II, S
— ÊTYM. Doctorale, et le suffixe menJ.
DOCTORAT (do-kto-ra; le l ne se lie pas), ». m.
Le plus haut grade d'une faculté , le grade de docteur. Parvenir au doctorat. Les épreuves du doctorat. U [le prince] est traité d'altesse sérénissime, et le proviseur de Sorbonne la lui donne dans ses lettres de doctorat, st-sim. 68, 324. || Les examens du doctorat. Passer son doctorat.
— ÊTYM. Voy. DOCTECR.
DOCTORERIE (do-kto-re-rie), t. f. Ensemble des actes qu'on fait en théologie pour être reçu docteur
— ÊTYM. Voy. DOCTEUR.
t DOCTORESSE (do-kto-rè-8^, s. f. Femme docteur, terme de plaisanterie employé par J J Rousseau. Ce motif, qui n'agit que sur les âmes vraiment
DOC
aimantes, est nul pour tous nos docteurs et nos doctoresses, Prom. 9.
— ÉTYM. Voy. DOCTEUR.
t DOCTOUIFIER (do-kto-ri-fl-é), ». o. Terme de plaisanterie. Donner le titre dedocleur.faire docteur.
— HIST. XV* s. Thomas de Pisan, doctorifiéàHolongne la Grasse en science de raeilecine, christ, de pisAN, dans Vllist. Un. de la Fr. t. xxiv, p. 47).
— ÊTYM. Lalin fictif doctori/icare, de doclor, docteur, et ficare. pour facere. faire.
DOCTRIN.\IRE (do-ktri-nè-r") , s. m. || !• Prêtre ou clerc séculier de !a doctrine chrétienne. Le mot de religionnaire n'est pas français; il vient du même pays que celui de doctrinaire ; et ce fut sans doute un prédicateur gascon qui le débita le premier dans les chaires de Paris, balz. Socr. chret. Disc. to«. l\Àdj. Un prêtre doctrinaire. || 2° Terme politique introduit sous la Restauration. Homme politique dont les idées, subordonnées à un ensemble de doctrines, étoient semi-libérales et semi-conservatrices. M. Guizot, par la nature de son esprit aussi bien que par ses antécédents, appartenait à une fraction de la chambre [en <8I6] qui, tout en soutenantle ministère, s'était plus d'une fois distinguée de lui, et dont le chef reconnu, M. Royer-Collard, recevait déjà du Nain jaune réfugié [journal français créé à Bruxelles] un nom devenu célèbre depuis, le nom de doctrinaire, duvergier de hau- RANNE, 7/ tst. du gouuem. parlement, t. ni, p. B34. Il Adjectivement. Les opinions doctrinaires. La planète doctrinaire Qui sur Gand brillait Veut servir de luminaire Aux gens de juillet, bérang. Restaur.
— HIST. XIV* s. Philosophes cachent haults sens, Oui ne s'adressent aus enfans; Quant citent les metaulx vulgaires. C'est par figures doctrinaires, Tr. (fakh. 562
— Etym. Doctrine.
t DOCTRINAIREMENT (do-ktri-nê-re-man) , adv. Selon le système des doctrinaires.
— ÉTYM. Doctrinaire, et le suffixe ment.
. DOCTRINAL, ALE (do-ktri-nal, na-l'), adj. Il 1* Qui se rapporte à une doctrine quelconque. Un résumé doctrinal. On pense à Rome à faire une exposition doctrinale, boss. Lett. quiét. 356. || Dialogues doctrinaux, dialogues de Platon où il a établi dogmatiquement les points fondamentaux de sa doctrine. Il 2° Qui se rapporte aux matières de doctrine dont s'occupaient les docteurs des universités. Un jugement doctrinal. || Avis doctrinal, sentiment d'un docteur en théologie. Avis doctrinal de Luther, de Bucer et de Mélanchthon en faveur de la polygamie, BOSS. Var. vu. Sommaire. \\ Par extension. Le cardinal de Rohan était atteotif à se mettre bien avec les évêques, à se les attirer, et à «e conserver l'attachement de toute la gent doctrinale, st-sih.
— HIST. XV* s. Ma chiere dame, dist le jeune Gadifer, je pensoye estre venu à jour de joye et de soûlas ; mais il me semble que je revoys [revais] à l'escole. Gadifer, beau fils, dist la royne, la joye que le père et la mère font à leurs enfans doit estre doctrinale, Perceforest, t. m, f° 85. || xvi* s. Par la succession doctrinale de leur costé, ils mettent en avant le catalogue des tesmoins de vérité, d'aub. Hist. i, 66.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. doctrinal; portug. doutrinal; ital. doctrinale; du latin doctrinalis, de doctrina, doctrine.
t 2. DOCTRINAL (do-ktri-nal), ». m. Nom, dans le moyen âge, d'ouvrages qui étaient destinés a l'enseignement.
— HIST. XIII* s. Dant Agrecisme et Doctrinal Lui escloperentson cheval, Ba(at'HedfSiep(or(s. || xvi's. Le doctrinal de sapience, d'aub. Conf. i, 2. Ce n'est pas aux hommes de butfeler [souflletter] les femmes; ne te souvient-il pas de ce que dit le petit doctrinal? Merlin Coccaie, t. i, p. 454, dans lacurne.
— ÉTY.M. Doctrinal i.
t DOCTRINALEMENT (do-ktri-na-le-man) , adv. D'une manière doctrinale.
