d'arbitrage entre les assureurs et les a.ssurés.
— ETYM. ItaL dùpoecto, le même que dépêche (voy. ce mol).
j DISPACHEUR (di-spa-cheur), $. m. Arbitre en matière d'assurances maritimes.
DISPARAISSA.NT, ANTE (di-spa-rè-san, san-f), adj. Qui disjiaralt. ll regarde sa vie.... comme l'ombre qui s'étend, se rdrécit, se dissipe, sombre, ville et disparaissante figure, fl£cb. Dauphint.
DISPARAÎTRE (di-spa-ré-ir'). je diAparais, tu disparais, il disparaît, nous disparaissons, vous disparaissez, ils disparaissent; je disparaissais; je disparus: je disparaîtrai; je disparaîtrais: disjiarais, qu'il disparaisse, disparaissons, disparaissez; que je dispa.-aisse, que nous disparaissions; que je disparusse, disparaissant, disparu, 0. n. || 1* Cesser de paraître, d'être visible. Les astres ont disparu descieux. le joura disparu. Calypso était sans cesse tournée vers le cAlé où le vaisseau d'Ulysse, fendant les ondes, avait disparu i ses yeux, fEn. Til.i. La mer a disparu sous leurs nombieux vaisseaux, DELiLLE, Enéide, iv. C'est pillé de voir quand une terre tombe entre les mains de ces gens là (ceux qui l'achètent pour la revendre par petits lots] : elle sa |>erd, disparaît, p. L. COUR. Ullre v. Lncore une étoile qui file. Qui file, file et disparaît. bGhano. ta étoiles. Il 2* l'ar extension, cesser d'être, deilsler. Où va donc se rendra cette multitude infime de créatures qui disparaissent tous les jours à nos yeux? HASs. Carême, Elus. Faisons disparaître La liuiite de cent rois el la mienne peul-eire, rac. Uithr. m, t. Nous disparaîtrons, moi qui suis si |>eu de chose, et ceux que je contemplais si avidement el de qui j'espérais toute ma foriune, la bhlt. viu. Une république fameuse, remarquable par la
DIS
singularité de son origine.. ..'a disparu de nos jour», sous nos yeux, en un moment, paru, llixl. de la répuhl. de Venise, t. i, p. <. J'ai plongé cent peuples fameux D.ins un alilmo de ténèbres Où vous disparaîtrez comme eux, vRr\ng. Tcmp*. ||0n dit dans le même sens disparaître de. Troie a disparu de la suiface de la terre. Au.ssitôl de la lerre ils disparurent tous, BAC. Eslh. II, I. Il On dit aussi disparaître à. Mourir, disparaître à tout ce qui nous environne, entrer dans les ahiraes de l'éternité, mass. Carime, J/ort. || 3" Fig. lître éclipsé, eiïacé. Toute autre gloire disparut devant la sienne. Tout disparaît dans Rome auprès de sa splendeur [de l'empernur) , BAC. Wrifn. m, 2. || 4° Se retirer dans la solitude, dans la retraile. dans un couvent. C'est maintenant. Seigneur, que je vais disparaître avec joie pour toujours au monde, mass. Confér. fuite du vinnde. || Disparaître de la scène du monde, et, absolument, disparaître, cesser de se montrer dans le monde. Il [Paracelse] quitta l'Alsace, il revint en Suisse, il disparut pendant onze ans, dider. Opinions des anc. phil. (Thénsophes). || 6° Se retirer, s'éloigner. Et qui peut faire ainsi disparaître la reine? CORN. Sertor. iv, 3. Cette grande armée [la flotte hollandaise] qui devait empêcher cette jonction [de Tourville], et qui était à une île trèsproche de Belle-Ile, est disparue; on ne sait où elle est allée, sév. B70. Pour tirer l'homme enfin de ce désordre extrême, Il fallut qu'ici-l)as Dieu, fait homme lui-même, Vint du sein lumineux de l'éternel séjour.... A l'aspect de ce Dieu les démons disparurent, bOiL. Sat. xit. Un homme habile sait .s'il convient ou s'il ennuie; il sait disparaître le moment qui précède celui où il serait de trop quelque part, LA BRUY. V. Et sans doute elle attend le moment favorable Pour disparaître aux yeux d'une cour qui l'accable, rac. Bér. t, 3. on dirait que je suis une ombre qui veut encore rester sur la terre, quand les rayons du jour, quand l'approche des vivants la forcent à disparaître, stael, Corinne, xviu, 6. Il S'éloigner à la hâte. Les Tyriens, jetant armes et boucliers. Ont par divers chemins disparu
les premiers, rac. Alhal. v, 8 Disparaissant à
mon oeil désolé. Vous avez traversé cette foule sanglante, VOLT. Scythes, v, ♦. || S'esquiver furtivement. Cet agent de change a fait ban'iueroute et il a disparu. On dit que cette jeune fille a disparu avec son amant. Cependant cette fille disparaît, et vous êtes convaincu de l'avoir emmenée, d;oerot, Père de famille, iv, 7. || 6° Venir à manquer subitement, en parlant des personnes. Il [le roi] est parti % dix heures sans que personne l'ait su.... au lieu d'aller à Villers-Cotreis, il est allé à Nanteuil, où l'on croit que d'autres se trouveront, qui sont disparus aussi, si!v. t:i4. || Il se dit aussi des choses. Oui a pris l'argent qui était sur cette table? Je n'ai fait que tourner la têie et il a disparu.
— REM. Disparaître se conjugue avec l'auxiliaire fltotr, quand on veut exprimer l'action : ces feux oiitdisparu tout à coup; avec l'auxiliairs être, quand on veut exprimer l'état: ces feux sont disparus depuis longtemps.
— HIST. ïiii* 8. Quant [ilj eut ço dit, of [avec] la luur 11 dispaniit devant le jur, Éd. le conf. v. )8i3. Il XVI' s. Pour leur osier la vene de son corps, Jésus Christ ne s'est point fait invisible, mais seulement s'est disparu, Calvin, Instit. il 24. Comme, advenante la lumière du cler soleil, disparent tous iuilins. RAB Pant. m, 2*. Peu de jours après Romulus disparut si estrangement que l'on ne sceut jamais ce qu'il devint , amyot , Kom. 43. Ceste tiirche.... alla disparoir au propre endroit où les pilotes avoient délibéré d'arriver, ID. Tiinol. *«.
