OFFICIER MINISTÉRIEL
Dans les localités où il n’y g pas de Commissaire-priseur, les greffiers de justice de paix peuvent procéder aux ventes publiques de meubles.
GRÈVE. — Suspension de trayait par suite de coalition. (Voy. ce mot.) C’est en plein air, sur les quais, aux environs de Thùlel de ville cl dans le quartier que Ton nomme la Grèce, qu’a Paris les ouvriers en bâtiment ont l’habitude de se réunir pour se renseigner mutuellement sur les travaux en cours d’exécution et se faire embaucher par les entrepreneurs. De là probablement viennent les expressions : être en grève, tenir grève, etc., les ouvriers se trouvant plus nombreux lorsque les travaux sont interrompus. , : Tin-
— Les coal itions ne constitoant plus aujourd'hui un délit que lorsqu’elles sont accompagnées de violènces, de voies de fait, de menaces, de manœuvres frauduleuses, les ouvriers ui se mettent en grève sont à Tabri e toute poui-suite ; mais, avant de recourir à ce moyen extrême, ils doivent sérieusement réfléchir. Les grèves leur coûtent toujours cher, et c'est sur eux que retombent le plus cruellement les frais de la guerre. — K celte occasion, nous empruntons au remarquable rapport de M. Emile Ollivier quelques renseignements pleins d'intérêt sur les célèbres grèves dont l’Angleterre a été témoin, à Preston en 1853, et à Cnlne en 1860. il est impossible de lire ces détails sans une vive émotion, comme aussi de ne pas applaudir aux réflexions élevées dont Téioquent Député les fait suivre :
« Les ouvriers de Preston se coalisèrent afin d’obtenir dans toutes les manufactures une augmentation de 10 p. 100; trente-deux patrons, quMque trouvant les prétentions des ou«
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viiereexcessivesy accédèrent; quatre seulement résistèrent. Pour les vaincre, les ouvrieis eurent recours à des moyens de pression tels que les manufacturiers qui avaient cédé comprirent <iue la cause de leurs quatre confrères devenait la leur : ils retirèrent leurs concessions et, opposant à la coalition 'partielle des ouvriers une coalition générale, ils fermèrent leurs ateliers; 25,00U individus se trouvèrent sans travail. De ce jour commença entre les patrons et les ouvriers une lutte qui dura six mois. 1.’ .Angleterre entière y prit part; les ouvriers de toutes les villes vinrent en aide aux ouvriers, les manufacturiers de tous les districts secoururent les industriels. De part et d’autre on lit des elTorts gigantesques. Les ouvriers surtout furent prodigieux d’activité et de résignation. Guidés par. un chef intelligent, Georges Cowel, un des plus parfaits orateurs populaires qu’il y ait eu, ils employèrent toutes les ressources des luttes légales, lesmee/ingssuccédaient aux meetings; des délégués ardents circulaient dans le pays entier : on les voyait partout, dans les voitures publiques, à la jiorte des ateliers ou des boutiques, oans les foires, dans les réunions, la main tendue, les récits enllammés à la bouche. Sur les murs des villes, les afliches les plus émouvantes arrêtaient les indiiïérents.
«Un mois s’est écoulé,» disait l’une d’elles, « depuis que 30,000 ouvriers sont sans ouvrage et réduits à vivre de la charité publi(pie. Depuis ce temps, les pleui-s vereés par la veuve aux pieds de l’opiiresscur ont été recueillis dans le vase de la justice de Dieu. Lescrisde l'orphelin allamé sont montés aussi haut que ceux des Juifs esclaves en Egvpte. Pour ces veuves, pour ces orphelins nous implorons votre pitié. » La poésie venait en aide à l’éloquence, et les larmes coulaient de tous les yeux lorsqu’on chantait la complainte de la mère qui a perdu sa tille : «Venez etconsolezinoi dans ma (joiilcur. Je reste à gémir seule sur cette terre. Mon enfant chérie m’est ra vie, et je dois mainte- ' liant pleurer à jamais. Elle était pour
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moi tout ce que je pouvais souhaiter.
Si elle m’avait été conservée, j’aurais été contente. Mais, hélas! elle est morte martvre de la cause du dix pour cent, a — l'août fiit inutile, (jnand ils travaillaient, les ouvriers touchaient par semaine 12,000 à 13,000 livres sterl. ; les cotisations, les quêtes, les secours extérieurs ne dépassèrent jamais 4,000 livres par semaine. Les épargnes s’épuisèrent; il fallut vendre les vêtements, les meubles^ la faim arriva avec son hideux cortege.
