PARÉ, XV
— ÊTYM. Lat. dolens, de dolert (voy. douloir) ; norm. doKi7(anJ. Quanta la forme doleant, qui est dans un très-ancien texte, et qui est confirmée par doldance, elle suppose un verbe duloier ou doleier, dérivé de douloir.
DOLER (do-lé), t). a. ||1* Aplanir, unir avec la doloire. || Dégrossir à la doloire les douves des futailles. Il 2" Parer et amincir les morceaux de peau destinés à faire des gants. || 3° Ébaucher les cornes des animaux pour en faire des cornets à jouer. Il 4' Enlever les bavures de plomb qui se sont formées dans la lingotière.
— HIST. XII* s. E en l'entrée furent dous us [huis] peliz, mais n'i out fors une entrée e les poz [pals, pieux] furent dolez à cinc costez, Jloi's, 249. Les lances ploient et arçonnent; Et aml)edeus [toutes deux] en pièces volent; As espées les escus [boucliers] dolent Et les hiaumes et les haubers, ta Charrette, 2684. || xiu* s. La charretie de cloies à eschafauder, de tout merrien à doler, doit un denier de tonlieu, Liv. des mit. 323. || xv* s. Par le conseil du duc fut défendu, en proposant plusieurs excusations, plus tendans à excuser et doler sa faulte que autrement, juv. des urs. Charles VI, 1388. Il XVI* s. Les deux ou trois jours avant la bataille furent employez à doler des tronçons plustost que des lances, tant cette sorte d'arme estoit lors en estime, d'aub. Hist. i, 2<3. Ils pourront doler cy après ce que j'ay grossièrement esbauché, M. du bELL. Préf. J'aimerois mieux combattre le diable que contre une femme qui est pire que trente diables; tant plus que doleras ses espaules et son eschine avec un lourd baston, tant plus elle vomira contre toy des injures et des vilenies, merlin coc- Caïe, t. I, p. 154, dans lacurne.
— ETYM. Provenc. et espagn. dolar; du latin dolare, doler.
t DOLÉRINE (do-Ié-ri-n') ou DOLÉRITE (do-léri-t') , s. f. Terme de minéralogie. Espèce de roche granitiforme qui fait partie des terrains volcaniques.
— ÉTYM. AoXefoç, trompeur, à cause de la ressemblance qu'ont les roches de cette espèce avec la diorite.
t DOLET (do-Ié), s. m. Synonyme de sulfate de fer calciné ou rouge, et de peroxyde de fer.
t DOLIAIRE (do-li-ê-r'), adj. Terme de zoologie Qui ressembleà un dolium.
DICT. DE la langue FRANÇAISE.
tPOLIC (do-lik) ou DOLIQCB (do-li-k'), ». m. Genre de légumineuses originaires des pays chauds et dont une espèce est dite haricot noir.
— ÉTYM. dôJtvo;, haricot.
t DOLICUOCEPHALE (do-li-ko-sé-fa-1') , adj. Dont la boite crânienne, vue par sa partie supérieure, est ovale, la plus grande longueur l'emportant environ d'un quart sur la plus grande largeur. Les races dolichocéphales. Les Néo-Calédoniens sont dolichocéphales, à cause de l'étroitesse des diamètres transverses, bourgarel. Comptes rendus, Acad. des se. t. u, p. (008. lis. m. Les dolichocéphales.
— ÊTYM. Aoiiyèc, long, et xeçaX^, tête.
t DOLICHOCÈRE (do-Ii-ko-sê-r'), adj. Terme de zoologie. Qui a de longues antennes.
— ÉTYM. Aolixi;. long, etxÉpai;, corne.
frOLICUODÈUE (do-li-ko-dê-r'), adj. Terme de
zoologie. Oui a le cou long.
— ÉTYM. Ao)ixè;, long, et îépr), cou.
I DOLICUOLITHE (do-li-ko-li-f) , s. f. Terme de zoologie. Vertèbre fossile de poisson; encrine fossile.
— ÉTYM. Ao)ixè«, long, et XtOo;, pierre.
t DOLICUOPODE (do-li-ko-po-d') , adj. Terme de zoologie. Qui a de longues pattes.
— ÊTYM. AoXixèc, long, et noO;, pied.
DOLIMAN (do-li-man), s. m. Nom d'un habit
turc, sorte de longue robe de dessus, avec des manches étroites, boutonnées au poignet. Fidèle ou musulman. Vêtu d'un justaucorps ou bien d'un doliman, volt. Loi nat. 2. || Se dit quelquefjis pour dolman. 11 fie vrai soldat] porte un dolimin percé dans les mêlées, v. hugo. Orient. 4B.
— REM. On a dit dolomon au xvii* siècle : Leurs habits [des seigneurs polonais] étaient pour la plupart de toile d'or persique à fleurs ou de velous plein de diverses couleurs les plus rares du Levant, doublés de fourrures d'un prix inestimable; car elles étaient de pointes de zibelines ou de peaux de pieds de panthères, qui sont autant ou plus chères que les martres, selon la quantité des mouchetures qui s'y rencontrent; sous ces vestes ou dolomons ils avoient de riches tuniques, le laboureur, Voy. de la reine de Pologne, p. <43, dans lacurne.
— ÉTYM. Turc, thoulimet, vêtement que les Turcs portent sous la pelisse.
t DOLIOLE (do-li-o-f), s. f. Terme de zoologie. Articulation cylindrique d'encrines fossiles.
— ÉTY'M. Lat. doliolum, petit tonneau, diminutif de dolium.
t DOLIUM (do-li-om'), s. m. Nom scientifique du genre tonne (mollusques).
— ÊTYM. LaL dolium, tonneau.
DOLLAR (do-lar), s. m. Monnaie d'argent des Etats-Unis, dont la valeur est de B fr. 40 c. , comme la piastre forte d'Espagne.
— ÊTYM. Anglais, dollar, transformation de l'allemand Thaler, écu.
DOLMAN (dol-man), s. m. Veste à manches faisant partie de l'uniforme des hussards.
— ÉTYM. Le même que doliman. Le dolman fut importé en France sous Louis XIV par des soldats hongrois, qui le tenaient des Turcs.
t DOLMEN (dol-mèn') ou DOLMIN (dol-min'), I. m. Monument formé d'une grande pierre plate posée sur deux pierres dressées verticalement, qu'on trouve en différentes parties de l'Europe, surtout dans l'Armorique et en Angleterre, qu'on attribue généralement aux druides et aux Celtes, et que d'autres disent appartenir à un peuple antérieur et plus sauvage. Au pied du dolmin étaient appuyées deux autres pierres qui en soutenaient une troisième couchée horizontalement, chaieaub. Mart. 306. \\Au plur. Des dolmens, prononcé comme au singulier.
— ÉTYM. Gaél. tolmen, table de pierre, de toi, table, et men, pierre.
t DOLOIR (do-loir), s. m. Sorte de couteau de gantier pour doler les peaux.
DOLOIRE (do-loi-r'), s.f. \\ l'Hache de tonnelier, qui sert pour aplanir le bois et tailler les cerceaux. Armé d'une doloire, et ceint d'un tablier de peau, j. J. Rouss. Ém. m. || a* Instrument de maçon pour corroyer la chaux et le sable. || 3° Terme de blason. Hache sans manche. || 4" Terme de botanique. Feuilles en doloire ou dolabriformes, feuilles cylindriques à leur base, planes et élargies en dessus, épaisses d'un côté et tranchantes de l'autre. Il 6° Terme de chirurgie. Bandage en doloire, celui dont les circonvolutions vont en biaisant, de sorte que chaque tour couvre les deux tiers du précédent.
— HIST. XIII* s. Qui dont veïst les durs vilains errer, Et doleoires et coigniées porter.... Li charois
de Symes, V. LI Carpentler qui après virdr'ut. Crans coigiiics en Ifurs coul liundreut, Doioyies et besagues Orent à leur costez pendues, flou, dans DU CANOE, bisacuta. || xv* s. Mis en prison plus merancolieuse que mort, et plus dure que cop de douloire, o. chastel. Expos, sur vérité mal prise.
Il XVI* s Qu'elle eust la teste couppée comme
l'on fait en France avec une espée, et non avec une dolouere à la façon d'Angleterre, castelnau, 32. Les instrumens dé ce mesnage [la coupe des taillis] sont doloiresou haches bien tranchantes, avec lesquelles le bois se coupera de tous costés, de peur d'en rien escorcer n'esclatter, o. de serres, 808.
— ÉTYM. Lat. dolahra, pour doloire; et un mot hypothétique doîalorio, pour doieoire ou doulouere.
t DOLOMIB (do-lo-mie) ou DOLOMITE (do-lomi-t') , s. f. Terme de minéralogie. Variété de carbonate de chaux, sorte de marbre primitif de couleur blanche et à grain fin qui devient phosphoriqus par le frottement.
— ÉTYM. Dolomieu, célèbre naturaliste, qui a découvert et étudié cette substance.
t DOLO.MISATION (do-lo-mi-za-sion), ». f. Terma de minéralogie. Formation de roches dolomitiques.
t DOLOMITIQUE (do-lo-mi-ti-k'), adj. Terme de minéralogie. Qui contient de la dolomie.
t DOLORIFIQCE (do-lo-ri-fi-k'), adj. Terme didactique. Qui cause de la douleur.
— HIST. XVI* s. Evacuation de la matière doloriflque, PARS, XXV, B.
— ÉTYM. Lat. dolorifieus, de dolor, douleur, et du suffixe ficus, qui fait.
j DOLOSIF, IVE (do-lo-zif, zi-v'), adj. Terme de droit. Qui tient du dol. Stipulation dolosive.
—ÉTYM. Dol i.
DOM (don), s. m. || 1* Titre d'honneur que l'on donnait à certains religieux, entre autres aux bénédictins. Le bon Calmetou dom Calmet (car les bénédictins veulent qu'on leur donne du dom).... volt. Dict. phil. Job. || X Avignon, place des Doms, la place où se trouve le château des papes. || Par assimilation plaisante avec un moine. Dom pourceau criait en chemin.... LA PONT. Fabl. viii, ti. ||2* Titre d'honneur particulier aujourd'hui à la langue portugaise, comme don l'est à la langue espagnole.
— HIST. XI* s. Danz Oliviers a trait sa bone espée, Ch. de Roi. cv. Dient Franceis : Dannes Deus nous ait [aide] , ib. ccxliii. Fors seul Tierri le frère dam Geifreid, ib. ccLxxvii. Après celui [ils] eslurent dant Garin le Pohyer, Sax iv. || xiii* s. Mes or nous dites, dans trichierres [seigneur trompeur]. Quant ces paroles apreïstes , Ou [au] droit sens pourquoi nés [ne les] prelstes? la Rose, <6062. Seez trestout, et vous, dans rois, Vous seez tantost et isnel, FI. et Blanch. 8B0. || xv* s. Là estoit damp abbé, qui point ne s'espargnoit, proiss. i, i, 8«. {| xvi* s. Battaille navale qui s'est gaignéesiubs la conduicte de dom Joand'Austria, mont, i, 249.
— ÊTYM. Provenc. don, dompn; espagn. don; portug. dom; ital. donna; du latin dominus, seigneur. La forme dam ou damp est équivalente à dom ou dompn, à cause de la tendance qu'a eue la langue de changer le son o ou on, en a ou an: par exemple, domina, dame; l'en, l'on, etc.; le p provieni d'une intercalation familière à la langue après ]'m ou l'n, comme dans dompter^ de domare, tcmplalion, de tenlationem, etc. On tire dominus, de do- »nu4, maison; mais le suffixe ïnus, avec» bref, n'a pas, dans la latinité, le sens possessif; aussi les étymologistes ont-ils cherché à y voir une forme verbale, répondant au grec îônevo;, au sanscrit damanas, et signifiant celui à qui a été donné.... d'où possesseur.