— ETYM. Dis.... préfixe, dans le sens négatif, et paraître ; ital. disparere. Tandis que disparaître vient d'un laiin fictif disparescere, disparoir, de l'historique, vient du latin fictif disparere. Disparerit est formé aussi dedisparere, comme il appert de apparet.
i. DISPARATE (di-spa-ra-f), t. f. Terme vieilli. Incartade, action capricieuse et déraisonnable. Quelle disparate je vais faire ! sÉv. 388. Ce sont ces disparates-là qui font que je vous crains près de moi, MAINTENON, Lettre à dÀubigté.i6 oct. 1685. Ce qu'il fallut essuyer de disparates de sa part (du duc de itohanjne se peut imaginer, st-sim. 84, 69. Il On trouve aussi disparade. Ils [le roi et la comtesse de GrammontJ se raccommodèrent, à condition d'v plus faire (qu'elle ne fît plus à Port-Royal] de ces disparades, lo. II8, 42.
— ËTYM. Genevois, un disparal; de l'espagnol disparate, sottise, extravagance. L'Académie a fait àisparate du féminin, bien qu'il soit masculin en
DTS
espagnol. L'espagnol disparat$ tient au verbe ditparar, faire des sottises, des incartades, qui est le latin dispnrare (voy. msPARATE 2|.
2. ni.SHARATE (di-spa-ra-t'). || i'Adj. Qui tranche l'oriement sur. L'aciueil si contradictoire et sidis(iaraie fait au comte de NeuiUy et au duc de Surrey, D ALEMB./lcad./r. t. v, p. 586. Les lois générales enchaînent les uns aux autres les phénomènes qui semblent les plus disparates, laplace, Exp.iv, (4. I! 2" S. f. Une disparate, défaut d'analogie entre les mots, entre les idées, entre les choses. I! y a trop de disparate entre ces couleurs. Ces choses font disparate. Ce mélange de magnificence et de rusticité forme une disparate et non un contraste, deux choses tr's-difl'éreiites et que le mauvais goût confond souvent, m" de genlis, ieç. d'une gouv. t. Il, p. 398, dans pouGENS. Tout ce que les empereurs ont touché à Athènes forme une disparate sensible avec les chefs-d'œuvre du siècle de Périclès, cha-
TEAUB. Itin. 228.
— SYN. DISPARATE, coNTRASTB. Un Contraste est agréable, une disparate est toujours choquante; en général, on peut appeler disparate une opposiiion trop forte et trop tranchante; et contraste, une opposition délicate qui ne produit qu'une surprise modérée et un sentiment plus doux et plus profond que violent, h" de genus, lef. d'une gouvernante, t. II, p. 397.
— lîTYM. Lat. disparatus, inégal, différent, de disparare, de dis.... préfixe, et parare (voy. PA- BEB). Disparate 2 et dtsparate t ont deux origines différentes, l'un dans le latin, l'autre dans l'espagnol.
t DISPAREIL, EILLE(di-spa-rèU, è-U', U mouillées), adj. Qui n'est point pareil.
— HIST. XVI' s. Des compaignons si dispareils,
MONT, m, 184.
— ETYM. Dis.... préfixe, et pareil.
DISPARITÉ (di-spa-ri-té), ». f. Qualité do ce qui
n'est pas pareil, manque de parité. J'avoue que je ne comprends pas sur quoi l'on peut fonder la disparité de cette économie, puisque.... boullainvil- LiERS, Réfut. de Spinosa, p. 134. Ces vues si déshonnêtes et si communes, qui compensent aux yeux des parents l'extrême disparité d'âj^e, dider. Essai s. Claude, i, § i>5. Ont-ils bien examiné la disparité des cas, ceux qui comparent l'exemption de toute retenue [sur les rentes de l'État] avec des conditions usuraires? mibabeau. Collection, t. iv, p. îoo.
— HIST. XVI' s. Us trouvoient chose délicieuse de charger les Suisses, quelque disparité qu'il yeustde mille clievaux contre une juste armée, d'aub. llist. I, 2(H. Si nous con.siderons un paysan et un roy, un noble et un vilain, un magistrat et un homme privé, un riche et un pauvre, il se présente soubdain à nos yeulx une extrême disparité, qui ne sont ilifferenis, par manière de dire, qu'en leurs chausses, HONT. I, 326. La disparité si grande les met hors du commerce des hommes charbon, Sagesse, I, 64
— ÉTYM. Dis.... préfixe, et parité; provenç. dispnritai; esp.ign. disparidad; ital. disparità.
DISPARITION (di-spa-n-sion; en vers, de cinq syllabes), s. {. Action de disparaître. La disparition d'une comète. |{ Absence subite d'une personrie ou d'une chose. Il n'a pas été trouvé à son domicile; cette disparition excite les plus étranges rumeurs. La disparition d'une somme d'argent considérable.
— HIST. XVI' s. Disparition, amvot, Rom. 44.
— ETYM. Voy. DISPARAITRE. Génev. dis:paruiion. DISPARU, UE (di-spa-ru, rue), pari, passe de
disparaître. Qui ne paraît plus, qui n'est plus visible. On cherchait encore de l'œil à l'horizon le navire disparu. Le jour est disparu. Quoi! de quelque cfllé que je tourne la vue, La foi de tous les cœurs est pour moi disparue? bac. Mithr. m, 4. Modes, Assyriens , vous êtes disparus; Parthes, Carthaginois, Romains, vous n'êtes plus, l. rac. Relig. ch. III.
t DISPENDIECSEMENT (di-span-di-eû-zo-man), adv. D'une manière dispendieuse.
— ETVM. Dispendieuse, et le suffixe ment. DISPENDIEUX, EUSE (di-span-di-eû, eû-z'), adj.
Qui exige une grande dépense. Une dispendieuse entreprise. Un état de maison dispendieux. Dans le cas où ils murmureraient du sacrifice de leurs richesses au rétablissement dispendieux des temples caducs, dider. Lett. à Galiani.
— ItEM. Dispendieux n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de I762.