Alors commença le découragement, la défiance; les chefs furent d'abord moins obéis, puis ce fut contre eux et non contre les patrons que la poésie populaire dirigea ses traits :
«Cowel n’a pas la pensée de reprendre jamais son travail soit avec le fuseau ou la navette, soit avec la pioche ou la bêche. Il appartient aujourd’hui à une bande d’Mmmcs qui savent bien que la meilleure besogne est celle de l’orateur. Cowel a une langue dangereuse, il nous a dit que nous aurions de plus beaux salaires; mais Cowel nous a longtemps trompés, car cette lutte sans espérance ne üiiit pas, nous mourons de faim ; mais qu’importe k nos délégués’? Réunis autour d’une table bien garnie, chaque jour ils deviennent plus gras et nous devenons plus maigres.» — Enfin un jour parut sur les murs de la ville une affiche, signée par les directeurs de la coalition, qui disait:
« ^ous engageons les ouvriers à reprendre leur travail jusqu’à une occasion plus opportune.» Seulement les patrons avaient perdu approximativement 163,000 livres sterl.
(4,125,000 fr.), et les ouvriers certainement 250,000 liv.(6,230,000 fr.).
Et quelques jours apres, on lisait les ligues suivantes dans un journal de Preston : « Les résultats de la terrible catastropl^e que nous venons de travei'ser dépassent les plus sinistres prévisions. Nos rues sont encombrées de malheureux qui demandent vainement du travail; leur place est prise par des ouvriei'S étrangers, ou de nouvelles machines suppléent au défaut de bras. D’ici à longtemps, ils sont
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condamnés h rester sans occupation.
Des milliers de lamilles ont enduré les plus sévères privations; elles ont contracté des dettes qu’une génération ne j)arviendra pas à eleindre, et queltiue déplorable que soit Télat présent de notre ville» nous sommes convaincus que nous n’en sommes pas aux dernières conséquences de ce mouvement insensé. »
— « La grève de Colne a eu Heu en 1860. Les exigences des ouvriers étaient : une élévation de salaire, rétablissement d’un tarif uniforme sans aucun allégement en raison de l’excédant de dépense imposée à certains patrons par les désavantages de la localité ou du matériel employé, enfin le droit reconnu aux ofliciers de l’union ouvrière d’intervenir dans les débats entre maîtres et ouvriers.
Les maitres refusèrent. Le 7 juin, 4,000 métiers furent arrêtés et 1,500 ouvriers se trouvèrent sans travail.
La lutte dura pendant cinquante semaines ! après quoi les ouvriers vaincus durent se soumettre et subir, à la suite des misères de tous genres, les conditions qu’au début ils avaient rejetées avec mépris. Les pertes (^ue cette grève leur avait occasionnées étaient telles, nu’en supposant l’augmentation de salaire obtenue, ce n’est qu’au bout de vingt-huit ans qu’ils eussent retrouvé la position dont ils jouissaient avant la grève.
— « Osons le dire, la certitude des rudes épreuves réservées à ceux qui entreront dans des grèves est un des motifs principaux en faveur de la r liberté (les coalitions. L’idéal serait î de permettre celles qui sont justes, d’interdire celles qui ne le sont pas.
Malheureusement, il n’existe aucun moyen de distinguer les unes des autres; il faut les permettre toutes ou les défendre toutes. Les défendre toutes est contraire aux principes; les permettre toutes serait contraire à la prudence, si la Société restait sans garantie. La garantie, nous la plaçons dans le mal jque se feront à eux-mêmes les imprudents qui abuseront du droit de se coaliser. Loin d’être insuffisante, la peine sera sou-
vent plus sévère qu’il ne serait désirable. Ceux qui appellent la liberté, comme ceux qui la repoussent, oublient trop que les pouvoirs qu’elle confère sont au prix de la plus sérieuse responsabilité. L’esclave devient serf, puis homme libre ; il se .
