‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 602 sur 638 · FIR · texte numérisé non relu

FIR

(riouillet, Dictloun. des sciciic.) C'est l'adjeclif arabe J^U» jfilâli, de Tafilcl ou Tafilalct. En cspa jnol , ^Wi' désijjiic une sorte de tissu fabrique originairement dans le même pays. M. Defrémery' a le premier établi cette élymologie, abondamment confirmée par M. Dozy dans son Glossaire, p. 268. L'espagnol a aussi tafilete dans le sens de maroquin, peau de Tafilet.

FiRiiAN. Ce mot est le persan ^J^^fcrmân, ordre (^jiy« j fcnnoûden, ordonner), qui a passé dans toutes les langues musulmanes et nous est venu par les Arabes ou les Turcs.

FoMAtnACT. Nom d'une étoile de première grandeur, a du Poisson austral. Esp.jomaliaiit , fotnaliantc. C'est l'arabe ciJyJI A» foum al-haiit, la bouche du Poisson, une des quinze étoiles de première grandeur citées par Aifergani, qui la rattache au signe du V'ei'seau^. Le terme arabe a été altéré de bien des laçons par nos anciens astronomes; car Laiande cite les formes foiiialiana, ftimahant, fumalltant, fonlabont , Jomahaut et, d'après Scbickard . yÔHw/cM/i. Cette dernière forme est remarquable en ce qu'elle montre une transcription du ^ h j)ar un c, sous la plume d'un des plus célèbres orientalistes du xvn' siècle; fomolciiti représente en effet très-exactement l'exjjression arabe prononcée avec les terminaisons casucllcs, jfoummouH-hauti. Tycho-Brahé écrit /bma/(an(.

FoADE, FoNDIC, FONDIOCE, FoNDOCC. Esp. ftinfIfIfJO , (ll-

fondcgn, affondiga, alhundiffa; porlug. nljandeira^ (douane^, ital. yo«(/aco. Tous ces mots signifient ou ont signifié nia- Ijasm, boutique, maison pour recevoir les marchands étrangers , hôtellerie. C'est l'arabe (^-ysi Jondouq , même sens. L'arabe vient lui-même du grec -ssavSoxe^ov , ou plutôt tsâvSoxoi ou 'TsdvSoyps,

Je n'hésite pas à réunir, ainsi que l'a fait M. Litlré,

fonde avecjondouc. L'accentuation a produit ici un fait ana-

GAC

logue à celui que nous avons constaté pour alhrrgi'. (Voy. Abuicot.) Je crois donc que Millier a raison lorsqu'il propose de rattacher Y cspi\[\no\ fonda aux autres vocables dérivés de (i'i^fondouq. On remarquera que, dans nlfondeira, alfondiga, etc. l'accent toni(|ue est sur /oh. Une rue de la ville de Cahors s'appelle encore la Fondue; c'est probablement un mot de la même famille.

FoD. Une des'pièces du jeu des échecs. Esj). nlfl, arfd, portug. alfl. ital. alfdo. ulfino, bas lat. alphilis, ulflus, alphiHus, alphinus, vieux français aupliin, aufn, aiij/in, dauphin. De l'arabe J^ fl (persan Jaj pli), éléphant, avec l'article al-fl, parce que la pièce en question avait, chez les Orientaux, la figure d'un éléphant. La dérivation des formes qui ont gardé l'article al, au, est évidente. Celle àa fou ne l'est pas autant: on a dû dire^iV, puis^ô/, par assimilation avec le personnage de la cour qu'on appelait le fou ou le bouffon du roi. C'est par une assimilation analogue que Vanfin est devenu le dauphin'^, tant il est vrai, comme je l'ai dit ailleurs, que le peuple a une tendance naturelle à altérer les mots étrangers pour leur donner une apparence de signification dans sa propre langue.

FooTAn. Portug. fola. Le nom de cette étoffe (ou vêtement) est persan : eo^foutah; mais il a surtout été répandu par le commerce arabe. Les Arabes écrivent nLsy» foula. Ce fut de bonne heure un objet d'échange avec les tribus africaines et océanicinnes. Dans un ouvrage du x' siècle de notre ère intitulé .SJ^\ «-«jt^ Merveilles de l'Inde, on voit un navire arabe commerçant avec des nègres, payer le prix des esclaves avec ce produit de l'industrie ori<'ii-

tale : -««wJI ^^i)} »<JIj iJojjLlU ^tj''^*-! tST**~jj <^ et nous en achetâmes avec desyÔMto/t-s, d(,'S dalles et des bagatelles.» i^Man. appart. à la collect. de M. Schefer, p. 8.) (Voir sur ce mot Dozy, Gloss. p. 2^0, et S. de Sacy, Chrest. ur. t. I",p. 195.)