DOMAINE (do-mè-n'), s. m. \\ 1° Terme de jurisprudence. Possession d'un bien; propriété. Il y a plusieurs manières d'acquérir le domaine d'une chose. Il Domaine direct ou éminent, appartenant au seigneur et donnant droit à l'hommage ou h une redevance; domaine utile, comprenant la perception des fruits. Pépin n'avait pas eu le domaine direct de tous les États que posséda Charlemagne, VOLT. àiœurs,i6. \\ 2* Bien foncier possédé. Avoir un petit domaine. || Domaine congéable, en Bretagne, tenure avec faculté, pour le propriétaire, de congédier à toute époque. || Propriété foncière destinée à l'exercice de l'industrie agricole, composé» de terres arables , forêts, prairies, pâturages, etc. pourvue de bâtiments d'habitation et d'exploitation. Un beau domaine. Engager son domaine. Cela fait partie de son domaine. Qui n'a vu d'autre mer que la Marne ou la Seine Et croit que tout finit où finit son domaine, bacan, dans richelet. || Ensemble de bieus ruraux oti se trouve un château ou une maisua
DOM
DOM
DOM
tl'habiution pour le maître. || Domaine royal, au moyen flge, territoire possédé directement par le roi, à l'exclusion des grands feudataires. || Par extension et poétiquement, les terres que possède un souverain. J'y souscris; de Tournai le» trop sanglantes plaines Avec les champs de Reims rentrent dans nos domaines, hKUKKC.Fr^dég. Bruneh. iv, u. Il 8» Le domaine public, ou domaine de l'Etat, ou domaine national, et, absolument, le domaine ou les domaines, l'ensemble des biens qui appartiennent à l'Etat. Il Terme de jurisprudence. Domaine public, objets consacrés à un service public et administrés par l'État, tels que les routes, les rivières navigables, les fortifications; et domaine de l'Etat, objets possédés par l'Étit de la même manière que par les particuliers et dont le produit est versé au trésor. Le domaine public est inaliénable. || Le domaine de la couronne, biens qui font partie de la liste civile du souverain. || Le domaine privé, les biens particuliers du prince. || Domaine extraordinaire, sous le premier empire français, ensemble des biens acquis par la conquête ou parles traités et qui étaient à la disposition de l'empereur. || Domaines nationaux, biens qui, à l'époque de la première révolution, furent enlevés soit au clergé et aux corporations soit aux émigrés, et vendus aux particuliers. Il Domaine fixe, ancien domaine des rois de France, composé de seigneuries, terres, possessions, et droits spécialement consacrés à la couronne. || Anciennement, domaine forain, domaine du roi, qui était une imposition, pour les nécessités de la guerre, sur les marchandises ent/ùnt dans le royaume ou en sortant. 114" Domaine public, ce qui n'est pas susceptible d'appropriation privée, dont la jouissance est laissée à tous. || Fig. Être, tomber d.insle domaine public, se dit des productions des auteurs, des artistes, des inventeurs, dont le pro duit a cessé de leur appartenir. || 6° Le domaine, l'administration des domaines de l'État, ou l'administration des domaines de la couronne. Plaider contre le domaine. Directeur de l'enregistrement et des domaines. || 6" Terme d'économie politique. Domaine agricole, nom donné à la totalité des terres mises en culture dans un pays. L'étendue du domaine agricole de la France était, en i840, de 50614 973 hectares ou 25 623 lieues carrées. || T» Fig. Possession comparée métaphoriquement à celle d'un domaine. Ce temps [de la mort], hélas I embrasse tous les temps : Qu'on le partage en jours, en heures, en moments. Il n'en est point qu'il ne comprenne Dans le fatal tribut; tous sont de son domaine, LA FONT. Fabi. VIII, t. Toutes nos pensées qui n'ont pas Dieu pour objet sont du domaine de la mort, Boss. Duch. d'Orl. Tous les aînés étaient du domaine de Dieu, ID. ii, Purif. 2. Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c"est le repos, la retraite et un endroit qui soit son domaine, la BRBY. VHI. Elle [Alecton] jura par Pluton Que toute l'engeance humaine Serait bientôt du domaine Des déités de là-bas, la pont. Fabl. viii, 20. || Être, n'être pas du domaine de, être, n'être pas de la compétence de. La partie des sciences qui tombait sous les sens et qui, pour le public, pouvait être un objet de curiosité, était aussi de son domaine, MARMONTEL, Mém. VI. || 8° Tout co qu'embrasso un art, une science. Agrandir le domaine d'un art. Le domaine de l'éloquence. || 9° Puissance, autorité, souveraineté. Il a voulu nous laisser un certain domaine sur nos actions, boss. iv. Prof. 2. Dieu qui a un domaine supérieur et absolu sur nous, bour- DAL. A)tm. de la Septuag. Dominie. t. i, p. 346. Dans le choix que Dieu fait pour produire le plus ou le moins parfait, il ne faut point chercher d'autre raison que sa supériorité infinie et son domaine souverain sur tout ce qu'il peut faire, fén. t. m, p. 59.
— HIST. XI* s. E por le dener que li seignurs durrad [donnerai, si erent quites ceuls [ceux] qui meinent [habitent] en soun demaine. Lois de Guill. i». Il xni* s. Cil tint en son demaine tout jusqu'en Jersalem, Ch. d'Ànt. y, 979. Vinz livrées deterrequ'il [Thibaut de Champagne] tient en som demoyne, su CANOB, domintum. Fief que je tenoie en purdemainne, beaum. xlvii, 8. Vous avez en vo garde et en vostre demoine Les biens du crucefix et le saint patrimoine,;, ns medng. Test. «5(. || xv« s. Ou [au] vieil temps, grant renom couroit De Creseide, Yseud, Elaine, Et mainte autre, qu'on nommoit Parfaictes en beaulté haultaine; Mais, au derrain, en son demaine La mort les prist piteusement, ch. d'oui.. Bal. «I.
— tTYH. Bas-lat. domanium; provenç. domaine; espagn.et it,il. domt'nio; du latin domtnt'um, dedomintw, seigneur (voy. non).
UOMAMAL, ALE (do-ma-ni-al, a-l'), adj. Qui est du domaine de l'État ou de la couronne. Droit domanial. Biens domaniaux. Grégoire VII prétendait être le seigneur suzerain et domanial de l'Espagne, VOLT. Mœurs, 46.
— ÊTYM. Bas-lat. domanialù, de domanium (voy. domaine).
fnOMANIALISEB (do-ma-ni-a-li-zé),«.o. Terme d'administration. Joindre au domaine.
— ETYM. Ihimanial.
t DOMANIALITE (do-ma-ni-a-li-té), f. f. Terme d'administration. Qualité de ce qui est domanial, de ce qui fait partie du domaine.
— Etym. Dnmanial.
t DOMANIER (do-ma-ni-é), t. m. || 1* Anciennement, employé de l'administration des domaines. Le domanierleur avait prouvé généreusement qu'elles n'avaient pas assez estimé leur héritage, volt. l'Homme aux 40 (eus, Audience. || 2° Celui qui prend une tenure à domaine congéable. || 8Mdj. Oui concerne le domaine. Droits et exploits domaniers.
— Etym. Bas-latin, domanerius, de domanium (voy. domaine).
t DOMANITE (do-ma-ni-f), *. /'.Terme de minéralogie. Schiste bitumineux.
t UOMBEY (don-hèj , *. m. Nom d'un bœuf sauvage qui appartient au groupe des bonases.
t UOMHÉVE (dom-bè-ye), s. f. Plante exotique, ainsi dite de Dombey, naturaliste célèbre.
dOhE (dô-m'), s. m. || !• Terme d'architecture. Construction en forme de demi-sphère creuse surmontant un grand édifice. Le dôme de St-Pierre à Rome. Le dôme du Val-de-Gr4ce. Le dôme du Panthéon. Pbilander et Barbaro croient que tholus est ce que nous appelons la lanterne d'un dôme, perbaolt, Vitruve, iv, 7, en note, à la fin. Il Dôme à pans, dôme dont le plan est polygonal. Dôme surbaissé, celui qui forme une portion de sphéroïde aplati. Dôme surmonté, celui qui forme une portion de sphéroïde allongé. || Par extension, voûte. L'antique alléluia de Jacob fait retentir le dôme des églises, cbateadb. Génie, i, i, 7. C'est la religion qui fait gémir, au milieu de la nuit, la vestale sous ses dômes tranquilles, id. ib. tu, I, *. Il 2° Par analogie. Dôme de verdure, voûte de feuillage. Les dômes des forêts que les brises agitent. Bercent le frais et l'ombre et les chœurs des oiseaux, lahart. Uarm. n, 6. || Le dôme des cieux, la voûte céleste. Oh! que tes cieux sont grands et que l'esprit de l'homme Plie et tombe de haut, mon Dieu! quand il te nomme, Quand, descendant du dôme où s'égaraient ses yeux. Atome, il se mesure à l'infini des cieux I lamart. Uarm. n, 4. Il 8° Nom que l'on donne, en plusieurs villes d'Italie et d'Allemagne, à l'église principale, que cette église ait ou non une coupole. I.e dôme de Milan. Il 4* Terme de marine. Sorte de grand capuchon de planches qui couvre l'escalier par où on descend du gaillard d'arrière sur le pont. || B" Partie supérieure du fourneau à réverbère. || Réceptacle métallique d'une chaudière tubulaire, dans lequel le conduit à vapeur prend son origine. || Couverture d'une cassolette , d'un encensoir.
— HIST. IV* s. Comme il [Charles VIII] approchoit de la ville de Pavie, ceux du clergé lui vinrent au devant en fort honorable procession, et en ceste manière il fut conduit jusques à la grant église appellée le dôme, p. desrey, Voy. de Charles VIII à Naples, p. 20, dans lacubne. || xvi* s. L'église de St Laurent qui est le grand domme de Gènes, j. D'AnTO», Ànn. de Louis XII, p. t02, dans lacurne. Le dosme sur la couverture, portant la principale fencslre pour entrée et issue aux pigeons, ensemble les nids seront disposés comme sera monstre, 0. ob serres, 384.
— ÊTYM. Lat. doma, domatis, maison, église, qui se trouve dans saint Jérôme, et qui vient du grec Sû)iia, maison. L'ital.duomo, d'après Diez, vient du latin domui Cet, maison de Dieu ; mais pourquoi séparer duomo de doma, et le rattacher à domui?
DOMERIE (do-me-rie) t. f. Espèce de bénéfice ecclésiastique dont le possesseur porte le titre de dom. H. de Noailles avait été quinze ans à Châlons [évêque], et il avait la domerie d'Aubrac, abbaye sous un titre particulier, sT-sm. 32, <47.
— ETYM. Dom, titre d'abbé.
t DOMESTICATION (do-mè-sti-ka-sion), t. f. Action de domestiquer. Dans ces derniers tempson a tenté la domestication d'esp^ces restées sauvages jusqu'à présent. La domestication est distincte de l'acclimatement et de U naturalisation qui la précèdent toujours.
— trilt. Domestiquer,
I)0MF.ST1CITÉ (do-mè-sti-sl-té), «. f. || 1* Condition d'une personne qui est au service d'une autre. La domesticité a remplacé l'esclavage. || Collectivement, l'ensemble des domestiques d'une maison. La chère Suzanne, chargée de toute la confiance, sera notre surintendante, commandera la domesticité. BKAUHABCB. Jf^re coup. I, 4. Il 2* Etal de dépendance, de. servitude, dans lequel vivent, relativement k l'homme, les animaux qu'il entretient et modifie pour ses besoins ou ses plaisirs. La domesticité est un effet de l'instinct sociable. Je ferai connaître jusqu'où ces variétés [dans les animaux! peuvent aller, soit par l'influence du temps, soit par celle du climat, soit enfin parcelle de la domesticité, CDVIER, Rérol. p. il.