— ÉTYM. Doctrinale, et le suffixe ment.
t DOCTRINARISME {do-ktri-na-ri-sm') , s. m. Système politique desdoctrinaires. 1| Par extension, tout système dogmatisant. Il faisait le procès à cet esprit de goguette et de malice, à ce bon sens grivois qui profane tout, qui réduit tout à sa moindre valeur, et qui ne se sauve de tous les fanalismes, de tous les doctrinarismes comme de toutes les préciosités, qu'aux dépens du respect et de l'idéal , sainte-beove, Sur Renan, Constitutionnel, 9 juin 4862.
— ÉTYSI. Doctrinaire.
DOCTRINE (do-ktrin'), s. f.\\l' L'ensemble des dogmes, soit religieux soit philosophiques, qui dirisent un homme dans l'interprétation des faits et
DOD
dans la direction de sa conduite. La doctrine de Platon, d'Aristote, de saint Thomas. Il n'y eut jamais de maître plus rigoureux que Luiher, ni de tyrannie plus insupportable que celle qu'il exerçait dans les matières de doctrine, BOss. Var. v, § (5. Quoique, dans la doctrine des Pères, la justification d'un pécheur soit le plus grand de tous les ouvrages de Dieu, BOUHD. )3* dim. après la Pentec. Dominic. t. III, p. 383. Il [le prêtre] les nourrit du pain de la doctrine et de la vérité, mass. Confér. Excell. du sacerd. X peine a-t-il embrassé la saine doctrine, qu'il en devient le défenseur, fléch. Titr. C'est ainsi que Luther, au Vatican rebelle. Établit aisément sa doctrine nouvelle, h. j. chén. Charles IX, III, 2. Il 2° Théorie relative à un point particulier de la religion, de la philosophie ou de la science. La doctrine de la métempsycose. La doctrine des conditions d'existence opposée à la doctrine des causes finales. Les doctrines médicales. Persuadés que toute doctrine des mœurs doit tendre à les réformer, la BRVY. Dises. Théophr. || 3* Opinion. Doctrine politique. Doctrine juridique. Flotter à tout vent de doctrine. Il 4°Savoirdan3 les chosesd'enseignement, de dogmes, de philosophie. Homme d'une profonde doctrine, il éclaira toute l'Église par sa doctrine. Arruntius, célèbre par sa doctrine, PEHROT,ï'ac. 299. Toi qui de ta doctrine assistes les chrétiens, rotr. St Gen. IV, ♦. Si l'âge des hommes eût pu s'étendre à un plus grand nombre d'années, il serait arrivé que leur vie aurait été cultivée par une doctrine universelle, et qu'il n'y aurait eu dans le monde ni art ni science qui n'eût atteint sa perfection, la BRUY. Disc. s. Théophr. Elle [la science acquise par l'élude] montre beaucoup de doctrine et ne fait point de conversions, FLÉCH. Panég.u, p. 66. Étant entrés dans cette fonction difficile et formidable [le sacerdoce] sans vocation, sans doctrine, sans connaissance des règles, mass. Confér. Excell. du sacerd. Il Terme d'école. Décisions et commentaires des auteurs. Interprétation par voie de doctrine. 1| 6° Doctrine chrétienne, nom d'une congrégation de clercs réguliers, instituée par César de Bus, en 1592, à Avignon, pour enseigner la religion au peuple. Les Pères de la doctrine chrétienne, dits aussi doctrinaire.'*. || 6° Frères de la doctrine chrétienne, religieux laïques institués à Reims en <680 par J. B. de la Salle, pour enseigner gratuitement aux enfants du peuple les principes de la religion et les éléments de l'instruction primaire. On les nomme aussi les Frères ignorantins, ou, absolument, les Frères. Cet enfant va à l'école des Frères. || 7* Sous la Restauration, la doctrine, système politique qui, voulant concilier la monarchie avec la liberté, cherchait à y parvenir par un ensemble de dogmes politiques. Il L'ensemble des personnages politiques qui adhéraient à ce système.
— HIST. xiii's. Plus [elle] l'aime [Berte] que ses
filles pour sa bone doctrine, Berte, LVi La gent
de par le raine [royaume] Venoient tuit à sa doctrine En l'église de Palestine Por aprendre à chastement vivre, RUTEB. II, 1 26. Il xiï* s. Comme aucun chante bien ou fait ymaiges ou aultres besognes sans art et sans doctrine par son engin qui est à ce naturellement enclin.... oresme, Prol. \\ xv* s. Petis enfans fait doubteus [il est difficile] dotriner; Car dotrine leur est trop haineuse, e. desch. Femm. et enfants. Comment, beau neveu, dit la dame, voulez-vous yssir de ma doctrine qui ne tend fors à l'honneur et au prouffit de vous et de nostre lignage? Madame, dist le chevalier, de vostre doctrine ne de vostre conseil ne veulx yssir, Perceforest, t. v, f" 98. Il XVI* s. Sur la doctrine la force ne domine,
LEROUX DE LINCY, PrOV. t. Il, p. 418.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. doctrina; ital. dottrina; du latin doctrina, de doctum, supin de docere, enseigner. Paisgrave, p. 6t , remarque qu'on prononçait dotrine.
