Fidhe,Jîdda,Jldo, argent, de xùtifdda, même sens
4o. Melech, makck, sel, de J^ milli, même sens.
/il. y)/cr</(7.sTHo-i, lilbarge, du persan ,2U-» »i« mourdeh seiig, même sens.
63. Misa}, masnl, mcst, petit lait, de Jua.« mnxl, même sens. (Cf. l'esp. aimecc, dans Dozy, Gloss. p. 163.) Dans le Languedoc on dit mèsi, et dans d'autres provinces niesgue : «Le mesgue pourra servir pour la nourriture des pourceaux.» [Agricxdture et maison rustique, iGoi,p. 83.)
hZ. Nobacit, tambour employé par les nécromanciens; du persan owjj nôbat, sorte de tambour.
li!i. Aochat, nucliat, nucliar, nuclwr, nnclutch, nucha^, nuliar, cuivre , de ^jJ^ nohns, même sens.
45. Quebrit, quibrilli, hthrilh, hhrit,'abrtc, nll.ibric, alchabric, alcubrith, alkibic, aJtribic, nlkibert, alplwhriock; tous ces mots signifiant soufre viennent de l'arabe o«jjjX!1 alkdnît, même sens; en espagnol, alcrebite.
Z16. Serico7i, stricon, minium. (Voy. au mot Jaugon.)
h-j. Zitrfa, cuivre, métathèse de sJuo so/hi, même sens. Alzofar, esp. azojar, laiton, est le même mot précédé de l'article.
Z18. Zebeb, fumier, de Jajj zehil, même sens.
à(). Zengtjnr,zingviar, n:>fur, uzuj'ar, azemafor, cinabre; de T*^) zindjafr ou zoundjotij'r, même sens. Le portugais azinJiavre, vert-de-gris, est certainement le même mot, quoique M. Dozy ait voulu le rattacher à ^b*^^ zindjâr. (Voy. ci-dessus Azagor.') Remarquez que (/r^i/iaire sonne presque à l'oreille comme cinabre, et reproduit lettre pour lettre l'arabe yi^yl' az-ziiuljafr. Quant à sa signification, vert-degris au lieu de cinabre, il ne faut pas s'en étonner; les alchimistes, dans leurs dénominations, confondaient presque constamment des substances qui ne nous semblent plus avoir que des analogies lointaines. Dans le cas particulier dont il s'agit, je puis citer à l'appui de ma correction: zynj'er, vert-de-gris; azimar^, vert-de-gris et cinabre; acamar, azemala, qui embrassent également ces deux significations. N'oublions pas que le vert-de-gris et le cinabre (confondu avec le minium*) font tous deux partie de la classe des zadj ou vitriols.
5o. Zub, zubd, zebd, beurre, de tXjj zoubd, même sens.
Alcool. Esp. et portug. nicohol, aragon. aJcofol^, catal. alcofoll. H est bien démontré que i'étymologie de ce mot est l'arabe J^sWi al-koJd, le coheul ou poudre d'antimoine*, dont les femmes, en Orient, se teignent les paupières.
On sait que ce mot a été employé à désigner un grand nombre de collyres divers, tels que yu»! jX, -jÀi J3.,
' Le même mol se reliouve dans l'expression blanc laii», blanc de plomli : rhe plomb aussi qui est noir, quand il est calcine par la vapeur salsilive du Ninaigre, il se réduit en blanc de plomb, de quoy la cijruse est faite, el blanc roiii, qui est la plus blanche de toutes les drogues. n (Bernard Palissv, Ilccf/ile téritable, édil. Cap. p. 4 1 ■) C'est à lorl qu'on a quelquefois écrit Al'uiii Itliaiin, comme si le mut venait du nom du célèbre njédccin arabe i£\U Ilazi que MOUS appelons nbazès. Pour le changement, d'ailleurs fréquent, de â on I, voy. Engelmann, Glom. p. aS.
' Martin Rnland écrit michach, micha; ce sont des erreurs de lecture, d'ailleurs faciles à commettre avec des manuscrits où les points sur les i ne sont pas marqués.
