‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 581 sur 638 · ART · texte numérisé non relu

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al-maonnrd, l'eau de rose, où maoïiard csl cumjiosé de «(.7, eau, et ouard, rose); u° darsena re|)résenle dar sinâ'a sans aucun article; 3° enfin arsenal csl sinq)lement le luolshi'i'n précédé de l'article. Je me range ici à l'opinion de M. Defrémery, qui a fait remarquer ([ue ÀsLuaJt as-sinaa si; flit fort bien, sans le mot dâr, d'un arsenal maritime \ J'ajouterai que Du Cange cite un mot languedocien arsina qu'il explique supelte.v ijuœvis, un ustensile quelconque. Je vois là le même mot as-smâ'a, employé à peu près comnK! l'est aujourd'hui notre mot confection pour telle ou telle espèce de vêtement non fait sur mesure. Et si ma conjecture est exacte, il est clair que le mot dâr n'aurait là rien à faire. Le r d\wsenal, arsina, est probablement dû à la prononciation emphatique du ,jp s.

Alarazana a conservé en espagnol le sens général de fabrique. Les mots congénères, dans les diverses langues, se sont fixés au sens d'arsenal maritime. Cependant on trouve, dans l'ancien français, arsanail, «apollieca instrumentorum agriculturae,;) dans Du Cange.

Les Turcs, les Tunisiens et les Egyptiens paraissent avoir repris à l'espagnol ou à l'italien leur JuUcy tarsUiâna ou AjLvy (arsâna ^ actuels.

Parmi les exemples d'expressions arabes où un mot est précédé de l'article, bien que suivi de son conqilément, on peut citer «j-jti ,;-?j-" ar-rouh' dâ'ira, quadrant, (piart de cercle. Voyez Abou'1-Wéfa, Almagcsie, fol. ii v°. (Man. n° ii38, ancien fonds arabe de la Bibl. nat.)

Artichact. Ce mot, disais-je en 1866*, ne vient certainement pas d'un prétendu terme J^ ^^1 ardi chaufd, qu'on lit à la vérité dans le Dict. fr.-ar. d'Ellious lîoclhor, mais qu'on ne trouve nulle part ailleurs, et dont il serait , je crois, difficile d'établir l'authenticité. Que pensK'r de cette singulière expression épine lerreslre pour désigner l'artichaut, sans compter qu'une locution de cette forme grammaticale est chose inouïe en langue arabe. Pour moi, je n'y saurais voir, non plus que dans une autre c\j)ression Aij^ijl ardchauka, donnée par le même ouvrage, rien autre qu'une transcription de l'italien arliciocco, arlicincchi. J'en dirai autant d'un bizarre ocs:^! artilcliol qu'on lit dans le Gaza j) h. linrr. Pcrs.''.

Le vrai nom arabe, le plus ancien du moins, paraît êtreotii^ Ijarchaf ou (Jif^y^ hnrcliofif. (|ue M. Enijelmann écrit cj^^ hharclioûf \m\' un kh, d'a|)rès la transcri|)tion de Pedro de Alcala^. C'est aussi l'orthographe de noclhor et du P. Dominique Germain", tandis que Meninski et Freytag écrivent par un ^ h, et prononcent Iwrchnf. Les termes espagnols akachoja , alcarchnfa et le portugais dlcichofra, évidemment empruntés à l'arabe, send)lenl donner raison à M. Engelmann, car il n'existe, je crois, aucun autre exemple du ^ h rendu en espagnol par un c, tandis

' Appelé au Maroc pour soigner le fils de Temperpur, en 1 789. {Le Tour dn monde, 1. 1", p. 21a.) Dans la Irailuction de ceUerolalion, donnée en iHoi par Sainte-Suzanne, on a pris Argan pour un nom propre, Orga{p. 1.39).

' Le Tour du monde, 1, p. 220.

' ISoiiilIet, Dict. def tciences, de» lettre) et des arts, 1872.

* Journ. asiul, avril 18G7, p. lit 6, et Revue rrilique du afi décembre 1868, 0. 4ii.

' Voy. Dozy, Glott. p. 2o5, ao6.

" lievtie de l'imlr. publ.

J L'aiiloiir de ce dictionnaire ilalien-persan traduit encore articioccn p:ir J>^'-f jk^ kcngher-i ferenghi , ken(;lier d'Krirope, ce qui tend à prouver rorijjine élranjjère des expressions qui reproduisent noire avltchaui.

' Gloss. p. b5.

' lùibr. Iin>j. arab. aux mots carcinfo, carcinjpjlo, cardonc.

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