DOCUMENT (do-ku-man), s. m. || 1" Chose qui enseigne ou renseigne ; titre , preuve. Un document précieux. Les documents font défaut pour établir ce point d'histoire. Documents relatifs à l'histoire de France. || 2° Anciennement, leçon, enseignement. Faites voir que vous profitez des bons documents qu'on vous donne, mol. Comtesse, t9. Mettez-vous bien dans la mémoire, et retenez ces documents, HAMiLT. Gramm. 4.
— ÉTYM. Provenç. document; espagn. et ital. documenta; du latin documentum, de docere, enseigner.
t DODÉCA.... préfixe signifiant douze, de Sw- 8exa, de &\iu>, deux, et Séxa, dix.
t DODÉCACORDE(do-dé-ka-kor-d'), s. m. Terme de musique. Système de musique par lequel on
DOD
ajoute quatre nouveaux tons aux huit qui existent déjà dans le chant ecclésiastique romain.
— ÊTYM Dodéca.... préfixe, et corde.
t DODÉCADE (do-dé-ka-d'),». f. Douzaine, groupa de douze choses ou personnes. Leséonsdes gaostiques étaient classés par dodécades.
— ÉTYM. AiiStxa, douze.
DODÉCAÈDRE (do-dé-ka-è-dr'), ». m. Terme de géométrie. Solide terminé par douze faces. || Dodécaèdre régulier, ou, absolument, dodécaèdre, solide régulier formé de douze pentagones égaux. Que Dieu se proposa d'arranger les quatre éléments suivant les dimensions d'un dodécaèdre, volt. Dial. XXIX, 6. Il Terme de minéralogie. Cristal dont la surface est composée de douze facettes triangulaires, quadrangulaires ou pentagones, toutes égales et semblables.
— ÉTYM. AuîexâeSpo;, deîûîexa, douze, et Ê5pa, face.
t DODÉCAÉDRIQUE (do-dé-ka-é-dri-k"), adj.
Terme didactique. Qui a rapport au dodécaèdre.
— ÉTYM. Dodécaèdre.
tDODÉCAGONAL,ALE (do-dé-ka-go-nal , na-l"),
adj. Qui a douze angles. Champs dodécagonaux. Figure dodécagonale. || Il se dit aussi d'un solide dont la base est un dodécagone. Pyramide dodécagonale. Prismes dodécagonaux.
— ÉTYM. Dodécagone.
DODÉCAGONE (do-dé-ka-go-n'). || 1* Adj. Ancien synonyme de dodécagonal. || 2° S. m. Polygone de douze côtés. Dodécagone régulier, celui dont tous les côtés et tous les angles sont égaux.
— ÉTYM. Amôexôywvoî, de SwSExa, douze, etYûvoç, angle.
tDOUÉCAGYNE (do-dé-ka-ji-n'), adj. Terme de botanique. Qui a douze pistils, en parlant d'une fleur. Il Qui appartient à la dodécagynie.
— ÉTYM. Dodéca... préfixe, et ywi^, femelle, pistil.
t DODÉCAGYNIE (do-dé-ka-ji-nie), ». f. Terme de botanique. Ordre du système de Linné renfermant les plantes qui ont douze à dix-neuf pistils.
— ÉTYM. Dodécagxjne.
t DODÉCANDRE (do-dé-kan-dr'), adj. Terme de botanique. Qui a douze étamines. 1| Qui appartient à la dodécandrie.
— ÉTYM. Dodéca.... préfixe, et àv^p, mâle, étamine.
DODÉCANDRIE (do-dé-kan-drie) , ». f. Terme de botanique. Classe du système de Linné qui renferme les plantes dont les fleurs ont de douze à dixneuf étamines.
— ÉTYM. Dodéeandre.
t DODÉCANOME (do-dé-ka-no-m'), adj. Terme de minéralogie. Cristal dodécanome, cristal dans lequel on observe douze lois de décroissement.
— ÉTYM. iJod^co.... préfixe, etvôjioc, loi. tDODÉCAPÉTALE{do-dé-ka-pé-ta-l'), adj. Terme
de botanique. Dont les fleurs ont douze pétales.
— ÉTYM. Dodéca.... préfixe, el pétale.
t DODÉCAPÉTALÉ, ÉE (do-dé-ka-pé-ta-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui a douze pétales. Fleur dodécapétalée.
— ÉTYM. Dodécapétale.
tDODÉCASTYLE (do-dé-ka-sti-1'), adj. Temple
dodécastyle, temple grec ayant douze colonnes sous le fronton.
— ÊTYM. Dodéca.... préfixe, et<rTÛ),o;, colonne, t DODÉCATÉMORIE (do-dé-ka-té-mo-rie) , s. f.
Terme d'astronomie ancienne. Nom donné aux trente degrés dont chaque signe du zodiaque est composé.
— ÊTYM. A(»ôexaTr))jL6piov, de SdiSéxaTo?, douzième, etuéptov, partie; la dodécatémorie étant la douzième partie du zodiaque.
t DODELINEMENT (do-de-li-ne-man), ». m. Action de dodeliner. Le dodelinement grotesque de ce palmipède [le canard], déjà assez disgracié de la nature. Presse scientifique, tseï , t. i, p. 302.
— ÉTYM. Dodeliner.
i DODELINER (do-dé-li-né) , ». a. Bercer, caresser, remuer doucement. Dodeliner un enfant. || Dodeliner la tête, ou de la tête, la remuer doucement comme quelqu'un qui dort sur une chaise. La plupart des jeunes femmes.... dodelinaient la tête avec une mignardise toute séduisante, CH. de behnard, la Femme de 40 ans, § 1. 1| Vieux mot qui se dit encore dans le langage familier.