— ETVM. Lat. dispendinsus, de dispendium, dépense, de dispendere, dépenser (voy. dépendre, dans le sens de dépenser).
DIS
+ DISPENSABLE (di-span-sa-W), ad}. Pour lequel
on peut accorder dispense. Cas dispensaide.
— HIST. XVI' s. Son mariage estant déclaré nul, et la dispense nulle, comme donnée sur un cas non dis|>ensal>le, H. nu bell. <9I.
— ETVM. Dispenser.
DISPENSAIRE (di-span-sê-rO, ». m. \\ !• Terme de médecine. Ouvrage contenant la description des médicaments simples ou composés, et les formules des préparations officinales. || Lalioraloire où l'on prépare les substances qui entrent dans les médicaments composés. Il 2° Établissement de bienfaisance institué pour donner gratuitement des soins et des médicaments aux malades indigents qui peuvent être traités dans leur domicile. || Dispensaire de salubrité, et, absolument, dispensaire, établissement destiné à la visite des filles publiques.
— ÉTYM. Voy. DISPENSER.
t DISPENSATAIRE (di-span-sa-tê-r"), ». m. et^. Celui, celle qui a reçu une part dans la dispensalion de quelque somme. Chaque dispensataire des largesses du prince, legoarant.
— ETYM. Dispenser.
DISPENSATEUR, TRICE (di-span-sa-teur, tri-s"), s. m. et f. Celui, celle qui dispense ou distribue. La justice est la dispensatrice des peines et des récompenses, FURETiÈRE. Ils sont Ics dispensateurs des trésors célestes, patru. Plaidoyer 5, dans hi- CHELET. Grand roi, de l'innocence auguste protecteur. Des peines et des prix juste dispensateur, ROTROO, Vencesl. tv, 6. Les riches sont seulement dispensateurs de leur superflu, pasc. Prov. (2. [Les juges] afin d'y agir [dans les condamnations à mort] comme les fidèles dispensateurs de cette puissance divine d'ôter la vie aux hommes, ID. ib. 14. Le chancelier est le dispensateur des rémissions et des grices du roi, LE maîthe. Plaidoyer 2, dans hichelet. Sacrés dispensateurs de la parole évangélique, mass. Or. fun. Villeroy. Sans remonter au souverain dispensateur des choses humaines, id. Petit, car. Respect. Ce sont les dispensateurs ignorants et infidèles du sacrement de pénitence tout seuls qui ont changé la face du christianisme, ID. Confér. excell. du sacerdoce. Des vrais lauriers sages dispensatrices, Muses, jadis mes premières nourrices, J. b. rouss. Epitr. 1, \. Un grand ministre est celui qui est le sage dispensateur des revenis publics, montesq. Esp. xiii, ts. Prince, ne croyii pas que ces hommes vulgaires Soient les dispens.^teurs de l'immortalité, VOLT. Ép. 12. Le hasard, des hauts rangs dispensateur suprême, gilb. Au prince de Salm.
— HIST. xii* s. E tut cil qui laburent el champ nostre Seignur, Ne seient dechacié n'osté de lur tenur: Car serf Jesu-Crisl sunt e si despensatur, Th. le mart. 73. || xiV s. Les dispensateurs et ordeneurs de la policie, orksme. Thèse de meunier. (I xvi* s. Les anges sont dispensateurs et ministres de la libéralité de Dieu envers nous, calvin, Instit. 106. Aussi n'en sommes nous que dispensateurs [de nos biens], lanoie, I7.">. Ayant à payer à tant de gents selon qu'ils ont deservy, un roy en doibt estre loyal et advisé dispensateur, mont, iv, 9.
— ETYM. Provenç. despessaire, despensador, dispentador ; espagn. dispensador ; ital. dispensât ore , du latin dispensa/orcm, de dispensare, dispenser. Dans le provençal, despessaire est le nominatif du latin dispetwdtor, avec l'accent sur sa; despensador est le régime, de dispensatôrem, avec l'accent sur to.
t mSPENSATIF, rVE (di-span-sa-tif, ti-v'), adj. Qui dispense de. Nul ne doit être exempt de la ri''gle faite pour tous, et nous ne devons pas reconnaître dans les mains du ministre un pouvoir dispeiisatif des lois. Rapport administratif, cité dans legoarant.
— ETYM. Dispenser. On trouve dispensatif dnns le xiv* siècle, mais avec le sens de: qui distribue, qui répartit: Mes est tant seulement juste dispensatif, ORESME, Eth. 189.
DISPENSATION (di-span-sa-sion ; en vers, de cinq syllabes) , s. f. \\ 1° Action de dispenser, de répartir. La dispensation des grâces, des récompenses. La dispensalion de piélatures, patrc, Plaidoyer 4, dans RICHELET. Quels pères, quels enfants, quel» citoyens n'eussiez-vous pas faits de nous par la seule dispensation de l'honneur et de la honte? baynal, His(. p/u7. 1.8. |( 2° Administration, conduite. Je sais qu'une sage dispensation a obi gé l'Église de se relâcher des épreuves publiques de la péniieiice, MASS. Car. Élus. J'ai reconnu deux sortes de disp>nsalions dans l'ordre physique: la première est celle qui détermine ce que j'ai nommé Ih cours ordinaire de la nature ; la seconde est celle qui détermine cet
DIS
DIS
DIS
événements extraordinaires que j'ai nommés des miracles, BONNET, Palinf/én. (8' pari. ch. 2. || 3' Terme de pharmacie. Opùration consistant à peser, conformément iiux doses prescrites pour les médicaments, les drogues simples, et à les arranger dans l'ordre où elles doivent Cire mises en usage.
HIST. XII* s. Dunkes par une mervilliouse dis-
pensation avient ke.... Job, 466. || xiu" s. Autri propriété, n'autri posses.->iou. Ci ne puet cheoir grâce, ue dispetisacion, j. de meung, Test. H48. ||xv*s. It le roi de PortingaLdemaria [rompit le mariage du] la Rite du fils du comte de Cantebrugo par la dispensation du pape, fdoiss. Il, ii, 147. Pour laisser le gouvernement Avec la dispensacion [adminisiraiion] De l'ostol et de la maison, e. desch. Poésies tnss. f° 601, dans LACURNE. Leurdist: mesaïuis, vous faites comme celuy qui espouse sa cousine, puis en demande dispensation, J. de Saiiilri, p. 535, dans LACUKNE. || xvi* s. Us sont mau<lits, s'ils ne preschent l'Evangile, veu que la dispensation leur en est commise, calvin, Jusiit. 8f>0. Une si dirScile dispensation et ordimnance de divers noms d'honneur [en tète des lettres], jdO.-<T. l, 293.
