GEN
son , Ailii. a«jÏ qahbf-khniieh, « a broth"! " : qnhbn est actuellement le terme usité en Algérie. Le patois napolitain appelle gtinppn une femme hardie, batailleuse, matamore. (Voy. ISnpIoset les Napolilniiis, par M. iMarc Monnier. dans le Tour du Monde, IV, p. a 2 3.) Comp. les termes d'argot populaire ^ofm^e, gouapeur^.
Gazelle. Esp. gacela, gncele, gnccl, antref. nlguccl; portug. gazella, ital. ga::elln. De l'arabe Jlj^ ghainl, même sens. BufTon a donné le nom à'algazelle à une espèce de gazelle, qui, selon Cuviur, ne dilfère pas de la gazelle proprement dite.
Gecko. Espèce de lézard des contrées chaudes. Valentijn prétend que les Javanais se servaient des humeurs sécrétées par cet animal pour empoisonner leurs flèciies. En malais, (^i ghûhoq, par imitation de son cri. Dans les mots terminés par un j j, cette finale se fait à peine sentir.
Géhenne. Ce vorablc biblique peut être cité comme un curieux exemple de la transformation de sens que peut subir un mot par l'effet du temps et des circonstances. La vallée d'Hinnom ou du fds d'Hinnom, en hébreu nirr;? '3 gêi beii-hinnom, ou simplement gêi hinnom, était un lieu de plaisance, au-dessous des murs de Jérusalem : «De belles fontaines répandoient leurs eaux dans tous les jardins, dont la verdure et les beautés rendoient ce lieu très-agréable. 11 y avoit aussi beaucoup d'arbres fruitiers et des plantes d'une odeur merveilleuse®. » Les Juifs s'avisèrent d'y bâtir un temple à Moloch, à qui ils sacrifiaient des victimes humaines. Le roi Josias ayant supprimé ce culte sanglant, et voulant rendre cette place souillée désormais exécrable à tous les Juifs, y fit répandre toutes les immondices de la ville. Après avoir été un but de promenade, un lieu de délices, la vallée d'Hinnom devint un objet d'horreur, si bien qu'à une époque postérieure géhenne fut synonyme d'enfer. Plus tard, ce ne fut que la torture. Et enfin, le mot se contractant en gêne a perdu, de nos joui^, presque tout J l'énergie de ses significations antérieures.
Gemara. Partie du Talmud. Transcription de lliébreu mD3 gcmnrah (g- dur). Le verbe IDJ gamar signifie achever, compléter; la gémara est en effet une glose qui sert de commentaire à une partie de la Mischna.
Gemmadi. Cinquième et sixième mois de l'année musulmane. En arabe, ^^il:?: djoumûdâ, prononcé chez les Turcs djownadi ou djcmadi (voy. Meninski). Gennnadi est la transcription usitée chez nos écrivains du xvni' siècle.
Genêt. Espèce de clieval d'Espagne. Nous avons emprunté ce mot à l'espagnol ginete, cavalier armé à la légère, terme pour lequel on a proposé une foule d'étvmologies aussi peu satisfaisantes les unes que les autres. (Voy. le Dict. de Littré.) M. Dozy'' a fait voir que ginete vient
' Vov. Dozy, Cloiê. p. g8o.
» Ibi'd.
' Oans son Herbarium Amboinente , le botaniste Itiimpr cite l'urbre (;(">• b ilan'., (|iii est le nti.ilais .zyi) ~~i gambir tâoul, (jambir de mer.
• Dict. nml.-fr. 1. 1", p. .'i/io.
• M. E. Rolland {Faune pnpiil. Je In Fr., p. i o) lallaclie gaupe
• Simon , Dict. de In Bible ( i OgS). ' 67oss. p. i.7<;, 377.
de HÀi'^ zenùta, grnndo nalinii hi'rln'Ti^ ronniip pour la valeur de sa cavalerie. De giiiete, qui est aussi en porlu- {jais, le catalan avait faityrt»e< et l'italien ijiniuicllo.
Ge.nf.ttk. Esp. et porlujj. ijinetn, latin des nntiiral. ^rnetla. D'après M. Cherbonneau ', le nom de ce quadrupède africain est, en arabe, laA'ri> djerneit. Citons, pour mémoire, l'bypotbèse de Sonnini : «Ce nom est venu vraisemblablement, dit-il, de ce que la genette se tient volontiers dans les cantons couverts de genêts, fort communs en Espagne'^. » Le savant naturaliste oublie que genêt, en espagnol , se dit gincsta et non gineta.
Quant à gcnette, courte lance, c'est l'espagnol /j'Hif/rt, dont l'origine est la même que celle de ginete. (Voy. cidessus Ge\et.)
GENcéu. Espèce de sésame. Esp. nJjonjoU , njonjoU, portug. gergelim, zirgelim. On trouv^ aussi, en français, jugmlme , jugoline {^àans la Botan. de Jean Bauliin). C'est l'arabe y!^^^^^ djounâjoidân , prononcé, en Espagne, cljon- (Ijohn; l'rt long, en elfet, s'adoucit très-frcquemment en ê ou en l.
Gerhoise ou GEnno. Lat. des nafural. gcrboa, esp. gerbasia. De l'arabe cjjj yerbô'. On peut voir, sur ce petit animal et sur les auteurs qui en ont parlé', le Voyage en Niihk de Bruce, t, V, p. i/i5 à lôa (édit. Panckouke). M. Cherbonneau écrit 2^^^=* ijerboîi. {Dict. fr.-ar.)
Gu.iZEL. Petite pièce de vers amoureux clicz les Orientaux. C'est l'arabe Jys ghazal : «Ce mot, dit d'Ib'rbclot, signifie des vers amoureux qui ne doivent pas excéder le nombre de dix-sept ou dix-huit beks (o»aj) que nous appellerions distiques, mais dont chacun n'est qu'un vers arabique. Lorsqu'ils passent ce nombre, le poème s'appelle CttHsiduh (sOs-y«5 qnftcla^, qui répond à notre élégie. .Le gazai ne peut être aussi moindre que de sept hcits, ou tout au moins de cinq; car, quand il n'y a que quatre leits, c'est un rabeât {^^) rebrl'a) ou quatrain. Les deux premiers bals d'un gnzal s'appellent metlilâ (xUa-a nuilja, débuf), et les deux derniers, nieclhd (^"-^ tna(jta, conclusion). » i^BibUolh. orient.^
Gnocn. Mot par lequel les Turcs désignent quiconque n'est pas musulman. Le mot^^, prononcé par les Turcs ghinour, est persan; sa vraie prononciation est gaivr, el c'est une autre forme du terme y*^ ghebr, adorateur du feu , guèbre.
GîBBAR. Espèce de cétacé (baleinojitère gibbar). Ce
semble être l'arabe ^1^ djehhâr, géant, être d'une taille extraordinaire. Cependant, le naturaliste Rondelet, dans son célèbre ouvrage sur les Poissons, imprimé en i55'i, donne une autre étymologie : ttVocant gibbar, dit-il, a gibbero dorso, id est in tuniorem elato. » (^De piscibus marinis, lib. XVI, cap. xii.)