— HIST. xvi* s. Ainsi marmotant de la bouche et dodelinant de la teste, alloit voir prendre quelque connil aux fillets, rab. Garg. i, 22.
— ÉTYM. Voy. DODINER.
t DODINAGÊ (do-di-na-j'), ï.m. Mouvement mesuré que l'on communique, dans le sens de sa IoQ'-
DOG
gueur, &la chausse d'un blutoir à farine. || Manière de polir les clous & tapissier.
— ÉTYM. Dodiner.
t DODINB (do-di-n'), ». f. Ancienne sorte démets. Le repas était plein do plusieurs et divers mangers eitrêmetnent bons.... comme de la doiline, de la menestre, et d'autres telles sauces friandes et délicates, les Œuvres de Lucian, etc. Paris, Richer, 4613, liv. I, f» 266, dans FRANC. mcHEL,./lrjof, menestre.
DODINER (do-di-né). || 1* T. a. Bercer, balancer. Il 2° V. n. Terme d'horlogerie. Osciller. Ce pendule dodine bien. Sur quoi Legoarant remarque : « Plusieurs horlogers, en m'assurant ne pas connaître ce terme, omis dans les ouvrages de Berthoud, m'ont dit qu'on se sert, en ce sens, du verbe osciller, et que dès lors dodiner était employé seulement par l'horloger qui en aura donné connaissance à un membre de l'Académie. » || 8* Se dodiner, v. rifl. Se bercer, et fig. avoir beaucoup de soin de sa personne. Il est toujours à se dodiner.
— IIIST. XV' s. Et en lui piquant la teste et dodiminant de douce main, on lui coppe les cheveuli en forcelant, Chron. des ducs de Bourg, il, 26. Vin par trop prins trouble, rougit les yeux, et affoiblit la vue et le chief, et fait dodiner et trembler, le CHEV. DE hk TOUR, Itistruct. à SCS filles , t" 44, dans
LACURNE
— ÊTYM. Ce mot, dontle sens propre est remuer, semble se rattacher à un radical dod, signifiant balancement, et qui serait dans l'anglais (o doddle, se laisser aller nonchalamment, et, nasalisé, dans l'italien dondolare, dodiner, dandiner. Cependant d'autres rattachent dodiner & dodo.
t DODINETTE (do-di-nè-f), s.f. Usité seulement dans celte chanson des berceuses : Dodo! dodinette ! dodol dodinol
— ÊTYM. Dodiner.
DODO (do-do). Il i' Sorte d'interjection du langage des nourrices qui signifie dors. Au soir des ans doit sembler doux Ce chant qui nous a charmés tous : Dodo, l'enfant do. L'enfant dormira tantôt, BÉRANO. Nourrice. || 2" S. m. Par extension, sommeil. Faire dodo, dormir. || 3° Lit dans le langage enfantin. Il est dans son dodo. Aller à dodo. Il 4° Un des noms vulgaires du dronte.
— HIST. XV* s. Quant n'ont assez fait dodo Ces petitz enfanchonnés....CH. d'obl. Chans.
— ÊTYM. Dodo semble une altération de dors, dors, par un adoucissement de prononciation habituel aux nourrices.
t DODONÉE (do-do-née), s. f. Terme de botanique. Genre de sapindacées renfermant de petits arbres ou des arbrisseaux qui croissent sous les tropiques.
DODU, DE (do-du, due), adj. \\ 1* Qui est bien en chair. Ces pigeons sont dodus, mangez sur ma parole, boil. Sat. m. Comme ils sont dodus et gras. Ces bons citoyens du Maine I bërang. Chapons. Il 2° Qui a un embonpoint ferme et de bonne naturn. Les tempéraments chez qui la digestion est un peu lente et l'esprit prompt et à qui la casse fait un bon effet, durent plus longtemps que les corps frais et dodus, VOLT. Lett. U. du Deffant, il mars (776. Bras dodus, bouche rosée, beaum. Barbier de Sév. II, 2. Il Substantivement. Oh I pour cela, madame, il c'y a rien à dire; vous avez pris là un mari de bonne mine, un gros dodu que tout le monde aimera, MARIVAUX, Pays. parv. 6* part. t. m, p. «7, dans
POUOENS.
— ETYM. Origine inconnue. Il y avait dans l'ancien français dondaine, sorte de cornemuse; il y a encore dondon; dodu s'y rattacherait-il, à cause que la cornemuse est gonflée et, pour ainsi dire, dodue? Scheler indique le frison dodd, bloc, masse, ou bien le radical dod qui est dans dodeliner, dodiner, le rapport de balancement et de corpulence n'ayant, dit-il, guère besoin d'être justifié.
DOGAHESSE (do-ga-rè-s"), s. f. La femme d'un dogo. Sa femme [du doge] , qu'on appelait la dogaresse et qui jusque-là [le xvi* s.] avait été couronnée, ne peut plus porter la couronne ni se faire accompagner hors du palais par d'autres femmes que par celles de sa famille, daru , Jlist. de Venise, XXX IX, s.
— ÊTYM. Ital. dogaressa (voy. dook).