— ÊTYM. Provenç. dispcnsadVm; espagn. dispensncion ; \ia\. dispensaiione ; du latin dùpensalionim , de dispensare, dispenser.
DISPENSE (di-span-s'i, s. f. || !• Au sens positif, qui dérive directement de dispenser, distribuer, autorisation, permission. Iiispense de manger de Il viande. Le pape ne donne point de dispense de ce qui est contre le droit divin. X Rome on ne lit point Boccace sans dispense, la font. Bail, sur les romans. || Dispense de mariage, proprement dispense relative aux empôcliemenls, mais aussi, dans le droit canonique, aux publications et au domicile. On attendait la dispense d« Uome pour aller à l'autel, UARMONT. lîém. viii. Il Indulgence, remise. Oo écrit que l'Église donne des dispenses des crimes les plus atroces, Boss. Avert. 4. || i' Au sens négatif, permission de ne pas faire, exemption. Dispense à-i jeûner. Dispense de faire maigre. L'administration accorde des dispenses d'âge, d'examen en certains cas qui paraissent les comporter. La rigueur de la mort se voulut assouvir, Et mon atTection n'en
put avoir dispense, malii. vi, 20 Enfin il était
homme; On n'a point pour la mort de dispense de Rome. uoi.. l'Élour. n, *. D'abord il [Halley, célèbre astronome anglais] prit ses degrés de maître es arts, ayant obtenu des dispenses honorables à l'occasion de son voyage, uaiban, Éloges, Halley. || Par extension. Vos souffrances seraient donc le déisaveu de votre doctrine; votre croix, la dispense de vos préceptes crucifiants, et votre mort douloureuse, l'adoucissement de votre Évangile îmass. 6'ur. Passion. Il 3* La pièce qui constate la dispense. Voyons votre dispense.
— HIST. XV' 8. Hais de vin [il] se faut abstenir; No pourroi-je point obtenir Pour cet eiïet quelque dispense? basselin , un. || xvi* s. Son mariage estant déclaré nul, et la dispense nulle, comme donnée sur un cas non dispensable, H. du bell. 4 91.
— tTYM. Voy. DISPENSER.
DISPENSÉ, ÉE (di-span-sé, sée), part, passé. Il 1° Réparti. Des récompenses dispensées à ceux qui les méritaient. Il 3* Qui a exemption de.... Dispensé déjeuner. Dispensé du service militaire, eu raison de ses infirmités.
DISPENSER (di-span-sé), v. a. || l» Départir, distribuer. Et qu'à bien dispenser les choses, 11 faut mêler, pour un guerrier, X peu de myrte et peu de roses, Force palme et force lauriers, ualh. iv, 6. L'autorité de l'homme est de peu d'importance. Et passe en un moment; Mais celte vérité que le ciel nousdispensc Dure éternellement, corn. Zmi't. i, 6. Les siens qu'il agrandit, les grâces qu'il dispense, BOTROU, Vencesl. i, 6. Au point que la nuit semble efTacer les couleurs. Dispense le sommeil et charme les douleurs, brlbeup, Pliars. ii. 11 est besoin d'une grande sagesse pour dispenser la connaissance de la vérité, arnauld. Fréquente communion. Préface. Quant à son temps, bien sut le dispenser: Deux parts en Ht, dont il soûlait passer L'une à dormir et l'autre à ne rien faire, la font. Son épilai-he faite par lui-même. Qui dispense la réputation? rAsc. dans cousin. La sagesse qui dispense les grâces. Boss. le Tellier. Dieu qui dispense les maux selon les forces, fléch. Aiguillon. 11 leur dispense avec mesure Kt la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits, bac. Athal. 1,4. Elle dispensa de grandes louanges à l'éducation qu'on donnait à Saint-Cyr, iiAiNTENON, Vett. à Mme de Caylus, i» nov. »7I6. Gouverner les celliers et dispenser le vin, rollin, hisl. anc. (ICutres, t. vu, p. 2&8, dans pouotNS. 11
pe soleil] dispense les jours, les saisons et les ans A des mondes divers autour de lui flottants, volt. Ilenr. vi. jj i' Terme de pharmacie. Préparer. Vieux en ce sens. Dispenser la thériaque. Les statuts des épiciers portent que les aspirants à la maîtrise dispenseront leurs chefs-d'œuvre en présence de tous les maîtres, furetièrp. y 3" Au sens positif, qui dérive directement du sens de distribuer, mais qui a vieilli. Dispenser à, autoriser, permettre de faire quelque chose qui est défendu. Quoi I s'il aimait ailleurs, serais-je dispensée A suivre à son exemple une ardeur insensée'? corn. Poly. m, 2. || 4' Au sens négatif qui est seul usité aujourd'hui. Dispenser de, permettre à quelqu'un de ne pas faire quelque chose qui est ordonné. Dispenser du jeûne. Dispenser de faire maigre. Le grand tge dis|<ense d'aller à la guerre. Seigneur, c'est me ranger plus que vous ne pensez Sous ces austères lois dont vous me dispensez, hac. Phèd. il, 2. || Fig. Et le soin de sa gloire à présent la dispense Ue se porter pour vous à cette violence, corn. Nicom. iv, 5. Dispense ma valeur d'un combat inégal, id. Cid, ii, 2. H [Pilate] se contente de demander qu'on le délivre, ou qu'on le dispense de le condamner [Jésus-Christ], MASS. Car. Pass. lien était de ces dîners comme de beaucoup d'autres où la société, jouissant d'ellemême, dispense i'héte d'être aimable, pourvu qu'il la dispense de s'occuper de lui, harmokt. Uém. x. Votre bras, votre gloire ont combattu pour vous. Et dispensent d'aïeux un guerrier comme vous, nucis, Othello, I, 7. Il Absolument. L'occasion convie, aide, engage, dispense, corn. Suite du Menteur, m, 5. Il 6" Dispenser, sans régime indirect, absoudre ou relever d'une faute commise. Le pape seul peut dispenser en cas de simonie. 