— ÊTYM. Domestique.
DO.MESTIQUE (do-mè-sti-k'), adj. || 1* Qui appartient à la maison , k l'intérieur de la famille. Services domestiques. Des soins domestiques. L'hygiène domestique. Les vertus domestiques. Moi sans coiH sidérer aucun nœud domestique, corn. Othon, ui, 3. Pleurons dans la maison nos malheurs domestiques, ID. Hor. IV, 7. On pleure injustement des pertes domestiques, Quand on en voit sortir des victoires publiques, ID. ib. IV, ». El lorsqu'on dissimule un crime domestique, m. Poly. 111. 6 ... Nous connaissons des personnes de condition qui ont appréhendé des morts domestiques que Dieu a peutêtre détournées à leur prière, qui ont été cause ou occasion de tant de misères qu'il serait k souhaiter qu'ils n'eussent pas été exaucés, pasc. Letl. <7 cet. <65<. La vertu De tout exemple domestique Est universelle et s'applique En bien, en mal, en tout; fait des sages, des sots, Beaucoup plus de ceuxci.... LA PONT. Fabl. XII, (0. X quelle espèce de ses devoirs, publics ou particuliers, de religion ou domestiques, a-t-elle manqué? pléch. Marie-Thir. Un coup imprévu de tempête civile et domesti'iue jette sur des bords étrangers celte princesse infortunée qui l'honorait de sa bienveillance, m. Mme d^ Aiguillon. N'est-ce pas elles [les filles] qui soutiennent les maisons, qui règlent tout le détail des choses domestiques T FÉN. Éduc. Filles, cb. i. Le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l'épreuve; le seul qui entende son nom et qui reconnaisse la voix domestique, bupf. Chien. \\ Esprit domestique, manière de voir et de sentir qui concentre tout dans l'inti'rieur de la maison. Je n'aime pas l'esprit dome-lique, Marivaux, Jeux de l'am. et du hasard, I, 7. Il Chez les anciens, les dieux domestiques, les pénates, et, par extension, l'intérieur de la demeure. Les autres [assassinés] dans le sein de leurs dieux domestiques, cobn. Ct'nna, i, 3. || Tribunal domestique, tribunal de famille qui chez les Romains jugeait certains crimes domestiques. Quand il [Tibère] voulut punir quelque dame romaine au delà de la peine portée par la loi Julie, il rétablit contre elle le tribunal domestique, hontesq. Esp. VII. 4 3. Il 2* Oui a rapport au ménage. L'économie domestique. || 8* U se dit par opposition à étranger. Les troubles domestiques de la France. || Fig. Qu'elle ne demeure pas en terre, qu'elle est domestique du ciel, qu'elle loge dans le sein de Dieu, pasc. dans COUSIN. !! Substantivement et vieux en cet emploi. Et les étrangers ont démenti l'histoire que les domestiques avaient publiée , balz. le Prince, ch. v. || 4* Oui appartient à l'individu même, par opposition à ce qui lui est étranger. Nous nous étonnons quelquefois que les Pères de l'Eglise, faisant le portrait dune conscience déréglée, nous la dépeignent comme un bourreau domestique qui tourmente le pécheur, BOURDAL. 9* dim. après la Pentec. Dominie. t. m, p. i«4. En me défendant de ces ennemis domestiques [les pasisions] qui sont nés avec moi et dans moi et qui conspirent à me détourner de U sainte résolution que j'ai formée, m. Pensées, t. i, p. *>i. Il 8* Eut domestique, état d'une personne qui sert moyennant des gages. ||«* En parlantdes animaux, il se dit par opposition à sauvage. Un animal domestique. Un animal à l'état domestique. || 7* S. m. et f. Personne payée pour le service de la maison. Un domestique actif. Une bonne domestique. Les gages des domestiques. Heureux de ne devoir à pas un domestique Le plaisir ou le gré des soins qu'ils se rendaient, la font. Phil. et Baue. Par un seul domestique on est bien mieux servi, collin d'uarlev. Optim. IV, 6. Il 8° S. m. Anciennement il se disait des individus attachés à une grande maison, même quand ils étaient gentilshommes et que l'emploi était important. Pour toute réplique Faites-en faire essai par quelque domestique, cobn. Hodog. v, 4. N'appréhendez- vous point que tous vo« 1omestiques Ne soient déjà gagnés par mes sourde»
DOM
pratiques? corn. Nicom. v, 7. Peut-ftre en domestique est-il auprès de moi, iD. SurHa, ii, ». Suspendez votre douleur, fidèles domi>6tiques de cette princesse, fléch. Karie-Thér. J'ai découvert au roi les sanglantes pratiques Que formaient contre lui deux ingrats domestiques, KkC.Bsth.i, ^.Louia XI : On dit que vous avez écrit mon histoire. — Commines : Il est vrai, et j'ai parlé en bon domestique, FÉN. t. XIX, p. 367. Un domestique d'un grand seigneur employa l'intercession de M. le dauphin, j'entends de celui qui mourut en 17H, pour se faire nommer à une place vacante, d'olivet, Hxst. Acad. t. Il, p. 33, dans pougens. Les détails de la fondation d'une ville leur plaisent moins [aux esprits superficiels] que la témérité d'un homme [Charles XII] qui brave dix mille Turcs avec ses seuls domestiques, volt. l'Homme aux 40 éau. Un bon souper. Il Le grand domestique, titre d'un officier de la cour de Constantiiiople, dans le Bas-Empire. Il 9° Terme collectif Les gens de service. Un nombreux domestique. Ses équipages [de Monseigneur] et son domestique étaient à leurs ordres [de Mlle de Lislebonne et de Mme d'Êpinay], st-sim. »a, 4 5. Il 10° L'intérieur d'un ménage. Qu'il les admette jusque dans son domestique, la brut. xi. Ils entrent dans les plus petits détails du domestique , ID. Throphr. IV. Point de hauteur; soyez ferme et douce dans votre domestique, maintenon, Lett. Hmed'Havrincourt, 24 févr. (705. Ces personnes qui, renfermées dans un domestique frugal et mal aisé.... MASS. Carême, Jeûne. L'humeur et la hauteur dans un domestique, id. Car. Culte. Elle répand sur tout son domestique un air de licence, id. Pet. carême. Vices. Il [Plutarque] eut la joie de trouver, dans son domestique et dans l'intérieur de sa famille, toute la paix et la satisfaction qu'il pouvait désirer, BOLLiN, Hist. anc. liv. xxv, ch. ii, art. i, § 2.
— REM. Domestique, adjectif, avec la préposition de, a été employé par Pascal; cela peut très-bien s'imiter ; c'est d'ailleurs un archaïsme; Calvin a employé cette construction (voy. l'historique).
— HIST. xiii* s. Ou vergier ot arbres domesches, Oui chargoient et coins et pesches, Chastaignes, nois, pommes et poires, la Rose, 1365. || xiv* s. Ce mesmes est-il des besles sauvaiges, desdommesches, voire des bestes champestres, Ménagier, i, 5. Quant aux chamberieres et varlets d'ostel que l'en dit domestiques.... ib. n, 3. Pensez des autres oiseaulx domesches, car ils ne pevent parler, ib. || xV s. Tvre valet et enraglé qui tue. Et ennemi privé et domestique, eust. desch. Poésies mss. f° 3i4, dans LACURNE, au mot lunatique. Brebis, beufs, les oiseaulx volans, tout bestail domesche et sauvaige, ib. ^ 478. Hz regardèrent avant au parfond de la praerie, et veirent qu'il y avoit vaches domestes, Perceforest, t. n, (>■ l. ||xvi' s. Un domestique de feu mon père, mont, i, <oo. Il y a une voye commune aux payens et aux domestiques de l'Eglise pour cercher Dieu, calv. Instit. t». Il y a abondance d'hommes que les guerres domestiques ont grandement exercitez aux armes, langue, 402. M. de Scorbiac, le capitaine Portai, ung de mes subjectz et serviteur domestique, est appelant en vostre compagnye d'une sentence que ses parties ont obtenue contre luy. Lettres de Henri IV, t. i, p. 369. Femme vefve qui se remarie avec son domesticque ordinaire [valet] perd son douaire, Coutumier génér. t. ii, p. 782. Il est fils du grand marquis Vivian nostre ami domestique, Nuits de Straparole, t. i, p. 268, dans lacrdne.
— ÉTYM. Provenç. domesgue, dometgue, domeslie, domestegue; catal. domestic; espagn. et ital. domejltco. Le latin domesticus ayant l'accent sur mes, la forme régulière et primitive est domesche; on a commencé au xiv* siècle à la remplacer par domestique, calqué sur le latin; puis domesche est tombé dans l'oubli.
t DOMESTIQUÉ, ÊE (do-mè-sti-ké , kée), part, passé. Amené à l'état domestique. Les animaux domestiqués.
DOMESTIQirEMENT (do-mè-sti-ke-man) , adv. En qualité de domestique, à la manière d'un domes-
L tique. Servir quelqu'un domestiquement. || Dans la familiarilé. Il vit domestiquement avec nous. — HIST. xvi' s. Un gentilhomme qui esloit domestiquement à son service, cahl. i, S3. Hantant avec luy fort privéement et domestiquement, Mém. du Bell. liv. iv, f" H4, dans lacubne. — ÊTYM. Domestique , et le suffixe ment; provenç. domeslgamen.
t DOMESTIQUER ( do-mè-sli-ké), v. a. Rendre domestique un animal sauvage. || Se domestiquer,
DOM
— HIST. XVI' S. Oyseaulx tant bien faictz et domestiquez, que, partans du chasteau pour s'esbat- Ire es champz, prenoient tout ce que rencontroient, RAB. Garg. i, bb. Nous ajouterons le ris, afin qu'en le domestiquant chez nous , en puissions estre accommodés, 0. DE serres, 4t». Parquoy il nous faut tenir fermes et ne.nous laisser pipper aux escrits et persuasions de ceux qui, après avoir fardé et desguisé l'impiété, la veulent domestiquer avec nous, qui la devons chasser comme un horrible monstre, langue, (37. Ce sont ici les premiers propos qu'ils sèment, et après qu'on s'est plus domestiqué avec eux, ils descouvrent davantage les secrets qu'ils n'osent pas si tost mettre en évidence, id. boi. Il [un chien] se domestiquera avec les autres, et apprendra à aller au couple, salnove. Vénerie, p. 264, dans lacurne.
— ÉTYM. Domestique; provenç. domesgar, domesjar. Ce mot, qu'on a donné souvent comme un néologisme, remonte au xvi* siècle.
t DOMICELLE (do-mi-sê-l"), s. m. Espèce de perroquet.
DOMICILE (do-mi-si-r), I. m. || 1" L'habitation fixe ou la plus ordinaire de quelqu'un. Il a établi, fixé son domicile à Paris. Violation de domicile. Entretenir de ses richesses, de ses revenus et de ses ameublements un homme qui n'a ni rentes ni domicile, la bruT. v. || En termes de droit, le lieu où la personne est présumée être quant à l'exercice de ses droits et à l'accomplissement de ses fonctions. Le domicile est au lieu du principal établissement. Code civil, art. 104. || Domicile d'origine, celui du père et de la mère d'une personne. Il Domicile de secours, lieu où l'homme nécessiteux a droit aux secours publics. || Domicile élu, par opposition i domicile réel, celui qui est indiqué pour l'accomplissement d'un acte juridique. || Domicile politique, le lieu où l'on exerce ses droits politiques. Le domicile politique de tout Français est dans le département où il a son domicile réel ; néanmoins il pourra le transférer.... Loi électorale du 5 /l^uner 48»7. JIÊlection de domicile, déclaration faite que l'on choisit tel ou tel lieu pour y exercer ses droits politiques, pour recevoir toute assignation, etc. Il faudrait, pour détruire ces preuves, m'opposer un acte formel d'élection de domicile ailleurs, p. L. COUR. Au conseil de préf. à Tours. |j Dans le langage commun , élire domicile, se fixer en quelque lieu Je crois qu'en cette ville Le diable a pour
jamais élu son domicile, regnard, Ménech. ii, 2. Depuis le donjon de Vincennes et les différents forts du royaume où je n'avais pas élu domicile, mais où j'ai été arrêté pour différents motifs.... Mirabeau, Collection, t. iv, p. )05. || X domicile, loc. adv. Dans la demeure même. Bains à domicile. Secours à domicile. Exploit signifié à domicile. || 1' Terme d'astrologie. Signe du zodiaque dans lequel on dit qu'une planète a plus de puissance qu'ailleurs. La soleil, étant au Lion, est dans son domicile.