DOGAT (do-ga), s. m. La dignité de doge; durée de cette magistrature. L'nistoire de la dignité ducale pourrait se diviser en trois périodes : la première, de l'an 6»7, époque à laquelle on rapporte la création du dogat, jusqu'au commencement du XI' siècle, vers l'an 4082...; la seconde époque commence avec le xi* siècle et finit vers le milieu du xiu'... ; c'est àpartirdu xiu'que commence un nnu- 1
DOG
vel ordre de choses.... à chaque vacance, on ajoute au serment du doge des formules qui restreignent son autorité, dabu, Bitt. de Venin, xxxa, ».
— ÊTYM. Doge.
DOGE (do-j'), *. m. Chef de l'ancienne république de Venise dont l'autorité était plus nominale qu'effective. L'amour prête son nom à un nombre infini do commerces qu'on lui attribue, et oii il n'a non plus de part que le doge à ce qui se fait à Venise, LA ROcnEP. Jli/lex. 77. La dignité de doge fut toujours élective; on pouvait y être appelé sans siéger actuellement dans les conseils, sans y avoir même siégé.... on voit assez ce que pouvait être un magistrat, asservi par une représentation continuelle, privé de toute autorité, n'ayant pas la liberté de sortir de la capitale s.ins permission, réduit à la condition de simple particulier dès qu'il était séparé de son conseil, doté d'un revenu si médiocre qu'il suffisait à peine à sa dépense, toujours entouré dans ses fonctions et continuellement surveillé dans sa vie domestique, enfin à qui on avait interdit jusqu'à la faculté de donner sa démission; il avait, comme les rois de Sparte, la majesté d'un roi et l'autorité d'un citoyen, DAnn, Hist. de Ven. xxxix, ». Il Ordre du Doge, nom, à Venise, d'un ordre militaire dont le doge était le chef et qui avait pour marque une croix à douze pointes. || Chef de l'ancienne république de Gênes.
— ÊTYM. Ital. doge, doge, proprement duo (voy.
DOC)
t DOGESSE (do-jè-s'), s. f. La femme d'un doge. On trouve plus souvent dogaretse.
— ÊTYM. Doge.
t DOGLINGE (do-glin-j'), s. f. Terme de pêche. Espèce de baleine.
DOGMATIQUE (do-gma-ti-k'), adj. || !• Qui a rapport au dogme. Terme dogmatique. || 2* Qui attache de la certitude à un certain nombre d'opinions, particulièrement d'opinions philosophiques. Platon est un philosophe dogmatique. Seulement pouvons-nous dire qu'en fait de sciences les hommes sont nés dogmatiques et hardis, et qu'il leur en coûte plus d'eflbrt pour être timides etpyrrhoniens, PONTEN. Mery. || Théologie dogmatique, exposition des croyances chrétiennes. || Philosophie dogmatique, se dit, par opposition à philosophie sceptique, de celle qui établit des dogmes. || 3* Qui dogmatise, qui s'exprime d'une manière impérieuse et tranchante. Un esprit dogmatique. C'est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique, la bruy. v. Mes notes au bas des pages des pièces de Corneille pourront former une poétique complète, sans avoir l'insolence et l'ennui du ton dogmatique, volt. Lett. d'Argental, 26 juin <76(. || Style dogmatique, style qui procède par dogmes, par affirmations. 11 semble qu'il fuie le style dogmatique, balz. liv. vi, lett. 6. Il 4° S. m. Partie dogmatique d'un ouvrage. Cet historique [de l'instruction sur les états d'oraison] apprit des choses infinies et fit lire le dogmatique, st-sim. 46, 23. liolingbroke a séparé le dogmatique d'avec l'historique, volt. Philos, m, 6. Il 6° Style dogmatique. Cela n'est usité que dans le dogmatique. || 8' Partisan du dogmatisme; celu' qui est attaché à une doctrine dogmatiuje. Un dogmatique. Il Anciens philosophes qui raisonnaient sur des principes qu'ils croyaient certains, par opposition aux pyrrhoniens et aux autres sceptique» qui croyaient tout ifouteux. Il Le.' dogmatiques ou, adjectivement, les médecins dogmatiques, nom d'une secte de médecins, dans l'antiquité, qui s'occupaient particulièrement à rechercher par le raisonnement l'essence même des maladies et leurs causes cachées, mais qui, par compensation et en vertu même de leurs idées, recommandaient l'étude de l'anatomie. Il Celui qui dogmatise. Missionnaires d'athéisme et très-impérieux dogmatiques, J. i. rouss. Prom. ». Il 7° S. f. La dogmatique, l'ensemble des dogmes d'une religion. La dogmatique chrétienne.
— ÊTYM. AoY(j.aTix6;, de Sôyiia, dogme.
DOGMATIQUEMENT (do-gma-ti-ke-man), adv.
Il 1' D'une manière dogmatique. Philosopher dogmatiquement. Il 2* D'un ton décisif. Aussi attend-il que chacun se soit expliqué sur le sujet qui s'est offert, pour dire dogmatiquement des choses toutes nouvelles, la bruy. v.
