NOTATION ET REMARQUES SUR LA NOTATION
Il eût été logique d'employer, pour iadiquer la prononciation, l'écriture phonétique, de telle sorte que chaque particularité (môme d'importance secondaire) du son fût indiquée par un signe, et que, d'autre part, chaque signe correspondit à un seul son ou à une seule particularité de son.
Mais la logique n'est pas le seul conseiller que l'on doive entendre : l'utilité aussi demande qu'on l'écoute. Si logique de conception et de réalisation que soit un livre, s'il est fait de telle sorte qu'il doive avoir un nombre de lecteurs nul ou très faible, son utilité est contestable, et on peut se dispenser de l'écrire.
Les caractères de l'écriture phonétique ne sont pas très nombreux, et pour peu qu'on veuille lire ce qui est écrit avec ces caractères, on arrive rapidement à le faire. Mais encore faut-il le vouloir, et celui qui ne se croit pas forcé d'étudier cette écriture peut se trouver rebuté dès l'abord par l'apparence quelque peu barbare des caractères imprimés.
Nous emploierons les caractères ordinaires de l'alphabet français actuel,, en essayant d'en faire un emploi aussi logique que possible.
Quelques remarques indiqueront en quoi cet emploi diffère de celui qu'on en fait d'ordinaire.
Nous ne noterons dans la prononciation que les particularités saillantes, celles que certains dictionnaires de l'écriture ont essayé de donner; nous laisserons de côté les autres particularités (que les phonéticiens étudient avec raison], que l'oreille perçoit, il est vrai, mais n'analyse pas facilement quand elle n'est pas exercée.
Dans l'écriture phonétique, chaque son est représenté par un caractère , et chaque caractère ne représente jamais qu'un son, toujours le même. Nous tâcherons de nous rapprocher de cette manière de faire , tout en n'employant que les caractères ordinaires.
Sans entrer ici dans tous les détails explicatifs que nous avons donnés dans le tome I du Traité de Diction, nous dirons
que les groupes primaires de sons actuellement contenus dans notre langue sont au nombre de 28, ainsi répartis : seize sons-consonnes et douze sons-voyelles (7 voyelles orales et 5 voyelles nasales).
Tableau des voyelles orales ou pures.
A ouvert (à) A fermé (â)
long (à) ; (la) vague
bref (â); acte
long (â) ; pât7-e
bref (â) ; pas (négation)
se prononce
va ge.
âk te.
pâ tre.
pâ.
E ouvert (è)
long (è); tête.
te te.
E fermé (é)
aime, peine bref (ê) : bec long (é); (n'existe pas
en français)
e me, pe ne.
bêk.
bref (ê) ; pâté
pa te.
long (î); dire, lyre bref (i) ; dite
(lî re, lï re.
(Il te.
0 ouvert (6)
long (Ô); mort bref (Ô); objet
mor.
ôb je.
0 fermé (6) •
long (ô); hôte, pauv7^e bref (ô) ; beau
ô te, pô vre.
bÔ.
long (fi); dur
dur.
bref (u); duc
duk.
OU
long (ow) ; douze
doû ze.
bref {ou) ; douce
ûou ce.
EU ouvert {eu)
long {tu); neuve
néti ve.
bref {ëa) ; neuf
nè'uf.
EU mi-ouvert très
bref (e muet); me, te, se, le, de.
me, te, se, le, de.
EU fermé (eu)
long {eu); creuse
krëu ze.
bref {eu) ; creux
krèu.
Dans le groupe primaire de TE, nous noterons séparément les deux groupes secondaires de l'è ouvert et de l'é fermé.
Dans le groupe primaire de Veu, nous notons séparément les deux groupes secondaires de Veu bref ou long [eu] et de Veu très bref (e) , qui est en même temps mi-ouvert.
Tableau des voyelles nasales.
AN (a ouvert nasalisé) (à = an) ;
tan
se prononce tan. |
IN (è ouvert nasalisé) (c = in) ;
fin
fin.
ON (0 ouvert nasalisé) (ô = on) ;
don
don.
UN (eu ouvert nasalisé) (eu = un) ;
brun
brun.
GUN {ou nasalisé) (du = oun)
; plum
pudd
ing —
plown pouding.
Si l'on voulait noter des différences de longueur dans chacune des voyelles nasales , on pourrait dire : en règle générale la voyelle nasale est plus longue lorsqu'elle est suivie d'une syllabe muette, que lorsqu'elle ne l'est pas.
Tableau des consonnes.