DOIGTÉ (doi-té), ». m. Voy. doioieb
4. DOIGTER (iloi-té). Il 1» y. n. Terme de musique. Poser les doigts comme il convient pour jouer de certains instruments. || 2" F. o. Exécuter un morceau en employant les doigts comme il convient. Doigtez bien ce passage. || Indiquer sur la musique, par des chiffres, le duigt dont l'exécutant doit se servir pour chaque note. Doigter un air, un passage.
— ÉTYM. Doigt.
î. DOIGTER ou DOIGTE (doi-té), I. m. Terme de musique. Manière d'employer les doigts sur le clavier d'un piano, le manche d'un violon, d'une guitare. Cette sonate est belle, mais le doigter en est très-difficile.
— ETYM. Doigt.
DOIGTIER (doi-tié ; l'r ne se lie jamais; au plur. \'s se lie : les doi-tié-z et....), i. m. \\ 1' Doigt de gant qu'on met pour couvrir un doigt. Un doigtier de cuir. || Espèce de fourreau en forme de doigt de gant, dont on revêt un doigt malade. || 2° Mouchoir de toile porté au petit doigt de la main gauche par les chanoines de Reims célébrant au grand autel. Il 3" Dé de cuivre à l'usage du passementier. ||4"Un des noms vulgaires de la digitale pourprée et de la clavaire digitée.
— HIST. XV" s. Un doittier de cinq dyamants en aneaulx d'or esmaiUez, c'est assavoir un annel en façon de rabot, de labobde. Émaux, p. 264. Le suppliant print furtivement aucuns annaus ou verges d'argent estans en ung doittier [écrin], ducahqe, digitale. \\ xvi" s. L'artifice de mettre un poucierou doigtier (édit. de I6«4: dettier) , paré, xvii, 40.
— ÉTYM. Doigt ; wallon , deûkè.
t DOINT (douin), anc. 8" pers. du sing. du subj. du verbe donn<r. Or, prions Dieu qu'il leur doint paradis, bodss. Épig. m, 24.
— HIST. XII" s. Jà puis Dex [Dieu] ne me doint Joie en ma vie.... Couci, ii. || ivi"s. Dieu tout-puissant te doint pour t'etrenner Les quatre coins du monde à gouverner. Tout pour le bien de la ronde machine Que pour autant que sur tous en es digne, MAHOT, ÉpUre au roi pour avoir été dérobé par son vaUt.
t DOIS (dot), s. m. Voy. doit 2.
t. DOIT (doi), t. m. Terme de commerce. Voy. DEVOIR, verbe.
f 2. DOIT (doi) ou DOIS (doi), t. m. Petit cours d'eau, terme usité en Normandie, en Bretagne et ailleurs. Au passage d'un pont ou sur le bord d'un dois, LA FONT. Lett. XIX. Il En Normandie on prononce doué.
— HIST. XII" s. [Dans l'été] Que reclarcist Ii dois en la fontaine, Couci, xiii. Les oreilles sont voie et dois Par où vient jusqu'au cuer la voix, ciirestien DE TROTES, dans LACOBNE. Ensement [semblablement] va com loutre par vivier. Quant les poissons fait en la dois mucier, Garin U loh. i, 264. Vin^ drent jusque al munt dei duit dei ewe, ilou, 427 Il XIII" s. En tout le monde n'ot si bêle, L'iaue est lousdis [toujours] frescheet novele. Qui nuit et jour sourt à grans ondes Par deux doiz creuses et parfondes, la Rose, 1640.
— ËTYU. Latin, ductus, conduit, de ducere, conduire (voy. duire). Le féminin la dois vient de ductio, conduite, et est un des très-rares exemples où la forme française dérivée du nominatif des noms latins en o, onis, nous a été conservée.
t DOITE (doi-f), I. f. Terme qui sert à comparer la grosseur, l'égalité du fil, dans un même ou dans plusieurs écheveaux, etc. Voilà deux pelotons qui paraissent de la même doite, tandis que ce troisième est d'une doite plus grosse. Ce que vous filez là, est d'une jolie doite, leooarant.
— ÊTYM. Doigt.
t DOITÉE (doi-tée), ». f. Une petite longueur de fil.