— ÊTYM. Dogmatique, et le suffixe ment. DOGMATI.SÈK (dogma-ti-zé), r. n. || 1' Etablir
des dogmes. Mais, sans nous égarer dans ces digressions. Traiter, comme Senaut, toutes les passions, Et les distribuant par classes et par titres, Dogmatiser en vers et rimer par chapitres, boil. Sat. VIII. Les grands hommes dogmatisent, le peuple croit, VAUTEH. Nouv. mai. 43. Il 2' Enseigner
DOG
une doctrine religieuse ou philosophique. Comme il [Cromwell] eut aperçu que, dans ce mélange infini de sectes qui n'avaient plus de règles certaines, le plaisir de dogmatiser, sans être repris ni contraint par aucune autorité ecclésiastique ni séculière, était le charme qui possédait les esprits, Boss. iln'n« d'Anglel. J'ai prêché publiquement, dit-il à Calphe qui l'interrogeait sur ce point, et je n'ai jamais dogmatisé, BOUBDAL. f dim. après l'Épiph. Dominie. t. I, p. 286. Il 8* Se mêler de raisonner là où rien ne nous y autorise. C'était principalement des femmes qui dogmatisaient sous le voile de la sainteté, B038. Étatt (Corait.i, M. Si vous saviez comme elle dogmatise sur la religion, sKv. 36. Ceux qui dogmatisent sur ce qu'ils n'entendent pas, volt. Uœurs, 46. Il Débiter ses discours d'un ton sentencieux et tranchant. Il dogmatise sur tout. ||4* Activement J'ai dogmatisé l'inconstance Et prêché l'infidélité, CHAnLiEo, dans le Dict. de poitevin. L'emploi actif se trouve dans l'historique.
— HIST. XV' s. Au commencement de l'église, pluseurs dogmatisèrent contre la perdurable virginité de nostre Dame, gerson, dans le Dictionn. de DOCiiEZ. Il xvi* s. Il a esté basti pour prêcher et dogmatizer une nouvelle religion, carl. viu, ti.
— ÊTYM. Dogme.
DOGMATISEUR (do-gma-ti-zeur), ». m. Celui qui prend le ton dogmatique. C'est un grand dogmatiseur.
— r.TYM. Dogmatiser.
t DOGMATISME (do-gma-ti-sm"), ». m. Doctrine de ceux qui ont des dogmes, c'est-à-dire de ceux qui admettent des certitudes. || Disposition de l'esprit à affirmer et à croire, par opposition à scepticisme.
— HIST. XVI' s. Qu'irai-je choisir? ce qu'il vous plaira, pourvu que vous choisissiez; voilàune sotte response, à laquelle pourtant tout le dogmatisme arrive, MONT. II, 232.
— ÊTYM. Dogmatiser.
DOGMATISTE (do-gma-ti-sf), ». m. Celui qui, parti.san des doctrines du dogmatisme, affirme des certitudes philosophiques. Vous êtes donc les plus absurdes des dogmatistes ou les plus outrés des pyrrhoniens, DiDEB. A'ouc. Pens. phil. 66.
— HIST. XVI' s. Le prince des dogmatistes et philosophes, Aristote, qui pense si bien «voir asseuré sa doctrine sur des raisons inexpugnables, CHOLiÈRES, Contes, t. II, Après dinée *, p. 43», dans PouGENs. Voilà comment des trois générales sectes de philosophie, les deux font expresse profession de dubitation et d'ignorance; et, en celle des dogmatistes qui est troisième, il est aysé à descouvrir que la pluspart n'ont prins le visage de l'asseurance que pour avoir meilleure mine, mont, ii, 236.
— ÊTYM. Dogmatiser.
DOGME (do-gm'), ». m. || 1' Terme de théologie et de philosophie. Point de doctrine établi comme fondamental, incontesté, certain. Les ilogmes de la religion. Le dogme de la vie future. Les dogmes de la philosophie cartésienne. Encore que ces sentiments n'eussent point passé en dogme, boss. Hist. II, 6. Et par un dogme faux dans nos jours enfanté. Des devoirs du chrétien rayer la charité, boil. Ép. xii. Malgré l'exemple impur d'une cour despotique [ils] Gardent l'austérité des dogmes du Portique, legol'vé, Épichar. et Néron, i, 3. Et tant d'écrits savants entassés dans nos murs Ont chargé mon esprit de leurs dogmes ob.scurs, delav. Paria, ii, 2. Il 2° Collectivement, le dogme, l'ensemble des dogmes de la religion chrétienne. La formation du dogme. Professeur de dogme. Bossuet fut l'oracle du dogme.
— HIST. ivi' s. Je suis bien marry que nous n'ayons une douzaine de Laertius [Histoire des philosophes anciens par Diogène Laerce], ou qu'il ne soit plus estendu ou plus entendu; car je ne considère pas moins curieusement la fortune et la vie de ces grands précepteurs du monde que la diversité de leurs dogmes et fantaisies, mont, dans le Dict.
de DOCHEZ.
— ÊTYM. déyiia, opinion, pensée, dogme.
DOGUE (do-gr*), ». tn. || 1* Bâtiment dont la navigation ordinaire était de la Hollande au Dogrebanc (mer du Nord) sur lequel il allait pêcher la morue, jal. Non-seulement avec la petite escadre que vous commandez, vous pouvez eitraordinairement incommoder le commerce de Hollande, mais encore ruiner entièrement leur pêche, en mettant à rançon tous les dogres que vous trouverez sur le Dogrebanc, seignelay, à Panetié, «678, dans jal. Il 2' Aujourd'hui bâtiment dont la mâture consiste en un grand mit, un màt jd'artimon et un beaupré, et qui fait le grand cabotage et le long court.
i)oi
— ÊTYM. Holl. dogger, nom d'une espèce de navire.