— HIST. XIV* s. Si fut tenu en la prinson Longtemps sans cause, sans raeson, Et print l'en ses chasteaux et villes. Ses forteresses, ses domicilies,
Liv. du bon Jehan, (89, 4 92.||xvi«s Est tenu
d'y élire domicile, lotsel, 896. Le domicile s'acquiert par an et jour, et se prend au lieu où l'on couche et levé, au jour St Rémi, id. 9((.
— fTYM. Provenç. domtct'îi; espagn. et ital. domicilio; du latin domicthum, de domus, maison.
DOMICILIAIRE (do-mi-si-li-ê-r') , adj. Qui concerne le domicile. Visite domiciliaire, descente faite par autorité de justice au domicile de quelqu'un.
— HIST. XVI' s. Le seigneur peut faire arrester les fruicts de la terre estant en son fief, qui lui doit redevance jusques à plege de droict, quand le détenteur n'est domiciliaire [domicilié] ne estager du dit seigneur, Coutumier génér. t. n, p. 782.
— ËTYM. Domicile.
DOMICILIÉ, ÉE (do-mi-si-li-é, ée), part, passé. Qui a une demeure fixe. Il est domicilié dans telle commune. Si je me présentais pour voter à Paris où on me dit domicilié, p. l. cour. Au conseil de préfect. à Tours. Il était domicilié dans Rome, pa- TBU, Oraison pour Archias, dans richelet. || Par extension, en parlant des animaux. Le renard sait se mettre en sûreté, en se pratiquant un asile où il s'établit, où il élève ses petits; il n'est point animal vagabond, mais animal domicilié, bdpf. Renard. Les singes, habitants domiciliés de ces forêts, se jouent dans leurs sombres rameaux, bern. de s.-p. P. et Virg. \\ Terme de pêche. Poissons domiciliés, poissons qui se trouvent toute l'année sur les mêmes côtes. || S. m. Terme d'antiquité grecque. X Athènes, les domiciliés [ti<Totxoi], étrangers établis dans la villa, sans en être citoyens. ,
DOM
DOMICILIER (SE) (do-mi-si-li-é), je me domiciliais, domiciUions, domiciliiez ; que je me domicilie ; domiciliions, domiciliiez, v. réfl. Établir, fixer son domicile.
— ÉTYM. Domicile.
t DOMIFICATION (do-mi-fl-ka-sion), i.f. ferma d'astrologie. Action de domifier.
— HIST. xvi's. Les enchantements , le commerce des esprits des trespassés, les prognostications, les domifications, mont, n, 3(B.
— ÊTYM. Domifier.
t DOMIFIER (do-mi-fi-é), v. a. Terme d'astrologie judiciaire. Diviser le ciel en douze parties, qui s'appellent maisons, pour dresser un horoscope.
— ÊTYM. Lat. fictif, domificare, de domtu, maison, et du suffixe ficare.
t DOMINANCE (do-mi-nan-s') , ». /. Qualité, caractère de ce qui est dominant. Le but d'Hippocrate était d'observer les maladies, de voir s'il ne serait pas possible de trouver la raison de leur dominance et de leurs retours dans les circonstances de l'exposition du sol, de l'état de l'air, cabanis, dans le Dict. de poitevin.
— ÉTYM. Dominant.
DOMINANT, ANTE (do-mi-nan, nan-t'), adj.
Il 1° En parlant des choses, qui domine, qui prévaut. Goût dominant. Passion dominante. Comme elle [la passion du trêne] est la première, elle est la dominante, corn. Tite et Bér. 1,2. Je veux, je tâche en vain d'éviter par la fuite Ce charme dominant qui marche à votre suite, id. Attila, m, 2. Vous savez, me dit-il, que la passion dominante des personnes de cette condition [les gentilshommes] est ce point d'honneur qui les engage à toute heure à des violences, pasc. Prov. 7. N'en doutons pas, chrétiens: Dieu a préparé dans son conseil éternel les premières familles qui sont la source des nations, et, dans toutes les nations, les qualités dominantes qui devaient en faire la fortune, boss. Marie-Thér. L'inclination dominante de notre ftme, mass. Carême, Culte. Il l'aimait trop pour que l'aventure des diamants eût fait sur son cœur une impression dominante, volt. l'Ingénu, (9. || Religion dominante , religion qui domine dans un pays et qui est celle de l'Ëtat. || i' En parlant des personnes, qui domine, qui exerce l'autorité. Cet ordre et cette suite si scrupuleuse sont peu dignes de la liberté de l'esprit de Dieu [dans les psaumes], sont des marques de contrainte et de servitude, sont des chaînes et des fers que brise et met en pièces, du premier coup, cet esprit dominant et souverain, BALZ. Socr. chrét. Dite. 7. Un grand nombre de villes obtenaient pour leurs concitoyens le droit de citoyens romains, et, unies par leur intérêt au peuple dominant, elles tenaient dans le devoir les villes voisines, boss. Hitt. m, «. Il est le seigneur dominant de tout le quartier, la brut. vi. L'esprit dominant assujettit les autres à son tribunal, vauven. Max. *8(. Malheur à la réputation du prince qui est opprimé par un parti qui devient le dominant, montesq. Rom. 1. 1| 3' Terme de droit féodal. Un fief dominant, un fief qui avait sous lui d'autres fiefs. On dit dans le même sens seigneur dominant. Il 4' Terme de jurisprudence. Fonds dominant, celui en faveur duquel est établie une servitude, par opposition à fonds servant, celui qu'elle frappe. Il 6° Terme de grammaire. Voix ou voyelle dominante dans une diphtbongue, celle sur laquelle la voix s'arrête. Dans le mot diable il y a la diphtbongue ia, où l'i n'a qu'un son très-fugitif; a est la voix dominante. |{ 6° Les cordeliers nomment père dominant, dans chacune de leurs provinces, un supérieur principal, dont l'autorité est absolue sur tous les autres. || 7° Terme de minéralogie. Forme dominante d'un cristal, le solide géométrique simple auquel on peut le rapporter en ne considérant que les faces les plus étendues.
DOMINANTE (do-mi-nan-f) , t. f. || !• Terme de plain-chant. La note que l'on répète le plus souvent à quelque degré que l'on soit de la finale. Chaque ton du plain-chant a sa dominante propre. Il 2* Terme de musique moderne. La cinquième note au-dessus de la tonique ou fondamentale. Il Sous-dominante, la quatrième note au-dessus de la tonique. || Accord de dominante, celui qui se pratique sur la dominante. || 8° Terme de grammaire. La voyelle principale de la syllabe ou des deux syllabes dont se forme une rime.
DOMINATEUR, TRICE ( do-mi-na-teuT, tris'), s. m. et f. Il 1' Celui, celle qui domine, ô voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer, lorsque, venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne, elle voyait, pour ainsi dire.
DOM
les ondes se courber «ous elle et soumettre toutes leurs vagues & la dominatrice des mcrsl noss. Reine d'Ànglet. Il sortira de Jacob un dominateur qui perdrales restes de la cité, saci, Bible, flombr. xxiv, 4 u. Ces brigands sacrilèges, De cent peuples vaincus dominateurs cruels, volt. Tancr. v, (. Ces insulaires itaient plus robustes et plus braves que leurs dominateurs, id. Lnuit XV, 40. Du cœur humain sombres dominatrices, C'est vous surtout, fougueuses passions.... delille, Convers. II. || Fig. X sa gauche [d'une redoute] et à portée de son feu, un mamelon s'élève comme le dominateur de cette plaine, il est couronné d'une redoute formidable, SF.atiR, Hist. de Napol. vii, B. || Terme d'astrologie. Dominateur ou seigneur dominant, nom donné à l'astre qui a le plus de degrés de puissance dans un horoscope. {| 2* Adj. Un esprit dominateur. Un peuple dominateur peut s'affranchir de tout impôt, parce qu'il r^gne sur des nations sujettes, monti:sq. Esp. XIII, 42. Vaisseau dominateur de l'onde, le- FRANC DE POMP. Ode, la Poésie chrétienne. Il y avait dans René quelque chose de dominateur qui s'emparait fortement de l'âme, chateaub. Nalch. Ii, 203. La grande armée conserva son air de souveraine ; vaincue par les éléments, elle garda devant les hommes ses formes victorieuses et dominatrices, sf.ouii, Hist. de Napol. m, b. Le candidat à la dépiitation lança dans l'espace par-dessus ses lunettes un de ces regards dominateurs dont il croyait l'effet irrésistible, CH. de Bernard, la Cinquantaine, § I.
— HIST. XVI* s. Que la doctri ne divine tient mieulx son reng à part, comme royne et dominatrice, mont.
— ÉTVM. Lat. dominator, de dominari, dominer.
fDOMINATIP, IVE ( do-mi-na-tif, ti-v"), adj. Qui a le caractère de la domination.
— HIST. XIV* s. Droit dominatif, oresmb, Thèse
de HEl'NIER.
— ÉTYil. Dominer.
DOMINATION (do-mi-na-sion ; en vers, de cinq
syllabes), s. f. \\ 1° Autorité qui, acceptée ou non des subordonnés, s'exerce pleinement. Esprit de domination. Secouer une domination tyrannique. La domination de l'âme sur la corps. La flatterie bénit les dominations injustes «t fait des vœux pour la prospérité des méchants, balz. le Prince, v. Il étendit sa domination sur la Syrie, Boss. Hist. i, 7. Que sur toute tribu, sur toute nation. L'un d'eux [fils de David] établirait sa domination, rac. Athal. I, < . Dss hommes impies qui méprisent toute domination, MASS. Carême, Vérité delarel. Généralement parlant, de toutes les dominations étrangères, aucune ne fut jamais moins à charge que celle des Romains, à peine leur joug se faisait-il sentir, bol- LIN, Hist. anc. Œuvres, t. ix, p. 432, dans pougens. Voilà ce qui reste d'une vaste domination, un souvenir obscur et vain! volney. Ruines, 2. Quelque dure que fût pour moi la domination de ma belle-mère, je n'aurais peut-être jamais eu la force de changer de situation, stael, Corinne, xiv, 3. Il 2* Terme de théologie. Les dominations, un des ordres de la hiérarchie céleste, qui est le quatrième en commençant par les séraphins. Parmi tant de trfines, d'ardeurs, de dominations, nul ne se sentit assez de force pour s'offrir en sacrifice, chateaub. Génie, i, v, 4.
— HIST. XII* s. Le tuen règne , règne de tuz secles, e la tue dominaciun en tute generaciun e geiieraciun, Liber psalm. p. 22B. || xiv* s. Concupiscence aura dominacion et seigneurie par dessus raison. — La mutation des dominations et majestez du monde, oresmb. Thèse de meunier. Leurs dominations et seigneuries en eussent plus duré et en meilleur estât, id. ib. Prol. Jàjourvous n'euarez la domination, Se par force n'avez conquis la mansion, Guescl. 6oao. Car encor revenrez en dominacion. Et de vos anémia vous prendrez vengison, ib. 8972. Sire, che dist Madoines, bien croire vous doit-on; Car quant un chetis vient en domination, Plus d'orgeul a en lui qu'en un prinche de non, Baud. de Seb. XIII, «30. Il xvi* s. Or estoit la domination de ces trois personnages qu'ilz appelèrent le triumvirat, pour beaucoup de causes odieuse et haïe des Romains, ahiot, Anton. 34.
