‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 579 sur 638 · AMA · texte numérisé non relu

AMA

f^Upi]ion<i nJnIcI , hoc est vas sublimatorium factimi art modum ciipsidisi^l), rolundum subler habens cohopcnulum vitrenm ad moduni campana;. " Un chapitre de rahhimic de Geber est consacré h la description de cet appareil ''.

Alvaiuif:. Genre de plantes de la famille des graminées. La plante ([ui a servi de type est assez sendilable au sparte et s'emploie aux mêmes usages. En Espagne, on la nomme aJhardm et dans le dialecte valencien nihnrdi. C'est l'arabe <^i Jl al-hardl, rpie Freytag donne comme nom de plante, sans en spécifier l'espèce, mais que Richardson explique ainsi : «The shrub papyrus, of which paper was ancienlly made; . . .aiso a kind of colton, which is produced from the papyrus, etc.»

Amalgame. Ce mot nous est venu par les alchimistes avec le sens de mélange intime, combinaison, spécialement en ce qui regarde le mercure. Je n'en connais pas d'exemple avant le xiii° siècle; mais il est à cette époque d'un usage constant. Ainsi dans la Scmita recla Alheiii marrni : «Deinde recipe plumbi et stagni calcinatorum et in corpus reduclorum; fiant unum corpus perfusionemsimul: et si sunt dua; libne, adde argenti vivi libram i, et nnwignma, et lava cum sale et aceto, et sicca". d Dans le Parvuni Bosarium ArnaUh de Villa nova: «Et cum totum dissolvetur et in mercurium reducetur et fiet unum amalgama ^ n ; «Et cum totum fuerit dissolutum et in amalp-ama positum'.n Ailleurs : «Fac tuum amalframa; pone tuum amalgama supra unum pulchrum folium papyri'', etc. n

Outre la forme am(dgamc, Lacurne cite algame, mixtion d'or et de mercure. Dans cette dernière , il semble qu'on doive reconnaître l'arabe iCxjJi al-djom'a, conjonction , réunion, ou fU.4^ al-djimà', l'acte de consommation du mariage, venant tous deux de la racine x^djania', réunir. (Cf. le grec yauéai, yâfios.) Mais (|u'est-ce que amalgame? Faut-il y voir, comme je l'ai suggéré antérieurement, l'expression iix*4i Jî \imalnl-djnm'n , l'ieuvre, la pratique lie Vnigiime i^Ji 'ninal, pratique, se dit par opposition à k& 'ilm, théorie)? Ou bien est-ce une altération de iU.«lAlI al-mndj(lm'a, qui, comme al-djimn, s\[^n\i'\o l'acte de cniisommnlimi du mariage? Comme sens, l'analogie est parfaite, caries alchimistes aiment à comparer la combinaison du mercure avec les nn'taux à l'union de l'époux avec l'épouse. Ainsi, dans un traité intitulé De mairimonio et conjunclionc, le mercure [zailial) est assimilé au mari, l'argent [lima, la lune) à la femme, et l'amalgame des deux corps est célébré par cette phrase : f Nalura lœtatur quando sponsus cum sponsa copnlatur "*. n Néanmoins, n'ayant point recueilli d'ex(Mnj)le des expressions ci-dessus dans les ouvrages d'alchimie arabe, je n'oserais alUrmer l'exactitude de mes conjectures.

' Dict. d'hist. nat.l, p. 383.

' Commerce de l'Algérie, p. 39 (dans le Ghss. do Dozy, au mot alconl, p. Q'i). M. Dozy n'a pas noté le terme alqnifil.

'■' Clous, p. 187.

' l''ol. i3g rcclo.

' C'est le sixième chapitre du second livre dans la Iradiiclion laline intitulée : Gebei'is philosoplii jjcrspicassimi lumma jierjcclioiiis muijisU-rii. Venise, i54a.

' Manusciit (le la I!ililliillii'MMie nalionale, ancien fonds, n" 71 '17, fol. 3.

' Ihul. fol. 1:,.

' Ibid. fol. 1 II verso.

' Man. de la U'M. nal. ancien fonds, n" 71Z17, Opiis mirnltilo auprr mcrcwio ml rjiisfixalioncm.

Même manuscrit, fol. ^3 vei>

Icrmes led.i

employr

ce trailé prouvent qu'il est, sinon traduit, du moins imité de l'arabe.

ÎO AMA

Ama>. Pomandcr rniiian. demarulor {jr;'ico. De l'arabe yUl ativin, si'ciirili', protection.

Ambre. Esp. nhnnhar, port. aJnmhre. ital. nmhrn. Di' l'arabp^xic V/Hirtr, ambre |jris, nom qui est passé an surrln ou ambre jaune. Les formes qu'on trouve dans ia basse latinité, rtmirtr, nmhnre . ambra, amber. nmbir , amhrum . paraissent aussi confondre les deux substances. Ilermniao Barbaro, qui a publié au xv' siècle un commentaire sur Dioscoi.'de. écrit ambra ou nmhnr : ix Aetim , dit-il, ambar, tios suranuin oriciitalem jtrimi nominnrimiis^. r>

Liqttulamhar, nom d'un arbre d'Améri(]ue aussi nommé haume d'ambre, est formé de ambar et de notre mot liquide.

Ames. C'est un mot hébreu, |t?.v amen, signifiant rrai', vérité, par lequel se terminaient les prières des Juifs. 11 a pris là le sens de assurément, ainsi soit-il. Les Musulmans disent de même yjy»! amln.

AjimAL. Aucun étymologisfe ne doute que cène soit là le mot arabe yj^l amlr, commandant, émir. Mais la terminaison al a paru d'autant plus embarrassante qu'on la retrouve dans le portugais amiralb, l'italien almiraglio, ammiraijho, et sous d'autres formes dans l'ancien espagnol almirage, l'espagnol moderne almirantc, le bas latin admirallus, admirallus, amiraldus, admiratus, nmirarius, amirandus, admxrandus , admirantius, amireda, amirœus, etc. Engelmann avait supposé que le n/ final était l'article précédant un mot tombé depuis, par exemple ys? baljr, mer: amir-al-babr, commandant de la mer, serait devenu aniiral tout courte. Celte exj)iication, au moins quant au mol hahr, ne semble guère admissible, vu qu'on a de nombreux exemples du Roman d'Alexandre, du lîomtm de Rou, de Garni, tWiuberij^, qui prouvent quamirnut, amirant, amiratz, signifient simplement ^('«('ra/, cliej de troupes, et non chef maritime d'une façon spéciale.

La désinence al, aul, ant, atz, é, etc. reste donc toujours inexpliquée.

Anafim. Sorte d'instrument de musique arabe. (Littré.) C'est le portugais ««(j//w, annjll, danajil, en espagnol anajil; de l'arabe jajUJI an-nafîr, sorte de trompelle.

Cet instrument jouait un rôle important dans le cérémonial de la cour des princes malais avec le tambour, '^■^^ Ijnmloung , la flûte. à;ir>* saroîmi, les cymbales, jlio nafr.lra, etc. (Voir le Cliedjarat malaijou, p. ii=a.)

Le changement de ;■ final en / et puis en n n'est pas rare dans le passage de l'arabe aux langues romanes. (Voy. AtcnAZiL, Aml; Auphin, au mot Fou.)

A.NcnEC. Genre de plantes tropicales do la famille des orchidées. Lat. botan. an/p-œcum (ainsi orthographié par analogie avec /rwiî/^Trt'CH»/! ). Le mot vient sans (loule do l'archipel Indien; car il existe dans le sounda et le javanais

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