' 'l:iwiii- me parait une faute de copiste, pour aiiitiar. (Vuy. ci-dessus
• Les anciens, Pline, Vitrnve, Galien, confondent sans cesse le cinabre et le minium. Dans le Dioscoride lalin de J. Ruel (i5i6), celle confusion est relevée en ces termes : nArgcnluni vivum Cl ex minio, quod abusive cinnaburia dicilur.n (Lib. V, cap. ci, fol. Sac recto.) Dans ce passage, c'est précisément l'inverse qu'il faudrait dire, d'après notre terminologie actuelle; car le cinabre est un sulfure de mercure, el le minium un oxyde de plomb.
' Alcofol, id est Anlliinionium. (Man. lat. du xiv" siècle, n° 7160 de la Bibl. nat. p. Iio.)
' Ou plutôt de sulfure de plomb. (Voy. Alquifoi x.) Le coheul, en Perse et en Turquie, est souvent appelé *«u< sunnch, mot quelquefois employé dans les relalions des voyageurs fraisais. Les dirlioiiiialres Iraduisenl à loii turmcli-ldcli par antimoine. C'est aussi un sulfure de plomb.
v»jA jS~ , etc. Alcohol, dans l'ancienne pharmacie, se disait de toute subslam-e porpliyrisée : « Les pierreries, dit Moïse Charas', les bols, les terres, le succin, les dyamants et quelques parties d'animaux sont réduits en poudre impalpable qu'on noiiiinc alholwl.v Comment, après avoir désigné une poudre sèche, le mot esl-il arrivé à s'appliquer au liquide! obtenu par la dislillation des matières s|)iritueuses? On peut en voir la raison dans cette explication citée par Martin Ruland : «Alkol est purior subslancia rei, sejTi-ojjafa ab iiiqiurifate sua. Sic aikol vini est aqua ardens rectificata et muridissima'-. n Nous avons un exemple d'un changement pareil dans le sens moderne d'c/(.i;iV. (Voy. ce mot.)
Alcoiian. Transcription de l'arabe y'yi^î al-qoriin. Al est l'article; aussi dit-on de préférence aujourd'hui le Coran, yl-ï qoriln signifie proprement lecture, récilatlon. «Le Coran, dans sa forme primitive, était une récitalion plutôt qu'une lecture, et c'est dans ce sens qu'il
faut entendre le verbe ip» qaraa, dans plusieurs des passages où on l'a traduit par lire. » (E. Renan '.)
AlcÔve. Esp. alcoha, portug. alcova, ital. alcova, alcovo;
de l'arabe aI»^! al-qobba, qui, entre autres sens, a celui de petite chambre, cabinet, ainsi que le montre M. Lano (J/iC thousand and one Nighls, I, a3i). Voir l'intéressant article de M. Dozy, Gloss. p. go, 91. Le mot est employé avec son sens le plus ordinaire dans ce passage de Nicbuhr : «Les derniers seigneurs de Taœs. . . ont bâli de beaux palais pour eux et leur postérité, et se sont contentés d'un petit kubbe pour leur servir d'oratoire et de sépulture *. »
Ald^baran. Nom d'une étoile brillante de la constellation du Taureau. C'est l'arabe yljj»>JI al-debarân^. Elle est comptée, par Alfergani, parmi les quinze étoiles de première grandeur : ^yJ! ^J^ J^ ^^JJl^ill ^^\ ^yiJî j^ y\)jJi ^5<wjj «Dans le (signe du) Taureau, l'étoile rouge qui est sur l'œil du Taureau et qu'on nomme ud-dcbarân ''. » Dans le commentaire des Séances d'Ahmed ben nl-Moàddcm'' , le mot est ainsi expliqué : LjJl a^^-JJ ij'^^i *J J^ï^ «Elle est ainsi nommée parce qu'elle vient derrière les Pléiades. 7) yji dabar, en ell'et, signifie venir derrière , suivre. Toutes les étoiles qui viennent derrière une constellation, ajoute naïvement le commentateur, n'ont pas reçu ce nom de Dèbaran; mais les Arabes l'ont ainsi appelée en particulier, de même que les Pléiades ont été plus particulièrement désignées sous le nom de /o^U! nn-nondjoum, les étoiles. On peut lire la même explication dans l'ouvrage intitulé Eplicmcrides Persarum, de Math. Frider. Bcckius, iG()6,p. a 9.