réjouit, et il a raison, car l’homine qui n’est pas libre, ainsi que l’a dit Ho- ‘ mère, a perdu la moitié de son âme :
mais si la vie est désonnais plus haute, combien aussi n’est-elle pas plus diflicile ! Personne ne le contraint, plus, mais personne non plus n’a ledevoir légal de l’assister; il est seul,, exposé aux incertitudes du travail, sans refuge, s’il n’a été prévoyant, contre les chômages, les maladies, U vieillesse. La responsabilité a crû en raison de la liberté. De même, cette loi promulguée, les ouvriei*s pourront organiser des grèves sans crainte d’être poursuivis. Ils auront ainsi un pouvoir nouveau, et dans leur existence de travailleur, avec plus délibéré, il y aura, sinon plus de bienêtre matériel, du moins plus de dignité. Cependant, qu’ils nésitent longtemps avanl de se sei*vir du droit qu’on leur donne. Qu’ils n’y aient recours qu’à la dernière extrémité, en désespoir de cause , quand tonte chance d’arrangement sera détinitivement évanouie ! Tous ceux qui leur sont dévoués du cœur et non des lèvres les en supplieront : qu’ils ne se précipitent pas en aveugles dans les coalitions, qu’ils ne se confient pas trop aux promesses de la grève. Des dangers les menacent désormais dont ils ne connaissaient pas la gravité. En même temps que leur liberté s’est accrue, se sont accrues aussi les occasions de faillir. Et toute faute, qu’ils y pensent bien, retombera en malheurs, en larmes sur eux, beaucoup plus que sur les patrons qui peuvent attendre, beaucoup plus que sur la Société qui sait se défendre !
« La grève, c’est la guerre avec se?
nécessités, avec son caractère destructeur, ses duretés, ses violences, ses emportements, ses colères, avec son accompagnement obligé de deuils, de .
dévastations. Comme à la guerre, dans
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les grèves, les innocents sont atteints ‘pour les coupables; les femmes, les enfants, les vieillards supportent les maux qu’ils n’ont point causés. De la grève comme de la guerre il sort quelquefois du bien, mais un bien mêlé d’amertume, qui laisse après lui les longs ressentiments, dont on ose à peine se réjouir; mais un bien tellement semblable au mal, que l’bistoriec a peine à l’en distinguer et que le philosophe n’y parvient pas. Seulement, de même que la guerre ne sera vaincue qu’à force de civilisation et de lumière, la grève aussi ne sera vaincue qu’à force de liberté et d’instruction. L’expérience du passé le
Îirouve, la défendre c’est en allumer e désir, la permettre ce sera en insirer la terreur. Avec le temps la lierté des coalitions tuera la grève.
Quand les ouvriers auront touché de leurs propres mains les limites infranchissanles delà volonté humaine; quand ils se seront exercés au maniement des faits, à la connaissance des lois économiques; quand ils auront plusieurs fois encouru pour leurs entreprises injustes les censures de l’opinion publique, toujours disposée à les soutenir tant qu’ils sont désarmés; quand, de leur coté, les patrons avertis des épreuves auxquelles ils sont exposés auront redoublé de bienveillance et de sagesse, les grèves deviendront plus rares, et d’un antagonisme passager naitra, sinon l’accord sans nuages, du moins l’habitude dés discussions loyales et conciliantes. En Angleterre, la liberté des coalitions a conduit au fameux meeting àe Bolton, dans lequel les ouvriers eux-mêmes ont fortement déduit les raisons pour lesquelles la grève était mauvaise. Si l’on était resté sous l’empire de la loi prohibitive, auraiton jamais entendu un ouvrier tenir à ses camarades des discoui*s tels que ceux de MM. John Brewer et Samuel Ilill : «Quant à la condition de l’ouvrier, il reste encore beaucoup à faire pour l’élever à son niveau naturel; mais l’ouvrier en a les moyens dans ses propres mains, et s’il néglige de les employer, il n’en doit accuser que
lui-même. De tous les maux qui affligent les classes laborieuses, l’ignorance est décidément le plus grand.
L’ignorance les expose à être trompées et ne leur pei inet pas de se former une opinion exacte sur les choses qui intéressent le plus leur bien-être.
{Applaudissements.) Ce n’est point des manufacturiers que dépend le taux des salaires. Dans les époques de dépression, les maîtres ne sontpour ainsi dire que le fouet dont s'arme la nécessité, et qu’ils le veuillent ou non, il faut qu'ils frappent. Le principe régulateur est le rapport de l’olfre avec la demande, et les maîtres n’ont pas ce pouvoir. — Quant aux coalitions et aux grèves, il faut bien se garder de les encourager; elles ne produisent que du mal. Supposez 500 lileurs, promenant leur oisiveté dans les rues; ils ne seront pas les seuls à soutlrir, eux et leurs familles; car ils mettront dans la même position 5,000 ouvriers de la manufacture, qui n’avaient rien à démêler avec cette querelle, et la communauté industrielle tout entière s’en ressentira plus ou moins. Evitons donc les coalitions à l'avenir. »
GROSSE. — Terme de notariat. — C’est la copie d’un acte authentique, revêtue de la forme exécutoire. Elle est appelée grosse, parce qu’ordinairement elle est d’une écriture large et grosse.
GROSSE AVENTURE. — Voy.