11 faut qu'on soit dispensé pour obtenir deux bénéfices. || 6" Il se dit en termes do civilité à l'impératif, pour demander la permission de ne pas faire quelque acte de politesse. Dispensez-moi de vous reconduire. Dispensez-moi de vous aller voir si souvent. 11 faut que tes conseils m'aident à repousser.... Madame, au nom des dieux, veuillez m'en dispenser, corn. Rodog. m, <. Adieu, dispensez-moi de parler là-dessus, id. Serlor. iv, 3. Il II se dit, aux autres modes, pour décharger, d'une façon polie, du soin de faire, de dire. Je l'ai dispensé de m'accompagner. Je vous dispense d'en dire davantage. || 7* Se dispenser, v. réft. Être départi. Les honneurs se dispensent quelquefois au ha.sard. || 8" Se dispenser à, prendre la permission de faire. Quand je me dispensais à lui mal obéir, corn. Rodog. I, 5. Ma curiosité pour ce demi-quart d'heure S'osera dispenser.... in. Mél. m, 6. Et c'est aussi pourquoi ma bouche se dispense A vous ouvrir mon cœur avec plus d'assurance, uol. Dép. am. ii, 4. Je finis, mon très-cher monsieur, en vous demandant pardon de ma longueur, mais surtout de ce que je me dispense si familièrement à m'écarter de mon sujet avec vous, qui avez l'esprit si juste et si délicat, BATi.E, Lett. à Minutoli, 3) janv. 4673. || On a dit, dans le même sens, se dispenser de. On passe aisément d'un degré à l'autre; ce qui s'est fait par une nécessité invincible, on prend droit, on se dispense de le faire sans nécessité, pàtru. Plaid. 6. Il Se dispenser avec d ou de, en ce sens, a vieilli. Il 9" S'exempter de, prendre la permission de ne pas faire. 11 s'est dispensé d'aller à son bureau. C'étaient des superstitions respectables par leur ancienneté, autorisées par les lois de l'Empire et par le consentement de presque tous les peuples, dont il fallait se dispenser, uass. Car. hnmut. de la loi. Il S'excuser de faire, s'abstenir. Comme assez près des murs il avait son escorte. Je me suis dispensé de le mettre plus loin, corn. Serlor. iv, 3. Dans les visites qui sont faites Le renard se dispense et se tient clos et coi , la font. Fabl. m, 3.
— REM. On notera dispenser à, sa dispenser à, dans Corneille et dans Molière. Dispenser à, c'est permettre de ; dispenser de , c'est exempter dâ. Au reste, dispenser à a vieilli, et la signification s'en est obscurcie.
— HIST. xui* s. Puisque li mariages fu malv&s el commencement, il ne pot jamés estre bons, se toute le [la] vérité du mefTet n'est contée en sainte Eglise, el que li apostoles [le pape] ne veille sor ce dispenser, BEAUM. Lvii, M. Il XV* s. Le roi qui s'escript de Poitingal et qui n'a nul droit à la couronne, car il est bastard non dispensé, proiss. ii, m, I8. || xvi* s. Il dispensoyl son temps en telle faczon que il s'esveilloytenire huit et neuf heures, rab. Car. i. ai. Puis que voulez que je poursuive, o sire. L'œuvre royal du Pseautier commencé : ....D'y besongnerme tiens pour dispensé [autorisé], marot, iv, 2u«. Par les anges il dispense ses bénéfices envers les hommes.
etfait ses autres œuvres, calv. Inslit. 108. Au reste la pluspart se dispense [permet] de faire Ut collation mor.selloire, comme ils disent, in. ib. 40u<. Il faut se soubmetire du tout à l'auctonté ou du tout s'en dispenser, mont, i, 304. Mal dispenser ton loisir, m. I, 289. Il y en a qui conseillent de se dispenseï quelques fois à boire d'autant, pour relascher l'ame, m. II, 14. Les voylà à dispenser [dispcserj leurs engins, iD. III, 420. Us ne jouirent point du privilège de l'aage, qui les d:spensoit d'aller à la guerre, AMYOT, Marcell. 4. Que le pape ne pouvoit dispenser [excuser, donner dispense] une femme d'avoir espousé les deux frères, u. uu bei.l. 468. De peur que, se voulant dispenser [permettre] de tailler ces arbres hors saison, cela ne les fist périr, o. de serres, 810. De dispenser [permettre] la mère de famille de se lever tard, ordinairement, ne se peut,
— ETYM. Provenç. dispensar, despensar; espagn. dispensar ; ital. di>pen»ire; du latin dispensare, de dis.... préfixe, et pensare, distribuer, peser (voy. PENSER). Le sens primitif est répartir, distribuer; puis on passe au sens de accord r permission , ce qui est une répartition, distribution: là le sens spartage, et dispenser veut dire tantdt permettre de nf. pas faire (par exemple dispenser de jeûner), tantôt permettre de faire.
t DISPEKMATIQUE (di-spèr-ma-ti-k"), adj. Sy. , nonyrne de ilisperme.
t DISPEttME (di-spèr-m'), odj. Terme de botani . que. Qui renferme deux graines seulement. Fruit disperme.
— ETYM. Ai;, deux, et oitéç.|ia, graine. DISPERSÉ, ÉK (di-sper-sé, sée), part, passé.
Il 1" Jeté, poussé çà et là. D'un frère dans la mer les membres dispersés, corn. Médée, l, 4. C'est une mère ravie A ses enfants dispersés Qui leur tend de l'autre vie Ces bras qui les ont bercés, lahart. Ilarm. ii, 4. || Détruit, en jetant les débris çà et là. Le bûcher par mes mains détruit et renversé Dans le sang des bourreaux nagera dispersé, bac. Iphig. V, 2. Il Kig. Et pour fruit de cette sortie [du cloître] On n'a qu'une âme appe.santie Lt des désirs flottants dans un cœur dispersé, corn. Imil. i, 2U. Il 2* Réparti çàetlà. Les troupes dispersées dans les cantonne iients. || Seditdes personnes ou des choses écartées les unes des autres. On apercevait dans la campagne quelques hameaux dispersés. i| S* Dissipé, mis en fuite. Les attroupements dispersés par la gendarmerie. Après un long combat tout son camp dispersé, bac. Mithr. i, 4.
