ARABE, HÉBREU, PERSAN, TURC, MALAIS
Abelmosc. Esp. ahehnosco, lalin dos bofanîstos ahoîmoschm. Cette plante (iiialvac(5e), appelée aussi hctiiiic odorante, vulgairement (imhrelle on graine musquée, doit son nom à i'odeur de musc qu'exhalent ses semences, dont la parfumerie tire profit. C'est l'arabe •^L^S Je», habh el-misk, littéralement graine de musc.
Abit. Ancien terme de chimie, le blanc de céruse. Si l'on remarque qu'en espagnol la céruse est albayaldc, venant de l'arabe ,jbLsJl al-hayâd, la blancheur, que la même substance est quelquefois nommée par nos anciens alchimistes haiac, qui est le même mot sans l'article, et en leur latin album, on est conduit à re^arder abtt commo un autre dérivé de la même racine arabe, probablement l'adjectif ^J£UJ\ abiad, blanc. Ce qui tend à confirmer ma conjecture, c'est qu'on trouve aboil comme synonvme (ïabit; ahoit paraît être une métathèse typographique pour abiot.
Abocmbas. Sterne ou hirondelle de mer. «Le nom que l'on a conservé à cette espèce est celui qu'elle porto en Egypte. Elle arrive en troupes au Caire même, dès le commencement de janvier, et se tient sur les bords du canal de Trajan, oiî elle fait sa proie des petits poissons que le Nil y dépose, d'insectes aquatiques et d'autres immondices.)) (Vieillot, Dicl. d'Iii.itoire naturelle, t. XXXII, p. 178.) J'ignore comment il faut écrire ce nom en arabe. La première partie paraît être jjI ahou, père; on sait que beaucoup de noms d'animaux commencent ainsi. Le grand ouvrage de la commission de l'Institut d'Egypte décrit plusieurs espèces de sterne, sans citer ïaboumras.
Abricot. La cunenso histoire de ce mot a été faite par Diez, Malin, Dozy. Parti du latin prwco.v, précoco, passé chez les Grecs sous la forme •apatxôxxtov, il a été adopté par les Arabes, qui en ont fait, avec l'article , ^3>>-A]! al-barqoàq ou al-birqoû(j. Puis il est revenu dans les langues romanes : albarcoque, alvarco(iue, albariconue, etc. en espagnol ou en portugais; albercocca, albicocca^, en italien; aubncot, arbricot, dans nos patois provinciaux; abricot, en français^.
On peut être surpris qu'aucun élyniologiste, pas même MM. Engelniann et Dozy, dans leur Glossaire des mots espagnols et portugais dérivés de l'arabe, n'ait songé à ranger à côté d'abricot le mot alberge et son correspondant nlberchigo^, sorte de pêche ou d'abricot, dont l'origine est certainement la même : albirqoûq, en accentuant la dernière syllabe, a donné albaricoque et abricot; en accentuant la [jénultième, alberchigo (l'accent tonique est sur icr) et alberge. C'est ainsi, disais-je en présentant pour la première fois cette étymologie", que les doubles formes cadi et alcade, khandjar et nlfange, proviennent d'un même 4crme différemment accentué. Mais cadi et khandjar sont de simples transcriptions de l'arabe, qu'on ne saurait invoquer ici. J'aime mieux m'appuyer sur l'excniph! que m'a fourni M. Defrémery ^ : j^i:*»^! al-fostoq, jiistache, est devenu en espagnol atfostigo, dont l'analogie avec alberchigo est évidente. On peut y joindre nlliondiga, hôtellerie, di' ijJvJjiJl al-J'ondouq^, et albondiga , bouhîlte, de ^3>X;UJI albondouq.
M. Defrémery^ a objecté contre mon étymolog'ie la difficulté du changement de ^ij q en ch espagnol. Mais, dans les langues liispani(pics mêmes, l'alternance de ch avec q
' Jean Baiihin donne en outre les formes baccoche, albn-eocoli. (Hislor. pîantarum univers.)
