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LEGENDES

poésie pour i^tirer vers Dieu les ftmes aimantes, de ses livres coloriés d'or et d'azur, de ses nmifs et admirables légendaires. Qu^en est-il advenu? Hélas! C'est que l'enoai officiel a pris la place de la piété, et qu'on s substitué à la religion je ne sais queffle hj-

Socrisie froide, roide et guindée, qui paye è ^ieu ses prières à l'échéance, et se formaliserait beaucoup si ce créancier mal satisfait réclamait encore, en sus de son tribut de parole=s, quelques soupirs et qudques larmes.

Sans doute qu'U ne faut pas confondre avec riiistoire authentique des saints les miracles souvent bazardés de ia légende allégorique ou fabuleuse; mais il ne iMit proscrire sans pitié ni ces aitégories qui soot Kies poëmes dans la manière des prophètes, ni ces traditions du foyer embellies, de génération en génération, par une piété <^ <lule. Les unes, en efl'et , sont des créations de l'esprit; les autres, les rêves du cœur; et les unes comme les autres réalisent l'idéal de la vraie poésie chrétienne.

Les chroniques sont la lésende de Thistoire ; la Légende dorée est la poésie de h vie des saints, et la somme des anecdotes chrétiennes, transmises de bouche en bouche, commentées, embellies, ornées de circonstances merveilleuses, formant une espèce de catéchisme en images qui a été recueilli et mis en ordre par les collecXeurs de la fleur et du miroir des exemples.

Parmi les légendes allégoriques, quelauesunes s'élèvent à la grandeur de l'épopée, et même de la prophétie. L'histoire symiralique du Juif errant, par exemple, pourrait servir de thème à une épopée universelle du christianisme. M. Euçène Sue a mal compris cette idée, dont il a cependant pressenti la grandeur. Seulement, avant des passions à caresser et des préjugés à ménager, il a fait un long pamphlet au lieu d'une épopée. Mais tout le monde n'est pas capable aune épopée, et il suffit d'avoir un peu de mécnaut esprit pour réussir dans le pamphlet.

La légende de saint €hristophe, dont nous avons parlé ailleurs, est une hgure digne du génie desprophètes ( Foy. Alltoobib). L'idée en était gigantesque, comme la statue qoi en rappelait le souvenir. Cette allégorie mastique contenait tous les mystères de rimtiation chrétienne : aussi disait-on que pour être en sûreté il fallait avoir vu saint Cnri»tophe, c'est*à-dire avoir compris le sens de cette parabole.

Les Evangiles ont aussi leurs légendes dans le cycle des apocryphes ( Voy. Apoort* FHES }, et ces récits, que Voltaire a cru de* voir traduire pour décrier par la comparaison les Evangiles authcniiques, ajoutent un nouveau charme à la simplicité des récits du livre divin, et peuvent, si on les esplaie avec choix, fournir les sujets les plus touchants à de nouvelles et délicieuses poésies.

Chaque pays chrétien a ses légaides par* liculièrcs, conformes i ses antignQS traditions et au génie qui lui est propre. Cellfi du Nord sont plus sombres, celles du Midi plus gracieuses. C'est au Nord que le démon

LECENNS

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