Aldée. Esp. aldea, portug. aldca, aldeia; de l'arabe
iou-ià3! ad-d'uj'a, ferme, bourgade. Le /de l'article ne s'est pas assimilé à la lettre suivante, ce qui peut tenir ici à la prononciation emphatique du (jb (/, cpii, dans les langues his])aniqucs, entraîne souvent l'introduction d'un /. (/!/calde, al-bayalde, etc. — Voy. Alcadk, Auit.)
Alkpine. Etoffe qui tire son nom de la ville d'Alep, en arabe i-»Aa» Ilalcb, soit que le mot ait été formé dirocle-' ment en français, soit qu'on ait pris l'adjectif arabe is^ halebi, d'Alep.
Alezan. Esp. alazan, portug. alazcw, se dit d'un cheval de couleur fauve ou rougeâtre plus ou moins foncée. On a proposé (voy. Littré, Dict. /y.) trois étymolojjies arabes: i^yté.^ ttl-hnsan, le beau, yUa:^ al-hisan, le cheval de race, et enfin (jajJI al-'athan, la fumée. Aucune des trois ne me paraît satisfaisante. Sans s'arrêter i'i la dernière, qui me semble de pure fantaisie, on peut dire des deux autres qu'elles ne spécifient point une couleur de robe; car il serait, croyons-nous, bien dilllcile de montrer que les Arabes aient, à une époque quelconque, attribué une supériorité de beauté" ou de race à l'alezan. Al-hisan est souvent pris pour l'étalon par opposition à ^j^yijaras, jument, comme dans l'exemple cité plus loin. Il paraît même qu'au Magreb il se dit du cheval en général. Mais tout cela est sans rapport avec l'adjectif alezan, et M. Dozy trouve fort suspecte cette étymologie, donnée par M. Engelmann dans la première édition de son Glossaire^.
11 y a quelques années, j'en ai proposé une quatrième^, acceptée depuis par M. Littré (^Addit. au Dict.); c'est l'adjectif (jmAs^î aidas, fém. halsâ, «spadix equus,» disent les dictionnaires (voy. Freytag au mot u**^, 9° forme), ce que nous traduirions ^ar cheval bai ou alezan.
Nous dérivons notre mot français du féminin du ferme arabe (comme nous le ferons plus loin pour bahan). On peut conjecturer que le féminin l'a emporté sur le masculin par suite d'un emploi plus fréquent : le terme générique ijttyi faras, cheval, sigmifie plus ordinairement la jument, ainsi que nous le disions tout à l'heure : sijii Ji \\y^ ^\j^ J.S ^^\ ^ \S. J^yi Js J^' '». Dans ce passage, qu'on [)rut se dispenser de traduire, (j<»jj est dit par opposition à ijUa^.
Quant à la finale n qui s'est ajoutée au mot halsn, on en peut citer d'autres exemples, tels que nnnocan, de L^ hamkhâ; arduran, de ijOJi ad-dourâ (voy. Doura); bosan, de it)jj bousa; alchocodcn^^, de \>S^ty^ helhhoudâ; azacaii (porteur d'eau, en espagnol), de *IJuJI as-saqqâ, etc.
Alfange. C'est un mot «espagnol introduit en Franco par nos écrivains du xvif siècle. De l'arabe ,^^ al-hhandjar, sabre, que nous avons pris directement et sans l'article, sous les formes cangiar, hhanjar, khandjar.
1 Phnrmacnpén royale, a'ëdil. iC8a, t. I", p. 3a,
' Lexicon alclieimw (i 6 1 2) , p. 3o.
' Uiit. des langues sémit. /i" odit. t. I", p. •T64.