— SYN. doitRe, AIGOILI.ÊE. L'aiguillée a une longueur presque déterminée, et il en esldilTéremment de la doitée qui peut fournir plusieurs aiguillées, sans toutefois être jamais d'une grande longueur, ou se trouver même plus courte que l'aiguillée : c'est donc un terme plus vague : Je ne veux pas le peloton; donnez-moi seulement une doitée, une petite doitée. une forte doitée, une doitée d'environ deux aiguillées, legoarant.
«. DOL (doi), s. m. Terme de jurisprudence. Tromperie, fraude. X moins qu'il n'y ait fraude ou doi du procureur.... montes^}. Espr. xxix, 46. Je craindrais toujours que le doi Ne m'en dépossédât
DOL
sous ombre de justice, Et qu'un jour le maître du sol Ne revendiquât l'édifice, lahottb, dans de»fontaines. Il Manœuvres frauduleuse» qui déterminent quelqu'un à contracter.
— HIST. XV* s. Quant je considère et pense à mes faits, je me recorde que j'ay par fraude et doil, despouillé la cité et le temple de Jherusalem d'or et d'argent, Hist. de la Toison d'or, 1. 1 , f" 64. || xvT s. Quant à Martius, ce fut par doi et tromperie qu'il jetta les Romains en guerre contre les Volsques AHTOT, Alcib. et Cor. comp. 8.
— ÈTYM. Provenc. doi; espagn. et ilah dolo; du latin dolus; grec, îô)io<; comp. l'anglo-saxon doi, erreur.
t 2. DOL (doi), ». m. Gros tambour dont on ■• sert dans la musique militaire.
— ÉTYM. Probablement le latin doltum, tonneau, par assimilation de forme. Doltum avait donné dot'l; Cuves, doils et autre sorte de vaisselle à vin, Coutumier gén. t. II, p. 672.
t DOLABELLE (do-la-bè 1') , f. f. Petite doloire, sorte d'instrument aratoire.
— ÉTYM. Diminutif de dolabre.
t DOLABBE (do-la-br'), ». f. Espèce de hache de guerre du moyen &ge.
— ÉTYM. Lat. dolabra (voy. doloire).
t DOLABRIFORME (do-la-bri-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a quelque chose de la forme d'une doloire. Feuilles dolabriformes.
— ÉTYM. Latin fictif dolabriformis, de dolabra, dolabre, et forma, forme.
t DOLAGE (do-la-j'), t. m. Action de doler.
— ÉTYM. Doler:
DOLCE (dol-tchè), adv. Terme de musique emprunté à l'italien, indiquant une expression douce dans l'exécution.
— ETYM. Ital. dolce, doux, du latin duleU, doux (voy. doux).
DOLÊ, ÊE (do-lé, lée), part, passé. Des douve* dolées.
DOLÉANCE (do-lé-an-s') , ». f. || 1" Plainte »u sujet d'un grief. Faire, conter ses doléances. H en faisait sa plainte une nuit; un voleur Interrompit la doléance, la font. Fabl.a, 46. Que je n'entende plus vos sottes doléances, mou Sgan. t. Essaye avec des pleurs, de tendres doléances. De faire à ses desseins de douces violences, a. ch4n. 233. Il m'écrivit lettres sur lettres, pleines de doléances et de griefs auxquels je pouvais encore moins remédier qu'à ceux que j'avais pour mon compte, i. s. bouss. Confess. n. Libéraux, dans vos doléances. Pourquoi donc vous en prendre à moiT bèeano. Ventru aux él. Il 2* Aiitrefois, et seulement au pluriel, demandes ou représentations qui étaient faites dans les cahiers des états généraux.
— HIST. XV" s. Qui , comme parent, envoyoit faire doIeance de la mort de ladite marquise, comm. viii, ». En cette aigre doléance et à regret demeura ai>cuns jours, louis xi, Nouv. c.
— ÉTYM. Doleant, très-ancienne forme pour dolent (voy. dolent); provenc. dolensa, dolentia; espagn. doi«ncta; ital. dolenia, doglienxa; formes correctes qui viennent du latin doien». Doléance était inexplicable tant qu'on n'avait pas l'adjectif doleant.
t DOLEAD (do-lô), I. tn. Outil pour donner la forme à l'ardoise.
— ÉTYM. Doler.