DISPERSER (di-spèr-sé), «. o. || !• Jeter, pousser çà et là. Di.sperser les débris de quelque chose. Il Détruire en jetant çà et là les débris. Ils disperseront vos cabanes, ils sa jetteront sur vos troupeaux, raynal, Hist.phil.n. 48. || S* Répartir çà et là, diviser. Disperser des troupes en c.i.lonnement. Quel dommage de disperser un» collection aussi précieuse 1 Le printemps dispersa cette brillante société. Il 3° Mettre en fuite, dissiper. La force armée dispersa les séditieux. Le seul bruit de ce prince au palais arrêté Dispersera soudain chacun de son cêté, corn. Héracl. lu, i. Que de ton ncni la terreur les disperse I bac. Esth. m, 3. Vous, cependant, allez Disperser promptement vos amis assemblés, 10. Daj. IV, s. Roi, peuple...., tout se vit disperser, id. Esth. m, 4. || 4° Se disperser,», réfl. Être dispersé. La foule se dispersa. Hé quoi I tout se disperse et fuit sans me répondre? bac. AtUal. m, I. Le général Slenau fit ferme un moment avec deux régiments; le moment d'après, il fut lui-même entraîné dans la fuite générale de son armée, qui se dispersa avant d'être vaincue, voltaire, Charles XU, 2.
— HIST. XV* 8. S'on n'y pourvoit, royaumes, tu te pers; Un cuer vaillant puet ton fait radrecier; Sinon, partout sera cilz mos dispers : François perdent leur temps à conseillier, E. deschaups, Conseils des François. \\ xvr s. Les ligamens se dispersent pareillement es membranes et muscles pour les reiiforcir, paré, i, (O.
— Etyh. Lat. dispersum, supin du verbe di'tper gère, de di.... préfixe, dans le sens distributil, et spargere, répandre (voy. Epahs); provenç. disperger; calai. disp<T5«'r; ital. dispergere. L'ancien françois avait dispers, formé directement du participe passif di.<:persus.
t DISPERSIF, IVE (di-spèr-sif. si-v'), adjectif Il 1* Terme de physique. Qui produit le phénomèna de la dispersion. || Phénomène dispersif, décomposition de û lumière blanche. Il Pouvoir dispersifd'un» substance, le quotient qu'on obtient en divisant sa dispersion par son indice moyen diminué U'uoe
DIS
DIS
DIS
moitié (l'indice moyen de réfraction est celui qui appartient à la lumière moyenne du spectre). !l 2° Fig. Oui a le earacli''re de la dispersion , qui n'est pas concentré. Dans la moyen âge le gouvernement était dispersif.
— F.TYM. Pisperser.
DISPERSION (di-.spèr-sion ; en vers, de quatre syllabes], s. f. || 1° Action de disperser, état de ce qui est dispersé. La dispersion des villages dans cette campagne. La dispersion des Juifs. La dispersion des corps d'armée étant indispensable pour qu'ils Dussent trouver des subsistances dans ces déserts, cette nécessité tenait Napoléon loin des siens, si- CUR, Hist. de Napol. v, 2. || Dans le langage biblique, les dispersions d'Israël, les parties disjointes d'Israël. Vousavez rassemblé les dispersions d'Israël, MASS. Car. Culte. || 2* Mise en fuite. Le czar apprit, îi moitié chemin, la bataille de Nerva et la dispersion de tout son camp, volt. Charles Xll, 2. li 3» Terme de physique. Quantité dont un rayon de lumière s'élargit par l'effet de la réfraction. || Point de dispersion , le point où commence la réfraction des rayons.
— ÉTYM. Provenç. dispersio; espagn. dispersion; liai, dispersione ; du latin dispersionem, de dispersum, supin de dispergere, disperser.
DISPONDÉE (di-spon-dée) , s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Double spondée ou pied composi5 de deux spondées ou de quatre longues.
— ÉTYM. Lat. dispondeus, de 8i(r7t6vS£io{, de 8î?, deux, et (TTtovSeïo:, spondée (voy. ce mot).
DISPONIBILITÉ (di-spo-ni-bi-li-té), J.^.ll l'Qualité de ce qui est disponible. La disponibilité d'une grosse somme d'argent. Recouvrer la disponibilité de ces deui armées [armées russes employées contre la Turquie] était d'une extrême importance, quelque plan de campagne qu'on adoptât, tbiers, Hist. du coTis. et de l'emp. xliii. || 2* Terme de jurisprudence. Faculté de disposer de ses biens. Disponibilité de biens. La disponibilité des biens est entière toutes les fois qu'il n'existe au moment du décès ni descendants ni ascendants. {| 3" État de militaires en non-activité, mais qui peuvent, au premier moment, être rappelés. Officier en disponibilité. Il Dans les administrations civiles, état des employés qui sont provisoirement écartés de leur emploi par punition ou autrement. || 4" Au plur. Terme de banque. Les disponibilités, les fonds disponibles. L'encaisse n'avait pas diminué, et même les disponibilités avaient plutôt augmenté.
— ÉTYM. Disponible.
. DISPONIBLE (di-spo-ni-bl'), adj. \\ !• Dont on peut disposer. Somme, revenu disponible. || 2° Terme de jurisprudence. Biens disponibles, portion, quotité disponible , biens dont on a la faculté de disposer à titre gratuit. Les meubles et las acquêts sont des biens disponibles. || 3° Terme débourse. Se dit des marchandises vendues au comptant et placées en entrepôt hors Paris, pour éviter les droits d'octroi. || Substantivement. Le disponible, l'ensemble de ces marchandises. || 4" Qui est en disponibilité. Officier disponible.