— ÊTYM. Provenç. domination; espagn. dominacion; ital. domination»; dulatindom*nalton«m, de dominari, dominer.
t DOMINE (do-mi-n'), $. f. Terme de minéralogie. Espèce de marne pétrinée facile à polir, que l'on trouve dans une rivii>re de l'Ile d'Amboine.
DOMINE, ËE (do-mi-né, née), part. passé.\\ 1* Qui
DOM
est assujetti. Un mari dominé par sa femme. |{ 2° Qui est placé au-dessous. La cami>agDe dominée par un donjon,
DOMINER (do-mi-né), v. n. || 1* Exercer la domination. Cette puissance domine sur les mers. Les Francs n'admettent pointdefemmeàdominer, corn. Attila, I, s. Les hommes veulent'ètre esclaves quelque part et puiser là de quoi dominer ailleurs, la BRUT. VIII. L'Arabe impérieux domine en Italie, volt. Tancr. iv, 2. Le czar partageait avec ChaHes XII la gloire de dominer en Pologne, id. Russie, i, 14. Mais on veut dominer aussitôt qu'on est libre, SAU- BiN, Spartae. v, 5. || Dominer sur. On gueux a un chien pour avoir un être sur qui dominer, sajnt- Foix, Ess. Paris, Œuvres, t. iv, p. (73, dans POUGF.NS. Le hardi Soliman insolemment domine Sur les fertiles champs couronnés par l'Etna, voltaire, Tancr. i, 4. Le Français domine sur toutes les régions, pour ce qui est d'agrément ou de magnificence, et son art de plaire est un des secrets de sa fortune et de sa puissance, raynal, Hist. phil. XIX, 6. Il 2* Avoir la prépondérance, prévaloir. Il domine au conseil, dans la compagnie. De la même main dont ce grand homme [Richelieu] sapait les fondements de la monarchie d'Kspagne, il a daigné jeter ceux de votre établissement, et confier à vos soins la pureté d'une langue qu'il voulait faire entendre et dominer par toute l'Europe, corn. Disc, derécept. à l'Aead. Dieu ne veut pas d'un cœur où le monde domine, id. Poly. i, 4. Prince, que voulez-vous d'un cœur préoccupé Sur qui do-uine encor l'ingrat qui l'a trompé T id. Toit, d'or, ii, 6. Dominer sur la nature, pasc. dans cousin. En laissant dominer les sens, BOSS. Uist. il, 44. Deux sortes de gens fleurissent dans les cours, et y dominent dans divers temps, les libertins et les hypocrites, la brut. XVI. Je ne sais quoi qui la met [l'âme] au-dessus des craintes, des espérances, de la réputation et des opprobres et de tout ce qui domine sur la conduite du reste des hommes, isxss. Confér. Fuite. Vos lois laissent tout à l'atné et rien aux cadets, c'est l'intérêt qui a dicté cette loi bizarre; apparemment les aînés l'ont faite, ou les pères ont voulu que les atnés dominassent, volt. Dial. 8. Il 3° Être le plus apparent, avoir le plus de force, en parlant des choses. Cette figure domine dans le tableau. Pour moi j'aime surtout que le poivre domine, BotL. Sat. m. Cette humilité profonde qui domine si fort dans son caractère, mass. St Franc. Il 4° Dépasser en hauteur ce qui environne. Sa tèle ' domine au-dessus de la foule. Notebourg était une place très-forte, bâtie dans une île du lac Ladoga, et qui, dominant sur ce lac, rendait son possesseur maître du cours de la Neva, vuLT. Russie, i, <2. Il 6° V. a. Tenir en domination, maîtriser. Les ambitieux n'ont aucun moyen de se distinguer ni par leur naissance, ni par leur grandeur, ni par leur esprit, puisque la mort, qui égale tout, les domine de tout côté avec tant d'empire, et que, d'une main si prompte et si souveraine, elle renverse les têtes les plus respectées, boss. Duch. d'Orl. Vous dominerez sur plusieurs nations, et nul ne vous dominera, SACi, Bible, Deutéron. xv, 46. || Il se dit des choses qui prennent de l'empire. Je ne veux point que la mauvaise honte et la timidité dominent votre cœur, FÊN. Tél. ixiii. La mode domine les provinciales; mais les Parisiennes dominent la mode et la savent plier chacune à son avantage, >. i. Bouss. Hél. n, 21. Les plus grandes coatiadictions que le czar éprouva quand il voulut créer un empire et former des hommes, vinrent de sa femme; elle était dominée par la superstition, si souvent attachée à son sexe, volt. Russie, ii, 40. || 6° Avoir, par sa hauteur, une sorte de dom nation sur l'espace environnant. Une hauteur qui domine le cours do la rivière. Ce Grec dont l'œil au loin observe nuit et jour L'horizon de nos mers que domine la tour, lemerc. Agamemn. i, 4. || 7* Se dominer, v. réft. Se commander à soi-même. En cette pénible circonstance il sut se dominer.
— REM. Pascal a dit dominer d, pour dominer sur : Qui eût dit à vos généraux [des jésuites] qu'un temps était proche où ils domineraient en mœurs à l'Eglise universelle T pasc. dans coi'sm. C'est un archaïsme comme on peut voir dans l'historique.
— HIST. xvi* B. Si c'est promesse, où en est l'accomplissement, veu que Cain a esté veincu de péché, auquel il devoit dominer? CALVIN, Instit. 246. Pour monstrer la grande convoitise d'avoir qui dominoit en luy, on allègue deux principaux argumens, aktot, Cross, a. Sans cette hemoragie il n'auroit pu se morigéner à causa du sang bouillant qui. le dominoit naturellement, d'àdb. Vie,xxyu.
DOM
La Tartarie est dominée par le Cham, id. Hist. I, 42.
— ÊTYM. Lat. dominari, dominer, de dnminus, seigneur (voy. dom).
DOMINICAIN, AINE (do-mi-ni-kin, kè-n'), ». m. et f. Il 1* Religieux, religieuse de l'ordre de Saint-Dominique; ordre qui, institué en 4 34 8 à l'occasion de la doctrine des Albigeois que ce saint combattit, fournit des prédicaleurs évangéliques renonçant à tout pour s'appliquer uniquement k cet emploi; d'où ils ont été nommés aussi frères prêcheurs. Cet ordre suit larègle de Saint-Augustin; l'habit est blanc «n laine; pour sortir, les dominicains portent un manteau noir. Il 2* Nom d'une espèce du genre moineau (pyrgita dominicana, cuv.).
— ETYM. Lat. Dominicut, saint Dominique, nom dérivé de dominus (voy. dom).
DOMINICAL, ALE (do-mi-ni-kal. ka-l^. adj. ||l°Oui appartientauseigneur. Lesjouradominicaux. L'oraison dom in icale , le Pater. Qu'est-ce que l'oraison dominicale? c'est le précis de toutes les demandes que nous devons faire à Dieu, bourdal. /'«nsées, t. Il, p. 64. Il Lettre dominicale, ou, substantivement, la dominicale, lettre qui, pendant tonte l'année, est le signe du jour du mois où toml>e la dimanche. On désigne le premier jour de l'année par la lettre A, le second jour par B, le troisiéina jour par C, et ainsi de suite jusqu'au septième qui est désigné par G; alors on recommence par la lettre A, qui s'applique au huitième jour; puis on continue de la sorte jusqu'à la fln des années communes; de cette manière, la même lettre convient à tous les mêmes jours de la semaine, et la lettre dominicale est celle qui tombe aux dimanches. 112* S. f. Sermon du dimanche, hors de lavent et du carême. Les dominicales de Bourdaloue. Prêcher la dominicale dans une église, y prêcher tous les dimanches de l'année. || 8* S. m. Linge sur lequel les femmes recevaient le corps du Seigneur, ne pouvant le recevoir sur les mains nues. Il Voile dont les femmes se couvraient la tête en allant communier.
— HIST. xvi* s. L'héritage vendu par décret n* peutestre déchargé de cens foncier et droit seigneurial deu sur iceluy, encore que le seigneur justicier ou foncier ne soit opposé par son devoir dominical [de seigneur], Nouv. coutum. génér. t. il, p. 882.
—ETYM. Provenç. et espagn. dominicali ital. dominicale; du latin domtntcah't,de donit'ntu (voy. dom).
i DOMIMCALIER (do-mi-ni-ka-Iié), s. m. Prédicateur qui montait en chaire tous les dimanches. Il Inusité.
— ÊTYM. Dominical.
DOMINO (do-mi -no), s. m. || 1* Espèce de robe que les prêtres portaient l'hiver par-dessus leur surplis, qui avait une pièce de drap leur couvrant la tête, et qui a servi de premier modèle pour l'habit de bal et de mascarade qui porte ce nom aujourd'hui. Il Capuchon noir, dit plus souvent camail, que les ecclésiastiques mettent aux offices pendant l'hiver. || 2* Costume de bal masqué ou costumé qui consiste en une robe avec un capuchon ou camail. Domino noir. Domino rose. J'ai le même domino que la comtesse, il me prend pour elle, saubin, Kceurs du temps, se. 48. || La personne qui porte ce costume. Les dominos étaient nombreux à ce bal masqué. Intriguer un domino. Je remarquai un domino rose. Il 8* Jeu composé de vingt-huit pièce» plates d'os ou d'ivoire, recouvertes de l)0<s noir en dessous et marquées en dessus d'un certain nombre de points de toutes les combinaisons possibles depuis le double blanc jusqu'au double six. Placer un domino, le mettre à cflté d'un autre déjà placé, et qui a sur sa moitié libre exactement le même nombre de points. Faire domino, placer son dernier domino, gagner la partie. || On dit elliptiquement domino pour annoncer que l'on fait domino. ||4* Fruit d'un prunier non greffé, ainsi dit à cause que cette prune est noire. || E° Nom d'une espèce d'oiseau du genre gros-bec {coccolhraustes punctuiata, vieill.).
— ETYM. Bas-lat domtr»o, vêtement de tête pour les prêtres, de dominicale dans le sens de coiffure qu'on mettait pour aller communier, de domi'niu, le Seigneur, l'eucharistie (voy. dom). Le jeu a été ainsi nommé à cause du revêtement noir que chaque dé perte en dessous.
DOMINOTERIE (do-mi-no-te-rie), ». f. Tontai sortes de papiers imprimés et coloriés servant aux jeux, tels que le loto, l'oie, etc. Articles de dominoterie. Dominoterie, autrement papier peint, le cent pesant, charge, toile, estimé 36 livres, Déclar. du roi, nov. t«40. Tarif.
— ETYM. Domino.
DOM
DOM
DOM
DOMINOTIHR (do-mi-no-tié;rrne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les do-mi-no-tié-z et....), *• m. Il 1° Marchand ou fabricant de dominoterie. Il ^^tait enjoint aui syndics des libraires de visiter les de minotiers, imagers, tapissiers, afin qu'ils n'imprimassent aucune peinture dissolue, furetière, Diet. Il 2° Prunier non greffé.
— HIST. XVI' s. Clercz de greffes, dominotiers, patenostriers ... rab. Pronostication, 6.
— ÊTYM. Domino.
t DOMI'^E (do-mi-f), t. f. Terme de minéralopie. Roche (variété de trachyte) qui forme la plus grande partie du Puy-de-Dôme, en Auvergne.
— ËTYH. Dôme, qui se trouve dans le nom du Puy-de-Dôme.
