‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 580 sur 638 · ARD · texte numérisé non relu

ARD

(ï7)>;(^.^i./^ nnggrék): c'est en malais (i,J^^ mig'rrnj . nrcjils.

Aml. Piaille qui fournit l'indigo; de là vient aniline, nom d'un alcaloïde obtenu d'abord avec l'indigoline, préparé depuis par d'autres procédés et qui joue aujourd'Imi un rôle tiès-considérable dans l'art du teinturier. Anil, portug. rt/ii'/, esp. anil,anir, est l'arabe J^i m/ avec l'article al , dont le / s'assimile au n suivant : an-ml; du persan Jaj ou <îdAi vil, nlleh, même sens. (V. plus loin Lilas.) Nil est d'ailleurs d'origine indienne. Je ne sais pounjuni M. Dozy* donne seulement ou préférablement -y «Ir. Aï/ par un / se trouve plusieurs fois dans YAlmansouri de Hazi : jliJi <.„j^ (ojUJI J^-»<j ^ ce que Gérard de Crémone traduit : txHabenil ilegma oxpellitr; et plus loin ^Uyi J^^iS] ^.>aj J^i^RTanil résout les tumeurs molles. »

Antimoine. A défaut de mieux, M. Littré semble disposé à accepter une élymologie arabe : J^'i oulhmoud ou ithmid, wlajiis ex quo collyria parantur, stibinm, jj dit Freytag. Le mot arabe, dit l'auteur du Dict. de la langue fr., est devenu facilement, dans le latin barbare, antimonium. Cela n'est pas impossible, non plus que l'origine grecque <Sjs;\ \tlimid= alî(X(xi.

Avec l'article, al-outhmoud a donné l'ancien terme de chimie alcimod. (V. au mot Alchimie.)

Parmi la foule des noms qu'a portés l'antimoine ou plutôt la poudre appelée colieul, on trouve chez les alchimistes eosmet, avec les variantes cosmec, casmet, calmet, mots de même origine que notre cosmétique''.

AnABE. Le nom <->^ 'arab est passé sans altération dans toutes nos langues, perdant seulement le son guttural initial marqué par la lettre ^ , lequel n'a d'équivalent dans aucun autre idiome. Les dérivés arabique, arabesque , arabine, etc. sont de pure formation romane.

Arack. Esp. arac, erraca; portug. araca, araijue, ôrraea, rae. En arabe, ^j^s 'araq signifie sueur et aussi lait, d'après le Qamous; ^\ (i,-^ araq at-tamr est le suc extrait du dattier, qui, par la fermentation, acquiert des qualités alcooliques. Do ce liquide, le nom 'araq ou araqi ïyS- est passé à toute sorte de boissons enivrantes. Aussi désigne-t-il des liqueurs très-différentes suivant les pays : dans l'Inde et la Malaisic, c'est un spiritueux obtenu avec du riz fermenté, du lait de coco, de la sève de cocotier; à Bourbon, c'est de l'alcool de canne à sucre. Le mot populaire riquiqm pour enu-de-t^ie est peut-être une corruption de 'araqi.

Abdeb. Mesure de poids et de capacité en Egvple. Transcription de l'arabe t>ij! ardeb. On peut voir dans la Chrcst. arab. do S. de Sacy (t. 11, p. 28) les évaluations très-variées de l'ardeb, d'après Venturc et Varsy. Je ne sais d'après quelle autorité le Dict. national de Bescherelle et le Dictionnaire des sciences de Bouillet (éd. de 1879)

' Dioicoririrr phnrmnconim tihri 17//, i5nf), fol. /iG verso. M.nrcollo Vcrfpllo dit aussi : rSiirciniim, qiiod eleclruni vclcros, noslri amiiram diciml.n Uj'id, fol. /17 rcclo. Ces commenlaleur!) ran,«cnl sous la même dénominaliori lambro jaune et l'ambre Kris rquod pisces devoravercn

' eu., p. ,G4. " » »

' Du Cange.

' Glosa, p. lf)6.

' Man. de la I5il)l. nal. sup. arabe, n° loofi, fol. /ig recto.

• Itjid. fol. 5() roclo.

' Voy. Martin Ruiand, Lrxicon alchcmia.

AJ\r.

disent que l'arclob est une mesure de caparilé valant 1 8a, 000 litres; d'après le grand ouvrage de la coMunission de l'Institut d'E{;yptc (//l'sf. uni. t. 11, p. i/i), la capacité de l'ardeb est seulement de i85 litres.

Argali. Mouton sauvage de l'Asie centrale. Du persan jSjl argah, même sens.

Arcan ou AiiGANE. Genre de plantes (arbres et arbrisseaux) dont le type est l'argan du .Maroc (^sidero.rylon spinositm de Linné). «Les forêts d'arfr/nts qu'on traverse en voyageant dans l'Atlas font grand plaisir à rencontrer, tant à cause de la variété des bois dont elles sont plantées, que parce qu'elles reposent l'œil fatigué de la stérilité du reste du pays. r> (Relation du D' Lemprière '.) «Le pays est magnifique, semé de superbes forêts d'argans.» (James Ricliardson^. ) C'est l'arabe y^»-^' ardjùn ou argân.

Argoisin. Ital. agitzzino. C'est assurément une corruption de alguazil. (Voy. ce mot.) Pour le changement de / en n, voy. Anafin.

Arratel. Mesure de poids valant environ /iGo grammes. C'est un mot portugais correspondant à l'espagnol nrvcldc, arralc, arrcl, et venant de l'arabe Ji^Jl ar-rall, la livre, ar pour al est l'article.

Arrobe. C'est encore une mesure de poids de la péninsule Hispanique, correspondant à 95 livres ou un quart de quintal. Esp. et portug. arrobn. Deux dictionnaires espagnol et portugais que j'ai sous les yeux donnent Yarrohn comme valant .Sa livres. Néanmoins, il est admis que Yarroha d'Espagne vaut sS livres espagnoles(i i'',5oo) et ïatroba de Portugal i /i'',68o''. Quoi qu'il en soit, arroha est l'arabe »jJi ar-rouh', le quart, mot qui désigne aussi une mesure égyptienne qui est le quart de la xoj wàiba. (Voy. Freytag.)

Arsenal. Portug. arsenal, esp. arsenal, darsena, atarazana, atarasanal, ital. arzena, arzenale, darsena. M. Engelmann dérive tous ces mots en bloc de l'arabe iCcL*» jb diir sinâ'a, maison où l'on construit, fabrique. II convient de les séparer en trois groupes : i° alarazana représente AfiLUaJI j!i dâr as-.vnna, avec l'article devant sinâ'a. Je suis porté à croire que le a initial de alarazana est aussi l'article. Assurément, il est contraire à toutes les règles de la grammaire arabe de préposer l'article à un substantif suivi de son complément; mais dans la langue populaire dtlr as-.vml'a avait pu, par le grand usage, arriver à former un seul mot dont on ne sentait plus la con)position, ce qui permettait de lui donner l'article (comme dans i>;jUt

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