BOGUE (ilo-gh'), I. m. |1 f Gros chien de garde à nez écrasé et à lèvres pendantes. Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau, la font. Fabl. I, 6. Les dogues gémissants, en hurlements funèbres Appellent-ils leur maître errant dans les ténèbres? Ducis, Oscar, i, 2. || Être d'une humeur de dogue, avoir de l'humeur comme un dogue, et, simplement, être comme un dogue, être de trèsmauvaise humeur. Je ne réponds pas maintenant, parceque, en vérité, je suis d'une humeur de dogue, p. L. COUR. I.ett.i, m. Il 2° Homme violent qui se lance ou qu'on lance contre quelqu'un. Du faubourg Saint-Médard les dogues aboyèrent. Et les renards d'Ignace avec eux se glissèrent, volt. Ép. xcv. Nous ajoutons que les fanatiques ignorants qui ont écrit contre lui [Montesquieu] avec tant d'amertume et d'insolence n'ont connu aucune de ses véritables erreurs, et que nous révérons avec les honnêtes gens de l'Europe tous les passages après lesquels ces dogues du cimetière Saint-Médard ont aboyé, m. Dicl. phil. Lois [Esprit des). || 3° S. ni. pi. Terme de chasse. Chiens dont on se sert pour assaillir et coiffer les sangliers et les loups. || 4° Terme de marine. Dogue d'amure, trou pratiqué dans le plat-bord du navire, entre le grand mât et le mât de misaine, mais plus près de celui-ci que de l'autre; ainsi dit, parce qu'il avait à son orifice extérieur un masque de chien aboyant, jal. Aujourd'hui le dogvie d'amure est supprimé.
— HIST. XV* s. En un matin, en m'esbatant X une fille qui a vogue, Seurvintune grant vielle dogue De la quelle nefuz content, Œuvres de R. Collerye, p. u», dans lacuhne. ||xvi*s. Qui le mastin villageois, A veu tombé sous la force Du généreux dogue anglois, dubell. ii, 60, verso.
- ÊTYM. Angl. dog, chien.
DOGPF.R (SE) (do-ghé), V. réfl. Se heurter de la tête, se battre à coups de tète, en parlant des moutons et des béliers. Les béliers se doguent surtout dans le temps de la monte , legoarant.
— ÉTYM. Dogue.
t DOGUET (do-ghè), s. m. Terme de pêche. Petite morue. || Nom de l'aigrefin à Dunkerque.
DOGUIN, INE (do-ghin, ghi-n'), s. m. et f. Mâle et femelle de petits dogues. Le duguin vient du dogue d'Angleterre et du petit danois, buffon, Chien.
— ÉTYM. Diminutif de dogue.
DOIGT (doi ; le « se lie dans le parler soutenu : un doi-t effilé ; au plur. l's se lie : des dol-z effilés) , s. m. Il 1" Chacune des parties distinctes et mobiles qui terminent les mains et les pieds de l'homme. Le doigt indicateur , le doigt qui vient après le pouce. Le doigt du miheu, le doigt le plus long. Le doigt annulaire, celui qui vient après le doigt du milieu. Le petit doigt. Ton aiguille à mon doigt est un faix bien léger, rotr. Herc. m. i, 4. D'abord avec son haleine 11 se réchauffe les doigts, la font. Fables, V, 7. Il se fit une quatrième guerre à Geth, où il se trouva un grand homme qui avait six doigts aux pieils et aux mains, c'est-à-dire vingt-quatre doigts, SACi, Bible, Rois, ii, 2t, 20. Cydias, après avoir toussé, relevé sa manchette et ouvert les doigts, débite gravement ses pensées quintessenciées, la BRUY. y. Leur doigt mystérieux [des sorcières] se posait sur leur bouche, ducis, Macbeth, ii, 6 La biche.... Broutait entre ses doigts [de Jocelyn] de tendres jets de saule, lamart. Joc. m, <09. |{ Compter sur ses doigts ou avec ses doigts, faire par ce moyen un calcul qu'on ne peut faire de tête. || Par extension. Compter sur ou par ses doigts, supputer avec attention. Moi.... Qui compte tous les jours vos défauts par mes doigts, boil. Sat. ix. Cent fois dans la route il avait calculé par ses doigts le fond do sa fortune, dider. Regrefs s. sa robe de chambre. Il Terme de pêche. Pêcher au doigt, se dit quelquefois pour, tenir la ligne à la main sans canne. || Les doigts lui démangent, se dit de quelqu'un qui a envie de se battre ou d'écrire contre quelqu'un. || Familièrement. X lèche-doigts, se dit des choses à manger qui sont données en trop petite quantité. Le plat était bon, mais il n'y en avait qu'à lèchedoigts. Il Mettre son doigt au feu d'une chose, en être tellement sûr qu'on se condamnerait à mettre le doigt dans le feu si elle faisait défaut. Notre légiste eût mis son doigt au feu Que son épouse était toujours fidèle, la font. CaJ. || Montrer du doigt, faire avec le doigt le geste de montrer. D'un œil moqueur les Grâces infidèles Montrent du doigt mon réduit délaissé, bérang. fuite de J'omour. || Fig. Montrer quelqu'un du doigt, au dcigt, s'en moquer.