' Il est sans doute inutile de mentionner l'opinion de M. de Clievallot, qui tire directement abricot de prœcox, par l'adjonction d'un n qu'il retrouve dans at-iVes. {Orij;. et furm ilu la lan[r.fr. t. Il, p. i^û.)
' On peut y joindre l'italien albergese, donné par Rauliin.
* HcvKe (le l'Iiistr. publ. numéro du ùï> janvier 1 800, p. C>-j'j
' /(wiwtridVyuc, numéro du h6 décembre 1868, p. /io8.
' Voy. plus loin Fonde.
' Juuiii. itsiut., uiai-jiiin i8f)g,p. 53i.
2 ADU
ou • dur n'est pas trJs-raie [chumbc = carabe , chlnna = alijuirnia. aklnmdla = alqmmillu , alcliiinia'=alquiiniii, etc.). La diliicullé serait peut-èlre aussi grande à adiiiettre pour ori[;ine (ïtiU>i'rclii;jo le terme jtersau-arabo (^^^ firsiq ou yi^jijirsil; ((|ui représente le grec isepatx6;, eu lutin persicus, d'où notre yvclie). Car on n'a guère d'exemple du changement de o/cn b. (Voy. cependant Cabas.)
Aditilon. Plante de la famille des malvacées. De l'arabe ^^JLifl^•Jl (luboûllloûii. C'est là du moins l'orthographe du mot dans l'Avicenne de Rome (p. 137). Mais les traducteurs transcrivent tous abutilon, et c'est aussi l'orthographe de Bauliin. qui parie de l'abutilon d'Avicenne et d'un abutilon Jiiilicum. iUist. plant, univ. t. II, p. C)58 et suiv.)
AcuARs. Fruits, légumes, bourgeons confits dans lo vinaigre, comme nos cornichons, ou dans d'autres préparations fortement épicées. C'est un condiment très-goùté dans l'archipel Indien, à Maurice, à l'ile Bourbon, etc. On écrit aussi acliards : «Les achards colorés par le safran, n (Simonin, J oyar^e à l'tle de la Héunlon '.) Le Dictionnaire de Déterville écrit atcluir, qui est la l'orme originelle. C'est le jiersan ^l^i atchâr, en malais ^=>1 atchar. Je ne saurais dire quel est le sens primitif de ce mot, qui nous est venu, non de la Perse, mais des ludes.
AcHER.\AR ou Akharnar. Etoile brillante à l'extréniilé de la constellation d'Eridan. Elle ne s'élève jamais sur l'horizon de Paris. C'est l'arabe j^Jl y^l âlàir-an-nuhr , littéralement l'extrùnuté du Fleuve'-. An-nahr, le fleuve, est le nom de cette constellation. L'étoile est une des quinze que l'astronome Alfergani (vulg. .\lfroganus) compte comme étant de première grandeur : ^^ JJl c-*^y3l jjil ^y ^ L^ ^ j^'i s^y^s ~à^\ i Kparmi elles se trouve, dans le signe du Bélier, celle qui est à l'extrémité de la constellation du Fleuve.» (Edit. de Golius, p. 7 G.)
AcHODR. «Nom d'un impôt payé par les indigènes de l'Algérie au Gouvernement français, n [L'iUré , Dict. AJdit.) C'est l'arabe jyi* 'acboûr, dîme, venant de yi.* 'achar, dix. Le mot aciwur n'est pas dans le Diction, fr.-ar. de M. CherboiHieau, qui, du reste, a laissé de côté un grand nombre des ternies introduits chez nous par la conquête de l'Algérie.
Adè.ne. Arbrisseau grimpant d'Arabie [Adenia vcnentitii); en arabe ^>Xft 'aden.
Afkion. Ancien ternie de pharmacie: électuaire à base d'opium. Ue l'arabe y^l ajioîin, qui représente le grec liitov, opium.
Afrite. Sorte de mauvais génie dont il est question dans les récits orientaux. Le roi légendaire Tahniouras soutint une lutte gigantesque contre les Afrites ou Divs,