— HIST. xiv's. Son mieuli doncq n'est li mieulx possible, Ains ce que luy est disponible, Tr. d'alch. 762. Il XVI' s. Héritiers d'un trespassé mobiliaires sont capables de debtes et contraots du trespassé, comme aussi sont les héritiers des acquests ou autres biens disponibles, où qu'ils soient situez, Coutumier gén. t. i, p. 763.
— ÉTYM. Mot latin hypothétique disponihilis , de disponere, disposer, de dis.... préfixe, dans le sens distributif, etponere, mettre (voy. pondue).
DISPOS (di-spô. Chifflet, Gramm. p. 2)6, dit que l's ne se prononce pas, même devant une voyelle; aujourd'hui, dans le parler soutenu, on la lie : un homme di-spô-z et agile), adj. m. Propre à tout ce qiii demande de l'agilité. [Il] Le traversa d'un dard par un jaloux ennui De le voir plus dispos et plus léger que lui, tristax, Panthée, i, 4. Mon éloquence est sans seconde, Je suis de la langue dispos. Et n'ai su me taire à propos, bknserade, Ballet de la nuit, 2« entrée de Protée, dans richelet. Lors, dispos du talon, je vais comme un chat maigre, RÉGNIER, Sol. XI. Que le moi que voici, chargé de lassitude, A trouvé l'autre nud frais, gaillard et dispos, MOL. Amphit. n, 1. 1| Il se dit aussi de l'esprit, du moral. L'échange des pensers veut une âme plus vive. Des sens moins paresseux , un esprit plus dispos, DELiLLE, Convers. ii.
— REM. Cet adjectif n'a point de féminin. Il est dommage qu'on ne reprenne pas ce féminin qui est dans l'Iiistorique et il faut louer ceux qui tentent de io remettre en usage:: Pour les pauvres toujours
attentiva et dispose, Ella leur détaillait jusqu'à la moindre chose, brizïdx, dans le DicJ. de poitevin.
— itlST. XV* s. Oui trop au mesnage pense Et qui compte sa despense. N'ayant en l'esprit repoz. Ne peut vivre bien dispoz, basseun, xxxii. || xvi* s. Les plus dispos des Basques qui sautoient la muraille apprirentà leurs ennemis à la franchir aussi, n'AiiB. Ilist. 1, 296. Il les trouvèrent toutes trois belles, disposes et esveillées, desper. Contes, v. Comba, qui estoit dispost et fort, le pousse et renverse par terre, carl. vi, 46. Ny baladins aux dispostes gambades, rons. 778.
— ÉTYM. I.at. dtsposfus, contracté àedispositus, participe passif de disponere, disposer, de dis..., préfixe, et ponere, mettre (voy. pondre).
t DISPOSANT, ANTE (di-spô-zan, zan-t'), i. m. et f. Celui, celle qui fait une disposition par donation entre vifs ou par testament.
DISPOSÉ, ÉE (di-spô- zé, zée), part, passé. Il 1° Arrangé. Les feuilles disposées autour de la tige. Toutes choses disposées en un ordre admirable. Il 2° Préparé pour, en parlant des choses. Une salle disposée pour un bal. || Absolument. Jamais sédition ne fut mieux disposée, rotrou, Vencesl. V, 8. Il 3° Préparé à, en parlant des personnes. Les cœurs disposés par la parole du prédicateur à profiter d'une bonne doctrine. 11 est fort bien disposé pour sa conscience, SÉV. i<2. || Absolument. Je suis catholique aussi soumis qu'aucun autre aux décisions de l'Église, et tellement disposé que personne ne craint davantage de préférer son sentiment particulier au sentiment universel, boss. Var. Préface. Il 4"' Porté à. Disposé à servir ses amis. Je me sens disposé au travail. Est-elle enRn disposée à partir? rac. Bérén. iv, 6. Je vois qu'à m'obéir vous êtes disposée, ID. Mithr. m, fc. || Être bien ou mal disposé pour quelqu'un, être pour lui dans des dispositions favorables ou défavorables. Je vous assure qu'il est bien disposé. Quelques-uns des principaux d'Étolie se plaignirent, mais d'un ton modeste, que les Romains, depuis la victoire, ne paraissaient pas aussi bien disposés pour leur nation qu'ils l'avaient été auparavant, rollin, Hist. ane. CÈuires, t. vin, p. 296, dans PouGENS. Il 6 Qui a une certaine disposition de corps ou d'esprit. Il est disposé à s'enrhumer. Il est disposé aux mathématiques.
DISPOSER (di-sp6-zé), ». a. || 1° Arranger, distribuer d'une certaine manière. L'architecte a bien disposé les appartements de cette maison. Disposer un jardin. Disposer avantageusement les troupes et l'artillerie pour le combat. J'en ai l'ordre et je vais disposer ma cohorte X garder cependant les dehors de la porte, corn. Théod. v, 2. Ce ne fut que dans ce temps, selon M. Dodwell, que Thucydide travailla réellement à la composition de son Histoire dont il avait jusque-là ramassé et disposé les matériaux avec un soin incroyable, rollin, Hist. anc. XXV, ch. II, art. &. || 2° Appioprier, préparer pour une circonstance. On a disposé cette salle pour le
bal X vous servir je vais tout disposer, rac.
Iphig. m, 7. Un architecte ne fait pas le marbra qu'il emploie à un édifice, il le dispose, vauven. invention. \\ Par extension. Disposer utilement son temps. Et maître de soi-même, en soi-même il dispose Tout ce qu'il se propose De produire au dehors, corn. Imitation, i, 3. Nous no pensons presque point au présent ; et, si nous y pensons, ce n'est que pour en prendre des lumières pour disposer l'avenir, PASC. Pensées, i, art. 6. || Disposer les affaires, les arranger de manière que telle fin soit atteinte. Il 3" Préparer quelqu'un à quelque chose. Disposer quelqu'un à la mort. L'horreur d'un mal plus grand vous y doit disposer, cork. Héracl. v, 6. Le malheur vainement à la mort nous dispose; On la brave de loin; de près c'est autre chose, J. b. rouss. le Bûcheron et la Mort. || Disposer quelqu'un pour une opération, ou à une opération, le disposer à ou pour prendre les eaux, etc. le préparer par certains moyens médicaux à une opération, aux eaux, etc. jl Donner au corps une certaine propension vers ceci ou cela. Votre peur vous dispose plus k la petite vérole que la présence de la petite vérole même, uaintenon, Lett. Mme de Caylus, 6 oct. <7I6. || Absolument. Une alimentation insuffisante et une habitation froide et humide disposent à la phthisie. || 4" Engager, déterminer. On ne la put disposer à donner cette satisfaction au roi , maucroix. Schisme, liv. i, dans richelet. Ciel, dispose à la paix le cœur de Polynice, rac. Théb. i, «. Cette princesse chrétienne qui passa la mer avec un évêque de Soissons, disposa son mari à recevoir le baptême, comme Clotilde avait soumis Clovis, volt. Uœurs, Religion au temps de Charlem. \\h' V. n. Régler, prescrire.