bol
Faut-il que désormais à deux doigts on te montre, Qu'on te mette en chansons et qu'en toute rencontre On te rejette au nez le scandaleux affront Qu'une femme mal née imprime sur ton front? mol. Syan. 9. Aussi plus elle [sa femme] brille. Plus on le montre au doigt, BÊRANG. Pet. h. gris. || Mettre le doigt sur la bouche, signe qui indique de garder le silence. Songez qu'Harpocrate, l'un de nos plus grands dieux, a toujours le doigt sur la bouche, volt. Taureau blanc, ch. i. |{ C'est une bague au doigt, se dit d'une chose de prix dont on peut toujours se défaire avec avantage, et aussi d'un avantage considérable, dignité, place, faveur, etc. qui échoit à un homme. || Familièrement. Il croit que pour réussir il ne faut que remuer et souffler les doigts, c'est un homme avantageux qui croit que tout lui est facile. || Familièrement. Mon petit doigt me l'a dit, phrase dont on se sert avec les enfants, pour leur faire croire que l'on sait la vérité sur quelque chose qu'ils ne veulent pas avouer; on fait souvent, en disant ces mots, le geste de mettre son petit doigt dans son oreille. Voilà mon petit doigt qui me dit quelque chose que vous avez vu et que vous ne m'avez pas dit, mol. ilal. imag. n, H. || Donner sur les doigts, infliger une correction manuelle. Il Par extension. Donner sur les doigts, faire éprouver un échec. Nicératus, ayant considéré que, pour le mépris que les ennemis faisaient de sa faiblesse, ils ne marchaient jamais qu'en désordre, s'imagina qu'il y avait moyen de leur donner sur les doigts, MALH. Le XXXIII* livre de Tite Live, chap. <4. || Fig. Donner sur les doigts, réprimander, châtier. Momus en donne [de sa marotte] sur les doigts Du grand que l'on encense, bérang. Marotte. || Avoir sur les doigts, être châtié, réprimandé, moqué. Le railleur sera raillé et il aura sur les doigts, ma foi, mol. Impromptu, 3. Il Mordre ses doigts, acte réel qui est un signe d'impatience, d'embarras, de préoccupation. J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts, boil. Sat. va. || Fig. Se mordre les doigts, se repentir d'une chose. Il a refusé, maintenant il s'en mord les doigts. En leur rivage discourtois [ils] En ont depuis mordu leurs doigts, SCARRON , Virg. trav. vi. Les trois en ont regret et se mordent les doigts, la font, ilazet. \\ Ils sont nomme les deux doigts de la main, se dit de deux amis très-intimes. Vous êtes présentement les deux doigts de la main, sÉv. 447. Monsieur de Marseille vint hier au soir; nous dînons chez lui; c'est l'affaire des deux doigts de la main, id. Lett. 23< , t. m, p. 87, danspouGENs. Mme de Roquelaure et Mme de la Vieuville étaient de tout temps les deux doigts de la main, st-sim. 4 99, <68. Dans cette famille-là, ils sont unis comme les doigts de la main, o. sand, dans le Dict. de poitevin. || Familièrement. Il y met les quatre doigts et le pouce, se dit d'un homme qui prend avidement et malproprement dans un plat ce qui est à sa portée; et, par extension, de celui qui agit sans ménagement et sans délicatesse || Ne faire œuvre de ses dix doigts, vivre dans la fainéantise. Il Atis ne vaut pas seulement un doigt du personnage [il lui est très-inférieur] , la pont. Petit chien. Il Toucher du doigt, toucher au doigt, voir, compreodre clairement. C'est-à-dire qu'il faut toucher au doigt la chose, hol. Sgan. <2. Viens, maraud, viens, je te veux bien faire toucher au doigt ta poltronerie, prends garde, m. Fest. de Pierre, m, 7. J'espère trouver le moyen de faire toucher au doigt sa mauvaise foi, boss. Avert. 6. L'espérance qui nous fait toucher au doigt le temps où nous serons ensemble, sÉv. 456. Oyez-le bien, vous toucherez au doigt Que l'Iliade est un conte plus froid Que Cendrillon , Peau-d'Àne ou Barbe-Bleue , j. b. houss. Épigr. II, 44. Il On trouve voir au doigt et à l'œil, ce qui ne parait pas bon. Elle a fait voir au doigt et à l'œil que.... sév. 324. || On trouve aussi toucher au doigt et à l'œil, ce qui ne paraît pas bon non plus. Il est à propos d'en donner une idée plus sensible et qui fasse toucher au doigt et à l'œil la grandeur du défaut, vauban. Dîme, p. 229. || Se mettre le doigt dans l'œil, se faire un tort, du muL En vendant sa campagne pour acheter des rentes, il s'est mis le doigt dans l'œil. || Être servi au doigt et à l'œil, être servi ponctuellement. || Familièrement et par plaisanterie. Cette montre va au doigt et à l'œil, elle est mauvaise, il faut toucher souvent à l'aiguille. Il Vous avez mis le doigt dessus, c'est-àdire vous avez deviné. Chacun a justement mis le doigt sur la source du mal,B0SS.F<st(e, 2. Vous avez mis le doigt sur le but, la plupart des sermons sont des raisonnements de philosophes, fén. t. xii, p. 97. Sire, Votre Majesté a mis le doigt dessus, volt. Dial. 27. Il 2° Les cinq doigts, la main entière. Je