DOtEMMENT (do-la-man), adv. D'une manière dolente. Le maréchal [de Noailles] s'écrie dolemment qu'il a une migraine à mourir, st-sim. 24 i, »3. Je vois déjà le ministre des finances venir dolemment vous présenter un nouveau certificat de notre ruine, mibabeau. Collection, t. iv, p. 83.
— HIST. un" s. Et vinrent à Damiette, et furent recheu liementetdolentement, C/iron. de Bain», 140.
— ÉTYM. Dolent, et le suffixe ment. DolenlemenI vient du féminin dolente, qui se trouve dans de très-anciens textes.
DOLENT, ENTE (do-lan, lan-t'), adj. \\ 1" Qui souffre et se plaint. Une femme dolente. Mais nonobstant l'effort, dolent en son courage.... bégnieb, Élég. V. Hais si le sentiment de la misère humaine Vous fait avoir pitié d'une dolente reine, mai». Sophon. III, 4 La trop dolente mère Fit dans l'abord force larmes couler, la font. fouc. Mais j'avais, lui vivant, le teint d'un chérubin, L'embonpoint merveilleux, l'oeil gai, l'àme contente. Et je suis maintenant ma commère dolente , mol. Sganar. II. On ne voit plus sa fille, et la pauvre Isabelle Invisible et dolente est en prison chez elle, rac. Piaid.
I, 6 Que ma fille Va ranimer ta dolente famillel
volt. Enf. prod. l, t. || Qui exprime la douleur.
DOL
UOL
DOM
tin langage dolent. Une mine dolente. Et vous êtes de celles Qu'un air tri et dolent rend encore pins belles, MAiR. Sophnn. m, i. [Cette muse] Oui, le glaive à la main, du diadème ornée. Vient au peupla assemblé, d'une dolente voix. Pleurer les grands malheurs, les empires, les rois, i. chiîn. ÉUg. x. Ainsi, mon oncle, vous tenez toujours à ce mariage, dit le jeune homme d'une voix dolente, en. de bf.bnard, la Femms de «o ans, § v. || i' Substantivement. Lauzun imagina, se portant à merveille, de faire le dolent et de demander la permission d'aller aux eaux d'Aix-la-Chapelle, ST-SI.W. M». 173. Exceptez-en quelques vieilles dolentes. Des jeunes sœurs jalouses surveillantes; Il était cher à toute la maison, gressKT.rerl-Verl, i. Messire Jean Chouart confortait le dolent, assistait le mourant, p. l. cour, i, <i)2.
— REM. Aujourd'hui, dans l'usage le plus ordinaire, dolent emporte une idée de moquerie ou du moins d'exagération dans la plainte.
— HIST. X' s. E por els es doleants [tu es dolent peureux], Fragm. de Yalenr.. p. ■188. ||xi' s. François mourront. Charles en erl [sera] dolent, Ch. de nol. Lxxiv. Il XII* s. [Il] Fera maint cuer dolant, Ronc. p. 20. Tex [tels] as ocis, dont mère en ert [sera] dolente, ib. p. 78. [La flamme] Dont tantes fois (je] me daim dolent et las, Coud, xi. Se nuls morist [mourut] pour avoir cuer dolent.... ib. xxji. De ce [je] sui au cuer dolente. Que cil n'est en cest païs, DAME DE FAtELE, dans Coud. Ensi en sunt chacié li parent saint Thomas, Vunt en autre pais dolent, chaitif e las, E portent lur enfanz, lur robes e lur dras. Th. le mart. 84. Por coi est doneie la lumière al dolent, e vie à ceaz [ceux] ki en amertume d'aumes [d'âmes] sunt?/ofc, 464. ||xin*s. Si en furent moult dolent et moult irié, et moult en eurent grant pitié, villeh. xci. Car cil qui a le cuer dolent, Sachiés de voir [vrai], il n'a talent De dancier ne de karoler, la Rose, 333. Nus n'en est plus dolens que cil qui le cop dona, beadm. lxix, 8. Il XV' s. Tant lui déplut ce dolent départir, qu'onques mot ne sut dire, Lonis xi , Nnuv. xxii. || xvi* s. Robes de prix et joyaulx [nous] mismes bas, Pour prendre noir, la dolente couleur, Guidon d'ennuy et mortelle douleur, i. marot, v, 2)i. II veut que l'on applique la ventouse sus la partie dolente,