DOMMAGE (do-ma-j"), ». m. || !• Préjudice ou dégât causé à quelqu'un, à quelque chose. Réparer un dommage. Les dommages faits par la grêle sont grands. Et ce n'est qu'à dessein de pourvoir aux dommages Que du Vésuve ardent ont causés les ravages, COBN. Titeet Bér. iv, ). En considérant le dommage que l'État en recevrait, PASC. ProB. )3. Bon gentilhomme et qui, dans son courroux. N'avait encor tonné que sur les choux, Plus ne savait apporter de dommage, la font. Papef. Tous délais y font (lu dommage, id. Nie. || Perte. Ils mirent en commun le gain et le dommage, la font. Fab. i, 6. || i' Kig. S son dommage, c'est-à-dire en souffrant un mal, un tort, une perle. Ces arrogants, à leur dommage, Apprendront un autre langage, malh. vi, s. Croire en voyant son visage Que le ciel l'ait formé si beau pour mon dommage, Régnier, Élég.i. || 3° C'est dommage, c'est bien dommage, c'est grand dommage, quel dommage ! manières d'exprimer ce que certaines choses ont de fâcheux, de regrettable. C'est dommage que ce livre-là ait été condamné à Rome, PASC. Prov. 4. Rien ne resta qu'une ferme au pauvre homme, Et peu d'amis, même amis Dieu sait comme; Le plus zélé de tous se contenta, Comme chacun, de dire : c'est dommage, la font. Fauc. C'eût été dommage qu'elle n'eût pas réussi, hamilt. Gromm. U. Ménager mourut d'apoplexie à Paris, fort riche, sans avoir été marié; ce fut dommage, pour sa probité, sa modestie, sa capacité, st-sim. 3B7, 214. Du Héron, dont ce fut grand dommage, fut tué avec so officiers et 400 ou 600 hommes, id. <20, 64. C'est bien dommage qu'elle soit devenue si laide, volt. Candide, 27. || Ironiquement, c'est dommage, c'est vraiment dommage. Il ne m'accuse pas, c'est dommage. || Dans un autre sens ironique et par une sorte de défi. C'est dommage qu'il ne s'attaque pas à moi, je l'en ferais repentir. || C'est grand dommage que.... il est fort à regretter que.... Et tous deux ajoutèrent : c'eût été grand dommage qu'il eût été pendu, volt. Zadig, 7. || L'Académie, dans ses remarques sur Vaugelas, ne voulait pas qu'on dit : c'est un grand dommage ; mais cela est trop rigoureux. C'était un grand dommage que des hommes si religieux ne fussent pas plus éclairés et ne plaçassent pas mieux leur culte, boluk, Hist. anc. Œuvres, t. viii, p. 399, dans lacurne. || 4" Terme de jurisprudence. Dommages et intérêts, ou dommages-intérêts, somme allouée à quelqu'un pour l'indemniser d'un préjudice. Demander des dommages-intérêts. On pouvait après la condamnation payer les dommages et intérêts, montesq. Espr. VI, 1 9. Il En dommage, c'est-à-dire en causant du dégât. Ce bétail a été trouvé en dommage.
— REM. 1. Après c'est dommage que.... on met le subjonctif; cependant la Fontaine a mis l'indicatif: C'est dommage, Garo, que tu n'es point entré Au conseil de celui que prêche ton curé, Fabl.a, 4. Cette licence, qui ne choque ni règle, ni analogie, peut être imitée. ||2. Ilesl dommage que.... au lieu de c'est dommage que.... a été condamné par Ménage; cependant ce tour est correct, et, quoique un peu archaïque , pourrait être employé en bonne place.
-- HIST. XI* s. Cil à qui il avrad le damage fait. Lois de GuHl. B. Fust i li reis, n'i eussions damage, Ch. de Roi. lxxxv. Moût grant domage lui est apareût, ib. cl. De cens de France, il Itiit mult grant damage, i!>. ccxlix. || m' s. Grant daumage , flonc. p. 14. X maint amant [ils] ont fait ire et damage, Couct, XIX. Car je n'i voi mon prou ne mon domaige, ouksnes. Romancero, p. 8B. Noveles.... De duel et de demageet de confusion, Sax. xiv. Bien a
creû li rois conseil de son damage, ib. xxvi Ce
seroit trop vilaii;s gens. Qui feroit d'un domage deus, crestiens DE TBOIES, dans holland, p. 269. Il XIII' s. Si lor avint uns grans domages..,. villf.h. LX. Dont ce fu moult grant damage, quar moult estoient preudome et vaillant durement, id. xxi. Et aussi n'entendons noz pas que le baillix dois estre
trop soufrans en cose qui porte damace ne despit & son seigneur ne à soi, beaum. )». Por ce met on serjans à ses bestes garder que elles ne voisent en damace, ne en forfet, id. ixix, 4. Garder de damache, id. 70. Grant doumage nous firent au partir, de ce que ils boutèrent le feu en la fonde [bazar] , là où toutes les marchandises estoient et tout l'avoir de poiz [objets qui se vendent au poids], joinv. 2t6. .Souspirant pour l'umain lignage. Et penssis [pensif] au cruel domage Qui de jor en jor i avient, Ru- TEB. 400. Il xiv s. Sauf alant, sauf venant, et cessant voz domaige, Girart de Ross, v, (234. |) xV s. Les soudoyers de Cambrisis eurent congé et accord d'entrer en Hainaut, et d'y faire aucune envaye ou chevauchée au dommage du pays, froiss. i, i, <oo. Et y furent morts messire Jean de Berlette et plusieurs autres, dont ce fut dommage, id. ii, ii, 22b. Avoit donné sa fille en mariage au fils du seigneur deCroy, long temps avoit, et disoit y avoir dommage, comm. i, 2. D'autres, au contraire, qui veoient brusler et destruyre tout le pays, voulurent paix au dommage de ce que ce fust, id. ii, 3, || xvi' s. Et à nostre esvident dommage, mont, i, 99. C'est dommage que les gents d'entendement ayment tant la briefveté, id. i, t69. Les hommes bien souvent portent plus patiemment un dommage qu'ilz ne font une injure, amyot, Timol. 43. Et luy escrivirent les ephores qu'il eust à marcher incontinent au dommage des Thebains, id. Agésil. 47. Après dommaipe chascun est saige, génin. Récréât, t. ii, p. 234. Dommage suit la fausse honte, leroux de LiNCY, Prov. t. II, p. 289.
— ÉTYM. Berry, demage, d'mage; bourguig. dommeige; picard, damage; ano. espagn. domage. Le provençal damnatge, dampnalge, etl'italien dannaggio viennent d'une forme latine fictive damnaticum, dérivée de damnum, lequel a donné dam (voy. ce mot) ; cela n'est pas douteux. Mais le français offre plusde difficultés; les formes anciennes sontdamagc, domage, daumage, demage , damace, damaehe, doumage. La forme domage est aussi ancienne que la forme damage; or on sait très-bien que l'o latin se change très-facilement en a {dame, de domina, etc.) ; mais il arrive très-rarement qu'au contraire l'o latin se change en o; c'est là une première difficulté. On remarquera en outre que l'altération de l'o en e (demage) n'est pas rare ; mais que dans des mots de ce genre l'o s'atténue rarement en e. De plus la finale aticum donne régulièrement âge ; mais elle ne donne ni ace ni ache; or ces deux formes se trouvent dans le xiii* siècle; c'est là une seconde difficulté. Enfin une troisième difficulté, c'est que, s'il venait de domnum, on devrait, comme en provençal, trouver quelquefois le mot écrit damnage; or, l'historique n'en contient aucun exemple. Toutes ces raisons portent à croire qu'on ne peut faire droit à toutes les formes françaises qu'en supposant un thème domacium, domaticum. Mais d'où vient un tel thème? du latin domare, tourné au sens de causer un tort? du germanique : anglo-saxon, dom; anglais, doom, condamnation, ruine, perle? Cette dernière conjecture paratt avoir quelque probabilité, non sans admettre une inlluence du provençal damnalge, par assimilation. L'ancien espagnol domage ne se range pas non plus sous damnum.
DOMMAGEABLE (do-ma-ja-bl'), adj. Qui cause ou porte dommage. Il conclura que le loisir de ce particulier était dommageable à la république, balz. Aris écrit. Son bois [d'un cerf], dommageable ornement. L'arrêtant à chaque moment.... la font. Fabl. VI, 9. Supposé que cette guerre regarde précisément l'État, vous avez dû regarder si elle est plus utile que dommageable, fén. t. xxii, p 289. ....As-tu perdu l'esprit De faire un testament qui m'est si dommageable? regnard, le Légat, iv, 7. Demandez à un homme public une grâce injuste, onéreuse au peuple et dommageable à l'État, mass. Panég. St J.-Bapl. Le poids de la guerre avait forcé le roi aux conditions les plus honteuses et les plus dommageables, st-sim. 331, I34.
— HIST. xiV s. Et des trois choses fugibles et contraires, l'une est mal lait et deshoneste ; l'autre est mal nuisible ou domageable; et l'autre est mal triste ou tristece et desplaisance, oiesme, Eth. 38. Spasme est accident damagable, h. de mondeville, f" 47, verso. Il xV s. Après la déconfiture, qui là fut si grande et si grosse pour les Gascons, et si dommageable, froiss. i, i, 23t . Il ivi* s. Toute autre science est dommageable à celuy qui n'a la science de la bonté, mont, i, <4». Ce qu'il mettoit en avant estoit dommageable au public. AMYOT, Àrist. s Qu'elles
sont bonnes ou mauvaises, utiles ou dommageables, à suyvre ou fuyr, charroh, Sagesse, i, i».
— ÉTYM. Dommage, par l'intermédiaire de l'ancien verbe domager. L'ancienne langue s'est beaucoup servie de domagcuz : xiv s. Ce n'estoii pas
profitable chose, mais domageuse que h. dk
mondeville, f* t7, verso.
t DO.MMAGEABLEMEiNT (do-ma-ja-ble-man), adv. D'une manière dommageable.
— HIST. xvi' s. On eust failli, à l'adventure, moins ilommageablement, s'inclinant vers l'indulgence, MONT. I, (83.
— ÉTYM. Dommageable , et le suffixe ment. DOMPTABLE (don-ta-bl'), adj. Qui peut être
dompté, soumis à la discipline. Ce cheval, ce caractère n'est pas domptable. La fortune est domptable, et l'amour ne l'est pas, Dr rïer, Thémist. II, \.
— ÉTYM. Dompter.
t DOMPTAIKE (don-tê-r'), s. m. Terme d'agriculture. Boeuf dressé qu'on attelle avec un bœuf non encore façonné au joug pour y façonner ce dernier.
— ÉTYM. Dompter.
DOMPTÉ, ÉE (don-té, tée), part, passé. || f Dont on a fait fléchir la résistance. Et nos voisins domptés m'apprenaient que sans lui Nos rois contre Sylla n'étaient qu'un vain appui, corn. Sertor. v, t. Si ton cœur pour le cloître a de la répugnance, Jusqu'à grossir l'orgueil de tes sens révoltés. Regarde ce que font tant d'autres mieux domptés, id. Imit. 1, 25. Il Vaincu. Un ennemi dompté. Demi-dompié, vaincu à demi. [Il] Se retourne et les croit déjà demi-domptés, corn. Uor. iv, 2. |{ 2° En parlant des animaux. L'éléphant, une fois dompté, devient le plus doux et le plus obéissant de tous les animaux, nuFF. Éléphant.
t DOMPTEMENT (don-te-man), t. m. Action de dompter; état de ce qui est dompté. Le domptement des animaux sauvages.
~ HIST. XVI' s. Domptement, r. estienne, Dict,
— ÉTYM. Dompter.
