‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 207 sur 638 · FAI · texte numérisé non relu

FAI

consécration d'une de ses farces populaires, se raccourcit et prit le sens particulier que Mme do Sévigné lui donnait déjà.

FAGOTKCR. .{joutes : || 3" Le Fagoteux[fagoteurJ, le Fagolier, titres d'une larce de Molière qui est devenue le Médecin malgré lui.

FAGUEVAS. — ETYM. .tjoulei : D'après M. Bugge, Homania, n° lo, p. H7, fngttenas serait pour fanegas (comp. talevas pour tavelas, et étincelle de scin(iHa),et viendrait du vieux haut-allem. fneltan, moyen haut-allem. phnchen, respirer, liavarois pfnechen, d'oii pfnâckelen, puer, pfnâckl, odeur rebutante. Les Français, ne pouvant prononcer l'initiale germanique fn, y inséraient un o; comp. hanap, hautallem. knapf, canif, allem. mod. Kneif, etc.

FAIBLESSE. Ajoutes ; — REM. On a dit être en faiblesse, par opposition à être en force. Sur tous les points oii l'action centrale est en faiblesse et devient impuissante, Journ. of^c. 15 juin I87îi, p. 43117, ("> col.

f FAIDIT (fè-di), .î. m. Nom donné, dans le xiii* siècle , aux Albigeois bannis (du bas-lat. faidilus, banni, de faida, haine).

t KAILLANCE (l'a-Uan-s', Il mouillées), s. f. Archaïsme. État de celui de qui le courage fait défaut. Par faillance de cteur et défaut de génie, Louis-Philippe a reconnu dos traités qui no sont point de la nature de la révolution, chateaubr. Ifem. d'outre tombe, éd. de Bruxelles, t. v, Lett. à la duchesse de Berry.

— HIST. xit* s. Parjure sunt vers tei, si veintras sans faillance, wace, Hou, v. 1432. Mais ma dame est de si très grant vaillance. Que son ami faillance ne doit l'aire [qu'elle ne doit faire faillance à son ami], Couci, xxiv. || xiii' s. Or entent donc à la provance, Si apareille ta faillance, lien. 21226.

— ËTYM. l'aillir. C'est le simple de défaillance; il mérite d'êtie repris à l'exemple de Chateaubriand.

FAL'»I-VALLE. — ÉTVM. Ajoutes : Dans la Sarthe, faimvallier, homme qui a un fort appétit.

I. FAIRE. Il 65° Ajoutes : \\ Faire à la chose, contribuer à ce qu'une chose soit mieux. 11 m'a semblé que ces morceaux faisaient à la chose, ne marquaient point d'humour.... i. j. rouss. Lett. à d'Alemb. 26 juin (754.1183° En termes d'argot, se livrer à un genre particulier de vol. M. le président : Cette femme faisait les mariages, c'est-àdire qu'elle suivait les mariages pour faire les porte-monnaie, Gaz. des Trib. 3u déc. (874, p. (247, ('" col.

— REM. Ajoutes: \\IS. Régnier a dit : .Selon le vent qui fait l'homme doit naviguer, Sal. vi. Cet emploi est archaïque et maintenant inusité ; nous dirions qu'il fait ; mais il n'est point incorrect. Dans cet emploi, faire est un verbe neutre ; il, un sujet indéterminé, qui peut très-bien être remplacé par le sujet déterminé ; il le pouvait du temps de Régnier ; il ne le peut plus aujourd'hui, de par l'usage. Pourtant une difficulté reste, celle d'expliquer le rôle grammatical duque, dans qu'il fait. Il semble être un régime direct, et cependant il ne l'est pas, puisqu'on dit : la chaleur qu'il a fait, et non qu'il a faite. La locution régulière serait le vent qui il fait, la chaleur qui il a fait, puisque dansîi fait beau temps, l'explication grammaticale est : il, c'est-à-dire beau temps, fait, et ici : il, c'est-à-dire, le vent qui, fait; il, c'est-à-dire, la chaleur qui, a fait. Mais la prononciation n'a pas admis qui il, et, au risque d'un solécisme, a dit qu'il. Ou, si l'on veut, le que est devenu régime direct par fausse analogie, à mesure que le sens clair de faire pour exister devenait obscur et se perdait. || 16. Bossuet a dit ne faire que de, dans le sens de, ne faire que : Ne vous étonnez pas, chrétiens, si je ne fais plus, faible orateur, que de répéter les paroles de la pieuse Palatine, Anne de Gons. 11 fiiudrait que répéter. Sans doute ces deux locutions Tie faire que et ne faire que de sont trèsvoisines, et à l'origine elles ont pu être équivalentes. Mais, depuis que l'usage leur a assigné un sens spécial, leur voisinage même commande qu'on fasse bien attention à ne pas les confondre. ||17. Faire beauté : Le Sage, dans Gil Illas, vu, (3, .se moque de cette expression en la mettant dans la bouche de Fabrice , célébrant le gongorisme : ■ Je veux, par un seul trait, te faire sentir la différence qu'il y a de la gentillesse de notre diction à la platitude de laleur. Ils diraient par exemple, tout uniment : Les intermèdes embellissent une comédie ; et nous, nous disons plus joliment : Les intermèdes font beauté dans une comédie. Remarque bien ce font

Page 1