décider. La loi ne dispose que pour l'avenir. Vous êtes matire ici, commandez, disposez, cobn. Sert. v, 4. Il On dit dans le même sens, en disposer. Tu vois comme le ciel autrement en dispose, id. Cid, v, 7. La prudence des dieux aulremenl en dispose, ID. Hor. m, 5. Il D.ins ce sens et en style administratif, on dit disposer que. Le premier article de ce règlement dispose que tous les employés doivent être à leur poste à neuf heures. Cet emploi n'est pas élégant. || 6" Aliéner des biens. Les mineurs ne peuvent disposer de leur bien. Disposer da son bien par testament, patru. Plaidoyer 2, dans hicuelet. h disp'ise de ce qu'il a en votre faveur, sÉv. t(5. On trouva [i Rome] un moyen de concilier à cet égard [testaments] les loi» avec la volonté des particuliers : il fut permis de disposer de ses biens dans une assemlilée du peuple, et chaque testament fut en quelque façon un acte da la puissance législative, montesq Espr. xxvii. || 7* Faire de quelqu'un ou de quelque chose ce que l'on veut, l'avoir à sa disposition. Disposez de moi pour vous servir. Croyant en leur esprit que de tout je dispose [c'est la Fortune qui parle], Régnier, Sot. xiT. Mais pour en disposer, ce sang est-il à vous? coan. Poly. IV, *. Comme sans leur avis les rois disposent d'elles [les princesses] Pour affermir leur trône ou finir leurs querelles, m. Rodog. m, 4. Elle seule en ces lieux d'elle-même dispose, id. Nicom. ii, 3, Il suivit à la fin de plus sages conseils; Au lieu de se» amours il servit sa patrie; Son prince disposa du reste de sa vie, LA FONT. Poéiies mêlées , RS. Vous disposez des péchés à votre gré, pasc. Prov. te. Je sais que l'Église peut disposer diversement de cette discipline extérieure, id. ib. t*. Les gens de guerre disposaient de l'empire, BOSS Hi" lu, 7. Cependant, à les voir enflés de tant d'audace, Te promettre en leur nom les faveurs du larnasse. On dirait qu'ils ont seuls l'oreille 'Aii'liOn, Qu'ils disposent de tout dans le sacré vallon, boil. Disc, au roi. Que le ciel à son gré da ma perte disposa! bac. Théb. II, 2. Chacun peut à son gré disposer da son àme, ID. Andr. m, t . Ne pourrai-je sans vous disposer do ma fille? id. Iphig. iv, 8. L'on a bientôt disposé do son autorité et de ses suffrages [d'un homme public], dès qu'on a connu sa fai blesse, iiASS. Car. Passion. Il Fig. Le dépit, la vengeance et ki honte et l'amour. De mas sens soulevés disposent tour à tour, VOLT. Brutus, 1, 4. Il Dieu a disposé de lui, il est mort. Il 8* Se disposer, ». réfl. Être placé, arrangé d'une certaine manière. Comme les feuilles se disposent admirablement sur leurs tiges I Il Être préparé pour. Et que tout se dispose à leurs contentements, CORN. Cid, I, 2. Quel spectacle pour elle aujourd'hui se dispose! rac. Andr. ii, 5. || Faire ses dispositions, se tenir prêt à. Il se disposait à partir. Je vois qu'il faut le perdre; et plus je m'y dispose. Plus je doute si je le puis, corn. Agésilas, m, t. Tu ne peux, me dis-tu, souffrir beaucoup de choses; En vain tu t'y résous, en vain tu t'y disposes, id.' Imit. m, t2. Je me dispose à commencer l'office cette après-dînée, BOSs. Lett. abb. t02. Je sais qu'il se dispose à venir me parler, bac. Alex, iv, i. X marcher sur mes pas Bajazet se dispose, id. Baj. m, 2. Il Proverbe. L'homme propose et Dieu dispose, se dit pour exprimer que la réussite des projets de l'homme ne dépend pas de lui, mais d'une puissance supérieure. Quoi que nous proposions, c'est Dieu seul qui dispose; Et, pour trouver sa voie, homme, il te faut sa main, cOBN.imt't. i, to.
— HIST. XIV' s. Quant j'avoie lieu et espace et temps, je ne me disposoie pas à ce, Ménagier, i, 3. Ceulx qui sont bien disposez selon le corps jugent bien et selon vérité des viandes, oresme, Eth. 70. Il XV* s. Baise moi , mon pauvre cueur. Et de moi dispose, BASSELiN, L. Et disposèrent les aucuns de leurs consciences [se confessèrent] , car l'entreprins estoit bien doubteuse, comh. n, tï. || xvi* s. C'est l'entendement qui dispose tout, qui agit, qui domine.... MONT. 1, t63. Ce qu'on sçait droictement, on en dispose, sans regarder au patron, in. ib. Comme des corps mal unis qu'on empoche sans ordre, treuvent d'eulx mesmes la façon de se joindre et s'emplacer les uns parmy les aultres, souvent mieux que l'art ne les eust sceu disposer, io. iv, 80. Tout cela ensemble les disposa aux maladies, amyot, Cam. 48. Après avoir ordonné et disposé des plus grandes et principales charges da son estât, il tomba en une maladie, id. ib. «ï. Et comme on l'importuna de disposer de son enterrement, j'ordonne , dit-il, que mon corps soit escorché.... d'aub. Hist. I, 67.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, et poser; mais poser étant d'un tout autre radical aue le latin ponere, il