DOMPTER (Hon-té ; le p ne se fait jamais sentir; et c'est une faute de le prononcer), v. a. || 1° Faire fléchir la résistance. César dompta les Gaulois. Dompter la sédition. Ils sont domptés par les misères de la guerre, vauoel. Q. C. liv. iv, dans richelet. Il verra comme il faut dompter les nations, corn. Cid, I, 7. Est-il quelque ennemi qu'à présent je ne dompta? id. ib. iv, 2 11 dompta les mutins, RAC. Bérén. i, 4. Hélas' avec plaisir je me faisais conter Tous les noms des pays que vous allez dompter, iD. Iphig. IV, 4. Il Fig. Faire céder. Et je vois dans son cœur de tendres mouvements X dompter la fierté des plus durs s'ntiments, mol. le Dép. ii, 3. Vos yeux ont su dompter ce rebelle courage, rac. Phèd. V, 3. Est-ce quelque mépris qu'on ne puisse dompter? id. Mithr. m, B. Tu m'as prêté ton bras pour dompter les humains; Dompte aujciird hui Brutus; adoucis son courage, volt. il. de Ces. i, ). Je sais, pour dompter les plus impérieux, Qu'il faut souvent moins d'art que de mépris pour eux, id. Catil. m , 6. L'antiquité eût élevé des autels à ce vaste et puissant génie [Franklin] qui, au profit des mortels, embrassant dans sa pensée le ciel et la terre, sut dompter la fondre et les tyrans, Mirabeau, Collection, t. ni, p. 3!i4. || Il se dit aussi îles sentiments, des passions dont on triomphe. Dompter ses passions. Dompte la gourmandise, et plus facilemont Des sentiments charnels tu dompteras le reste, CORN. Imit. I, (9. Le patient vaut mieux que le fort, et celui qui dompte son cœur vaut mieux que celui qui prend des villes, boss. Duch. d'Orl. \\ 2° En parlant des animaux, les assujettir, leur faire perdre leur caractîre indépendant et sauvage. Dompter un cheval. La fière panthère ne s'apprivoise pas proprement: on ne peut que la dompter; on la dresse même pour lâchasse, bonnet, Contempl. nat. ii'part. ch. «. Il 3° Se dompter, v. réfl. Faire la loi à ses passions. Apprends à te dompter, volt. Alz. i, 4. Il Se contenir. Je voyais sa fureur à peine se dompter, CORN. Pomp. IV, \. La nature est trop forte et mon cœur s'est dompté, id. Rodog. iv, 3.
— REM. L'Académie devrait supprimer le p de dompter, lettre qui ne se prononce pas, qui n'est pas étymologique, et qui provient d'une vicieuse tendance qu'avait le moyen âge à mettre un p après une m ou une n; d'où temptalion, qui est resté en anglais.
— HIST. xii' s. Maint félon ai danté corne cheval à frain, Rou, ms. t' 3'i, dans lacurne. || xiu' s. Leur orgueil et leur folie donta Dieux par peines et par travauz, Psavtier, f (32. Il est sage et bien doniéi [élevé]. Poésies mss. t. IV, p. (349, dans lacurne, ....Li oisiaus débonnaire qui touz est dontez et
DON
apris, Fabliaux nui. t. ii, C <«3, dans lacurne. Or sui si povres devenus, Que ge n'ai fors à grant dangier Ne qiie boivre, ne que mangier.... Tant me set danter et mestir Povrelé qui tout ami toit [enlève], la Rote, 8054. Cuidiés-vous donc qu'Amors consente One je refraigne et que je dente Le cuer
qui est trestout siens quites, ib. 3ogo Il [Appius]
ne pooit donter La pucele qui n'avoit cure Ne de li ne de sa luxure, ib. 6630. || xiv* g. La gent des Eques estoit damptée et sousmise, bercheure, f 60, verso. Dompter le pooir des tribuns, id. f" 47, verso. Il xvt* s. Une aigre imagination me tient; je treuve plus court, que de la dompter, la changer, mont. III, 21)9.
— ÊTYM. Ber-v. donzer; provenç. domlar, domptar, dompdar; du latin domitare, fiéquenlatif de domare (lequel a donné directement l'espagnol domor; l'ital. domare); comparez le grecîo|ià<i>; l'allem. zâhmen; l'angl. to tante. Palsgrave, p. 23, au xvi* siècle, remarque qu'on prononce donler. Il s'en est peu fallu que la prononciation danter n'ait prévalu, comme celle de dame au lieu de dôme; danter a été très-usité et était dû à l'inclination que, pendant un certain temps, la langue eut de changer on en an.
DOMPTEUR (don-teur), I. m. || !• Celui qui dompte, qui triomphe. Ils [ces beaux yeux] seront ravis de voir à leurs pieds le dompteur de Galas [général autrichien], et de faire connaître que celui qui a été le bouclier de toute la France n'aura pu se mettre à couvert de leurs coups, voit. Lett. 68. Clermont, le désespoir du dompteur de la Gaule [César], chapelain, Pucelle, vu Puissent mes vers mériter tant de grâce Que d'être offerts au dompteur des humains [Louis XIV], Accompagnés d'un mot de votre bouche, la font. Poésies mêlées, u, À Mme de Fontanges, Théodose se voyait pour la seconde fois dompteur des tyrans et maître absolu des deux empires, fléch. Hist. de Théodose, iv, 60. Il FIg. Gaul prépare son vaisseau, dompteur des vagues, CHATEAUB. Gaul, 252. || 2° Celui qui triomphe du caractère sauvage des animaux. Un dompteur de lions.
— HIST. XV* s. [Les Romains] Attisés de convoitise et d'orgueil pour estre en leur temps les aigles du monde et dompteurs, chastelain, Chron. des ducs de Bourg. Proesme.
— ETYM. Dompter.
DOMPTE-VENIN (don-te-ve-nin), *. tn. Nom vulgaire et spécitique de la plante appelée autrefois asclépiade {asclepias vinvetoxicum , /..).
— ÊTYM. Dompter, venin, à cause des propriétés prétendues de cette plante contre les venins.
< . DON (don) , s. m. Il !• Action d'accorder gratuitement à quelqu'un la propriété ou la jouissance de quelque chose; la chose ainsi accordée. Faire un don à quelqu'un, lui faire don de quelque chose. De riches dons. Il lui fit don d'une terre. Tu n'es point charmé des richesses; Les dons ne te peuvent tenter; Et tu n'en .saurais accepter Que pour en faire des largesses, chapelain. Ode au card. de Itichelieu, dans bichelp.t. J'eus toujours pour suspects les dons des ennemis, corn. Médée, iv, 4. Mais commet-on un crime indigne de pardon Quand la reconnaissance est au-dessus du donîiD. Cinna, n, t. Pour jouir de ses dons faut-il l'assassiner? id. ib. ni, 3. Je crois qu'on doit trouver plus de félicité À posséder un bien sans l'avoir mérité; J'estime plus un don qu'une reconnaissance; Qui nous donne fait plus que qui nous récompense, iD. Menteur, I, 2 Qui veut un don ne doit pas l'exiger,
ID. Toison, IV, 4. Pourrais-je refuser les dons de votre main? m. Sertor. ii, 2. Car de prêter, à moins que sur Iwns gages. Point de nouvelle; on oublia les dons, Et le mérite, et les belles raisons De Fédério, et sa première vie, la font. Fauc. Je n'ai que faire de vos dons, mol. l'Av. iv, 5. Il est bien moins content du don que de la manière dont il lui a été fait, LA BRUY. vm. Les spectacles, les dons, invincibles appas, Vous attiraient les cœurs du peuple et des soldats, bac. Brit. iv, 2. J'accepte tous les dons que vous me voulez faire, id. Phèd. ii, 3. Il En pur don, c'est-à-dire de la façon la plus gratuite. Elle leur donnait en pur don cette visite, sév. 445. Il Faire don de son coeur, accorder à quelqu'un son entière amitié, et, s'il s'agit d'une femme, lui vouer un profond amour. || Le don d'amoureuse merci, les faveurs qu'une femme accorde à un homme. || Dans les contes de fée, don se dit de quelque faculté extraordinaire accordée par une fée à un enfant qu'elle favorise. La fée lui fil un don. || 2* Par analogie, ce qui, comparé à un don, vient de Dieu, de la nature, etc Et comme si vos feux étaient un don fatal, Il an fait un présent lui-même à son
DON
rival, CORN. Poly. iv, 6. Chacun a son don de Dieu, et il faut prendre garde de ne pas vouloir le servir dans le don d'un autre, ricole, Ess. mor. i' traité, cti. iv. Forces du corps, capacité, santé, noblesse, beauté, dons de la nature et par conséquent du Créateur, bourd. Jfyft. Concept, de la Vierge, t. ii, p. 47. Dans cette religion Dieu a renfermé tous les dons : le don des miracles, le don des langues, le don de prophétie, ledonde science, le don de sagesse, ID. Serm. 20* dim. après la Pentec. Dominic. t. iv, p. 246. J'envisage les dons qu'il a reçus du ciel, flScu. le Tellier. Il commande au soleil d'animer la nature. Et la lumière est un don de ses mains. Mais sa loi sainte, sa loi pure. Est le plus riche don qu'il ait fait aux humains,
RAC. Athal. 1,4 De tous les dons des cieui II est
orné dès son enfance, id. Athal. ii, 9. Que de dons du ciel ne faut-il pas pour régner? une naissance auguste, un air d'empire et d'autorité.... la brut. x. SI vous saviez connaître le don de Dieu, hass. Car. Rech. |{ Les dons de la terre, ses productions. Les dons de la fortune, les richesses. || Poétiquement. Les dons de Cérès, le blé, le pain. Le linge orné de fleurs fut couvert, pour tout mets. D'un peu de lait, de fruits et des dons de Cérès, la font. Phil. et Baueis. || Les dons de Flore, de Bacchus, du printemps, les fleurs, le vin, la verdure. || Dans le rite grec, saints dons, nom des symboles do corps et du sang de Jésus-Chri.st. || Avoir le don des langues, se dit des apêtres qui reçurent de Jésus- Cbrist la faculté de parler toutes les langues, et, par analogie, de ceux qu'on suppose, dans les contes de fées ou autres, savoir les langues à mesure qu'ils en ont besoin, sans les avoir apprises. U avait le don des langues aussi bien que le Sirien, tolt. Microm. «. || En un sens difl'érent, avoir le don des langues, se dit de ceux qui ont une facilité toute particulière pour apprendre les langues. {| Avoir le don des larmes, se dit de ceux qui pleurent à volonté, et aussi de ceux qui pleurent trop facilement. M. de Vardes répondit parfaitement bien et d'un air pénétré, et ce don de larmes que Dieu lui a donné ne fitpasmal son effet dans cette occasion, sÈv. Lett. 26 mai 1682. Il 3« Fig. Qualité, avantage naturel. La nature le combla de ses dons. Elle a le don de plaire. Et l'art et le pouvoir d'affermir des couronnes Sont des dons que le ciel fait à peu de personnes, corn. HoT. v, 3. Monsieur, quand une femme a le don de se taire, id. le Ment, l, 4. Je n'ai pas le don déplacer si juste les noms sur les visages, s8v. 29. Vous avez le don de vous faire aimer quand il vous plaît, et quelquefois plus, beaucoup plus que vous ne voudriez, id. 432. Il avait le don de faire valoir les choses, RAHiLT. Gramm. 2. Ils n'avaient pas trop le don de plaire, id. ib. 4. || Familièrement et ironiquement. Il a le don de me déplaire. Il a le don de rendre mauvaises les meilleures choses, siv. 44t. Il 4° Offrande. (Ce juste juge.] Qui jusque dans ton cœur sait lire ton péché. Qu'aucun don n'éblouit, qu'aucune erreur n'abuse, corn. Imit. i, 24. Il me nourrit des dons offerts sur son autel, rac. Athal. Il, 7. Il 8" Terme de droit. Donation. Don mutuel entre époux. D'un souverain pouvoir il [le roi] brise les liens Du contrat qui lui fait un don de tous vos biens, mol. Tari, v, 7. Tout l'avantage qu'homme et femme conjoints par mariage se peuvent faire l'un à l'autre, c'est un don mutuel entre vifs, id. Mal. imag. i, 9. || Terme d'ancienne coutume. Don mobil [écrit sans «] , avantage que la femme accordait en Normandie sur sa dot, pour aider aux dépenses du ménage. || 6" Autrefois , en un sens particulier, certaines grâces utiles accordées par le prince. Ils ont avis de cette aubaine, et en demandent le don au roi. || Don d'aubaine, de bâtardise, de déshérence, etc. don que le roi faisait des objets qui venaient à lui échoir par droit d'aubaine, de bâtardise, de déshérence, etc. Il 7° Don gratuit, taxe que le roi demandait au clergé assemblé en corps, et qui, accordée par le clergé, était pa\ée par tous les bénéfices du royaume. Les états des provinces faisaient aussi des dons gratuits. Savez-vous ce que nous [la province de Bretagne] donnons au roi pour témoigner notre reconnaissance? deux millions su cent mille livres, et autant pour le don gratuit; c'est justement cinq millions; que dites-vous de cette petite somme? sév. Lett. I" janv. tS74. Les filles de Chaillot m'écrivent sur leur affaire du don gratuit, et me prient de vous presser parce que le temps s'écoule, HAINTKNON, Lett. Card. de Noailles, 23juill. (7(10. Il 8' Terme de commerce. Ce que les marchands en gros ont coutume de déduire sur le poids net des marchandises. || t* Terme d'alchimie. Don
DON
céleste, la matière de la pierre philosophale. || Proverbe. Il n'y a pas de plus bel aojuét. Il n'y a si bel acquêt que le don, c'est-à-dire U n'y a point de plus be!!e acquisition que le don, il n'y a pas de bien plus agréablement acquis que celui qui est donné.