• Voy. en Arab. édit. Smilli, p. aS.'i.
' La prononciation arabe serait ad-deharûn ; mais il arrive qiirlcpicfois, dans le passaji: de l'arabe aux langues roniamis, que le l de Tarlicle al ne sassimile pas à la lellrc solaire suivante, surtout quand le mot est, comme ici, un terme purement scienlifique.
* Édit. de Golius, p. 7G.
' Les douze séances du rhcikli Aliniod bon al-Moa'ddcin, notées cl publiées par Soliman al-Itarairi, p. r, note 10.
• Dozy, Gldss. p. (io.
' Voy. Revue de l'Instruction publique, numéro du a5 janvier i8(5G, p. C77.
'" Alan, (le la Bibl. nat. n" i<)'ii) du supp. ar. " Terme de l'ancicuae astrologie.
AirrER. Olficier porte -drapeau. Mot cmpnintf' par Brantôme et les écrivains du \\i' sièrie à l'italien nljlcrc, esp. nlfcre:, portug. alfrrcs. De l'arabe (j-jLiJî al-Jâris, signifiant proprement /<• caralier, venant de ^j« -» fnras, ciieval.
Algarade. C'est l'espagnol nJf^araih, qu'on s'accorde à tirer de l'arabe sjUJt nl-ijh'ira, incursion militaire, expédition guerrière. Kn tout cas, ce ne peut être une dérivation directe, vu l'accentuation. Mais al-frlitlrn a donné res|)ngnol algnra, qui a une signification identique à celle du mot arabe, et le bas latin algarn, algnnim (Du Gange), et peut-être l'italien gara, dispute, rixe. De aljjara, l'espagnol a pu faire aJgnrada. Je suis porté à croire que l'arabe iiilyJï al-ardda, catapulte, dont les anciens écrivains de la Péninsule ont aussi fait algarada ou tilgarrada, n'a pas été étranger à l'adojjtion de aignrada dans le sens de crt subil, alerte, attaque iiiiprérue. Quant à l'hjqîotbèse de M. Dozy, rattacbant ce mot à un vocable inconnu venant de iu« gharid, chanter, je ne saurais ni l'appuyer ni la combattre. (Voy. Gloss. p. 120.)
On aurait tort de rapprocher du mol qui nous occupe le portugais algazara, qui est aussi en espagnol et en italien, et dont l'origine est fort diflérente. Voy. l'article d'Engelmann sur ce mot (^Gloss. p. 12a, i23).
At-CÈDRE. Esp. porlug. et ital. algchm. De l'arabe y^ al-djebr, réduction. On nomme l'algèbre iCLliUt^ -a41 Ivs sdeiice des réductions et des comparaisons. En espagnol , algebrista se dit du bailleul ou rebouteur, qui réduit les fractures.
Algémb. Etoile y de la constellation de Pégase, sur le flanc du cheval. De l'urnho l^'J^ al-djanb , le côté, comme énif de <àj! anj. Le Dict. des Mathématiques, dans YEncycIopédie de d'Alembert, donne encore les formes génib, chénih, chelub.
Algol. Etoile de la constellation de Pcrsée, remarquable par la variabilité de son éclat. C'est l'arabe JyiJ! al-glioûl, le même dont nous avons fait goule. (Voy. plus loin ce mot.) Les Arabes appellent J^l ^^^ ras al-glioûl, tête de la goule, la tête de Méduse que Persée tient suspendue à la main.
Algorithme. Au xiii' siècle, ce mol signifiait rarithmélique avec les chiffres arabes; on écrivait iilgorismc et angorisme '. Esp. alguarisnw, guarismo, algoritlimo; porlug. garismo. C'est la transcription plus ou moins altérée du nom d'un des plus anciens auteurs de traités d'arithméliipie, Abou Dja'far .Mohammed bcn Mousà, surnommé S'))^^ fl/-/.7iOinïrc:Hiï, dont l'ouvrage a été traduit ou imité en latin dès le commencement du xu" siècle. Ces sortes