Gabdile. Esp. alcahala, alcarala, gabela, portug. alcavala, gahclla, ital. gabella. Les mots alcabala, alcavala, signifiant impôt, toxc, viennent certainement de l'arabe &JL*Ji al-qabâla, qui a été employé dans le même sens (de la racine Jaï qabal, recevoir, prendre). Mais Dicz conteste que la même étymologie convienne à gabcln, gabella, gabelle, qu'il veut tirer de l'anglo-saxon gaful, gafol. La seule raison qu'on donne pour rejeter l'étymologie arabe, c'est que le ^J ^ ne deviendrait jamais g dans les langues romanes. M. Dozy* fait remarquer avec raison que l'italien écrit aussi caballa, cabella (la permutation entre c et g- n'est

pas rare en cette langue). D'ailleurs on a plusiciiio exemples de (^ q devenant g (p. ex. algodon, colon, de (jki (yo/o« ) , et de toute façon rien ne s'oppose à l'identification de tous ces termes avec le terme arabe.

Gâche. Personne n'a songé à comparer ce mot à l'espagnol alguaza, penture, gond, pas même M. Dozy en établissant l'origine arabe du ternK; aragonais''. Cette origine même tend à confirmer l'idenlilé des deux termes; car l'arabe ijJI ar-raz:a signifie à la l'ois gond et gâche. (Voy, plus loin au mot Mortaise.)

' yoMrn. os!'a^ janvier 1861, p. 90.

' Edit. de Golius, p. 76.

' Alfaniega manque dans le Glugs. de Dozy, qui donne alhandega, simple variation orlhofjrapliique.

' Voir ce que je disais à ce sujet dans la Rev. de l'imtr. publ. naméro dn a5 janvier 1866, p. 677. Voyez aussiDefrémery./ownioiosiad'juc, janvier 1863, p. 88.

' Gloss. p. 70.

' Gloss. p. i3i. «Les Aragonais, dit .\I. Dozy, doivent l'avoir reçu de personnes qui ne pouvaient pas prononcer le r, et qui, par conséquent, étaient aussi obligées dans celte circonstance de ne pas assimiler la consonne de l'article à la première consonne du subslantir.n Pour moi, je pense, ainsi que je l'ai dit ailleurs (A/e'm. de la Soc. de ting., t. III, p. 1G8), quecel r, accidclclleiiieut {jrasseyé, a été confondu avec un Wi ((;liain).

28 GAL

(iinxîA. Ksp. cl porlug. galanria, anc. franr. frahngn], gdi-ingnl, an;;l. gniangale. Le nom de cette plante, orirjinaire des Indes, nous est venu par l'arabe yl^Ud^ /.7c;hindj'in. On la nomme aussi Imijas, lanquas, qui est le malais ^j~fi^ Inujrkouns. L'ancienne forme vulgaire est gaïangue: « La pulpe d'arlichaud , cuicte en bouillon de chair, mangée avec sel, poyvre et galanguc en poudre, sert à l'acte vénérien.» {^Agrlcult. et maison rustique, de Jean Liebaulf. liv. II, ch. xiv, p. aoo.)

Gamache. Mot vieilli qui signifiait /th^^/ts, et que Diez tire de gambn. (Littré.) La vraie étvmologie, je crois pouvoir l'allïrmer, est le nom d'une ville africaine, ^j«>xiiJvi Gndamcs (dans l'Etat de Tripoli), célèbre par ses cuirs R moelleux comme une étofTe de soie», dit un auteur arabe ^ Dans le Quorcy, le Rouergue et sans doute en plusieurs autres parties de la France méridionale, on appelle encore garamaches (^gorromatzos) ies grandes guêtres ou jambières de cuir des cavaliers et les grosses hottes à l'écuyère. Le mol nous est sans doute venu par l'espagnol giKulamaci , portug. guadamccim, qui désignait aulrefois une espèce de cuir fabriqué d'abord à Gadamès et plus tard en Espagne mème^.

Gambih. Substance astringente, analogue au cachou, que les Malais mâchent avec le bétel, et que l'industrie européenne emploie pour la tannerie. On écrit quelquefois gamhicr, à la façon hollandaise. C'est le malais ~*j^ gninhlr, nom d'un arbre de l'archipel Indien, le Kauclea gnmhiv des naturalistes, dont les feuilles fournissent cette subslance par décoction '. Celle-ci est nommée par les Malais j->>X Ki^ glietah-gnmbir, gomme de gambir, du mot xi^ glwlah ou gatah, gomme, baume.

Gandascli. Plante des Indes orientales cultivée dans nos serres pour ses fleurs et son parfum. Du malais (iy^isSÉ gnndasoûli. On peut voir ce que dit l'abbé Favre * de l'origine de ce nom, dont la première partie paraît être le sanscrit j-^Hr/rt, odeur.

Ga^dole. Plante des Indes orientales qu'on mange à la façon des épinards [gamhla, de Rumpf). Du malais Jj JOL^ gmidôla ou goundola.

Garbik. Vent du sud-ouesl. Ital. gnrhino. De l'arabe j-s glitirln, occidental, adjectif dérivé de t->^ gliarb, courbant, occident, mot d'où vient aussi le nom du Mngrcb, en arabe, <->yM maghreb ou maghnb, occident, Afri(|ue occidentale, et notre terme v.iugrrbin, h:ibitant du Miigr.b, Maure.

Gaupe. Est-ce l'arabe ii*^ ijaliba, vieille femme, courtisane, qu'on tire de t^ qahnb, tousser, par allusion au toussemcnt dont les courtisanes se servent pour attirer les chalands? Les dictionnaires persans et turcs donnent au>si AAji, tof^i, qahpè, qahpè, dans le même sens; et llichard-

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