— SYN. DON, PRÉSENT. Le don est ce qu'on donne; le présent est ce qu'on présente. Dés lors, toutes les fois que la chose donnée ne pourra être présentée, c'est don qui devra être employé : il lui fit don de son cœur, et non présent.
— HIST. XI* s. Et tote Espaigne [il] tiendra par vostre don, Ch. de Roi. xv. || xif ». Li soit li dons donez, ilonc. p. (6. Par amistié [je] vous en faiz ci le don, ib. p. 29. Un don [je] vous quier, c'est le cor de Rolant,ib. p. 39. Berarz de Montdidier en a perdu le don [d'une dame]; Kois, vous lui otroiastes, or l'ont Saisne en prison. Sas. xiv. || xni's. Li don qu'on prend lient la gent , leroux dk LiNCT, Prov. t. II, p. 329. Bien ot li rois Pépins moût riches dons donnés, Berie, xxiv. Et s'il ne vous devoit déplaire, Ge le vous requerroie en don, la Rose, 34ot. Se li dons qui li fufez, parfust trop outrageus [excessif] et tropdesheritans les autres hoirs, beadh. vu, 20. || xiv* s. Il est raisonnable que félicité soit don de Dieu, oreshk, Elh. 20. Il XVI' g. Croire est de don, non point de mérite, CALv. Instit. 452. Il n'est si bel acquest que de don, LOYSEL, 665. Don mutuel [ailleurs donation mutuelle], soit entre-vifs, soit par testament, ne se peut révoquer, iD. 663. Elle fut honorée par ApoUo du don de prophétie, amyot. Agis et Cléom. H. Plus cher estre un don que chose achaptée voit-on, GÉNiN, Récréât, t. n, p. 247. Le don humilie rochier et mont, leroux de linct, Prop. t. u, p. 329. Petit don est le bain [hameçon] du plus grand don, id. ib. p. 370. Tel don, tel donneur, id. 16.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. don; catal. dô; ■portug. dom; ital. donc; du latin donum; comparez
le grec Mpov.
2. DON (don), ». m. DONA (do-na), s. f. Titre d'honneur particulier aux nobles d'Espagne et de Portugal Don Juan d'Autriche. Dona Inès de Castro. Il On écrit souvent dona, qu'on prononce do-gna.
— ETYM. Lat. domtniM (voy. non), «t domina (voy. dame).
t DONACE (do-na-s'), i. f. Genre de coquillages bivalves, que l'on mange sur les cAtes de la Hanche et de la Méditerranée.
— ÊTYM. Aovai, roseau.
t DONAT (do-na), s. m. Dans l'ordre de Halte, laïque à qui le grand maître conférait la demi-croix pour services rendus à la religion.
— ÊTYM. Lat. donattu , qui a reçu en don (la croix). DONATAIRE (do-na- tê-r"), t.' m. et (. Terme de
droit. Celui, celle à qui une donation est faite. I.a donation a été acceptée par le donataire.
— HIST. XVI' s. Donataire mutuel est tenu avancer les obsèques et funérailles, et dettes du predecedé, lotsel, 664.
— ETYM. Lat. donatariui , de donare ( voy. donner).
DONATEUR, TRICE (do-na-teur, tri-s'), t. m. et f. Terme de droit. Celui, celle qui fait donation. Voyons ce que notre donateur a voulu faire, patbd, Plaidoyer 3, dans richelet. On s'attire des présents de cinq cent mille écus que l'on n'emploie pas entièrement en expériences de physique, selon l'intention du donateur, fontkn. .^naer^on, Aristote.
— HIST. XVI* s. Jean s'est dit estre ministre de l'eau, et Jésus estre le donateur du S. Esprit, calv. Instit. «054.
— ÊTYM. Lat. donafor, de donare (voy. donne»). t DONATIF (do-na-tif), s. m. Présent qu'on fait
à quelqu'un. Cet auteur a eu mille écus du roi, ce n'est pas une pension, c'est un donatif. || Tombé en désuétude.
— ETYM. Lat. donattrum, donatif, qui était, chez les Romains, une largesse faite par l'empereur au peuple on aux soldats-, de donare (voy. donner).
DONATION (do-na-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Terme de droit. Acte par lequel une personne donne gratuitement une chose à une autre; se dit plus spécialement de la donation entrevifs. Révoquer une donation. La donation porte une clause qu'il faut examiner, patrd, Plaidnyer s, dans RicuELET. Et je vais, de ce pas, en fort bonne manière. Vous faire de mon bien donation entière, MOL. Tartufe, m, 7. Je vois ma faute aux choses qu'il me dit, Et la donation m'embarrasse l'esprit, ID. t5. IV, g. Mademoiselle fit une donation à U. de
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Lauzun, sÉv. 40. Charlemagne exerça dans Rome infime l'autorité souveraine en qualité de patrice, et confirma au saint-siége les donations du roi son père, Boss. Ilisl. i, H. || Ternie de jurisprudence. Donation à cause de mort, donation faite dans la prévoyance delà mort, avec faculté de révoquer l'acte après le péril passé. || Donation contractuelle, donation faite dans un contrat de mariage, soit par les époux, soit par des tiers. || Donation manueUe, donation faite sans écrit et par la seule remise de la main à la main. || i' Acte qui constate le don. Transcrire une donation.
HIST. nv s. Et pour ce leurs donacions ne
sont pas illiberales, oresme, Eth. 109. || xvi- s. Le signe visible nous est baillé pour nous seeler la donation de la chose invisible, calv. Instit. 4(04. Donation entre-vifs, loysel, 662. La donnaison demeura en sa force, comme faite entre vivants, cabl.
— ÊTYM. Berry, dounaison, donnaison; provenç. donodo; espagn. donacton ; ital. donoit'one ; du latin donalionem, de dnnare (voy. donner). La forme régulière est donaison, la finale ationem se changeant en aison; exemple : orationem, oraison.
f DONATISME (do-na-ti-sm') , ». m. Hérésie des donatistes.
DONATISTE (do-na-ti-sf) , ». m. Nom d'tnoiens hérétiques, selon lesquels il n'y avait plus d'Église qu'en Afrique, qui niaient qu'il y eût des bons ailleurs, qui rebaptisaient leurs adeptes, et qui tenaient le Fils pour moindre que le Père, et le Saint- Esprit pour moindre que le Fils.
— ÊTYM. Lat. donatista, de Donatus, évêque de Carthage et chef de la secte.
DONC (don ou donk , suivant les cas : on prononce don, sans lier le c, quand il est placé dans le milieu de la phrase et qu'une voyelle ne le suit pas : Allons don nous promener; jusqu'à quand prétendez-vous don me dicter des lois? Au contraire, on prononce donk en faisant sentir le c, quand donc commence ou termine la phrase : Donk vous devez l'aider; que pourrait-ce être donk? Cependant on dit plutôt adieu don, que adieu donk. On prononce donk et on lie le c, quand donc, placé dans le milieu de la phrase, est suivi d'une voyelle: votre frère est don-k arrivé? Même en ce dernier cas, Chifflet, Gramm. p. 208, remarque, pour son temps, qu'on prononçait don sans lier : qu'est-il don arrivé?), conj. Il 1° Sert à marquer la conclusion qu'on tire d'un raisonnement. Vous avez fait une faute, il faut donc la réparer. Il se plaint, on l'a donc maltraité. Je pense, donc Dieu existe, car ce qui pense en moi je ne le dois point à moi-même, la bruy. XVI. Il 2° Exprime, en général, qu'une chose est ou doit être la conséquence d'une autre. Donc un nouveau labeur à tes armes s'apprête, malh. ii, 4 2. Donc votre aïeul Pompée au ciel a résisté Quand il a combattu pour notre liberté, corn. Cinna, ii, 4, Donc jusqu'à l'oublier je pourrais me contraindre, ID. «6. IV. 3. Il 8° Sert souvent de simple transition pour revenir au sujet après une digression. || 4° Sert à marquer une sorte d'étonnement, la surprise que l'on éprouve d'une c^ose à laquelle on ne s'attendait point, ô sort, voilà donc de tes coups? Et je n'ai donc vaincu que pour dépendre d'elle? rac. Androm. I, 2. Je suis donc un témoin de leur peu de puissance? id. ib. ii, 2. Mais pourquoi donc ces pleurs, ces regrets, cette fuite? volt. Zaïre, m, 7. Qu'est-ce donc que l'amour? a-t-il donc tant d'empire? iD. Orphel. m, 4. || 5° Sert aussi à rendre plus pressante une demande, une injonction. Dites donc ce qu'il y a. Gare donc! || 6° Ironiquement, allons doncl marque d'incrédulité, dedéfi. Lui, oser prendre la parole en cette occasion; allons doncl
— REM. 1. Et donc qui se disait au commencement du ivu' siècle , et que Vaugelas admet encore, n'est plus usité. || 2. Conque» est une forme ancienne, encore employée par Molière, et que la poésie pourrait se permettre. Donques, si le pouvoir de parler m'est ôté, Pour moi, j'aime autant perdre aussi l'humanité, mol. le Dép.ii, 7. Donques voire lumière a donné de l'ombrage. Donc vous êtes couvert d'un éternel nuage, mair. Sophon. v, 9.
. — HIST. x« s. Dune, ço dixit, si fut Jonas, Fragm. |(f« Valenc. p. 468. || xi« s. Dune [il] rendra le chatel ■ [l'avoir], iots de Guill. 4. HeU qui dune [alors] ert [était] evesques. Rois, 2. Pechet fereit qui dune lui fesist plus, C/i. de Hol. xvi. ||xii*s. Donc die, et nous Torons [ouïrons], Ronc. p. 22. Qui m'irà donc mes angardes faisans? «b. p. 34. Diexl que ferai? dirai lui [à elle] mon courage? Irai-je lui dont s'amour demander? quesnes, Romancero, f. M. Lt quaut j'ai mis en lui [elle] m'entencion.
DON
Dont ne doi-je chanter, se de lui [elle] non, Couei,